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Titre :
La voix séfarad /
Journal francophone d'information sur la vie sociale, culturelle et religieuse de la communauté juive sépharade du Québec.
Éditeur :
  • Montréal, P.Q., Canada :Communauté sépharade du Québec,1977-2006
Contenu spécifique :
Septembre - Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Présence
  • Successeur :
  • LVS
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La voix séfarad /, 1983-09, Collections de BAnQ.

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71*137 //p»: i y^sn to/fi -pnn Y-i J/y-zp dv ^pz V zmbs ntaSn "by s^vy s\iyi nszmbssmm s ruimn TTtr muz zpz=\iybz ^Ig^s^rrrîursr Snpn uip Sir nto vrTt" r*lT^n snsbi nnbm ntobzbi zu'ito rpybi n*: i nub by rzmn zmbs nm* b=y n»a my szi: nsu —uz —iisD’i vnyb'jB nns fip'i :¦ pivn pnpb t^s ybzr ns n'nbs mr’ py ns; !ivfiS rsiznsnbsnsi^r.vsbz- z’isn izn s-“* :—îLLi "DDJi ?¦np1 Déniai min omn .nnaun ]ituur nv ,nrn ovn pib Kin Vm ai1 ’Vra pn qip^n riK du; iu/k /nb uraK mra iKim .UDJin mu; ,ntD mnxi an ,’tin’ iqd rra ,mnmnn irrimm ,anpvr min ,m“arr by -p-oi .no ~iy umx Kmn7 ,ynxa bi mum k^u; .ntn ]-ntb uynm un^p1 i^nnu; ,Diyyi imp ,it mu; inny dp pmn D->piQ n'^n^ upson .jvnrrn rmnypnn ay .n’hD by D’yn1 uraxu; ,min bw doix unu’^u; .hq by ^xVn D’pioai ddi d’dud ar»n ntypu; iy ,npm ns iuny xvt ht ~imn by .Kinu; mpn nrxn unis oian^ ,nimb ai umxn ,bib ~iu;kp >Dn D’nm D’yqy1 umx ."p by "ivr 2un nx xnp1?u^nnn ,mun ddb nyp pipD .m^pn mi nmpi 'bd mpnn -pnn ara a^uni ht bu rra dp ux vu;py .mup ip^pj 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bénéficié et leurs acquisitions se sont trouvées consolidées et élargies.Moshé aura mis sa marque à l’École et dans la communauté où il est très connu et apprécié.Il avait la charge de l’enseignement des Piyyoutim, de la Perasha et de la Haftara.À cette fin, il a préparé des brochures qui sont des modèles du genre.Moshé porte un très grand amour à cette partie précieuse de l’héritage sépharade qu’il domine et dont il se régale comme tous les bons connaisseurs en la matière.Grâce à son travail, on a pu voir des dizaines d’enfants chanter la Perasha et la Haphtara dans les différentes synagogues séphara-des et se sentir chaque jour un peu plus à l’aide avec notre belle liturgie.Moshé est aussi professeur d’art et, à ce titre, il a mené avec ses élèves des projets d’envergure à thèmes juifs et israéliens.Il était également responsable de l’organisation des fêtes scolaires juives, Hanouca, Pou-rim, le Seder, Yom Haatsmaout et il menait son affaire avec beaucoup de coeur et de célébrité.Moshé a également apporté, à titre bénévole, une contribution précieuse et sans défaillance à la synagogue du Centre Communautaire Juif.Là aussi, il sera difficile à remplacer.La shlihut du couple Lasry s’est faite dans le cadre de la coopération entre l’É-,cole Maimonide et la Fédération Séphardie Canadienne, et le Département de l’Éducation de l’Agence Juive.Le Département ides Communautés Sépharades, le bras de la Fédération Séphardie Mondiale, à l’intérieur de l’Organisation Sioniste Mondiale, apporte à l’entreprise un support logistique et un appui des plus appréciés.Nos remerciements très sincères vont à tous.À Aliza, à Moshé et à leur petite famille, nos meilleurs voeux de shuvkhem iéshalom, vékol hakkavod.26 • LA VOIX SÉPHARADE, SEPT.-OCT.1 983 Texte de l’allocution prononcée par les deux étudiantes représentant la promotion 1 983 de l’École Maimonide, Clara Pimienta et Elizabeth Knafo, au cours de la soirée de graduation qui avait lieu le lundi 27 Juin à la Synagogue Beth-EI : Monsieur le président, Messieurs les directeurs, chers professeurs, parents et amis, bonsoir, Au nom du Secondaire Cinq, nous sommes heureux de vous accueillir et vous souhaitons la bienvenue à cette soirée si importante pournous.Cesoirmarque lafin d’une longue étape qu’est le secondaire.Nous avons pour la plupart d’entre nous passé nos dernières années à l’École Maimonide, et nous y avons trouvé une famille chaleureuse, prêteà nousaiderà résoudre nos problèmes dans une atmosphère propice.Un contact permanent entre profes-< seurs-élèves nous a permis de nous épanouir complètement et de surmonter les obstacles rencontrés sur notre chemin.Grâce à l’aide de professeurs très compétents, nous avons pu préparer un terrain sûr pour notre avenir.Une formation selon les traditions juives sépharades nous a été donnée afin de pouvoir conserver notre identité et nous intégrer dans la société québécoise et canadienne, comme de notre héritage juif ancré en nous comme une seconde nature.Grâce a u cours du Judaïsme que nous avons suivi, tout au long de notre vie scolaire, nous pouvons affronter les lendemains difficiles dans le monde du CEGEP.Permettez-moi de remercier ceux qui y ont contribué, Dr Moise Ohana, directeur des Études Juives, et M.Benabou, professeur d’Études Juives.J’aimerais également remercier les professeurs qui furent à nos côtés durant les moments difficiles, ceux qui sont présents ce soir, et ceux qui sont absents.Ainsi que Mme Cohen, notre secrétaire à l’École Secondaire.nmx tpttwur bbn b\u irnnx ,'rtnu/x-n wx-qi umx rrn hjnno’D1?•ux nn ’«yy^ Tixum ?il7 •’n ^ tix px nx bi nmn >3m ?’na’x vuny x^ nxi .did bipb run by x'zty ntyaxu/ tayû mao bw ,cpopnn nn^ty .rron p-inx pnnx ,yiun;r ’T by ytxn unna inmtyxn epx’U ¦pmnn^m Tmrr pu/nu/ ^xnnn mm ,pyu bw runun imm ^x-iur mx trntyVsn .jnjirm m nnnx ,rr6:i bvn tn .Vixu; mtypj Dir^xi nx ¦ninl?n iVx So .ronxn rnmnyn .?’uva bw nbw nnx ira1?,nr SoV r^on ntyn ,^nn nnn ny rvnuam tr^x-iur o’-piy .TD1?Sxi vbx nimbly mnnn trnmn .nmx nmty b-xb ,nr>^y nayu;1?nnmn urpy-i nn So by nnSw nnmatyn nm n^ya 'n nSw iyuu nwx So S^i mnn tmipnSt imnti; .DySi ynxV nnnx AJpn'oSo nu/atn .oop1 nom nom n3SnnS> jnx .S’x-wo rnrmu; tn~p .na1 ypi nn’yj École Maimonide Nous avons connu de bons et de mauvais moments.Mais ces difficultés deviennent éphémères devant le but de l’École qui est de pouvoir transmettre aux jeunes, aux générations futures, un héritage juif sépha-rade afin qu’ils puissent s’identifier à leur communauté.Ces liens si profondément établis resteront avec nous durant toute notre scolarité.Et nous regretterons toujours cet environnement chaleureux que l’École nous procure.Il nous est difficile de la quitter comme pour un enfant quittant ses parents.Mais, comme pource dernier, si nous avons été bien éduqués, nous pourrons affronter le monde extérieur en comptant suelment sur nous-mêmes.Je crois qu’après ces années à l’École Maimonide, nous sommes capables d’envisager la prochaine étape de notre vie.C’est avec confiance que nous recevons nos diplômes ce soir, fiers de pouvoir proclamer notre identité.Et c’est avec plaisir que nous célébrons un évènement qui nous marquera tout au long de notre vie et qui a été rendu possible grâce au travail d’une équipe restreinte mais dynamique.À ce sujet, nous aimerions remercier notre directeur, M.Sidney Benudiz et notre professeur d’histoire, Mme Evelyne Alalouf, qui ont joué un rôle si important dans l’organisation de cette soirée, ainsi que le responsable du département jeunesse au Centre communautaire Juif, Claude Elbaz.Nous vous remercions d’être venus si nombreux partager avec nous ce moment de joie et de fierté.Et nous vous souhaitons de passer une excellente soirée.ROBERT GLAZER.b a .ll.l.NOTAIRE - NOTARY Suite 301 1255 Phillips Square Montreal, que.H3B 3G1 TEL.861-4774 Res.486-2Ô45 Royal Trust Broker ANITA GLAZER Sales Representative REALTOR Royal Trust THE SIGN fHAT SELLS 7009 Cote St Luc Road Cote St Luc Shopping Centre Montreal, Que.H4V 192 Bus.487-9560' Res.486-2845 or 3252 «AVEC VOTRE AIDE, TOUT EST POSSIBLE Le 11 septembre LES VOLONTAIRES DU SUPER-DIMANCHE vous demanderont de faire un don pour aider ceux qui ont la vie dure.les indigents.les personnes âgées.les jeunes qui ont besion de votre assistance.Le dimanche 11 septembre, lorsque vous entendrez la sonnerie du téléphone, VOS amis seront au bout du fil—pour demander votre aide.REPONDEZ A L'APPEL .AVEC VOTRE AIDE TOUT EST POSSIBLE SUPER-DIMANCHE Ë ’83 Jx.L'Appel Juif Unifié 1983 5151, chemin de la Côte Ste-Catherine Montréal H3W 1M6 Téléphone 735-3541 LA VOIX SÉPHARADE, SEPT.-OCT.1983 • 27 >%rv COHEN Nicole EL-JARRAT Betty HASSAN Dan u* BENARROSH Natalie BOUZAGLO Eytan BULKOVSHTEYN Tatyana CHAFAI Aresh AZOULAY Laurent Promotion 1983 /* BENDAYAN Esther BENHACOUN Jacqueline BENTOLILA Sigal Æ BOTBOL Sandia HAZAN Elisée is KNAFO Elizabeth MAMAN Joei MASLIAH Eric MOYAL Maurice IANCU Esther sWBmm MïflRfl Alain NATHAN Albert 'i PEREZ Valérie fl PIMIENTA Clara SAMOIL Donald SHOIF Georges SHUT Yacov 28 • LA VOIX SÉPHARADE, SEPT.-OCT.1 983 SOUSSAN Charly TORRES Gérard YEYVIN Nelya Etudiantes et étudiants sépharades diplômés cette année.McGill University BACHELOR OF SCIENCE IN OCCUPATIONAL THERAPY : CHICHE Dalhia, LAVAL, P.Q.DOCTOR OF MEDICINE, MASTER OF SURGERY: ISRAËL Mimi, B.Sc.(Mc G), MA(Queen’s) BACHELOR OF COMMERCE : ASSAYAG Danielle, concentration in Finance/Marketing EDERY Miguel Michael, concentration in Finance MAMANE Joelle, concentrations in Accounting/Management Information Systems, Distinction in General Program.DIPLOMA IN MANAGEMENT: OHNONA Moise Maurice, B.Sc.(Negev, Israel) CIVIL ENGINEERING : HABOUCHA Isaac ELECTRICAL ENGINEERING REGULAR PROGRAM : HAZAN Maurice, Computer Engineering option MECHANICAL ENGINEERING REGULAR PROGRAM : BENDAYAN Menahem, Aeronautical Engineering option NAHON Daniel MASTER OF BUSINESS ADMINISTRATION : KADOCH Michel KAFRI Jacob BACHELOR OF ARTS : - DERYEIaine, Majorin Industrial Relations OHAYON Mercédès, Major in Sociology SAFDIE Lilian Diane, First Class honours in Psychology BACHELOR OF CIVIL LAW : SEBAG Yoelle, B.Sc.(Phys.Ther.) Mc G) Upper second class honours Montreal Bar Association Prize in Civil Procedure (shared) University Scholar BACHELOR OF MUSIC : BENICHOU Pierre, Majorin Performance (Guitar) BACHELOR OF SCIENCE : BENSADOUN Betty, Faculty program in Anatomical Sciences CERTIFICATE OF PROFICIENCY IN TRANSLATION : DERI Yvonne, English to French CERTIFICATE IN SPECIAL EDUCATION : BENCHERIT Coty Farache BACHELOR OF EDUCATION : MOYAL Patrick, Major in Physical Education Concordia University FACULTY OF FINE ARTS Bachelor of fine arts BENEZRA Sonia BENSABATH Ruth Yael MADAR Jean COHEN Sylvia BENDAHAN Raphael D.FACULTY OF COMMERCE AND ADMINISTRATION Bachelor of commerce BENABOU Gilbert BENEZRA Carlos Charles BENSABAT Hervé INY Roland LASRY Daniel NAHOUM Meir OVADIA James SOUSSANA Elie SCALI Franco FACULTY OF ARTS AND SCIENCE Bachelor of Arts - Div.I AZOULAY-COHEN Jocelyne BENAMRON Chantal Victoria Honours in French DAHAN Jeanine Bachelor of Science Div.Ill BENEISH Raquel Gabriela LEVY Clémence Rahma OHAYON Anne Bachelor of Arts Div.II AMIGA Esther Essy BENABOU Claude BENCHIMOL Joseph BOHBOT Nancy ESSABAG Vick with distinction HADIDA Linda HAZAN Sonia OLIEL Rita Dip.in community politics and the Law Div.II ABRAVANEL Evie Bachelor of Arts Div.IV BIGIO David Robert CONGRÈS JUIF CANADIEN RÉGION DU QUÉBEC Souhaite à la communauté juive une bonne et heureuse année, pleine de santé et de prospérité.BERNARD J.FINESTONE Président DR.JIM ARCHIBALD Directeur Général EMERGENCY DOOR ARRETEZ ' Police w COMMUNAUTE URBAINE DE MONTREAL 750.RUE BONSECOURS MONTRÉAL H 2 Y 3 C 7 LA VOIX SÉPHARADE, SEPT.-OCT.1 983 • 29 PORTRAIT Un être plein de vie et de sens humain Il a l’âge de ses artères - surmenées, patraques ; une santé altérée, déficiente (il dit lui-même souffrir d’au moins quinze maladies à la fois) mais une énergie, une vitalité et un dynamisme qui feraient pâlir d’envie toute une quirielle de jeunes, vigoureux et robustes.Son regard frétillant et intelligent, son esprit vif et mordant démentent ses yeux usés et son front buriné.Il est de la race de ceux pourqui la vie - qu’il a croquée à belles dents- a été la meilleure école ; et si comme Nathanaël il a jeté tous les livres, il en a retenu la saveur.Son savoirquasi encyclopédique, qu’il se garde bien d’afficher, est le résultat d’une saine curiosité intellectuelle et d’une parfaite connaissance de langues et de cultures.L’hébraïque et l’arabe, lui sont aussi familières que celles de Molière et de Shakespeare.Il a durant sa vie active, touché à tout : imprimeur, homme d’affaires, commerçant, mécanicien, administrateuret bien plus encore.De chaque expérience, de chaque coup dur, de chaque joie il a su tirer une philosophie de vie et des enseignements qui font aujourd’hui de lui un interlocuteur exquis.Mais toutes ces aptitudes ne seraient que performances s’il n’avait été doté d’une personnalité aux multiples facettes : caractère fort et volonté, sens de la décision, rigueur et discipline, certes.C’est ce qui frappe de prime abord.Creusez un peu, gagnez sa sympathie et vous verrez que cet homme effacé recèle bonté infinie, dévouement, générosité et écoute de l’autre, fondements de toute sa noblesse d’âme.Sensibilité aussi ; il suffit pour en juger de l’entendre évoquer son Liban natal lorsque dans un souffle nostalgique sa mémoire s’en remplit : il penche la tête, croise les bras et avec le sourire entendu du sage vous raconte avec moulte détails la vitalité de son passé, la richesse des saveurs et des couleurs, la variété des personnages qui ont croisé son chemin.Il est de bon conseil, et son jugement est sûr.Ouvert à toutes les idées, il approuve ou désapprouve, mais jamais ne condamne, trait propre aux êtres intelligents.Vieux routier de la vie, il s’adapte à toutes les situations sans perdre de vue l’essentiel.Portrait idéal de l’humaniste barbant, me direz-vous.Détrompez-vous.Les bonnes fées l’ont gratifié d’une vertu capitale : son sens de l’humour qui peut devenir comme une arme ironie cinglante et qu’il ne partage qu’avec ses pairs et ceux qu’il affectionne.Aveceux, il saitl’artde rire, dedénouer la difficulté par le bon mot, le proverbe approprié, ou le conte anecdotique.Avec les autres (les rébarbatifs, le glacent et il le leur rend bien) il se referme, se retire et n’écoute plus.Sa communauté lui tient à coeur, comme ses traditions, ses amis - et ils sont nombreux.Mais par-dessustout, au crépuscule de sa vie, luit encore de tout son éclat, l’amour tendre qu’il porte à son épouse - Mamie - et à ses trois fils-qu’il appelle indistinctement Papa-qui sont sa fierté et la lumière de ses yeux.Juif de tout son coeur et de toute son âme, il a l’authenticité des justes : il en applique l’esprit et rarement la lettre.Et c’est pourquoi il haït les hypocrites, les faux dévots etfuit les bigots ; ilfréquente peu les synagogues, mais il se bat avec acharnement pour organiser un office synagogal, pour aider les démunis, pour sauvegarder la liberté et les droits des autres, pour mettre à jour, ressusciter et faire partager les habitudes cultuelles et liturgiques, les pratiques religieuses de ses origines.Il évite les mondanités et ne recherche pas les honneurs - mais son inlassable activité communautaire lui donne accès à tous les milieux; alors il observe, discerne, choisit et agit, avec discrétion et assurance, sans jamais au grand jamais trahir ses convictions.L’opportunisme le hérisse autant que la sottise et la vanité.Le combat politique et social le captive encore ; il y participe à sa manière sans passion avec mesure et détachement.Après sa famille qui esttout son bien, il place sa communauté (où il est perçu comme le plus marocain des Libanais !) et se dédie corps et âme à son joyau, «son» journal.Monsieur Anzarouth vous êtes un chef.Et l’estime que vous m’inspirez est peu de chose au regard de l’affection que j’ai pour vous.C’est pourquoi au risque de heurter votre modestie, je me dois de révéler les qualités de votre attachante personne.Vous qui connaissez tout le monde, vous qui avez si souvent et anonymement fait tant de portraits, méritez à votre tour d’être connu.Et ce n’est que justice.Je voudrais dire que sans vous, la communauté sépharade du Québec serait privée d’un phare, et que sans vous, son journal serait inexistant ; c’est aussi simple que cela.Entré par hasard dans la bâtisse pour proposer vos services et occuper les jours de votre retraite, vous êtes devenu à l’insu de tous, et pour notre plus grand plaisir, le plus fidèle, le plus loyal et le plus attentif des membresde la communauté.Pendant que les grands esprits somnolent, vous avez - telle la fourmi laborieuse et avec la conscience qui vous caractérise - tout recueilli ; aux aguets de l’événement, vous avez écouté, observé, réfléchi accumulé toutes les nouvelles locales et lointaines, compilé photographié, interviewé et constitué la matière volumineuse qui servira au prochain numéro.30 • LA VOIX SÉPHARADE, SEPT.-OCT.1 983 Sans l’aide ni le secours de personne, sanscollaboration, sansargent(la minime subvention attribuée à l’Information ayant été supprimée) vous opérez tous les deux mois un miracle.À Montréal comme à l’étranger, les lecteurs sont persuadés qu’une équipe de profession-nelset une infrastructure journalistique mènent l’entreprise.Il faut vous avoir vu - et j’en témoigne depuis deux ans - consacrer, outre les heures dites ouvrables, vos soirées, une partie de vos nuits, vos dimanches afin de boucler vos 52 pages, ne négligeant pas le moindre détail pour l’amour de vos lecteurs et de votre communauté.Travailleur infatigable vous êtes confondant de compétence et d’endurance.Ce n’est certes pas l’âpreté du gain qui vous anime (la décence ici m’oblige à ne pas parler de ce que l’on appelle votre salaire) ; c’est tout simplement la passion de votre travail qui vous insuffle cette énergie et qui vous a transformé, autre miracle, en journaliste accompli.Photographe, reporter, chroniqueur, metteur en page, publiciste, secrétaire, conseillertechnique (la promotion et la diffusion sont aussi le fruit de votre zèle) et rédacteur.Si vous acceptiez de signer chacun des articles, votre nom apparaîtrait à chaque page.Combien de fois vous ai-je vu, au bout de douze heures successives, de cigarettes et de cafés, innombrables, soufflerd’épuise-ment, rompu, perclus de douleurs rhumatismales, admettre enfin qu’il est temps de reporter au lendemain.Sitôt un numéro expédié vous voilà reparti à fouiner,a accumuler paperasses et documents, à méditer, à parcourir, appareil photographique personnel en main les mille activités de la communauté ; à proposer des collaborations, à former de jeunes et futurs rédacteurs, et à préparer déjà certains articles ; car dans votre grande sagesse vous savez que les promessesdevosamis indolents et insoucients n’arriveront pas ou arriveront dans un si piteux état qu’il vous faudra les réécrire.Et lorsque le volumineux dossier est prêt, vous n’appelez de votre voix paternelle pour me demander «juste quelques conseils».Je sais déjà que vous allez m’entraîner, malgré moi, dans votre course folle, m’obliger à comprimer mon temps, à décupler mes forces pour respecter les échéances de l’imprimerie.«Che tihie bari, ve che tizke le chanim rabot.» Je ne savais pas lorsque l’on m’avait offert la responsabilité de l’information que je serais à ce point complice de votre perfectionnisme, de votre dévouement à la cause communautaire.J’avais droit à un collaborateur, j’ai découvert et gagné un ami, un sage, un juste.E.B.O.L’auditorium de l’École Maimonide portera désormais le nom de Jules Elalouf Voilà presqu’un an que Jules Elalouf, ancien Président de l’Ecole Maimonide et pendant 13 ans un des membres les plus actifs de son Conseil d’Administra-tion, est décédé.Sa mémoire sera à jamais associée à l’histoire de l’École.M S ï'LAtOi Jules voulait l’École Maimonide toujours plus grande ettoujours plus belle.Il la voulait vibrante, de qualité et au service de toute la communauté.Par-dessus tout, il la voulait juive et authentiquement Sépharade.Le 23 Juin 1983, une cérémonie émouvante eut lieu à l’Ecole Maimonide pour la pose d’une plaque à sa mémoire.Des Psaumes furent récités, suivis du Kadish et de la Hashkava, pour le repos de son âme.Le Président de l’École, Me Armand Elbaz, découvrit ensuite la plaque : l’auditorium du Campus de Parkhaven portera désormais le nom de Jules Elalouf.Zokhra lo élohai létovah UN NOUVEAU CAMPUS DE L’ÉCOLE MAIMONIDE À VILLE ST-LAURENT C’est officiel.L’École Maimonide a enfin un campus à Ville St-Laurent.Il est beau, grand et spacieux et logera les classes de garderie, maternelle et tout le cycle élémentaire du grade 1 au grade 6 inclus.Le campus du 7450, chemin de la Côte St-Luc, continuera à desservir de la garderie au grade 6, les élèves de Côte St-Luc, et l’école secondaire continue à être logée à Parkhaven.La nouvelle a été accueillie avec beaucoup de joie par la communauté sépharade de Ville St-Laurent et de Chormedey-Laval, dont les enfants n’auront plus à faire le trajet jusqu’à Côte St-Luc.Pour une visite à l’École et pour tous les renseignements relatifs à l’élémentaire, veuillez communiquer avec le Directeur de l’école, M.Abraham Castiel, au 486-1208.(L IMPRIMEUR OUI DONNE BONNE IMPRESSION/ Tel: (514) 340-1328-29 5000 rue Buchan, suite 307 Montreal, Que.H4P 1T2 A UNIVERSITE DE MONTRÉAL pour une approche contemporaine du judaïsme le Programme d’études juives vous offre ses cours • d’hébreu classique et moderne • d’histoire • de sociologie • de pensée juive • et un voyage d’études crédité, en Israël Université de Montréal Faculté des arts et des sciences Programme d'Études juives Renseignements : Secrétariat des programmes facultaires Pavillon Lionel-Groulx 3150, rue Jean-Brillant - bureau 1000 Tél: (514) 343-7327 LA VOIX SÉPHARADE, SEPT.-OCT.1 983 • 31 Ville St-Laurent Le 15 Mai de cette année, la Communauté Sépharade de Ville St-Laurent a effectué des élections en vue de remplacer son Conseil d’Administration, dont le mandat prenait fin.Les résultats de ces élections sont les suivants : Président René LEVY-SOUSSAN, 1er Vice-Président Joseph OHAYON, 2ème Vice-Président Marcel ELBAZ, Secrétaire Jean BOHBOT, Secrétaire-Adjoint Marie BENSADOUN, Trésorier Elias ACOCA, Trésorier-Adjoint Mony WEIZMAN, Administrateurs Jean-lsaac BOUHADANA, Maurice COHEN, Gilbert DAHAN, Claude TAPIERO, Paquid Joseph TIMSIT, Président sortant Haim HAZAN.Ces élections marquent une etape importante dans le destin de la Communauté Sépharade de Ville St-Laurent.À cette croisée de chemins, on peut s’arrêter un moment et évaluer les distances : le chemin parcouru est immense et celui à parcourir l’est encore plus.Si les quatre années passées ont vu les obstacles surgir, les embûches se multiplier, le futur n’en est pas dénué.S’il y a eu des hommes pour venir à bout des difficultés, il y en aura d’autres pour résoudre les problèmes de l’avenir.Cette halte nous promet de regarder un peu en arrière : faire un bilan de l’oeuvre achevée serait fastidieux.Il nous suffit de dire qu’à l’origine il y avait cette poignée de rêveurs qui a matérialisé ses songes en une Petah Tikva concrète, mais sans vouloir en rien en minimiser le mérite, notre communauté, grâce à Dieu, abonde en groupes de rêveurs; ils sont tous animés de la même ferveur, de la même volonté de servir la communauté.Regardez autour de vous : partout sur ce territoire se trouvent des groupes affairés à construire, organiser, créer ; bref, oeuvrer pour le plus grand bien de la communauté.Et, immanquablement, au sein de chacun de ces groupes, vous trouverez un personnage qui construit, organise, crée et oeuvre plus que les autres : quelqu’un qui a plus de feu dans le ventre.Puisqu’il s’agit de Ville St-Laurent, parlons tout de suite de Haim Hazan qui, comme Ulysse, a fait un long voyage, un voyage de quatre ans au gouvernail de sa communauté: sans être homériques, ses tribulations garderont une place de choix dans la mémoire de ses compagnons de traversée.; ÿ.;.f' 4 1 -, r (514) 271-6287 : : • SIDNEY NEMES JiïL 271-6386 Notre Spécialité : commande en gros Boucherie et Charcuterie Kascher inc.f , K°sher Meat & Delicatessen Inc.MU GRAND CH(5lX DE VIANDES (MC ET CHARCUTERIE STRICTEMENT CACHER inron mro njYt'b s< 1329 VAN HORNE OUTREMONT QUEBEC K2V 1K7 nmo nû’fim na’na Les Associés de Dahan & Illouz c.a.Les Associés de Tolédano a benchaya c.a.ONT LE PLAISIR DE VOUS ANNONCER LA FUSION DE LEUR PRATIQUE QUI SE SITUERA ET SE NOMMERA AINSI: Mais les choses se corsent lorsqu’on parle de Haim : tout un éventail d’opinions allant du plus acidulé au plus mielleux, en passant par l’amicale controverse, mais jamais par l’indifférence.C’est la raison pour laquelle nous avons délibérémentchoisi de lui rendre hommage non pas en quelques phrases hâtives mais dans un temps ultérieur, avec toute la mesure et l’objectivité qui s’imposent.Dahan, Illouz, tolédano & Benchaya COMPTABLES AGRÉÉS 6767 CHEMIN DE LA CÔTE DES NEIGES BUREAU 510 MONTRÉAL, QUÉBEC H3S 2T6 TEL.: (514) 738-4990 32 • LA VOIX SÉPHARADE, SEPT.-OCT.1 983 TORONTO Magen David Congregation Monsieur le Directeur, Permettez moi tout d’abord de vous féliciter pour votre périodique que je lis attentivement depuis ses premiers jours.Votre rubrique «Ma Synagogue au Canada» était vraiment intéressante et j’aimerais ajouter quelques notes, pour vos lecteurs.Notre Congrégation «MAGEN DAVID» a été crée il y a 25 ans et est composée de Francophonesoriginaires de tout le bassin Méditerranéen et allant jusqu’aux Confins de Russie.(Iran, Géorgie).Notre communauté a connu aussi ses déboires et péripéties : malgré les difficultés, le manque de finances, tout le monde était animé par la volonté d’aller de l’avant et d’avoir un Chez soi.Certes la lutte était longue mais le résultat positif.En 1978 grâce au dynamisme et la persévérance de M.Maurice Benzacar aidé de M.Maurice Moryoussef notre rêve devint réalité.Ce fut l’acquisition d’une belle Synagogue dotée d’une Hazara semblable à celle des synagogues Benarrosh et Elias Hazan de Casablanca.Ce bâtiment d’une valeur de plus de $650,000., presque entièrement payé, est l’admiration et l’envie de tous les visiteurs.Cette année, Magen David a fêté le 25e anniversaire des premiers Marocains arrivés à Toronto.Une soirée de Gala a été organisée et une nombreuse assistance, parmi laquelle on notait la présence des représentants du Congrès Juif Canadien, de la J.I.A.S.et de Beth Tzedek, fut reçue par M.Maurice Benzacar et son Comité.La soirée était animée par un orchestre moderne et un orchestre oriental venu spécialement de Montréal.Le clou de la manifestation fut le don de M.Donald Carr, Vice-président (National) du Congrès Juif Canadien, d’un supporten cuivre pour verre commémoratif datant de plus de cent ans et en provenance du Maroc.Je voudraisajouterpourvotre information qu’il existe à Toronto d’autres congrégations sépharades, telle que Tifereth Israël, Or Hamaarav, Miniah Sepharade.Unecolonne dans votre journal réservée à notre région serait appréciée de nous tous, pour notre part nous sommes diposés à collaborer avec vous dans la mesure du possible.Je vous prie d’agréer Cher monsieur, mon cordial Chalom.Albert Zrihen igmw: SyCoSe»***' mm iMtM fflÊÊÊËÈt Mm ; sail IP «ass Minian aux Antilles La plus vieille synagogue du Nouveau Monde, Mikvé Israël-Emanuel, se trouve dans l’île de Curaçao, aux Antilles hollandaises.En 1 654, un groupe de Juifs Hollandais (Sépharades) venus du Brésil, fuyant l’Inquisition qui y sévissait, vinrent se réfugier et s’y organisèrent en une des premières congrégations sépharades de l’hémisphère occidental ; leur premier soin fut la construction de cette synagogue qui n’a jamais cessé de fonctionner jusqu’à nos jours.En comparant la liste des membres actuels, on trouve les mêmes noms de famille que celle du 17ème siècle.Cette continuité est d’autant plus remarquable qu’elle se poursuivit durant deux siècles et demi puisqu’on vient de célébrer le 250ème anniversaire de sa fondation.La synagogue avec sa façade imposante et son intérieurempreint du charme spécial du vieil Amterdam - de lourds chandeliers de bronze, au haut plafond, la Tevah, le Hekhal, les bancs, en bois sculpté d’époque, les ornements en argent - donnent à l’ensemble un cachet historique et solennel.Pendant deux siècles et demi, une vie juive intense s’y est déroulée.Un musée adjacent (deux maisons restaurées du 18ème siècle) contiennent des objets du culte inestimables offerts par les générations qui se sont succédées dans cette communauté.Des noms prestigieux figurent dans la liste des chefs spirituels qui ont servi pendant de longues années le Kahal de fidèles.Les Hahamim, Pardo, Lopez, Yeshurun, Mendes de Sola, Fonseca, se sont passés le flambeau, et leur rayonnement atteint les synagogues du continent américain tels que Chearith Israël de New York (1729), Honen Dalim (St-Eustatus 1738), la célèbre synagogue de Touro (Newport, Rhodes Island 1754), la synagogue de Nie SanTomé 11867, pour ne citer que celles-là et c’est àjuste titre que Mikvé Israël était appelée la mère des congrégations des Amériques.Cette congrégation demeura longtemps à l’abri des convulsions de l’Histoire: ce n’est que vers 1860 qu’une friction entre les familles, Cohen desHenriquez, et les familles Levi des Maduro, qui scinda la congrégation en deux groupes, et c’est ainsi que les Cohen fondèrent la Congrégation Israélite Réformée Hollandaise dont le Temple Emmanuel fut inauguré en 1867 et devient plus tard la Congrégation Juive Libérale.Pour des raisons diverses, les effectifs des deux congrégations commencèrent à se raréfier au point qu’on n’arrivait pas à réunir un minian dans chacun des deux groupes, et ce n’est qu’en 1963 que la décision fut prise de les réunir de nouveau sous le nom de Congrégation Unie.U ne autre conséquence de cette diminution de la population fut l’impossibilité d’avoir des Hachamim et Hazzanim Sépharades, et, à partir des années 60, commencent à paraître dans la liste des chefs spirituels des noms Askénazes tels que Rabbi Maislin, Hazzan Suverlin, Rabbis Silverman, Bentley, Peller, etc.officiant dans la synagogue Mikvé-Emmanuel de la Congrégation Unie Hollandaise-Portugaise.LA VOIX SÉPHARADE, SEPT.-OCT.1983 • 33 ms'?Cinquième Congrès national C’est le 5 Juin dernier, en présence de près de 300 participants, que s’est tenu, à Montréal, le 5ème congrès national de la Fédération Séphardie Canadienne.Une table d’honneur imposante regroupait des personnalités israéliennes ainsi que canadiennes, de Montréal et de Toronto.On pouvait noter la présence de M.Aaron Uzan, MinistreduTravail, desAffaires Sociales et de l’Intégration des immigrants, assisté de son directeur général, M.Elie Artsi, ainsi que M.Yehezkiel Zahaï, député à la Knesset.D’Israël également, M.Elie Elalouf, directeurgénéral du Département des Communautés Sépharades à l’Agence Juive, connu et apprécié de nombreux amis à Montréal.M.Itzhak Eldan représentait le Consulat d'Israël à Montréal.Enfin, pour compléter la table d’honneur, MM.Joseph Benarrosh, président sortant, Léon Oziel, président de la Communauté Sépharade de l’Ontario (O.S.A.), Maurice Sadeh, trésorier de la Fédération Séphardie Canadienne, Dr William Déry, président de la Communauté Sépharade du Québec.DrCharlesChocron présidait l’assemblée à titre de président des élections.Le Congrès s’ouvre donc à midi 30, après les hymnes nationaux.Dr Chocron fait lecture de l’ordre du jour.M.Léon Oziel prend la parole pour présenter aux Sépharades de Montréal la Communauté Sépharade d’Ontario, association nouvellement créée, ses composantes, ses objectifs, ses réalisations.Il insiste sur le rôle de lien que doit jouer la Fédération Séphardie Canadienne pour représenter les communautés de toutes les régions du Canada.V M.Elie Elalouf lui succède pourexpliquer son rôle et celui de son département au sein de l’Agence Juive.II insiste sur l’éveil qui s’est fait au cours des dernières années et sur la tâche qui est impartie à toutes les Fédérations Sépharades de la Diaspora pour soutenir les Sépharades d’Israël dans leur mouvement de conscientisation et d’affirmation.M.Ytzhak Eldan fait porter son allocution sur les récents évènements qui ont entouré l’arrivée d’Ariel Sharon à Montréal, les manifestations pouret contre.Il fait appel à la vigilance de tous pour contrer aussi bien l’anti-sémitisme que l’anti-sionisme.Il termine sur un mot très applaudi : si le 5 juin marque le 5ème Congrès, que le 5 soit sur vous (khamsa aleykoum).Mr.A.Uzan, avec une application touchante, s’exprime dans un français longtemps inutilisé pour expliquer son rôle dans les différents ministères dont il a été responsable et sur le rôle que peuvent et doivent jouer aujourd’hui les Sépharades d’Israël.Après avoir remercié les orateurs, le Dr Chocron fait lecture des télégrammes adressés à la Fédération Séphardie Canadienne pour la circonstance.C’est au tour du président sortant, M.J.Benarrosh de faire son rapport moral.Dans son allocution, il rappelle la raison d’être de la Fédération Séphardie Canadienne qui est de maintenir les liens de solidarité avec Israël, tout en veillant à améliorer le sort des Sépharades en Israël, dans ce qu’on est bien obligé d’appeler le conflit social.Quelques jalons de son mandat: - la première action a été la participation de la Fédération Séphardie Canadienne au Congress of Jewish Federations en 1 979.Si la manifestation a fait entendre la voix des Sépharades à Arieh Dulzin et aux congressistes américains, il a fallu en payer le prix : la Fédération Séphardie Canadienne passe depuis, pour un élément perturbateur aux yeux de l’Establishment juif, aussi bien en Diaspora qu’en Israël.Bien que cette action n’ait pas empêché la situation des Sépharades en Israël de continuera se détériorer, la problématique se pose différemment, grâce à certaines retombées favorables, en particulier l’apparition de mouvements tels qu’Oded ou Ta-mi.La Fédération Séphardie Canadienne, tout en se déclarant non-partisane, ne ménage pas son appui à tout organisme dont l’objectif premier est l’amélioration du sort des Sépharades en Israël.- L’essentiel de l’effort a porté, durant ces quatre ans, à la consolidation, au renforcement de la Fédération Séphardie Canadienne grâce à des négociations soutenues avec Genève et Jérusalem.Il aura fallu deux ans de pourparlers avec le Département de la Alyah et de la Jeunesse pour obtenir une infrastructure solide.7 Les activités ont été maintenues : - Éducation : hommage est rendu à Moise Ohana pour son travail à l’École Maimonide.Benarrosh souhaite que le même soutien soit apporté à l’École Or Hahemet de Toronto qui connaît de grosses difficultés depuis sa création.- Jeunesse : La Fédération Séphardie Canadienne organise chaque année le départ d’un ou plusieurs groupes à destination d’Israël.- Culturel : La Fédération Séphardie Canadienne a collaboré avec le Centre Communautaire Juif pour l’organisation de la Quinzaine Sépharade; elle lui a apporté son soutien logistique et financier.Joseph Be- 'K; fi i ft osn naarrosn en profite pour rendre également hommage à la qualité du travail effectué par Lynda Dadoun.- Information: étroite collaboration avec la Voix Sépharade pour laquelle le président sortant remercie chaleureusement Esther Benaim-Ouaknine.- Relations avec Toronto: même si elles sont encore jugées insuffisantes, ces relations restent étroites, de manièreàfairede la Fédération Séphardie Canadienne une fédération véritablement nationale.J.Benarrosh conclut sur son expérience personnelle qu’il juge particulièrement enrichissante.Il souhaite à tout le monde d’être président de la Fédération.Suit alors une période de questions où quelques participants expriment des réserves ou des doutes sur certaines actions de la Fédération Séphardie Canadienne.Mais l’atmosphère reste détendue et on termine cette partie de l’Assemblée sur une motion de félicitations au président et au Conseil d’Administration sortants.Maurice Sadeh procède à la lecture du rapport financier, vérifié par Joseph Ziri.Ce rapport, après quelques clarifications, est approuvé à l’unanimité.Nous voici à la deuxième partie de ce congrès: le moment des élections; on commence par faire lecture des noms des membres du Conseil d’Administration (voir encadré).Deux candidats à la présidence sont en lice : Ralph Benatar et le Docteur Georges Ouaknine.Celui-ci prend la parole pour faire savoir que sa priorité demeure la réalisation des objectifs de la Fédération Séphardie Canadienne dans une atmo-phère d’harmonie.Ayant constaté la similitude de ses objectifs avec ceux de Ralph Benatar, il se déclare prêt à retirer sa candidature.Il invite l’assemblée à voter unanimement pour Ralph, élu donc par acclamations.Le nouveau président prononce son discours d’inauguration dans lequel il reprend les principaux points de son programme.Ses préoccupations concernant les Sépharades d’Israël restent au tout premier plan.Les objectifs qu’il se pose d’atteindre portent tous sur le resserrement des liens entre la Fédération Séphardie Canadienne et les Sépharades d’Israël, aussi bien sur le plan éducatif que culturel et social.Les jeunes du Canada ne seront pas pour autant négligés : éducation sépharade, voyage d’échanges, création de bourses pour mieux faire connaître la réalité israélienne.34 • LA VOIX SÉPHARADE, SEPT.-OCT.1 983 Fédération Séphardie Canadienne L'oeuvre de consolidation se poursuivra : la Fédération Séphardie Canadienne continuera à travailler en étroite collaboration avec les institutions locales, tant les établissements d’éducation que les centres sociaux et culturels, à travers tout le Canada.Le culturel culminera avec une conférence internationale d’intellectuels séphara-des à Montréal, tandis que le social ira se ressourcer dans un séminaire de conférences pour institutions communautaires en Israël même.Enfin, les hommes d’affaires sépharades ainsi que les professionnels sont encouragés à échanger avec leurs homologues israéliens.Le discours du président est vivement applaudi.Avant de se séparer, on procède à la remise d’une plaque-souvenir à Joseph Benarrosh.Pourterminer, Charles Chocron remercie les participants de leur présence et leur intérêt envers la Fédération Séphardie Canadienne.il reste à espérer que la communauté entière aidera la nouvelle équipe de la Fédération à réaliser de si nobles projets.V I Conseil d’Administration de la Fédération Séphardie Canadienne Le premier Conseil d’Administration présidé par Ralph Benatara eu lieu le 1 5 juillet 1983.Au cours de ce Conseil d’Administration, les responsables des différents comités ont été nommés.Comme on ne manquera pas de le remarquer, la Communauté de Toronto est étroitement associée à chacune des commissions.Voici donc la liste de l’Exécutif : Président : Ralph Benatar Président sortant : Joseph Benarrosh ELECTION DU CONSEIL D’ADMINISTRATION : MEMBRES ÉLUS: QUÉBEC VICTOR ABIKHZER CHARLES BENATAR DAVID BENSOUSSAN LYNDA DADOUN ALBERT GABAY SAM S.OHAYON ALAIN PEREZ MAURICE SADEH MOSHÉ SUISSA MEMBRES NOMMÉS (ÉLUS PAR ACCLAMATIONS) : ELIE ABITBOL LUCIENNE NAMER JOSEPH ZIRI Vice-Présidents : Georges Ouaknine, Montréal, Léon Oziel, Toronto Conseiller spécial : Charles Chocron Responsables de commissions : Relations extérieures : Daniel Benatar Daniel Bensoussan Éducation : Moise Ohana, Montréal Jacques Benquessous, Toronto Relations inter-communautaires : André Amiel, Montréal Maurice Benzacar, Toronto HENRI ELBAZ RAOUL BITTON HAIM HAZAN MOÏSE OHANA MICHEL CHOKRON JEAN-CLAUDE LASRY CLAUDE CHRIQUI HENRI Z N AT Y ANDRÉ AMIEL JEAN BOUHADANA WILLIAM DÉRY GEORGES OUAKNINE RENÉ AMAR MEMBRES ÉLUS : ONTARIO MAX BENHAIM MAURICE BENZACAR SIMON KESLASSY Culturel : Lynda Dadoun, Montréal Mosès Elmaleh, Toronto Jeunesse : Moshé Suissa, Montréal Max Benhaim, Toronto Information : Lucienne Namer, Montréal Mosès Benmergui, Toronto Secrétaire : Charles Barchechath Secrétaire-Adjoint : Victor Abikhzer Trésorier : Joseph Ziri Trésorier-Adjoint: Henri Elbaz Directeur Exécutif: Marcel Elbaz Chaliah pour la jeunesse : David Abisror MEMBRES NOMMÉS (ÉLUS PAR ACCLAMATIONS) LÉON OZIEL MOSÈS BENMERGUI JOE ELMALEH MEYER KESLASSY ISAAC BENGUAICH RABBI AMRAM ASSAYAG MAURICE MORYOUSSEF MAYER ATTIAS ALBERT ZRIHEN ELIE ELMALEH JACK BENCHIMOL MOSÈS ELMALEH (MINYAN SEFARAD) MOSÈS ELMALEH (TIFERET ISRAËL) SALOMON ASSAYAG MOSÈS BENEDID JACK BENQUESSOUS Dahan, Illouz, Tolédano & Benchaya, c.a.Comptables agréés - Chartered Accountants 6767 Côte des Neiges, suite 510 ca RAPHAEL DAHAN, C.A.RAYMOND ILLOUZ, B.A.A., C.A.DANIEL TOLEDANO, C.A.Montréal, P.Q.H3S 2T6 ALBERT BENCHAYA, C.A.onpn nmiD Tél.: 738-4990 LECHANA TOVA TEKATEVOU LA VOIX SÉPHARADE, SEPT.-OCT.1983 • 35 ISRAEL La communauté sépharade du Québec : entre la conception et l'exécution |-1 ; Libre opinion ! I-1 Sharon : règlement de comptes Suite aux évènements concernant la venue de M.Ariel Sharon à Montréal, je me retrouvais en tant que professionnel du secteur public (C.L.S.C.) envahi par une propagande anti-israélienne, propagande qui circulait par le biais des centrales syndicales C.E.Q., C.S.N., etc.et qui nous invitait à manifester contre Sharon devant le Ritz Carlton.Ayant pris également connaissance de la contre-manifestation organisée par le Congrès Juif canadien, la Fédération Sioniste Canadienne, le Comité Québec-Israël, etc.je restais surpris de constater qu’aucune organisation proprement sépharade ne figurait officiellement dans les tracts distribués par les membres organisateurs.Devant l’ampleur et la tension de l’évènement Sharon à Montréal, je décidais de contacter la C.S.Q.ainsi que la Fédération Séphardie Canadienne afin de clarifier leurs prises de position politique formelle.Les réactions de ces deux organismes ont été similaires: «Nous avons consulté nos Conseils d’Administration respectifs à ce sujet, et nous avons décidé de fournir les tracts émis par le Congrès Juif Canadien afin d’inviter la population Sépharade à contre-man if ester».On me souligne par la même occasion que la C.S.Q.ne peut marquer son nom sur le tract parce qu’elle est liée à A.J.C.S.(Allied Jewish Community Services) et que, par conséquent, c’est le Congrès Juif Canadien qui représente la prise de position politique de la Communauté Sépharade du Québec.Du côté de la Fédération Séphardie Canadienne, on me rappelle qu’elle est sous l’égide de la Fédération Sioniste qui a pris officiellement position via le tract.Face à ces réactions d’organismes devant me représenter sur le plan de mon identité juive sépharade et israélienne, je me retrouvais devant une réalité difficile à avaler i.e.une absence réelle de prise de position politique propre à la Communauté Sépharade du Québec, absence qui laisse le champ libre à d’autres organismes de prendre en charge le vide créé et, par delà, s’approprier notre action politique.Que fait-on avec les individus et groupes qui ne s’identifient pas naturellement avec les organismes tels que le Congrès Juif, la Fédération Sioniste Canadienne, etc.et qui désireraient actualiser leurs actions par le biais de la Communauté Sépharade en rapport à Israël par exemple ?Est-ce que la Fédération Séphardie Canadienne fait une distinction objective entre Sépharade et Sioniste?Est-ce qu’une distribution de tracts émis et signés par le Congrès Juif et la Fédération Sioniste suffisent à représenter objectivement l’engagement politique des 20,000 à 25,000 Sépharades de Montréal ?Face à ces questions de fond, je n’ai pu obtenir que des miettes de réponses qui constituent, à mon avis, le reflet réel de notre position politique dans l’espace communautaire juif montréalais.De qui et de quoi relève cette logique ?Il y a bien sûr, à travers ces gestes une «colonisation politique» fondée sur la dépendance financière de la C.S.Q.vis-à-vis d’A.J.C.S., mais il y a aussi l’installation d’un modèle organisationnel où l’expression directe de la population Sépharade se retrouve anesthésiée par le biais de règles auxquelles elle a volontairement adhéré.Comme nous le savons tous, les règles dans toute organisation servent et opèrent à instituer une coupure entre ce qui est possible de faire et ce qui ne l’est pas.Dans cette optique, la communauté sépharade qui accepte à priori le parapluie financier et donc politique d’AJCS, se retrouve un participant actif dans la reproduction de la hiérarchie communautaire actuelle.Ainsi, la Communauté Sépharade du Québec agit au niveau de l’exécution sans participerconcrètement à la conception des évènements, celle-ci étant la dimension qui moule en dernière instance l’action sur le terrain.L’exercice du pouvoir, tel qu’il est appliqué par l’establishment Juif Montréalais, nous démontre à quel point notre action s’inscrit dans une démarche purement d’exécution où la conception de ce qu’est et doit être le devenir de la communauté sépharade passe par les mains de groupes restreints, et ceci au nom de la communauté Juive toute entière.La venue de M.Ariel Sharon a été en fait un symptôme révélateur de la «dynamique» communautaire qui nous invite à réfléchir sur notre devenir sépharade, dans une perspective de clarification de notre spécificité politique.Dans le rapport hiérarchique au pouvoir décisionnel, il est de hotre devoir en tant que communauté Sépharade de prendre position d’une manière autonome devant les évènements qui touchent et agitent les Juifs d’ici et d’ailleurs.Cette perspective permettra à long terme de renforcer et de solidifier notre communauté Sépharade Montréalaise qui se doit d’être le ciment de la prise en charge de la réalité sépharade._ .Amnon Suissa La visite d’Ariel Sharon a provoqué un remous considérable, mais quels qu’en soient les effets, ils ne seront pas perçus dans l’immédiat.Il n’en reste pas moins que beaucoup d’encre, de salive et d’électronique ont été versés dans une polémique dont le résultat a été de préciser des attitudes, de définir des positions.Tout le monde s’en est mêlé, de l’homme de la rue aux chefs de gouvernements, en passant par les syndicats, les Sociétés bien-pensantes, les animateurs des médias électroniques et les journaux.Si on devait imiter la politique de la «Gazette» de distribuer des bouquets et des briques, il en faudra tout un paquet: en parlant de briques, il y a de fortes chances d’en voir atterrir quelques unes dans notre propre camp.Mais là n’est pas notre préoccupation : les raisons qui ont provoqué ce remous sont loin d’être ce que l’on veut qu’elles paraissent.Pour nous, cette prise de position d’un chef de syndicat local et toute l’échauffourée qui s’ensuivit, ne sont que des vagues mourantes d’une grande lame de fond qui a balayé bien des mythes l’été dernier.C’est une question de Business Management, une question de commanditaires et de commandités, et de piteux règlements de comptes par personnes interposées.Pendant trente-cinq ans on a bourré le crâne et lavé le cerveau à des milliers de jeunes Palestiniens pour les préparer au Grand Jourde l’écrasement final de l’ennemi Sioniste (lisez Juif).Ces futurs combattants étaient sans cesse renouvelés, vu le décalage des années (s’ils avaient 20 ans en 1 948, ils en auraient 55 en 1983).Mais ils adoraient jouer aux soldats héros et libérateurs.Des douzaines de chefs tonitruants se sont succédés à la tâche de les entraînerjusqu’au moment où, parun habile jeu de coudes, a émergé un Yasser Arafat.Ce dernier, à l’odorat trèsfin, a suivi l’odeur du pétrole et atterri au milieu de commanditaires bourrés de pétro-dollars : les milliards devaient être versés à l’avance et la livraison de la marchandise (en l’occurrence Israël) se ferait à temps voulu.Comme échantillons du produit, un petit massacre d’athlètes par ici, une tuerie d’enfants par là, quelques autobds piégés, des bombes dans des centres d’achat.Pour encourager les bonnes dispositions, on va même jusqu’à porter le kaffieh et agal (coiffure du désert) et on arbore une petite barbiche tout ce qu’il y a de plus ermite.Il faut croire que les acheteurs ont pris les vessies pour des lanternes: ils ont versé aveuglément, massivement, confondant les prises d’otayes de jets avec la guerre moderne.Il existe des proverbes arabes dont la sagesse est insondable, tel que celui qui dit : «demande à celui qui a Voir suite page 38 36 • LA VOIX SEPHARADE, SEPT.-OCT.1 983 l’institut weizman ger les congestions nasales dues au froid ou aux allergies.En outre, les chercheurs de l’Institut, oeuvrant en collaboration avec le corps médical de l’armée israélienne, ont mis au point un «life detector» (type d’électrocardiographe portatif de campagne) et un dispositif permettant les transfusions sanguines même à très basse température.Lors de la création de son Institut en Israël, Chaim Weizmann s’engagea à soutenir les efforts des pionniers de l’agriculture.Jusqu’à nos jours, les chercheurs de l’Institut vaquent aux cultures botaniques et céréalières : concombres, hybrides, melons, graines de ricin et petites céréales.Leurs semences produites à Réhovot sont largement cultivées en Israël et à l’étranger.Un programme intensif concernant la culture du blé vise à augmenter la richesse en protéine et la résistance à la sécheresse des graines ordinaires, qui représente un facteur clé dans la lutte qu’entreprend le monde contre la malnutrition.Des travaux en cours visent à mieux protéger le monde contre les mauvaises herbes et la chute brutale de la température nocturne en Israël.En outre, un procédé misà pointé l’Institut permet d’extraire des écorces de pamplemousse un produit sucrant non toxique.Les caillots sanguins, responsables la plupart du temps des infarctus du myocarde, sont susceptibles de se former dans presque tout le corps pour voyager ensuite à travers le système circulatoire et venir bloquer un vaisseau sanguin du coeur ou du cerveau.Aussi, les chercheurs de l’Institut Weizmann étudient-ils de très près la structure des vaisseaux sanguins, les caractères de fluidité du sang et leurs consé-quencessurlacoaguiation, la formation de thromboses et les embolies.Ce type de recherche peut un jour permettre de mieux connaître les moyens de prévenir un infarctus et les matériaux appropriés à la fabrication des vaisseaux sanguins artificiels et de valvules cardiaques utilisées par la chirurgie moderne, vasculaire et cardiaque.à la pointe du progrè scientifique L’Institut Weizmann des Sciences se consacre à la recherche et à l’enseignement des sciences naturelles.Il comprend 21 unités de recherches, groupées en 5 facultés: la faculté de biologie, la faculté de biophysique et biochimie, la faculté de chimie, la faculté de mathématiques et celle de physique.Une communauté de 2,500 membres y travaille.Elle rassemble des chercheurs israéliens et étrangers, les étudiants de l’École Feinberg d’enseignement post universitaire préparant leur maîtrise ou leur doctorat, des ingénieurs, des techniciens, le personnel administratif et de service.La ligne d’action de l’Institut est déterminée par un Conseil d’Administration et son Conseil Exécutif.L’administrateur de l’Institut en est aussi le Président.Il est assisté d’un Conseil Présidentiel consultatif et d’un Conseil Scientifique qui assume la plupart des fonctions dévolues aux Conseils des Universités.Des dizaines de chercheurs de l’Institut qui s’attachent à comprendre les processus si complexes du développement des cellules cancéreuses, poursuivent des recherches approfondies su ries aspects multiples de la croissance des tumeurs malignes.Leurs travaux concernent aussi bien les cancers provoqués par les rayons X, les radiations ultra-violettes, les virus, les produits chimiques et les hormones que les cancers dits d’origine naturelle.Parallèlement, un vaste effort est entrepris pour permettre la découverte de nouvelles techniques thérapeutiques et immunologiques capables de vaincre le cancer et d’aider à sa détection.Cette recherche intensive qui est poursuivie au niveau de la molécule et de la cellule aussi bien que sur des animaux et parfois même des patients, pourra peut-être un jour contribuer à l’élimination de l’un des fléaux les plus redoutés de l’humanité.Les immunologistes de l’Institut, à la pointe de la recherche médicale et scientifique, cherchent à approfondir leurs connaissances des processus de formation d’anticorps, et de la capacité de ces derniers à combattre les maladies dues à l’invasion de l’organisme par des agents étrangers.Ils aspirent plus spécialement à comprendre et à résoudre l’énigme du rejet immunologique des tissus étrangers, de façon à ce que les greffes d’organes deviennent de nos jours des opérations chirurgicales banales, à développer une approche immunologique du diagnostic des maladies, et à réaliser un vaccin tant souhaité qui, par une injection unique, immuniserait les enfants contre une multitude de maladies.À l’Institut Weizmann des Sciences, comme dans tous les principaux centres de recherche scientifique, les spécialistes de la physique théorique et expérimentale poussent leurs investigations dans le domaine des particules nucléaires et subnucléaires.Ils ont à leur disposition quel-quel ques-uns des appareils les plus avancés qui soient, entre autres l’un des plus puissants accélérateurs d’ions lourds du monde.Dans le domaine de la physique appliquée, les chercheurs de l’Institut poursuivent des recherches fondamentales sur le magnétisme, les lasers et l’holographie, ainsi que sur la conception de nouveaux moteurs, d’antennes pour micro-ondes, et de technologies de visualisation.Plus de la moitié du personnel de l’Institut se consacre à l’étude de la biologie, de la chimie et des maladies : il est donc inévitable que s’y dessinent de nouvelles approches thérapeutiques permettant de lutter contre la maladie.Les chercheurs de Réhovot se trouvent actuellement à la pointe de la biotechnologie et des techniques de recombinaison génétique.Ils utilisent ces techniques pour fabriquer certains produits pharmaceutiques, notamment un antibiotique puissant.Ils sont également parvenus à extraire du thymus une hormone naturelle capable de renforcer le système d’immunisation et de compléter la chimiothérapie du cancer.La chimie organique classique n’y est pas non plus négligée.Déjà, de nouveaux médicaments capables de soulager les affections rénales et les maladies osseuses des personnes âgées sont commercialisés.Des antibiotiques et analgésiques synthétiques sont en cours de développement.L’Institut Weizmann des Sciences poursuit l’exécution d’un vaste programme de création d’appareils biomédicaux en coopération avec des centres médicaux israéliens et étrangers.Il faut mettre à son actif la découverte d’un appareil qui permet de surveiller le fonctionnement du «Pace-Maker», des méthodes qui permettent d’évaluer la circulation du sang à travers les artères obstruées, d’instruments électroniques pour le diagnostic clinique du cancer du sein, et d’un appareil capable de soula- LA VOIX SEPHARADE, SEPT.-OCT.1983 • 37 Nouvelles Économiques La Banque Israel Discount à Montréal En Octobre 1982 la Banque Israel Discount Limitée a installé des bureaux de représentation à Montréal dirigés par Monsieur David Ben Reuven.La Banque a été fondée en 1935 par Monsieur Léon Recanati Z”L et depuis lors elle n’a cessé de se développeret prendre part dans l’économie, avant_ et après, la création de l’État d’Israël.La Discount (pour abréger le nom) est subsidiaire de la IDB Bankholding Corporation, formée, entre autres, par la Banque Discount à Tel Aviv (siège social) et toutes les succursales en Israel, la Banque Israel Discount de New York, Discount Amérique Latine, la Banque Israel Discount du Canada (Toronto), Banque Barclays Discount, Banque Mercantile, Banque Hypothécaire et Développement, Banque Discount pour l’Industrie et Finance, Diners Club Israel, Visa Card Israel etc.Avec un actif excédant 14 milliards de dollars canadiens, la Discount offre d’amples services et plans d’investissements internationaux, lettres de crédit, comptes d’épargne, comptes courants, importations, exportations etc.La Banque Israel Discount a récemment ouvert une subsidiaire à Toronto, qui est dotée d’une charte offrant à l’échelle nationale et internationale, une gamme complète de services bancaires, commerciaux et personnels.Plus de 280 succursales, agences et représentations en Israel et à l’extérieur, entre autres - New York (siège social pour Ÿ' lii T?.: ¥ » :t du Département Domestique Banque Israel Discount, New York les continents américains) Miami, Miami Beach, Los Angeles, Toronto, Montréal, Buenos-Aires, Montévidéo, Sao Paulo, Rio de Janeiro, Santiago (Chili), Londres, Nassau (Bahamas), Grand Cayman, Luxembourg etc.Parmi Ies300grandes banquesaux États-Unis, la Banque Israel Discount est classifiée sous le No.65 et sous le No.14 à l’État de New York.Les installations modernes de la Banque Israel Discount se trouvent au 2000 Rue Peel, Suite 720, Montréal.Le but de la nouvelle représentation est d’informer sur les activités de la banque, investissements etc.Le nouveau représentant, Monsieur David Ben Reuven, est né à Casablanca le 5 novembre 1938, émigré en Israel en 1956.En 1957 il fait son service militaire et en 1960 il s’intégre comme fonctionnaire au Ministère de l’Intérieur.De 1963 à 1973 Ben Reuven a fait le service diplomatique auprès du Ministère des Affaires Étrangères de L’État d’Israël et en 1973 il s’intégre à la Banque Israel Discount et depuis lors il a rempli des fonctions concernant l’Amérique Latine.M.Ben Reuven a fait des études en sciences politiques, littérature et journalisme.Dans le domaine économique, il a fait des études d’administration et finances ainsi que de haute gérance.Suite de la page 36 essayé la cure, mais pas au toubib.» Pourtant, il y avait bien dans le voisinage des gens qui avaient essayé la médecine, et à cinq reprises.Les organisations terroristes se sont prises à leur propre jeu et le ton montait de plus en plus.Des camps d’entraînement furent créés partout, même aussi loin que la Chine, et des déclarations tapageuses de plus en plus nombreuses étaient publiées par un média occidentale plus que complaisante.La libération de la Palestine approchait : on avait même choisi (comme on l’avait toujours déclaré) le lieu et la date.Pour le lieu, quoi de mieux que le Liban : sans consulter ce pauvre pays, on le transforme en place forte.Canons, tanks, casemates, fusées, tout était prêt, pour un vaste camp de bataille allant de Nakoura à Beyrouth, avec l’aile gauche protégée par l’armée et l’aviation syrienne, et l’aile droite, la Méditerranée sillonnée de navires amis.C’est ici qu’il faut se demander ce qui s’est passé.Si nous nous posons la question, les commanditaires frustrés doivent se la poser avec beaucoup plus d’anxiété, multipliée par les milliards versés jusque là.Pourquoi n’ont-ils pas tenu leurs engagements, avec 40 mille guerriers et un armement fabuleux, pourquoi ont-ils couru se cacher derrière les beaux immeubles de Hamra et Ras Beyrouth ?Ont-ils sérieusement cru que les chaînes de télévision nord-américaine suffiraient à leur donner la victoire sanscoupférir?Devant Beyrouth assiégée, trois mythes se sont évaporés : l’invincibilité de l’armée de libération de la Palestine, l’imprenabilité d’une grande ville défendue rue par rue et la toute puissance du petit écran.Il existe deux réponses à ces questions : la première donnée par l’OLP, consiste à déclarerque c’est Ariel Sharon qui, parses méthodes barbares (sic et resic) les a obligés à abandonner la lutte, que c’est en somme leur victoire puisqu’il n’a pas réussi à les prendre tous prisonniers (une douzaine de milliers seulement), qu’ils sont sortis la tête haute avec armes et bagages (un pistolet, un sac de couchage).Believe it or not.La seconde réponse est donnée par les camarades de combat qui multiplient les défections, et les commanditaires qui, en réalité, n’ont jamais eu confiance dans les promesses mirobolantes de Yasser.Aucun pays arabe n’a bougé le petit doigt pour voler à son secours, ce qui permet de croire que l’on donnera ses huit jours sous peu à Arafat, à moins qu’il n’y ait un chantage politique et secret.Les petits camarades de Montréal font grant état de l’affaire Sabra et Chatilia : ils n’ont montréà notreconnaissanceaucune émotion au massacre de trois mille musulmans en Inde, versé aucune larme à celui de cent mille Libanais en quelques années à Beyrouth, aux milliers de victimes de Hama en Syrie, à d’autres milliers en Iran, en Iraq, en Arabie Séoudite lors de la révolte.Tout ceci revient à dire que sur le plan de la vengeance sur Sharon, le résultat en était trop maigre, pouren valoir la peine, et qu’en somme toute cette affaire a permis à quelques-uns de se défouler et de mettre au grand jour des sentiments qu’ils avaient beaucoup de peine à camoufler.En vérité, s’il n’y avait qu’une seule brique à décerner, elle devrait aller par EL AL, special delivery, en Israël.Quant à ARIK, il a résumé brièvement la situation en fixant des yeux des interlocuteurs connus de lui seul derrière le petit écran : «Je suis allé détruire le royaume des terroristes et je l’ai fait».Un observateur clairvoyant 38 • LA VOIX SÉPHARADE, SEPT.-OCT.1983 LA VOIX SÉPHARADE, SEPT.-OCT.1983 • 39 5768 Ave.Royalmount, Montréal, Qué., H4P 1K5 Tel.: (514) 737-1173 Bonne et heureuse fête de KOCH HACHANA Chaussures SOCIÉTÉ On a dansé la «Hora» .à Drummondville Comme toujours, cela finit par une «hora».Cette fois-ci c’était une hora de taille: plus de cinq mille spectateurs enthousiastes ont applaudi frénétiquement la troupe Beit haguefen qui a clôturé une des soirées de ce deuxième Festival mondial du folklore de Drummondville.Nous étions tout un groupe de Sépharades venus là, attirés par le titre d’arabo-juive que cette troupe de danse folklorique israélienne s’était donné.La ville de Drummondville, à 100 km de Montréal, «ouverte», souriante, est une surprise d’affabilité et de bon accueil : pendant dix jours elle avait arboré ses atours de fête et sa chaleur humaine pour recevoir les milliers de visiteurs venus assister à son deuxième festival.Une organisation impeccable, une programmation diversifiée et créative, placent cette ville au niveau des grands centres mondiaux d’art et de culture.Douze pays avaient envoyé leurs troupes de danses folkloriques participer à une fête de couleurs et de sons.À la soirée du 9 Juillet, nous avons pu assister, entr’autres, à une délicieuse danse «western» exécutée avec humour par la troupe américaine tandis que la troupe Mackinaw de Drum mon d-vilie accaparait les coeurs par le charme et la grâce de leurs petits pas.Toutes ces petites poupées roses et multicolores qui évoluaient sous les projecteurs, avaient quelque chose de féérique, d’irréel, tant par leur chorégraphie réglée avec précision que par l’harmonie de leurs gestes.Les danses du far west, de l’Irlande et de l’Écosse, et certainement celles du Québec nous sont pleinement familières, nous y sommes constamment exposés dans cette partie du monde : mais ce festival devient vraiment mondial lorsque nous assistons à des gestes et des attitudes aussi différents que ceux des Belges et des Israéliens.Les uns solennels et sérieux dans leurs costumes noirs, leur déploiement majestueux dedrapeaux, lesautresfougueuxen partie dans leurs «horas», mécaniques dans la danse des hassidim et la «dabké» arabe.D’ailleurs cette fougue a bientôté gagné le public qui a rejoint les danseurs dans une immense farandole, une hora endiablée, envahissant les deux plateaux de la scène et le parquet de l’aréna, au rythme scandé de «hava, naguila hava».À la fin du spectacle, nous sommes allés surprendre la troupe Beit Haguefen au vestiaire: une vraie surprise parce que nous avons pu vérifier qu’il y avait effectivement des jeunes arabes parmi eux, et lorsque nous leur avons parlé dans leur langue, ils avaient la même expression d’étonnement que certains Québécois quand ils apprennent que nous sommes Juifs et francophones.Une fois le fait 40 • LA VOIX SEPHARADE, SEPT.-OCT.1983 accepté que nous étions Juifs et Arabes en même temps, ce fut le dégel le plus complet : c’est dans un brouhaha inimaginable que le responsable, Israel Marcovitch a essayé de nous retracer l’historique de cette troupe, en arabe, en hébreu, pendant que nous subissions un assaut en règle des filles et garçons qui parlaient tous en même temps, tout en se rhabillant sans aucune fausse gêne.Musulmans, druzes, maronites et juifs se mélangent comme un jeu decartes, vous ne pouvezsavoirqui est quoi, et le tintamarre, les cris et quolibets qu’ils poussent ensemble, vous le pensez bien, sont bien plus agréables que les bruits de la guerre qui nous assourdit depuis une trentaine d’années.Est-ce un début ?Ce que nous avons pu comprendre, c’est que cela a commencé timidement par une visite entre écoles (comme l’Action Rapprochement ici) puis ce fut des «clubs» mixtes, puis un théâtre, puis une troupe de danse et tout un complexe culturel qui prend de plus en plus d’ampleur.Ce sont quand même des amateurs puisqu’ils ont chacun un métier et qu’ils ne sont réunis que par la même volonté de partager leur culture.Mais ils excellent dans ce qu’ils font et l’un des jeunes arabes nous fit remarquer que, si leur dabké étaient légèrement synthétisée, celle qu’on pratique au Liban est complètement occidentalisée.Mais, pourarriverà ce degré d’excellence, au niveau de l’exécution, combien d’heures de répétition ! L’un des danseurs nous dit que notre surprise ne l’étonne pas : partout où ils vont, le public manifeste la même curiosité pour ce mélange inhabituel.«Ce n’est pas seulement la danse et le théâtre», nous dit-il, «nous avons beaucoup d’autres activités ensemble, mais la première chose que nous avons apprise c’est de savoir écouter l’autre».Toute cette atmosphère de joyeuse camaraderie entre arabes et juifs nous fait oublier les images sinistres que la média internationale ne cesse de nous présenter.Verrons-nous le jour où le son de la musique et le geste de la danse remplaceront le tonnerre du canon et les actes de violence ?Fred Anzarouth SOCIÉTÉ Les mathématiques au temps des Pharaons Eiiezer wizman La civilisation égyptienne et l’art qui l’exprime ne sont pas seulement fascinants par leur prodigieuse durée, ils le sont tout autant par leur diversité.Non seulement sur la même terre se sont succédés l’Empire des Pharaons, l’Héllénisme alexandrin, le Christianisme copte de l’Islam, mais s’y sont rencontrés des apports venus de tous les points de l’horizon humain.Nous sommes alors témoins de la naissance de l’une des plus grandes civilisations de l’histoire.Cette civilisation égyptienne, apparue avec une spectaculaire soudaineté, a vu l’apparition d’un art neuf, art fondé pour la première fois, sur la forme géométrique où domine l’angle droit.Elle a dû rapidement développer des méthodes de calcul pour l’arpentage et l’irrigation des terrains ainsi que les divisions régulières de la surface de ces derniers.De même que, de la perception des premiers impôts sur la propriété, est issu le calcul des proportions,L’éveil de l’Égypte s’accompagne de la naissance de récriture.Dès lors, on peut tenir des archives, lancer des instructions, consigner l’histoire.Quant aux mathématiques, elles vont de pair avec l’écriture.Il devient possible d’évaluer les impôts avec précision, de mesurer les superficies, poids et distances, etc.L’histoire égyptienne, sa littérature, ses oeuvres d’art, ses écrits mathématiques, ont traversé les âges jusqu’à nous et fort heureusement ont survécu pratiquement indemnes.Leurs idées religieuses (ilsconsidéraient la mort comme un prolongement de l’existence), et surtout le climat, soutenaient cette volonté de conservation.Le problème pour les chercheurs était alors de déchiffrer les hiéroglyphes (écriture égyptienne).Nombre de chercheurs essayèrent, mais en vain.C’est alors qu’en 1821, legénie de Champollion lui permet de franchir la barrière jusque là infranchissable.La totalité des écrits mathématiques furent conservés dans des Papyrus (rouleaux de cuir) dont les plus célèbres sont les Papyrus de Moscou, de Kahun, de Berlin, de Reisner, d’Akhmim, et le Papyrus de Rhind.Ce dernier constitue la source la plus importante des connaissances mathématiques égyptiennes.Pour en revenir aux mathématiques, il existe deux systèmes de numération, hiéroglyphique et hiératique.Le plus utilisé et non le plus simple fut le système hiéroglyphique (c’est celui qui sera utilisé pour illustrer les exemples), système à base dix, non positionnel, dans lequel le principe additif régit seul la disposition des symboles : * : l AO \ , 2 : II * A / > _ O,.• loo • 4qqo *.y 3> y Par exemple, ai3 S 3^011/ ou !ir r\9S> Concernant les fractions de la forme a/b, les scribes les décomposaient en somme de fractions unitaires.Pour représenter ces dernières, le symbole «O» était placé au-dessus du nombre.Par exemple, 1/10 = o/r\ Nous en venons à présent à la partie la plus intéressante de la mathématique égyptienne, l’arithmétique.Le mathématicien américain R.J Gillings écrit à ce sujet : «Toute la structure de l’arithmétique égyptienne repose surdeux principesopé-rationnels : le premier est inhérent à leur capacité à multiplier et à diviser par 2, le second est leur capacité à trouver les 2/3 de n’importe quel nombre, entier ou fractionnaire».Comment donc les égyptiens effectuaient leurs opérations ?Ils additionnaient ou soustrayaient de la même manière que nous le faisons aujourd’hui, par exemple : 1 2 + 23 = 35 Pour multiplier, les égyptiens utilisaient le fait que tout nombre peut être représenté comme une somme de puissance de 2.Par exemple, un scribe veut effectuer 1 8 x 23.18=16 + 2.11 suffit donc d’additionner ces multiples de 23 : 1 2 4 8 16 18 23 46 —1 92 184 368 ~ 414
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