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Titre :
Le jeune scientifique
Revue d'information scientifique rigoureuse destinée à la jeunesse étudiante afin de stimuler son intérêt pour les avancées et les carrières scientifiques [...]

Né de la reprise par l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS) en 1962 du Jeune Naturaliste, revue pédagogique publiée depuis 1950 par les Clercs de Saint-Viateur et le Séminaire de Joliette, Le Jeune Scientifique devient une revue d'information scientifique tout en conservant son principal animateur viatorien, Léo Brassard, qui en sera le directeur jusqu'en 1969.

La revue paraît durant la Révolution tranquille, époque qui a vu le monde réaliser d'immenses progrès scientifiques, comme la conquête spatiale, la production énergétique et les grandes avancées médicales. Le Québec vise alors à participer davantage aux mouvements scientifiques internationaux pour assurer son développement socio-économique, comme en font foi, par exemple, les grands projets hydroélectriques et le train d'atterrissage du module lunaire Apollo 11.

Alors que la jeunesse québécoise entre en nombre record à l'école secondaire, sa préparation à un monde du travail qui évolue rapidement et où se multiplient les occasions d'emploi devient cruciale. La revue cherche à répondre à cet impératif en présentant les développements et les applications de la science pour orienter la jeunesse vers les carrières scientifiques.

Les sciences naturelles, dont la biologie, la botanique et la zoologie, qui étaient traitées dans Jeune Naturaliste, côtoient maintenant l'actualité scientifique, la physique, l'astronomie, le nucléaire, la chimie, les mathématiques, les ressources énergétiques, l'écologie, etc.

Pour démontrer la rigueur de ces disciplines et les avenues qu'elles offrent, plusieurs scientifiques, intellectuels et professeurs réputés sont invités à collaborer à la revue : parmi eux, Hubert Reeves et Jean-René Roy, astrophysiciens, Maurice L'Abbé, mathématicien, Roland Prévost, journaliste, Serge Lapointe, professeur de physique, et Richard Cayouette, agronome.

Tiré à environ 5 000 exemplaires, Le Jeune Scientifique est publié en phase avec le calendrier scolaire. Le design sobre et clinique de sa page couverture souligne d'ailleurs sa vocation pédagogique.

En 1969, la revue est reprise par la jeune Université du Québec et sera dirigée par Jocelyne Dugas, auparavant directrice de la revue Techniques, pour devenir la revue d'information scientifique à succès Québec Science.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1989, vol. 9, p. 252-255.

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec science : cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec ; Montréal, Éditions Multimondes ; Québec Science, 2012, p.1-44.


Éditeur :
  • Joliette, Qué., Canada :l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS),1962-1969
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune naturaliste
  • Successeur :
  • Québec science
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Références

Le jeune scientifique, 1969-11, Collections de BAnQ.

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* / NUMERO 2 / DECEMBRE 1969 1X[ ji/!p saaitmiiB Domestiquer l'énergie nucléaire « mt.i ï , ‘O .fe::: ou! uV > «11."'.: Ce plasma contenu dans un champ atomique créé par un filament électrifié (au centre du dessin), vient en illustration de cette énergie nucléaire que les savants tentent de maîtriser, de domestiquer, afin de trouver des applications directes à sa formidable puissance.Ig jeune scientinQue I energie nucléare SOMMAIRE TEXTES PAGES Editorial: Dans la forêt, quelques pistes Jocelyne Dugas 1 SCIENCE Domestiquer l'énergie nucléaire Jean-René Roy 2-6 Deux aspects de cette formidable énergie: le combustible dans la pile atomique et les réactions thermonucléaires contrôlées La carte géomorphologique Liane Ottmann 10 -15 Un instrument de travail complexe expliqué par un exemple pris dans le Vercors 735000 volts: record battu Pour transporter toute la puissance du complexe Manicouagan-Les Outardes, l'Hydro-Québec a choisi la plus forte tension au monde Service des relations publiques de l'Hydro-Québec -4 CD ACTUALITE Cinq jeunes scientifiques autour d'une table: "Nous comprenons mal la politique suivie pour nous enseigner les sciences " Françoise Côté 16 - 17 Ces mordus de la science sont inquiets pour leur avenir Les professeurs de sciences se réunissent et s'inquiètent Jean-Claude Paquet 19 La remise en question du problème de la formation des maîtres en sciences Le colloque de l'ACFAS: le rôle des sciences dans l'industrie Gilles Constantineau 18 RUBRIQUES Comment on devient MEDECIN-CHERCHEUR Michel Lapalme 20 Comment devenir MEDECIN-CHERCHEUR Michel Lapalme 21 Flash .Flash .Flash .Françoise Côté Michel Gauquelin Roland Prévost 22-23 Voulez-vous lire ?Jean-Paul Boudreault 24 Dites moi .Sondage éclair Revue mensuelle de promotion scientifique publié par Les Presses de l'Université du Québec, en collaboration avec le ministère de l'Education et l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS).Rédaction Directrice Jocelyne Dugas Secrétaire de rédaction Michel Gauquelin Administration Le Jeune Scientifique, a/s Les Presses de l'Universit du Québec, 2525, boul.Laurier, Sainte-Foy, Québec 10, Québec.Téléphone 651-7220.Abonnements Le volume annuel commence en octobre et se termine en mai, soit 8 numéros.Tarif individuel: $3.00 (Canada); $3.50 (étranger) Tarif groupe-étudiants; $2.00 (1 5 abonnements et plus à une même adresse).Vente au numéro: 40 cents.Couverture et mise en page Couthuran arts graphiques Composition typographique Multex, Incorporée Impression Charrier et Dugal (1965) Limitée Tous droits de reproduction et de traduction réservés par l'éditeur.Tout écrit publié dans la revue n'engage que la responsabilité du signataire.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1 05 Membres du comité d'orientation Louis Berlinguet, Vice-président à la recherche, Université du Québec Pierre Bernier, directeur des services pédagogiques CEGEP de Saint-Hyacinthe André Boisvert, étudiant à l'école secondaire Cavelier de La Salle Maurice Brossard, doyen aux études graduées et à la recherche, Université du Québec à Montréal François Carreau, professeur assistant de mathématiques, Université de Montréal Pierre Couillard, professeur titulaire au Départeme des sciences biologiques.Université de Montréal Jacques Desmarais, conseiller technique, Confédération des syndicats nationaux Jacques Desnoyers, professeur agrégé de chimie, Université de Sherbrooke Claude Frémont, directeur adjoint du Départemer de physique.Université Laval Maurice Goupil, professeur de physique, Corpora tion des Enseignants du Québec Claude Hamelin, étudiant en biologie à l'Universit» de Montréal Jean-Gilles Jutras, secrétaire général, Fédération d< commissions scolaires catholiques du Québec G.Kaplan, professeur de biologie, Université d'Otta Paul Laurent, agent d'information au service des relations publiques de l'Hydro-Québec Gérald Marion, professeur en sciences économiqu« Université de Montréal Fernand Seguin, journaliste.Société Radio-Canad Marcel Sicotte, directeur, Ecole secondaire Saint- Martin, Ville de Laval Guy Simard, étudiant au CEGEP du Vieux-Montréal / 1 ous faut lébec une race de novateurs, qui entiers battus que pour mieux forêt dense où l'on se fraie emin catégorie de citoyens cr^fetifs peut uter chez les étud i entendu, nous pi aux jeunes intéress jet des préoccupât iamM de toutes disciplines.MJf i il I ensons plus particulièrement //I J IL iés aux sciences.0s Ils font ions de leurs aînés, vJ fû i ont accepté ir dans nos pages^djÉré pistes de in de susciter une relève dynamique.Scientifique met aussi à la disposition étudiants une section où ils viendront eux-nes faire part à leurs camarades de leurs ériences et activités scientifiques, telles qu'ils réalisent ou les vivent au sein des expo-sciences, clubs-sciences, des associations de jeunes ntifiques et des cercles de jeunes jralistes.Jfe Les milieux de l'éducation peuvent DANS LA FORET QUELQUES cois renommes par Jocelyne Dugas recher :er \$urC;ut>e ressource nouvel un article chaque mois la revue leur apporte de fond qui constitue un documen instrument pédagogique pour compl J] IL , ., \\\ Jji formation scolaire des jeunes.M L'honnête horrime du XXlième siècle sera celui qui dès aujourd'hui met la connaissance scientifique au premier plan de sa culture générale.Car il lui incombe d'apporter à la civilisation technicienne un nouvel humanisme, indispensable à la survie de la société.comm s scientifique*' décembre 1969 / 2 v£ nr 'AiÀ-'- ¦ è ^ • 5 ^ rsoEfiB * • • 4 i .* rjiûÉÉfe' ‘Ç3W3PÈ ' r1 .' ••• ./ÎMSiÉ A l'âge des fusées, des sous-marins "atomiques" et de la bombe "H", l'énergie nucléaire représente sorte de monstre sacré que savantj^t • • techniciens s'efforcent de domest^Ber en vue.£ d'étendre sa formidable puissance à de multiples domaines.Dans l'article qui suit,tlean-flené Roy se.penche.sur deux grands aspects de cette énergie.Il s'agit {out d'abord des combustibles utifisés pour la fission dans les piles atomiques et qui permettront un jour aux réacteurs de développer, théoriquement, une énergie un million de fois plus grande que celle obtenue avec le charbon.+ .Dans la seconde partie, qn pouifa s'initier aux problèmes de la fusion thermonucléaire, autre moyen d'obtenir l'énergie,.mais cette fois à partir de plasmas suffisamment denses et le jeune scientifique / décembre 1 969 / 3 par Jean-René Roy neutron lent incident Le combustible dans la pile atomique Au lieu de venir de barrages éloignés nécessitant des lignes de transmission onéreuses, l'électricité sera bientôt produite par de gigantesques réacteurs placés sous terre dans les futures agglomérations urbaines.Au Canada, pays pourtant bien pourvu en ressources hydrauliques, le recours aux réacteurs utilisant la fission nucléaire se traduit par un grand essor de la technologie nucléo-électrique.Depuis l'après-guerre, notre pays s'affirme chef de file incontesté du réacteur pressurisé et refroidi à eau lourde de type CANDU.De plus, la version refroidie à eau ordinaire, dont un prototype d'une puissance de 250 MWé (méga — ou millions de watts électriques) entrera en opération vers 1971 à Gentilly au Québec, marque une étape majeure.En 1978, l'Energie atomique du Canada Ltée (EACL) aura doté le pays d'un réseau de réacteurs fournissant près de 6000 mégawatts et en 1980, un tiers des centrales de l'Hydro-Ontario seront alimentées par l'énergie nucléaire.L'uranium naturel, combustible nucléaire empilé par dizaines de tonnes dans les réacteurs, est employé dans la majorité des centrales sous la forme d'oxyde d'uranium (U2Os); il est constitué d'une partie d'uranium 235 (2 3 5 U), — c'est-à-dire ayant un poids atomique de 235 UMA (imité de masse atomique) —, et de 140 parties d'uranium 238 (23SU).Dans les réactions impliquant l'uranium naturel et les neutrons lents, seuls les noyaux de 2 3 5 U sont susceptibles d'être fissionnés et de libérer l'énergie nucléaire.Sans entrer dans les détails, soulignons simplement que les neutrons lents sont plus aptes que les rapides à fendre les noyaux d'uranium.Comment la fission libère-t-elle l'énergie ?s:E Imaginons un noyau de 2 3 5 U subissant la fission sous le choc d'un neutron lent.L'équation de la réaction nucléaire pourrait s'écrire de la façon suivante: ÎU ! La j Br 3j,n Lanthane Brome 3 neutrons produit de fission (Dans 2 92 U, 235 représente le poids atomique, et 92 le numéro atomique, ou nombre de protons dans le noyau).Faisant l'addition des masses atomiques de part et d'autre, nous constatons qu'il n'y a pas égalité, mais que le côté droit présente un défaut de masse de 0,207 UMA. le jeune scientifique / décembre 1969 / 4 Ce défaut de masse, selon la relation d'Einstein A E = A me2 pour la conservation masse-énergie, s'est converti en énergie.En physique nucléaire, une unité de masse (UMA) vaut 931 millions d'^jectrons-volts.Le MeV correspond à l'énergie acquise par un électron soumis à une différence de potentiel d'un million de volts.931 MeV est aussi la valeur en énergie de la masse d'un proton.L'énergie libérée par la volatilisation de 0,207 UMA sera 200 MeV.Puisque un MeV vaut 1,6 x 10-6 erg, les 200 MeV provenant de la fission d'un seul noyau produiront une énergie égale à 320 x 10~6 erg.En d'autres termes, nous avons besoin de 31 milliards de fissions par seconde pour dégager une puissance d'un watt.Comme une livre de 2 3 5 U compte 1 1,62 x 10 23 atomes, la fission complète de tous les noyaux d'une livre de 2 35 U dégagera une énergie de 10,32 millions de kilowattheures (kWh), chiffre plus susceptible d'actionner les générateurs de nos centrales.Au taux de 3,1 x 10 16 fissions par seconde, la livre d'uranium libérera 1 mégawatt durant environ 10 300 heures.L'uranium face au charbon üE Afin de comparer l'énergie de 2 3 5 U avec celle dégagée par la combustion du charbon, rappelons que 1 kWh vaut 3 413 BTU (British Thermal JJnit).La valeur calorifique du charbon étant de 12 000 BTU/lb, 1 livre de 2 3 5 U équivaut approximativement à 3 millions de livres de charbon.Théoriquement, l'uranium 235 produit trois millions de fois plus d'énergie.Cependant, une condition essentielle à la base de ces calculs demeure que tous les noyaux subissent la fission.Ceci est loin d'être le cas.Nous plaçant dans un contexte plus réaliste, la situation est moins enthousiasmante.Une tonne d'uranium naturel contient 7 000 grammes de 'U.réaction de fission dans le réacteur.Pour éviter cet empoisonnement de la pile il faut renouveler régulièrement le combustible.Les réacteurs canadiens de la filière CAN DU utilisent une technique efficace pour renouveler le combustible des tubes pressurisés de zircaloy: pendant qu'une machine glisse un nouveau faisceau de cartouches d'uranium sur l'une des faces du réacteur, un dispositif jumeau retire le combustible épuisé sur l'autre façade.L'opération s'effectue par télécommande et sans arrêt du réacteur.Les réacteurs convertisseursisE Dans l'équation de fission que nous avons écrite au début, trois neutrons entraient dans les produits résultant de cette fission.Or, seul un neutron est essentiel pour assurer la poursuite de la réaction en chaîne.Les autres s'échapperont ou seront absorbés par les noyaux de 2 3 8 U.Ce dernier atome sera éventuellement transmuté en plutonium 239, Expérimentalement, on évalue à seulement la moitié, les noyaux de 23 5 U subissant la fission, ce qui fait que nous nous retrouvons avec deux fois moins d'énergie.Rappelons que 2 3 5 U n'entre que pour 1/140 dans l'uranium naturel, à moins que l'on utilise de l'uranium enrichi, contenant une fraction plus considérable de 2 3 5 U.Le débit réel d'une livre d'uranium naturel se chiffre alors dans la technologie actuelle à l'équivalent de 10 000 livres de charbon, soit un rendement 300 fois inférieur à celui prévu en théorie.L'encrassement de la pile:::::- La pauvreté du taux de conversion est également due aux résidus de fission qui encrassent les cylindres de combustible atomique disposés dans la pile.Si l'on ne change pas continuellement les tubes, ces '-'cendres" atomiques s'accumulent au point d'arrêter complètement la isotopes: nous avons 7 Ib de 2 3 5 U fissiles, et 993 Ib de 2 38 U "convertibles".Imaginons maintenant la réaction en cours dans le 2 3 5 U: pour chaque atome qui éclate, 2,5 neutrons en moyenne jaillissent de la réaction.Un neutron assure la survie de la réaction, et il reste alors une moyenne de 1,5 neutron par fission.Si les 993 Ib de 238U sont accessibles, le 1,5 neutron supplémentaire peut être absorbé par un noyau de 2 38 U pour produire 1,5 atome de 239Pu en moyenne par fission.Lorsque les 7 Ib de 2 3 5 U auront entièrement subi la fission, nous aurons environ 982,5 Ib de 2 3 8 U contenant 10,5 Ib de 23 9Pu.Cette photographie montre la lueur brillante émis par le gaz de deutérium chauffé à une tempéra tu r de 50,000 ° C, lors d'une expérience sur la fusio con frôlée.B Le Stellarator de l’Université Princeton aux Etat Unis est un des plus importants appareils de rechei che pour la fusion utilisant le confinement toroidi d'un plasma.Pour obtenir des réactions thermono c/éaires produisant de l'énergie, des températures o l'ordre de 100 000 OOOcC sont nécessaires.aussi fissile et apte à devenir combustible.Fait très intéressant, car nous sommes à même de produire dans notre réacteur un nouveau combustible en même temps que nous "brûlons" le 2 35 U.Il s'agira de procéder à l'extraction chimique du Pu2 39 des tubes de combustibles ayant séjourné dans la pile.Si l'on arrive à utiliser ce plutonium dans le même réacteur, on estime à plus de 1% la proportion d'uranium naturel qui pourra être brûlée.Le rendement gagne des points, et la livre d'uranium naturel équivaut à 30 000 Ib de charbon.On appelle convertisseurs les réacteurs nucléaires qui utilisent ce type de combustion.Les réacteurs surgénérateurs g» En perfectionnant ce procédé, il est possible d'arriver à produire plus de combustible que le réacteur n'en consomme.Pour illustrer concrètement l'important phénomène de surgénération, séparons 1 000 Ib d'uranium naturel en ses deux le jeune scientifique / décembre 1 969 / 5 Après avoir séparé le plutonium de i38U, il est possible de refaire un Nouveau cycle avec cette fois-ci, les 0,5 Ib de plutonium comme combustible.Entourant ce dernier de tubes renfermant es 982,5 Ib de 2 38 U, le réacteur surgénérateur peut alors produire 16 Ib de plutonium supplémentaire.Remarquons lue le 2 3 9 Pu est meilleur surgénérateur jue le 235 U puisque sa fission dégage Le moyenne plus élevée de neutron.En fait, le taux de production de Lutrons lents est de 2,47 pour le l3SU et 2,91 pour le 2 3 9 Pu.Théoriquement, nous pourrions [ecréer le cycle jusqu'à ce que les I 000 Ib d'uranium naturel se soient fissionnées pour libérer une énergie équivalente à 3 millions de livres de éharbon pour chaque livre d'uranium.Cependant, étant donné les pertes dans jl'usinage, l'extraction et autres [manipulations, il est invraisemblable de consumer totalement tout l'uranium du début.Mais qn rendement de 1 Ib ^'uranium, équivalente à 30 000 ou 60 000 Ib de charbon, apparaît assez réaliste présentement.A force de recherches, on espère atteindre le chiffre magique de l'équivalence de une livre d'uranium pour 1 million de livres de charbon.Plusieurs versions expérimentales de surgénérateurs et de convertisseurs sont à l'essai dans le monde.Les réactions thermonucléaires contrôlées A l'heure actuelle, l'énergie nucléaire n'est disponible de façon contrôlée qu'à partir de la fission des noyaux d'atomes lourds, tels ceux de l'uranium et du plutonium.La conversion de matière en énergie peut aussi s'accomplir si des noyaux d'éléments légers sont combinés pour former un élément plus lourd: c'est la fusion thermonucléaire.Ce processus est responsable de l'énergie qui fait briller le soleil ainsi que toutes les étoiles de notre galaxie et de l'univers.L'homme utilise la fusion thermonucléaire comme explosif dans la bombe "H".Malgré le spectre de terreur qu'elle répand sur notre civilisation, cette bombe peut servir à de grands travaux d'excavation ou d'exploitation minière et pétrolière.Insignifiante en comparaison de bien des phénomènes de la nature, la bombe "H" représente une puissance effrayante pour l'espèce humaine.Pensons qu'un peu plus de 15 années ont suffi à notre espèce pour accumuler un arsenal thermonucléaire dont la puissance totale est équivalente à 50 tonnes de TNT pour chaque habitant de notre planète ! Avec 3,5 milliards d'individus, voilà pourquoi on qualifie d'''overkill" cette situation peu enviable pour des civilisés.Des chercheurs russes !:E Très importante pour couvrir nos besoins énergétiques futurs, la tâche de domestication de la fusion thermonucléaire s'avère très difficile.Malgré tout, une percée encourageante vient d'être accomplie par un groupe de chercheurs soviétiques de l'institut Kurchatov de Moscou, dirigés par Lev Arzimovitch.C'est dans des plasmas très chauds, confinés à l'aide de puissants champs magnétiques, qu'on tente la domestication de cette grande force de la nature.Le plasma est un gaz dont les atomes ont perdu de leurs électrons sous l'effet d'une très haute température.Quoique neutre dans son ensemble, les particules constituantes du plasma sont chargées électriquement, bien que le plasma lui-même soit neutre dans son ensemble.Le gaz d'un tube fluorescent en opération, le gaz constituant le soleil et les étoiles sont à l'état plasma.Cet état de la matière est le plus courant dans l'univers.Comment la fusion libère-t-elle de l'énergie?îîr.Une réaction commune de fusion thermonucléaire s'effectue à partir de la réunion de noyaux d'atomes de deutérium; cet élément remplace l'hydrogène dans la molécule d'eau pour former la molécule d'eau lourde.La réaction de fusion peut s'écrire ?H + lH-^3He + in + 3,34 MeV Deutérium Hélium Neutron Energie Dans cette réaction, tout comme nous l'avons vu pour le combustible dans la pile atomique, le côté droit de la réaction présente un défaut de masse de 0,00359 UMA (unité de masse atomique).La conversion de masse en énergie fait que la fusion d'un gramme de deutérium libère une énergie de 2,23 x 104 kilowattheures (kWh) ou 7,63 x 107 BTU.La fusion de tous les atomes de 1 livre de gaz de deutérium peut produire l'équivalent de 2 865 000 livres de charbon Les conditions draconiennes de la fusion JHE Pour réaliser la fusion, les noyaux doivent s'approcher l'un de l'autre en deçà d'une distance égale à leur rayon.Pour y arriver, ils doivent posséder une très haute vitesse capable de leur faire vaincre leur barrière de répulsion électrique.Les noyaux, constitués de neutrons électriquement neutres, doivent leur charge électrique aux protons qui sont positifs.Par conséquent, seuls les noyaux légers sont susceptibles de subir la fusion, étant donné que les plus lourds accumulent un potentiel électrique ne pouvant être vaincu qu'avec des températures de l'ordre Ij'I.University ¦ -V r v - •A V ¦¦ V le jeune scientifique / décembre 1 969 / 6 Ce dispositif multipolaire pour la recherche en fusion contrôlée démontre le confinement d'un plasma par les lignes de force magnétique.Les régions les plus brillantes sont celles où le plasma est injecté dans le champ magnétique.Les quatre ronds noirs sont les tiges où circule le courant électrique destiné à engendrer le champ magnétique.du milliard de degrés Kelvin.On retrouve toutefois de telles températures au coeur de certaines étoiles, à des phases critiques de leur évolution.Le procédé envisagé pour réaliser la fusion contrôlée est d'élever la température d'un gaz de deutérium à plusieurs millions de degrés Kelvin.Nous avons alors un plasma, et étant donné la température élevée, les noyaux possèdent une énergie suffisante pour franchir la barrière de potentiel.De plus, il s'agit de contenir un plasma assez dense pour que plusieurs noyaux réalisent la fusion et qu'il y ait production d'énergie.Tout le problème est là: contenir durant une période suffisamment longue un plasma suffisamment chaud et dense.Cela représente peut-être une entreprise plus difficile que de débarquer deux hommes sur la Lune.Deux séries de réactions SHE Les différents atomes ont des probabilités différentes d'interaction pour produire la fusion.Leur seuil de température de fusion apparaît varié.Les hommes de sciences s'intéressent surtout aux réactions deutérium-deutérium et deutérium-tritium; le tritium (f H) est un autre isotope lourd de l'hydrogène.Une première série de réactions peut se détailler ainsi I H + ?H- He + ôn + 3,34 MeV III \H + ?H- + • 5 H + 4,0 MeV ?2He + Jn + 17,6 MeV I et II sont deux réactions alternatives et également possibles entre deux deuté-rons, tandis que III représente la réaction entre un deutéron et un noyau de tritium produit par la réaction II.Le seuil de température pour déclencher les réactions I et II est environ 350 000 000 ° K et 80 000 0(30° K pour III.Ces trois réactions se résument en la fusion de cinq deutérons et la production de 25 MeV.Chaque livre de deutérium a un équivalent énergétique de 8 575 600 Ib de charbon, ce qui dépasse de beaucoup le rendement équivalent pour 1 livre d'uranium, qui est de 3 000 000 de livres de charbon.Une autre chaîne de réactions intéressante est représentée par les équations suivantes: V 1 H + 1 HJ—>2 He + in + 17,6 MeV VI fü-t-Jn-H + ^He+ 4,8 MeV Dans ces réactions on utilise les neutrons, produits dans IV pour bombarder (V) une enveloppe de lithium (| Li) destiné à produire le tritium (f H ) pour la réaction IV.En résumé, ces deux réactions nous amènent à un rendement de 1 Ib de réactant équivalent à la combustion de 9 630 000 Ib de charbon.L'avantage de ce processus est son seuil de température relativement bas, 80 000 000 ° K.L'inconvénient, la rareté du lithium.Des réserves pour 10 milliards d'années SE Le deutérium requis dans la fusion thermonucléaire est un constituant naturel de l'eau dont les océans représentent notre plus grand réservoir.D'autre part, le tritium requis devra, ou être manufacturé, ou être produit à partir de la réaction II.Les 5/7 de la surface de notre planète sont recouverts d'océans dont la profondeur moyenne est d'environ 2 milles.Le volume d'eau global de nos océans atteint environ 287 millions de milles cubes, soit un poids total de 1,18 x 1018 tonnes.Si on réussit à maintenir un taux de pollution marine relativement bas, on estime que 1/9 de ce poids d'eau est de l'hydrogène, soit 1,3 x 1017 tonnes.Seulement 1/5000 de cet hydrogène est du deutérium, soit 2,62 x 1013 tonnes, ce qui représente 70 000 tonnes par habitant de la planète.Nos réserves océaniques de deutérium représentent une énergie équivalente à 8 x 1019 tonnes de charbon.Utilisé au rythme de 6 milliards de tonnes de charbon par année, le deutérium nous assure des ressources énergétiques pour les 10 milliards d'années à venir.Nous aurons amplement l'occasion de polluer notre planète si on ne la réduit pas en poussières météoritiques d'ici là.De l'eau lourde à bas prix JE Pour accéder à ce gigantesque réservoir d'énergie, il importe d'utiliser des procédés d'extraction du deutérium peu coûteux.Les usines de production d'eau lourde sont d'un coût élevé, mais les progrès en technologie permettent de hausser le taux de production sans trop augmenter le prix de l'eau lourde.A partir de l'eau lourde, il s'agira d'isoler le deutérium sous forme de gaz.' L'autre étape à franchir, beaucoup plus complexe, est la mise au point d'un réacteur pouvant brûler le deutérium de façon rentable.Soulignons qu'à part le rayonnement X, la réaction de fusion thermonucléaire n'a aucun produit radioactif.C'est une réaction d'une propreté parfaite.La radioactivité résulte de l'instabilité des noyaux lourds produits par la fission; en fusion, on n'utilise que les noyaux légers pour des raisons vues plus haut.Il pourrait aussi s'avérer possible de produire directement l'électricité sans l'intermédiaire classique de générateurs, mais ceci pose bien d'autres problèmes.Bien des scientifiques sont d'avis qu'il faudra encore quelques décennies avant la mise au point d'une station de fusion thermonucléaire contrôlée expérimentale.Les différentes étapes à réaliser sont, d'abord, la création d'appareils de recherches où des températures de plusieurs millions de degrés Kelvin sont produites, et où des temps de confinement assez long sont enregistrés pour permettre aux réactions thermonucléaires de se déclencher.Ensuite, l'amélioration de l'appareil afin d'atteindre des températures de plusieurs dizaines de millions de degrés, de même qu'une durée de confinement plus considérable.Puis, il faudra perfectionner le réacteur pour produire plus d'énergie qu'il n'en faut pour chauffer initialement le gaz, et pour compenser les pertes par rayons X.Enfin, créer le “design” et la construction d'une station commerciale d'envergure.La première de ces étapes n'est pas encore franchie.Néammoins, au début de 1969, dans une conférence donnée à Los Alamos, l'expert soviétique Lev Arzimovitch annonçait le premier confinement significatif dans un système toroidal sous températures thermonucléaires. L Sol >1 \>hie est tirée de l'Atlas aérien de né par l'IGN en 1957.C'est une trienne oblique, prise vers le nord-ier plan figure la ville de Grenoble, tère, qui décrit plusieurs méandres.on observe la cluse de te par la Grande-Chartret^^Ê 1ère ors.Giy.: , **•«’!¦ 1 il.fi 1 13 cluse: st un (WR • J-QÔSSUS L ! VcIlK ; avant I e, le ! tOUM n cours I anjeait lyiit ée.C«i I pet Iseut ;;f01!ai«l lîlS't a-1 je t aux jppeüe iee epï mllé s'accumule au pied du versant sous la forme de "paquets" à l'allure générale arrondie, que l'on désigne sous le nom de loupes.Les formes Nous lisons donc sur la carte un certain nombre de formes: - les formes du fond de vallée: • le cours endigué de l'Isère • son ancien lit d'inondation - les formes du versant: • les entailles des torrents affluents • les cônes de déjection • les corniches rocheuses • l'éboulement • les lignes de crête.Ceci n'est cependant que la partie purement descriptive de cette étude.Pour faire une cartographie géomorphologique, il faut incorporer des éléments d'explication aux données topographiques.En effet, les questions suivantes se posent: • de quel matériel se composent ces formes?ce sont les données lithologiques.• quel est l'âge des formes observées et du matériel qui les compose?ce sont les données chronologiques.• quelles sont les déformations qui affectent le matériel?les données tectoniques.L'ensemble de ces données forme les données géologiques, dont nous abordons l'étude ci-dessous, c- les données géologiques Elles sont très simples dans l'exemple choisi: 1) lithologie: il s'agit essentiellement de calcaires d'aspect divers et de quelques bancs de marnes.Nous trouvons essentiellement le calcaire Urgonien très épais (200 à 300 m), très rigide, qui détermine le faible rayon de courbure du synclinal.Les autres calcaires sont beaucoup plus plastiques.2) tectonique: le Vercors est un énorme synclinal perché limité par une corniche rocheuse élevée.Un synclinal: les couches calcaires qui forment le Vercors sont déformées en forme de cuvette, c'est-à-dire relevées vers les bords.Une corniche: c'est un abrupt rocheux, qui correspond le plus souvent à des couches relevées.Le versant ouest de ce synclinal est accidenté de plusieurs failles ou cassures presque horizontales, et son versant est le jeune scientifique / décembre 1 969 / 1 3 formé par la retombée anticlinale des couches.La retombée anticlinale: les couches sont déformées en dôme, puis s'enfoncent sous les alluvions de la vallée .Synclinal et anticlinal apparaissent très nettement sur la figure 1 3) chronologie: l'ensemble du Vercors est composé de roches d'âge secondaire.Seuls les éboulis qui tapissent les versants et les alluvions des vallées sont du quaternaire.L'essentiel des données géologiques peut être exposé dans le tableau ci-contre.C'est l'échelle stratigraphique, accompagnant toute carte et toute coupe géologique.Elle donne l'âge des couches, leur numéro, leur nature et leur épaisseur.Les couches sont classées de telle manière que les plus anciennes se trouvent à la base.Echelle stratigraphique Numéro Age Nature Epaisseur c 7-6 Sénonien calcaires 100 - 200 m n 6 Aptien calcaires 10 - 30 m n 5-4U Urgonien calcaires 200 - 300 m n 4 Barrémien calcaires 60 - 100 m n 3 Hauterivien marnes 100 m n 2 Valanginien calcaires et marnes 100 m Les six affleurements cités appartiennent à la troisième et dernière phase du secondaire: le Crétacé.Les différentes catégories de données géologiques (lithologie, tectonique, chronologie) sont portées sur la figure 1 Après avoir exposé ainsi les principaux aspects de la topographie et de la structure du versant nord du Vercors, nous présenterons maintenant les trois exemples de cartographie géomorphologique annoncés dans l'introduction.Il-TROIS EXEMPLES DE CARTOGRAPHIE MORPHOLOGIQUE a) La coupe topographique Une coupe topographique se construit selon le principe des graphiques.On place en ordonnée les altitudes, et en abscisse les longueurs.On choisit ensuite sur la carte un tracé donné, qui peut être soit en ligne droite soit en ligne brisée.On reporte enfin sur le graphique les altitudes relevées le long du tracé de la coupe.Le problème essentiel des coupes topographiques est celui du choix de l'échelle des hauteurs, l'échelle des longueurs étant celle de la carte.Il existe deux possibilités: prendre la même échelle pour les longueurs et les hauteurs: on obtient ainsi un tracé conforme au relief réel, prendre une échelle différente pour : i :¦ le jeune scientifique / décembre 1 969 / 14 les hauteurs: selon les cas, on aplatit ou on exagère le relief.Habituellement on exagère le relief afin de faire apparaître plus clairement certains détails de la topographie.Les coupes de la figure 3 illustrent ces deux possibilités.Les coupes C et D sont conformes à la réalité, tandis que dans le cas des coupes A et B, l'échelle des hauteurs est double de celle des longueurs.Le relief est donc considérablement exagéré.Ceci a évidemment l'avantage de mettre en valeur les caractères des deux profils, qui sont plus nets sur les coupes exagérées que sur les deux autres.b) La coupe géologique Elle consiste à ajouter sur la coupe topographique les données de la structure, dont nous avons parlé dans la première partie de cet exposé: les déformations des couches, leur épaisseur, leur nature.La figure 1 est qne coupe géologique, et nous l'examinerons maintenant plus en détail.Les figurés employés sont très simples.Les failles sont représentées par des traits épais auxquels on ajoute la lettre F.L'épaisseur des couches est représentée selon l'échelle des hauteurs.En ce qui concerne leur nature, il existe une série de signes conventionnels simples, dont on peut faire varier l'aspect selon les besoins.La figure 5 en donne quelques exemples: • grès • schistes • conglomérats • granit • galets • sable Le but de la coupe géologique est de donner une image simple, claire et lisible de la structure.Coupes topographiques et géologiques ne sont cependant que des "tranches” du paysage: elles décrivent le paysage le long d'une ligne seulement.Le bloc-diagramme donne un aperçu de l'ensemble du secteur étudié.2.Le bloc-diagramme Il s'agit d'une vue perspective du paysage, ainsi qu'elle se présenterait sur une photographie.Cependant le bloc-diagramme se caractérise par un élément essentiel: on a choisi parmi tous les détails qui figureraient sur une photographie, ceux qui présentent une importance essentielle pour la description du paysage.C'est ainsi que nous avons représenté sur le bloc-diagramme les éléments du paysage cités plus haut: la corniche, les calcaires Urgoniens, le versant abrupt, les cônes de déjection, et la vallée de l'Isère (fig.4).Pour faciliter la lecture d'un bloc-diagramme, on ajoute certains éléments de la carte topographique,-comme les noms de lieux, de cours d'eau, de sommets principaux.Par ailleurs, il peut être intéressant de porter sur les f'g- 3 m 2 000- 2 000- 1 000 4 km croquis le nom des éléments morphologiques: corniches, cône de déjection, replat, croupe, etc.Quoi qu'il en soit, le dessin du bloc-diagramme doit le plus possible suggérer le relief, et il doit rester relativement simple, afin de ne pas perdre de sa clarté.Cependant, nous trouvons déjà dans le bloc-diagramme les éléments caractéristiques du croquis morphologique.Il est davantage qu'une simple description, pour deux raisons: 1- un choix a été effectué parmi les données représentées, 2- ces données sont définies d'une manière complexe.Nous développerons ces deux points dans le paragraphe suivant.3- Le croquis morphologique (fig.2 ) Le but du croquis est de donner une image du relief qui va au-delà de la carte topographique et de la simple description.Il s'agit de la représentation synthétique des traits essentiels du paysage.Ces traits essentiels sont: • la nature des formes, exemple: cône de déjection, corniche, vallée, etc.• leur origine, exemple: accumulation fluviatile, érosion des versants, etc.• leur nature lithologique, exemple: cailloutis, calcaires, etc.• éventuellement leur âge: quaternaire récent, quaternaire ancien.Les techniques fiiE II existe à l'heure actuelle des techniques graphiques relativement simples, qui permettent de représenter ces différentes données.En voici les principes: 1- D'une manière générale, il est souhaitable de choisir le plus souvent possible des signes qui reproduisent l'aspect réel de la forme.Pour Les cônes de déjection, par exemple, on choisit des signes en éventail.En ce qui concerne les figurés lithologiques, on procède comme pour les coupes géologiques.B 1 000- «o or c 1 000 - Fontain* à km 2- On fait varier l'aspect du signe selon l'origine de la forme.On peut, par exemple, dessiner deux éventails différents pour distinguer deux cônes de déjection, dont l'un a été accumulé par un torrent, et l'autre par les eaux de fonte d'un glacier.3- On peut également jouer sur l'intensité du signe.L'exemple le plus simple est celui des corniches: on prendra des traits dont l'épaisseur varie en fonction de la hauteur de la corniche.4- Il est possible de superposer plusieurs types de signes: les signes représentant les formes et les signes représentant la nature lithologique de ces formes.Exemple: on représente à la fois un cône de déjection et la nature du matériel qui le compose, sable ou galets.On obtient de la sorte un croquis déjà complexe, sur lequel figurent un grand nombre de données de nature différente.Le but de la carte est de mettre en valeur les différentes formes observées sur la carte topographique, en ajoutant certains éléments de la carte géologique, ainsi que les observations faites directement sur le terrain.La caractéristique essentielle du croquis ou de la carte géomorphologique est qu'il comporte la synthèse de tous les éléments du paysage qui ont été cités dans la deuxième partie. de Crete la Buffi y/flFffT Il uvi al déjection greN VE RCOR e&iaimBSalué ¦ ¦ le jeune scientifique / décembre 1 969 / 1 5 Décrire et expliquer J:::?Il existe donc, comme nous l'avons vu, des moyens d'expression graphique très variés, dans le domaine de la géomorphologie.Nous avons cité ici les techniques dont l'usage est le plus courant, et nous avons choisi des exemples relativement simples dé chacune d'elles.Coupes, blocs-diagrammes et cartes peuvent devenir très complexes et présenter un nombre considérable de renseignements sur la région étudiée.Le cas de la carte géomorphologique est remarquable croupe éboul ernent icbe S® OO O O O *- + + + + O O O O O O O O O *- + + + + O O O O -, 055* f» i mW* j Kt df tes iîr!tB nhiltf W fâpnitj e la carte sfVStiO^ rain.L* [lOlJlliS liqll! St letous!» [«c|t!S en ce sens.Elle donne non seulement une description complère du paysage, mais aussi l'explication de ce paysage: la structure des formations rocheuses et meubles qui affleurent dans le secteur cartographié (les données géologiques), l'évolution du paysage (les données chronologiques)., Nous trouvons des cas analogues à celui du BAEQ dans de très nombreux pays, en particulier en France, où le ministère des Eaux et Forets, et certains organismes privés comme la Société du Bas-Rhône-Languedoc, ont basé leurs programmes d'aménagement rural sur une telle cartographie.La carte géomorphologique n'est cependant pas aussi répandue que la carte topographique.Elle est pourtant appelée à devenir un document de choix pour un très grand nombre de spécialistes, étant donné l'originalité des renseignements qu'elle comporte.Sfce (1) "Atlas du Bas:Saint-Lau rent, de la Gaspésie et des lies de la Madeleine", Bureau d'aménagement de l'Est du Québec, ARDA, Gouvernement du Québec, 1 966.L'auteur est professeur au Département de géographie de l'Université de Montréal II jeune scientifique / décembre 1969 / 16 CINQ JEUNES SCIENTIFIQUES AUTOUR D’UNE TABLE par Françoise Côté .,e////rv////.Tandis que le comité sénatorial Lamontagne termine son enquête sur la politique scientifique au Canada, nous avons réuni cinq jeunes scientifiques québécois pour les inviter à discuter de la question.Françoise Côté rend compte de cette table ronde qui a vite dévié de son sujet initial pour aborder ce qui touchait le plus au coeur de ces cinq étudiants, inquiets pour leur avenir: les problèmes d'enseignement et de recherche.Si on a pu dire que le Canada avait une politique scientifique par accident, on peut se demander si le Québec, lui, ne forme pas des scientifiques par accident, tellement tout dans le système actuel d'enseignement semble dresser des embûches devant les jeunes mordus de sciences plutôt que leur faciliter la tâche.Invités à discuter de politique scientifique, cinq jeunes scientifiques québécois ont opté d'emblée pour soulever un coin du voile sur des problèmes concrets de l'enseignement et de la recherche, problèmes qui risquent d'handicaper aussi bien leur avenir personnel que l'avenir de la recherche scientifique au Québec.Il s'agit de M.Jean-Marc Rousseau, étudiant en mathématiques qui se spécialise en informatique à l'Université de Montréal, MM.Claude Hamelin et Fernand Miron, étudiants en biologie également à l'Université de Montréal ainsi que MM.Guy Simard et Jacques Hébert, tous deux en sciences pures au niveau C.E.G.E.P.Tous les cinq ont attrapé le virus scientifique dès leur enfance.La science, c'est toute leur vie et cela accapare aussi bien tous leurs temps libres que le temps consacré à leurs études.Des professeurs trop occupés Et à les entendre parler on découvre rapidement que ces jeunes scientifiques appartiennent à une race bien particulière de contestataires, ceux qui ne veulent pas dénoncer sur la place publique une situation, parce qu'ils sont assurés d'avance de rencontrer peu de compréhension.Ils voient la civilisation technique s'édifier dans le monde.Ils sont prêts à y participer à condition qu'on leur permette de s'armer pour le faire, mais ils se heurtent, disent-ils, à l'apathie de professeurs trop accaparés par leurs sérieux problèmes professionnels ou encore à l'incompétence de professeurs tant au niveau universitaire qu'au niveau collégial .Ils assistent impuissants à des affectations aberrantes, qui transforment, par exemple, un biologiste en professeur de catéchèse.Mais c'est sur le plan de la recherche que les jeunes scientifiques se trouvent le plus démunis.D'abord, il n'existe aucune politique d'aide à la recherche chez les jeunes.* Les subventions sont toutes destinées aux chercheurs diplômés, aux adultes, quoi ! De plus, très souvent dans les établissements d'enseignement, les laboratoires sont mal équipés et parfois les professeurs répugnent à y faire travailler les étudiants, soit parce qu'ils ne se sentent pas à l'aise dans des travaux de recherches, soit parce qu'ils n'en ont tout simplement jamais fait.Les stages dans les laboratoires industriels 5:::.- Pour ces jeunes, avides de sciences, la recherche est envisagée comme la vocation de toute une vie.Quand ils en parlent c'est avec enthousiasme, amour presque, et en utilisant volontiers des absolus."Il ne faut pas mettre de frein à la science, à la recherche", disent-ils volontiers.Pour sa part, M.Jean-Marc Rousseau n'aime pas la distinction que l'on fait de plus en plus entre recherche pure et recherche en sciences appliquées."Elle ne devrait pas exister", dit-il, tout en reconnaissant cependant que le jeune scientifique peut retirer de grands avantages dès ses études à nouer des relations avec l'industrie.Un stage d'étudiant dans un service de recherche industriel lui permet de découvrir une foule de problèmes que ses études ne lui laissent même pas soupçonner.Si plus d'étudiants allaient dans les laboratoires industriels, plusieurs d'entre eux n'auraient pas à se casser la tête pour trouver un sujet de thèse.Pour Claude Hamelin, qui a déjà fait dans le cadre des échanges France-Québec un stage de recherche en génétique en France, non seulement la recherche fondamentale est-elle le nerf de toute la science, mais elle devrait devenir i l'axe de l'effort scientifique québécois, plutôt que la recherche pour le développement, l'innovation.Il précise sa pensée en rappelant son expérience avec les Expo-Sciences, où les anglophones se signalaient surtout par la mise au point de gadgets ingénieux, tandis que les francophones québécois optaient pour des travaux plus intellectuels.Selon M.Flamelin il faut développer cette tendance de façon à ce que le Québec s'impose par ses travaux en recherches pures.Il ne voit pas le besoin d'une planification en recherche fondamentale, car le double emploi n'y est qu'apparent.Pénurie de compétences, de subventions .Fort de son expérience avec les camps de jeunes biologistes, M.Fernand Miron estime que le simple fait pour un jeune québécois de vouloir faire de la science pose déjà un problème.Outre la qualité de l'enseignement qui laisse souvent à désirer aux niveaux secondaire et collégial, il existe une pénurie grave d'animateurs compétents pour diriger des travaux de recherches, comme ceux entrepris par les camps des jeunes explorateurs du Saguenay, les camps de biologistes du Nord ouest québécois, et ces équipes de jeunes qui s'initient tant bien que mal et sans aide efficace, à l'aérospatial.Les subventions accordées à ces initiatives sont très minimes, quand elles ne sont pas inexistantes.De plus, il arrive souvent que le fruit d'un été de travail soit plus ou moins perdu faute d'endroit convenable pour installer, par exemple, les specimens de flore et de faune (///.,.,/f/z/u.If/////tt*••••*/////**••• *.Récolter les survivants.Ils sont unanimes: "Pas de frein à la science, à la recherche." étudiés.Les résultats des travaux ne sont pas diffusés pour en faire bénéficier l'ensemble des jeunes scientifiques.Un naufrage bien organisé::::: Mais il y a plus grave.Actuellement au moins 50% des jeunes scientifiques qui sortent des C.E.G.E.P.pour entrer à l'Université sont recalés à l'examen de Noël.Tous, mime ceux qui réussissent à s'en tirer, subissent un véritable traumatisme en constatant à quel point ils sont mal préparés à recevoir l'enseignement qu'on leur donne à l'université.De plus un autre problème se pose à ce niveau, celui du cloisonnemant des disciplines.Ainsi, un étudiant en biologie qui entend se diriger vers l'enseignement à la fin de son cours ne peut suivre ses cours à la Faculté d'éducation parallèlement à ses études scientifiques.Enfin, si au C.E.G.E.P.les professeurs semblent avoir peur du laboratoire, très souvent le professeur d'université, pour sa part, se laissera tellement accaparer par ses propres travaux de recherches qu'il en négligera son enseignement.Pour résumer la situation telle que la voient ces jeunes scientifiques, on peut peut-être reprendre la boutade de l'ancien ministre français de l'Education, M.Edgar Faure, qui a écrit dans une lettre adressée à un journal au moment de la réforme de l'enseignement en France: "Tout le système actuel est conçu de la manière suivante: nous organisons des naufrages et nous récoltons les survivants." Certes il y a des survivants, mais les naufragés sont peut-être déjà suffisamment nombreux pour faire la différence entre être ou ne pas être dans la course scientifique internationale pour le Québec, qui accuse déjà un retard sur le reste du Canada et en particulier l'Ontario.* La création récente du Conseil de la jeunesse scientifique, dont nous informons nos lecteurs dans nos "Flash", devrait combler cette lacune. le jeune scientifique / décembre 1 969 / 1 8 0 |LE| COLLOQUE i A Une discussion de trois heures et demie.UN NOUVEAU PRESIDENT par Gilles Constantineau ¦ M ' Au cours de son trente-septième congrès annuel, qui se tenait à l'Université de Montréal les 6-7-8 novembre, l'ACFAS organisait un colloque dont le thème était: le rôle des sciences dans l'industrie.Le sujet était donc vaste, aussi vaste que le thème du congrès d'ailleurs: l'inventaire.Tous les participants à ce colloque ont déploré le manque de communications entre l'industrie et l'université.Le point le plus intéressant à retenir serait la proposition de créer des centres où chercheurs universitaires et industriels se retrouveraient à travailler dans une optique assez large.Notre collaborateur, Gilles Constantineau, a suivi les trois heures et demie du colloque.Il nous dit ce qu'il en pense.Ce n'était pas peu ambitieux pour l'ACFAS que de vouloir faire, durant les trois jours de son 37ième congrès, à l'Université de Montréal, l'inventaire de l'état des sciences tant humaines qu'exactes au Québec.Sans compter, en plus de ce défi, un colloque ininterrompu de trois heures et demie sur "le rôle des sciences dans l'industrie", placé au beau milieu de ce congrès.D'un côté de l'animateur, Gilles Cloutier de l'Flydro-Québec, quatre scientifiques: MM.Fernand Bonenfant, de Laval, Guy Perrault, de Polytechnique, Marcel Dagenais, des FI.E.C.et Louis-Marie Tremblay, de l'Université de Montréal.De l'autre côté, quatre industriels: MM.Raymond Cyr, de Bell Canada, Paul Leman, de l'ALCAN, Côme Charbonneau, de SOQUEM et Pierre Gendron, du Centre de recherches de l'industrie des pâtes et papiers du Canada.Ainsi croyait-on assurée, par la trompeuse vertu de l'équilibre numérique, la juste répartition des attaques et des ripostes qui font l'intérêt des colloques.Mais la tache étant lourde et peu nombreuses les données exactes, il fallut plutôt se résigner à réentendre bien des poncifs.Ainsi, au nom des sciences humaines, M.Louis-Marie Tremblay adresse-t-il des reproches, déplorant que la grande industrie emploie trop peu de ses diplômés (et pis encore, ceux-ci sont embauchés par des ingénieurs.) et que la petite industrie les ignore presque totalement.Mais la grande industrie est paisiblement d'accord.M.Pierre Gendron estime fondée la "frustration" de M.Tremblay et se borne à ajouter que "les écoles d'administration en tiennent compte".M.Paul Leman fera une déclaration analogue.Quant à la petite industrie, elle n'est pas représentée.La moyenne industrie non plus.On pourra encore apprendre une foule d'autres choses, que tout le monde savait déjà.Ainsi, sur le plan des sciences économiques, M.Gendron soulignera qu'il n'y a pas "d'économistes en chômage", et M.Raymond Cyr en donnera une explication partielle: Bell Canada fait "beaucoup plus appel aux économistes qu'aux diplômés en sciences humaines".Et plus encore aux polytechniciens.Et ainsi de suite.On aura même droit à une petite explosion d'antagonisme entre MM.Bonenfant et Perrault, ce dernier ayant osé appliquer les mots "sciences pures-pures" au domaine de son collègue de Québec.Mais la querelle ne dure pas.Il semble qu'on s'intéresse beaucoup plus à une question que l'ordre du jour a laissée dans l'ombre: celle des moyens à prendre pour que les scientifiques accèdent rapidement à la haute administration industrielle.C'est dans ce sens que dévient soudain les propos de M.Bonenfant, qui vient de se faire dire par les industriels, sur un air connu, que "dans le contexte canadien", c'est-à-dire au voisinage des Etats-Unis, il est impossible d'avoir "un grand éventail de recherches pures"."L'industrie pourrait utiliser la compétence des hommes de L'ACFAS a élu un nouveau président.Il s'agit du Dr Louis Berlinguet, vice-président à la recherche à l'Université du Québec.Le docteur Berlinguet, qui occupait jusqu'à présent le poste de premier vice-président, remplacera M.Lionel Boulet à la présidence du conseil d'administration.TROIS BOURSES .Deux bourses PFIZER de l'ACFAS, au montant de $500 chacune, ont été accordées cette année à Mlle Mariette Lépine de Ste-Mélanie de Joliette, étudiante à la faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke et à M.Daniel Huard de Sorel, inscrit en mathématiques à la faculté de sciences de l'Université de Montréal.L'ACFAS a également accordé une bourse spéciale de $500 à Mlle Raymonde Vaillancourt, qui se dirige vers des recherches en pédiatrie à la faculté de médecine de l'Université de Montréal.science pure au niveau de la décision et de la prospective", commente avec force M.Bonenfant, qui sentira le besoin d'ajouter: "Evidemment, ça ne répond pas à la question." Pas plus que les autres déclarations, d'ailleurs.Le colloque aura mal repris toutes les questions traditionnelles concernant les rapports science-industrie, aura mal étreint parce que trop embrassé, et se dénouera sans avoir répondu à rien, sauf pour dire que de façon générale tout semblait bien aller dans la plupart des cas.En vain, à 17 h 20, quelques étudiants ou enseignants courroucés veulent-ils dénoncer à haute voix l'insouciance fondamentale des industries devant les problèmes des scientifiques.Il est trop tard, l'air est lourd, la salle est presque déserte et l'animateur dissout l'assemblée.S^s ns ilnj*, »! tfâec o le L *5 un or t: taîure fcsiîioi tat, *®d :i‘Q'r hî)]( *To« II.te kU lt|L) Klsbi ta, % JL.WMM mu - le jeune scientifique / décembre 1969 / 19 LES PROFESSEURS DE SCIENCES SE RÉUNISSENT ET par Jean-Claude Paquet S'INQUIETENT Les professeurs de sciences ne devraient-ils pas Quand pourrons-nous nous recycler ?plutôt être formés dans des écoles spécialisées ?Les professeurs de sciences ne devraient-ils pas Quand pourrons-nous nous recycler ?Réunis en congrès annuel à l’école polyvalente de Mortagne, à Boucherville, du 24 au 26 octobre dernier, les professeurs de sciences du Québec ont remis en question tout le problème de la formation des maîtres en science.Après un bref exposé des quatre spécialistes invités à la table ronde d'ouverture du congrès, les nombreuses interventions des membres de l'association ont clairement indiqué que ces derniers n'étaient pas satisfaits de la formation donnée aux professeurs de sciences, et, par conséquent, de la formation qu'ils pouvaient donner en retour à leurs élèves.Les quatre spécialistes étaient MM.Yvon Chassé, professeur à l'Université Laval, Yvon Lefebvre, des Laboratoires Ayerst, Marc Blackburn, de l'Université du Québec, et Normand Larochelle, de l'Université de Sherbrooke.M.Jan Palkiewicz, de la Commission scolaire régionale de Chambly, animait la discussion.De l'exposé de M.Lefebvre, qui a parlé des besoins de l'industrie, il ressort clairement que les techniciens de laboratoire passés dans les écoles secondaires du Québec n'ont pas une formation adéquate.On passe beaucoup trop de temps, a précisé M.Lefebvre, à leur enseigner des techniques très rarement utilisées, alors qu'ils connaissent peu ou mal les travaux qui constituent le lot quotidien des techniciens de laboratoire.C'est pourquoi, a conclu M.Lefebvre, tant que cette situation ne changera pas, l'industrie préférera recruter ses techniciens à l'étranger.Quant à MM.Chassé, Blackburn et Larochelle, ils sont unanimes à reconnaître que les universités du Québec n'offrent pas à l'heure actuelle une formation adéquate aux professeurs de sciences du secondaire.Ces professeurs, ont-ils admis, reçoivent à l'université les mêmes cours que tous les autres étudiants inscrits en sciences.C'est évidemment là, selon les professeurs, une situation anormale.Tant qu'on ne remédiera pas à cet état de choses, précise M.Chassé, on formera peut-être d'excellents chercheurs, mais il n'est pas sûr qu'on aura de bons professeurs de sciences pour les écoles secondaires.Le futur enseignant, a-t-on convenu, doit être plus habile à exprimer sa science avec des mots plutôt qu'avec des formules, et c'est pourquoi on est unanime à reconnaître, tant chez les professeurs que chez les représentants d'universités ou de l'industrie, qu'il faudra créer des cours qui soient propres aux futurs professeurs de sciences.Mais comme les universités semblent manifester peu d'empressement à organiser ces cours spécialisés, les participants se sont demandé si les professeurs de sciences doivent être formés à l'université ou bien dans des écoles spécialisées.De ce troisième congrès annuel, il ressort d'autre part que les professeurs de sciences sont mécontents de la structure de l'enseignement des sciences dans les écoles du Québec.Ils reprochent notamment au ministère de l'Education l'absence d'uniformisation des programmes.Il en résulte que lorsque les élèves changent d'école, ils peuvent se sentir passablement perdus.Beaucoup de professeurs se plaignent aussi de la qualité des manuels, et de nombreuses autres lacunes.Bref, a dit l'un d'entre eux, si la société porte un jugement très sévère sur les professeurs de sciences, ces derniers, en retour, portent un jugement très sévère sur les moyens de formation qu'on met à leur disposition.Sans compter la quasi-impossibilité de recyclage, pourtant essentielle, quand on enseigne les sciences.S&b le jeune scientifique / décembre 1969 / 20 comment! ON û j / MEDECIN CHERCHEUR par Michel Lapalme Les images se font rares dans le discours les glandes surrénales d'autre part.Et du docteur Jacques Genest, mais pour maintenant, nous cherchons comment ces définir sa fonction, il n'a d'autre ressource perturbations agissent pour entraîner que d'y recourir.cette contraction des petites artères." Chercheur, médecin, professeur, administrateur, qu'est-il au juste ?Un peu tout cela, c'est-à-dire un pionnier, tant il est vrai que le pionnier élargit son champ d'action pour mieux voir où défricher, personne n'étant venu borner le terrain devant lui.C'est cependant à titre de chercheur qu'il vient de recevoir le prix Stouffer, d'un montant de 50000 dollars.On le lui a décerné "pour avoir décelé la grande importance de l'aldostérone dans la production de l'hypertension chez l'être humain et pour avoir découvert que la sécrétion de cette hormone par la glande surrénale était largement contrôlée par l'angiotensine".Comme un boyau d'arrosage !:E II faut bien avoir recours de nouveau aux images."L'hypertension, explique le docteur Genest, c'est le rétrécissement des petites artères.Pensez à un boyau d'arrosage.Que se produit-il si vous le rétrécissez à la sortie?La pression s'accroît et le jet d'eau va plus loin."L'hypertension, c'est ça.Les petites artères se rétrécissent et la pression monte.Il peut alors se produire deux choses: ou bien, sous l'effet de la haute pression, l'artère éclate; ou bien, la paroi se détériore, s'encrasse de graisse jusqu'à bloquer complètement la circulation."Nos recherches ont permis d'établir qu'il y avait dans l'hypertension un lien entre le sel d'une part, et les reins, On comprendra mieux l'importance de ces travaux si l'on sait que la haute pression sanguine affecte 9 pour 100 de la population âgée de 15 à 79 ans.160 personnessrE Mais ce serait une erreur de croire que le docteur Genest est tout entier absorbé par de longues et minutieuses expériences en laboratoire.Il est, avant tout, le directeur de l'Institut de recherches cliniques de Montréal où travaillent 160 personnes.C'est dans cet Institut, entre autres, que le docteur André Barbeau a obtenu contre la maladie de Parkinson des résultats qui ont étonné le monde médical.Comment en vient-on à faire ces choses?Pour le docteur Genest, ce fut assez naturel.Il est né à Montréal en 1919, c'est-à-dire à une époque où quelques solitaires cherchaient à faire entrer, tout au moins par la petite porte, la science au Canada français.Le docteur Genest a fait ses études médicales à l'Université de Montréal.Il est diplômé de l'université Harvard, de Boston.Il a également passé trois ans à l'hôpital Johns Hopkins, à Baltimore, et trois autres années à l'Institut Rockefeller.Il est spécialiste en hypertension, en néphrologie et en endocrinologie.Une vie bien remplie !:::: "Je suis resté aux Etats-Unis durant 8 ans.Je pensais y terminer ma vie, car on m'offrait des laboratoires et toutes les facilités nécessaires.En 1951, l'Hôtel-Dieu de Montréal m'a offert de mettre sur pied un département de recherches cliniques.En avril 1967, l'inauguration de l'Institut de recherches cliniques de Montréal nous permit des espoirs extraordinaires.Actuellement nous formons 37 jeunes médecins-chercheurs provenant de 25 pays différents."Il faut noter que tous leurs travaux sont directement liés au traitement d'une maladie spécifique, car le propre de la recherche clinique c'est d'être faite en fonction de ses applications directes sur une catégorie de patients."Moi, mon rôle, c'est de diriger l'Institut, de faciliter le travail des chercheurs et de poursuivre mes propres projets de recherche, pour lesquels je suis devenu, en quelque sorte, un chef d'orchestre.'(jr* le jeune scientifique / décembre 1 969 / 21 ICOMMENTi Idëvëîmh.MEDECIN CHERCHEUR Aptitudes • Il faut être doué, mais un jeune homme doué a généralement des talents polyvalents, ce qui est indispensable pour ce genre de profession: chimie, biochimie, biologie, etc.• Une profonde motivation, comme pour tous les médecins.Du courage également.Pour produire, un chercheur doit travailler 70 heures par semaine.Les notions de persévérance et de patience interviennent donc.Formation • Etudes élémentaires et secondaires.générale • Baccalauréat ès-arts avec option scientifique.• Diplôme d'études collégiales avec profil d'accueil en sciences biologiques.• 4 années d'études en université pour le doctorat en médecine.• 1 année d'internat en hôpital.• Spécialisation (chirurgie, otho-rhino-laryngologiste, etc.): 4 années d'études.• La spécialisation en recherche peut se faire dès la 1 ière année d'études.On la favorise par des stages et des bourses de stage.Etablissements • Les CEGEP, puis l'Université de Montréal, d'enseignement Université de Sherbrooke, Université Laval et Université McGill.Débouchés • Nombreux et variés.De la médecine générale à la recherche en passant par les médecines sociale, préventive, administrative, etc.Emoluments • La médecine au Québec n'est pas une médecine d'état.Le médecin exerce donc une profession libérale et ses revenus varient suivant son degré de spécialisation, la ville où il exerce, son employeur si c'est l'Etat ou une compagnie privée. le jeune scientifique / décembre 1969 / 22 Lgs APPRENDRE Chemjns LES SCIENCES DÈS de la Science, LA MATERNELLE c'est pernand ________________________Seguin expliquant la science en 14 brochures pour des enfants qui vont à l'école, depuis la maternelle jusqu'à la 6ième année.Publiée par les Editions du Renouveau Pédagogique, cette collection s'inspire des théories de Piaget sur le développement psychologique et intellectuel.Elle fait appel à une expérimentation active et permet à l'enfant de se familiariser progressivement avec la méthode scientifique.Chacune des publications, qui sortiront de presse entre octobre 1969 et avril 1971, fait appel à 4 concepts fondamentaux: espace, temps, matière et énergie.
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