La presse, 13 janvier 1968, Supplément
[" SK-#**?le tnuf/azine d( LE BEL ART DU MIME 2 / U PRISSE, 13 JANVIER f le magazine de I .\\ PRESSE IE MAGAZINE DE IA PRESSE ESI PEJBEIE AU 7 OUEST.RUE SAINT JACQUES.PAR IA COMPAGNIE DE PU 611 CA II ON DE IA PRESSE II EST IMPRIME AU MEME ENDROIT A SES ATELIERS DE ROTOGRAVURE 1 MU DE IA RED AC T ION JEAN-PIERRE IONHOMMI .REPORTERS ANDRE BELIVEAU.NOELLA DESJARDINS rl'ARÏ DE VIVRE LYSIANE GAGNON.J-CLAUDE PAQUET.DANS NOS PAGES CETTE SEMAINE VOULEZ-VOUS DEVENIR MIME ?\t4 I.art du mmw semble avoir tria peu d'adeptes Kt pourtant n'est-il pas la première forme d'expression ?\"Les hommes ont d'abord communiqué entre eux par le geste avant la parole\", a coutume de dire Claude -v&i Saint-Denis, lorsqu\u2019il veut situer l\u2019origine du mime.Claude Saint-Denis vient justement d'inaugurer une école de mime à Montréal.Noella Desjardins nous en parle.LE PERE BRADET A PARIS\t8 Le Père Bradet, dominicain, est aujourd'hui aumônier des Canadiens à Paris.Il était auparavent, on le sait, curé de Notre-Dame-de-Grâce.puis directeur de la revue \u201cMaintenant\".Un jeune reporter qui est à Paris en stage d'études a fait l'entrevue que nous publions dans nos pages.LA GASTRONOMIE PAR ROGER CHAMPOUX 10 UN AUTRE \"CENTRE CULTUREL\" LE PATRIOTE Patriote, rue Sainte-Catherine, près de Maisonneuve, de biais avec \"le canal 10\".C'est, depuis ses trois ans d\u2019existence, la seule authentique boite à chansons de la métropole.On veut en faire un authentique Centre culturel.BETHLEEM AUJOURD'HUI La Cité Sainte est sans doute idéalisée par les chrétients du monde entier.Mais un regard de près révéle des aspects moins reluisants, moins charmants.NOS PHOTOS ANTOINE DESUETS : 4 à 7; 12 «I 13 DENIS : B J 11 F.GIGON : U «I 15 rnJfWlMm vmm jmm pRS A PROPOS Les Canadiens à Paris Les Canadiens qui regardent un compatriote partir pour Paris en ont les yeux pleins d\u2019envie.Pour eux, c\u2019est presque le départ pour le para dis terrestre.On idéalise certes la ville de Paris.Il y a de bonnes raisons pour cela, mais on oublie de dire qu\u2019une forte majorité des étrangers installés dans !a ville-lumière vivent dans la solitude et le dénuement.On a beau dire que la bohème a ses petits côtés charmants, mais le contact avec les autres- bohémiens est beaucoup plus facile si l\u2019on a le téléphone ; et si l\u2019on a suffisamment d\u2019espace pour les sit-ins.Cette semaine, nous publions un reportage sur le Père Bradet qui est devenu l\u2019aumônier des Canadiens à Paris.Cet article est intéressant à plusieurs points de vue.Les paroissiens de Notre-Dame-de-Grâce à Montréal qui ont gardé un bon souvenir de leur ancien curé apprendront ce qu\u2019il advient de leur ami.Les intellectuels qui se régalaient dans \u201cMaintenant\u201d aussi.Mais tous les lecteurs voudront savoir comment on peut s\u2019adapter à la vie parisienne.Surtout depuis que nous sommes devenus des Français canadiens n\u2019est-ce pas ?Ils l\u2019apprendront, car l\u2019article dont nous parlons est aussi le témoignage d\u2019un jeune étudiant canadien.Lévy Beaulieu est en effet un boursier qui étudie la sociologie à Paris.Les lecteurs se souviendront peut-être de certains articles que Lévy Beaulieu a publiés dans le magazine de LA PRESSE l\u2019an passé.Cette fois, il parle vraiment en connaissance de cause, car il a dû affronter tous les petits inconvénients du dépaysement.Les Canadiens se rencontrent souvent à Paris ; Lévy Beaulieu a rencontré le Père Bradet.C\u2019est ce qui nous vaut les réflexions d\u2019aujourd\u2019hui.Les photos, elles, ont été prises par un jeune photographe du Québec, Denis Plain, qui a déjà, lui aussi, fait paraître quelques photo-reportages dans nos pages.\tJEAN-PIERRE BONHOMME Il y a des traditions qui ne se perdent pas.Celle de bien manger par exemple.Vous rappelez-vous vos premiers repas de jeune mariée?Vous étiez tout feu tout flamme.Déjà, la cuisine, ça vous connaissait.Vous n'avez pas changé.Votre mari est toujours comme un coq en pâte.une pâte faite avec le meilleur ingrédient, la farine Five Roses.Depuis le début, vous lui êtes fidèle.A la farine, s'entend.Et ça aussi, c'est une tradition qui ne se perd pas.La farine Five Roses est si fine, toute légère, naturellement douce.Elle est si facile à utiliser qu'elle vous promet d'avance le succès.Grâce à elle, vous pouvez servir à votre famille lesaliments bons et nourrissants qu'on aime manger.Farine Five Roses, bonne cuisine: oui, î plus ça change, plus c'est la même chose.f FIVE ROSES fAfiJNf OiRICHC On nourrit bien son monde avec Five Roses.am sif 4 / la PRESSE, 13 JANVIER W68 Voûte, ¦?Wü Sjî# %sr* CHm «*#\u2022?triste I Je me peu* pas v#Jr (a. ?l\u2019art de vivre-#- vous devenir mime PAR NOELLA DESJARDINS 0EUX mimes s'étaient donné rendez-vous dans un calé.Sans s\u2019ètre jamais vus, et sans avoir convenu a un signe pouvant les identifier, Us se reconnurent cependant sans hésiter, marchant l\u2019un vers l\u2019autre la main tendue.\"Vous savez, ça existe une tête de mime.Ça se reconnaît à tous les muscles du visage.\u201d Et sans plus attendre, nos deux compères se mirent à l\u2019ouvrage.Le premier est notre mime canadien, le seul, l\u2019unique, Claude Saint-Denis.Le second nous vient d\u2019Israël, et il s\u2019appelle Elie Oren.Ensemble, ils ont décidé de mettre sur pied une école de pantomime.Ils se complètent à merveille puisque Elie s\u2019occupe de la technique et Claude de l\u2019interprétation.La première forme d'expression L\u2019art du mime semble avoir très peu d\u2019adeptes.Et pourtant, n\u2019est-il pas la première forme d\u2019expression?\u201cLes hommes ont d\u2019abord communiqué entre eux par le geste avant la parole\u201d, a coutume de dire Claude Saint-Denis, lorsqu\u2019il veut situer l\u2019origine du mime.Autour de nous, des filles et des garçons, en collant noir, font des exercices.Aux mouvements du bras, de la main, et du corps tout entier, ils sont en train de cueillir un fruit dans un arbre.L\u2019illusion doit être à ce point parfaite que vous arriviez à donner une forme, une couleur, une dimension aux objets.\u201cCeci me rappelle un incident qui s\u2019est passé en Israël.Au cours d\u2019un numéro je mimais le geste d\u2019enlever et de remettre ma casquette.Un jour, un jeune garçon vint me voir après la représentation et me dit: \"Où est votre casquette blanche et noire ?\u201d \"Quelle casquette\u201d me dis-je en moi-même.Ce garçon avait réellement vu, en imagination bien sûr, une casquette blanche et noire.\u201cLa même chose arriva à Marcel Marceau, enchaîne Claude.Il mimait une chasse aux papillons.Un faux mouvement de sa part produisit une réaction instantanée chez un enfant Celui-cî se mit à pleurer parce que Marceau avait, dans son imagination, marché sur le papillon qui s\u2019était échappé du filet.\u201d Voilà à quoi il faut arriver par la précision des gestes.\"Pour ma part, j\u2019ai la phobie de ne pas être compris du public.Si la chose se produit, je cherche aussitôt à découvrir ce qui ne va pas.\u201d Entre nous, Claude a rarement besoin de reviser sa technique.Il s'exprime clairement, avec ou sans paroles.Pourquoi étudier le mime?C\u2019est nouveau ici une école de mime.Pourquoi s\u2019intéresser à un art qui, de prime abord, n\u2019offre pas de débouché actuellement.Erreur, si l\u2019on raisonne de cette façon.Evidemment que si l\u2019on envisage le récital solo, les possibilités sont restrein- >»> \u2022 - \u2022- La domUro tavcho au maquillaya ¦\"W*VP'9 \u2019 tes.Mais que fait-on de la présence en scène de toutes les catégories d\u2019artistes?Comédiens, danseurs, chanteurs lyriques, chansonniers, etc?Autant de disciplines qui ont conduit à l\u2019école de mime les élèves que nous avons rencontrés.J\u2019ai cédé à la curiosité et leur ai posé la question: \u201cPourquoi avez-vous décidé de vous inscrire à une école de mime?\" Marie \u2014 Je veux faire de la chanson.Et je veux arriver à m\u2019exprimer avec mon corps tout entier, ce qui est difficile.On ne réussit qu\u2019à parler, parler.Joël \u2014 Quand on fait du mime on doit se livrer tout entier.Oublier ce qu\u2019on est dans la vie.Et surtout, on ne peut pas tricher.Claudette (Madame Claude Saint-Denis) \u2014 En faisant du mime on retrouve une certaine simplicité.On découvre tout ce qu\u2019on peut faire avec son corps en tant que moyen d\u2019expression.Jean-Marie \u2014 Moi, je veux chanter à l\u2019opéra.Et j\u2019ai besoin d\u2019aller chercher toutes les formes possibles d\u2019expression.Michel \u2014 Il vous paraîtra sans doute étonnant que je vous dise que j\u2019écris?Et que vient faire alors la pantomime dans ce métier?Je veux trouver une certaine simplicité.Je fais donc du mime pour le mime.Ce serait en quelque sorte une barrière derrière laquelle je m\u2019abrite.Claude (une toute jeune fille) \u2014 Je me destine à la danse.Et je suis passionnée par tout ce qui est expression corporelle.\u2022 Le mime est pour moi un moyen d\u2019expression extraordinaire.\u2014Et vous, le barbu, là-bas, vous ne dites rien?Rosaire \u2014 C\u2019est la curiosité qui m\u2019a amené ici.Je verrai plus tard ce que ça donnera.Quant à Claude Saint-Denis, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il est né mime.N'empêche qu\u2019il a d\u2019abord voulu vaincre le complexe de sa voix.Le reste U le doit à son obstination dans la recherche, et le perfectionnement de sa technique au contact d\u2019un maître tel que Etienne Decroux, à Paris, celui qui a formé Marcel Marceau.Tu veux devenir mime?\"Il te faudra travailler 8 h par jour, 7 jours par semaine, et cela durant 5 ans.Après ça tu deviendras un bon mime, si tu as du talent, évidemment\" Etienne Decroux chargeait sans doute le tableau quand il parlait ainsi à Claude Saint-Denis.Il n\u2019était cependant pas loin de la vérité, en ce qui a trait à la somme de travail à fournir.Car durant le stage d\u2019une saison qu\u2019il fit sous sa direction, Claude ne fit jamais relâche.Pas même le dimanche.Jugeant que sa formation aurait été incomplète sans une incursion au pays de la comedia dell\u2019 a rte, il se rendit à Milan pour une période de quelques semaines, au Piccolo Teatro.Comment douter, après cela, que le mime ne soit pas associé étroitement au théâtre?D\u2019ailleurs, nos meilleurs comédiens ici sont passés par l\u2019école de Decroux.Notamment, Gascon, Groulx, Hoffman, de Santis, et quelques autres.\u201cUn mime réussira beaucoup mieux qu\u2019un simple acteur au théâtre, affirme M.Oren.Quand il se présente sur une scène, avant d\u2019ouvrir la bouche, l\u2019acteur doit imposer sa présence par son corps.N'oublions pas que le grand Molière lui-même avait été formé par les Arlequins.Et bien avant lui, les Grecs, qui jouaient la tragédie en s'abritant derrière un masque, tandis que les choeurs rythmaient leurs mélopées aussi bien par les mouvements de leur corps que par leurs intonations.\"J\u2019admire au plus haut point U disponibilité d\u2019un .acteur qui peut passer du rôle d\u2019Agamemnon à celui d\u2019Arlequin, en passant par celui de Hamlet par exemple.\u201d Ce que fera le mime, sans difficulté.Bref, le mime assure une présence phy LA PRESSE, 1] JANVIER 1943 / J 6 / LA PRESSE, 13 JANVIER 196* ' I.- *¦ \u2022; is-a\u2014wa»6! i nmn\u2014tirnr üsi SM nique >ur seen»* Lorsqu'il est en possession de son art, il arrive a contrôler, à do ser sa sensibilité à créer tout un monde, van» aucun obstacle Quand on veut un objet, il est la 11 s'invente Tout un monde peut surgir à linterieui d un pied carré Dec roux disait Dans un seul geste on peut traverser tout un siècle \" Marcel Marceau, qui fut son éleve, a, en l'espace de 3 minutes, 7 secondes, illustre ta vie d'un homme, de sa naissance à sa mort, en passant par l\u2019enfance, l'adolescence.la jeunesse, lâge mur.la vieillesse.Mais le grand maitre de Claude Saint Denis, outre Charlie Chaplin, dont la photo trône à la place d'honneur dans son salon.c'est Jean Louis Barrault Avant qu\u2019il ne se consacre presque exclusivement au théâtre Je l'ai vu mourir à la verticale ('était un spectacle saisissant A mesure que sa main glissait de son front sur son visage, on voyait ses muscles s\u2019affaisser.la hauteur voulue, sinon, l\u2019harmonie du décor imaginaire est détruite.Voilà un schéma de la méthode de travail d\u2019Elie Oren, lequel possédait son théâtre de pantomime en Israël, le Dimouiot, ce qui veut dire en hébreu \u201cthéâtre des silhouettes\u201d.\u201cOn travaille en premier lieu sur la marche normale, les premiers pas, la position de départ, quoi.Vient ensuite le son masque se raidir Je ne l\u2019oublierai jamais.\" Pour ce qui est du maquillage, il est traditionnel.Il sert à masquer la véritable personnalité de l\u2019artiste, laquelle s\u2019annihile au profit de l\u2019autre, celle du personna ge à créer.Pour devenir mime tu don.Avoir du talent, du goût, de U persévé- rance au travail.En outre posséder un sens aigu de l'observation et beaucoup d'imagination.Qualités qui, mises au service de la technique, feront de l'aspirant un mime.Ce que la technique aidera à développer c\u2019est d'abord le sens de la dimension.Apprendre à créer une image dans l'espace avec infiniment de précision.Par exemple, lorsque le mime prend un verre sur une table, il doit le déposer ensuite à L'oeil do mime Ctnudn Saint^enis.mouvement de la main, du bras, de la I tête, puis du corps tout entier.Après quoi [ on passe à l\u2019exercice de la précision des! mesures.Etape des plus importantes puis] qu'il s'agit de créer un décor invisible! dans lequel le mime devra logiquement! évoluer.Prenons par exemple l'exercice! des boîtes qui s'emboîtent les unes dans J les autres.L\u2019exécutant doit capter les mesures exactes de façon à ce que le specta-| teur voit le jeu des boites comme si elles| étaient là.\"Pour ce faire, les mains doivent s'é-J carter à la distance calculée proportion-J nellement au reste du corps.Prenons les! mesures de 6 pouces, 1 pied, et 2 pieds.f Celle de 6 pouces correspond à la largeur! de la tête quand les mains sont en avant.f Pour obtenir 1 pied, on balance les mains! de chaque côté du corps et on les redresse | face à soi.La mesure invisible de 2 piedsj se crée en ajoutant V4 pied de chaque côtéj à celle de 1 pied, en face de soi.Inutilej d'insister sur la pratique de cet exercicej des mesures, essentiel à l\u2019art de la panto-| mime.J\u2019ai été étonné du rendement des élèves dès la deuxième leçon.\u201d Claude et l'interprétation du personnage L\u2019affinité est plus grande qu\u2019on le croit] entre le mime et le comédien.Il est même Superflu de le souligner.\u201cEn somme, le mime travaille sur un thème qu\u2019il a choisi,] tout comme le comédien apprend un texte Lu aspirant, attains ont pris \"trop, kl, il y a aa arar .\u201c Mm Wm au théâtre.Il l\u2019oublie ensuite pour l\u2019interpréter.\u201d Claude Saint-Denis a atteint cette simplicité qui en fait un grand mime, doublé d'an grand comédien.Il a mimé à notre intention le célibataire forcé de recoudre un bouton à son veston.Il fallait le voir essayer d\u2019enliler une aiguille, geste à la fois comique et attendrissant, il faut bien l\u2019avouer.Est-ce dû à l\u2019apprentissage du métier?\u2014 Claude fait de la pantomime depuis douze ans \u2014 j\u2019ai rarement rencontré quelqu\u2019un d\u2019aussi naturel, d\u2019aussi décontracté.Je l\u2019abordais pour la première fois et j\u2019avais l\u2019impression de poursuivre une conversation commencée la veille.Donc, il fait travailler l\u2019interprétation à ses élèves.Il leur apprend à se concentrer, à maîtriser leurs émotions, à conditionner leur réflexes.Puis aussi à vivre intensément leurs rôles, sans toutefois les charger ou les déformer.Précisons que Claude a l\u2019habitude du public.Il connaît et anticipe ses réactions.Nombreuses furent ses apparitions, tant à la scène qu\u2019â la télévision canadienne.Il a également beaucoup voyagé en Europe et aux Etats-Unis.Il partira bientôt en tournée dans l'Ouest canadien, tournée qui le mènera jusqu\u2019en Alaska et â Hawaii.Je ne sais pas pourquoi, il paraît que l\u2019élément anglais du Canada est plus sensibilisé à la pantomime que l'élément français .Je me demande aussi si les habitués du Festival International du Film, à Montréal, se souviennent, qu'en 1965, Claude Saint-Denis gagnait une mention honorable pour l\u2019un de ses films?Enfin, il y a un an, il participait à la première production en couleurs sur le réseau de télévision Canada, France, Suisse, Belgique et Luxembourg.A Toronto, la CBC consacra une demi-heure de son émission Telescope, au \u201cgrand artiste, le plus accompli dans l\u2019art de la pantomime, Claude Saint-Denis.\u201d viïsi&rv\t.k.'&A.Avec ASPIRIN vous vous sentirez vite mieux ;-V:; .îHsas-V.\u2022 Bjjjjjl ; \\ r* ppu :s*j**k.î* njiÉi 'V-H SM;?wf ÉMr^K LA PROSE, 1) JANVIER IfM / 7 0 / (A PRESSE, 13 JANVIER CONVERSATION À BÂTONS ROMPUS AVEC LE PÈRE BRADET, AUMONIER DES CANADIENS À PARIS PAR LEVY BEAULIEU y- H\u2019EST dans sa coquette chambre bu 1 reau de la Rive Gauche, au milieu ! d'un magnifique domaine plein d\u2019arbres, de fleurs et de haies, du numéro civique trente-deux de la rue Baby lone dans le septième arrondissement, que m a reçu le père Bradet.premier aumônier des Canadiens à Paris, dont le poste vient d'è tre officiellement créé.Des voisins illustres entourent ce do maine appartenant à l\u2019Episcopat cana iien (plus de soixante prêtres, étudiants ou vi ' siteurs y sont actuellement hébergés), en .tre autres M.Georges Pompidou, premier ministre du gouvernement gaulliste.Quant au père Bradet, si nous n\u2019avions pas perdu sa trace après l\u2019affaire \"Mainte nant\u201d, puisqu\u2019il avait pendant plusieurs mois collaboré à de nombreux journaux et revues de Montréal, on se demandait bien depuis un an ce qu\u2019il devenait car le silen ce s\u2019était fait autour de lui quand il laissa ses chroniques dans les journaux, ses émissions de radio et ses apparitions à la télévision 13,700 Canadiens en France Malade, le père Bradet s'était retire à la maison Montmorency de Québec où pendant prés d\u2019un an, il prit les choses avec une relative aisance \u2014Je ne pouvais rien faire comme tra vail, dit-il.Encore maintenant, je vis au ralenti.C\u2019est depuis 1952, paraît-il, que l\u2019Episcopat canadien songeait à imiter les trente-cinq autres nations ayant un prêtre à Paris qui s'occupe de ses compatriotes.11\t1 y a trois millions d\u2019étrangers en France, dont 50,000 étudiants et 13,700 Canadiens (selon la très sérieuse revue Esprit d\u2019avril 66 >.Même les Bretons et les Chinois étaient représentés en France par un au 1 mônier.Dès 1960, le père Bradet, après un séjour de six mois qu\u2019il fit à Paris, avait été sensibilisé à ce problème.D\u2019ailleurs, un peu partout dans le monde, les aumô-neries ont pris une ampleur considérable depuis dix ans, les seuls Français en ayant pas moins de 120 à travers le monde.Aumônier ?Oui, mais autre chose M\u2019avouant quelle mot aumônier avait été choisi à défaut d\u2019un autre terme, peut-être plus représentatif, le père Bradet m'explique : \u2014 S\u2019il y a un homme qui se cherche dans le monde contemporain, c\u2019est le prêtre.Autrefois, il était avant tout l\u2019homme des sacrements, l\u2019homme de la prédication.Et voici que ce rôle, sans disparaître, s \u2019a m e n u i s e, le prêtre deve nant aussi l'homme des réalisations humaines par lesquelles le message évangélique passe souvent plus facilement.Ici, à Paris, je fais à peu près le travail d\u2019un curé de paroisse, moins l\u2019organisation des services religieux.Apostolat de présence, de contacts, de réconfort à certains jours.Les Québécois, même s\u2019ils ne pratiquent pas tous, sont disposés à me rencontrer, je crois.Privilège ou chance que beaucoup de prêtres français nous envient.Ne relevant d\u2019aucune institution, ne possédant aucune structure sur quoi il pourrait s\u2019appuyer, comme celles d\u2019une paroisse ou d\u2019un collège, le père Bradet précise: \u2014 Au fond, c\u2019est la personnalité du prêtre qui fera la fonction.\u2014 Et comment vous sentez-vous après quelques mois?\u2014 Je n\u2019ai pas l\u2019impression d\u2019être ni en-«artiaaf ni encadré, ni rassurant ni rassuré, ni notable ni boy-scout, mais comme quelqu\u2019un qui, parmi tant d'autres, cherche.Car il n\u2019y a rien de tellement clair. f; ,us sommes si éloignés d'une société fraternelle ! U ce un sourire, le père Bradet ajoute n -.eusement: J'essaie le plus souvent possible de c ger les déviations d\u2019un certain ensei-g.m0nt religieux québécois.De toute fa,, n, dans un monde ou les gens vont de n , - on moins au prêtre, c\u2019est au prêtre d aller a eux.Au Québec, la question Dieu n'est pas liquidée Après quelques mois seulement, le pore Bradet est en mesure de comprendre certaines différences de mentalité des Français et des Québécois.Ainsi me dit-il: En premier lieu, n\u2019oublions pas une eh.or ici, nous avons affaire à des gars qui aunt transplantés, les étudiants par exunple ou des gens venant en France p.,ir d\u2019assez longues périodes.Il y aurait tome une psychologie du migrant qu\u2019il sera:; intéressant d\u2019étudier.Par exemple, les Français discutent rarement de religion tandis que les Québécois, après dix minute- et sans la moindre pression, amènent infailliblement le sujet sur le tapis.Evidemment.pour cela il faut des références; et comment les Français majoritairement en auraient-ils quand l\u2019école laïque et le foyer ne leur parlent pas ou si peu religion?Pour les Québécois, c\u2019est différent: ils sont des \u201cforts en religion\u201d.On leur en a tellement enseigné ! Ils ont, en effet, beaucoup appris d\u2019un catéchisme, bien souvent mal présenté, encore plus mal assimilé Mais à part certains intellectuels patentés\" et une certaine jeunesse, les Québécois restent dans l\u2019ensemble religieux Je ne dis pas chrétiens.Ils ont encore un sens du sacré.Chez nous, il y a surtout des tentations de non-croyance, mais la question Dieu n\u2019est pas liquidée comme elle l\u2019est ici.Aïiifii -e.-\u2014 mi\u2014!**! \u201c'-fag * LA tlBSl I) JANVIER 196» / * 10 / IA PRESSE.13 JANVIER 1968 UIBimiOMIE DANTE LUI AUSSI AIMAIT LES ROTIS A LA BROCHE A regarder le masque de Dante \u2014 les joues sont creusées, les lèvres sont fines et minces comme des lames \u2014 il est difficile d\u2019imaginer que le divin poète se tenait fort gaillardement à table Les savants biographes du mystique amoureux de Beatrix Portinari ont grand soin de ne pas insister sur ce qu\u2019ils jugent un aspect trivial du père de la poésie italienne.Celui qui parcourait l\u2019enfer et tançait les hommes de son temps pour avoir abusé des bonnes choses de ^\u2019existence se devait d\u2019être très rigoureux pour lui-même, pense-t-on.Or, rien n\u2019est plus faux.11 y a quelques semaines, les membres du Baillage de Lombardie de la Chaîne des Rôtisseurs ont célébré au cours d\u2019un dîner amical le septième centenaire de Dante.Certes, hommage a été rendu au poète mais l\u2019instant d\u2019après il fut fait état, avec documents à l\u2019appui, du goût très particulier de Maître Alighieri pour les rôtis cuits à la broche.Rappelons que Dante ayant été exilé par le parti des Noirs \u2014 il appartenait à celui des Blancs en 1302, se dirigea d\u2019abord vers Vérone pour se retrouver à Paris en 1309 où il fut invité à donner des conférences à la Sorbonne.Paris a évidemment beaucoup changé mais les rôtisseurs pour lesquels la clientèle estudiantine était d\u2019un important apport \u2014 l\u2019homme le plus intellectuel finit par avoir faim \u2014 avaient multiplié leurs établissements aux abords du haut-lieu fondé par Robert de Sorbon.C\u2019était la grande époque de la rôtisserie authentique .un boeuf entier était cuit à la broche et l\u2019amateur pouvait trancher lui-mème le \u201cmorceau\u201d de son choix.Eh bien ! s\u2019il faut en croire de vieux grimoires, le chantre du paradis demeurait de longues heures à contempler les viandes tournant devant le feu.Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas.Ce n\u2019est pas devant les flammes, les charbons et la braise que le génial poète florentin trouva le thème qui devait immortaliser son nom.Le poète aimait la viande cuite à la broche et s'en régalait, ne disons rien de plus.D\u2019autre part, relisez la Divine Comédie et notez avec quelle exactitude les gros gourmands, gloutons et goinfres sont décrits et voyez quelle punition raffinée le poète leur a réservée.Les malheureux \u201ccuisent\u201d à petit feu; les chairs sont savamment léchées par les flammes, la graisse de l\u2019embonpoint acquis par des excès répétés, dégouline.C\u2019est culi-nairement infernal ! I>es rôtisseurs ne tiennent pas rigueur au poète italien de ses descriptions punitives, bien au contraire.11 est normal, n\u2019est-ce pas, que les gourmands soient voués à l\u2019enfer et expient leur péché en étant rôtis de plus belle l\u2019éternité durant.Les gastronomes qui sont, eux, la rubiconde et réjouissante image de la modération finement orchestrée, se délectent de la lecture du \u201cParadis\u201d et veulent bien que Dante les conduise au septième ciel.Ce rayon de la béatitude leur est familier.ROGER CHAMPOUX Le milieu étudiant de Para: la guerre des clans Toutefois, ie père brade! voit l\u2019essentiel de son travail dans le milieu étudiant.Car le milieu étudiant de Montréal ne ressemble absolument pas au milieu étudiant de Paris où il n\u2019y a pas à proprement parler de campus universitaire; aussi la vie y est-elle atomisée, fragmentée, tribale (par exemple, la Maison des quelque soixante étudiants canadiens est à une vingtaine de minutes de métro de la Sorbonne).C'est le monde des clans.Le Français est très peu perméable aux étrangers, sa vie universitaire n'est qu'un moment dans sa journée et non pas l\u2019essentiel de ses activités, même parascolaires comme au Canada.Les rencontres y sont donc difficiles, les véritables échanges rares.Ce qui fait que vingt pour cent seulement des Québécois réussissent, selon les enquêtes faites, à s\u2019intégrer dans le milieu parisien.\u2014 Il y a donc pour les étudiants, termine le père Bradet, un sérieux problème de solitude, d\u2019ennui après quelques mois euphoriques.En comparaison avec d\u2019autres nations, nos étudiants sent naturellement favorisés.Au plan administratif et universitaire, la France est loin d\u2019avoir réglé tous ses problèmes, mais le moins réglé de tous à Paris, c'est celui de l\u2019accueil humain.L'étudiant éprouve après quelque temps comme le besoin de retrouver des compatriotes ainsi que l'ambiance d\u2019une maison.\u2014 Et votre rôle, en quoi consiste-t-il face à cela?\u2014 A se faire connaître les Canadiens entre eux (beaucoup d\u2019étudiants n'habitent pas la Cité universitaire et ne possèdent naturellement pas le téléphone), les prêtres et les laïcs, pour que s\u2019établisse le fameux dialogue.Nous orgcuiserons de plus en plus de réunions ici même à la Maison épiscopale, comme celle que nous avons eu en novembre et qui groupait plus I de 150 Canadiens et Français.Après m\u2019avoir dit qu'il y avait trop d\u2019é-| tudiants québécois qui passaient leurs soirées sur la galerie de la Maison des étu-[ diants à discutailler de séparatisme parce qu'ils ne savent pas quoi faire, le père Bradet poursuit: \u2014 Mais comment connaître le milieu français, se demandent les étudiants.Il y a par exemple les petits Frères des Pauvres québécois à Paris, qui assistent moralement et physiquement les vieillards de plus de quatre-vingts ans.Les petits Frères des Pauvres, voilà une bonne occasion pour le Québécois de connaître un aspect de la réalité de la France, qui est dure.Il s'aperçoit alors que Paris, ce n\u2019est pas seulement les cafés, le théâtre, les grands boulevards.Vivre à l'étranger, c\u2019est parvenir plus vite à la maturité psychologique L'étudiant d\u2019ici perd son agressivité, devient moins frondeur, moins fanfaron que l\u2019étudiant de Montréal.Et toujours le spectre du séparatisme Ce qui fermait les portes au père Bradet à Montréal les lui ouvre à Paris.Tout le monde veut rencontrer l\u2019aumônier des Canadiens pour qui on éprouve un sentiment certain de sympathie parce qu\u2019il a été l\u2019un des premiers chez nous à mettre les points sur les i en matière de religion.D'ailleurs, il est bien certain que des formules comme celle-ci sont faites pour allécher bien du monde: \u2014 \u201cDans un monde qui perd la foi et le sens du sacré, l\u2019important c\u2019est de retrouver l\u2019essentiel.On se demande à la fin si ces gens-là sont sincères, si ce sont les Québécois pour les uns, Jésus-Christ pour les autres, qui les intéressent, car de l\u2019autorité aux simagrées, il y a un pas qu\u2019on franchit trop aisément.\u201d Mais, aussi curieux que cela puisse paraître, c\u2019est sur les problèmes fondamentaux du Québec, dont le père Bradet est bien informé par des amis québécois qui le tiennent au courant de mille et une façons, qu\u2019on l\u2019interroge le plus souvent J'ai eu l\u2019occasion d'aller avec le père Bradet à quelques réunions.Immanquablement le spectre de l\u2019affranchissement des Québécois, du séparatisme, était présent.Mais qu\u2019en pense le père Bradet?\u2014 Cela masque les véritables problèmes du Québec, dit-il.Les véritables problèmes qui sont la préparation académique et la lutte économique.Pour beaucoup de Québécois, le séparatisme apparait comme une panacée.Avec l'indépendance, pense-t-on, tout sera réglé.Ce n\u2019est pas si simple.Cette semaine, un corresponsant m\u2019écrivait: \u2014 \u201cTrop peu trop tard\u201d.Quatre mots qui traduisent bien la politique d\u2019Ottawa.Il lui faudra beaucoup d'habileté maintenant, sinon pour l\u2019entente cordiale tout au moins pour éviter le séparatisme.Ce qui manque c\u2019est de la Grande Politique, ce qui ne signifie pas de la politique de grandeur, mais de la vision, bref de l\u2019avenir dans l\u2019esprit.?\u2022 r s 4M -C.N*/ ; l-r Une révolution d'élite?\u2014 Mais vous n\u2019avez pas l\u2019impression que le Québec subit présentement une crise religieuse et sociale?\u2014 Comme pour tous les pays et religions du monde, ça bouge à dix pour cent.C\u2019est sans doute naturel.Naturellement, si tu fréquentes les milieux universitaires, journalistiques, ou Radio-Canada, c\u2019est différent: tu as nettement l\u2019impression que tout est en train d\u2019éclater et que tout le monde met le pied à l\u2019accélérateur.Mais les autorités et les masses populaires sont toujours là pour le freinage.sans malice ! Que de fois j\u2019ai entendu des Français dire: \u201cAh ces Canadiens ! Us sont intelligents, mais si paresseux intellectuellement.\" C\u2019est aussi vrai que dur.La matière grise, c\u2019est la matière première, c\u2019est le capital qui conditionne tous les autres capitaux Voilà pourquoi l\u2019instruction profane comme religieuse doit être la priorité des priorités.On n\u2019insistera jamais trop là- dessus.\u2014 Et René Lévesque, François Aquin?\u2014 Je pense qu\u2019on exagère la portée de leur influence.Ces clercs qu'on n'invitera plus Et le père Bradet me raconte une anecdote, qui illustre bien la \u201ctrop grande prudence du clergé québécois\u201d.Un auteur publie un livre.S\u2019il est bien vu par les prêtres, il y a des dizaines de cols romains au cocktail de parution.Sinon .Au lancement de l\u2019un des romans de Jacques God-bout, le père Bradet était le seul à être présent.Pourtant, tous les autres avaient reçu un carton.\u2014 Dans cinq ans, dit le père Bradet, on ne nous invitera plus.Nous nous promenons dans le parc de la Maison épiscopale.Le temps est couvert, comme toujours il l\u2019est à Paris en automne.Insistant sur le fait que l\u2019entrevue qu\u2019il vient de m\u2019accorder en est une à bâ- tons rompus, donc de spontanéité, spontanéité qu\u2019il corrigerait sans doute ou à laquelle il apporterait certains développements s\u2019il en avait le loisir, il me dit: \u2014 Il y a eu trois départs dans ma vie.Le premier: curé de Notre-Dame-de-Grâce pendant douze ans.Le deuxième: la fondation de \u201cMaintenant\".Et le troisième souffle: ce poste à Paris, le plus difficile après la direction de la revue.Après, j\u2019ai bien dit.Ici, un autre travail de pionnier.A la grâce de Dieu ! Et il sourit, tout à coup détendu, serein.Sa dernière parole : \u201cLe plus beau métier des hommes, c\u2019est d\u2019unir les hommes\u201d, de Saint-Ex.Evidemment, U y en aura toujours qui se demanderont s\u2019il est préférable, pour nous Québécois, que le père Bradet tente d\u2019unir les hommes de Paria plutôt que de Montréal.Mais cela, c\u2019est une toute autre histoire .\tailla U PRESSÉ, 13 JANVIER IMS / |J HRCSSE \u201cTU MONTES PRENDRE UN VERRE.ILYA DES PEINTURES AU MUR.\u201d Dans l'est de Montréal, la culture aura pignon sur rue : le centre culturel populaire du Patriote.PAR LYSIANE GAGNON dO -O O CS ANS une ville comme Montréal, trouvez moi un seul centre cultu rel un vrai, accessible au grand public \" l^a réponse se fait attendre .C\u2019est simple.il n\u2019y en a pas Kt l est de la ville se trouve bien, en ce domaine comme en tant d'autres, particu lièrement défavorisé: \"Tout le monde ici a le complexe de l\u2019ouest, là où c'est plus beau, plus riche leà ou l'on bâtit des temples pour une bourgeoisie qui n'en avait pas besoin la Place des Arts, le Centre culturel du vieux Montréal, ce ne sont pas des centres de culture populaire, c\u2019est cher et c\u2019est snob.U n\u2019y a pas un gars de notre quartier qui oserait y mettre les pieds.\" Deux expressions qui reviendront souvent au cours de cette conversation: \"l'est de Montréal\u201d, et \"culture populaire\u201d, deux réalités intimement associées dans l\u2019esprit des dirigeants du Centre culturel populai- \"Le bail avait été signé pour cinq ans.Alors on s\u2019est dit: qu\u2019est-ce qu\u2019on va faire de cette grande salle\u2019 .On pensait depuis deux ans déjà à un centre culturel popu laire.Un jour, il y a huit, neuf mois, on rencontre Jean Laplante, professeur à l'école normale Jacques-Cartier.Lui aussi rêvait d\u2019un projet du genre.Et voilà, c\u2019est comme ça que tout a débute \u201d D\u2019abord, le décor une salle qui peut contenir 150 personnes (attablées) ou 200 (si l'on aligne les chaises).Deux pans de mur pour des expositions de peiatures, un autre, séparé de la grande salle par une demi-cloison, le long duquel on installe des étagères pour les livres, les objets d\u2019artisanat, d\u2019orfèvrerie, etc.Trois petits salons adjacents, où des groupes pourront se réunir, pour discuter privément ou pour manger.Pour manger .?Mais oui, le Patriote ouvre une salle à manger, qui fonctionnera jusqu\u2019à 19 L'iHklM tit plv» limpU, U ééfr éw C«ntr« cvltvr*! Mit ftobr* t \"Il n« «'agit peu d'un tnK re du Patriote, qui s'ouvrira le 29 janvier prochain.Le Patriote, rue Ste Catherine près de Maisonneuve, de biais avec \"le canal dix\".C'est, depuis ses trois ans d'existence, la seule authentique boite à chansons de la métropole.L'an dernier, les propriétaires directeurs de la boite, Yves Blais et Perci-val Bloomfield, avaient aménagé à l'étage supérieur une salle de theâlre.exploitée par la troupe du Mouvement contemporain.Pour des raisons fort compliquées, qui ont trait aux conditions exigées par l'administration municipale, ils ne pouvaient poursuivre l'expérience.hres et demi.On a déjà, depuis sept mois, notre permis de vente d'alcool.La salle à manger est située derrière la boite à chanson.mais on pourra aussi servir en haut Les profits réalisés dans la restauration nous permettront d'ouvrir gratuitement les portes du centre.\u2014 Alors tout sera gratuit?\u2014 TouL On ne louera pas nos locaux.On les mettra simplement à la disposition des individus et des groupes.\u2014 .A condition, j\u2019imagine, qu\u2019ils aient plus de 20 ans?\u2014 Exactement.Because la loi.Recherche et diffusion Au centre culturel populaire, deux principes de base: la recherche et la diffusion.Ainsi donc, un centre de recherches et de documentation sociale se greffe sur le centre culturel.Un centre de recherche encore modeste, qui groupe un certain nombre d'intellectuels (dont deux professeurs, M Roger Léger et M.Laplante) particulièrement intéressés aux problèmes québécois C'est dans un bureau adjacent à la salle du Centre qu\u2019ils se réuniront, et dans une petite salle, et puis le long du couloir, ils déposeront, à la portée du publie, la documentation recueillie.\"On voudrait en faire un genre d\u2019ICAP.mais québécois.Uniquement centré sur les problèmes économiques et sociaux du Québec, ce qui, bien sur, ne nous empêcherait pas d\u2019étudier certaines expériences qui se font ailleurs, et qui pourraient profiter au Québec.En somme, cerner nos problèmes à nous, mais tenter d'élaborer des solutions.\u2014 Et ce travail, est-il orienté en fonc tion d'une doctrine, de principes précis?\u2014 Dans le sens du progrès.Nous ne sommes, et ne voulons être, affiliés à au cune école rigide de pensée.Ce qui compte surtout à nos yeux, c\u2019est que cette recherche soit productive, et qu'elle soit dif fusée dans le grand public.Que les ouvriers rencontrent parfois, au hasard de certains colloques, des sociologues, par exemple, et qu'il y ail entre les intellec tuels et la masse populaire des contacts humains, des échanges.En somme, nous voulons contribuer à rapprocher les gens instruits, un peu déracinés, de ceux qu'on a appelés \"les non-instruits\".la diffusion, c'est justement l'affaire du Centre culturel.\u2014 Mais c\u2019est quoi au fait, votre Cen- A l ovanl-plan, hm floor d* lys qui va Maa ovoc la raison sociale do Coafro.Dorriéro, lo salin quon était on train d'eotcaogsr début décembre.dos prix rolntlvi * j- * - '***>% p!;'®fv HÜ ¦?: V '; ülte Cigarettes EXPORT BOUT UNI ou FILTRE tre\u2019 Ce sera difficile à résumer: on sait en tout cas, et très précisément, ce que ce ne sera pas: \u201cIl ne s'agit pas d\u2019un centre experimental, ni d'un \u201chang-out\u201d pour les artistes où ils se retrouveraient entre eux, une fois de plus coupés du public.Ni d'un truc snob où les gens du quartier se sentiraient étrangers.Par exemple, on s\u2019est rendu compte que notre première affiche, il y a trois ans, rebutait les gens, c\u2019était trop \u201cbeatnik\u201d d\u2019allure.On a changé ça.On veut faire du Centre quelque chose de simple, de sobre, de beau aussi, où personne ne se sentira dépaysé.Donc, pas d'avant-garde.Mais un Centre qui vit au présent, et en étroite liaison avec les centres d\u2019intérêt du plus grand nombre: \"On compte faire notre publicité dans les journaux de quartier, dans les paroisses.chez les commerçants .\" De la politique, oui.Des assemblées électorales, non l.eurs projets?Us sont nombreux, pas tous très précis, du moins au moment où nous les avons rencontrés.Des colloques sur des questions d'ac tualite, avec participation du public \"Dans dertains cas, ce sera sur invitation.Dans d'autres, ouvert à tous\u201d.Des conférences: \"Des hommes politiques?Bien sur, et de diverses tendances.Mais attention, pas d'assemblées électorales.De la politique au sens noble du mot.\u201d.Des symposiums.des ateliers, des réunions: \"Tous les groupements seront bienvenus.à con-lit ion qu'ils soient sérieux.On ne se préoccupe pas de connaître le nombre de ¦nombres de telle association, mais on tient a garder, pour ce genre d\u2019activités, in certain \"standing\u201d, éviter les groupes trop fanatiques.Mais tous ceux qui, indépendamment de leurs opinions, font un travail sérieux dans un domaine ou un au tre, et qui n\u2019ont guère d'endroit où se réunir, eh bien, qu'ils viennent chez nous! Jean Laplante tient à faire participer aux activités du Centre le plus grand nombre de gens: \"On a déjà lié contact avec des syndicalistes, par exemple, Mathias Rioux de l\u2019Alliance des Professeurs.C\u2019est le temps où jamais de rapprocher les éducateurs des parents.D'organiser des ren contres parents-maître en terrain neutre, de montrer aux gens ce que ça implique la réforme de l'éducation .\u201d Du point de vue strictement culturel, le Centre reprendra la politique de la boite à chansons du Patriote : lancer des jeunes (On sait en effet que le Patriote fait passer tous les lundis des auditions, et présente en première partie de spectacle les jeunes ainsi \"découverts\": c'est là que Louise Forrestier et Claude Dubois, entre autres, ont fait leurs premières armes dans la chanson\u2019 On songe donc à organiser des expositions: un nom connu pour la réclame, et puis des débutants, qui aur.nt ainsi l'occasion de faire face au public.On y pense dans les domaines de la peinture, des arts appliqués, et même de la littérature: \u201c.Des expositions de textes, de manuscrits dactylographiés, ça se fait en Europe, pourquoi pas ici?.Ca donne à des jeunes qui ne peuvent se faire éditer la chance de sortir de leur isolement.Ca permettra aussi aux éditeurs, que nous comptons bien inviter, de découvrir de nouveaux talents.\u201d On se montera, peu à peu, toute une bibliothèque: \u201cOn demandera à chaque auteur invité ici de nous laisser un exemplaire de ses oeuvres.Pour lui c\u2019est pas grand-chose, et pour le public, ça finira par constituer une bibliothèque impressionnante !\u201d Dans la même veine, des lancements de disques et de livres: il s\u2019agit ici d\u2019activités réservées à des groupes forcément restreints, mais qu'il est précieux de \u2018\u2018s\u2019allier\u2019\u2019, si l'on peut dire.\"Un défilé de mode.des peintures ou mur\" Mais ce qui fait, ce qui fera l'originalité première du Centre, c'est l'accent porté sur des activités de type populaire, un certain esprit qui veut faire participer le plus grand nombre à une culture présentée de manière vivante, quotidienne, agréable.\u201cUn exemple: on invite les femmes du quartier à assister à un défilé de mode, à une petite conférence sur Part de se coiffer, de décorer sa maison, que sais-je.Elles viennent, elles grignotent et causent entre elles, ça les intéresse, c\u2019est évident, et puis elles s'habituent au Centre, il y a des tableaux au mur, des livres dans un coin.Vous comprenez?Il ne faut rien forcer, il ne faut pas être dogmatique ni prétentieux, et la culture, c'est aussi la façon de se vêtir, le fait d\u2019avoir au menu un repas complet, à prix modique, verre de vin compris.c\u2019est comme ça qu'on commence à s\u2019habituer à la beauté, et que la culture cesse d'être la propriété de la bourgeoisie.\u201cLes Ciné-clubs, autre exemple.Pas question d\u2019organiser des ciné-clubs pour un petit public choisi.Les étudiants n\u2019ont pas besoin de ciné-clubs, il y en a dans toutes les institutions d'enseignement Mais le grand public.On ne commencera pas par Marienbad.Mais par des films accessibles, de bons films, honnêtes, bien faits.mais accessibles au plus grand nombre.Un petit commentaire avant, pour souligner la qualité de la mise en scène, le cadrage, expliquer en termes familiers ce qu\u2019est un plan.Tout ça peut se faire d\u2019une manière très agréable.\u201d Prendre la culture, en faire quelque chose de chaleureux, d\u2019accueillant: \u201cTu viens prendre un verre de bière, retrouver des copains, et ça adonne qu\u2019il y a une exposition de photos.Tu regardes ça, et puis la semaine suivante, en organise une rencontre entre le public et des experts en photographie: comment choisir une caméra, etc.\u201d Pour recevoir les gens, un groupe de jeunes gens, étudiants pour la plupart, qui savent d'avance qu'il ne s\u2019agit pas là de faire fortune: pas de salaire, mais des pourboires, et la possibilité de travailler \u201cen bas\u201d, à salaire, les soirs de spectacle.Au Centre, ils serviront aux tables, et seront en quelque sorte les \u201chôtes\u201d de la maison, pouvant expliquer au besoin le contenu d\u2019une exposition, ou du centre de documentation : \u201cPour eux aussi, c\u2019est une formation précieuse\u201d.Les garçons porteront un complet noir, et les filles une jupe longue, tête de nègre: \u201cOui, c\u2019est chic comme tenue.On y tient.L'ouvrier qui montera prendre une bière ici, on veut qu'il soit aussi bien servi qu\u2019un banquier, avec autant d\u2019égard et de décorum.\" Mais le menu, nous l'avons consulté, est à la porté de tout le monde.La cuisine n'était pas complètement aménagée quand nous y sommes allés, aussi ne parlerai-je pas de la qualité des mets: mais les prix sont accessibles, et les \u201cmenus du jour\" sympathiques.Et le cuisinier est breton, c\u2019est toujours ça de pris ! Pour la revalorisation de l'est C\u2019est en relation avec l\u2019est montréalais que Le Patriote envisage l\u2019essor du Centre culturel, espérant contribuer à la revalorisation des quartiers adjacents: \u201cQue les commerçants s'intéressent davantage à la décoration de leurs vitrines.on les aidera s\u2019il le faut.L\u2019est ne doit plus rester le parent pauvre de l\u2019ouest.Ce n\u2019est pas à Dra- peau de refaire le visage du quartier, mais à ceux qui y vivent et y travaillent !\" Blais et Bloomfield en ont donné l'exemple: avec une petite boite située dans un quartier délaissé par le monde des arts et du show biz, ils ont fait un succès, et ^ peu à peu la chanson québécoise et française a attiré des gens du grand public, qui il y a cinq ans à peine, n'auraient pas songé à aller entendre Vigneault.\u201c.Et c'est pas fini, dit Bloomfield avec un grand sourire, Tex va nous faire une murale au troisième étage, une murale sur l'histoire des Patriotes.\" Ce ne sont certes pas des idéalistes, ni des bourgeois en mal d\u2019apostolat: ils s'a dressent au milieu dont ils sont issus, sans paternalisme, et ont ce sens des affaires sans lequel toutes les bonnes volontés tournent à vide: ils pensent à acheter éventuellement, l'édifice.Ils attendent une subvention du Ministère des Affaires culturelles.Ils ont laissé, lentement, mûrir l'idée d\u2019un centre comme celui-là.Et ils sont réalistes: \u201cOn commence modestement On ira chercher les gens là où ils sont, par groupes s\u2019il le faut : les midinettes, les infirmières, les employés de telle usine.Et on avertit les conférenciers: qu'il y ait vingt personnes dans la salle la première fois, rien de plus normal.On va la bâtir lentement, notre maison de la culture populaire.\"\t^ LA PRESSE.\\f JANVIER l«6à / 13 14 / l> PRESSE, 13 JANVSER 1968 LES TOURISTES, LE NEON ET LES PAR FERNAND GIGON AUJOURD\u2019HUI nCI les croix se disputent l\u2019espace aérien.Il y en a de partout, de toutes les confessions, de toutes les confréries Celle des Franciscains, qui évoque le signe des Croisés, est ornée de lampes rouges et bleues Celle des Orthodoxes est encadrée de néon Celle des Arméniens d ampoules et de neon, tout a la fois C est à qui, de ces trois groupes religieux si l'on excepte les coptes gardiens de l'ancienne étable ou naquit le Christ, élèvera la plus haute tour, le dôme le plus ma|estueux.Je clocher le plus orgueilleux pour que sa croix dépasse celle des autres Les musulmans, du temps que Bethléhem leur appartenait on ne saura |amais au nom de quelle logique ! ont construit à quelques mètres de là une mosquée Chaque |Our une foule de fidèles regardent vers le sommet de la tour d'où un haut-parleur laisse tomber sur la cité ses appels à la prière De cette façon, toutes les religions à un Dieu unique posséderont leurs mètres cubes de pierres taillées sur le sommet de Bethléhem sauf les Juifs.Mais depuis leur victoire du mois de juin, ils occupent Bethléhem Contrairement aux bruits qui ont couru dans la presse, ils laissent une liberté d'action à tous ceux qui viennent ployer le genou à Bethléhem Peu importe le Dieu qu\u2019ils évoquent et la religion à laquelle ils appartiennent.Dans ce pays de pierres sèches, d'oliviers et de tombes, deux enseignes au néon, dès l'entrée du village, souhaitent la bienvenue au pèlerin d'aujourd'hui Elles vantent une marque d'essence et d'huile.Car, en notre temps, le chemin de l\u2019humilité qui conduit de Jérusalem à Bethléhem ne se fait plus à pied, mais en voiture de luxe pour les riches et les étrangers alertés par les agences de voyage.En autobus pour les indigènes auxquels il se mêlent, chaque |Our, de très nombreux Israéliens.La route asphaltée traverse les murailles et les collines de la Bible avant d'escalader la petite colline, coiffée d'églises et de maisons carrées, qui vit, une nuit, s'arrêter Marie et Joseph.Le lieu où le Christ est né, l'étable humble, aujourd'hui est au fond d'un trou.Du moins les guides l'affirment.On y accède par deux escaliers dont l'un vient de l'église orthodoxe et l'autre oblige à passer par la chapelle arménienne Dans la cave sainte, quelques lumignons brillent.Quelques bougies aussi.Une étoile d'or, à multiples rayons, sertis à même la pierre, montre l'endroit où Jésus est né.Les gamins de Bethléhem, entre deux leçons données par les pères franciscains ou des moines orthodoxes, se ruent dans cette cave en criant, en se bousculant et, le corps jeté sur la dalle, embrassent une étoile en métal jaune.Un capucin leur succède, puis une de ces cohortes innombrables de touristes à visage pâle.Les pèlerins tiennent entre leurs doigts, chapelets, colliers et bracelets, les frottent contre la pierre et le métal.Ils acquerront, paraît-il, des vertus que seul explique le miracle.Les Mossis de l'Afrique occidentale ou les Méos des montagnes loatiennes, en Asie, n'agissent pas autrement.Un moine orthodoxe, le cheveu long relevé en chignon, le capuchon en tuyau de poêle, la soutane ample et noire, rôde par là, à l'entrée du caveau et propose des bougies.Elles sont allumées dans un recoin où l'Histoire situe la crèche \u2014 c'est-à-dire à 3 ou 4 mètres de l'étoile métallique.Une ampoule électrique, ici, donne assez de clarté pour faire sortir de la nuit une série d'icônes.Des lampes à huile, en cuivre ciselé, jettent des flammes tremblantes dans ta niche.Une femme \u2014 touriste américaine si l'on juge par son allure, son appareil photographique, ses souliers plats et ses lunettes noires \u2014 se met à genoux devant la pierre sacrée.Elle joint les mains puis lance un \"ready\" guttural.Ce \"ready\" s'adresse à un partenaire qui aussitôt déploie appareil photographique et trépied.Le posemètre à la main, il virevolte autour des bougies, déplace un candélabre, murmure : No good, no good ! et prend son cliché.Enfin il triomphe.Son modèle est resté de pierre, la tête légèrement tournée vers l'objectif pour que la postérité conserve son sourire peint par Elisabeth Arden.Il explique que sa photo en couleurs lui vaudra, si elle est réussie, peut-être un prix lors d'une exposition locale dans son Texas natal.L'innocence est faite aussi de sauvagerie.Un guide, le fez rouge sur la tête, apparaît dans l'encadrement de la porte arménienne.Il conduit une cohorte de touristes-pèlerins, un peu pressés par l'horaire, mais tous munis de chapelets qu'ils baladent au-dessus de la crèche du Christ Ceux qui veulent prier, méditer, se retirent à l'écart, un peu honteux de leur foi ou de leur silence.Tel ce frère, en robe brune.Prosterné à l'ombre, le visage aplati sur la pierre, il s'immobilise avec tant de ferveur que le temps, semble-t-il, le confond avec le caveau sacré.Il fait partie d'un décor qui compte près de deux mille ans Les touristes, qu'on n'ose pas appeler pèlerins, le bousculent, le piétinent et l'inondent de : \"Sorry, Sorry !\" Le pauvre, le pur, personne ne le voit.Sa robe est fatiguée, trouée.Ses pieds, nus dans des sandales usées avouent des kilomètres et des kilomètres de marche solitaire.A côté de lui, une besace comme en portaient les Poilus de 1914.Et un bâton.Réveillé de sa prestigieuse communion avec l'âme de l'Enfant-Roi, il se relève un peu hagard, le visage clair comme un cierge, inondé de larmes.Pour un croyant, pour un fervent qui veut ignorer l'avion, le néon et les Cadillac, que d'impies passent ici ! Autour de la crèche, au-dessus aussi, les siècles et les religions ont construit des églises, des chapelles, des couvents, des écoles.Le tout s'enchevêtre, s'en-trepénètre dans des voûtes communes et forme un amas ahurissant de pierre d'une laideur totale.A l'intérieur de l'église, ou plus exactement de l'ensemble des églises, des frontières existent.Des murs aussi.Aussi le copte ne va pas chez l'Arménien et celui-ci ne va pas chez le délégué du Saint-Siège.Mais tous passent par la porte étroite.Elle s'ouvre sur le parvis de l'Eglise de la Nativité et d'un coup d'oeil on avale le village de Bethléhem avec son poste de police imposant, son bureau de poste, sa mosquée, ses magasins de souvenirs, son café \"Vienna\", ses échoppes qui datent de l'antiquité et ses ruelles traversées d'enfants braillards qui disent \"baskchich\" avant de connaître le mot : merci.Des femmes en tuniques bleue rehaussée de broderie rouge et d'Arabes emprisonnés dans de vieilles défroques kaki.Tout le monde, en signe de soumission devant le Christ est obligé de s'incliner pour pénétrer ou sortir de l'église.Tous, sauf les enfants dont la taille et l'innocence s'accommodent de cette porte étroite.Ils la franchissent la tête haute et en courant.Des gardiens éternels de Bethléhem, les Arméniens sont les plus pauvres.Mais ils distribuent du pain aux déshérités du village.Vers midi, de vieilles femmes ou des enfants, pieds nus, viennent chercher à manger.Pas de bénédictions, pas de prières, pas d'humiliation.Qui a faim, mangera.S'il le désire, il priera.Les orthodoxes possèdent la plus grande partie du domaine de la Nativité.Ils délèguent un de leurs prêtres, semblables à ceux du Mont Athos, au sanctuaire même de l'église.H allume des -.\t.-'J ¦ Un.ougies, quête, joue à la mouche et se net, pour quelques sous, au garde-à-ous fixe \u2014 si un amateur de photos le ui demande.Il ne parle que le grec, aïs pour ce qui est des chiffres, il peut ?s réciter en plusieurs langues.C'est ui qui ouvre et ferme, matin et soir, les sortes des saints lieux.Rome est présent aussi.Il possède ne modeste chapelle à côté du caveau tu Christ- Les franciscains, eux, dont ordre régente Bethléhem, ont recons-ruit un monastère avec allées, jardins, >tatues, colonnades, cellules comme on ?n voit tant aux environs de Florence.Ze dépaysement ne les éloigne pas de Heur tâche essentielle qui est d'ensei-®ner à la jeunesse locale la tolérance et ¦Sa science, la grammaire et les Testa-Inents.Dans ce tohu-bohu invraisemblable, SI faut gratter beaucoup pour retrouver la pierre de vérité.L'église est cernée ¦de boutiques où se débitent des souve- nirs qui vont de la carte postale en couleurs \u2014 et quelles couleurs ! à l'enfant Jésus en bois, en albâtre, en terre, en papier, en sucre, en argent en passant par toutes espèces de croix et de chapelets rendus bénéfiques après avoir été frottés au marbre du caveau de la Nativité.De quoi remplir un musée de la laideur.Et devant chaque magasin des nuées de gamins qui crient : Back-schich, des jeunes gens qui vous emboîtent le pas, puis sous prétexte de vous avoir conduit ou éclairé, vous réclament eux aussi, des backschich.La peur du gendarme israélien qui voisine avec son collègue arabe ne les freine pas beaucoup.Ce même gendarme israélien a une garde bien délicate à assurer : il éloigne des Lieux saints, pour toute la durée des Fêtes, ses propres concitoyens ; le Gouvernement de Jérusalem, pour ne pas créer de troubles, leur refuse le droit de visite.La vie de Bethléhem est faussée, sa signification aussi, par ce commerce insidieux, perpétuel qui vous noie.Même les chèvres du village pourraient s'en plaindre.Elles ont de la peine è se frayer un passage entre les mastodontes motorisés, voitures aux nickels agressifs, qui obstruent les chemins.Entre un dialogue de klaxons, le berger au turban blanc, court d'un radiateur à pare-chocs pour rameuter son troupeau et le mettre sur la bonne voie.Ce pourrait être le thème d'une parabole moderne parfumée à l'essence.Vers cinq heures de l'après-midi, la nuit avale Bethléhem.Au-dessus de l'église de la Nativité, le néon se livre à la concurrence des religions.Les habitants se glissent dans le sommeil, sauf le boulanger qui pétrit sa pâte quotidienne, sauf le potier qui aligne ses cruches dans son four, sauf les sentinelles locales, casque clair et fusil à l'épaule, qui continuent, depuis des siècles, semble-t-il, à attendre la question biblique : \"Sentinelle, que dis-tu de la nuit ?\" \\ v \u2022*% \u2022 V r* Jfct-.'4 sera*.' mm \u2014un Tiurovn ¦¦niiw m v*t* mh tifUH 4m h Nativité.H faat i « «fM iMHté.U faa vaH aa frira \"Jane fumerai plus jamaisr PM Goytf.élosfe des Rangers de New York, de la L H N L'ex-fumeur Phil Goyette raconte comment atiw l'a aidé cesser de fumer.Jusqu à mon admission dans ta Ligua de Hockey Nationale, il y a quelques années.j étais un lumeut d« cigarettes f nsuite.très vite, je ma rendis compte que pour me classer dans la I.H N il fallait que |«* cesse de fumer Résolution facile à prendre mais combien plus difficile à tenu J'arrivais A ne plus fumer pendant un tour ou deux mais dè> que le tour d'une toute de hockey approchait il fallait absolument que je grille une cigarette pour me calmer les nerfs Je commençais A noue que |e ne pourrais jamais cesser de fumer toutefois, la bonne volonté et la persévérance ont porté fruits et je suis heureux aujourd'hui de pou voir affirmer ne plus fumer Sachant combien il est difficile de cesser de fumer je fus vivement intéressé par les comprimés Ban trou dés que j en entendis pailer C'est ainsi que je découvris que Bantron contient une drogue appelée \"Lobait ne Sulphate La l obelme agit comme un substitut de la nicotine dans noue système et aido A modérer l'envie du tabac Des essais vénfiés faits sur des centaines d'indi vidus ont démontré que la plupart des gens qui veulent vraiment cesser de fumer y parviennent dans les !» A 7 |Our» avec l'aide de Bantron Les comprimés Bantron sont agréables et faciles A prendre Bantron ne diminue ni votre appétit ni ne vous influence d'aucune façon Aujourd hui encore s il m arrive de vouloir fumer, je prends un comprimé Bantron et l\u2019envie disparait Je puis rr toute honnêteté lecommander Bantron A toute personne désireuse d arrêter de fumer Au Canada on peut se procurer une boite de comprimés Bantron à tous les comptoir* phjrmar ©utiquc pour $1 40 Croyez moi.\tMMCH \u2022 si vous désirez réellement cesser de lumei Bantron est un précieux allié \"\tfwdÊres fri meéètea* Tmmeèetmaai DEEP HERE le soulagement ic fait sentir en quelques minutes; les douleurs arthritiques, rhumatismales et musculaires diminuent.Vous sentez une chaleur bienfaisante qui apaise la douleur.DEEP HEAT vous offre le double avantage de son action pénétrante et d'un analgésique aux endroits les plus douloureux.Non gras.Ne tache pas.Mentholatum DEEP HEATING Rub Poils DISPARUS sur visas*, lèvres, bras.Jam bas Après avoir \u2014u Mxhrttnsut heureuse I j'ai mit aa poai aa prwéil liafl.at paa coûfwi poor fair* éitylbi Ima pofli suporflu».Son \u2014iplol réguliar o midé dma oHllin dm lamina» é mm loir» mdmlamr.ot étra hgurevM.Mon livro GÊATUIT odra\u2014é WW pli ortfinoir», otcomp ngné d\u2018ynm OFFftf D'ESSAI.Ecrives à ANNETTE LANZETTE, com postofa 610, Dépt C 272.Toronto, Ontario.Indura 2V pour la» trois da monutontior at pestoux.S S iî CI / ewt «iiANvr u ay APPOINTMENT TO He* MAJESTY THS OUEtN sumiCRs or smokers* requisites ALFREO OUMKKL UNITED Mélange exclusif Longùeurde luxe vs,*-.*xty 14 ,i r ,* \u2022* * } .ivj .fcnn r.»,> jteSjÉSjIfrfëp ?* » *-V> Ai» .* i \u2018/s * i- Vît ySi'teœi '*|»r0.r£ xSm&M v '.: : -; -; - ms yjp: , .\u2022 - ¦ ¦ \u2022 \u2022\u2022 Ces nouvelles et remarquables cigarettes Dunhill ¦\t.\t'\t* r; \u2022 \u2022\t\u2022 ;\t*\u2022-*\u2022;: contiennent le plus riche mélange de fins tabacs \u201cVirginie'* jamais offert au Canada.Ultra longues, particulièrement ; attrayantes et fort agréables au goût, elles vous sont présentées ' ¦ T I., l.> ; - .\t.\ti .t.dans un paquet clairet et 6r, d\u2019une élégante sobriété."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.