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Titre :
L'union des Cantons de L'Est : journal politique, industriel, littéraire et agricole
Éditeur :
  • Arthabaskaville :Antoine Gagnon,1866-1969
Contenu spécifique :
jeudi 3 janvier 1867
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Union (Arthabaska, Québec)
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L'union des Cantons de L'Est : journal politique, industriel, littéraire et agricole, 1867-01-03, Collections de BAnQ.

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lere.Année.U'USUl :MÏT U.¦hhbbm ANTODTE GAGNON, Editeur.ïitofcM aSTotue Foi, Xos i/o Langîie et jNTos Institutions.No.4.mm %æs:l mm-m «ht u.0, CARON et L.G.HOULE, Rédacteurs, Y.Les inconvénients lie l'Incrédulité, Heureux, trois et quatre fois heureux ceux qui croient !.Les pas du vrai croyant ne sout jamais solitaires.Un bon Ange veille à ses cotés.Il lui donne des conseils dans ses songes ; il le défend contre le mauvais ange.Ce céleste ami lui est si dévoué, qu’il consent pour lui à s’exiler sur la terre.Chateaubriand.Un écrivain, qui n’a pas livré son nom au public, a publié, dans une revue périodique (1), une aventure que nous citons ici sommairement, avec le regret de ne pouvoir nommer l’auteur.Un voyageur français, nommé M.Reigny, devait se rendre de Rome à Naples pour ses affaires.C’était au mois de juin de l’année 1818.Ce voyageur était un homme déjà vieux, de petite taille et d’une figure dominée par uüc expression de pédanterie.Il était vêtu à la mode française du dernier siècle.Il avait le chapeau à trois cornes, l'habit rond, des culottes courtes, les bas chinés et les souliers à boucles de nos pères.Une légère .queue bien poudrée, et soigneusement entourée d’un ruban noir, se jouait sur son épaule ; enfin il écorchait l’italien.Il était conduit par un voiturin.C’était alors la meilleure manière de visiter l'Italie.La voiture roulait tranquillement sur la belle route de Rome à Terracine, à travers les marais Pontins.Allé s’avançait ainsi à l’heure la moins sûre de la journée; car c’était ordinairement sur le midi que les brigands d’alors se mettaient en embuscade pour détrousser les passants.Le voyageur que nous venions de.dé.ignev -if seul avec Georgino.son voiturin, qui sommeillait sur sou coussin de cuir.“ Tout à coup Georgino fut tiré de son état de somnolence par un choc assez fort qu’éprouva la voiture en s’arrêtant.—Allons, la Capitana, dit-il à sa haridelle, sans même ouvrir les yeux.—-Mais la capitana, au lieu d’avancer, recula sensiblement en arrière, leva les oreilles et parut décidée à ne pas passer devant un bouquet de saules qui était sur le bord de la route.—Marche, dit encore le voiturin en élevant la voix et en agitant légèrement son fouet ; marche, Capitana la bella ?tu auras de l’avoine à Bocca di Fiume, et je t’achèterai de beaux grelots argentés à Terracine, si tu ne fais pas la peureuse.—Qu’est-ce ?demanda le voyageur qui pensait à chaque moment voir sortir du milieu des roseaux la gueule évasée du tromblon de quelque brigand.—C’est la Oapîtana qui a peur signor francesse, répondit le voiturin ; elle se souvient encore du jour ou elle reçut nn coup d’escopette, qui partit du milieu de ces arbres, la poveretta.“ Par saint Janvier ! marcheras-tu ?ajouta-t-il d’une voix plus forte et presque colère.“ Alors la Capitana reprit tram quillement son allure ordinaire et avança même assez rapidement, en se rapprochant autant que possible de l’avenue pour y trouver une ombre plus épaisse.“ Le voiturin ne dit rien, mais il regarda le Français avec un air important.—Croyez-vous, dit le voyageur d’un ton dédaigneux, que c’est votre saint Janvier qui a fait surmonter sa frayeur à votre Capitana ?Pauvre ignorant !.“ Reigny était un de ces philoso-phailleurs du dix-huitième siècle, dont il nous reste encore quelques-uns, déjà rares pourtant.“ L’Italien ne répondit pas aussitôt : il récitait une oraison à saint Janvier.—Signor francesse, dit-il à Reigny quand l’oraison fut terminée, comment pouvez-vous douter delà puissance de saint Janvier ?je vous citerais des miracles à en remplir des (1) Le Magasin catholique illustré.Année 1851, p.229.livres.—Et que prouve cela ?dit l’incorrigible philosophe qui retombait dans ses argumentations et ses déclamations ordinaires ; que prouve cela, sinon que vous vous vous laissez tromper, vous, foule trop crédule, par les momeriés, par les prestiges dont vous entourent les hommes intéressés ?—Tout ce que je comprends la de dans, signor francesse, dit Georgino, c’est que vous ne croyez pas que saint Janvier fasse des miracles.U serait dangereux peut-être de dire cela à d’autres qu’à moi* car nous n’aimons pas à voir déprécier les saints de notre pays lorsque nous ne déprécions pas ceux du vôtre.Mais je vois bien que vous ne connaissez pas les éclatants bienfaits que nous recevons du Ciel par l’in-tercesssion de l’illustre saint Janvier, le patron des Voyageurs.—-Bail i fit le philosophe d’un ton méprisant, que l’air de tolérance du voiturin l’engageait à ne plus céler, les voyageurs ne se soucient guère de ce patronage.Pauvre peuple, continua-t-il, que l’on amusé ainsi .§: | “ Puis il parut décidé à ne rien dire de plus à Georgino, qu’il croyait sans doute indigne de l’écouter ; et il se préparait à se reposer tranquillement au fond de la voiture, quand le conducteur lui dit d une voix rude :—Yoici une montée, si.gnor : quittons un moment la sediola et marchons un peu ; la Capitana se fatiguerait de nous traîner jusque là-haut.“ Quand Georgino parla ainsi, il avait un air grave, et sa physionomie, ordinairement si ouverte et si franche, portait U es traces évidentes d’altération.Us descendirent tous les deux : le voiturin avait pris son tromblon.Ils commencèrent à marcher côte à côte, en silence, La Capitana les suivait immédiatement.—Ne trouvez-vous pas, signor, dit Georgino au bout d’un moment, que ce serait là nn endroit admirablement choisi pour depouillir les voyageurs ?Regardez, on n’aperçoit pas un être vivant, aussi loin que la vue peut s’étendre ; tous les paysans sont endormis comme des loirs : l’eau de ce canal est profonde, et bien des malheureux ont péri et périssent tous les jours dans cet endroit, sans que l’on ait jamais su ce qu’ils sont devenus.“ Le vieux Reigny regarda le voiturin avec effroi.“ —Vous n’êtes pas bien armé, signor reprit celui-ci avec flegme ; j’ai remarqué que vos pistolets ne sont pas chargés.“ Le philosophe pâlisait.“ —Et pourtant, continua Georgino, vous avez des richesses à défendre signor francesse : je vois que vous avez caché dans vos bas des papiers importants, des lettres de change, sans doute.“—Ne le croiyez pas, Georgino ! dit avec précipitation Reigny en regardant son bas chiné, sous lequel se dessinait fort distinctement la forme de plusieurs papiers ; c’est une correspondance.“ La voiturin secoua la tête en signe d’incrédulité.“ —Pour vous amuser uu peu, il faut que je vous conte une histoire arrivée à l’endroit même où nous sommes en ce moment dit-il au Français.“ —Oh ! contez, répondit Reigny, qui croyait ainsi devoir être débarrassé de toute crainte ; contez, mon bon Georgino, vous réussissez merveilleusement à intéresser dans vos récits.a J espère que celui-ci vous attachera, répliqua le voiturin d’un ton singulier, qui fit tomber des doigts de Reigny la prise de tabac avec laquelle il cherchait à se rassurer._ £’ ~~ï>ar une journée bien chaude dit Georgino à l’heure la plus favorable aux assassinats, deux hommes, l’un voyageur, — connue vous, — l’autre voiturin, — comme moi,— suivaient la linea pia que nous suivons maintenant.Le voyageur était sans armes, et le voiturin au contraire avait un large tromblon,— comme celui-ci,—dans lequel il avait mis lui-même cinq ou six.balles, plusieurs clous, enfin assez de mitraille pour renverser d’un seul coup une bande entière de brigands.- “ Reigny frémissait jusqu’à la racine des cheveux.“ —Le voyageur, continua Georgino, paraissait avoir sur lui beaucoup d’effets précieux, de l’or, des billets.“ En disant cela, il parcourait des yeux toute la personne du pauvre Reigny, qui ne savait quelle contenance garder.“ —Le voiturin, au contraire, poursuivit le narrateur, était un pau-pre diable, obligé de nourrir de son travail une femme et quatre enfants : et il réfléchissait, en marchant auprès du voyageur.Si je le tuais, pensait-il, je »’aurais plus besoin de faire continuellement ce pénible voyage de Rome à Naples, au milieu de la chaleur du jour, rwv une poussière étouffante ; mes enfants serait bien vêtus, ma femmiserait fière connue une marchésa.Pourvu que le voyageur disparaisse et qu’on n’entende plus parler de lui, tout ce qu’il possède sera à moi, et jamais mon crime ne sera connu.Alors le voiturin regarda son tromblon, l’eau noire et profonde du canal, puis il dit au voyageur ; .Mettez-vous à genoux, et faites vos prières.“ Reigny ne put résister à la voix forte et imposante avec laquelle Georgino prononça ces paroles ; il tpmba à, genoux en s’é.niant : “ —Oh ! vous n’aurez pas la cruauté de m’assassiner ainsi.“ —Qui parle de vous assassiner, signor ?répond froidement le voiturin, c’est une histore que je vous raconte,.“ Eu ce moment ils étaient arrivés hBocca di Fiume, où ils devaient s’arrêter quelques moments, et ils se trouvaient presque en face de la maison de poste, que des arbres les avaient jusqu’ici empêchée d’apercevoir.“ Georgino partit tout à coup d’uu grand eclat de rire.“ —Corpo di Bacco ! signor, convenez que vous avez eu bien peur.“ Le voyageur philosophe ne répondit rien ; mais en entendant cette explosion de gaieté, et en voy-aut la figure du voiturin reprendre son caractère ordinaire de jovialité, il lui sembla qu’on enlevait un poids énorme de dessus sa poitrine, et il marchait presque d’un pas assuré quand il entra dans l’auberge.“ —Eh bien ! dit Georgino en s’approchant de l’oreille de Reigny, que deviendraient les voyageurs si les philosophes comme vous étaient parvenus à nous ôter la foi La foi est si nécessaire, même au bonheur ici-bas, que, pour l’affermir davantage chez ceux où elle peut chanceler, nous voulons reproduire un fragment de l’ouvrage trop peu connu de M.Nesle sur les préjugés.Il écrivait il y a cent ans, et s’adressait à cette classe de phylosophes qui prétendent ne pas distinguer le genre humain d’avec le genre animal.“ Quand on les a forcés, dit-il, de répondre à cette question : Pourquoi l’homme est-il le seul de tous les animaux qui connaisse sou existence par un sentiment réfléchi, qui fasse des raisonnements sur sa nature et sur celle de son Auteur ?pourquoi est-il le seul qui ait des notions de i’ordre moral, c’est-à-dire de la justice et de son opposé ?ils demeurent muets, ou bien ils croient éluder toutes les difficultés par cette solution ; que T homme est fait pointant cela.Est-ce la répondre en philosophe ?Est-ce expliquer la nature mystérieuse de l’homme, que dire froidement qu'il est fait pour tout ce qu'il fait, et qu’il n’est supérieur aux animaux que parce qu’il a des mains, tandis qu’il n’ont que des pattes (1) ?N’est-ce que par les cinq doigts seulement que l’homme est supérieur à l'a bête ?Ses mains ont-elles le moindre rapport avec son intelligence ?Sont-elles propres à autre chose qu’a éxécuter ses ordres, dans les opérations purement mécaniques ?Sout-ce les mains oui embrassent le passé, le présent et l’avenir, et qui, par la pensée, semblent parcourir en un instant le diamètre de l’infini ?“ Si l’homme est tin animal né pour faire tout ce qu’il faitil faut convenir en même temps que, la plus grande partie de ce qu’il fait ne ressemblant en rien à ce que font les autres animaux, la nature intelligente, en le formant, a eu sur lui, du moins quand à l’e astence actuelle, des vues qu’elle n’a pas voulu étendre sur le reste des animaux.Or, si la nature intelligente, quand à l’existence actuelle, n’a pas voulu confondre l’homme avec la bête, pourquoi aurait-elle prétendu le confondre avec elle quand à la destination ?Si la justice ou l’idée de la j >:istice r’estqu'un préj ugédans l’homme, c’est-à-dire une erreur ou un écart de sa raison, par quel mystère incompréhensible sa raison, qui condamne toutes les erreur, n’a-t-elle jamais condamné nulle part cette justice, qui rend à chacun ce qui lui appartient, dans l’unique vue de satisfaire à un ordre dont elle à une idée invincible et qu’elle approuve nécessairement ?Ne serait-il pas bien étrange que la règle unique pour connaître les préjugés ne fût elle-même qu’un préjugé, c’est-à-dire que la raison ne fût pas raisonnable, ou que la justice ne fût pas juste ?” Mais la raison n’est un trésor que lorsqu’elle marche avec la foi ; séparée de la foi, la raison s’égare jusqu’à tomber dans les plus déplorables instincts de la bête : on l’a vu en 1793 et en d’autres temps.(1) Mais le singe a des mains ; mieux fourni que nous, il en a quatre.Elève-t-Il des églises et des palais?Se taille-t-il des vêtement?Vit-il en société?Ecrit-il son histoire ! Calcule-t-il ses années ?Entreprend-il lé commerce ?A-t-il des lois ?Professe-t-il les sciences ! Sait-il fondre les métaux ! Quel animal est fait pour un autre but que l’élément où il se trouve ! Queï animal pense et prévoit une autre vie ! On dit que l’éléphant adore le soleil parce que, dès qu’il le voit paraître, il lui présente sa trompe ; il le fait pour se réchauffer des froideurs de la nuit.-
de

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