Le Canada-français /, 1 février 1945, Les deux premiers députés de Montmagny
Les deux premiers députés du comté de Hertford (Bellechasse-Montmagny) : Pierre Marcoux et Louis Dunière 1 L’Acte constitutionnel de 1791 divisait la province du Canada, pour fins électorales, en vingt-trois comtés élisant chacun deux députés, et quatre bourgs qui n’en élisaient qu’un.Ces bourgs étaient: William Henry (Sorel), Orléans (l’île), Bedford et Gaspé 2.La grande obligeance de M.A.Bernatchez, protonotaire à Montmagny, nous a donné, sur les premiers députés de Hertford, plus de renseignements que nous n’en possédons sur la plupart des députés qui n’ont joué en chambre qu’un rôle effacé.Aussi par reconnaissance publions-nous d’avance les biographies des députés de son comté, en attendant que nos moyens nous permettent de risquer une publication où tout le gain est pour les imprimeurs, comme le constatait François Coppée, il y a plus d’un demi-siècle.Les biographies des deux premiers députés de Hertford gagnent à être rapprochées l’une de l’autre.Élus à l’unanimité le même jour, renonçant à la vie publique en même temps, ils ont été amis, associés en affaires, et le fils de l’un épousa la fille de l’autre.Marcoux, Pierre (1731-1798), député de Hertford 3 Dans nos biographies publiées dans La Presse de 1927, nous avons commis l’erreur d’attribuer à Pierre Marcoux, 1.Extrait d’un volume en préparation, Les députés au premier parlement du Bas-Canada (1792-96), écrit en collaboration avec feu Francis-J.Audet, d’Ottawa, archiviste émérite.2.Voir Les élections de 1792, par Édouard Fabke-Surveyer, dans la Revue trimestrielle canadienne, 1927, 3.Créé en 1792, devint le comté de Bellechssse en 1829.Nom d’un comté d’Angleterre.Pour la description du comté, voir notre biographie de Dunière.Le Canada Français, Québec, LES PREMIERS DÉPUTÉS DE MONTMAGNV 405 fils, le titre de député de Hertford, élu en 1792 avec Dunière.L’acte de décès du député, que nous devons à l'obligeance de M.A.Bernatchez, joint à d’autres preuves non moins concluantes, m’a convaincu de notre erreur (j’emploie le singulier, M.Audet étant mort avant la découverte).Notre député naquit à Québec le 9 juillet 1731, du mariage de Germain Marcoux, maçon, et de Geneviève Marchand, veuve de Claude Charpentier.Il avait signé son contrat de mariage devant Jacques Ringuet, notaire, à Québec, le 2 septembre 1730.Il était l’aîné de la famille.Il épousa à Québec, le 8 septembre 1754, Marie-Geneviève Lepage, fille de René-Louis Lepage et de Marie-Thérèse Bisson.La veille, ils avaient passé contrat devant Jean-Claude Panet, notaire.Ils eurent, d’après Mgr Tanguay, trois enfants: Geneviève, morte en bas âge, Pierre, que nous avions pris pour le député, et qui est désigné dans son acte de décès, arrivé le 20 novembre 1809, comme grand voyer du district de Québec, major de milice et assistant de l’adjudant général des milices 2, et Marie-Geneviève, qui épousa, en 1779, Louis-Marie Marchand.Un quatrième enfant, Jean-Baptiste, non mentionné par Mgr Tanguay, figure au testament de son père.Dans l’inventaire des biens paternels, dressé par Boisseau, notaire, le 19 mars 1798, il est désigné comme demeurant dans le Haut-Canada et débiteur d’un billet qu’il aurait signé à un endroit difficile à déchiffrer, mais qui ressemble à Traquadier, le 6 septembre 1786.Il était aux noces de son frère Pierre, à Berthier, le 7 juin 1783.Le 18 octobre 1771, Marcoux, comme procureur des héritiers de Lafontaine, propriétaires pour moitié (l’autre moitié appartenant aux héritiers de Louis Joliet), signait un bail à ferme concédé par les seigneurs des Mingan et de l’île d’Anticosti à l’honorable Thomas Dunn et à William Grant, 2.Il est question de lui dans notre biographie de Dunière.Dans La Presse, en 1927, nous résumons son testament et donnons d’autres détails sur lui.Les Cahiers des Dix, VIII, pp.221-2, contiennent une biographie de lui, où, sur la foi peut-être de notre renseignement, il est donné comme ayant été député de Hertford.Lorsque le Royal Canadian Volunteers fut transféré à Montréal (voir notre biographie de Dambourgès), Marcoux, fils, fit partie du Club des douze apôtres, comme en fait foi une lettre du juge Foucher au secrétaire du lieutenant-gouverneur Milnes, en date du 9 janvier 1800 (B.R.H., IV, 90).vol.XXXII, n° 6, février 1945. 406 LF.CANADA FRANÇAIS pour quinze ans à compter du 1er août 1772.Le 10 avril 1775, devant J.-A.Panet, notaire, comme procureur d'Antoine Grisé, il vendait à William Grant, tous les droits successifs que celui-ci avait achetés le 4 décembre 1769, d’Antoine de Lafontaine 3.M.Audet disait, dans notre biographie du député de Hertford: « C’était un marchand de Québec qui fit d’abord la traite sur la côte du Labrador en société avec MM.Perrault, l’aîné, John Antrobus et Louis Dunière.» Cela s’appliquerait plutôt à notre député, huit ans plus jeune que Dunière, qu’à son fils, de vingt-six ans plus jeune que son père.C’est sûrement le futur député qui passa l’hiver de 1785-86 à la Baie des Esquimaux, à l’extrémité de la côte du Labrador, et auquel on peut appliquer le passage suivant des mémoires de Nicolas-Gaspard Boisseau: « Est arrivé à Québec, M.Marcoux, l’aîné, avec trois Esquimaux qu’il a amenés ici en venant de faire la découverte d’un nouveau poste dans la baie d’Hudson pour M.Perrault.« Ces Esquimaux étaient autrefois anthropophages mais ils sont à présent bien civilisés.Parmi les trois dont je viens de parler, il y avait une femme.Leur habillement est fait de peaux de loup-marin.La femme porte des culottes comme l’homme et a pardessus une grande robe ouverte faite aussi de loup-marin et qui se jette en arrière.« Quelques jours après leur arrivée à Québec, ils se sont promenés dans leur canot dans la rade, à la vue du lieutenant-gouverneur et d’un grand concours de peuple que la curiosité avait attiré.Ils lancèrent des flèches et des dards à leur façon, étant la seule arme dont ils se servent et ce avec beaucoup d’adresse.Leurs canots sont d’une construction très singulière et digne d’être admirés.Ils sont faits comme un sac, se plissent, et un seul homme s’assied au milieu avec sa femme, se servant d’un aviron à deux palettes et fait agir par ce moyen son canot comme il lui plaît ».Quant au passage suivant de notre biographie:
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.