Le Canada-français /, 1 décembre 1944, Monseigneur Aimé Labrie
Monseigneur Aimé Labrie Aimé Labrie donnait l’impression de la solidité, celle du corps et celle du jugement.Qu’il soit tombé comme une masse, devant le public, ce fut un étonnement universel.Il a pour ainsi dire suivi l’exemple de son père, que la mort emporta dans de semblables conditions.Il nous manquera longtemps, étant de ceux qui sont faits pour être aimés.Il était un pacifique, un doux, presque un timide; les tracas de l’administration lui pesaient; prendre parti, accepter une responsabilité, ce fut pour lui toujours un devoir, rarement une joie.Fils d’un industriel de St-Charles de Bellechasse, Aimé Labrie, né le 10 octobre 1891, résolut sur le tard d’aborder le cours classique; il avait près de quinze ans lorsqu’il entra au Séminaire de Québec, en septembre 1906.On le voit en Sixième, la première année de latin.Ses notes de travail et de conduite, pendant les huit années de son cours, sont invariablement les mêmes: excellent et très bien.Il ne fut jamais le grand premier de classe, mais il tint partout bon rang, cinquième, quatrième, troisième.Il avait de puissants rivaux, que je nommerais s’ils ne vivaient encore.En dépit de cette forte concurrence, Aimé Labrie remporta chaque année des prix et des accessits.Bien que les archives louent sa mémoire, il obtient peu de distinctions dans les matières de mémoire; il réussit mieux dans ce qui exige du jugement: mathématiques, physique, chimie, sciences naturelles, philosophie, thèmes et versions, composition, explication des auteurs; cependant l’histoire moderne, l’histoire du Canada, l’histoire des États-Unis retiennent avec succès son attention, puis, chose curieuse, l’astronomie et le dessin.Il y a là l’indice d’un esprit bien équilibré, assez éclectique, porté par une saine curiosité vers tous les horizons.Autant par estime que par affection de camarades, Aimé Labrie vol.XXXII, n° 4, décembre 1944. 244 LE CANADA FRANÇAIS avait été choisi par ses confrères de classe comme leur chef, leur président.Lorsque vint la fin du cours d’études, en juin 1914, le jeune président exprima au supérieur de la maison, le soir de la distribution des prix, ses sentiments et ceux de ses confrères; nos archives ont conservé le texte de ce petit discours, dont un passage suffit à peindre l’âme du jeune orateur: « Ce devoir de première importance, devoir auquel tous sont soumis par une conséquence nécessaire de notre nature, devoir à la fois si agréable au cœur, si impératif pour quiconque est susceptible de reconnaître un bienfait, c’est celui de la reconnaissance, et nous moins que beaucoup d’autres, je dirais moins que personne, nous ne pourrions trouver prétexte de nous en exempter puisque nous avons contracté envers vous et envers le Séminaire une dette faite de bienfaits, de dévouements et de sacrifice que nous ne pourrons jamais solder en partie que par la reconnaissance.Il y a dix ans, Monseigneur, (l) que vous avez mis à notre service toutes les ressources de votre talent, de votre science et de votre énergie afin de faire de nous des hommes d’esprit et de cœur, des hommes qui comprennent leur devoir, qui soient capables par leur science de gagner honorablement leur vie, des hommes enfin qui puissent se faire honneur à eux-mêmes, honneur au Séminaire et honneur à leur patrie.Durant dix ans, vous nous avez prodigué vos conseils, vous nous avez suivis pas à pas afin de nous indiquer et de nous faire éviter les obstacles qui auraient pu causer notre perte.Durant dix ans, enfin vous et vos dévoués professeurs, vous vous êtes évertués à nous rendre la vie de collège la plus agréable possible comme pour nous attacher davantage, par tant de doux et agréables souvenirs, à notre bon vieux Séminaire et à nous faire trouver plus amer le moment d’en partir.Monseigneur, vous avez travaillé pour nous et vous nous avez aimés, nous vous en devons tous nos remerciements et toute notre reconnaissance ».Au mois de septembre suivant, Aimé Labrie revenait à Québec, au Séminaire, mais dans d’autres quartiers: il entrait au Grand Séminaire, avec presque tous les mêmes concurrents qu’au Petit Séminaire.Dans ce nouveau milieu il aurait pu briller encore, mais c’était alors la coutume d’appliquer bon nombre de séminaristes à l’enseignement ou à la surveillance.Après une année d’études théologiques, Aimé Labrie fut nommé professeur assistant en 1.Mgr François Pelletier.Le Canada Français, Québec, MONSEIGNEUR AIMÉ LABRIE 245 Rhétorique, poste qu’il occupa pendant deux années; il fut l’année suivante professeur principal en Troisième, et il fut ordonné prêtre le 25 mai 1918, à la basilique de Québec.Les archives du Grand Séminaire sont plus discrètes que les autres; leur silence s’impose aussi à nous.Devenu prêtre il continua, en 1918-1919, d’enseigner, et en Troisième encore.Il était là dans son élément véritable: enseigner et éduquer, dans le cadre d’une simple vie de communauté, avec des responsabilités limitées.L’année suivante, il était promu professeur principal de Seconde, et il ne fait aucun doute qu’il ne rêvât d’y passer sa vie entière.Mais ses succès même l’arracheraient à son rêve.L’été de 1920, le gouvernement de Québec offrit à l’Ar-chevêqué de Québec une bourse d’études en Europe pour un ecclésiastique.On ne tarda pas à trouver, dans son humble coin, le jeune Labrie; les transactions entre le Séminaire et le cardinal-archevêque Mgr Bégin, d’une part, puis entre le Séminaire et le Secrétariat provincial, d’autre part, favorisèrent Aimé Labrie.Dans son style laconique le Supérieur, Mgr François Pelletier, écrivait au sous-secrétaire provincial: « Son Éminence le Cardinal Bégin veut bien me charger de vous annoncer que Monsieur l’abbé Aimé Labrie a été choisi pour candidat à la bourse que lui a offerte l’Honorable Secrétaire de la Province.L’abbé Labrie préparera à Paris la licence ès lettres.Il reviendra comme professeur au Séminaire de Québec ».C’était le 30 août.Un mois plus tard l’abbé Labrie s’embarquait pour l’Europe, la France, Paris.Comme ses aînés il irait aux Carmes de la rue de Vaugirard, chez les Sulpiciens, à l’Institut catholique, à la Sorbonne.A peine arrivé il écrit à son supérieur, Mgr F.Pelletier, le 22 octobre: « M.Verdier 2 — le supérieur, aux Carmes — m’a reçu très cordialement.Il m’a dit qu’il ne pouvait me donner tout de suite une chambre .L’École des Carmes vient d’avoir avec le locataire de l’hôtel de l’Espérance un procès dont le jugement sera rendu demain.C’est ce qui complique l’affaire.Si le jugement est favorable à l’École des Carmes, nous aurons un étage de plus à notre disposition.2.Plus tard le Cardinal Verdier.vol.XXXII, n° 4, décembre 1944. 246 LE CANADA FRANÇAIS « J’ai reçu avant-hier, de M.Pichard, la liste des livres dont j’aurai besoin.Il y a au programme huit auteurs grecs, huit auteurs latins et douze auteurs français.Us ont enlevé le commentaire des versions et ont remis au programme le thème latin et la composition française.Les examens se passeront en quatre parties, un tous les quatre mois .L’inscription se fera à l’Institut le 27 octobre.Nous aurons ensuite la retraite, et le 3 novembre commenceront les cours à l’Institut et à la Sorbonne .Le v°yage m’a un peu fatigué, mais je suis complètement remis maintenant.Je verrai avec plaisir l’ouverture des cours.En attendant je visite Paris et je bouquine sur les quais ».Deux mois plus tard, le 17 décembre, il écrit au même: « Mes études vont bien.Mes résultats, sans être très forts, sont satisfaisants; jusqu’à présent j’ai une moyenne d’un peu plus de neuf sur vingt.Je n’ai pas encore fait le choix de la licence que je préparerai; j’attends les derniers renseignements sur la nouvelle licence; d’un autre côté, un professeur de l’Institut, M.Pichard, se tient au courant de mes devoirs et me dira dans quelque temps si je puis essayer la nouvelle.D’ici un ou deux mois le choix définitif importe peu, puisque la préparation générale est à peu près la même dans les deux cas.On dit que la Sorbonne ne mettra pas en pratique sa nouvelle licence avant les examens de juin.Je fais des thèmes latins et des compositions françaises, au cas où je devrais tenter l’épreuve de ce nouveau genre d’examens.Ma santé est très bonne.Il fait froid depuis une semaine, mais avec un bon feu dans la cheminée je maintiens une bonne température ».L’automne suivant, en 1921, l’étudiant eut la bonne fortune de rencontrer en Suisse son ancien professeur de Rhétorique, l’abbé Camille Roy, et celui-ci écrivait à Mgr F.Pelletier, le 17 septembre: « M.l’abbé Labrie, qui est venu nous rejoindre à Lucerne (Villa Saint-Charles), et qui nous a quittés hier, est le symbole vivant de la bonne santé.Il va pérégriner pendant un mois encore vers le Rhin et la Belgique avant de reprendre ses études.J’espère que l’année prochaine le fera licencié.Il paraît avoir bien profité de son travail de l’an dernier ».Le Canada Français, Québec, MONSEIGNEUR AIMÉ LABRIE 247 L’année se passa en dur travail, surtout pour le grec.Les examens furent heureux et le nouveau licencié ès lettres reprit sans tarder le chemin de retour au pays, où il arrivait dès le 30 juillet 1922.En septembre 1922 il prit l’enseignement du latin en Rhétorique A et celui du grec en Rhétorique B; mais dès l’année suivante il devenait professeur principal de Rhétorique B, et il devait y rester jusqu’en juin 1934, pendant onze années.Ce furent, sans doute, les années les plus heureuses de sa vie, et il se serait bien contenté de ce lot.Mais son ami et mentor, Mgr Camille Roy, veillait sur son pupille; il avait des vues sur lui; c’était son homme de confiance, son dauphin, et il le préparait de longue main à prendre sa succession.Le 3 juin 1929, le Conseil universitaire nommait M.Labrie professeur titulaire de littérature grecque à la Faculté des Arts.Le 7 octobre 1929, le Conseil adjoint M.Labrie au groupe de professeurs chargés des cours de perfectionnement pédagogique pour les instituteurs de l’enseignement primaire, et M.Labrie donna les leçons de littérature française.Un pas de plus se faisait lorsque l’on confia à M.Labrie la direction de la revue de l’Université, Le Canada français; c’était en juillet 1931.Le nouveau directeur prenait là une succession difficile.Il y avait eu jadis, entre 1885 et 1890, une revue universitaire portant le même nom, mais elle n’avait pu se maintenir.Une revue d’université est forcément sérieuse, et le grand public cherche ailleurs sa pâture.Plus tard la Société du Parler français avait inauguré Le Bulletin du Parler français, devenu ensuite Le Parler français.D’autre part, Mgr Lindsay, de l’évêché, avait soutenu avec de grands efforts, de 1902 à 1918, sa propre revue La Nouvelle France; lorsqu’il mourut il cédait par testament tous ses droits à l’Université Laval.Cette circonstance permit à l’Université un essai de réorganisation; en 1918 on fondit Le Parler français, que la Société du Parler français remettait à l’Université, et La Nouvelle France, pour faire un nouveau périodique auquel, par piété filiale et par l'invincible amour de la tradition, on donna le titre ancien, Le Canada français.vol.XXXII, n° 4, décembre 1944. 248 LE CANADA FRANÇAIS L abbé Camille Roy, puis l’abbé Arthur Robert en assumèrent la direction.C’était maintenant le tour de M.Labrie.Il s’y donna avec ardeur, mais pour apercevoir bientôt par lui-même les difficultés de l’entreprise.Après avoir publié les trois numéros de septembre, octobre et novembre 1931, il adressa au Recteur un mémoire, aussi clair que bref, mais encore bien peu ambitieux, nous dirions même timide; il demandait que la rémunération des collaborateurs fût augmentée de vingt-cinq sous la page; il assurait qu’avec deux mille abonnés la revue pourrait faire ses frais.Disons toutefois que, pour le temps, pareille timidité n’était pas sans hardiesse.L’abbé Labrie eut, comme ses prédécesseurs et comme ses successeurs, l’ambition de faire de son périodique une vraie revue universitaire, d’obtenir la collaboration des professeurs de l’Université.Il fit adresser à ces derniers, par le Recteur, une lettre circulaire éloquente, pour demander leur appui.« Cette revue devrait être rédigée par les professeurs de l’enseignement supérieur; elle devrait prolonger jusqu’au public cultivé les hautes leçons données dans les différentes facultés universitaires.Il lui est arrivé parfois d’atteindre son but.Souvent aussi, pour ne pas dire presque toujours, elle est restée inférieure à l’idéal rêvé.C’est, il faut bien le reconnaître, qu’elle a reçu des professeurs de l’Université plus de promesses que de collaboration .Cet état de choses a trop longtemps duré.L’Université Laval doit à son honneur et à son prestige d’alimenter elle-même sa revue .Les directeurs du Canada français réclament avec instance une collaboration abondante, inédite, attrayante, portant moins sur la science spéculative que sur la science appliquée et les problèmes actuels ».L’éloquence de l’appel ne changea guère la situation.Trop de plumes étaient rouillées.Par ailleurs, des revues spéciales accaparaient la collaboration; l’École de Médecine rajeunissait, et avec splendeur, son Bulletin Médical sous le nom de Laval Médical; l’École des Sciences exploitait l’héritage reçu de feu le chanoine Huard, Le Naturaliste canadien; la Revue du Droit, ressuscitée, retenait l’attention de l’École de Droit.Le Canada Français, Québec, MONSEIGNEUR AIMÉ LABRIE 249 Néanmoins, l’effort tenté par M.Labrie ne fut pas entièrement perdu; on peut regretter qu’il n’ait pas donné lui-même l’exemple à ses collègues; mais écrire n’était guère dans sa nature ni dans ses goûts; il composait avec lenteur, enviant, aimablement toujours, la facilité des autres.Lorsqu’on examine de près ses succès scolaires on est porté à croire que ses meilleurs talents étaient pour les sciences, et que dans son cas comme dans tant d’autres, les lois d'une véritable orientation l’auraient mis à l’étude des sciences plutôt qu’à celle des lettres.Esprit très positif, chercheur patient, il aurait conduit avec succès un laboratoire et des recherches, il aurait rédigé des rapports et des comptes rendus brefs, précis, bien au point.La préparation à la carrière administrative, que le mentor rêvait et conduisait pour M.Labrie, avance encore lorsque le Séminaire le choisit, en 1934, comme préfet des études du Petit Séminaire.Il dut alors quitter l’enseignement, et ce fut pour lui raison de regrets, atténués par le fait qu’il ne quittait pas complètement le domaine de l’éducation.Il s’adonna à sa tâche avec cet esprit de devoir qu’il portait partout, et pendant quatre années il s’occupa des études des classes supérieures.Désormais il siégeait aux séances du Conseil du Séminaire et du Conseil de l’Université, où la pondération de son jugement put s’exercer avec avantage pour tous.Il restait un pas à accomplir, un échelon à monter et en juin 1938 M.Labrie était nommé modérateur de l’Université, puis secrétaire général de l’Université.Dès ce moment le titulaire sentit tomber sur ses épaules un poids qu’il n’aimait pas à porter.Plus que jamais il regrettait son poste de professeur; dans les moments difficiles surtout on l’entendait dire: Pourquoi ne m’a-t-on pas laissé dans ma petite classe de Troisième ?Servir le public est partout difficile.Servir le public universitaire et étudiant l’est plus encore, surtout à une époque où l’Université, longtemps assoupie, se réveillait avec ardeur, organisait de nouveaux enseignements, de nouvelles Facultés, des sociétés de toutes sortes.En outre, la guerre apportait à l’administration des tracas considéra- vol.XXXII, n° 4, décembre 1944. 250 LE CANADA FRANÇAIS blés.L abbé Labrie, doux et pacifique, revêtit l’uniforme militaire pour servir comme aumônier à temps partiel.11 devint aussi secrétaire du bureau du Corps d’entraînement d’officiers canadiens, le 19 septembre 1938.Sa vie était plus remplie que jamais.Il y ajoutait encore, en entrant dans le Syndicat financier de l’Université, le 10 octobre 1938, puis dans le Bureau de direction de l’Association des Anciens Élèves de Laval, le 18 décembre 1938.Le congrès de Pax Romana l’attira, en juin 1939, jusqu’à Washington et New-York, à titre de délégué de Laval.En juin 1943 son grand ami et protecteur, Mgr Camille Roy, était rappelé à Dieu.Un remaniement s’imposait dans l’administration.M.Labrie fut choisi comme premier assistant du nouveau supérieur général et comme vice-recteur.11 gardait en même temps le secrétariat général de l’Université.Ses charges avaient toujours augmenté; l’estime du public, celle de ses confrères et collègues aussi, de même celle de la jeunèsse étudiante.Il était juste que de si beaux mérites fussent reconnus par quelque honneur éclatant, et cet honneur lui vint de l’Église: il devint, le 25 octobre 1943, Prélat de la Maison de Sa Sainteté; il n’a joui qu’un an de cet honneur, mais il l’a porté avec une modestie charmante.Un mois plus tard, le 17 novembre 1943, Mgr Labrie se voyait comblé de travail: on le nommait doyen de la Faculté des Lettres, et, pour justifier ce titre, professeur titulaire de cette Faculté.On peut dire, toutefois, que s’il mettait son âme, amoureuse du devoir, à ces divers tâches, il gardait son cœur pour d’autres travaux.Depuis longtemps M.Labrie était membre de la Société du Parler français; il fut élu président en 1928, et de nouveau en 1940 poste qu’il occupa chaque fois.Il fut très fidèle aux séances d’étude du lundi soir et sut les animer.Les initiatives qu’il prit en ce domaine furent très heureuses.Notons, en particulier, l’étude du vocabulaire bilingue de l’automobile, qui a paru dans Le Canada français et qu’une brochure portera bientôt au grand public, puis le vocabulaire bilingue des accessoires de bureaux, maintenant au point, qui paraîtra dans la même Le Canada Français, Québec, MONSEIGNEUR AIMÉ LABRIE 251 revue et plus tard en brochure.Il venait de commencer une autre étude, celle du vocabulaire bilingue des moulins à scie et des moulins à farine.Mais une mort prématurée l’a emporté, l’a arraché à de chers travaux, l’a enlevé à l’affection de tous.Notre revue, Le Canada français, perd en lui un grand ami; l’Université Laval, un serviteur fidèle, le Séminaire de Québec, un saint prêtre autant qu’un aimable confrère, et notre pays, un ardent patriote.Arthur Maheux.Les livres La comtesse de Ségür.Le général Dourakine.Un volume de 172 pages.Prix: $0.40, par la poste $0.45.Aux Éditions Variétés, 1410, rue Stanley, Montréal, Canada.Le général Dourakine est un des beaux livres de la comtesse de Ségur.Ce général russe est d’une grande bonté, mais d’un caractère fantasque.Dans un immense château, le général amène avec lui une famille française.Nos amis vivent là des aventures peu banales.Une des nièces du général, Madame Papofsky, femme laide et méchante, entourée de huit enfants et d’une nuée de serviteurs, vient loger chez son oncle.La vie qui est faite à Paul et Jacques, les deux petits Français au milieu de ces petits Russes très mal élevés suscite la colère du général qui, armé de son knout, les moustaches en bataille, morigène les rustres et foudroie la méchanceté de leur mère.Toute une série d’aventures s’ensuit.La jalousie de Madame Papofsky, son acharnement à martyriser les orphelins, hôtes du général, sa rapacité et son désir non dissimulé d’hériter vite de la fortune de son oncle créent une situation intenable.Sur les entrefaites, arrivent au château une autre nièce du général et ses trois enfants qui sont aussi bons que les autres sont méchants.La vie s’organise pour être plus agréable.Un jour le général Dourakine, fatigué de l’espionnage de sa nièce et de ses colères, décide de vendre ses biens et d’aller finir ses jours en France.Tout cela se fait dans le secret absolu; et le général, excentrique mais si plein de cœur, joue de bons tours à sa nièce.Il comble tous ceux qu’il aime et châtie impitoyablement tous ceux qui sont méchants.C’est une très belle histoire que celle de ce légendaire général qui grogne toujours, fait des colères terribles, mais est la bonté même.Elle amusera les enfants même de cinquante ans.P.I.O.U.vol.XXXII, n° 4, décembre 1944.
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