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Titre :
La voix séfarad /
Journal francophone d'information sur la vie sociale, culturelle et religieuse de la communauté juive sépharade du Québec.
Éditeur :
  • Montréal, P.Q., Canada :Communauté sépharade du Québec,1977-2006
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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La voix séfarad /, 1982-02, Collections de BAnQ.

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& V~ â3f LA VOIX EPHARAD PUBLICATION DE LA COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC FÉVRIER 1982, 13e ANNEE, No 1 Stfotfaïijue £fyftarai>e BDRS» giltei] V\yX'%, ; ss S&fc ÉüSl 2g*Sl^ i -.- Iasæ jstàsgjilg MOM O'À - A : * i i 1 i i IMüMi ^;';V5 ; - '.jQCOOOOeOO 30CO0O » *gf 3 uPSj“ assagi m rouai air moroc Pensez déjà à fe HtUOOLA 4e 00(22 ANS ! POUR TOUS RENSEIGNEMENTS CONTACTER: Denise Elofer VOYAGES ELOF “AIR” 6165 Côtes des Neiges Montréal, Que.H3S 1R7 Tél.: 731-8827 - 731-0511 Les Elof 66 voyages vous présentent SRAE Maroc LA VOIX EPHARAD PUBLICATION DE LA COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC LA VOIX ilPHARAÜ ïWiooatquc scvljarnbc La Voix Sépharade, journal de la Communauté Sépharade du Québec, est tiré à 6,000 exemplaires.Grâce à une liste d’envoi qui se veut la plus complète qui soit.La Voix Sépharade rejoint la presque totalité des Sépharades du Québec.La moitié du tirage est acheminée par voie de poste à Montréal, au Québec, dans le reste du Canada, ainsi qu’aux organismes sépharades des États-Unis, d’Amérique Latine, d’Europe de l’Ouest et d’Israël.Notre numéro de l’Organisation Internationale de Normalisation est: ISSN: 0704-5352.Tout droit de reproduction est strictement interdit à moins d’autorisation spéciale.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, Bibliothèque nationale du Canada.Membre de l’association de la presse ethnique du Québec.Le siège de la Communauté Sépharade du Québec est situé au: 4735 Chemin de la Côte Ste-Catherine, Montréal, P.Q.CANADA, H3W 1M1.Tél.: (514) 733-4998.Secrétariat et rédaction : Fred Anzarouth SOMMAIRE Editorial Communauté Mosaïque Sépharade .Dossier L’engagement communautaire .Étude Pourim: une résonnance contemporaine Israël Tami .Culture Lettres .Théâtre .Exposition .Musique .Florilège .Agenda Carnet 3 15 18 20 22 24 26 29 30 31 48 Février 1982 EDITORIAL Extrait du Rapport Moral présenté par le Président au cours de l’Assemblée Générale du 14 Février 1982.Nous fêtons, cette année, le vingt-cinquième anniversaire de notre présence au Canada et nous sommes, paraît-il, 25,000 Sépharades francophones.Un quart de siècle déjà au cours duquel nous avons dit OUI à l’intégration mais NON à l’assimilation.Contrairement à certaines communautés culturelles, ou groupes ethniques, nous n’avons pas choisi le Canada comme une escale dans notre voyage de Juif, nous ne sommes pas ici en transit.Nous avons choisi cette demeure et nous comptons bien y rester! Le départ de nos pays d’origine a été dur, pénible, angoissant parfois.Nous abordions un monde inconnu en craignant que nos racines, vieilles de plusieurs siècles, soient impossibles à transplanter.Mais la chaleur que nous portions en nous-mêmes, associée à l’opulente générosité de cette nouvelle terre d’accueil, a permis la concrétisation de nos espoirs.Qu’avons-nous fait en vingt-cinq ans ?Sur le plan communautaire, parce que des hommes parmi les premiers n’ont rien voulu perdre de leur identité, nous avons été une synagogue, puis deux, puis après une association, et puis une autre.La communauté actuelle est le produit d’un long cheminement qui nous a conduits à être aujourd’hui une fédération de toutes les organisations sépharades.Cette fédération, plus connue par ses initiales C.S.Q.(Communauté Sépharade du Québec), est l’organe de réflexion de la communauté.C’est là, au sein d’un même conseil de représentants élus démocratiquement par la population, et de représentants délégués par les différentes agences de services et communautés régionales, que se dessinent et se décident les orientations générales qui se traduiront plus tard, véhiculées par les différentes constituantes, par de nouveaux services offerts à la population.Ainsi la C.S.Q.a pour vocation, non de donner des services comme tels, encore qu’elle en rende certains à travers ses commissions, mais plutôt de générer les idées nouvelles, de coordonner les activités et d’exprimer d’une voix unifiée l’union faisant la force, la présence sépharade au Québec et son désir de maintenir les valeurs de l’héritage culturel juif et sépharade.Vocation difficile et travail souvent frustrant pour ses bénévoles, car les résultats de ses décisions ne sont pas apparents dans l’immédiat.Nous réalisons aujourd’hui les aspirations entretenues par nos prédécesseurs qui rêvaient, il y a une quinzaine d’années, d’école juive sépharade, de centre communautaire, de synagogues autres que de sous-sols de maisons.Nous avons aujourd’hui l’Ecole Maimonide, 700 enfants, le Centre Communautaire de Laval, projet de 350,000 dollars, celui de St-Laurent, 500,000 dollars, et des projets à Côte St-Luc, Dollard des Ormeaux.Rêve d’aujourd’hui mais réalité de demain! Certains se demandent ce qu’est la Communauté ou se plaisent à dire ironiquement «que fait-elle ?».A ceux-là, quelques chiffres donnereont certainement une réponse bien éloquente que de longs discours.La C.S.Q.et ses constituantes c’est d’abord 2,500,000 dollars de budget annuel dont la moitié est consacrée à l’éducation.Quatre-vingts professionnels à plein temps dont quarante ensei gnants ce qui représente une masse salariale globale de 1.400.000 dollars.C’est encore 250 bénévoles, un pour cent de la population, siégeant dans les différents Conseils d’Ad-ministration, commissions, comités de parents d’élèves, etc.C’est aussi plus de 800,000 dollars de dons recueillis au cours des douze derniers mois chez ces mêmes Sépharades, 275.000 dollars pour l’Appel Juif, 270,000 dollars pour le projet de St-Laurent, 250,000 dollars pour celui de Laval.C’est enfin des milliers de familles qui, par le biais de l’École Maimonide, du Centre Communautaire Juif, des communau tés régionales de St-Laurent et Laval, des commissions de la C.S.Q., font appel à la Communauté et y trouvent les services nécessaires.Malgré tout cela, il y a encore beaucoup à faire et nul n’en e ;t plus conscient que ceux qui y travaillent.Nos structures ne sont pas parfaites mais pour qui connaît les choses de l’intérieur elles offrent déjà beaucoup, et nous avons lieu d’en être fiers.Nous avons besoin de plus de ressources, plus de bénévoles et moins de juges; allons,aidez-nous, car c’est là tout l’héritage que nous laisserons à nos enfants.Dr.William DÉRY Président (Toutes les informations, tous les chiffres cités dans cet article, ne comprennent pas ceux du Rabbinat Sépharade du Québec, qui n’ont pu être obtenus).2 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 communauté Mosaïque sépharade Une des tâches les plus ingrates est celle d’établir une image de la mosaïque sépharade à Montréal.Il existe, dans cette ville, un nombre important de Sépharades de toutes les provenances qu’on désigne simplement par leur pays d’origine.Rien n’est plus frustrant que d’entendre dire les Egyptiens, les Marocains, les Syriens, etc.En essayant d’obtenir des renseignements sur le background de chacune de ces communautés, on s’est invariablement heurté à un obstacle qui est typiquement le même pour toutes les communautés.La personne contactée vous dit, par exemple, «Oh moi, je suis d’Alexandrie, je ne connais pas bien les Cairotes», et ainsi de suite.Toutes les communautés ont ce point en commun: elles sont composées de personnes qui viennent de villes différentes d’un même pays, et semblent être elles-mêmes différentes.Mais il ne faut pas se tromper sur cet aspect varié: les différences sont tellement minimes vues sous le ciel canadien.Il est très possible qu’il n’y ait pas eu de compatibilité entre un Juif de Damas et son coreligionnaire à Alep, ou entre des Juifs de deux grandes villes marocaines, mais c’est maintenant une chose du passé.Tandis que les valeurs positives communes à tous les Juifs des pays arabes restent les mêmes et forment un ciment solide qui les lie les uns aux autres.Il y a des différences d’accent ou de prononciation, il y a même des langages différents: les ladinos du Moyen-Orient, les Espagnols du Maroc.Il y a aussi probablement l’ordre des prières, la liturgie.En ce qui concerne les prières, on assiste actuellement à une certaine standardisation.Quant à la langue, la majorité des Sépharades de toutes origines parlent le Français, comme première ou deuxième langue, les dialectes restant une affaire privée.Le Ladino, hélas, disparaît lentement malgré les efforts de nombreux groupes partout dans le monde pour le garder en vie.Reste l’Espagnol: il s’agit là d’une vraie langue vivante et non pas un dialecte hérité et corrompu par des siècles de cohabitation.Une bonne partie des Marocains du Canada parle encore l’Espagnol phonétiquement et grammaticalement pur, le Castillan, et ceci est dû à l’influence de l’Espagne sur une partie du Maroc.Le fait de parler une autre langue que le Français devrait-il éloigner une partie plus ou moins importante de la population du reste de la communauté ?Certainement pas et ceci est prouvé constamment par la présence des «Espagnols» dans toutes les branches des activités communautaires.Nous avons choisi à dessein cette différence de langues pour souligner que l’implication communautaire n’est pas l’apanage ou la chasse gardée d’un seul groupe.Si l’incompatibilité de langues n’est pas une barrière, acune autre différence ne peut séparer les Sépharades et tous devraient participer aux efforts communs.Nous savons, et plusieurs articles dans ce magazine en apportent le témoignage, que toutes les communautés Sépharades du Bassin Méditerranéen représentées au Canada, maintenaient dans leurs pays d’origine des organisations communautaires fort compétentes.Leur collaboration apporterait un enrichissement inestimable dans tous les domaines: il n’y a aucune raison pour que chaque groupe se retranche derrière son particularisme.La mosaïque Sépharade sera de toute beauté lorsque tous les groupes sépharades y seront représentés.marocains Depuis quelques années, et plus particulièrement depuis novembre 1976, la situation politique au Québec a subi des transformations qui risquent de changer la physionomie de la Province.Le Canada - et la Province de Québec -, pays à vocation d’immigration, a accueilli sur son vaste territoire une multitude de groupes ethniques d’importance variable.Parmi eux les Juifs du Maroc.Au moment où ceux-ci manifestent des signes d’adaptation, voire d’intégration à leur nouvelle patrie, le Québec s’engage, lui, dans la recherche de son identité politique, économique et culturelle.De ce fait, les Juifs Marocains, comme tous les groupes immigrés seront sans doute amenés à reconsidérer la place qu’ils occupent dans le pays et à envisager les alternatives qui leur seront proposées.Ceci n’est pas sans rappeler une situation déjà familière: celle qui prévalait dans le pays d’origine à la veille de son accession à l’indépendance, et qui s’est traduite par un double phénomène: - décolonisation et renaissance culturelle pour la société autochtone - malaise moral et crainte d’assimilation culturelle pour les minorités étrangères et, en particulier pour le groupe juif.La similitude des situations tant au Maroc qu’au Québec nous autorise à nous interroger sur le devenir de la collectivité juive marocaine résidant aujourd’hui au Canada.Ce texte a été tiré d’un article plus détaillé paru en 1977 à Jérusalem dans BETFOUTSOT HAGOLA.LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 3 SITUATION AU MAROC À LA VEILLE DE L’INDÉPENDANCE A- Pour la collectivité musulmane: Nous ne pouvons envisager ici les données historiques et politiques qui, ont bouleversé la relation judéo-musulmane au Maroc.Nous rappellerons toutefois les traits dominants du complexe colonial qui a ébranlé les Marocains dans le plus profond de leur être (et ce phénomène est aujourd’hui vécu par les Québécois) et qui a donné à leurs revendications le visage d’une lutte de libération nationale.La domination française au Maroc s’est manifestée dans trois domaines: -économique: la concentration des richesses et des moyens de production entre les mains des Français a considérablement appauvri les masses musulmanes, -politique: les autorités françaises aussu-raient le contrôle et l’administration directe du pays.La réunion des pouvoirs administratif et judiciaire octroyait donc à la Résidence générale l’autorisation d’empiéter sur les prérogatives marocaines en matière législative.-culturel: outre la faible scolarisation des Marocains, l’orientation de l’instruction empêchait la langue et la culture islamiques de conserver le rang qui leur revenait.Au-delà de la dépossession économique, la privation de leur littérature et de leur histoire atteint les Marocains dans leur culture, d’autant plus profondément que l’arabe est à la fois langue religieuse et nationale.La dépréciation de cette dernière est considérée comme une offense et une injustice.Victime et consciente des méfaits de la j colonisation, l’intelligentsia musulmane, j sous l’égide du parti de l’Istiglal entame, dès 1943, la lutte contre la puissance des occupants français.Cette lutte est menée sur deux fronts: a) au niveau de l’économie et de la technicité, les Marocains veulent briser la domination française (aux mains de qui sous l’autorité et les richesses); b) au niveau de l’affectif, ils éprouvent le désir de retrouver la solidarité collective (désir né de l’humiliation, de la dépréciation de la langue et de la culture).L’intelligentsia, soutenue à l’extérieur par les autres pays frères et à l’intérieur par le déclenchement de manifestations terroristes, voire d’une guerrilla, entame le processus de libération nationale.Elle vise -selon les termes mêmes du Manifeste de l’Istiglal - «outre l’évacuation du territoire, la reconquête du pouvoir de décision dans tous les domaines de la vie nationale, prélude à la reconquête de l’identité.» Ce communauté n’est que 13 ans plus tard, en 1956, que le Maroc accédera à son indépendance.B- Pour la collectivité juive Il en est tout autrement.Le conflit qui oppose les communautés française et musulmane ne manque pas d’avoir des répercussions sur les Juifs pris entre le marteau et l’enclume.Leur situation est pour le moins critique: • Culturellement, la France - dont ils sont les premiers héritiers, exerce sur une fraction de la population un pouvoir d’attraction réel.• Affectivement, l’appel du milieu et de la terre marocaine n’en est pas moins évident.Mais la tension grandit: l’oppression de la société musulmane, le durcissement et le renforcement des préjugés, le jeu des grandes puissances, et le rôle des intellectuels musulmans font exploser la situation.Les représentants du judaïsme marocain restent divisés sur le comportement à adopter devant le conflit que complique la création de l’État d’Israël.Si quelques individus prennent parti pour le mouvement d’indépendance, la plus grande partie de la population se laisse prendre en charge par les institutions sionistes qui organisent l’émigration.(.) ANALYSE D’UNE INTÉGRATION Pour les plus anciens, l’enracinement au Québec date de vingt ans; durée peu significative dans une perspective historique, mais suffisante pour opérer une comparaison de leur niveau d’intégration avec celui des Juifs Marocains ayant résidé en France ou en Israël, pendant une période équivalente.Nous avons pu relever la situation extrêmement favorable des Juifs marocains sur les plans professionnel, économique, matériel en général, même si pour certains il a fallu faire quelques ajustements: accepter des situations inférieures à celles qu’ils occupaient dans leur pays; admettre qu’ils ne pouvaient se servir de leur expérience; renouer de nouvelles relations, si indispensables au sentiment de sécurité.Plusieurs facteurs ont contribué à l’épanouissement de ce groupe et procuré ce sentiment de sécurité.Les limites imposées par le présent article nous obligent à résumer à grands traits les résultats de notre étude: f.J % Interrogés sur les conditions de réussite de leurs compatriotes, les Juifs marocains ont attribué cette réussite à la personnalité des immigrants: dynamisme, esprit d’initiative et de compativité, sens des affaires et ingéniosité l’emportent sur le niveau d’instruction.En effet les adultes que nous avons rencontrés, bien que scolarisés n’ont pas toujours achevé un cycle d’études secondaires ou supérieures.Issus dans leur grande majorité des écoles de l’Alliance Israélite Universelle, ils n’ont, par la force des choses, reçu qu’une formation souvent sommaire.Cela ne les a pas empêchés d’entrer de plain-pied dans les différentes sociétés qui les ont reçus.• De cette collectivité toute neuve se dégage une nouvelle génération, née sur place ou peu avant le départ du Maroc et qui n’a par conséquent, pas de souvenir d’un lieu géographique différent de celui qu’elle connaît.Des élites, formées selon le principe d’efficacité nord-américain, sont en train d’émerger et il y a toutes raisons de croire qu’elles seront brillantes.1 • Au sein de la famille les relations hiérarchisées dans le pays d’origine, sont devenues plus libres, favorisant la communication entre le mari et la femme, et entre les générations.• Le monde qui se présente aux jeunes est celui d’une civilisation permissive, de combats d’idées, de l’indépendance envers les aînés, de la rupture des interdits; celui aussi que cultive les besoins tout en offrant la possibilité de les assouvir.• Des cas sociaux d’inadaptation continuent certes de se poser; les données de l’étude confirment qu’il s’agit d’exceptions: les personnes âgées conservent la nostalgie d’un pays où elles ont été heureuses et qu’elles ont dû quitter, poussées par les événements, sur une impulsion mal raison- ; née.| • Comme toute communauté, le groupe considéré est périodiquement agité de conflits internes que nous avons pu rapidement évoquer.Disons qu’il s’agit là de volonté d’adaptation et de signes de vigueur et de santé de la part d’une si jeune collectivité qui éprouve le besoin d’intervenir dans la vie sociale du pays.DUALITÉ CULTURELLE [ j, une culture est une manière globale d'être et de penser, et un dynamisme propre à un groupe uni par une même langue.Quelle place occupent les Juifs marocains sur l’échiquier culturel et linguistique du Québec ?Nous tenterons de répondre à cette question à partir des données observées, dans la plus stricte objectivité, et avec la prudence qu’exige l’analyse d’une situation politique en plein devenir.4 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 communauté M # Du point de vue québécois: dans le réquisitoire des indépendentistes contre la Confédération, l’état de la langue française occupe une place de choix.Il est alors évident que pour les dirigeants québécois, la «couleur linguistique» des néo-québécois, c’est-à-dire des immigrés, est un facteur dont ils tiendront compte.Far ailleurs, la population juive, dans sa pluralité, représente le plus haut pourcentage de francophones, et le Québec ne dissimule pas son intérêt à accueillir un potentiel humain de langue française.• Du point de vue marocain: le problème est plus complexe; la mentalité du Juif marocain se définit par diverses appartenances: - une tradition juive maintenue à travers deux langues (le judéo-arabe ou le judéo-espagnol et l’hébreu); et l’espagnol.- une culture française.Langue d’acculturation dans le pays d’origine, le français a permis au Juif - qui était indéniablement un indigène - d’acquérir le faible privilège de se croire un peu moins colonisé que son concitoyen musulman.Langue de la majorité au Québec, le français permettra-t-il de se «décoloniser» mentalement et de participer pleinement à l’avenir du groupe majoritaire ?Dans l’immédiat, les Marocains semblent utiliser à bon escient et avec intelligence la culture française dont ils ont hérité et tentent de se créer une autonomie.Celle-ci s’est affirmée à deux niveaux: 1) Face à la communauté Ashkénaze, anglophone, la plus ancienne (et constituée des Juifs européens immigrés et de la génération née dans le pays) s’est créé, depuis 1957 l’Association Sépharade Francophone, sorte de «Iandsmannshaft» dont les objectifs de base consistent à: - sauvegarder une identité sépharade au sein du judaïsme; - perpétuer la langue et la culture française dont ils sont les garants; r-i PERSPECTIVES D’AVENIR Quelque soit le degré d’identification des Juifs marocains à la société québécoise il faut noter l’expression de cette différence dans deux domaines: - d’une part les québécois constituent un groupe historique bien déterminé et en ce sens les Juifs marocains ne sont pas partie prenante de leur expérience.- d’autre part, les Marocains n’ont pas développé un mode de production de leur culture propre: le passé sépharade et judéo-marocain est inconnu dans son essence et l’absence de guide spirituel ou de maîtres à penser se fait sentir à Montréal.Dans le pays d’origine déjà, l’influence de la culture française a ébranlé l’édifice religieux et culturel du judaïsme marocain; devant les forces de l’occidentalisation, les liens naturels à la culture autochtone se sont brisés et en recherchant une émancipation, le Juif marocain s’est quelque peu éloigné de sa condition d’origine qu’il jugeait primaire.A Montréal, le lieu d’origine n’est plus qu’un souvenir idéalisé et le sentiment d’exil revalorise la terre natale et crée chez le Juif marocain une double nostalgie: la première est physique, c’est celle du pays lui-même; la seconde est métaphysique et c’est le vide laissé par la perte de l’atmosphère familiale et sociale.Cette nostalgie se traduit par un retour aux sources - non de la Tradition - mais de ses manifestations populaires, et le sépharadisme est vécu comme une condition folklorique.Les faits analysés sommairement ci-dessus nous autorisent à formuler quelques hypothèses sur l’avenir de la collectivité juive marocaine au Québec: 1.Nous nous posons la question de savoir si le Juif marocain à vouloir se décoloniser, ne s’aliène pas de nouveau.Car à l’image de son concitoyen québécois, il pssède une personnalité différente: - de l’entité française métropolitaine, bien qu’il adhère de plus en plus au modèle culturel de la société de consommation américaine.2.La perte progressive des valeurs juives se manifeste déjà dans la jeune génération.Et celle-ci ne pourra opposer à la culture environnante qu’une résistance relative.3.Le devenir du groupe marocain est profondément lié à un ensemble plus vaste.Cet ensemble c’est d’abord le projet québécois.a) Si le mouvement nationaliste réussit: - il risque de' devenir un mouvement xénophobe.Et dans ce cas la situation québécoise sera dans le fond une simple reproduction de ce qui s’est passé dans le monde arabe contemporain ou dans l’Europe du XIXe siècle: le développement nationaliste a partout abouti à l’exclusion des minorités, et en particulier de la minorité juive.- il risque aussi de maintenir la tradition d’hospitalité et de respect des minorités du Québec.Dans ce cas les dirigeants québécois devront avoir l’intelligence politique de favoriser l’épanouissement socio-culturel de la communauté juive marocaine, dans le cadre de la francophonie québécoise.b) Si le mouvement nationaliste ne réussit pas: Il est possible que le groupe marocain n’ait pas à en venir à un choix contraignant.Il se maintiendra, fidèle à son passé au Maroc, dans une situation intermédiaire.Mais son importance numérique, relativement faible, le conduira nécessairement au choix entre les deux assimilations possibles: # Assimilation au groupe juif anglophone: certes les dissensions culturelles existent entre les deux communautés juives.Mais le conflit des mentalités tend à s’atténuer.En effet, devant l’incertitude de l’évolution politique, la communauté juive anglophone manifeste plus clairement sa volonté de rapprochement de la communauté juive francophone.# Assimilation au groupe québécois avec lequel il peut y avoir coexistence et maintien d’un certain type d’identité.Pour l’instant, il est difficile de prédire des réactions homogènes et applicables à l’ensemble du groupe.Les dirigeants marocains n’ont pas pris de position officielle; les nantis économiquement pourraient opter pour le groupe anglophone; les intellectuels s’intégreront probablement au nouveau courant culturel de la Province, d’autant plus que ce dernier privilégié le français.Le reste du groupe se trouvera sans doute encore une fois dépassé parles événements et s’agrégera à la communauté juive et a son destin.Ces différentes alternatives ne sont que des réflexions précoces issues d’une situation encore précaire.Citoyens canadiens à part entière, les Juifs marocains tentent de s’identifier à leur nouvelle patrie et de s’adapter à la civilisation nord-américaine.Mais ils évoquent encore le Maroc avec nostalgie; conservent avec ténacité la langue et la civilisation françaises et rêvent à Israël comme ultime étape de leurs prérégina-tions.Ils confirment ainsi ce qui semble être devenur leur vocation: constituer un carrefour et un lieu de rencontre des civilisations et des cultures.Quant à l’alternative du départ, elle reste peu probable, sinon pour des cas individuels.Il tombera encore beaucoup de neige sur les rives du Saint-Laurent avant que ne s’organise un exode - sous tendu par une fois mystique ou sioniste - vers une terre toujours promise.Esther Bénaïm-Ouaknine.LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 5 communauté égyptiens La nationalisation du Canal de Suez eut lieu le 26 juillet 1956.Forte réaction de la France et de la Grande-Bretagne qui détenaient toutes les deux la majorité des titres du Canal.L’Egypte refuse tout arrangement.A ce moment, il était apparent que les deux pays, de concert avec Israel, préparaient [’expéditions militaire.L’aboutissement de ce conflit est que le 29 octobre 1956 Israel attaque l’Egypte afin de détruire les bases des Fedayin au Sinai et à Gaza.Après cette attaque, la Grande-Bretagne et la France lancèrent un ultimatum à l’Egypte et Israel pour arrêter les combats, sur une ligne, à 12km du Canal de Suez.Israel accepta l’ultimatum, l’Egypte refuse, la mettant officiellement en état de guerre contre les deux pays.Les autorités égyptiennes considèrent alors les ressortissants de ces deux pays comme ennemis, et à partir de ce moment, un exode général commence.Les expulsions s’ensuivirent.Les Britanniques et les Français retournèrent dans leurs pays respectifs.La guerre de Suez donna aussi un prétexte aux autorités égyptiennes pour expulser les Juifs.Le Brésil, en premier, manifesta son intérêt d’accepter les Juifs expulsés, apatrides.D’autres Juifs ont choisi Israel.Les Juifs Grecs et Italiens retournèrent dans leur pays.En 1956, certaines familles, peu nombreuses, se sont installées au Canada.A cette époque, les conditions de travail au Canada n’étaient pas favorables.De plus, l’immigration canadienne limitait les quotas.L’immigration en masse ne commença réellement qu’en 1961 après que Nasser nationalise les industries et les fonds de commerce.Ce n’est que bien plus tard que les Juifs qui se trouvaient dans leurs premiers pays d’immigration décidèrent de s’établir au Canada.D’ailleurs, les conditions de vie évoluaient de plus en plus.Une fois établis au Canada, les Egyptiens n’éprouvèrent aucun problème pour travailler et s’adapter à la vie canadienne bien différente de la leur.Plusieurs industriels Juifs peuvent être considérés comme de grands financiers et sont à la tête de plusieurs entreprises de textiles.Il faut ajouter que la plupart des Juifs Egyptiens immigrés au Canada appartiennent à une couche intellectuelle de leur pays d’origine et la majorité ont poursuivi des hautes études et pénétrent dans les carrières libérales.Il existe, en ce moment, à Montréal à peu près 500 familles installées en plein coeur de Montréal, quoique légèrement éparpillées sur le territoire: Ville Mont-Royal, Ville St-Laurent, Côte St-Luc, Hampstead, Cho-medey.Il faut préciser que la plupart des Egyptiens viennent de deux grandes villes égyptiennes: Alexandrie et Le Caire, et de par ce fait peuvent avoir des coutumes et des moeurs différentes.Les Alexandrins qui, par leur situation géographique, étaient plus exposés au monde occidental ont forcément acquis des attitudes légèrement différentes que les coreligionnaires de l’intérieur: Le Caire, Tantah, Marsourah, Damiette, Rosette, etc.Les Alexandrins se distinguaient par l’usage de la langue française en privé et en public.C’était la langue de communication avec les autres groupes ethniques non Juifs.Leur activité sociale était trépidante: clubs sociaux, sportifs, artistiques, littéraires.Les Juifs Egyptiens aimaient la vie sociale.Les rencontres, les fêtes, les grandes réceptions, les bals; de nombreuses sociétés de bienfaisance ne manquaient pas, ainsi que les équipes sportives imbattables dans le Moyen-Orient.Les écoles Juives de la communauté, orphelinat, l’Alliance Israélite Universelle donnent une idée des activités communautaires des Egyptiens.Une des plus belles synagogues au monde se trouvait à Alexandrie, décorée artistiquement dans le style romain.Pendant les fêtes Juives, les synagogues étaient pleines.Toutes ces activités ne manquaient pas de remplir de fierté les Juifs Alexandrins par rapport au reste de la population.Par contre, le Caire ne laissait rien à envier par ses accomplissements sociaux.Les quartiers de Maadi d’Heliopolis et de Zamalek, étaient la résidence de l’élite Cairote.Le Temple Ismailia jouissait d’une réputation mondiale et le Grand Rabbin Nahoum était le conseiller intime des Rois Fouad et son fils Farouk.Le Rabbin Nahoum était membre de l’Académie Royale Arabe.Il est difficile de préciser si la société égyptienne de Montréal représente cette structure sociale qui existait en Egypte, vu le manque d’organisation communautaire dont les besoins commencent à se faire sentir.Contrairement à la petite communauté Libanaise, ils ne forment pas une grande famille.Il semble pourtant qu’il y a un certain nombre de groupes qui se fondent, cimentés par des raisons d’affinités culturelles.Dans ce cas, leurs pratiques religieuses divergent suivant les milieux.Mais en général, ce n’est pas un sujet principal de préoccupation: s’ils s’assistent sporadiquement aux services de la Spanish et Portugues, ils ne remplissent malheureusement pas le Temple de M.Haboucha, rue MacKenzie.Malgré leur passé francophone, les Juifs Egyptiens se sont presqu’entièrement intégrés dans le monde anglophone et de nombreux mariages se pratiquent dans la communauté ashkénaze.La question se pose comme pour toutes communautés: quel est l’avenir de cette société et des futures générations ?Les rapports avec les autres communautés sépharades sont uniquement au niveau des individus et vu l’origine syro-libanaise de certains Egyptiens, il existe une certaine affinité entre les deux communautés, concrétisée par des visites ou des réunions familiales fréquentes.Si jamais il devait se former une communauté de Juifs Egyptiens, elle devrait forcément inclure les Libanais dont ils sont les plus proches.- Propos recueillis auprès de M.et Mme Maurice SHAMA et M.et Mme CHEM rov - 6 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 communauté libanais Il faut d’abord préciser que les Juifs Libanais viennent tous d’une seule ville du Liban, Beyrouth, la capitale: les autres villes ayant été depuis fort longtemps abandonnées par leur population juive.Ils sont peu nombreux: il y a de cela 14 ans: la victoire israélienne de 1967 ayant créé un tel malaise que la population Juive déjà fortement diminuée par des vagues successives d’émigration, cherchait frénétiquement un pays dont le visa était relativement facile à obtenir.Le Canada, dans un accès d’humanité, venait d’entr’ouvrir ses portes et un tout petit nombre de Juifs en profitèrent.A la fin de 1967, il y avait à Montréal 3 ou 4 familles et quelques jeunes gens attirés par Expo 67.L’année suivante, un nombre accru, formant la première vague, vint s’ajouter à ces pionniers et ce, malgré les correspondances nettement pessimistes où étaient mis en cause le climat rigoureux, la langue française «quelque peu différente à leurs oreilles» et le manque de possibilités économiques.Le mouvement se poursuivit quand même les années suivantes, mais très lentement, légèrement activé par les évènements sanglants au Liban qui amenèrent les derniers Juifs restés à Beyrouth pour «sauver les meubles».Le Libanais, en général, est un peuple «émigrant» et le Juif Libanais n’échappe pas à cette catégorie.Il y a toujours eu plus de Libanais à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays.Mais on quand parle de Juif Libanais, on exagère un petit peu.Un dicton connu des Juifs de Beyrouth dit que les seuls Juifs du lieu sont les Hana, les Mana et les Dana.Avant la première Guerre Mondiale, il y avait à Beyrouth, en plus de ces trois familles, les derniers descendants des Juifs de l’ancien Emirat de Deirel Quamar (les Diarnés, très fiers de leurs origines, qui avaient fourni à l’Emir et pendant des décades le fameux demi-bataillon Juif).Quelques familles de Saida (Sidon) avec les Diarnés, sont considérés comme les vrais et seuls Juifs Libanais.Mais le gros de la population Juive était formé de quelques cent à cent cinquante familles Ashkénazes (oui, parfaitement.) et la direction de ce journal détient une liste de 122 noms d’Ashkénazes ayant vécu là au moins jusqu’aux années 40 (des Appel-rot aux Zilberberg).Ils se disaient tous Autrichiens (avec quelque raison, l’Empire Austro-Hongrois étant immense à cette époque) et ont vite fait d’organiser une Communauté Israélite.La fin de la Première Guerre a apporté des changements radicaux dans le Moyen Orient: Damas et Alep, à fortes populations Juives, coupées du Grand Empire Ottoman, ont été les premières à en subir les effets, et les Juifs, établis là depuis des siècles, ont commencé à émigrer.Déjà, de très nombreuses familles s’étaient établies en Egypte, d’abord, puis dans les Amériques, avant la guerre.Quelle que fut la destination ultime des émigrants d’entre les deux guerres, il fallait obligatoirement passer par Beyrouth, le seul port organisé de la région.Beyrouth, ayant toujours ce charme méditerranéen inoubliable, cette vie cosmopolite incomparable attira particulièrement les Juifs de Damas qui y élirent domicile, sans aller plus loin.Quelques Alépins, Irakiens, Iraniens, et près de cent cinquante familles de Ladinos ou Espagnols d’Istamboul, Smyrne et Salo-nique, vinrent former cette mosaique unique en son genre.Mais les Damascains dominaient nettement la scène communale et ils ne tardèrent pas à hériter des Ashkénazes l’organisation de la communauté sur des lignes tout à fait modernes et s’en sont toujours tirés avec honneur.Dans la période d’entre deux guerres, avec les déracinés, les rescapés et les économiquement faibles, découlant des effets de la guerre et des crises économiques, il y avait fort à faire sur le plan social.Un grand nombre d’organisations d’aide furent mises sur pied et fonctionnèrent pendant de longues années, même pendant et surtout après la guerre de 39-45.Insensiblement, il se forma une société b_,____£ £jt____J.' r jjk » sXlX- v_i j ^ • ôb — .A-lsj) j .JloJI »L-Isiil -Xo LU J J* J -¦>&)' r—,111 liLH (0 (J j (•) vfAJ dW dU j (jy- £r* LEHA ELI traduit en arabe par le regretté Albert Elia.d’élite qui s’occupait de tout et qui s’éloignait de plus en plus de la masse: cette élite se distinguait soit par la fortune relative (il n’y avait jamais eu de grandes fortunes Juives au Liban), soit par l’éducation ou les moeurs.Elle avait produit des avocats, ingénieurs, médecins, dentistes, et des négociants capables.Elle avait construit la merveilleuse synagogue Maghen Abraham (avec l’argent d’un donateur Irakien résidant aux Indes), et celle de Bhamdoum, et avait fondé un club des familles Juives très exclusif.Tout ceci avait nécessité des fonds considérables surtout dans les domaines de la santé, l’éducation, la religion et le bien-être social.Il y avait bien le système de la «Arikha» (taxe personnelle) franchement insuffisant pour le fonctionnement de la communauté.Le Conseil s’était toujours débrouillé, soit avec le produit des «neda-vot» de la grande synagogue (il y en avait seize autres («familiales») soit par des dons spontanés recueillis au sein même de cette «Elite».Cette spontanéité a toujours guidé la générosité des Libanais, sans sollicitation LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 7 communauté libanais Suite de la page 9 ni appels (ce qui explique un peu la méfiance et le désarroi de la colonie libanaise de Montréal devant les sollicitations répétées qu’elle reçoit de toutes parts).Pendant quarante ans, le melting pot beyrouthien avait opéré: il s’était formé une société très bariolée, il est vrai, mais très dynamique.Beyrouth était resté un port de transit: des Juifs venant de partout trouvaient aide et refuge.Pendant les périodes troubles, les rescapés de l’Europe Nazie, les victimes de l’explosion de la colère arabe à l’Indépendance d’Israël, les échappés de l’horreur de Baghdad, l’immigration illégale en Israel, tous avaient passé par Beyrouth.Mais la bougeotte avait contaminé les Beyrouthiens: beaucoup quittaient déjà pour des pays plus prometteurs.La situation économique avait évolué, des nouvelles fortunes se faisaient, de nouveaux blasons se dessinaient et l’exode battait son plein.Israel a eu la part du lion de l’émigration Libanaise, le Brésil, le Mexique, l’Amérique du Sud en général, la France, Milan, New-York et finalement Montréal ont fini par vider complètement Beyrouth de ses Juifs.Ceux qui ont atterri à Montréal représentent fidèlement la société Beyrouthienne à ses derniers jours.Ils ne sont pas assez nombreux pour fonder une congrégation ou une communauté.Ils n’ont aucun besoin de le faire: la santé, l’éducation et le bien-être social assurés jadis par la Communauté, sont fournis par l’Etat.Leurs besoins religieux, très minces hélas, il faut l’avouer, sont largement couverts par Rabbi Joseph et Rabbi Hillel.Ils sont charmés par les Moussaf de Salomon Amzallag aux mariages et Bar-Mitzvot.Mais qui sont-ils donc et que sont-ils, ces Libanais ?Ils sont venus, famille par famille, sparé-ment et lentement (en 14 ans, 140 familles) sans savoir vraiment pourquoi ils viennent ici.Nombre d’entre eux étaient vaguement attirés par le fait français, mais ont vite déchanté devant l’inutilité du français que l’Alliance Israélite et le Lycée Laique Français avaient mis tant de soin à leur enseigner (un des signes de l’élitisme libanais était la facilité de certaines familles à s’exprimer en fraçais, en privé et en public).Venant d’une ville extrêmement sophistiquée et cosmopolite, ils étaient un peu étonnés devant certains aspects provinciaux de Montréal, notamment ce cloisonnement étanche des nombreuses ethnies du pays.Habitués à un visage ouvert et à un mélange extrêmement varié, allant de l’Ashkénaze au Druze, passant par les nombreuux rites de musulmans et chré- tiens, ils se trouvaient fortement isolés, catalogués et indexés.Habitués à un Ashkénaze parlant français et arabe avec un léger accent, ils retrouvent ce même Ashkénaze farouchement anglophone, hautain et protecteur par-dessus le marché.Le Juif Libanais, malgré sa scolarité française, aime beaucoup parler l’arabe ou un mélange de français-arabe, et de ce fait, se trouve isolé par rapport aux autres communautés sépharades, les plus proches étant les Egyptiens dont une bonne partie est d’origine Syro-Libanaise, et qui ont la même manie linguistique.Le Libanais n’a pas d’inclination professionnelle spéciale: il est petit commerçant, employé de commerce ou l’enseignant: le salaire moyen varie entre ceux des employés des postes ou chauffeurs d’autobus jusqu’à celui du plombier.Le petit ou grand commerçant (rarissime) travaille dur mais ne «coupe pas de l’or» comme l’expression arabe le veut: il est loin derrière son cousin ou son frère du Mexique ou du Vénézuela ou même le parent de New-York.Très rares sont ceux qui ont quitté le Canada: ils se sont accomodés, trouvent la vie agréable à Montréal, mais c’es surtout parce qu’ils se sont renfermés sur eux-mêmes et forment, en général, une grande famille, et tout est prétexte à réunion.Le Libanais n’est pas zénophobe, il aime fréquenter les «étrangers»; les enfants qui ont grandi se sont mariés avec des Ashkénazes, des Marocains, des Irakiens, etc.et ne cherchent pas à rester exclusivement dans la communauté.Mais déjà perce chez les Libanais cette velléité d’élitisme et on peut déjà constater des embryons de groupes exclusifs: ce n’est pas bien grave, mais il y a certaines affinités qu’ont doit respecter.Par exemple, ce serait une gaffe que de leur reprocher de pratiquer le jeu de cartes: ils aiment jouer, mais le jeu leur procure une occasion de se rencontrer rotative-ment, permettant à la maîtresse de maison d’offrir des petits plats d’amuse-gueules absolument délicieux et d’accepter modestement les petits cris d’admiration de ses hôtes.Il y a aussi ceux qui ne jouent pas: ils se rencontrent aussi souvent autour des mêmes petits plats et au lieu du jeu, c’est un léger papotage aux allures vaguement intellectuelles.Toutes ces réunions sont très fréquentes, trois ou quatre fois par semaine, et permettent de garder le contact.Le Libanais aime beaucoup sortir, à condition d’aimer l’atmosphère du lieu.Au Réveillon du jour de l’an, dans un cabaret au nom évocateur du désert, 80% du public était composé de Juifs du Moyen-Orient.Les Juifs Libanais de Montréal ne sont pas conscients d’une tradition ou d’une coutume spécifique à préserver, mais ils se rendent compte d’un phénomène regrettable et incontrôlable.Comme ils sont arrivés à des époques différentes, leurs enfants ont dû fréquenter des écoles différentes et sont partagés entre l’anglais et le français: ainsi, les enfants ne se connaissent plus et une génération plus loin, ils se seront intégrés au Judaisme environnant.Un autre sujet d’irritation pour les Libanais est la liturgie.Depuis le début, ils ont été attirés par la Spanish & Portuguese, comme Sépharades, mais comme ce ne sont pas des assidus de la synagogue, la grande masse y va seulement à Rosh Hachana et Yom Kippour, et à ces occasions, ils le font en compagnie de la colonie irakienne qui a une liturgie différente, et ceci est la cause d’un certain malaise.Il y a bien la synagogue de M.Haboucha et ses fidèles Egyptiens qui ont la même liturgie que les Libanais, mais pour des raisons obscures (c’est probablement une question de local), ils n’y vont pas en nombre.Tout à fait au début, il a été très difficile de faire avaler aux Libanais d’acheter des billets pour les fêtes: au Liban, seules les chaises des femmes étaient payantes aux grandes fêtes, et seulement aux synagogues Maghen Abraham, celles de Aley et Bhamdoun.Certains Libanais ont soulevé la question de fonder une synagogue avec Hazzanout libanaise, mais une compilation rapide des besoins et des dépenses ont vite fait abandonner le projet: les Libanais étaient tellement éparpillés sur le territoire qu’il serait impossible de réunir un miniane le Samedi.Un autre projet qui mérite l’attention, c’est l’organisation d’un lieu où les jeunes pourraient se rencontrer et faire connaissance: encore une fois, le projet doit atteindre la bonne volonté des intéressés eux-mêmes, car à part le Beit Hamikdach qui doit tomber du ciel tout fait, rien ne se fera tout seul.A part ces quelques problèmes, les Libanais n’ont aucune difficulté d’adaptation et ne semblent pas être concernés par les soucis habituels de la grande communauté Juive.Leur participation à l’organisation communautaire est presque nulle, et ceci est étonnant car leur aînés n’ont jamais ménagé leurs efforts aux oeuvres à Beyrouth, que ce soit à la Goutte de Lait, Bikour Holim ou à la Bnai Brith.Jeunes gens ou jeunes filles, ils ont fait partie des Eclaireurs Israélites ou de la Maccabi, et nombre de ménages se sont rencontrés au Club de la Jeunesse Juive.8 • LA VOIX SÉPHARADh', février 1982 communauté iraniens On me demande de faire hâtivement un article sur les Juifs d’Iran.Soit.Mais c’est comme si vous me demandiez de vous brosser le portrait et de vous raconter la vie d’un peuple qui vécut plus de 2,500 ans dans une région où il fit ses traits, ses particularités, ses traditions et il s’y enracina profondément, mais soudain une bourrasque, un orage le déracina, changea son sort et ainsi l’histoire du juif errant se répéta pour une autre fois.Les Juifs iraniens ayant vécu au cours des générations dans la sobriété, la pauvreté et même la misère de leur pays, venaient de trouver une prospérité, une certaine opulence que seule la situation du pays avait favorisée, surtout le dernier quart de siècle, avec l’histoire du pétrole, et la hausse du prix du pétrole particulièrement en 1975 avait multiplié leur fortune (et en effet ce subit enrichissement prépara une soudaine chute de la situation des plus fortunés), là où un quartier riche se bâtissait ou des boutiques de luxe, de vogue, apparaissaient, là où les capitaux se ramassaient, s’unissaient pour réaliser un projet ambitieux, les Juifs par leur intelligence pratique, leur assiduité dans le travail jouaient un rôle important et prépondé rant; combien certains de leurs confrères musulmans venaient leur demander des conseils chez eux pour établir tel ou tel commerce.Ils en étaient les précurseurs, dans bien des domaines: les produits pharmaceutiques, la construction, l’hôtellerie, l’installation des ateliers d’artisans, la petite La raison découle probablement du fait qu’ils ne se sentent pas admis par la société Ashkénaze, et aucune approche n’a été faite du côté Sépharade: à titre privé, de nombreuses relations existent avec des Egyptiens, les plus proches au point de vue dialectal, des Irakiens et des Marocains.Au niveau des jeunes, ceux qui ont fréquenté les écoles Ashkénazes, ou bien les écoles anglophones de Côte St-Luc, ont noué des liens avec leurs camarades Ashkénazes ou Marocains.Du côté Ashkénaze, il n’y a aucune illusion à se faire sur les relations sociales: la langue et la mentalité forment une barrière de taille, même pour les jeunes anglicisés.Quant au côté Sépharade, il est étonnant que rien n’ait été fait: il y a là une similitude de moeurs parfaite qui industrie dans toutes ses divergences, la création et l’innovation dans les modes, dans les boutiques de dernier cri, l’importation et l’exportation.N’oublions pas que parmi la classe intellectuelle, les Juifs iraniens avaient leur place d’honneur.Dans des universités, des administrations, des instituts, ils occupaient un poste qu’ils avaient brigué, non parce qu’ils étaient pistonnés, mais parce qu’ils le méritaient, et ils l’exerçaient avec beaucoup de modestie.Ainsi, par leur seule valeur intellectuelle, par leur vocation et par leur attitude sage, sans arrogance, sans prétention (ce qui fait partie des traits communs des Juifs dans toutes les régions du monde), ils rendaient leur présence plus précieuse, plus agréable aux yeux des frères musulmans.Mais, tout d’un coup, la Révolution dans ce pays, balaya tous les Juifs ambitieux, persévérants, intellectuels, et les chassa vers d’autres pays, surtout les Etats-Unis, Israel, l’Europe (en France, en Angleterre) et timidement au Canada.N A vrai dire, ils ne jouèrent jamais un rôle quelconque dans la politique de leur pays, car depuis des siècles, ils avaient appris à respecter les lois sans les commenter et à être de bons citoyens tout en connaissant sciemment et intelligemment leurs limites et leur marge que la religion dominante du pays leur indiquait.La Révolution frappa dur sur les Juifs riches et prospères.Etudier chaque cas individuel dans ce moment de l’histoire demande une enquête laborieuse de la aurait dû amener un échange enrichissant pour les deux groupes.Il y a cependant un fait bizarre à observer: au Mexique, où réside une grande population Juive du Moyen-Orient, les Alépins et les Damascains se sont scindés en deux groupes, ayant chacun leur propre club et leurs fréquentations distinctes, les Beyrou-thiens étant au milieu, ayant des liens dans les deux camps.A Montréal, l’idéal serait finalement un club de familles Juives où tout le monde pourrait se rencontrer, où le jeu serait permis, où l’on pourrait dîner et danser et où on ne parlerait pas de politique partisane, et comme ceci est presqu’irréalisable, les choses en resteront au même point pour de longues années à venir.a part d’un historien et d’un romancier, l’étude qui constituerait un drame éternel des Juifs subissant un sort triste après une prospérité, une accalmie relativement douce, et acceptant de refaire dignement leur vie dans un autre coin du monde.Parmi les drames des communautés juives du monde, ajoutez un autre, aussi beau, aussi affligeant et aussi profond que celui de la communauté juive iranienne.Avec un vif regret je dis aujourd’hui que nous avons perdu une communauté florissante quui aurait pu être un appui moral et matériel pour les Juifs du monde entier.Au Canada, surtout à Montréal, il y a trois ou quatre ans, on trouvait une vingtaine d’étudiants iraniens juifs; après la Révolution Iranienne, ceux-ci ont amené à leurs parents à vivre ici, en sorte qu’aujourd’hui vous trouvez une centaine de Juifs d’origine Iranienne, donc 25 familles constituant une faible communauté se nouant avec d’autres communautés sépharades.Certaines d’entre elles préfèrent rester incognito.La plupart tente leur chance dans le commerce, la profession libre.Peu de Juifs Iraniens se sont dirigés vers les métiers techniques.Dr M.ROTCHEL Suite de i'a page 13 tion of that group within the established Ashkenazy community was more difficult than would perhaps have been the case if the process had commenced a decade earlier.The ambivalence experienced by our Sephardic brethern - on the one hand, the fervent desire to identify as and with fellow Jews; and on the other hand; to relate to the larger community through their common language, franco-secular culture, and not insignificantly, the identification with the aspirations of a francophone minority group which perceives itself as oppressed and searching for its own destiny and identity, that ambivalence has created a condition of stress which I believe has retailed the process of full integration.It is my firm conviction that with the good will and understanding that now exists between the leadership of both the Sephardic and Ashkenazy communities, sturdy and enduring bridges will be created so that the Montreal Jewishh community will be a true reflection of the cultural mosaic which is such an integral part of Canadian social philosophy.That process may require another decade to become a reality.libanais Suite LA VOIX SÉPHARADE, février 1 982 • 9 communauté tunisiens : ns#*- qu’à son sujet courent, s’enjolivent plusieurs j légendes, ce qui entoure ses origines d’un J halo de mystère.En voici quelques-unes j parmi les plus répandues: «Après la destruc- j tion du premier Temple de Jérusalem en 586 avant J.C.par Nabuchodonosor II, roi de Babylone, des exilés de Juda débarquèrent à Djerba, l’île des lotophages, où, avant eux, avaient abordé des coreligionnaires contemporains de David.Ils construisirent une synagogue non loin d’une pierre tombale Juive qu’ils pensaient être celle d’un nabi».«Pour échapper à la déportation en Babylonie, ces mêmes Hébreux trouvèrent asile dans l’île.Cependant leur désarroi était grand: ils ne savaient où s’installer.Entre-temps, une pierre sacrée tomba du ciel à l’endroit où ils devaient édifier leur synagogue.Ce fut une voix mystérieuse qui guida leuurs pas pour la leur faire découvrir.» «Dans leur fuite, des réfugiés avaient emporté avec eux des pierres de la «Maison de Dieu» qu’ils placèrent avec soin dans les fondations de la première synagogue de l’île.Ces pierres sacrées, vestiges de la grandeur de Juda, s’y trouveraient encore.» Le village de Hara Sghira (le petit ghetto) fut fondé autour de ce temple millénaire dénommé la Ghriba en souvenir du saint anonyme qu’on ne prie jamais en vain pour l’exaucement de ses voeux.Les miracles qu’il a accomplis dans le passé et qu’il continue d’accomplir de nos jours lui ontfait une grande renommée parmi les maghrébins, fils d’Israël.Une question se pose, cependant.Pourquoi les survivants de ces exilés et leurs descendants n’avaient-ils pas répondu aux invités réitérées de rentrer dans leur patrie, faites par Cyrus II le Grand, roi des Perses, vainqueur de Balthazar, dernier roi de Babylone ?Avaient-ils oublié Jérusalem ?Qui oserait le croire ?Mais rappelons qu’ils étaient au pays des «lotophages» et que, peut-être, ils avaient eu l’imprudence, tout comme Ulysse et ses compagnons, de goûter lau lotos, «ce fruit doux comme le miel» dont la vertu magique évoquait celle du Léthé.Toutefois, lors même qu’ils auraient été, eux aussi, victimes de «ce fruit de l’oubli», ils pouvaient valablement, pour leur défense, arguer de l’impérieuse obligation où ils étaient de demeurer sur place pour que ne fussent point laissés à l’abandon les pierres sacrées et le temple de leur génie protecteur: la Ghriba.VICTOR BINHAS i Haï Taïeb n’est pas décédé C’était un Rabbin - digne de ce nom -dans toute la force et l’acception du mot.C’est toujours avec vénération et profond respect que l’on continue à prononcer le nom de Rebbi Haï Taïeb.La tradition Judéo-Tunisienne voulait que les parents organisent à la veille d’une initiation religieuse (Bar-Mitzva) et à la veille d’une circoncision (Mila) une soirée dite «soirée des rabbins».Cette soirée avait pour but de réunir plusieurs rabbins et de leur permettre de commenter le Talmud.Bien entendu, le premier invité était Rebbi Haï Taïeb qui occupait la place d’honneur.Rebbi Haï Taïeb qui somnolait ne prenait guère part aux commentaires qui, souvent, divisent les autres rabbins.Mais lorsque toute l’assemblée se trouvait devant une impasse.alors Rebbi Haï Taïeb, sans même ouvrir les yeux, leur donnait la réponse exacte.Sous les chauds rayons du soleil tunisien il ne fallait pas beaucoup s’énerver et pour arriver, souvent, aux «prises de becs» avec des gestes pour ceci ou pour cela.Lorsque |les choses allaient se gâter.alors un des antagonistes disait à l’autre «Jure sur la tête de Rebbi Haï Taïeb».et l’incident était clos à la satisfaction des deux parties.ERNEST YANA Le culte des saints thaumaturges dont chacun a sa légende hagiographique, bien qu’il relève du maraboutisme et des croyances idolâtres plutôt que de l’orthodoxie religieuse connaît une faveur extraordinaire auprès des Juifs et des musulmans maghrébins.Des traditions séculaires font courir périodiquement, à l’occasion des pèlerinages organisés, des foules nombreuses, de condition modeste, vers les mausolées célèbres où dorment les saints tutélaires dont le pouvoir surnaturel ne peut être mis en doute sans blasphème ni péché.Chaque famille a son saint préféré qu’elle invoque à l’heure du danger ou à la veille d’un événement important dont elle espère un dénouement heureux.Les souhaits une fois accueillis favorablement, on va, à la belle saison, se recueillir sur sa tombe pour lui rendre des actions de grâces, les mains pleines d’offrandes et le coeur de faveur mystique.Le musulman a son marabout qu’il révère autant que le Juif son rabbi.C’était le mois de mai.Le pèlerinage de la Ghriba attirait à Hara Sghira des vagues de visiteurs venus des quatre coins du pays.Durant une semaine, l’île changeait de physionomie.Elle, ordinairement si paisible, connaissait, de jour et de nuit, une animation inaccoutumée.Les cars et les automobiles sillonnaient, sans cesse, les routes.La Ghriba (le terme signifie en arabe «étrange», «extraordinaire», on sait La Synagogue de la GHRIBA.10 • LA VOIX SÉPHARADE, février î 982 irakiens communauté De tous les groupes sépharades représentés à Montréal, aucun n’a subi autant de persécutions dans leur pays d’origine que les Juifs Irakiens.Pourtant, la présence des Juifs en Mésopotamie date des temps bibliques.Ils ont vu passer sur cette région un grand nombre de conquérants et d’invasions.Ils étaient là bien avant les Arabes et les Turcs.Cette population juive a connu des fortunes diverses: vers les 500 E.C.les académies de Sura et Pumbedita rayonnaient sur toute la diaspora par l’ampleur de ses travaux, sa compilation du Talmud Babylonien et par sa nombreuse correspondance avec les Juifs du monde entier.Vers les années 600 E.C.800,000 Juifs vivaient en Mésopotamie: même après la conquête musulmane, ils continuèrent à prospérer malgré une lourde taxation et une persécution sévère (chiffon jaune sur leurs habits, etc.).En 1300, les synagogues de Baghdad étaient incendiées, les maisons pillées: sous l’occupation turque (1750 à 1830) les mesures anti-Juives ont forcé un grand nombre à s’enfuir vers la Perse et les Indes.Au début du 20ème siècle, il n’y avait plus que 120 mille Juifs en Irak.De 1939 jusqu’à la fondation de l’Etat d’Israël, ce n’est plus qu’une histoire de violence, de meurtres, de pillage, d’expropriation et de pendaisons de notables Juifs sous des prétextes divers.On assista alors à un exode massif vers des destinations diverses: !f5^P mmm?le Israel seul en a reçu 129 mille, le reste s’étant éparpillé un peu partout dans le monde entier.Montréal a reçu sa part de Juifs Irakiens et ce, depuis la fin des années 1940: ils en sont donc à leur 3ème génération d’immigrants.Ils sont venus en petits nombres, très bien préparés à l’immigration par leur culture, leur éducation et leur grande expérience du monde des affaires.Résultats de l’occupation anglaise de l’Irak, ils sont tous parfaitement anglophones à une exception près, et de taille, dans la personne du célèbre écrivain de langue française, M.Nairn Kattan.Il faut cependant remarquer que nombre d’entre parle le français, pour l’avoir appris aux Ecoles de l’Alliance Israélite.Depuis le début, ils ont gravité dans les milieux anglophones sans négliger pourtant leur héritage culturel sépharade.Les Irakiens ont été les premiers à fonder, en 1952, la Communauté des Juifs Sépharades, qui par la suite a attiré de nombreux Egyptiens, Marocains et Libanais.En plus de leurs activités philanthropiques, les Irakiens ont centré leurs efforts sur la Synagogue Spanish & Portuguese qui, de ce fait, est devenue un centre de séphardisme universel: des services des Yamim Noraim en association avec des groupes Egyptiens et Libanais, donnent une mesure de leur esprit accueillant.Pour s * « ï compléter l’image, un vénérable Rabbi Hillel, très respecté de tous ceux qui le connaissent, un Rabbi Joseph anglophone et bilingue très dynamique, et surtout un hazzan Marocain, S.Amzallag, dont la liturgie est fort appréciée de tous, y compris les Ashkénazes de cette congrégation.Les Irakiens ne sont pas organisés en groupe en tant que tel, et leurs rapports avec les autres communautés sont uniquement sur le plan personnel.Venus en plusieurs vagues dont on peut en distinguer trois: ceux qui ont quitté en pleine période de persécutions, les attardés qui ont réussi à sortir entre 1970-73, et la dernière vague venant d’Israël, ils sont tous parfaitement intégrés dans la vie canadienne et dans le Judaisme canadien.Leur nombre assez restreint (200 à 250 familles) leur épargne les affres de la dissension interne que leurs coreligionnaires Marocains éprouvent actuellement, confrontés par les problèmes de réévaluation des valeurs de quelques 5 à 6,000 familles en terre d’accueil.N’ayant aucun lien officiel de groupe à groupe avec la Communauté Sépharade du Québec, la majorité des Juifs Irakiens jugent avec sévérité les récents événements: ce qui ne les empêche pas, sur le plan individuel, d’épouser une des deux thèses, preuve d’un vif intérêt dans l’avenir communautaire.Là où il y a de l’intérêt, il y a de l’espoir.^- j falachas Pour terminer notre tour d’horizon de la j diversité sépharade, nous n’oublierons pas ! de mentionner la toute petite communauté | des Falashas ou Beta Israel: elle ne compte j que six personnes, dont deux adultes.Malgré leur arrivée récente parmi nous, j et ceci au bout de nombreuses tribulations, j ces Falashas semblent s’être assez bien j adaptés au pays.Leur porte-parole, Barukh | TEGUEGNÈ, nous fait part de son espoir j de voir ce qui reste de son peuple en ! Éthiopie, sauvé par l’annihilation totale.Ce peuple, une des plus vieilles communautés juives de la Diaspora, est en danger de disparition.Il est pris dans l’engrenage j des guerres civiles, des luttes tribales et des j famines qui régnent en Abyssinie.Parce * qu’ils sont Juifs, ils sont emprisonnés, tortu-1 rés et massacrés à grande échelle, malgré I les efforts faits par plusieurs organisations i Juives pour les sauver de cet enfer.LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 11 communauté achkénazes-séfa rades de Montréal Le 12 novembre 1981 eut lieu à St-Louis (U.S.A.) un Congrès des Fédérations Juives d’Amérique du Nord, auquel Mr 1.Halperin, Président sortant d’A.J.C.S., prit part comme représentant la communauté de Montréal.Nous reproduisons ci-dessous le texte de son discours concernant les relations Sépharades/Ashkénazes.Most Moroccan emmigrated because of the political situation in the land of their birth and the fear of an all Moslem government which succeeded the French.Very few left for economic reasons - a factor quite different from the motivation of most immigrants to Canada in recent years.The first wave of immigration commenced in 1956; the second wave in 1967 as a result of the Six Day War when large numbers of Moroccan Jews feared for their safety in that country; and finally, the third wave commenced in approximately 1975, and this consisted largely of family reunions.One must understand that the mores, habits and customs of North African immigrants to North America makes them clearly, if not visibly, distinguishable from members of the host community.They are different by reason of dress, food, language and culture.Over the last half century, Jewish immigrants to Montreal from eastern Europe were able to identify easily with those who had preceded them here.Those differences went beyond even the external characteristics I have described.There was a difference in terms of personal goals and objectives of the immigrants.Easterns European immigrants to Montreal were able to identify easily with their relatives or landsleit who preceded them here and «made it» in business or in the professions.The North African immigrants however had no such role models with whom they could identify, - on the contrary, their reaction was often quite negative - they often concluded that the good jobs, the good opportunities, were already occupied by the Ashkenazim, and hence their ambitions and their goals were diminished and ultimately diverted to several specific areas of endeavour, even though many had had considerable experience in a much wider range of economic and professional activity in Morocco.At the risk of generalizing, a large proportion of North African Jews established themselves in the ownership and operation of chic boutiques and the business of importing high fashion European clothing.There are impressive indications that the children of the Sephardic immigrants have abandoned the limited ambitions of their parents and are aspiring to, and are achieving, distinction in the professions, the world of academe, and in a variety of important business pursuits.This evolution is fairly typical of the traditional immigrant generation whose preoccupation is largely economic, and subsequent generations, whose horizons are vastly expanded.The presence of French speaking Jews in Montreal has influenced to a considerable degree, the evolution of the already established and mainly anglophone Jewish community of Montreal.The North African immigrants, who came to Montreal as part of the second wave which commenced in 1967, arrived during a period of the Quiet Revolution in the Province of Quebec which was marked by great stress between Canadians of French and English origin, a condition that continues to this very day.One of the major components of that struqqle has been and is still the question of language.In 1977, Bill 101 was adopted by Quebec whereby for most, but not all purposes, French became the official language of the Province.Quite clearly, Quebec was an enticing destination for North African Jews, because it possessed for them the promise and hope that at once characterized all of North America, and at the same time, constituted a mainly French speaking community.The new importance of the French language in Quebec created a climate (more spontaneous that deliberate) whereby the new North African immigrants were encouraged by the established Jewish community to retain the use of French even to the exclusion of English.That condition had some curious consequences.Even though the majority of Ashkenazim consider themselves to be bilingual - English is overwhelmingly their first language, communication with the French speaking new arrivals was therefore not as relaxed and easy as would be ideal for the creation of intimate and Irving G.Halperin bm3k lasting personal and group relations.On the other hand, the general climate in Quebec was such that the new immigrant group possessed the very linguistic excellence to which many members of the Ashkenazy community aspired.There was a feeling in some quarters of community leadership that the Sephardic community might serve as the bridge between the established Montreal Jewish community and the new sociall order in Quebec wherein the French language had become so important.Well, that wasn’t quite the way it happened.One has to understand that the French spoken by the Sephardy newcomers is not the French spoken by native Quebecers who have a tendency to chew their French rather than speak it.Strange as it may seem, Québécois have a basic mistrust, if not hostility, toward the French (from France), so that opportunities which were not available to Ashkenazim, presumably for linguistic reasons, and which theroretically should have been available to members of the Sephardic community, were not available to them either.As a member of the Sephardic community said to me recently, «To the anglophone Jews, we were not Jews because of our language, to the Christians who chose to discriminate against us, we were Jews.» Social interaction therefore between adult Sephardim and members of the Québécois French society has over the years been minimal, and much less significiant than might have been anticipated.One unanticipated consequence of the linguistic 12 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 communauté facility possessed by the Sephardic community was the marked tendency of assimilation on the part of young Sephardim with Québécois.Certain studies conducted on this subject reveal an extraordinary degree of inter-marriage on the part of young Sephardim.By contrast, there has been relatively little inter-marriage between Sephardim and Ashkenazim.One study, conducted several years ago revealed that twelve percent of the Sephardic men and nineteen percent of the Sephardic women of the sample group studied were married to Canadian born consorts.There are however indications that the rate of Sephar-dic-Ashkenazy marriages is at the present time increasing significantly.The pattern of welfare services known in Morocco was largely restricted to assistance to the poor and the aged.By contrast, the vastness of the range of Jewish community sponsored services which the new immigrants found in Montreal was staggering to them.It became evident at a fairly early stage that the existing service delivery structure did not adequately meet the needs of the Sephardic community.For one thing, members of staff of many agencies were geared to servingg a Yiddish-English clientele.Secondly, in other areas, the social and cultural milieu was strange, and uncomfortable to Sephardic clients.This condition triggered two sets of events: 1.Over the years, in certain key areas of service, such as J.I.A.S.(the Canadian equivalent of H.I.A.S.), and all health and welfare agencies, French speaking staff was engaged or existing staff was encouraged to improve fluency in French generally with the financial assistance of Federation, and 2.For several years preceding 1977, the leadership of our Federation was engaged in lengthy and at times difficult discussions with the leadership of the Sephardic community with a view to finding the most effective way of providing service to their constituents.The Sephardic leadership was committed to the establishment of a structure which would permit the full expression of Sephardic distinctiveness and its cultural heritage.That objective was accepted by Federation not without reservations since the proposed plan had built into it a separation of the two communities, and in fact there emerged the Communauté Se-pharade du Quebec, the nineteenth agency of our Federation which is itself a federation comprising a number of groupings.Its Board of Directors is popularly elected biennially by members of the entire Sephardic community, a democratic process probably superior to anything practised within the Jewish community of Morocco or even within the election process of our own Federation.The C.S.Q.includes: a) Ecole Maimonides, the only French language Sephardic day school in North America, whose Board is composed entirely of members of the Sephardic community, whose teachers are mainly Sephardic, and whose students include a goodly number of Ashkenazim whose interest presumably is the perfection of French and exposure to Sephardic culture.The school has more than 600 students in both an elementary and a high school; b) The Centre Communautaire Juif which is a semi-autonomous branch of the «Y» and provides social and cultural activities for members of the Sephardic community, and c) The Rabbinat which occupies itself with the religious concerns of the Sephardic community.The inclusion of the Rabbinat within the C.S.Q.was a choice of the Sephardic community itself since there is no precedent for such formal and direct involvement in our own Federation, nor I believe, in most North American federations.That decision has now come back to haunt the Sephardic community, and indeed the entire community since an intense power struggle has developed between the Grand Rabbin (Chief Sephardy Rabbi) and the lay leadership of the C.S.Q.That struggle has the makings of a most divisive issue within our community, and is the cause of great concern to us.It is to be noted that in the structure that I have just described, there are major components which by North American community standards, clearly run counter to community unity and cohesion.Our Federation recognized each of those components for what there were - yet we felt that it would have been wrong to impose our structures on them.It seemed more important at the time to give them the opportunity of finding their own way in a setting that was comfortable to them, albeit different from what we would have preferred.It is my expectation, and one that is shared by a number of leaders of the Communauté Sepharade Du Quebec, that apart from the Rabbinat the C.S.Q.is presently serving a useful, but a transitional role, and that at some time in the not too distant future that structure will be either eliminated or so modified as to bring the Sephardic community more fully into the main stream of community activity.Integration and absorption of immigrants into the Montreal Jewish community is a process in which we, as a community, have been involved on a continuing basis for more than half a century.Almost 50% of our present Jewish population is made up of people who have arrived since 1945.No group of new arrivals offered as much of a challenge to the community as does the Sephardic community.The social philosophy of Canada towards its two founding nations (English and French), as well as other ethnic groups, contrary to the prevailing philosophy in your country and France and elsewhere, is not that of the «melting pot», but rather that of a «mosaic» where the preservation and indeed enhancement of pluralistic cultural identities is encouraged.You may be surprised to know that we in Canada have at the federal level a Ministry of Multi-Culturalism that actively encourages and helps fund ethnic cultural programs and activities.I have no illusions about the ease with integration between the two communities will be achieved.The differences that exist in the perception of community, the method of achieving objectives and even in the area of personal relationships, are often so significiant as to create serious obstacles between the two communities.I make this observation not in a pejorative sense, but rather to emphasize the fact that those differences are bound to continue to create real problems between the two groups even where the best of good will exists.Let me identify for you very briefly several events which justify an optimistic projection of the process of integration: - 1.Several of our Ashkenazy Jewish day schools are now developing joint programs with Ecole Maimonides so that youngsters within our community will develop a better understanding of each other’s cultural traditions.2.We, at Federation, make a concerted effort to involve Sephardic leadership at all levels of decision making.3.Most Federation and agency meetings and agency meetings are bilingual in the sense that participants are encouraged to speak in their mother tongue, whether that be English or French (or even Yiddish).Montreal, and the Jewish community in particular, have been deeply enriched by the arrival and establishment within our midst of a spirited Sephardic French speaking community.It is perhaps because of an accident of history - the Quiet Revolution, (which at this particular moment is something less than quiet) that the integra- Voir suite page 9 LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 13 communauté La communauté de Toronto Nombre et origines géographiques: La communauté juive nord-africaine de Toronto comprend entre cinq et six mille âmes dont quatre-vingts à quatre-vingt-cinq pour cent sont d’origine marocaine, cinq à dix pour cent sont d’origine tunisienne et cinq pour cent (ou probablement encore moins) d’origine algérienne.Périodes d’immigration au Canada: Un très petit nombre de Juifs Nord-Africains (composé presqu’uniquement de Marocains et de Tunisiens, à l’exclusion d'Algériens) émigrèrentau Canada vers les années quarante et cinquante de ce siècle, ën général directement d’Afrique du Nord.La grosse majorité de la communauté est venue s'installer dans ce pays vers la fin des années soixante et durant les années soixante-dix.Pour certains d’entre eux, c’était la première fois qu’ils décidaient d’élire domicile en dehors du Maghreb; pour d'autres, le Canada était leur deuxième ou troisième tentative de se fixeren dehors de leur pays natal, après avoir essayé Israël et/ou la France, l'Espagne, l’Italie, le Brésil, etc.Connaissances linguistiques: À l'exclusion de quelques-uns parmi les Marocains originaires de la zone de Tanger, tous les Juifs Nord-Africains de Toronto parlent Français.Cependant, leur emprise surcette langue varie selon les générations et le nombre d’années de scolarité que ces personnes ont reçues en Afrique du Nord.L’Arabe (1) est encore parlé (et dans certains cas - assez rares- lu et écrit).Il est cependant assez difficile d'estimer le nombre d’arabophones à cause d’une certaine hésitation à admettre que l’on parle Arabe.Cette attitude, révélatrice d’un snobisme intellectuel et culturel, était assez répandue dans certains cercles des classes moyenne et supérieure juives en Afrique du Nord, et elle semble se perpétuer malgré l’exode et le contact avec d’autres cultures et d’autres langues (2).Le Ladino et l’Espagnol sont les exclusivités linguistiques de la communauté juive du Maroc espagnol et l’Italien celle des «gzanas»(ou Jui'fs d’origine italienne) qui se sont établis en majorité en Tunisie.À Toronto, les membres de ces divers groupes linguistiques ont maintenant une langue commune: l’Anglais que jeunes et vieux se sont efforcés d’apprendre avec divers degrés de succès dans le cas de ces derniers.Institutions sociales et vie communautaire: Sans l’ombre d’un doute, on peut affirmer que, parmi les Juïfs Nord-Africains de Toronto, les Marocains sont les plus actifs au sein de la communauté et les plus soucieux de préserver leur héritage culturel et religieux (3).On serait tenté en fait de surenchérir et de dire que seuls les Marocains ont fondé et entretenu une vie communautaire juive Nord-Africaine à Toronto.En effet, les seules synagogues nord-africaines sont des synagogues marocaines: *Petah Tikvah (avec trois cents à trois cent cinquante familles affiliées) est la synagogue des Marocains de la zone espagnole presqu'inclusivement.*Maghen David (avec cent cinquante familles affiliées) est surtout la synagogue des Marocains francophones, mais comprend aussi quelques Iraniens, Tunisiens et Egyptiens.* Or Hamaarav est la propriété privée du Rabbin Edery.*Minyane Sépharade et Tipheret Israël sont des synagogues beaucoup plus petites, fondé-s par des Marocains «Shomrei Shabbat» qui, bien qu'affiliés à Maghen David ou à Petah Tikvah, se sont vus obligés de créer leurs propres lieux de dévotion à proximité de leurs domiciles afin de ne pas avoir à violer le shabbat.La seule école Nord-Africaine deToronto: Or-Haemetqui compte cent vingt élèves et qui va jusqu'à la sixième classe, est une école fondée par des Marocains.«Bnei Sépharades», club de l’Age d’Or, ou club du troisième âge, a aussi été fondé pardes Marocains (4).Les Tunisiens et les Algériens se contentent de se joindre en tant que membres à ces organisations (5) ou même souvent se désintéressent de leur identité nord-africaine (6) et même juive dans certains cas (7), et adhèrent à des synagogues Ashkénazes, orthodoxes, conservatives et même- bien qu'assez rarement et surtout dans le cas d'Algériens - réformiste.La vie communautaire semble assez active sans pourcela atteindre un rythme palpitant.Les membres actifs se plaignent souvent de l’apathie intellectuelle et culturelle de leurs compatriotes.«La seule chose qui puisse les faire venir à la synagogue pendant la semaine, c’est une partie de bingo» semble être une plainte bien familière.Sarah Taieb Carlen.Sarah Taieb Carlen, originaire de Sousse (Tunisie) est actuellement en train d’écrire sa thèse de Doctorat en sociologie sur «Tlntégration des Juifs Nord-Africains à Toronto» l’Université de Toronto.1 ) Par Arabe, nous entendons ici à la fois le Judéo-Arabe et la version plus «pure», plus classique de l’Arabe parlé au Maghreb.2) Ce snobisme aux racines et aux motifs multiples et fascinants, trouve sa source principale dans la place socio-économique qu’occupait la très grosse majorité des Arabes dans le protectorat Français.3) Ceci serait dû, en partie, au fait que la présence française au Maroc a été plus courte qu’en Algérie et en Tunisie et, par conséquent, la pénétration et l’influencede la culture française ont été moindres au Maroc que dans les deux autres pays du Maghreb, permettant ainsi aux Juïfs Marocains un attachement plus profond à leurs racines judéo-arabes et plus superficiel aux moeurs et coutumes françaises.4) Ces détails sur les organisations juives nord-africaines à Toronto, sont dûs à Monsieur Maurice Benzacar, Président de Ma-gen David.5) Les Tunisiens en plus grand nombre que les Algériens.6) Les Algériens en plus grand nombre que les Tunisiens.7) Ceci est vrai aussi, bien sûr, pourcertains Marocains.À NOS LECTEURS DE TORONTO C’est grâce aux efforts déployés par M.Maurice BENZACAR de Toronto, que la «VOIX SEFARAD» parvient chez vous ponctuellement.Il arrive, et c’est assez fréquent, que quelques-uns de nos lecteurs déménagent sans nous en avertir: le journal nous est alors renvoyé contre paiement d’un timbre de retour.Ceci est une perte pour tous: le lecteur n’a pas son journal et nous déboursons des frais de manutention et de poste inutiles.Habituellement, nous renvoyons les noms à M.Benzacar qui, avec sa gentillesse habituelle, s’occupe de retracer la nouvelle adresse: entretemps, un ou deux autres journaux sont expédiés à l’ancienne adresse, ce qui, avec les nouveaux tarifs postaux, augmente nos frais de façon considérable.Aussi, nous ne saurions assez vous prier, chers lecteurs, de vouloir bien nous aviser de vos changements d’adresse: pour ce faire, vous n’avez qu’à appeler: M.Maurice BENZACAR (416) 630-6481 Ainsi, vous nous éviterez des frais inutiles et vous recevrez régulièrement votre journal.Merci, LA VOIX Sefarad.14 • LA VOIX SEPHARADE, février 1982 dossier L’engagement communautaire par Yossi Lévy Allocution prononcée au Séminaire de la Formation des cadres.Lorsque le Comité de Formation des Cadres m’a proposé de vous rencontrer et de discuter avec vous de l’engagement communautaire, je me suis demandé quelle était la meilleure façon d’aborder le problème.Fallait-il le présenter comme une annonce publicitaire du genre «Imbattable la vie dans les forces armées Sépharades» ou bien «Sephardi army needs you», une réclame dans laquelle le recrutement tient lieu de but essentiel?Un second mouvement a été au contraire de me dire que comme pour l’immigration dans un nouveau pays, il fallait mieux discuter des problèmes concrets de l’engagement communautaire, les envisager de façon très pessimiste afin de vérifier le degré d’intérêt réel, une sorte de tamisage à partir duquel seuls les purs et les durs embarqueraient dans ce processus, voyage intéressant à la recherche de pays intérieurs et d’exploration de nouveaux paysages, facettes d’une communauté qui se cherche.DÉFINITIONS Devant cette alternative, j’ai décidé de prendre la voie médiane, la plus sûre peut-être et la plus franche, c’est-à-dire celle qui consiste à donner une image subjective mais quand même vérifiable de ce que c’est l’engagement communautaire.Afin de clarifier ces mots donc de façon plus précise notre discussion de ce soir, j’aimerais donner les définitions dictionna-riales des concepts d’engagement et de communauté, afin de cerner le registre sémantique de ce vocabulaire.Ainsi, au mot engagement on peut lire comme définitions: actions de mettre en gage, promesse par laquelle on s’engage, acte par lequel un citoyen déclare vouloir servir dans les forces armées pendant une durée déterminée, introduction dans la bataille, combat de courte durée et très localisé, fait d’intervenir et de prendre parti dans les problèmes de l’époque.Cet ensemble de définitions situe bien la dimension de l’engagement que l’on peut inscrire sur un continuum qui va de la polarité responsabilité et intervention, parti pris dans les problèmes de l’époque à combat de courte durée et très localisé, ce qui représente malheureusement l’une des caractéristiques principales chez certains bénévoles dans la communauté.Nous reviendrons plus loin sur la question de l’engagement.Passons à présent au mot communautaire ou communauté.Là les définitions sont moins parlantes.Le dictionnaire dit communauté: état de ce qui est commun, parité, identité comme dans com-nauté de sentiments, groupe de gens qui ont des intérêts communs.On peut compléter cette définition en précisant qu’une communauté comprend deux niveaux un niveau interpersonnel c’est-à-dire un ensemble d’individus qui partagent des caractéristiques d’ordre socio-culturel, comme une même origine ethnique, une même langue, de mêmes traditions culturelles et religieuses, ainsi qu’une identité subjectivement définie, constitue les caractères essentiels d’une communauté.En second lieu, il existe un niveau institutionnel, c’est-à-dire l’ensemble des institutions communautaires que la communauté se donne pour réaliser certains objectifs de portée générale ou sectarielles et qui sont généralement de l’ordre de la représentation politique, du socio-culturel, du religieux et de l’éducatif.A partir de cette brève définition des concepts, on voit apparaître déjà une ligne de force intéressante.L’engagement communautaire se présente sur un continuum qui va de l’insertion plus ou moins poussée dans un réseau interpersonnel qui comprend les membres du groupe avec lequel on se reconnaît des affinités socio-culturelles, et qui se concrétise par un ensemble d’activités plus ou moins personnalisées ou actualisées.Cet engagement communautaire est essentiellement de l’ordre du privé.Far contre, on peut trouver à l’autre extrémité un engagement dans les institutions communautaires où l’action et la prise de décision sont publiques, et orientent d’une façon ou d’une autre les politiques communautaires sur le plan socio-politique.A un degré ou à un autre dans la mesure où il y a interactions avec d’autres membres de la communauté, il y a engagement communautaire subtil, peut-être, mais nécessaire car il maintient un contact entre les individus, permet la transmission d’une information et réduit le processus de sédimentation, de distanciation entre les individus et freine donc l’assimilation ou la neutralisation.C’est par ce mécanisme que les institutions peuvent continuer à présenter une certaine vigueur puisqu’elles peuvent avoir un renouvellement de leur personnel et assurer la continuité de leurs structures.C’est dans l’interaction de ces deux niveaux d’engagement qu’une communauté peut espérer croître et durer.Analysons à présent de façon plus détaillée les deux niveaux communautaires avant d’aborder la dimension d’engagement.LA COMMUNAUTÉ Essentiellement, la communauté sépharade recouvre la population d’origine nord-africaine dont l’immigration, qui a débuté en 58-59, a atteint son maximum vers les années 65, 66, 67 pour diminuer ensuite.Il est difficile de cerner la composition démographique exacte, ce qui constituerait en soi une recherche essentielle afin de dégager ses caractéristiques socio-démographiques et ses tendances d’avenir.On peut supposer, malgré l’absence de données précises, que cette communauté est en voie de transformation accélérée qui suit des lignes de force semblables à d’autres communautés, c’est-à-dire: 1) une sédimentation socio-économique tendant vers l’acquisition des caractéristiques middle-upper class; 2) Une diffusion géographique centrée vers la périphérie de Montréal, en particulier dans de nouveaux quartiers résidentiels; 3) L’intégration des modèles de consommation occidentaux; 4) Une sécularisation de plus en plus poussée et l’abandon des normes de comportement religieux fondamentalistes pour une vision traditionnelle de l’identité Juive.LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 15 dossier I.— La multiplication des volontés de construire des synagogues, m’apparaît une imitation des modèles Juifs nord-américains, et confirme l’intégration socio-économique de la communauté; 5) La réduction de l’importance des liens familiaux et du réseau de parenté au profit de réseaux plus personnalisés.Ce processus dont il faudra mesurer plus précisément les caractéristiques, a pour conséquence une désaffection plus ou moins accentuée par rapport aux problèmes communautaires Juifs, locaux et internationaux.Ainsi, par rapport au local, on peut supposer que les préoccupations envers les personnes âgées, les individus vivant en-dessous de la ligne de parenté, l’augmentation des familles monoparentales et la délinquance, n’atteignent pas un seuil critique.A partir les crises qui affectent de façon irrégulière Israel, on peut noter aussi un certain désintéressement par rapport au sionisme, aux problèmes sociaux en Israel, surtout dans la génération montante plus préoccupée de correspondre aux standards de la culture de la jeunesse.Les modèles de civilisation post-industriels en favorisant le bien-être matériel des individus, augmentent du même coup leur confort et réduisent les formes d’altruisme et donc l’intérêt pour une action sociale à long terme.Il faut noter aussi que les rapports entre individus se mesurent de plus en plus en terme de valeur marchande et, de ce fait, le volontariat et le bénévolat perdent de leur importance au profit de la professionnalisation communautaire.Par ailleurs, si l’on tente de mesurer de façon grossière, à partir d’un indice monétaire le degré de préoccupation communautaire de la Communauté Sépharade, on pourrait le faire à partir des chiffres de l’Appel Juif Unifié/ Section Sépharade, pour 1980 un montant de 125,000$ a été recueilli, et pour 1981, le chiffre devrait être doublé.Un bref calcul fait apparaître que, per capita, la communauté sépharade a versé environ 6.25$/an pour 1980 et 13$ pour 1981, ce qui est une somme dérisoire comparativement aux besoins communautaires et aux possibilités réelles de la communauté.Ces chiffres indicatifs qui pourraient se modifier à la hausse dans les prochaines années (mais j’en doute), font penser que la communauté sépharade, à moins de revirements politiques externes et internes notables, est comparable à une crème glacée en voie de fondre petit à petit sous la chaleur.Il est évident cependant qu’un travail communautaire plus intense, aidé d’une bonne dose de motivation, pourrait renverser en partie cette tendance.Si l’on passe à présent au point de vue institutionnel, plusieurs caractéristiques critiques se présentent.Je n’entrerai pas ici dans le détail de la structure communautaire sépharade.Notons ici les points essentiels de cette structure de type fédératif.La Communauté Sépharade du Québec est affiliée d’une part à l’A.J.C.S.et, d’autre part, à la Fédération Séphardie Canadienne qui regroupe les différentes agences sé-pharades du Canada.Le Conseil d’Admi-nistration comprend des individus élus par l’ensemble de la communauté et des représentants des différents organismes: Ecole Maimonide pour l’éducation, Conseil des Synagogues pour le religieux, Centre Com-nautaire Juif pour le socio-culturel, et deux régionales (Laval et Ville Saint-Laurent).A cette structure fédérative s’ajoutent des comités permanents dont la Formation des Cadres, les Relations Extérieures, l’Information, la Campagne de l’Appel Juif Unifié et les Affaires Sociales.Cet organigramme constitue sur le papier une structure intéressante.Néanmoins sur le plan du fonctionnement communautaire réel, on peut noter un certain nombre de carences qui m’apparaissent personnellement assez tragiques.CARENCES Enumérons-les: 1) Absence d’une connaissance exacte de la composition de la communauté, de ses tendances socio-économiques et démographiques.Il est donc impossible de prévoir son évolution et de définir les objectifs de planification et la définition des priorités à réaliser à court, moyen et long terme en fonction de la distribution géographique, des groupes-cibles et des personnes ressources.2) Une absence de motivation de la population de la communauté.A toutes fins pratiques, à part le journal et l’Assemblée Générale qui se tient très peu fréquemment, il n’y a aucune participation notable dans la prise de décision, l’orientation communautaire, la discussion des budgets ou tout autre problème de façon régulière et suivie.Cette situation entraîne, à mon avis, une distanciation de plus en plus poussée entre la base et la direction qui ne rend des comptes que lorsqu’elle le veut bien, c’est-à-dire quasiment jamais.3) Un factionalisme de plus en plus poussé dans la communauté.Je n’entrerais pas ici dans le détail des déchirements qui bouleversent la communauté et dont les différents journaux communautaires se font les échos avec plus ou moins de bonheur.Ce factionalisme, par l’intensité des positions qu’il crée, développe une perte d’énergie remarquable qui épuise les individus et augmente la démotivation communautaire et son aliénation.4) Un non renouvellement du personnel dirigeant ou au contraire une rapidité de rotation.Il serait intéressant de faire une analyse de la distribution des personnes qui font partie des conseils d’administration de la communauté dans les dix dernières années.On y découvrirait deux tendances, d’une part une prise en charge par un nombre restreint d’individus des postes de fonctionnement pour la plupart recrutés dans les classes socio-économiques les plus favorisées, docteurs et autres, qui jouent à la chaise musicale, et d’autre part des individus qui apparaissent dans le circuit communautaire et dont la carrière ne dure pas longtemps et qui disparaissent rapidement sans tambour ni trompette.On pourrait aussi démontrer l’âge a tendance à croître ce qui accentue l’aspect conformiste du personnel dirigeant.5) Une absence relative de démocratie.Si les membres du Conseil d’Administration de la C.S.Q.sont pour une partie élus et pour une partie délégués par leurs institutions, ce processus est controversé par l’utilisation abusive de la cooptation.Ainsi, en 1980, sur 40 membres du Conseil d’Administration, 16 ont été élus et 10 cooptés, et 4 sont ex-officio avec droit de vote, sans compter les représentants des organismes.Parmi les cooptés, il faut noter la présence d’individus qui ont été battus aux dernières élections, ce qui dénote bien le caractère factice de la démocratie communautaire puisque 38% des individus ne sont pas représentatifs de la population et n’ont pas de comptes à rendre.Il faut noter que ce mécanisme de cooptation est utilisé à grande échelle à l’Ecole Maimonide dont le président, lui, n’est même pas élu mais parachuté sans préavis.Il serait intéressant par ailleurs de savoir ce que sont devenues les personnes qui sont passées par la Formation des Cadres, et dans quels organismes et postes ils sont intégrés.A toute fin pratique, dans une société post-indus-trialisée, nous sommes revenus au principe de la notabilité, modèle qui prend sa source dans un contexte socio-culturel aujourd’hui dépassé.6) Une absence de projet collectif explicite.Si j’avais à définir en une phrase les organisations communautaires séphara-des, je dirais qu’elles sont des organisations d’administration dont les objectifs se perdent dans le plus parfait nébuleux à part la définition des principes qui sont d’assurer la prérennité de la présence «sépharade» au contenu pour le moins édulcoré.Il est évident que le modèle de fausse gestion offert par nos administrateurs nous amène à une situation remarquable équivalente à celle d’un bateau dont l’équipage, hautement qualifié, ne peut décider de la direction à prendre.Une analyse du contenu de l’information véhiculée par le journal, du programme de l’Ecole Maimonide et des programmes du Centre Communautaire 16 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 dossier Juif, montrerait que dans l’ensemble la volonté de développer une culture séphara-de axée sur les principes de connaissance de l’histoire et des sépharades, contes, poèmes, l’apprentissage des dimensions culturelles musicales, théâtrales, littéraires et autres, qui permettraient de renouveler la problématique sépharade et l’aligner sur les projets de renouvellement culturel auxquels on assiste au 20ème siècle dans les groupes ethniques.Le culturel bien sûr ne constitue qu’une dimension du projet collectif, le développement de programmes axés vers les groupes défavorisés ou ayant des difficultés, constitue un second axe à considérer: aide aux enfants et adolescents, aide aux personnes âgées, aux familles • monoparentales, constituent à mon avis une autre priorité qui nécessite une programmation poussée.En troisième lieu, il nous faut situer la communauté dans le courant juif contemporain et ce, par rapport aux communautés juives ashkénazes, mais surtout sépharades, en particulier Israel, les communautés des pays arabes, etc.Enfin, en tant que communauté, nous devons participer aux efforts pour combattre le racisme, la discrimination et la répression, car ces efforts sont sous-tendus par la référence à des valeurs qui nous sont connues.Elles sont partie intégrante de la définition et du développement d’une communauté qui en affirmant sa spécificité, son identité, rejoint aussi les courants universels contemporains.7) Une autre carence qui est le sous-produit de cet ensemble de facteurs, est l’absence d’un engagement communautaire suffisant.Une étude socio-occupationnelle montrerait sans nul doute que nous possédons un réservoir de professionnels capables d’aider dans tous les domaines à affermir et épanouir le niveau de bien-être de la communauté.L’ENGAGEMENT Ce bilan rapide des questions rattachées au niveau institutionnel communautaire peut apparaître pour le moins très pessimiste et décourager d’entreprendre une action quelconque.Pourtant la crise communautaire que nous vivons à plusieurs niveaux nous incite à un choix qu’il convient de faire avec le maximum de clarté et qui est celui de définir un certain nombre de standards communautaires qui, pour ma part, sont évidents.Ils font appel à des dimensions auxquelles je crois profondément et qui se résument ainsi: domocratie, participation, identité culturelle, solidarité et ouverture.C’est à partir de ces prémisses qui doivent guider le développement de la communauté que peut se faire l’engagement communautaire dont nous définirons à présent les caractéristiques.Comme nous le mention- nons au début de cette présentation, le concept d’engagement renvoie au concept de responsabilité et au vocabulaire militaire ce qui est intéressant, car le bénévolat, la responsabilité communautaire est un combat pour réaliser les pleines responsabilités d’une communauté et d’augmenter son bien-être.S’engager dans le travail communautaire, c’est aussi une satisfaction intérieure qui n’a pas de valeur marchande, qui ne se paie pas.Je voudrais insister là-dessus et développer cette idée.Comme je le mentionnais tout à l’heure, de plus en plus les rapports humains et les activités se mesurent à leur valeur marchande, à leur prix et aux bénéfices matériels qui peuvent s’y rattacher.L’engagement communautaire, par contre, est essentiellement lié à la dimension de la gratuité et donc de la liberté.Il n’est possible que dans la mesure où il y a autonomie et choix effectif.Cette conception se retrouve dans la définition que le judaisme apporte à l’engagement communautaire.Dans un article intitulé «On the role of voluntarism in the Jewish tradition», Norman Kenzer analyse les caractéristiques du volontariat d’un point de vue traditionnel.Selon lui, le bénévolat permet d’accomplir l’acte du «Hessed» qui est une action sociale des plus nobles dans la tradition juive.Elle permet de définir une qualité des relations interprofessionnelles qui rejoint le «je-tu» buber 'in.A ce point de vue, l’engagement communautaire n’est pas une chose, mais une conduite éthique, une décision rationnelle de donner, de participer.Cette composante qualitative, ajoute l’auteur, la distingue de la «tsedaka» qui, elle, nécessite un don monétaire.En ce sens la relation de «Hessed» serait un sentiment de fraternité.Ce don n’est pas sollicité, il origine de la motivation interne de la personne quand elle évalue la situation et décide d’entrer en relation.Le véritable engagement communautaire ne s’inscrit pas dans la direction d’un intérêt personnel, dans l’obtention d’un statut ou d’une reconnaissance sociale particulière.L’engagement communautaire permet de développer son identité juive et de l’enraciner dans un service qui ne donne pas un pouvoir.Cette dimension de gratuité et de liberté qui s’enracine dans une responsabilité fait que l’engagement communautaire doit aussi rejoindre les dimensions de créativité et de plaisir, c’est-à-dire que loin d’être une corvée, une obligation, l’engagement communautaire permet de développer ses propres talents dans le domaine qui correspond le mieux aux^aptitudes et aux habiletés personnelles,.De plus, il n’est pas possible d’envisager un engagement communautaire dans une dimension critique, c’est-à-dire une capacité de poser des questions, de remettre en cause des orientations et de réenvisager des nouvelles solutions sans se sentir lésé.Il est évident que c’est à partir d’une position dynamique que l’engagement communautaire doit se faire sinon l’on risque de devenir un cadre dans le vrai sens du mot, c’est-à-dire un espace renfermé, accroché sur un mur et donc inutile.Il est évident aussi que l’engagement communautaire nécessite une disponibilité que la personne qui s’engage doit évoluer afin d’assurer une continuité dans son action.Trop souvent dans mon expérience, j’ai vu un engagement communautaire commencer tout feu tout flamme, et ne durer que l’espace d’un matin.Cette caractéristique du tempérament sépharade qui renonce à une individualité très prononcée, constitue l’un des grands dangers du travail communautaire.L’individu se met d’une certaine façon à régresser et à avoir des attitudes d’insouciance et de je m’en foutisme qui ne seraient pas permises dans un contexte de travail par exemple.L’engagement communautaire demande donc une éthique et la définition des valeurs nécessaires à la réussite de l’action.Il ne s’agit pas en effet de faire de l’activisme et de se dégoûter à long terme d’une quelconque participation, mais de définir des buts et objectifs atteignables non disproportionnés avec les moyens utilisés, ce qui permet d’éviter l’échec et la frustration.En dernier, un engagement communautaire valable à mon avis ne peut se réaliser si l’on se place strictement d’un point de vue fonctionnel, c’est-à-dire axé sur le simple accomplissement des tâches.La création de relations d’amitié, le goût d’être ensemble et de se fêter, sont tout aussi nécessaires qu’une définition réaliste d’un projet.La création d’affinités, les rencontres autres que les discussions et les résolutions, sont nécessaires.L’engagement communautaire a pour objectif essentiel de transformer les rapports entre les individus dans un esprit de convivialité qui pourrait permettre de retrouver le sens d’une fraternité et d’un partage.C’est là, à mon avis, le sens réel de l’action communautaire, c’est-à-dire d’amener l’expression de la richesse culturelle et sociale propre à un groupe, mais dans un esprit d’ouverture.C’est peut-être une vision utopique mais sans rêve et sans imagination, autant regarder la télévision et l’aveugle nonchalance du confort qui ne se remet pas en question.En ce sens, l’engagement communautaire est un | défi susceptible d’apporter des satisfactions personnelles gratifiantes tout en contribuant à la vie juive, son maintien et sa signification ouverte sur l’avenir.• LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 17 MEGUILLAT ESTHER: une résonnance bien contemporaine Par le Rabbin Moise OHANA Vous avez probablement remarqué que dans le livre d’Es-ther, la Meguilla que nous lisons à Pou ri m, le nom de Dieu ne figure pas, ce qui est assez étrange pour un livre biblique.Une telle anomalie n’a pas échappé à nos hakhamim.Le Talmud (Hulin 139b) pose la question: Où est-il fait mention de Esther dans la Thora ?- Dans Deutéronome 31, 18; “Je voilerai ma face " (hastère astir panai) Question assez étrange, et réponse qui paraît reposer sun un jeu de mots entre le nom de Esther et le verbe hastère (voiler).Ce commentaire talmudique nous introduit en réalité à une tout autre dimension de lecture.Il y a plus en effet dans la Meguilla que l’absence du nom divin.C’est Dieu lui-même qui est manifestement absent.À la différence des autres récits bibliques.Il n’intervient à aucun moment et laisse les événements suivre leur cours naturel.Les caprices d’un roi oriental, l’ambition et la haine aveugle d’un prince allaient, sans coup férir, amener à l’extermination du peuple juif, lorsque la présence de Mordekhai et le charme d’Esther vinrent opérer un renversement spectaculaire de la situation.On se croirait presque dans le monde des Mille et Une Nuits où la belle brune aux yeux noirs obtient tout ce qu’elle veut de Haroun-ar-Rashid dans un Baghdad perpétuellement en fête.Pour un texte sacré, ce n’est pas très sérieux.Or la Meguilla parle aussi du jeûne d’Esther.Lorsque Mordekhai supplie Esther d’intervenir, elle se déclare prête à le faire, au risque de sa vie.Elle pose cependant une condition: Va rassembler tous les Juifs présents à Suse, et jeûnez à mon intention; ne mangez ni ne buvez pendant trois jours- ni jour ni nuit- moi aussi, avec mes suivants, je jeûnerai de la même façon.Et puis je me présenterai au Roi, et si je dois périr, je périrai " L’avant-dernier verset de la Meguilla parle également des «jeûnes et supplications» des Juifs, ce qui nous plonge dans une tout autre atmosphère et nous prépare à un autre niveau de lecture, celui du Midrash, la lecture juive du livre d’Esther.La question qui revient à propos du récit qui nous occupe est celle de savoir pourquoi une telle calamité - le décret d’extermination totale - s’était soudainement ‘battue sur le peuple juif.Le Talmud, pour qui les calamités ne sont pas l’effet du hasard ou des caprices de l’histoire, se pose la même question: Les disciples de Rabbi Shimon Ben Yohai lui demandèrent: pour quelle raison les Juifs de cette génération avaient-ils été condamnés à l’extermination ?Il leur répondit: d’après vous, pourquoi ?Les disciples répondirent: parce qu’ils ont pris part au festin offert par Assuérus (néhérr u misséudato).(Meguilla 12a) Le premier chapitre de la Meguilla nous décrit le faste royal et la magnificence que ce festin étalait: des tentures de toutes les couleurs, les marbres les plus rares et les plus précieux, des divans d’or et d’argent, le vin royal en abondance, l’ordre royal de se conformer au désir de chaque invité et, pour clôturer le tout, Vashti dont on veut étaler la beauté, toute la beauté, auxyeuxdetous.Lagrandecivilisation perse dans tout l’éclat de sa débauche.Or, les Juifs ont pris part à ce festin, à cette civilisation.Il faut entendre l’expression néhérr,u misséudato (ont pris part à son festin) dans un sens très large.Les Juifs évoluaient à l’aise dans cette prospérité matérielle amenée par la stabilité politique (Késhévet hammelekh al kissé malkhuto).Ils sont bien intégrés et mordent à pleines dents dans le gâteau.Beaucoup trop, au gré des hakhamim.Cette génération s’était si parfaitement intégrée qu’elle en vite venue à l’assimation totale.Commentantsurl’appellation Mordekhai hayéhudi qui revient fréquemment, le Midrash fait ressortir que l’assimilation avait atteint un degré tel qu’il n’y avait plus de véritablement yehudi dans les cent vingt-sept provinces du royaume que Mordekhai.Le premier chapitre parle de deux festins: le premier, auquel étaient conviés tous les dignitaires du royaume, a duré cent quatre-vingts jours.Un autre de sept jours, était réservé à tous les habitants de Suse, la capitale.C’est à ce dernier que les Juifs ont pris part.Or ce festin avait une connotation politique et spirituelle marquée.Selon le Midrash, ces réjouissances populaires venaient célébrer l’arrêt de la reconstruction du Beth hammiqdash à Jérusalem.Assuérus était le descendant du Grand Cyrus qui, pour réparer le mal fait par Nabuchodonosor, autorisa la reconstruction du Temple dans la déclaration solennelle: n L'Éternel, Dieu du Ciel, m’a mis entre les mains tous les royaumes de la terre, et c'est lui qui m’a donné mission de lui bâtir un temple à Jérusalem, qui est en Judée.S'il est parmi vous quelqu’un qui appartienne à son peuple, que son Dieu soit avec lui, pour qu’il monte à Jérusalem et bâtisse le temple de /’Éternel, Dieu d’Israël.” Cédant aux demandes pressantes de la reine Vashti, petite-fille de Nabuchodonosor et son héritière spirituelle selon le Midrash, Assuérus ordonna l’arrêt de la reconstruction.Or, le Temple était le centre spirituel d’Israël.En prenant part à des réjouissances qui célébraient l’extinction d’un tel centre, les Juifs du royaume ne faisaient rien moins qu’affirmer leur assimilation totale: ils ne réagissaient plus en Juifs, avec des valeurs spirituelles et un héritage à défendre, à promouvoir et à enrichir, mais en citoyens perses et qui tiennent à n’être rien de plus.La Meguilla prend dès lors une résonnance bien contemporaine.Les événements viendront brutalement leur ouvrir les yeux.Cette confiance dans le système politique, la force militaire et la prospérité matérielle, la conviction que la spécificité juive est quelque chose à dépasser et notre héritage spirituel à reléguer à l’oubli, tout cela allait, en une nuit et sur un pot de vin, s’écrouler comme un château de 18 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 étude cartes: sans même prendre la peine de se poser des questions, Assuérus cède les Juifs du royaume à Haman: »' Garde l’argent et dispose de ce peuple au gré de tes désirs Le grand choc qui amènera au grand retour.Le Talmud souligne, non sans humour, l’ironie de la situation: Quarante-huit prophètes et sept prophétesses ont été envoyés au peuple juif, tout au long de son histoire, pour le ramener à Dieu.Sans grands résultats.Le geste d’Assuérus, remettant son anneau royal à Haman, et lui cédant ainsi les Juifs, a eu un effet de loin plus décisif: leur souverain, dont ils se croyaient les sujets heureux et protégés, les a froidement cédés, comme on le ferait d’un troupeau, et la conscience de la nation n’a pas émis un souffle.Dans les cent vingt-sept provinces du royaume, souligne le Midrash, pas une voix ne s’est levée pour prendre leur défense.Les éditorialistes auront même probablement trouvé bien des raisons pour applaudir.Israël ressemblait alors, dans les termes du Midrash, à la bruyère solitaire des landes dont parlent les Psaumes.Soulignant, non sans ironie, l’absurde de la situation, le Midrash, parlant de la décision d’assuérus, commente: «pour disposer du sort d’une femme (Vashti), il a cru bon de prendre conseil, mais pour le sort d’une nation, il n’a pas senti le besoin de le faire».Soudainement abandonnés de tous, livrés à la haine des masses, leurs biens marqués pour le butin et leurs corps pour l’échafaud, les Juifs vont enfin se réveiller et prendre vigoureusement conscience.Dibré hatsomot vézaakatam.Le choc produit la téshuva.Un retour sans précédent.Une redécouverte de soi intégrale et parfaite.Commentant sur le verset kiyyémou véqibbélou, le Talmud nous enseigne que ce retour a été si plein de ferveur et tellement authentique, que le peuple réussit à trouver à nouveau les accents sincères et d’adhésion profonde qu’il n’avait plus connu depuis le naasé venishma prononcé au Sinai.Mieux: leur adhésion maintenant était de plusieurs degrés supérieure à celle du Sinai.Et c’est un tel retour quia provoqué le miracle de Pourim et le renversement total de lasituation.Un miracle déguisé, nés nistar, où la main de Dieu ne se manifeste pas dans tout son éclat, mais qui n’en a que plus de force.Plus que la délivrance physique, Pourim célèbre ainsi notre reconnaissance spirituelle et religieuse et un retour aux sources sans précédent.Journée de la Femme : «Émancipation et fidélité» J_e comité organisateur de la QUIZAINE SÉPHARADE 1 982 a prévu dans son programme une journée de la Femme qui aura pour thème principal «Emancipation et Fidélité» de la femme Sépharade en Israël, en France, aux États-Unis ainsi qu’au Canada.Trois ateliers se tiendront le Jeudi 3 Juin 1 982 à partir de 1 3h.00 et auront pour sujet: - «La Femme Sépharade et La Farmffe» - «La Femme Sépharade, la Tradition et la Société» - «La Femme Sépharade et le Travail» À partir de 20h.00, un panel réunira Mme Vicky Shiran d’Israël, Mme Esther Be-naim-Ouaknine du Canada ainsi que Mlle Fanny Mergui de France et Mme Liliane Winn des États-Unis, sous toutes réserves.Pour nous permettre de mieux organiser cette journée, nous vous suggérons de vous inscrire au préalable à l’un des différents ateliers en remplissant le formulaire ci-joint: Journée de la Femme: «Emancipation et fidélité» NOM PRÉNOMS Adresse.Ville.Formation de cadres Code Postal Pour information: Lynda Dadoun: 735-5565 C.C.J.Le «Programme de Formation des Cadres» est une émanation de la Communauté Sépharade du Québec.Ce programme a pris naissance il y a deux ans.Il vise à consolider notreavenirsépharadedans la provincede Québec.Nous nous trouvons à un moment clé où l’amélioration de l’ensemble des services communautaires culturels, religieux et éducatifs, requièrent une grande participation de volontaires.Il nous incombe de préparer une relève: celle des leaders communautaires.Notons que la Formation de Cadres No 1 comprenait au départ 42 participants, et la Formation No 2 était composée de 26 personnes.Ces membres sont déjà actifs et participent à divers C.A.de la communauté.?Le programme est axé sur quatre domaines: - Judaïsme - Israël - Formation pratique - Communautaire 2 MARS 1 982 Visite d’A.J.C.S.16 MARS 1 982 «Ashkénazim et Sephardim» M.Julien Bauer 30 MARS 1982 «Fonctionnement d’un C.A.» Mme Joelle Salama 13 AVRIL 1982 «Education Juive» Dr Moise Ohana 27 AVRIL 1982 «Management et Marketing» M.Claude Chriqui 11 MAI 1982 «Perception d’Israël au Québec» M.Victor Teboul 1er JUIN 1982 «Congrès Juif» M.Jack Kantrovitz 15 JUIN 1982 «Analyse de la Presse» Mme Ghila Benesty-Sroka M.David Bensoussan 29 JUIN 1982 «Débats sur les C.A.de la C.S.Q.M.Claude Cohen Fête de clôture Tous les cours ont lieu à 20 heures à la C.S.Q.Ce message est un appel à tous les volontaires soucieux de l’avenir communautaire.Les réunions sont bimensuelles, à savoir les mardis, toutes les deux semaines de 20h00 à 22h.00, à la C.S.Q.Pour plus d’informations, prière de contacter: Ghila Bénesty-Sroka, coordonnatrice du programme Tél.: 731-3334.LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 19 ¦ 1 SI raël «TAMI» • MOUVEMENT POUR LA D’ISRAËL LE PROGRAMME DE «TAMI» POUR L’ASSISTANCE SOCIALE (selon la plateforme électorale) Au mois de Juin 1981, un nouveau parti politique est né en Israël: TAMI (TENOU’AT MASSORET ISRAËL ou Mouvement pour la Tradition d’Israël).En dépit des résistances affichées par les grands partis politiques d’Israël et des difficultés inhérentes au système électoral israélien, le parti formé en quelques semaines a cependant gagné trois postes à la Knesset.Mais, par-delà le poids relativement faible du scrutin, cette innovation constitue en soi une révolution: un certain nombre des sépharades d’Israël décident de prendre de ce fait leur sort politique en mains.Afin de mieux faire connaître ce nouveau-né de l’échiquier politique israélien, nous publions ci-dessous quelques points du programme de TAMI tel qu’établi lors de sa plate-forme électorale.••• Le Mouvement agira pour renforcer l’approche humanitaire de l’Assistance Sociale de l’individu dans la société, son existence économique, son éducation, sa santé psychique et physique.Cette approche de la justice social a été reçue des valeurs juives et de la tradition d’Israël.Cette approche ne voit pas l’individu fautif de sa détresse, mais le voit tel qu’un produit de son entourage social, ainsi la société est responsable de manière décisive du sort de l’individu dans la société.Cette approche ne diminue pas la responsabilité de l’individu de se réaliser et d’être responsable de ses actes.Le Mouvement déclare que le lien de la détresse et des origines orientales met en danger la structure sociale d’Israël, elle perpétue l’aliénation et les tensions sociales.1.Tami proposera des nouvelles lois sociales et renforcera les lois existantes.2.Tami exigera la législation et la réalisation de la loi sur les familles nombreuses qui assurera les droits essentiels à l’éducation, l’habitat, au niveau des revenus et la valeur des allocations de l’Assurance Nationale.Le Mouvement agira pour assurer les droits de l’Enfant et de la famille.L’enfant est l’être le plus vulnérable de l’État d’Israël, sa sécurité et son bien-être seront régis par la loi.3.Tami exigera la garantie d’un emploi à chaque citoyen, il agira pour créer une assise économique de niveau élevé basée sur les industries de pointe, agira pour le développement d’une équipe administrative et professionnelle indigène et favoriser les investissements provenant du pays ou de l’étranger tout en préférant les initiatives locales dans toutes les Villes de développement.4.Tami agira pour la création d’une assise culturelle-communautaire de haute qualité dans toutes les Villes de développement de l’État d’Israël.De plus, le Mouvement exigera le réexamen de la classification et le classement des villes de Développement selon la situation sociale, celle de l’emploi et le niveau des services.5.Tami prendra l’initiative pour la législation d’une loi assurant au compte de l’État la formation ou la réadaptation professionnelle des chômeurs, invalides ou d’autres catégories de citoyens engagés dans le cadre du travail.De même, on fixera par une loi de la Knesset un revenu minimal applicable aux personnes en cours de formation et/ou réadaptation professionnelle.6.Tami exigera que la ménagère soit reconnue comme travailleuse pour les besoins de l’impôt sur le Revenu, l’Assurance Nationale, etc.7.Tami prendra soin d’assurer une approche progressive de l’imposition afin d’éviter l’accroissement des différences.Le Mouvement exigera l’application immédiate d’une loi de la Knesset pour assurer un minimum vital.Le Mouvement demandera que le salaire minimal ne soit pas inférieur à la moitié du salaire moyen, soit indexé et révisé 4 fois par an.8.Tami demandera que les fils de familles nécessiteuses faisant leur service militaire obligatoire dans l’Armée de Défense d’Israël soient reconnus pour les besoins de l’impôt, de l’Allocation familiale, etc.comme étant à la charge complète de leurs parents.9.Tami demandera des avantages adéquats pour les soldats servant dans les rangs de l’Armée de Défense d’Israël ainsi que pour les jeunes couples afin de faciliter Au début du mois de février, nous avons eu la visite de M.AcherOHA YON, en tournée en Amérique du Nord pour la campagne d’adhésion au Congrès sioniste de 1982.Membre de l’exécutif du mouvement sioniste mondial et représentant de la Fédération Séphardie Canadienne, M.Ohayon, originaire du Maroc - un long passé de militant sioniste: alya clandestine, chaliah du DE J J et des El F, directeur de la Alya en France, activités dans le domaine de la jeunesse et des affaires sociales - Aujourd’hui, il est directeur du Département de gestion et organisation des centres d'enfants dans le Ministère des Affaires Sociales.Envoyé officiellement par le Département de l’organisation du mouvement sioniste mondial (O.S.M.), il a rencontré à Montréal et Toronto (avant de se rendre à New-York) les représentants de la C.S.Q.et de la Fédération Séphardie Canadienne, afin de les sensibiliser à la campagne d’adhésion en vue du Congrès.Il a fait appel aux différentes communautés sépharades de participer à cette campagne dont nous donnerons une large information dans notre ! prochain numéro.l’établissement de leur ménage à son début.10.Tami prendra l’initiative pour la législation d’une loi assurant un logement à tout citoyen israélien; l’État assurant que chaque citoyen recevra un logement approprié à la taille de sa famille et à sa situation économique.11.Tami agira pour la concession à la construction de terrains appartenant à l’État, et pour l’abaissement du prix des logements par la mise à la disposition gratuite de terrains destinés à assurer le logement de tous les citoyens.12.Tami encouragera la construction industrielle de logements à louer.13.Tami agira pour la législation au plus tôt d’une loi d’Assurance Nationale de la Santé (comprenant les soins dentaires).14.Tami élargira les Services de Santé Communautaires selon son approche renforçant l’individu dans sa communauté, et seulement lorsqu’il n’y a plus d’autres choix, le placer dans une institution hors de sa communauté.15.Tami agira pour assurer, par la loi, l’éducation et la réadaptation des populations dans le besoin, telles que les invalides, les retardés mentaux et les malades mentaux.16.Tami agira pour assurer les Services Sociaux respectant l’individu selon les droits légaux et non seulement d’appréciation de l’assistant social ou de fonctionnaires.L’appréciation perpétue l’approche d’intercession et la dépendance, qui ne sont pas en l’honneur de l’être humain.20 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 1163 israël CONGRÈS INTERNATIONAL DE LA FEMME Haifa, Israël: 28 Décembre -1 er Janvier 1 982 C’est à l’Université de Haifa en Israël que se sont réunies plus de600 femmes, sociologues, psychologues, historiennes, biologistes, urbanistes, éducatrices, politicologues et journalistes, venues de quatre coins du monde pourparticiperauCongrès International sur la Femme.C’est le premier congrès de ce genre qui réunissait à regrouper autant de spécialités différentes.Maryleen Safir, Directrice du Département de Psychologie à l’Université de Haifa, assistée de Dafna Israeli, Professeur au Département des Études du Travail de l’Uni-sité de Tel Aviv, étaient les deux principales organisatrices du Congrès couvrant environ 90 sujets regroupés en des symposiums, groupes de discussions, films et expositions, portantsurles résultats des dernières recherches effectuées pardes spécialistes réunis.C'est le Professeur Jessie Bernard, sociologue et écrivain mondialement connue (dont les oeuvres traitent surtout de la famille et du mariage), qui a ouvert le congrès, laissant ensuite la parole à d’autres personnalités parmi lesquelles on peut citer les Professeurs Éméritus de l’Université de Pensylvania, Donna Shalala, ex-conseillère économique du Président Carter, et Shoulamit Aloni, membre du Parlement Israélien, ainsi que d’autres noms tout aussi prestigieux.Cependant, il faut noterque l'absence de publicité en Israël sur ce Congrès International n’est pas surprenantdans lecontexte TAMI Suite de la page 20 17.Tami agira pour la réalisation de l’extraordinaire potentiel des ressources humaines des quartiers afin que se développe, à partir de ces quartiers, un système mutuel de soins et de réadaptation.Ainsi croîtra la responsabilité et l’engagement de la communauté des habitants.18.Tami demandera la révision du Projet de Rénovation des Quartiers: a.Une révolution doit être imposée aux méthodes bureaucratiques afin de les simplifier pour la réalisation des programmes du Projet de Rénovation des Quartiers.b.Tami demandera l’octroi de larges prérogatives aux conseils locaux et aux représentants des habitants lors de l’étude, de la prise de décisions et de la réalisation du Projet de Rénovation des Quartiers.du féminisme actuel.Le caractère académique des débats excluait toute prise de position politique.Peut-on parler de peur du Féminisme en général ?Dans le cas de ce congrès, OUI.Jessie Bernard nous a clairement fait comprendre qu’«il n’y avait pas de place pour des revendications politiques dans un congrès académique, même si celui-ci était un rassemblement de femmes».L’excellence de certains exposés et l’évidence de nombreuses conclusions, ne faisaient qu’augmenter la frustration en ce qui concerne l’impact réel sur le changement des attitudes et des comportements de la société environnante: la richesse d’informations accumulées sur le monde de la femme, les raisons historiques et religieuses, les mythes et les légendes sur la condition féminine, n’attendent alors que d’être transmis à ceux et à celles dont la vie est ainsi affectée.«C’est sans aucune exagération qu’on doit envisager une révolution de la structure et du fonctionnement social afin d’obtenir la réalisation de l’égalité entre les sexes et la pleine utilisation de la moitiédes ressources humaines de notre société» nous aditGuénia Benezra, docteur en droit à Tel Aviv.Une invitation par une quinzaine d’organisations féministes israéliennes a été envoyée aux membres du congrès, leur demandant de participer à une soirée informelle pour échanger des informations sur des sujets divers et des préoccupations mutuelles dans le domaine des activités féministes.Cette soirée était d'un intérêt primordial : enfin nous avons eu une idée des revendications des féministes Israéliennes.«Un seul principe: Le libre choix des femmes».Dr Shalala a constaté qu’en l’an 2000, la majorité du monde pauvre sera les femmes et/ou les enfants.Ceci n’a rien qui soit en soi réjouissant Aussi, la position des femmes Israéliennes est déterminée par un principe fondamental : le libre choix des femmes.Ceci implique une opposition à la notion même de politique familiale, en ce qu’elle implique une discrimination entre les femmes sans enfant ou avec enfant unique par rapport aux femmes qui ont plus de trois enfants.Le principe du libre choix des femmes implique de donner aux femmes et/ou aux couples la possibilité matériel d’avoir le nombre d’enfants voulus.Les revendications qui en découlent tiennent en plusieurs points : - Contraception gratuite et libre, diffusion de l’information, financement de recherche pour une amélioration des techniques, avortement libre et gratuit.- Augmentation des allocations familiales avec une somme accordée par enfant, dès le premier enfant.- Déduction d'une sommefixe pourtous et par enfant du montant des impôts.- Développements massifs d’équipements sociaux de qualité (crèches, logements, espaces verts, etc.).Quel dommage que le Congrès International et Interdisciplinaire sur la femme n’ait pas été ouvert au public ! Ghila Bénesty-Sroka c.Tami agira pour l’élection démocratique des représentants des habitants des quartiers, et la reconnaissance de ces représentants comme Comité représentatif, selon la loi, pour les quartiers faisant l’objet du Projet de Rénovation.d.Tami exigera un système de contrôle etsurveillance du Projet de Rénovation par des professionnels et des personnalités publiquement reconnues.19.Tami soutiendra la prépondérance des moyens destinés à éviter le délaissement de la jeunesse et ceux destinés à traiter la jeunesse délaissée, la fondation de cadres éducatifs et professionnels variés - la fusion des autorités en charge, afin de transformer les jeunes délaissés en citoyens productifs et désirables dans la Société israélienne.20.Tami exigera la réalisation des promesses de législation adéquate répondant aux besoins de l’existence et des soins nécessaires de la population âgée du Pays.UNE NOUVELLE REVUE: «LE MONDE SÉPHARADE» Une revue internationale de langue française, éditée par le Département des Communautés Sépharades de l’Organisation Sioniste Mondiale, en collaboration avec les sections de la Fédération Séphardie Mondiale, a pris naissance.Nous vous invitons à vous abonner: Nos services d'abonnements: P.O.B.92 — 91920 Jérusalem, Israel F.S.F.15 rue Georges Bizet 75016 Paris F.S.C.1310 Green Ave.Montréal P.Q.H3Z 2B2 Pays Belgique Canada Etats-Unis France Tarif Abonnés 375 F .b.12$ 10$ 50 F.fr.Tarif “Soutien" 750-1500 F .b.25-50$ 25-50$ 100-250 F.fr.LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 21 culture lettres LE ROMAN SÉPHARADE DE LANGUE FRANÇAISE AUJOURD’HUI Roman sépharade, récit juif de la Méditerranée, évocation des communautés dispersées de Sépharad, sur ce littoral du bassin méditerranéen et ces terres arabes, de Tétouan à Alexandrie, de Narbonne à Bagdad, ainsi qu’en son fameux voyage Benjamin de Tudèle les parcourut au Xlle siècle, s’émerveillant de ce visage si semblable en ses multiples traits, voilà que se manifeste une écriture juive depuis un quart de siècle et dans un splendide essor qui nous conduit à nous interroger.Y a-t-il un courant romanesque - ne disons pas encore une école - qui ressemble ces voix dispersées de Sépharad en une prose juive de langue française ?Après de multiples lectures - plus de trente textes d’une rare qualité - notre réponse, et celle des lecteurs qui voudront bien nous suivre, risque d’être positive.Nous avons à dessein écarté de notre propos d’illustres aînés, Armand LUNEL, dont le Nicolo-Peccaui (1926, republié en Folio en 1976) évoque l’affaire Dreyfus à Carpentras, et surtout Albert COHEN, dont l'oeuvre couvre près de cinquante années, de 1930, Solal, à 1979, Carnets (chez Gallimard) et qui expose le problème majeur de la vie juive en Occident chrétien, cette existence sur deux plans superposés -faut-il ici rappeler la synagogue cryptique, secrète, que Solal fait bâtir dans son manoir genevois où d’un étage à l’autre il loge, en haut sa femme, chrétienne en bas sa famille juive ?Au-delà du thème que nous retrouverons presque partout, après lui, Albert Cohen a aussi l’immense mérite d’inventer un langage propre, imagé, archaïque, truculent qui, au-delà de ses Valeureux de Céphalonie, va caractériser peu ou prou le parler juif littéraire qui lui succède.Mais le jeune maître de ce roman juif aujourd’hui, celui qui va marquer la génération actuelle des écrivains séphara-des, est bien Albert MEMMI.La statue de sel, publié en 1953 et préfacé par Albert Camus (republié en Folio en 1972), nous offre le schéma majeur qui obsédera nos écrivains : le conflit entre deux cultures.Cohen le dessinait davantage dans un contexte socio-culturel ou socio-religieux qui était encore celui des années trente et des dernières illusions de l’assimilation-nisme, alors que chez Memmi le problème est celui du passage d’une culture judéo-arabe à la culture française qui coïncide historiquement avec la décolonisation.Son roman, n’était son extraordinaire force poétique et romanesque, expose une thèse, celle qui, par ailleurs, alimente la pensée de ce maître éminent de la sociologie actuelle, l’auteur du Portrait du colonisé, de Portrait d’un Juif, de La libération du Juif et de L’homme dominé (chez Gallimard).Il est, de surcroît, le premier à nous faire entrer de plain-pied dans un Judaïsme quotidien, sans fard, naturel.Il fautconsidérercomme un trait spécifique des écrivains actuels de la Méditerranée cette imprégnation juive de la vie quotidienne.Et il est vrai qu’à Alger comme au Caire, à Meknès comme à Bagdad nous vivions tous une vie juive familiale, le judaïsme n’étant pas enfermé dans l’enceinte close de la synagogue, mais bien plutôt se vivant dans le cercle de famille, autour du père bénisseur et de la mère protectrice, l’un avec ses prières rituelles, l’autre, le plus souvent, avec ses formules et ses rites de sauvegarde.Un livre d’avant-guerre récemment réédité, L’enfant de l’Oukala (J.-C.Lattès, collection «Judaïsme», 1980), de RYVEL, constitue pour notre appréhension de Memmi un précédent utile.Ryvel - alias Raphaël Levy - nous restitue le monde clos de la Hara ou ghetto de Tunis.Dans ces venelles étroites, dans la promiscuité de l’Oukala -ce type d’immeuble aveugle à cour intérieure - où se bousculent familiarités et cousinages ombrageux, toute une existence juive, pittoresque et folle, nous est restituée.On y vit dans la sainteté et la crainte superstitieuse du Chabbat, dans la terreur de Kippour et l’abattage rituel autant qu’éprouvant des coqs et poules du sacrifice de rédemption.Des fragments de prières s’intercalent aux pires prosaïsmes.C’est crasseux et gras à souhait, c’est grandiose et beau, et l’amour peut même se frayer une voie de pureté romantique.Eh bien ! Albert Memmi nous présente ce même monde aujourd’hui disparu de la par Albert Bensoussan Reproduit de la revue «SENS» du 10-11-81 Hara de son enfance, avec une vérité et une force jamais atteinte chez aucun autre, intégrée qu’elle est à la vision dichotomique de son héros qui, fasciné par l’élan occidental et les séductions de la Métropole, a honte de sa mère agitée de soubresauts quasi lubriques en sa danse berbère, rougit des rites de bar-mitzua et autres célébrations archaïques, fuit ce monde de son enfance et de ses traditions, tout en étant inévitablement, inéluctablement renvoyé à lui, ne serait-ce que parson prénom Mordekhai qui fait tant rire ses condisciples et son accent qui les fait tant se gausser.Alors, au sommet du concours qui devrait le couronner lauréat de la langue française et génie philosophe à la Silbermann (de Jacques de Lacretelle, 1922), au lieu de rédiger sa dissertation d’agrégation, il entreprend son récit, jette un long regard en arrière, révulsé et hypnotique, et pour tout dire, ainsi que le suggère le titre du livre, pétrifié dans les larmes et le sel.L’oeuvre postérieure de Memmi est féconde et fidèle à son enracinement maghrébin.Si Agar reprend la dichottomie culturelle du premier livre en la situant au niveau du mariage mixte, Le scorpion (Gallimard, 1969), et plus encore Le désert (Gallimard, 1977), enracine le récit dans une Afrique d’autant plus mythique et intemporelle que l’exil de l’auteur transforme la mémoire en quintessence lyrique.A cet égard Le désert peut faire penser à La Kahina (Encre, 1979), de Roger Ikor - évocation de cette reine juive des Aurès qui aurait résisté à l’invasion arabe au 7e siècle - en ce qu’elle est ressourcement aux confins historiques de l’Islam.Comme Henri CHEMOUILLI dans son excellent livre d’humeur, Une diaspora méconnue : les Juifs d’Algérie (Paris, 1976), Memmi est fasciné par le peuplement berbère du Maghreb dont il est issu, dont l’un et l’autre font le terreau originel du judaïsme d’Ifrikya.C’est d’ailleurs à la recherche de ses ancêtres qu’il s’élance en nous racontant le récit imaginaire d’un certain Jubaïr Ouali el Mammi ! En dernier lieu, Le désert, livre du conteur qu’il se plaît à être, puise aux sources populaires très vivaces en Afrique du Nord, ainsi que l’ont 22 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 lettres démontré un Haïm Zafrani sur le plan de l’érudition - cf.Poésie juive en Occident musulman (Geuthner, 1977) - et des compilateurs d’historiettes tels qu’André NAHUM avec Les contes de Ch’ha (Piranhas, 1978) ou, à un niveau plus vulgaire, Robert CASTEL avec Les meilleures histoires de Kaouito le pied-noir (Mengès, 1978), sans oublier l’inénarrable Roland BACRI dans, en particulier, Le beau temps perdu.Bab-el-oued retrouvé (Lanzmann et Seghers, 1978).Ce niveau-là n’est pourtant pas négligeable, tant s’en faut, et un excellent livre de cuisine, 150 recettes et mille et un souvenirs d’une Juive d’Algérie (Encre, 1980), de Léone JAFFIN, est une bien remarquable, sincère et vivante évocation de la vie juive à Alger, perçue depuis ce haut lieu de préservation des traditions familiales qu’est la cuisine.Voici quelques années, aux côtés de Memmi, deux très grands écrivains allaient se manifester.C’était d’abord Lucien ELIA dons Les ratés de la diaspora (Flammarion, 1969) rata de peu et si injustement le Renaudot que Lalou démissionna du jury de ce prix.Ce fut ensuite Naïm KATTAN dont le roman Adieu, Babylone (Julliard, 1976) eut l’honneur d’être préfacé par Michel Tournier.C’est deux livres offrent la particularité commune d’émaner de Juifs du Moyen Orient, Elia étant d’origine libanaise et Kattan irakien.Nous pénétrons avec eux, plus profondément encore que dans la Hara de Tunis, au coeur de la cohabitation judéo-arabe,^ cohabitation compromise dès lors que l’État d’Israël se construisait aux portes de l’Islam.Nous avons là, cependant, et bien qu’en décline-ment et constante perturbation, un inoubliable portrait de la fraternité d’Abraham.Le trésorier juif accompagnant les pieux musulmans sur le chemin de la Mecque est l’un des moments les plus significatifs et aussi les plus savoureux du roman d’Elia.Un autre lien entre ces deux grands du roman juif de langue française est que l’un et l’autre ont, en quelque sorte, «raté» leur diaspora : Elia nous montre les siens ballottés d’une frontière à l’autre, de Syrie en Liban voire en Argentine, le héros de Kattan est contraint par le nationalisme irakien, à l’essor duquel il participe pourtant, à quitter définitivement l’Irak et, à l’instar de l’auteur lui-même, à rejoindre en exil une diaspora qui ne sent pas la nécessité de vivre en Israël : ainsi Kattan fera-t-il carrière au Canada, et Lucien Elia, après l’échec d’une transplantation en Israël qu’il raconte avec verve dans Fer-blanc (Flammarion, 1973), trouvera à Paris et dans la publicité une autre façon de subsister, qu’il raillera d’ailleurs avec sarcasme et mordant dans son dernier livre, Pub (Flammarion, 1979).Kattan, plus proche de Memmi, nous offre un bildungs roman où son héros, pur produit des écoles de l’Alliance Israélite Universelle, ne peut que ressentir l’attraction de la culture française et l’appel de Paris.Lucien Elia, plus proche, probablement, de la veine d’Albert Cohen, recompose pour notre plaisir le roman picaresque où l’errance judaïsme qui conduit tel personnage au fin fond de la Patagonie avec son stock de chemises en solde trouve une illustration renouvelée et savoureuse.Au demeurant Elia fera école et l’on trouvera dix ans après chez le jeune Tunisien Marco KOSKAS et son désopilant récit Salace Bounel (Ramsay, 1979) des échos hilarants de cet art du récit inauguré par Solal.Il est frappant de voir encore, comme chez Memmi, comme chez Kattan, le conflit culturel cristallisé par l’Indépendance s’épanouir dans Gagou (Grasset, 1980) de Guy Sitbon.Là aussi le héros cherchera à jouer le jeu, s’arabisant à outrance quand autour de lui les Tunisiens préserveront encore la langue française, jusqu’à être contraint, malgré tout et parce qu’Israël est une écharde dans la chair arabe, à l’exil.en France, naturellement.Cependant il ne faudrait pas ramener tous ces livres à cette obsesson culturelle.Ils brillent aussi par leur parler, et l’on notera, surtout chez les nouveaux venus, un souci d’authenticité et de rendu linguistique qui donnera toujours une très grande saveur à leur prose.C’est le cas de Marco Koskas, assurément l’un des plus doués des romanciers derniers nés (et Koskas n’a pas trente ans).C’est aussi l’intérêt du livre de Paula JACQUES, lumière de l’oeil (Mercure de France, 1980) qui nous raconte la vie d’une communauté juive d’Egypte avant, pendant et après le nassérisme, là aussi avec truculence et drôlerie.Il y a, en particulier, un souci constant de retrouver des expressions de terroir, des images affectives, des mots de pays que l’on garde dans sa bouche comme un bonbon en faisant durer le plaisir.C’est enfin, avec un systématisme plus appuyé, le but même de la Mémoire illettrée d’une fillette d’Afrique du Nord à l’époque coloniale (Stock, 1979), de Katia RUBINSTEIN, qui est avant tout quête d’une identité judéo-tunisienne par l’utilisation d’un langage propre, syncopé, réitératif qui fait parfois penser au français harcelé de Guyo-tâ t Quelquefois la scission est presque totale au point de ne rencontrer que la préoccupation philosophico-politique comme la remarquable méditation du marocain Edmond EL MALEH dans Parcours immobile (Maspéro, 1980), ou alors la seule fascination langagière et stylistique, comme dans Le Sud profond (Éditions des autres, 1979), de Maurice Partouche.Le poids de la famille reste néanmoins prédominant dans la cellule juive et l’image littéraire que ces écrivains nous en donnent, et s’il est vrai qu’on ne conçoit pas la Méditerranée sans la figure majeure et déifiée de la mère - du culte marial propagé par l’Espagne à la mère de Camus, voire la Mère Méditerranée de Dominique Fernandez -nous ne serons pas surpris de trouver sur notre chemin l’un des plus beaux hommages rendus à la génitrice, celui de Jacques ZIBI, écrivain tunisien, dans Ma (Mercure de France, 1972).Impossible assurément de ne pas évoquer à son propos l’admirable Livre de ma mère, d’Albert Cohen.Mais l’oeuvre de Zibi, écrivain surdoué et hélas ! si peu prodigue de son talent, est d’une totale beauté.Dans un Paris d’exil gris une mère tunisienne se meurt tandis que son fils traverse inlassablement la capitale de sa douleur, sur son vélomoteur, à la recherche des ultimes moments, des bribes et fragments que lui léguera la mère sur son lit d’hôpital.Et par elle le narrateur fait retour au judaïsme, à l’inépuisable mémoire ancestrale, de Sousse à Jérusalem.D’une certaine façon l’oeuvre de Jean DANIEL, Le refuge et la source (Grasset, 1977) qui fait revivre la ruelle familiale à Blida, en Algérie, s’inscrit dans ce même renouement à la mère, et aussi au père.L’auteur de l’Erreur (Gallimard, 1953), découvert et encouragé lui aussi par Albert Camus, dit sa fidélité judaïsme et l'attachement à ses racines.Beau titre pour ce petit livre qui nous restitue, dans un prodigieux affleurement du souvenir, l’image globale de ce microcosme de société maghrébine que fut la famille juive.Mais c’est encore et toujours de Tunisie -inépuisable pépinière de talents judéo-maghrébins - que nous viennent ces pures pages d’amour de la mère avec, tout particulièrement l’évocation à la fois poétique et sociologique d’Annie GOLDMANN, Les filles de Mardochée (Denoël, 1979) qui, en trois générations de femmes, nous raconte l’histoire d’une émancipation familiale et de l’émancipation d’une communauté ; avec aussi et surtout les deux beaux récits de Nine MOATI, Mon enfant, ma mère (Stock, 1974) et Le mariage de Lucie Enriquez (Pauvert, 1978), le second, mémorial et album de famille, le premier, hymne d’amour à la mère jailli dans les douleurs de l’enfantement, et aussi identification à la mère disparue qui fait surgir tant de souvenir, tant d’évocations de la Tunisie heureuse.La fille qui a perdu sa mère peut, en serrant contre elle son enfant nouveau-né, s’écrier avec ce langage direct, précis et bouleversant d’un des auteurs les plus attachants de ces dernières années : «Depuis que je sens le poids et la chaleur de Marie dans mes bras, je ne suis Voir suite page 29 LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 23 culture théâtre Universitaires en djellabas Un petit théâtre judéo-marocain Mesdames et Messieurs: le Groupe «Nord-Ouest»! Au milieu d’applaudissements chaleureux et des «Zghratates»(you-you) des femmes, les membres de la troupe «NORD-OUEST» (le nom est inspiré de la position géographique du Maroc par rapport à Israël) montent, un par un, sur la scène.On les présente au public: une bande d’universitaires de Haïfa, qui réalise un projet anachronique; pensez donc, un théâtre juif marocain, en Erez-lsraël! Ils parlent les langues de leurs ancêtres, le judéo-arabe et l’hébreu.Qui sont ces jeunes ?d’où viennent-ils ?quel est leur programme?leur but?Baba Lyahu, l'hôte qui chante les louanges du vieux vin et de la Mahia, qui raconte des histoires amusantes : c’est Elie Fedida, professeur au Lycée de Tirât Hacarmel.Lalla Lhroussa, la mariée, à laquelle on adresse les meilleurs compliments sur sa beauté et ses qualités d’hospitalière, à qui on dédie les poèmes d'amour: c’est Linda Rouache, conseillère pédagogique dans les écoles de la région de Haifa.Baba Mordechai, le fiancé, l’ami intime de Baba Lyahu, qui prend grand plaisir à charmer sa future épouse, qui se moque des femmes qui se modernisent: c’est Marc Attar, assistant à la faculté de Philo-phie.Lalla Esther, la chanteuse à la voixdouce et mélodieuse, qui exécute les soli difficiles : c’est Esther Haleiva, étudiante et institutrice.Lalla Myriam, qui avec ses you-yous stridents et sa danse passionnée est le «piment piquant» qui égaie la scène: c’est Miri Knafo, jeune étudiante à l’Université de H aïfa.Lalla Martine, qui fait la fine bouche durant le festin, qui cite les vieux proverbes propices au moment, qui traduit les dialogues judéo-arabes dans son bel hébreu : c’est Martine Messas : professeurde lycée.Lalla Yohi, qui exécute la danse du ventre avec tant de grâce et un certain érotisme : Yohi Bekassis, jeune étudiante de Migdal Haemek à l’Université de Haïfa.Le Dr.Yossef Chétrit qui se charge de la mise en scène et du choix des partitions musicales, qui a construit la pièce à partir de textes manuscrits qu’il a découverts dans sa recherche est le doyen de la Faculté de Français.Cheikh Yaacob, virtuose de la musique arabe de tous genres, accompagne la troupe depuis sa formation.Il joue du luth, du violon et du piano.C’est le fameux Yaacob Azerade, musicien de métier bien connu des juifs du Maroc.Et enfin Maurice, son fils, maître de la Terbouga.Une chanteuse entre, vêtue d’un caftan de soie, fendu sur les côtés et brodé aux fi Is d’or.Elle débute par un Moual exquis, merveilleux prologue de la musique andalouse classique.Sa voix vibrante, savamment travaillée, plonge dans l’extase les connaisseurs et les profanes.La mariée, parée de la Kessoua K’bira (grande robe) traditionnelle, prend place sur son trône.Ses jeunes amies l’entourent, s’acharnent à la parer de bijoux, à coiffer ses tresses et à embellir sa toilette.Les dames portent de longues robes de soie et de brocard, une ceinture d’or fixée à la tail le.Certaines couvrent leur tête d’un foulard chatoyant, aux longues Langes de soie, retombant le long des joues et fixé aux cheveux pardes bijoux d’un art fin.D’autres attachent sur le front un diadème d’où partent de fausses tresses émaillées de pierreries.L’orchestre, composé d’un violon, d’un luth et d’une terbouga entame un morceau de musique très rythmé, entraînant les jeunes femmes dans une danse rituelle en l’honneur de la mariée.À ce moment au milieu des you-yous frénétiques sans fin, le fiancé fait son entrée.Habillé d'une longue d’jellaba blanche, de belghas (chaussures à bout pointu) blanches et d’un tarbouche rouge, posé sur le côté du crâne, il s’approche de cet essaim de filles et s’adressant à leur reine, la mariée, chante un epithalame dont le refrain est tiré du Cantique des Cantiques: «Heth dodim Kala».Le chant est interrompu brusquement par l’ami intime du marié qui lance un Reproduit de la revue «Le monde sépharade» avertissement, premier couplet d’un poème de Hroubi: «Pourquoi abandonnes-tu ta belle vie pour les soucis et les obligations sans fin ?» «Prends garde de ne regretter amèrement ton choix malheureux!» La réaction violente et indignée des dames et du public déjà captivé ne se fait pas attendre.Les tableaux se succèdent rapidement: le «Henne», le mariage, les diverses cérémonies, le festin, les chants et les danses, les blagues et les proverbes, la réception rituelle, les éloges pour les «cordons bleus», les louanges au vieux vin et à la Mahia, la gaité avec ou sans motif, la joie de vivre, la joie de l’amouret le plaisird’êtreensemble.Les tapis couvrant sol et murs, les sinyat (plateaux à longs pieds) supportant la théière d’argent et les petits verres de cristal coloré, les poufs, les coussins, les bougeoirs, l’encens, ramènent les spectateurs à une ambiance déjà vécue, malheureusement perdue pour la plupart d’entre eux, mais regrettée par tous.Les nombreuses représentations de la troupedonnentdéjà leurrésultat : ondiscu-te le patrimoine perdu, oublié où renié ; on organise des expositions d’art judéo-marocain ; on exhibe les caftans.Les préjugés contre le traditionnel, le «levantin», et pourquoi ne pas le dire, contre l’arabe sont écartés.Pour les membres de la troupe, il s’agit d'un retour aux sources.Ce n’est pas une regression, c’est une nouvelle orientation vers le judaïsme.Ce petit théâtre juif marocain est surtout unetentativedanscesens ; un premierpas vers la synthèse réalisable entre le traditionnel et le moderne, vers une fusion socioculturelle qui reste entièrement à refaire.Et, comme à l’époque des pionniers, il y a un idéal socio-historique à atteindre, à concrétiser.À notre époque ce n’est plus une tour et une muraille qu'il faut vite monter, ce sont les bases d’une culture commune qu'il faut poser.Les pionniers d’aujourd’hui sont ceux qui réalisentcettesynthèseetqui fontdireà un public enchanté : «Ya Hasra»(ah ! le bon vieux temps).Marc Attar 24 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 culture théâtre SPINOZA de Dimitri Frenkel Frank Traduction de Jettie Owens Mise en scène de Per Brask Avec Richard Greenblatt, Guy L’Ecuyer, Jeffrey Cohen, Louison Danis, Diana Fa- jrajsl, Walter Massey, Truli MacLeod, Sep- timiu Sever.Régie de Cheryl Landy, décors de James SL Laurent, costumes de Mara Gottler, éclairages de Tim Babcock.Le Centre Saydie Bronfman donne en ce moment une pièce dont le thème qui, de prime abord, ne semblerait pas faire l’objet d’une pièce de théâtre, ne nous laisse pas indifférents.Spinoza, philosophe d’origine juive et sépharade, né à Amsterdam au XVIIIème siècle, a, quoi qu’on en dise, mené une vie relativement peu obscure en son temps, et c’est ce que nous montre aussi cette pièce.Sous le langage élaboré et les discussions philosophiques, la petite histoire de deux grands hommes est révélée.Pourtant, si l’atmosphère et les dialogues sont menés de façon magistrale, l’action se déroule péniblement et les acteurs ne marquent pas par leur présence.L’austérité de la vie de l’époque est bien rendue par des costumes noirs et très sobres, et nous plonge immédiatement dans l’ambiance étriquée de la Hollande de cette époque.La pièce s’ouvre sur une discussion entre le Rabbin de la Communauté Sépharade et son assistant, discutant des idées de Spinoza.Au début, il n’apparaît pas clairement dequoiSpinozaestaccusé.Il croit en Dieu, mais sa façon de concevoir les règles de vie imposées par l’éthique juive, semble contrarier les autorités de l’époque.Les décors sont parfaitement adaptés.La seconde scène nous montre Spinoza en visite chez Rembrandt.Entre ces deux hommes, le dialogue est étoffé et destiné à satisfaire un public en mal de métaphysique.Le côté «petite histoire de Rembrandt et Spinoza» compose une heureuse diversion.Il reste que l'on s’attend à rencontrer un Rembrandt, génie de la peinture, et que l’on est en face d’un être enfoncé dans des préoccupations matérielles, et agité de passions au point que cet aspect de sa personnalité est totalement négligé.Guy L’Ecuyer, dans le rôle de Rembrandt, entre bien dans la peau de l’homme, mais l’être tout entier dans sa peinture n’apparaît pas dans son jeu.Spinoza, jeune homme fougeux, est rendu sympathique par la force de ses convictions, et dans le jeu de l’acteur, Richard Greenblatt, elle apparaît par moments.On assiste ensuite à l’entrée en scène de la comtesse Italienne, courtisanede luxe.Son discours tient le spectateur captif et amusé, mais là encore, l’actrice n'atteint pas sa vraie dimension.Plus tard, Spinoza et elle deviennent amants, passion qui ne le satisfera plus après deux semaines.'ti ÜHÜ ¦ Finalement, Spinoza est convoqué chez le Rabbin qui lui propose de l’argent en échange de l’abandon de ses idées.Autrement, il sera réduità excommunierSpinoza et à le rejeter de la ville avec l’appui du magistrat.Spinoza refuse et se cache, craignant l’assassinat en face d’une communauté de plus en plus hostile.Jusque là, l’action a un cours très plausible.Cependant, à un moment donné, on met le spectateur en face d’une réfugiée d’un génocide polonais qui parle d’attendre le Messie.Cette apparition est totalement superflue et le public comprend mal le rôle joué par cette personne dans la vie de Spinoza.Est-ce elle qui vraiment pousse Spinoza à fuir la Comtesse età s’exiler«près de la nature»pourécrire?D’autte part, la complexité des idées de Spinoza n'est pas rendue accessible dans cette scèneen particulier.Il ne croyait pas à l’arrivée du Messie, mais en Dieu, et ceci crée des confusions.Toutes les scènes de la pièce sontcourtes et vivantes, mais le drame est entrecoupé d’évènements qui s’intégrent difficilement au sujeten question, l’excommunication de Spinoza.Peut-être, dans un souci de montrer l’évolution de la pensée de Spinoza, et d’épouser un ordre chronologique, l’auteur a passé outre l'effet que produisait l’apparition successive de tous ces personnages.De plus, le public informé serait plus apte à suivre la pièce que celui qui n’est pas familiarisé avec la philosophie de Spinoza.Certaines questions sont éludées au cours de l’action.En quoi la vie de Spinoza, qui n’avait rien de déluré en elle-même, gênait-elle la communauté hollandaise?Cependant, le spectateur sourira souvent et sera fasciné par les personnages.Elizabeth Abensur LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 25 EXPOSITION DE LIVRES RARES HÉBRAÏQUES ET JUDAÏQUES, À LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU CANADA ______^_________culture exposition_____________ INCUNABULA, HEBRAICA & JUDAICA Une importante collection de livres datant des premiers temps de l’imprimerie a fait l’objet d’une exposition à la Bibliothèque nationale du Canada du 15 septembre 1981 au 10 janvier 1982.L’exposition Incunabula, Hebraica & Judaicaa permis au public de voir un choix d’ouvrages de la collection Jacob M.Lowy.Il s’agit d’une des plus importantes collections d’incunables et de livres rares hébraïques du monde occidental et elle a été offerte à la Bibliothèque nationale, en 1977.Les ouvrages de la collection sont classés en dix-huit catégories thématiques et reflètent les intérêts de l’érudition hébraïque et de la culture juive, à la fois religieuse et séculaire, des cinq derniers siècles.On y trouvait, entre autres, des bibles rares écrites en hébreu et en diverses langues européennes et orientales, des premières éditions du Talmud et des codes rituels et légaux, des traités scientifiques étonnants, ainsi que des essais célèbres sur la mystique, la philosophie et la littérature, écrits au Moyen Âge.L’histoire du livre juif et l’art de la typographie hébraïque y sont représentés.L’exposition souligne l’ampleur intellectuelle et géographique de la collection Lowy, qui comprend des oeuvres de chaque continent et de chaque grand centre d’impression hébraïque du XVe au XXe siècle.Sur les 150 ouvrages exposés, trente ont été publiés avant l’an 1500, la plupart en hébreu, et sont donc des incunables.Le plus ancien livre de l’exposition, la Mishneh Torah (Code) de Maimonide, dont l’impression a commencé vers 1474, à Rome, est également l’un des plus anciens livres au monde.Parmi les incunables latins de l’exposition, on trouve la première édition de l’oeuvre de l’historien Flavius Josèphe, publiée en 1470, le plus vieux livre imprimé de la collection de la Bibliothèque nationale.L’exposition présentait surtout des livres hébraïques imprimés, mais également un certain nombre d’ouvrages judaïques et quelques manuscrits hébraïques conservés à la Bibliothèque nationale, ainsi que quelques rares ouvrages canadiens juifs.TEXTE DU DISCOURS DE JACOB M.LOWY À L’OCCASION DE ^INAUGURATION OFFICIELLE DE L’EXPOSITION INCUNABULA, HÉBRAICA & JUDAICA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU CANADA Les Juifs et la civilisation mondiale L’apport des connaissances scientifiques juives Parler de l'apport des Juifs à la civilisation dans son ensemble, c’est essentiellement étudier le destin du peuple juif et son influence positive sur l’histoire universelle.En effet, aucun autre peuple n’a été aussi grandement mêlé à l’histoire en général.Je ne veux pas parler ici de la succession connue des guerres, des conquêtes et des traités, mais des événements qui marquent les progrès de la civilisation.À tous les moments décisifs, le peuple juif a eu un rôle à jouer.Il a assisté successivement à la domination de la civilisation égyptienne, puis des civilisations babylonienne, grecque, romaine, arabe et, enfin, européenne.C’est le Juif errant qui, d’une manière paradoxale, a constitué l’élément de stabilité dans l'histoire de l’humanité.À travers l’espace et le temps, il a servi de lien entre les peuples au point que son histoire est devenue elle-même histoire universelle ; sa philosophie a inspiré des éthiques dans le monde entier; ses connaissances ont contribué aux progrès de la science en tous lieux; enfin, sur toute la terre, aucun peuple n’a jamais pu lui être comparé pour l’érudition et la culture littéraire.Ce n’est pas seulement au XXe siècle que le peuplejuifadonnéau monde des savants de grande renommée comme Einstein pour la physique, Cohen, Marx et Husserl pour la philosophie ; Freud pour la psychanalyse et de nombreux autres dans toutes les branches de la science et de l'art.Au cours des siècles, les Juifs, par l’apport de leurs connaissances, ont toujours été à l'avant-garde des progrès scientifiques.Ce sont eux, d’Israël à Babylone, en Afrique du Nord, en Espagne, en Italie, en France, en Allemagne, en Pologne, en Amérique, qui ont toujours ouvert la voie et fait avancer la science et la médecine, la philosophie et les lettres.Nous ne constatons nulle part peut-être autant qu’en médecine l’importance du rôle des Juifs et des progrès qu’on leur doit.Depuis les temps les plus reculés, ils ont toujours exercé une grande influence en ce domaine.Dans la Bible, celui qui guérit et celui qui jouit de l’autorité religieuse, le prêtre, ne font qu’un.La personnalité du médecin, par conséquent, s’est formée à partir de ce caractère religieux qu’on lui attribuait.De là, l’affirmation du Talmud qui considère le médecin comme le détenteur ici-bas des pouvoirs guérisseurs de Dieu lui-même.Cette tendance de l’opinion publique assimilant rabbin et médecin s’est perpétuée pendant des millénaires.La médecine thérapeutique telle que la Bible et les Prophètes nous la montrent, n’apparaissait pas comme un ensemble d’incantations et de rites magiques comme chez d’autres peuples anciens.Pour les maladies, les Juifs utilisaient des baumes et des onguents et prescrivaient des lavages et d’autres traitements.C’est sur ce fond de traditions que le médecin juif a commencé à exercer son art avec succès en Orient et en Europe.Dès le début du premier siècle de notre ère, des écrits de Celse le Grec traitent de baumes préparés par des médecins juifs.Galien parle d’un médecin juif bien connu à Rome, Rufus le Samaritain, et Pline cite un certain «médecin babylonien, Zacharie», juif sans aucun doute.Parmi les médecins juifs que la littérature rabbinique mentionne, nous trouvons: Rabbi Ishmael, R.Hanina ben Dosa, Joseph HaRofeh, et bien d’autres.Le plus célèbre est peut-être Samuel, Shumel l’Amora ou le Talmudiste, qui vivait au IIe-IIIe siècle.Ce Samuel était lé médecin personnel du roi person Shâhpur ; il a inauguré ainsi une brillante tradition qu’ont suivie au cours des âges des médecins juifs tels qu'Assaf HaRofeh, et plus tard, Maïmonide et d'innombrables autres.À cette époque du Moyen-Âge, les médecins juifs ont joui d’une telle réputation qu’un savant anglais du XIIIe siècle, Roger Bacon, a pu dire que les médecins chrétiens étaient des ignorants comparés à leurs collègues juifs.Même au XVIe siècle, la façon de s’exprimer des Juifs et leurs descriptions anatomiques 26 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1 982 culture exposition connaissaient une telle faveur que des non-Juifs étudiaient souvent l’hébreu afin de pouvoir lire leurs traités d’anatomie.Isaac Israeli, de Kairouan, en Afrique du Nord, connu des Européens sous le nom d’Isaac Judaeus, a été l’un des plus grands parmi les anciens médecins juifs.C’està lui que revient le mérite d’avoir introduit les connaissances scientifiques en Afrique du Nord ; par la suite, ses écrits ont même été traduits en latin.Enfin, est-il possible de citer des médecins plus renommés que Maïmonide, Judah Halevi, Immanuel de Rome et d’autres?Moritz Steinschneider, le grand bibliographe du XIXe siècle, n’a pas compté moins de 2 1 68 médecins juifs depuis les temps obscurs du Moyen-Âge jusqu’au XVIIIe siècle! Et, sans aucun doute, cette liste est loin d'être complète.Même si l'on évalue avec exactitude l'apport des Juifs à la science et à la pensée médiévales, il faut se souvenir que les savants arabes de l’époque partageaient une grande partie de ces connaissances.Mais ce sont les Juifs qui les ont transmises aux Européens.Du reste, l’un des plus anciens astrologues arabes, Mashallah, était juif.On peut donc dire que même à cette science ancienne des Arabes les Juifs ont apporté quelque chose ! Ce n’est pas seulement en médecine que les Juifs ont excellé.Au début de l’histoire, les rabbins avaient soutenu un certain nombre d’assertions sur la structure de l'univers.Le Talmud de Jérusalem, Traité Avodah Zara page 42c, déclare que le monde a la forme d’un globe ! Le Zohar sur la Lévitique 1:3 va même plus loin, précisant que la terre tourne sur son axe comme une balle ; ainsi, lorsqu’il fait jour sur une moitié du globe, il fait nuit sur l’autre ; et ceux qui vivent dans l’autre moitié dressent leurs têtes dans la direction opposée à ceux qui vivent au-dessus.Et tout cela, des siècles avant Copernic ! L’importance des découvertes maritimes à la fin du Moyen-Âge a été liée à certaines connaissances et à certains progrès techniques.C’est encore aux savants et aux scientifiques juifs très avancés en astronomie que l’on doit l’amélioration des instruments de navigation ainsi que celle des cartes.Par là, ils ont ouvert la voie aux grandes découvertes.Le principal de ces anciens instruments a été le quadrant, conçu par Robert, un Anglais, au XIIe siècle.Son invention a servi jusqu’à l’époque du rabbin Jacob ben Makhir ibn Tibbon dont l’instrument vraiment perfectionné est connu sous le nom de ûuadrans Judaicus.C'est ce même Jacob dont Copernic lui-même, par la suite, a parlé avec respect.Les tables de Jacob ont servi pendant des siècles.De la plus grande importance a été le rôle joué en ce domaine par Abraham Zacuto, professeur aux universités de Salamanque et de Saragosse avant que les Juifs soient f expulsés d’Espagne.Zacuto avait été consulté avant que Vasco de Gama soit autorisé à entreprendre la fameuse expédition au cours de laquelle il découvrit la route maritime des Indes.On continue de s’interroger sur l’origine présumée juive de Christophe Colomb.Mais, sans doute possible, les hommes qui ont préparé scientifiquement et financièrement son premier voyage en Amérique étaient des Juifs, de même que beaucoup de ses marins eux-mêmes.Christophe Colomb a reçu, entre autres, les enseignements de Zacuto et il a emporté ses tables dans ses célèbres voyages.Plus tard, en 1 496, les almanachs de Zacuto ont été réédités en deux éditions : une latine et une espagnole.En d’autres domaines scientifiques, les Juifs ont également fait des découvertes sensationnelles.Lévi ben Abraham, savant provençal du 13e siècle assez obscur, a reconnu dans la chaleur une forme de mouvement.Ici et là, à différentes époques, d’autres inventeurs et savants juifs firent des découvertes qui, souvent, n'ont pas été proclamées.Ainsi, selon certains auteurs, sm wet iôo najj o'ynt lac o*ji8en wan i*p**i o*K*?2 AsSn op*® mey t 0*î>"* mey j mann nwn o*pnû ley neon [ mita nwn o’ms iey nyai« | ntïi» nwn '10*1 DÜJ1 o*pifi nry in« 0**1122 rroSn *si2J2^ ruina nuna 0*pSÛ ley 0*3» Van npow nia*?n o*p*o iey neSe rV lya iyi eno U>«euoBniT"a Vy >31e«in o*iâo nyaen enpn rnoy na«So Sam i3*3i* n neo "a nnayn min» -u noSe *ppmon >1* 1S0S' o**nb 'Kvt >*«01 nrvtfi *jrïi crSenSi SnnnS Typsiles, qui réinventa la poudre à canon en 1 353, était un Juif.C’est au XVe siècle que se situe le grand renouveau des connaissances humaines, la Renaissance.Mais la Renaissance n’aurait pas été le grand mouvement que nous connaissons sans l’invention du caractère mobile et de l’imprimerie.Les Juifs ont eu vite fait d’en réaliser l’importance et, en 1444, six ans avant les travaux de Gutenberg, un accord était signé entre un artisan allemand et la communauté locale d’Avignon pour graver des caractères hébreux.(On n’a malheureusement conservé aucun exemplaire de ces anciens caractères.) Très rapidement, dans des douzaines de communautés juives, les presses ont fonctionné devançant de quelques années dans la plupart de ces villes l’impression des documents non juifs.Ainsi au Portugal, l'impression en hébreu a commencé en 1478 mais le premier livre en latin n’est apparu que sept ans plus tard, et l’on n’a pas eu de livres en portugais avant 1 495 ! On ne sera évidemment pas surpris d’apprendre que pendant la période médié- *3« n« ei*e Vie* o**iSS n*fw» ény nSyu » »iy.n "b u’«e êy« »*i5o Vu m *in **S ib« pioipaa eceo Vnan*ûS Vie'S «SSiyfi*a-na 1*any ¦vwanonSo l'Snu «Si Vie* iBjryS i*an «Si S*n on «V pu noa «ni ’Sn n to o«je n *3« àe onS nan «in 1113 *iS »ae «S* inSnai TpSn *«a Sao e*«i e*« Sa «V iaSa i3>ani i3ii« mi na-u ie« oSiyn \MeS n >3sS noyS SianS iyio vieye iaa ie* iSm n n« nyiS nayS* *am 3iuiaenn Siy n«ijr Syo ps 1 ortVn eiv e*pn3 m >m o*>«n >33 *epa ie« •oSiySi oSiySi3*Sn3i pSn n n*n>i o*e-p row îaa iS ,tûod.i iai oSiya iS nan o*oS*y pSn 3130.1 o'« oiSen i*Sy m *m o**iSSi ouroS *Sl13 1*0131 rvi« *0131 LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 27 culture musicjjje DISCOGRAPHIE Musique Judéo-Baroque, par le Camera-ta de Boston sous la direction de Joël Cohen- Harmonia Mundi (France) HM 1021-1079.C’est par hasard, lors d’une émission à Radio-Canada que j’ai pu entendre pour la première fois de la musique judéo-baroque, assemblage de mots pour le moins surprenant.Aussi, lorsque j’ai découvert ce disque, je n’ai pas hésité tant la musique est belle, résonnant à la fois des sonorités de style baroque et des paroles chantées en hébreu, reprenant la forme de cantates attribuées à des compositeurs Juifs et non Juifs.La face «A» comprend le cantique hébraïque de Louis Saladin, un compositeur probablement non Juif, datant du 17ème siècle et célèbre la circoncision d’un enfant Juif dans le comtat ^enaissin où les Juifs occupaient une position remarquable.C’est une oeuvre joyeuse et selon Joël Cohen, la musique est du pur baroque provençal.Quant à la cantate hébraïca in Dialogo de Carlo Grossi, écrite en 1681, elle aurait été commandée par la confrérie des Shomrim Laboker (guetteurs de l’aurore) de Modène et l’auteur est non-Juif.Elle se structure autour d’un dialogue entre un passant et un groupe de gens en liesse.La face «B» du disque est gravée du Cantique de Salomon par Salamone De Rossi Ebreo de Mantoue.Toujours, selon Joël Cohen, «à la Renaissance en Italie, la Communauté Juive était plus libre et moins opprimée que dans le Nord de l’Europe.Les humanistes de la Renaissance rencontrèrent des Rabbins savants pour discuter philosophie et théologie et beaucoup de Juifs firent carrière dans la société chrétienne comme maîtres de danse ou musiciens dont la famille De Rossi».Cette oeuvre est basée sur une suite de psaumes et de prières dont le fameux ADON OLAM sur un style baroque.Il faut noter que cet ensemble d’oeuvres constitue, par rapport à la tradition musicale Juive, un ensemble original puisque cette dernière est basée sur le chant monodique pratiquement sans accompagnement d’instruments de musique.Aussi le développement d’oeuvres accompagnées d’un orchestre témoigne des confluences de civilisations dont la musique judéo-baroque est un exemple particulièrement évocateur.Yossi Lévy EXPOSITION DE LIVRES RARES Suite vale l’influence des Juifs s’est également fait sentir en un autre domaine, la philosophie et les lettres.Si Maimonide a écrit son Guide des égarés d’un point de vue fondamentalement juif, sa façon de voir, que les érudits chrétiens ont pu connaître par une ancienne traduction en latin, les a cependant profondément influencés, même Saint Thomas d’Aquin ; notons aussi que Rashi, l’exégète français qui a commenté la Bible, a eu par la suite une influence marquée sur l’exégèse chrétienne grâce à son imitateur franciscain, Nicolas de Lyre.Le fait que la Divine Comédie, de Dante, est fondée sur l’almanach de Jacob ben Makhir, cité plus haut, n’est pas seulement un détail intéressant.Il faut y voir un symbole de la participation essentielle, bien que cachée, des savants juifs et des connaissances juives à la constitution du monde chrétien du Moyen Âge.En outre, le Juif, par la façon dont il a été lui-même élevé, a donné au monde un exemple en matière d’éducation.Tous les Juifs n’étaient pas instruits, mais tous respectaient l’instruction.Avides d’acquérir de nouvelles connaissances, les Juifs ne couraient pas le risque d’une censure ecclé-siastiue comme leurs collègues chrétiens.On trouvait sans doute des rabbins qui considéraient le Talmud comme la somme du savoir mais, ainsi que nous l’avons vu, ils n'étaient pas les plus nombreux Ce n’est cependant pas dans toutes les générations ni dans tous les pays qu’il existait des Juifs à l’avant-garde de la recherche scientifique.Mais à l’origine des «périodes de pointe» où les Juifs ont apporté leur contribution, tout au long des siècles, nous trouvons avant tout l’extrême respect pour le savoir qu’on savait inculquer dès l’enfance aux hommes de science, aux savants et aux écrivains juifs.D’après le célèbreéruditjuif anglais Israël Abrahams : Il y a eu des périodes relativement longues au cours desquelles les Juifs n’ont produit ni poètes, ni philosophes, ni écrivains créateurs, ni historiens; de longues et obscures périodes pendant lesquelles la lumière de la science n’a pas brillé.Ces lacunes sont d’une tristesse inexprimable ; mais leurs conséquences pratiques auraient été plus déplorables encore si on n’y avait pas pallié par une vaste et solide structure contre laquelle les frictions des désaccords internes et les assauts des tempêtes externes étaient également sans pouvoir.* En d’autres termes, les siècles de perturbations qui ont jeté les Juifs d’une culture à l’autre, d’une civilisation à une autre, de l’est à l’ouest, de l’Europe à l’Asie, ont provoqué des interruptions dans cette suite éclatante de réalisations extraordinaires.Cependant, l’inébranlable structure de la vie, de la morale, des moeurs du peuple juif et, pardessus tout, son amour de l’étude, ont maintenu la vigoureuse progression de la recherche scientifique juive même en période de troubles et de bouleversements.Permettez-moi de paraphraser l’illustre Gaon, rabbin Eliede Vilna.Il prétendaitque quel que soit ce qui manque à un Juif dans sa compréhension de la science et des connaissances du mondetemporel, il luien manque dix fois plus dans sa compréhension de la Torah.Il voulait sans doute dire que si le Juif ne comprend pas le monde dans son ensemble, il ne peut comprendre son propre monde.C’est là, probablement, le mobile quia déterminé le comportement de toutes les générations de savants, de médecins, de scientifiques, d’astronomes et de philosophes juifs, sans compter tous ceux qui, comme eux, ont étudié le monde qui les entoure et ont contribué, d’une manière inestimable, à le faire connaître.Les ouvrages que j’ai eu le privilège d’offrir à la Bibliothèque nationale et, donc, au peuple canadien, recèlent une part appréciable des richesses de notre magnifique patrimoine juif, patrimoine où ceux dont j’ai parlé ont puisé leur inspiration.À mon avis, tous ceux qui, venus au Canada, sont maintenant des Canadiens, ont eu beaucoup de chance.Je voudrais aujourd’hui rendre humblement hommage au Canada et à sa communauté juive par cette contribution à l’enrichissement de notre domaine culturel.Retenons la leçon : ceux qui accueillent l'étranger à la porte enrichissent le Canada grâce au patrimoine que nous lui apportons etque lui apportent aussi nos compatriotes canadiens d'autres origines.Ces ouvrages permettront au Canada d’avoir un centre d’études juives reconnu sur le plan international, centre que les savants de toutes confessions pourront utiliser afin de mieux connaître un patrimoine que, désormais, nous partageons.• 28 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 culture musique NE IM ZEMIROT Le 12 décembre dernier, à la Salle Grover, dans le cadre de ses activités mensuelles, le Département Culturel du C.C.J., a présenté une soirée de musique liturgique de très haute qualité.Le programme, remarquablement composé par Mme Dina Sabbah, comportait de la musique «hazanout» ashkénaze et des piyoutims provenant du Maroc.La soirée était placée sous la présidence d’honneur du Consult Général d’Israël à Montréal, M.Itzhak Mayer, qu’accompagnaient le vice-Consul et Mme J.Revah.M.Pierre Lasry, avec beaucoup d’érudition et d’humour, faisait office de maître de cérémonie afin de nous mieux faire connaître les deux sources de musique religieuse.Pour nous présenter ce spectacle, on a fait appel à d’éminents spécialistes.La musique ashkénaze était interprétée par les Cantors Pinhas Rabinovicz et Edward Feigerman, qu’accompagnait au piano la talentueuse Madame S.Rabinovicz; quant aux piyoutims, notre inégalable Hazan Harroch, et l’orchestre de Prosper Edery.Nous avons eu droit à un récital où alternaient des cantiques traditionnels de la musique hassidique moderne et des piyoutims.Ce programme, fort varié, nous a permis d’apprécier non seulement la musique elle-même, mais surtout la qualité des voix.Le hazan Rabinovicz, interprète et compositeur, a fait montre d’un registre remarquable et d’une technique parfaitement maîtrisée qui, à plusieurs reprises, ont fait passer des frissons d’émotions dans la salle.AARON SKITRI Né en 1943, Aaron Skitri commence à jouer de la guitare à l’âge de 13 ans.De 1958 à 1967 il étudie avec le célèbre duo de guitaristes Ida Presti et Alexandre Lagoya et prend des conseils pour l’interprétation de la musique ancienne d’Antoine Geoffroy Dechaume, auteur de l’ouvrage intitulé «L’interpré-• tation de la Musique du XVI, XVII et XVIIIème siècle.» Il a participé également à des séminaires donnés par Alfred Deller.Après son premier concert de luth à Paris en 1967, Aaron Skitri donne de nombreux récitals à travers l’Europe.Après avoir établi sa carrière en France où il participe à de nombreux festivals et joue avec divers ensembles de musique ancienne comme le Florilegium Musicum de Paris, il décide d’introduire la musique de luth baroque et de théorbe aux Etats-Unis et au Canada.REMARQUES AU SUJET DE L’INTERPRÉTATION Le cantor Amzallag, avec le talent qu’on lui connaît, a interprété une suite musicale de piyoutims dont un certain nombre d’Ibn Gabirol, repris en choeur par le public ravi.Mais le clou de la soirée a indéniablement été la fin: M.Rabinovicz à son tour, a interprété un piyout qui a fait vibrer la fibre espagnole des Sépharades et lui a valu des applaudissements et des bis enthousiastes.M.Amzallag n’est pas demeuré en reste et a également montré l’étendu de son art en chantant un poème ashkénaze.Il ne nous reste plus qu’à remercier le Département Culturel et Madame Dina Sabbah d’avoir réalisé cette heureuse rencontre qui (et nous citons Mme Sabbah) «est le prélude d’une série de rencontres et de rapprochement culturel entre les deux communautés».Espérons qu’une telle réussite encouragera le Département à continuer à nous donner d’autres occasions d’apprécier les facettes multiples tant intellectuelles qu’artistiques et folkloriques de notre judaisme.L’interprétation musicale est un des arts les plus difficiles à définir, en raison des liens étroits entre le compositeur, la technique instrumentale, la réflexion musicale et ceci tout en conservant la spontanéité de l’exécution.L’interprétation de la musique ancienne et baroque, plus délicate encore, et longtemps ignorée, se précise de plus en plus à l’heure actuelle.Tout d’abord le désir du public d’entendre la musique d’autrefois interprétée sur des instruments originaux (out tout au moins leurs bonnes copies) devient de plus en plus intense.Ensuite, l’utilisation par les musiciens contemporains de la musicologie ancienne nous renseigne au sujet de l’interprétation de la LE ROMAN SEPHARADE Suite En 1976 Aaron Skitri donne au Carnegie Hall le premier récital de théorbe et de luth baroque jamais entendu à New York.La même année il participe au Château de Versailles à l’inauguration de l’Institut Français de Musique Ancienne.En 1977 il donne au St.Lawrence Center le premier récital de luth baroque et de théorbe jamais entendu à Toronto.Aaron Skitri apparaît dans de nombreuses autres villes d’Amérique du Nord a formé de nombreux luthistes dont certains sont devenus professionnels.Actuellement en dehors de ses concerts en Europe et en Amérique du Nord, Aaron Skitri enseigne le luth et la guitare classique à l’Université Queen de Kingston où il dirige également un ensemble de musique ancienne le Collegium Musicum.Son premier disque de luth et de théorbe est sorti en France, Belgique, Suisse et Canada sous la marque Auvidis.musique à cette période sur de tels instruments.En effet, jouer une pièce sur un instrument ancien consiste à se conformer au doigté de l’époque, ouverture vers la recherche d’une phraséologie musicale plus complète, nous permettant de mettre aisément en application les inégalités dont parlaient les anciens.Il en résulte un nouveau climat sonore, qui nous enrichit et donne une direction évolutive à l’interprétation.Ainsi, chaque type de musique aura son atmosphère réelle, qu’elle soit folklorique ou savante.Une oeuvre ne conserve toute sa force expressive que si l’on tient compte du cadre dans lequel elle a été écrite.' C’est dans l’esprit de faire revivre la musique ancienne que j’ai étudié ces magnifiques instruments: luth Renaissance, luth Baroque et Théorbe.AARON SKITRI plus orpheline.Je ne serai jamais plus orpheline.Est-ce cela qu’on appelle délivrance ?» Ainsi voyons-nous tous ces écrivains de langue française se retourner derrière eux, évoquer leur enfance ensoleillée, la protection cajoleuse des parents, retrouver l’orient et cette chaleur lointaine, presque oubliée.Même un Patrick MODIANO se découvre soudain sépharade lui qui, dans Livret de famille (Gallimard, 1977), roman qui le renvoie à son hypothétique Tunisie (lui aussi !), peut écrire très justement : «J’étais enfin de retour dans cet orient que nous n’aurions jamais dû quitter».Eh bien ! l’un des grands du roman français actuel, Jean-Luc BENO-ZIGLIO dans Cabinet portrait (Le Seuil, 1980, Prix Médicis 1980), après une oeuvre de poids et de langage sans aucun rapport avec notre propos, s’inquiète aussi de son identité qu’il découvre ici dans la fièvre et le désarroi.A travers un récit hilarant et sarcastique, Béno découvre les siens, ces Turcs judéo-espagnols d’Edirne, qui provoquent chez lui, par leur encombrante présence - un peu à la façon des Valeureux de Cohen débarquant à Genève et faisant honte à Solal - fascination et répulsion.Mais enfin, on n’échappe pas à la condition juive, même- et surtout - si l’on s’enferme aux cabinets ! À travers ce panorama nécessairement hâtif et schématique, l’on retiendra seule- ment que nos écrivains de langue française qui ressortissent à la galah méditerranéenne et moyen-orientale ne se privent plus, sans fard ni fausse honte, de puiser au trésor inépuisable d’une mémoire collective qui, de Babylone à Andrinople, alimente et féconde l’écriture juive.Alors pouvons-nous dire pour conclure, s’il n’y a pas encore, à l’instar de l’Amérique, l’école juive du roman qu’il y a assurément un immense cordon ombilical qui relie cette pléiade turbulente et bruyante d’écrivains à la mère Méditerranée, la mamma juive et, aux portes de Sion, la pierre qui tant fit pleurer les nôtres, le tombeau de Rachel.Albert Bensoussan LA VOIX SEPHARADE, février 1982 • 29 culture FLORILEGIO L’ouvrage Florilegio de romances sefardies de la diaspora, Oro Anahory Librowicz, Catedra-Seminario Menendez Pidal, vol.vi, Madrid, 1 980, est une collection de trente et un romances, recueillis directement par l’auteur parmi les Séphardim d’origine marocaine, récemment établis à Malaga (Espagne).Chaque texte est accompagné d’un commentaire historico-littéraire, qui vise à retrouver les origines, médiévales ou autres, du texte et à expliquer son évolution, depuis sa naissance jusqu’à aujourd’hui.À travers l’étude des différentes versions du même poème, l’on essaie de dégager les caractéristiques essentielles de cette poésie traditionnelle qui, puisant ses origines dans l’Espagne médiévale, a développé des tendances particulières dans le milieu séphardi.La série Catedra-Seminario Menendez Pidal a pourbutde publier des recueils inédits de ballades judéo-espagnoles, afin de sauver de l’oubli les derniers vestiges d’une poésie orale en voie d’extinction.El testamento ciel rey Felipe (é-o) (MP 126/CMP C18) Por las comarcas del mundo quiso hacer sentimiento.Mandé sacar très cabezas,très cabezas de hombres muertos.Mira, hijo, estas cabezas, reyes fueron en un tiempo; cineron muchas coronas, tineron muchas espadas.Mira, hijo, que te digo, que no te engane el dinero; con el humilde, humilde; con el soberbio, soberbio.A tu hermana Isabel, très veces te la encomiendo; es mi hija y mi mujer, mi regalo y mi consuelo.Ya se muere el rey Felipe, ya se muere y queda muerto.Una lloraba a su padre, otra Uoraba a su suegro; la Blanca Nina lloraba su padre y su amor primero.BON DE COMMANDE1 Je désire recevoir l’ouvrage Florilegio de romances sefar dies de la diaspora Prix U.S.$11.50 (édition reliée); U.S.$9.50 (livre de poche) i Nom.Adresse.Ville.Code Postal.Ci-joint un mandat international de U.S.$ (1) À envoyer à: Éditorial Gredos.Sanchez Pacheco, 83.Madrid 2 (ESPAGNE) ou à: Dr Oro Anahory Librowicz.4000 de Maisonneuve ouest, no 251 0.Montréal, Québec H3Z 1 J9 (CANADA).Maxime/ Judeo-espagnoles tiré du Recueil de Proverbes Judéo-Espagnols du Maroc (hakitia) REFRANERO de Raphael BENAZERAF MAS DA EL DURO QUE EL DESNUDO Plus donne le dur (avare) que le dénué.ON NE PEUT RIEN ATTENDRE DE QUI N’A RIEN.MAS NEGRO ES PEDRO QUE SU COMPANERO Plus méchant est Pierre que son compagnon.On trouve toujours plus méchant.MAS RICO ES EL NOVIO Plus riche est le fiancé.Formule ironique pour blâmer quiconque ne sait mettre une limite à sa fantaisie ou à ses exigences.MAS VALE SUDAR QUE ESTORNUDAR MAS VALE SUDAR QUE ESTORNUDAR Il vaut mieux transpirer qu’éternuer.Il faut savoir consentir de légers sacrifices plutôt que de s’exposer à subir de grands dégâts.ENTRE DEUX MAUX IL FAUT CHOISIR LE MOINDRE.MAS VALE TULLIDO QUE ESTENDIDO Mieux vaut paralysie que mort.ENTRE DEUX MAUX, ACCEPTONS LE MOINDRE.MAS VALE TARDE QUE NUNCA MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS.Mas vale tadre ke hitch.Pour obtenir cet ouvrage au prix unitaire de souscription de 100 francs, TTC, franco de port écrire à : L’IMPRIMERIE CONTINENTALE 18, rue du Faubourg St-Martin 75010 PARIS ou à : LA LIBRAIRIE COLBO 3, rue Richer-75009 PARIS 30 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 agenda CENTRE COMMUNAUTAIRE JUIF PRÉLUDE CAMPIGLOO à la quinzaine sépharade 1932, Sous l’égide du Centre Communautaire S Juif et sous la responsabilité de son dépar- { tement culturel, la Quinzaine Sépharade aura lieu cette année, du 2 au 1 5 juin 1 982, au Centre Saidye Bronfman, sous lethème : «Les Sépharades : Identité & Modernité».La Quinzaine est un événement culturel essentiel dans la promotion de notre richesse culturelle, et un moyen de la diffuser au sein de notre communauté et surtout à l’extérieur, contribuant ainsi à notre rayonnement Cette année, leprogrammecomprend les événements suivants : - Exposition de photos et d’aquarelles (Hasdai Elmozninoprotrat sur le costume sépharade à travers les âges.) - Exposition de bijoux - Exposition de l’oeuvre d’un peintre sépharade de réputation internationale.- Une journée de la Femme: conférencières invitées : Vicky Shiran (Israël), Doris Bensimon Dovat (France).- Un Chabaton avec M.le Rabbin A.Benhaim de New York - Concert de l’ensemble vocal Kinor - Journée Cinéma avec M.Haim Shiran, cinéaste israélien de réputation internationale qui présentera entre autres son film «La Statue de sel» d'après le roman d’Albert Memmi.- Théâtre judéo-arabe - Théâtre judéo-espagnol sous la direction de Oro Librowicz et qui aura pour thème : «L'Amour à travers les Romances».- Un spectacle de Danse séphardie du monde avec l’ensemble de danse séphardie dirigé par Maurice Perez.- «1492 : Les voiles de l'Espoir».Pièce de théâtre montée par le Théâtre Sépharade de Montréal, sous la direction de Serge Ouaknine.Reconstitution des événements entourant l’expulsion des juifs d’Espagne et la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.- Récital Shlomo Bar et Habrira Hativit.L’un des groupes les plus réputés d’Israël et dont la musique est une synthèse originale de la musique orientale, indienne et israélienne.C’est à Joliette, au camp «Trails’ End», que nos jeunes de 1 4 à 1 8 ans ont joui des sports d’hiver et d’activités en plein air du 28 décembre au 3 janvier.Lundi 28 à 9h du matin, il fait très froid, parents, enfants, bagages, envahissent le hall d’entrée du Centre.Nos responsables, avec l’aide des rangers, se dépêchent de charger les bagages, et il y en a! Une véritable Aliyah.des sacs, des valises, des couvertures, des casseroles, un projecteur, des luges, et bien sûr, des victuailles, il fallait le voir pour le croire ! 9h30 : on y est ! On part pour Joliette.Dans le bus, on chante, on rit, on s'amuse.Au camp, Gladys et Esther, nos charmantes cuisinières, parties la veille, nous attendent avec Ariel.Nos trois amis nous ont devancés pournous préparerlecampetun bon repas pour nos 44 jeunes.À l’arrivée.surprise?déception?.on s’attendait à un Club Med, non, c’est tout simplement des chalets accueillants, en-j tourés de neige.Les dortoirs sont déjà ! prêts, un pourles filles, un pourles garçons.A peine les bagages déposés dans les , chambres, nos jeunes courent à la cuisine.Aussitôt après le «Birkat Hamazon», les S activités commencent.Jeux de nuit, luge, S ski alpin, football dans la neige, course en DÉPARTEMENT CULTUREL FÉVRIER 1982 7 février 1 982 Brunch-conférence «Vue d’ensemble sur les ballades judéo-espagnoles».Conférencière invitée: Oro Librowicz Participation aux frais : $4.00 Âge d’Or: $3.00 À 1 2h, salle Sinaï, Centre Communautaire Juif, 5480, avenue Westbury.Tél.: 735-5565.Réservations auprès de Lynda Dadoun, 735-5565.28 février 1982 Concert avec Aaron SKITRI, spécialiste en instruments anciens.En collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal.À 1 4h30, Musée des beaux-arts, rue Sherbrooke.Participation aux frais : $5.00 Âge d'Or: $4.00 Réservations auprès de Lynda Dadoun, 735-5565.raquettes, floor hockey, discussions à thème, la paracha de la semaine, du judaïsme, de la cacheroute, de la musique (Le Plaidoyer de Pagani).Des veillées, riches en activités, nous ont fait oublier la télévision, qui en avait besoin ?Nos jeunes sont des artistes ! Notons qu’un accent particulier a été mis sur l’aspect juif.Les prières se faisaient régulièrement tous les jours.Vendredi après-midi, les rangers ont eu grand plaisir à préparer la synagogue pour accueillir le Shabbat, aussi bien les filles que les garçons ont participé de tout coeur.Un sain esprit dégroupé régnait, il étaitagréablede se retrouveretd’apprécierces moments de repos.Après Shabbat, les activités reprennent, on skie, on luge, on joue, on secasse même une jambe ! Eric offre son plâtre à ses amis qui se dépêchent de le décorer et d’y inscrire leurs bons voeux de prompt rétablissement.Nous espérons qu'il est sur pied à présent ! Le jour du départ arrive, malheureusement il faut se quitter, ce n’est qu’un au revoir, on se serre la main, on s'embrasse, on se promet de se rencontrer très vite.C’était une belle expérience ! À bientôt, au prochain camp ! Claude Elbaz CAMP IGLOO 82 -DÉPARTEMENT DISTRICT ¦ * S?* LA VOIX SÉPHARADE, février 1 982 • 31 Le conseil des synagogues Notre communauté vient de s’enrichir d'un nouvel organisme, le Conseil des Synagogues.En nous dotant de ce Conseil, nous nous inscrivons dans l’évolution normale de toute communauté qui souhaite le regroupement de celles de ses institutions qui visent les mêmes objectifs.Les buts poursuivis par le regroupement de nos synagogues se définissent aisément: harmonisation, efficacité, service.HARMONISATION Malgré notre insertion dans une société et dans une culture de type occidental, nos synagogues n’ont pas eu à se définir par rapport aux différentes tendances, plus ou moins religieuses, comme on dû le faire nos frères ashkénazes.Il n’ya pas en milieu sépharade cette compartimentation en réformés, libéraux, traditionnalistes ou ultra-orthodoxes.Notre manière de vivre et d’assumer de notre engagement judaique.Il a été et il est toujours normal de nous référer à la Massoreth, à la tradition, de suivre une liturgie qui colle le plus naturellement du monde à la vie de tous les jours, une liturgie qui nous vivifie, qui nous concilie avec le monde plutôt que nous aliéner.C’est cette manière d’être que nous nous devons de préserver et surtout de promouvoir.Alors, la > création d’un Conseil des Synagogues s'impose d’elle-même: on réunit nos dirigeants, on met en commun nos connaissances, on retrouve notre massoreth, on enrichit notre liturgie, etc.EFFICACITÉ Malgré la compétence et le dévouement des dirigeants de chacune des synagogues, il est bon qu’on n’avance plus en ordre dispersé.Le chacun pour soi est certainement motivant pour.l’individu ou pour l’esprit de chapelle, mais le vrai défi à relever est de progresser ensemble.Il yaura plus de concertation dans l’organisation de nos différentes activités, de la production de l’information, dans l’appréciation des problèmes etdans la recherche de leur solution.Il y aura moins de pertes d’énergies et d’argent et certainement on améliorera nos performances.SERVICE La taille petite ou moyenne de nos congrégations ne sera plus un handicap.Les ressources seront mises en commun pour-et je ne cite que quelques exemples -l’organisation : - de cours de bar-mitzvah - des offices des fêtes - de soirées de caractère religieux, culturel - d’une permanence dans les locaux de la communauté pour répondre à des questions d’ordre religieuxqui peuventse poser à chacun de nous - etc.Le Conseil des Synagogues peut et doit devenir une excellente structure de service à la population ; il faut donc se fél iciter de sa création et lui souhaiter une Hatslaha Rab-bah.Judah Castiel ECOLE MAIMONIDE ÉCOLE MAIMONIDE INSCRIPTIONS POUR LA RENTRÉE DE SEPTEMBRE 1982 Les dossiers d’inscription et de réinscriptions pour la rentrée de Septembre 1982 sont maintenant à votre disposition au Secrétariat de l’école.Clôture: Fin Février 1982 Les demandes reçues après cette date ne seront acceptées que dans la mesure des places encore disponibles.Renseignements: 488-9226, 488-8963, 486-7003, 486-1208.L’École Maimonide recherche des professeurs d’hébreu et de matières juives.Très bonne expérience requise.Envoyez C.V.à: ÉCOLE MAIMONIDE 5615 Parkhaven Côte St-Luc, Qué.H4W 1X3 UN NOUVEAU PRESIDENT À L’ÉCOLE J'ai le grand plaisir de vous annoncer la nomination de MAÎTRE Armand ELBAZ au poste de PRÉSIDENT de l’école Maïmonide et ce à compter du 1 er janvier 1 982.Me A.ELBAZ, membre du Barreau, a siégé pendant plusieurs années au sein du Conseil d’administration de l'école.Dans sa carrière il a acquis une vaste expérience de l’enseignement, d'abord comme professeur puis à l’emploi du ministère de l’Éducation, avant d'entreprendre ses études de droit.Il assumera la présidence de l’école pour un mandat de deux années à la tête d'un conseil qui de par les statuts de l’école est aussi renouvelé Claude CHRIQUI Président sortant Séminaire d.Theme : (Hh (LlKHtA- H0-U4 Au lendemain de la crise communautaire et dans le but de réévaluer en profondeur les objectifs et le fonctionnement de la C.S.Q., le Conseil d’Administration, sur recommandation du président le Dr William Déry, a donné mandat à un comité d’organiser un séminaire d’orientation dans les meilleurs délais possible.Où allons-nous?sera le thème de ce séminaire qui s’ouvrira le 14 février 1982 et dont les travaux se poursuivront jusqu’à la mi-Mars 1 982.Sop objectif sera de revoir la mission de la C.S.Q.et comment l’actualiser.ATELIERS Éducation Religieux Service à la population Vécu communautaire Statuts RESPONSABLE Armand Elbaz Judah Castiel Roger Banon Michel Chokron Ralph Benatar 4 Chaque atelier aura pour tâche de se pencher sur l’état des choses, en faire l’évaluation et étudier des perspectives nouvelles.On y étudiera également les statuts, l’organisation, la structure, la population, le financement, les relations avec les autres et les relations publiques, relatifs à cet atelier.En plus de son sujet proposé, l’atelier «Vécu Communautaire» traitera de sujets d’intérêt communautaire qui n’ont pas pu ' faire l’objet d’un atelier particulier comme : - Les Sépharades de la Diaspora et d’Israël - Formation de professionnels - La femme dans la communauté - Immigration et émigration Le séminaire clôturera ses travaux lors d'une assemblée plénière le 14 MARS 1982, après quoi les résolutions seront soumises aux Conseils d’Administration des différents organismes de la communauté.Un documentfinal, accepté partous, sera soumis à l’Assemblée Générale de l’automne 1982 de la C.S.Q.pour y être entériné.A.Bendahan 32 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 2115 V MATERNELLE MAIMONIDE UNE RÉUSSITE La réputation de la maternelle Maimonide est maintenant solidement établie.Naomi Omissi et Anna Knapp en ont fait une des meilleures maternelles des écoles juives de Montréal.Les enfants y passent une année riche en expériences et en savoir.Une année qui charme les enfants et ravit les parents.On voit les enfants chaque jour; s’amuser comme des fous et assimiler le programme comme des grands.Deux programmes, un de français, l’autre d’hébreu, riches et soigneusement coordonnés les préparent merveilleusement au grand un.Ceux qui les ont vus célébrer Hanouca, Pourim, Pessah ou la fête scolaire de fin d’année en ont gardé un souvenir inoubliable.Au grade un, ils sont plus à l’aise en hébreu comme en français, par rapport à ceux qui n’étaient pas avec eux en Maternelle.A l’École Maimonide, l’éducation, dans toute l’acceptation du terme, commence maintenant en Maternelle.Attendre le grade un pour inscrire votre enfant, c’est clairement lui faire manquer une année des plus riches et des plus denses.Bienvenue à la MATERNELLE MAIMONIDE: La maternelle Maimonide reçoit maintenant les inscriptions pour 1 982-1 983.Pour encourager les parents, le Conseil d’Administration de l’École Maimonide a décidé de ne pas augmenter les frais de scolarité.Ils restent donc à $800 par enfant pour toute la journée.Un dossier d’inscription vous sera envoyé sur demande.Pour visiter la maternelle et vous entretenir avec les jardinières, contactez Mr.Castiel, Directeur, au 488-9224 et 488-8963.LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 33 agenda ÉCOLE MAIMONIDE La «VOIX SÉPHARADE» a rencontré M.Sidney Benudiz qui a été nommé récemment au poste de Directeur du Secondaire à l’École Maimonide.à M.Benudiz qui détient une maîtrise et une licence en lettres de l’Université de Californie, prépare une thèse de doctorat à la Faculté des Lettres de l’Université McGill.Il a enseigné pendant plusieurs années au niveau secondaire à la Commission des Écoles protestantes et aux niveaux universitaire et collégial ainsi qu’à la Faculté d’éducation permanente de l’Université McGill.Militant de longue date dans la communauté sépharade, il a longtemps oeuvré au Centre Communautaire Juif, où il a animé bénévolement des mouvements de jeunesse.Il est à l’heure actuelle vice-président du Centre Communautaire Juif et secrétaire de la Communauté Sépharade du Québec (C.S.Q.) où il siège en tant que membre élu au conseil d’administration.Son action communautaire ne se limite pas aux sépharades puisqu’il a été pendant de nombreuses années membre du «Metropolitan Board of Directors» du YM-YMHA; il a également siégé au comité de bourses de la fondation Hillel.De par sa formation académique et son expérience professionnelle au Maroc et en Amérique du Nord, son engagement communautaire de longue date, sa connaissance des problèmes et du potentiel de notre communauté, Sidney Benudizamène à la direction du Secondaire des compétences qui contribueront à la formation et à l’épanouissement de nos jeunes.Au cours de cette entrevue il nous livre ses impressions dans ses nouvelles fonctions et nous brosse un tableau de la situaion de l’école Maimonide et en particulier de la section secondaire.••• V.S.: Quelle est la situation actuelle de l'école en ce qui a trait aux locaux ?S.B.: L’école Maïmonide compte deux campus cette année.Le campus de la rue Parkhaven inclut le préscolaire, l’élémentaire et le secondaire I, soit près de 450 élèves.Les locauxdusecondairesontsitués Chemin de la Côte St-Luc et comptent plus de 1 50 étudiants.Dans le passé, il a été question à maintes reprises de relocaliser le secondaire bien que, pour l’instant, rien ne se soit concrétisé.Une des priorités de nos dirigeants devra être de trouver une solution en ce qui concerne les locaux du secondaire, car faute de place, nous avons maintenu le secondaire I sur le campus de Parkhaven.V.S.: D’où proviennent les étudiants de l’école ?S.B.: L’école dessert une population provenant en majeure partie de Côte St-Luc, Ville Mont-Royal, Snowdon, Côte des Neiges, Ville St-Laurent et Laval.Cette année, la compagnie d’autobus scolaires Sud- Ouest assure le transport d’environ deux cents de nos élèves du pré-scolaire et de l’élémentaire.Je dois préciser que nous faisons affaire à une nouvelle compagnie cette année, n’ayant pu trouver un terrain d’entente avec la compagnie précédente à la suite de leurs demandes d’augmentations exorbitantes.Bien sûr, il a fallu un certain temps d’adaptation aux chauffeurs de Sud-Ouest pour s’habituer aux circuits et aux besoins de notre clientèle.Les étudiants du secondaire, quant à eux, doivent emprunter les services de transport en commun pour se rendre sur leur campus.V.S.: Quelle a été la réaction de la clientèle de l’école face à l’augmentation des frais de scolarité ?S.B.: Je voudrais toutd’abord signalerque malgré la hausse substantielle, les nouveaux tarifs restent de beaucoup inférieurs à ceux des autres écoles juives.L’augmentation qu’ont subi les frais de scolarité était inévitable étantdonné la montéedes coûts d’opération de l'école, incluant une augmentation de la grille salariale du corps professoral.Lepaiementdesfraisdescola-rité a été lent à venir, même parmi ceux à qui l’école avait accordé des bourses.Par conséquent, il a fallu monterunecampagnede récupération des frais de scolarité pour éviter un déficit inacceptable pour le budget de l’école.La campagne a été menée bon train et un grand nombre de parents ont assez vite coopéré.Nous avons été dans l’obligation de forcer d’autres à faire face à leurs responsabilités.Le résultat est qu’au-jourd’hui la plus grande partie des dossiers a trouvé une solution acceptable pour l'école et les parents aussi bien.On peut sans risque d’erreur affirmer que dans l’immense majorité des cas, l’école a obtenu des parents ce qui lui revenait.Un nombre très élevé de parents n’ont bénéficié d’aucune bourse, mais l’école a aidé tous ceux qui n’étaient pas en mesure de payer la totalité des frais de scolarité.Il ne reste plus que quelques dossiers en suspens, mais l’ensemble nous aura quand même pris quatre mois.V.S.: Pouvez-vous nous brosser un tableau de la section secondaire ?S.B.: Elle compte près de 220 étudiants.Il y a deux sections au secondaire 1, 2 et 3, une classe au secondaire 4 et 5.Je dois préciser que les deux sections du secondaire I sont logées dans les locaux du campus Parkhaven faute de place sur le campus secondaire.À ce jour, l’école Maïmonide a connu deux promotions de finissants qui ont obtenu leur D.E.S.(Diplôme d’études secondaires).D'ailleurs, la toute première promotion de notre école est sur le point de compléter cette année son D.E.C.(Diplôme d’études collégiales) et s’apprête à entamer une carrière universitaire.V.S.: Quels sont les programmes du secondaire ?S.B.: L'objectif à atteindre est la maîtrise des matières dispensées dans le cours de formation générale selon les normes du ministère de l'Éducation, parallèlement à la maîtrise des matières juives et hébraïques.Le Docteur Ohana, notre directeur général, a déjà à plusieurs reprises exposé la problématique et le défi auquel nous nous devons de faire face, car la raison d'être de l’école est la surviede notre Judaïsmeetde notre patrimoine sépharade.La journée de travail de nos étudiants est longue car elle débute à huit heures vingt et se termine à seize heures vingt, à l’excep- 34 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 agenda ÉCOLE MAIMONIDE tion du vendredi où les cours prennentfin à quatorze heures trente en raison du Chab-bat.Un programme typique inclut l’enseignement du français et de l'anglais, des mathématiques, de l’histoire ou de la géographie, des sciences, de l’art, de l’éducation physique et, à partir du secondaire IV, de la physique et de la chimie.Le programme d’examens ministériels débute en secondaire III et se poursuit jusqu’en secondaire V.L’orientation vers une vie enrichie pour les matières scientifiques est fortement encouragée ; à titre d’exemple, en secondaire IV et V, les étudiants ont neuf périodes en physique-chimie, certainement plus que la norme provinciale, ce qui favorise leur admission dans les programmes de sciences pures et de sciences de la santé au niveau de leurs études collégiales au CEGEP.Bien sûr, à ce programmedéjà ambitieux vient se greffer le programme d’études juives réparti sur huit périodes par semaine.Nos étudiants suivent donc un programme variant de trente deux à trente six périodes par semaine.Nous favorisons également un programme de sorties et d’activités culturelles destinées à élargir les horizons de nos étudiants et à leur permettre de s’insérer dans le contexte de la société québécoise et nord-américaine.Au cours de l’année, les étudiants assisteront à des pièces de théâtre, visiteront des musées et des expositions, feront des voyages à Ottawa et à Toronto, etc.V.S.: Existe-t-il des activités orientées vers les loisirs à l’école ?S.B.: Nous entretenons des relations étroites et privilégiées avec le Centre Communautaire Juif qui délègue quotidiennement un animateur pour l’heure du lunch.En effet, le responsable du département jeunesse au Centre, Claude Elbaz, est une figure familière fort appréciée par nos étudiants.Claude participe à la mise en place et l’organisation des activités sportives qui ont lieu à l’écoletous les midis : basket-ball, volley-ball et ping-pong.Pendant l'heure du lunch, des étudiantes participent à un cours de ballet-jazz qui est offert deux fois par semaine.Nous sommes en voie d’inaugurer un projet de station de radio de l’école pour animer en musique la période du lunch.Nous avons inauguré cette année un programme de cours de conduite en collaboration avec l’école de conduite «Le Centre des Routiers».Ces cours qui sont offerts à des prix très avantageux, ont lieu les mercredis à partir de quinze heures trente.Nombreux sont les élèves de l’école qui participent aux programmes réguliers du Centre Communautaire Juif.La présence quotidienne de Claude Elbaz lui permet d’établir de précieux contacts avec nos jeunes, qui favorisent leur participation aux activités du Centre.L’école et le Centre travaillent de concert dans le but d’encadrer notre jeunesse afin de former les futurs leaders qui prendront un jour les destinées de notre communauté en main.V.S.: Faites-nous une description de vos locaux ?S.B.: Le campus secondaire, bien que de dimensions modestes, comprend sixsalles de classe, un laboratoire de physique-chimie-biologie, une petite bibliothèque, des bureaux administratifs et un gymnase multi-fonctionnel.Il est certains que nous ne travaillons pas dans des conditions idéales car nous souffrons d’un manque d’espace, mais nos étudiants s’adaptent à la situation et apprennent à coexister dans des locaux somme toute où on se trouve un peu à l’étroit.Nous insistons auprès de nos étudiants pour qu’ils fassent preuve d’une volonté collective qui leur permette de s’adapter quand les ressources et les moyens sont limités, qu’ils maintiennent à tout prix la propreté des lieux; bien sûr, nos concierges veillent à ce que l’école reste impeccable en tout temps.V.S.: Quelle est l’origine de vos étudiants ?S.B.: La majorité de nos étudiants est originaire du Maroc, d’Israël et d’autres pays du Moyen-Orient.Nous avons également un certain nombre d’étudiants de Russie, et bien sûr, des élèves anglophones pour qui -Maimonide constitue un excellent moyen pour vivre dans une ambiance juive en français.Quelle n’a pas été ma surprise lors de mes premières journées à l'école, d’entendre des étudiants russes parler le français avec un accent marocain ! Dans l’ensemble, nos étudiants démontrent beaucoup de détermination et de bonne volonté face à un programme très chargé.Nous exigeons beaucoup d’eux tant sur le plan des études qu’au niveau du comportement, et il n’y a à peu près pas de gros problèmes de discipline comparativement au secteur public.Cela ne veut pas dire que nos jeunes soient passifs et acceptent tout sans mot dire.Ils ont un esprit qui, sans aller jusqu’à la contestation, est un esprit que je qualifierais de frondeur.Les consignes et les règlements sont parfois l'objet d’une négociation qui n’aboutit à rien en général et qui semble faire partie des règles du jeu chez nos étudiants.Mais cette remise en question se passe souvent d’une façon assez amusante à laquelle on ne peut s’empêcher de sourire.Ces jeunes démontrent souvent une nature généreuse, un sens de l'entraide vis-à-vis leurs camarades récemment arrivés au pays.V.S.: Comment se fait l’intégration de ces nouveaux arrivés ?S.B.: En ce qui concerne les francophones originaires d’Afrique du Nord, leur intégration est relativement simple puisque la langue d’enseignement à l’école est le français.S’ils viennent d’Israël ou de Russie, le ' \ MIS .f.- ^ " ^\v LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 35 agenda ÉCOLE MAIMONIDE processus est beaucoup plus complexe car l’école ne dispose pas de ressources pour établir des structures d’accueil pour les non-francophones.Nous recevons des étudiants qui ne parlent ni le français, ni l’anglais, et ne s’expriment que dans leur langue d’origine.Cependant, pour faciliter leur adaptation, nous avons créé une classe d’immersion française, ouverte à tous les étudiants et qui se donne parallèlement aux cours réguliers.La fréquence des rencontres est de sept périodes par semaine.L’étudiant assiste aux cours réguliers sauf lorsqu’il est dans le cours d’immersion qui est obligatoire.Sur le plan administratif, nous facilitons leurs démarches auprès du ministère de l’Éducation afin d'obtenir des équivalences et des crédits pour leurs études antérieures.L’intégration est toujours lente, voire pénible, et l’étudiant devra faire preuve de beaucoup d’efforts et de détermination pour se hisser au niveau d’aptitude du reste de l’école.D’ailleurs, au moment de l’inscription, les parents doivent s’engager formellement à faire tout le nécessaire pour que leur enfant comble son retard avec toute l’aide voulue.V.S.: En conclusion, quelles sont vos impressions personnelles et votre vision sur l’avenir de l’école ?S.B.: Je vois en l’école un lieu d’études et de formation humaine où l’on souligne la valeur de l’héritage reçu de nos parents et grands-parents, cette tradition qui constitue notre judaïsme normal et courant, sans excès dans un sens ou dans l'autre.Les parents de notre communauté qui inscrivent leurs enfants à l’école font le choix de la permanence culturelle sépha- j rade par le biais de l’enseignement.Pour j nos élèves, le séphardisme n’est pas seu- ! lement un folklore relié aux souvenirs nos- ! talgiques de leurs parents, mais un vécu j quotidien qui ne peut que renforcer leur j identité et facilitera leurs rapports avec les | autres communautés ethniques qui consti- r tuent la mosaïque culturelle québécoise, * car nous voulons qu’ils sachent ce qu’ils sont afin de mieux se situer dans le contexte de notre société.Je suis confiant en l'avenir de l’école, j’ai foi en la détermination et la volonté des dirigeants communautaires et des parents, de préserver, enrichir et per-pétuercette belle réalisation qu’est Maimonide.Cette vision que j’ai de l’avenir de notre séphardisme, m’a convaincu devenir y travailleraprès plusieurs années passées dans le secteur public de l’enseignement.Les professeurs originaires d’Afrique du Nord ont une excellente réputation à travers tous les réseauxscolaires de Montréal.Je lance un appel à tous ceux qui croient en la mission de l’école Maimonide de venir y enseigner.Nous avons besoin de jeunes enseignants compétents, dynamiques, animés d’un esprit communautaire.Nos élèves sont nos enfants et ils méritent ce qu’il y a de mieux pour les former e1 les encadrer.C’est pour cette raison que nous travaillons de pair avec le Centre Communautaire Juif.En dehors de l’école, nos enfants doivent être pris en charge et encadrés dans des activités socio-récréatives.C'est dans ces conditions que nous parviendrons à former les leaders et la communauté de demain.t NOUVELLES SPORTIVES •••• Depuis le début de l’année, les compétitions sportives vont bon train à l’école Maimonide.Les tournois du midi sont disputés âprement sous la direction de notre professeur d’éducation physique, André Castonguay, et avec l’aide de Claude Elbaz du Centre Communautaire Juif.Ces tournois quotidiens permettent à nos jeunes de se détendre et de participer à une compé- Itition saine qui renforce l’esprit de groupe et de camaraderie au sein de chaque classe.D’autre part, André Castonguay a mis sur pied deux équipes de volley-ball (secon-J daire II et III) qui s’entraînent régulière-J ment tous les lundis après la fin des cours.Ces deux équipes ont goûté à la compéti-! tion en novembre dernier lorsqu’elles se sont mesurées auxélèves du Collège Notre-Dame.L’équipe du secondaire II était formée des étudiants suivants : Laurent Attar, Sellim Antébi, Michael Dadoun, Yael Sous-san, Messod Abecera, Jacky Abihsera et Abner Maman.Malgré leur inexpérience et leur nervosité, nos athlètes ont connu une première partie mouvementée qu’ils ont fini par remporter sur le score de 1 5-1 2.Dans la seconde partie, ils se sont vite retrouvés en arrière 1 0-3 avant d’effectuer une remontée spectaculaire dans un match aux rebondissements dramatiques, • et ont fini par gagner 15-12 à leur grand J soulagement ainsi qu’à celui de leurs sup-J porters, garçons et filles, venus nombreux J les encourager.L’équipe du secondaire III, composée î d’Éric Benatar, Allan Ezri, Frederic Fhima, j Samy et Simon Benzekri, Avi Salonichios et I Thierry Torres, forte de son expérience de l’année dernière, a complètement surclassé la formation du collège Notre-Dame par les J scores de 15-6 et 15-3.Ces scores ont | révélé leur efficacité tant sur le plan tech-j nique qu’au niveau de leur condition phy-j sique.Toutes nos félicitations à ces jeunes 2 athlètes pour un début de saison fort pro-j metteur et qui augure bien pour l’avenir.Il fautsoulignerégalement l’excellenttra-j vail accompli par André Castonguay, leur ¦ entraîneur et professeur d’éducation phy-[ sique, qui a consacré beaucoup de temps j et d’efforts pour former ces jeunes.Jean 36 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 — agenda APPEL JUIF UNIFIÉ L’effort de levée de fonds le plus important de la Communauté juive de Montréal, l’Appel Juif Unifié annuel, se termina en beauté le jeudi 26 novembre 1 981, par une soirée à laquelle une augmentation de 9.7% sur la campagne de souscription de 1980 fut annoncée.Alexander «Bobby» Mayers, président général de la Campagne '81, remit le bâton du leadershipà Ike Wenger, qui avaitfait un apprentissage de cinq ans en tant que président adjoint de cet énorme appel de fonds.2,062 hommes et femmes offrirent leurs services bénévoles pour la campagne de souscription de cette année - ce fut un nombre record.L’on s’attend à ce que le compte final indiquera que plus de 35,000 personnes une affaire de coeur.avaient fait une contribution à la levée de fonds.Ceci fut le40e Appel Juif Unifié- et la première fois en 1 4 ans que le nom original de l'Appel fut restitué.En effet, le nom fut changé en 1 967 pour «AppeTJuif Unifié et Fonds d’Urgence pour Israël» ; cette année, le nom «Fonds d’Urgence pour Israël» fut éliminé.La campagne fut marquée par un effort accru pour rendre les gens plus conscients des faits sur lesquels se base la levée de fonds.En plus d’un programme général d’information, la communauté organisa pour la première fois cette année, un projet appelé «Opération Porte Ouverte»; cette journée d'information communautaire attira 2,200 personnes, venues admirer les expositions et déploiements divers.L’efficacité de la campagne de levée de fonds, qui fonctionne à un coût de 6.2% -soit le coût le plus bas de toutes les communautés juives principales de l’Amérique du nord - fut encore accentuée par une étude entreprise par un Comité de travail des Services Communautaires Juifs de Montréal, qui fit une analyse des levées de fonds et des dépenses s’étendant sur cinq années.L'étude conclut qu’une préparation budgétaire très stricte, avait su garder les augmentations annuelles du coût des services locaux offerts à la population, bien en dessous du taux d’inflation annuel.La planification pour la campagne de souscription de 1982 est déjà en cours de façon préliminaire.Emmanuel Assouline et Meyer Nahmias-les acteurs judéo-espagnols qui ont enrichi la soirée avec leurs facéties très amusantes.Photo DRUMMOND Le récital d’Evelyne Déry a été chaleureusement applaudi par plus de 200 personnes venues assister à la soirée du «café-théâtre».Au piano: Denise Rheault.LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 37 .agenda APPEL JUIF UNIFIÉ Grand succès de la division sépharade La Division sépharade de l’Appel Juif Unifié, présidée par Henry H.Danan, a bouclé sa campagne de souscription de 1 981 avec une belle réussite : 245.437 dol-lards- ce qui représente plus que le double de l’année passée.Ce succès n’est pas tombé du ciel ; c’est le résultat du travail acharné et dévoué d'Henri H.Danan, de son épouse Marcelle, et de toute l’équipe qui s’est formée autour d’eux.C’est aussi le résultat de sept mois d’activité, de la part de Marcel Bendavid, le professionnel de la Division sépharade, qui a entrepris une tâche de recensementde la communauté sépharade.Il a ainsi préparé 2,51 0 fiches de dons, 1,710 desquelles ont été sollicitées.Le reste, soit environ 800 donateurs éventuels, ont été contactés par une lettre de sensibilisation du président, et l’on espère recevoir une réponse favorable de leur part.La campagne sepharade de cette année comprend deux éléments importants, qui, malgré qu’ils ne soient pas directement reliés au montant de la levée de fonds, méritent cependant d’être mentionnés.Le premier, c’est la création de la Section des femmes sépharades, qui s’est formée en réponse à l’appel spontané de Marcelle Une table splendide de Srina, préparée par le comité des femmes sépharades, chez M.et Mme Jacob Attias.Sur la photo (premier rang de g.à dr.) Betty Nezri, Marcelle Danan, Thérèse Attias, Hilda Amar; (deuxième rang), Lison Sadoun, Victoria Medalssy, Nelly Sonego, Messody Benarrosh, Mme Azoulay, Evelyne Déry, Stella Chocron, Ray Chriqui, Aline Malka et Linda Mechaly.Danan.Onze femmes se sontjointesà Marcelle, au sein du comité, qui, avec une énergie et un élan incomparables, s’est lancé dans l’organisation de plusieurs activités spectaculaires.Les femmes ont non seulement réussi à recueillir la somme importante de 30.000$, indépendemment des dons de leurs maris, mais surtout, elles ont insufflé beaucoup d’enthousiasme et d’animation à la campagne sépharade de cette année.Le comité a organisé trois soirées très réussies, répondant aux traditions et au tempérament sépharades.Le deuxième élément important de la campagne de 1 981, c’est le renforcement des liens entre deux ailes de la communauté juive montréalaise, soit entre les Sépharades et les Ashkénazes.Les dirigeants de la division sépharade ont assisté aux nombreuses réunions de la campagne, élaborant ensemble avec les dirigeants ashkénazes, la meilleure approche pour la levée de fonds.D’autre part, plusieurs membres de la communauté ashkénaze, ont été invités aux soirées sépharades, au cours desquelles ils ont sincèrement admiré la joie de vivre, la spontanéité et l’enthousiasme de leurs cousins sépharades.Tel que l’a souligné Henri H.Danan, s’adressant aux participants de la réunion tenue au cours d’un petit déjeuner à AJCS, pour la campagne : «il se trouve qu’il y a des différences entre les Ashkénazes et les Sépharades ; mais ce ne sont pas des différences qui nous divisent, tout au contraire, ce sont des différences qui nous enrichissent» Photo DRUMMOND «Café-théâtre», organisé par Michèle Schlouch, Ray Chriqui et Evelyne Déry à la résidence de M.et Mme Daniel Schlouch.Sur la photo (de g.à dr.) Michèle Schlouch, Evelyne Déry, Ray Chriqui, Messody Benarrosh, Sandya, Marcelle Danan, Nelly Sonego, Hilda Amar, Aline Malka et Betty NezrL Photo DRUMMOND Alexander(Bobby) Mayers, président général de l’Appel Juif Unifié 1 981 (à gauche), et Henri H.Danan, président de la Division sépharade.par Barbara Berger Au moment de clore la campagne de cette année, la Division sépharade pense déjà à l’année prochaine.David Malka a accepté la tâche difficile de la présidence pour la campagne 1982.Nous lui souhaitons de remporter un succès éclatant 4—wd Jjp 38 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 agenda Centre SAIDYE- CET HIVER AU CENTRE SAIDYE-BRONFMAN Le Théâtre du Centre Saidye-Bronfman présente Betrayal de Harold Pinter du 14 janvier au 1 3 février.La pièce a remporté un succès critique et populaire à Londres et à New York et a été montée au TNM la saison dernière sous le titre «Les Infidèles».Pinter raconte l’histoire d’un triangle amoureux entre Emma, Robert, son mari, et Jerry, son amant et meilleur ami de son mari.La pièce commence de nos jours pour retourner quelques années en arrière au début de leur liaison.Pinter est connu au théâtre et au cinéma («Le Messager», «La Maîtresse du lieutenant français») pour ses personnages bien définis, son dialogue mordant et la finesse de ses observations psychologiques.La distribution pour cette production au CSB est impressionnante : Alan Scarfe, qui a eu un succès dans The Emigrants, retourne dans le rôle du mari.Richard Monette, connu pour ses rôles au festival de Stratford et Hosanna de Michel Tremblay, joue le rôle de Jerry et Barbara March joue Emma.La mise en scène est d’Eisa Bolam qui travaille régulièrement au Théâtre Centaur.Les représentations sont du samedi au jeudi à 20h et en matinée le mardi à 1 3h30 et le dimanche à 1 6h.Les billets sont disponibles au guichetà 739-7944 avec des prix spéciaux pour les groupes, les étudiants et les personnes âgées.DESSINS FLAMANDS La galerie principale tiendra une exposition de dessins flamands contemporains jusqu’au 14 février.Quinze artistes belges qui ont choisi le dessin comme mode d’expression sont représentés par plus de 100 oeuvres.Cette exposition itinérante est organisée en collaboration avec l’ambassade de Belgique, le programme international des musées nationaux du Canada et le ministère de l’Éducation et de la Culture néerlandaise de Belgique.Le dessin a toujours été un moyen artistique privilégié en Flandre.Que l’on pense aux chefs-d’oeuvre de Van der Weyden, Rubens, Van Dyck et Jordaens.Les artistes du XXe siècle continuent cette tradition avec une démarche et des préoccupations contemporaines.portrait à l’abstrait, l’exposition montre la diversité et la sensibilité de ce medium.Les artistes représentés, tels que Brus-sens, Panamarenko et Raveel, ont exposé considérablement en Belgique et à l’étranger.Divers media sont représentés comme le dessin à la mine, à l’encre et au fusain.Du À la Galerie B, Hannah ben-avraham-Desrochers expose dix peintures et 18 dessins et gravures.D’origine israélienne, cette artiste a commencé à peindre en 1 975 et s’est installée à Montréal en 1 977.Elle a été choisie pour participer à la 3e Biennale de la peinture qui s’est tenue au Centre l’été dernier.LE CAMP DES ARTS Malgré l’hiver qui règne présentement, les parents commencent à penser aux activités d’été pour leurs enfants.Le Camp des arts du Centre Saidye-Bronfman revient cet été pour une dixième saison consécutive pour offrir aux enfants de 7 1/2 à 13 ans une expérience unique.Ce camp de jour de six semaines met l’accent sur les arts plastiques: dessin, peinture, céramique, sculpture, de même que sur l’art dramatique et la danse.Des jeux au gran parc en face du Centre Communautaire Juif et une périodequotidienne de natation complètent le programme.L’an dernier, le camp a été un succès avec 67 enfants inscrits, et de nouveau, ce programme sera dirigé par Sheryl Overland.«Nous offrons une expérience très spécialisée et incomparable aux enfants créateurs qui veulent développer leur intérêt pour les arts», a-t-elle dit.Dans une atmosphère non compétitive, chaque enfant est encouragé à développer son potentiel créateur tout en apprenant à travailler en groupe à des projets collectifs tels que le montage d’une exposition de leurs travaux ou une représentation de sketches au théâtre.Le Centre Saidye-Bronfman est un environnement particulièrement propice aux activités artistiques avec son théâtre, ses deux galeries et ses studios équipés pour les arts plastiques et la danse.Les professeurs, qui travaillent au Centre ou à l’extérieur, sont tous expérimentés dans l’enseignement des arts aux enfants et sont assistés de moniteurs.: HH ACTIVITÉS AU CENTRE SAIDYE-BRONFMAN Expositions du 21 mars au 1 8 avril Le Paradis-photographies sur le thème du paradis et du mythe avec Michael Bânger, Taki Bluesinger, Jennifer Dickson, Glenn Lewis, Tim Porter, Avis Lang Rosenberg.Galerie B — « 11 Tempo Classico»- photographies de Jennifer Dickson du 27 avril au 1 9 mai Exposition des étudiants d’arts plastiques du Centre Saidye-Bronfman du 1 er juin au 1 er juillet Graphimage-gravures du studio de gravure du Centre Galerie B - Shirley Katz-gravures et dessins 25 février- 25 mars The Collected Works of Billy the Kid de Michael Ondaatje.Mise en scène de Brian Richmond 1 5 mai - 6 juin Théâtre yiddish - spectacle à annoncer 24 juin - 24 juillet Rexy de Allan Stratton.Mise en scène de Joël M.ilier Musique de chambre- concerts au théâtre du Centre dimanche 31 janvier — 1 3h ; dimanche 1 4 février — 13h ; dimanche 21 mars — 1 3h ; mardi 6 avril - 20h ; lundi 1 7 mai - 20h.Entrée libre Le Centre organise des conférences sur des sujets juifs ou d’actualité politique.Surveillez la publicité du Centre et les journaux pour les détails lorsqu'ils seront annoncés.Pour de plus amples renseignements, appelez Martha Townsend (galeries), Ruth Benor(cours de langue et d’éducation aux adultes), Renée Maritzer (conférences) ou Marie Poirier (théâtre, sauf pour les réservations).LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 39 B26B a; len da A.J.C.S.HARVEY SIGMAN -NOUVEAU PRÉSIDENT DES SERVICES COMMUNAUTAIRES JUIFS DE MONTRÉAL Le Dr Harvey Sigman a été nommé nouveau président des Services Communautaires Juifs de Montréal (AJCS)- l’organisme central de planification, de coordination et de souscription de fonds de la communauté juive montréalaise.Il remplace Irving J.Halperin, C.R., qui occupait ce poste, l’un des plus responsables de la communauté, pendant deux ans.De son côté, Mme J.A.Lyone «Dodo» Heppner, succède au Dr Sigman, en tant que présidente du Comité exécutif.Chirurgien seniorà l’Hôpital Général Juif, le Dr Harvey Sigman a oeuvré depuis de nombreuses années en tant que bénévole, au sein de la communauté.Il était tout particulièrement engagé dans le programme de Formation de cadres, et cette activité lui a valu le prix du Jeune Leadership des Services Communautaires Juifs.Il a contribué à la réalisation d’importants changements d’orientation, par ses idées novatrices ainsi que son efficacité, tant au sein d’AJCS qu’à l’Appel Juif Unifié.Il a ainsi présidé le comité qui a introduit le concept des «objectifs» et élaboré l’échelle des priorités, permettant l’évaluation objective de nouveaux programmes.Pour le Dr Sigman, s’engager est une affaire de famille.En effet, alors qu’en 1972 il était président de la Division médicale de l’Appel Juif Unifié, sa femme Maxine présidait la Division des Femmes.Au cours de la présentation de son programme, le nouveau président d’AJCS a souligné que la communauté juive de Montréal a actuellement trois préoccupations principales : soit, l’impact des coupures budgétaires gouvernementales sur les services juifs, la consolidation de la famille, et le conflit au sein de la communauté sépharade.Le Dr Sigman a mis l’accent sur l'importance et la signification du financement des services juifs par le gouvernement, et, par conséquent, sur les difficultés causées par les coupures budgétaires projetées.«Les fonds que nous recevons du gouvernement pour tous nos organismes, dépassent de loin ce que nous recueillons par la souscription à l’Appel Juif Unifié», dit-il.Le DrSigman pense que la communauté doit se montrer ferme et positive dans ses négociations avec les autorités provinciales.«Il faut que nous soyons prêts à dire au gouvernement qui nous sommes et pourquoi nous sommes, car c’est la seule méthode qui nous permet de préserver nos institutions et le caractère de celles-ci.» En dépit des coupures mentionnées et même avec d’autres à venir, le président se dit convaincu que le gouvernement aura toujours à sa disposition des ressources de financement qui n’ont pas encore été suffisamment explorées par notre communauté.C’est pourquoi il envisage d'encourager tous les organismes juifs à rechercher ces possibilités de financement et d’aide additionnelle auprès des autorités.Le Dr Sigman pense que le problème de la famille doit être placé parmi nos préoccupations les plus essentielles, raison pour laquelle il a l’intention de consacrer beaucoup d’efforts, au cours de sa présidence, au développement des programmes ayant pour but le renforcement de la famille.Quant aux difficultés vécues actuellement par la communauté sépharade, Harvey Sigman dit : «Je suis très conscient du fait que des problèmes existent, et que ces problèmes commencent à diviser la communauté sépharade.Étant donné la complexité de ces problèmes, je ne les discuterai pas ce soir.Il est dans l’intérêt d’AJCS d’avoir chalom babaït, car tout le monde se doit d’oeuvrer en commun pour réaliser les buts de la communauté juive.J’espère que vous aurez le courage, la persévérance et la volonté de trouver bientôt une solution amicale.» Photo : Le Dr Harvey Sigman (à gauche), nouveau président d’AJCS, et Irving J.Halperin, président sortant.IRVING J.HALPERIN, Q.C.PRÉSIDENT DES SERVICES COMMUNAUTAIRES JUIFS Irving J.Halperin, Q.C.fut élu président des Services Communautaires J uifs (AJCS) en 1979 pour une période de deux ans après de nombreuses années d’apprentissage approfondi des différents niveaux de leadership dans la communauté.Après avoir servi pendant 2 ans comme président du Comité exécutif, il succéda à Hillel Becker à la présidence des Services Communautaires Juifs.Durant leurs années universitaires, ils s’étaient déjà passé la main à la présidencedu McGill Hillel Foundation.En plus de sa pratique d’avocat M.Halperin est juge municipal pour la Ville de Hampstead.M.Halperin était profondément engagé dans le travail communautaire depuis déjà plusieurs années, particulièrement dans le développement de l’éducation et de la culture juives.Il a été l’un des fondateurs du Conseil d’Éducation Juive créé en 1 975 pour renforcer le système d’éducation juive et acheminer des fonds de l’Appel Juif Unifié vers des écoles juives.Il a également servi comme membre du Conseil d’administration des Services Sociaux Juifs à la Familleet il a travaillé pour le comité d’aide juridique.En 1 966, il a reçu le prix«Barkoff Leadership Award».M.Halperina mêmeétéen Union Soviétique pour prendre contact avec les Juifs russes persécutés par les autorités soviétiques et il a été en butte aux harassements des services secrets russes.40 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 A.J.C.S.sépharades à l’honneur agenda ! a I JOSEPH BENARROSH HONORÉ PAR AJCS Joseph Benarrosh a mérité le Prix des Services Communautaires Juifs de Montréal, en appréciation de ses services en tant qu’officier d’AJCS.Après deux ans de travail bénévole dévoué, de 1 980 à 1 981, il a du remettre son mandat, lorsque sa profession d'économiste a requis son transfert à Toronto où il réside actuellement.Néau Maroc, Joseph Benarrosh, l'undes fondateurs de la Communauté Sépharade du Québec, est arrivé à Montréal en 1 961.Il est devenu actif au sein de la communauté, pratiquement depuis sa descente d’avion.Il a successivement occupé le poste de président de l’Association Sépharade francophone, de 1975 à 1 976, et en 1 979 il est devenu président de la Fédération Sépharade Canadienne.Dans le cadre d’AJCS il a oeuvré dans un vaste domaine d’activités; il a siégé au Comité sur le Fait français et au Conseil d’administration pour ensuite devenir l’un des membres du groupe des officiers des Services Communautaires Juifs de Montréal.Deux membres de la Communauté Sépharade- Danielle Silverman et David Ben-soussan- ont été choisis cette année comme lauréats du Prix du Jeune Leadership des Services Communautaires Juifs.Ce prix prestigieux a été décerné en appréciation de leurs capacités exceptionnelles de leadership et de leur travail dévoué pour la cause communautaire.Ce Prix de mérite, créé en 1 956 par M.et Mme Edward Barkoff, est décerné annuellement à un jeune homme et à une jeune femme pourencourager la jeunesse à s’engager plus activement dans l’oeuvre du bénévolat communautaire.Née au Caire, en Égypte, Danielle Silver-man, diplômée des Universités Queen’s et Concordia, est très profondément engagée dans les diverses activités communautaires et plus particulièrement dans la Fédération des Jeunes Adultes (YPF) dont elle était présidente en 1 980.David Bensoussan, originaire du Maroc, est professeur d’électronique à l’Université du Québec à Montréal.Auteur de plusieurs livres et publications scientifiques, il a su trouver le temps, malgré ses nombreuses occupations professionnelles, pour le travail communautaire.Mentionnons que, parmi les autres fonctions, il a été membre du Conseil d’administration de la CSQ et éditeur de la «Voix Séfarad» (de 1978 à 1 980) ; officier et membre de l’Exécutif du Congrès Juif Canadien (national) ; membre de l’exécutif d’AJCS et, depuis le mois d’octobre, il est l’un des officier d’AJCS.Barbara Berger .Danielle Silverman et David Bensoussan lauréats du Prix du jeune leadership re-çoient des diplômes des mains des lauréats de l’année passée, Carole-Ann Lévine et Richard Vineberg.Photo DRUMMOND LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 41 agenda Le Projet encoura-jeunesse par Marie Poirier Le chômage des jeunes, les disparités régionales sont des problèmes courants dans la plupart des pays occidentaux.Mais au Québec, la nécessité de connaître le français ajoute une pression de plus aux non-francophones.A la fin de l’été, les Services Communautaires Juifs de Montréal ont créé le Projet Encoura-Jeunesse afin de garder au Québec les Juifs diplômés d’université en leur trouvant des emplois en administration ou dans les professions.Le fonctionnement est semblable à une agence de placement sauf que le candidat ou l’employeur ne déboursent aucun frais.«Nous avons été particulièrement occupés cet automne», a dit Jacques Mizné, le directeur du projet.«Nous avons envoyé 4,000 lettres à des jeunes expliquant le projet, fait de la publicité dans les journaux, envoyé un bulletin à 600 compagnies.En ajoutant la publicité de bouche à oreille, nous avons reçu 3 ou 4 nouveaux candidats chaque jour.Bientôt, nous aurons 100 candidats.» Si les moyens le permettent, le service rejoindra les élèves du secondaire et du Cegep et se fera mieux connaître à l’Université par la publicité dans la piesse étudiante et les contacts avec Hillel.«Nous espérons qu’avec la promotion de 1982 nous aurons de 200 à 300 noms dans nos dossiers», dit Mizné.Jusqu’à maintenant, 10 diplômés ont trouvé des emplois et 15 autres attendent une décision après une entrevue.Au début, le projet contactait surtout des entreprises juives mais elles sont habituellement petites et ont peu de postes à combler.Le projet a donc approché les grandes compagnies et a placé des candidats dans les banques, au Canadien Pacifique et pour la première fois à la Société Nationale de l’Amiante, une compagnie gouvernementale québécoise.Un objectif important du projet encoura-jeunesse est de présenter la fonction publique québécoise comme possibilité de carrière.Dans le passé, les tentatives en ce sens s’étaient avérées infructueuses mais cet automne, le gouvernement a créé le Comité d’implantation afin d’augmenter la proportion de non-francophones dans la fonction publique de 2 à 10%.Le projet encoura-jeunesse a commencé comme agence de placement et «si nous étions ailleurs, c’est tout ce que nous aurions à faire», dit Mizné.Mais ouvrir la fonction publique aux minorités demande beaucoup de démarches auprès du Comité et du gouvernement et les agences juives ne sont pas habituées à ce rôle de groupe de pression.Mizné a l’impression que le gouvernement est plus intéressé à recruter des immigrants, c’est-à-dire des électeurs potentiels du parti québécois, que des anglophones ou des Juifs.Comme preuve, il mentionne que le comité est composé d’un Grec, d’un Portugais, d’une Haïtienne et d’un Italien.Mais le comité est encore au stade expérimental et «avec de la pression, les anglophones et les juifs peuvent en bénéficier».Le projet a été mis sur pied après que le service de la planification communautaire ait commandé deux études sur la jeunesse juive.La première, réalisée en 1977-78, reflète l’état de panique dans lequel se trouvait la communauté anglophone après l’élection du P.Q.et la loi 101: la majorité des jeunes Juifs manifestait son intention de quitter le Québec à cause de la situation politique.Celle de l’été 1980 montrait une acceptation de la francisation: la majorité des jeunes désirait rester au Québec et les possibilités de carrière, plutôt que des facteurs politiques ou linguistiques, influencerait leur décision de partir.La connaissance d’usage du français est indispensable pour obtenir des emplois spécialisés mais «il faut aussi aider les étudiants qui ne sont pas complètement bilingues», dit Mizné.Les écoles anglaises et juives ont mis du temps à former des élèves capables de s’exprimer en français mais l’étude de 1980 montrait déjà une amélioration sur la situation de 1977.Si le gouvernement accorde une subvention, le projet aimerait créer un cours de perfectionnement en français des affaires.Est-ce que seuls les Juifs anglophones manifestent une inquiétude quant à leur avenir ?«Nous voyons plusieurs Séphara- i J M.J.-F.BERTRAND, ministre des Communications du Québec.SUBVENTION Le Ministre des Communications, M.Jean-François Bertrand, a octroyé à la «VOIX SEFARAD» une subvention annuelle de 7,500$ dans le cadre du Programme d’aide aux médias des communautés culturelles.Les commentaires du jury concernant notre journal sont très encourageants.Nous les reproduisons pour l’intérêt du lecteur: - Le journal nous apparaît le plus représentatif des besoins de la communauté juive sépharade.- On y retrouve une information abondante tant au niveau social, culturel que politique.- On y retrouve un effort de rapprochement à la société québécoise.des.Leur problème est souvent le contraire: ils sont qualifiés mais ils ne connaissent pas assez d’anglais.L’ironie est que le Québec est de plus en plus français mais les entreprises ne sont pas prêtes à embaucher du personnel unilingue français», dit Mizné.Le projet encoura-jeunesse est devenu un effort communautaire.«Notre but est de garder une communauté juive à Montréal.Pour ça, il faut garder la jeunesse et elle doit avoir du travail sinon elle s’en ira dans FOuest Canadien», dit Mizné.42 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 •4P; >xs\'>x~ wmM Hill Iwmwmmwmw m mmm iPp§lpO Is ¦rftani mm KéNip iüBÜ WÊm ills»! MpH aMMMMia*màtâ Em ce temps-ci de fannee ou nous nous retrouvons en famille, entre amis et entre membres de (a même communauté, iC est bon de songer aux richesses que nous partageons, comme a Cespoir et aux joies qui nous reunissent tous en une seule communauté québécoise, frère de ses origines et de son identité.Je souhaite que ta nouvelle annee nous rapproche encore davantage.La diversité culturelle de notre peuple est un heritage qui nous appartient a tous.Puisse la nouvelle annee nous permettre de puiser davantage encore dans ce trésor collectif et de nous réaliser pleinement dans un esprit de liberté et de fraternité.Le ministre des Communautés culturelles / GERALD GODIN Gouvernement du Québec Ministère des Communautés culturelles et de I Immigration Entretien avec l’Hon.Gerald Godin, Ministre des Communautés Culturelles et de l’Immigration ••• de l’Immigration, Québec Avis aux propriétaires, LA REPRISE DE POSSESSION D’UN LOGEMENT POUR JUILLET 82, C’EST MAINTENANT QU’IL FAUT Y PENSER Le propriétaire d’un logement qui désire en reprendre possession le premier juillet 1982, doit y penser dès maintenant, compte tenu des délais dans lesquels il doit faire parvenir à son locataire un avis de reprise de possession.Pour un bail à durée fixe de plus de six mois, le délai est de six mois avant la fin du bail.Pour un bail à durée indéterminée, souvent appelé bail au mois, le délai est de six mois avant la date à laquelle on entend reprendre possession du logement.Tout propriétaire a le droit de reprendre possession de son logement, mais uniquement pour l’occuper lui-même ou y installer ses ascendants ou descendants, son gendre, sa bru, ses beaux-parents, ses beaux-enfants ou un parent à charge.Il doit alors expédier, dans les délais prescrits, un avis précisant le nom de la personne à qui il destine le logement, son degré de parenté avec lui et la date prévue pour la reprise de possession.Pour en savoir davantage sur les modalités de la reprise de possession, il est conseillé de consulter les différentes publications de la Régie du logement disponibles dans les bureaux de la Régie.Source : Communication-Québec (Montréal) Les prestations du Régime des rentes du Québec, HAUSSE DE 1 2% Quelque 385 000 bénéficiaires du Régime des rentes du Québec verront leurs prestations mensuelles augmenter de 12,3% dès le mois de janvier prochain.Cette majorité découle de la hausse de l’indice des rentes consécutive à l’augmentation du coût de la vie en 1981.Le présidentdirecteurgénéral de la Régie des rentes, M.Claude Legault a précisé que les rentes mensuelles de retraite, de conjoint survivant et d’invalidité seront augmentées, mais non pas les rentes d’orphelin et d’enfant de cotisant invalide.Le montant mensuel de ces dernières demeurera à 29 $.M.Gérald Godin, Ministre des Communautés Culturelles et de l’Immigration, fut invité à un dîner avec des membres du Comité des Officiers du Comité des Relations Communautaires du Congrès Juif Canadien.Le Ministre entendit avec intérêt certains des problèmes actuels auxquels les communautés juives du Québec doi- ••• vent faire face et, après un très long débat avec les membres présents, il promit de se pencher sur ces questions et de mettre au courant les membres de son cabinet à propos de cette situation.M.Godin eut le plaisir de s’entretenir avec les dirigeants de la communauté que de telles réunions se répéteront à l’avenir.LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 43 Gouvernement du Québec Conseil du statut de la femme agenda QU’EST-CE QUE C’EST, UNE FEMME BATTUE, VIOLENTÉE?Le problème des femmes battues a probablement existé de tout temps, et il a été toléré jusqu’à présent Si le sujet est abordé maintenant, si on en parle publiquement aujourd’hui, c’est parce que des femmes se rendent compte que plusieurs d’entre elles vivent des situations de violence physique, moraleetsexuelle : elles ont gardé lesilence longtemps, et sont restées seules chacune chez-elle, avec leurs difficultés.À partirde maintenant, nous, les femmes, nous voulons ouvrir les yeux sur ce qui se passe dans de trop nombreux foyers au Québec, et nous voulons en parler.Nous voulons ainsi inciter le gouvernement et le public à faire leur part pour aider celles d'entre nous qui vivent quotidiennement dans cette violence ; nous voulons informer ces femmes de leurs droits, de leurs recours et leur dire qu’elles ne sont plus seules.C’est dans un esprit de solidarité et d’entraide que nous, du Conseil du statut de la femme, voulons dénoncer les problèmes des femmes battues.Nous sommes conscientes que cette situation est vécue par des femmes de tous les milieux.QU’EST-CE QUE ÇA VEUT DIRE «FEMME BATTUE?«Femmes battue» fait référence à des scènes dramatiques de l’ordre du règlement décompté, etque l’on croit exceptionnelles.Dans les faits, un nombre important de femmes au Québec, comme ailleurs dans le monde, sont actuellement violentées, battues, menacées et violées dans leur propre foyer, par leur propre mari.«Femme battue», ça veut donc dire être giflée, secouée, se faire pincer les bras, serrer les poignets, tirer par les cheveux, étrangler, écraser contre un mur, pousser en bas d’une chaise, d’un escalier, d’un lit souvent même quand nous sommes enceintes ; nous recevons des coups de pied, des coups de poing au visage ou sur le reste de notre corps, des claques douloureuses; notre mari ou notre ami nous lance à la tête de la vaisselle, des bouteilles, des outils ou n’importe quel objet qui lui tombe sous la main, sans que nous sachions nous défendre.Il arrive aussi que la violence dans laquelle nous vivons soit plus verbale que physique.Certaines d'entre nous reçoivent des menaces de blessures ou de mort, leur mari profèreà leurendroitetàceluideleurs enfants des pressions de toutes sortes en leur faisant croire qu’elles perdront tout, qu’il brisera les meubles, brûlera la maison, les assommera pour montrer qui est le vrai maître à bord.Il s’agit là d’une forme de terrorisme aussi inacceptable que la violence physique.Il faut inclure parmi les violences que nous vivons les injures que nous recevons : se faire dire qu’on est grosse, niaise, incompétente, putain, laide, froide, «chiâleuse», mauvaise au lit, etc.se faire humilier devant ses propres enfants, devant la parenté et devant des amis est aussi dommageable qu’un coup de poing au visage.Un autre type de violence est moins évident puisque ni la loi, ni la mentalité, ni les croyances populaires ne le reconnaissent comme une injustice.Ainsi, combien d’entre nous ont été «plus ou moins» victimes de viol de la part de leur mari, même si nous disions non, même si nous avons signifié clairement que nous ne voulions pas de relation sexuelle certains soirs.«Quand une femme dit non, a-t-on enseigné aux garçons, elle veut dire oui.» D’un autre côté, on nous disait, jeunes filles, que faire l’amour faisait partie de notre devoir conjugal, et que c’était un mal nécessaire, auquel il fallait nous résigner.C’est tout cela, être une femme battue et violentée.Cependant, rien, absolument rien ne permet ni ne justifie les coups que nous recevons, les injures qui nous sont jetées à la tête.Nous devons pas non plus laisser croire à nos enfants que nous acceptons cette violence.Nous n’en sommes pas responsables, et nous avons des gestes à poser pour nous en sortir.Voici ce que nous, les femmes qui vivons dans la violence, nous pouvons faire maintenant pour nous en sortir: Nous allons d’abord en parler, surtout entre femmes.Nous avons besoin d’appuis, d’encouragement et de secours.Il ne faut plus rester chacune chez-soi avec notre problème de violence, mais plutôt com-mencerà chercherensemble des solutions.ACTION-FEMMES Nous pouvons aussi téléphoner, même de façon anonyme, au service Action-femmes, du Conseil du statut de la femme.Ce service est ouvert aux heures de bureau seulement ; cependant, il offre de l’information, de l’aide, et des références, comme il le fait pour plusieurs autres femmes en difficulté.Action-femmes peut ainsi nous suggérer des endroits où nous réfugier en cas de danger, nous mettre en contact avec d’autres personnes de notre région (association, centre de femmes ou service de dépannage) ; il peut tout au moins aider à parler de notre problème et à prévoir les solutions possibles, les recours que nous pouvons essayer.Pourrejoindre, le service Action-femmes, nous pouvons composer de partout au Québec, sans frais d’appel: 1-800-463-2851 ou, pour les résidentes de Québec: 643-4326.QUI APPELER.À QUI S’ADRESSER On entend souvent parler de la pauvreté des foyers résidentiels pour la population âgée.Mais on est moins porté à réfléchir sur la situation des personnes âgées qui cherchent à maintenir leur vie à domicile, leurs habitudes et plaisirs, leur autonomie.C’est surtout pour ces derniers que le répertoire intitulé «Qui Appeler.A qui s’adresser» vient d’être mis en circulation, en français et en anglais, par les Services Communautaires Juifs.L’objectif de cet aide-mémoire de dépannage et d’urgence pour personnes âgées est d’abord leur sécurité et leur tranquilité d’esprit.C’est précisément pour assurer son efficacité que cette publication est actuellement dans sa deuxième édition, avec tous les renseignements divers et détaillés du contenu mis à jour.En plus, cette brochure, écrite et éditée par Hedy Edelstein et conçue par Mallary Sackman, est de format facilement lisible.Alors qu’elle s’adresse en premier lieu à la communauté juive, cette brochure est cependant disponible à tous.On peut se procurer ce répertoire gratuitement chez diverses agences ainsi qu’aux bibliothèques, ou encore l’obtenir directement du Département des Relations publiques de AJCS, au 4e étage de l’Édifice Cummings, 5151 Chemin de la Côte Ste-Catherine.La gamme d’informations s’étend des numéros de téléphone d’urgence à des renseignements touchant à la Sécurité de la vieillesse.Des renseignements détaillés sur le logement visent le nombre toujours croissant de locataires se trouvant en désaccord avec les propriétaires.La première édition a été mise en circulation il y a deux ans et, à en juger d’après les réactions, a été fort appréciée.44 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 DR VICTOR ABIKHZER, m a.m.d.MÉDECINE FAMILIALE VOUS INFORME DU TRANSFERT DE SON BUREAU 6000 COTE DES NEIGES RD.SUITE 245 MONTRÉAL, QUÉBEC H3S 1Z8 OCTOBRE 1981 733-9 192 MEDIUM SOULIS Diplômé en Psychologie et Parapsychologie Membre de l’Institut de Psychologie et Parapsychologie de Rome et de Grèce VOUS AIDERA À SURMONTER VOS DIFFICULTÉS EN VOUS REDONNANT CONFIANCE EN VOUS-MËME Les Assurances Élie Roffé Enrg.• ASSURANCE VIE • FEU, VOL • COMMERCIAL, RESPONSABILITE • AUTOMOBILES • Spéciaux pour conducteur Propriétaire 40 ans + Appelez Medium Soulis au : 276-7451 6736 BOUL.MONK MONTRÉAL, QUÉBEC, H4E3J1 Bur.-767-2712 767-2979 Ré s- 487-1639 Charly DISCO - MOBILE LES CH ARM AN DS 731-8827 Armand 731-9937 487-5028 Hommes d’affaires qui désirent créer une association avec d’autres propriétaires, ou commerçants ayant eu antérieurement des problèmes ou incidents avec des compagnies, vendeurs, manufacturiers et n’ayant pu régler leurs problèmes suite à un manque de temps, de connaissances juridiques, manque de moyens financiers ou par ignorance pour poursuivre les causes devant la cour, de bien vouloir communiquer avec monsieur Joe Cohen au 521-2625.Bienvenue aux avocats une fois que l’annonce aura porté fruit! _________________Publié et paye par Monsieur Joe Cohen Joe Cash “L'HOMME AUX PRIX COUPÉS’’ a des fauteuils de trois avions type DC-8 et DC-9 àvendrepourChevyVan.Chalets, Salon de coiffure, bureau de dentiste, et pour des gens qui veulent ' FLYER”.Communiquer avec: AVIS SERIEUX Tout commerçant ou détaillant ayant présentement, ou ayant eu antérieurement des problèmes avec la compagnie “JT Packaging" 7951, est rue Jarry Montréal représentée par Mlle Scott, de bien vouloir communiquer toute information à monsieur Joe Cohen au 521-2625.Heures de bureau: de 9h30 à 21 h.jA Publié et payé par Monsieur Joe Cohen JOE CASH L'UOUMt au* PRIX COUPÉS LE Count du son HI-FI «521 2625» Q 2575 EST.ONTARIO.MONTREAL «521-2625» ,'VtOWMl **PRIX COUPÉS Joe Cash “L’HOMME AUX PRIX COUPÉS” achète antiquités uniques.Prière, si possible, de faire parvenir une photo polaroid à i’attention de Joe Cash.COUPLE DU SON HHFI 521-2625» ® 2575 EST.ONTARIO.MONTREAL ©roX" j/ROUMl au* PRIX COUPÉS fiirn ,'HOUMl PRIX COUPÉS 521 2625» LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 45 1 El Morocco H .V.V.V.V.V.'Æ'.'.'/.V.-.'nV i Lo cuisine orientale par excellence Réceptions privées dans un cadre intime et élégant.OUVERT TOUS LES SAMEDIS SOIRS Strictement Kachèr 3450 DRUMMOND, MONTREAL Au Nord de Sherbrooke 844*6888 Les Associés de Boisjoli, Houghton, Sabbah, Sabbag.et Courtois, Ziri & Malka.ont le plaisir d’annoncer lafusion de leurs cabinets sous la dénomination sociale de BOISJOLI, COURTOIS, SABBAH, SABBAG, ZIRI & MALKA.Comptables Agréés.Les bureaux seront situés à 1440 Rue Ste-Catherine Ouest, Suite 525 Montréal, Québec.H3G 1 R8 Tél.: (514) 861-5881 L.ALBERT BOISJOLI, B.A., C.A.MICHEL M.SABBAG, C.A.JOSEPH ZIRI, M.COMM., C.A.MAURICE SABBAH, C.A.PIERRE COURTOIS, BSC.COM., C.A.EMILE H.MALKA, BSC.COM., C.A.ËittiHfR.COLLECTION 845-8729 Simonicci 845-8729 Complexe la Cité (La Promenade) 3575 Avenue du Parc, magasin 5206 Montréal À NOS AMIS SEPHARADES : % PROFITEZ DE L’OFFRE DE MEUBLES DE LUXE À BAS PRIX MARQUETTE RIE SUR NOYER ET BOIS DE ROSE MEUBLES DE STYLE LOUIS XV, LOUIS XVI MEUBLES CHINOIS (MING) MEUBLES ANGLAIS (CHIPPENDALE) SALONS SALLES À MANGER CHAMBRES À COUCHER COMMODES PARAVENTS VITRINES Nous accordons aux lecteurs de ce magazine des escomptes de 30% sur tout achat sur présentation de cette page et ce jusqu’à fin Mars 1982.46 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 A nos lecreVAS La VOIX SÉPHARADE entre dans sa treizième année: à cette occasion, elle a changé de présentation légèrement de contenu.De tabloid, elle devient magazine.Quant au nom, personne ne se rappelle plus pourquoi SEPHARADE s’écrivait avec un F et sans e.On s’est laissé dire qu’à l’époque où elle s’appelait PRESENCE, tout le monde était arrivé à la constatation que ce nom représentait rien de spécifiquement Sépharade et qu’il était temps de lui donner un nom adéquat.Il y eut même un concours en octobre 1977 dont les résultats donnèrent 65 signatures pour PRÉSENCE SÉPHARADE et 23 pour VOIX SEPHARADE.Ce dernier fut adopté et curieusement le premier journal sous ce nom parut avec l’orthographe espagnole, sans qu’aucune explication ne soit donnée.Quoiqu’il en soit, le journal continua son existence mouvementée.Plusieurs responsables se succédant à sa direction, il servit de véhicule à un certain nombre de tendances et d’innovations communautaires.Il fut tour à tour décrié, critiqué, accusé de toutes sortes de méfaits et même voué à l’extinction par l’apparition d’un autre journal communautaire.Mais il devait avoir la peau bien dure: non seulement il ne disparut pas, mais il continua à prospérer.Des 4 pages de 14 pouces du début, il passa à 8 puis 12 et finalement 24 pages de 17 pouces.La parution se fit plus régulière, 6 numéros par an à des dates précises, l’information de plus en plus détaillée, allant des mariages, naissances et bar-mitzvot aux événements les plus cruciaux du Judaïsme local et mondial, de l’amusant au sérieux.Ses collaborateurs devinrent de plus en plus nombreux et variés, des articles et des reportages abondamment illustrés portaient l’événement Juif et Sépharade, proche ou lointain, sous les yeux de lecteurs de plus en plus nombreux et dans les diverses communautés du monde.Le Comité Exécutif de la Communauté Sépharade du Québec, réalisant l’importance de ce journal dans notre vie communautaire, a voulu aller plus loin dans la voie de l’excellence et a décidé la transformation de votre journal en magazine de 52 pages.Avec une fréquence de parution accrue (9 à 10 numéros par an), une présentation soignée, sur du vélin blanc et couverture glacée, il présente pour le lecteur une manipulation plus facile, une lecture plus agréable.En premier lieu, la VOIX SÉPHARADE, nouvelle formule, s’est dotée d’une nouvelle équipe de rédacteurs dont la formation n’est pas journalistique, mais dont la compétence n’est pas négligeable.De ce fait, elle s’est donné pour tâche de présenter, au mieux de ses compétences, une publication de qualité et ce, en dépit des contraintes et aléas que toute contribution bénévole entraîne.Tous ces efforts ne vont pas sans grever lourdement les budgets existant à cet effet.La VOIX SÉFARAD telle que vous l’avez connue jusqu’en septembre 1981, représentait déjà une dépense considérable tant pour la composition typographique, l’impression du journal que pour l’expédition.En transformant le journal en magazine, le coût en sera presque le double, sans encore parler des tarifs postaux qui ont doublé et ceci -pour un journal qui vous arrive ponctuellement et sans aucune dépense pour vous puisque nous n’avons jamais exigé d’abonnement.Avec l’inflation galopante et les dépenses de plus en plus fortes, nous sommes arrivés à un point où notre budget n’y suffisait plus.Fallait-il pour cela en arrêter la publication et priver notre population du seul lien capable de lui assurer le contact et la conscience d’elle-même ?Cela aurait été une trahison envers tous ce que nous avons de plus cher, notre identité juive et sépharade.Aussi, avons-nous pensé, pour éviter cette catastrophe à la 13ème année de notre journal, que nos lecteurs, dont la générosité n’est plus à prouver, se feront un plaisir de nous envoyer leur cadeau de Bar-Mitzvah sous forme d’un abonnement de 10$ par an en remplissant et nous renvoyant le bulletin d’adhésion ci-dessous, avec un chèque de 10$ au nom de «LA VOIX SÉPHARADE».Nous regrettons de devoir prendre cette mesure, mais il y va de l’existence même de notre journal.Nous espérons que notre appel ne sera pas ignoré et que vous serez nombreux à nous envoyer votre contribution.LA VOIX SÉPHARADE LA VOIX SÉFARADE 4735 Chemin de la Côte Ste-Catherine MONTRÉAL, Qué.H3W 1M1 Tél.: 733-3945 Veuillez trouver ci-joint mon chèque de 10$.représentant mon abonnement de soutien pour un an à la «VOIX SÉFARADE».Nom, prénoms.Rue.Ville.Tél.Signature.LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 • 47 M.Mosès M.ASPLER, «MOE», grand ami des Sépharades, n’est plus Le 27 octobre dernier décédait subitement Mr M.Aspler, personnalité bien connue dans la communauté Juive, anglophone et francophone.Né et élevé à Montréal, Moe Aspler a fait des études de droit, mais a orienté sa carrière professionnelle vers l’Assurance, dans les milieux de laquelle il jouissait d’un grand prestige.Il était également traducteur (Anglais - Français - Anglais) assermenté.Très tôt, il s’est intéressé aux problèmes sociaux de sa communauté.Nous ne citerons pour l’exemple que la J.I.A.S.où il fut si actif pendant de nombreuses années.Quel est l’immigrant (surtout parmi les originaires du Maroc) qui n’a pas reçu de lui aide, encouragement et sollicitude ?Toujours souriant, il répondait toujours présent et payait largement de son temps et de sa personne.De plus, il s’intéressait à tout ce qui se développait et se créait chez les Sépharades: Association Sépharade Francophone, écoles, synagogues, organisations, etc.Il était un conseiller avisé et plusieurs familles lui doivent leur intégration ou leur réussite.Sur le plan personnel, il appréciait nos coutumes, nos traditions, notre culture, notre musique et aussi nos mets.Etant en service commandé en Europe pendant la Deuxième Guerre Mondiale, là il fait la connaissance de celle qui devait devenir son épouse, MINA, rescapée des camps nazis.Il est père de deux enfants jumeaux, une fille FANIA, vivant actuellement en Israël, et un garçon CAROL.Ces derniers temps, Mr M.Aspler s’était retiré partiellement des affaires, et passait beaucoup de son temps à la lecture, littérature, livres traitant de politique, d’Israël, où il voyageait souvent.C’est une grande perte pour toute notre communauté, il disparaît à 74 ans en laissant à ses amis un souvenir inoubliable pour son dévouement etsa bonté inépuisables.Salomon Berbaruk : carnet : : M.et Mme René et Corrine MÉCHALY ont le plaisir d'annoncer la naissance de leur fille Sultana-Severinne, le 29 octobre 1 981.M.et Mme Maurice ELHARRAR ont le plaisir d'annoncer la naissance de leur fils YORAM-RAPHAEL SIMON, le 29 septembre 1 981.M.et Mme Daniel et Kelly GUI N DI ont le plaisir d’annoncer la naissance de leur fille ÉMI Ll E-0RITE, le 1 3 octobre 1981.M.et Mme Moussa et Lucie MORALLY ont le plaisir d’annoncer la naissance de leur fille JOYCE, le 15 décembre 1981 au Jewish General Hospital.Nos sincères félicitations vont à Ernest YANA qui vient de recevoir des mains de M.Alain POHER, Président du Sénat de France, la médaille d’honneur d’argent pour «services rendus aux oeuvres sociales».Nous avons le plaisir d’annoncer la Bar Mitzvah de Haimy MAN N fils d’Albert et Claude MANN, le décembre 1 981.MAZELIOV au jeune Haimy et félicitations à ses parents, qui font partie de la dynamique communauté de Juifs Libanais.Au cours de la brillante réception donnée à cette occasion par les MANN dans les salons de la Spanish et Portuguese, on a pu voir défiler le tout-Montréal des Juifsde Beyrouth, ou presque.Le Chabbat, 9 janvier, un événement heureux est venu marquer l’office de Chahrit: notre première Brith-Mila au Centre communautaire.Bar-Mitzvoth et mariages ont déjà été organisés dans notre synagogue, mais jamais encore leCCJ n’avaiteu l’honneuretla fierté de célébrer une brith.Pour cette occasion, le pavois des événements extraordinaires a été étalé : fanions, étendards représentant les tribus d’Israël, les grands moments de la vie juive, sans omettre les «Mazal Tov» or et argent.Le Kissé Elihaou, gracieusement prêté par la communauté de V.S.L, trônait au milieu de la synagogue, généreusement décoré.La circoncision menée de main de maître par le Rabbin Asher Benoliel, fut saluée par des pyoutim du Kahal.Grands et petits chantaient, des youyou fusaient de ia Azara.L’heureux circoncis, Noam Perez, est le nouveau-né de J o Peres, animateur de jeunes à Casablanca, et de Nelly, fille de Samuel Sultan, animateur à l’Ort et au DEJJ-Maroc.Ajoutons que la cérémonie religieuse a été suivie d’un copieux Kiddouch.Le Centre communautaire souhaite la bienvenue et Mazal Tov à la famille Peres.SERVICE DE CITOYENNETÉ L’obtention de la citoyenneté canadienne.À votre portée.La C.S.Q.fera pour vous toutes les démarches nécessaires, sans aucun frais.Si vous avez trois ans de présence au Canada, appelez-nous ou venez.Demandez Mme Esther Elkaim au 731-3334.Ingénieur de L'Ecole Supérieure D'Electricité de Paris Master of Sciences de L'Université Ucla, Los Angleles Donne Cours Particuliers A Domicile ou Chez Lui en: Mathématiques (Pures et/ou Appliquées) Physique, et Informatique tous niveaux Secondaires et Pré-Licence Prix Modérés, Résultats et Progrès Garantis 1re Leçon D'Essai Gratuite Téléphoner de 9h.à 21 h.à Daniel Tolédano — 487-3415 5740 Boul.Cavendish, Côte-St-Luc H4W 2T8 Scientific Courses also available in English IDHuAl J 48 • LA VOIX SÉPHARADE, février 1982 VOYAGE ORGANISÉ AU MAROC à l’occasion de la HILLOULA DE OUEZZANE 10 mal 1982 UN VOYAGE AU MAROC QUI ALLIE TOURISME AU PÈLERINAGE RELIGIEUX En effet, ce voyage vous permettra de visiter Casablanca, Marrakech (excursion dans la Vallée de l’Ourika, pèlerinage sur la tombe de Rabbi Salomon Bel Lhens), Béni Mellal et Fès où vivait Rabbi Ishac Alfassi, le célèbre savant talmudiste, la médina avec les joyaux d’architecture, les nombreuses synagogues du Mellah.De Fès à Volubilis, témoignage des très anciens Juifs de la région (3e siècle), puis à Meknès, la Versailles de l’Afrique du Nord, avec son vieux Mellah, la tombe du Patron de Meknès, Programme de six nuits : Départ de Montréal le MARDI 4 mai.Mercredi: CASA-RABAT, 1 nuit en demi-pension.Jeudi : RABAT-FES, demi-pension.Vendredi : FÈS, demi-pension.Samedi: FÈS^ demi-pension.Dimanche: FES, VOLUBILIS, MEK-NES, OUEZZANE, TETOUAN (demi-pension).Lundi: JOURNÉE OUEZZANE et veillée.Mardi : Départ pour CASA et MONTRÉAL.Prix net par personne (comprenant six nuits en demi-pension en hôtels de 4 à 5 étoiles/transport par autocar luxe 48 places climatisé pour sept jours selon itinéraire ci-dessus/ services permanents, guide escorte/ tous frais pourboires, taxes et service/ gratuité totale en chambre single), sans déjeuner.Programme six nuits - A et B : package 30 à 35 personnes 36 à 40 personnes 41 à 48 personnes Supplément pour single Hôtels 4 étoiles 1,258 Dhm par pers.1,1 86 Dhm par pers.1,1 44 Dhm par pers.250 Dhm par pers.Hôtels 5 étoiles 1,664 Dhm par pers.1.591 Dhm par pers.1,546 Dhm par pers.340 Dhm par pers.En outre, il est offert une possibilité demi-pension, et transfert sur aéroport, d’extension de séjour libre de 4 nuits à dont voici les prix : CASA, en chambre (petit déjeuner) ou Rabbi David Bousidan.Journée entière à Ouezzane, veillée religieuse et déroulement des cérémonies officielles du pèlerinage, la Hilloula, le 10 mai.Retour par Casablanca pour Montréal.Ce voyage consiste en deux programmes, un de six nuits et un de dix nuits, départ le même jour, 4 mai.Pour tous renseignements et inscriptions, appelez la Communauté sépha-rade du Québec, tél.731-3334.La C.S.Q.agit uniquement en intermédiaire pour transmettre les candidatures aux organisateurs et sans aucun engagement de sa part.Elle n’assume aucune responsabilité quant aux dates de retour et précise que la nourriture est celle fournie normalement dans les grands hôtels, habituellement pas cachère.Le prix du voyage par avion sera déterminé ultérieurement.Prix pour extension à CASA : (incluant le transfert de départ) Chambre et petit déjeuner Demi-pension Single supplément 4 étoiles 402 Dhm p.p.562 Dhm p.p.230 Dhm p.p.5 étoiles 642 Dhm p.p.942 Dhm p.p.Programme de dix nuits : Départ de Montréal MARDI 4 mai 1 982 Mercredi: RABAT demi-pension Jeudi, vendredi, samedi : TANGER, demi-pension.Dimanche: TANGER, OUEZZANE, TETOUAN.Lundi: OUEZZANE, FÈS, demi-pension.Mardi: FES, demi-pension Mercredi: FÈS, MARRAKECH, demi-pension.Jeudi: MARRAKECH, demi-pension.Vendredi: MARRAKECH-CASA en matinée, demi-pension à CASA.Samedi: Départ pour MONTRÉAL.Prix net par personne : Package 30 à35 personnes 36 à 40 personnes 41 à 48 personnes Supplément pour single Hôtels 4 étoiles 1,974 Dhm par pers.1,861 Dhm par pers.1,793 Dhm par pers.450 Dhm par pers.Hôtels 5 étoiles 2,677 Dhm par pers.2,560 Dhm par pers.2,490 Dhm par pers.650 Dhm par pers.HILTON INTERNATIONAL RABAT - MAROC Le centre montréalais de la hi-fi Voici l’histoire de l'unique magasin à Montréal où l’on traite de grosses affaires dans une ambiance électrique et dynamique.«Le couple du son hi-fi» est le magasin spécialisé dans tout le matériel de son le plus populaire en ville.et si vous voulez en savoir plus, lisez ces quelques lignes, ou allez-y, carvous y trouverez sûret certain des cadeaux à des prix imbattablement coupés.D’abord il faut prendre le temps défaire le tour des rayons et tout en s’intéressant aux appareils, lire ce qu’une main habile et un esprit inventif, plutôt génial, a inscrit sur Içs étiquettes disposées ça et là.De l’une à l'autre, on sait vous convaincre que «Le couple du son hi-fi, c’a bien du bon son» et qu’il n’est pas nécessaire pour s’offrir un chaîne haute fidélité de débourser des sommes exorbitantes ou faramineuses.D’ailleurs un des principaux avantage du couple du son hi-fi c’est justement d’avoir en stock des chaînes hi-fi s’adressant à tous les goûts et toutes les bourses.Vous y trouverez choix, qualité, service après vente fiable et honnête; plusieurs marques y sont représentées.C’est une de mes exigences, nous dit M.Joe Cohen, le sympathique propriétaire (connu plus populairement sous le nom de Joe Cash).«Ce sont mes chaînes hi-fi à prix coupés qui ontfait mon nom et c’est mon service après vente qui a fait ma réputation».Pour mieux servir sa clientèle, M.Joe Cohen ne veut pas ouvrir d’autres magasins.Il a préféré mettre.quoi ?tn toute modestie pour être le premier ou meilleur que le No 1, j’ai dû renoncer avec mon épouse Linda aux voyages que les compagnies m’offraient suite à des concours de ventes à Hawaï, Accapulco, Maroc, St-Marteen, Puerto Rico, et d’autres.Malgré tout cela, j’ai la passion du public, mais ce bonheur et cette réussite, j’ai dû les payer très cher, le prixd’unformidableetpermanenteffortde volonté, heureusement pour moi, de la volonté j’en af toujours à revendre.Joe Cash nous dit à quoi sert d’avoir un tigre dans son moteur quand il y a un âne au volant, alors fort de ses conseils avisés vous pouvez nous diriger vers ùn choix plus réfléchi et ne pas tomber dans le piège trop classique de la grande braderie où pourbénéficierd’un hypothétique rabaisvous gagnerez deux magnifiques casseroles en guise d'enceintes ou un ampli essouflé garanti pur Hi-Fi c’est pourquoi nous serons très heureux de composer ensemble votre nouvelle chaîne stéréo et de compter un ami de plus, nous l’avons déjà dit, une atmosphère sympathique c'est publicitaire- L’imbattable! Le Couple du Son Hi-Fi OîOH 2.* S O (D (D Ainsi le coeur de «Le couple du couple du Son Hi-Fi» situé au 2575 Ontario est à Montréal qui ressemble un peu à la grotte d’un alibaba du 20ième siècle tant elle déborde d’appareils les plus diverses, téléviseurs couleurs, (écran géant), vidéos cassettes, vidéos disques, platines à cassette, amplificateurs, syntonisateurs, réverbéra-teurs, égalisateurs de fréquences, pupitres de mixage, casques d'écoute, radios cassettes portatifs, jeux de lumière, boules miroirs à facettes, hauts parleurs pour disco-mobile etc.et plus encore.De plus, nous dit M.Joe Cohen, nous entretenons avec nos clients des relations privilégiés, parce que nous ne voulons pas qu'ils tombent dans le piège trop classique de la grande braderie (ventes trottoirs), cet ensemble que nous traitons une affaire d’égal à égal, chacun ayant ses arguments à apporter dans la discussion.En général, les gens savent déjà avant de venir chez-nous de quel matériel, ils ont besoin et combien ils veulent investir, c'est une confiance réciproque qui fera le succès de l'achat-vente.C’est simple 95% de nos clients en entrant chez nous sont acheteurs.Si vous cherchez une chaîne stéréo de haute fidélité qui va égayer vos longues soirées d’hiver et d'été ou encore ce téléviseur couleur à com- mande super électronique qui comblerait un de vos rêves que seul Joe Cash peut réalisergrâce à ses prix imbattablement coupés.Prenez la direction du«Métro Frontenac», l'équipedeJoeCash vous y attendent avec de belles surprises.C’est fini la petite tape sur l’épaule, fini les spéciaux d’inventaires, des dates limites, le dernier, le blabla bla des vendeurs.Les consommateurs ont pris progressivement conscience qu’il était impossible dans une société où l’on parlait de plus en plus de haute technologie et d’industrie de pointe de demander un service impeccable à un commerçant opérant dans à peu près tout.C’est ainsi que des entreprises aussi solides et réputées que Sears ou Eaton ontvu leurpartdu marchédiminuerparcequ’ilya maintenant des magasins spécialisés comme le mien nous dit Joe Cash, nous vivons donc à une époque où la spécialisation jouit d’une incroyable crédibilité auprès des consommateurs; de plus si «j’ai gagné sur les grandes chaînes c’est parce que j’étais le plus fort: De toute manière je suis le plus fort, c’est dans ma nature, j'aime, je veux gagner».Je n’hésite pas à le dire, je suis de la race des fonceurs.Tandis que d’autres séduisent le consommateur par latendresse, Joe Cash et son équipe le*yattenda#frtS3iiB!^lcnent avec leurs prix:.Coupés - f — ¦ — “ ^ W u I quui vquo kJ KJ /U VJ C nos clients sont devenus nos amis.Merci Joe Cas le génie des prix coupés.Le couple du Son Hi-Fi un nom, une référence f i « 5 tv I J I * LE couple du son HI-FI MÉTR° /T\ •521-2625* FRONTENAC ^2575 EST, ONTARIO, MONTRÉAL H2K 1W6
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