L'union des Cantons de L'Est : journal politique, industriel, littéraire et agricole, 8 décembre 1927, jeudi 8 décembre 1927
Zêph.NAULT, Imprimeur LIBERTÉ SOUS L’ÉGIDE DES LOIS REDIGE EN COLLABORATION 61 me ANNEE ARTHABASKA, JEUDI, 8 DECEMBRE 1927 No.1 (i I ) JOURNAL HEBDOMADAIRE PUBLIE LE JEUDI PAR L’Imprimerie d’Arthabaska, Inc.PROPRIETAIRE ABONNEMENT î HO par an—50c.par semestre nécessairement d’avance.ANNONCES nsertions, la ligne.30 centins insertions subséquentes .20 “ iaptênies.Mariages, Sépultures 25 “ Gratis pour les abonnés toute publication, personnelle ou inte-essée, rapports d’institutions financières )u autres, seront insérés comme annonces, i 2 centins la ligne LA CONFESSION 0?UN ENFANT DU PARTI CONSERVATEUR On peut croire, parfois, que nous exagérons quand nous disons que le parti conservateur se meurt d’inanition, qu’il n’a pas de programme et d’idées capables d’émouvoir le cœur du peuple canadien, surtout la jeune génération qui se lève et constituera l’opinion publique de demain ; quand nous affirmons que ce parti est déclin de son ancienne splendeur, n’a pas de journaux sérieux et sincères, qu’il est conduit par des chefs sans prestige, sans désintéressement, indigne de cette saine popularité d’où naît la confiance populaire.Pourtant, quoique partisans, nous croyons observer et commenter scrupuleusement et impartialement les faits de notre vie politique.Nous tenons à enregistrer l’aveu d’un jeune conservateur en vue qui nous donne raison et justifie pleinement notre opinion et notre appréciation du parti conservateur actuel.Dans une lettre ouverte à M.Bennett, le nouveau chef du parti conservateur, M.J.-H.-A.Lavoie, président de la Jeunesse conservatrice d eMontréal, constate et confesse les torts comme les lacunes qui, entre bien d’autres, affectent son parti et le vouent sans cesse à la défaite.Ecoutons cette confession publique : “D’abord, avoue-t-il, le parti conservateur a négligé et foulé aux pieds la jeunesse.L’égoïsme de nos politiciens ou le manque de vision leur a fait commettre celte erreur.” La faute est grave, en effet, et le président de la Jeunesse conservatrice, dès le début de l’inventaire des péchés de soir parti, frappe fort sur la poitrine de ses chefs, ces “ politiciens égoïstes ou sans vision.” Les paroles de ce jeune conservateur en frais de dire la vérité, sont plus acerbes que celles dont nous nous sommes servis pour noter plus d’une fois l’apathie et l’indifférence que provoquait chez les Canadiens, notamment dans la jeunesse, un parti politique tombé dans la plus basse insignifiance Si les chefs conservateurs ont négligé de parler à la jeunesse, c’est qu’ils n’avaient rien à lui dire ni pour pallier leurs fautes du passé ni pour les enthousiasmer en vue de l’avenir.Quelques rares discours académiques et dithyrambiques sur les lointains et légendaires mérites des ancêtres du parti conservateur n’ont pu réchauffer les cœur attiédis de leurs descendants, ranimer leur zèle éteint et activer les sympathies en faveur d’une politique qui ne répond plus aux idées et à l’idéal de la jeunesse.Compter sur le regard caressant et les phrases ronflantes de M.Bennett pour captiver la jeunesse, c’est se laisser bercer par une illusion fugitive qui s’ajoutera aux nombreuses déceptions qui ont attristé le parti conservateur depuis trente ans.Le deuxième aveu du président de la Jeunesse conservatrice porte sur la presse.U se plaint du man -que de journaux.Il fait de la “ Patrie ” un pedigree qui est loin d’être flatteur et que ce journal s’est empressé de ne pas relever.La conclusion de ce qu’il en dit, c’est que la “Patrie” est un journal “soi-disant conservateur", ni chair ni poisson, sans sincérité, plutôt nuisable qu’utile.Evidemment, le parti conservateur n’en a pas pour son argent.Le fait que le parti est sans organe français depuis plusieurs années démontre son infirmité intellectuelle, le relâchement de sa force moi'ale et de son organisation.C’est un symptôme de la dégénérescence des énergies vitales du parti.La reconstitution de ces énergies est d’abord nécessaire, avant de penser à fonder des journaux qui n’en seraient que la conséquence et l’épanouissemem.C’est ce à quoi ne paraît pas penser le jeune conservateur qui met ous ses espoirs dans M.Bennett.Mais, venons-en au principal péché conservateur confessé avec componction par M.J.-H.-A.Lavoie dans l’oreille de M.Bennett: “Les dirigeants de notre parti ont toujours satisfait leurs intérêts personnels avant les intérêts du pays ou du parti.” C’est cinglant.Tous les chefs conservateurs sont atteints par ette flèche.Ce jeune conservateur est sans pitié et plus sévère que nous en géant ainsi les chefs de son parti sans nulle exception.Pourtant, oui, il en fait une et c’est en faveur de M.Rodolphe Monty qu’il demande à M.Bennett de choisir comme lieutenant dans la province de Québec.Cette proposition étonnante venant à la fin d’une telle confession nous fait craindre que M.J.-H.-A.Lavoie n’obtienne ni pour lui ni pour son parti l’absolution des fautes qu’il a avouées avec uiie si grande candeur.Le parti conservateur est menacé de mourir dans l’impénitence finale, avec ou sans M.Monty à son chevet.LE LIBRE CHOIX D’UNE CARRIERE blement classés dans telle ou telle catégorie, dans telle ou telle sphère qui influencera pour toujours leur vie.De quel droit, en vérité, les parents peuvent-ils, d’avance et d’eux-mêmes, décréter quelle sera la carrière de leur enfant dont ils ignorent encore et les tendances, et les goûts et les aptitudes ?Et pourtant, c’est ce qu’ils font.Le choix d’un collège classique ou d’un collège commercial est donc fixé, presque toujours à l’aveuglette ou pour des raisons et des motifs absolument étrangers sinon contraire à la gravité d’une telle décision.Nous savons bien que l’on a voulu remédier, dans une certaine mesure, aux conséquences 4’un état de choses .aussi injustes que préjudiciables pour lout le monde.Certains collèges commerciaux ont ajouté à leur programme plus de science, de littérature, d’histoire et de philosophie.Des collèges classiques ont aussi modernisé leur méthode et leur programme.Ces tentatives sont louables.Elles sont dans l’ordre d’idées dont nous parlions hier.Mais que nous sommes loin encore de ce cours idéal si désirable et si difficile à dresser et à appliquer, tours qui rendrait possible le hoix d’une carrière avec prudence, clairvoyance et connaissance de cause ! Nous le disions hier, le cour* classique, selon nous, possède des qualités rares qui en font un cours supérieur.Nous voudrions, toutefois, que nos fils, tout en bénéficiant de ce noble enseignement, ne fussent plus attachés, sans leur volonté, à1 une carrière qui n’-st pas celle de leur choix et ne répond pas à leur caractère, à leur tempérament et à leurs talents.Toute transformation du programme d’études qui vise à élargie les horizons du jeune homme et à le mieux préparer au libre choix d’une carrière lest une 'transformation bienfaisante pour le jeune homme d’abord et puis, assurément, pour les Canadiens-français en général.Quand on s’arrête à réfléchir sur le grave problème d el’éducation de nos enfants ; lorsque prévoyant l’avenir et voulant y préparer nos fils, nous cherchons le cours d’études qui leur convient le mieux, nous sommes frappés par une grande lacune ?Etant donné l’organisation actuelle de nos différents cours, les parents sont forcés de choisir eux-mêmes la carrière de leurs garçons, avant même de connaître leurs goûts et leurs aptitudes.En effet, nous n’avons pas de cours d’études qui préparent indifféremment à toute les carrières.Si l’enfant entre dans un collège commercial, il devra, règle générale, renoncer aux professions libérales quand bien même, plus lard, il serait attiré vers ebes.De même, un jeune homme qui, à dix ou douze ans, quelquefois plus jeune, commence un cours classique, tourne le dos pour jamais au commerce et à l’industrie pour lesquels il est peut-être supérieurement doué.La responsabilité du choix des parents est donc bien grande.En vérité, elfe est trop grande.Nous avons la profonde el sincère conviction que notre svs'.cme d’enseignement doit tendre sans cesse vers ce cours idéal, difficile à réaliser, nous l’admettons, qui donnerait à nos garçons une formation intellectuelle qui leur permettrait de suivre la carrière de leur choix.Ni eux ni leurs parents ne peuvent se prononcer là-dessus ava d que l’âge de l’étude aient mûri leu jugement, manifesté leurs talents et leurs goûts.Il est terrible de penser avec combien peu de lumière se fait le choix d’une carrière, la plupart du temps.Il y a chez nous des milliers de jeunes gens qui, sans être consultés et sans pouvoir l’être à cause SON EMINENCE LE CARDINAL RGULr fous ceux qui l’approchent, qu’ont aimé tous ceux nui l’ont connu au cours de sa memorable carrière.Homme de science et de piété, d’action et de jugement, éminent par l’humilité autant que par la doctrine, remarquable par ses conseils et par ses œuvres, telle est eu résumé l’impression qui a dominé partout oij a passé le religieux et le ponmfe.Ses mérites, sa supériorité ofit frappé même les non-catholi'jet.o.Quoi de plus naturel dès lors qu’il ait été dis-lingué par la plus haute autorité !e l’Eglise, élevé aux suprêmes honneurs après l’avoir été à la pléniture du sacerdoce ! Aussi bien le choix du Souverain Pontife ne nous surprend pas, il nous réjouit profondément.En la personne de Monseigneur Raymond-Marie Rouleau, le diocèse et la province de Québec, le clergé canadien-français, l’église canadienne tout entière auront Je plus parfait représentant auprès du Siège apostolique ; par cette nomination, le Sénat augaste de l’Eglise s’accroît d’un membre à tous points remarquable Nous avons lieu d’en être heureux et fiers.Nous réitérons à Son Eminence nos plus respectueux hommage-:.VISION D’AVENIR C’est avec une joie et une èmo-iion senties que la population de Québec a appris hier la confirma-aon de la grande nouvelle communiquée mardi par les agences : nous savions de source certaine ce que nos cœurs voulaient savoir, le distingué primat de l’église canadienne, était choisi par le Saint-Père pour entrer bientôt au conseil suprême de l’Eglise.Avant que trois semaines se soient écoulées, Sa Sainteté lui aura conféré les insignes cardinalices ; Mon-Rouleau sera créé membre du Sacré Collège Apostolique.Que Sa Grandeur veuille bien n«us permettre de lui adresser nos vives félicitations et nos humbles hommages.Cette distinction qui honore singulièrement le grand prélat que Rome nous a donné pour père spirituel, honore aussi l’église-mère du dominion.En élevant le premier pasteur canadien, Notre St-Père le Pape marque aussi la haute appréciation qu’il a des catholiques du Canada, évêques, prêtres et simples fidèles.En accordant trois fois de suite (si l’on peut dire) cet honneur suprême au titulaire de l’église de Québec, le Saint-Siège marque une prédilection qui ne peut manquer de nous toucher profondément, nous canadiens-français, et nous y ré-1 ondrons assurément par un attachement d’autant plus grand au Successeur de Pierre, par une fidélité accrue à ses enseignements e* à ses préceptes.Bien que nous espérions tous que le Saint-Père nous donne "ait un cardinal (sans lequel la vieille église de Québec paraît conserver quelque chose du veuvage), c’était aussi le vœur général que le Pape daignât conférer la pourpre au ne leur jeune âge sont irrémédia- pontife remarquable que vénèient Jamais le Canada, depuis qu’il existe, n’a entrevu l’avenir avec tant d’optimisme et de sécurité.Ce pays, jugé comme quantité négligeable du temps de Louis XV, i onsidéré peut-être comme un far-ieau à certaines époques, depuis a conquête, est en train d’étonner le monde par son progrès, ses essources colossales et ses possi-hilités.Son heure a sonné.Le -ffoc de la guerre a comme remué ses énergies latentes et les riches-
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.