La semaine à Radio-Canada, 22 janvier 1966, samedi 22 janvier 1966
r mm iï i i r i -U V>-A->4 - Du 2?au 28 janv.1966 / Vol.XVI, no 18 BRAS DESSUS, BRAS DESSOUS C’EST CARNAVAL ‘H#» ®f.\ Les duchesses du Carnaval de Quebec seront les gracieuses invitees de ¦ Bras dessus, bras dessous - j Carols Clouter Bras dessus, bras di ssous prépare une émission sur le Carnaval de Québec.C'est cette émission que les téléspectateurs du réseau français de Radio-Canada verront le lundi 24 janvier à 9 heures du soir.Quand je suis allé rencontrer le réalisateur Marcel Brisson, ce n'est pas tout à fait dans l'am biance du Carnaval que je l'ai trouvé.Dans une salle de repetition grise et nue.sans décors, accoudé au piano, face a Serge Garant qui faisait répéter le choeur.Marcel Brisson écoutait religieusement.Après une brève conversation avec la script-assistante.Monique Hiétaniemi, j'écoute à mon tour.La mélodie est jolie.C’est agréable a entendre et ça vous a déjà quelque chose de carnavalesque.Mais Serge Garant n'est pas de mon avis et.plaquant un accord so nore.il lance : « Reprenons, avec plus de vie, s'il vous plaît ! » Carolle Ouellet Je profite de la reprise pour tirer Marcel Brisson de sa méditation.Il m'invite à m’asseoir à une petite table, tout au fond de la salle.Il empoigne un gros rouleau de papier qu'il a sorti je ne sais d’où.Il étale une à une sur la table les feuilles de ce rouleau et déjà il me semble que l'ambiance du Carnaval se crée autour de nous.Avec en sourdine le choeur derrière nous, a-vec les esquisses de Peter I lynch sous les \eux.avec les explications que me donne Marcel Brisson.nous voila en plein Carna val.Le réalisateur de Bras dessus, bras dessous me clit ; «Comme chaque année, nous ferons, en fin de janvier, une émission sur le thème du C arnaval de Québec.C ette année.Serge Laprade.animateur de la série, recevra les duchesses du C arnaval.Comme vous le save/, ces jeunes filles Ghislaine Lamb sont d'habitude choisies pour leur personnalité et pour leur beauté.Llles sont ravissantes et habillées avec un goût très sûr par les plus grandes maisons île couture de Québec.Innovation cette année : nous avons demandé aux duchesses de chanter une chanson yé-yé dans un costume tout à fait dans le vent.Dans un autre costume plus chic, celui-là.les duchesses feront chacune un tour de valse avec Serge.Bien entendu l'émission ne serait pas complète sans la présence du Bonhomme C arnaval.Nous l'avons donc invité lui aussi.Il dansera et chantera comme tout le monde, dans la neige d'où il vient.« Nous aurons aussi, comme invitée spéciale à cette émission sur le C arnaval, une artiste aussi populaire que jolie, une chan teusc de grand talent originaire de Québec, duchesse du Carna- LA SEMAINE À RADIO-CANADA Paqo 2 4 /m * ^ c Irène Laflamme Louise Matte Priscilla Welch val une année durant, reine de la " radio et de la télévision une autre année, une chanteuse qui a créé à Québec la fameuse mé-lodie-théme du Carnaval de Québec (la composition de Pierre Petel Carnaval, Mardi gras.Car-* naval) : Pierrette Roy.Pierrette Roy chantera la chanson qu'elle a rendue si populaire et elle se joindra à Serge, aux duchesses, aux danseuses et au choeur pour la production finale oii on chantera Joyeux Carnaval, Salut, bonhomme, le Carnaval du lionhom-me et Rions, (hantons, ( 'est le Carnaval.» Marcel (frisson m'invite à attendre l'arrivée de Pierrette Roy.Malheureusement, il est 2 heures; la sympathique vedette ne sera pas la avant trois heures et je dois revenir à ma machine à écrire.Avec la promesse d'un appel téléphonique de Pierrette Roy vers la fin de la répétition, je quitte Marcel Brisson, le choeur et Serge Garant.In core tout grelottant à mon retour au bureau, je me trouvais passablement dans l'ambiance du Carnaval.Je me voyais déjà à liras dessus, bras dessous.le soir du 24 janvier.Je repensais à tout ce que Marcel Bris-son m'avait dit.J'imaginais la musique, les costumes de Solange Legendre, les décors, le Bonhomme.les duchesses, et je rêvais tout éveillé.Le téléphone allait-il briser mon rêve ?Le prolonger au contraire, puisque c'était Pierrette Roy qui m’appelait.Rieuse et pleine d'entrain en dépit d'un vilain rhume qui lui faisait un peu craindre l'enregistrement du lendemain, Pierrette Roy me dit sa joie de participer à cette émission qui lui rappellera tant de beaux souvenirs, file confirme les déclarations de Marcel Brisson et elle ajoute : « Je viens de faire un nouvel enregistrement de la chanson du Carnaval.J'en suis très contente et j'espère que le public le sera autant que moi.C hose certaine, c'est que ce dernier enregistrement a été fait dans de meilleures conditions que le premier.Il est d'une qualité nettement supérieure et cela, je suis certaine que le public s'en apercevra.Je chante la mélodie dans une tonalité différente mais la musique et les paroles sont restées les mêmes et c'est toujours agréable à interpréter.» C’est ce nouveau Carnaval, Mardi gras, Carnaval que nous écouterons avec plaisir, chanté par Pierrette Roy à Bras dessus, bras dessous, le lundi 24 janvier à 9 heures du soir.Fernand Côté DU 22 AU 28 JANVIER 1966 < Page 3 EAu Theatre June heure, le réalisateur Jean F aucher présentera, le dimanche 23 janvier à y heures du soir, un des chefs-d'oeuvre d'Henri Becque, la Parisienne, pièce en trois actes et en prose, les interprètes seront Monique l.epage.dans le rôle de Clotilde Du Mesnil: Léo llial.dans celui de Lafont: Jean Dalmain.dans celui de Du Mesnil; Paule Gauthier.dans celui de la femme de chambre: Rejean Roy.dans ce lui de Simpson, et Roger Gar-ceau.dans celui du maître d'hôtel.Donnant libre cours à son allègre férocité, l'auteur de la Parisienne peint ici d'après nature ce que l'on a coutume d'appeler un ménage à trois.Clotilde Du Mesnil, femme d'un bon bourgeois parisien, est depuis fort longtemps la maîtresse d'un cer tain Lafont.camarade et ami de son mari.Pourtant, la jalousie de son amant commence à l'importuner d'autant plus aisément, semble-t-il.que les sorties de la belle lui donnent l'occasion de rencontrer d'autres hommes qui s’émeuvent à son charme.Clotilde rompt volontiers sa liaison avec l afont pour donner ses faveurs à un jeune homme de con dition supérieure.Ce bel amour ne sera hélas ! que de brève durée; Clotilde fait de nécessité vertu et permet à son ami l.a-font de reprendre ses habitudes.On ne saurait réduire à moins l'intrigue d'une pièce de théâtre.De ces trois personnages.Clotilde est le seul qui soit exempt de médiocrité.Friande de nouveautés.coquette, joueuse dans l'âme, elle ne montre pas moins sa prudence en toute occasion.F Ile se fie à son instinct pour régler son désordre.Supérieure à son entourage, elle vise surtout à sen évader.Par son art d ar ranger les choses.Clotilde se trouve avoir un empire absolu sur son mari qui craint de la perdre et sur son ami qui semble fort satisfait de son sort.D'ailleurs, tout s'arrange et nulle Monique Lepage dans « La Parisienne >• d'Henri Becque catastrophe ne marque l'épilogue de cette mauvaise histoire.De cette oeuvre, Jacques Co peau écrivait : « C’est grâce à sa sévérité — comprenons a son exigence pour la justesse de ses observations — à sa défiance envers lui-même, c'est pour n'avoir rien emprunté mais tout créé de son propre fonds, lit térairement.que Mecque est un inventeur original et qu'il a placé dans son oeuvre des personnages esssentiellement \rais qui n'existaient nulle part avant d’entrer dans cette oeuvre, qui n'existent que là et ne cesseront d'\ exister.C'est grâce à son inactualité que la Parisienne devra de rester éternellement jeune.» ("est aussi par son langage alerte, par ses reparties justes, par ses réflexions jamais banales que la pièce demeure un agré able divertissement.Ce Theatre June heure est une réalisation de Jean Faucher: les décors sont de Claude Fortin.les costumes de Jérôme Mar chand.les maquillages de Mar-cia.La réalisation technique est assurée par Nivl I ecluxse.''J&* m a.» %* W- Page 4 LA SEMAINE À RADIO-CANADA ¦ Cette semaine, l'Heure du concert sera consacrée à deux musiciens du XVIIle siècle, Boccherini et Mozart.I e premier de ces compositeurs fut longtemps connu par son émouvant Stabut muter.Comme bien d'autres de ses contemporains italiens, allemands ou français.Boccherini fut redécouvert par les historiographes du XXe siècle et popularisé par des ensembles de musique de chambre qui enregistrèrent ses oeuvres innombrables, symphonies, concertos.suites, etc.L’oeuvre que nous entendrons du violoncelliste Boccherini est le Concerto en si bémol, pour violoncelle, une des partitions où ce contemporain de Mozart — il était dix ans plus jeune que le maître de Salzbourg pouvait le plus aisément manifester sa virtuosité et sa sensibilité.Ce Concerto sera interprété, à l'Heure du concert, par un de nos meilleurs violoncellistes canadiens.Walter Joachim, que les auditeurs de Radio-Canada entendent rarement jouer en solo, mais dont l'influence pédagogique au Québec s'étend sur la plupart des jeunes violoncellistes.Ne disait-on pas dernièrement, à l’émission télévisée Wilfrid Pelletier rencontre .que Walter Joachim possédait la plus importante classe de violoncelles en Amérique du Nord ?De Mozart, nous entendrons le motet Exsultate, jubilate pour soprano et orchestre.K.165, et la Symphonie no 40.en sol mineur.K.550.Le motet sera chanté par notre grande artiste montréalaise Pierrette Alarie.Quant à la Symphonie en sol mineur, elle est l’avant-dernière symphonie que Mozart ait composée et la seconde de sa grande trilogie symphonique.Elle fut composée en 1788.Son importance a été fort discutée par les Une < Heure du concert consacrée a Boccherini et Mozart critiques romantiques et modernes.Ainsi, Berlioz et les romantiques ne voyaient en elle que grâce, candeur, ingénuité; en somme, elle ne représentait pour eux qu’un reflet de l'esprit du XVIIle siècle.De nos jours, les critiques y voient plutôt le témoignage émouvant de l'esprit tourmenté de Mozart, de son désarroi sentimental et même de sa « fureur désespérée ».En réalité, cette symphonie semble bien refléter l'âme de Mozart, d'un Mozart qui tente de cacher sa désespérance dans une atmosphère de candeur et de gaieté.L'orchestre de l'Heure du concert sera dirigé par Mario Ber-nardi.chef d'orchestre italien résidant à Toronto depuis de longues années.Mario Bernardi a eu plusieurs fois l'occasion de diriger des concerts à Radio-Canada.en particulier des oeuvres lyriques italiennes.Réalisée par Jean-Yves Landry, cette Heure du concert consacrée à Boccherini et Mozart sera télévisée le jeudi 27 janvier, à 10 heures du soir.DU 22 AU 28 JANVIER 1966 Page 5 ¦¦S Hn 14f>4.rîle-du-Prince-Fdouard célébrait d’une manière toute particulière le centenaire de la première conference.à Charlottetown, des Pères de la Confédération.I a reine Élisabeth elle-même participa à cette commémoration dans la capitale provinciale.Partout.dans les villes et les villages de cette minuscule province, des fêtes furent organisées et les citoyens se réunirent pour souligner cet événement historique.A la demande de la Commission du centenaire.l'Office national du film se rendait a Mis-couche.Victoria et North Rus-tivo afin d’y observer les préparatifs et les manifestations qui v furent organisées.Les villages choisis se prêtaient bien à une telle étude, puisqu’ils ont chacun des origines et des vies economiques et sociales très differentes, l.es caméras de l'Office national du film ont enregistré pour nous ces fêtes populaires.Ce reportage des célébrations de rîle-du-Prince-Ldouard sera télévisé au réseau français, sous le titre le Centicnu Lté, le lundi 24 janvier à 4 h.30 du soir.Nous ferons d'abord la connaissance des Acadiens de Mis-couche.Leurs ancêtres se sont établis dans Pile, il v a fort longtemps.1 eur vie fut rude et bien des familles furent décimées par la famine, les épidémies ou même l'exil.Pour rappeler ce souvenir de leurs ancêtres, les habitants de Miscouche ont érigé un musée destiné à conserver des objets anciens, instruments et outils « qui avaient permis a leurs ancêtres de se tailler un domaine au prix d'un dur labeur ».De leur côté, les gens de North Rustico ont organise un grand défilé a l'occasion de ce centenaire : fête populaire et religieuse à la fois, qui fut prési- Le Centième Été , reportage sur trois villages de rile-du-Prince-Edouard dée par le lieutenant-gouverneur de la province, l'honorable W.J.MacDonald.Quant a V ictoria, que nous visiterons avec les reporters de I O.N I ., ce village ne compte guère que ISO habitants, presque tous d'origine anglaise ou écossaise.Ici.comme en maints endroits dans I ile.le son de la cornemuse est aussi familier que celui du piano.A Victoria, les célébrations comprennent des danses écossaises et des jeux de balle sur pelouse; on y danse ferme et on mange de bon appétit.lout le monde s'amuse selon ses goûts et ses moyens.Ces célébrations ont reflète l'image de gens différents par l'origine, les croyances, les traditions.les goûts et les intérêts Le spectacle de leur vie en commun concretise bien le souhait des Pères de la C onfédération de voir réunis en un seul pavs de peuples île cultures et de tradi lions différentes.Le Centième Lté est une réa lisation de Terrence Macartney-F'i 1 gate.La version française est de Marcel Martin.y.>.***£.î; îmrC?2 %% .v***3* "_$~r .in ¦ .-**
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.