La semaine à Radio-Canada, 16 mars 1957, samedi 16 mars 1957
A RADIO-CANADA ' g < l "ROMÉO ET JULIETTE • Jean Martinon fera entendre des extraits de la belle symphonie de Berlioz, mardi 19 mars, au concert de l'Orchestre Symphonique de Montréal e Des scènes de l'opéra de Gounod seront dirigées par Jean Deslauriers, Jeudi 21 mars, lors de la dernière "Heure du Concert" de la saison 56*57 Quelle est la plus belle histoire d'amour?Tristan et Iseuil ou Roméo et Juliette?Toutes deux sont fort anciennes et ont inspiré maintes oeuvres picturales, dramatiques et musicales importantes.Même aujourd'hui l'on continue à exploiter ces thèmes populaires, Frank Martin, le compositeur suisse contemporain, ne nous a-t-il pas, en effet, donné le Vin herbe, un oratorio profane consacré à la légende de Tristan et Iseult, et Prokofieff un magnifique ballet sur les amants de Vérone?Les deux légendes s'apparentent par plusieurs points, lilies comportent toutes deux des éléments de joie et de désespoir, de cruauté, de noblesse, de vie, de fatalité et de mort.Cette semaine, à la radio et à la télévision, on entendra deux versions du XIXe siècle de la célèbre légende sien-noise que l'on rencontre pour la première fois dans un conte de Masuccio de Salerne (XVe siècle) qui se situe à l'origine d'une longue lignée d'oeuvres dont il semble que la tragédie de Shakespeare reste la suprême expression.La symphonie de Berlioz Le célèbre chef d'orchestre français Jean Martinon, qui fait cette semaine ses débuts montréalais, dirigera, au concert de l'Orchestre Symphonique de Montréal du 19 mars, des extraits de la symphonie dramatique de Berlioz.(Réseau Français de Radio-Canada, 8 h.30 du soir.) C'est en 1827 que Berlioz découvrit Shakespeare.Une troupe anglaise était venue présenter Hamlet à Paris.Berlioz s’y rendait tous les soirs.Lui qui ne connaissait pas l'anglais, il reconnut en Shakespeare son idéal artistique et en l'actrice Harriet Smithson (qui jouait Ophélie) son idéal féminin.Berlioz ne cessa jamais d'aimer Shakespeare et qu’il ait su traduire en mu- 16 MARS 1957 Vol VII No 74 I 101 I sique le coeur unique de Roméo et Juliette ne fait de doute à personne à l'audition de sa symphonie dramatique.I.e Roméo et Juliette de Berlioz mêle la symphonie à l'opéra puisqu’il est écrit pour choeur et orchestre.L’oeuvre inaugurait un genre nouveau qui a eu ses adeptes.L'on peut classer à côté d'elle la Huitième symphonie de Mahler, par exemple.Les passages purement orchestraux du Roméo de Berlioz sont souvent entendus au concert.Ils comptent parmi les plus beaux morceaux de la partition : Introduction, combats, tumulte, intervention du prince, au début, décrit les premières scènes du drame shakespearien.Plus tard, on entend des pages éblouissantes : le Scherzo de la Reine Mab, Tristesse de Roméo, Scène d'amour.Danse des Sylphes, Roméo au tombeau de Juliette, etc.La Scène d’amour pourrait bien être l'une des pages les plus passionnées du compositeur.Violons et flûtes y évoquent le calme doux de la nuit, le chant des oiseaux.L'n chant d'amour, très sentimental et accentué avec force, monte parmi des vagues orchestrales d'une richesse sonore encore jamais soupçonnée.L’opéra de Gounod Après Faust, Roméo et Juliette reste l'opéra de Gounod que musicologues et auditoires préfèrent.Sur un livret de Barbier et Carré, le compositeur a écrit un ouvrage où s'est exercé à souhait sa verve mélodique.Grâce au lyrisme de Gounod, les personnages de la tragédie shakespearienne se trouvent tout à coup revêtus d’une humanité qui les rend très attachants.Le Roméo et Juliette de Gounod est admirablement charpenté.La succession des scènes dénote un sens du théâtre remarquable, en même temps qu'une belle intelligence de l'esprit de Shakespeare.Clair* Gagnier, la Juliette de l'opéra de Gounod Tout autant que Faust, cet opéra ne contient que des airs fameux.11 faut mentionner : la Valse de Juliette, au premier acte; Ah! lève-toi soleil, la Ballade de la Reine Mab et le Duo du balcon, au deuxième acte; la Bénédiction aux jeunes époux du Frère Laurent, au troisième acte; le beau duo d’amour Non.ce n’est pas le jour, du quatrième acte; enfin, la Scène du tombeau et de la mort du cinquième acte.A l'Heure du Concert de jeudi 21 mars, à 10 heures du soir, on présentera des scènes des 11le, IVe et Ve actes.La distribution sera brillante : Juliette (Claire Gagnier); Roméo (André Turp) ; Frère Laurent (Denis Harbour); Mercutio (Gilles Lamontagne); Tybalt (Jean-Paul Jeannotte); Gertrude (Jeanne Desjardins); Gregorio (Napoléon Bisson); Stephano (Yolande Dulude).Jean Deslauriers dirigera l’orchestre.Mise en scène et réalisation de Guy Parent, décors de Jean-Claude Rinfret, costumes de Gilles André Vaillancourt. Pag* 2 LA SEMAINE À RADIO-CANADA Mattreett Forrester '''¦•A „ ¦ âA THÉÂTRE CANADIEN, THÉÂTRE RUSSE Ul c^rrifrc >c t/h l^uvccn Jdw csfcr Le célèbre contralto canadien Maureen Forrester chantera à l'émission les Artistes Je renom, samedi 16 mars, de 8 heures à S h.30 du soir, au réseau Français de Radio-C anada.Maureen Forrester sera accompagnée au piano par l’excellent John Newmark qui a participé aux nombreux succès du jeune contralto, tant au Canada, aux F.tats-l’nis qu'à travers 1 Europe.Or on sait que partout, en France, en Espagne, en Angleterre, au Portugal, en Belgique, en Allemagne, en Italie, au Luxembourg et en Suisse.Maureen Forrester a conquis d'emblée chacun de ses auditoires.La critique fut unanime à reconnaître les dons extraordinaires de cette jeune artiste canadienne qui, en si peu de-temps.a cessé d’être une élève même-exceptionnelle pour devenir une grande artiste de réputation internationale.Fn effet Maureen Forrester pose une forte personnalité et une voli ferme.Son jugement est juste et luu et c'est avec conviction qu elle < prend tout travail.L'avis de New-York Ainsi la critique ne Fa jamais gênée d’aucune façon.Après ses iébufs down Hall en novembre déni, une réussite parfaite, les i métropole américaine ne déloges.C’était là une b chose, mais de retour au Car reen Forrester répondit aux jm qui lui demandaient ses impr< "Je suis enchantée des élogieuses ques, mais je ne suis pas d’avis New-York ait un pouvoir de vie-mort sur la carrière d’une personne C’est là, semble-t-il, la marque d’un dis cernement peu commun.Dans le but d’encourager les écrivains de chez nous, Radio-Canada présente chaque semaine, à Nout eautés dramatiques, une oeuvre inédite d'un auteur canadien.Une pièce de Langlois Dimanche 17 mars, de 8 heures à S h.30 du soir, au réseau Français de Radio-Canada, on entendra une pièce de Simon Langlais intitulée : Pianissimo.L’on verra comment un collégien, tombé amoureux d'une jeune fille en âge de se marier, se voit repousser par celle-ci qui lui préfère un notaire de Québec.Le drame n’a rien de mélancolique malgré le caractère romanesque du jeune collégien qui se console bientôt au feu d'une nouvelle flamme.Au "Petit théâtre” Au Petit théâtre de lundi 18 mars, de 8 h.30 à 9 heures du soir, on entendra une pièce de Tchékov intitulée : Un homme de connaissance.0 e 0oîh Grâce à l'émission le Coin dts pères, qui sera désormais à l’horaire du réseau Français de Radio-Canada, tous les samedis matins, de 11 heures à 11 h.30, à compter de samedi 16 mars, les papas auront eux aussi leur demi-heure de détente hebdomadaire.Depuis déjà plusieurs années, Guy Mauffette s'occupe de l'auditoire féminin avec son Radio-Bigoudi et c'est un peu dans le même esprit que s'élaborera le Coin des pères, une émission fantaisiste qui s'est donné pour but d'aborder tous les sujets susceptibles d'intéresser les pères de famille qui se trouvent à la maison ce jour-là.Four assurer l’homogénéité de ces émissions hebdomadaires, chacune d'elles sera conçue par un même scripteur.Li Comme il arrive souvent chez Tchékov, cette pit-ce tourne autour d’un fait-divers, La pièce prendrait Failure d'un roman feuilleton si l'auteur, qui aime ses personnages, ne faisait sentir le fond de désespoir qui pousse l’héroïne à se réfugier dans le rêve.C'est l'histoire d'une femme qui se retrouve seule au sortir de l'hôpital, après une longue maladie.Elle n’a plus de domicile, plus rien qu’un bijou de valeur quelle laisse pour quelques roubles au premier usurier venu.Fille rêve à ses connaissances d'autrefois, cherche quelqu’un qui puisse lui venir en aide et se décide enfin à sonner ch_-z un dentiste qu elle a connu jadis.Celui-ci ne la reconnaît pas et, mi-consciente.elle se laisse extraire une-dent pour se retrouver quelques instants plus tard, dans la rue en pleine réalité.Le lendemain, la triste vie recommence et on la retrouve au bar d’un café.deô pèrzà” bre à lui de développer les sujets les plus divers, tantôt sérieux, tantôt humoristiques.Il s'y trouvera toujours en vedette l'homme de la semaine.On n'oubliera pas non plus les nombreux bricoleurs en quête de nouvelles inventions pour le foyer.De plus, les conseils pratiques et les suggestions des auditeurs feront du Coin des pères une véritable émission familiale.Nous invitons donc tous les papas qui sont libres dans la matinée du samedi d'être à l’écoute du réseau Français de Radio-Canada, de 11 heures à 11 h.30.Le Coin des pères remplacera le Club des chansonniers, cette dernière émission étant reportée dans l'après-midi du même jour, de 1 h.30 à 2 heures.Talent et travail Peut-on se demander à quoi tient son succès?l'n jour qu'on lui posait la question, Maureen Forrester répondit avec clarté et conviction : Pour réussir une carrière de chanteur, il faut en tout premier lieu naître avec les qualités vocales nécessaires, posséder une très grande capacité de travail, et, étant donné que les premières années d’études sont les plus ardues, ne pas se laisser facilement décourager ".JEAN MARTINON est un chef d’or-chestre français dont nous avons beau coup entendu parler, en Amérique, grâce à de superbes enregistrements.Il est, en ce moment, attaché à l'un des ensembles les plus fameux de Paris : l'Orchestre des Concerts Lamoureux.AL Martinon fera ses débuts montréalais mardi 19 mars, alors qu'il dirigera au Plan au le dixième concert de la présente saison de l'Orchestre Symphonique de Montréal.Voir, à ce sujet, l'article en page 1, Fn peu de temps la renommée du jeune contralto canadien n’a pas a-h de grandir.Parmi ses derniers succès il faut signaler celui du 17 février demi' i alors qu elle fut l'invitée de Bruno V ter aux concerts du New York Phill monic-Orchestra.L’oeuvre au progr.était la Symphonie no 2 en do mini r de Gustav Mahler, dite "Résurrect i Au début du même mois, Mano n Forrester chantait à l’Heure du ( sous la direction d’Igor Markeviti Rapsodie pour alto, choeur d, d'hommes et orchestre, de Johan Brahms, et quelques jours après prenait part au Chrysler Festival en n autre grand artiste canadien était l’honneur : Glenn Gould.Une opinion On rapporte que Markevitch aura déclaré, après l'avoir entendue pour première fois, qu'il s'agissait là d des plus brillants contraltos de non époque.Toutes ces marques d’appréciations que lui témoignent les plus grands nui vicions d'aujourd’hui sont couronnées par les nombreux engagements qu’elle a reçus pour la prochaine saison estivale ou elle doit chanter en France, en Hollande, en Allemagne, en Italie pour se rendre ensuite à Londres à la demande de Benjamin Britten qui lui réserve un roU dans son opéra Albert Herring.Un programme Aux Artistes de renom, Maureen Forrester chantera pour débuter trois nu lodies d'Arne Dorumsgaard qu'elle pr< senta en première audition à Montréa il y a près d'un an; trois mélodies de Cari Loewe; un cycle de cinq mélodies du compositeur américain Samuel Barber, et.pour finir, Come you not from Newcastle de Benjamin Britten.C’est une réalisation : Georges Du-f resne. DU 16 AU 22 MARS 1957 Rag* 3 ”SUR TOUTES LIS SCÉN1S PU MONDE" "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Mercredi soir 20 mars, de 8 heures à 10 heures, au réseau Français de Radio-Canada, on présentera à Sur toutes les scènes du monde: la Guerre de Troie n'aura pas lieu, pièce en deux actes de Jean Giraudoux.Lorsque Giraudoux fit jouer Siegfried, sa première pièce de théâtre, en 1928, le public français ne se doutait pas que le romancier déjà célèbre deviendrait l’un des plus grands dramaturges modernes.D’autant plus que l’auteur de Siegfried abordait un sujet brûlant d’actualité; au lendemain de la guerre, il osait parler du rapprochement franco-allemand.Allait-il tomber lui aussi dans la grande illusion?Du premier coup, l’habile romancier réussit à contourner toutes les difficultés dramatiques pour rejoindre la perfection des grands classiques du théâtre.Mais c’est avec la Guerre de Troie n'aura pas lieu, créée par Jouvet au théâtre de l’Athénée, en 1935, que Giraudoux s’affirma définitivement.Il développait dans cette oeuvre le thème de la fatalité du destin.Sous le couvert d'un humour très personnel, dicté par une pudeur qui masque une sensibilité très aigüe de poète, il y traitait
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