La semaine à Radio-Canada, 5 novembre 1950, dimanche 5 novembre 1950
a Aetnafne RADIO-CANADA DU 5 AU 11 NOVEMBRE 1950 Montréal $2 par année Sketches et courrier de Radio-Parents (Page 2) Le forum des "Idées en marche (Page 3) La création d'un théâtre d’essai (Page 3) Les entretiens de M.Paul Gouin (Page 8) /\ ADIO-CANADA réserve encore Jeux périodes à Radio-Parents, chaque mardi.On entendra les commentaires de M.et Mme Claude Mailhot sur les lettres dis auditeurs et les sketches d'Alex et Gérard Pelletier, sur la vie d une famille moyenne.On voit ces derniers, sur notre photo, avec le réalisateur dt-leur roman radiophonique, Lucien Thériault.Ils se sont réunis dans un studio pour discuter les pro Memes de mise en onde et d'interprétation.Des forums sur des problèmes d'actualité, Les Idées en marche, réuniront chaque mardi soir, à 8 heures, des personnalités de milieux divers.La discussion portera sur l'éducation ou la situation internationale, sur les questions économiques ou culturelles.Les auteurs et le réalisateur des sketches de "Radio-Parents' Le Metropolitan Opera a transformé son personnel et son répertoire.Il inaugurera sa nouvelle saison à la radio, samedi prochain, avec Don Carlos de Verdi.• Guy Baulne nous explique la création d'un théâtre d'essai où l'on cherchera à renouveler le langage radiophonique en accordant autant d'importance aux sons qu'aux mots.• M.Paul Gouin commence cette semaine une longue série d'entretiens sur les divers aspects de la vie culturelle au Canada français.Il parlera de nos paysages comme des monuments du passé, des entreprises récentes comme du folklore. Pag* 2 LA SEMAINE À RADIO-CANADA RADIO-PARENTS ET LES PROBLÈMES FAMILIAUX Le réseau Français Je Radio-Canada transmet, chaque mardi, deux émissions Je Radio-Parents : le courrier, dans la matinée, et les sketches, dans la soirée.L'Ecole des parents du Québec, qui tient Je célébrer son dixiéme anniversaire, collabore à ces programmes qui s’ajoutent à ses cours, ses publications et des oeuvres comme le Sen ice d'aide aux mères.Alex et Gérard Pelletier seront, cette année encore, les auteurs de ces scènes de la ne d'une famille moyenne où se posent à peu près tous les problèmes de l'éducation des enfants et Je leurs rapports avec les adultes.M.et Mme Gérard Pelletier ont acquis, dans le journalisme et dans les mouvements d'action sociale, une expérience qui leur permet de nous offrir une image fidèle de notre milieu.Cet été, ils ont écrit les histoires fantaisistes des Héros de la page 13 qui étaient diffusées les mercredis soirs.Mme Pelletier (Alex) est l’auteur de quatre romans d’aventures pour enfants et elle collabore à plusieurs relues.Elle a pris une part active à divers moût emails Je jeunesse.M.Gérard Pelletier est journaliste et on se soutiendra Je 11 récente enquête sur l’enfance abandonnée qui vient de paraître eu brochure sous le titre de "Histoire des enfants tristes”.U dirige actuellement "Le Travail”, journal de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada et il signe toujours dans "Le Devoir" des critiques radiophoniques intitulées : "Par la faute de M.Hertz’.Alex et Gérard Pelletier en sont à leur quatrième saison avec Radio-Parents et ils nous expliquent ici le but qu’ils se proposent d)atteindre.Par Alex et Gérard Pelletier Est-il possible d écrire un programme éducatif qui ne soit point trop sérieux dans sa forme extérieure ni trop exigeant pour l'auditeur en quête de divertissement ?Ce programme peut-il prendre la forme d'un sketch sans pour cela tourner au laius moralisateur ?Et si la matière de ce programme doit être-fournie par la vie familiale, peut-on éviter le danger évident de retomber dans les clichés et les situations banales mille fois exploitées à la radio ?Telles étaient les questions que nous avions en tête quand nous avons accepté, voici trois ans, de rédiger les textes pour Radio-Parents.Avons-nous apporté des réponses satisfaisantes ?Ce n'est certes pas à nous d'en juger.Mais puisque Radio-Canada nous demande de résumer ici les intentions du programme, nous dirons comment nous avons tâché de résoudre le problème.Disons d'abord que le terme : programme éducatif nous parut tout de suite équivoque.En effet, il s’est attaché à ces deux mots un certain sens didactique qui fait tout de suite songer à des causeries, des leçons, toutes formules qui supposent un professeur actif, occupé à instruire, et des auditeurs-élèves qui avalent leur dose de science, de connaissances ou de sagesse.Or, il est bien évident que la plupart des parents canadiens se croient dûment instruits de ce qui les concerne et ne se sentent pas disposés à se laisser faire la leçon par le premier professeur venu, tût-il armé d'un micro.Et nous voulions justement atteindre la plupart des parents, non pas seulement ceux, déjà actifs et bien disposés, qui se rendent d'eux-mêmes à des cours et recherchent des compléments de formation.Ayant défini la difficulté, nous décidâmes de l’aborder, non pas de r’ace mais de biais.Radio-Parents devait donc se présenter comme n'importe quel autre programme récréatif, sans insister sur les fins qu’il poursuivait.Nous mettrions en scène une famille "moyenne”, ni plus ni moins armée pour ré- soudre ses problèmes que la plupart des familles.Et nous retracerions chaque saison quelques épisodes de cette vie familiale "moyenne", nous montrerions comment, avec un peu d'humour et beaucoup de bon sens, des parents peuvent se tirer des difficultés nombreuses et parfois obsédantes que pose l'éducation familiale et la vie commune à l'intérieur d'un foyer.Ainsi naquirent les personnages du programme : M.Laroche, commis dans une quincaillerie, homme de culture très ordinaire mais muni d’un sens commun toujours en éveil.Marie, sa femme, une bonne maman qui a des défauts mais qui aime ses enfants plus que tout au monde.Jeannot et Lise, deux adolescents, Claude, bambin, et Lucienne, l'aînée, qui a déjà pris mari et fondé sa propre famille.Autour de ces personnages principaux, plusieurs autres gravitent.Plusieurs même se voient introduire assez brusquement dans le paysage pour en disparaître aussitôt.Car nous visons à reproduire chaque mardi une situation typique de la famille moyenne et à montrer comment les Laroche savent s'en tirer.Situations "dramatiques" ?II faut s'entendre sur le terme.Certains croient que pour constituer une situation de famille "dramatique", l'émission doit met tre en cause une femme qui a quitté son mari, un enfant mort dans un accident, un père adultère, le tout semé de quelques ivrognes, d'un pédéraste et d'un personnage qui gagne le gros lot ou perd sa fortune.Telle n’est pas notre conception.Car ces situations, pour fréquentes quelles puissent être, restent des cas extrêmes.Ce que des parents veulent savoir c’est la façon dont les Laroche se tirent de situations difficiles mais courantes, embarrassantes par le fait même qu’elles se présentent tous les jours ou plusieurs fois la semaine dans n’importe quelle famille : le bambin qui n'arrive pas en classe, la grande fille qui s'amourache d'un type désagréable, l'adolescent qui se révolte ou encore les parents qui mm Au courrier de Radio-Parents traversent une période de mauvaise bu meur et voient leur amour menacé par des "petites misères".Ayant donc défini la matière et la manière du programme, il ne restait plus qu’à l’écrire.Nous y travaillons tous deux d'arrache-pied, avec beaucoup de plaisir toutefois.Car la vie familiale est un petit monde très riche en situations de toutes sortes pour qui s'applique à trouver sous "l’ordinaire” ce qui en fait la grandeur et l’intérêt.Il faut dire aussi que nos auditeurs nous ont grandement aidés en soulignant les passages où ils se reconnaissaient ceux qui leur paraissaient moins justes, les solutions justes et les fausses.Evidemment, comme le programme ne "concluait" pas rigoureusement, parce que personne ne venait d'autorité "enfoncer la leçon" après chaque demi-heure, certains nous ont fait le reproche que Radio-Parents n'était pas un programme éducatif.Etrange reproche en vérité; ne sont-ce pas ces mêmes gens qui accusent certains romans-fleuves de "déformer" leurs enfants ?% pourtant, je ne connais pas de romans-fleuves^ qui fassent la leçon de façon claire et explicite.Ils agissent par le poids, par la conduite des personnages qui y vivent.Pourquoi Radio-Parents ne seiait-il pas "éducatif" s’il se contente, lui aussi, de montrer des personnages de bon sens et de bonne volonté qui s'efforcent de vivre en harmonie ?Cette année pourtant, soucieux de compléter le programme et de le rendre aussi efficace que possible, nous y in traduirons de temps à autre un ques tionneur.Celui-ci, sortant des nuages, interrogera les protagonistes eux-mêmes pour leur demander : à qui la faute > Dialogue avec les auditeurs On entendra cette année les auteurs du Courrier de Radio-Parents dont les conseils s’appuient sur la science et l'expérience.Claude Mailhot reçut le premier doctorat décerné par l'Université de Montréal en psychologie.Il organisa et fut le premier directeur du Centre d'Orientation de Montréal qu'il quitta pour devenir directeur de la clinique psychologique de la Société d Adoption et de Protection de l'Enfance.Il est professeur à l’Université de Montréal, à l'Ecole Supérieure de Pédagogie Familiale, à l'Institut Pédagogique, à l'Ecole de Service Social et dans plusieurs hôpitaux.Magdeleine Mailhot, après son baccalauréat, fit ses études d'assistante sociale à l’Université de Montréal où elle étudia les sciences sociales et où elle obtint une maîtrise en littérature.Avant son mariage elle travailla comme publiciste puis se consacra au service social en travaillant dans la section de l'enfance ^lu Catholic Welfare Bureau.Tout ça, vous pouvez l’oublier en les écoutant le mardi matin, au courrier.Ce qu'il faut retenir c’est que Claude et Magdeleine sont des parents, qu'ils sont intéressés, comme vous, au bonheur de l’enfance et qu'ils veulent vous aider à mieux comprendre et mieux éduquer vos enfants.Dans le passé, ils ont constaté que les parents écrivaient surtout au sujet de leurs hébés ou de leurs tout jeunes enfants.Les problèmes de jalousie, de querelles entre enfants, de mensonge et de désobéissance revenaient assez souvent.Il ne faudrait pas que les parents hésitent à venir parler aussi de leurs adolescents, discuter de leur orientation. 5-11 NOVEMBRE, 1950 Pag* 3 UN FORUM D'ACTUALITÉ Radio-Canada reprendra, pour la troisième année consécutive, son forum civique, Les Idées en Marche", en collaboration avec la Société d'Education des Adultes du Québec, mardi, le 7 novembre, de 8 h.à 8 h.30 du soir.Ce forum possède une valeur d'information et d éducation, principalement parce qu'il fait connaître les courants d'opinion répandus chez les Canadiens.Les questions étudiées présentent un intérêt général pour tous les citoyens.Elles portent sur des sujets d'importance, tels que l'éducation, la situation internationale, les problèmes économiques et syndicaux et les questions culturelles.L'équipe de discussion est composée d'un animateur, cette année M.Gérard Pelletier, journaliste, et de trois autres participants choisis pour leur connaissance du sujet et représentant des pro- fessions et des milieux différents.La liste se divise en cinq séries de quatre émissions.La quatrième émission de chaque série étudie un sujet fourni par l'actualité.La première série concerne l'éducation, entendue au sens large puisque les sujets explorés ne se rapportent pas seulement aux enfants d'âge scolaire, mais traitent de la discipline à la maison et des associations qui groupent aussi bien les adultes.L’émission du 7 novembre réunit, outre l'animateur, le R.P.Albert Roger, C.S.C., directeur de Boscoville, Mme-René Vallerand, directrice de l’Ecole des parents, et M.Jean-Marie Laurence, professeur à l'Ecole Normale Jacques-Cartier, qui participera aussi aux deux émissions suivantes.Le sujet discuté sera : Pourquoi discipliner nos enfants ?(Suite à la page 4) UNE AUTRE SAISON DU MÉTROPOLITAN Le samedi, 11 novembre prochain, marquera la reprise de la diffusion des opéras présentés au Metropolitan Opéra House durant la saison d'hiver.Chaque samedi après-midi, à deux heures, on pourra entendre les plus belles oeuvres du répertoire interprétées par les artistes de ce théâtre célèbre.Don Carlos, opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi, sera à l'affiche, samedi, le 11 novembre.Cet opéra rarement joué sera repris au Metropolitan pour la première fois depuis 1922.A cette occasion, trois chanteurs ré putés feront leurs débuts au Metropolitan.Ce sont Delia Rigal, soprano du Théâtre Colon de Buenos-Aires, dans le rôle d'Elisabeth de Valois; Fedora Barbiéri, mezzo-soprano de la Scala de Milan, dans celui de la Princesse Eboli, et Boris Christoff, la célèbre basse bulgare du Théâtre Royal de Covent Garden, à Londres, dans celui du roi Philippe d'Espagne.On entendra également Jussi Bjoer-ling.ténor, dans le rôle-titre; Robert Merrill, baryton, dans celui de Rodrigue, et Jerome Hines, basse, dans celui du Grand Inquisiteur.Fritz Stiedry dirigera.Rarement un début de saison au Metropolitan aura suscité un intérêt aussi grand que cette année.La cause de cet intérêt extraordinaire peut être expliquée par l'entrée en fonctions de Rudolf Bing, le nouveau gérant général de cette maison, qui vient en Amérique après de prodigieuses réussites en Europe, telles que le Festival d'Edimbourg et la saison d’opéra de Glyndebourne.La liste des chanteurs attachés à ce théâtre s’est vue considérablement augmentée et le répertoire a été complètement révisé.Un exemple frappant de la nouvelle politique du Metropolitan est le choix Delict Rigcll de Don Carlos pour ouvrir la saison.Voilà une oeuvre que bien peu d’entre nous connaissent et qui fut créée à Paris, en 1867.Dans l'oeuvre de Verdi, elle précède Aida et suit La Forza del Destino.Il semble que Verdi ait écrit Don Carlos — une oeuvre longue et ressemblant, en plusieurs points, à certaines oeuvres de Meyerbeer — pour satisfaire le goût et la tradition de l'Opéra de Paris.Au point de vue musical, l'oeuvre abonde en pages étonnantes, comme la scène de la rencontre entre le roi Philippe d'Espagne et le Grand Inquisiteur, qui, dit-on, est une page d'anthologie.Par contre, Don Carlos souffre d une longueur excessive.Verdi lui-même se rendit compte de cette lacune et réduisit son opéra à quatre actes au lieu de cinq.Dans l’oeuvre de Verdi, Don Carlos demeurera un ouvrage de transition, où il semble que le maître mit à l’essai des formules nouvelles qu’il exploita plus tard dans Aida, Othello, Falstaff et même dans son Requiem.Mardi soir, à S heures, les imités au Forum Les Idées en marche devront répondre à cette question : "Pourquoi discipliner nos enfants ?” LES IDÉES EN MARCHE Radio-Canada présente ce forum hebdomadaire eu collaboration ai ec la Société d'éducation des adultes du Québec.Sous la direction de AL Gérard Pelletier, des personnalités de milieux divers participeront à des discussions libres et constructives sur les sujets suit unis : .7 novembre : "Pourquoi discipliner nos enfants ?" 14 novembre : "Nos étudiants sont-ils surchargés ?” 21 novembre : "Avons-nous trop d'associations ?” 28 novembre : "Sujet d'actualité" 5 décembre : "Les organismes internationaux sont-ils viables ?12 décembre : "Quelles sont les obligations internationales du Canada ?' 19 décembre : "L'union atlantique est-elle souhaitable ?” 9 janvier : Sujet d'actualité" 16 janvier : "La colonisation, une solution ?" 2.3 janvier : "L.i femme reçoit-elle un juste salaire ?" 30 janvier : "Capital étranger : menace ou bienfait ?” 6 février : "Sujet d'actualité" 13 février : "Démocratie : mot passe-partout ?” 20 février : "Nos associations professionnelles sont-elles démocratiques ?' 27 février : "La presse peut-elle être libre ?" 6 mars : "Sujet d'actualité" 13 mars : "Nos écrit .uns ont-ils un public ?" 20 mars : "Pourquoi t a-t-on au cinéma ?” 27 mars : "Les Canadiens ont-ils du goût ?" 3 avril : "Sujet d'actualité” CREATION D'UN THEATRE D’ESSAI Par Guy Baulne Si la radio canadienne a évolué, il semble bien que ce soit souvent plus comme entreprise commerciale que dans un domaine d'expression qui lui soit propre.En effet, depuis de nombreuses années on se sert de la radio pour apporter aux auditeurs des manifestations publiques, des exercices d'éducation, des cliniques sociales, des auditions de grandes oeuvres ou de petits sketches, dont la tradition veut qu'ils deviennent romans-fleuves et servent à soutenir les annonces des entreprises qui les commanditent.Tout cela est un travail honnête, fait avec beaucoup de préparation, dans le but d'éduquer, de distraire et de plaire, sainement et constamment.D'ailleurs, sans cette entreprise commerciale la radio canadienne naurait que très difficilement survécu.Mais la radio, en devenant le haut-parleur de la vie quotidienne et de ses manifestations, a cherché à conserver, pour le mieux traduire, le réalisme journalier.Ses progrès techniques sont considérables.Les réseaux s’allongent, se multiplient, l'émission devient étonnamment claire, la statique est à peu près effacée, la fréquence modulée a donné à l'audition des qualités extraor- Guy Baultte ¦ mn- ¦C 4 'W *
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