La semaine à Radio-Canada, 27 juillet 1952, dimanche 27 juillet 1952
Désiré Defauw dirige au Chalet (Page 2) En pays sauvage avec Pierre Petel (Page 3) Deux illusionnistes de la télévision (Page 8) Constance Lambert au pays du bel canto (Page 8) 'EUX concerts du réseau Français retiendront l'attention des amateurs de musique.D manche soir, ils retrouveront Neil Chotem avec l'orchestre des Pentes Symphonies.Il jouera les Viin.it/ons symphoniques de César Franck, l'une des belles oeuvres du XIXe siècle que ne peut aborder qu'un musicien ai-compli.L'étonnant Neil Chotem connaît aussi bien le répertoire classique que la musique populaire et, avant d’interpréter ces pages de Franck, il participera, comme chaque semaine, à l'émission Casa Manana.Matdi soir, le réseau Français diffusera le dernier Concert du Chalet que dirigera Désiré Defauw.Le programme comprendra des poèmes symphoniques d'un Américain, le célèbre George Gershwin, et d'un Canadien, Jean Vallerand, que l'on a souvent entendu à Radio-Collège ou a la Relue des Arts et des lettres.Mentionnons, enfin, que deux oeuvres peu connues seront à l’affiche de L'Heure de l'Opéra, samedi : Orphée aux enfers d'Offenbach et Les Mille et Une Nuits de Johann Strauss.Constance Lambert chantera dans "La Bayadère" et "Monsieur Beaucaire' c, ON SI AN CE LAMBERT s'engage sur le chemin qui peut la conduire sur les grandes scènes lyriques du monde.Elle annonce, en effet, son prochain départ pour le pays du bel canto où elle perfectionnera une voix de soprano lyrique et des dons d'interprétation qui ont déjà agréablement surpris les amateurs de musique.D’ici janvier, date fixée pour son départ pour l'Italie, Constance Lambert devra remplir de nombreux engagements à la radio et à la scène.On la retrouvera dimanche, à l'émission Gaîté parisienne.dans La Bayadère, une opérette d'Emmerich Kalman qui a connu, à Paris et ailleurs, un grand succès.Elle sera entourée d'excellents chanteurs : Fernande Chioc-chio, Alphonse Ledoux et Napoléon BiSsoft.Constance Lambert sera encore la vedette de Gaîté parisienne.dimanche prochain, dans Monsieur Beaucaire de Messager.a Aemaifte RADIO-CANADA l ' H E B D 0 fil f) D RI R £ DU RÉSEAU f R fl R ( fl I S DU 27 JUILLET AU 2 AOÛT 19 5 2 Vol.Il, No 42 Montréal $2.par année Pag* 2 LA SEMAINE À RADIO-CANADA Neil Chotem, interprète de Franck César Franck composa ses Variations Symphoniques pour piano et orchestre, en 188V une année avant sa célèbre Symphonie en ré mineur et sa Sonate pour violon et piano.Le maître était alors en pleine possession de ses moyens et avec les Variations Symphoniques il a réussi une oeuvre à peu près unique dans le répertoire piamstique.Le pianiste canadien Neil Chotem sera le soliste dans cette oeuvre de Franck qui sera au programme de l'orchestre des Petites Symphonies, dimanche, à 10 h.30 du soir.Ce concert sera diffusé sur les réseaux Français et Trans-Ca-nada de Radio-Canada et pourra également être entendu aux Etats-Unis sur les postes du réseau Mutual.Roland Leduc sera au pupitre de chef d'orchestre.Les Variations Symphoniques sont construites sur deux thèmes dont le premier apparaît dès le début de l'oeuvre alors que le piano l'énonce.Plus loin, arrive le second thème et ses variations.A plusieurs reprises, les variations sur les deux thèmes se font entendre simultanément ce qui donne à l'oeuvre entière le caractère d'une série de variations doubles.Le piano et l'orchestre y jouent un rôle égal et sont tous deux traités avec maîtrise et imagination.Les Variations Symphoniques de Franck occupent aujourd'hui une place prépondérante dans le répertoire des pianistes et des orchestres.C'est sans contredit une oeuvre importante du répertoire de la musique-romantique écrite pour le piano.Neil Chotem est à la fois pianiste, compositeur et chef d'orchestre.Au réseau Français, il dirige actuellement l'émission Casa Maiiana et il a été chef d'orchestre à L'Heure de\ Vedettes.Comme pianiste de concert, il s'est fait entendre dans les principales villes ca-nadienn -s et avec les principaux orchestres canadiens.Cet artiste a prouvé qu'il possède la versatilité requise pour passer d'un Mill.CHOTEM mmgàam genre à l'autre.Il peut donner toute sa mesure dans des genres aussi opposés qu'une oeuvre de Franck ou un derniei succès du hit parade.Poèmes symphoniques de Gershwin et Jean Vallerand Désiré Defauw sera au pupitre de l'orchestre des Concerts Symphoniques de Montréal au dernier concert d'été de la société, mardi, à 8 h.30 du soir, au réseau Français de Radio-Canada.Le chef d’orchestre reprendra une oeuvre du compositeur canadien Jean Vallerand qu'il créait, il y a quelques années, à l'Auditorium le Plateau, lors d'un concert régulier de l'orchestre.Il s'agit du poème symphonique Le Diable dans le Beffroi.Comme l'explique le compositeur, cette oeuvre est un poème chorégraphique inspiré de l’un des contes fantastiques d'Edgar Poe.Elle reçut un accueil très favorable de la critique qui reconnut la fraîcheur de son inspiration et l'excellente qualité de l'orchestration.Jean Vallerand est maintenant secrétaire du Conservatoire de Musique et d'Art Dramatique de la Province de Québec et critique musical au journal Le Deroir et à la Reine des Arts et des Lettres du réseau Français.Il a dirigé notre orchestre symphonique à plusieurs reprises et il est aussi monté au pupitre pour des représentations de l'Opera Guild.La saison dernière, Noël Brunet et John Newmark donnaient la première-audition de sa Sonate pour violon et piano.Désiré Defauw dirigera aussi l'ouverture de l'opéra féerique Obéron de Carl-Miria von Weber et deux Danses slates d'Anton Dvorak.Pour terminer le pro- gramme, on entendra le poème symphonique An American in Paris de George Gershwin.Cette oeuvre fut écrite par Gershwin en 1928, au printemps, alors qu'il était en vacances en Europe.I! avait en tête-deux idées.Tout d'abord il voulait illustrer la gaîté et l'effervescence qui anime la capitale française.Ensuite, il voulait suggérer la nostalgie d'un Américain alors qu'il déambule sur les boulevards de Paris.La plus grand partie de l’oeuvre fut écrite à Vienne mais Gerswhin en termina l'orchestration à Paris.Il faut admettre que le compositeur a réussi un tableau riche d'évocations.Au début, un thème bien caractéristique suggère l’Américain qui se promène joyeusement.Sa promenade est interrompue par les klaxons des taxis et on entend aussi les brmts de la rue.Plus loin, un blues prenant lui rappelle la terre américaine.La marche reprend et le thème de blues revient dans le final mais cette fois, il a perdu sa nostalgie et devient joyeux et triomphant.Line phrase de Gershwin illustre d'ailleurs très bien ce final: "Il fera bon de rentrer en Amérique mais, en attendant, vive Paris!” An American in Paris fut joué pour la première fois le 13 décembre 1928 par la Philharmonique de New-York sous la direction de Walter Damrosch.L'instrumentation en est très complexe.Elle demande les cordes, deux flûtes, un piccolo, deux hautbois, un cor anglais, deux clarinettes, une clarinette-basse, trois saxophones, deux bassons, un contre-basson, quatre cors, trois trompettes, trois trombones, un tuba.Quant à la percussion, elle doit comprendre les timbales, la grosse caisse, le petite caisse, les cymbales, le triangle, la crécelle, deux tam-tams, xylophone, quatre klaxons d'automobile, le célesta, le jeu de timbres, le "balai" de fil defer ainsi qu'une- série de blocs de bois pour imiter le bruit de la marche des piétons.DÉSIRÉ DEFAUW pendant une répétition de l'orchestre des Concerts symphoniques de Montréal, au Plateau.Il dirigera, mardi soir, le dernier des Concerts du Chalet dont le programme comprendra An American in Paris de Gershwin et Le Diable dans le Beffroi de Jean Vallerand.Oeuvres d'Offenbach et de Johann Strauss A L'Heure de l'Opéra Du premier, on entendra "Orphée aux enfers", et, du second, "Les Mille et Une Nuits".Deux oeuvres rarement entendues sont à l'affiche de L'Heure de l’Opéra, samedi, à 2 heures de l'après-midi au réseau Français de Radio-Canada.On entendra l'opéra-bouffe Orphée aux Enfers de- Jacques Offenbach et l’opérette Les Mille et Une Suits de- Johann Strauss.L'oeuvre d’Offenbach a récemment été enregistrée à Paris sous la direction de René Leibowitz.C'est une brillante satire de la légende d’Orphée qui réussit à émouvoir les dieux avec les sons magiques de sa lyre.Il peut ainsi ramener sur terre- son Eurydice à condition de- ne point regarder derrière lui quand il sera en route.Dans l'opérette, Orphée est un violoniste et professeur au conservatoire de Thèbes.On voit déjà avec quel plaisir les librettistes d'Offenbach s'amusaient à parodier les personnages officiels et les organismes d'état.Orphée aux Enfers fut représenté pour la première fois au Théâtre des Bouffes-Parisiens, le 21 octobre 18*»8.Ce ne fut ni un échec ni un succès sauf quand Jules Janin, le célèbre critique du Journal des Débats décida de se lever contre Offenbach et son oeuvre.Il accusa l'auteur de blasphème contre "la glorieuse et auguste antiquité" et il l'accusa même de conspiration contre l'état.Il n'en fallait pas plus pour réveiller un public avide de curiosité qui se rendit en grand nombre au théâtre, assurant ainsi un triomphe et de nombreuses représentations à l'opérette d'Offenbach.La partition brille de l’éclat coutumier des autres opérettes du compositeur.Offenbach pousse la parodie jusqu'à faire entendre quelques notes delà Marseillaise clans la scène où les dieux se révoltent contre Jupiter.Ht quand Orphée s adresse à ce dernier, la phrase musicale est trop réminiscente du célè bre /' ai perdu mon Eurydice de l’Orphée de Gluck pour qu'il y ait simple coïncidence.Offenbach, qui savait être amusant sans être vulgaire, a réussi l'un des plus beaux exemples d'opéra-bouffe que l'on puisse trouver.La première représentation de l'opérette Les Mille et Une Suits eut lieu à Vienne, le 10 février 1871.A l'origine de cette oeuvre, il faut placer une autre opérette de Strauss, Indigo, dont elle renferme tous les principaux airs et ensembles.C'est grâce à l'habileté des librettistes Leo Stein et Cari Lindau que Les Mille et Une Suits obtinrent un succès aussi phénoménal.Elus tard, Strauss devait écrire des oeuvres aussi célèbres que Ut Chauve-Souris, Le Baron Tzigane et Une Suit à Venise. DU 27 JUILLET AU 2 AOÛT 1952 Page 3 « ?i Un conte de la terre de Caïn Pierre Petel présente "Ressac" au Théâtre du Grand Prix.L'auteur évoque un pays sauvage et grandiose où il a tourné un film.l*i rite nord, à lembouchure du détroit de Belle !de, où se déroule l’action de Ressac, que l’on entendra au Théâtre du Grand Prix.L'auteur, Pierre Petel, a passé deux mois et demi dam cet extraordinaire pay i pour y réaliser un film qu'il detail intituler Terre de Caïn et qui lut a mérité un prix.Le cameraman julien Saint-Georges, maintenant au poste de léléiision de Montréal de Radio-Canada, est l'auteur de cette photo qui a obtenu un Award of Merit ./ l'exposition nationale de Toronto, l'an dernier.Une nouvelle pièce de Marcel Dubé De longues et patientes recherches ont paru trouver leur récompense au début de la guerre.Des groupes de jeunes se formaient alors afin de poursuivre un sérieux effort d'exploration dans tous les domaines.A la pointe de cette action se trouvaient des peintres et des écrivains qui approchaient de la maturité.Ces jeunes se sont ensuite dispersés et l'on a pu croire que la recherche était abandonnée.Mais, aujourd'hui, ce sont eux que I on trouve dans les nouveaux domaines d'activité.Pierre Petel est l'un de ceux qui ont participé à ce mouvement qui est né au début de la guerre.On l'a déjà connu comme auteur de films et de chansons populaires, mais c'est comme auteur dramatique que nous le retrouverons au réseau Français, au Théâtre du Grand Prix, dimanche soir, à 9 heures.Liuy Beaulne y présentera son conte dialogué, Ressac, qui nous transporte dans une-nature aussi exceptionnelle que telle de Dieu a besoin des hommes.Pierre Petel était à l'Ecole du Meuble, au temps de Borduas et de Marcel Parizeau, et c’est là qu'il s'est initié à la PIERRE PETEL, auteur de "Ressac” qui sera présenté au Théâtre du Grand Prix du réseau Français.Il est maintenant réalisateur au serrice de la léléiision de Radio-Canada, à Montréal.ma i ille et plusieurs autres que le disque rendit populaires.Des talents aussi divers devraient presque nécessairement le conduire à la télévision, qui est véritablement un medium qui exige tous les talents et une curiosité illimitée.Radio-Canada ne l'oublia pas et.depuis plusieurs mois, il est au travail dans les studios de Montréal, préparant surtout des spectacles de variété et une comédie dont il est l'auteur.Avant d'entrer à la télévision, Pierre Petel envoya un texte au Concours dramatique du réseau Français, et le jury en recommanda la diffusion.Ce conte dialogué.Ressac, a pour décor cette fameuse Terre de Cain, c’est-à-dire la rive-nord de l'estuaire et du golfe Saint-I.aurent.près de l'embouchure du détroit de Belle-Isle.Pierre Petel a utilisé les souvenirs d'un séjour inoubliable dans ce pays sauvage.Accompagné du cameraman Julien Saint-Georges (qui vient également d'entrer au service de télévision de Montréal), il nolisa une barque pour visiter les petits villages de pêcheurs.Ressac a justement pour décor un village qui est comme la synthèse de-tous les hameaux de cette côte.Pierre Petel nous fait pénétrer dans une solitude de rent et de pierre en compagnie d'un jeune de la grand'ville, Bernard Dunoyer.Ce personnage nous fera découvrir la sévère beauté du paysage, et, en le suivant, nous apprendrons à mieux connaître ces pêcheurs accueillants dont la vie est si rude.Auprès de Bernard, nous verrons Marie-Elise, une jeune fille du pays qui a été éduquée dans un couvent de la ville, de braves marins, des Montagnais, et.surtout, une nature sauvage et grandiose, indifférente à la peine des hommes.Le drame qui viendra séparer ou lier ces êtres s'inscrira dans cette lutte jamais achevée de l'homme contre la nature.Avec Ressac, Pierre Petel nous offre l'occasion d'un voyage en terre inconnue.Ce récit est d'une parfaite fidélité dans le détail, et le sentiment qui a poussé l'auteur à l’écrire est né au contact des admirables pêcheurs de la rive Nord.Marcel Dubé.le jeune auteur dont Nout eautés Dramatiques a déjà présenté plusieurs textes et dont la pièce De l'autre côté du mur a été choisie comme la meilleure pièce canadienne au dernier festival dramatique de Montréal, a écrit une nouvelle oeuvre qui sera à l'affiche au Théâtre de Radio-Canada.jeudi, à 9 heures du soir, au réseau Français.Il s'agit de L'impasse, qui reprend la formule de la pièce à épisodes sur un même thème.Celui qu'a choisi Marcel Dubé est l'échec de l'amour.L'auteur a développé ce thème à trois époques différentes.La première partie se passe au Moyen-Age et on trouve en scène des personnages historiques comme le Roi Dagobert II et Adèle.Ensuite, nous nous trouvons en plein 17e siècle et l'intrigue se noue au moment d'une représentation de Britannicus.Le dernier épisode se passe à notre époque.Le jeune auteur avoue que cette formule l'intéresse au plus haut point et qu'elle est riche de possibilités, même si d éminents écrivains, comme Julien Green dans Varouna, l’ont exploitée avec maîtrise.Le réalisateur de l'émission, Noël Gauvin, a été littéralement conquis par la qualité du texte du jeune écrivain.Il en loue les qualités purement radiophoniques et aussi la langue qui est claire et précise tout en étant très imagée.Le jeune auteur montre une fois de plus qu'il sait établir des situations dramatiques et les faire progresser jusqu'au dénouement.Marcel Dubé a attiré l'attention quand sa pièce De l'autre côté du mur fut choisie comme la meilleure pièce canadienne au dernier Festiral Dramatique National.La critique avait alors loué les qualités dramatiques de ce texte qui montre que la sincérité chez les adolescents peut parfois aller très loin.Cette pièce fut ensuite jouée à Saint-Jean.au Nouveau-Brunswick, et sera bientôt reprise au Centre d Art de Sainte-Adèle.CBFT et CBLT Les cloches vont-elles à Rome ?peinture qu'il n'a jamais abandonnée, comme le démontre le prix du Salon du Printemps de Montréal, qu'il remportait en 1950.Ce sens plastique, Pierre Petel le mit ensuite au service du cinéma à l’Office National du Film, où l une de ses réalisations, Terre de Caïn, devait remporter le prix du meilleur film canadien de 1950.Entre temps, Pierre Petel pianotait et chantonnait, n'ayant pas oublié les leçons de musique qu’il avait reçues dans son enfance.l!n jour, une mélodie et quelques vers se formèrent presque deux-mêmes.Il en fit une chanson et, comme le jeu l'amusait, il créa d'autres refrains.Le public adopta les chansons qu'il écrivit pour le film Lumières de Radio-Canada annonce que CBFT pour Montréal et CBLT pour Toronto seront les indicatifs d’appel des deux premiers postes de télévision au pays.Le premier d'une série de programmes d'essais avant l'inauguration officielle de CBFT a été mis en ondes le 25 juillet.On constate que CBFT (sur le canal no 2) est composé* de I indicatif CBF.le plus important de tous les postes du réseau Français de Radio-Canada.D'autre part, deux contrats d'une valeur de $500,000 viennent d'être accordés pour l'aménagement d'un centre radiophonique à Winnipeg.Les cloches partent-elles pour Rome le Jeudi-Saint pour revenir dans leur clocher, le samedi, à 10 heures du matin?Si quelqu un le sait, c'est bien le sacristain.et Jean Faucher a décidé de le faire parler dans un conte que présentera les N oui eautés dramatiques, ven dredi soir, à 8 h.30.On saura enfin ce qu'il y a de vérité au fond de cette vieille histoire.Leconte de Jean Faucher, intitulé Le Sacristain.se passe dans un village de France, il y a très longtemps.Le son neur de cloches, Léonce, est un franc buveur et il parie un jour que les cloches se rendent vraiment à Rome.On se moque de lui et.pour faire taire les sceptiques, il décide de s'accrocher à la plus grosse cloche de son église, Caroline.et de survoler les nuages avec elle jusqu'à la Ville éternelle.La femme de Léonce sera témoin de son départ, mais ses amis croient qu'il s'est caché.Ils le reverront le samedi, à l'heure convenue et ce qu ils apprendront leur feront regretter leurs rires.Jean Faucher, qui n'en est pas à scs débuts à Radio-Canada, fait revivre une vieille légende à laquelle les enfants trouvent encore un air de vérité. Pag* 4 LA SEMAINE À RADIO-CANADA Albert Béguin revient des Indes Récital de chant et de violoncelle Le icunc soprano Andrée Theriault participera au prochain Récital du jeudi soir que l'on entendra le 31 juillet, à 10 h.30 du soir.Le violoncelliste Lucien Plamondon sera également au programme.Mlle Thériault a choisi d'interpréter des oeuvres de Poulenc et de Schubert.Du premier, on entendra trois mélodies, La Chanson d'Orkenise, Voyage à Paris et Sanglots.Du second, elle chantera deux lieder, Le Secret et La jeune religieuse.M.Plamondon jouera Andante et Allegro de Robert Schumann et Allegro appassionato de Camille Saint-Saëns.Andrée Thériault est née à St-Hya-cinthe, mais elle a suivi sa famille à Québec à l'âge de sept ans.C'est là qu'elle a commencé ses études de chant pour les poursuivre ensuite à Montréal à l'Ecole Vincent-D Indy.Elle a ensuite étudié au Conservatoire de Toronto.Paul Legendre et Roland Lelièvre reviennent de Cip-Chat d'où le réseau Français diffusera sa prochaine Pète au Village, lundi soir, le 28 |uillet, à 7 h.30.Aux portes de la Gaspésie, entre le coquet village des Capucins, et ce que l'on peut considérer comme la petite métropole de Gaspé-Nord, Sainte-Anne des Monts, le village de Cap-Chat, aux maisons distribuées sur un plateau à trois étages dont les deux plus élevés surplombent la mer.s'étend sur plus d'un mille.Cap Chat date de 1813.Après avoir longtemps été un village essentiellement agricole, il a connu, depuis 1925, un développement économique considérable.Aujourd'hui.plus de la moitié de la population vit de lindustrie forestière qui a pris essor grâce à l'établissement de deux gros moulins à bois au village.Le comte Robert d'Harcourt représentait l'Académie française au troisième congrès de la langue française qui s'est tenu à Québec, récemment.Il y prononça deux conférences importantes que le réseau Français a enregistrées pour diffusion ultérieure.On les entendra ce mardi-ci, 29 juillet, à 10 h.15 du soir, et la semaine prochaine, le 5 août, à la même heure.A son retour en France, l'écrivain a livré scs impressions de voyage, qui sont vraiment enthousiastes."J'ai vécu à Québec, note-t-il, des heures que j'aurais souhaitées à beaucoup de mes compatriotes.Pour tant de Français si prompts au doute et qui portent jusqu'au génie le talent de se diminuer, je ne pense pas qu'il puisse être plus efficace antidote au découragement que le spectacle de ANDRÉE THÉRIAl I I Les gais "veilleux" de l endroit, convoqués pour l:ête au Village, se sont rendus chez M.Léon-Albert Soucy, "camionneur l'été et bûcheron l'hiver", qui habite une vaste maison de 12 pièces au centre du village.Les principaux participants de la soirée seront M.Jean-Baptiste Emond, 83 ans, "qui fait encore des journées de dix heures", M.Alfred Soucy, 73 ans, qui nous dira sur gamme "c'que c'est que d'être papa”, M Aurèle Parent, dont le violon "en érable piqué dessus et en sapin dessous", est également son "baromètre”, M.le Curé Cassivis.qui racontera "l'odyssée de son ancêtre", le vieux capitaine Céité, un fervent de la "chasse à l'ours”, qui évoquera une de ses aventures sylvestres, et de nombreux autres, dont la belle simplicité et la jovialité communicative assureront un programme de choix! la fidélité canadienne à l’âme de la France, du vieux pays." Robert d Harcourt ne doute pas que la nation canadienne-française ne soit promise à un bel avenir."Le Canada, dit-il, est une terre de foi.de courage et de force ascendante".Il a gardé un souvenir ému d'une fête de la jeunesse, et, surtout, du moment où les voitures des officiels passaient entre une double haie vivante d'enfants et d'adolescents: "Ces admirables jeunes visages levés vers nous dans l'éclat d’une journée admirable, tant de clarté dans les regards, tant de grâce juvénile dans le sourire le spectacle était donc bienfaisant à l’heure où la haine obscurcit le monde".Dans les causeries que l'on entendra à Radio-Canada, Robert D'Harcourt tente de répondre aux questions que les étrangers se posent sur la France.A la mort d'Pmmanuel Mourner on a confié à Albert Béguin la direction de la reiue Esprit.Ce catholique se troute ainsi placé à la tête d’un groupe (qui comprend aussi des non-croyants I dont l'effort généreux et sans complaisances a un rayonnement universel, lout en s’engageant dans cette action décisive, Albert Béguin a poursuivi son oeuvre de critique et.récemment, il nous offrait des pages lumineuses sur Pascal et Bernanos.Toujours attentif Beaucoup d Occidentaux nous donnent en exemple la spiritualité hindoue; constitués en sectes, ils prétendent saucer notre monde malade en s'inspirant des leçons de l'Orient.J'avoue que je partais pour les Indes sans me faire trop d'illusions à ce sujet; un sé|our de deux mois ne m'a pas convaincu qu'il fallût aller chercher aux rives du Gange les remèdes qui nous font défaut.Il y a une haute spiritualité brahmanique; elle gît aux feuillets de très vieux livres, où l'on peut trouver à la fois la plus belle poésie mythologique et une extraordinaire connaissance des états intérieurs de l'âme.L'Inde antique avait mis au point des méthodes ascétiques de concentration de l'esprit qui n'ont nulle part leur pareille.Mais qu'en demeure-t-il aujourd'hui, soit dans la civilisation et la vie quotidienne d'un peuple, soit dans les enseignements de ceux qui se donnent pour ses sages et pour ses maîtres ?Le petit peuple dévôt pratiqué sa relig on avec une sincérité et un naturel qu'on ne peut qu'envier .Les fidèles hindous, dépourvus de tout pharisaïsme, de toute ostentation comme de toute fausse honte, agissent comme s'il n'y avait aucun spectateur Leur piété est merveilleusement accordée à tous les instants de la vie, qui en reçoit une coloration sainte.Seulement, il y a les prêtres, et il y a les castes, avec toute cette misère qui écrase un peuple entier.Les brahmanes qui officient dans les temples ont des figures et des comportements de mauvais curés.Pour une maigre obole dans leur main perpétuellement tendue, ils recommencent dix fois, vingt fois, le geste rituel qui amuse les touristes.Attablés à la vue des fidèles ils se gavent des offrandes apportées par îles gens qui n ont pas assez de nourriture pour leurs enfants Portant très bas le drap blanc qui voile leurs jambes, ils étalent des ventres gras, polis, luisants, parfumés, dont ils se font gloire dans ce pays où neuf hommes sur dix sont squelettiques, avec des yeux brûlants de famine.L étranger n'est admis que dans les enceintes extérieures des temples, mais il n'est pas seul à se voir interdire les recès du sanctuaire.Les soixante millions de parias qui vivent relégués en marge de la société hindoue, dans des conditions sous-humaines, n'ont pas le droit d'approcher les statues de leurs dieux.Le grand crime de l’hindouisme est d'immobiliser cette structure sociale odieusement injuste qu'établit la hiérarchie des castes.Peut-être cette répartition des hommes en professions héréditaires a-t-elle été, à l'origine, le cadre qui a permis la naissance d'une civilisation; mais là envore il n'existe plus aux forces spirituelles qui peuvent guérir le monde de ses maux, Albert Béguin a t uulu connaître les Indes.Ce voyage la wieré à des conclusions qu'il a pro post" aux auditeurs de la Revue des arts et des lettres du réseau Pran (ais, dans une causerie intitulée l'ne spiritualité captive.Leur portée a été d'autant plus grande quelles posaient le problème de la destinée d'un continent dont dépend l'atenir immédiat di l’Amérique comme de l'Europe.aujourd'hui que des formes décadentes de cette institution.Si émouvante que puisse être la douceur envers les gens et les bêtes, que ce peuple doit à sa religion, si frappant que soit un senti ment du sacré partout présent, l'hindouisme perpétue une organisation sociale d'où est absente toute charité.La spiritualité hindoue est captive Elle est captive, d'abord, de l'immense misère dont elle est en grande partie-responsable.elle qui justifie la domination des castes supérieures et qui habitue les déshérités à accepter passivement leur condition inique.Et la spiritualité des textes primitifs est captive encore de cet enseignement des sages qui, depuis des siècles, la réduit en un corps de préceptes.Privée de la mythologie qui la mettait en harmonie avec les heures et avec les êtres, elle n'est plus rien que cette doctrine qui maintient l'Inde dans un rêve de jour en jour plus proche du cauchemar Mais qui l'éveillera de ce sommeil mortel ?Aucune force de l'intérieur n< peut rompre le sortilège, parce qu'il n'existe plus de facultés créatrices dans une tradition sclérosée.Il faudra un choc porté du dehors, mais qui provoquera un bouleversement terrible.Des réformes inspirées de l’Occident moderne seraient à la fois insuffisantes, devant les immenses problèmes matériels de l'Inde, et barbares à l'égard de la dévotion diffuse dans ce peuple.Le communisme asiatique veilie aux portes, attendu, souhaité à l'intérieur par des masses qui commencent à prendre cons cience de leur condition.Mais au prix de quelles cruelles métamorphoses, de quelles simplifications sacrilèges une doctrine née sous d'autres deux ferait-elle irruption dans cette humanité chargée de trop de passé ?Le drame spi rituel de l'Inde manifeste en clair le drame universel de notre temps.Albert BÉGUIN La Semaine A RADIO-CANADA Publiée chaque semaine par la SOCIÉTÉ RADIO-CANADA Service de Presse et d'information C.P.6000 Montréal (UNiversity 6-2571) Directeur : Robert Élie Abonnement : $2 par année (États-Unis, $3.50) Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.Une veillée dans une maison du Cap-Chat Deux causeries du comte Robert d'Harcourt DU 27 JUILLET AU 2 AOÛT 1952 Page 5 LA SEMAINE AU RÉSEAU FRANÇAIS La Semaine à Radio-Canada donne le programme complet du réseau Français et elle indique les émissions locales des postes de Radio-Canada : CDF, CBV et CBf.Le réseau Français met la plupart de ses émissions à la disposition de ses postes affiliés.Des circonstances imprévisibles peuvent entraîner des changements après la publication de cet horaire.Le dimanche, 27 juillet 5.00—Musicale Le lundi, 28 juillet 9.00— Radio-Journal 9.06—Musique légère CBJ — CBC News 9.30— L’heure du concerto "Schclomo” (Bloch): 7,ara Nelsova, violoncelliste, et l’orchestre philharmonique de Londres, direction du compositeur.— Concerto No 1 en si bcmol mineur (Tschaïkowsky) : Clifford Curzon, pianiste, et un orchestre symphonique sous la direction de George Szell.10.30— Récital 11.00— Moment musical 12.00— Tableaux d'opéra CBJ—La moisson 12.30— Jardins plantureux, jardins fleuris M.S,»phen Vincent, agronome spécialise en hoiticulture, sera le con-féri'-m ter de l'émission de la Radiophonie rurale.12.
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