La semaine à Radio-Canada, 8 décembre 1956, samedi 8 décembre 1956
> ?Collas chante Lucia L« célèbre soprano inaugure la 17ème saison radiophonique du Metropolitan Opera de New*York Notre première page, cette semaine, est consacrée à Donizetti.On ?oit ci-dessous, l'image qui ornait la première édition de "Lucia di Lam-mermoor" en 1835 et une caricature du grand compositeur italien exécutée par lui-même.Mais cette page est aussi celle de Maria Mene-ghini Callas, que l'on ?oit dans la photo ci-contre : l'unique Callas, interprète extraordinaire de Lucia; soprano américain de réputation internationale né à New-York, il y a trente-trois ans, de parents grecs; diva non moins fameuse pour son tempérament de feu, ses colères débridées, ses mouvements d'enthousiasme délirant, sa probité artistique, son sens inné du théâtre, sa personnalité vivifiante.Maria Callas fait ses débuts au Metropolitan Opera, cette saison, dans le râle dramatique de la démente de Walter Scott si admirablement comprise par le musicien Donizetti.C'est ainsi qu'elle sera la vedette de la 17ème saison radiophonique du Metropolitan Opera.Son répertoire varié comprend de fort beaux rôles : Isolde, Mimi, Butterfly, Fedora.Medea, etc.Le 29 octobre dernier.Maria Callas fut également la vedette de la soirée d'ouverture de la 71ème saison du "Met".L'artiste chantait alors le rôle-titre de l'opéra “Norma" de Bellini, une oeuvre qui connait, depuis quelques années, un regain de popularité."Lucia di Lammermoor" sera entendu au réseau Français de Radio-Canada samedi 8 décembre, à deux heures de l'après-midi.Enzo Sordello, baryton de La Scala qui fait, lui aussi, ses débuts cette saison au Metropolitan Opera, tiendra le rôle du frère de Lucia, Lord Enrico Ashton.La représentation sera dirigée par Fausto Cleva.Ci-haut le dessin qui ornait la première édition de "Lucia di Lammermoor" en 1835.A droite, une caricature de Donizetti par lui-même.À RADIO-CANADA 8 DÉCEMBRE 19 5 6 Vol.VII, No 10 HOC) Pag* 2 LA SEMAINE A RADIO-CANADA La convention de 1948, à Ottawa.Au Colisée d'Ottawa, cette semaine: le 5ème Congrès progressiste-conservateur Cinquième anniversaire de "La Fin du Jour" Depuis déjà plusieurs mois, les techniciens de la Société Radio-Canada se préparent à diffuser à travers le Canada, l'un des événements les plus importants de l'année, le cinquième Congrès du Parti progressiste-conservateur, qui se déroulera au Colisée d'Ottawa, les 12, 13 et 14 décembre prochains.C'est la première fois qu'un congrès politique est télédiffusé et Radio-Canada a mis tout en oeuvre pour assurer à ses téléspectateurs une vue d'ensemble aussi complète qu'intéressante, de ces réunions qui dureront trois jours.Le vaste amphithéâtre de la capitale ouvrira ses portes à 1400 délégués, ainsi qu'au public intéressé.Sous une batterie de projecteurs d’une puissance de 350,000 watts, le Colisée offrira un spectacle féerique.Une spacieuse estrade sera construite à l’une des extrémités de la salle.Derrière l'estrade, une toile de fond, percée de chaque côté par deux judas, permettra aux caméras d'obtenir une vue plongeante sur une partie du parterre.De plus, quatre autres caméras, disposées sur des échafaudages à l'intérieur de l'amphithéâtre, multiplieront à l’infini les angles de prises de vues qui seront reproduites sur les écrans de plus d'un million de foyers canadiens.Ajoutons à ces six caméras un nombre égal de studios suspendus, pour loger les commentateurs de radio et de télévision chargés de décrire les activités en cours.Ceux-ci identifieront les délégués et les orateurs et donneront une traduction simultanée des discours.Cette organisation gigantesque occupera donc toute la superficie du Colisée, c’est-à-dire une surface de 5000 pieds carrés.L’écran de télévision aura donc beaucoup à voir; rien ne devrait lui échapper.Il sera même donné aux téléspectateurs de voir plus que ceux qui assisteront sur place à la réunion.C'est ainsi qu'on sera transporté dans les salles de contrôle, dans l'annexe du Colisée et dans deux autres studios préposés aux interviews et où seront reçues les personnalités les plus marquantes du parti politique.Cette diffusion bilingue permettra donc simultanément à tous les citoyens du Canada de prêter oreille aux discours, de suivre les délibérations et tout ce qui se passe à l'arrière-scène, jusqu'au vendredi 14 décembre, alors que le Parti progressiste-conservateur se choisira un nouveau chef.La Société Radio-Canada invite donc ses auditeurs et ses téléspectateurs à suivre cette large part des réunions, au réseau Français et à la télévision : mercredi 12 décembre, de 2 h.30 à 4 heures de l'après-midi pour la procession d'ouverture, le défilé des Provinces, le discours de Charlotte Whitton, ex-mairesse d’Ottawa, celui de l'honorable George Drew et plusieurs autres.Jeudi 13 décembre, de 8 heures à 11 heures du soir : la nomination des candidats à la direction du Parti progressiste-conservateur, ainsi que les discours des candidats.Vendredi 14 décembre, de 3 heures à 5 heures de l'après-midi : la fin du scrutin, le vote, le discours d'acceptation du nouveau chef et l'ajournement du Congrès.La Société Radio-Canada assurera une traduction simultanée pour tous les discours.Il se peut que ces émissions finissent un peu plus tôt ou un peu plus tard que les heures indiquées ci-haut.Les circonstances obligeront le réseau Français et la télévision de modifier leurs horaires.C’est ainsi que toutes les émissions que l’on entend généralement aux périodes réservées au Congrès progressiste-conservateur devront être annulées.C'est une réalisation de Georges La-haise pour la radio et de Gérard Chap-delaine pour la télévision.A l'occasion du cinquième anniversaire de la Fin du Jour, que l'on entend au réseau Français de Radio-Canada.tous les soirs à 11 h.30, du lundi au vendredi, Roger de Vaudreuil, réalisateur de cette émission, organise un grand concours qui durera toute la semaine.Chaque soir, à compter de lundi 10 décembre, une question musicale sera posée au fidèle public de la Fin du Jour.Comme pour le concours de l’an dernier, ces questions, sans être trop difficiles, nécessiteront certaines recherches qui ne manqueront pas d'intéresser tous les mélomanes.Les prix sont des plus alléchants : chacun des six gagnants aura droit à trois disques microsillons à son choix.De plus, une collection complète des Oeuvres musicales, éditions Larousse, sera tirée au sort entre ces six gagnants.Mentionnons également des prix de consolation répartis “ntre six autres candidats et qui consiste, pour chacun d eux au choix, en un disque microsillons et une brochure de la collection mentionnée ci-haut qui sera tirée au sort entre les six gagnants.Le cinquième anniversaire de la Fin du Jour prouve d'une façon éloquente la popularité de cette émission qui compte un nombre toujours croissant d'auditeurs enthousiastes.C'est que la formule adaptée par Roger de Vaudreuil est des plus heureuses.En principe, il s'applique avant tout à présenter au public des oeuvres Dimanche 9 décembre à 2 heures de l'après-midi, les auditeurs du réseau Français de Radio-Canada entendront un entretien de Jean Cocteau à l'émission U Monde parle au Canada.Cet entretien a été enregistré cet été, à Saint-Jean Cap Ferrât, dans la villa de Jean Cocteau, lors d'une interview de Raymond Barthe pour la Radiotélévision Française.Comme toujours, le célèbre poète s'est montré très affable et dans une conversation à bâtons rompus, il a parlé de sa visite à l’Université d’Oxford au printemps dernier où il était reçu docteur Honoris Causa.C’est là qu'il fut frappé par une chose si extraordinaire qu'il en fit le principal sujet de son entretien avec Raymond Barthe.Qui penserait, en effet, que dans ce décor moyenâgeux se rencontre aujourd'hui l'une des plus grandes réussites de la science moderne : un laboratoire de sang unique au monde.Très peu d'Anglais connaissent son existence et cependant l'univers entier profite des services de ce laboratoire, de valeur et souvent inédites, qu’il choisit avec soin dans l'abondante discothèque de Radio-Canada.C'est dans cet esprit que l'émission du lundi est généralement consacrée aux mélodies; celle du mardi aux enregistrements d'oeuvres poétiques ou théâtrales; le mercredi à la musique de chambre; le vendredi aux chants de différents pays; et le samedi aux oeuvres purement orchestrales.Ainsi, en cette semaine d'anniversaire, Roger de Vaudreuil présentera plusieurs oeuvres enregistrées récemment, tel un groupe de lieder de Schubert de la dernière époque, peu connus mais non moins émouvants, qu'on entendra lundi.Inscrit au programme de mardi : un hommage à Emile Verhaeren, enregistré en commémoration du centenaire de la naissance du poète.Né de souche flamande, à quelques kilomètres d'Anvers, Verhaeren déclarait volontiers qu'il était fils de ‘‘cette race tenace'' qui fut l'inspiratrice de son humanisme.Très tôt cependant il opta pour la langue et la culture française pour prendre place aux premiers rangs des écrivains de son pays.Vendredi sera réservé à des chants et des danses mexicaines par le docteur Carbajo et le Trio Mexico qui remportent actuellement à Paris un vif succès.Le réseau Français invite donc scs auditeurs à participer à ce concours et à envoyer leurs réponses à : la Fin du Jour, case postale 6000, Montréal, avant midi, mercredi 19 décembre.en envoyant des échantillons pour fin d analyse.Si extraordinaires sont les procédés d analyse que l'on arrive, à l'aide d une simple goutte de sang, à détecter l'organe malade.C'est ainsi, par exemple, que pour le cancer des médecins des Etats-Unis envoient des échantillons du sang de leurs patients pour savoir quelle partie du corps est atteinte.L'expérience-type que l'on fait toujours pour convaincre les visiteurs sceptiques est la suivante : après avoir fait avaler une clef à un poulet, on lui tire une goutte de sang que l'on photographie.Le développement de la photo révèle alors clairement la forme de la clef avalée.Jean Cocteau est revenu de ce voyage complètement séduit par ces expériences dont il fut témoin.Avant de quitter son interlocuteur, le poète ne put s'empêcher de lui faire part d'une autre impression extraordinaire dans un genre bien différent, le spectacle d'une corrida à laquelle il venait d'assister et qui l’amène à définir en quelques traits saillants, ses idées sur la tauromachie.Le Monde parle au Canada est une réalisation de Jean Michaud du Service International de Radio-Canada.Jean Cocteau et le laboratoire de sang de l'Université d'Oxford DU « AU 14 DÉCEMBRE 1956 Pag* 3 ^’amateur de papillon*» i£e rooàiçjnol andalou Les voyages et la vie quelque peu aventureuse de Jacques Perret ont sans doute servi à donner du poids à ses écrits, mais c’est avant tout à sa nature, son esprit et sa vaste culture qu’on reconnaît en lui le témoin authentique de notre siècle.L'Amateur de papillons est à la fois une histoire d'un caractère dramatique, réaliste et poétique.A l’aide de textes de Federico Garcia Lorca et de nombreux témoignages qu'on lui a rendus, Michel Van Schendel évoquera l'extraordinaire personnalité du grand poète espagnol à Chacun sa vérité, au réseau Français de Radio-Canada, mardi 11 décembre, à 10 h.30 du soir.Car à une époque où les poètes espagnols subissaient complaisamment les influences des auteurs étrangers, et surtout ceux de la France, depuis Valéry jusqu’aux surréalistes, Federico Garcia Lorca avait recours, bien au contraire, aux légendes héroïques et sentimentales des belles provinces d'Espagne.Parmi ceux qui l’ont connu de près ou de loin, comme ceux qui lui ont rendu témoignage, il semble que l'auteur du Romancero ait produit une sorte d’envoûtement par le seul fait de sa présence."C'était un éclair physique, écrivait Louis Parrot, une énergie en continuel mouvement, une joie, un vif éclat, une tendresse complètement surhumaine.Sa personne était magique et brune et elle appelait la félicité".Cet étrange pouvoir de séduction qu’on retrouve dans ses oeuvres, il le tenait peut-être de ses nombreux dons d'intellectuel et de musicien.C'est après avoir apaisé ses fringales d'exotisme et de pittoresque, caprices d'une enfance fortunée qui l'avait conduit sur les chemins de l’aventure, avoir connu la guerre et les barbelés du maquis, que Jacques Perret songea à écrire.Lin conte dramatique tiré de ses Histoires sous le vent et intitulé l’Amateur de papillons sera présenté à Lecture de chevet, mercredi 12 décembre, à 10 h.30 du soir, au réseau Français de Radio-Canada.Maxime avait voué son existence à la chasse aux papillons pour en faire une collection étonnante.C’était une passion libératrice.Cette passion pour les lépidoptères était telle qu’un jour, au milieu de la forêt, il n'hésita pas un seul instant à abattre un homme qui L'action se déroule en Guyane Française, près de Cayenne, lieu île déportation des condamnés aux travaux forcés.Pour les condamnés qui manifestaient la volonté de se bien conduire, il y avait un petit village non loin de Cayenne, où certains individus étaient remis en liberté provisoire, avec l’espoir de regagner un jour la France.On permettait alors à ces hommes de prendre un métier honnête.JACQUES PERRET avait eu la bonne fortune de le précéder dans son entreprise.Lecture de chevet, une émission que I on entend depuis le début de l'été dernier, est réalisé par André Langevin.GARCIA LORCA On ne saurait se pencher sur l’oeuvre de celui qu’on se plaisait à nommer le "rossignol andalou” sans retrouver l’âme et le visage de l'Espagne toute entière.Son humanisme l’élevait au-dessus de toute question politique.Il ne fut jamais partisan.Et parce qu’il avait confiance dans les hommes il ne soupçonna jamais qu’un matin de 1936, à l'aube, des révolutionnaires le cribleraient de balles.Chacun sa vérité, est une réalisation de Jean-Guy Pilon.i^e thème de l’amitié Brutus, drame en trois actes de Paul Toupin, adapté pour la radio par l’auteur, sera à l’affiche de Sur toutes les scènes du monde, mercredi 12 décembre, de 8 h.30 à 10 heures du soir, au réseau Français de Radio-Canada.PAUL TOUPIN Cette pièce qui remporta le prix David en 1952, a pour thème principal celui de l'amitié.Pour en mesurer le sens et la signification profonde, en révéler la grandeur, Toupin a pensé aux héros de l’histoire romaine, non au point de vue historique, mais bien pour faire grâce à eux une étude des angoisses éternelles des hommes.L'action débute au moment où Brutus et Cassius conspirent contre César.Ils déterminent les procédés de l'attentat.Aux prises avec le sentiment du devoir et les exigences de la politique, Brutus hésite.Il lui faut choisir entre l'amitié, la reconnaissance qu’il doit à César, et ce qu’il croit être le salut de Rome.Le temps des combats, des victoires, des conquêtes, des capitulations, de l’ennemi vaincu, du butin remporté, et des entrées dans Rome délirante, n’exercent guère plus d'attrait sur le grand dictateur romain.A Brutus qui lui reproche de n’avoir pu se maintenir à la hauteur de sa mission.César répondra : "Il y a un temps pour croire et un temps pour cesser de croire à ce qu'on croyait.” César a compris que les conquêtes et l’amitié si chère à Brutus n’étaient que mirages.De son côté Brutus a définitivement choisi de poser son acte.Il va sacrifier l’amitié pour une Rome glorieuse.Brutus, sera réalisé par Roger Citerne.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.