La semaine à Radio-Canada, 1 décembre 1956, samedi 1 décembre 1956
A RADIO-CANADA Claude Dauphin nous confie.Voici une photo du dernier crû prise il y a quinze jours, ce qui est une garantie d'authenticité .En ce qui concerne mon “curriculum vitae", c'est bien long à écrire, et après plus de trente-cinq ans d'activité dans le show-business, je ne sais trop où commencer et où finir.Mon père était Franc-Nohain.un poète qui avait conservé un souvenir exquis et enthousiaste du Canada après sa visite avec la Croisière Jacques Cartier en 1936.Il a même écrit peu de jours avant sa mort un poème intitulé “Les Jeunes Filles de Trois-Rivières" .Ma mère était Madeleine Dauphin, elle était ravissante et bonne, et elle peignait des tableaux clairs comme son coeur.Après cela, je n'ai pas grand'chose à dire — sinon qu'en plus de parents délicieux.j'ai eu beaucoup de chance.Décorateur et costumier à l'Odéon de 1920 à 1930.Acteur, pour Salacrou.Bernstein, Achard, de 1930 à 1940.Sous-lieutenant de 1940 à 1945.Commis-voyageur du théâtre français en Europe, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, de 1946 à 1956.Quelques bonnes pièces à mon actif, quelques mauvais films aussi.— en anglais ou en français — et beaucoup de télévision américaine.Voilà.Le grand acteur français tiendra le rôle-titre de la comédie "Knock" de Jules Romains que le "Téléthéâtre" présentera jeudi 6 décembre, à 10 heures du soir.Voir à ce sujet l'article en page S.1er DÉCEMBRE 1956 Vol.VII.No 9 Pag* 2 LA SEMAINE A RADIO-CANADA /Jute, "Pelital Antonio Janigro jouera le Concerto de Schumann Les Petites Symphonies, sous la direction de Roland Leduc, auront comme invité, dimanche 2 décembre, à 7 h.30 du soir au réseau Français de Radio-Canada, Antonio Janigro, célèbre violoncelliste italien qui interprétera le Concerto en la mineur pour violoncelle et orchestre de Robert Schumann.Né à Milan en 1918, Janigro fit ses études musicales au Conservatoire de sa ville natale puis à l'Ecole Normale de Musique à Paris, où il étudia avec Alex-anian, dans la classe Casais.Il avait à peine seize ans lorsqu'il commença sa carrière de soliste, après avoir remporté des premiers prix à plusieurs concours nationaux et internationaux.L'un des premiers violoncellistes du monde, Janigro a joué sous la direction des plus grands chefs d'orchestres : An-sermet.Bigot, Cluytens, Defauw, Kleiber.Markevitch, Martinon, van Kempen pour n'en mentionner que quelques-uns.Il a de plus fait beaucoup de sonates avec de célèbres pianistes, comme Carlo Zecchi, Badura-Skoda et le regretté Dinu Lipatti.A l'âge de 21 ans, Janigro était déjà titulaire de la classe de violoncelle, au Conservatoire de Zagreb, en Yougoslavie, et en 1953, la Radio de Zagreb le nomma premier chef de son orchestre de chambre qui devint par la suite l’£«-sernble des Solistes de Zagreb, de renommée internationale.C'est à titre d’exécutant que Janigro viendra dimanche 2 décembre aux Petites Symphonies jouer le Concerto en la mineur de Schumann.Ce concerto pour violoncelle et orchestre compte parmi les dernières oeuvres de Schumann et fut composé en quelques semaines, en 1850, pour nêtre présenté au public qu'après la disparition du compositeur dont nous célébrons cette année le lOOème anniversaire de la mort.Les trois parties du Concerto pour lioloncelle sont jouées sans interruption comme pour le Concerto pour violon de Mendelssohn écrit six ans plus tôt.ANTONIO JANIGRO Toute l’oeuvre est traversée d une grande flamme romantique.La virtuosité de la partie solo ne s'exerce jamais au détriment de la poésie d une qualité aussi fine que dans la Symphonie en ré mineur.Le Concerto en la mineur pour violoncelle et orchestre comprend trois mouvements marqués allegro, adagio, vivace."L'Alouette" de Jean Anouilh, que I on entendra % a reprend l'histoire de Jeanne d'Arc (.est dans la cour du Château du Plessis Bourré, lors du Festival d'Angers de l eté dernier, qu'on enregistra l'Alouette, de Jean Anouilh.Les audi tcurs du réseau Français de Radio-Canada pourront entendre cet enregistrement mercredi 5 décembre, à l'émission Festival, de 7 h.30 à 10 heures du soir.Un brillant succès Créée à Paris le 14 octobre 1953 au Théâtre Montparnasse, cette pièce produisit un grand effet et obtint un brillant succès.La critique compara ce suc -cès à celui que Cyrano de Bergerac avait remporté quelque soixante ans plus tôt."/.'Alouette connaîtra le même triomphe, disait-on.parce quelle satisfait l'horreur qu'a notre demi-siècle pour les saints et les héros à qui l'on ne tape-pas sur le ventre et avec qui on ne peut pas rigoler." On retrouve dans l'Alouette les mêmes préoccupations que dans tant d'autres pièces de l'auteur.Anouilh voit encore dans les questions sociales et même historiques, (celles mêmes auxquelles I Histoire a donné une tradition), un état nécessairement transitoire, c'est-à-dire passager et circonstanciel.Il cher che à résoudre l'énigme de la condition humaine.Cette condition, pour Anouilh, se traduit dans un thème presque unique qui est celui de l'aspiration à la pureté aux prises avec une société hypocrite et corrompue.On s'est demandé du reste par quel miracle ses héros pouvaient préserver une telle exigence de pureté alors qu'ils étaient mêlés à une société qui pouvait accepter les compromissions les plus dégradantes et les plus désordonnées.Peut-être en écrivant l'Alouette, l'auteur songeait-il à éviter cette difficulté ?En refaisant l'histoire de Jeanne J Arc, il pouvait ainsi donner une vraisemblance à son idéal de pureté, et en même temps consoler l'âme désen chantée qu'on lui reconnaît.Le triomphe de la pureté /,'Alouette, c'est le triomphe de la pureté.Et ce fut enfin le mythe historique qui allait servir l'idéal longtemps poursuivi par l'auteur.Mais du même coup celui-ci se proposait de rendre à son héroïne le cri joyeux de sa victoire sous le gai et puissant soleil de France.Il a donc construit sa pièce de façon très ingénieuse et plaisante.Elle débute par le procès, et Jeanne est devant ses juges.Au fur et à mesure qu'on l’interroge, on assiste aux scènes qu'évoque cet interrogatoire.L'auteur rend scs personnages complices de son procédé, et ceux-ci proposent, au début de l'interrogatoire, de brûler Jeanne le plus tôt possible afin que les épopées soient moins longues à raconter.(.est ainsi qu'au moment où Jeanne monte au bûcher et qu'on y met le feu, un acteur se précipite et crie à Cau-chon "on ne peut pas en finir comme ça.Monseigneur ! On n'a pas joué le sacre ! On avait dit qu'on jouerait tout ! Ce n est pas juste ! Jeanne a droit de jouer le sacre, c'est dans son histoire !" Anouilh prêtera à Charles VII les paroles qui définissent bien la conception qu'on s’est fait de cette page d'histoire.( et homme a raison, dira le roi, la vraie fin Je l'histoire de Jeanne, la vraie fin qui n'en finira plus, celle qu'on se redira toujours, quand on aura oublié ou confondu tous nos noms, ce n'est pas dans sa misère de bête traquée à Rouen, c'est l'alouette en plein ciel, c'est Jeanne à Reims dans toute sa gloire.La vraie fin de l'histoire de Jeanne est joyeuse.Jeanne d'Arc, c'est une histoire qui finit bien !" La distribution A Angers, les principaux rôles avaient été confiés à Michèle Alfa, (Jeanne); Claude Ligoni, (la nièce); Claude Vattier, (la petite reine); Charles Nissart, (Cauchon); André St-Luc, (l'archevêque); André Gasc, (Charles VII) et Frank Estange, (l'inquisiteur).Cet enregistrement est une réalisation de la Radiodiffusion Télévision Française.La mise en ondes sera d'Eudore Pi-ché, du Service des Emissions Educatives et des Affaires Publiques.‘^Pearl ^Buck À “lecture de chevet” Mercredi 5 décembre, à Lecture de chevet, à l horaire du réseau Français de Radio-Canada à 10 h.30 du soir, François Rozet lira une émouvante histoire de Pearl Buck intitulée l'Ennemi.L'Ennemi est un soldat américain mortellement blessé que trouve un médecin japonais, sur la plage près de sa maison.Ce dernier a fait ses études en Amérique et se sent déchiré par divers sentiments.Doit-il soigner le soldat ?le laisser mourir ?le livrer aux autorités militaires ?L histoire est racontée avec toute la tendresse et l'humanité qui caractérisent les oeuvres de Pearl Buck.Est il besoin de rappeler que Pearl Buck, Prix Nobel de littérature 1938, a pénétré mieux que personne l'énigme de l'âme asiatique.Née en Chine en 1892, cette fille de missionnaire protestant fut élevée à la chinoise, si bien qu'à son retour aux Etats-Unis elle ne put jamais s'adapter à ce monde un peu superficiel.The Good Earth qui décrit si bien l'âme chinoise lui mérita le Prix Pulitzer en 1931 et fut porté au théâtre et au cinéma.Après avoir fondé la East and West Association, le célèbre écrivain qui habite maintenant les Etats-Unis, institua dans sa propriété de Pennsylvanie en 1949, la Welcome House, une maison d'adoption pour les enfants asiatiques nés aux Etats-Unis.Cette organisation s'occupe de placer les enfants dans des familles américaines et Pearl Buck elle-même suit chaque enfant qu elle place, pour s'assurer qu’il est heureux dans son foyer d’adoption.CLAIRE DUCHESNEAU, soprano, accompagnée au piano par Colombe Pelletier, chantera au Récital du dimanche, matin, 2 décembre, à 10 h.30.Elève de Roger Filiatrault, Mlle Duchesneau étudia en Angleterre et fit ses débuts européens à Oxford en 1933.Elle chanta ensuite sous la direction de Sir Thomas Beecham, au Festival de Bath et à la BBC.C'est également sous ce brillant chef d'orchestre qu'elle débuta à Londres, au Royal Festival Hall, en 1934, dans la Damoiselle Elue de Debussy. DU 1er AU 7 DÉCEMBRE 1956 Pag* 3 La peinture canadienne à "L'Art et la vie" Depuis quatre ans déjà, Fernande et Jean Simard présentent aux auditeurs du réseau Français de Radio-Canada les grands artistes du monde occidental, an ciens et modernes, peintres et sculpteurs : de Giotto à Miro, de Phidias à Dali, évoquant les figures les plus mnr quantes de chaque époque.Cette année encore, à l'Art et la vie.une réalisation de Jean-Guy Pilon qui revient tous les dimanches après-midi, à 1 h.30, ils ont passé en revue neuf artistes européens du XXe siècle qui semblent avoir marqué leur temps d une profonde influence.La tristesse de l'exil Dans la seconde tranche des émissions de cette année, c’est-à-dire à compter de dimanche 2 décembre, Fernande et Jean Simard aborderont l’histoire des peintres canadiens, dont la genèse a connu des heures de pénible incompréhension."Car, disent-ils, nous ne pouvons nous défendre en effet, d’un sentiment d’appréhension, d’un serrement de coeur, d’une espèce d’accablement rétrospectif devant la misère, la pauvreté de nos débuts"."Bien sûr, les arts plastiques ont maintenant cours, chez-nous : les expositions se succèdent à un rythme accéléré, le nombre des amateurs et de connaisseurs augmente à vue d’oeil; et Montréal possède même — la chose eût été impensable, il y a une dizaine d’années ! — une galerie, l’Actuelle, se consacrant exclusivement à l’art non-figuratif.” "Pourtant, un James Wilson Morrice, dans un passé qui n’est pas tellement lointain, s’est vu contraint de fuir l’atmosphère proprement irrespirable de son pays, pour aller peindre en Europe, en Afrique et dans les Indes occidentales.” "Et aujourd’hui même, sous nos yeux, un Pellan travaille en France durant la majeure partie de sa vie; ne revient chez lui que pour se faire accuser de pornographie par un conseiller municipal bi-got !" "Un Borduas, chassé de chez lui pour des opinions trop franchement exprimées, habite désormais New-York et Paris.Et il ne s'agit pas là d’artistes obscurs ou de second plan, mais de "vedettes", de créateurs de tout premier plan”.Fernande et Jean Simard nous montreront donc que notre art vieux maintenant d’un siècle doit avoir aujourd'hui droit de cité.Las Précurseurs Dans leur première émission du 2 décembre, l’on connaîtra les Précurseurs, (Plamondon, Hamel et Krieghoff).Dans quelle solitude, dans quel désert intellectuel, ces artistes ont-ils vécu sans pour cela cesser de produire, envers et contre tous ! Ces "Précurseurs” de l'époque coloniale, dans l'obligation d'aller apprendre leur métier en Europe, étaient revenus au pays un peu comme des missionnaires, porter la bonne nouvelle.Plamondon et Hamel, les deux premiers s'étaient voués, l'un à la copie des oeuvres religieuses européennes pour nos églises; l’autre au métier de portraitiste officiel ou de famille.Krieghoff, un aventurier hollandais venu échouer par hasard sur les rives du Saint-Laurent, est le père de notre peinture paysagiste.Les Romantiques Le 9 décembre, une seconde émission permettra de faire connaissance avec ce groupe de peintres que nous avons nommé "Romantiques” : Suzor Côté, Horatio Walker et Clarence Gagnon L’on peut dire que cette seconde génération de peintres a donné véritablement l’impulsion définitive à une peinture autochtone.Pourtant cette période romantique est encore tout près de nous puisque les auteurs de l'Art et la vie ont connu personnellement deux d’entre eux.JjCL JnjLâASL dsi&u Mjaladsiâu Depuis mercredi 7 novembre, a 4 heures de l'après-midi, le réseau Français de Radio-Canada diffuse, directement de l'Oratoire St-Joseph du Mont-Royal, la Messe des malades.Del commentaires permettent aux auditeurs de bien mi ire l’action liturgique qui se déroule à l’autel.La partie musicale est assurée par l’orgue et la chorale de l’Oratoire.Cette émission est diffusée de Montréal, le premier mercredi de chaque mois par le Service des émissions éducatives et des affaires publiques.OZIAS LEDUC L’émission du 16 décembre nous transportera en Ontario rencontrer les peintres du "Groupe des Sept" qui ayant refusé toute influence européenne, ont fondé une école paysagiste autochtone qui deviendra un nouvel académisme.Le grand solitaire Le 23 décembre.Fernande et Jean Simard nous parleront de la grande et émouvante figure d'Ozias Leduc, le peintre solitaire de Saint-Hilaire, décédé l'an dernier à l’âge respectable de 91 ans.La peinture d'Ozias Leduc est relativement peu connue au Canada puisque l’artiste s’est surtout occupé de décoration d'églises.Ce dernier aspect de son art ne transmet pas d’une façon éclatante l’incomparable message qu'on retrouve dans scs tableaux.La carrière de Leduc connut des débuts difficiles.L’influence européenne ne se faisait pas encore sentir au pays ce qui en somme préserva l'artiste de tout ce qui aurait pu entraver sa spontanéité.Après un court séjour en France en compagnie de Suzor Côté, Leduc revient à Saint-Hilaire, loin de toutes les écoles, en possession d’une technique acquise chez les maîtres français.C’est dans la solitude qu’il va mettre sur ses toiles la nature comme il la conçoit dans ses rêves, prenant ainsi l'attitude d’un surréaliste avant la lettre.Les contemporains Chacune des cinq dernières émissions qui suivent sera consacrée à des peintres canadiens contemporains qui sont en quelque sorte des chefs de file.Goodridge Roberts, Philip Surrey, Stanley Cosgrove, Alfred Pellan et Paul Emile Borduas, déjà fortement engagés, possèdent un style parfaitement caractéristique et sont en pleine maturité puisque leurs âges respectifs se situent en tre quarante et cinquante ans environ.Quelques-uns d’entre eux viendront eux-mêmes à nos micros pour parler de leur art, sa portée, son contenu et son orientation.Quatre des «P* 99 DIX A son programme Musique contemporaine.Clermont Pépin parlera cette semaine de quatre compositeurs fran çais qui firent partie du célèbre Groupe îles Six : Poulenc.Tailleferre, Auric et Durey.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.