La voix séfarad /, 1 mars 1985, Mars - Avril
Canada Postas Post Canada Postage piiü Poil p- Bulk En nombre third troisième class classe FM 295 LA VOIX PUBLICATION DE LA COMMUNAUTE SÉPHARADE DU QUÉBEC SINBÜ ’J-S -• 30 3003H1'.ÜMï&y.mm • Pessah: fête de notre libération •Maimonide, du théologien au médecin •Israël: situation économique •La maternité éclatée •André Sabbah, champion i E.T.L.(centre-ville) Mtl vs/MWss- ¦wv/WKC y» ELMALEH DECORS INC.Tapissier- décorateur Meubles sur commande TÉL.:332-0516 332-1330 1365 TEES ST., VILLE ST.LAURENT, MONTRÉAL, P.Q.H4R 2A7 Réfection et transformation de tous sièges Meubles de style Louis XIII-XV-XVI Directoire restauration etc.meubles en bois de rose-marqueterie importés de france Estimation gratuite SrçsaSçïî’-'' i*S»»** 'VV;S< ' ’ V -j ¦ ¦ f WÈii\ ¦ ¦ S j.‘**l£ ¦: V (la voix SEPHARADE PUBLICATION DE LA COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC 4735 Chemin de la Côte Ste-Catherlne Montréal.Qué H3W 1M1 CANADA Pages «OKÎ8BAL, MA«S-AVf«L 1385.1& AMNSE; Na 2 LA VOIX Matza: Idée originale de Jacques Dahan La Voix Sépharade, journal de la Communauté Sépharade du Québec, est tiré à 6,000 exemplaires.La Voix Sépharade est publiée 6 fois par an : 5,000 des 6,000 exemplaires imprimés est acheminé par voie de poste à Montréal, au Québec, à Toronto et le reste du Canada, ainsi qu’aux organismes sépharades des États-Unis, d’Amérique Latine, d’Europe de l’Ouest et d’Israël.N° de l’Organisation Internationale de Normalisation : ISSN 0704-5352.Tout droit de reproduction est interdit sauf autorisation.Dépôt légal : Bibliothèque Nationale du Québec.Bibliothèque Nationale du Canada.Courrier de 3* classe, permis N° FM 295.Le siège de la Communauté Sépharade du Québec est situé au : 4735 Chemin de la Côte Ste-Catherine, Montréal, P.Q.CANADA, H3W1 M1.Tél.: (514) 733-4998.Rédacteur en chef: Isaac Bensoussan Rédacteurs: Michel Afriat Raymond Eljarat Secrétariat de rédaction et mise en page: Fred Anzarouth Secrétariat : Esther Elkaim Composition typographique : Concept Médiatexte inc.Imprimerie : REF Publishing Company Éditorial .2 LE MONDE JUIF • La situation économique en Israël .3 • La grande fête de notre libération .6 • Maïmonide, théologien et philosophe .8 • L’O.R.T., connaissez-vous vraiment?.11 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES • Élections communautaires .14 • Services Communautaires Juifs (AJCS) .17 • Communauté Sépharade de Laval .20 • Communauté Sépharade de Ville St-Laurent .21 • École Maïmonide .22 • Fédération Séphardie Canadienne .23 • Centre Communautaire Juif .27 • Centre Hillel .31 • Iraniens Juifs du Québec .32 • Nouvelles brèves .33 SOCIÉTÉ • André Sabbah, champion .35 • À propos de l’affaire Zundel .36 • La maternité éclatée .38 • Lu pour vous .41 • À la recherche de temps perdus .42 • Le feu de la lettre .44 • Une jeune virtuose sépharade .45 • Lionel Rocheman .47 CARNET .48 ONT COLLABORE A CE NUMERO: Michel Afriat, Patrick Afriat, Carole Amar, Sylvia Amar, Gisèle Amzallag-Garzon, Fred Anzarouth, Jacky Benamou, Salomon Benbaruk, Arié Benchaya, Fiby Benchaya, Coty Benchetrit, Chantal Benhamron Isaac Bensabat,Charles Bensoussan,Isaac Bensoussan, Sidney Benu-diz, Barbara Berger, Fereydoun Chafaï, Dorothea Cheifetz, Simon Dahan, Raymond Eljarrat, Simon Garzon, Paul Giami, Claude Haccoun, Alice Hazan, Nathalie Hazan, Armand Kessous, Joe King, Simon Kornitzer, Eliane Lévy, David Lévy, Yossi Lévy, Charles Mizrahi, Annie Ouaknine, Serge Ouaknine, Dan Sebbag, Mac Silver, Camille Simony.Montréal, Mars-Avril 1985, 16e Année, N° 2 y Editorial Les trois Voix La «Voix Sépharade», tout d’abord, c’est la voix des responsables communautaires.L’organe en question leur permet d’informer la population quant aux services mis à sa disposition et aux activités organisées à son intention.Cette voix-là vous appelle pour venir la soutenir et la renforcer.Les réalisations dans le domaine ne nécessiteront jamais trop de bénévoles.Vos idées et votre participation viendront compléter, confirmer ou renouveler, selon le cas.Qu’il s’agisse de vous joindre au Conseil d’Administration de la Communauté, à celui d’une des Constituantes ou à l’un des services en place, votre point de vue aura vraisemblablement plus de chance de se faire valoir «sur le terrain» qu’en dehors de celui-ci.La «Voix Sépharade» ensuite, c’est la voix de l’équipe du journal.Elle s’est dernièrement enrichie de nouvelles «cordes» Aux littéraires et aux scientifiques, sont venus s’ajouter des économistes, des artistes et des étudiants.Et les régistres sont encore ouverts.L’étendue de cette gamme nous a permis, dès le précédent numéro, de varier les sujets.Du Richon Letsion, à la Quinzaine du Film Juif en passant par les dernières prouesses de la micro-chirurgie, le journal tentait déjà d’atteindre un grand éventail de lecteurs: jeunes et moins jeunes, pieux ou traditionnalistes, communautaires ou «déconnectés».La troisième «Voix Sépharade» enfin, et non la moindre, tant s’en faut, c’est bien entendu la vôtre.C’est la voix de l’ensemble des lecteurs, de l’ensemble de la communauté.Et c’est celle-là qui nous intéresse en l’occurence.Le précédent éditorial titrait: «Peut-on faire plaisir à tout le monde et à son père?» Eh bien, il faut le dire: nous restons un peu sur notre faim quant à la réponse.Bien sûr, nous connaissons les réactions de nos amis et de notre entourage immédiat.Mais est-ce bien représentatif, et surtout est-ce suffisant lorsque l’on pense aux 6,000 exemplaires qui sont distribués?Quelles ont été les réactions de nos amis et de notre entourage, dites-vous?Eh bien non, vous ne le saurez pas.Une fois votre curiosité frustrée, vous comprendrez peut-être la nôtre; du moins, nous l’espérons de tout coeur.Notre travail et l’enthousiasme que nous tendons d’y appliquer nécessitent, pour évoluer, ce que l’on appelle couramment un «feed-back» et, dans notre chère langue de Molière, un «écho».Cet écho nous permettra de mieux cerner vos intérêts pour tenter d’y mieux répondre.Après tout, ou avant tout (le bon ordre est affaire de jugement), c’est pour vous que le journal est réalisé.Que l’on vous y installe une tribune?Mais bien entendu.Et avec le plus grand plaisir.Nous dirons même que vous avez parfaitement compris l’objet de cet éditorial: votre rubrique pourrait être baptisée, par exemple, «l’écho sépharade».En espérant vous féliciter prochainement pour le nouveau-né, nous nous joignons aux responsables de la Communauté pour vous présenter nos meilleurs voeux à l’occasion de Pessah: de joyeuses fêtes, l’harmonie dans chacun de vos foyers et, nous le souhaitons tous, dans l’ensemble de notre Communauté.Isaac Bensoussan V 2 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 POURCENTAGE LE MONDE JUIF La situation économique en Israël PRÉAMBULE Comment aborder la situation économique en Israël?Doit-on étudier l’influence économique des cinq guerres (1948, 1956, 1967, 1973, 1982 avec le Liban) en l’espace de 37 ans?La dernière intervention militaire au Liban et la présence de l’Armée Israélienne ont-elles eu des effets économiques plus désastreux que les guerres précédentes?Pourrait-on penser que les accords de paix avec l’Égypte ont eu des conséquences humaines inespérées mais des résultats économiques catastrophiques?Quelle influence l’hostilité déclarée des pays arabes du Moyen-Orient qui constituent les Dartenaires commerciaux natu- MONNAIE ET INFLATION TAUX DE CROISSANCE OEM EÛT.ANNUALISE ISRAEL ¦3SO - 2 CO - EO - 79-7 £0-7 et 900 dollars l’année suivante?Ceux qui ont fait un voyage fantastique l’été dernier en Israël ont constaté que certains marchands cotaient leurs produits en dollars américains qui représentaient le point fixe par rapport à la monnaie israélienne qui baissait de jour en jour.Il semblait que les Israéliens ne se privaient de rien par le fait qu’ils possédaient de belles maisons, de beaux meubles, des télévisions, des voitures, etc.On pourrait penser qu’en Israël le taux d’inflation n’a pas beaucoup d’importance car les salaires étaient indexés à 70% à l’indice des prix à la consommation.Les taux d’inflation de l’ordre de INFLATION ET TAUX DE CHANGE .TAUX DE CROISSANCE SEMEST.ANNUALISE ISRAEL 600 - 500 - 400 - 300 - 200 - 1 00 - TT » T T T T ï-f I > 1 » I II > i » | » » i rr r » > 79-4 80-4 81-4 82-4 83-4 84-4 nomiques auxquels la société israélienne fait face et esquisser les solutions proposées par le gouvernement d’unité nationale en Israël pour remédier à la situation économique.Problèmes du taux d’inflation Ces dernières années, l’expression «taux d’inflation» est devenue une expression courante fréquemment utilisée dans la section financière de n’importe quel journal local.Le taux d’inflation est confondu généralement avec sa première manifestation qui est l’augmentation des prix des biens ou des services.Nous savions déjà depuis quel- MAûl M ül'ETAJRE TAUX D'INFLATION - TAUX D'INFLATION rels de l’Est d’Israël a-t-elle eu sur l’infrastructure économique d’Israël?Tous ces problèmes ont certainement une influence à des degrés variés, mais il serait difficile au gouvernement israélien de les prendre en considération pour trouver des solutions à court et à moyen terme à la détérioration de sa balance des paiements et à une inflation galopante qui a atteint des niveaux de près de 600% au mois de février 1984.Nous allons dans cet article poser les problèmes éco- que temps que des taux d’inflation de l’ordre de 400%, 500%, etc.étaient l’apanage de certains pays d’Amérique latine (Chili, Argentine, Brésil, Vénézut la.).Que ne fut la surprise de certains d’entre nous de constater qu’en Israël aussi le taux d’inflation a atteint des niveaux records mensuels de l’ordre de 20% (ce qui équivaut à un taux d’inflation annuel de l’ordre de 800%).Peut-on imaginer et accepter volontairement de payer un produit 100 dollars une année, + TAUX DE CHANGE 20 à 30% annuels pouvaient ne pas ébranler la population et les dirigeants israéliens car les salaires augmentaient automatiquement avec un certain retard, bien sûr, de 14 à 21 %, mais pour les économistes, cette indexation était déjà un cancer dans l’économie israélienne et une source d’inflation.D’autre part, comment imaginer qu’un pays puisse vivre économiquement en relation avec d’autres pays avec des taux d’inflation de l’ordre de 700% LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 3 annuels.Ne parlait-on pas, il y a encore moins de trois ans que le fait que l’Argentine ou le Brésil ne puissent pas couvrir leur dette internationale, le système financier américain, et par là même occidental, risquait de s’effondrer?Notons au crédit de l’État d’Israël que le gouvernement a régulièrement remboursé ses dettes internationales.I- Problèmes économiques israéliens a) Le taux d’inflation qui, en fait, mesure le déséquilibre entre une masse de biens et de services et des signes monétaires (papier monnaie, cartes de crédit, chèques, emprunt.) a atteint aux environs du mois de février 1984 un taux de plus de 600% (certains parlent de 800 à 1000%), voir le graphique N° 1 qui donne l’évolution du taux d’inflation entre le mois de juillet 1979 et le mois de mai 1984.b) Le taux de croissance de la masse monétaire israélienne a atteint des niveaux de 300%.En d’autres termes, le gouvernement israélien crée «de la monnaie» pour couvrir ses dépenses courantes qui ont atteint un déficit de près de 1,5 milliards de dollars.Cette «monnaie» n'est pas nécessairement la conséquence d'une augmentation de biens et de services produits dans le pays.Ne donne-t-elle pas l’impression que les Israéliens vivent au-dessus de leurs moyens?c) Dépréciation de la normale israélienne: Tout récemment le shekel se transige à 0,00192 dollar canadien, soit 521 shekels par dollar (voir graphique N° 2).d) Baisse des réserves de monnaies étrangères (dollars U.S.) due à une balance commerciale déficitaire de plus de 5 milliards de dollars U.S.II- Source de ces problèmes économiques a) L’augmentation du prix du baril de pétrole de $2 en 1972 à $12 en 1974 et $30 en 1984, a eu des conséquences désastreuses sur la balance commerciale israélienne.Alors qu’en 1972 le gouvernement dépensait près de 2% du P.N.B.(Produit national brut) pour l’achat du pétrole, en 1984 ce pourcentage est monté à 12%.Le traité de paix avec l’Égypte a coûté aux Israéliens les champs pétrolifères découverts et développés par eux dans le Sinaï.Après la restitution à l’Égypte de ces puits de pétrole, le gouvernement israélien est obligé d’acheter son pétrole pour un coût d’environ 1,7 milliards de dollars U.S.annuellement.b) En 1972, 7% du P.N.B.était dépensé pour la défense , aujourd’hui les dépenses militaires sont passéees à environ 25% du P.N.B.soit 5,5 milliards de dollars U.S.ce qui per capita est plus élevé que les 50 milliards de dollars dépensés annuellement par les pays arabes voisins.Alors qu’en 1973 un avion de combat PHANTOM F-4 millions de dollars, aujourd’hui les nouveaux avions F-15 ou F-16 coûtent entre 40 et 50 millions chacun.L’infrastructure militaire, les routes, le développement des puits de pétrole et des colonies au Sinaï a coûté à Israël 17 milliards de dollars plus $2,4 milliards pour le redéploiement des forces israéliennes dans le Neguev.c) En 1973-74, le pays a perdu une grande partie du volume de production à cause de la mobilisation générale pour la défense du territoire.d) Le service de la dette qui comprend les paiements des intérêts et l’amortissement de capital coûte à l’État d’Israël $10 milliards en 1984, ce qui représente 45% de son budget de $22 milliards.Notons que le montant de la dette étrangère en 1984 s’élève à environ $24 milliards.e) La présence de l’armée israélienne au Liban coûte chaque jour $1 million sans compter les répercussions sur le ralentissement économique.f) La récession générale dans le monde occidental qui a réduit considérablement les exportations israéliennes à destination de l’Europe et de l’Amérique, a contribué de façon sensible à l’augmentation du déficit dans la balance commerciale.g) Les importations de matières premières pour permettre une croissance économique du pays coûtent une fortune à l’État.h) Israël est un pays d’immigration pour les Juifs du monde entier.Certains arrivent complètement démunis et reçoivent une aide sous forme de prêts à des taux d’intérêt très bas, de logements à loyers modiques, de tracteurs et de bétail pour ceux qui se destinent à l’agriculture.Rappelons que l’opération «Moïse» qui a consisté à amener les Juifs Falashas d'Éthiopie a nécessité des sommes d’argent considérables sans compter toutes LE MONDE JUIF les dépenses intérieures pour les intégrer dans la société israélienne.i) Taux de productivité très bas dans l’administration et certaines industries.L’habitude de régler certains problèmes par téléphone ne semble pas faire partie des coutumes de la société israélienne d’où une perte de temps importante dans des files d’attente interminables.j) Obsolescence de certains équipements industriels sauf évidemment pour les industries de pointe telles que l’électronique, l’industrie aérospatiale avec 22,000 employés, l’ingénierie médicale avec les lasers et les reins artificiels, la technologie agricole exportée même aux États-Unis, etc.k) Subsides gouvernementaux sur les produits de première nécessité (pain, sucre, huile.) sur les transports en commun, sur l’éducation, sur les soins médicaux, sur les programmes spéciaux pour les groupes défavorisés.III- Solutions Israël a tenté de remédier à sa situation économique sans recourir nécessairement aux mêmes armes économiques que les autres pays occidentaux, à savoir: - Une augmentation importante du taux de chômage - La récession économique.Le gouvernement d’unité nationale en collaboration avec le syndicat des travailleurs (Histadrout) et l’association des manufacturiers israéliens, a passé un accord global en vigueur du mois de novembre 1984 au mois de janvier 1985 dans le but: 1- D’arrêter la mentalité inflationniste du gouvernement, des consommateurs et des distributeurs.a) en imposant un gel des prix et des salaires pour une période de trois mois et un gel temporaire sur les taxes.b) en réduisant du tiers l’ajustement des salaires en fonction de l’indice du coût de la vie.2- De faire des coupures dans le budget national.a) par des coupures dans les subsides pour les produits d’usage courant subventionnés tels que l’essence, la nourriture de base, le transport public, etc.b) par des coupures d’environ $100 millions dans le budget de l’éducation.Le secondaire redevient payant comme avant 1977, les coûts d’inscription à l'université augmentent, les enseignants 4 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 doivent enseigner plus d’heures pour le même salaire, plusieurs postes d’enseignement sont éliminés.c) par un gel de l’embauche au gouvernement et par une élimination d’environ 15,000 emplois dans le secteur public.d) par des coupures de près de $300 millions dans les dépenses militaires.e) par des coupures dans les allocations familiales.Les allocations familiales ne seraient versées qu’à partir du 3ème enfant.3- De redresser la balance des paiements.a) en dévaluant la monnaie israélienne (shekel) ce qui augmente le prix des produits importés et permet d’augmenter l’exportation.b) en arrêtant l’importation pour une période de six mois de certains produits de luxe.c) en réduisant l’allocation aux Israéliens qui voyagent à l’étranger à $1,000 et en interdisant l’utilisation des cartes de crédit à l’étranger.d) en augmentant les taxes de voyage à $200 par personne e) en instaurant une taxe de 20% sur les billets d’avion.f) en établissant des accords de libre échange avec les États-Unis.Déjà des accords de libre échange existent avec les pays du marché commun, mais l’entrée de l’Espagne et du Portugal au marché commun en janvier 1986 fait poindre à l’horizon une concurrence sur les produits agricoles.A la fin de Janvier 1985, un accord global No 2 appelé «Programme de stabilisation économique» est entré en vigueur en février 1985 dans le but de supprimer graduellement l’indexation des salaires et du coût de la vie et de donner au gouvernement, avec accord préalable de la Knesset, totale liberté pour diriger la politique économique dans les domaines de la taxation, des subsides, des taux d’intérêt et des taux de change et, finalement, pour prendre des mesures pour réduire la consommation privée et publique et réduire le déficit de la balance des paiements.Un des buts recherchés est d’amener les Israéliens à baisser leur niveau de vie.Mais déjà, d’après Moshé Mandelbaum, gouver- LE MONDE JUIF neur de la Banque d’Israël, les mesures prises par le gouvernement ont manqué d’arrêter la chute des réserves monétaires.Il a déclaré aussi que si l’accord global No 1 a rassuré le public sur le taux d’inflation, l’accord No 2 a permis des augmentations de prix considérables sur les produits subventionnés et non subventionnés et la demande pour les produits importés s’est intensifiée.En conclusion, même avec une aide du gouvernement Américain à Israël de près de $2,6 milliards dont $1,4 milliards en aide militaire, la situation économique ne pourrait se redresser que si Israël crée, comme dans les pays occidentaux, le chômage dans le pays, (Il est actuellement de 6%), mais ce sera nécessairement en contradiction avec la politique de porte ouverte pour tous les immigrants Juifs du monde entier.Il reste qu’actuellement les dirigeants Israéliens font des appels à tous les hommes d’affaires Juifs dans le monde d’investir en Israël et d’importer les produits Israéliens.Si cette initiative ne porte pas fruit, il faudrait alors espérer et attendre un miracle.News flash!!! 1 ’Orchestre vous présente Raphi et Paula L’Orchestre El-Al a enfin trouvé l’occasion de vous présenter la fameuse chanteuse Paula.Originaire de Roumanie, Paula chante en dix langues incluant l’hébreu.Ses tournées l’ont amenée en France, Belgique, Pologne, Allemagne, Norvège, Pays-Bas, ainsi que dans plusieurs autres pays.Son formidable succès lui a permis de passer à la télévision.Raphi, chanteur-guitariste, très connu au sein de notre communauté pour son organisation et son dynamisme, a décidé de donner un nouvel essor à son orchestre de musiciens professionnels.Raphi et Paula ont combiné leurs répertoires respectifs et cela donne une ambiance fantastique qui vous fera danser toute la soirée.Ils mettent à votre disposition les cassettes de musique et vidéo de leur répertoire afin que vous puissiez les écouter au préalable à leur bureau.Pour une soirée réussie et pleine d’ambiance, n’hésitez pas: appe lez Raphi l’organisateur de votre simha.Nous avons également un grand choix de chansons hassidiques et nigunime.Faula Pour une soirée inoubliable, appelez Raphi: Bureau: 270-7054 Domicile: 681-4304 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 5 LE MONDE JUIF La grande fête de notre libération La première de nos fêtes commémore un évènement fondamental de l’histoire de notre peuple: la sortie des Juifs d’Égypte.Pour comprendre l’importance de cet évènement, il suffit de se rappeler que toutes nos prières, toutes nos bénédictions, tout au long de l’année et quelles qu’en soient les circonstances, mentionnent le souvenir de la libération du joug de l’esclavage en Égypte.La Torah et nos sages décrivent l’étendue de l’asservissement des fils d’Israël et leur libération miraculeuse.Il est intéressant de constater que les fouilles archéologiques ont permis de confirmer en partie cette description.Je vais essayer, dans la limite de mes connaissances, d’aborder certains des différents aspects qu’il est intéressant de se remettre en mémoire à la veille de cette grande fête de notre libération.Ce que nous dévoilent les Papyrus: L’installation en terre de Gochem, à l’Est du Delta du Nil, de la famille de Jacob, s’explique très bien dans le cadre du gouvernement de la XVIIème dynastie, celle des Hyksos.Les Hyksos sont des sémites, pasteurs comme la plupart des nomades sémites qui ont ébranlé à la fin du troisième et au début du deuxième millénaire les vieux empires d’alors: Sumer, Elam, Phénicie, Égypte.Mais en Égypte, la loi sociologique d’assimilation joue rapidement: le vainqueur adopte la culture des vaincus et les Hyksos, sédentarisés, ne se distinguent plus, après deux siècles.développée pour former tout un peuple, n’a pas suivi les Hyksos dans leur retraite.La psychose de la haine la choisit comme victime et elle devient l’objet d’un transfert.La persécution et la servitude des Hébreux, commencées sous Séti 1er, pour se poursuivre sous le long règne de Ramsès II, furent la conséquence de la lutte menée par le Nouvel Empire contre le spectre sémite.Pour se faire une idée de la situation misérable à laquelle les' Hébreux furent réduits, il suffit de les comparer à une autre classe sociale, celle des prolétaires (artisans, ouvriers, paysans).Ces Et pourtant, ce n’est pas dans cette classe sociale que l’on découvre la misère au dernier sens du mot.Bien que malheureuse, elle restait en dehors de la limite qui distingue l’homme de la bête, et la justice la concernait encore, sous certaines formes, car la société égyptienne lui reconnaissait un coeur et une identité humaine.Cette limite est franchie à propos des esclaves.Ils apparaissent comme une masse, une globalité, sans aucun trait d’individualité.L’esclave n’a pas de personnalité.Les esclaves sont astreints aux corvées impitoyables qu’exige l’expansion économique de l’Égypte.Ils sont les misérables absolus dans un univers concentrationnaire qui n’est pas sans rappeler le récent holocauste.Le but des Pharaons du Nou-vel-Empire est clair: la destruction de ce peuple, et sa haine antisémite n’a d’égale que celle des nazis.Ce qui rend l’Égypte et Auschwitz si semblables, ce n’est pas seulement que la violente haine raciale se soit exercée contre le même peuple, c’est qu’elle a été l’objet d’une planification minutieuse.WMI « ’/ )l/W'N, -'} â w ri v:\rCP il J BBSS des Égyptiens dont ils ont adopté les moeurs et les croyances religieuses.Or, c’est la complicité même des Hyksos au pouvoir et de leur vizir hébreu qui va compromettre la situation d’Israël, lorsque les Hyksos sont expulsés d’Égypte par le Nouvel Empire thébain.Le souvenir des Hyksos est pourchassé avec une haine cruelle et un fanatisme national aigu jusqu’à son effacement total.La tribu d’Israël, qui s’est derniers sont libres, mais démunis de tout.Voici ce que nous livre le Papyrus de Turin au sujet des prolétaires: «On crève de faim depuis dix-huit jours.Nous sommes venus poussés par la faim et la soif, nous n’avons pas de vêtements, pas d’huile, pas de légumes, pas de poisson.Le cordonnier est très malheureux, il mendie constamment; sa santé est celle d’un poisson crevé; il ronge le cuir pour se nourrir».Ce que nous enseigne la Torah: «Un roi nouveau s’éleva sur l’Égypte, qui n’avait point connu Joseph.Il dit à son peuple: «voyez, le peuple des enfants d’Israël surpasse et domine le nôtre.Allons, imaginons un plan.Empêchons qu’il ne s’accroisse d’avantage et qu’il ne puisse, en cas de guerre, se joindre à nos ennemis, nous combattre et quitter le pays».On lui imposa donc des surveillants de corvées, afin de l’humi- 6 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 lier dans ses travaux forcés.11 construisit pour Pharaon des villes-magasins, Pithom et Ramsès.Mais plus on l'opprimait, plus sa population grossissait et débordait.Les Egyptiens décidèrent alors d’en finir avec les enfants d’Israël».Ce qui paraît très significatif c’est que l’antisémitisme n’est pas le fait du peuple mais des dirigeants de la nation dans laquelle Israël est en exil.Quel reproche fait-on aux Hébreux en Égypte si ce n’est d’être trop nombreux: 70 personnes y étaient descendues dont Jacob lui-même, et 210 ans après, 600,000 hommes adultes quittent le pays.Cette croissance miraculeuse risquait de devenir un jour un élément dangereux à cause de la solidarité qui unissait les Hébreux dans l’adversité face aux divisions des Égyptiens.Mais le peuple Hébreu se multipliait et augmentait providentiellement alors qu’il était de plus en plus accablé par les travaux forcés et les coups de fouets des surveillants recrutés par moitié parmi les Égyptiens et par moitié parmi les Hébreux eux-mêmes.Il n’y a pas de plus grande misère que cette humiliation.C’est dans ce cercle d’enfer concentrationnaire que Moïse, obéissant à la parole de Dieu, a pratiqué une brèche.Le puissant Pharaon au coeur endurci n’est plus qu’un être épouvanté devant le corps de son premier-né; il vient subitement de découvrir qu'il n’est pas l’incarnation des divinités, mais un simple homme.Selon la tradition, le culte des dieux étrangers auquel les enfants d'Israël avaient été soumis par la force en Égypte les avait éloignés de Dieu et formait un obstacle à leur libération.Aussi fallait-il qu'ils soient purifiés avant leur libération en sacrifiant l’animal qu’ils avaient déifié et adoré.Le sacrifice devait se faire en public, en grande pompe.Plusieurs familles devaient se réunir ensemble pour le consommer.Il fallait, en outre, que le sang du sacrifice soit appliqué aux portes des maisons pour bien montrer qu'Israël rejetait ses anciennes croyances idolâtres.Mais comment des esclaves qui étaient à bout de souffle par les corvées harassantes auxquelles ils étaient soumis, pouvaient-ils impunément braver les Égyptiens au point de les provoquer?Comment un peuple réduit à l'esclavage le plus misérable pouvait oser s'en pren- dre à l'animal sacré, divinisé, de son oppresseur?C’est justement là que réside la libération.Le grand évènement n'a pas été seulement de briser le cercle infernal de l'esclavage et de faire quitter l'Égypte au peuple d'Israël, c’est* d’abord de le libérer de ses craintes, de ses peurs, de ses fausses croyances, de l’emprise de deux siècles d’idolâtrie.La libération physique n’a pu être effectuée que lor^qu'Israël a marqué par le sang, aux linteaux et aux poteaux de ses maisons, le signe qui proclamait publiquement sa profession de foi et qui démontrait qu'il était enfin libéré de ses anciennes croyances.Il avait eu le courage de sacrifier l’animal qui avait été jusqu’alors sa divinité.Le salut providentiel arrive lorsque les Hébreux, qui ont atteint le fond de la misère, reprennent la foi inébranlable en Dieu.Ce salut qui mènera à leur libération totale et finale, va suivre le schéma des grands phénomènes naturels: les difficultés s’intensifient lorsqu’on approche du dénouement, par vagues successives, jusqu’à la délivrance qui se fera elle-même en quatre étapes - qui sont à l’origine de l’usage de boire quatre coupes de vin le soir du Séder - comme il est dit dans SHEMOT-VAERA-6: «Je veux vous soustraire aux tribulations d'Égypte, je vous délivrerai de leur servitude, je vous ferai sortir, avec un bras étendu et de grands jugements, je vous prendrai pour moi comme peuple et je serai votre Dieu».Nos sages disent que l'affranchissement et même l'indépendance ne garantissent pas la liberté.Les trois degrés de liberté mentionnés dans le texte ne peuvent constituer le but de la sollicitude divine à l’égard de son peuple, car la liberté qui donne aux hommes LE MONDE JUIF l’ordre social ne compte des éléments positifs que si elle s’accompagne d’une aspiration morale et spirituelle.C’est la raison pour laquelle, ajoutent nos sages, la quatrième étape vient nous apporter l’élément positif et ouvrir la perspective de la dimension messianique du peuple juif.Ce mois-ci est pour vous le commencement: Un autre enseignement de la Torah relatif à la libération d’Égypte est la parole divine qui institue le calendrier de la future nation juive.Pour E.Munk, la proclamation d’une ère nouvelle, commençant le jour de la libération, doit marquer la coupure définitive avec l’Égypte, avec l’exil et l’esclavage, avec l’idolâtrie et la luxure qui étaient une véritable institution dans s l’Egypte pharaonique.Éa nouvelle évolution historique commence avec la libération, et en fixant le début du calendrier avec la commémoration de cet évènement majeur dans notre histoire, Israël sera amené à se souvenir perpétuellement du don de la liberté dont la Providence a comblé nos ancêtres.Un autre aspect intéressant ressort de la fixation du calendrier, car, étant basé sur les phases de la lune, il devient le symbole du constant renouvellement d’Israël vers sa renaissance morale qui conditionne son existence en tant que nation.Cela comporte, nous enseignent nos sages, l’effort inlassable de progresser dans la voie de la perfection et de la connaissance de Dieu.Le symbole du renouvellement du mois, effectué de manière particulière, signifie clairement que nous devons être maîtres absolus de notre condition morale.Michel Afriat Les miracles: Les dix plaies qui se sont abattues sur les Égyptiens sont autant de miracles par lesquels Dieu a démontré son «braspuissant».Le miracle, selon Martin Buber, entraîne toujours un étonnement que rien ne saurait abolir: et les grands tournants dans l'histoire de la foi ont toujours à leur origine un individu et une communauté solidaire de celui-ci, qui considèrent avec étonnement un phénomène qu ils considèrent comme miraculeux.Ce miracle peut n’être pas à proprement parler un phénomène surnaturel.Ce qui fait son caractère extraordinaire et providentiel, ce n’est pas le concept d'un phénomène de la nature dont aucune science ne saurait définir par la connaissance intellectuelle, ni les raisons ni le déroulement, mais un phénomène capable à l’heure de la grâce divine de dévoiler le miracle qui est en lui en ébranlant la sécurité de tout le système de connaissance de celui qui le reçoit et en faisant sauter le solide édifice du savoir et de la nature.Ce qui importe, ce n’est pas de savoir que les miracles sont contre nature, c est que ce qui s’est produit en Égypte a été perçu par les Hébreux et par les Égyptiens comme l’action de Dieu.LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 7 LE MONDE JUIF Maimonide (1135-1204) Théologien et philosophe.mais aussi homme de sciences et médecin À l’occasion du 850ème anniversaire de naissance de Maimonide, en 1135, V UNESCO a déclaré 1985 «Année Internationale Maimonide».C’est donc rendre un vibrant hommage à cet homme universellement respecté qui, par sa pensée et sa philosophie, constitue un lien entre les phisolophes grecs comme Aristote, leurs disciples arabes (Avicenne et Averroès) et les penseurs européens tels que St-Thomas d’Aquin, Bacon, Descartes, Spinoza et Kant.Plusieurs colloques et manifestations commémoratives en l’honneur de Maimonide sont prévus dans différents pays et en particulier en Espagne (Cordoue), au Maroc, en France, en Israël et à Montréal.Au Maroc, un colloque international patronné par le gouvernement marocain, le Conseil des Communautés Israélites et VUnesco, est prévu pour la fin 1985.Les autorités marocaines ont d’autre part décidé de transformer en musée la maison située dans la médina de Fez où résida, pendant plusieurs années, la famille Maïmon.A Montréal, un colloque International Interuniversitaire et Interdisciplinaire, sous Végide des Universités Concordia, McGill, Montréal, UQAM et de l’Université Laval, se tiendra les 23, 24 et 25 Octobre 1985.Cet évènement dont il faut féliciter P heureuse initiative et qu’il faut encourager par notre présence, permettra au grand public de se familiariser avec la pensée et l’influence de cette figure dominante et légendaire que fut, est et sera, RAMBAM, de qui il a été écrit «De Moïse à Moïse (Mendelssohn), nul ne s’est levé qui soit pareil à Moïse (Maïmonide(».m mm t.’çZiyy ¦ Statue de Maïmonide édifiée pour le 800e anniversaire sur une place de la Judrvia à Cordoue.Maïmonide (en hébreu Moshé ben Maïmon, RAMBAM, en arabe Abü Imran Müsâ Ibn Maimü Ibn Abdallah), est né à Cordoue, en Espagne le 30 mars 1135.Alors que l’Europe occidentale a sombré dans les abîmes de l’inculture, l’empire islamique connaît une civilisation florissante qui, après la mort de Mahomet en 632 A.D.s’étendra vers l’Est et l’Ouest à partir de la Syrie et de l’Irak, unifiant d’abord par la force, puis par la langue et la religion de vastes territoires entre l’Europe et l’Orient.De nombreux philosophes, poètes, médecins, historiens, astronomes et mathématiciens, font de Cordoue surnommée la «Bagdad européenne», 1’«Athènes de l’Ouest», au début du Xllème siècle, un des joyaux de l’âge d’or de l’Espagne Maure.Les au- teurs Grecs mis au ban par Justinien le Byzantin, craignant la contamination du christianisme, sont traduits en arabe et étudiés et commentés par les érudits juifs et arabes.C’est dans une telle effervescence intellectuelle que voit le jour Maïmonide, fils de Joseph Maïmon, juge (Dayan) de Cordoue, de généalogie prestigieuse.Ses ancêtres peuvent être retracés à la maison royale de David.Sa mère meurt en couches.Le Juif errant Le portrait de Maïmonide s’inspire de l’histoire et de la légende.Maïmonide passe son enfance et son adolescence à Cordoue où, sous la direction de son père, il acquiert une éducation religieuse et libérale.Esprit brillant, il étu- die le Talmud, la Bible, la philosophie grecque, l’astronomie arabe, les mathématiques (les Arabes ont inventé l’Algèbre et le système décimal).Esprit curieux, il touchera aux Sciences Naturelles et à la Médecine.Survient alors, depuis le Maroc, par réaction contre la liberté de la pensée et des moeurs, un courant mystique d’intégristes musulmans qui balaie le Maroc et l’Espagne et exerce l’intolérance religieuse forçant Chrétiens et Juifs à la conversion.Les Almohades atteignent Cordoue en 1148 et beaucoup de Juifs devront s’expatrier ou prononcer la formule coranique et exercer extérieurement l’Islam.La famille Maïmon s’y plia-t-elle?Ils se feront passer en tous cas pour Musulmans.En 1150, ils quittent 8 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 Cordoue et vont, pendant dix ans, errer à travers l’Espagne et peut-être la Provence, poussés de l’avant par la progression des Almohades.Chose surprenante, en 1160, Joseph décide de s’établir à Fès, au Maroc, et y entraîne sa famille composée de Maimonide, un frère David et une soeur.Fès est le coeur religieux et politique des Almohades et devient rapidement le centre intellectuel (ouverture de l’Université Al-Kharaouine), Maimonide, alors que son frère apprend le métier de bijoutier, en profite pour parfaire ses connaissances philosophiques, scientifiques et médicales.Devant le-désarroi de ses coreligionnaires forcés à la pratique de l’Islam, il écrit l’«Épitre sur la persécution» (Épitre sur l’apostasie) qui traite du statut de «MARRANES», justifiant par des exemples historiques et bibliques la nécessité de survivre pour servir le Judaïsme, même au prix de pieux mensonges.Cette lettre redonne confiance aux Juifs du Maroc, mais les risques sont grands, le «minian» impossible car la loi islamique punit de mort les Mahométans renégats.Quand certains Juifs en vue sont condamnés à Fès au bûcher, et que Maimonide manque d’y être sbumis à son tour, la famille décide de quitter de nuit Fès pour Ceuta où ils s’embarquent pour la Palestine le 18 avril 1165.Là, ils passent quelques mois à Acre puis font un pèlerinage à Jérusalem (au Mur des Lamentations) et à Hébron (aux tombeaux des Patriarches).Comme la Palestine, enjeu des Croisades à cette époque, offre peu de possibilités aux potentiels de la famille, ils s’embarquent pour Alexandrie.L’Égypte constitue alors, au Moyen-Orient, une oasis de paix pour les Juifs qui possèdent une grande autonomie et un statut égal à celui des Musulmans.Le séjour à Alexandrie sera de courte durée.Maimonide se heurte à la secte des Karaites majoritaires qu’il dénonce comme s’étant écartés de la tradition.Le père de Maimonide meurt à cette période et la famille gagne le Caire et s’installe à Fostat (la vieille ville).Maimonide, dont les besoins financiers sont pris en charge par David le bijoutier, se consacre à la communauté juive comme rabbin et à la rédaction de ses oeuvres maîtresses qui lui tiennent à coeur, soit les «Commentaires de la Michnah», la «Mishneh Torah» et le «Guide des Égarés».Maimonide : Philosophe et Théologien Maimonide avait déjà écrit en Espagne un brillant traité sur la logique et un calcul du Calendrier Juif qui démontrait des connaissances solides en astronomie et en mathématiques.Au cours de ses pérégrinations, Maimonide avait constaté la menace d’assimilation et d’extinction des communautés Juives du Maroc, d’Espagne et de Palestine, et ceci non pas par intention mais souvent par ignorance tant ces communautés étaient privées de leurs synagogues, de leurs rabbins et de guides spirituels et religieux.Ceci l’amène à publier en 1168, après dix ans d’efforts, «Les Commentaires de la Michnah» suivis dix ans plus tard de la «Mi-chneh Torah» ou seconde Torah en 14 volumes.Dans ces ouvrages, Maimonide explicite les textes de la Michnah et réunit en un code clair l’ensemble des lois religieuses et civiles d’Israël, telles qu’elles découlent de la Bible, de la Michnah, du Talmud et des décisions des premiers juges.C’est donc un effort de simplification pour rendre les lois juives accessibles et acceptables par tout un chacun.Dans ces oeuvres, il intègre la pensée philosophiques de la logique et de l’éthique d’Aristote à la pratique religieuse.Dans son «Guide des Égarés» (1190) qui s’adresse cette fois aux érudits, il harmonise foi révélée et raison, religion et science, physique et métaphysique.Finalement, par ses constants encouragements et mises en garde aux communautés menacées - Épitre sur la persécution, Épitre au Yemen, qui traite de la question du Messie et du faux messianisme qui régnait au Yemen, Épitre sur la résurrection, des commentaires de textes Talmudiques et plus de 6,000 lettres réponses - Maimonide émerge comme un guide éclairé, un berger et cela au-delà des critiques et des attaques de ses adversaires.Si Maimonide ne s’était signalé que par ces écrits.celà eût été assez (Dayenou) mais.Maimonide: Homme de Science et Médecin Après la mort de son frère David _ dans un naufrage qui engloutit du LE MONDE JUIF T -s.%.même coup leur fortune, Maimonide, après une période de déprime et se refusant à tirer revenu de sa charge de Grand Rabbin du Caire, décide de pratiquer la médecine qu’il avait étudiée à Fès et Cordoue.Il y mettra autant de persévérance, de conscience professionnelle et l’esprit rationaliste qu’il a mis dans l’étude de la religion.Sa renommée grandissante lui amènera des patients aussi célèbres que Sa-ladin (Sultan d’Égypte) et Richard Coeur de Lion (en Croisades).Il devient médecin de la cour des Sultans Fatimides (Saladin et ses successeurs) jusqu’à sa mort, tout en maintenant une clientèle privée importante.Une lettre écrite en 1199 à son ami et disciple Samuel Ibn Tibbon décrit son mode de vie: «Mes devoirs envers le Sultan sont très lourds.Je dois me rendre au Palais tous les jours, tôt le matin, et sur demande si le Sultan, un de ses enfants ou une de ses concubines sont indisposés.Je ne retourne à Fostat que dans l’après-midi.Je suis alors affamé mais je trouve mon antichambre pleine de patients, Juifs ou Gentils, nobles ou gens du peuple, juges et policiers, amis et ennemis.Je prends une légère collation, puis je m’occupe des patients, les examinant et écrivant prescriptions et recommandations pour leur diète, et cela parfois jusqu'à deux heures du matin.A la tombée de la nuit, je suis tellement exténué que j’ai du mal à parler.En conséquence, aucun Israélite ou disciple ne peut discuter avec moi de sujets religieux ou communau- LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 9 taires excepté le Shabbath.» Maïmonide a écrit dix ouvrages médicaux majeurs dans lesquels il démontre une profonde connaissance des écrits médicaux Grecs et Arabes.Ses sources d’inspiration remontent aux Grecs Hippocrate, Aristote et Galien, au Persan Rhazes, au Turc Farabi et aux Arabes Avicenne, Avenzoar et Averroès.La majorité de ces travaux ont été écrits en Arabe.Le plus volumineux et peut-être le plus populaire «Pirké Moshé» ou le «Aphorismes médicaux de Moïse» est une collection de 1500 aphorismes d'origine Grecque (Galien).Les 25 chapitres traitent d’anatomie, de physiologie, de pathologie, symptomatologie, diagnostic, étiologie, thérapeutique, gynécologie, hygiène et prescriptions médicales.Le dernier chapitre constitue une longue critique et des commentaires sur les invraisemblances philosophiques et médicales de Galien.Deux autres traités, «Extraits de Galien» et «Commentaires sur les aphorismes d’Hippocrate» montrent à nouveau l’influence grecque.Dans ce dernier, il relève par exemple un aphorisme d’Hippocrate: «Un garçon naît de l’ovaire droit, une fille de l’ovaire gauche», et Maïmonide commente «Un homme doit être prophète ou un génie pour annoncer cela», comment pouvait-il prévoir l’amniosynthèse ou l’échographie.?Il écrit, à la demande d'un neveu du Sultan, qui souffrait de sévère mélancolie et d’hypocondrie, un essai sur la préservation de la santé «Regimen Sa-nitas» et un traité sur l’explication des attaques «De Causis Accidentium».Il y établit les principes qui doivent guider le médecin et le patient dans le traitement de la maladie.il recommande de bonnes conditions d'hygiène, morales et physiques.Souci du corps, exercices, promenades, diètes appropriées et divertissements, sont recommandés.Suivront d’abord un traité sur l’asthme «la première chose, dit-il, est de considérer sa provision en air frais, en eau propre et une diète appropriée.» où l’on voit que les soucis de pollution ne datent pas d’hier.Puis un traité sur les hémorroïdes où il décrit la digestion, les aliments néfastes ou recommandés, les mesures thérapeutiques générales et locales comme des bains, des médicaments et, en dernier recours, la chirur- gie.En 1190, à la demande expresse du fils de Saladin, un playboy écrasé sous le nombre de ses concubines, Maïmonide écrit un traité sur la cohabitation où il prodigue conseils (diète, repos et condition physique) et une liste des aliments recommandés ou à proscrire avec, en outre, quelques recettes aphrodisiaques.Son «Traité sur les poisons et leur antidote» reste un classique.On y trouve par exemple les différents types de morsure et la méthode pour extraire le venin tel que décrit dans un cours de secourisme aujourd’hui.Il donne aussi dans ce traité une bonne description de la rage, incluant la longue période d’incubation.Finalement, on lui doit un «Glossaire de noms des médicaments», un répertoire de 2,000 médicaments en Grec, Arabe, Syrien, Persan, Berbère et Espagnol, qui sera un «textbook de pharmacologie en Europe et au Moyen-Orient pendant des siècles.La pratique de la médecine par Maïmonide, se concentre sur la prévention plutôt que le traitement des maladies.Il insiste sur l’importance de l’étiologie (agent responsable), la cause de la maladie, la pathologie n’étant que la conséquence.Dans son traité sur l’asthme, il * réalise que cette maladie a plusieurs étiologies et ne peut être traitée que selon l’agent qui l’a provoquée.Le conseil qu'il donne aux Médecins c'est de ne pas secouer les patients par une médecine de choc.Ses principales prescriptions pharmacologiques incluent la diète, l’exercice, le repos, l’air frais, le soleil et la modération sexuelle.Son concept d'un «esprit sain dans un corps sain» prend en considé- LE MONDE JUIF ration à la fois l’aspect physique et mental de la maladie, qui est une initiative dans le champ de la médecine psychosomatique.Il dénonce l’exorcisme par amulettes ou incantations tel que pratiqué, par exemple, par les Cabbalistes, ainsi que les superstitions qui voulaient que la maladie soit d’origine divine.C’est un fait que nombre de ses opinions sont fortement inspirées de ses prédécesseurs Grecs et Arabes ainsi que de l’éthique du Judaïsme plutôt que de la recherche appliquée.Cependant, ses travaux dénotent une lucidité rare, une grande expérience, une concision et un formidable pouvoir de systématisation et d’organisation, qui ont fait dire à Sir William Osler «Il fut le Prince des Médecins».Maïmonide meurt le 31 décembre 1204 et sera pleuré par le monde chrétien, musulman et juif.Il sera enterré, selon ses voeux, à Tibériade.La légende veut que lors du transfert du cercueil à Tibériade, la caravane fut attaquée par des pillards.Apprenant le nom du défunt, ils se prosternent alors, implorant la miséricorde de Maïmonide.Ils se chargeront ensuite d’escorter la caravane jusqu’à Tibériade.Simon Garzon Encyclopédie Judaïca Bratton, G.F., Maïmonides: Medieval Modernist, Beacon Press, Boston 1967.Rosner, F.Sex ethics in the writing of Moses Maïmonides Bloch Publishing Company, 1974.Heschel, A.Maïmonide - Fondation Sefer 1982.Le Porrier H.Le Médecin de Cordoue - J’ai lu 1974 (Version romancée de la vie de Maïmonide).il'D ISRAEL - ENGLAND - CANADA ASSOCIATED WITH JEWISH GENERAL HOSPITAL Rabbi Aaron Sultan MOHEL QUALIFIÉ Pour une Brit Mila dans la tradition sépharade 4995 CARLTON MONTRÉAL.QUÉBEC H3W 1G9 (514) 7386517 10 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 LE MONDE JUIF L’O.R.T., connaissez-vous vraiment?Fondée en 1880 dans la Russie impériale, FORT (organisation, reconstruction, travail), était au départ un programme d’entraide destiné à donner aux Juifs «une formation technique, artisanale et agricole» pour leur permettre d’échapper à la misère de la zone de résidence.Dans l’entre-deux-guerres, ce programme a étendu son champ d’activité à l’Europe occidentale.L’Union mondiale ORT a été constituée à Berlin en 1921 pour coordonner et unifier l’action des différentes organisations nationales.Au cours de la seconde guerre mondiale, l’Union a continué à fonctionner dans l’Europe envahie par les Nazis avant d’installer son quartier général à Genève.Après la libération, on ouvrit des ateliers dans les camps de personnes déplacées où, en l’espace de six ans, quelque 80 000 Juifs reçurent une formation professionnelle.Depuis 1880, près de deux millions de personnes ont bénéficié des cours ou de l'assistance de FORT et près de la moitié d’entre elles ont eu recours à cette organisation depuis la fin de la seconde guerre mondiale.Elle constitue la plus vaste organisation privée de formation professionnelle du monde et ses activités sont exclusivement consacrées à l’enseignement.L’ORT fête en 1985 sont 105e anniversaire.Depuis sa création, elle a fait oeuvre de pionnier en développant une conception très souple de l’éducation professionnelle, afin de répondre aux besoins toujours nouveaux de ceux qu’elle dessert.Axées sur les besoins du peuple juif, en Israël et dans la Diaspora, ses écoles sont ouvertes à tous.Aujourd’hui, le programme actuel comprend un effectif annuel moyen de 110 000 élèves, plus de 800 centres, écoles et unités de formation, des opérations ou des comités dans plus de 45 pays, un corps enseignant et un personnel administratif de plus de 4 500 membres et un budget annuel de près de 100 millions de dollars américains.Actuellement, l’organisation a étendu sa présence à 45 pays répartis dans le monde entier.Des écoles, des programmes de formation et des projets d’assis- tance technique fonctionnent dans 31 pays tandis que des comités et des programmes d’information et de collecte de fonds sont en place dans 14 autres pays.Le plus important réseau se trouve en Israël où il représente la plus grande institution d’éducation professionnelle au pays.Près de 75 000 personnes s’y inscrivent chaque année réparties en une centaine de centres.En collaboration avec l’Université Hébraïque de Jérusalem, l’École d’ingénieurs de FORT est devenue totalement opérationnelle en 1976 et depuis lors, elle ne cesse d’étendre ses activités pour mieux répondre aux besoins du pays.En outre, des collèges d’enseignement technique supérieur, des programmes de formation pédagogique fonctionnent en sept autres points du pays.cessaires pour répondre à la demande d’un monde commercial et industriel en pleine mutation.Au Maroc, FORT fut fondée en 1948 et a été le premier établissement du genre dans le monde arabe.Il ne reste aujourd’hui que 20 000 Juifs au Maroc (sur une population totale de 20 millions), une fraction infime d’une communauté qui comptait jusqu'à 260 000 personnes.La communauté juive habite principalement Casablanca.Ce choix est dicté en partie par des raisons économiques, et aussi par le fait que les services communautaires tels lieux de prière, services sociaux et boucheries cachères sont plus structurés dans cette ville.10% de la population juive principalement parmi les personnes âgées, dépendent entièrement de l’assistance publique.Un autre 10% nécessite une aide complémentaire sous forme alimentaire.Environ 30% sont * l; •.V'U • -V.> t.mKm La section en France, la deuxième par ordre d’importance dans le réseau international, dirige des centres à Lyon, Marseille, Paris, Strasbourg et Toulouse.Leurs effectifs totalisent chaque année près de 9 000 élèves et connaissent un accroissement rapide.Pour faire face à l’immigration massive des Juifs en provenance d’Afrique du Nord- près de 500 000 au cours des vingt dernières années - L’ORT-France continue à développer ses activités tant pour les jeunes que pour les adultes afin de leur donner les qualifications né au-dessous du seuil de pauvreté.Le réseau est constitué de deux écoles techniques qui acceptent des internes et de trois centres éducatifs répartis à l’intérieur du pays.L’école de garçons, forte de 14 classes, accueille 196 élèves dans des matières aussi variées que l’électronique, l’électricité, la mécanique, le dessin industriel, l’architecture, des cours ac-i célérés en électricité et en soudure.Les 8 classes de filles comptent 135 élèves qui reçoivent une formation de technicienne de laboratoire, secrétaire, LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 11 de coiffeuse et d’esthéticienne.On compte parmi les innovations du programme pour le Maroc un projet de cours en micro-ordinateurs destinés aux filles et aux garçons.En matière d’éducation juive, dans toutes les classes, l’hébreu, l’histoire juive et l’éducation religieuse, font partie du programme scolaire.L’un des objectifs principaux est de donner aux élèves un sentiment d’appartenance à la communauté juive.Par l’enseignement d’une base solide d’histoire, de culture et de religion juives, ces élèves sont fortement encouragés à s’identifier à cette communauté.Quant à l’assistance sociale en faveur d’enfants de milieux défavorisés, c’est un objectif important.Cette assistance ne se limite pas simplement à aider et soulager des familles dans le besoin, mais recherche, dans la mesure du possible, des solutions durables.ORT collabore avec OSE-MAROC (Organisation d’aide aux enfants) pour tout ce qui touche les questions médicales et sociales.Une infirmière OSE est toujours sur place dans les écoles de l’ORT et un dossier est ouvert pour chaque élève dès son entrée.Tous les nouveaux élèves sont soumis à des contrôles réguliers concernant leur santé gé nérale, la vision, le système auditif et les vaccinations.Ensuite, l’enfant est suivi pendant toute sa scolarité par le médecin de l’école qui fait des visites re gulières deux fois par semaine, et par l’infirmière de service qui est en place en permanence.Des vitamines et des lunettes sont fournies aux élèves nécessiteux.En Amérique Latine l’expansion se poursuit avec des écoles et des programmes en Argentine, au Brésil, au Chili, en Colombie, au Mexique, au Paraguay, au Pérou, en Uruguay et au Vénézuela.La priorité est donnée aux jeunes de façon à répondre au désir croissant des familles de donner à leurs enfants une éducation professionnelle dans un cadre juif.L’éventail des activités en Amérique latine s’étend de la formation supérieure dans les disciplines de pointe à la formation technique continue dans les écoles secondaires, en passant par l’éducation créative pour les enfants de niveau primaire dans le cadre du «mouvement juif de l’école juive».En Inde, où l’ORT est implantée depuis vingt ans, les écoles à Bombay ont exercé une grande influence pour permettre à une génération de jeunes de découvrir les perspectives du monde moderne .Le système de TORT dans le monde a voulu satisfaire toutes les catégories d’élèves qui s’adressent à elle, depuis les enfants en âge préscolaire dont l’esprit s’éveille à peine, jusqu’aux adultes désireux de se recycler ou de se perfectionner.Elle a dû par conséquent créer un vaste éventail d’écoles et d’unités de formation qui en font une organisation unique en son genre.La majorité de ses élèves étant des adolescents, la plupart des écoles sont de niveau secondaire.La formation continue des jeunes dans le cadre de cycles d’études de longue durée constitue le secteur qui connaît l’expansion la plus rapide sur le plan international.La plupart des élèves venant de milieux modestes, les écoles fournissent repas, habillement, livres et fournitures scolaires, soins médicaux et autres services d’assistance.Certaines écoles sont réservées aux handicapés tandis que d’autres disposent d’un internat.Les écoles sont toujours conçues pour répondre aux besoins des élèves.L’organisation comprend: des écoles secondaires techniques et professionnelles, des centres d'apprentissage, des cours de perfectionnement et de recyclage pour adultes, des ateliers de travaux manuels et d’éducation créative pour les enfants du niveau primaire, des écoles implantées dans des usines, des cours pour les réfugiés, un vaste choix de cours par correspondance, des cours de bricolage et d’artisanat pour l’étude à domicile, des séminaires, des cours d’éducation juive, des stages de LE MONDE JUIF formation au travail et enfin des éta blissements d’enseignement technique supérieur.L’enseignement y reflète les besoins toujours nouveaux des pays industrialisés et du tiers Monde.En introduisant de nouvelles disciplines et des méthodes pédagogiques modernes, l’ORT oriente les nouvelles générations vers un avenir productif et influence profondément la vie des communautés qu’elle dessert.Les cours préparent à plus de cent professions différentes touchant les domaines les plus variés: automation, électronique aéronautique, technologie des ordinateurs et informatique, chimie industrielle, laborantins médicaux, électronique et électricité, construction mécanique et machines-outils, dessin technique et industriel, arts graphiques et décoration d’intérieur.Parmi les autres disciplines enseignées: mécanique automobile et mécanique diesel, entretien et travail avec l’outillage lourd, tôlerie et soudure, menuiserie et ébénisterie, secrétariat et travail de bureau, dessin de mode, arts ménagers, toutes les professions de l’industrie de l’hôtellerie et de la restauration.ORT sait que la qualité de la formation qu’elle dispense aidera ses élèves à s’assurer une «place au soleil» dans tout son réseau international, et entend continuer son travail aussi longtemps que le besoin se fera sentir et qu’il y aura des jeunes gens et des jeunes filles pour remplir les classes.Mac Silver, directeur exécutif national Dorothea Cheifetz, présidente ORT Montréal MAZALTOV ^ TRAITEUR R.HAZAN POUR VOS BANQUETS ET RÉCEPTIONS MARIAGES ET BAR-MITZVAH PATISSERIES DU SOIR ET TOUS GENRES DE GATEAUX ASSORTIS STRICTEMENT CASHER SUPERVISÉ PAR LE VAAD HAÏR TÉL.739-0200 2888 QOYER ET nARLINGTON 12 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 13 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES Assemblée Générale de la Communauté Sépharade du Québec La Communauté Sépharade du Québec a tenu une Assemblée Géné raie Spéciale au Centre Communautaire Juif, salle Sinaï, le jeudi 28 Février 1985 à 20 heures, pour approuver les nouveaux Statuts proposés à la Communauté.Une assistance nombreuse a suivi avec intérêt la présentation du programme communautaire du prochain exercice, faite par le Président de la Communauté Sépharade du Québec, M.Henri Elbaz, qui a notamment mis l’accent sur la mise à la disposition de la population d’un travailleur social qui aura son bureau au siège de la Communauté, et ce, à partir du mois d’Avril 1985.Puis, M.Salomon Oziel, responsable de la Commission des Statuts, a présenté à l’assistance les nouveaux Statuts en faisant ressortir les principaux points et les innovations introduites.Les changements suggérés avaient pour but essentiel de mieux définir la raison d’être de la Communauté et de ses membres, et de renforcer la participation des Constituantes qui la composent.Par ailleurs, au niveau des élections au Conseil d’Administration de la Communauté, les listes des candidats ont été remplacées par des élections individuelles et le choix du Président de la Communauté se fera à l’avenir au niveau du Conseil d’Administration de la Communauté et non plus par élection par toute la population.Après examen des amendements proposés, un seul a été accepté et il précise qu’en cas de dissolution de la Communauté, les biens de celle-ci seront cédés à un autre organisme communautaire Juif choisi par le Conseil d’Administration.Les Statuts ayant été adoptés à une forte majorité, et l’ordre du jour étant épuisé, la séance fut levée à 20 h 30.AVIS DE CONVOCATION ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE DE LA COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC le Mardi 28 Mai 1985 à 20 heures précises à l’Auditorium de la Bibliothèque Publique Juive 5151 Côte Ste-Catherine, Montréal ORDRE DU JOUR * Dvar Torah * Rapport moral du Président de la Communauté * Rapport financier du Trésorier * Rapport des Présidents des Constituantes * Nomination du vérificateur * Rapport du Président du Comité des Élections - Présentation des administrateurs nommés par les Constituantes - Présentation des douze administrateurs élus - Présentation du nouveau Président de la Communauté * Allocution du nouveau Président Remise de distinction communautaire ' 's: • La Communauté est heureuse de vous présenter M.Joe Assayag qui a bien voulu accepter la mission de présider le Comité des Élections qui auront lieu le 28 Avril 1985.L’unanimité des membres du Conseil d’Administration de la Communauté Sépharade du Québec s’est faite sur le choix de M.Joe Assayag qui regroupait les qualités souhaitables pour une telle mission: - Une bonne expérience communautaire - Participation active aux réalisations de la Communauté puisqu’il était membre, pendant plusieurs années, du Conseil d’Administration de l’Association Sépharade Francophone (ASF) - À siégé dans de nombreux comités des agences d’AJCS à la suite du Leadership Programme organisé par cette dernière (1970) - Ancien membre de l’Exécutif de l’Association des Al U, etc.- Est membre du Comité de l’ORT CANADA - De bonnes relations avec l’ensemble de la Communauté.Le fait que sa carrière l’ait obligé à demeurer à Québec pendant sept ans ne l’a pas empêché d’être présent à chaque occasion importante de notre Communauté.Son action communautaire a toujours été guidée par l’intérêt général.Le Conseil d’Administration de la Communauté souhaite à Joe plein succès dans sa mission.14 • LA VOIX SEPHARADE, MARS-AVRIL 1985 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES AVIS D’ELECTION Tous les Sépharades de plus de 18 ans (et leur conjoint de religion juive) sont invités à venir voter pour les candidats de leur choix, selon leur lieu de résidence, dans un des cinq pôles suivants: Le Dimanche 28 Avril 1985 de 9 h à 14 h Lieu de résidence Lieu de vote ^ 1 Côte St-Luc et Hampstead École Maïmonide, 5615 Parkhaven, CSL 2 Ville St-Laurent et Ville Mont-Royal «Petah Tikva», 2650 St-Louis, Ville St-Laurent 3 Laval et municipalités au Nord de Rivière des Prairies «Or Sefarad», 4860 Bd Notre-Dame, Chomedey (Laval) 4 Municipalités à l’Ouest de l’Autoroute 13 Non encore déterminé - Téléphoner à la CSQ 733-4998 5 V Montréal et autres municipalités Centre Communautaire Juif 5480 Avenue Westbury, Montréal IMPORTANT: Les électeurs doivent présenter une pièce attestant leur identité, leur âge et leur adresse.On ne peut voter que dans le pôle correspondant à son lieu de résidence.- .Le Comité des Elections Les services de BAR JODAN Conseiller pour tous genres de réceptions Mariages - Bar Mitzvah Occasions spéciales Joe Amar Daniel Acoca 334-5085 737-4019 - Vins et champagnes français disponibles - Service en tuxedo - Salle de réception disponible de 50 à 225 personnes avec terrasse C.G.R.E.Tél.721-7884 CENTRE GENERAL DE REPARATION ELECTRONIQUE Nous réparons, sans vous ruiner pour autant, tous vos appareils électroniques: radio, T.V., radio d’auto, convertisseur, vidéo, etc.Travail impeccable et garanti.Visite à domicile.Téléphonez à GABRIEL SOUSSANA ou venez le rencontrer dans son nouvel atelier, moderne et bien situé: 2711 Everett (au coin de la 8e Avenue) Montréal, (Québec) H2A 3C9 PRIX SPECIAUX AUX MAGASINS DISTRIBUTEURS ET CONCESSIONNAIRES LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 15 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES Département des Études Juives et des Disciplines Religieuses Plusieurs postes de professeurs en Hébreu et en disciplines religieuses sont ouverts pour l’année scolaire 85/86, au préscolaire, à l’élémentaire et au secondaire.Les conditions de travail et les salaires sont arrêtés par la convention collective qui lie l’École Maimonide à ses professeurs.Qualifications et expérience requises: - Éducation en Hébreu et disciplines religieuses dans des institutions orthodoxes de réputation - Formation pédagogique pour l’enseignement de l’Hébreu et des disciplines religieuses, sanctionnée par un brevet d’enseignement - Expérience pertinente de trois ans avec performances satisfaisantes - Comportement religieux strictement orthodoxe, c'est-à-dire conforme à la halakha.Procédures d’engagement: Les candidats qui répondent aux qualifications et expérience requises sont, après entrevue, invités à donner des cours dans les classes pour lesquelles les postes sont ouverts.Les rapports d’observation de ces cours entrent dans l’évaluation des candidats.Contrats: Un contrat est offert aux candidats retenus dont les termes sont ceux arrêtés par la convention collective.Demandes: Veuillez adresser vos demandes à: ÉCOLE MAIMONIDE Département des Études Juives et des Disciplines Religieuses 5615 Parkhaven CÔTE ST-LUC, Qué.H4W 1X3 Tél.: 488-9224 et 488-8963 Le Centre d’Aliya pour Israël vient de lancer un nouveau programme de visite d’Israël appelé «Expérience de la vie familiale en Israël».Destiné aux Juifs d’Amérique du Nord, ce programme permettra à ceux qui le voudront, d’aller passer deux semaines ou plus en Israël pour y goûter ensemble le vrai goût de la vie familiale dans le pays.«Ceci leur donnera l’occasion de se retrouver avec la nation et la terre de leur Peuple».Ils auront le choix soit de prêter la main au développement des forêts d’Israël en faisant partie des communautés nouvellement établies, soit en élisant domicile en Galilée, sur le plateau du Golan ou sur les collines de Judée.Il leur sera offert aussi la possibilité de combiner l’étude de la Torah avec d’autres activités dans un Moshav sur la Méditerranée ou aux côtés des membres d’un Kibboutz de Gouch Etzion.Pour plus amples renseignements, appelez Aaron Korzen au Centre d’Aliyah pour Israël: 934-0804.y J.F.DYNAMIQUE avec références cherche poste secrétaire excellent français, anglais convenable.Tél.:731 -1988 LE CENTRE HILLEL& La Fédération Séphardie Canadienne ISRAËL-DÉCOUVERTE 85 SÉJOUR COMPREND: *2 SEMAINES KIBBUTZ * 3 SEMAINES DE VISITES TOURISTIQUES * NOURRITURE et LOGEMENT * BILLET D’AVION OUVERT * 12ième MACCABIADE UNE AVENTURE INOUBLIABLE!!! POUR PLUS AMPLES INFORMATION: DAVID 934-0804 SHLOMO 488-3058 CENTRE HILLEL 738-2655 ou 2280 1 H HENRI COHEN opticien 16 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES ___ , | .-— r T- ».¦ •»- 'M-%* ‘Æ+ SERVICES COMMUNAUTAIRES JUIFS DE MONTREAL (AJCS)_________ 13e Marche vers Jérusalem Comme chaque année au début du mois de mai la communauté juive toute entière se donne un rendez-vous sur le trajet sinueux de 25 km de la Marche vers Jérusalem et - dans l’après-midi - à la Foire israélienne.Mais cette année, ce sera une Marche spéciale.D’abord parce que c’est la 13e Marche, c est à dire ia Marche Bar/Bath Mitsvah et puis, parce que, au cours de la Marche, aura lieu la sélection des athlètes canadiens de certaines discipliques qui participeront dans l’équipe de notre pays, aux Jeux olympiques des Macchabés en Israël au mois de juillet.La marche aura lieu le dimanche 5 mai.Le départ est prévu pour 8h au coin de I avenue Westbury et du chemin de la Côte Ste-Catherine.Douze points de contrôle, nommés d’après trajet.Le dernier, marquant la fin du parcours, divers endroits en Israël, seront installés sur le nommé bien entendu Jérusalem, se trouvera '-«!) J'| c ^ — -¦xAv f : derrière l’Edifice Cummings, sur le chemin de la Côte Ste-Catherine.C’est là que les plus endurcis, ceux qui ont parcouru tout le trajet et qui ont les tampons des douze points de contrô le sur leur passeport, recevront la médaille de la Marche.Dans l’après-midi, une Foire israélienne en plein air aura lieu au YM-YWHA de Snowdon sur l’avenue Westbury où les participants trouveront divertissements variés et mets exotiques.La Marche vers Jérusalem qui rétablit une ancienne tradition d’Israël, a été organisée pour la première fois à Montréal en 1973 pour célébrer le 25e anniversaire de l’Etat d’Israël.Au fil des années elle est devenue la fête la plus fréquentée par la communauté juive de Montréal.L’an dernier nous avons compté près de vingt mille participants.Au cours des semaines précédant la Marche, des centaines de bénévoles ont travaillé avec acharnement pour assurer son succès.Le jour de la Marche plus de 800 bénévoles seront postés à toutes les étapes de la Marche.M.Norman Latsky assume cette année la présidence de la Marche qui est parrainée par l’Association culturelle juive.Les fonds recueillis par la Marche aident à financer les activités de l’Association, surtout la construction de Centres communautaires en Israël.M.Herb Paperman est président de l’Association, tandis que M.Manny Spinner, le directeur de la Marche, est un professionnel responsable de son organisation.Pour de plus amples renseignements veuillez appeler au 735-3541.MASSADA CH DE LA COTE ST- LUC HAIFA CH, DE LA REINE MARIE SAFAD NATANYA (DEPART) (ST/^RT) BEN GURION MHA TEL-AVIV BOURREt/CH.HAMPSTEAD CK DE LA COTE STE-CATHERINE ajcs: 2 CH HEYWOOD CH FLEET BEERSHEVA YERUHAM —f '(ARRIVEE) > ™ 1 (FINISH) ] 2 5'JERUSALEM ROUTE CH KILDARE v / 2 BEIT SHEAN MERON MARCHE VERS JERUSALEM CH MACKLE TIBERIUS LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 17 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES SERVICES COMMUNAUTAIRES JUIFS DE MONTREAL (AJCS) J ——, ,-_ Le Comité de l’AJCS sur la Famille et L’Enfant Mme Maxine Sigman, Présidente du Comité de la Planification et des Allocations communautaires des Services communautaires juifs (AJCS) a demandé à Mme Rhoda Granatstein d’assumer la responsabilité de Présidente du Comité sur la Famille et l’Enfant.M.Jacques Berkowitz sera le Vice-président du Comité qui se réunira pour la première fois le 28 mars.Mme Rhoda Granatstein, Présidente du Comité sur la Famille et l’enfant.¦ Ce comité, créé à la suite des recommandations du rapport du Comité de la Planification à long terme, prendra sa place à côté de deux autres, déjà existants à savoir le Conseil sur le Vieillissement et le Comité sur les jeunes adultes.Il est composé de bénévoles et de professionnels délégués par les organismes de L’AJCS servant la famille et l’enfant.Le mandat du Comité consiste à analyser en profondeur les besoins et les ressources existant dans une dizaine de domaines prioritaires concernant la famille et l’enfant, énumérés au cours du processus de la planification à long terme.Le Comité soumettra ensuite les recommandations appropriées au Comité de la Planification et des Allocations communautaires de l’AJCS.Des consultations menées avec les organismes affiliés à l’AJCS ainsi qu’avec d’autres organisations juives, ont permis de choisir deux domaines prioritaires qui seront abordés cette année.Il s’agit de la famille monoparentale et des enfants à besoins spéciaux (maladie mentale, retardation mentale et émotive, handicaps physiques).Deux sous-comités, présidés respectivement par Sheila Maklan et Monette Amouyal seront bientôt créés; d’autres sous-comités verront le jour progressivement au cours des prochaines années jusqu’à ce que tous les domaines prioritaires auront été explorés.Parmi ces priorités figurent des problèmes importants tels que la famille composée, le développement de l’enfant, la socialisation (le programme des camps et du loisir), le mariage mixte (préparation au mariage), la qualité de la vie juive, la culture et les valeurs juives, l’orientation et la formation professionnelle, l’enfant immigrant, la séparation et le divorce.L’AJCS contribue à l’absorption des Juifs éthiopiens en Israël Mme Dodo Heppner, présidente des Services communautaires juifs de Montréal (AJCS) et M.Boris G.Levine FCA, président de l’Appel juif unifié 1985 ont annoncé que l’AJCS a pris un enqaqement financier immédiat afin de contribuer au coût de l’absorption des Juifs éthiopiens en Israël, «Toute la dimension de l’aide requise de la part des Juifs montréalais n’est pas encore connue», a souligné Mme Heppner.«Nous sommes pourtant en contact constant avec l’Agence juive pour être certains d’assumer notre part de la responsabilité».Le programme d’absorption des Juifs éthiopiens est l’Aliyah la plus coûteuse dans l’histoire d’Israël, en ce qui touche aux coûts d’absorption par personne, à cause de la situation catastrophique dans laquelle vivaient les réfugiés africains avant d’arriver en Israël.Les dirigeants de l’AJCS et de l’Appel juif unifié ne s’attendent pas à recevoir des données précises de l’Agence Juive avant que l’évaluation des besoins dans les domaines du logement, de la formation, de la santé etc., n’ait été complétée.L’enfant éthiopien dans le Centre.! : d’absorption.M.Levine a souligné que tous les détails seront établis ce printemps, au cours de la visite du leadership de l’Appel juif unifié en Israël.Ceci fera partie du programme de la Mission d'étude canadienne qui visitera les centres d’absorption et les installations d'urgence pour enfants.Les membres de la Mission tiendront des discussions avec les repré sentants de l’Agence juive et les dirigeants des Juifs éthiopiens.Cette étude effectuée sur place, aidera à déterminer les objectifs financiers de l’Appel juif unifié 1985.Nouveau projet du JFS: Une «Banque de compétences» .r par Joe King À pas traînants, Esther, vêtue d’une robe de chambre et chaussée de pantoufles, alluma la cuisinière dans lacuisine.Suivant le train-train habituel de sa vie quotidienne, pratiquement inchangé depuis son arrivée à Montréal du Maroc en 1958, elle posa la bouilloire sur le réchaud et alla réveiller son mari pour le petit-déjeuner.Lorsque, quelques minutes plus tard, elle revint à la cuisine, elle s’aperçut que le réchaud ne s’était pas allumé.Pour une personne retraitée vivant au jour le jour, toute dépense inattendue telle qu’une facture pour la réparation d’une cuisinière, devient un problème insurmontable.À qui pouvait-elle s’adresser pour obtenir de l’aide?Les Services d’aide à la famille de l’Institut Baron de Hirsch cherchent à résoudre cette question par le biais de la création d’une «Banque de compétences», soit un réservoir de personnes compétentes qui pourraient offrir leur connaissance d’un métier à des personnes dans le besoin.Aujourd’hui, l'Institut Baron de Hirsch offre de l’assistance à 1 500 personnes - jeunes ou vieilles - célibataires, couples ou familles.A une période où les coûts ne cessent d’augmenter vu le nombre toujours croissant de Juifs appauvris, l’Institut Baron de Hirsch se voit forcé de trouver de nouvelles solutions pour venir en aide aux indigents.Le' «Club du consommateur» offre des aliments et des vêtements à des prix fort réduits, et maintenant, essayant de rallonger chaque dollar autant que possible, l’agence a conçu l’idée ingénieuse de la «Banque de compétences».Oeuvrant à la mise en chantier de ce projet, Madame Bella Caplan, présidente du Comité des services d’urgence, s’est mise à la recherche de toute une foule de commerçants - qu’il s’agisse de réparateurs d’appareils électriques, de menuisiers, d’électriciens, de peintres ou de déménageurs.Son Comité est intégré au Programme de supplément financier, coordonné par Madame Molly Eisenberg.Madame Caplan espère trouver une personne, probablement en retraite, qui aurait de l’expérience en administration et serait prêtre à entreprendre la gestion de la «Banque de compétences».En attendant, les commerçants qui désirent offrir leur temps et leur compétence, sont priés de se mettre en contact avec la coordonnatrice des bénévoles, Madame Suzanne Herscovitch en composant 731-3881.Une fois le fonctionnement de la «Banque de compétences» bien établi, Madame Caplan espère pouvoir s’assurer le concours de professionnels- et plus particulièrement de dentistes.En effet, les soins dentaires tom- 18 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES bent dans l’une des catégories les plus cruciales dans lesquelles les Juifs indigents requièrent des services.Aussi, le Comité Caplan espère-t-il recruter des dentistes en retraite qui pourraient utiliser des bureaux et un équipement moderne que le Comité pourrait louer auprès de médecins en pratique.Un autre domaine important où l’on a toujours besoin de plus de bénévoles est celui du transport.Ces bénévoles sont requis pour maintes tâches - que ce soit pour amener à l’école les enfants de mères célibataires qui travaillent ou pour s’assurer que les personnes âgées arrivent à l'heure pour leurs rendez-vous médicaux.Les Services d'aide à la famille de l’Institut Baron de Hirsch / Centre de services sociaux se verront accorder cette année, une allocation de 1 217 796 $ par les Services communautaires juifs, à même les fonds de l’Appel juif unifié - cependant, la demande de services ne cesse d’augmenter ce qui reflète une véritable situation de détresse dans la communauté.Par conséquent, l’Institut Baron de Hirsch fait appel dans la plus grande mesure possible, aux bons offices de bénévoles ainsi qu’aux dons de marchandise et d'offres de services, ayant toujours pour objectif de mieux servir sa clientèle.OLF subventionne un répertoire des services communautaires Un répertoire en français, des services disponibles aux membres de la communauté juive est l’un des 36 projets sélectionnés pour être subventionnés par l’Office de la langue française dans le cadre du programme «Initiative francisation».L’OLF a accordé au total 75 000 dollars dont les Services communautaires juifs de Montréal (AJCS) ont reçu 3 452 dollars pour un répertoire proposé.L’AJCS a déjà, par le passé, publié des répertoires de services offerts par ses organismes ainsi que d’autres guides consacrés à des groupes particuliers, soit les personnes âgées, les jeunes, les étudiants etc.mais ce sera la première fois que, qrâce à la subvention de l'OLF, la publication d’un guide exhaustif est entreprise.Ce guide fournira une information complète, bien classifiée et facilement identifiable, sur les services offerts à la population juive entière tant par le réseau des organismes juifs que par les agences gouvernementales et municipales.Le guide, dont le titre de travail est «Droit au but», comprendra entre autres, les numéros d’urgence et de crise, la description complète des services des 17 organismes de l’AJCS, des CLSC et des services sociaux gouvernementaux; une liste des organisations juives actives dans notre ville, des synagogues, des écoles, des magasins d’alimentation et des restaurants cachers, une liste des médias juifs et un index alphabétique de toutes les organisations juives à Montréal, avec leur adresse et numéro de téléphone.Le guide sera publié ce printemps.Par la suite l'AJCS prévoit la publication d’un guide similaire en anglais et une version raccourcie en hébreu, russe et yiddish.On demande tuteurs francophones bénévoles pour aider enfants de familles à ressources limitées.Domaine d’études: Maths, Hébreu, littérature, Français, physique (niveau élémentaire et secondaire).Les bénévoles seront remboursés de leurs débours.Appelez: «Services d’aide à la famille juive»; Institut Baron de Hirsch, Département des bénévoles: 731 -3881, poste 311.Rassemblement Canadien (L’Holocauste) Un rassemblement historique sans précédent aura lieu à Ottawa du 28 au 30 avril 1985 à l’occasion du 40e anniversaire de la Libération de l’oppression nazie.C’est la première fois dans l’histoire des Juifs canadiens qu’un événement d’envergure nationale est organisé.Parmi les participants, nous retrouverons des survivants arrivés après la libération, leurs enfants et nos compatriotes juifs-cana-diens représentant les diverses communautés juives-canadiennes.LE RASSEMBLEMENT: DE LA CONSCIENCE À L’ACTION Lorsque les Juifs se réunissent ou lorsqu'un rassemblement des survivants de l’Holocauste a lieu, une seule vérité ressort; l'horreur de l’Holocauste - Auschwitz - va au-delà des mots; ceux-ci ne pourront jamais décrire l’absurdité de tels événements; que l’histoire du peuple juif a trop souvent baigné dans des horreurs inconcevables.L’Holocauste est «uniquement» une guerre contre les Juifs où toutes les victimes n’étaient pas nécessairement des Juifs, mais où tous les Juifs étaient nécessairement des victimes.Ainsi pouvons-nous dire que tous les Juifs, par le fait même l’humanité, sont des survivants.Ce rassemblement national des survivants de l’Holocauste et des Juifs canadiens devra être une journée de Souvenir, de témoignage et de fidélité à la réalité.Car, comme je l’ai si vivement ressenti au dernier Rassemblement à Washington, ce cri du coeur, que l’on entend aux rassemblements des Juifs, et cette colère, qui explose silencieusement dans l’esprit et les coeurs des survivants de l’Holocauste, expriment la peur que les gens oublient ce cauchemar; que ceux qui ont été indifférents à leur destin soient indifférents à leur souvenir; que certains oublient l’horreur la plus inconcevable de l’humanité et que d’autres aillent même jusqu’à nier l’existence de l’Holocauste; et enfin que les assassins d’enfants restent en liberté.Un tel rassemblement national doit être plus qu’une commémoration et un lieu de Souvenir.Il doit être un rappel à l’action, à une époque où le néo-nazisme et le racisme redressent leurs têtes hideuses; quand «voler l’Holocauste» devient un terme intellectuel et qu’ainsi certains accusent les sionistes d’avoir collaboré avec les Nazis pour faire l’Holocauste, ce qui est une nouvelle forme de diffamation de groupe; pendant que d’autres vont jusqu’à nier que l’Holocauste ait eut lieu; quand des attaques légales sont portées contre les Juifs opprimés - non pas pour ce qu’ils font, mais pour ce qu’ils sont, des Juifs; quand le non-respect des droits de la personne passe sous un silence meurtrier; alors, nous devons nous souvenir, nous devons agir.Souvenons-nous comme l’histoire l’a si bien révélé, que l’injustice qui a commencé avec les Juifs ne s’arrête pas avec les Juifs et qu’un monde qui n’assure pas la sécurité à la démocratie ne peut l’assurer aux Juifs.Kafka a déjà dit: «lorsqu’un Juif est battu, c’est l’Homme qui tombe».Aujourd’hui, les Juifs et les hommes sont menacés.Nous devons agir.Professeur Irwin Cotler PROGRAMME DU RASSEMBLEMENT Le programme comprend trois sessions plénières dont cinq d’importance majeure.Un programme spécial a été mis sur pied pour la Troisième génération.Nos enfants pourront participer à ce programme grâce à un réseau de transport par autobus organisé à partir de Montréal et Toronto.CONFERENCES Les principaux conférenciers du Rassemblement, qui traiteront le thème «De la conscience à l’action», seront Beate et Serge Klar-sfeld, bien connus pour leurs recherches des criminels de guerre, Jan Nowak, un résistant de guerre polonais, et Gretta Fisher, une assistante sociale membre de l’UNRRA qui est entrée dans les camps pour aider à la réhabilitation d’enfants malades, dont beaucoup ont été envoyés au Canada.Pour participer ou contribuer financièrement au Rassemblement appelez: (514) 844-4442 OTTAWA GATHERING 85, 1130 Sherbrooke ouest,Suite 310, Montreal, Québec H3A2M8 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 19 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES _ _ __ ^______ .i - j - - - n i__, i,li .aniiii i j ¦! m "iJlüüm—huïl7.j~ïF COMMUNAUTE SEPHARADE DE LAVAL Le comité de Coordination juif de Laval Lunch de Pourim Afin de regrouper les différentes populations juives de Laval à des occasions spéciales, un nouveau comité a vu le jour à Laval.Le Laval Jewish Coordinated Committee ou Comité de Coordination Juif de Laval se compose des représentants des congrégations ou organismes suivants: Or Sefarad, Congrégation Sépharade de Young Israel of Chomedey, Shaar Shalom, Chevra Mishnais et «Y» de Chomedey.Le comité qui a tenu sa première réunion en décembre, se propose d’organiser au courant de chaque année un certain nombre d'activités répondant aux besoins et aux intérêts de tous les Juifs de Laval.En ayant accès à un auditoire plus nombreux, le Comité de Coordination Juif de Laval sera en mesure d'offrir à la population juive de Laval la participation de personnalités importantes et des manifestations d’envergure.Point essentiel, les activités organisées par ce comité serviront à renouveler le contact entre Juifs de différentes cultures, objectif ultime de tout organisme juif communautaire.À l’occasion de la première activité du Comité de Coordination Juif de Laval, qui a eu lieu le 10 février dernier, à Or Sefarad, nous félicitons M.Paul Giami qui représenta la communauté Sépharade de Laval, au sein de ce comité.Les Juifs d’Ethiopie et l’Opération Moses La première activité conjointe du Comité de Coordination Juif de Laval a eu lieu le dimanche 10 février.Des représentants des synagogues Young Israel of Chomedey, Shaar Shalom, Chevra Michnais et du Y.M.H.A.de même que l’échevin de Chomedey, M.Irving Bigman accompagné de son épouse se sont joints aux membres de la synagogue Or Sefarad, hôte du petit déjeuner conférence.Notre Centre a été fier d’accueillir à cette occasion une centaine de personnes.Nos invités M.Allan Rose, vice-président exécutif du Congrès Juif Canadien M.Stan L.Cytrynbaum, président au Congrès Juif Canadien du Comité National pour les Juifs d’Ethiopie ainsi que Mme Malka Abraham ont captivé l’auditoire par leur présentation de l’historique des Juifs d’Ethiopie, les Béta Israel ainsi que par les récits de leur «exode» de leur pays d’origine, via le Soudan.Les allocutions ont été faites tour à tour en anglais et en français et la période de questions/réponses a été particulièrement passionnée tant l’intérêt soulevé par nos frères éthiopiens était soutenu.Le «brunch familial» de Pourim eut lieu au Centre Sépharade de Laval, le dimanche 10 mars.Les convives ne tardèrent pas à remplir la salle dès 13 heures, de cette allégresse si particulère à la «fête d’Esther».Mark le Magicien étonna petits et grands avec ses mille et un tours.Rafi Anidjar nous surprit aussi par ses talents d’animateur: un à un, les enfants déguisés défilèrent, montrant leurs atours fruit d’une imagination maternelle créative.Une ballerine, une Chinoise, et Cindy Lauper gagnèrent ainsi les pre- Sortie d'hiver à St-Donat Malgré une pluie inhabituelle à cette période de l'année, une trentaine d'enfants attendaient de pied perme l’autobus qui devait les emmener à St-Donat, dimanche le 24 février à 9 heures.Leur persévérance a été récompensée car le camp «Boute-en-train» avait de quoi satisfaire les plus curieux et les plus actifs.De la luge à remontée électrique, jusqu’à la patinoire, en passant par les jeux de ballon-balai, les enfants ont fait ample provision de pur plaisir.Que les parents se réjouissent: cette sortie en a été une d’apprentissage autant que d’amusement.Si vos enfants vous ont raconté avoir vu des choses aussi étranges que magnifiques, c’est qu’ils ont eu le privilège de visiter un «laboratoire d’écologie» unique en son genre.Yeux de requins, embryons préservés d’animaux de miers prix, mais tous les enfants reçurent un cadeau.Les abondantes victuailles que l’on servit aux tables furent reçues avec appétit et l’après-midi se passait très bien lorsque survint le «clou» de la fête.M.Guy Ricard député fédéral, ayant aussi son mot à dire à Pourim, considéra le moment propice pour apporter un chèque, avant-goût de la subvention du Gouvernement fédéral.Une fête très bien organisée où tout contribua à la joie des participants et des organisateurs! toutes sortes, animaux empaillés des plus rares: voilà de quoi ravir n’importe quel esprit! Les enfants en ont bien profité puisqu’ils ont observé le lieu pendant deux heures.Si ces attractions ne suffisent pas, le camp offre également une salle bien munie de jeux d’intérieur: ping-pong, air-hockey et autres; inutile de dire que les jeunes en ont fait grand usage.Bref, un endroit à retenir aussi bien qu’une journée extraordinaire pour nos enfants! Aux jeunes moniteurs volontaires de la communauté, Sylvia et Serge Elgaly ainsi qu’à Debbie Bendahan; à Mme Nora Oziel qui s’est chargée de l’expédition et en a fait une activité mémorable pour les enfants, nos plus sincères remerciements au nom de la communauté.* ;V? -3ft Mm.LJ__LJ__' J_t J_' J_( JtL ' FEDERATION ^EFHARDIE CANADIENNE Canadian Sephardi federation maps mi* on mainen BULLETIN D’INFORMATION DE LA FÉDÉRATION SÉPHARDIE CANADIENNE, Vol.1, numéro 1, mars 1985 Semaine Israélienne Nous, c’est vous! Vous, c’est nous! La Semaine Israélienne qui s’est tenue cette année du 17 au 24 février a revêtu un éclat particulier, tant par le programme varié que par les personnalités qui y ont participé.trouverez d’ailleurs sur ces pages un compterendu de la soirée par S.Amar.Le lundi 18 un forum jeunesse sur les études en Israël avec des représentants des uni- Raphi Edery, député de la Knesset, prononçant son discours.Sous l’égide de la Fédération Séphardie Canadienne, avec l’aide du Centre de l'Alya qui avait chargé Dodi Abisror d’en assurer la programmation, et en collaboration totale avec le Centre Communautaire Juif, la Semaine s’est déroulée entièrement au Centre dont le staff n’a épargné aucun effort pour en assurer le succès, ce dont nous voudrions les remercier cordialement.Le tout a commencé par la soirée d’ouverture, le samedi 17 février à 20 heures à la Salle Sinaï, où une salle comble a applaudi avec chaleur l’Ambassadeur d’Israël, M.E.BenHo-rin, le Député de la Knesset Rafi Edery, le Consul qénéral.d’Israël laacov Aviad, Mme Néri Bloomfield, présidente de l’O.S.C.Vous versités israéliennes, en présence de nombreux étudiants venus pour connaître les possibilités offertes.Le mardi 19 dans l’après-midi, Dodi Abisror a tenu en haleine le Club de l’Âge d'Or par sa brillante présentation de films sur Israël, avec falafels et beignets.Le soir, Aharon Korzen et D.Abisror ont tenu une soirée d’information sur Israël (études, travail, logement) devant un public plus nombreux.Le mercredi 20, présentation de films à thème sur Israël (Kibboutz, anciennes synagogues, volontariat) etc.Au Chabbaton du vendredi soir, Itzhak Eldan, consul d’Israël, était l’invité d’honneur et le samedi soir, la troupe Harimon animait un Café-Hora endiablé.Le dimanche 24 février, clôture avec une 4735 COTE SAINTE-CATHERINE, MONTREAL, QUE.H3W 1M1 - TEL.: (514) 731-3334” - CABLE ADDRESS: "FEDZION” - TELEX 05 24345 Une vue du public conférence de Shmouel Seguev, écrivain et journaliste dont le sujet était: «La situation politique au Moyen-Orient».Toute la Semaine s’est déroulée dans une ambiance de ferveur et d’intérêt pour tout ce qui touche Israël, et la réponse du public était un encouragement pour les organisateurs.À l’année prochaine.Fred Anzarouth LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 23 FÉDÉRATION SÉPHARDIE CANADIENNE Semaine Israélienne Maurice Elmaleh, D.Abisror, L.Simtob, R.Lévy-Soussan, R.Benatar, D.Dadoun, H.Elbaz, le Député de la Knesset R.Edery, S.Sarfati.Nous, c’est vous! Vous, c’est nous! C’est en quelque sorte en ces termes qu’ont décrit nos relations avec Israël M.Raphi Edery, député à la Knesset, et M.Eliashiv BenHo-rin, Ambassadeur d’Israël à Ottawa.Le 17 février 1985, une salle bondée est venue acclamer ces deux éminentes personnalités lors de l’inauguration de la Semaine Israélienne à la Salle Sinaï du Centre Communautaire Juif.M.Edery reconnaît que les Juifs au Canada jouissent de libertés incontestables surtout si l’on pense à ce qui se passe en Russie, en Syrie, etc., mais l'on est quand même loin de la souveraineté dont jouissent les Juifs en Israël.«En effet, en Israël, les Juifs ne sont plus les objets de l’histoire.Ils l’ont prise en main pour forger leur propre existence, leur propre histoire.Il a reconnu qu’lsraël traverse une sérieuse crise économique, mais a affirmé qu’il existait un autre côté de la médaille, plus brillant»: - Israël qui importait 85% de sa nourriture en 1950, n’a plus besoin d’en importer à l’heure qu’il est.- Ses exportations ont atteint l’année dernière re, 13 milliards de dollars en produits industriels et scientifiques.- Sa population est exceptionnellement qualifiée et compte 130 000 hommes de science.Il a souligné l'importance des Juifs de la Diaspora à l’extérieur et à l’intérieur d’Israël pour son accession à l’indépendance économique.M.E.BenHorin a ensuite beaucoup insisté sur l’interdépendance de nos destinées.«Nous sommes, a-t-il dit, une unité qui n’a ni date de naissance, ni fin possible.Notre histoire nous oblige à réaliser que nous ne pouvons compter sur aucun allié».Il nous a rappelé que chacun d’entre nous a connu le besoin du Sionisme, la joie de la réalisation du rêve que représente Israël, la nostalgie de Sion qui n’a jamais cessé de former une partie intégrale de notre vie.«Le sionisme est aussi vivant qu’il est vieux, aussi jeune qu’il est vieux».Il a continué en nous demandant de considé rer comme un défi permanent, un défi positif de construire une nouvelle vie, une société juive fière d’elle-même, sûre d’elle-même, où chaque Juif devient un être créateur.M.BenHorin a aussi fait remarquer que malgré l’inflation, il existe en Israël une créativité unique dans les domaines culturels, scientifiques, agricoles, industriels et sociaux.C’est la conscience de sa créativité qui nous procure la plus grande joie que nous puissions connaître.Avant de terminer son allocution, M.BenHorin nous a invités à tout mettre en oeuvre pour mettre un terme à la division Sépharade-Ashkénaze et qu’ainsi nos énergies soient réorientées en une unité d’action vers un même objectif: le Judaïsme.«Au Canada, le Judaïsme, a-t-il dit, est un mouvement des plus chaleureux, des plus actifs et des plus organisés.Il devrait tendre vers son intégration à la société d’Israël car, a-t-il expliqué, le point de vue philosophique de la raison d’être de la Alyiah est la conclusion logique du peuple Juif et chacun devrait se demander ce qu’il pourrait faire pour participer à cette oeuvre Le plus ancien hôpital de Jérusalem, l’Hôpital Misgav Ladach, entre dans une nouvelle phase de son histoire.Après plus de 30 ans passés dans des locaux exigus, il occupe présentement une nouvelle bâtisse située à Katamon, dans la banlieue Sud de Jérusalem, dont c’est le seul établissement médical.Hier.L'hôpital fut inauguré en 1854 dans la vieille ville de Jérusalem sous le nom de son fondateur «Hôpital Meir Ranschel Rothschild» et rebaptisé «Hôpital Misgav Ladach» en 1879.Le nom, issu des psaumes, signifie «refuge pour les opprimés».Pendant plus de 100 ans, l'hôpital assura les soins médicaux des habitants de la vieille ville de Jérusalem.Durant la guerre d’indé- d’Amour et de Construction».«L’idée de la créativité et de la construction d’une nation, a-t-il conclu, doit rester un défi pour chacun de nous».Dave Dadoun, président du Centre Communautaire Juif, a ensuite remercié les invités présents à cette soirée.Une réception a suivi à la Salle Keller.exigus, ne permettaient alors que l’ouverture des départements de gynécologie et d’obstétrique.Cependant, les services de médecine préventive et de clinique externe furent étendus afin de rencontrer les besoins croissants de la population environnante.En 1967, lorsque l’armée israélienne retourna dans la vieille ville, après la Guerre des Six Jours, ce fut pour découvrir que les anciens locaux historiques de l’Hôpital Misgav avaient été détruits par la Légion Arabe et ne formaient plus qu’un tas de ruines.Aujourd’hui.Le nouvel hôpital compte ouvrir: - Une clinique de pédiatrie Sylvia Amar Les Amis Canadiens de Misgav Ladach pendance en 1948, ce fut l’un des tout derniers à être évacués.Les nouveaux locaux, 24 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 - Une clinique de nutrition - Un centre de prévention du cancer - Un centre de planning familial - Une clinique de gynécologie - Une clinique d’obstétrique - Une clinique d'ophtalmologie - Un centre de recherche neurologique - Un centre de recherche génétique sur les allergies alimentaires - Un centre de recherches sur la nutrition - Une clinique pour le traitement du diabète juvénile Les amies du monde Afin de pouvoir maintenir son programme de construction et d’acquérir de l’équipement médical moderne, des associations «d’Amis de Misgav Ladach» ont été créées à travers le monde, les plus anciennes sont celles des Etats-Unis et d’Angleterre.Leur homologue Canadienne a été récemment créée sous la présidence de M.Ralph Benatar et la vice-présidence du professeur Georges Ouaknine.Au cours des prochains mois, l’ensemble de la communauté juive du Canada sera sollicité afin de contribuer à l’essor continu de cette belle institution.Pour tous renseignements, veuillez vous adresser à: FÉDÉRATION SEPHARDIE CANADIENNE \ .¦ LES AMIS CANADIENS DE MISGAV LADACH a/s FEDERATION SEPHARDIE CANADIENNE 4735 Côte Ste-Catherine Montréal, Québec H3W 1M1 Le Centre Éducatif Sépharade de Jérusalem C’est le seul centre au monde qui ait dédié sa cause à la préservation, l’enrichissement et le développement de notre héritage sépharade par le biais de programmes éducatifs et culturels et l’approche des jeunes Séphara-des.Le Centre occupe trois des édifices les plus historiques de la vieille ville de Jérusalem, capitale spirituelle du Judaïsme.La Metivta, à quelques pas du Mur des Lamentations, a abrité et formé 50 générations de grands rabbins, dont l’actuel Rishon Letsion.Elle est entourée des quatre plus célèbres synagogues sépharades, toutes les quatre restaurées par les membres du Centre.C'est José A.Nessim, un gynécologue de Beverley Hills qui, en 1980, a fondé le Centre pour permettre à tous les Sépharades de la Diaspora d’avoir leur Centre, d’y découvrir les beautés de leur héritage et d’expérimenter les beautés de la vie juive contemporaire.Plus de 1 000 jeunes Sépharades, nos futurs leaders communautaires, ont déjà profité de ce Centre et assureront la perpétuation de notre héritage à travers le monde.Le programme d’été dure six semaines.Tous les Juifs qui souhaitent vivre une vie sépharade doivent remplir des demandes et sont choisis en fonction de ce qu’ils peuvent retirer aussi bien qu’apporter au Centre.Les participants au proqramme ont l’unique privilège de vivre à la «Metivta» même.On peut y recevoir jusqu’à 260 pensionnaires à la fois.Voici les principaux objectifs du Centre: 1- Valeurs juives et éthique: le pourquoi de notre enseignement religieux.2- Le SéDhardisme: son histoire, sa philoso-.phie, sa culture et ses traditions.3- Amour pour Israël et le peuple juif: enseigné et vécu (séjours avec des familles Sépharades dans un moshav).: i ».** i tCSasj)»., fllitl Ififff* , 4- La bonne santé: principe même du Judaïsme.Trois semaines sur les six sont passées à visiter notre pays (Masada, le Golfe d’Eilat, Tel-Aviv, Haïfa, Bersheva, .).Depuis juillet 1982, le Centre a développé une série de programmes pour les jeunes, les couples et les célibataires.Le Centre publie un agenda unique, en anglais et en espagnol, avec les dates des calendriers hébreu et grégorien.Il est distribué à travers le monde et contient une liste complète des communautés sépharades.Il publie aussi une Bible et un Siddour sépharade hébreu/espagnol avec des commentaires faits selon la tradition sépharade.Une bibliothèque d’ouvrages sépharades et un musée auquel nous vous invitons à contribuer sont aussi en opération.Le Centre parraine aussi une Yechiva où 30 jeunes hommes venus de partout dans le monde étudient sous la tutelle du Rabbin Sam Kassin.Le programme d’été, donné en espagnol et en anglais, s’adresse à des groupes d’âge de 14 à 17 ans et de 18 à 25 ans.Les étudiants participent à des séminaires, à des discussions et à des classes données par des rabbins reconnus et par des autorités comme le Président de l’État d’Israël.Le Rabbin Barny Garzon, né à Tanger et éduqué dans des Yechivot au Maroc, est le directeur pédagogique.Il a enseigné la philosophie à la Reine d’Espagne et fait des conférences dans toute la diaspora aux Sépha- rades qui s’y trouvent.Le Rabbin Moshé LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 25 FÉDÉRATION SÉPHARDIE CANADIENNE qu’il profite d’un des programmes du Centre.2- Venez visiter le Centre quand vous serez à Jérusalem et parlez-en à vos amis.3- Formez un groupe de support dans votre communauté et travaillez avec le Centre.4- Visitez Israël, l’Espagne, Rhodes, l’Egypte, la Turquie ou d’autres pays riches en histoire sépharade.Restez au Centre, dans la vieille ville de Jérusalem et participez à ses activités.5- Contactez-nous si vous avez du matériel qui pourrait enrichir notre bibliothèque ou notre musée.6- Aidez à distribuer le calendrier du Centre par l’entremise de votre synagogue, de votre centre communautaire ou d’autres organisations.7- Ramassez des fonds qui aideront à réaliser la création de l’unique centre sépharade où vos enfants et vous-mêmes pourrez enrichir vos vies et assurer le futur du peuple juif.Le Centre a récemment inauguré la première forêt sépharade en Israël avec 10 000 arbres et un parc attenant.Cette forêt se trouve près du Musée de l’Holocauste Yad Vashem.Les arbres peuvent être achetés dans les bureaux de Jérusalem ou de Los Angeles (6505 Wilshire Boulevard, Los Angeles, Cal.90048, (213) 653-7365).Yitzhak Shamir à Montréal Du 25 au 28 mai dernier, un shabbaton a eu lieu à San Francisco.Il a été placé sous l’égide de la Congrégation Sépharade Maghen David de San Francisco.Le groupe a pu participer à des séminaires, des discussions et des visites qui ont remporté un vif succès.D’autres projets analogues sont souhaités pour créer des amitiés durables et un enrichissement nécessaire pour l’unification de notre communauté.S.Amar Shammash de New York, le Rabbin Sam Kassin de Jérusalem, Edwin Shuker de Londres, J.Shamaira de Californie et d’autres professeurs et érudits, l’assistent dans sa tâche.Le Centre se propose de fabriquer et de diffuser du matériel audio-visuel sur les fêtes et les traditions sépharades.L’Agence Juive et le Joint Distribution attendent ce matériel pour le distribuer.Le Centre développe aussi un programme réparti sur une année pour les adultes (couples et célibataires) et les jeunes gens Un objectif important du Centre est aussi de développer des programmes de formation de Rabbins sépharades, de professeurs et de personnel communautaire pour diriger nos jeunes.Le monde sépharade ne survivra que si nous créons nos propres leaders pour la prochaine génération.Ce Centre est le flambeau qui illuminera et unira le monde sépharade par le biais de la Torah, de l’éducation et de la culture.Vous seuls, avec votre communauté pourrez enrichir par votre support et à votre tour, profiter de son enrichissement.Comment aider le Centre: 1- Envoyez votre enfant à Jérusalem pour Durant son séjour officiel au Canada au cours duquel il a eu l’occasion de converser avec le Premier Ministre Brian Mulroney et le Ministre des Affaires Étrangères Joe Clark, Monsieur Yitzhak Shamir, Ministre des Affaires Extérieures d’Israël, a rencontré la Communauté Juive montréalaise le Samedi 16 Mars 1985 à la Synagogue Shaar Hacha-mayim.Héros de la résistance anti-britannique avant la création de l’État d’Israël, Monsieur Shamir a, durant de longues années, servi dans les Services Secrets avant d’émerger lors de l’élection du Likoud au pouvoir en tant que Président de l’Assemblée Parlementaire, Ministre des Affaires Extérieures, successeur de Menahem Begin au poste de Premier Ministre et, actuellement, Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires Extérieures en attendant de reprendre le poste de Premier Ministre lors de la permutation prévue pour 1986 avec Monsieur Shimon Perez.S’exprimant de façon limpide en quatre langues (Français, Anglais, Hébreu et Yiddish), Monsieur Shamir n’a pu cacher son émotion devant l’assemblée communautaire à laquelle il a transmis les voeux du gouvernement d’Israël et les voeux de Jérusalem.Le but de sa visite, a-t-il précisé, est de renforcer les liens entre le Canada et Israël dans tous les domaines.Il a notamment mentionné la demande présentée au Canada de participer à la force multinationale au Sinaï dans l’esprit d’affermissement des accords de Camp David.Il a également mentionné le désir des deux pays de collaborer dans le secteur de la technologie de pointe.Il s’est enfin félicité de l’excellente atmosphère qui a régné durant les différentes rencontres officielles.‘ Quant à la communauté juive canadienne, Monsieur Shamir s’est dit extrêmement impressionné par les réalisations et les projets qu’elle a patronnés en Israël et a souhaité un apport concret d’immigration juive canadienne dans les prochaines années.Nous avons, dit-il, absorbé plus de 100,000 Juifs russes ces dernières années et nous n’aurons aucun problème à recevoir une immigration massive venant de l’Ouest qui contribuera au renforcement de l’État d’Israël.Les défis sont aujourd’hui de plusieurs natures.Le premier est d’ordre économique, étant donné l’inflation galopante et l’ampleur du déficit commercial ainsi que les complications entrevues pour les exportations agricoles israéliennes à la Communauté Économique Européenne qui suivront l’entrée de l’Espagne au Marché Commun.C’est pour cela qu’il est essentiel de faire au mieux pour encourager les exportations israéliennes par une implication active.La seconde priorité est la question libanaise pour laquelle il faudra arriver à des arrangements qui ne mettront pas en danger la sécurité de’lsraël.Plus encore, ajouta-t-il, le défi qui nous préoccupe le plus est celui de la survie et de l’existence spirituelle du peuple Juif à travers le monde.Il a terminé en insistant sur l’importance fondamentale de l’éducation juive dans toutes ses dimensions: enseignement de l’hébreu, de l’histoire, de la religion, des valeurs, de la philosophie et des traditions juives.David Bensoussan La Fédération Séphardie Canadienne annonce la nomination de M.Armand Kessous au poste de directeur exécutif.M.Kessous, bien connu dans les milieux communautaires pour ses activités au sein du C.C.J.et d’autres institutions, est diplômé de l’École des Hautes Études Commerciales dont il détient une Maîtrise en Sciences (gestion) et possède une grande expérience en affaires communautaires.Toutes nos félicitations.26 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 CENTRE COMMUNAUTAIRE JUIF NOUVELLES COMMUNAUTAIRES PESSAH Les membres du Conseil d’Administration et le personnel du CENTRE COMMUNAUTAIRE JUIF vous présentent leurs meilleurs voeux de joyeuses fêtes de Pessah.Nous rappelons à notre KAHAL que les offices de PESSAH se dérouleront à la salle SINAI aux dates et heures suivantes: Vendredi 5 avril - BIOUR HAMETZ 10 h 52 (heure limite) - MINHA suivie de ARVIT 18 h Samedi 6 avril SHAHRIT 8 h 30 -MINHA suivie de ARVIT 18 h Dimanche 7 avril -SHAHRIT8 h 30 - MINHA suivie de ARVIT 18 h 15 Lundi 8 avril -SHAHRIT7 h - MINHA suivie de ARVIT 18 h 15 Mardi 9 avril - SHAHRIT 7 h - MINHA suivie de ARVIT 18 h 15 Mercredi 10 avril -SHAHRIT7 h - MINHA suivie de ARVIT 18 h 15 Jeudi 11 avril -SHAHRIT 7 h - MINHA suivie de ARVIT 18 h 15 Vendredi 12 avril -SHAHRIT8 h 30 - MINHA suivie de ARVIT 18 h 15 Samedi 13 avril -SHAHRIT8 h 30 - MINHA suivie de ARVIT 18 h 15 Veille de la MIMOUNA AUTORISATION DE VENTE DU HAMETZ Des formulaires sont à votre disposition.Contacter ALBERT, au 735-5565.Le samedi 2 février 1985, «Shabbat Shira», le Centre Communautaire Juif représenté par le Département Culturel (Synagogue) a honoré son HAZAN RISHON, M.Jacob Azoulay.Cette cérémonie devait d’abord se dérouler lors de l’Assemblée annuelle, mais M.Azoulay était absent ce jour-là.M.Azoulay, bien connu de la communauté Sépharade, a été un des premiers hazzanim venus du Maroc il y a vingt ans.Il s’est mis d’emblée au service de l’Association Sépharade francophone, pour célébrer les offices religieux des grandes fêtes au «Y» et tous les samedis à la Spanish et Portuguese.Malgré ses occupations professionnelles, il a toujours accordé bénévolement sa présence pour toutes les cérémonies religieuses.Sa gentillesse, son sourire permanent, sa belle voix, lui valent l’admiration et l'estime de tous sans exception.Dans un message émouvant de reconnaissance, Salomon Benbaruk a prononcé une allocution retraçant la carrière communautaire de M.Azoulay, ses activités et son caractère merveilleux.Le Président, Elie Abitbol, lui a remis une plaque d’argent massif encadrée, portant des citations élogieuses.M.Jacob Azoulay continue, bien entendu, d’officier à la synagogue du «Y».Nous lui réitérons nos remerciements et nos compliments.CENTRE AÉRÉ 1985 Le Centre Aéré ouvrira ses portes cet été aux petits vacanciers.Cette année, le sport aura une place prépondérante.Au programme: un professeur de gymnastique et de danse, quatre sorties «plein air» et un spectacle pour enfants.Ces activités se dérouleront dans une ambiance de vacances dynamique et chaleureuse.Pour la sécurité de nos enfants, pompiers et policiers se joindront à nous au début de l’été afin d’informer les enfants et adultes des mesures à prendre en cas d’urgence.Notre Centre Aéré ouvrira ses portes pour deux périodes consécutives du 2 juillet au 22 août 1985.— TARIF: 250 $ par période — Carte de membre obligatoire Venez nombreux.À bientôt parmi nous!!! Pour de plus amples informations, contactez Solly Benam-ron: 735-5565.POURIM 1985 Pête de Pourim dimanche le 10 mars.Au programme, kermesse, magicien, cotillons, concours de déguisements, distribution de prix.Le Centre communautaire juif fêtait en même temps le 75e anniversaire du «Y».ipmi LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 27 CENTRE COMMUNAUTAIRE JUIF NOUVELLES COMMUNAUTAIRES mmm lUB Samedi le 2 mars.Le département Adultes Junior a fêté avec éclat la Saint-Valentin.200 personnes, par leur présence, ont as- Voyage en Israël Le Centre Communautaire Juif, avec le concours de la Fédération Séphardie Canadienne, organise un voyage en Israël pour la période du 29 mai au 12 juin 1985.Ce programme intéresse particulièrement les personnes du 3e âge et vise essentiellement à faire connaître aux participants les sites historiques et touristiques d’Israël.Programme du voyage: Mercredi 29 Mai Départ de Montréal (Rendez-vous à Mirabel à 21 h) Jeudi 30 Mai Arrivée à TEL AVIV à 16 heures Départ pour JÉRUSALEM à 18 heures.(Rencontre avec les responsables du Programme.) Invité: DAVID AVAYOU, Chef du Département des Communautés Sépharades en Israël.Vendredi 31 Mai JÉRUSALEM: Visite de la ville.YADVACHEM KNESSET VIEILLE VILLE KOTELHAMARAVI Samedi 1er Juillet JOURNÉE LIBRE Après Chabat, suite de la visite de la ville.Dimanche 2 Juin BETHLEHEM: Tombeau de Rachel HEVRON: Tombeau des Patriarches et visite de nouvelles colonies de peuplement.suré un succès inégalé grâce à l’organisation parfaite du Comité Adultes Junior qui fera date dans les annales du Centre communautaire juif.Lundi 3 Juin MASSADA, EIN GEDI, NAHAL DAVID, MER MORTE (BAIGNADE) Mardi 4 Juin TIBERIADE -Tombeau de Rabbi Mair Ba-Hal Haness -LAC Mercredi 5 Juin GOLAN - Excursion aux fouilles archéologiques Découverte de vieilles synagogues - Hamat Gader (Thermes) Jeudi 6 Juin SAFED - Cité des cabbalistes - Vieux Quartier des artistes-peintres, sculpteurs, etc.MERON - Tombeau de Rabbi Shimbon Bar Yohai ROCH PINA Un des premiers mochavs d'Israël Vendredi 7 Juin DÉPART POUR TEL-AVIV - Visite de la ville Samedi 8 Juin JOURNÉE LIBRE - Yaffa la nuit.Dimanche 9 Juin DÉPART POUR HAIFA - Carmel - Temble des Bahias - Musée de la Marine - Visite de la ville - KESSARYA: Visite aux fouilles Lundi 10 Juin RICHON LETSION Le jeudi 7 mars, le Centre communautaire juif a invité, comme à chaque année, toutes les branches du «Y» à un repas de Pourim qui s’est déroulé dans une ambiance chaleureuse.Jeux, attributions de prix.La bonne humeur était de la fête.- Visite des fameuses caves du Baron de Rot-child - Dégustation de vin ASHDOD: Visite de la ville ASHKELON: Visite de la ville KIBBOUTZ YAD MORDECHAI: Près de l’ancienne frontière égyptienne.Visite du musée.Mardi 11 Juin RETOUR À TEL-AVIV MATIN: Visite du musée de la Diaspora APRÈS-MIDI: LIBRE Mercredi 12 Juin RETOUR POUR MONTRÉAL, RENDEZ-VOUS À L’HÔTEL CONDITIONS: PRIX DU BILLET: $1.740.00 CANADIENS PAR PERSONNE.Comprenant: Billet aller-retour Montréal-Tel Aviv-Montréal.Taxe d’aéroport à l’aller Hébergement dans des hôtels 4 étoiles Occupation 2 par chambre 3 repas par jour- T ransport et visites guidées Billet d’avion valable 60 jours La taxe d’aéroport à Tel Aviv $10.00 U.S.plus l’assurance personnelle sont à votre charge.INFORMATIONS ET RÉSERVATIONS: ALBERT BENCHETRIT TÉL.:735-5565 28 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 CENTRE COMMUNAUTAIRE JUIF NOUVELLES COMMUNAUTAIRES Mes amies du Golden Age Elles sont assises autour d’une table Par groupes de trois ou quatre Elles bavardent, racontent, rient, Devant une tasse de café, d’un lunch, Elles sont coquettes, bien habillées, discrètes, L’une parle de son enfance, de son père; Le fameux rabbin qui l’emmenait Tous les jours au «shul» de la tendresse De sa mère, a «Yiddish mamma» pour Ses enfants, de «Erev chabat» De telles bougies allumées le soir Du passé toujours.L’autre parle de ses enfants Qui, une fois grands, ont bien changé, Des belles filles pas toujours commodes Des petits enfants, le joie de sa vieillesse.La dernière ne pense qu’à son dernier amour, Un gentleman qui l’emmène danser, Au cinéma, et se promener le dimanche.Quel plaisir de voir toutes ces merveilleuses Personnes que j’appelle «mes amies du Golden Age».Esther Merizen - * ï ' y : Chers amis, Voilà bien longtemps que je n’ai eu le plaisir de vous écrire un petit mot.Je voudrais vous entretenir de nos activités au «Club de l’Amitié».Comme vous le savez, le «Club de l’Amitié est un dub de l’âge d’or composé en majorité de femmes qui se réunissent tous les mardis après-midi au Centre Communautaire juif.Le panel des activités est bien diversifié cette année grâce à M.Sultan, à ses collaborateurs et amis, et chaque fois c’est un peu mieux.Nous avons eu un Tou Bishvat magnifique.Les enfants de l’école Talmud Torah de Chomedey sont venus nous rendre visite, nous ont questionnés dans le cadre d’un projet scolaire et ensuite ils ont chanté pour nous en hébreu, français et yiddish.C’était sublime et très touchant.Puis, ils nous ont UN VOYAGE AU MAROC QUI ALLIE TOURISME AU PÈLERINAGE RELIGIEUX Le Département Loisirs organise avec le concours des Voyages Alphatour (Renée Cohen-Scali, 738-4015) un pèlerinage à Ben Ahmed (Maroc) pour la Hilloula du vénéré RABBI YAHIA, du 7 au 14 mai 1985.Ce que nous vous offrons: Mercredi 8 mai - Réception officielle à l’aéroport Mohammed V par les autorités marocaines et communautaires.Offrande de bienvenue.Hébergement à l’Hôtel des Almohades offert des fruits.Mme Benaïm-Ouaknine nous a entretenus de Tou Bishvat également, et MM.Sul-tant et Benchetrit nous ont distribué de beaux fruits par la suite.Cette semaine, c’est la «Semaine israélienne».Le mardi 19 février, nous avons regardé un film sur Israël, nous avons chanté avec Dodie Abisror, nous sommes régalés de fala-fel, avons bavardé et écouté des nouvelles d’Israël sur le processus à suivre pour les «Olé Hadaches», la vie au pays, la joie et le bonheur d’être en Israël et aussi les difficultés, et comme dirait Dodie «So let’s go home».Donc.Dour conclure, les mardis de «Or Tamid» sont des.mardis enrichissants, divertissants et pleins d’amour.Merci donc, à Dodie, M.Sultan et Cie.Esther Merizen (4 étoiles A): occupation double, 1/2 pension, petit déjeuner et dîner.Jeudi 9-10 mai - Transfert en cars de luxe à Ben Ahmed, hébergement sous tentes caïda-les.Samedi 11 mai - Retour à Casablanca (Hôtel des Almohades).Dimanche 12 mai - Visite des institutions communautaires juives à Casablanca Lundi 13 mai - Grande réception officielle et dîner au Cercle de l’Union.Mardi 14 mai - Retour à Montréal via Paris.Prix: $ 875.00 Pour tous renseignements, appelez Ralph Sultan au 735-5565.V^ I ' * V o 'IV M.Mikaël Elbaz, professeur d’anthropologie de l’ethnicité, a animé le dimanche 3 mars, un cercle d’étude traitant de «La question sépharade aujourd’hui».Un public très intéressé a participé aux débats qui se poursuivront régulièrement au Centre communautaire juif.Le Départment culturel vous invite à y participer.Pour toutes informations: Carol Amar: 735-5565 VOYAGE ORGANISE AU MAROC LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 29 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES P.A.S.I.DES FAITS.Par leurs actions, des jeunes ont prouvé depuis deux ans qu’un concept nouveau d’activités pouvait se réaliser en israël.Avec le support du Centre Communautaire Juif, PASI demeure le reflet de toute la communauté juive de Montréal.Sous le leardership de Cabri (James Dahan), les membres de PASI issus de différents secteurs professionnels ont la volonté de mener à bien cette grande aventure.Innové en 1984, le concept PASI a dépassé ses objectifs par sa dimension humaine.POURQUOI PASI?MAINTENANT 2 VOLS PAR SEMAINE VERS LE MAROC CASABLANCA AGADIR, TANGER, MARRAKECH Parce que notre attachement à Israel est réel et que nous voulons le prouver à travers une action d’envergure.Authenticité d’un groupe de jeunes sans pré tention autre que de vivre une expérience communautaire unique.Sortir des sentiers battus, en réalisant pour l’été 85 dans 3 villes d’Israël (Ofakim, Nétivot, Sdérot), une série de 30 programmes pour toutes les tranches d'âge.Impliquer chaque membre de PASI, tout au long de l’année dans un programme intenée d’activités, de planification, de réunions, de collecte de fonds et de vie sociale.COMMENT Y ARRIVER?Parvenu aujourd’hui à 30 membres, l’opération PIM, PAM, POUM (Ofakim, Nétivot, Sd< rot) vise à plus de participation.Le projet reste ouvert à toutes et à tous.Afin de réaliser ses objectifs PASI se réunit une fois par semaine, et consacre un weekend par mois à des activités spécifiques.S’imDliaue réaulièrement dans les activités prévues d’une campagne de financement dont l'objectif est: 42 000 $.Indépendamment de ce fait, chaque membre paie son voyage.Inter-échange constant avec les différentes instances locales en Israël, afin de résoudre les nombreux aspects logistiques du Projet.CENTRE COMMUNAUTAIRE JUIF Avec la collaboration de la Fédération Séphardie Canadienne Tél.: (514) 735-5565 Me Armand J.Elbaz AVOCAT & PROCUREUR A LE PLAISIR DE VOUS FAIRE PART QUE DORÉNAVANT SON ÉTUDE SERA SITUÉE AU 2001, RUE UNIVERSITE Suite 1150 H3A 2N2 TÉLÉPHONE: (514) 288-3838 CORRESPONDANCES IMMÉDIATES VERS ATHÈNES, LE CAIRE, TUNIS, DJEDDAH royal xi maroc ARMOIRES DE CUISINE MEUBLES D’IMPORTATION MÉLAMINE, ARBORITE, CHÊNE MASSIF, MERISIER, LAQUÉS.CUISINES FAITES SUR MESURE CHARLES ASSAYAG Pour un joyeux PESSAH, rénovez votre cuisine 6625 Mackle, St.25 Estimations gratuites Côte St-Luc, Québec TÉL.: 482-41 99 30 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES , - - -— 1 LE CENTRE HILLEL Regard sur la Quinzaine de la Culture Juive Puisque la Quinzaine de la Culture Juive 1985 vient de prendre fin, il nous a paru à propos de vous faire part de certaines de nos impressions.Cet évènement est régulièrement, soit une fois par année, organisé par le Centre Hillel.C'est sous le thème de «l’humour juif» que la Quinzaine nous est revenue, après deux ans de convalescence, et ce pour des raisons indépendantes de notre volonté.C’est avec entrain et humour que son retour fut accueilli et, pendant deux semaines nous fûmes tenus en haleine.La soirée d’inauguration s’est tenue au Musée d’Anthropologie de l’Université de Montréal dans une ambiance détendue.Les oeuvres de TIM, le célèbre caricaturiste de l’EXPRESS, nous ont été présentées ainsi que des sculptures de Gabellini représentant Golda Meir, les Marx Brothers, Moshé Dayan, Einstein, pour n’en citer que quelques-unes.De plus, un bon nombre de caricatures évoquaient sans ménagement figures et évènements de la scène internationale.À cette occasion, un grand nombre de personnalités assistèrent aux diverses manifestations.Puissant dans le répertoire des Beaux-Arts, le talentueux Louis Mittelberg, mieux connu sous le pseudonyme de TIM, nous a parlé, le lendemain, de son métier tout à fait original.Du côté cinéma, nous avons vu «ZELIG» DE Woody Allen, satire de la société américaine des années folles, ainsi que «NEXT STOP GREENWICH VILLAGE» de Paul Mazursky.Par ailleurs, ce sont surtout les pièces de théâtre variées, sensibles et représentatives qui nous ont marqués durant cette Quinzaine.Le spectacle féérique de Laurent Berman et Anna Quesemand intitulé «MÉTAMORPHOSE D’UNE MÉLODIE», invitation à un univers d’extase et de magie.N’avez-vous jamais vécu l’aventure d’un air de musique?Jamais entendu une lanterne magique?Eh bien le merveilleux voyage que met en scène le «Théâtre à Bretelles» était pour vous.Nous avons particulièrement apprécié le décor tout à fait original évoquant nos boîtes à images d'antan et les effets musicaux qui donnaient à la pièce un relief inattendu et quelque peu déroutant.Le conteur Alexis Nouss, quant à lui, nous a transportés «À l’Est de l’Est», à Chelm, où-tous les sages du village ont la faculté de déplacer des montagnes.Ces sages détiennent un secret ancestral de fabrication du Bagel.Et si vous ne connaissez pas, Alexis Nouss, gardien de ce savoir des traditions, nous l’a enseigné.Le principal est de réussir le trou du Bagel.Une fois que vous l’avez bien en main, vous l’entourez d’une pâte préalablement pétrie que vous plongez dans une eau pétillante.Ensuite, vous passez le tout au four.Servez bien chaud, mais prenez garde de ne pas entamer le trou car celui-ci vous sera utile la prochaine fois.De plus, le répertoire d’Alexis Nouss accusait également des histoires de notre fameuse «Shéha».En fait, l’itinéraire de l’humour juif passait in vitablement par l’Afrique du Nord, dans «TCHOUFFA» avec Attica Guedj et Betty Berr.Spectacle d’une simplicité émouvante, qui nous a fait revivre, le temps de la représentation, l’ambiance de notre quartier d’enfance, ses éternelles disputes d’un balcon à l’autre (vous l’avez vue, celle-là, cette.), le cri du porteur d’eau, celui des enfants, l’odeur des beignets frits.Chacun de nous a pu se reconnaître dans cette fresque où le rire et la nostalgie se mêlaient.Toujours sur le même ton, Joseph Toléda-no, professeur à Jérusalem, auteur de plusieurs livres sur les Juifs du Maroc, a fait un tour d’horizon de nos blagues bien salées à travers lesquelles le Mellah se dévoile «bla hshouma».M.Tolédano a terminé la soirée par un sketch burlesque au goût de «jabban».Graâce au dévouement de Suzanne Dadoun, directrice du Centre Hillel, et des bénévoles, cette Quinzaine a été un évènement de grande qualité.Au cours de cette Quinzaine, nous avons été les témoins de l’immense variété de l’humour juif.En effet, le choix des évènements nous a permis de poser un regard neuf sur des caractéristiques de NOTRE culture.Malheureusement, l’auditoire relativement réduit nous a incités à soulever un certain nombre d’interrogations.Serait-ce la culture qui ne suscite plus d’intérêt pour nous?Ou bien serait-ce tout simplement une désertion au profit des spectacles endiablés?- Voyage en Israël On se souvient.On se souvient.Pourcertains, l’été ’84 allait se présenter de façon mémorable puisque pendant six semaines, le Centre Hillel se proposait de nous faire découvrir ou redécouvrir la «Terre Promise».D^abord, trois semaines dans un kibbutz (kfartsold).Le confort nord-américain manquant, malgré un accueil chaleureux, les premiers temps furent plutôt difficiles, alors qu’une solidarité se raffermissait et qu’un esprit de groupe s’installait.Carc’est dans ces champs de coton ou de poires que nous vivions les moments les plus intenses.C’est là où, si je puis dire, notre amitié se cultivait.Cette enrichissante expérience au kibbutz fut l’occasion d’aider à la croissance de notre pays, mais elle fut surtout celle de jeter un autre regard sur Israël, de constater un aspect différent de la vie en général.Mais c’est à travers la seconde moitié de-notre voyage que nous allions tenter de saisir la réalité israélienne, à la lumière de notre identité et sur la portée de cette identité.Ainsi, du Nord au Sud se présentaient une foule d’activités tant culturelles que touristiques, tant sociales que religieuses.À partir de la magnifique région de Tibériade, nous retrouvâmes l’émouvante Jérusalem pour ensuite redescendre jusqu’à Arad vivre trois jours dans un camp bédoin typique, et poursuivre le Neguez en passant par la Mer Morte jusqu’à Eilat.Je tiens par ailleurs, au nom du groupe et de façon personnelle, à féliciter nos deux «madrichim», Shlomo («le rat») et Charlie («papa») qui, par leur dynamisme et leur patience; ont fait de ce voyage un franc succès.Egalement bravo à notre très cher organisateur David Abisror, et un gros merci à la Fédération Sépharadie Canadienne, qui, en apportant au Centre Hillel sa collaboration, a rendu possible, à vingt jeunes, cet unique et mémorable voyage en Israël.Nathalie Hazan (dodo») Le Centre Hillel inaugure un cercle d’études juives sous forme de séminaire dirigé par le Rabbin Israël Hausman.Il s’agit là d'une analyse conceptuelle du Talmud.C’est une technique d’étude dont l’objectif est de mettre en lumière les enseignements des rabbins, des sages et des prophètes.Les participants à ce cours seront invités à prendre connaissance des problèmes et des révélations inhérents à l’expérience et l’âme juive, en examinant une variété de textes juifs, Torah, Mishna, Talmud, etc.ainsi que des textes de Maimonide, Nahmanide, Rachi et les spécialistes de la Halakha.Ce cours est ouvert aux jeunes adultes, gratuit, (connaissance de l’hébreu un atout) et nécessitant une Guémara Berakhot bilingue (peut coûter entre 10 et 25 dollars).Tous les mardis de 19h30 à 21 h au Centre Hillel 5325 Gatineau - Tél.: 738-2655 Dans une ambiance de détente et de franche camaraderie, nous invitons tous les jeunes de 18 ans et plus à participer activement au: «1er CONGRÈS DE LA JEUNESSE SÉPHARADE DU QUÉBEC» qui se déroulera lors du week-end prolongé du 17 au 20 mai dans les Laurentides, sous le thème: «DIALOGUE DES GÉNÉRATIONS» "Nombre de places limité ‘Demandez notre programme: Claude: 735-5565 Sidney: 489-0538 / 738-2655 ‘Frais minimum LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 31 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES Organisation des Iraniens Juifs du Québec Cette organisation vient d'entamer la deuxième phase de son existence en choisissant son deuxième Comité exécutif, nanti du mandat de se doter des outils nécessaires pour réaliser les objectifs qui ont été à l’origine de sa fondation.Le premier Comité exécutif, composé de sept membres, chargé de mettre en place les structures de l'organisation et la doter d’un statut juridique et social, vient de terminer ses travaux avec succès.Comme tous les débuts, la tâche n’était pas facile, mais des réunions fréquentes et régulières ont permis aux membres de ce comité de mettre finalement au point les fondements d’une organisation qu’ils prévoient la plus efficace possible.Parallèlement à l’édification des statuts, ils ont participé Au cours de cette assemblée, la motion d’affiliation à la communauté sépharade du Québec a été débattue à la lumière des informations reçues en soulignant les aspects avantageux, et a été acceptée à l’unanimité avec la réserve que l’organisation conserve son autonomie culturelle et financière.Programme d’avenir La communauté iranienne juive est constituée en grande partie par des personnes récemment arrivées au Canada, surtout après 1978, et la majorité nécessite une aide en vue de son adaptation aux nouvelles conditions de vie.Tel est le cas des personnes âgées et des personnes qui ne s’expriment dans aucune des deux langues officielles du pays.i4< Dans ce domaine, le rôle de notre organisation est de les informer des différentes possibilités et services dispensés soit par le gouvernement fédéral, soit par le gouvernement provincial, soit par les institutions privées comme la JIAS.Des démarches ont été faites dans ce sens et un certain nombre de membres suit des cours de langue française et anglaise, dans différentes institutions.Une autre tâche, très importante, est celle de sortir ces personnes du dépaysement et de l’angoisse causés par leur nouvelle vie, alléger leur isolement et leur nostalgie.À ce niveau, l’organisation, avec l’aide des institutions juives, peut et se doit d’intervenir en leur donnant l’occasion de se rencontrer, de rencontrer d'autres personnes susceptibles de leur apporter un appui moral, en les faisant participer à des réunions récréatives ou à des excursions, leur permettant ainsi de s’harmoniser avec l’environnement adoptif et jouir de la tranquillité d’esprit, de la qualité de vie de leur nouvelle société.Reste le problème de nos jeunes: ils sont, heureusement, assez nombreux et constituent pour nous le bagage de l’avenir.Par définition, ils semblent être en meilleure posture que leurs aînés puisqu’ils fréquentent diverses écoles et institutions d’enseignements, mais il ne faut pas perdre de vue que notre plus cher désir est de les voir garder tout entier leur respect et fidélité à leurs origines et traditions, pour qu’ils puissent s’épanouir avec fierté dans cette nouvelle société.Bien que le rôle de la famille soit primordial et absolu dans l'accomplissement de ce voeu, notre organisation se propose de leur donner l’appui moral et de prodiguer tous les efforts en vue d’arriver aux résultats les plus heu- reux- Fereydoun Chafaï à une série d’entretiens avec les dirigeants de la Communauté Sépharade du Québec en vue d’amorcer une entente de collaboration culturelle et sociale.En même temps, les membres des sous-comités ont mis au point plusieurs projets, dont la célébration des fêtes, des programmes concernant les jeunes, etc.tout en tenant les membres de l’organisation au courant de leurs travaux soit par lettres circulaires, soit en tenant des réunion d’information.On peut donc affirmer que le premier Comité exécutif a accompli son mandat avec succès et a reçu l’approbation de l’Assemblée générale du 28 novembre 1984 qui lui a renouvelé son mandat en lui adjoignant quatre nouveaux membres en vertu des statuts qui fixent à onze le nombre des membres du Comité exécutif.Les quatre nouveaux membres qui viennent apporter leur contribution à l’effort commun sont: Mme Balforia Sayah, Dr André Ekmati, M.Zakaria Ghavitian et M.Massoud Lolayan.NOUS REMERCIONS NOS CLIENTS D’AVOIR CONTRIBUÉ À NOTRE SUCCÈS PAR LEURS MARQUES DE CONFIANCE ET LES NOMBREUX TÉMOIGNAGES DE SATISFACTION REÇUS.226, rue Fairmount Montréal, Qué.H2T 2M7 N’hésitez pas à nous contacter: 274-7376 le jour 731-2883 ou 341-6026 le soir DA VID TOLE DAN O ^ L’A.S.TRAITEUR Strictement Orthodoxe Cachere Réceptions de tous genres.Cuisine Française et Marocaine 32 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES Nouvelles brèves.Du 3 mars au 10 avril 1985, la communauté juive de Montréal donnera une série de concerts et de galas de musique dans le cadre du «Mois de la musique juive».Les événements musicaux de la communauté comportent des concerts, des films et des représentations théâtrales dans plusieurs synagogues, une soirée de chant et de danse à l’école secondaire Herzliah, une chorale de plus d’une centaine d’étudiants venant d’une douzaine d’écoles hébraïques du jour de Montréal et, la Chorale Ron Am sous la direction de Alexander Brott.Deux concerts spéciaux sont parrainés par le Comité de Musique Juive du Congrès Juif canadien, région du Québec.Claude Lamothe, violoncelliste, et Josée Caron, pianiste, donneront la première de la sonate d’Alan Belkin intitulée: «A Vanished World».La représentation se tiendra en la Salle Claude Champagne, 220 Vincent d’Indy (Outremont) le 19 mars à 20 heures.Un concert du Congrès mettra en évidence l’artiste Fran Avni qui a enregistré trois disques très acclamés de musique, de chants et d’histoires pour enfants.Ce «Festival spécial de chansons pour enfants se tiendra le dimanche après-midi, 31 mars à 13h à la Synagogue Beth-El, 1000 Chemin Lucerne, Ville Mont-Royal.Pour de plus amples informations contactez: Rebecca Rosenberg Tél: 931-7531, poste 258.CONGRÉGATION SHAAR HASHOMAYIM LA NATHAN MENDELSON MUSIC FOUNDATION a le plaisir de vous présenter le Choeur RON AM sous la direction distinguée d’Alexandre Brott Au programme: des oeuvres liturgiques juk ves, modernes et anciennes,yiddish et israéliennes, pour la première fois à Montréal.Mercredi le 10 avril à 20h à la Synagogue SHAAR HASHOMAIM, 120 Côte St-Antoine, Westmount.Entrée libre.Victor Teboul, membre du Conseil d’administration de la Communauté Sépharade du Québec vient de publier un ouvrage sur le libéralisme au Québec.Il est intitulé Le Jour Emergence du Libéralisme moderne au Québec, publié chez Hurtubise HMH.Des articles sur cet important ouvrage ont déjà paru dans La Presse et Le Devoir.M.Teboul examine dans cet ouvrage les fondements du libéralisme moderne tel que formulés dans le journal Le Jour par Jean-Charles Harvey et son équipe durant les années qui précèdent la Deuxième Guerre mondiale.Au plan des mentalités, Le Jour développe une idéologie axée sur l’individu.En remettant en question une conception messianique de l’Histoire du Canada français, Le Jour revalorise la conquête des biens matériels et la concurrence qu’elle motive.Le souffle de renouveau qu’il incarne au plan culturel lui attirera la collaboration d’écrivains et d’artistes déjà connus à l’époque, comme Louis Dantin, et d’autres qui feront leur marque plus tard, tels Gabrielle Roy, Yves Thériault ou le peintre Jean-Paul Lemieux.Victor Teboul est directeur de la Revue Jonathan et du Comité Canada-Israël au Québec.Trente mille Israéliens, incluant des écoliers, des soldats, des personnes du 3e âge, ainsi qu’un grand nombre de Olim Ethiopiens, participèrent à la plantation de vingt mille arbres à l’occasion de Toubishvat en Israël.La Keren Kaye-met (Fonds National Juif) à cette occasion, culmine son programme de trois mois au cours desquels trois millions d'arbres furent plantés, créant ainsi des parcs, embellissant le paysage et protégeant de l’érosion le sol des zones arides.Les Services canadiens d’assistance aux immigrants juifs continuent à s’acquitter de l’importante tâche de sauvetage et d’établissement de nos frères de toutes les parties du monde.À présent nous avons une petite communauté de Juifs éthiopiens à Montréal - réunis avec nous après un laps de temps de plusieurs millénaires.Leur adaptation exige toutes nos ressources et requiert toute notre attention.L’oeuvre de notre agence doit être un effort communautaire et nous faisons appel à vous pour demander votre appui par le biais de votre adhésion à la JIAS.Nous avons besoin de votre aide.JIAS, 5151 ch.de la Côte Ste-Catherine, Montréal, Québec H3W 1M6 - Tél.342-9351 L’American Society of Sephardic Studies de New York nous informe que sa prochaine conférence aura lieu le dimanche 17 mars 1985 au Stern College (34th Street and Lexington) à Manhattan.On se rappelle que la Sephardic Society en association avec le Graduate Center of the City of New York (CUNY), avait tenu une conférence en novembre dernier ayant pour sujet: «l’écrivain et la tradition sépharade» (Voir La Voix Sépharade, jan-fév.1985).M.David Altabé, Président, nous écrit que la prochaine conférence sera une réaffirmation de l’expertise professionnelle au service des études séphara-des.Nous venons de recevoir une communication de la Yeshiva «Torath Shlomo» de Jérusalem dont le but est de former des Dayya-nims (Juges) et dirigeants spirituels séphara-des.Cette institution, unique en son genre et nécessaire dans le maintien de nos grandes traditions religieuses et spirituelles séphara-des, rencontre de sérieuses difficultés financières et demande l’aide de tous.Pour accomplir cette Mitsvah et obtenir plus d’information, écirez à: Yeshivat Torath Shlomo, 27/18 rue Ezrat Torah, Jérusalem, Israël.Le Conseil de l’Éducation Juive du Grand Montréal nous fait savoir que la seconde conférence annuelle des écoles supplémentaires juives aura lieu le dimanche 21 avril de 10h30 à 15h30 à la Cummings House, 5151 Côte Ste-Catherine.Cette conférence traitera de plusieurs sujets.Tous les parents, membres de comités, professeurs et directeurs des écoles juives de l’après-midi sont cordialement invités.Pour informations, appelez Phyllis Pinchuk au 735-0333.Nous venons de recevoir le Bulletin no 1 publié par le Conseil Canadien des Chrétiens et des Juifs, dont le Président-Directeur-Géné ral est M.Victor Goldbloom, O.C.M.d.Comme on le sait, M.Goldbloom, ancien ministre, ancien membre de l’Assemblée Nationale, personnalité éminente dans la communauté juive, poursuit avec succès ses efforts dans la lutte contre le fanatisme et le racisme.Nous lui souhaitons le plus grand succès dans cette noble entreprise.LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 33 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES Photo: Le Grand Rabbin de France, M.René Sirat, M.Charles Mizrahi, correspondant de la Voix Sépharade à New York, M.Zazou (du Restaurant Zazou à Paris).M.Charles Mizrahi, correspondant de la Voix Sépharade à New York, nous communique: «Au cours d’une rencontre fortuite dans un restaurant de Paris, M.René Sirat, Grand Rabbin de France, m’annonce qu'il recevra le 6 juin prochain à New York, le diplôme de docteur «Honoris Causa» de la Yechiva University.M.René Sirat m’a demandé de présenter ses chaleureuses salutations à l’administration de la Voix Sépharade et à toute la Communauté de Montréal.» M.David Azrieli, personnalité bien connue dans le monde des affaires, de la communauté, de l’éducation et dans les oeuvres philanthropiques, vient d’être promu membre de l’Ordre du Canada.Cet Ordre a été établi en 1967 par S.M.la Reine qui demeure à sa tête en tant que Souveraine, et le Gouverneur Général en est le Chancelier et Compagnon principal.L’investiture de M.Azrieli aura lieu en avril et nous lui présentons nos plus chaleureuses félicitations.Le vendredi 5 avril dans l’après-midi, et peu de temps avant le Seder de Pessah, Madame Dina Sabbah sera l’invitée de Norman Seguin, à Radio-Canada CBM 290, dans le programme «Les Belles Heures».Cette présentation traitera de la «Musique de Pessah».Le cinquième Festival Mondial de la Chanson Juive sera présenté cette année, et pour la première fois, en Israël.M.Peter Smolash, organisateur de ce Festival, fait appel à tous les compositeurs pour y participer et présenter leur matériel avant le 31 mars à l’adresse suivante: Peter Smolash, 5025 Plamondon, Montréal H3W 1E9 Tél.342-9627 «À la suite des récents rapports de la presse relativement aux présumés criminels de guerre nazis résidant au Canada, nous rejetons des allégations à l’effet que n’importe quel groupe ethnique soit identifié comme étant capable de génocide.La diffamation de groupe sera toujours repoussée par la communauté juive du Canada.Le Congrès juif canadien a déclaré de façon soutenue que les criminels de guerre nazis résidant au Canada doivent être traduits devant les tribunaux compte non tenu de la nationalité d’origine.Le Congrès continuera de poursuivre cet objectif de façon énergique», a déclaré Milton Harris, président du Congrès Juif Canadien, en parlant des criminels de guerre nazis.Les Amitiés Québec-Israël organisent pour l’été prochain des voyages culturels en Israël s’adressant à la communauté estudiantine québécoise.Ces voyages sont organisés comme suit: Il est prévu des rencontres avec des universitaires, des journalistes, des personnalités politiques.Il est également prévu une période de Kibboutz, et évidemment une portion essentiellement touristique.Les Amitiés Québec -Israël sont à la recherche d’étudiants(es) accompagnateurs pour se joindre à ses groupes.Possibilité du voyage gratuit.Pour plus d’informations: 934-0772.Le Centre Commémoratif de l’Holocauste à Montréal, bibliothèque publique juive présente actuellement le film «Chaim Rum-kowski et les Juifs de Lodz».Ce film, présenté pour la première fois à Montréal, complé-mente l’exposition annuelle «Le ghetto de Lodz: années de défi, années de désespoir, 1940-1944».L’exposition décrit la communauté juive de Lodz: sa vitalité, avant la guerre, sa lutte vaillante dans le ghetto et sa fin tragique.Le Centre est ouvert au public du mardi au jeudi inclusivement, de 11 heures à 16 heures, le vendredi de 11 heures à 14 heures et le dimanche de 10 heures à 17 heures.Le Centre est fermé le lundi.Les Services d’Aide à la Famille Juive Institut Baron de Hirsch sont constamment à la recherche de bénévoles qui pourraient remplir une variété de tâches auprès des personnes et des familles en difficulté.Le manque de bénévoles est particulièrement crucial quand il s’agit de personnes parlant français.CONDUCTEURS.Pour amener un client d’un certain âge chez le médecin et à d’autres rendez-vous essentiels.La plupart des missions sont brèves et les horaires sont flexibles.Idéal pour quelqu’un ne pouvant prendre un engagement hebdomadaire continu.RÉPÉTITEUR.Eli, un immigrant âgé de 11 ans, a besoin d’un répétiteur francophone,, pendant une heure par semaine.GRAND FRÈRE.Stevie, un garçonnet âgé de 10 ans, bon élève, n’a pas d’image masculine dans sa vie; il a besoin de partager des «activités masculines» avec quelqu’un sur qui il peut compter.Une prière spéciale s’est tenue le jeudi 14 mars 1985 à 12h30 à la Cathédrale Christ Church (angle Université et Ste-Catherine) pour commémorer l’arrestation en URSS d’Anatoly Scharansky et pour sa libération.Cette prière a été organisée sous l’égide du Groupe d’étude inter-religieux au nom des Juifs d’Union Soviétique.Ont pris part à cet office: le pasteur Andrew Hutchison de la cathédrale Christ Church, le professeur Irwin Kotler, avocat de Scharansky, Kathey Keefler, du programme de la CBC «Newswatch», le rabbin Kenneth Segal, du Temple Emmanuel-Beth Shalom, le père Irénée Beaubien, le père Barry Jones, le révérend Alex Farquhart de la St.Andrew’s Church, le révérend Chanoine Garth Bulmer de l’Archidiocèse anglican.Une vigile s’est tenue face au Consulat d’Union Soviétique par le Groupe des 35.Le Comité de Montréal pour les Juifs soviétiques fait actuellement circuler dans les écoles et les universités ainsi que dans les organisations juives une pétition protestant contre la persécution des enseignants d’hébreu en Union soviétique.La communauté juive d’Union soviétique, harcelée et persécutée depuis si longtemps, fait présentement face à une nouvelle crise.La constitution d’Union soviétique garantit le droit des minorités à maintenir leur langue et leurs traditions.Ce droit est nié aux Juifs soviétiques.Le gouvernement d’URSS a systématiquement détruit toutes les institutions éducatives juives structurées, forçant ainsi les Juifs à se rassembler en privé afin d’apprendre leur histoire, leur culture et leur langue.Ceux qui tentent d’enseigner et d’apprendre l’hébreu sont harcelés et arrêtés, puis condamnés à des peines de prison.Au cours de l’année dernière, 14 professeurs d’hébreu ont été arrêtés.Jusqu’à présent neuf d’entre eux ont été condamnés aux travaux forcés dans les Goulags soviétiques.Le problème des enseignants d’hébreu en URSS sera discuté lors de la réunion du Comité canadien pour les Juifs soviétiques à Ottawa les 7 et 8 mai.Cette réunion marquera le 10e anniversaire des Accords d’Helsinki.Pour renseignements complémentaires, veuillez vous adresser au Comité canadien pour les Juifs d’Union soviétique, en composant 931-7531.Nous apprenons que la JIAS (Services canadiens d’assistance aux immigrants Juifs) vient de nommer M.Herb Abrams au poste de directeur exécutif national, en remplacement de M.Gordon Kaufman qui a pris sa retraite en décembre 1984.Nos félicitations à M.Abrams.34 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 SOCIÉTÉ André Sabbah, 10 ans, champion de plongeon Ce petit Sépharade de Dollard des Ormeaux occupe les manchettes de tous les journaux du Canada.Haut comme trois pommes (1 m 25), il a pulvérisé tous les records dans toutes les rencontres: 34 médailles d’or, 7 d’argent et la série continue.V A l’âge de 6 ans, André participe à sa première compétition nationale à Edmonton: il arrive quatrième.Au West End Diving Club (DDO), l’entraîneur Deszo Kiefer s’intéresse à lui dès l’âge de 4 ans: c’est le début d’une épopée sportive qui n’est pas près de s’arrêter.Un entraînement continuel, cinq jours par semaine, 2 à 3 heures par jour, 18 compétitions nationales, la presse, les photographes, n’ont rien changé à la vie quotidienne de ce petit phénomène qui mène une vie normale, celle de tous les petits garçons de son âge.Il est simple et modeste, la célébrité ne lui monte pas à la tête.A l’école, il est bien coté, il a même des talents.Il V joue très simplement avec ses copains.A la maison, on prend bien soin de ne pas le traiter en héros.Il se rend bien compte qu’il est la fierté de ses parents, ce qui ne l’empêche pas de participer aux petites corvées de la maison.Son père, Albert Sabbah, s’est vite rendu compte des possibilités de son V petit André et se consacre entièrement au développement de sa carrière.D’ailleurs, c’est un garçon étonnamment précis et contrôlé pour son âge: son entraîneur Keifer (et sa fille) couvent littéralement leur petit oiseau.Conseils, corrections, instruction qu’il suit avec précision et patience font de lui un petit jouet mécanique, au sourire adorable, aux gestes enfantins, soulevant l’enthousiasme des admirateurs.Les journaux sont les plus enthousiastes de tous: les termes de «talent phénoménal», «incredible prospect», «le plongeur par excellence», «jamais connu un plongeur aussi avancé à son âge», «brille aux compétitions», «André continue de dominer la scène du plongeon».Comme on peut le supposer, son entraîneur Kiefer fonde sur lui tous les espoirs, les Jeux Olympiques, les Championnats mondiaux, et comme déjà d’autres entraîneurs olympiques louchent de son côté, il déclare être prêt à se battre pour garder son poulain.D’autres souhaitent que les Sabbah déménagent dans l’Ouest pour être plus près de l’action mais il n’en est pas question pour le moment.Pour participer à toutes les compétitions, il lui faut effectuer beaucoup de déplacements: Edmonton, Etobicoke, Nepean, Thunder Bay, Fredericton, St.John’s, Toronto, etc., André va bientôt participer au Championnat mondial pour groupes d’âge qui se tiendra en fin juillet à Houston, Texas mais auparavant, il faudra qu'il se qualifie le 20 mai à Winnipeg.Il est aussi question qu’André participe aux Xlle Maccabiades qui auront lieu en juillet en Israël.Dans ce cas particulier, il semble qu’il n’existe pas, dans le programme des Maccabiades, une catégorie ou groupe d’âge où André puisse participer, la plus proche étant celle d’au-dessous de 18 ans.Mais André dit simplement qu’il peut concurrencer même ce groupe.Quoiqu’il en soit, Maccabi-Canada, région du Québec, lui a octroyé en 1983 un beau diplôme d’hommage dans la catégorie plongeon «Diving».Nous joignons notre voix à celle de toute la presse canadienne pour féliciter André et l’encourager à poursuivre sa glorieuse carrière sportive et occuper une place de choix dans le firmament des étoiles du sport.Nous venons d’apprendre qu’une «Fondation André Sabbah» vient d’être instituée légalement pour venir en aide au jeune champion plongeur de 10 ans, André Sabbah.L’entraînement et la participation d’André aux épreuves de plongeon sont excessivement coûteux et nécessitent des fonds que ses parents seuls n’arrivent pas à assumer.Naturellement, il se trouve de nombreuses compagnies commerciales qui, pour la publicité, seraient prêtes à couvrir tous ses frais, mais cela le rangerait dans la catégorie professionnelle lui interdisant de participer aux épreuves olympiques.Aussi fait-on appel au public pour effectuer des donations à ce fonds spécial, afin de lui permettre de poursuivre sa carrière.Si vous voulez aider le jeune André, envoyer maintenant votre chèque en faveur de la «Fondation André Sabbah» à l’adresse de BOISJOLI, SABBAH, SABBAG, ZIRI, MALKA COMPTABLES AGRÉÉS - CHARTERED ACCOUNTANTS 1440 STE CATHERINE OUEST #525.MONTRÉAL.CANADA.H3G 1RS TEL : (514) 861-5881 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 35 V A propos de Vaffaire Zundel REACTION AU PROCES ZUNDEL Suite aux commentaires, parfois chargés d’émotion qu’a amené le procès de monsieur Zundel à Toronto, permettez-moi d’exposer ce qui suit.Monsieur Zundel a été accusé en vertu des dispositions de l'article 262 du Code criminel, lequel stipule ce qui suit: 262.(1) « Un libelle diffamatoire consiste en une matière publiée sans justification ni excuse légitime et de nature à nuire à la réputation de quelqu'un en l’exposant à la haine, au mépris ou au ridicule, ou destinée à outrager la personne contre qui elle est publiée.(2) Un libelle diffamatoire peut être exprimé directement ou par insinuation ou ironie a) en mots lisiblement marqués sur une substance quelconque, ou b) au moyen d’un objet signifiant un libelle diffamatoire autrement que par des mots.1953-54, c.51, art.248».Nous vivons, Dieu merci, dans un pays démocratique où tous les citoyens sont égaux devant la loi et sont, de plus, protégés depuis 1982 par une charte garantissant la protection des droits fondamentaux de chacun, charte connue sous le vocable de Charte canadienne des droits et libertés.Il nous semble opportun de rappeler qu'au Canada, en droit criminel, il faut que la poursuite (le plaignant) prouve tous et chacun des éléments essentiels d’un crime car l’accusé est toujours présumé innocent.Au surplus, il suffit, pour être acquitté, que l’accusé soit en mesure de soulever un doute raisonnable.Le procès Zundel ayant été plaidé devant jury, ce sont les douze jurés et eux seuls qui, une fois dûment informés, en droit par le juge, décident à l’unani-mité de la culpabilité ou de l’innocence de l'accusé.Les jurés sont chosis au hasard selon une procédure relativement complexe qu’il n’est pas nécessaire d’expliquer ici.Il est, à mon humble avis, réconfortant de réaliser que Zundel a été déclaré coupable du crime de libelle diffamatoire non pas par douze juifs mais par douze citoyens pris au hasard, issus de toutes les couches et de toutes les tendances de notre société.Je suis personnellement très heureux de la décision du jury en ce sens qu’elle signifie que la société canadienne dans son ensemble n’accepte pas les théories exposées par Zundel, et il me semble qu’il est de notre devoir de mettre en relief cet aspect positif plutôt que de se plaindre du fait que Zundel, pour sa défense, ait réussi à faire entendre des gens qui pensent comme lui et que leurs témoignages aient été largement publicisés.Ce fut un mal nécessaire.Je suis d’avis qu’il serait plus utile pour notre communauté d’insister sur le fait que, malgré toutes les théories des Zundel et compagnie, il a été reconnu coupable du crime reproché par l’ensemble du peuple canadien représenté par douze citoyens composant le jury.Sur un autre plan, je me permets de rappeler qu'au Canada, comme dans tous les pays démocratiques, les lois sont le reflet de la volonté populaire représentée par les députés au Parlement.Dès lors, si nous sommes d’avis que le libelle diffamatoire devrait être sanctionné plus sévèrement ou que les éléments de preuve requis pour faire condamner quelqu’un de libelle devraient être différents, il faut alors agir au niveau politique.Le piège à éviter serait de dire: «Le procès n’a servi à rien car trop souvent dans l’histoire nous avons été persécutés sans aucune forme de procès.» J’espère que ces simples lignes susciteront la réflexion.On se doit de constater que le procès Zundel même s’il a permis à certains racistes de se manifester, a également et surtout démontré qu'au j Canada, le racisme n’est ni socialement ni légalement toléré.CLAUDE HACCOUN, avocat L’art de l’amalgame Il est arrivé avec l’affaire Zundel la même aventure qu’avec l’affaire Fauris-son en France.En effet, ce dernier trouva un allié inespéré dans certains mouvements gauchistes qui, comme lui, nièrent l’existence des chambres à gaz.Mais pourquoi cette alliance contre nature?Une explication fort simple fut fournie à l’époque.Il s’agissait pour les gauchistes d’aboutir à l’équation Hitler = Staline, or Hitler = génocide + chambre à gaz + camps de concentration, et Staline = génocide + camps de concentration.La tentation était grande! En niant l'existence des chambres à gaz, SOCIÉTÉ l’équation politique était résolue.C’est dire jusqu’où peut aller la perversité politique.Dans le cas Zundel, on n’a pas retenu le deuxième chef d’accusation dans lequel Zundel mettait en garde l'Islam contre les communistes, les francs-mayons, les banquiers et les sionistes.Etrange la ressemblance entre cette mise en garde et la diffusion fallacieuse du pamphlet Le Protocole des Sages de Sion» qui mettait en garde le monde chrétien con tre la conspiration bolchevi co-juive.Or, le Pror .oie des Sages de Sion a été reconnu irréfutablement comme un faux, oeuvre de la police secrète du Tsar.Alors pourquoi le doute dans le pamphlet de Zundel?Parce qu’il inclut les communistes?Parce qu’il parle de sionistes et non pas de Juifs?Alors au nom d’une idée politique on nie l’évidence; en jouant avec les mots, on jette l’anathème sur un groupe ethnique.Raymond Eljarrat LIBERTE, LIBERTE CHERIE COMBATS AVEC TES DEFENSEURS Que ne se permettrait-on pas, au nom de tes principes! À Madame Lysiane Gagnon, BRAVO pour votre reportage, votre analyse et vos commentaires sur le procès Zendel que vous avez intitulé LE PROCÈS EMPOISONNÉ.Vos talents journalistiques sont d’une objectivité sans pareille, ils suscitent l’admiration.Vous avez de plus, pour la circonstance, insisté sur votre répugnance de l’antisémitisme, c’est tout à l’honneur de gens sensés et cela renforce votre récit dans le ton que vous lui avez donné.Ceci précisé, pourquoi votre appréhension, comme celle de même d’autres journalistes-animateurs d’émissions radiophoniques ou télévisées de l’impact que ce procès pourrait avoir sur la notion de LIBERTÉ D’OPINION et redoutez-vous que cela ne tourne à la censure?N’est-ce pas trop appréhender?Et pourquoi redouter cet impact lorsque: A) La déclaration des DROITS DE L’HOMME du 26 août 1789 proclamant pour la première fois: Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en Droit, 36 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 B) La liberté consiste à faire TOUT CE QUI NE NUIT PAS AUX AUTRES.Cela ne peut être plus clair et c’est précisément ce que Zundel a enfreint non seulement avec une audace outrancière mais encore avec haine, défi et un J’M’EN FOUTISME intégral.Pouquoi dès lors préférer que son procès n’eût pas lieu?pour qu’une large publicité ne s’ajoute à ses écrits?Pour donner plus d’apaisement aux appréhensions pour la sauvegarde de la liberté d’opinion, suivons la proclamation des DROITS DE L’HOMME: C) La liberté en DROIT se définit comme suit: La liberté de chacun est limitée par celle des autres et par la nécessité du maintien des ordres.D) La liberté de pensée recouvre la liberté d’opinion et de conscience.Si la liberté d’opinion et de conscience est la règle pour chaque individu, cette liberté est moindre chez les fonctionnaires qui pourraient en altérer le caractère si dans leurs fonctions ils en faisaient une autre interprétation.E) La presse et les moyens modernes d’information sont des instruments privilégiés d’expression et de pensée.La presse a obtenu un statut qui protège sa liberté tout en réprimant les abus.F) On sait aussi que la radiodiffusion et la télévision sont des instruments d’information mais aussi de pression (trop puissants pour qu’une liberté totale leur soit accordée.Un statut leur a donc été donné.Je ne fais ici que reproduire les définitions qu’en a données l'ENCY-CLOPÉDIE ALPHA.Vous avez fait mention d’un autre procès en vue, celui de KEEGSTRA, un instituteur albertain qui, contrairement à sa mission de donner un enseignement conforme au programme de l'Education nationale, enseignait l’antisémitisme.Ne mériterait-il pas, pour le moins, qu’il soit condamné au remboursement des salaires ainsi perçus indûment dès lors qu’il occupa ses fonctions.Et tant pis pour la publicité dont l’un et l’autre accusés auraient pu bénéficier de par leurs procès.Il ne demeure pas moins vrai que c’est aussi une occasion pour non seulement réfuter des mensonges pernicieux et dangereux mais encore pour éclairer une opinion publique qui eût pu accréditer cette propagande.Les générations venues au monde après la 2e Guerre mondiale ignorent pour la plupart les crimes nazis illustrés cependant par le film de l’Holocauste, et ce procès est une occasion pour elles d’être bien informées.En conclusion, j’emprunterai celle de Mme Thérèse Michaelli, une Israélienne qui avait écrit un article paru le 22 septembre 1982 dans la page IDEES du grand quotidien parisien LE MONDE que voici: «Cela est grave, bien moins pour nous que pour le monde.Nous, Peuple de la Bible, nous avons souffert, nous avons été martyrisés, dispersés, mis en esclavage en tant que personnes.En tant que Peuple, nous avons survécu à toutes les douleurs et toutes les civilisations.Nous sommes fatigués de nous battre toujours.Nous voulons la Paix, nous y croyons.Non parce que nous n’avons pas la capacité de nous battre, mais parce que nous n'aimons pas cela.Notre vocation est de PAIX et de VIE, non de MORT.Seulement il faut nous laisser vivre et encourager à une vraie PAIX parce que nous avons évolué, il n’y aura pas de nouveau MASSADA.DIEU fasse seulement que la folie' actuelle du monde et la haine du Juif ne nous acculent pas à un nouveau Sam-son.I.BENSABAT Le procès Zundel ou le mensonge accueilli.Ernst Zundel, 46 ans un Ouest-allemand marié à une Québécoise qui vit à Toronto se déclare non coupable d’avoir publié en connaissance de cause des informations fausses pour provoquer l’intolérance sociale ou raciale.Des deux pamphlets édités par Zundel l'un «Les six millions sont-ils vraiment morts?» prétend que l’Holocauste a été exagéré à tel point que seulement 300.000 juifs moururent pendant la guerre et aucun par le régime nazi.C’est dit-il une conspiration internationale de Sionistes, sociétés secrètes, banquiers et communistes pour vilipender les Allemands.Le motif de cette résurrection épistolaire n’est certainement pas sa pitié pour 95% des martyrs hébreux.Un témoin de la défense, Robert Fau-risson, déclare qu’il n’y a pas eu d’extermination en masse de juifs par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale et qu’il n’existe aucune preuve que les chambres à gaz ont existé.Il a néanmoins dû admettre que «ses recherches» se sont limitées uniquement aux cham- SOCIÉTÉ bres à gaz et il a refusé son commentaire sur les pièces à conviction d’autres sources historiques présentées par la Couronne.Thies Christopherson 65 ans, ex-officiers de la Wehrmacht raconte qu’on l’avait envoyé à cet endroit après avoir été blessé en combat pour mener des essais avec le caoutchouc synthétique et que jamais il ne s’est aperçu de rien d’anormal au camp.L’air était toujours d’une pureté parfaite pour ses narines aryennes.Douglas Christie de Victoria.B.C.est le défenseur de l’accusé Zundel.Intègre avocat des théories antisémites il met tout son talent du côté des bourreaux en essayant d’inverser les rôles.Selon une de ses trouvailles au ghetto de Varsovie, les tueurs étaient les juifs qui massacraient les pauvres soldats allemands qui furent obligés de riposter en légitime défense.Ce qui est répréhensible de la part du juge à ce procès c’est de reconnaître comme témoins valables des personnes qui ont été disqualifiées par d’autres pays et d’accepter une accumulation de plaidoyers ridicules et historiquement réfutés comme mensongers.Chacun a le droit de penser à sa guise comme citoyen particulier, mais pour diffuser ses opinions par les médias il n’existe pas de liberté sans responsabilité.On ne peut pas induire en erreur le public soit par ignorance soit par mensonge.Surtout si le but est la réhabilitation d’une bande d’assassins d’une brulatité et d’une carence absolue, de sentiments humanitaires jamais vus chez des gens soi-disant civilisés.La mort aux mains des hitlériens et de leurs acolytes de six millions de juifs et beaucoup d’autres de différentes croyances a malheureusement été confirmé maintes fois par les survivants et les armées libératrices ainsi que par les confessions des coupables aux nombreux procès dont celui de Nuremberg fut le plus important.Essayer de blanchir les hordes nazies escamotant l’Holocauste afin de promouvoir des idées racistes et antidémocratiques est un réel danger pour la survie de la liberté.Permettre qu’elle soit utilisée par des personnes sans scrupules avec la finalité de l’anéantir signifie être complice des Hitler à venir.Simon, Schalom Kornitzer LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 37 SOCIÉTÉ La maternité éclatée De crise en virage, de mutation en mutation, le tissu social change, se distend, ses mailles se brisent quelquefois, s’élargissent d’autres fois, la famille, dernier bastion, se trouve ébranlée dans sa fonction primordiale de procréation.Son autonomie est entamée, elle a perdu le fil, la maternité sera plus la même, elle a éclaté.Au début des temps, l’être humain reçut la mission divine de se multiplier.On appliqua la consigne à la lettre, on fructifia la terre qui, quelquefois, parut à l’homme assez jolie, assez en tout cas pour vouloir la partager avec de plus en plus d’individus.Mais à un moment donné la multiplication et la fructification ne se conjuguèrent plus au même rythme.Une certaine phobie s’installa dans les esprits; le malthusianisme était né.Avant de sombrer dans la dérive et le découragement, l’être humain se trouva devant une alternative: soit réduire la part du gâteau et conserver le nombre de participants à la fête universelle, soit conserver la part du gâteau et réduire le nombre de convives.On opta pour la deuxième solution dans le monde occidental: le planning familial était né et, avec lui, la première intervention de l’homme dans la procréation; dorénavant la sexualité n’était plus partie prenante de la reproduction.On contrôla et on planifia si bien que de nos jours la société occidentale s’est retrouvée avec une population âgée en grand nombre.Un vent de panique s’est emparé d’elle, une «avidité d’enfant» (Dr R.Frydman) telle, qu’il s’est inscrit dans son inconscient collectif un «enfant imaginaire» (Dr R.Frydman) et, comme vieillesse ne pouvait, pour le concrétiser, on a fait appel à la science et à la médecine qui, elles, se sont empressées de nous inonder d’une panoplie de techniques de reproduction.A voir les prouesses de ces techniques modernes, certains parlèrent de Révolution dont le but ultime serait la «maîtrise de la vie» (Dr Jean Cohen).Mais cette révolution est-elle une explosion ou le résultat de mini-révolutions précédentes?En fait, comme le rappelle le Dr J.Cohen, elle commença vers les années 1600 avec: a) La découverte des gamètes mâles et femelles.Découverte qui redorait le blason des mâles, on était plus qu’un simple stimulus, notre rôle était plus noble que celui d’une simple goutte d’acide! b) L’insémination artificielle qui dissociait la sexualité et la procréation.c) La contraception absolue.d) Les banques de sperme congelé.e) La fécondation in vitro qui consacrait la dissociation entre la procréation et le corps humain.f) La conservation d’embryons humains.g) Les prêts d’utérus qui accomplissaient la séparation entre la naissance et la génétique, et entre la naissance et la maternité.L’aboutissement final: un éclatement de la filiation biologique et sociologique, éclatement si brutal qu'un enfant à la limite pouvait avoir trois mères (utérine, génétique, sociale) et deux pères (légal et biologique).La technique n’est pas porteuse de morale.Notre société lui a accordé tant de place que finalement c'est elle qui structure notre vie; notre dernier fief, notre corps, nous l’avons abandonné à la médecine.D’où l’immense rôle accordé au médecin dans les techniques de reproduction.9 9 De l'insémination artificielle que certains qualifient d’adultère légalisé (cas de femmes célibataires qui s’inséminent elles-mêmes) et où ils détiennent le secret de paternité, en passant par le don d’ovule et la location d’utérus, les médecins font l’objet de critiques acerbes lorsqu’ils se font complices de manipu- lations hasardeuses, comme par exemple le choix du sexe du futur enfant, attitude humaine face au sexe qui n’est pas sans rappeler le refus d’un handicap, mongolisme ou autre! A la limite, ces manipulations pourraient aboutir à un certain eugénisme aux bienfaits douteux! Sans parler des alliances purement lucratives et commerciales où les risques pour la santé sont quelquefois passés au second plan.L’hypothèse d’une décadence pour une civilisation est toujours douloureuse à admettre.Une explication plus neutre, plus rassurante a été fournie par le Docteur Togas Tulandi (professeur-associé à McGill, gynécologue-obstétricien au Jewish et au Royal Hospital), de la multiplicité des techniques de reproduction -artificielle.Pour le Docteur Tulandi, l’infertilité n'est plus considérée par le genre .humain comme un e fatalité! De plus, de nombreux facteurs à l’origine de l’infer-tilisé ont été découverts.Citons entre autres certains liés à la vie moderne comme par exemple la remise à plus tard d’une première grossesse par les femmes aspirant à une carrière, et amenant la décision d’enfanter à un âge où la baisse de fertilité est relativement grande (plus de 35 ans), le besoin de paraître «in» qui obligent les femmes à des diètes, des exercices violents, entraînant ainsi un déséquilibre hormonal (ovulation déficiente), la liberté sexuelle et la promiscuité qui entraîneraient un blocage des trompes.Infertilité, manque d’enfants à adopter, progrès scientifique, toute une conjoncture favorable à une demande grandissante de ces techniques, mieux possédées par les scientifiques, mieux connues des candidats potentiels.À l’Hôpital Royal Victoria, le docteur Tulandi pratique l’insémination artifi- 38 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 cielle exclusivement sur des couples mariés.Son rôle reste prépondérant car au bout du cheminement psychologique aboutissant à l’acceptation, c’est lui qui prendra la décision ultime de passer à l’action ou pas, une fois évalué de la manière la plus objective possible si les partenaires présentent l’équilibre nécessaire face à une telle situation, et surtout si tout ce qui est humainement possible a déjà été tenté.Pour ce qui a trait aux bébés éprouvettes, les résultats obtenus dans le monde lui paraissent suffisants pour appuyer cette technique qu’il considère comme prometteuse (26-30% de succès).Le choix du sexe du futur enfant (70% de succès) devrait rester circonscrit à certains cas bien spécifiques.Dans toute approche médicale ou scientifique qui tend à imiter ou à parer la nature, la science se heurte à la religion du moins au début, lorsque toutes les implications ne sont pas clarifiées.L’insémination artificielle, la technique des bébés-éprouvette et les prêts d’utérus, n’échappent pas à la règle.Ces techniques ont posé et posent encore au Judaïsme des questionnements d’ordre moral, théologique et «halakhique».Ces questions ne datent pas d’aujourd’hui puisque, bien avant la mise au point de ces techniques, on trouve des références en relation potentielle avec elles.Nous pouvons en citer trois: la première, dans le Talmud, où Ben Zoma devait répondre à la question: une vierge enceinte peut-elle épouser le Grand-Prêtre?Cette question impliquerait la possibilité de procréation sans relation sexuelle, dans un bain où un homme aurait déposé sa semence.La deuxième dans Hagganot Semak, où l’on met en garde la femme de pren- dre les précautions de ne pas s’étendre dans des draps où un autre homme aurait déposé son sperme, pour éviter la possibilité d’inceste.Dans les deux cas, on reconnaît: 1- L’existence de l’insémination artificielle 2- L’enfant comme enfant légitime 3- Seule une relation sexuelle comme adultère.SOCIÉTÉ se, problèmes d’héritage); la femme pour une majorité de rabbins n’est pas considérée comme adultère.Le statut de l’enfant divise plus les autorités rabbini-ques: pour la plupart d’entre eux, l’enfant est considéré comme légitime, pour une très faible minorité, il est illégitime et pour deux rabbins, il a un statut intermédiaire.On parle de «safek mamzer».Quoiqu’il en soit, sa filiation le relie au O) CO.Le troisième cas concerne la légende de Ben Sira («Likutrer Mahanil») où l’enfant Ben Sira aurait été conçu dans un bain rituel à partir d’une semence déposée dans l’eau.Ici, l’analogie avec la technique du bébé-éprouvette est plus flagrante: boîte de Petri - bain rituel, et encore une fois l’absence de relation sexuelle.De nos jours* les rabbins continuent de scruter ces techniques et, en 1978, en Israël lors de la convention annuelle du Torah she bé al Peh, le Grand Rabbin Sépharade Ovadia Yossef les approuvait alors que le Grand Rabbin Ashkénaze, Shlomo Goren les qualifiait de moralement condamnables mais acceptables du point de vue halakhique.Fait à noter, le Juif, contrairement aux Chrétiens, peut aborder la science avec plus de souplesse (problème de la contraception, acceptée chez les Juifs dans certains cas, bannie par les Chrétiens) et choisir de faire appel à la technologie moderne pour surmonter tout obstacle à la procréation.De toutes les considérations rabbiniques émises, on peut conclure que pour le Judaïsme, l’insémination artificielle et les bébés-éprouvette sont: 1) Défendus si le donneur est autre que le mari (inceste, généalogie douteu- donneur.2) Autorisées dans le cas où le donneur est le mari sous certaines conditions, la preuve médicale de nécessité absolue et insémination à une période autre que celle d’impureté naturelle.Les prises de position face à la technique du prêt d’utérus, sont rares.Citons à titre d’information le cas soumis et réglé par les Rabbins en Israël (1985) et qui stipule que l’enfant qui naîtra sera considéré comme appartenant à la mère sociale et à la mère porteuse, et que les enfants de cette dernière ne pourront l’épouser (inceste).Malgré certaines prises de positions globales, on se rend de plus en plus compte que chaque cas est considéré comme un cas d’espèce et doit être soumis aux autorités rabbiniques compétentes.Qu’ils soient d’origine culturelle ou autre, les problèmes auxquels se heurtent les rabbins rejaillissent dans toute la société occidentale, empêtrée dans des labyrinthes socio-juridiques qui ébranlent son assise la plus fondamentale, la famille.De toute temps, la parenté biologique était basée sur des ressemblances anatomiques (la femme qui a accouché) et génétiques (les groupes sanguins par exemple).A travers les différentes sociétés, on pouvait retrouver trois types de LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 39 SOCIÉTÉ filiation: la filiation patrilinéaire, l’enfant du père, la filiation matrilinéaire, l’enfant de la mère, et, la plus répandue, la filiation bilinéaire ou cognitive, l’enfant du père et de la mère.Avec les nouvelles techniques de procréation, on substitue à la filiation verticale, fondée sur le sang, une filiation horizontale, éparse basée sur des concepts sociaux et affectifs où la «tradition communautaire» et le coeur primeront, où le triangle père, mère et hasard, se transforme en carré, père, mère, hasard et médecin, pour accomplir la procréation, «ce vaudeville biologique»; on ne parle plus de famille nucléaire mais de «matrice sociale».La vie est-elle possible dans cette matrice?La filiation affective peut-elle remplacer la filiation biologique?Par ces nombreuses manipulations, ces techniques remettent en question la parente humaine qui fût de tout temps bien réglementée; «Oedipe, Moïse, Alexandre, d’origine incertaine furent tous trois pourvus de parents» (Pr.Lebo-vici).Chacun vit son fantasme généalogique d’autant mieux que si, sur la troisième branche se trouve assis le vicomte de Barfleur, et non Pépé le Moko.Quelle perplexité devant une maternité éclatée, où la productrice d’ovocyte, la gestatrice, celle qui allaite et celle qui exerce le maternage, pourraient être quatre femmes différentes! Peut-on voir une analogie entre les rapports affectifs d’une mère et un enfant né d'une mère d’emprunt, une mère et un enfant conçu par insémination artificielle et un enfant adopté?Les réponses à ces questions divisent autant les spécialistes que les individus; on trouve un dénominateur commun à ces trois situations: la parenté est fondée sur l’adoption réciproque; le Dr Sacha Geller est plus radical, pour lui la reconnaissance d’une grossesse menée par une autre est possible car, dit-il, «vous opposez l’enfant du ventre à l’enfant du coeur».Les attitudes que l’on retrouve face aux techniques de reproduction artificielle ne manquent pas d’être paradoxales; elles vont du refus le plus total, tel rabbin ira jusqu’à accuser d'adultère le médecin pratiquant, à l'acceptation la plus enthousiaste, tel docteur ira jusqu’à prétendre qu'un foetus ne sent pas, ne voit pas, n’entend pas.Cette gamme de réactions laisse paraître une certaine inquiétude, voire un désaiToi chez les opposants et une «évolution» des moeurs, un engouement pour le changement chez les partisans.La cohabitation de ces deux tendances, le choc de ces deux conceptions, nous montrent que nous sommes à la croisée d'un grand changement dans la société, à une lutte dont l’enjeu est la procréation, comme l’affirmait Yossi Lévy pro- fesseur à l’U.Q.A.M.«La dimension biologique se voit de plus en plus appropriée par la science qui intervient dans le processus biologique, créant, de ce fait, des problèmes bio-éthiques qui nécessiteront le développement de nouvelles conceptions sociales.Les structures mentales actuelles ne peuvent totalement accepter l’intervention scientifique dans ce domaine».En attendant?Comptons sur la bonne foi des intervenants afin que ne surgissent ni eugénisme fallacieux, ni maternité ballotan-te, ni mère porteuse vénale et que la «maîtrise de la vie» ne devienne une vie à tout prix.Raymond Eljarrat Bibliog.- Jewish Bioethics Fred Rosner et David Bleich Hebrew Publishing Company - Journal «Le Monde» Octobre 1984 DAPLEIN Tél.: 731-3266 FLEURISTE au Centre d’Achats Wilderton Fleurs naturelles Arrangement artificiels Plantes - cadeaux Bar-Mitsvot et mariages Centre d’Achats Wilderton 2855 Van Horne JOLIS FANFANS Manufacture vêtements pour enfants Grand choix de robes pour Pâques Denise Elfassy, propriétaire Chomedey (Laval) 3555 bd Lévesque Tél.: 682-0303 40 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 On a lu pour vous Le Lama bleu de Jacques Lanzmann édition Jean-Claude Lattes 1983 Jacques Lanzmann, né en 1927 à Bois Coulombes, près de Paris, commence une carrière de peintre qu’il abandonne pour voyager autour du monde.Il entreprendra toutes sortes de métiers: ouvrier dans une mine de cuivre au Chili, joueur professionnel, contrebandier, homme de ménage, camionneur, peintre en bâtiment.Il rapportera de ses expéditions des romans reportages pleins de verve et de couleurs.Ses principaux livres sont les suivants: «La glace est rompue» (1954), «Le rat d’Amérique» (1956), «Les pas- Lévy, Bernard-Henri, Le Diable en tête, Éditions Grasset, 1984.Après maints essais théoriques et critiques, l’écrivain français sans doute le plus controversé nous offre enfin un roman, où se conjuguent avec bonheur, dans une architecture romanesque originale, le talent d’un grand romancier, la rigueur d’un historien notoire et, surtout le génie d’un narrateur qui, tour à tour, avec une aisance remarquable, s’incarne dans la peau d’une jeune mère, dans celle d’un vieillard acariâtre, dans celle aussi d’une jeune juive amoureuse, ou enfin dans celle d’un homme traqué, fuyant d’ailleurs un passé dont rien ni personne ne parvient à le délivrer.On ne peut qu’admirer la savante facture de ce roman: du journal intime à la confession, en passant par l’interrogatoire, la correspondance ou le témoignage, les genres se côtoient sans heurts, avec intelligence - car le narrateur fait varier à souhait les styles et les voix - et comme mûs par la nécessité des révélations que l’on y découvre.Ce roman est une enquête, et l’on y avance par étape, chaque partie du récit étant un des jalons de la vie du héros.Le héros?Benjamin, C., dont l’existence sera marquée par un traumatisme indélébile de l’enfance: à douze ans, il retard» (1976) qui a obtenu le Prix RTL Grand public 1977, «Les transibérien-nes» (1978), «Rue des mamours» (1981) et «La baleine blanche» ( 1980).Il a été critique dramatique aux Lettres Françaises de 1955 à 1958.Il a écrit divers scénarios pour le cinéma et la plupart des chansons de Jacques Dutronc.Hucarama, c’est un village péruvien perdu au coeur de la Cordillière des Andes.Là vit une petite communauté d’indiens Quechuas qui attendent depuis des siècles et des siècles l’arrivée d’un messager divin.La communauté est dirigée par Guispé, grand sorcier et grand guérisseur.Maurice Ben Israël, Juif pied-noir en cavale, convaincu que les livres saints de la communauté juive de Guzco, persécutée par l’Inquisition espagnole, ont été enterrés près d’Hucarama, est recueilli par ces Indiens.Un enfant aux yeux bleus, surnommé le Lama bleu, né de l’union de Maurice Ben Israël et d’une Indienne sera vendu découvre - parce qu’on le lui a soigneusement caché - que son père était «collabo» durant la guerre et qu’il a été exécuté un matin d’août 1945; Benjamin C., dont le récit n’apparaît qu’en dernier lieu, alors qu’il est le centre de l’intrigue, et qui dénoue enfin tous les fils entremêlés de sa tragique destinée, (là encore, on apprécie le génie du narrateur, qui nous tient en haleine dès la première ligne jusqu’au bout de son enquête); Benjamin C., dont on entend parler tout au long du roman, tour à tour tendre, odieux, génial, fils à papa, guérillero palestinien, terroriste italien, et dont on découvre, dans la confession, toute la SOCIÉTÉ à l’insu de ses parents à un couple de Juifs français en quête d’un enfant à adopter.Élevé en France, le lama bleu entreprend à 13 ans, avec ses parents adoptifs et sa soeur, un voyage en Amérique latine.Le hasard, en un concours de circonstances, le font échouer avec sa soeur dans ce même village où il est né.Il sera reconnu et pris pour le Messie par le village, et il conduira ce groupe de Péones vers Israël, la Terre promise, au cours d’un long périple plein d’embûches.Dans ce livre, Jacques Lanzmann esquisse les conditions difficiles de vie des Indiens, citoyens de seconde zone en Amérique latine.Il réunit avec humour l’épopée de deux grands peuples de l’histoire: les Juifs et les Incas.Il mêle la tendresse et la sensualité, la drôlerie et la gravité.Le Lama bleu est un roman fascinant.Gisèle Amzallag-Garzon tendresse.On y comprend enfin l’angoisse d’un homme au destin défiguré, qui dit ses haines d’enfant, ses gloires et ses misères, sa solitude, son immense tendresse pour une mère de charme, de douceur et de tristesse, son amour enfin pour une femme, si mal aimée mais si regrettée.On aime dans ce roman la grande diversité des styles et des personnages, la richesse des sentiments, le poignant suspense et enfin, le réalisme de cette fresque historique d’un siècle dévoré par la violence et les guerres.Chantal Benhamron Joyeux Pessah à toute la Communauté t/ÉI Voü GLcflTT Cfpm le meilleur et peur le prix.ÊLk'i LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 41 SOCIÉTÉ A la recherche de temps perdus Ouvrez Belle du Seigneur ou Solal, c’est pareil.Ce qui frappe, d’emblée, c’est la verve fluide, expansive, débordante de l’auteur, une véritable profusion, un éclaboussement de mots.Et puis l’émotion vous prend; elle m’a prise, en tout cas.Et c’est sans doute pour d’obscure raisons d'identification à l’auteur, mais certainement aussi pour la qualité littéraire et humaine de son oeuvre, pour l’épaisseur d’âme qu’elle contient; et encore, et surtout, pour l’héritage culturel qu’elle nous transmet, à nous Juifs sépharades “échappés d’Orient”, exilés en cette Amérique où nous n’avons plus d'idendification possible.Quelque chose tranparaît, dans cette oeuvre qui nous ressemble et que, pour ma part, j’assume pleinement comme étant la trame fondamentale de mon être: cette tradition et cette culture auxquelles j'appartiens si profondément et que rien ne pourra jamais annihiler.Tant mieux.Cet héritage est sacré, vestiges de nos ancêtres, de leur grandeur et de leur foi.Sous le ciel riant de Céphalonie, les voici, les cinq Valeureux de France: le bon vieux Saltiel des Solal, merveilleux de bonté et de piété; le rusé Pinhas des Solal, dit Mangeclous, laissant échapper autant de vents que de mensonges; l’avare Mattathias des Solal, chauve manchot à l’oeil chercheur et aux mains fouineuses; le beau grand Michaël des Solal, trousseur expérimenté de jupons et grand connaisseur de ces dames; et puis le naïf Salomon des Solal, petit coeur pur, frangin des oiseaux et des fleurs, admirant, respectant, ébloui de vivre.Enfin, voici Solal quatorzième des Solal, le magnifique, le superbe amant de ses belles chrétiennes, l’athée si avide de son Dieu, le révolté, le pu-que, l’amoureux insatiable.Ce sont eux, la saga des Solal, peuplant si joliment, si bruyamment les quatre romans de l’auteur.Mais n’allons pas si vite: Albert Cohen n’a écrit qu’un seul roman, en plusieurs épisodes se succédants les uns aux autres parfois sans aucun souci de logique ou de vraisemblance.Saltiel et Salomon sont morts à la fin de Solal?Qu’à cela ne tienne; ils ressuscitent au début de Mangeclous - les Juifs ne craignent pas les miracles - parce que l’auteur les aime, les appelle, les veut, et parce qu’entin, l'auteur est roi après tout.Etrange Albert Cohen, qui nous offre Belle du Seigneur, l’oeuvre géniale, et qui, un an plus tard, nous donnant Les Valeureux, précise, dès les premières lignes que «les évènements contés dans ce livre sont antérieurs à ceux qui sont rapportés dans Belle du Seigneur» (1).Son grand roman est désordonné donc, à l'image des héros qui l’habitent, «les cinq Valeureux, beaux parleurs, brouillons et passionnés, ingénus, chimériques»; grand roman épique aussi, regorgeant d’aventures et de péripéties absurdes, de brusques revirement, de voyages, d’orgies et d’appétits féroces, un peu écrit à la manière dont Rabelais contait son Pantagruel ou son Gargantua; grand roman franchement comique, qui appelle le vrai, le grand rire, révélant des personnages grotesques, véritables clowns inadaptés, mais si bons, si simples, si naïfs, avec leurs graves accents de vérité, leurs pathétiques notes de désespoir».Ce grand roman, où l’invraisemblable se mêle au grotesque, est pourtant une oeuvre profondément autobiographique et recèle, parfois bien plus que les autobiographies déclarées de l’auteur, ses origines, ses obsessions et certains aspects de sa vie.Doucement, entrons dans ce monde.Voici Solal, principal personnage de ce grand roman, seigneur et prince de cette épopée.Le roman qui porte son nom est dédié «à sa mémoire».Ruse du narrateur?Mais alors, que penser de toutes les correspondances qui surgissent au fil de l’oeuvre?Correspondances entre les amours du personnage et celles de l’auteur; Ariane, maîtresse de Solal, n’est autre que Diane- les prénoms se ressemblent- défunte amante dont se souvient Cohen dans ses autobiographies; le fol • amoureux qui chante de joie dans le taxi qui le conduit vers l’aimée, c’est Solal dans Belle du Seigneur, mais c’est aussi Albert Cohen dans Le Livre de ma mère.Solal, sous-secrétaire général de la Société des Nations, c’est Cohen en poste dans cette même institution à Genève, au milieu d’importants et de mondains qu’il méprise, mais qu’au fond de lui-même, il appelle «frères humains».Solal, ennemi de la force et du jeu de la séduction dans Belle du Seigneur, c’est encore l’auteur de O vous, frères humains.Solal, fou d’amour pour son peuple et sa Loi, frémissant d’émotion devant les rouleaux sacrés au temple, c’est Albert Cohen, l’athée pourtant le plus sérieux des fidèles, tremblant de respect devant la même Torah.Enfin, comment omettre la somptueuse robe de chambre de velours tombant jusqu’au sol, les chapelets d’ambre et le monocle noir du séducteur Solal, que journalistes et amis ont reconnus chez l’homme Cohen, dans son appartement de la rue de Krieg, à Genève.Cohen-Solal.Similitude des noms aussi, tous deux de la lignée d’Aa-ron, frère de Moïse.«Assez, mon ami, ne développe plus, on a compris» , nous dirait-il ici.«Et puis, il y a les autres», comme dirait Brel; les Valeureux, cinq cousins céphaloniens, amoureux de la vie, de leur terre ensoleillée, de leur Dieu, de leur archaïque mais si délicieuse langue française, de leur amitié et des grandes aventures dont ils ne cessent de rêver ensemble: cinq authentiques juifs sépha- 42 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 rades.Et au-delà de toutes les cocasseries que l’auteur s’amuse à rapporter, ils sont vrais et réels, et quiconque les a connus les reconnaît dans l’oeuvre.Albert Memmi, dans un dossier consacré à Cohen dans le Magazine littéraire* 1 2 (3), y revoit des siens: «Mangeclous, je l’ai bien connu: notre premier commis (.) avait d’énormes narines à soufflets, des yeux brillants en phares d’auto, et marchait avec ce balancement ondulant de la tête, du cou et du dos, celui des chameaux et des girafes: comment a-t-il fait, Albert Cohen, pour dépeindre si bien Daïdou, notre premier commis?» Albert Cohen a donc raconté sa communauté, son peuple: entre Céphalonie et Corfou (où il est né), la différence est mince.Mangeclous, Saltiel, Mattathias, Michaël et Salomon, ainsi que Solal, n’ont sans doute pas véritablement existé, et cela n’importe pas: ils sont des symboles, l’image d’un peuple que l’auteur a vraiment connu et pour lequel il nourrit une particulière tendresse.Lorsque le narrateur intervient dans ses romans, c’est souvent par amour, parce que «Salomon (est son) petit ami intime, les jours de nausée» (4), ou que à l’Université de Céphalonie - superbe invention de Mangeclous et dont il est, à lui seul, le recteur, l’administrateur, le comptable et l’unique professeur- l’un des étudiants est «le long Zacharie, portier de la fabrique de (son) grand-père, le cher Zacharie qui (lui) apprit à nager» (5).Réalité et fiction sont-elles mêlées?Sans doute, et tant mieux.On a .encore le droit de rêver.Parfois, Cohen ressemble à ses personnages, ses chers Valeureux- car il les aime - inlassables conteurs, hâbleurs, beaux parleurs et inventeurs de monumentales histoires qui ont toujours un petit fonds de vérité.Par exemple, Saltiel s’étant trompé de passerelle sur un bateau, et se retrouvant parmi un troupeau de bétail, racontera aux siens qu’il a livré une bataille acharnée à «une bande de taureaux féroces, de ceux qu on fait venir des montagnes d’Albanie et dont les cornes sont comme une harpe (.) (de) la grandeur d’un enfant de trois ans» (6).Comme eux, Albert Cohen conte, raconte, avec son goût des menus détails et de la caricature, et surtout avec son prodigieux sens de l’humour.«Ah, que ne puis-je écrire un livre où, sans nécessité de suivre une action, je raconterais infiniment de petites histoires valeureuses sans lien les unes avec les autres»(7), tel est le voeu, tel est l’aveu de l’auteur.Son écriture même pourrait s’inscrire dans une tradition sépharade de conteurs.Enfin, il y a le reste: l’île de Céphalonie (traduisons: la Corfou natale), avec sa mer ionienne, ses figuiers, ses orangers, ses cédratiers, ses cactus, son soleil, son ghetto et ses rues grouillantes de vie, ses juifs et ses «Gentils».Et même si l’auteur, selon son propre aveu dans Le livre de ma mère, l’a quittée à cinq pour s’établir à Marseille, qu’il a donc peu connu Corfou et son ghetto, l’oeuvre romanesque reste quand même largement autobiographique parce qu’elle témoigne d’une mémoire dont Cohen est l’héritier, et que cette mémoire est une partie importante -sinon fondamentale - de son être, culture héritée d’un peuple, d’une Loi et d’une mère dont on sait l’importance grâce au livre qui lui est consacré.Lorsqu’Albert Cohen est mort, en octobre 1981, quelques mois avant ma grand-mère, mon inoubliable Marna Aïcha, je pressentais instinctivement ce qu’aujourd’hui je comprends mieux: ces anciens étaient les derniers bastions de notre Tradition.Avec la voix de l’écrivain, qui réinventait les contes et les mythes de son juif ghetto de Corfou, nous parvenaient les échos d’un temps révolu: les ghettos juifs n’existent plus; du moins, les nôtres.Une culture qui s’éteint est toujours un deuil; on croit un peu à la fin d ’ un monde.Les sépharades, occidentalisés et modernisés par leurs puissante migration vers l’admirable et courtisée Civilisation,-arborent enfin un SOCIÉTÉ visage connu (j’ai dit: enfin, j’ajoute: hélas), se sont adaptés, insérés, assimilés, perdus dans l’indifférence.Dépossédée de son travail séculaire, de sa mémoire, de ses légendes, de ses mythes et de ses morts aussi, notre culture n’a plus de prise dans la réalité.Nos vieux Juifs ont remisé leurs échoppes de métal ou de bois et leurs antiques outils d’artisan.Et nous, jeunes, nouveaux Juifs, qu’allons-nous faire des leçons et des valeurs de nos ancêtres dans cette marche trépidante que nous avons entreprise vers le Progrès?Et chaque jour qui passe étouffe davantage les voix qui se levaient jadis, les voix de la rue du ghetto qui vit naître mon père, ma mère, rue grouillante de marchands, de mendiants, d’artisans, de conteurs, de compteurs, de hâbleurs, de joueurs, d’hommes à tout faire, d’hommes à rien faire.Ces voix sont mortes avec le dernier vieillard, la grand-mère ou le vieil oncle qui les faisait revivre, mémoire sans défense, pure et simple, d'un peuple qui vivait, qui vivait jadis.Chantal Benhamron NOTES (1) Cohen, Albert, Les Valeureux, Paris, Gallimard, 1969, p.32.(2) Cohen, Albert, Le Livre de ma mère, Paris, Gallimard (Folio), 1954, p.90 (3) Magazine littéraire, “Dossier A.Cohen”, no.147, avril 1979, pp.16-17.(4) Cohen, Albert, Les Valeureux, p.94.(5) Ibid., p.116.(6) Cohen, Albert, Solal, Paris, Gallimard, 1930,p.71 (7) Cohen, Albert, Mangeclous, Paris, Gallimard (Folio), 1938, p.57 Électricité-Auto Ltée SIMON AZRAN, prop.• ÉLECTRICITÉ AUTO/AUTO ELECTRICAL • AIR CLIMATISÉ/AIR CONDITIONNED • CARBURATION/CARBURATION • MISE AU POINT (SC O PE)/TU NE-U P (SCOPE) • FREINS-EMBRAYAGE/BREAKS-CLUTCH • POMPE À EAU-RADIATEUR/WATER PUMP-RADIATOR Tél.: 735-2090 - 735-5994 3845.Jean-Talon Ouest Ville Mont-Royal Québec - H3R 2G4 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 43 SOCIÉTÉ Le feu de la lettre Il arrive qu’un homme découvre la passion de peindre.Cette déclaration d’amour peut survenir à tout âge, et souvent, elle prolonge dans la vie de l’adulte une préhension du réel, dont le geste et l’impulsion des formes et l’oubli de l’être à s’y perdre, semble prolonger un feu et un jeu de l’enfance - comme si peindre précédait la conquête de l’écriture.Peindre pour un Juif est toujours problématique.Il plane dans son esprit la mémoire d’un interdit.Le troisième commandement est d’une clarté impérative: «Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.» Que reste-il alors à celui qui, Juif et croyant, se découvre le feu de peindre?La lettre.L’étude des forces vives qui animent la tension de son contour et la densité de sa nature.La lettre et son architecture.La lettre et son souffle.Tu ne peux pas PARLER la lettre, tu doit la CHANTER, afin - savaient nos sages - de ne pas prendre la lettre «à la lettre» mais d’en retrouver le FEU SACRE par le geste vocal de l'incanter.La couleur serait-elle le souffle de la lettre?Ou plutôt le timbre de sa voix.Et la matière - si propre à la facture de chaque peintre - lisse ou accidentée, généreuse ou transparente, flamboyante ou mate et sourde, transpose en espace une mélodie du texte, la peinture est donc aussi une écriture, une calligraphie pour dé-peindre et raconter.Et nul n’échappe à l’image, pas même le scribe.Michel AFRIAT a chosi la lettre comme référent de son discours pictural, non par la simplicité du tabou mais par l’empathie passionnée de son geste religieux afin que l’être et la pensée, le sujet et l’objet se confondent et expriment, non la personne intime, mais l’univers que chante sa vie.Selon la Kabbale la valeur numérique de la lettre a un poids cosmique, et tout énoncé qui touche à l’homme terrestre récite en même temps sa correspondance céleste.C’est en cela que l'hébreu mas-sorétique est une langue sacrée.Son histoire raconte plus que des histoires, et derrière la fable il faut entendre un récit qui contingente les deux infinis entre lesquels est enchâssé le destin de l’humanité.Mais le mot destin doit être entendu dans un usage non péremptoire et non fataliste.Le destin juif permet le choix, je dirais qu’il n’ordonne que cela.Et l’artiste sait par excellence la marge ?«SW* S * fiif J»s #i| ¦'S» A K i ’-mWMfeix» • «a**.- v A .y s., >.v< ”1 ?s***.«*.«s#'f 4j*« *•»skm MLum :**** «as» Mais M ï ! if?'; t :| Il V 44 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 fatale du respect et de la transgression par laquelle son acte doit passer pour être à la fois le parrain de sa vie et le filleul de l’univers.Peindre la lettre juive est pour Michel AFRIAT un acte d’énonciation.C’est sa matière de baliser une méditation et d’en restituer l’émotion.Ses tableaux évoluent entre deux tentations: a) d’une part un geste «baroque» plus impulsif que rationnel dans lequel la lettre devient le véhicule d’un tourbillon d’énergie, une calligraphie de l’espace et de l’élan, b) d’autre part une épure chromatique plus sereine où la lettre apparaît plus formellement dessinée, et là le voyage dans l’espace cède le pas à une mesure étendue du temps.D’autre part la couleur se confond avec le rythme de la lettre qu’elle laisse entrevoir, d’autre part le contour de la lettre devient l’icône dans laquelle la couleur vient se loger.Ces deux attitudes recouvrent une désignation kabbalistique fondamentale avec laquelle tombe en accord la physique moderne: la matière est une tempo-ralisation de l’espace et de l’energie et toute écriture, par conséquent, ne peut que répéter une configuration première -qui lui pré-existe donc - et dont elle n’est qu’une représentation.De là vient l’interdit biblique: en dehors de l’écriture point de figuration possible car alors ce serait substituer le texte et le verbe du Nom au profit d’une créature secondaire.L’hébreu est en cela sacré qu’il se pose comme référent premier de toute dénomination possible.Par conséquent le texte ne peut souffrir la concurrence d’une autre figuration (au risque de tomber dans l’idolâtrie de «l’apparence») et le peuple juif en ayant accepté d’être le peuple du Livre a donné son accord à la préséance de la lettre à toute autre possibilité de méditation.Chez Michel AFRIAT le désir d’une adéquation entre le destin du Livre et le destin de la personne est ardent, et ce n’est qu’ainsi qu’on peut dire de lui qu’il SOCIÉTÉ est «religieux».Car aller à la synagogue ne se suffirait pas si la règle de l’entendement du sens de l’écriture ne préexistait à son respect de la prière.Il faut donc entendre son geste pictural comme un corrolaire de la prière et non une alternative à celle-ci.Et c’est de pouvoir chanter là-bas et de chanter aussi sur la toile qui donne à sa démarche les signes de son authenticité.Et de même que le rite doit pénétrer totalement le visage du quotidien pour qui serait juif par l’exercice entier des mitzvot, l’artiste juif se doit en plus d’incorporer les rites de son art, jusqu’au détachement du tableau en une vie autonome et dans laquelle il sera possible de lire la présence de la loi., Serge Ouaknine L’exposition des tableaux et dessins récents aura lieu au Habad-House, 4721 Van Home (coin Victoria) du dimanche 21 avril au lundi 29 avril 1985 de 14h à 18h30.Sauf vendredi et samedi.Une jeune virtuose sépharade, Amira Acre, pianiste Récital de piano, lundi 27 mai 1985 à 20 heures, Pollack Concert Hall, Université McGill, 555 Sherbrooke ouest, Montréal C’est à titre de gagnante des onzièmes auditions de Jeunes Artistes de 1983 qu’ Amira Acre, jeune pianiste canadienne, fut présentée à ses débuts de New York à la Série des Gagnants organisée par Artists International au Carnegie Recital Hall durant la saison 1984.Amira Acre commença ses études de piano à l’âge de trois ans avec Soeur Gabriellena, à Montréal.Elle continue avec Lisa Childs, à Londres, puis avec Dorothy Morton à l’Université McGill, avant d’être admise à l’Ecole Juilliard à New york où elle obtint son Baccalauréat, puis la Maîtrise aux cours d’Abbey Simon.À l’été de 1981, Amira obtint une bourse complète pour participer aux «Cours du Maître» de Gaby Casadessus, à Fontainebleau en France, et elle étudia également au Festival de Musique d’Aspen avec Claude Frank.Elle a été récipiendaire de plusieurs prix et bourses y compris le «Canada Council Grant», le «Fellowship from Tanglewood» ainsi que des bourses de Juilliard (William Petschek Piano Scholarship) et, en tant que gagnante du «CBC Radio Talent Compétition», elle a interprété le Concerto de Piano no 2 de Saint-Saëns avec l’Orchestre Symphonique de Québec, sous la direction de Raffi Armenian.Mlle Acre poursuit sa carrière de pianiste et a participé aux concerts du Lincoln Center de New York (musique de chambre et soliste).Elle donnera, le lundi 27 mai 1985, un récital de piano au Pollack Concert Hall, Université McGill, 555 Sherbrooke : .: Ouest.Au programme, des oeuvres de Bach, Rachmaninoff, Liszt, Chopin, Debussy et Beethoven.Pour plus de détails, appelez au 731 -9694.LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 45 SOCIÉTÉ Lionel Rocheman Cheveux et moustache poivre et sel, fines lunettes accentuant un regard vif et malicieux, accent yiddish - «Schlomo est tayère, toute sa vie il en a fait de la coutire.» - et de fil en aiguille, Lionel Rocheman nous fait défiler différents personnages surgis du passé, mais ô combien présents d’un schteytl fait sur mesure: le rire est garanti, Rocheman a vraiment l’étoffe d’un conteur, d'un troubadour.Sa panoplie de personnages qui, pour la plupart n’ont jamais quitté leur village, il les fait voyager en France, Paris, Cannes, Lyon, à Genève et bientôt à Montréal.Lionel Rocheman, fils de Juifs polonais venus en France au début du siècle, était adolescent pendant la guerre.Son père est mort à Auschwitz, et son grand-père mourut quelque part en chemin vers un camp de concentration.Le reste de la famille s’échappa de Paris et Rocheman vécut deux ans avec sa soeur et sa mère dans le centre de la France, protégés par des paysans.Après son baccalauréat, il cherche un métier: il devint artisan bonnetier.Et un jour, il se rend compte qu’il a toujours voulu chanter et raconter des histoires.À quarante ans, il ferme donc son atelier de bonneterie et achète une guitare.«On me prenait pour un fou» dit-il maintenant.Il chantait essentiellement le folklore français et le folklore yiddish, et quelques chansons de sa composition.Ayant essayé de raconter une histoire Yiddish avec l’accent de son père, Rocheman chante de moins en moins et raconte de plus en plus.Il crée donc un spectacle, «Yiddish story», puis un autre, «Grand-Père Schlomo».Il avait découvert 5,000 histoires juives différentes en dépouillant des livres allemands et américains dont il avait ^sélectionné une trentaine pour les raconter.^ «À aucun moment, je ne veux parler de l’Holocauste», fait-il remarquer.«C’est une chose connue qu'entre le Rhin et l’Oural un peuple a été exterminé à 99% et les nombreux témoignages de sa culture et de son art de vivre ont pratiquement disparu.Des bribes qu’il nous reste, par bonheur, je veux évoquer ce grouillement de vie, le dynamisme et l’imagination du peuple de mes pères.Pour la plupart, ces gens étaient de condition modeste, mais le savoir n’était pas le privilège d’une élite: même le mendiant philosophait! Le Rabbin n’était pas une autorité mais un interprète laïc des textes bibliques, au service de la communauté.C’était une société sans armée ni police, animée d’une forte effervescence intellectuelle.D’où un riche foisonnement d’idées qui a littéralement éclaté depuis le XVIIIème siècle.Je veux montrer qu’il y a, dans notre vieille Europe, une tradition mêlée de l’originalité juive et de l’originalité des autres peuples du Continent.Notre destin est commun depuis longtemps et nous ne le savons pas».D’après certains critiques, Lionel Rocheman est didactique, drôle, émouvant, davantage conteur que chansonnier.Il s’adresse au public avec simplicité et cordialité.‘GRAND-PÈRE SCHLOMO” DE et PAR LIONEL ROCHEMAN théâtre FÉLiX-LECLERC Une présentation Françoise Chartrand inc.1450, Ste-Catherine est Coin Plessis - Métro Beaudry En français : 1 - 3 - 4 mai En anglais : 2 et 5 mai Prix d’entrée : 12 $ et 14 $ Guichet: 521-4650 dimanche: 18h.00 à 20h.00 Lundi: midi à 18h.30 mar.au sam.: midi à 20h.30 Ce qu’il joue nous donne l’image heureuse de l’artiste fier de ses racines: «je m’accorde le plaisir nécessaire selon moi de plonger dans mes racines familiales, non par mode, mais par conviction».Il est l’auteur de plusieurs microsillons et également de trois livres: «Les contes de grand-père Schlomo» qui font partie authentiquement de la tradition orale, «Devenir Cécile», et tout récemment: «La belle âge» où Lionel Rocheman raconte ses 16 ans entre l’étoile jaune, la déportation, la résistance et son principal souci: la course à la première fille.Il a tourné dans «Le grand-pardon», «Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ» et, au printemps 82, dans le film de Lautner «Une femme peut en cacher un autre», un rôle entièrement en allemand.46 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 SOCIÉTÉ Grand-père Schlomo a déjà rempli les grandes salles de spectacles à Paris: l’Olympia, Bobino.Lionel Rocheman nous présente dans son spectacle une galerie de personnages de son Schteyte à la manière de Chagall: «La grand-mère très sage, le mendiant, le tailleur, le marieur-roublard, l’idiot du village, le militaire russe, le rabbin savant».Il a un accent inimitable accompagné d’une profusion de gestes et des mimiques pour des histoires du temps passé qui se rapprochent tant de la réalité.«L’humour n’existe que si le public a envie de rire, les Juifs existent s’ils veulent bien se reconnaître comme tels», dit Lionel Rocheman.«Mon meilleur public c’est quand la salle est à moitié juive, car les Juifs constituent le détonateur et ça se communique aux autres».A la question répétant ce qu’il avait déjà dit: »On rit mais on a mal à la chaise, pourquoi?», il répond: C’est difficile de faire rire; j’aime faire rire et ça marche quand les spectateurs réagissent.On a mal à la chaise car il y a une tragédie derrière.Même si on rit, ça donne à réfléchir».Quand on lui demande de se comparer à Michel Boujanah, il répond «je suis Ashkénaze et, avec Boujenah, il y a en commun la Torah et le Talmud.Il y a quelques différences dans les rites religieux, la langue, le Yiddish pour les Ashkénazes et le Judéo-arabe et Judéo-espagnol pour les Sépharades.Le Talmud n’est ni Ashkénaze ni Sépharade, c’est criminel d’entretenir les antagonismes.Il faut entretenir l’identité culturelle.Mon travail de militant juif c’est de maintenir la communication».Comment terminer l’article et vous donner envie d’aller voir le spectacle?«Si j’étais Rothchild, dit le maître d’école, je serais bien plus riche que lui.Eh oui, le soir je donnerais des cours particuliers».Ce petit aperçu n’est pas suffisant?Alors, allez-y.Et à vous déjuger.Lionel Rocheman donnera à Montréal huit représentations: la moitié en anglais, l’autre moitié en français, à partir du 1er mai 1985 au Théâtre Félix Leclerc.Gisèle Amzallag-Garzon EX-CHANTEUR DE L’ORCHESTRE EL-AL (maintenant dissous) vient de fonder sa nouvelle formation sous le nom de MICHAEL’S ORCHESTRA MICHEL vous a fait passer des soirées que vous n’êtes pas prêts d’oublier.Continuez à lui accorder votre confiance Pour vos mariages, Bar Mitzvas, Parties - israéliennes, hassidiques - Appelez MICHEL au 737-1024 Ex-chanteur de EL-AL LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 • 47 CARNET NOUVELLES COMMUNAUTAIRES Lynda et André ELKAÏM sont très heureux de vous faire part de la naissance, le 22 fé vrier 1985, de leur fils: ZACHARY MAÏR ALBERT Ce superbe poupon est l’arrière-petit-fils de Aaron Nino et Messody Bensimon et de Lé-dicia Elkaïm.Il fait la joie de ses grands-parents, Marielle et Max London et Esther et Maïr Elkaïm.Toutes nos félicitations.MA-ZALTOV!_______________________________________ Nous apprenons avec un très vif plaisir la naissance, le 10 janvier I985 de: EMMANUEL MENAHEM BLAISE dans le foyer de Marie-Hélène et Alain Da-nan, petit frère de OURI et BENJAMIN.'.MA-MAZALTOV! M.et Mme A.MORYOUSSEF ont l’immense plaisir de vous faire part de la naissance, le 7 février 1985, de leur fils: MEIR - SIMON MAZALTOV! ELIYAHU est né le 13 février 1985 dans le foyer de M.et Mme G.OHAYON.MAZALTOV! Le 23 février 1985, un beau poupon prénommé: SALOMON est né dans le foyer de M.et Mme A.PINTO.MAZALTOV!________________________ M.et Mme Y.LEVY ont la joie de vous faire part de la naissance, le 4 mars 1985, de: MEIR - SHALOM MAZALTOV! JACOB est né le 8 mars 1985 dans le foyer de M.et Mme S.CHETRIT.MAZALTOV! Nous avons le plaisir d’apprendre la naissance, le 10 mars 1985, de: SALOMON dans le foyer de M.et Mme A.COHEN.MAZALTOV! Brith Milot effectuées par le Rabbin Aaron Sultan Nous apprenons avec beaucoup de plaisir le mariage, célébré le 16 mars au Centre Sépha-rade Rabbinique Maghen David, de: ORIT BEN AMI fille de Moïse Ben Ami, et de: JOSEPH LEVY-ZARDOUK fils de M.et Mme Zaki Zardouk.MAZALTOV!________________________ M.et Mme Elie Bitton ont le plaisir de vous annoncer le mariage, célébré le 29 octobre 1984 de leur fille: Monique et de Jacques fils de M.et Mme Albert Kadoch.Nos plus sincères félicitations.MAZALTOV! La communauté Sépharade du Québec a eu à déplorer le décès de Judah Chokron père de notre ami et ancien président Michel Chokron.L’éloge funèbre a été prononcée par le Rabbin Dr.Moïse Ohana en présence d’une foule nombreuse venue payer ses respects et exprimer ses condoléances.Dans son éloge, le Rabbin Ohana a souligné les vertus de ce sépharade au coeur généreux, ouvert au grand monde mais tout aussi profondément ancré dans le judaïsme riche, authentique et nourri aux sources des grandes familles de Fez.Judah Chokron était bien inséré dans sa communauté et a toujours gardé le coeur et le regard tournés vers elle et vers ses besoins.Ses conseils et son aide étaient souvent sollicités et sa maison ouverte à tous.Aux côtés de Mme Chokron, il a élevé une grande et belle f amille dont notre communauté a lieu d’être fière.À son fils Michel il a transmis le sens des responsabilités communautaires et du travail bien fait.Nous présentons ici, au nom des nombreux amis de la famille Chokron et au nom de la grande famille communautaire de Michel, nos condoléances et nos respects à Mme veuve Chokron et à ses enfants.Que le souvenir béni de l’homme souriant et aimé de tous que le défunt a été, vous aide a surmonter l’épreuve.La Communauté juive de Montréal pleure la perte de Nathan Cummings, l'un des personnages les plus marquants de son histoire.Monsieur Cummings qui avait passé la plus grande partie de sa vie adulte aux Etats-unis, n’oublia cependant jamais ses racines montréalaises.L’intérêt qu’il portait à la Communauté juive de Montréal était inébranlable et l’appui qu’il lui accordait, des plus généreux.Les splendides édifices qui portent le nom de sa famille - l’Edifice Cummings, quartier général des Services communautaires juifs Nous avons le regret d’annoncer le décès survenu le 12 mars 1985, après une longue et douloureuse maladie de: M.Maurice SCHOUELA Personnalité connue du monde des affaires, M.Schouela était un philanthrope distingué, avait à coeur le bien-être de la Communauté à laquelle ii apportait toute son aide, était* soucieux de tout ce qui concernait Israël.À sa veuve, Sheila, ses quatre filles, ses frères Ezekiel, Garni! et Edward, nous présentons nos condoléances les plus émues.Nous apprenons avec beaucoup de peine, le décès, survenu à Paris le 5 mars 1985, de: M.Elie DIWAN À sa veuve Lisa, ses enfants, son frère Benjamin, son gendre Maurice Elmaleh, nous présentons nos plus sincères condoléances.Nous avons le regret d’annoncer le décès, survenu en Février dernier, en France, de Rachel AFILALO Bath Zahra décédée le 16 Février 1985 à Paris enterrée à Jérusalem.Nos sincères condoléances vont à sa fille Sylvia ASSOULINE, son fils Miro AFILALO son neveu Henri AFILALO et sa petite-fille Irène AMRA.de Montréal et le Centre de l’Age d’Or Nathan et Maxwell Cummings, resteront des monuments à sa mémoire et garderont vivant le souvenir de monsieur Cummings pour les générations futures.La Présidente, Dodo Heppner, les administrateurs, le conseil des fiduciaires et le personnel des Services communautaires juifs de Montréal, expriment leurs condoléances les plus sincères à la famille Cummings, pour le décès de ce membre éminent et bien-aimé de notre communauté.Nous avons le regret d’annoncer le décès survenu le 3 novembre 1984 en Israël, de: M.David BENHAMOU père de notre ami Jacky Benhamou.Nous adressons à sa femme Myriam, sa fille Maggy, son fils, notre ami Jacky Benhamou et sa famille, nos plus sincères condoléances.Nous apprenons avec beaucoup de peine, le décès survenu le 20 septembre 1984 à Montréal, de: M.Léon BENARROCH À son épouse, Sol (née Gabbay), et ses enfants, Maurice, David, Victor, Marie, Arlette et Sylvia, nous présentons nos plus sincères condoléances.Le mercredi 6 mars 1985, à l’âge de 85 ans, est décédé M.Isaac DELOUYA père bien-aimé de Joseph, Roland, Colette (Perez) de Paris, Armand d’Israël, et Sion de Montréal.Nous présentons à toute la famille cruellement éprouvée nos très sincères condoléances.Nous avons le regret d’annoncer le décès survenu à Milan (Italie) de: M.Moïse LEVY À sa famille, sa veuve, ses frères en Italie, sa soeur, Madame Mireille ANTEBI de Montréal, nous présentons nos plus sinciè-res condoléances.48 • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1985 Agence d’assurances Elie ROFFE Inc.Tél.bur: 748-6136 rés: 683-4994 • Étude gratuite de tout votre porte-feuille d’assurances.• Taux très compétitifs aux résidents de Côte St-Luc, Laval, St-Laurent et Banlieue Ouest • Nouveau programme pour commerçants et propriétaires de boutiques 100, Alexis Nihon, Suite 265 St-Laurent, Québec H4M 2N6 ElieRoffé Commissaire à l’assermentation DÉCORS ET CONFORTS DE FRANCE Prop.E.Elkayam 1434 Sherbrooke Ouest, H3G lK4Tél.281-9281 V.' i' • '0f.gty- mm mm 13 -sSÉËE8^É zMâ-zàWm •; ?3‘ • • Meubles d’importation française • Styles Louis XV, Louis XVI Empire, Directoire, etc.• Véritable bois de rose • Travail de marqueterie de 1ère qualité • Service de rembourrage • Réparation de meubles • Show-room de tissus à la disposition de la clientèle / Ecrivez ou appelez pour documentation ixnaLiix'nx r ¦ M P kü L U 4 27.Devinez à qui vous ressemblez quand vous entrez dans une chaîne de magasin stéréo vidéo, pour acheter un nouveau modèle en promotion ?À un “COBAYE” OUI, vous ressemblez à un “cobaye”.C’est vous qui allez le premier tester ce modèle./ Chez nous, c’est différent, nous le testons avant et le cobaye c’est: le distributeur, l’Importateur, le manufacturier et non nos clients ou les consommateurs.Joe Cash vous parle.je suis le porte-parole des clients et consommateurs silencieux.Je n’ai rien à prouver, ma réussite le prouve, mon succès en est la preuve.LE CONSOMMATEUR D’AUJOURD’HUI A CHANGÉ, JOS CASH AUSSI ! Ce qui fait mon succès et ma réussite.Je sélectionne ma clientèle, les INDÉSIRABLES, les BRUYANTS, les CLIENTS ARROGANTS, INSULTANTS, les clients CHIALEUX, NERVEUX, HYPOCRITES, les CLIENTS PRESSÉS, les CLIENTS IMPATIENTS, tout ce genre de clientèle ne m’intéresse pas, Je FUIS LES CLIENTS QUI VEULENT ME FAIRE PERDRE MON TEMPS, c'est normal, je suis un magasin à prix coupés, coûtants et moins que le coûtant.S.v.p.ne Jouez pas ie jeu tout seul en entrant chez nous.Vous allez en être offusqué car Joe Cash trouve qu’un jeu ça se joue à deux, alors mettez cartes sur table Rappelez-vous d’une chose quand Joe Cash coupe les prix, le Québec s’éveille et tous les Québécois se réveillent.Pourquoi ?En 4 ans et demi, plus de 150 magasins d'audio et vidéo ont fait faillite.pourquoi ?Posez-vous la question sérieusement, pourquoi eux et pas mol et bien moi Joe Cash J'ACHETE INTELLIGEM MENT et Je ne garanti rien de plus de 5 ans.Pour moi les garanties vie il y a une attrape là-dedans, donc les garanties à vie c’est un truc pour vendre plus et plus vite.que font-ils ces consommateurs qui possèdent des appareils avec des garanties de 5 ou 10 ans après qu'une chaîne de magasin al fait faillite ?RIEN.ABSO w À L’ACHAT D’UN VIDÉO VOUS DEVENEZ MEMBRE DE 1 ° 5 clubs de vidéo gratuitement et bientôt plus; 2° Achat de vidéo cassette au prix coûtant; 3° Copie de cassette gratuitement (partys, mariages.); 4° Prêt d’une caméra Beta ou VHS gratuitement; 5° Prêt d’un vidéo Beta ou VHS gratuitement; 6° Prêt d’un vidéo dise avec 15 disques gratuitement; 7° Prêt de 350 films vidéo gratuitement (bientôt 1,500 films) 8° Prêt d’un vidéo Beta ou VHS (si l'appareil fait défaut - pour 1 an) SEUL JOE CASH PEUT VOUS OFFRIR TOUT ÇA ! Moniteur Quasar âTDK SA-90 2.49 SA-60: $1.99 Moniteur Telefunken eFour Moniteur Panasonic e Moniteu Magnetophone o cassette Très bon achat 72J O owrne aux prix LUMENT RIEN.Maudit réveillez-vous Québécois, Québécoises contre les chaîne et leurs annonces trompe l’oeil, avant qu’il ne soit trop tard ! Aujourd’hui avec l’économie du pays ces chaînes de magasins tombent comme des mouches et son vulnérables.À cause des marges de crédit des compagnies qui ont de moins en moinsconfiance c’est à vous consommateurs de vous mêler de vos affaires.C’est facile de garantir des appareils pour 5 ans et plus si le magasin ou la chaîne de magasin fait faillite six mois plus tard.Les garanties il faut s’en méfier ! Donc les sois disant pouvoirs d’achat pour faire économiser plusieurs dollars aux consommateurs ne sont que des trucs pour vous attirer.Je vais vous dire à quoi sert le pouvoir d’achat, à faire plus de profits aux chaînes de magasins d’audio-vidéo et non des économies aux consommateurs.Alors comment se fait-il que moi qui suit un petit propriétaire j’arrive très facilement à faire de meilleurs prix que ces chaînes ?Moi mes escomptes et mes achats, je les partage avec mes clients, mes annonces ne me coûtent pas des sommes faramineuses et sont plus efficaces, plus honnêtes et directes.Pourquoi Je m’acharne à vous informer depuis plus de 1 an, parce que j’ai besoin de votre confiance.“MA FORCE DE FRAPPE C’EST MA CLIENTÈLE”, mes clients m’encourage fortement à continuer de l’informer.Joe Cash fait des choses extraordinaires mais d’une façon très ordinaire.Le commerce de l’électronique est aujourd’hui une ligne, je m'excuse, de prostituées, venez constater comment des magasins qui ont fait faillite ont ouverts 3 mois plus tard sous un autre nom, des preuves j’en ai et J’en bouffe.Joe Cash, une présence rassurante qui s’affirme .« depuis 20 ans au Québec.ENTREZ CHEZ NOUS c’est le * magasin que votre argent intéresse.nous n’avons rien • à cacher même pas nos prix coûtants.andes Toshiba e gonfleur Toshiba e Four à micro-ondes Quasar jEC e Four micro-ond#* Sanyo.é Moniteur Sanyo VIDÉO BETA 4660 Prix coûtant pour les 2 premiers clients .arrivés! •SANYO 49.95 LA PAIRE Remboursement si pas satisfait Video Toshiba VM42 Prix coulant + une poussière de commission Prix coûtant + une poussière de commission Cours gratuit 599.+ une commission Pas de prix au telephone CASSETTES VIDEO TDK, JVC Æ 1 par client et par semaine ’ ÆÊ || L Le consommateur doit lire les annonces al #1 ' tentivement.Les consommateurs doivent être donc vigilants et ne pas voir dans les _ bO annonces des allégations qui n'y sont pas! ¦ H AVIS IMPORTANT: Pour obtenir la cassette vidéo T0K ou JVC Tl20 ou L750 en promotion, il faut écrire l'erticle ci-joint à la maison sur une leuMe mobile Vendredi le 29 mars '85 de 19 hres à 20 hres seulement SECOND AVIS: Aucune vente de cassette vidéo sens la présentation de cette page de journal et de l’article.Joo Cash.AVIS: Tous les spéciaux ci daiieui seat valides peur toute la province de Québec jusqu'à nouvel avis et soient respectés jnsqu'à épatseraoM des stacks!___________________________________________!_____ POURQUOI PAYER PLUS CHER AILLEURS ?Sennheiser • Mona • Clarion • Telec a Lloyd's • Kenwood • Pioneer • Aiwa • Koss • Technics a Aurex • Kriket • Sanyo a Audiosphére ne oc LE COUPLE DU SON Ht*f| S— 2625 2575 ONTARIO, EST VAUKJÜSmu 521-26 Telecouleur 14 1,280.95 4- une commission minime Pas de prix au telephone 16 avril 1985 En face du Métro-Frontenac & & S*fol
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