Le jeune scientifique, 1 janvier 1966, Janvier
mm ; üüi Id °V ejeune scientifiaue PUBLICATION DEI L’ACFAS in VOLUME 4 NUMÉRO 4 JANVIER 1966 le jeune scientifique PUBLICATION DeIi L'ACFAS Le Jeune Scientifique paraît huit fois par année, d'octobre à mai.C'est une revue de vulgarisation scientifique pour les jeunes publiée par l'Association cana-dienne-française pour l'Avancement des Sciences (ACFAS).RÉDACTION Léo Brassard directeur Roger H.Martel secrétaire de la rédaction Volume IV, no 4 janvier 1966 SOMMAIRE CONSEIL D'ADMINISTRATION Yves Desmarais président Réal Aubin Jean-M.Beauregard Léo Brassard Roger-H.Martel Guy Paquette Roland Prévost 73 Les problèmes de l'eau potable 77 Le carbone éternel .79 Actualité scientifique 80 Les "Quasars" et les satellites-observatoires (OAO1 COMITÉ DE RÉDACTION 84 Les divers types de nuages Réal Aubin Jean-R.Beaudry Jean-Pierre Bernier Raymond Cayouette Richard Cayouette Louis-Philippe Coiteux Pierre Couture Gérard Drainville Jean-Paul Drolet Jean-Guy Fréchette Olivier Garon Guy Gavrel Rosaire Goulet Olivier Héroux Serge Lapointe Michel-E.Maldague Alphée Nadeau Paul-H.Nadeau Raymond Perrier Jacques Vanier Léon Woué 90 Animaux géants des mers .91 Actualité scientifique 94 La découverte de la bakélite, première étape vers la production des matières plastiques.Photo couverture : une masse de glace flottante ou « iceberg » dans les Territoires du Nord-Ouest, au Canada.La plupart de ces icebergs sont en réalité des blocs détachés des glaciers.Ils s’élèvent à plusieurs pieds hors de l’eau et certains à 200 et 300 pieds.Pour chaque dizaine de pieds émergés, il peut y avoir jusqu’à % de l’iceberg immergés.Cette photo veut rappeler le « problème de l’eau potable » et faire allusion à la mer comme source possible de ravitaillement, grâce aux procédés modernes de «dessalement».(Photo de l’Office national du Film, O.N.F., Ottawa).Tarif des abonnements Abonnement individuel, un an: $3.00.Abonnement de groupe-étudiants, soit 15 abonnements et plus à une même adresse : $2.00 chacun.Vente au numéro : individuel, 45 cents; groupe-étudiants, 35 cents.Abonnement a l’etranger : 3.50 dollars canadiens.Adresses Direction : case postale 391, Joliette, Qué., Canada, (Collège de Joliette).Tél.: code régional 514 — 753-7466.Abonnements : case postale 6060, Montréal 3, Qué., Canada.Tél.: code régional 514 — 342-1411.Notes Tout écrit publié dans la revue n’engage que la responsabilité du signataire.Tous droits de reproduction et de traduction réservés par l’éditeur © ACFAS, 1966.Le Ministère des Postes à Ottawa a autorisé l’affranchissement en numéraire et l’envoi comme objet de deuxieme classe de la présente publication.Port payé à Montréal.Imprimé aux ateliers de l’Imprimerie Nationale, Joliette. Les problèmes de l'EAU POTABLE Les océans de notre planète renferment assez d’eau pour recouvrir toute la Terre d’une couche d’eau de 2 milles d’épaisseur, en supposant que la croûte terrestre soit bien unie.Seulement, ces 300 millions de milles cubes d’eau n’équivalent pas à une seule goutte d’eau potable ! Les océans sont, en effet, le réservoir de toutes les impuretés transportées par les eaux qui s’y déversent.On estime, par exemple, à 150 millions de tonnes, la quantité des sels en solution dans un mille cube d’eau de mer.Or, l’eau propre à la consommation domestique, industrielle et agricole, ne doit pas contenir plus de 0.05 grammes de sels par litre, soit 700 fois moins que la quantité habituelle dans les océans.Vers une disette d'eau potable?L’eau fait à ce point partie de notre vie quotidienne que nous pensons bien rarement aux problèmes que suscite l’approvisionnement en eau potable dans notre société moderne.Au temps de nos grands-pères, personne ne s’inquiétait de l’approvisionnement en eau potable.Aujourd’hui, consommation d’eau et pollution s’accroissent plus rapidement que l’augmentation de la population.Selon le professeur G.B.Langford, directeur de l’Institut des Grands Lacs, nous utiliserons d’ici 25 ans trois fois plus d’eau qu’actuellement.Or, le même professeur déclare : « Nos réserves d’eau sont comme une banque.La nature dépose; nous faisons les retraits.Nous n’avons droit à aucun découvert et notre par Réal AUBIN solde s’épuise ».De son côté, le premier ministre du Canada déclare, le 15 octobre 1965 : « Les Etats-Unis découvrent que l’eau commence à être une de leurs ressources les plus rares.» Notre existence dépend donc du succès avec lequel nous tiendrons en règle notre « compte en banque » en eau potable.Consommation accrue En Amérique du Nord, nous utilisons actuellement environ 70% de toute l’eau potable disponible pour nous.Il suffit de jeter un coup d’oeil sur l’augmentation de la consommation de l’eau potable pour comprendre qu’il y a là un problème réel.Le tableau suivant montre l’allure de cette augmentation aux Etats-Unis.Augmentation de la consommation de l’eau potable aux Etats-Unis.Année Population Consommation totale (millions de gallons/jour) Consommation/personne (1) (gallons/jour) 1900 76,000,000 40,000 526 1940 131,700,000 135,000 1,025 1960 180,000,000 312,000 1,622 1975 235,000,000 453,000 env.1,923 env.(1) De cette quantité d’eau potable par personne, l’industrie absorbe environ 40%, l’agriculture 50% tandis que 10% vont aux services municipaux et domestiques.LE JEUNE SCIENTIFIQUE, JANVIER 1966 73 En regard de cette consommation croissante, l’approvisionnement d’eau potable naturelle demeure limité, suivant les échanges entre la terre et l’atmosphère.Verra-t-on dans quelques années apparaître des sécheresses comme celle de Dallas (Texas) où les habitants durent payer jusqu’à $0.50 le gallon d’eau potable — soit le double du prix local de l’essence?Dans les conditions actuelles, une famille nord-américaine de 4 personnes consomme, en moyenne, 550 gallons d’eau potable chaque jour.Le problème numéro 1 de l’eau potable est en voie de devenir un problème d’approvisionnement dans plusieurs parties du monde et on comprend pour quelle raison un projet d’exportation de l’eau potable aux Etats-Unis a pu faire la manchette des journaux canadiens, il y a quelques mois.Pollution accrue Il y aurait peut-être moins de motifs de s’inquiéter de l’eau potable si, au moins, nos sources d’eau douce n’étaient pas elles-mêmes contaminées.Il en va tout autrement.La multiplication des villes et de leurs points de déversement introduit dans l’eau potable une quantité grandissante de poisons provenant des usines, des abattoirs et des eaux ménagères.On estime à plus de huit milliards et demi de gallons la quantité des eaux-vannes rejetées quotidiennement comme impuretés dans l’eau potable au Canada.La pollution des eaux naturelles a deux sources principales : les eaux des égouts ménagers et les déchets industriels.En quoi consistent ces agents de pollution?Us se composent des eaux de bain, de vaisselle ou de lavage, des restaurants, des buanderies, des hôtels et des hôpitaux, des déchets des organismes vivants ainsi que des autres eaux usées.Il y a en outre, les déchets industriels comme les acides, les autres produits chimiques, les graisses, les huiles, sans compter les déchets de nouveaux produits comme les détergents, les insecticides et les hei'bicides, de même que la radioactivité.On sait qu’en certaines régions, les riverains du Saint-Laurent et de l’Outaouais doivent garder leurs fenêtres fermées à cause de l’odeur nauséabonde que ces cours d’eaux exhalent.Le Québec et l’Ontario ont les problèmes de pollution les plus pressants à cause de l’industrie lourde.« Il n’est pas nécessaire de supprimer toute pollution, » affirme le Dr Berry, ingénieur sanitaire.« Ce qu’il nous faut savoir, c’est le degré acceptable de pollution ».Cela est certes vrai, mais nous avons largement dépassé le degré acceptable de pollution de l’eau potable : qu’on en juge par ce qui suit.Quelque 10,000 canards sauvages, parmi les plus rares, ont été empoisonnés dans la rivière Des échantillons d’eau naturelle sont ici retirés du lac Ontario selon le plan prévu par la Canadian Industries Limited pour prévenir la pollution de l’eau à l’usine de Millhaven.Avec les Grands Lacs, le Canada possède le réservoir d’eau douce le plus considérable au monde.Mais la pollution envahit progressivement cette importante richesse naturelle.En 1960, l’Institut des Grands Lacs était fondé par l’Université de Toronto en vue d’étudier le problème de la pollution et d’autres problèmes concernant l’avenir des Grands Lacs.Détroit par des eaux d’égout non traitées.« Aux Etats-Unis, la pollution de l’eau occasionne des pertes annuelles de plus de $300 millions.Si nous calculions les pertes dans la province de Québec, pour la dévaluation immobilière seulement, elles se chiffreraient à plusieurs millions de dollars », déclarait, en septembre 1962, le président de la Régie québécoise des eaux.Ne trouve-t-on pas, en certains endroits de l’Outaouais, plus de 24,000 bactéries par centimètre cube, alors que les autorités en hygiène établissent à 1,000 par centimètre cube la limite bactérienne maximum pour les eaux de baignade?On a trop longtemps laissé le public sous l’impression désuète que l’eau se purifie elle-même.Le problème numéro 2 de l’eau potable semble donc résider dans l’empoisonnement de nos maigres réserves en eaux naturelles.Les traitements classiques ou primaires de certaines usines de filtration de l’eau potable suffisent-ils encore à résoudre ce problème?74 LE JEUNE SCIENTIFIQUE, JANVIER 1966 Première solution : la mer à boire Nous avons tenté de montrer que l’approvisionnement en eau potable constitue l’un des problèmes auxquels il faudra de toute nécessité trouver une solution à court terme.N’a-t-on pas constaté qu’en certains endroits du globe on puise l’eau dans le sol mille fois plus vite qu’elle n’est remplacée par les pluies?La solution à ce problème n’est pas d’importer de l’eau à grand prix, par navire-citerne.Il faut plutôt établir de grandes usines dessalantes capables de transformer l’eau de mer en eau potable.A ce propos, il y aurait lieu de revenir sur l’expérience de la ville maritime de Koweït, sur le golfe Persique.On y a établi de vastes usines de dessalement de l’eau de mer.On y distille plus de dix millions de gallons d’eau fraîche par jour.Le pétrole et le gaz naturel très abondants au Koweït réduisent le coût d’exploitation de ces distilleries au point que l’eau de mer distillée est meilleur marché que l’eau fraîche importée.Comment d’autres régions moins fortunées du globe pourraient-elles construire et faire fonctionner des usines de dessalement capables de fournir chaque jour des millions de gallons d’eau potable à un prix abordable?La réponse réside peut-être dans une nouvelle utilisation pacifique de l’atome dont l’énergie réussirait â faire mentir le vieux marinier du poète S.T.Coleridge s’écriant dans « The Rime of the Ancient Mariner » ; « De l’eau, partout de l’eau, mais pas une goutte à boire ».Il y a déjà, à travers le monde, une vingtaine de centres importants de conversion de l’eau salée en eau potable, mais le prix de cette eau potable artificielle dépasse encore $1.75 pour 1,000 gallons.Il s’agit donc d’un problème qui n’a pas encore trouvé de solution satisfaisante.Il faut à ce propos de nouvelles idées et de nouveaux procédés.Seuls des savants engagés dans les recherches fondamentales et dotés de tous les crédits utiles pourront adapter l’énergie nucléaire à l’approvisionnement en eau potable de la prochaine génération.Autre solution : de nouveaux outils anti-pollution Il ne servirait de rien d’accroître nos réserves d’eau potable si nous ne parvenons pas à mieux détecter et à combattre plus efficacement la pollution de l’eau.Trop souvent, les méthodes de détection et de contrôle de la pollution de l’eau potable sont désuètes et inadaptées.Nous devons attendre de la science et de la technique des instruments à la mesure de la gravité du fléau actuel.X V .‘: .1 - ' f 4*" t 1B-.- T - -~V.- njl}.- -2 : ÜiiïlMlài «iSîiîl iMiîatl làlili Une vue du bassin McTavish, l’un des réservoirs en eau potable de la ville de Montréal.LE JEUNE SCIENTIFIQUE, JANVIER 1966 75 Bactéries présentes dans les eaux de la région de Montréal (avant l’épuration ou le traitement) Municipalité Date de l’échantillonnage Colibacilles / centimètre cube Boucherville juin 1963 160,000 Chomedey juin 1963 14,000 Longueuil juin 1963 240,000 Montréal-Nord 5 juin 1963 160,000 Rivière-des-Prairies 5 juin 1963 240,000 Terrebonne juin 1963 13,000 Ville LaSalle mai 1963 240,000 N.B.Il est vrai que les chiffres enregistrés peuvent varier considérablement, même d’une heure à l’autre.On notera cependant que les autorités en hygiène ont fixé les limites bactériennes maxima : 1,000 bactéries par centimètre cube (aux Etats-Unis) et 2,500/cm3, au Canada.L’analyse de l’eau potable doit être repensée et considérablement modernisée.Toute analyse de l’eau, à l’heure actuelle, doit tenir compte des déchets de tous les nouveaux produits qui résistent à l’analyse classique.L’analyse bactériologique et chimique des eaux potables ne rallie pas l’unanimité des chercheurs, ingénieurs et médecins, lorsqu’il s’agit d’en établir les normes.L’analyse classique se fait idéalement à la suite d’une inspection des lieux pour déterminer les causes possibles de pollution.Les principales déterminations de l’analyse classique des eaux potables portent sur les points suivants : recensement des bactéries coliformes dues à la contamination par des matières organiques, turbidité et couleur de l’eau, dureté totale (plus élevée dans les eaux souterraines) , présence d’azote et de fer et finalement acidité ou basicité (pH) de l’eau.Ces critères suffisent-ils aujourd’hui?Les agents actuels de pollution des eaux potables comportent, entre autres, des détersifs toxiques qui passent intacts à travers les installations de filtration; certains virus et d’autres agents pathogènes font de même.On peut souhaiter voir mettre au point des procédés d’analyse de l’eau encore mieux adaptés à la situation actuelle.Une analyse convenable des eaux potables ne règle pas le problème de la pollution; elle ne fait qu’en souligner l’ampleur.Il faut mettre à contribution toutes les ressources des techniques d’épuration, si l’on veut maîtriser les agents de pollution et ne pas se contenter de les identifier.Un traitement physique primaire des eaux-vannes retire par sédimentation environ 60% des solides en suspension dans l’eau.Cette méthode élimine environ 30% de toutes les impuretés présentes.C’est évidemment un strict minimum dont on ne saurait se contenter longtemps.Un traitement secondaire des eaux polluées fait appel à une oxygénation forcée au cours du processus.On parvient, dans ce cas, à retenir au moins 90% des impuretés présentes dans l’eau potable.Ce qui reste dans l’eau après un traitement secondaire pourrait disparaître graduellement au cours de traitements additionnels.Selon les données actuelles, l’eau domestique doit contenir au moins 95% d’oxygène en solution et moins de 3 parties par million de demande biochimique d’oxygène des polluants.Hélas ! moins du quart des villes canadiennes disposent d’installations suffisantes de traitement des eaux usées.Une action immédiate et énergique s’impose de la part des citoyens tout aussi bien que de la part des gouvernants.Ce n’est pas une simple question d’argent, car une bonne usine d’épuration ne coûte pas plus d’une dizaine de dollars par an à la famille moyenne.De nombreux indices permettent de croire que gouvernements et industriels ont décidé de s’occuper sérieusement à résoudre un problème du vingtième siècle : donner à chacun de l’eau bonne à boire.Bibliographie (1) GRENIER, Raymond.Problèmes de pollution dans La Presse, 13 au 17 août 1963.(2) ALDERMAN, Tom.Et même pas une goutte d'eau potable dans La Revue Imperial Oil, juin 1964, PP.2-7.(3) Analyse des eaux potables, brochure publiée par le Ministère de la Santé, Division des Laboratoires.(4) La pollution de l’eau, bulletin de La Banque Royale du Canada, Vol.42, n° 7, sept.1961.(5) The Facts about Salt Water Conversion, brochure éditée par Research and Education Committee for a Free World, avril 1960.(6) En quê-.ÊÉË0ÊF 88 LE JEUNE SCIENTIFIQUE, JANVIER 1966 bords de la photo seulement.Il est certain que l’observateur possédant des éléments de météorologie pourra reconnaître ou sélectionner avec plus d’aisance des sujets intéressants.A cet égard, le jeune observateur profitera de lectures plus approfondies sur la question.On obtiendra d’excellentes photos en noir et blanc en utilisant du film à grain fin, pan- chromatique, et en faisant usage de filtres.Le filtre jaune est excellent à plusieurs points de vue.Il permet d’obtenir des contrastes adéquats sans diminuer l’intensité de la lumière reçue.Le filtre orange et le filtre rouge permettent aussi d’obtenir des contrastes plus marqués, mais ces deux filtres augmentent le temps d’exposition.L’usage de films en couleurs élimine pratiquement l’usage des filtres.CLASSIFICATION DES NUAGES GENRES ESPÈCES VARIÉTÉS Cirrus fibratus intortus uncinus radiatus spissatus vertebratus castellanus floccus duplicatus Cirrocumulus stratiformis undulatus lenticularis castellanus floccus lacunosus Cirrostratus fibratus duplicatus nebulosus undulatus Altocumulus stratiformis translucidus lenticularis perlucidus castellanus opacus , floccus duplicatus undulatus radiatus lacunosus Altostratus Nimbostratus translucidus opacus duplicatus undulatus radiatus ABREVIATIONS ET SYMBOLES DES NUAGES Noms Abréviations Symboles Cirrus Ci -H Cirrocumulus Ce Cirrostratus Cs Altocumulus Ac Altostratus As Nimbostratus Ns Stratocumulus Sc =o= Stratus St — Cumulus Cu A Cumulonimbus Cb r\ CLASSIFICATION DES NUAGES GENRES ESPÈCES VARIÉTÉS Stratocumulus stratiformis lenticularis castellanus translucidus perlucidus opacus duplicatus undulatus radiatus lacunosus Stratus nebulosus fractus opacus translucidus undulatus Cumulus humilis mediocris conges tus fractus radiatus Cumulonimbus calvus capillatus ^ , _ _ A S Conclusion Une étude complète des nuages relève d’ouvrages élaborés qu’on devrait trouver dans toutes les bonnes bibliothèques.Nous avons inclus une bibliographie où le lecteur désireux d’approfondir le sujet trouvera des travaux de compétences mondiales.Comment se forment les précipitations dans ces nuages que nous venons de décrire?Pourquoi certains ne donnent-ils pas de précipitation?Est-ce qu’il y a des conditions physiques sur lesquelles l’homme peut agir pour stimuler ou arrêter la formation de la pluie?— Nous espérons entrer bientôt dans ce domaine encore peu exploré de la météorologie expérimentale et, si possible, jeter un peu de lumière sur ces questions controversées.Bibliographie O.M.M.Atlas international des nuages, version abrégée.Organisation mondiale de la météorologie; 150 pages, 72 photographies; 1956.LE JEUNE SCIENTIFIQUE, JANVIER 1966 89 LEHR, Paul E„ R.W.BURNETT et H.S.ZIM.Weather.A Golden Nature Guide, Simon and Schuster, New York; 160 pages, 301 illustrations; 1957.(Version française de cet ouvrage dans la collection « Le petit guide Hachette », Météorologie; 300 illustrations en couleurs, Hachette, Paris, 1964).LUDLAM, F.H.et R.S.SCORER.Cloud Study.(Sélection de photographies), Murray, Londres.MASON, B.J.The Physics of Clouds.Oxford; The Clarendon Press; 482 pages; 1957.VIANT, André.La météorologie.Collection Que sais-je, Presses Universitaires de France; 128 pages; 1962.Feuillet « Les nuages », Service Météorologique du Canada (gratuit), 315, Bloor Street West, Toronto 5, Ontario.(No 64-0066).Animaux géants des mers .Pour faire suite à l’article « Animaux géants des mers et des fleuves » paru dans notre dernier numéro (Le Jeune Scientifique, décembre 1965, pp.49-56, par Etienne Magnin, biologiste), nous publions ici deux mentions qui intéresseront probablement nos lecteurs.Nous les empruntons à deux publications du ministère des Pêcheries du Canada, Ottawa.Une tortue marine de 1,200 livres Une tortue marine géante était capturée dans la baie Conception, à Terre-Neuve, par l’équipage d’un bateau de pêche.Cette tortue — dont on ne mentionne pas l’espèce — pesait 1,200 livres et mesurait 7 pieds de la tête à la queue.Elle était brun foncé avec des teintes grisâtres sur le dos et un ventre marbré.(Extrait de Trade News, Department of Fisheries of Canada, Ottawa, vol, 17, no 5, nov.1964, page 10, plus une photo — reproduite ici.) / Un calmar de 21 pieds Un calmar ou encornet était capturé récemment à White-Bay, Terre-Neuve.Ce mollusque géant pesait 231 livres et son tentacule le plus long mesurait 21 pieds, deux pouces.« Vu la rareté d’encornets de dimensions aussi exceptionnelles, les employés du ministère fédéral des Pêcheries ont pris des dispositions pour le conserver jusqu’à ce qu’il puisse être livré au département de biologie de l’Université Memorial à Saint-Jean, T.N.» Il a été identifié comme étant Architeuthis dux Steenstrup.(Extrait de La Pêche, ministère des Pêcheries du Canada, décembre 1964, janv.-fév.-mars 1965, page 11, y compris une photo — que nous reproduisons ici.) 90 LE JEUNE SCIENTIFIQUE, JANVIER 1966 La géochimie à l'avant-garde de la prospection Il y a différentes façons de pénétrer les secrets de la terre.L’homme d’ailleurs, a toujours été fasciné par l’intérieur de la planète.Pour les anciens Grecs et Romains, l’intérieur de la terre logeait le ciel et les enfers.Les explorateurs de Jules Verne y trouvèrent une vaste mer et des monstres antédiluviens.Les géochimistes du ministère fédéral des Mines et des Relevés techniques laissent moins trotter l’imagination ! Ils s’adonnent à un travail d’exploration de base et, par leurs recherches, ils favorisent le développement minier du pays.La géochimie et, à titre connexe, la biogéochimie, constituent de nouveaux procédés d’exploration qui suscitent beaucoup d’intérêt.Les géologues utilisent la présence de quantités infimes de minéraux dans les rivières, les sols et la végétation pour déceler d’importants gisements que les méthodes ordinaires ne sauraient permettre de découvrir.La Commission géologique du Canada a fait, jusqu’à présent, de nombreux relevés géochimiques de reconnaissance, dans le district de Patricia (Nord-Ouest de l’Ontario), dans les provinces maritimes où elle a terminé l’étude de la partie continentale de la Nouvelle-Ecosse et elle travaille actuellement au Nouveau-Brunswick, plus particulièrement dans la région de Bathurst.Des travaux d’envergure sont également en cours dans les régions de Kapus-kasing et de Moosonee en Ontario.La géochimie est l’étude chimique de la terre.On y scrute sa lithosphère (les roches), son hydrosphère (les eaux), son atmosphère et sa biosphè- Deux géologues mesurent l’acidité ou l’alcalinité de l’eau.Ils font partie d’une équipe de géochiniistes en expédition.Actualité SCIENTIFIQUE re (processus biologiques influant sur la géologie).Comme dans les autres sciences, les recherches géochimiques sont ou pures, ou appliquées.Malgré son jeune âge, la section de Géochimie de la Commission géologique du Canada jouit déjà d’une réputation internationale grâce à ses études et relevés de reconnaissance.Le seul autre pays au monde à attacher autant d’importance à ce genre de relevés est l’Union soviétique.Devenue d’usage fort courant pour le géologue et le prospecteur, la géochimie leur facilite la tâche, les aidant à comprendre les modes et les raisons de la formation des gîtes de minerai.Elle joue aussi un rôle important dans la détection des richesses minières.Tous ces travaux facilitent la préparation de cartes géologiques plus complètes d’une région.Bien que la section de Géochimie soit encore jeune de fondation, il n’en demeure pas moins que la géochimie a plus de cent ans au Canada.En effet, il y a un siècle, un géologue et chimiste de la Commission, Sterry Hunt (1826-1892), un pionnier en la discipline, travailla à résoudre des _ questions aussi variées que la genèse des minerais et l’origine du granite.Certaines de ses idées sont encore fort utiles aux chercheurs.Après lui, H.V.Ellsworth (1889-1952) fut l’un des pionniers en radioactivité, géochimie et minéralogie des éléments rares.Il a contribué efficacement aux recherches géochimiques.Pommes de terre traitées aux rayons gamma Les usages pacifiques de l’énergie atomique n’ont pas fini d’étonner le monde.Cette énergie qui, à première apparition a fait frémir la terre entière, se transforme désormais en amie et même en bienfaitrice.Un des emplois les plus prometteurs réside dans la conservation des aliments.Récemment, à Saint-Hilaire, dans le Québec, la première usine commerciale d’irradiation de produits alimentaires au monde a été inaugurée.L’usine de la compagnie Neiv-field Products Ltd a déjà commencé à produire des pommes de terre traitées aux rayons gamma.Grâce à ces rayons, les pommes de terre se conservent environ 300 jours de plus qu’à l’ordinaire et ne germeront plus dans les sacs.Ces pommes de terre qui composent la récolte d’automne de cette année 1965 seront en grande partie entreposées jusqu’au début de 1966 et pourront être mises sur le marché au moment où il fallait importer ce légume des Etats-Unis.La construction de l’usine ainsi que les appareils atomiques achetés de l’Energie atomique du Canada ont coûté $1,200,000.Le président de la Newfield Products, M.F.W.Ward, a déclaré à l’inauguration de l’usine : « Dans notre monde d’aujourd’hui, des millions de gens souffrent de la faim.Cela est dû en grande partie aux moyens insuffisants de conservation.La conservation des aliments par l’irradiation est sans doute l’un des moyens les plus efficaces de nourrir le monde ».Le Canada apporte de nouveau sa collaboration au bien-être mondial.n i r i -M *n - Les pommes de terre entrent à l’usine d’irradiation pour subir le traitement qui les protégera contre la germination.LE JEUNE SCIENTIFIQUE, JANVIER 1966 91 ACTUALITÉ SCIENTIFIQUE, suite SB p> Une grande activité règne à l’intérieur de l’usine de Saint-Hilaire, P.Q.Cette usine est située dans l’un des principaux centres producteurs de pommes de terre au Québec.Dans notre pays, l’utilisation de la radiation pour éviter la germination est donc chose faite.Le pays prend figure de pionnier dans cette nouvelle application de l’énergie atomique avec cette première usine commerciale d’irradiation de produits alimentaires.L’usine, qui demeure sous contrôle canadien, comprend un émetteur de rayons gamma (bombe au cobalt-60) un laboratoire et un entrepôt pouvant contenir 15 millions de livres de pommes de terre.Intérêt croissant du Canada envers l'espace Le nom du Canada est déjà bien reconnu dans le monde international de l’espace.Aussi l’intérêt du pays va-t-il croissant en tout ce qui touche l’amélioration des techniques qui permettent le rendement constamment accru des véhicules spatiaux.Mis à part les succès des « Alouette » I et II, un pas très important a récemment été franchi dans ce domaine lorsqu’en octobre 1965 la Computing Devices of Canada Limited inaugurait sa nouvelle Division des sciences de l’espace à Sitts-ville, en Ontario, à quelques milles de la capitale canadienne.Les laboratoires de la Compagnie sont installés en plein désert, dans la campagne de Sittsville, sur des terrains couvrant 400 acres.C’est l’unique entreprise du genre au Canada, dans le domaine privé, en ce qui touche l’aérophysique.En réunissant sous un même toit toutes ses activités scientifiques de l’espace, la CDC est plus à même de rendre service à tous les organismes scientifiques qui veulent avoir recours à ses services compétents.Au nombre de ses clients fort connus, l’on trouve l’Université McGill, de Montréal, qui a des grands projets d’étude de la haute atmosphère à LaBarbade; les Laboratoires de recherches pour la Défense nationale, à Shirley Bay, en banlieue d’Ottawa; le Centre de recherches sur le vol de PARC, à Cold Lake, en Alberta, et le Centre de recherches de l’Armée canadienne à Valcartier, près de Québec.Mais la collaboration de cette compagnie s’étend également aux Etats Unis où l’industrie aéro spatiale est étroitement liée aux scientifiques canadiens pour des échanges d’expériences.C’est à une autorité en aérophysique, M.G.P.T.Wilenius, que la Computing Devices of Canada Limited a confié la direction de ses laboratoires à Sittsville.Deux scientifiques examinent la maquette d’un module télémétrique moulé dans le plastique et qui sera mis à l’épreuve sous de très hautes accélérations.Dans ce sanctuaire de la science, situé en plein désert, des scientifiques se penchent sur les phénomènes auxquels sont exposés les véhicules spatiaux.De nombreux aspects de la recherche spatiale sont envisagés, tels l’aérophysique, la balistique et l’aérodynamique, mais l’étude principale porte sur la structure des véhicules spatiaux afin de les protéger contre la pénétration des micro-météorites.Des projectiles sont déposés dans des canons et lancés sur des parois de différentes teneurs métalliques.Les résultats sont ensuite examinés : la force de l’impact, la réaction des projectiles, l’évaporation, la distribution des molécules au choc, l’influence de l’épaisseur de la cible, les phénomènes lumineux, l’influence de la pression à l’intérieur des champs de tir, etc.Tout ceci afin de pourvoir le monde scientifique de véhicules spatiaux à toute épreuve.Le Canada, un grand réservoir de pétrole C’est au nord de l’Alberta que l’on trouve la plus riche réserve pétrolière au monde.Cette réserve est évaluée à 700 milliards de barils bruts.Les compagnies recherchent actuellement la meilleure façon d’en extraire le pétrole à l’échelle commerciale.Les récentes découvertes pétrolières dans les régions du lac Rainbow-Zana, situé en Alberta, à quelque 100 milles au sud de la frontière des Territoires du Nord-Ouest, et à quelque 40 milles à l’est de la frontière de la Colombie-Britannique, ont donc sans aucun doute, ramené de façon sensible l’attention du public sur l’industrie pétrolière au Canada et de nouveau sur les sociétés indépendantes qui ont la bonne fortune d’être plus ou moins intéressées dans ces découvertes.Il va sans dire que des informations précises sur ces déccmvertes ne sont pas encore disponibles car les entreprises qui y sont intéressées ont tout avantage à garder le maximum de discrétion.A première vue, il semblerait cependant que ces découvertes pourraient amener la mise en valeur d’un champ majeur, peut-être même de l’importance de Swan-Hills (1 milliard de barils de réserve), si les forages subséquents de délimitation s’avèrent des succès.L’on parle même de zones payantes brutes de quelque 600 pieds d’épaisseur, soit approximativement des zones nettes de quelque 200 pieds, ce qui pourrait engendrer des réserves de 2 à 4 millions de barils par puits, suivant l’espace qu’ils couvrent, pourvu toutefois que les éléments de porosité et de perméabilité soient normaux.La production de pétrole et de gaz naturel, au Canada, est donc en bonne voie.On s’attend à ce que le Canada marque une progression de 8% par rapport à 1964 et que le rythme de production progresse donc de 852.000 barils par jour à 920,000 (dont 800.000 barils de pétrole brut).Il est donc possible d’entrevoir que le chiffre magique d’un million de barils par jour soit atteint d’ici un an ou deux.Le Canada occupe le deuxième rang au monde pour la consommation de pétrole par tête.Pétrole et gaz naturel comblent 70% de ses besoins d’énergie et chaque citoyen canadien consomme annuellement l’équivalent de 630 gallons de pétrole.Plus de la moitié des foyers canadiens sont chauffés à l’huile, chaque ferme occupée possède son tracteur et l’on compte plus d’un véhicule à moteur par quatre Canadiens.Le pétrole est donc essentiel à la vie de chaque Canadien.Aussi une question se pose : en avons-nous assez ?92 LE JEUNE SCIENTIFIQUE, JANVIER 1966 l«?5WjSgUS :^;^v Pour découvrir de nouvelles sources de pétrole, les géologues et les géophysiciens ont entrepris l'étude du fond des plateaux sur la côte de l’Atlantique et dans l’Arctique.On provoque les secousses séismiques en vue de connaître les couches rocheuses du fond de la mer.Combien en reste-t-il dans le monde ?Il en reste en abondance, mais pas nécessairement aux endroits voulus.Ceci dit, on conclura facilement que le Canada est constamment aux a-guets de nouvelles sources pétrolières.Et cette demande croissante de pétrole ne se limite pas au Canada.D’ici 10 ans, on s’attend que le monde libre consommera 70% de pétrole et 100% plus de gaz naturel.En se basant sur le rythme actuel de la production, on estime que le Canada possède des réserves prouvées de pétrole pour 20 ans et de gaz pour 50 ans.Pourquoi alors poursuivre des recherches aussi activement ?C’est que même des sources d’approvisionnement prévues pour 20 ans ne constituent pas une marge sûre.D’abord, il est difficile d’évaluer exactement la quantité de pétrole et de gaz dont le pays aura besoin pour les deux prochaines décennies.Qui aurait pu prédire, il y a dix ans, qu’en 1965 la consommation d’énergie au Canada aimait augmenté de 45% ?Notre pays comme le monde entier ont besoin de pétrole et tous les scientifiques doivent tenter de le découvrir partout où il se cache, même jusqu’au fond des mers.Trente-six navires aux « sources » du Kouro-Shivo (ou Kuroshio) Où le Kuroshio, le « Gulf Stream du Pacifique », prend-il naissance et qu’elle est sa profondeur ?la réponse à ces questions figure parmi les résultats préliminaires auxquels a abouti, dans une première phase, l’étude de ce courant marin, menée en coopération par plusieurs pays.Les résultats ont été communiqués à la Commission océanographique internationale, chargée, sous l’égide de l’Unesco, de la coordination des travaux, au cours de sa 4e session à Paris, en novembre 1965.En juin 1964, la Commission avait approuvé le projet d’étude du Kuroshio, dont on présumait que les variations pouvaient affecter les conditions climatiques et avoir des incidences sur les pêches dans l’Ouest-Pacifique.La découverte de l’origine du courant a été annoncée au mois de septembre dernier par un groupe de recherche japonais à la suite d’une croisière de 75 jours à bord du Takuyo, un des 27 navires océanographiques nippons qui ont participé à la première phase de l’étude.Le Kuroshio représente en fait une partie d’une grande ceinture d’eau mouvante dont le trajet suit d’abord l’équateur en direction de l’ouest (il est alors le « Courant nord équatorial»), s’infléchit en direction du nord à la hauteur des Philippines pour former le Kuroshio, traverse ensuite le Pacifique nord et se dirige vers le sud en longeant la côte américaine sous le nom de « Courant californien ».L’équipe de recherche du Takuyo a établi que la moitié nord du courant nord équatorial, qui est large de 960 kilomètres, vire vers le nord pour devenir le Kuroshio entre 13° et 15° de latitude nord au moment où il atteint la côte orientale de l’île de Luzon dans les Philippines.Les mesures de la profondeur du Kuroshio ont été effectuées par 1 ’Atlantis II de la Woods Hole Oceanographic Institution (E.-U.); elles ont indiqué qu’il se cantonnait dans les couches supérieures du Pacifique au-dessus d’une profondeur de 2,000 mètres.Les études ont été menées au moyen de « flotteurs de Swallow », conçus pour être mis en dérive à une profondeur donnée, d’où leurs pings (émissions ultra-sonores) sont suivis par un dispositif spécial à bord d’un navire expérimental.Le Dr Kiyoo Wadati, chargé de coordonner sur le plan national l’étude du Kuroshio, a indiqué que 36 navires appartenant à six pays ont été à l’oeuvre pendant la première phase d’étude.Outre le Japon et les Etats-Unis, les pays qui ont armé ces navires sont l’Union soviétique, Hong-Kong, la République de Chine et la République de Corée.Le Uliana Gromova, unité soviétique, est au nombre des bâtiments qui ont poursuivi leur programme de recherche malgré un typhon qui, en septembre, a provoqué des vagues de 18 mètres.Au cours de cette phase d’été les navires se sont répartis sur une zone de recherche couvrant 1,600 kilomètres au travers du Pacifique et allant du détroit de Luzon au sud, jusqu’à la partie nord du Japon.La même zone va maintenant être prospectée durant les mois d’hiver pour déterminer les variations saisonnières.L’étude du Kuroshio aura demandé deux années de croisière d’été et d’hiver afin de dégager les données d’une recherche spécifique ultérieure.Elle est orientée tout particulièrement sur les problèmes de la pèche.A elle seule, l’Agence japonaise pour la Pêche ne fournit pas moins de 19 navires de recherche par mois.« Il s’agit de la campagne la plus intensive de croisières techniques pour la pêche jamais entreprise sur les mers », déclarait l’un des principaux responsables de cette étude.Un des objectifs à long terme de l’étude est l’explication des variations de concentration des poissons.LB JEUNE SCIENTIFIQUE, JANVIER 1966 93 Ilya cent ans .La découverte de la bakélite" première étape vers la production des matières plastiques Un aide-cordonnier devient étudiant Léo Hendrik Baekeland naquit le 14 novembre 1863 à Gand, en Belgique, d’un père analphabète, qui destinait son fils à l’honnête métier de cordonnier et d’une mère qui, avant son mariage, avait été servante et avait reçu une certaine éducation.Elle estimait qu’une bonne instruction importait autant qu’un bon métier et agit en conséquence.Elle ne put cependant empêcher que son fils ne soit contraint d’interrompre ses études de juillet 1876 à octobre 1877 pour aider son père dans son atelier ainsi qu’à l’auberge qu’il exploitait en même temps.Léo Baekeland devint élève à l’Athénée et suivit le soir les cours de chimie donnés à l’école industrielle de la ville de Gand.Il y obtint son diplôme avec distinction après deux ans, ainsi que les médailles d’honneur de chimie et de physique.Sa première fabrique Jules Morel, professeur de chimie à l’Ecole Industrielle de Gand, vit dans son élève un garçon exceptionnellement doué et conseilla aux parents de donner à leur fils l’occasion de suivre un enseignement supérieur.Léo Baekeland put concourir pour obtenir une bourse d’études.L’ayant brillamment conquise, il devint, à 17 ans, étudiant en sciences physiques à l’Université de Gand.Il travailla au célèbre laboratoire de recherches créé par le Professeur Kékulé, où quelques-uns parmi les meilleurs venaient parfaire leurs connaissances de chimie.Le Professeur Théodore Swarts, successeur de Kékulé, témoigna à son élève beaucoup d’intérêt et dès la fin de la première année, le fit nommer préparateur de son cours.A 21 ans, Léo Hendrik Baekeland fut promu docteur en sciences physiques « summa cum laude ».Cette promotion lui valut immédiatement deux nominations : d’abord celle de professeur à la section de Sciences Naturelles de l’Ecole Normale Moyenne de Bruges, ensuite celle d’assistant du Professeur Swarts.Baekeland pouvait dès lors remercier ses parents des sacrifices qu’ils avaient consentis pour lui permettre de faire des études supérieures.Toute la famille quitta Gand pour aller mener à la campagne une vie moins chère et plus saine.A Afsnee, village pittoresque au bord de la Lys, ils louèrent une fermette à côté de la magnifique petite église romane.Cette période heureuse ne dure cependant guère, car le 16 juillet 1888, Léo quitte ce poétique village pour Gand où, dans la propriété d’un ami, il installe une fabrique de plaques photographiques pouvant être développées dans l’eau d’après un procédé nouveau.Pour ce procédé il avait pris un brevet en Belgique sous le numéro 78957.Au professeur et à l’assistant d’université qu’il était, la nouvelle firme « Baekeland et Cie, Produits chimiques » offrait un intéressant terrain de travail.Il songeait à quitter l’enseignement pour se consacrer entièrement à l’industrie.Cependant l’Université l’appréciait beaucoup .Lors de l’ouverture de l’année académique 1887-1888, le recteur lui avait rendu hommage au nom du corps professoral, et, dans son rapport au Ministre, l’administrateur-inspecteur du gouvernement avait noté «.un jeune homme de grande valeur.Il a en lui — ce qui est rare — l’étoffe des inventeurs ».Aux Etats-Unis Bien que connaissant parfaitement les origines modestes de son assistant, le Professeur Swarts avait consenti au mariage de sa fille Céline avec le jeune chimiste.Un différent devait cependant surgir lorsque Baekeland fit part 94 LE JEUNE SCIENTIFIQUE, JANVIER 1966 de son intention d’abandonner la carrière de professeur pour se consacrer entièrement à l’extension de sa petite usine.Le Professeur Swarts n’avait aucune confiance dans l’avenir de cette entreprise et estimait indigne de sa fille la vie qu’elle aurait menée aux côtés de l’exploitant d’une pareille fabrique.Pour l’amour de Céline Swarts, Baekeland céda : sa demande de nomination en tant qu’agrégé spécial de la Faculté des Sciences fut introduite à Gand et, le 8 août 1889, le mariage fut célébré.Lauréat du concours universitaire, une bourse d’étude venait de lui être accordée et deux jours après leur mariage, les jeunes époux s’embarquaient à Anvers pour New York.Le Dr.C.Chandler, éditeur du bulletin photographique Anthony et professeur à la Columbia University, décida Léo Baekeland à rester au moins un an aux Etats-Unis.Il l’aida à trouver un emploi de chimiste auprès du groupe financier Anthony, alors la plus grande entreprise photographique du continent américain.Lorsque sa nomination d’agrégé spécial en sciences lui parvint aux Etats-Unis, Léo H.Baekeland dû envisager l’alternative suivante : rentrer contre son gré en Belgique comme jeune professeur ou suivre sa voie réelle et rester chimiste auprès de la grande firme Ansco.Première découverte importante Il prit une décision le 5 novembre 1889 et offrit sa démission de professeur.Durant dix ans il se consacra entièrement à l’industrie photographique.C’est au cours de ses expériences que son attention fut attirée par la faible sensibilité aux rayons jaunes des émulsions de chlorure d’argent.Cette constatation l’amena à faire une importante découverte : celle du papier photographique « Gaslight » ou papier « Velox ».Avec Leonard Jacobi, il fonda à Yonkers, près de New York, la « Nepera Chemical Company » qui fabriquerait le papier « Velox ».Ce n’est qu’après quelques années d’un travail incessant que son papier photographique commença à se vendre.Ce papier devint si populaire qu’en 1898 Georges Eastman, un ancien concurrent et directeur de la « Eastman Kodak Company », proposa à Baekeland de lui racheter la Nepera Chemical Company.La reprise eut lieu fin juillet 1899.A 35 ans, et à peine naturalisé citoyen américain, Baekeland devint puissamment riche.Il n’avait cependant pas l’intention de s’endormir sur ses lauriers.Il écrivit à un ami Gantois : « Au sujet de cette affaire, je dois te dire que je ne compte nullement devenir un rentier paresseux et désoeuvré, quelqu’un qui ne produit rien et qui ne fait que consommer ».Il envisageait pourtant de prendre des vacances : « Et ce que j’appelle vacances, est tout aussi bien du travail.Car j’ai si profondément modifié mon projet, que je puis aller étudier dans des laboratoires allemands et suisses ».Un laboratoire flambant neuf Au cours de l’hiver 1899-1900, Baekeland se rendit à l’Ecole Technique de Charlottenburg, près de Berlin, au laboratoire d’électrochimie du Professeur Georg Karl von Knorre.Il revit sa ville natale et visita le Nord de l’Italie et l’Exposition internationale de Paris où il étudia attentivement les dernières nouveautés techniques.A son retour aux Etats-Unis, il acheta une magnifique propriété sur les rives de l’Hudson.Il y fit installer le laboratoire de ses rêves où il inventera plus tard la bakélite.Le chimiste belge, Léo Hendrik Baekeland (1863-1944), inventeur de la bakélite.La « bakélite » est le nom commercial d’une matière plastique thermorésistante (résistant à la chaleur) fabriquée à partir du phénol et du formaldéhyde.LE JEUNE SCIENTIFIQUE, JANVIER 1966 95 Ses premiers contacts avec les résines synthétiques datent de la période où il était l’assistant du Professeur Swarts.C’est en cherchant à fabriquer de nouveaux produits cristallins qu’il avait obtenu une substance résineuse que l’on considéra alors comme un déchet.Dans son nouveau laboratoire l’attention du chercheur fut attirée par ce déchet.En effet, n’oublions pas qu’au cours des premières décades de notre siècle, on recherchait des produits de substitution pour la soie, le caoutchouc, les laques et les résines.La demande de gomme-laque, par exemple, produit employé comme isolant dans les moteurs électriques, augmenta fortement.Pour remplacer cette résine secrétée par certains coccidés et dont par conséquent l’offre était relativement réduite, Baekeland s’attela à des expériences à base de phénol et de formol.Découverte de la bakélite En août 1908, Léo Baekeland écrivait à son ami : « De mon travail au laboratoire, je te parlerai ultérieurement.Qu’il me suffise de te dire que j’ai réussi à fabriquer un produit organique — la bakélite — qui a déjà trouvé de nombreuses applications et qui en trouvera encore bien d’autres ».Un examen systématique des rapports phénol,/formol compte tenu de la température, de la pression et de l’intervention de catalyseurs, amena Baekeland à découvrir de nouvelles résines, totalement inconnues à l’état naturel : des super-résines, solides, infusibles, insolubles et mauvaises conductrices de l’électricité, semblait-il.Le brevet — historique — protégeant ces résines synthétiques, le brevet chaleur-pression, a été enregistré le 18 février 1907 et la première communication publique relative à la synthèse, à la composition et aux applications de la bakélite fut faite à New York, le 5 février 1909 devant l’assemblée plénière de Y American Chemical Society.Afin de satisfaire la demande sans cesse croissante, le laboratoire privé, où la production avait débuté à l’aide d’un seul autoclave semi-industriel, à présent relique historique, fut abandonné.La General Bakélite Company fut fondée.Baekeland devint le président du conseil d’administration de l’usine sise à Perth Amboy, N.Y.Après la première guerre mondiale, cette usine connut rapidement une très grande prospérité.Des filiales furent créées au Canada, en Grande-Bretagne, en France, en Italie et au Japon.En 1910 déjà, avait commencé en Allemagne la production industrielle de la bakélite.La Bakélite Corporation fut fondée en 1933.Une usine toute neuve fut construite à Bound Brook (New York).Elle deviendra en 1939 la Division des Matières Plastiques (Plastics Division) de la Union Carbide and Carbon Corporation.Lorsque Léo Hendrik Baekeland mourut à Beacon, N.Y., le 14 février 1944, la production mondiale des résines à base de phénol était passée à 175,000 tonnes et l’ère des plastiques était née.Baekeland fut le pionnier de la production industrielle des matières plastiques et l’inventeur de nouvelles méthodes pour le traitement de ces matières précédemment inconnues.Sans ses découvertes dans le domaine des super-résines, de nombreux autres produits synthétiques n’auraient pu apparaître sur le marché en nombre sans cesse croissant depuis la seconde guerre mondiale.Aussi a-t-il été nommé membre d’honneur de nombreuses sociétés savantes et institutions scientifiques.Il fut promu docteur « honoris causa » non moins de sept fois : Pittsburg (1916), Columbia University (1929), Bruxelles (1934), Edimbourg deux fois (1936-1937), Londres (1939) et Gand (1939).De nombreuses médailles d’honneur lui furent remises solennellement.Citons : la W.H.Nichols-Medal (1909), la Willard Gibbs-Medal (1913), la Chandler-Medal (Columbia University, 1914), la William Perkin-Medal (Society Chemical Industry, 1916), la Messel-Medal (1938) et bien d’autres encore.En 1917, il fut nommé, à titre honorifique, professeur de chimie industrielle de la Columbia University.Une lettre de lui, datée du 5 janvier 1938, montre qu’il était très ému par ces témoignages d’estime : « D’ici et d’autres pays me parviennent honneurs et distinctions à mesure que j’augmente en âge.L’an dernier les décorations ont plu sur moi.La plus importante était le titre honorifique de Docteur en Droit de la fameuse Université d’Edimbourg, en Ecosse; c’est le plus haut titre qu’elle décerne et il n’est jamais remis in absentia.(.) Lorsque je reçus la toge rouge et la toque carrée noire, j’ai vu la grande émotion de ma femme assise à quelques mètres de moi (.) Chaque fois qu’un nouvel honneur ou une nouvelle distinction m’étaient décernés, ma première pensée fut toujours celle-ci : que ma mère serait heureuse si elle vivait encore ».96 LE JEUNE SCIENTIFIQUE, JANVIER 1966 Tarif des abonnements Le Jeune Scientifique Canada Autres pays Abonnement individuel : $3.00 $3.50 Abonnement de groupe : $2.00 $2.25 Un abonnement de groupe (ou groupe-étudiants) , comprend 15 abonnements ou plus à une même adresse.Le responsable de ces abonnements bénéficie d’un escompte de 5% sur chaque abonnement.Les chèques ou mandats doivent être faits en argent canadien, au nom du JEUNE SCIENTIFIQUE, case postale 6060, Montréal 3, Qué., Canada.Le Jeune Scientifique est une revue de vulgarisation des sciences destinée aux étudiants d’expression française.Elle a besoin de la collaboration de tous les éducateurs, de tous les enseignants pour atteindre la population étudiante des écoles secondaires et des collèges.Son avenir repose en grande partie sur cet accueil, sur cette participation du milieu étudiant.Le Jeune Scientifique doit obtenir 10,000 abonnements pour maintenir son programme actuel, pour continuer à servir les étudiants intéressés aux sciences.L’an dernier, pour le 3e volume, le nombre d’abonnements atteignait 8,000.Il faudrait donc intensifier les efforts, présenter la revue dans toutes les écoles, assurer sa diffusion dans tous les collèges et dans un plus grand nombre de foyers.Les auteurs de ce numéro Rédacteurs : 73 Les problèmes de l’eau potable, par Réal Aubin, c.s.v., M.Sc., professeur de Chimie et directeur des études au Collège de Joliette.77 Le carbone éternel, par Tom Alderman; article paru dans La Revue Imperial OU.Montréal, vol.49, no 2.avril 1965.79 Actualité scientifique : dessalement de l’eau de mer, communiqué du ministère du Nord canadien et des Ressources nationales, Ottawa; pollution des mers, communiqué de l’UNESCO, Paris; adaptés par la rédaction.80 Les « Quasars » et les satellites observatoires, par Alphée Nadeau, B.Sc., professeur au Collège Sainte-Anne, La Pocatière, P.Q.84 Les divers types de nuages, par Raymond Perrier, M.A., météorologiste, Service de Météorologie, ministère des Richesses naturelles, Québec.90 Animaux géants des mers, notes extraites de Trade News et de La Pêche, ministère des Pêcheries du Canada, Ottawa.91 Actualité scientifique : géochimie, pommes de terre, Canada et l’espace, le pétrole; photos reportages de l’Office national du Film, Ottawa, rédigés par Gaston Lapointe, adaptés par la rédaction de la revue.Le courant Kuroshio, communiqué de l’UNESCO, Paris, adapté par la rédaction.94 La découverte de la bakélite, communiqué de l’Institut belge d’information et de Documentation.Bruxelles.Photographes, dessinateurs : 73-75 Les problèmes de l’eau potable : photos gracieuseté de la Canadian Industries Limited, C.I.L., Montréal; p.75, photo de l’Office du Film du Québec.77 Modèles atomiques du diamant et du graphite, photo gracieuseté de General Electric Research Laboratory, New York.80-82 Satellites-observatoires : pp.80, 82, photos de la National Aeronautics and Space Administration (NASA), Washington, D.C., gracieusement fournies par le United States Information Service, Ottawa; p.81, graphiques de Alphée Nadeau, dessinés par Rosaire Goulet, Québec.85-88 Les divers types de nuages : pp.85, 86, 87, 88, photos extraites de l’International Cloud Atlas (version abrégée), publié par l’Organisation mondiale de la Météorologie (O.M.M.), planches 4, 17, 27 et 52.90 Tortue et calmar géants, photos gracieusement fournies par la Direction de l’Information, ministère des Pêcheries du Canada, Ottawa.91-93 Actualité scientifique, photos Ted Grant, série des photos-reportages de l’Office national du Film, O.N.F., Ottawa.95 L.H.Baekeland, photo gracieusement fournie par l’Institut belge d’information et de Documentation, Bruxelles. Le quatrième volume de votre revue est-il lu.?Avec ce numéro de janvier 1966, LE JEUNE SCIENTIFIQUE complète la moitié de son 4e volume.Quatre livraisons qui ont présenté divers aspects de la science à l’intention des étudiants d’expression française.Mais ces quatre premiers numéros de l’année scolaire ont-ils été lus?Les professeurs ont-ils profité de tel ou tel article pour compléter l’information de leurs étudiants?La revue est-elle disponible sur les rayons de la bibliothèque scolaire?Les étudiants intéressés aux sciences connaissent-ils vraiment LE JEUNE SCIENTIFIQUE?Au sommaire des quatre premiers numéros du 4e volume, 1965-66 : octobre décembre Les eaux souterraines, ressources inexploitées (1er article), par I.C.Brown; Le tricentenaire de la mort du mathématicien Pierre de Fermat, par N.T.Gridgeman; Récentes publications pour l’étude des oiseaux; Les satellites météorologiques, par Alphée Nadeau; Cohérence et Masers, par Jacques Vanier; Le Dr Selye parle aux étudiants, par Roland Prévost.Les animaux géants des mers et des fleuves, par Etienne Magnin; Volumes récents (physique, botanique); par Jean R.Beaudry et André Bruneau; Calendrier des migrations d’automne (oiseaux), 3e partie, par Raymond Cayouette et Max Boucher; La formation des nuages, par Raymond Perrier; L’observation du Soleil : du télescope au satellite-observatoire, par Alphée Nadeau; « Tuktu », une question de survivance, le Caribou ou renne arctique du Grand Nord, par Fraser Symington.novembre Les grands exploits de Mariner IV, par Alphée Nadeau; Les photos de Mars récupérées grâce à deux chiffres, par Réal Aubin; Prochains voyages habités vers la Lune, par Alphée Nadeau; Les eaux souterraines, ressources inexploitées (2e article), par I.C.Brown; Actualité scientifique; L’Ours gris de Richardson et le problème de sa survivance dans le Canada septentrional, par A.H.Macpherson; Les physiciens du Canada français, par Jean-Pierre Bernier et Erich W.Vogt.janvier Les problèmes de l’eau potable, par Réal Aubin; Le carbone éternel, par Tom Alderman; Actualité scientifique; Les « Quasars » et les .satellites-observatoires (OAO), par Alphée Nadeau; Les divers types de nuages, par Raymond Perrier; La découverte de la bakélite, première étape vers la production des matières plastiques.LE JEUNE SCIENTIFIQUE, case postale 6060, MONTREAL 3.
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