La semaine à Radio-Canada, 13 juillet 1952, dimanche 13 juillet 1952
la semaine RADIO-CANADA l ’ H E B 0 fl ID fl D fl I R 6 DU R É S E fl U F R fl fl ( II I S Vol.II.No 40 Montréal DU 13 JUILLET AU 19 JUILLET 19 5 2 $2.par année -•"^^riin " f-*5" ' La soirée des élections (Page 2) Pierre Emmanuel à la Revue des Arts (Page 2) Un récit de Jacques Dupire (Page 3) "Au revoir, M.Chips" au Radio-Théâtre (Page 4) OUTE une soirée sans musique et sans théâtre, et personne ne se plaindra ! C'est ce qui se produira mercredi, jour des élections dans la province de Québec.Le réseau Français élimine toutes ses émissions régulières pour les remplacer par des bulletins et des commentaires sur le grand événement.La Relue de l'actualité ouvrira, à 6 h.30, cette ronde des voix.Elle sera suivie de reportages sur les événements de la journée aux quatre coins de la province.A sept heures, les bureaux de scrutin fermeront et, quelques minutes plus tard, la salle des dépêches du réseau Français commencera à transmettre des résultats.Comme par le passé, on se propose de faire entendre les chefs des partis dès qu'on aura proclamé officiellement les vainqueurs.Radio-Canada a organisé des équipes de reporters et de rédacteurs pour renseigner ses auditeurs avec précision et rapidité, line soirée sans musique et sans théâtre, mais non pas sans vives émotions.Une joyeuse veillée pour les auditeurs du réseau Français.EST Fête au village! Eh! oui, chaque lundi soir le réseau Français invite ses auditeurs à une "veillée” dans un foyer accueillant.Roland Lelièvre, qui est l'animateur de la fête, évolue au milieu des invités avec son micro en main.Sur notre cliché, on le voit au moment où il interroge un ancien sur le passé du village, et, comme il arrive très souvent, il recueille une anecdote amusante.On rit franchement à ces veillées qui réunissent toujours beaucoup d'enfants, les notables de la région et les meilleurs chanteurs et violoneux.Paul Legendre, réalisateur du programme, a conduit son équipe d'un bout à l'autre de la province de Québec, et même en Nouvelle-Angleterre.Chacune de ces fêtes amicales constitue une image vive et colorée d'un milieu et elle nous permet de mieux connaître ses habitants. Pag* 2 LA SEMAINE À RADIO-CANADA Pierre Boutet et Yolande Dulude dans "Andalousie" La célèbre opérette de Francis Lopez sera présentée au programme “Gaîté parisienne”, dimanche soir.Jean-Paul Jeannotte et Louis Bourdon font également partie de la distribution.Gaîté Parisienne reprendra, dimanche, à 8 heures du soir, au réseau Français, l'un des plus grands succès de l'opérette française.Il s’agit de l'oeuvre de Francis Lopez.Andalousie, dont le livret est de Raymond Viney et Albert Willemetz.Yolande Dulude qui tiendra le rôle de Dolorès dans "Andalousie”.Andalousie fut représentée pour la première fois à Paris, au Théâtre de la Gaîté-Lyrique, le 25 octobre 1947.Son succès immédiat lui valut de tenir l'affiche durant plusieurs mois.La vedette en était le célèbre ténor Luis Mariano.L'oeuvre de Lopez est une opérette à grand spectacle qui fait revivre ( atmosphère de l'Espagne des toréadors et des corridas.La partition regorge de rythmes espagnols, de jotas, habaneras et paso-dobles qui lui donnent une verve inépuisable.Lopez a écrit une opérette bien construite et très séduisante.Dimanche, à 8 heures, Pierre Boutet tiendra le rôle du toréador Juanito Perez et Yolande Dulude, soprano, sera Dolorès.Jean-Paul Jeannotte et Louis Bourdon tiendront respectivement les rôles de Séréno et de Valiente.Les choeurs et l’orchestre seront sous la direction de Jean Deslauriers.Francis Lopez est d'origine basque mais a connu le succès à Paris où ses opérettes ont conquis la faveur du public.Andalousie, créée en 1947, fut suivie de La Belle de Cadiz et d’une autre opérette Le Chanteur de Mexico qui tient présentement l’affiche au Théâtre du Châtelet.Luis Mariano et Rudy Hi-rigoyen, bien connus des auditoires montréalais, alternent dans le rôle principal de ce dernier succès.Plusieurs pages d'Andalousie ont conquis la faveur du grand public, spécialement les airs de Juanito : Ay, Ay, Ay, Je veux t'aimer d'un amour men eilleux, Andalucia mia, pays d'amour, Ole! Torero et Santa Maria.L’oeuvre de Lopez a d'ailleurs été portée à 1 écran avec Luis Mariano.Earl Wild et Wilfrid Pelletier au Concert du Chalet La pianiste américain Earl >XTId sera le soliste au prochain concert d’été de l’orchestre des Concerts Symphoniques de Montréal que le réseau Français de Radio-Canada présentera mardi, à 8 h.30 du soir.Le chef d'orchestre invité sera Wilfrid Pelletier.Le soliste et l'orchestre interpréteront le Concerto No 2.en do mineur, Op.18 de Rachmaninoff.On entendra également l'ouverture de l’opéra Sémiramide de Rossini ainsi que le Lirgo de la Symphonie du Noui eau-Monde de Dvorak.Earl Wild compte parmi les plus doués des pianistes américains de la jeune génération.Son nom est familier aux auditoires radiophoniques américains et canadiens.Il a eu l'honneur de jouer la Rhapsody in Blue de Gershwin avec l'Orchestre Symphonique de la NBC sous la direction de Toscanini.Durant la guerre, il fit partie de la marine américaine et se fit entendre en récital à Washington devant le Président Roosevelt et Anthony Eden.Earl Wild est aussi compositeur et l'une de ses oeuvres, Dance for Piano and Orchestra, fut jouée sous la direction de Frank Black.Le Concerto No 2 de Rachmaninoff est le plus populaire du compositeur russe avec son célèbre Prélude en do dièse mineur.Rachmaninoff lui-même tint la partie du soliste lors de la création de l’oeuvre à Moscou, le 14 octobre 1901.Dix années auparavant, la première audition de son Concerto No 1 en fa dièse avait été un échec complet et le compositeur n'avait que peu écrit par la suite.C’est à la suggestion d'un ami qu'il entreprit la composition d'un autre concerto.Le Concerto en do mineur, même s'il montre l’influence de Tchaïkowsky, reste l'oeuvre personnelle d'un compositeur qui a trouvé son style.Dans scs oeuvres subséquentes, Rachmaninoff gardera un penchant pour la mélodie de caractère sombre mais très chantante.Virtuose lui-même, il écrit pour les pianistes qui possèdent une technique avancée et une maîtrise complète de l'instrument.Ce concerto est une oeuvre de base dans le répertoire de n'importe quel pianiste de concert.Sémiramide fut le dernier opéra que Rossini écrivit pour la scène italienne.Il fut chanté pour la première fois à Venise, le 3 février 1823.Jusqu’à sa mort, en 1868, le compositeur écrira pour les scènes de France et d'Angleterre.De cette oeuvre, on n'entend plus que l’ouverture, une page brillante et facile qui contient beaucoup de crescendos, comme Rossini seul savait en écrire.Dvorak habita New-York avec sa famille de 1892 à 1895.Au cours de son séjour en terre américaine, il écrivit plusieurs oeuvres dont sa Symphonie No 5 qui fut jouée pour la première-fois sous la direction d'Anton Seicll en 1893.Le second mouvement confie sa mélodie principale au cor anglais et, selon Dvorak lui-même, doit suggérer le "réveil de la faune dans les prairies de l'ouest américain." PIERRE EMMANUEL PARLERA DE L'OEUVRE DE SAINT-DENYS-GARNEAU Grâce à l ac ion.Paris est maintenant à quelques heures de Montréal, mais qui peut profiter de l'occasion ?Pierre-Emmanuel, certainement, qui vient de survoler l'Atlantique pour la troisième-fois en deux ans.Parti de Paris après dîner, il arrive à Dorval à l'heure du petit déjeuner.Des amis l'amènent à la campagne, mais ses minutes sont comptées, et, dans l'après-midi, ils le conduisent à Montréal où il est attendu au Service des causeries de Radio-Canada pour l'enregistrement de deux causeries et d une interview.Depuis son dernier voyage, Pierre Emmanuel a _ ‘ é Babel, un long poème composé comme une cathédrale, dont les critiques ont reconnu l'im-portance.Il a encore travaillé à une comédie et à un essai sur L'Imposture de l’histoire, tout en méditant quelques thèmes qu’il développera dans sa prochaine oeuvre poétique.Pendant ces quelques mois.Pierre-Emmanuel a encore pu se familiariser avec l'oeuvre d'un poète canadien pour lequel il a la plus vive admiration.L'une de ces causeries, que le réseau Français diffusera lundi soir, à la Relue des arts et des lettres ( 10 h.15 - 10 h.45), a pour titre Saint-Denys-Garneau, poète universel.Pierre Emmanuel considère les Poésies complètes de Saint-Denys-Garneau, qui ont été publiées il y a quelques années, comme l'une des oeuvres importantes de la littérature contemporaine d'expression française.Le témoignage de Pierre Emmanuel vient s'ajouter à ceux d'autres écrivains français, belges et canadiens pour confirmer que le rayonnement de Saint-Denys-Garneau ne fait que grandir.La Reine des arts et des lettres comprendra plusieurs chroniques en plus de cette causerie.Le soir des élections au réseau Français Le réseau Français consacrera toute la soirée de mercredi à l'événement le plus important de la semaine: les élections dans la province de Québec, l’ne équipe de reporters, que l'on entendra de divers centres, viendra s’ajouter à l'équipe régulière de la salle des dépêches de Montréal.Dès 6 h.30, on transmettra des commentaires sur la journée dans diverses régions, sur les événements significatifs qui ont pu s'y produire.A 7 heures, on ouvrira le micro qui aura été installé dans la salle des dépêches, tout près des sept télétypes qui bourdonneront plus que jamais.L'annonceur communiquera les premiers résultats transmis par la Presse canadienne ou la British United Press.Les bureaux de scrutin ne doivent fermer qu'à 7 heures, mais ils ne tarderont pas à procéder à I cnumération.Après quelques minutes, les télétypes fourniront sans interruption des résultats de tous les comtés.Puis, se succéderont les bulletins annonçant la concession d'élection, enfin, — mais à quelle heure ?— la sonnerie des machines se fera entendre pour préparer le bulletin le plus attendu, celui qui dira que la victoire a été officiellement concédée à tel ou tel parti.Aussitêit, les reporters du réseau Français à Trois-Rivières, à Joliette et à Montréal, chercheront à obtenir une déclaration des chefs de parti et de leurs collaborateurs.Ainsi, on compte faire entendre, de Trois-Rivières, l'hon.Maurice Duplessis, au nom de l’Union Nationale, et son adversaire libéral, M.J.-Alfred Mongrain.A Joliette.on invitera au micro de Radio Canada le chef libéral, Me Georges Lapalme, et son adversaire unioniste, l'hon.Antonio Barrette.De Montréal enfin, on entendra probablement Mme Thérèse Cas-grain, chef du parti C.C.F.Un soir d'élection dans une salle de-dépêches d'un réseau radiophonique n'est pas une mince affaire.Il ne s’agit pas uniquement, comme dans un journal, de préparer l'article du lendemain, mais de transmettre en quelques secondes, des résultats précis.M.Ephrem-Réginald Bertrand, directeur du service des nouvelles du réseau Français, réunira le 16 juillet tous les rédacteurs pour renseigner l’auditeur ROLAND CÔTÉ.directeur de la "Reine de l’actualité".avec toute la rapidité et la précisiot désirables.Auprès de l’équipe fran çaise traivailleront les rédacteurs d< langue anglaise qui alimenteront di nouvelles le poste CBM.M.Lucien Côté, le réalisateur de I.Relue de l'Actualité, dirigera l’équipe de reporters et il verra à transmettre leurs commentaires et les déclaration-des chefs de parti.Cet événement politique entraînera l'élimination de toutes les émission-régulières du mercredi soir, sauf le Résumé des nout elles de la fournée, i 10 heures, qui, d'ailleurs, sera presque entièrement consacré aux élections pro vinciales.7 DU 13 AU 19 JUILLET 1952 Pag* 3 "Le Chant du monde" Charlotte Boisjoly et Jean-Louis Roux seront les interprètes des dialogues et des chansons de Jacques Dupire aux "Nouveautés dramatiques".Jacques Dupire, qui a fait le tour de l'Afrique avec Jacques Hébert il y a quelques années, a gardé de cette aventure de bons souvenirs qui, avec le recul, se transforment facilement en histoires féeriques.Il vient justement de terminer un sketch qui est né de ses impressions de JEAN-LOUIS ROUX voyage et, particulièrement, du souvenir de son séjour au Maroc.C'est Le Chant du monde que Guy Beaulne présentera vendredi, à 8 h.30, aux Nouveautés dramatiques, l'émission qu'il dirige au réseau Français.Jacques Dupire nous propose, au départ, un voyage sur un nuage, mais l'histoire s'est à peine engagée qu elle nous paraît vraisemblable, du moins dans un monde où l'action n’a pas tué le rêve.Et dans le monde arabe, où nous transporte l'auteur, l'imagination a Je dro.t de dépasser le vraisemblable.Le Chant du monde raconte la naissance d'un amour très ardent, mais si peu égoïste qu'il s'appuie sur l'amour de l'humanité.El Fadil se désole de voir la guerre étendre ses ravages et il fait un rêve de paix éternelle.Les hommes, lui semble-t-il, communieraient dans le même désir de paix si lui-même pouvait trouver la mélodie parfaite qui leur révélerait tout le prix de la vie.Ce serait Le Chant du monde qu'EI Fadil ne désespère pas de composer.Leila partage son espoir et l'accompagne dans sa recherche.Pour créer l'atmosphère qui convienne à ce rêve généreux, on utilisera des enregistrements qui ont été faits au Maroc et Jacques Dupire insérera dans son récit des poèmes marocains, comme cet CHARLOTTE BOISJOLY hymne à la nuit: "La nuit est une amoureuse.Je l'aime parce qu elle est la nuit qui n'est jamais la même nuit, qui est mille et une nuits, et ma nuit, la mienne .Jacques Dupire a encore écrit les paroles et la musique de deux chansons qu'interprétera Charlotte Boisjoly, qui incarnera Leila.Cette interprète sensible.que l'on a souvent entendue au théâtre de Radio-Collège dans les rôles les plus difficiles, aura pour partenaire l’excellent Jean-Louis Roux, qui sera El Fadil.ROGER SINCLAIR EST EN VEDETTE DANS "LA VILLA QUI CHANTE" Roger Sinclair, interprète de chansons dont il écrit les paroles et la musique, comédien et auteur dramatique, sera la vedette d'une nouvelle série d'émissions 1/ villa qui chante que Ton entendra au réseau Français tous les mardis et jeudis, à 7 heures du soir à compter de cette semaine.En plus de ce jeune chanteur, on entendra un trio instrumental composé d'un accordéon, une contrebasse et un piano.Le réalisateur de l'émission est Roger de Vaudreuil.Roger Sinclair, un tout jeune homme, est originaire de Québec et c'est dans la Vieille Capitale qu'il a fait ses premières armes comme comédien, chanteur et compositeur.Il y a deux ans.il venait s'établir à Montréal où il participa à plusieurs émissions dramatiques et musicales.Au réseau Français, il débuta au Quart d'Heure de Détente et plus tard, il fut entendu à Rue Principale, à L'Ecole des Parents ainsi qu’à Nom eau-tés Dramatiques.Le jeune artiste a déjà une quinzaine de chansons à son crédit.Quelques-unes comme Château d'eau et Mademoiselle Jeannine ont été créées par la diseuse-Estelle Caron, au cours de la série Ci aurons canadiennes.La villa qui chante présentera les derniers succès de la chansonnette française et des mélodies spécialement appropriées à la saison estivale.Jean d’Ys est l’auteur des textes de cette série en plus d'être la pianiste attitrée de l'émission.LE PREMIER CONCERTO DE WEBER AVEC RAFFAELE MASELLA Le clarinettiste Raffaele Masclla sera le soliste au prochain concert de l'orchestre des Petites Symphonies, sous la direction de Roland Leduc, dimanche, à 10 h.30 du soir.Il a choisi d'interpréter le Concerto No 1, en fa mineur Op.73 de Carl-Maria von VT cher.Après Mozart, Weber fut l'un des premiers compositeurs à s'intéresser à la clarinette.On sait l'affection que Mozart éprouvait pour cet instrument, f, est pour la clarinette qu'il écrivit sa dernière oeuvre concertante mais il ne l'entendit jamais car il devait mourir quelques mois plus tard.Dès son jeune âge, Weber eût l'occasion de se familiariser avec les instruments à vent grâce aux musiciens qui composaient les orchestres à Munich, Carlsruhe, Prague et Dresde.Pour plusieurs de ces musiciens, il écrivit des ouvrages concertants.L'un d'eux, Heinrich Baermann.reconnu comme le meilleur clarinettiste de son temps, était un ami de Weber et ce dernier l'accompagnait souvent au piano au cours de tournées de concerts.C'est pour lui que l'auteur d'O héron écrivit une série de variations sur un thème de son opéra Sylvana.un quintette pour clarinette et cordes, deux concertos, un Grand Duo Concertant et un concertino.Le Concerto No 1.qui date de l'année 1811, est écrit dans le style facile des oeuvres instrumentales de Weber.La partie du soliste est extrêmement brillante et montre que Weber ne pouvait pas facilement oublier le théâtre.Raffaele Masclla appartient à une famille de musiciens.Après ses premières études à Montréal, il se rendit à Paris où il travailla au Conservatoire sous la direction de maîtres réputés.Son talent exceptionnel lui valut de remporter un premier prix au Conservatoire ainsi qu'au Concours international de Genève.La création d'un drame de Sylvain Garneau "Le Bénéfice du doute" sera à l'affiche du Théâtre du Grand Prix, dimanche soir.Cette semaine, la pièce à l'affiche au 7 héâtre du Grand Prix est un drame-réaliste de Sylvain Garneau intitulé Le bénéfice du doute.C’est l'histoire de deux frères, profondément unis du vivant de leur père et qu'un testament divise au point d'en faire des ennemis.L'auteur ne situe pas son action dans un lieu déterminé, mais seulement "dans le pays qu'il vous plaira d'imaginer, et à la campagne, car c’est la terre qui est le prétexte de l’histoire".En effet, le lieu n'a pas d'importance; il s'agit d'un conflit universel, comme l'ambition, comme l’envie peuvent en faire surgir sous tous les climats, dans tous les milieux.Cependant, le parler des personnages inJique assez bien qu’ils sont delà province de Québec.Il y a aussi les clôtures qui nous sont particulières; ailleurs, les champs étant partagés par des haies.Et il y a d'autres détails, mais ce qui importe, c'est l'intention de l'auteur de nous montrer des hommes en tant qu'hommes, que la possession divise, de nous montrer que l'argent peut transformer l'amour en haine.Serge et Sylvain ne s'étaient jamais querellés du vivant de leur père; chacun prenait la part dont il avait besoin; au fond tout était commun.Mais, dans son testament, le père avait ordonné le partage de la terre; il avait même indiqué la ligne de démarcation en ces termes : Elle passera entre le pré Fontaine et le champ du Cerf, puis traverse le pré du noyer .Maintenant, chacun de leur côté de la clôture, les deux frères s'observent.Sylvain se plaint que son frère a été avantagé.Serge cède; Sylvain se plaint de nouveau.Il veut toujours plus.A la fin.Serge se fâche.Il ne cédera plus rien.Sylvain décide alors de s'emparer subrepticement du bien qui, selon sa façon de penser, lui revient.La nuit, il se rend dans le champ et déplace les poteaux de la ligne de démarcation.Chaque nuit, il agrandit un peu plus son bien.Mais son esprit ne fonctionne plus normalement.Pour le satisfaire maintenant c'est toute la part de son frère qu’il lui faudrait, qu'il convoite, dont il rêve de s'emparer.Et c'est le drame.L'auteur de Bénéfice du doute, Sylvain Garneau est l'auteur de deux recueils de poèmes : Objets trouvés et Trouble-fête.Il a donné en collaboration avec Noël Guyves un conte dialogué Peler Pierre-Pierrot à Nom camés dramatiques.Il avait soumis son manuscrit au Concours dramatique de Radio-Canada sous le nom de Jean-Jacques Alouette. Rag* 4 LA SEMAINE À RADIO-CANADa U Au revoir, M.Chips" au Radio-Théâtre NOËL CAL VIN "Nabucco" de Verdi à L'Heure de l'Opéra Nabucodonosor, dont le titre est toujours abrégé en Nabucco fut le troisième opéra de Giuseppe Verdi et fut son premier grand succès.Relégué dans l'ombre par les autres opéras du maître, il n'a été présenté qu'en de rares occasions, comme l'an dernier, lors du cinquantenaire de la mort du compositeur.Cette présentation fut enregistrée sur disques par la radio italienne et sera offerte aux auditeurs du réseau Français de Radio-Canada, à L'Heure de l'Opéra, samedi à 2 heures de l'après-midi.Le livret de Nabucco fut écrit par un certain Temistocle Solera qui s'inspira de l'Ancien Testament.L'action se passe durant la captivité des Juifs à Babylone, sous le règne du roi Nabuchodonosor.La première partie de l'existence de Verdi fut dominée par la tragédie.En plus de difficultés d'ordre matériel, Verdi, avant d'avoir atteint l'âge de vingt-sept ans, eut le malheur de perdre son épouse et ses deux enfants.De plus, ses deux premiers opéras, Oberto et Un Giorno di Regno, furent des échecs complets.Des historiens affirment qu'à cette époque, vers 1840, Verdi avait décidé de ne plus écrire une note de musique et de laisser à tout jamais cette profession qui lui avait causé tant de malheur.Mais grâce à l'insistance et à la fermeté de Merelli, directeur de la Scala de Milan, Verdi se tourna vers le sujet de Nabucco qui l'intéressa vivement.Le compositeur se mit à l'oeuvre et Nabucco fut présenté pour la première fois à Milan, le 9 mars 1842.L'opéra remporta un succès exceptionnel et plaça Verdi au premier rang des compositeurs italiens de la jeune génération.Son nom fut sur toutes les lèvres et on rapporte même qu'on donna le nom de Verdi à toutes sortes de choses, y compris des cravates, des chapeaux et mêmes des sauces.Mais Nabucco reste une date importante dans la vie de Verdi parce qu'une chanteuse de la distribution.Giuseppina Strepponi deviendra plus tard sa femme.L'opéra servit aussi à réconcilier le compositeur avec la musique et marque un réel point de départ dans sa carrière.Aujourd'hui, plus d'un siècle après sa création, Nabucco nous paraît peut-être un peu faible surtout parce que les autres oeuvres du maître nous sont familières.Mais on peut dire que son premier succès fut amplement mérité car Verdi, qui n'avait pas encore trente ans, montre déjà une réelle maîtrise.L'enregistrement que nous entendrons comprend une distribution de tout premier ordre, sous la direction de Fernando Previtali.Le rôle-titre sera chanté par le baryton Paolo Silveri, de la Scala et du Metropolitan.On entendra également Gabriella Gatti, Caterina Mancini, Mario Binci et d'autres interprètes.Pour compléter l'émission, le réalisateur Roger de Vaudreuil a choisi une version abrégée de l'opéra de Rossini, La Cenerentola qui fut créée à Rome en 1817, une année après Le Barbier de Séville.Giulietta Simionato chante le rôle-titre et l'orchestre et les choeurs sont sous la direction de Mario Rossi.Noël Gauvin, qui réalisera les cinq prochaines émissions du Théâtre de Radio-Canada a choisi, pour le programme de jeudi, à 9 heures du soir, une adaptation de Guy Saint-Pierre du roman de James Hilton Au revoir.Al.Chips.On sait que l'oeuvre a été immortalisée au cinéma par le célèbre film Goodbye Air.Chips.François Rozet tiendra le rôle de M.Chips qui a été tenu à l'écran par Robert Donat.Un récital de Pierre Boutet et Marguerite Paquet On entendra Pierre Boutet deux fois cette semaine, au réseau Français.Dimanche, il sera le principal interprète-masculin dans la célèbre opérette de Françis Lopez, Andalousie, et jeudi soir, à 10 h.30, il sera invité, avec Marguerite Pâquet, au récital des artistes de Québec.PIERRE BOUTET Cette fois, il abandonnera le genre léger pour la musique la plus sérieuse qui soit : des mélodies de Brahms.Ce jeune ténor, qui a été finaliste au concours de Nos futures étoiles, étudie à Toronto depuis plusieurs années et il y a chanté dans plusieurs opéras, notamment avec la troupe de Radio-Canada.Marguerite Pâquet.que l’on entendra au même récital, a également participé à de nombreuses émissions du réseau Français.Cet excellent mezzo-soprano interprétera un cycle de mélodies de René Chansarel.Les deux artistes chanteront ensemble Je
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