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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Qui sont ces personnalistes?
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1945-05, Collections de BAnQ.

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Qui sont ces Personnalistes ?.En octobre dernier, M.Yves Simon faisait paraître dans The Review of Politics de l’Université Notre-Dame, Indiana S un compte rendu critique du dernier ouvrage de M.Charles De Koninck, De la primauté du bien commun contre les personnalités.L'intention de l’auteur est de défendre la réputation de M.Maritain contre les propos soi-disant calomniateurs que contiendrait la partie polémique du livre de M.De Koninck 2.Disons tout de suite, pour prévenir tout malentendu, que M.Simon n’accuse pas M.De Koninck de calomnier intentionnellement M.Maritain; il veut être charitable et lui reprocher tout au plus d’induire ses lecteurs, par imprévoyance et précipitation, à attribuer faussement à M.Maritain les conclusions « stupides et monstrueuses » auxquelles aboutissent les positions personnalistes formulées par l’auteur s.On conviendra que même à ce niveau le reproche reste de taille! Mais il porte à faux.De plus, il met implicitement en jeu certains principes indispensables à toute polémique saine et efficace contre l’erreur, et que M.Simon semble méconnaître.C’est cette dernière raison, plus que le désir de faire justice au livre de M.De Koninck, qui nous pousse à répondre à M.Simon.Notons tout d’abord, en vue de ce qui va suivre, que M.Simon admet d’emblée l’opportunité d’une saine doctrine du bien commun et l’urgence d’une critique des tendances personnalistes qui mettent en danger, de nos jours, la primauté de ce même bien commun.Il reconnaît aussi que « insofar as De Koninck’s essay vindicates the primacy of the common good and carries out the criticism of definite 1.On the Common Good, The Review of Politics, October 1944, pp.530-533., .2.“The net effect of the eessay, insofar as Maritain is concerned, resembles that which could have been brought about — perhaps not so successfully — by plain calumny”.3.“A charitable guess is that De Koninck was so unaware of the situation as not to foresee what the reaction of his readers would be”.— “I do not think for a moment that De Koninck intended to libel Maritain, anxious though he may be to oppose his influence”.vol.XXXII, n° 9, mai 1945. 712 LE CANADA FRANÇAIS positions, it is entirely praiseworthy ».En un mot il ne trouve rien à redire à la partie proprement doctrinale de l’ouvrage.C’est seulement quand il en vient à la partie polémique qu’il fait certaines réserves.Ces réserves le conduisent à formuler contre l’auteur le reproche que nous avons signalé au début.Relevons les deux principales, qu’on trouve dans les passages suivants: « It is a pity », écrit-il d’abord, « that the writer did not sum up, in orderly fashion, the elements of what he calls personalism.He gives us only piece-meal information about his own conception of the philosophy which he fights with such ardent conviction ».Et plus loin: « The reader cannot help being very anxious to identify the men who profess all those vicious stupidities; .The question who are those personalists?is left unanswered.» Voyons brièvement ce qu’il faut penser de ces remarques.M.Simon se charge lui-même de répondre à la première quand il affirme que « there are many personalistic doctrines and that most of them are very ill-defined, », Comment alors les résumer de façon ordonnée?Pourrait-il le faire, lui qui écrit: «.it is arbitrary to speak of personalism as if it were one doctrine, and of the personalists as if they were one unified school of thought.» ?Aussi lui concédons-noi.s volontiers que « a thorough discussion of contemporary personalism would be an extremely difficult job », si l’on voulait procéder comme il semble le laisser entendre; nous croyons même que pareille façon d’aborder le problème ne pourrait que s’avérer stérile, sinon impossible.Avec un adversaire comme le personnalisme, aux formes variées et mal définies, on peut recourir à une triple tactique.Ou bien poursuivre comme à la piste chacun de ses énoncés, ce qui obligerait à se répéter indéfiniment et à se perdre dans le multiple et la confusion.Ou bien au contraire ramener tous ses énoncés à une définition générale, à une sorte d’universel in praedicando; mais on supprimerait du même coup toute son actualité et on se condamnerait à combattre un fantôme d’abstraction.Ou bien, enfin, engager le débat sur le terrain même du bien commun dont il est la négation implicite ou explicite, ce qui seul permet de l'atteindre très efficacement sous toutes ses formes présentes et futures: Le canada Français, Québec, QUI SONT CES PERSONNALISTES ?713 c’est, en effet, l’attaquer à sa racine même.Aussi bien, le grand mérite du livre de M.De Koninck, à notre avis, c’est précisément de procéder de cette façon.D où sa grande puissance polémique, que confirme le silence prudent des personnalistes dont il démasque les erreurs «stupides» et «monstrueuses».Pour ce qui est de la deuxième réserve de M.Simon, elle constitue à n’en pas douter le motif principal de ses reproches à l’endroit de M.De Koninck; néanmoins elle nous paraît très faible et en dehors de la question, M.Simon pourrait-il nous donner une seule raison sérieuse exigeant qu'une polémique de ce genre s’embarrasse d’une longue liste d’auteurs et de titres d’ouvrages ?Ça n’a pas été, que nous sachions, l’intention de M.De Koninck de faire l’histoire du personnalisme, et nous ne voyons pas en quoi cela aurait pu éclairer et rendre plus pratique la critique qu’il en fait: la vérité ou la fausseté d’une opinion ne varie pas avec les individus.Nous voyons encore moins que cela aurait pu empêcher les lecteurs d’y voir une attaque contre M.Maritain.A moins de supposer qu’on puisse procéder par élimination en pareille matière, nommer cent personnalistes plutôt que quatre ne fera pas que M.Maritain est ou n’est pas personnaliste aux yeux des lecteurs de M.De Koninck.De deux choses l’une: ou M.Maritain n’est pas personnaliste, et alors M.De Koninck ne le vise en aucune façon; ceux donc qui s’imaginent qu’il le fait sont des lecteurs ignorants ou de mauvaise foi.Ou M.Maritain est personnaliste; en ce cas, M.De Koninck ne lui fait pas plus d’injustice en ne le nommant pas qu’il ne lui en ferait en le nommant, au contraire.Comme nous le remarquions dans notre compte rendu du même ouvrage de M.De Koninck *, saint Thomas lui-même, dans son Contra murmurantes et son De unitate intellectus contra averroistas, ne s’est pas fait scrupule de combattre ses adversaires sans les nommer.M.Simon a-t-il jamais songé à lui en faire reproche ?Serait-il d’avis que saint Thomas (et combien d’autres qui en ont agi ainsi) « was so unaware of the situation as not to foresee what the reaction of his readers would 4.Dans la revue Culture, octobre 1943.vol.XXXII, n° 9 mai 1945. 714 LE CANADA FRANÇAIS be ï ?Qu il ait préféré « the line of least resistance » ?Il ne faudrait tout de même pas oublier que la critique s’adresse à l’intelligence, qui est universelle, et non à l’individu.Notons, pour terminer, que l’opinion que M.Simon se fait du lecteur de M.Maritain n’est pas très flatteuse.M.Maritain n’est pas personnaliste, et pourtant « everybody has believed, and still believes, that Maritain is the real target of De Koninck’s vindication of the primacy of the common good, against the personalists », simplement (( on account of the very important part played by the concept of person in the work of Maritain».Voyez-vous ça?Nous suggérons à M.Simon de relire attentivement Humanisme intégral, Les droits de l'homme et la loi naturelle, St.Thomas and the problem of evil, Principes d’une politique humaniste; nous serions fort surpris s’il n’y trouvait pas certains passages nettement contraires à la primauté du bien commun.« Amicus Plato, sed magis arnica veritas ».Eugène Babin.Les livres Joseph Kessel.L’Equipage.N.R.F.Un vol.de 220 pages, édité chez Bernard Valiquette, 1920, rue St-Urbain, Montréal.L’Equipage est un beau roman, très émouvant dans son héroïque simplicité.Jean Herbillon et Claude Maury ont contracté dans la grisaille des baraquements une amitié virile, faite d’estime et des souffrances partagées, des mêmes dangers courus à pourchasser l’Allemand au fond du ciel de France.Mais le sort ironique a voulu que la femme de Maury fût en même temps la femme que Jean Herbillon adore.C’est le fait cruel que le jeune Herbillon découvre, en permission à Paris, le secret dont l’amitié des deux hommes va s’étioler et qui se dénoue dans la catastrophe de la mort de Jean.L’auteur peint des types admirables d’aviateurs comme Thélis, Mercier, Deschamps, Herbillon lui-même et Maury.Il sait peindre aussi « la saine et rude famille des hommes seuls, où des lois élémentaires gouvernent l’existence sans le charger d’inutiles soucis », l’atmosphère spéciale des baraques de l’aérodrome.Le style est dîune pureté classique, d’une musicalité incantatoire.C.E.B.Le Canada Français, Québec,
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