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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
L'enseignement de saint Paul
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1946-06, Collections de BAnQ.

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L'enseignement de saint Paul Le titre que nous donnons aux quelques remarques qui vont suivre, c’est le titre même d’un excellent ouvrage sur 1 Apôtre des Gentils, dont nous venons d’achever la lecture1.L’auteur, monsieur François Am ht, prêtre de Saint-Sulgice, en bon théologien qu’il est, connaît non seulement la scholastique, mais aussi les règles de l’herméneutique sacrée et les données de l’exégèse traditionnelle.Il a donc la compétence nécessaire pour esayer de mener à bon terme une étude ordonnée et approfondie de l’enseignement que saint Paul, dans ses épîtres, a prodigué aux premiers fidèles et aux catholiques de tous les siècles.La lecture de cet ouvrage nous fait mieux connaître la personne attachante de saint Paul, en même temps qu’elle nous rappelle les principaux points de la doctrine catholique, toujours affirmés par des textes multipliés et bien choisis de l’Apôtre.Comme nul ne l’ignore, les épîtres de la Sainte Ecriture, surtout prises une à une, ne veulent pas être un exposé complet de l’enseignement religieux; elles ont encore moins l’apparence de nos manuels de théologie et ne nous donnent pas un ensemble de la doctrine révélée ou de l’une ou l’autre de ses parties.Les épîtres, de façon générale, sont des écrits de circonstances où l’auteur insiste sur quelques vérités de foi ou de mœurs qu’il sait en baisse chez ses lecteurs, où il veut exploiter et approfondir les fondements religieu ' donnés parfois à l’état de rudiments par un prédicateur ambulant qui ne pouvait pas s’attarder dans de longues explicitations, répondre aux questions qu’on lui a posées.Tous les écrits de saint Paul sont de ce genre.Mais celui qui veut, comme l’a fait l’auteur, grouper sous les différents chefs de l’enseignement théologique la doctrine éparse des quatorze lettres de l’Apôtre se trouve a fourni'- un traité presque complet de théologie.Même si cela est impossible pour les autres apôtres, pour les évangélistes, on ne se sur- 1.U enseignement de saint Paul, par monsieur François Amiot, prêtre de Saint-Sulpice.Deux volumes formant un total de 600 pages.Librairie Lecoffre, J.Gabalda et Cie, éditeurs, Paris.Le Canada Français, Québec, l’enseignement DE SAINT PAUL 721 prendra pas qu’on le fasse pour saint Paul, puisque lui, il est l’auteur le plus fécond du Nouveau-Testament.C’est donc dire que le présent ouvrage est presque un traité de théologie, et un traité de théologie qui est bien plus de saint Paul que de monsieur Amiot.Ce dernier, en effet, veut le plus possible s’effacer et laisser parler l’Apôtre.Un premier regard sur le livre nous laisse voir cela facilement.Presque chaque page nous offre une ou plusieurs citations des épîtres; chaque page s’y réfère plusieurs fois.A la fin du deuxième volume, il y a une table des textes de saint Paul cites dans le livre (non pas de ceux donnés seulement en référence) qui couvre 10 pages.En somme, ce que monsieur Amiot met de personnel, et ce n’est pas peu, c’est l’ordre, de brefs exposés qui permettent de mieux lier les textes cités, quelques études exégétiques, le lien entre les affirmations de saint Paul et l’enseignement de la théologie catholique.L’ouvrage est divisés en 7 parties, 7 livres.Ces derniers sont précédés d’une assez longue introduction (57 pages) qui nous parle de saint Paul lui-même ainsi que des sources et de l’expression de sa doctrine; ils se terminent par une conclusion où il est question du problème de Vévangile de Paul et de Paul apôtre du Christ.Les 4 premiers livres ou parties sont contenus dans le 1er tome (l’ouvrage est en 2 volumes).Us parlent de la vie divine, de Dieu le Père, du Christ, Dieu et homme, du Saint Esprit et de la Sainte Trinité, pour ensuite aborder le grand mystère de la Rédemption universelle et faire une étude très poussée (210 pages) de la justification et de la vie surnaturelle.Les 3 livres du 2ième tome sont à juste titre un exposé assez détaillé des différents aspects et problèmes que nous offre le corps mystique.Si une vérité a saisi toute entière l’intelligence de saint Paul et transformé son cœur pour ensuite influencer toute sa prédication, c’est bien celle qui lui fut manifestée au moment solennel de sa conversion, le lien étroit entre le Christ et les fidèles, le prolongement du Christ dans ces derniers (Cf.Les actes des Apôtres, IX, 1-5).Dans le livre V, il est question du Christ mystique, de sa tête, son âme et ses membres, ainsi que de son aliment, l’eucharistie, de son gouvernement par la hiérarchie, de son accroissement voh XXXIII, n° 10, juin 1946. 722 LE CANADA FRANÇAIS dans le mariage chrétien.Le livre VI parle de la vie du corps mystique tout ordonnée et dirigée par la morale chrétienne, tant sociale qu’individuelle.Avec ses traités sur la conversion d’Israël et sur les fins dernières, le livre VII nous fait voir l’avenir du corps mystique.Nous ne pouvons nous attarder davantage à faire connaître les différents aspects de la vérité révélée, les différents points de la théologie catholique dont il est question dans ce bel ouvrage.L’enseignement théologique de saint Paul, présenté par un théologien compétent doublé d’un exégète averti, nous donne, somme toute, les témoignages multipliés de l’Apôtre des Gentils qui touchent à presque toutes les parties de l’enseignement religieux et leur fournit un puissant appui.Il est une mine précieuse pour qui veut fortifier ses affirmations doctrinales de l’autorité de saint Paul.Une table analytique assez complète placée à la fin du volume permet facilement de trouver les textes bibliques relatifs au sujet qui nous intéresse, en même temps que l’exposé autorisé qu’en donne monsieur Amiot.C’est, un ouvrage qui méritait de paraître et qui atteint sûrement le but que son auteur se proposait: mieux faire connaître l’enseignement merveilleux de l’Apôtre, être utile à ceux qui n’ont pas le temps, qui n’auraient pas la préparation nécessaire pour faire par eux-mêmes une étude approfondie et ordonnée de ses écrits, permettre une lecture assez compréhensible des épîtres.Quand l’auteur prend position sur des sujets où l’unanimité ne semble pas parfaite, il accepte le plus souvent la position qui nous semble la plus commune et la plus vraisemblable, C’est ainsi que nous le voyons avec plaisir affirmer (t.I, p.291) que saint Paul se plaint d’une infirmité corporelle et non pas de tentations dans le fameux texte: « il m’a été mis une écharde dans ma chair, un ange de satan pour me souffleter » (II ad Cor., XII, 7) et dire (t.II p.211) que l’Antéchrist ne semble pas une personalité unique, mais plutôt une collectivité », etc.Un aspect bien intéressant à faire remarquer dans ce volume, c’est qu’il ne se contente pas de faire connaître l’enseignement de saint Paul par les écrits que ce dernier nous a laissés, mais aussi par la mise en regard de la vie et de la Le Canada Français, Québec, l’enseignement DE SAINT PAUL 723 personne de l’Apôtre qui nous prêche de façon admirable par les exemples qu’il nous offre.L’œuvre de monsieur Amiot est encadrée de deux magnifiques essais sur la personnalité attachante de saint Paul, le plus infatiguable des apôtres, devenu après sa conversion aussi attaché au Christ et a sa doctrine, qu’il avait été avant leur farouche adversaire (t.I, pp.6-14; t.II, pp.229-238).D’ailleurs, c’est au cours de l’ouvrage entier que se manifeste l’âme de saint Paul, toujours amoureuse et passionnée, parfois sévère, en d’autres temps très douce, selon les besoins, selon la bonne ou la mauvaise volonté de ceux à qui il écrivait.Cependant, pour excellent que soit le livre de monsieur Amiot, cela n’empêche pas qu’il y ait quelques faiblesses des affirmations un peu osées, qu’on doive lui reprocher.Dans l’énoncé suivant: « La foi peut porter aussi, semble-t-il, sur des réalités accessibles à la raison » (t.I.p.246, note 1), les mots « semble-t-il » sont sûrement de trop et manifestent une hésitation qui n’a pas sa raison d’être.Il n’y a aucun doute, en effet, que tout ce qui est affirmé par Dieu, vérités accessibles à la seule raison ou non, est croyable de foi divine et crû, de fait, par quiconque en sait l’affirmation divine sans connaître ces mêmes vérités par la raison.Contrairement à ce que dit l’auteur (t.I, p.320), la grâce n’est pas subséquente à l’habitation divine en nous, mais c’est Dieu qui vient habiter comme un ami dans une âme qui vit déjà de la vie divine.Il nous semble osé de laisser croire que la justification, œuvre de Dieu ad extra, n’est pas également commune aux trois Personnes divines et attribuée au Saint-Esprit uniquement par appropriation (t.I, p.321).Parlant du progrès doctrinal manifesté dans les écrits de saint Paul, l’auteur écrit (t.I, p.43): « Ces remarques que nous tenons pour convaincantes, ne vont évidemment pas jusqu’à exclure tout progrès de la pensée de l'apôtre, telle que les épîtres la manifestent; mais elles amènent à reconnaître que le progrès a été plus accusé chez ses correspondants que chez lui.On en discerne assez aisément les lignes maîtresses .; des orientations pratiques .des précisions doctrinales, déjà entrevues, sans doute, mais non pleinement explicitées, furent manifestées plus clairement à l’apôtre, en meme temps que l’inspiration de l’Esprit-Saint le poussait à écrire.» vol.XXXIII.n° 10, juin 1946. 724 LE CANADA FRANÇAIS Dans ces paroles, il y a sûrement du vrai; mais il y a une affirmation qui nous semble plutôt hasardeuse.Qu’il y ait progrès et évolution de la doctrine dans les épîtres et chez les lecteurs, nous ne pouvons le nier; que l’inspiration du Saint-Esprit ait fait connaître à l’apôtre de nouvelles orientations pratiques, cela ne fait pas de doute.Mais il nous semble risqué de prétendre que chez l’Apôtre lui-même il y ait eu une constante évolution doctrinale.Saint Paul, en effet, est bien apôtre, au même titre que les autres apôtres (cf.I ad Cor, IX, 1).Or, selon l’enseignement traditionnel, les apôtres ont eu une connaissance spéculative, une connaissance doctrinale très explicite sur les différents points de la vérité révélée.Jean de Saint-Thomas, un grand commentateur du Docteur Angélique, tient cette affirmation pour si certaine qu’il dit l’opposé une erreur contre la foi (cf.Culs.Theol., De fide, disp.VI, art.2, n.6).De plus, le même commentateur, à la suite de son maître et avec des textes de l’Écriture à l’appui, affirme que les apôtres eurent cette plénitude de connaissance au jour de la Pentecôte, si bien que dans le Nouveau-Testament, ils ne furent pas inférieurs à Moïse, qui eut une telle connaissance de la Loi à partir du jour où Dieu la lui communiqua sur la montagne, et qu’eux, les fondateurs, les colonnes de l’Église, furent des docteurs parfaits et de façon permanente (cf.loc.cit., ar.3,n.1 et 3).Si nous voulons mettre saint Paul sur le plan des autres apôtres, il faut donc dire que dès le début, soit entièrement lors de sa conversion miraculeuse, soit partiellement sur le chemin de Damas et partiellement lors de son rapt, qui doit se placer au commencement de ses pérégrinations apostoliques, il a eu une révélation totale et explicite de la doctrine chrétienne, Il est donc vrai que l’auteur ne semble pas être dans la vérité quand il parle de l’évolution doctrinale de la pensée propre de saint Paul.Pour rester dans la même idée, nous devons reprocher à l’auteur une note (t.I, p.214, note 4) où il parle de vérités dont VEsprit-Saint devait donner la pleine intelligence après la Pentecôte.Nous ne nierons jamais que saint Paul fut par excellence l’Apôtre des Gentils, qu’il a bataillé pour hâter le jour de leur acceptation dans l’Église: l’Ecriture est là pour l’affirmer.Sur cela, il a eu certainement des révéla- is Canada Français, Québec, l’enseignement DE SAINT PAUL 725 tions spéciales qui déterminaient la date de l’entrée des anciens païens dans l’Église, révélations qui ne regardent alors que la connaissance pratique.Mais c’est une toute autre chose que de vouloir prétendre que les apôtres, qui paraissant s’être opposés à saint Paul, n’avaient pas une connaissance spéculative parfaite et ne connaissaient pas parfaitement dès le jour de la Pentecôte que le salut était pour tous les hommes, juifs ou gentils.Les rationalistes et les libres-penseurs n’ont certainement pas les mêmes idées que nous sur les choses religieuses et sur la doctrine chrétienne, et ils essaient souvent de voir dans celle-ci comme un syncrétisme des religions païennes élaboré par l’imagination exaltée des premiers disciples du Christ.Les protestants, au sujet de la justification, par exemple, n’ont pas le même enseignement que nous.Autant d’erreurs maintes et maintes fois réfutées par de bons auteurs catholiques, si bien qu’i'Z serait oiseux (t.I, p.220) de vouloir s’attarder à reprendre le travail de réfutation dans un ouvrage qui veut être avant tout un exposé serein de la doctrine.Aussi, même s’il se défend de tomber dans ce défaut, il nous semble que monsieur Amiot discute trop les théories extrémistes des adversaires.C’est ainsi qu’il prend 15 pages (t.I, p.24-40) pour voir quels apports saint Paul aurait pu tirer de l’bellénsme, qu’il prend 4 pages (les 4 premiers du t.I) pour établir l’authenticité de certaines épîtres de saint Paul, après avoir pris la peine de dire qu’il est « inutile de reprendre un travail qui a été fort bien fait » sur ce sujet.Mais en voilà assez de ces mises au point, de ces reproches, qui pourraient laisser faussement croire que le livre de monsieur Amiot n’est pas ordinairement sûr dans son exposé.Non, c’est un livre fort recommandable et qui a bien sa place près de celui bien connu du Père Prat, La théologie de saint Paul.Et qu’on sache bien que le présent ouvrage n’est pas particulièrement destiné aux spécialistes en théologie eten exégèse.Il s’adresse, comme le dit le Cardinal Tisserant dans la préface, aux dirigeants catholiques et aux élites intellectuelles en général.Bien plus, il peut être lu avec profit par tout catholique de culture moyenne qui s’intéresse vraiment aux choses religieuses et qui aime à vol.XXXIII, n° 10, juin 1946. 726 LE CANADA FRANÇAIS lire.Même si l’œuvre n’en est pas une de vulgarisation, l’auteur s’est souvent efforcé de donner un exposé facile et de traiter surtout dans les notes, au bas des pages, les disputes d’école, les problèmes de critique, etc .Si nous voulons mieux connaître l’enseignement de saint Paul, si nous voulons mieux connaître la doctrine catholique et aimer davantage la figure attachante de l’Apôtre des Gentils, si nous voulons savoir les fondements des principales vérités de notre religions, la lecture de ce livre nous sera très utile.D’ailleurs est-il besoin que nous nous permettions d’insister pour recommander un ouvrage qui nous offre déjà par lui-même une recommandation certainement suffisante, puisqu’il a reçu une préface élogieuses d’un homme éminent, le Cardinal Tisserant, et qu’il est rendu à sa 4ième édition.Paul Lacouline, prêtre, professeur à l’Université Laval Henri de Montherlant.Les célibataires.Un livre de 244 pages, Prix: $1.50, par la poste, $1.60.Aux Éditions Variétés, 1410, rue Stanley.Montréal, Canada.Ce célèbre roman, dans la tradition balzacienne, révèle la sombre destinée qui attend deux célibataires dont le seul souci est de fuir les complications de la vie.L’existence solitaire y apparaît dans une vision tragi-comique.Nous assistons à la désagrégation d’une vie—la vie manquée d'Elie de Coetquidam, la vie manquée de Léon de Coantrée.La solitude morale et physique ronge le cœur de ces deux célibataires.Ils se débattent dans leur égoïsme et leurs mesquineries, tissant autour d’eux l’atmosphère étouffante des êtres sans amour, sans tendresse, sans idéal, jusqu’à la mort.(Pour les lettrés).C.E.B.Le Canada Français, Québec,
de

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