Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Des contes
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (14)

Références

Le Canada-français /, 1945-11, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Des contes Dans une longue réplique à l’auteur de La Langue française au Canada, Jules Fournier déclarait que « Le grand mal canadien, c’est le mal de l’à-peu-près ».Quiconque ne connaît pas M.de Montigny pourrait croire, en lisant son dernier volume, qu’il a voulu prouver par des textes à lui que lui, du moins, n’est pas atteint de ce mal.Mais ses familiers se garderont bien de rabaisser son mérite aux proportions d’une vulgaire gageure, parce qu’ils le voient tel qu’il est, délicat et réfractaire par nature à toute forme de débraillé, à plus forte raison au débraillé littéraire.L’impression qu’il nous laisse, c’est celle d’un écrivain scrupuleux qui a composé ses contes comme on écrivait au grand siècle, à loisir, en remenant ses sautes d’intuition et les caprices de l’improvisation au foyer d’une objectivité lucide.Arrêtons-nous d’abord à l’avant-propos, véritable « discours » dédié par l’auteur à son petit-fils, et dont celui-ci aura sujet de s’enorgueillir quand il aura l’âge de discrétion.Heureux enfant, heureux jeune homme, dont l’avenir est salué de considérations aussi judicieuses que bien tournées! Qui sait ?Cette marque d’attention le prédestine peut-être déjà à une brillante carrière dans les lettres.D'autre part, le prétexte ou l’occasion importe peu en l’occurrence: M.de Montigny est coutumier de ces amples préfaces où il aime à faire le point de son esthétique tout en semant quelques idées de prédilection.Ce sont des pièces d’éloquence, et il suffit d’en commencer la lecture pour continuer d’instinct à voix haute avec gestes à l’appui.Cela n’a rien que de très naturel dans un pays où Calliope est la plus choyée des Muses.Éloquence contenue et, même dans ses élans les plus spontanés, impeccablement académique.En tout cas, cette fois, le grand-père confie à son petit-fils, de manière que chacun puisse en faire son profit, les raisons pour lesquelles il cultive ce genre, illustré par les plus beaux noms de la littérature française.(l)Au pays de Québec—Contes et images, de Louvigny de Montignt, 1 vol.aux Éditions Pascal, Montréal.vol.XXXIII, n° 3, novembre 1945. 196 LE CANADA FRANÇAIS Nul sujet, insistons-y, ne répugne au conte, et les grands écrivains que nous avons nommés, entre des centaines d’autres, ont employé ce genre familier pour exposer, en bref et en vives couleurs, à peu près toutes les situations où les hommes et les femmes -— et les enfants — peuvent se rencontrer.Il se transpose à tous les tons et à tous les temps, se plie à toutes les circonstances, s’adapte à toutes les conditions, se trame sur les événements les plus légers ou les plus mémorables .Que nos jeunes auteurs pratiquent donc le conte et se fassent ainsi la main en vue d’œuvres plus robustes, Ha ne risqueront pas dans un coup d’essai l’amère déception qui suit la chute d’une œuvre de longue haleine.Sans compter qu’il est des fours auxquels un écrivain ne survit qu’à grand’peine, tandis que tous peuvent se relever d’uD conte manqué en en publiant d’autres, jusqu’au succès marqué par « un fin bibelot qui suffirait à faire briller leur nom, en avivant du même coup l’éclat de nos jeunes lettres ».Pour suppléer aux sujets de guerre complètement absents du volume, l’auteur évoque en termes vigoureux le caractère du second conflit universel et l’atroce danger que le monde a couru.Pour ce qui est des contes de M.de Montigny, il n’en est pas un qui ne soit conçu sous le signe d’un astre bienveillant et exécuté d’une main ferme et artiste.De « fins bibelots » assurément, et d'une agréable variété.Les avis se partageront sans doute sur leurs mérites respectifs.Une chose sûre, c’est qu’il n’y en a pas de banal et qu’aucun ne dépare l’ensemble.Quelques-uns sont teintés d’émotion, d’autres frisent la gouaille normande.Au moins un (Collision), d’une truculence macabre, rejoint le goût de l’école naturaliste.De tous se dégagent des physionomies qui s’imposent moins par leur propre relief que par la vie du récit, la couleur du milieu et les liens de parenté que nous nous découvrons avec eux.Ainsi en est-il d’Étienne-Armand Ducart (l’Ane de Buridan), fonctionnaire retraité depuis peu et célibataire, qui ne sait pas doser le désœuvrement de son nouvel état de vie, faute d’avoir cultivé un de ces arts ménagers, par exemple, qui entretiennent l’élasticité physique et mentale quand sont épuisées les ambitions d’une carrière.Rien de plus maigre que la matière de ce conte, mais en même temps rien de plus habilement soutenu dans l’exécution: une chambre Le Canada Fbançais, Québec DES CONTES 197 à restaurer, celle de Ducart, dans l’appartement d’une sienne cousine qui lui sert de ménagère.Après avoir longtemps hésité entre différents papiers tentures, il en choisit un mais n’en achète pas assez et, quand il retourne chez le décorateur, il n’en reste plus.Ni là, ni chez le fabricant, ni nulle part.L’indécision de Ducart donne lieu à des démarches sans nombre, à des atermoiements, à des déconvenues et à des sursauts d’espoir qui ne riment à rien, mais qui forment « un enchaînement de complications à sa taille » et constituent une satire réussie de l’esprit routinier et tâtillon que des malins attribuent aux fonctionnaires.Le colonel Chambolon de la Dernière rose, qu’une blessure reçue dans la guerre de 1914 contraignit d’abandonner son greffe de notaire, vit avec un fils, sa belle-fille et leurs trois enfants.Il se console de la froideur malveillante de sa bru dans les enchantements de la floriculture, dont il s’efforce d’inculquer le goût à l’aîné de ses petits-enfants, plus sensible que les autres et plus accessible au culte dont il vit lui-même.Forcé, certain matin d’octobre, de prendre le chemin de l’hôpital d’où il sait qu’il ne sortira pas vivant, le brave colonel se refuse la joie de cueillir la dernière rose, qui « restera au jardin décrépit, pour y terminer sa carrière et colorer le souvenir que le jardinier proscrit emportera du royaume de verdure où restait son cœur.L’infirmière attentive vit que son patient pleurait.Sans un mot, elle le tira doucement vers la voiture ?».Refusant de se rallier à la République et cherchant un pays où les traditions aient encore un prix, le vicomte de Bouteviîle est venu avec sa fille Ëiéonore habiter Québec.Il fait belle figure dans la société de cette ville, Il y trouve même —- aubaine inespérée — un aspirant à la main d’Élé-onore dans la personne d’un notaire Saint-E., dont le penchant à l’oisiveté et à la bohème est religieusement respecté du public et qui, pour cette raison, est à la recherche d’une dot, même la plus hypothétique.Le clou des fiançailles sera un haut-brion rouge dont un fût avait été présenté par le marquis de Caillenave de Gravensac à Ëiéonore, le jour de sa naissance, avec la dédicace
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.