La semaine à Radio-Canada, 9 janvier 1965, samedi 9 janvier 1965
» < mm JEUNESSE OBLIGE jean-pierre ferland souhaite la bienvenue à pierre lalonde voir pages 2, 3, 4 et 5 10 iiMHPR.,.,JBtt»*» # Jeunesse oblige change de têtes.Pas les têtes dirigeantes, mais les têtes d’affiche.Enfin, deux des têtes d’affiche.Jeunesse oblige souhaite la bienvenue, aux premiers jours de 1965, à ses deux nouveaux animateurs : Jean Duceppe et Pierre Lalonde, deux jeunes chacun dans leur genre.Vous verrez, Jean Duceppe ajoutera autant de pep que Pierre Lalonde, n’en doutez pas ! Changer de (êtes d’affiche ne signifie pas forcément changer de formule, qu’on ne s’y trompe pas ! François Chamberland et Suzanne Dansereau sont très clairs sur ce point.« Nous n’avons rien changé à la conception originale de la série.Jeunesse oblige reste toujours une émission faite pour et par les jeunes.Nous ne changeons rien au fond de l’émission, nous ne faisons que préciser nos objectifs.Fn d’autres termes, nous voulons plus que jamais nous rapprocher des jeunes en tenant compte de leurs goûts.Les jeunes aiment le twist et le yé-yé: ils en auront, l es jeunes aiment les artistes populaires, les vedettes à succès; nous les inviterons.Fes jeunes veulent danser, rire, chanter, s’exprimer librement, discuter les sujets qui les intéressent; ils auront, plus que jamais, l’occasion de le faire à Jeunesse oblige.» Emporté par ce sujet qui lui tient à cœur.François poursuit, volubile : « Si nous en sommes arrivés à ces conclusions, à ces remaniements d’ordre pratique, c’est parce que toute l’équipe de Jeunesse oblige, les réalisateurs surtout : Pierre Duceppe, Pierre Desjardins, Pierre Lebeuf, Jean Martinet et moi-même, nous sommes en contact permanent avec les jeunes, tant ceux de la ville que ceux de l’extérieur.Vous savez, une émission d’une demi-heure tous les jours, ça se prépare de longue haleine.Pour présenter une demi-heure de spectacle aux jeunes, chacun des réalisateurs de la série doit passer des jours et des jours avec les jeunes.Il apprend ainsi à les connaître, à jauger leurs goûts, leurs opinions.Il sait ce qui leur plaît, ce qui leur déplaît.Il devient sensible à toutes leurs réactions.Quand il les a quittés, il ne perd pas pour autant le contact.Restent toujours le téléphone et le courrier.D’ailleurs la roue tourne sans cesse.Quand un réalisateur en a fini avec un groupe, il passe aussitôt à un autre.Il demeure donc, à toutes fins pratiques, en tête-à-tête avec la jeunesse d’un bout de l’année à l’autre.C’est évidemment une expérience extrêmement enrichissante.C’est surtout le meilleur, et sans doute le seul moyen, de donner à la jeunesse exactement ce qu’elle demande.» Jeunesse oblige est naturellement bien structurée : une sorte de pièce d’architecture télévisée (du lundi au vendredi à 6 heures).Foyer pour la jeunesse canadienne, cinq étages dont pas un JEUNESSE OBLIGE à compter du 11 janvier, pierre lalonde sera l'hôte de la fête populaire du lundi, jean duceppe animera le magazine du mercredi et nous retrouverons jean-pierre ferland le vendredi à la boîte à chansons n’offre le même panorama.L’ensemble donne sur la vie.l’actualité, la jeunesse, quoi ! Vous savez comment on se partage la semaine à Jeunesse oblige ?Apparemment, c’est tout simple, quand on n’a qu’à regarder et écouter.Mais comme c’est le rôle des téléspectateurs, jeunes ou vieux, faisons notre métier.Regardons, le lundi, le spectacle de variétés, avec le dynamique Pierre Lalonde et ses invités.Le mardi, la rubrique musicale, avec Geneviève Bujold et Paul de Margerie et.à l’occasion, un artiste invité, le tout en collaboration avec les Jeunesses musicales du Canada.C’est ce jour-là qu’une fois le mois un jury composé de Fernand Gratton, Gilles Hé-nault et Jacques Létourneau prime « le disque du mois », un enregistrement canadien classé le meilleur.Le mercredi, c’est le jour du magazine des jeunes, avec le toujours jeune Jean Duceppe qui présente des reportages, des documentaires d’actualité destinés tout spécialement aux jeunes.Le jeudi, rencontre avec Pierre Au-det.Paille Beaugrand-Champagne et Bernadette Dionne pour une discussion amicale sur un sujet choisi.C’est ainsi que.le 14 janvier par exemple, on discutera de la liberté de la presse.La semaine suivante, on discutera télévision et par la suite on aura l’occasion de bonnes prises de bec sur le chômage, l’amour, le langage parlé et autres sujets tout (suite à la page suivante) Page 2 LA SEMAINE À RADIO-CANAD, DU 9 AU 15 JANVIER 1965 Page 3 aussi passionnants pour les jeunes.Le vendredi, enfin, c'est la soirée de la Boite à chansons, avec Jean-Pierre Ferland et ses invités.On y sera désormais plus fantaisiste, plus enjoué, plus détendu.plus « dans l'vent ».On y invitera tour à tour de tout jeunes chansonniers et des professionnels du métier.Le 8 janvier, par exemple, on avait invite Claude Gauthier, un jeune qui a fait sa marque dans le domaine de la chanson canadienne.Rappelons que si la télédiffusion de la Boite à chansons ne dure qu’une demi-heure.le spectacle, lui.continue durant une autre demi-heure.Tous les jeunes sont invites à s'y rendre nombreux.11 leur suffit de téléphoner au bureau de Suzanne Dansereau à Radio-Canada: 868-3211.poste 731, pour réserver sa place.A signaler : le 15 janvier.la Boîte à chansons aura comme invité Jean-Guy Moreau, jeune et brillant imitateur de toutes les voix célèbres chez les jeunes.Une voix célèbre chez les jeunes.c'est bien celle de Pierre La-londe.animateur de la demi-heure de variétés du lundi soir.Bien que j'aie passé l’âge du yé-yé.j'ai vu et entendu lierre Lalonde maintes fois à la télévision.J'aimais tout particulièrement son interprétation de Louise en français comme en anglais.Je lui trouvais beaucoup d'allant, de souplesse, d'enthousiasme.Il est jeune, séduisant et je m'expliquais fort bien l'énorme succès qu'il remporte auprès des jeunes.Mes bonnes impressions résisteraient-elles à l'épreuve de l'interview ?Pierre lui-même allait se charger de les confirmer ou de les infirmer.Nous devions d'abord nous rencontrer dans un vague restaurant à l'américaine, quelque part, rue Sainte-Catherine ouest, entièrement pris par l'enregistrement d'une émission à CK.AC.Pierre ne peut venir au rendez-vous.11 me délègue Pierre Tru-del.un jeune journaliste de ses amis qui m'invite à le suivre au studio.Au moment où j'arrive.Pierre Lalonde, au micro, demande à ses invités quelles resolutions ils ont prises à l'occasion de la nouvelle année.Fn veston de velours brun, cravate dénouée.très à l'aise, aimable, souriant, Pierre me fait asseoir à ses côtés et.en un tournemain, d'interviewer me voilà transformé en interviewé.I! est malin, l'ami Pierre, et le plus finement du monde il m’a joué le meilleur tour de ma carrière journalistique.Après m’avoir permis fort gracieusement et.presque a mon insu, de faire la publicité de Radio-Canada au micro de C'KAC, Pierre a poursuivi son émission comme si de rien n’était.C'était la première émission de 1965, celle du samedi 2 janvier, de la série le Club dynamique de CK AC.Pierre fait de bonnes blagues.taquine ses camarades qui le lui rendent bien, fait tourner des disques, s'amuse ferme autant qu'il amuse ses auditeurs.Tout comme il fera à Jeunesse oblige.Après l'enregistrement qui s’est achevé dans un beau vacarme de sifflets, sirènes, cloches à vache et autres instruments aussi harmonieux.Pierre a tout juste le temps de répondre à quelques questions.11 a rendez-vous chez son Figaro et les barbiers de Montréal sont aussi stricts sur la ponctualité que ceux de Séville.Nous avons causé tout de même.oh ! pas longtemps, mais assez pour apprendre de Pierre qu'il va se plaire beaucoup a Jeunesse oblige, il est tout a fait dans l'esprit de l'émission, d'ailleurs.Car il m'a dit : « A la soirée de variétés du lundi, je chanterai et je danserai quand il faudra.J'inviterai mes camarades à chanter ou a danser avec moi.Par exemple, le I 1 janvier, la belle Petula C lark sera des nôtres.File chantera avec moi.Fn somme, ce sera une soirée entre amis où chacun met du sien.Nous chanterons, nous danserons, nous discuterons ensemble pour amuser les téléspectateurs.Bien sûr, ce sera jeune, ce sera yé-yé, ce sera peppe.» Pierre n’a pas eu le temps de me dire qu’il faut surveiller particulièrement l’émission du lundi 18 janvier.Grande nouvelle au programme, qu’on se le dise.C’est lui qui l’annoncera sans doute et c’est là que je le reverrai avec vous tous.Fernand Côté Page 4 LA SEMAINE Â RADIO-CANADA I DU 9 AU 15 JANVIER 1965 Page 5 flaaüüiü # Le dimanche 10 janvier, l'Heure du concert présentera un spectacle de ballet dont les oeuvres appartiennent à quatre chorégraphes français.Ce spectacle mettra en vedette les danseurs-étoiles Claire Sombert, Jean Babilée, Gerda Daum et Adolfo Andrade.Les téléspectateurs ont eu l'occasion.en septembre dernier, d'admirer ces grands artistes lors de la présentation des Fîtes d'Hé-bî.( et opéra-ballet de Rameau avait été mis en scène par Jean Babilée et les principaux rôles dansés avaient été tenus par ces artistes parisiens.Jean Babilée est reconnu comme l'un des artistes les plus doués de sa génération.Né à Paris en 1923, il est à la fois danseur, comédien et chorégraphe.On l'a surnommé « le Rimbaud de la danse » pour la poésie qui se dégage de chacune de ses chorégraphies et pour « une certaine connivence que ses ballets manifestent avec leur temps tumultueux et vibrant ».Sa carrière de danseur-étoile débuta en 1945 aux Ballets des Champs-Hlysées, où il créa les premiers rôles de Jeu de cartes, du Jeune Homme et la mort, de la Rencontre.I n 1956.Jean Babilée fondait sa propre compagnie.Ses principales chorégraphies sont l'Amour et son amour.Till hulenspiegel.Balance à trois.Sable, le Camé léopard et la Boude.L HEUR1 DU CONCERT un grand spectacl ; de ballet avec la compagnie de jean babilée La danseuse-étoile Claire Sombert est née dans la banlieue parisienne, à Courbevoie.Elle fit ses débuts avec la Compagnie Janine Charrat en 1952 et devint par la suite une des premirèes danseuses des Ballets de Paris de Roland Petit.En 1955, elle paraissait à la Scala de Milan dans le Jeune Homme et la mort aux côtés de Jean Babilée; elle devenait dès lors la danseuse-étoile de sa compagnie.À l'Heure du concert du 10 janvier, Claire Sombert dansera sur des chorégraphies de Janine Charrat, de Gérard Ohn et de Roland Petit.Gerda Daum est née à Munich.Après ses études à Paris, elle fit ses débuts, il y a deux ans, à l'Opéra de Nice.L'an dernier, elle dansait dans le ballet Cen-drillon au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.Jean Babilée l'a choisie pour le rôle de la jeune fille dans son ballet Balance à trois.Quant au danseur argentin Adolfo Andrade, il est de formation parisienne.Depuis 1955.il fit partie successivement des Ballets du marquis de Cuevas, du Ballet-Théâtre de Maurice Béjart, du Ballet de France de Janine Charrat et de la Compagnie de Jean Babilée.Le 10 janvier, il sera le partenaire de Jean Babilée et de Claire Sombert dans Balance à trois et celui de Claire Sombert dans Adagio.Pour cette Heure du concert, le réalisateur Pierre Mercure a retenu quatre ballets : Balance à trois, une chorégraphie de Jean Babilée dansée sur une musique de Jean-Michel Damase; Préludes, chorégraphie de Janine Charrat sur une musique de Jean-Sébastien Bach; Adagio, chorégraphie de Gérard Ohn et musique d'Albinoni: enfin, le Jeune Homme et la mort de Jean Cocteau et Roland Petit.Ce ballet, le Jeune Homme et la mort, fut conçu à l'intention de Jean Babilée et Nathalie Phi-lippart qui le créèrent à Paris en juin 1946.L'une des grandes innovations de ce ballet fut qu'a-près avoir répété sur des rythmes de jazz les interprètes dansèrent sur une musique de Bach (la Passacaille en do mineur) qu'ils n'entendirent que le soir de la première représentation.En décidant in extremis de modifier le fond sonore du ballet.Jean Cocteau voulut indiquer que la chorégraphie de Roland Petit était suffisamment explicite pour se passer de la dictée musicale et qu'elle pouvait imposer sa poésie malgré le risque de déséquilibre entre la danse et la musique.Et Cocteau s'expliquait en disant que « c'est d'une organisation délicate de déséquilibre que l'équilibre tire son charme ».Cet exceptionnel « spectacle de ballet », qu'a réalisé pour les téléspectateurs Pierre Mercure, sera télévisé le dimanche 10 janvier à 9 heures du soir.Noël Bisbrouck » LA SEMAINE A RADIO-CANADA DU 9 AU 15 JANVIER 1965 Page 7 IP^ # Le jeudi 14 janvier à 9 heures du soir, le réseau français de télévision de Radio-Canada présentera Pleins feux sur Duke Ellington.Le célèbre jazzman était de passage à Montréal en avril dernier.Invité à jouer avec son orchestre dans un cabaret.Duke Ellington a rencontré le réalisa teur Roger Barbeau.À la demande de celui-ci, le « Duke » a accepté volontiers la vedette de Pleins feux pour une émission qui serait présentée au petit écran à une date, à ce moment-là.encore indéterminée.Un journaliste anonyme écrivait.quelques jours avant l'arri-vée du « Duke » à Montréal : « Au terme d'une tournée de plusieurs mois au Moyen-Orient et en Europe sous les auspices du State Department.l'Orchestre de Duke Ellington occupera, la semaine prochaine, la scène du jazz à Montréal.On a écrit que la musique d'Ellington et les dessins de Walt Disne\ sont les seules formes artistiques originales qu'aient produites les Etats-Unis.Que cela soit vrai ou faux, il reste que le « Duke » a été acclamé dans le monde entier comme le créateur d'un idiome musical nouveau, riche et t\pi-quement américain.Bien qu'il admette être redevable a plusieurs compositeurs modernes (on l'a comparé à Stravinsky.Debussy et Delius), sa musique n'en demeure pas moins essentielle- ment personnelle.Si.après trente-sept ans île carrière, il est encore en tête de liste parmi les musiciens de jazz, c'est que ses oeuvres.avant-gardistes à l'époque de leur création, lui attirent continuellement un auditoire de plus en plus vaste, au fur et à mesure quelles sont assimilées par le grand public.Composant toujours en fonction des aptitudes respectives de chacun de ses musiciens, Duke Ellington a toujours dirigé un orchestre dont la caractéristique est la parfaite homogénéité.Son ensemble est aussi renommé pour la qualité du jeu de ses musiciens dont quelques-uns.comme Johnn> Hodges.Harn Carney, Lawrence Brown et Cootie Williams, font partie de l’orchestre depuis plus de trente ans.» Détail intéressant à noter : l’origine du surnom de Duke qu'on donne au célèbre jazzman noir, de son véritable nom Edgar Kennedy Ellington.Denis Morel-lan.dans un article du Samedi, nous dit : « Ce n'est ni à l’état civil ni à sa position d'aristocrate du jazz que M.Ellington doit ce surnom de Duke qui est devenu son prénom.Mais aux belles manières apprises de son père, majordome dans une grande famille de Washington.Il avait huit ans quand ses camarades de classe se mirent à l'appeler ainsi, avec une nuance de dérision.Mais lui se montra d'emblée très fier de ce surnom.» Pleins feux sur Duke Ellington le jeudi 14 janvier à 9 heures.PLEINS FEUX SUR DUKE ELLINGTON une heure en compagnie du célèbre pianiste de jazz Page 8 LA SEMAINE A RADIO-CANADA /,/ fl /y / f ?' > "
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