La presse, 21 septembre 1968, Supplément 2
[" le magazine de Y PRESS! LES NOUVEAUX DELINQUANTS Ils ont tout ce qu'il leur faut \u2014 la soupe et le dessert et souvent du dessert à deux reprises.Et pourtant, ils ont inventé une nouvelle forme de délinquance, (en page 10) ^A UQÿ CANADIENNE RECEPÜ ¦A/n^umusE K-'- ¦' Vrà SÉs&f;'.i ANTOINE OESILETS ViV: .»¦\"' V.¦«Afet.:.> ¦ '¦SitAv^vr-V*.:?vStrJ'-OfC.; ¦TV - .* -V jÿ«rSS#w-'î: 5v*y*j Sg&t-; -.t -» ,'.¦ r1 - P'~ .\t¦ ¦ ¦ .>L*4âl« 3â£fâg$ .\"*\u2022 .-*.¦ .%/.\u2022 A\" ¦ \u2018T'J/.'üi ïsKffîâîî assEs :*v->.XJ \u2022 -' \u2022 « >-*¦.- ?3fe£H& rMVj4>= \u2018^>- :v,*-if ,W, \u2022%-fe TZgikK CliV^: VswVj-; £*.*>\u2022 wAfj tâ*aae \u2022j ~ -J .-J.Vw 'rsÇ^f\u2018 *fs «t'i 'j^VV'^CT'C.'\t- r*-* ¦*.-23£jÿ- aSMS HH ^\u2022Wv iggil ,:-àl .>-;v ¦' ;> 3s i ;ÿ>îs«7s: DDHDnC SH xm&mm ésxWmm W æ**s VH'*?.-?-*'; »\t- V\t* sMSw :*^#: ii.AUX TRESORS NE VEUT PAS MOURIR milieu du Saint-Laurent, a-infliaé ses morsures, odeur d'antan PAR NOELLA DE5JARDiNS Un joyau au Le progrès mais conserve son LES IDÉES REÇUES Les Polonais sont tous concierges ou chauffeurs de taxi.La technique française ne vaut rien.Les premiers \u2014 ou les derniers \u2014 de classe sont tous des imbéciles.Une famille unie est une famille qui prie.Les Noirs sentent mauvais.Les Canadiens français sont nés pour un petit pain.Les barbus ne se lavent jamais.Le crime ne paie pas.Ce sont là des idées reçues.On doit s\u2019en méfier.Ainsi, je connais un barbu, moi, qui prend son bain au moins une fois par mois.Selon une autre idée reçue, dont on doit tout autant se méfier, le taux de criminalité juvénile serait beaucoup plus élevé dans les milieux défavorisés que dans les couches aisées.Jusqu\u2019ici, pour diverses raisons \u2014 et notamment parce que la police semble plus attentive dans les quartiers pauvres qu\u2019ailleurs \u2014, on avait toujours cru que les fils de pauvres commettaient plus de délits que les fils de bourgeois.Or, une enquête menée récemment par une équipe de criminologues de l\u2019Université de Montréal démontre qu\u2019il n\u2019existe pas de différence essentielle d\u2019attitude d\u2019un groupe à l\u2019autre.Ainsi, les jeunes des deux milieux volent.Mais ils ne volent pas la même chose.Chez les moins bien pourvus, le vol est \u201cfonctionnel\u201d, alors que dans la bourgeoisie et la classe moyenne, il est plus \u201cgratuit\u201d et répond à des besoins différents.Lysiane Gagnon a rencontré les auteurs de l\u2019enquête en question.Cette nouvelle forme de délinquance, plus violente, plus trouble aussi, est \u201csurtout le fait des milieux aisés, écrit-elle plus loin dans le Magazine, mais elle commence à apparaître (également) dans les milieux traditionnellement criminogènes\u201d, c\u2019est-à-dire les milieux moins fortunés.(Test que l\u2019ensemble de la société, en ce qui a trait aux habitudes \u2014 et non au niveau \u2014 de vie, est \u201cen train de devenir une immense classe moyenne\u201d.Autre phénomène : les jeunes eux-mêmes, de quelque milieu qu\u2019ils soient, constituent désormais une dasse sodale à part, possédant ses propres valeurs et sa propre culture.Or, cette classe sociale nouvelle éprouve de sérieuses difficultés à s\u2019adapter au monde qu\u2019on veut lui imposer.Elle le trouve à la fois trop confortable et trop inhumain.Il n\u2019est pas sûr qu\u2019elle ait tout à fait tort.ANDRE BELIVEAU \t\t L'ILE AUX TRÉSORS NE VEUT PAS\tMOURIR\t2 LES NOUVEAUX DÉLINQUANTS\t\t10 LA MOZAMBIQUE: UNE SECONDE ALGÉRIE?\t\t1« TU TE CEINDRAS LE FRONT, Ô MA\tBELLE 1\t20 LA GUERRE DU FOIE N'AURA PAS\tUEU\t23 CES CHERS MONSTRES\t\t23 ANTOINE DESUETS : 2 à 8 ARCHIVES DE IA PRESSE: 10 1 15 ANDERS JOHANSSON: 16 i IB KEYSTONE : 20 i 22 Le magazine de LA PRESSE est publié au 7 ouest, rue St-Jacques, par la Com-pagnie 4c publication de LA PRESSE Limitée.H est Imprimé au même endroit à ses ateliers de rotogravure.ANDRÉ BÉLIVEAU chef de\tta rédaction NOËLLA DESJARDINS\treporter LYSIANE GAGNON\treporter J.-CLAUDE PAQUET\treporter ANTOINE DESILETS\tphotographe NOS PHOTOS le magazine de LA PRESSE, 21 SEPTEMBRE 1968 / i 4 / LA PRESSE, 21 SEPTEMBRE 1968 àSj&r 0^-1], fpM ^«\u2022ÇÜiiWKv.i mB .m> ¦¦'V.raatt&Sa fÊÿ&fêm arV Saggs snmgi Vc> 41 ^ L'air d'avoir poussé de travers, comme ça, dans la rue.\".Aussi vieilles aujourd'hui qu'elles l'étaient dans le temps.\" Le vieux tait normand qui fai» le g roi doi derrière la grange de facture plus récente fait le lien entre nos aïeux et nous Au détour d'une route, on découvre de ces vieilles maisons enfouies dans la verdure et cernées par des clôtures de bois.Ce vieux manoir d'allure aristocratique a pr bablement abrité un seigneur français.du roi\u201d arrivant ici pour unir leur destinée aux jeunes colons et fonder ainsi les premiers foyers de la Nouvel le-Fran ce.Cette île, longue de dix milles et demi et large de cinq milles et demi, dont on fait le tour en un peu plus d\u2019une heure, vous l\u2019avez reconnue, c\u2019est l\u2019ile d\u2019Orléans.Notre intention n\u2019était pas de la visiter en touristes mais d\u2019y retrouver des souvenirs.Les quelques maisons sécu laires qui ont défié le temps et les vieilles églises qui ont vu se dérouler la vie des paysans aussi bien que celle des soi gneurs qu\u2019ils servaient.Ce vieillard qui passait devant l\u2019église de Saint-Pierre en ce matin ensoleillé de juillet, appuyé sur un bâton, est-il tellement différend de son aïeul?Dans cette même église, tous deux furent baptisés, se sont mariés, ont porté leurs enfants sur les fonts bapüs maux, puis plus tard leur ont donné le bras pour les oondui re à l\u2019hyménée.Et dans le petit cimetière blotti tout à côté, donnent les disparus dont les épitaphes portent des noms connus.La chaine se casse mais les maillons se soudent à nouveau et la vie continue.HE n\u2019est plus, depuis fort longtemps, l\u2019ile des sorciers, qui dansaient leur ronde infernale sur la grève au beau milieu de la nuit.Ce n\u2019est plus un lieu hanté par les esprits, les revenants et les feux follets, qui par leur mirage attiraient les gens dans les précipices.Ce n\u2019est plus, hélas! et qui s\u2019en souvient?l\u2019île de Bacchus couverte de vignes.Ce n\u2019est plus un fief des nobles seigneurs venus de France coloniser le pays au nom du roi.Ce n\u2019est plus la terre d\u2019élection qui accueillait les \u201cfilles «R ¦;r* **: ' > .swaji > lh fcy ¦ è ta foi» dns la matin éclatant da loltil.Cat hamata qui va, *oH-taira, [laiml dos ambra*, à quoi ri»a-t4IT i I I Dans la (ardln ràcbaaf fé par las pramiars rayons do solail matinal, la viaitla maisan guatta Le progrès envahissent Les vieux habitants de l\u2019ïle d\u2019Orléans voyaient d\u2019un mauvais oeil 'la construction du pont.Us appréhendaient l\u2019envahissement par l\u2019étranger avec ses autos bruyantes, empestant l\u2019essence, et toute cette faune qui viendrait chambarder leurs habitudes paisibles.Et pourtant, les plus anciens se rappellent ce que représentait la traversée à Québec, en canot ou en voiture sur la glace.\u201cÇa prenait quasiment une heure et quart, nous dit Mme Blouin, âgée aujourd'hui de 88 ans.Je m\u2019nappelie qu\u2019une fois, y avait phi au mois de mare.Une grosse pkiie, et y avait dTeau à moitié de la carriole.Dieu que j\u2019ai eu peur ! Ben sûr qu\u2019en été, avec le bateau, c\u2019était pas pareil.\u201d Le pont a donc apporté un progrès sensible en rapprochant l\u2019île de Québec.Un quart d\u2019heure au plus et nous passons d\u2019une rive à l\u2019autre, hiver comme été.Le progrès n\u2019entraîne pas toujours des effets aussi heureux.Je pense à la transmission de l\u2019énergie électrique.Dès la sortie du pont, en prenant la route qui mène à Saint-Pierre, qu\u2019est ce qui nous frappe en plein front?Les affreux pylônes installés en travers de l\u2019île par FHydro-Québec.Je ne nie pas les bienfaits de l\u2019électricité, j\u2019en veux seulement à ces monstres d\u2019acier qui déparent le paysage.Une autre résultante du progrès, c\u2019est l\u2019église moderne que l\u2019on a édifiée sur le terrain avoisinant la très belle église du XVIIIe siècle qui faisait l\u2019orgueil des paroissiens de Saint-Pierre.Celle-ci, désaffectée parce que trop exiguë sans doute, est réservée maintenant aux concerts.Elle pouvait subir un plus mauvais sort, direz-vous.C\u2019est vrai N\u2019empêche que ce voisinage m'apparaît comme une insulte à la tradition et à l\u2019esthétique.Une déception m\u2019attendait à Saint-Laurent.Je cherchais le vieux moulin que l\u2019on a transformé en centre d\u2019art.13 fallait le restaurer, soit, mais pourquoi l\u2019avoir mutilé?En lui enlevant sa roue à aube, c'est tout comme si on lui avait amputé un membre.Au chant des violons de l\u2019orchestre de chambre qui y joue chaque soir, il manquera désarmais le murmure de la chute d\u2019eau qu\u2019actkirmait la roue.A moins qu'on ne la remette en place une fois les travaux complétés .Et ces vieilles maisons, que l'on reconnaît à leur toit pointu, mais qui ont masqué l\u2019outrage des ans derrière une peinture aux teintes criardes.A quelques-unes, on a ajouté des festons, un auvent en plastique, on a remplacé les portes de bois par des plus \u201clégères\u201d en aluminium.Tout un attirail qui, en voulant les rajeunir, les trahit.Restent les authentiques, les survivantes d\u2019une époque révolue, bien conservées, dont le charme empreint d\u2019une certaine gravité un peu nostalgique nous fait dire tout bas: \u201cComme il ferait bon vivre ici!\u201d Mais voilà que les affiches publicitaires et les panneaux-réclame nous arrachent à notre rêve.Quoique, pour être honnête.Je mauvais goût est moins flagrant à Pile que dans divers coins de nas Laureotides.Disons que le visiteur est moins choqué.Un reste de pudeur chez les insulaires?.Elles avaient poussé de travers Plusieurs des vieilles maisons ont disparu mais, en cherchant bien, on en découvre de très belles, dans chacune des six paroisses.Je dis \u201cen cherchant\u201d mais, en réalité, ou risque la plupart du temps de frôler leurs murs de trop près.Elles ont l\u2019air d\u2019avoir poussé comme ça, de travers, dans la rue, et pour cause: les routes furent tracées longtemps après leur construction.Elles -.'\u201caient à l\u2019époque en plein champ et l\u2019expropriation a été la cause de la disparition d\u2019un bon nombre d\u2019entre elles.L\u2019une des plus anciennes actuellement se trouve à l\u2019extrémité de la paroisse Sainte-Famille.Elle date de près de 300 ans et elle est la propriété de M.Cyrille Drouin qui y vit avec sa soeur.\"C\u2019est plus comme dans le temps.Y a un hôtel à côté puis ben souvent mon frère est obligé d'aller conduire des hommes en boisson.On n\u2019a plus not\u2019 tranquillité.\u201cA part de ça, on est dans la \u201ccurve\u201d puis on est la cause de ben des accidents.Puis la neige, l\u2019hiver, ça monte jusqu'au toit.On a eu des offres de la voirie pour être expropriés, puis aussi de la Société des monuments historiques, qui nous payerait 60 p.100 des frais pour la restaurer.Tout\u2019 craque de* partout.Moi, je laisserais tout aller à part les poutres et les portes.\u201d Elle connaît 1a valeur de son bien, Mlle Drouin.Mais elle ne sait vraiment plus quelle solution choisir.U faut dire que 1a maison se ressent du poids des ans, qu\u2019il y fait si sombre que des habitants de l'ile rencontrés dans une épicerie-restaurant nous ont avoué qu\u2019ils auraient peur de \u201crester là\u201d.Une vingtaine de ces vieilles maisons ont été démolies afin de céder la place à des routes.Le progrès se moque bien de la sentimentalité.Parmi celles qui restent, il en est de splendides.Desquelles on a envie de dire qu\u2019\u201ceües sont aussi vieilles aujourd'hui qu\u2019elles l\u2019étaient dans le temps\u201d.Je pense d\u2019abord ' IA PRESSE.2! SEPTEMBRE W68 / 5 6 / IA PRESSE, 21 SEPTEMBRE 196B ;£2$ï.tfî- î l*OuRRrnJ& l>dua cm*tS toi, ma petite sauvageonne.si digne et pleine de fierté?Tu grimpes sur mes genoux et me regardes.tu repousses mon livre de ta petite patte douce, mais têtue?Alors, viens.on va prendre ton bol.une cuillère.et la boîte qui porte l\u2019image d\u2019une chatte, qui te ressemble d\u2019ailleurs.C\u2019est ravissant de te voir faire la fine bouche.humer.puis goûter.avide mais si délicate, voulant être sûre avant de manger.Comme si j\u2019oserais tromper une petite chatte aussi rusée que toi.Maintenant présentées sons on nouveaq format pratique.Les trois délicieuses recettes du Dr Ballard\u2014boeuf et foie, poulet, poisson entier\u2014sont présentées dans un nouveau contenant de 6 oz en plus du format connu de 15 oz.Un nouveau format pratique, trois délicieuses recettes, une nourriture parfaitement équilibrée.En voilà assez pour que votre chat vous fasse patte de velours tous les jours.lutinai ^iauv|uw, uuu uw*j- Dr Ballard mm , .- - 1 je-ss?Dm niqua 6 l'hUtoira .La prêtant qui raflàte le pesta.Un monument fait érolre moderne nous renvoie l'image da In vieille êglita de Saint-François.au manoir Mauvide-Genest, à Saint-Jean, qui a conservé touu sa beauté.Bien-qu\u2019il remonte à 1734, U reste droit conne ur chêne, regarde toujours le fleuve de son oeil altier, et à la brunante, on doit voir errer dans le porc l\u2019ombre de Jean Mauvide, chirurgien qui, en 1752, devint seigneur de la moi tié de l\u2019fle d\u2019Orléans.Le manoir, connu de nos jours comme la propriété du juge Pouliot, est classé monument histonqu» et on le visite comme un musée.D\u2019autres maisons ont également retenu notre attention Les maisons Simard, au bas de la falaise, à Saint-Laurent Impeccablement blanches, elles ont ce charme désuet d\u2019une vieille dame très digne et encore belle sous son bonnet de dentelle.La couleur originale de la pierre disparaît sous la peinture, il est vrai, mais Aa structure est bien celle des an ciennes constructions françaises bourgeoises.>5»Vi i.-v ¦ r-i - *^ '»'-' *-T Bien des rêves se réalisent avec un prêt de la Banque de Commerce.Jacques, par exemple, a sa fougueuse sportive.Quels que soient vos désirs: auto, appareil photo, bateau ou tapis, comblez-les grâce à un prêt bancaire de la Banque de Commerce.où Ton commit bien son monde.C\u2019est un autre service confidentiel de la Banque de Commerce.BANQUE DE COMMERCE Tir CANADIENNE IMPÉRIALE Et pourquoi pas ! Si Maisonneuve avait voulu.Le bois, autour des carreaux des fenêtres, est mordoré, bien astiqué ainsi que ce fui des portes.Pas une faute de gotlt dans èa rénovation de ces habitations.On les entoure au respect dû à leur âge et à leur rang.D\u2019autres maisons sont aussi anciennes mais plus modestes.Celle de M.Almanzar Blouin, par exemple.A 83 ans, M.Blouin va encore aux champs, comme nous l'a expliqué sa femme : \u2014 Vous savez, y s'est jamais envoyé ben fort, c'est pour ça qu\u2019y est encore bon! EHemême a 88 ans.Ses jambes refusent de la porter comme autrefois, mais elle est demeurée d'une lucidité désarmante.\u2014 Moi, Madame, j\u2019ai travaillé plus fort que mon mari.J\u2019ai eu à part de ça 13 enfants vivants, quatre qui ont eu le temps d\u2019être baptisés avant de mourir, et quatre fausses couches.Faites le compte, ça fait 21 grossesses.Inutile de lui demander ce qu\u2019elle -pense de la pilule, de l\u2019encyclique du y m Le cirage\u2019Nugget* Brillant.N\u2019oubliez pas d'utiliser Nugget dès aujourd\u2019hui! pape.\u2014 Ça nous faisait pas mourir.Moi, j\u2019suivais les hommes aux champs à la journée.J\u2019trainais les petits derniers dans wax shoe polish frl.ick noir Nugget Cette faeltre encoitréo doue det more tri» épais ferait oejeeréliel l'effet d'etre nteeiti lit e .Avis à tout ancien combattant de la Seconde Guerre Mondiale et de la campagne de Corée Le 31 octobre 1968 est la date limite pour Obtenir l\u2019admissibilité aux avantages de la loi sur les terres destinées aux anciens combattants.Souscrire une police d\u2019assurance d\u2019ancien combattant.Utiliser le crédit de réadaptation.Demander la gratification de service de guerre outre-mer.GO >0 O «/) C* Si vous voulez obtenir de plus amples renseignements ou présenter une demande quant aux avantages ci-dessus mentionnés, veuillez écrire au: Ministère des Affaires des anciens combattants Ottawa 4, Canada ou à tout bureau de district du ministère au service de votre région.Publication autorisée par l\u2019honorable Jean-Eudes Dubé, C.P.Ministre des Affaires des anciens combattants.une boîte et les installais dans le champ pendant que je tra vaillais La terre a à peu près 31 arpents et demi de large et 3 milles de long.Là, on vient de creuser un puits et on fait poser une pompe électrique.Si Montréal était à Tile d'Orléans Que serait-il arrivé si M.de Maisonneuve avait accepté l\u2019offre du gouverneur de Montmagny et avait fondé Ville-Marie sur l\u2019ile d\u2019Orléans au lieu de 111e de Montréal?Parce qu\u2019on craignait une recrudescence des attaques des Iroquois.Chose certaine, la face du pays aurait complètement changé.Doit-on féliciter M.de Maisonneuve de son sens de l\u2019honneur?Sait-on, d\u2019autre part, que les Anglais ont occupé l\u2019ile en 1759 et que tous les habitants durent l\u2019évacuer pour se réfu gier à Gharlesbourg?D\u2019Iberville les a alors bien vengés lors qu\u2019il est revenu combattre les envahisseurs et leur reprendre le Fort Nelson, à Argentenay, à la pointe est de l\u2019üe.Di sons que l\u2019illusion était réussie au point de réveiller des res sentiments dans le coeur des Québécois.Le nom d\u2019Ile aux trésors ne serait pas exagéré en parlant de l\u2019île d\u2019Orléans.Ou plutôt, celui de l\u2019île aux souvenirs serait plus approprié.Tant d\u2019ombres la peuplent.Si on écou tait son silence à la tombée de la nuit, on entendrait les voix de tous ceux qui ont bâti ce pays.Depuis Jacques Cartier, le seigneur de Roberval, Mère Marie de l\u2019Incarnation, fonda tri ce de l\u2019Hôteâ-Dieu de Québec, qui y passa une nuit, Mgr de Laval, fondateur de l\u2019Université de Québec, qui en fut l\u2019un des propriétaires, en passant par les seigneurs et gouverneurs de la Nouvelle-France, jusqu\u2019à l\u2019occupation anglaise.On oublie toutes les péripéties qui ont jalonné son exis tence.Quand on en fait le tour, on imagine mal que nie fut un jour une colonie pénale, un lieu d\u2019exil et de détention pour les délinquants.Quant aux estivants, qui ont choisi la plus luxuriante des paroisses, Sainte-Pétronille, rien ne leur rappelle qu\u2019il y eut là jadis un chantier naval, vers 1744.Nul n\u2019ignore que la terre de l\u2019ile d\u2019Orléans est renommée pour la richesse de sa culture.Les cultivateurs savent-ils que le roi décernait le titre de \u201cNoblesse de la charrue\" aux possesseurs de la même terre pendant 200 ans?Que les familles qui donnaient 10 enfants à l\u2019Etat recevaient un présent du roi, et que, dans les cérémonies publiques et les processions, on leur donnait la préséance?Autres temps, autres moeurs, a-t-on envie de répéter.Si la terre reste fertile, les bras pour la bêcher, la labourer, l\u2019ensemencer, sont plus rares.Et où sont les grands champs de fraises \u2014 les fameuses fraises de i\u2019fle d\u2019Orléans7 Elles sont menacées de disparition.\u201cOn les remplace peu à peu par des champs de patates, nous dit Mme Blouin.Les acheteurs veulent pas payer le prix que ça vaut.\u201d Les églises les plus anciennes Elles sont là comme de vieilles sentinelles.Les plus anciennes des églises du Québec sont à l\u2019ile, je crois.Celle de Saint-François date de 1634.Après, viennent celles de Saint-Pierre et de Sainte-Famiüe.L\u2019angélus de midi sonnait au clocher de Sainte-Famille lorsque nous sommes arrivés dans la paroisse.Le sacristain, qui a 70 ans, sonne encore la cloche au moyen d\u2019une grosse corde.Il a vu brûler l\u2019ancien couvent et a même aidé à sauver les objets ayant appartenu à Marguerite Bourgeoys, la fondatrice de la Congrégation Notre-Dame, en 1653.A l\u2019intérieur de l'église, je me suis assise dans le banc seigneurial, qui est maintenant celui des morgullliers.Ici, comme à Saint-Pierre et à Saint-François, tes lignes sont pures, et la patine du temps confère à la pierre cette beauté qui fascine et impressionnerait le plus récalcitrant des profanes.Et ces fins Clochers qui s\u2019élancent comme des flèches dans le ciel.Ils sont le point de repère de chaque carrefour.Depuis le temps qu'ils donnent le signai du rassemblement à chacune des petites communautés pour marquer les événements importants de la vie! Qu'elles carillonnent la joie ou sonnent le glas, les cloches sont intimement liées à tous les souvenirs, du plus lointain des âges.A une certaine distance de l\u2019église, dans chaque paroisse, on fait la découverte d\u2019une petite chapelle dite de procession.C\u2019était le reposoir de la Fête-Dieu, ou la halte du pèlerin.L\u2019île d\u2019Orléans, à l\u2019instar de la Bretagne, possède aussi ses croix du chemin et ses calvaires, notamment celui de Saint-Laurent, que le peintre \u201cattitré\u201d de l\u2019He, Horatio Walker, a fixé sur la toile.La croyance très vive et très profonde des premiers calons survit ainsi en dépit des vents et marées.L\u2019Be d\u2019Orléans, si elle est dorénavant «ortie de la légende, n'en demeure pas moins te symbole constant de la rie française au Québec.On en fait le tour, on s\u2019y arrête, et on emporte avec soi un peu de son âme sereine.Comme de vieilles sentinelles.SBWWU^H1.^ La semaine N.J.THOMAS, Jr.de la 3ème génération des Thomas à diriger les 40 bureaux de la fameuse organisation d'experts capillaires.\u201cProtection des cheveux9\u2019 commence lundi à Montréal vil mmÊÈÊ Trois spécialistes prêtent leur appui à la méthode THOMAS 1« Le gérant dm la diniqve THOMAS, \u2022xpmri copillairm hautement compétent, vous mxaminm avant chaque traitement pour vérifier et t'assurer personnellement des progrès réofh 2.Le bactériologiste analyse des spécimens de \"sebum\" prélevés sur votre cuir chevelu, pour déterminer toute présence de micro-bocilles, et soumet au médecin un rapport sur ses cultures boctériolo- Le médecin étudie les rapports du gérant de la clinique et du bactériologiste pour déterminer les éventuelles améliorations obtenues et en modifier les traitements par I' emploi de nouvelles formules.C\u2019est lundi que débute, dans cette ville, la semaine \u201cProtection des cheveux\u201d, sous les auspices des fameux experts capillaires THOMAS, de renommée mondiale.Lors de notre interview, M.N.J.Thomas, Jr., gérant de l\u2019organisation Thomas, nous en trace le programme : \u201cEnviron 12 millions de personnes sont déjà chauves ou en voie de perdre leurs cheveux.La semaine \u2018\u2018Protection des cheveux\u201d est consacrée à ces milliers d\u2019hommes qui, faute de connaissances des traitements appropriés, ne peuvent combattre les causes locales de la calvitie.Les spécialistes THOMAS appliquent ces traitements de \u201cprotection\u201d quotidiennement dans leurs 40 cliniques.Le traitement Thomas dépiste les causes locales de pellicules, démangeaisons, chute de cheveux et calvitie\u201d.Durant la semaine \u201cProtection «les cheveux\u201d, la clinique THOMAS offre un traitement d\u2019essai de 30 minutes, à moitié prix du tarif régulier.Cette offre vous est accordée en vue de vous prouver l\u2019efficacité de ce traitement, appli«|ué avec succès depuis 40 ans \u2014 et aussi vous démontrer comment il peut aider à se débarrasser «les pellicules, à localiser les causes de la chute des cheveux et de la calvitie.\"\u2018Comment réalisons-nous cela ?En premier, nous éliminons de nombreux troubles locaux qui empêchent la pousse normale des cheveux.Pellicules et démangeaisons du cuir chevelu sont des symptômes typiques de plusieurs de ces désordres.Nous appliquons alors nn procédé moderne et stimulant, la thermolyse, avec le concours d\u2019autres méthodes thérapeutiques reconnues.THOMAS accepte seulement les gens qui lui semblent aptes d*en bénéficier.\u201cVotre chance de combattre la calvitie est augmentée, grâce aux nouveaux traitements Thomas administrés sous la surveillance de trois spécialistes.D\u2019abord, vous consultez personnellement un expert Thomas (sans obligation de votre part).Ensuite, le résultat de l\u2019examen est transmis an directeur médical Thomas.Il est aidé par des rapports fournis par un bactériologiste, «jui analyse des spécimens de \u201csebum\u201d de votre cuir chevelu.Le traitement THOMAS que vous recevrez est basé consciencieusement sur le rapport conjoint du directeur médical et du bactériologiste.\u201cAvec ces services expérimentés, à votre portée, dans votre ville, il est inconcevable qu\u2019un homme se résigne à la calvitie, sans essayer un traitement THOMAS pour arrêter la chute de ses cheveux et en stimuler une pousse plus abondante.\u201d CONSULTATION SANS FRAIS NI OBLIGATION Venez ou téléphonez aujourd\u2019hui même pour un rendez - vous.Dites simplement que vous désirez voir le spécialiste Thomas.H vous démontrera comment THOMAS peut vous aider à combattre positivement les causes locales de calvitie et de perte de cheveux.Les hommes et les femmes sont acceptés pour traitement.Les traitements à domicile sont disponibles pour nos clients en dehors de la ville.Nos 2 cliniques sont situées : EN VAILLE : suite 637, Edifice Carré Dominion, 1010 ouest, rue Ste-Catherine \u2014 tél : 866-3041 et à la PLAZA ST-HUBERT: Suite 309, Edifice Lombank, 6339, rue St-Hubert \u2014 Tél: 274-3501.Ouvertes de 11 h.a.m.à 8 h.p.m.et les samedis de 10 h.a.m.à 3 h.p.m.Le Stationnement est gratuit.LA PRESSE, 21 SEPTEMBRE 1968 / 9 10 / TA PRESSE, 21 SEPTEMBRE 1968 \u2022 'Tïi! SfâëZ ¦'ïyirJ- v^ià.vs:' SNOUV Ü&Dr EUNESSE PLAQUEE OR CEUX DE LA onacn &//r&4 fond CIGARETTES BOUT?.UNI ou FILTRE êmimuiTmmià Elles ont 16 ans.On les a prises en flagrant délit, et les voici en larmes, affolées, leur sac grand ouvert dans le bureau des \u201cinvestigations\u201d du magasin.Il y a des livres, des disques, des colifichets, un transistor .une dizaine d\u2019objets volés.Profession du père : courtier; avocat.Il a 16 ans.Il vient d\u2019être accusé de vandalisme, la police l\u2019a arrêté à sa sortie du collège.Profession du père : gérant.Il y a les nouveaux riches, voici les nouveaux délinquants, ceux de 1* jeunesse dorée, ou plaquée or.Leur adolescence s\u2019écoule hors des conditions qui favorisent habituellement la délinquance et la criminalité : ils ont tout ce qu\u2019il leur faut et plus encore \u2014 la soupe et le dessert, et souvent du dessert à deux reprises.Ils ne connaissent ni la misère, ni l\u2019insécurité, ni la promiscuité.Leur mère a sa voiture, ils ont leur chambre.avec leur phono, et des livres sur deux pans de mur.Us vont dans de bonnes écoles.Leur père va y envoyer à l\u2019u- Ici.et ailleurs Or, la tendance qui est en train de se manifester ici, c\u2019est que la délinquance juvénile, stable dans les milieux défavorisés, s\u2019accroît dans les milieux aisés de la classe moyenne et de la bourgeoisie.Ici?.Oui, mais ailleurs aussi.Aux Etats-Unis, ce phénomène est apparu clairement dès les années 50.En Angleterre, au Japon, en Suède, et (à un moindre degré) en France, même chose.Dans les pays de l\u2019Est, en Pologne particulièrement, on assiste à la naissance d\u2019une tendance analogue : ce sont les fils des technocrates, des dirigeants du parti, qui sont les blousons dorés.A l\u2019ouest comme à l\u2019est, dans îles pays \u201cavancés\u201d jouissant d\u2019une certaine prospé- le directeur du département de criminologie de l'université de Montréol, M.Denis Szabo : \"La délinquance, stable dans les milieux défavorisés, s'accroît en milieu aisé.\" Ils ne connaissent ni la misère, ni l'insécurité, ni la promiscuité Et pourtant, ils ont inventé une nouvelle forme de délinquance PAR LYSIANE GAGNON niversité, et peut-être leur laisser sa clientèle.\u2014On a tout fait pour lui .\u2014 Sans doute Lavez-vous trop gâté ?Ça doit être cela.Attention, pas si vite.Le phénomène a trop d\u2019ampleur pour se réduire à une explication aussi superficielle.\u2014 Les parents, peut-être, ne s\u2019entendaient pas.Parfois, l\u2019insécurité psychologique a des conséquences plus néfastes que la misère matérielle.C\u2019est vrai, mais pas toujours : ça dépend des cas.Il y a dans une société des tendances qui ne tiennent pas uniquement à des facteurs d\u2019ordre individuel.Vous le savez.vos amis aussi.6URROU(jH I IMITÉ D l ON DON f nGl* CONTENTS 25 OUNCES Beefeater Distillé à Londres depuis plus d\u2019un siecle.Le \u201cdry gin\u201d qui se vend le plus au Québec Ils tout ont leur il faut ce qu le la et soupe dessert du et souvent deux dessert a reprises Il existe une différence réelle entre un London dry gin\u201d ordinaire et un \u201cdry gin\u201d qui vient vraiment de Londres.Beefeater: le \u201cdry gin\u201d doux au goût raffiné.Vive la différence ! nL a 17 ans.Il n\u2019a pas une tête à aller en prison.Bien habillé, courtois, cultivé.Bizarre tableau, le voici encadré de deux policiers.Il vient de voler \u2014 d\u2019\u201cemprunter\u201d, dit-il \u2014 une voiture.Profession du père : médecin.LA PRESSE, 21 SEPTEMBRE 1968 / 1 1 12 / IA PRESSE.21 SEPTEMBRE Un monde à lui, rempli de signes que ses parents n'arriver ont pas à déchiffrer.rite, les classes dominantes commencent à secréter leur type particulier de délinquance Il y a là de quoi bouleverser les théories traditionnelles sur la criminalité Des taudis aux bungalows On avait toujours estimé, en effet, que la délinquance était Je fait des couches sociales défavorisées.La solution, alors était simple à définir sinon à appliquer il s\u2019agissait d\u2019éliminer les causes de la de linquance.en effectuant les transformations politiques, économiques et sociales qui merttraient fin au chômage, assureraient à tous la possibilité de s\u2019instruire, rénoveraient l\u2019habitat, amélioreraient les conditions de vie des citoyens, etc.En somme, on réduirait sensiblement la criminalité en éliminant la misère et le sous-développement, les classes \"margma S les\" participeraient à la prospérité générale.et le reste de la criminalité (troubles caractériels, psychopathie) serait l\u2019affaire des psychiatres On n\u2019avait pas tort : à la délinquance de type traditionnel, issue des milieux \u201claissés pour compte\", correspondent des solutions d\u2019ordre socioéconomique.Mais alors, comment expliquer le fait que d\u2019autres formes de délinquance sont en train de se manifester dans des milieux favorisés, chez les consommateurs des classes moyennes occidentales?Dans le confort des bungalows et des \u201csp4it-le- vels\u201d.dans la calme opulence des banlieues \u2014 même si c\u2019est souvent une opulence acquise à crédit \u2014 surviennent aujourd\u2019hui de nouvelles formes de délinquance.et c\u2019est une délinquance plus agressive, plus trouble, moins explicable à première vue.du moins selon les schémas traditionnels Les nouveaux consommateurs \u201cLes jeunes que vous trouvez à Bordeaux et à Saint-Vincent-de-Paul, dit le professeur Denis Szabo, directeur du département de criminologie à l\u2019Université de Montréal, sont encore en majorité des produits de la misère.Mais U y en a d\u2019autres.qui incarnent une nouvelle forme de déviance provoquée par une société nouvelle.la société post-industrielle, la société de consommation.\u2019 Ce n\u2019est déjà plus uniquement une question de classes sociales.On pourrait dire, au mépris des nuances qui s'imposent.que c\u2019est une question de classes d\u2019âge, et que les criminologues ont main tenant affaire à des adolescents qui.quel que soit leur milieu social, se ressemblent de plus en plus, se trouvant soumis aux mêmes contraintes psycho-culturelles.M Szabo s\u2019intéresse à ce problème depuis plusieurs années déjà, et une partie des recherches qui se font au département portent sur \u201cles nouveaux délinquants\u201d : quel est leur comportement, et plus profondément, pourquoi agissent-ils de la sorti', d où vient leui inadaptation à l\u2019ensemble de la société, quelles sont leurs valeurs propres (cest-à-dirc comment perçoivent-ils par exemple Tautorité.l\u2019avenir, les loisirs, etc ).Sous la direction de M.Szabo, trois criminologues, qui poursuivent leurs études en vue d\u2019un doctorat.Mlle Thérèse Limoges et MM.Denis Gagné et Marc Leblanc, ont entrepris l\u2019an dernier un long travail de recherche sur la moralité adolescente.La recherche, partiellement financée par le Conseil des arts, devrait être terminée en 1969, mais ses auteurs peuvent déjà en tirer certaines conclusions ÎS triilu»lu|u»i, puuntrhmrt luur étude «ur les nosrusux MM.Marc LeMaac et Deals déliaqaaats.Ella m 'mm ¦ ¦ Une protestation contre la bonne conscience de la société de masse.relies inhérentes aux sociétés post-industrielles tendraient à (aire de la jeunesse une sorte de \u201cclasse\u201d avec sa propre culture, ses institutions, ses modes, son langage, ses valeurs, et que, les différences entre les classes sociales s'amenuisant de plus en plus, les adolescents seraient soumis aux mêmes contraintes, sensibles aux mêmes objectifs.M.Szabo étudie depuis 1965 l\u2019inadaptation (qui mène à la délinquance) dans cette optique.\u201cOn se réfère ici, dit-il, à des facteurs psycho-culturels, en faisant abstraction de la classe sociale.\u201cDe la naissance à l\u2019entrée dans la vie adtdte, l'individu subit des influences successives.D\u2019abord, celle de ses parents.Ensuite, celle de ses pairs (amis, camarades, gens du même âge), de l'école, de la télé, etc.\u201cAu cours de cette période, où l'adolescent est soumis à toutes sortes de pressions contradictoires ainsi qu\u2019à la poussée de la puberté, l'influence parentale est atténuée, effacée, c\u2019est comme un banc de sable que la mer recouvrirait.C\u2019est une période d'expansion sans cadre, sans contrôle.Bien sur, l\u2019adolescent est encore encadré par certaines institutions, l'industrie par exemple, qui lui impose par voie de sollicitation ses modes, sa musique, ses posters.Mais c\u2019est un contrôle beaucoup plus diffus que celui des parents, et qui n\u2019implique pas de sanctions.\u201cC\u2019est à ce stade que les jeunes bourgeois et les jeunes ouvriers se rejoignent.C\u2019est au cours de cette période que se manifeste ce qu'on appelle la délinquance juvénile.\u201cVient ensuite ou le service militaire ou l\u2019entrée sur èe marché du travail.C\u2019est l\u2019adaptation au monde adulte, le retour aux valeurs traditionnel!^ transmises par les parents Une société bouleversée \u201cOr, cette étape survient de plus en plus tard, à cause de la prolongation de la scolarité obligatoire, n se produit en outre une influence des adolescents sur leurs parents, d\u2019autant plus grande que les premiers sont plus instruits.La nature même de la société de masse exige de ses membres la conservation de certains caractères juvéniles de malléabilité, de disponibilité (qu'on pense simplement au fait que dès aujourd\u2019hui, un individu doit s\u2019attendre à changer plusieurs fois de métier,,qu'il sera soumis à l\u2019obligation constante de se recycler, de se réadapter).\u201cL\u2019un des résultats de ce bouleversement des valeurs, c\u2019est que les parents n\u2019ocî plus autant qu*auparavant des modèles précis, stables, structurés, à présenter à leurs enfants.Par exemple, les modèles traditionnels (le notable, le curé, l\u2019avocat) ne correspondent plus aux besoins réels de la population étudiante, qui vit dans l\u2019univers de la technique, des sciences sociales et des sciences exactes.\u201cNotre société est devenue très fragile, d\u2019autant phis qu\u2019au Canada français, nous n'avons pas suivi les étapes des so-ciétés européennes: l\u2019industriali.sartion s\u2019est produite tout d\u2019un cots>, en une génération, et les fils des bûcherons, des fermiers, se sont retrouvés au cours secondaire.Nous sommes passés brusquement d\u2019une société traditionnelle à une société de classe moyenne.\u201cIl va de soi, alors, que les tensions entre les adolescents et les adultes sont encore plus fortes, et que les jeunes ont de plus en plus de difficultés à s\u2019adapter à la \u201csociété\u201d, qui est encore dominée par les valeurs traditionnelles.\u201d - \"Ça leur passera avec l'âge.\" L\u2019inadaptation.On pense aux \u201chippies\", aux bandes de motards, aux manifestations étudiantes violentes, anarchiques : ces trois phénomènes ne se comparent pas, ne sont pas du même ordre, mais se pourrait-il qu\u2019ils prennent leur source dans une même difficulté à s\u2019adapter à la société \u201cadulte\u201d?Autre question, dans quelle mesure ces mouvements (extrémistes au sens littéral du terme) sont-ils représentatifs de l\u2019ensemble de la jeunesse?.Les criminologues de l\u2019Université de Montréal sont peut-être en train de prouver qu\u2019il y a concordance étroite, au niveau des attitudes profondes, entre ceux qui agissent et ceux qui se \u201ctiennent tranquiMes\u201d.On aurait tort, en tout cas, de ne voir dans le comportement des adolescents que l\u2019\u201chistoire répétée\u201d, et de dire : de mon temps, c\u2019était les beatniks, la jeunesse est toujours pareille, ça leur passera avec l\u2019âge.La société a changé, s\u2019est bouleversée.Or, soulignent MM.Szabo et Gagné en parlant de la moralité adolescente, \u201con essaie de comprendre le comportement des nouveaux \u201cdéviants\u201d à l\u2019aide des explications classiques de la délinquance juvénile, on assimile la révolte des jeunes à la crise traditionnelle de l\u2019adolescence sans réaliser que cette déviance et cette révolte se produisent dans des cadres et avec des acteurs différents, et que leurs manifestations, bien que prenant parfois la forme de délits classiques, relèvent plutôt d\u2019une profonde inadaptation.Le prix de l'opulence \u201cIl semble, poursuivent-ils, que l\u2019inadaptation est une protestation globale contre ce que la société post-industrielle offre aux jeunes, une protestation contre la \u201cbonne conscience\u201d de la société de masse.Aux yeux des jeunes, cette dernière offre l\u2019opulence, le bien-être, mais permet difficilement le bonheur.\u201cQuoi qu\u2019on dise de la société des loisirs, cette vie confortable, cette opulence n\u2019est pas donnée gratuitement.Les années de formation scolaire et technique, les exigences de la spécialisation exigent des jeunes une ascèse au terme de laquelle ils devront affronter la compétition sur le marché du travail.\u201cQueHe est leur réponse à cette situation?Ne trouvant pas dans la société de masse la réponse à leurs aspirations, un idéal capable de mobiliser leurs énergies, ils se tournent vers un retour à le nature, aux relations humaines authentiques, contre les relations de rôles que leur propose cette société.\"Cette aspiration n\u2019est pas toujours explicite chez les jeunes, car eux-mêmes ne savent pas bien ce qu\u2019ils cherchent, ils ont du mal à saisir l\u2019objet de leurs aspirations .(Au cours des recherches dans ce sens), on obtient la plupart du temps des clichés, et c\u2019est dans les conduites mêmes de ces jeunes qu\u2019il faudra chercher les réponses.\u201d
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