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Titre :
La voix séfarad /
Journal francophone d'information sur la vie sociale, culturelle et religieuse de la communauté juive sépharade du Québec.
Éditeur :
  • Montréal, P.Q., Canada :Communauté sépharade du Québec,1977-2006
Contenu spécifique :
Novembre - Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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  • Présence
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  • LVS
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La voix séfarad /, 1985-11, Collections de BAnQ.

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Canada acxtM Bulk En nombre * ~ 4 (Sî:;î^ Jwv P*Wai Yolande Cohen, historienne Il faut trouver de nouveaux consensus non seulement entre les peuples fondateurs, mais entre les individus qui composent la société Tiré de «Reflets de femmes», publication de la Direction des communications du ministère des Communautés culturelles et de l’immigration Je suis Juive marocaine, née par hasard en France.Mes parents ont quitté le Maroc pour vivre en Israël mais ils sont retournés dans leur pays trois ans plus tard et j’y ai passé toute ma jeunesse avant d’aller étudier à Paris à l’âge de dix-huit ans.Je suis arrivée en France en 1968, en pleine période de contestation, une période folle mais excitante.J’y ai terminé mes études supérieures, j’y ai enseigné puis, en 1975, fatiguée des bouleversements sociaux, j’ai décidé de venir vivre au Québec et rejoindre ma famille déjà installée ici.Mes parents me destinaient à la médecine mais je m’intéressais beaucoup plus au militantisme et, pour militer, il me semblait qu’il fallait savoir ce qui s’est passé avant.L’histoire est donc devenue non seulement ma profession mais aussi ma passion.Les questionnements qu’on lui pose ne font pas nécessairement surgir des réponses, mais ils nous apprennent comment les hommes et les femmes créent des sociétés, s’accommodent les uns des autres et fonctionnent dans les structures sociales qu’ils constituent.C’est cette dynamique qui m’intéresse.J’ai surtout étudié les mouvements sociaux, les mouvements de jeunesse, ceux des femmes et maintenant, les asociations de femmes.C’est un champ à cheval en- 32 • LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 _____________ SOCIÉTÉ tre la sociologie, les sciences politiques et l’histoire.Je m’intéresse en ce moment aué consensus, comment il se crée, comment les gens finissent non seulement par accepter de vivre en commun mais comment ils se donnent des bases pour cette vie en commun.A mon avis, c’est une question cruciale au Québec actuellement.C’est ce qui ressort par exemple du débat autour des communautés culturelles.Quel mode d’association est souhaitable?Est-ce qu’on veut promouvoir l’égalité comme oint de ralliement de la société?Il ne faut pas présumer que tout le monde veut une société égalitaire.Pour ma part, je suis partisane de la recherche du bonheur public, c’est-à-dire faire de la politique pour le plaisir de construire une société.Je suis féministe depuis longtemps mais je pratique le féminisme de la différence plutôt que de l’égalité, maintenant, les féministes ont pris un relais intelligent: elles approfondissent la réflexion et font des recherches.Au plan politique, le féminisme québécois offre une plate-forme qui ouvre des perspectives de renouvellement du discours.Exceptionnelle- Yolande Cohen naît en France de parents Juifs marocains et elle fait ses études primaires et secondaires au Maroc.Après avoir terminé une maîtrise en histoire à l’Université de Paris, elle obtient un doctorat de l’École des hautes études en sciences sociales.Enseignante au Maroc de 1969 à 1971, elle donne ensuite des cours à l’Université du Québec à Montréal et à Rimouski puis à l’Université de Paris avant de devenir profes-seure titulaire d’histoire européenne contemporaine à l’UQAM en 1978.Elle est membre de diverses associations scientifiques en France et au Canada.Yolande Cohen publie plusieurs ouvrages dont Les Thèses québécoises sur les femmes édité par l’Institut québécois de recherche sur la culture et Femme et Politique qui paraît en 1981 aux Éditions du Jour.Elle signe également de nombreux articles dans des publications spécialisées et des ouvrages collectifs en plus de donner des conférences au Québec, en Europe, aux États-Unis et en Amérique latine.ment ici, des liens se sont tissés entre féminisme et politique ce qui ne se fait pas ainsi ailleurs.Ce n’est pas de la récupération, au contraire, c’est le prolongement de certaines des revendications des femmes.Mes débuts au Québec m’ont semblé faciles mais à posteriori, je constate que ce fut très dur à cause de l’antériorité que tous les immigrants doivent affronter: puisqu’ils n’étaient pas là avant, ceux qui arrivent doivent rattraper leur retard.Ils sont obligés de s’appuyer sur des structures communautaires, créer de toute pièce de nouveaux réseaux et faire un tas de choses qui n’auraient pas été nécessaires s’ils étaient restés dans leur pays.C’est tout un challenge et voilà pourquoi certains réussissent plus vite que s’ils étaient restés chez eux.Je suis de nature très indépendante et ce qui me plaît à l’université, c’est qu’on y est maître de la manière de donner ses cours, maître du contenu.C’est peut-être pour cela que je suis restée dans ce métier plutôt que de faire une carrière politique, beaucoup plus exigeante.Les partis politiques sont de grosses machines et il faut avoir le coeur bien accroché pour ne pas s’y faire écraser.L’adhésion à un parti ne m’intéresse pas mais depuis quelques années, j’ai entrepris une réflexion sur le pouvoir et la politique.MICHEL et son ORCHESTRE MICHEL vous a fait passer des soirées que vous n’êtes pas prêts d'oublier.Continuez à lui accorder votre confiance.Pour vos mariages, Bar Mitzvas, Parties - israéliennes, hassidiques - Le seul et unique chanteur international Appelez MICHEL au 737-1024 t/oe C/ mi y n, ^MSeAcù tif (){«iAni ne ^ \dat*€â el (ScUfece Qrunwnxynel Atu/eOùnijf AtuOe 3 OS / / / 7 oue^O, rue cUAert?ve HeàO 'AéfmOreul, 2hoé j/Ô Æ 1-AÔ LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 • 33 SOCIÉTÉ JUDAÏSME Dis-moi comment tu t’appelles, je te dirai qui tu es! Nous avons le plaisir, ce mois-ci, d’offrir à nos lecteurs une nouvelle rubrique consacrée à l’origine des noms des Juifs du Maroc.Nous tirons ces renseignements d’un ouvragepublicé par l’Institut des recherches scientifiques «Arias Montano » à Madrid, écrit par M.Abraham Larédo.Il se peut que des erreurs d’interprétation se soient glissées, mais en général les explications sont d’une grande logique et clarté.Nous vous invitons à nous écrire ou nous téléphoner à la Voix Sépharade si vous désirez connaître l’origine de votre nom, en indiquant la ville du Maroc dont vous pensez être originaire.Nous nous ferons un plaisir de publier l’information, au numéro suivant.Ce mois-ci, afin que la rubrique prenne forme, quelques membres de l’équipe de rédaction nous ont prêté leur nom.innn p CM Ben Hamron Benhamron, Benhamroun Forme augmentative de l’arabe , précédé de l’indice de filiation: «Fils du Rougeâtre».À noter qu’au Maroc on désigne la rougeole par «Bu Hamron».Isaac Hamron, rabbin marocain des XVIIe-XVille s.; mort assassiné.MR.nV’Vio p BenTolila.Bentolila Nom de la bourgade de Tolilla dans la province de Saragosse, précédé de l’indice ae filiation.Cet appellatif peut aussi bien dériver de aIlIL «Tulila» diminutif de Jfüa «Talil», natte en feuilles de palmier; «Tollila», diminutif de «Tolla», sorte de breuvage de lait; «Tolila», diminutif de J—liar •• *r 'fy-.fUvncssmi: *î .!* Ut* » -, M '¦ ¦ ¦ > v t: mm Octobre 1985, le tout dernier livre de Jacques Hassoun est paru; le livre de Ab-delkhebir Khatibi et de Jacques Hassoun.Son titre: «Le même livre».Khatibi est un écrivain marocain, auteur de plusieurs ouvrages: «Blessures du nom propre», «La mémoire tatouée», «Le livre du sang», «L’amour bilingue».Après la parution du livre de Jacques Hassoun: «Fragments de langue maternelle», Khatibi a contacté celui-ci et a voulu commencer une correspondance avec lui, sur le problème judéo-arabe.Les deux écrivains ont échangé des lettres pendant deux ans.Cette correspondance qui a continué, c’est: «Le même li- bi, Arabe vivant au Maroc, Docteur de l’Institut de Sociologie, parle de deux états, Israël et Palestine.D’après M.Va-lensi, l’éditeur tunisien des Editions de l’Eclat (Le Monde, Libération), c’est la première correspondance publiée entre un Juif et un Arabe depuis un siècle.Peut-être faudrait-il le traduire en langue arabe?La culture juive marocaine qui est énorme s’est souvent manifestée en langue arabe.Un livre comme ça sert plus les Juifs que les gesticulations sclérosées de l’établissement.Nous vivons en nous voilant les yeux.Nous n’arrivons pas à nous allier avec la branche laïque des LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 • 37 SOCIÉTÉ SOCIÉTÉ pays arabes, alors qu’il est vital pour eux que les Juifs commencent à se comporter différemment, pour combattre la faction intégriste.Le vrai problème des laïques arabes, ce n’est pas Israël, mais l’intégrisme.Un intellectuel syrien chrétien a dit: «Si Khomeiny a la victoire, il n’y aura plus ni Chrétiens, ni Palestiniens, ni Juifs, ni Druses., il n’y aura plus que des Shiites !» Avec Khatibi, on va parler au Cercle Vladimir Rabi, à la cité universitaire juive de Strasbourg.Ce serait bien qu’il vienne au Canada!» Le psychiatre, le psychanalyste, le voyageur, le conteur, l’écrivain.Et Jacques Hassoun, l’homme?«La première langue que j’ai parlée était l’arabe, que j’ai lue, l’hébreu; mais je n’écris qu’en français.J’ai été élevé dans un des deux seuls lycées du genre au monde.Il y en a un à Alexandrie et un autre à Varsovie: un établissement assez complexe, né en 1927, un lycée juif mais laïque, anti-religieux et antisioniste, où régnait une influence marxiste très forte.Aucun rabbin n’y entrait, mais on y enseignait la grammaire, la langue et la littérature hébraïques .J’ai passé mon Bac en français.En 1924, l’Alliance fut retirée d’Egypte, les Juifs pauvres allaient dans des écoles gratuites et passaient leur Bac en arabe, les autres pouvaient suivre un enseignement français ou anglais.Ma famille, mon père, étaient très religieux orthodoxes.Je l’étais également, très profondément, jusqu’à 14 ans.J’ai cessé de croire complètement à 14 ans.Donc c’était en 1951, le jour de Tisha Béav.Nous étions à la synagogue: jour de deuil, commémoration de la destruction du Temple, jeûne de 26 heures.Tout le monde pleurait, mon père, mes oncles pleuraient.Les gens étaient assis par terre les pieds nus, les lumières de la synagogue étaient éteintes, on se mettait de la poussière sur le front.Tout à coup, je me suis mis à p enser et je me suis dit: si depuis 1882 ans Dieu impose ça aux Juifs, ou il est pervers, ou il n’existe pas, ou bien on s’est trompé, et ce sont les Chrétiens et les Musulmans qui ont raison (j’ai très vite repoussé cette hypothèse).donc il est menteur, et je n’ai plus jamais cru.À 16 ans, j’étais au Parti Communiste Égyptien qui avait été fondé par: Henri Kuriel, Marcel Israël Sheredy et Hillel Schwartz.J’avais fait un tour dans les mouvements sionistes de gauche, comme le Dror d’Égypte, très proche de Moshé Sneh, député «Mapam» au Parlement israélien et qui était passé ensuite au «Maki» (Parti Communiste).C’est lui qui a donné l’ordre au Dror d’Égypte de se dissoudre.V A 18 ans, le 25 décembre 1954 exactement, j’ai dû partir très vite pour la France.Le judaïsme égptien a eu une histoire aberrante par rapport à ceux des autres pays arabes.Par exemple en 1934, il a eu un comportement étonnant envers les masses de juifs allemands et autrichiens: on acceptait les médecins, les professions libérales et pour les juifs allemands pauvres qu’ils ne voulaient pas, les commerçants juifs égyptiens ont acheté un terrain en Israël, un Moshav: Kfar Yedidia.Le Grand Rabbin d’Égypte, Haïm Nahum, a toujours été, pour des raisons politiques, un antisioniste virulent jusqu’à sa mort en 1960.Et son fils a continué sur la même voie; ils pensaient que la création de l’État d’Israël était une erreur surtout pour les communautés juives des pays arabes, et souhaitaient que l’État juif se constitue ailleurs, en Ouganda ou autre, mais pas en Israël.J’ai été pris dans cette histoire, à l’époque.» Et maintenant, que va faire Jacques Hassoun?«Continuer à vivre-Un grand éclat de rire, et Jacques poursuit-et mon côté psychanalyste ressort.Je vais publier un autre livre, sur la Passion.La Passion c’est ce qu’il y a de plus difficile à traiter en analyse, les crises passionnelles, la souffrance quant tout s’effondre.» Jacques Hassoun lui, est très loin de l’effondrement.Il repart très vite, toute énergie et passion dehors, non sans m’avoir précisé très malicieusement qu’il partage ses yeux très bleus avec tous les Juifs égyptiens originaires de la province de Dakahlya, pour une autre tournée de conférences - en France cette fois-ci.Michèle Saal EN BREF.EN BREF .LES JUIFS ALLEMANDS AUJOURD’HUI Dans une série de deux articles parus dans Le Monde, Marek Halter nous parle des Allemands et des Juifs dans l’Allemagne d’aujourd’hui.Le spectre du nazisme et d’Auschwitz les poursuit.Pour leur échapper, les jeunes Allemands cherchent des causes à défendre, pensant ainsi se déculpabiliser collectivement.Dans leur prise de position radicalement favorable aux thèses palestiniennes, ils se heurtent, encore une fois, aux jeunes Juifs allemands de gauche, verts ou alternatifs, qui ont réussi à renverser la vapeur et éliminer un grand nombre de doctrinaires, redorant ainsi l’image d’Israël.Les Juifs allemands de 503,000 qu’ils étaient en 1933, ne sont plus que 28,000 aujourd’hui.Une étude du Rabbin Nathan Lewinson les classe en cinq grandes catégories: les survivants «illégaux», cachés par la population allemande, les Juifs «privilégiés», nés de mariages mixtes, les «revenants», libérés des camps, et les «Allemands» ceux qui sont revenus.A ceux-là, il faut ajouter des émigrés soviétiques établis à Berlin.Comment ces Juifs vivent-ils là, avec leur mémoire?Chacun à sa façon, tel cet avocat, défenseur de jeunes délinquants, dont les victimes, espère-t-il, ont eu partie prenante avec les bourreaux du nazisme; tel autre se portera à la défense du Tiers-Monde, Vietnam, Cambodge.Une chose est certaine, les Allemands commencent à s’intéresser au fait juif allemand, des éditeurs éditent des vieux manuscrits inédits, des journaux populaires consacrent la Une à de jeunes Juifs nés en Allemagne, l’université de Heidelberg inaugure une école de hautes études juives (75 inscrits).Auschwitz, reste présent dans leur mémoire.Les uns retournent au Judaïsme, les autres perçoivent Israël d’un oeil plus sympathique.Réconciliation possible entre Juifs et Allemands?L’auteur y croit si, dit-il, les premiers lèvent le hérem et si les seconds n’oublient pas qu’Auschzitz c’est Auschwitz et non Tell el’Zaatar.38 • LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 + * SOCIETE EN BREF.EN BREF.EN BREF.EN BREF.EN E HUMOUR CONCOURS LITTÉRAIRE HUMANITAS 1986 Le concours littéraire HUMANITAS 85 ayant donné les résultats encourageants que l’on sait, la rédaction de la revue renouvelle cette expérience en 1986 avec cependant la restriction suivante: Humanitas n’attribuera qu’un seul grand prix 86 lors du lancement d’un numéro spécial de la revue.L’oeuvre primée sera publiée dans Humanitas.En outre, son auteur recevra un chèque d’un montant de 400 dollars.Peuvent concourir les jeunes âgés de 15 à 30 ans.- Il n’existe pas de thème imposé.- Les oeuvres auront 10 pages au maximum pour la prose.Les poèmes seront également les bienvenus.La date limite d’envoi des manuscrits est fixée au 28 février 1986 au plus tard.Pour de plus amples informations, demandez Makombo Bamboté au 526-9211, Poste 317.Concours HUMANITAS C.P.906, Suce.Outremont Montréal, P.Q.H2V 4R8 DAVANTAGE DE REPRÉSENTANTS DE MINORITÉS ETHNIQUES AUX CONSEILS ET COMMISSIONS DU GOUVERNEMENT________________ Le ministre d’État au Multiculturalisme, M.Otto Jelinek, a annoncé aujourd’hui que le gouvernement tenterait de doubler, au cours des douze prochains mois, le nombre de membres de minorités ethniques qu’il nomme aux commissions et conseils fédéraux.Prenant la parole devant les membres du Conseil canadien du multiculturalisme (CCM) réunis en assemblée générale annuelle, M.Jelinek a précisé que la proportion de membres de groupes ethniques nommés aux différents conseils et commissions du gouvernement s’établissait actuellement à 10%.«Le Premier ministre souscrit à notre objectif de doubler ce pourcentage au cours des douze prochains mois», a-t-il souligné.Le Ministre a ajouté qu’il ne serait pas satisfait tant que cette proportion n’aura pas atteint 30%, soit en gros le pourcentage de la population canadienne qui n’est pas d’origine française, anglaise ou autochtone.VIENT DE PARAÎTRE: LES COMMUNAUTÉS CULTURELLES DU QUÉBEC Tome 1: Originaires de l’Europe centrale et de l’Europe du sud.Société d’histoire des communautés culturelles du Québec Sous la direction de: Yuri Oryschuk et de Michel Lefebvre Pour mieux comprendre le Québec d’aujourd’hui où vivent une centaine de communautés culturelles, voici la série «Les communautés culturelles du Québec».C’est une vision d’ensemble des groupes ethniques: pays d’origine, immigration et ses causes, établissements, religion, vie communautaire, valeurs culturelles et participation à la vie québécoise.Les communautés allemande, autrichienne, croate, espagnole, française, grecque, italienne, portugaise, serbe, Slovène et suisse, sont étudiées dans le premier tome.Dans la préface du livre, Pierre Bour-gault nous trace un portrait des relations qui se sont développées au fil des ans entre les communautés francophone et anglophone et qui peuvent expliquer certains comportements propres aux communautés culturelles.Les communautés culturelles du Québec Tome 1 Collectif 1985, 208 pages $17,95 \ La cigale et la fourmi Chanson de la mémoire de Jacqueline Benzaquen Refrain: Wawa mimouna, pôvre cigale y crève d’y froid wawa mimouna di couscous moi j’en donne J’y connais oune cigale Qui toujours y rigole Y dire toujours tamtam Y chantis comme oune folle.J’y vis chez la fourmi Pit-être c’est oune youdi J’y l’oui dis mon s’ami Sirement ji vis crever Donne-moi oun pi de pain Allah y t’y rendra Mets-moi dans mon coufin Un pi de ton caoua Moi j’y donne pas un brin Moi j’y donne pas un grain Mon Diou quel salopri Quelle salope cette fourmi Qu’est-ce t’y fais tout l’été J’y chantis tout l’été Tu chantis tout l’été Va danser la samba.-/ LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 • 39 I ! 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ajoute qu’il a fallu absolument commencer la Torah par cette phrase qui définit la racine même de notre foi.«Au commencement», dit le Zohar, lorsque vint à se manifester la volonté du Roi, il grava des signes dans la sphère céleste.Dans le recoin le plus secret, une flamme sombre s’éleva du mystère de «En Sof», l’Infini.Lorsque la flamme commença à prendre de l’ampleur, elle produisit des couleurs rayonnantes.Au centre le plus secret de la flamme, surgit une source cachée dans le secret mystérieux de «En sof».Cette source ne pouvait être reconnue avant qu’un point suprême et secret ait fait éclater sa lumière sous l’action de l'ultime pensée.Ce point primordial, assimilé par le Zohar à la pensée idéale de la création, est appelé Ré-chit: Commencement.«Au commencement», écrit Steven Weinberg2 de l’Université de Harvard, «il y eut une explosion qui eut lieu partout simultanément, remplissant tout l’espace depuis le début.La matière agitée au cours de cette explosion consistait en dif- férents types de «particules élémentaires»; électrons, photons, positrons, neutrinos.L’origine de l’univers fait, depuis quelques dizaines d’années, l’objet de recherches scientifiques fascinantes: les physiciens ont pu reconstituer les premiers instants de cet univers vieux de quelques 10 milliards d’années; c’est la théorie, dite du «big-bang», que les astronomes appellent souvent «le modèle standard».Il est intéressant de comparer cette théorie au principe qui apparaît dans la kabbale d’Isaac Louria (XVIe siècle), de la lumière divine émanée de l’Infini dans l’espace.Elle se compose d’une infinité de points isolés et s’épanche sous une forme «atomisée».Ces mêmes savants qui ont pu dire exactement ce qu’était l’univers à la fin de la première minute, qui peuvent traiter mathématiquement les problèmes pour déterminer, seconde par seconde, la température, la dènsité et la composition chimique de l’univers à l’instant de la création, ces mêmes savants sont et seront à jamais incapables, par le seul génie des mathématiques et de la physique, de déterminer ce qui s’est passé à l’instant zéro et même avant.Si donc, dans une certaine mesure, la science rejoint la Torah, elle ne peut la dépasser.Le «Réchit», ce point primordial du Zohar, est un point au-delà duquel rien ne peut être connu.C’est le début du temps, explique Obadia Sforno, l’instant infinitésimal avant lequel le temps n’était pas.Dieu est hors du temps: Il fut, Il est et Il sera, tout cela simultanément, dans une LE TEMPS ET SES DIVISIONS: Toutes les divisions du temps sont incontestablement d’ordre divin: celles qui paraissent naturelles comme le mois et l’année, définis par la course de la terre et de son satellite autour du soleil, mais aussi celle qui paraît arbitraire, la semaine, puisqu’aucun phénomène céleste ne détermine la période de sept jours.La semaine a été faite pour l’homme car Dieu créa tout l’Univers en une seule pensée et le fit en six jours pour donner le chabbat aux hommes.L’observance du chabbat est en elle-même un hommage à Dieu, un culte rendu au Créateur de toutes choses.En effet, celui qui observe le repos du chabbat parce qu’en ce jour a été achevée l’oeuvre de la Création, reconnaît sans aucun doute que le monde a eu un commencement, et reconnaître cette origine à l’univers, c’est confimer sa foi en Dieu qui en est l’Auteur».(Yéhouda Halévi - Khouzari).Nahmanide trace le parallèle entre les sept jours de la Création et un cycle de sept millénaires, car il est dit qu’un jour pour Dieu c’est mille ans pour les hommes.- Le premier jour vit la création de la lumière; c’est une allusion au premier millénaire au cours duquel Adam et ses descendants connaissaient leur Créateur et l’appelaient par Son Nom.- Le deuxième jour, pendant lequel fut créé l’espace qui sépara les eaux supérieures des eaux inférieures3, rappelle le second millénaire, car Noé et ses enfants LA VOIX SEPHARADE NOV.-DEC.1985 • 41 Haggadah de Sarajevo.La Création.Espagne, xive s.Parchemin (22 x 16 cm).Sarajevo, 35252g \ >V/r> ') \V^Ù> ^ -’*1^ Haggadah de Sarajevo.La Création.Espagne, xive s.Parchemin (22 x 16 cm).Saraj se séparèrent du reste des hommes et se distinguèrent par leur piété.- Le troisième jour, la terre apparut; elle se couvrit de végétation qui fructifiait.C’est le troisième millénaire qui commença par Abraham.Il reconnut le Créateur comme seul Dieu.Son action porta des fruits car il convertit de nombreux hommes à sa foi.Il recommanda à sa maison et à ses descendants de faire le bien et la justice.- Le quatrième jour, ce fut la création des deux luminaires, le soleil et la lune, les planètes et les étoiles.Le quatrième millénaire débuta par la construction de la maison de Dieu, le Temple de Jérusalem, qui fut la lumière de tout le peuple d’Israël.- Le cinquième jour, les eaux pullulèrent de vie; allusion au cinquième millénaire au cours duquel les hommes se multiplièrent et se dispersèrent sur toute la surface du globe.- Le sixième jour, avant le soir, Dieu créa Adam à son image, allusion aux générations des hommes qui, vers la fin du sixième millénaire (nous y sommes), se rapprocheront de la Vérité et de la Foi.- Le septième millénaire sera, comme le septième jour de la Création, chabbat, repos pour toute créature vivante.Alors «tu (Israël) n’auras plus besoin de soleil, le jour, pour lumière, et la clarté de la lune ne t’éclairera plus, car Dieu sera ta lumière étemelle et ton Seigneur (sera) ta gloire.(Isaïe - LX-19).LA CREATION DE L’HOMME D’un côté nous avons: «Dieu dit: que la lumière soit.qu’il y ait un espace au milieu des eaux.que le sol apparaisse.que la terre produise des végétaux.qu’il y ait des corps lumineux dans l’espace des cieux.que les eaux fourmillent d’une multitude d’être vivants et que les oiseaux volent au-dessus de la terre.que la terre produise des êtres animés.et il fut ainsi».D’un autre côté, nous trouvons les versets 26 et 27 qui nous enseignent la création de l’homme dans les termes suivants: - Verset 26: wayomer élohim, na’assé adam béçalménou kidmouténou, we-yr-dou.qui est habituellement traduit par: Dieu dit, faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons.- Verset 27: «Dieu créa l’homme à son image».Dans le premier cas, il y a un ordre direct qui ne laisse pas entendre l’intention préalable, mais la création immédiate dans la simultanéité du verbe (utilisé à l’impératif).Dans le second cas - la création de l’homme - le verbe manifeste d’abord l’intention (au verset 26), suivie de la réalisation de cette intention (au verset 27).Pourquoi la création de l’homme est-elle différente des autres créations et doit-elle être précédée de l’intention?La réponse peut se trouver dans une analyse de chaque mot du verset 26: - Na’assé: Le Rab.Abraham Ibn’Ezra (philologue né à Tolède en 1089 et l’un des pères de la grammaire hébraïque), rapporte que «certains disent que Na’assé serait un niph’al» c’est-à-dire la forme réfléchie simple (à la troisième personne du singulier).Cette interprétation donnerait un autre sens au verset 26 qui ne serait pas (seulement) «faisons» mais «qu’il se fasse».Que l’homme se fasse à partir de l’être originel que Dieu créa; qu’il évolue 42 • LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 LE MONDE JUIF pour devenir un homme complet, parfait, et qu’il aspire à ressembler à l’image de son Créateur.- Adam, c’est le ben-adama - le fils de la terre, qui pourrait être lu «Admé», «je ferai ressembler».4 Adam peut aussi avoir comme racine Dam = sang.En araméen les deux mots «Sang» et «ressembler» sont homonymes et se disent «Déma».- We-Yrdou: La racine YRD signifie «descendre».L’homme doit descendre dans les poissons et les animaux.Il est passé, on le sait maintenant avec certitude, par différents stades avant d’atteindre sa forme actuelle, et ce n’est encore qu’une étape dans l’immense durée de son évolution.Personne ne peut affirmer qu’il ne changera plus d’aspect et surtout de pensée.Or la Torah le sous-entend, car l’Esprit qui l’inspira aux hommes a une vision globale de l’évolution de la vie.- Béçalménou: Pour Maïmonide, qui évite tout soupçon d’anthromorphisme, les termes «Çélem» (image) et «démout» (ressemblance) sont à prendre au sens figuré tandis que pour Moché Cordovéro, l’homme représente l’ombre projetée sur terre par la majesté divine, car «çélem» dérive de «çel» (ombre).Le texte a utilisé le préfixe «bé» qui signifie «avec, dans», alors que le mot suivant, kidmouténou, comprend le préfixe «k» qui signifie «comme».Quel pourrait être alors le sens caché de ce verset?L’être humain (que Dieu a l’intention de créer) doit se faire dans l’ombre de Dieu; il doit évoluer pour passer du stade primaire au niveau de l’homme.Il est homme en devenir.Qu’il fasse que sa vie et son évolution n’aient d’autre but que celui que le Créateur lui a assigné, lui ressembler, devenir son ombre sur la terre.Si l’homme se fait dans le respect des lois que Dieu lui a données - la Torah - il sera alors «comme la ressemblance» de son Créateur.LA CONNAISSANCE DU BIEN ET DU MAL: La Torah relate, dès les premiers versets, le sujet qui souleva l’étemelle question qui préoccupa depuis toujours de nombreux commentateurs et philosophes: quelle est la source du mal?Est-il d’origine naturelle?La notion du mal ne peut trouver sa racine dans l’obscurité antérieure à la création car «l’esprit de Dieu planait à la surface des eaux».On ne peut pas plus la trouver dans l’acte de la création car il est dit, après chaque jour que Dieu fit: «Dieu vit que c’est bien»; et le sixième jour, après la création de l’homme, «Dieu vit que tout ce qu’il avait fait est très bien».Cela démontre, d’une manière claire et précise, que le mal n’est pas, comme le laisse entendre l’opinion générale, d’origine naturelle, ou bien encore l’un des résultats de l’action des forces qui ont contribué à la création du monde.La source du mal est dans le coeur de l’être humain.Dieu créa Adam et tira de lui Eve.Il les mit dans le jardin en Eden où il les protégea comme des enfants par Sa sollicitude et Sa surveillance, et leur donna toutes les bonnes choses qu’il créa.Pourquoi avoir mis la tentation à leur portée?Dans le jardin poussaient des arbres beaux à voir et bons à manger.C’est alors qu’ils entendirent une voix leur disant: «De tous les arbres du jardin tu peux te nourrir, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, ne mange pas, car le jour où tu en mangeras, tu dois mourir».Quel est le sens de cet avertissement si l’on suppose, comme le Rab.Chim’on Raphael Hirch, que l’arbre de la connaissance du bien et du mal ressemblait en tous points aux autres arbres du jardin, et qu’aucun signe visible ne pouvait avertir Adam de l’aptitude particulière de ces fruits à dessiller les yeux de l’être qui saura, après en avoir mangé, ce qu’il ne savait pas auparavant?C’était la première épreuve imposée à l'homme, une épreuve primordiale, unique, par laquelle Dieu voulait que l’être humain découvrît que la connaissance du bien et de la possibilité de son contraire, était dans la volonté du Créateur.Est-il normal, demande le Rab.Yssak-har Ya’akobson^ que du point de vue de la raison, de la justice pure, soit puni de mort celui qui désire acquérir une connaissance nouvelle?La mort de l’être humain a dû être également dans le plan divin.Que ce serait-il passé si Adam et Eve n’avaient pas mangé du fruit?Ils seraient restés certaine- ment au stade d’infantilisme assisté, ils ne se seraient pas désirés et n’auraient pas enfanté; ils auraient vécu éternellement seuls dans le Jardin et le monde serait resté vide et inutile.La première épreuve subie par l’être humain consistait à s’opposer à l’assistance, ouvrir ses yeux au libre-arbitre, passer de l’enfance à la maturité, et prendre ainsi sur lui le joug de l’avertissement divin dont la compréhension même lui avait échappé.Il fallait qu’il devienne indépendant pour que ses descendants ne reprochent jamais à leur Créateur de les avoir fait mortels.L’échec d’Adam n’est pas tant d’avoir mangé de l’arbre de la connaissance malgré l’avertissement, puisque Dieu voulait qu’il ait cette connaissance, mais d’avoir laissé le mal germer en son coeur et d’avoir permis qu’un être humain, fait à l’image de son Créateur, en vienne à tuer son frère.LE SENS CACHE DE LA TORAH: «Au commencement» - «Béréchit», avec Réchit, déclarent entre autres Rachi et Ben’Atar, est une allusion à la Torah elle-même qui est appelée Réchit: prémi-ce, car il est dit: L’Etemel l’a choisie, prémice de sa voie (Proverbes VIII - 22).C’est aussi une allusion au peuple d’Israël qui recevra la Torah: «Saint est Israël pour T Étemel, il est le premier de sa récolte (Jérémie 11-3).Nous, enfants d’Israël, dépositaires de cette Torah vivante, dont «les enseignements sont parfaits et les lois sincères et donnent la sagesse», combien sommes-nous à l’étudier?Elle est pourtant notre foi, notre loi, notre constitution, notre raison d’être; elle est un «arbre de vie pour ceux qui y adhèrent».Nous crions à qui veut nous entendre notre désir de maintenir nos traditions, de transmettre l’héritage, mais nous confondons enseignement et coutumes, traditions et folklore.Nous nous contentons quelquefois d’écouter la lecture de quelques versets, le samedi, mais souvent sans rien y comprendre et sans chercher à comprendre.Nous manifestons notre dévotion en nous levant devant le rouleau de parchemin, nous l’embrassons du bout des lèvres ou LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 • 43 LE MONDE JUIF JUDAÏSME Hanoucca , fête des lumières Hanoucca, fête de l’inauguration de l’autel, fête des lumières, ou plus exactement demi-fête, car le travail y est autorisé, commençant le 25 Kislev; elle dure huit jours et commémore, avec les victoires des Macchabées sur les troupes syriennes d’Antio-chus Epiphane, de 167 à 165 avant l’ère chrétienne, la réinauguration du Temple de Jérusalem sanctifiée par le «Miracle de l’huile».Entraînés par la famille des Hasmo-néens, sous la conduite du vieux Grand Prêtre Matathias et de son fils Macchabée, les Juifs fidèles à Dieu et à Sa Loi avaient opposé une résistance opiniâtre à l’ennemi qui prétendait leur interdire l’étude et la pratique de la Torah, et leur imposer, par la contrainte et la persécution, l’adoption de la culture grecque et de l'idolâtrie.Après avoir* repris Jérusalem et purifié le Temple des images et des statues païennes, les Zélateurs de la Foi voulurent y restaurer le culte du Dieu Un et rallumer les lumières quotidiennes du chandelier à sept branches.Alors, ils ne purent trouver qu’une seule fiole d’huile sainte scellée du cachet du Grand Prêtre, tout juste suffidante pour vingt-quatre heures.Mais, rapporte le Talmud, par miracle, l’huile de la fête de Hanoucca.D’où l’institution de son seul rite caractéristique, l’allumage des lumières, huit soirs durant, symbole aussi de la victoire de l'Esprit sur la force brutale, du Judaïsme sur le paganisme, image de l'âme d'Israël et de sa pérennité.le touchons à peine du doigt; à Simhat Torah, nous le faisons danser dans la joie; mais pouvons-nous seulement le déchiffrer, l’ouvrons-nous pour l’étudier, l’apprendre, le comprendre, l'approfondir?Nous pouvons, certes, être en désaccord sur l'interprétation de tel ou tel chapitre ou verset ou mot, nous pouvons nous ranger de l'avis des commentateurs rationalistes comme le Rambam ou irrationalistes comme le Zohar - heureux sont ceux qui l’étudient - mais nous ne cherchons même pas à saisir le sens littéral.Que dire alors du sens caché car «ce n’est pas un simple recueil d’histoires et de questions quotidiennes.Les récits qui rapportent les choses du monde composent l’habit qui couvre le corps de la Torah, et ce corps est formé de préceptes et de principes majeurs.Les hommes qui ont un peu de sagesse voient ce corps, mais les véritables sages, ceux qui servent l’Eternel de tout leur coeur, ceux qui se tenaient au pied du mont Sinaï, pénètrent jusqu’à l’âme, jusqu'à la Torah véritable qui est la racine fondamentale de tout» (le Zohar).Michel Afriat.Notes 1) J’ai choisi de transcrire les versets en hébreu en restant le plus près possible de la prononciation sé-pharade ancienne qui, dans la plupart des cas, est la plus proche de ce qu’a dû être l’hébreu ancien.Ainsi le Cadé - que les Askénazes, qui ne sont pas accoutumés à la prononciation des langues sémites, et qui ne peuvent pas prononcer correctement les consonnes emphatiques, prononcent Tsadé - est un S qui se prononce dans l’arrière-bouche, en comprimant les muscles.2) Steven Weinberg - Les trois premières minutes de l’Univers - Edition Seuil - Paris 1978.3) Les eaux supérieures et les eaux inférieures représentent, dans la tradition kabbaliste, le; forces «mâles et femelles», principes actifs et passifs de la création.4) Un Hiph’il - temps causatif qui exprime l’idée de faire faire quelque chose et qui peut affecter aussi bien les verbes d’action que les verbes d’état.5) Le Rab.Issahar Ya'akobson a été commentateur de la Torah sur les ondes de Kol Israël (la radio israélienne) dans les années 50.La nuit est tombée, les premières étoiles scintillent.Dans chaque famille dont tous les membres ont eu la possibilité de se réunir à la maison à cette heure, on va procéder, après la prière du soir, à la Ha-dlakath Hanner.Quelquefois, seul le chef de famille s’en acquitte au nom de tous, mais, la plupart du temps, tous les hommes, et même les garçons non encore Bart Mitsva tiennent à accomplir personelle-ment la Mitsva.Aussi, chacun aperçoit-il déjà son chandelier garni d'huile (d'olive, de préférence) et de mèches, ou de bougies de cire.Menora, Hanoukia, Hanuke-Leuchter, il porte bien des noms et revêt bien des formes.L'artiste s’est efforcé à l’originalité et à la beauté, quelle qu’ait été sa matière, bois, cuivre, bronze, argent, céramique, etc.Son génie, toutefois, s’est plié aux nécessités des prescriptions religieuses: les huit orifices ou godets sont alignés à la même hauteur, tandis que le neuvième, celui du Cha-mach, «Serviteur», s’en distingue nettement par sa position.Pourquoi huit branches, alors que le candélabre de Jérusalem n’en avait que sept?C’est qu'il ne s’agit pas de reproduire le chef-d’oeuvre de Betzalel ou de ses successeurs, ce qui est d'ailleurs détendu, mais seulement d’assurer sur le chandelier la place aux huit lumières qui s’allumeront progressivement, une le premier soir, pour finir le huitième soir par une illumination totale des huit godets.Si, dans la Diaspora, on n’expose plus, comme à l’époque talmudique, la Ménora dans la rue devant la porte de la maison, on la place cependant bien en vue, devant la fenêtre, pour qu'elle soit visible du dehors, ou du moins à un endroit où elle attire le regard, «afin de diffuser le miracle.».Le chef de famille a saisi la bougie-serviteur dont la petite flamme brûle; il prononce les bénédictions: «Béni sois-Tu.qui nous a ordonné d’allumer la lumière de Hanoucca.», «Qui a fait des miracles pour nos ancêtres en ces jours-là, à cette époque», et le premier soir, Chehe'heya-nou.Il allume la mèche à l'extrême droite, le premier soir, et les soirs suivants, il commence par la gauche et remonte vers la droite, ce faisant, il énonce: «ces lumières, nous les allumons pour les miracles, les saluts, les merveilles que tu as opérés pour nos ancêtres par l’entremise de tes Prêtres saints.Pendant les huit 44 • LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 LE MONDE JUIF jours de Hanoucca, ces lumières sont sacrées et il ne nous est pas permis de nous en servir, mais seulement de les regarder».C’est pour obéir à cette dernière prescription que le Chamach ne sera pas éteint après avoir rempli sonj office de propagandeur du feu et viendra occuper la place qui lui est réservée.Après que chacun a accompli la mitsva à tour de rôle, tous entonnent en choeur le cantique de Ma’oz-Tsour où sont évoquées les persécutions et les délivrances d’Israël, depuis l’esclavage d’Egypte jusqu’à la venue du Messie, en passant par la destruction du premier Temple, l’histoire d’Esther et celle de Hanoucca.Durant une demi-heure au moins, les jolies flammes jaunes brûleront, sous les regards des assistants qui s’abstiennent alors de tout travail, et spécialement les femmes.Comme, le vendredi soir, la cérémonie a lieu avant l’accueil du Shabbat, c’est-à-dire au moins une demi-heure avant la tombée de la nuit, la quantité d’huile devra être suffisamment abondante ou les bougies assez grandes pour permettre aux lumières de survivre une demi-heure après la sortie des étoiles.Tandis que les adultes se livrent à des jeux de cartes, les enfants jouent avec la toupie à quatre faces, le Trendel ou Drei-del, l’Israélien Sevivone, où sont gravées les quatre lettres hébraïques initiales des mots Ness, Gadol, Haya, Cham, «Il y eut là un grand miracle».Miracle aussi pour les petits, ces distributions de jouets qui ont réussi à supplanter la coutume de «Hanuke-Geld», l’argent qu’on allait quérir chez les proches parents en échange de souhaits de «bonne fête».«Miracle» est le refrain de Hanoucca: «Au temps de Matathias.et de ses fils, lorsque la maudite royauté grecque s’est élevée contre ton peuple Israël pour lui faire oublier Ta Loi et transgresser les décrets de Ta volonté, Toi, dans Ta grande miséricorde, Tu T’es levé en leur faveur au temps de leur détresse, Tu as pris leur défense, jugé leur procès, vengé leur vengeance, livré les forts aux faibles, les impurs aux purs, le grand nombre au petit nombre, les méchants aux justes, les orgueilleux à ceux qui s’occupent de Ta Loi.Tu T’es fait un grand et saint renom dans Ton univers et pour Ton peuple Israël Tu as opéré salut et délivrance comme en ce jour.» (’Al Hanissim).«La proclamation du miracle» se fait également à la synagogue, où une ménora est allumée entre Min’ha et Ma’ariv.La liturgie célèbre Hanouca en prolongeant par le ‘Al Hanissim les actions de grâce quotidiennes du Chemone-Essre (après Modim) et de la prière après le repas (dans Node Lekka), en ajoutant la récitation du Hallel et la lecture de la Torah chaque jour, et des piyyoutims le Shabbat.Certains observent encore l’usage, déjà attesté au XlVème siècle, de prendre à Hanoucca des repas maigres relevés par des tartes à la crème.N’est-ce pas, en effet, en soûlant Holopheme avec abondance de lait, qu’en ce temps-là Judith parvint à ses desseins et contribua au salut de son peuple?En Europe Orientale, la consommation de lattkes, sorte de crêpes, donne à la fête son cachet gastronomique particulier.c— -\ Les Services communautaires juifs de Montréal (AJCS) recherchent un responsable des subventions pour ses agences affiliées Responsabilités: Le titulaire devra analyser les projets communautaires et identifier les sources de financement possibles, tant auprès des gouvernements fédéral, provincial, que municipale, ainsi qu’auprès des fondations privées.Il devra entamer les négotiations nécessaires avec tous les bailleurs de fonds qu’il aura identifié.Il devra se tenir au courant de tout ce que trait à la législation concernant les subventions.Exigences: Le candidat devra avoir une bonne connaissance des réseaux gouvernementaux et des fondations privées.Il devra avoir à son actif des réalisations dans le domaine de la négociations._____________ Idéalement il aura une bonne connaissance de la problématique de la communauté juive de Montréal.Le candidat, bilingue, détiendra un diplôme universitaire de 2e cycle, (avec orientation en administration) ou une formation équivalente.Salaire: De cadre en fonctions des qualifications, plus les bénéfices sociaux des employées d’ACJS.Veuillez adresser votre CV à: AJCS Département de la planification communautaire 5151, Chemin de la Côte Ste- Catherine Montréal (Québec) H3M 1W4 ATT.: Raphaël Assor LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 • 45 -"J LE MONDE JUIF JUDAÏSME Le Rassemblement Mondial du Judaïsme Marocain Les 17,18 et 19 octobre dernier, Montréal a été le théâtre du congrès de fondation du Rassemblement mondial du Judaïsme marocain auquel plus de 150 délégués en provenance du Maroc, Israël, France, Espagne, Grande-Bretagne, États-Unis, Vénézuela et Canada, ont participé.Ce congrès, souhaité par les communautés juives d’origine marocaine, a été mis sur pied par la communauté israélite du Maroc, et notamment par son secrétaire général M.David Amar, figure de proue du judaïsme mondial.Les juifs originaires du Maroc sont près d’un million à travers le monde, ils représentent près d’un tiers de la population israélienne et sont au nombre de 45 000 au Canada, dont 30 000 au Québec.Bien qu’elle ait subit les conséquences d’une forte émigration, la communauté juive du Maroc, qui ne compte plus de 15 000 membres, se présente aujourd’hui comme une communauté florissante, gardienne des tratidions juives marocaines.Cet essor ne peut s’expliquer que par le statut privilégié dont bénéficient les juifs vivant encore au Maroc: seul pays arabe où ils jouissent de tous les droits et privilèges de n’importe quel citoyen.D’après M.Amar, l’originalité des juifs marocains tient à trois fidélités: fidélité à leur pays d’origine, le Maroc, fidélité à leur pays d’accueil et fidélité à Israël.L’idée d’un rassemblement des juifs d’origine marocaine a commencé à germer après le colloque qui, en 1978 à Paris, a réuni juifs marocains et israéliens.Elle s’est renforcée au congrès organisé à Rabat en 1984, avec la participation de 35 délégués israéliens, parmi lesquels certains députés et anciens ministres, et plusieurs délégations étrangères comprenant d’importantes personnalités juives internationales.Le Rassemblement tenu à Montréal s’inscrit dans la suite logique de cette série d’événements et dans l’abou- tissement d’une volonté commune à toutes les communautés juives marocaines.Sous la devise UNISSONS-NOUS, ce congrès, premier dans son genre, a un but tout d’abord culturel: porter témoignage du judaïsme marocain et de son histoire, et perpétuer ce patrimoine au travers des générations, mais il s’inscrit également dans un objectif plus large d’un environnement de dialogue judéo-arabe.C’est ce qu’a tenu à souligner M.Amar dans son discours à l’issue de son élection à la présidence du Rassemblement: «Nous, juifs d’origine marocaine, avons l’avantage de pouvoir converser, d’avoir un dialogue dans la confiance et dans l’amitié, avec les arabes, avec les musulmans.Et cela nous l’avons prouvé pendant des siècles.Notre passé, notre existence actuelle, là où nous sommes, prouvent que cette initiative est dans nos moyens, dans nos possibilités, que nous devons entreprendre cette longue marche essentielle, où que nous soyons.C’est un but pour l’ensemble de ce Rassemblement».Pour sa part, M.Robert Assaraf, membre de la délégation marocaine a, suivant le même ordre d’idée, déclaré: «Nous voulons témoigner de la coexistence entre juifs et musulmans au Maroc depuis plusieurs siècles».L’organisation du Rassemblement a été envisagée comme un groupement dissociations existantes à travers le monde et de personalités, regroupés autour de la communauté juive du Maroc.Le Rassemblement est doté d’un comité permanent dirigé par un conseil exécutif et formé par cinq commissions: commission des relations extérieures, commission des programmes, commission des affaires culturelles, commission des finances et du budget et enfin commission de l’organisation et des statuts (les résultats des élections du comité permanent figure à la fin de cet article).Des personnalités mondialement connues se sont déplacées à Montréal pour assister expressément au congrès.Parmi les plus importantes, citons: de la délégation d’Israël: M.Yaakov Aviad, consul général à Montréal, M.Rafi Ede-ry, dirigeant du parti travailliste de la coalition de la Knesset, M.Aharon Abou-hatzeira, fondateur et leader du parti üss 46 • LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 Tami, M.Itzahak Perez et les maires de Ashdod, Ashkelon, Kiriat Shmona et Pe-tah Tikva; de la délégation juive du Maroc: M.David Amar, secrétaire général de la communauté israélite du Maroc et M.Robert Assaraf; de la délégation française: M.Albert Benatar, Prof.Albert Sasson, M.Victor Abbou, président de la communauté de Marseille, M.David Cohen et M.Benjamin Danan membres du centre culturel Ramban et de l’union des juifs du Maroc; de la délégation de Grande Bretagne: M.Sidney Assor; de la délégation d’Espagne; M.Samuel Toleda-no, secrétaire général de la communauté juive de Madrid et Rev.Barukh Garzon; de la délégation des États-Unis: Mme Lillian Shalom et M.Charlie Waknin, membres exécutifs de la communauté juive sépharade; de la délégation du Venézuela: M.Moises Serfaty; et enfin de la délégation du Canada: M.Lucien Benarroch, président de la communauté sépharade du Québec, M.William Dery, responsable des relations de presse, M.Ralph Benatar, président de la Fédération Séphardie Canadienne, MM.Henri Dahan et Elias Malka.Outre ces délégations, un grand nombre de représentants de la presse étrangère, surtout française, ont assisté au congrès; citons notamment: Josette Alia, rédactrice en chef du Nouvel Observateur, Chalom Cohen, correspondant du quotidien Le Matin, André Soussan et André Pautard de l’Express.Soulignons un fait sans précédent: les gouvernements israélien et marocain ont accepté d’avaliser conjointement ce congrès constitutif.Pour marquer l’événement une chanson officielle a été conçue.On doit les paroles à Bob Abitbol, la musique à Diane Juster et l’interprétation à Évelyne Déry.Soulignons enfin le dynanisme dont a fait preuve la communauté juive marocaine de Montréal.Selon les termes élogieux de M.Amar, notre communauté constitue un modèle: elle a su conserver ses attaches et ses liens avec le Maroc tout en s’intégrant parfaitement à son pays d’accueil, le Canada.Patricia Hentolila i (-^ Le Cid Campeador Propos sur un débat.Akhouya, as-tu du coeur?Tout autre que le Rassemblement l'éprouverait sur l'heure! Va contre des arrogants éprouver ton courage Ce n 'est que dans l'échange qu 'on lave un tel outrage Sois vague ou tais-toi Au surplus, pour beaucoup te flatter, je te donne à combattre des hommes peu redoutés Hormis un vénérable professeur, autosatisfait Qui, à travers quelques «auto-éloges», lâcha quelques vérités Le reste dans des tirades importunes Mêla CSQ et personne, représentation et fortune On vint chercher la lumière On eut droit aux nobles objectifs Enveloppe matérielle de fins plus que douteuses Que de patries à vénérer, pauvre Juif Marocain Toi qu 'on n 'a jamais vu les armes à la main! Quelques noms furent dans l'assemblée Jetés en pâture Leurs états de serxnce aux objectifs avancés semblèrent contre nature Des vilains les traitèrent d'idolâtres Leur seul Dieu, ô combien opiniâtre De papier fait Vert pour les uns Ame disante pour les autres Auréolait, pathétique, Une montée vers la paix, Certes hypothétique, Mais divine maîtresse Par tous tant désirée.Raymond Eljarat V_____________________________________________/ LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 • 47 LE MONDE JUIF ISRAËL EN BREF.EN BREF.EN BF Au-delà des frontières Peu connue dans son pays, c’est probablement une des voix israéliennes les plus écoutées dans le monde arabe.C’est en 1971 qu’Ilani Basri, juive d’origine iraquienne, âgée de 54 ans et résidente en Israël depuis 35 ans, décide de créer un programme de consultation médicale sur les ondes de diffusion en arabe de la radio israélienne, une des plus puissantes émettrices du Moyen-Orient.Depuis, non seulement le nombre de ses auditeurs n’a cessé de croître mais son émission, populaire au-delà des frontières physiques et idéologiques, a su créer un pont entre israéliens et arabes.Deux fois par semaine, elle invite des docteurs à venir discuter des derniers avancements médicaux survenus dans les hôpitaux israéliens, après quoi elle incite ses auditeurs du monde arabe à lui faire transmettre par courrier - dans une case postale spécialement allouée à cet effet à Genève, - ou par un autre itinéraire -leurs problèmes de santé.A noter: le nom des expéditeurs de certaines lettres en provenance de pays radicaux, tels que le Koweit ou la Syrie, n’apparaissent qu’en initiales ou sont carrément codés: sécurité oblige.Les lettres reçues, environ 300 par mois, sont traduites de l’arabe vers l’hébreu puis confiées à des spécialistes israéliens.Leurs réponses sont à nouveau traduites, de l’hébreu vers l’arabe, puis diffusées.Dans certains cas plus complexes, les auditeurs sont priés d’envoyer un dossier médical de leur propre médecin pour mieux diagnostiquer la maladie.Si ces patients sont déclarés guérissables par un spécialiste israélien, ils sont alors invités à venir en Israël à leurs propres frais.Mme Basri s’occupe personnellement de leur obtenir un visa d’entrée en Israël auprès du ministère des Affaires étrangères et de les conduire jusqu’aux hôpitaux.•yîsYRui \ feiRDAN.E 'WkÏÏwEIT \ BAHREIN.V \ QATAR yri ISRAËI .YEMEN-NOR SOUDAN DJIBOUTI Océan Indien V / / ______— La popularité de son émission a même atteint les hautes sphères du monde arabe; on sait, par exemple, que Hasfez Assad et Amin Gemayel, respectivement présidents de la Syrie et du Liban, sont des auditeurs assidûs.En plus de la reconnaissance que lui vouent les patients arabes soignés en Israël, elle a gagné l’admiration des médecins israéliens: «Mme Basri réalise un travail remarquable en améliorant nos relations avec les pays arabes» a précisé le Dr.Yaacov Shanon de l’hôpital Bikur Holim de Jérusalem.Avec des objectifs modestes au départ, elle est elle-même surprise de l’ampleur qu’a pris son émission; «je n’ai jamais pensé que mon programme allait finir par devenir un pont que les arabes utiliseraient pour venir en Israël», a-t-elle déclaré.Elle ajoute:«Les maladies n’ont pas de frontières, je ne vois pas pourquoi les guérisons devraient en avoir.» Un exemple de plus qui prouve qu’arabes et israéliens peuvent trouver des terrains d’entente, et que les personnes les plus indiquées pour commencer à établir ces liens sont probablement les juifs sé-pharades héritiers des deux cultures., L’ACCÈS ET L’ÉTIQUETAGE I EN FRANÇAIS DES PRODUITS ; , D’ALIMENTATION CACHERS Le ministre Elie Fallu, responsable des communautés culturelles et de l'immigration aussi chargé de l’application de la Charte de la langue française, a suscité < une fructueuse rencontre avec le président du Congrès juif canadien, monsieur Bernard J.Finestone, accompagné de mada-; me Shelly Gaffe et de monsieur Jeff Kus-chner de l'exécutif de cet organisme à laquelle ont bienveillamment aussi participé des représentants des principaux importateurs de produits d’alimentation ca-chers ainsi qu’un membre du Conseil de la langue française, monsieur Henri Aco-ca qui préside un comité spécial d’étude sur cette question.Cette rencontre avec les partenaires de la communauté juive a permis d’explorer de façon concrète, «au niveau du terrain même de l’épicerie» selon l’expression de monsieur Fallu, une très satisfaisante mise en commun de diverses avenues de solutions qui se veulent équitables et satisfaisantes pour régler les problèmes associés à l’étiquetage, en français, des produits cachers, notamment ceux importés des États-Unis au Québec pour desservir les membres de la communauté québécoise d’origine juive.Le ministre Eli Fallu se dit fort encouragé de ce que désormais ces produits, avec le concours volontaire des importateurs de ceux-ci, continueront d’être étiquetés en français, aussi bien pour satisfaire aux exigences de la Charte et du règlement sur la langue du commerce et des affaires pré-publié en juillet 1985 dans la Gazette officielle que pour répondre aux attentes légitimes de quelque 30,000 membres de la communauté juive de tradition sépharade et d’expression française qui pourront être, ainsi qu’ils le souhaitent, desservis au Québec en produits cachers étiquetés en français.Le ministre Fallu entend suivre l’évolution de ce dossier bien engagé, dans un esprit communément partagé d’ouverture, 48 • LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 LE MONDE JUIF YESHIVA EN BREF.EN BREF.EN BREF.EN BREF.EN BREF.EN BREF .EN BRI de justice et de conciliation, vers des solutions durables et positives.Monsieur Fallu s’est engagé, à l’occasion de cette féconde rencontre, à confier instamment mandat au président du Conseil de la langue française, monsieur Jean Martucci, de revoir ces questions avec ses collègues du Conseil et le comité spécial d’étude institué à cette fin, en considérant la possibilité de nommer sur ce comité d’autres personnes impliquées dans cette problématique qui ne sont pas membres du Conseil.Déjà le président du Congrès juif canadien, monsieur Finesto-ne, et ses principaux collègues ainsi que des représentants des milieux importateurs de ces produits ont acceptés avec enthousiasme de prêter leurs concours à une nouvelle approche positive des questions en cause.Ce comité spécial du Conseil pourra, selon monsieur Fallu, sous l’impulsion dynamique et dévouée du président monsieur Henri Acoca, s’employer à identifier les moyens concrets de nature à prêter assistance technique aux intervenants producteurs et importateurs de produits d’alimentation cachers pour actualiser graduellement mais sûrement, et à la satisfaction du plus grand nombre de citoyens, l’objectif de francisation des étiquettes des produits cachers distribués sur le marché québécois.a CaFE-causeries aux Amitiés Québec-Israël Les Amitiés Québec-Israël organisent cette année une série de cafés-causeries, dans les salons de l’Hôtel Sheraton, tous les deuxièmes jeudis du mois.Parmi les différents thèmes qui seront abordés, en voici quelques-uns: - Récits et témoignages de jeunes québécois - Le Canada à F ONU - La CSN découvre la Histardrout - La formule coopérative comme alternative - Israël vu par un économiste québécois Pour toute information, s’adresser à M.Joseph Amzallag, au 934-0773.Le Grand Rabbin Sirat à la Yeshiva University de New-York ____ La 54e cérémonie de remise de diplômes universitaires à la Yeshiva University de New-York a revêtu cette année un caractère spécial: la présence de M.René-Samuel Sirat, Grand Rabbin de France, y a grandement contribué puisque le tout New-York tenait à fêter dignement cet événement toute la semaine de sa visite.M.Sirat a reçu, au cours de cérémonies grandioses et solennelles, le prestigieux «University Heritage Award» et le Doctorat Honoris Causa (en divinity).Mille cinq cents étudiants ont reçu leur diplôme cette année, ce nombre incluant plus de deux cents Sépharades.Plusieurs personnalités du monde politique, éducationnel et communautaire ont reçu des diplômes Honoris Causa et des distinctions honorifiques.En plus du Grand Rabbin de France, MM.Alfred Hazan et Halfon Hamaoui ont reçu le «Heritage Award».Ont reçu le diplôme Honoris Causa de l’université: M.Daniel K.Inouye, Sénateur de Hawaï, bien connu pour son soutien au peuple juif et à l’État d’Israël; M.Menachem Elon, de la Cour Suprême d’Israël; M.Haim Zohar, Secrétaire général de l’Organisation Sioniste Mondia- le; M.Naftali Lavie, Consul général d’Israël à New-York.Une surprise particulière attendait M.Lavie: il a reçu son diplôme des mains du Rabbin Shacter qui, quarante ans plus tôt, étant aumônier de l’armée américaine, attaché à la Division du Général Patton, avait lui-même libéré M.Lavie du camp nazi de Buchenwald.Quant à M.Sirat, il reçut son diplôme des mains du Dr Norman Lamm, Président de la Yéshiva University.M.Lamm, mettant en relief les quantités de l’oeuvre de M.Sirat, dit notamment: «comme premier Sépharade ayant eu l’honneur de devenir Grand Rabbin de France, vous avez insufflé une vie nouvelle et vibrante dans la communauté juive de cette nation.Vous avez beaucoup oeuvré pour augmenter la présence à la synagogue, vous avez avancé l’éducation juive et accéléré le mouvement de retour au Judaïsme en France.Votre devise a ?été: «Education juive, éducation et plus d’éducation.» Le même doctorat a été décerné au Rabbin Herbert W.Bomzer, de Brooklyn.Charles Mizrahi, New-York LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 • 49 CARNET NAISSANCE MARIAGE NÉCROLOGIE Nous apprenons avec beaucoup de joie les naissances suivantes : MAZALTOV! à M.et Mme Alfred Guindi à l’occasion de la naissance de leur fille Vanessa Var-dite.M.et Mme Prosper Vaknin à l’occasion de la naissance de leur fille Melissa.Nous apprenons avec un vif plaisir l’arrivée, le 10 novembre dernier, de: VANESSA soeur de Sandra et Yaël, dans le foyer de Joelle et Albert SOUSSANA.MAZALTOV! BAR MITZYA____________- MAZALTOV et toutes nos félicitations à tous ces jeunes qui ont célébré leur bar-mitzva : YEHOUDA CHAIM ASPLER fils de M.et Mme Gerry ASPLER, a célébré sa Bar Mitzvah le 15 décembre 1985.URIEL ELMALEH fils de Peggy et Maurice, célébrée le 17 Novembre dernier à Dollard des Ormeaux.LIONEL SOUSSAN fils de Perle et Albert, célébrée le 10 Novembre dernier.RUBEN OZIEL fils de Gladys et Maïr, célébrée le 24 Novembre dernier.EYTAN LASRY fils de Gaby et Jean-Claude et petit-fils de M.et Mme Salomon Benbaruk, célébrée le 16 Novembre dernier.Les mariages suivants ont été célébrés, et nous présentons aux jeunes époux toutes nos félicitations : MAZALTOV! à RIVKA COHEN et Rabbin CHALOM CHRIQUI de New-York Rivka est la soeur de Rabbi David COHEN de Montréal, et Chalom est le fils de Mme Chriqui de Casablanca.La bénédiction nuptiale leur a été donnée le 8 décembre 1985.Michèle ELKAIM et Gabriel SOUSSANA Les heureux parents sont Esther et Maïr ELKAIM et Lucy SOUSSANA.mariage célébré le 15 Décembre 1985, EVA IFRAH et MEYER ELKESLASSY enfants de M.et Mme David IFRAH et M.et Mme Jacques ELKESLASSY.La bénédiction nuptiale leur a été donnée le 24 novembre 1985.Rosine ELBAZ et Albert MALKA mariage, célébré le 1er Septembre 1985 M.et Mme David Abecassis, M.et Mme Joseph Ittah à l’occasion des fiançailles de leurs enfants Guila et David.Nous apprenons avec plaisir l’accession au Barreau (Ontario et Québec) de : Mlle Dora BENBARUK fille de M.et Mme Salomon BENBARUK, membre de notre Conseil d’Administration.Toutes nos félicitations et nos meilleurs voeux.Toutes nos condoléances aux familles attristées par les deuils suivants : MM.Jacob, David, Henri et Albert BEN-SEMANA (ses frères), Mmes Annette AMIEL, Simone BENSOUSSAN et Rachel TAHUTIMI (ses soeurs), pour le décès de: Mlle Sultana BENSEMANA survenu à Vancouver, le 11 Octobre dernier M.Elie BENGUIRA (son époux), David, Audrey et Joseph (ses enfants), Esther et David DADOUN (ses parents), Albert, Charlie, Salomon, Simon, Maurice DADOUN (ses frères), Lysa EZERZER, Flory SEBBAG, et Myriam KRAFT (ses soeurs), pour le décès de: Mme DEBORAH BENGUIRA survenu à Montréal, le 17 Novembre dernier.Nous avons le regret d’annoncer le décès, survenu le 6 Décembre 1985, du regretté: Dr Léon KRONITZ M.Kronitz était une figure bien connue dans la communauté juive: ses réalisations et ses activités innombrables laisseront une marque profonde dans la vie communautaire.À son épouse, ses enfants et toute sa famille, nous adressons nos condoléances les plus émues.Je remercie de tout coeur ceux qui m’ont démontré leur affection, amitié et appui lors du décès de mon cher époux disparu Charles Ptito.Mes enfants Daniel, Maurice, Gérard, Vivien, Alain, Maryse, Dinah, mes beaux-frères et belles-soeurs Simha, Sarah, Armand, Jamila, Marcel, Denise ainsi que tous les membres de notre famille se joignent à moi pour vous exprimer nos sincères remerciements.Jeannette Ptito.__ \ Les services de BAR JODAN Conseiller pour tous genres de réceptions Mariages - Bar Mitzvah Occasions spéciales Joe Amar Daniel Acoca 744-2479 737-4019 - Vins et champagnes français disponibles - Service en tuxedo - Salle de réception disponible de 50 à 225 personnes avec terrasse __________________________________________/ 50 • LA VOIX SÉPHARADE NOV.-DÉC.1985 import Itee ELLEN TRACY .¦ v Xii: SPORTSWEAR DE QUALITÉ ET CONFORT ¦Vsi ifiifc- •V; 4200 BoutSt Laurent, suite1200, Montreal,Que H2W2R2 Tel.
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