Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La voix séfarad /
Journal francophone d'information sur la vie sociale, culturelle et religieuse de la communauté juive sépharade du Québec.
Éditeur :
  • Montréal, P.Q., Canada :Communauté sépharade du Québec,1977-2006
Contenu spécifique :
Mai - Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Présence
  • Successeur :
  • LVS
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La voix séfarad /, 1986-05, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
V-233 m ION DE LA COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC 4735 Ch.de la Côte Ste-Catherlne Montréal.Qué H3W 1 M1 CANADA _ .Canac |« p°*‘ HP Poaiaga la Poatea i Canada y paid Pon payé Bulk En nombre third troisième class F E.T.L.(ce classe M-295 ntre-ville) Mtl.DE FAMILLE DU 7 AU 22 JUIN ©86 ÜJUJ y"i s—! ! —i__io ûl Qi iSüJ i •-'CûO Qu5üJO_J CO ZD N!— O .i~-i ^ ~ MONTRÉAL, MAI-JUIN 1986 17e Année No 1 Banque Israel Discount LA BANQUE DIGNE DE CONFIANCE UN ACTIF CONSOLIDÉ EXCÉDANT 14 MILLIARDS DE DOLLARS CANADIENS PLUS DE 280 SUCCURSALES ET AGENCES EN ISRAËL ET À L’ÉTRANGER FILIALES ET SIÈGES EN AMÉRIQUE DU NORD CANADA Israël Discount Bank Limited Bureaux de représentation 1 50 Bloor Street West Suite M1 00 Toronto, Ontario M5S 2Y5 (416) 926-7220 2000 Peel 7e étage Montréal, P.Q.H3A 2W5 (514) 849-1237 * Membre CDIC Israël Discount Bank of Canada * 1 50 Bloor Street West Toronto, Ontario M5S 2Y5 (416) 926-7200 ÉTATS-UNIS Israël Discount Bank of New York 511 Fifth Avenue (Main Branch) New York, N.Y.1 001 7 (212) 551-8500 Israël Discount Bank Agencies 420 Lincoln Road Miami Beach, Florida (305) 579-9260 1 4 N.E.First Avenue Miami Florida (305) 579-9200 206 North Beverly Drive Berverly Hills, CA 90210 Californie (21 3) 275-1 41 1 * Membre FDIC LA VOIX PUBLICATION DE LA COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC 4735 Chemin de la Côte Ste-Catherlne Montréal.Qué H3W 1M1 CANADA LA VOIX SEPHARADE PUBLICATION Df.LA COMMUNAUTÉ StPNAPADt OU QUÉBSC *!S'a C=1 CSi« S»«Ca«h*Hn* Mooi.nol Ov« M3W IM’ CAAIAOA OOX 0EFAMIL1Æ 1 A* J** 1 «fl ¦+* 0m: ¦ WM N* V;V>» &$K T> 1*1 Y A HASRA, C’ÉTAIT LE BON TEMPS! Montage dramatique et musical de Solly Lévy, présenté par l’ensemble GERINELDO.Vous souvenez-vous du grand succès de la dernière QUINZAINE SÉPHARADE de MONTRÉAL, LOS MAZALES DE GERINELDO?Eh bien, la page n’est pas tournée, car en voici la suite.Ceux qui ont ri et peut-être pleuré avec Los Mazales auront l’occasion une fois de plus, de se souvenir de ce que fut ce petit et grand monde judéo-espagnol, aujourd’hui disparu.ou presque.Quant à ceux qui ont manqué le spectacle en 84, ils pourront enfin se rattraper.Après le mariage de Makninita, la petite file fureteuse du grenier, qui découvre et fait découvrir aux spectateurs l’histoire de ses ancêtres, un nouvel épisode commence avec la naissance du premier enfant, un garçon, pour satisfaire aux voeux de son grand-père.Si Los Mazales avaient une dimension historique indéniable, la ligne dramatique de Ya Hasrâ et son répertoire renouvelé de chansons, s’articulent autour du cycle de vie: le mariage, l’accouchement, la naissance, le brit, la bar-mitzva, et culmine avec la fête de Pessah.C’est de la mémoire de Maknin, la vieille grand-mère piquante, que certains connaissent déjà, que surgissent les souvenirs.Souvenirs qui pourraient être ceux de n’importe quel séphardi, un tant soit peu nostalgique de son passé.Occasion unique aussi pour les jeunes, de connaître les us et coutumes traditionnels de leurs parents et grands-parents.On identifiera des personnages typiques de notre société d’antan: celle qui préside aux destinées de tous, Maknin «la police», aux réparties vives et salées, Tsippora, sa fille, aux manières déjà «européennes», Sélomo, son gendre, figure patriarchale, toujours aux prises avec sa belle-mère, Selomito leur petit-fils, partagé entre l’éducation semi-laïque de l’Alliance et le traditionnalisme à outrance de De gauche à droite, devant: Oro Anahory- Libro-wicz, Kelly Sultan-Amar.Derrière: Solly Lévy, Judith Cohen.A’postrophe sépharade C’est dans le but de rendre au public le format de conférence classique plus attrayant, et plus riche que le Département Culturel a décidé de réunir, dans le cadre de la Quinzaine Sépharade 86, sur le plateau quatre écrivains sépharades confirmés: Albert Bensoussan, Haïm Zafrany (France), Naïm Kattan, André Elbaz (Montréal).Mme Yolande Cohen, historienne et Professeur à l’Université du Québec à Montréal, animera cette rencontre culturelle.C’est un rendez-vous littéraire à ne pas manquer.son grand-père et Palomba la salonicien-ne, que le destin a placé par malheur chez Sélomo, féru de ses origines tangéroises.Ce sont les membres de Gerineldo qui rentrent dans la peau de tous ces personnages.Maknin et Sélomito; Oro Anaho-ry-Librowicz; Tsippora: Kelly Sultan-Amar; Sélomo: Solly Lévy; Palomba: Judith Cohen.Forts de leur récente expérience en Espagne où ils ont participé aux différentes commémorations en l’honneur du 850ème Anniversaire de Maimonide (Cordoue, Tolède, Madrid), ils tiennent les ficelles du jeu et sauront faire de Ya Hasra, une inoubliable fresque en chansons, un panorama de tableaux vivants où s’inscrivent les étapes essentielles de la vie juive.A ne pas manquer le Dimanche 15 Juin à la Salle S.Grover à 20 H.LA VOIX SÉPHARADE, MAI-JUIN 1986 • 33 QUINZAINE SÉPHARADE 86 Théâtre Judéo-Marocain «Les carottes sont cuites» Ils font salle comble actuellement à Paris.Pas un sépharade de la Capitale Française n’y a échappé.Les comédiens du café show de Casablanca présenteront, à l’occasion de la Quinzaine Sépharade 1986, un spectacle savoureux dans la plus pure tradition du théâtre burlesque Judéo-Marocain.Ce succès, réalisé par Gilbert LEVY, met en scène: A.AMAR, L.ATTIAS, P.LOCHET, SADOC, C.HAYOT, D.QUEROY et M.ZAQUINE.Le texte ne doit pas sa drôlerie à la seule improvisation, mais à la façon brillante des artistes, de jouer cette comédie familiale «bien de chez nous».Nous suivons donc, les yeux plissés de rires, les aventu- LE C/VFÉ SllOWde SABLANCA présente son succès eiïROTTQS '.-TJ I 6UIT2 [y Albert Amar Charly Hayot * pMPHj Laurence Attias Dominique CLueroy 1,//?Philippe Lochet Maurice Zaquine ' .e* reahsaf— I S ad oc Gilbi »ert Levy eô“0NT“*»r„f res de cette famille marocaine, qui a visiblement du mal à s’adapter aux aléas de la vie moderne.Qui n’aime «LE RIRE AUX LARMES»?C’est en famille que nous vous invitons à le partager.Ils n’ont oublié ni Miguel Hershtein, ce guitariste virtuose ni Israël Borokov, bassiste inspiré, et encore moins Samson Kamkar, dont la cynthare indienne et le violon donnent à cette musique des accents d’outre-temps.Car il y a quelque chose de magique dans ces mélopées: elles semblent à tous, étranges, lointaines, venues d’ailleurs, mais aussi paradoxalement familières.Que joignent-elles que nous avions perdu?Que font-elles vibrer ainsi, de si essentiel, que les Marocains les disent marocaines, les indiens, indiennes, les hassi-dim, hassidiques, etc.Soirée de clôture animée par Shlomo Bar et la Habrera Hativit Mini-Colloque Dans le cadre du Festival de la Quinzaine Sépharade 1986, manifestation culturelle de la Communauté juive francophone, une Journée de réflexion et d’échange sur la littérature sépharade, aura lieu à compter de 14h.le dimanche 15 Juin, au Centre Communautaire Juif.Cette Journée, adressée à des universitaires, mais ouverte au public, rassemblera en effet, participants et participantes, autour de thèmes variés tels que le roman, la poésie, le conte, l’histoire de la littérature sépharade francophone.Le programme sera animé par des personnes ressource, de formation littéraire ou autre, qui interviendront dans ce domaine.Le colloque sera mené par Mme Esther Benaim-Ouaknine, directrice du département d’Etudes juives de l’Université de Montréal.Les intervenants sont: M.Albert Ben-soussan, d’origine algérienne.Professeur de littérature à Rennes, romancier, critique, auteur d’articles sur le roman sépharade de langue française, sur le Judaïsme sépharade dans la littérature française d’aujourd’hui et sur l’Algérie des écrivains.Albert Bensoussan est considéré actuellement comme un spécialiste du Roman sépharade.M.André Elbaz, d’origine marocaine.Professeur de lettres, conférencier, auteur de plusieurs ouvrages sur les mariages mixtes, la correspondance d’Edmond Fleg, les contes folkloriques du Maroc.André Elbaz travaille actuellement, sur un ouvrage qui porte sur l’un des grands poètes sépharades du 18ème siècle.M.Nairn Kattan, d’origine irakienne.Essayiste, critique, M.Kattan est aussi auteur de nouvelles et de pièces de théâtre.Plusieurs de ses ouvrages sont traduits dans d’autres langues.Il est membre de la Société Royale Canadienne Française.M.Haim Zafrani, d’origine marocaine.Docteur d’Etat es-lettres et Sciences humaines, licencié en droit et Sciences Economiques, titulaire du Doctorat de Recherche en Etudes Orientales, Haim Zafrani, est l’auteur de six ouvrages et d’une soixantaine d’articles portant sur la pensée juive et la linguistique hébraïque, Judéo-Arabe et Judéo-Berbère.Habrera Hativit et Schlomo Bar reviennent.Espérés, attendus peut-être plus que bien d’autres.«Habrera Hativit, une musique nouvelle et millénaire, un phénomène social, la redécouverte d’une authenticité refoulée et bafouée.Ceux qui les ont découverts lors de la dernière Quinzaine Sépharade, retrouvent encore, en en parlant, l’émotion de ces soirs de ferveur.Ils n’ont pas oublié, le visage tendu et les yeux clos, d’un Schlomo Bar, scandant le rythme, sur la peau tendue de la mémoire, ni sa voix surgie des profondeurs de sa «neshama» - de son âme -tantôt plaintive, tantôt survoltée.Avant que la fête finisse.Nous avons pensé qu’il serait triste de nous quitter après tant de soirées partagées à nous remplir yeux et oreilles de musique, peinture, de spectacles.Nous ne voudrions pas vous quitter ainsi.pas encore.Alors nous avons imaginé de vous recevoir sous la tente, et de créer pour vous une nuit d’été au son du Tam-Tam, à l'odeur de fumée.C’est seulement alors que nous pourrions dire au-revoir à nos compagnons de Quinzaine.«Il y a cette chaleur de tente qui rappelle le temps du Maghreb, où les Juifs étaient des «bakhoutsims», des nomades campant aux portes du désert».Bernard Cohen «Juif à Juif» 1985, Ed.Autrement «Toutes ces origines, dit Schlomo Bar, sont contenues dans ma musique, cimentées par un «rythme africain, père de tous les rythmes du monde» Chantant la vie, comme il veut que la vie le chante, Schlomo Bar nous touche avec la fulgurance de ces instants privilégiés où l’on sent tout-à-coup, se révéler l’essence de tout: de l’exil et du désert, de la révolte et de l’espoir.de la prière.Ne le ratez pas ! ! Pour la Quinzaine Sépharade 1986, c’est un spectacle renouvelé qu’il nous propose, mais renouvelé au sens de Schlomo Bar; cela signifie: enrichi, approfondi.Vous reconnaîtrez les airs que vous aimez, vous en découvrirez d’autres, mais, surtout, il y aura.la magie.34 • LA VOIX SÉPHARADE, MAI-JUIN 1986 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC Visite de M.David Levy, vice premier Ministre d’Israël Dans le cadre des célébrations de la Semaine Israélienne, le Vice-Premier Ministre d’Israël, M.David Lévy, a rendu une courte visite à Montréal sur l’invitation de la Communauté Sépharade, transmise et organisée par David (Dodie) Abisror, chaliah de la Aliyah et la Jeunesse.M.Lévy a été l’hôte d’une réception donnée en son honneur par la Communauté Sépharade à l’Hôtel Reine Élisabeth où il a été reçu par le Président, Lucien Benarroch, et les personnalités de la communauté.Il s’est ensuite rendu au YMWHA où devant une nombreuse assistance il a prononcé le discours d’inauguration de la Semaine Israélienne.88888» gi; sg ; , yi '-’«(•MO' : - f ï 8 M.AVI AD, Consul General d’Israël, Mme Esther Benaïm-Ouakinine, David Levy, Vice Premier ministre d’Israël, le Dr.Georges Ouakinine.Nouvelles du Congrès Juif Canadien.M.Milton Harris, président du Congrès Juif canadien, a recommandé vivement plusieurs mesures relatives à l’obligation du gouvernement du Canada et de résoudre le problème du dédommagement des Canadiens d’origine japonaise.Dans une lettre adressée à l’Honorable Otto Jelinek, ministre d’Etat au multiculturalisme, M.Harris a suggéré au gouvernement d’envisager les initiatives suivantes: 1 - Excuses officielles aux Canadiens d’origine japonaise.2 - Foyer culturel aux survivants du 3ème âge d’origine japonaise.3 - Financement d’une fondation dédiée aux droits de la personne, qui viserait à défendre les intérêts des minorités visibles.4 - Procéder au programme matériel pour réparer le tort infligé aux citoyens d’origine japonaise.M.Bernard J.Finestone, président du Congrès juif canadien, région du Québec, a été nommé membre du Comité consultatif sur les relations multiculturelles constitué de 12 personnes, pour une durée d’un an.Créé en août 1986 par la Communauté urbaine de Montréal, le comité a pour mandat de faire des recommandations concrètes visant à promouvoir la tolérance et l’égalité au sein de la Communauté urbaine de Montréal et à mettre un terme à toutes formes de racisme.Le comité relève de M.Michel Hamelin, président du Comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal, VOLONTAIRES POUR ISRAËL Si vous avez entre 17 et 77 ans, mâle ou femelle, j’aimerais vous accueillir au nouveau programme «VOLONTEERS FOR ISRAËL» - Billet ALLER-RETOUR, N.Y.* TEL-AVIV; VIA EL-AL (ouvert 6 mois) pour le prix: D’un retour seulement.$500 U.S.- Partager les travaux manuels de toute sorte, y compris le rafistolage des véhicules militaires (i.e.Tanks, Jeeps, Chars d’assaut).- 3 repas par jours (Kasher), logement inclus 3 semaines min., aussi longtemps que vous désirez offrir votre aide.- Vivez L’AVENTURE OBLIGATOIRE DES ISRAÉLIENS de près et du fond du coeur en apprenant, à la fois, la langue native rapidement, et leur mode de vie.- La durée du travail est de 8am-12 et de 2pm-6pm, 4 fois par semaine, et le reste du temps vous êtes libre comme l’air.- Les Bases militaires qui accueillent les Volontaires sont hors-danger.J’ai personnellement participé à cette expérience et je la souhaite à tous.Je maîtrise la langue qui m’était presque étrangère et rencontré des juifs du monde entier avec qui je correspond régulièrement jusqu’aujourd’hui.Anne Keller Pour plus d’information, contactez le bureau-chef: VOLUNTEERS FOR ISRAEL (Anne Keller) 40 Worth St., Rm.710.New York, N.Y.Tel: (212) 608-4848 10013 LA VOIX SÉPHARADE, MAI-JUIN 1986 • 35 SOCIETE PHILOSOPHIE_____________________ Moses Mendelssohn: un émancipateur ou un assimilateur?«Suite et Fin» LES MITSVOT_________________________ Les mitsvot sont «une sorte d’écriture vivante»4.Elles conduisent le chercheur vers des vérités divines, les unes étemelles, les autres historiques.C’est sur ces vérités qu’a été fondée la religion juive.Les mitsvot agissent surtout sur la pensée de l’homme.En les pratiquant, il n’oublie pas Dieu et il s’éloigne en même temps de toute pensée fausse.C’est un article de foi pour Mendelssohn que les mitsvot ne subiront aucune modification.Cependant, il croit qu’à l’ère messianique, on n’aura pas besoin de lois cérémonielles.Mais ce n’est qu’une possibilité.Quelle est la position de Mendelssohn à l’égard de l’abrogation des mitsvot que réclament certains milieux juifs et chrétiens?sa réponse ne laisse planer aucun doute «Le coeur douloureux, nous sommes obligés de faire connaître publiquement que nous préférons renoncer à l’égalité civile.Nous ne pourrions, avec une conscience pure, nous écarter des lois de notre Tora: et que gagneriez-vous, dit-il, aux chrétiens, à avoir des citoyens sans conscience?.Sachez-le: l’unification des croyances n’est pas la tolérance, mais exactement son contraire».5 La pratique des mitsvot était également menacée par la science qui avait démontré que les lois obéissaient aux conditions de temps et de lieu.Les mitsvot étaient-elles inadaptées aux conditions présentes?La réponse de Mendelssohn est tout aussi catégorique: «Les nations du monde autres que nous, changent leurs lois en accord avec le temps, les conditions, les besoins et leur bon plaisir.A moi, le Créateur lui-même a donné des commandements: 36 • LA VOIX SÉPHARADE, MAI-JUIN 1986 comment, faible créature, aurais-je l’arrogance de changer présomptueusement les préceptes divins?»6 On le voit, Mendelssohn reste profondément attaché aux mitsvot, et il facilite à ses disciples leur devoir de fidélité au judaïsme.L’ACTION ÉMANCIPATRICE DE MENDELSSOHN_________________ Plus que d’émancipation politique, il faut surtout parler d’émancipation intellectuelle quand on examine les écrits et l’action de Mendelssohn.Il faut signaler néamoins son intervention en faveurs des Juifs d’Alsace.Dans aucune contrée d’Europe, la situation des Juifs n’est aussi misérable qu’en Alsace, où toutes les classes de la société les oppriment.En 1779, un bailli du nom de Hell publie un pamphlet: Observation d’un Alsacien sur les affaires des Juifs en Alsace où il incite la population à exterminer les Juifs.Mais Louis XVI le fait incarcérer, et par un décret royal de mai 1780, les procès d’usure sont enlevés à la juridiction des nobles pour être portés directement devant le Conseil souverin d’Alsace.Encouragés, les représentants de la communauté juive soumettent un mémoire de leurs griefs à Mendelssohn, qui préfère s’adresser à un ami chrétien, Dohm, attaché aux Archives de l’Etat impérial, Dohm accepte avec empressement de rédiger le mémoire des Juifs d’Alsace mais, au cours de son travail, il en vient à lui donner une portée plus large, en plaidant également la cause des Juifs de l’Empire.C’est ainsi qu’il finit par publier en août 1781, un véritable livre: De la Réforme politique des Juifs.Quelque temps après, l’empereur Joseph II promulgue deux édits de tolérance en faveur des Juifs.Le premier (19 octobre 1781) les autorise à apprendre des métiers manuels, à s’occuper d’arts et de sciences et à pratiquer l’agriculture.Ils ont désormais accès aux universités et aux académies.On décrète la création d’écoles juives, mais où on enseignerait obligatoirement la langue nationale.Le second décret (2 janvier 1782) va plus loin: on abolit les restrictions ecclésiastiques à l’égard des Juifs et on autorise ces derniers à entreprendre le commerce en gros et à monter des usines.Les écoles publiques leur sont ouvertes.L’exemple autrichien est suivi ailleurs.En Alsace, l’impôt «du pied fourchu», payable jusque-là par les Juifs et le bétail à chaque douane, est aboli en 1784 par Louis XVI qui, peu après, publie des lettres patentes supprimant d’autres abus majeurs.En Toscane, le grand duc Léopold 1er, frère de l’empereur, inclut les Juifs dans ses réformes.C’est au milieu de ces bonnes intentions qu’éclate la Révolution française, qui va précipiter l’émancipation politique des Juifs de plusieurs pays d’Europe.Mais revenons sur l’action fondamentale de Mendelssohn: l’émancipation intellectuelle des Juifs.D’abord, il tente de placer le judaïsme dans le sillage de la philosophie des Lumières, en clarifiant les rapports de la religion et de la raison, en affirmant la rationalité fondamentale des pratiques de la religion juive.Ce rationalisme du judaïsme, Mendelssohn le soutient essentiellement dans son Jérusalem. Ensuite, Mendelssohn oeuvre à l’émancipation culturelle de ses coreligionnaires en élargissant leur horizon culturel, limité jusque-là au Talmud, et en les faisant entrer dans le champ plus vaste de la culture européenne.Il traduit à cette fin le Pentateuque en allemand.Il entend ainsi encourager ses lecteurs juifs à remplacer le yiddish qu’il n’aime pas - parce qu’il le considère comme un mauvais allemand - par un allemand plus élégant, plus raffiné.Les Juifs pourraient alors participer plus facilement au progrès de la civilisation occidentale.La traduction du Pentateuque s’adresse également aux non-Juifs.En leur offrant une version plus moderne, plus attrayante que celle de Luther qui avait trop vieilli, il espère ainsi amener les chrétiens à plus de sympathie à l’égard des Juifs.Mendelssohn joint à cette traduction un commentaire: le BIOUR.Tout en restant attaché aux explications traditionnelles, il essaie de donner des interprétationsaux-quelles un esprit du XVIIIe siècle s’attend en lisant la Bible.En même temps, certains de ses amis réalisent ce qu’il désire: la création à Berlin d’une école juive, la JUDISCHE FREISCHULE où l’on enseigne en même temps le judaïsme et les matières générales.Cet exemple est suivi par d’autres villes d’Allemagne et d’Europe.Mendelssohn ne lutte pas seul pour l’émancipation culturelle des Juifs.Des disciples fidèles l’aident dans cette tâche.Partisans résolus de la philosophie des Lumières (haskalah en hébreu), ils s’appellent maskilim.Ils lancent un périodique littéraire: Hameasef (le collecteur) et se font appeler également méaséfim.Ils rédigent ce périodique en hébreu plutôt qu’en yiddish et le publient de façon irrégulière de 1784 à 1811.On peut affirmer que Mendelssohn et ses disciples jouent un rôle non négligeable dans la renaissance de la langue hébraïque en Europe.L’INFLUENCE DE MENDELSSOHN Le fils du pauvre instituteur de Dassau a exercé sur ses coréligionnaires une grande influence.On peut d’abord parler d’une influence positive.On doit en effet considérer comme disciples de Mendelssohn tous ceux qui, tout en connaissant les valeurs de la culture européenne, sont restés fidèles au judaïsme.Citons, parmi eux, le poète Naphtali Herz Wessely, auteur de Shiré Tiphéret, long poème épique sur les exploits de Moïse; Salomon Maimon, auteur d’une autobiographie en hébreu.Ces méaséfim peuvent être considérés comme les précurseurs de la Renaissance hébraïque moderne.Ils proclament, comme leur maître, un attachement profond au judaïsme et rêvent de lui voir reconnaître une place parmi les grandes cultures de l’humanité.Mais tous ceux qui se réclamaient de Mendelssohn étaient loin d’être unanimes.Beaucoup virent une solution du problème juif - le problème de concilier leur fidélité religieuse et leur nouveau statut politique et social consécutif à l’émancipation apportée par la Révolution française - dans l’assimilation.Le judaïsme devient une croyance purement abstraite qui se fonde sur les trois postulats de Mendelssohn: 1) existence de Dieu, 2) Providence, 3) immortalité de l’âme.Cela permettrait un certain attachement à la religion et à la communauté juives, tout en niant les éléments nationaux du judaïsme.C’est là l’origine de la réforme juive dont l’instigateur est David Friendl nder (1756-1834) que l’historien Graëtz appelle avec mépris«le signe de Mendelssohn».Personnage très controversé, Friedl nder va même jusqu’à demander, en 1799, aux autorités luthériennes de Berlin de l’admettre avec ses amis dans l’Eglise, à la condition d’être dispensés de croire à la divinité de Jésus, et de pratiquer les rites particuliers du christianisme.L’offre est rejetée et Friedl nder s’emploie à supprimer dans le judaïsme tout ce qui peut nuire aux bons rapports entre Juifs et chrétiens et à la fidélité de ses coréligionnaires envers l’Etat.Il recommande donc la suppression des prières nationalistes et la substitution de l’allemand à l’hébreu pour le culte.Friedl nder connaît beaucoup de succès et Israël Jacobson n’allait pas tarder à fonder à Seesen le premier temple réformé (1810).Au sommet de l’échelle sociale, nous trouvons de riches Juifs, très cultivés, qui r •ÿ: *• AÏ.ÿ *v?a-7v ?fréquentent les salons à la mode.D’ailleurs, des salons célèbres sont tenus par des aristocrates juives.L’une d’elles n’est autre que la fille aînée de Mendelssohn, Dorothée, qui abandonne son mari juif pour devenir la maîtresse, puis la femme de Frédéric Schlegel, le frère du grand poète allemand, August Wilhelm Schlegel.Deux autres mondaines juives tiennent à Berlin des salons très fréquents: Henriette Herz et Rachel Levin-Vamha-gen, admiratrice de Goethe.Toutes deux finissent par se convertir.Ces mondaines juives, très cultivées, très élégantes ont de nombreux admirateurs chrétiens: «Voyez, nous dit le prince de Ligne, les charmantes Israélites du grand monde: leur beauté et une sorte de gaucherie qui a de la grâce, fixent tous les regards».A Vienne, la baronne Fanny von Amstein, mariée à un diplomate prussien, commencer par se convertir en 1814.Elle tient un salon aussi célèbre que ceux de Berlin.Mais elle a mauvaise conscience, et à la fin de sa vie, elle finti par avouer qu’elle n’a jamais vraiment renoné au judaïsme.Cependant, de très nombreux Juifs passent à la religion majoritaire, surtout en Prusse.Fait unique dans l’histoire, autour des années 1810, les Juifs se convertissent en si grand nombre que le roi Frédéric-Guillaume III, bien que leur étant favorable, en vient à redouter un sabotage de la religion protestante par l’arrivée LA VOIX SÉPHARADE, MAI-JUIN 1986 • 37 SOCIÉTÉ PHILOSOPHIE massive de luthériens peu convaincus.Il interdit alors aux pasteurs de convertir ceux dont la nouvelle foi ne serait pas bien solide! En ce qui concerne notre propos, notons que le fils de Mendelssohn, Abraham, fait baptiser ses enfants.L’un de ces derniers n’est autre que le célèbre compositeur Félix Mendelssohn.LES RÉACTIONS aux ÉCRITS et à L’OEUVRE de MENDELSSOHN a) Dans les milieux non-juifs.Le grand philosophe Kant salue le Jérusalem comme l’annonce d’une grande réforme qui, bien que lentement, finirait par embrasser toutes les religions.Mais c’est Mirabeau qui en fait l’éloge le plus vibrant dans son ouvrage: Sur Moses Mendelssohn et sur la Réforme politique des Juifs, paru en 1787: «Il (Mendelssohn) a influé sur sa nation et peut-être même à un certain point sur le pays où le sort l’avait fixé, par l’ascendant d’une raison profonde et d’une conduite si pure que le bigotisme et la calomnie ne l’ont même pas ternie.Cet homme, ce philosophe juif mérite quelque curiosité».Herder, bien que n’approuvant pas entièrement Mendelssohn, lui envoie en souvenir son livre Idées sur la philosophie de l’histoire, le félicite et le défend contre ses détracteurs.b) Dans les milieux juifs Bien après la mort de Mendelssohn, on continue à faire son éloge.C’est ainsi que Samson Raphaël écrit dans une de ses lettres, datant du milieu du XIXe siècle, ce qui suit: «Lorsque le joug extérieur commença à se relâcher, et que l’esprit se sen- tit plus libre et mobile, apparut à nouveau (comme autrefois Maimonide) une personnalité brillante, rayonnante, respectable à tous points de vue, et dont l’influence a dominé l’évolution du judaïsme jusqu’au aujourd’hui».7 Mais examinons essentiellement l’attitude des rabbins à l’égard de Mendelssohn.L’unanimité à ce sujet ne règne guère parmi eux.Deux rabbins en particulier, Hirschel Levin, de Berlin, et son fils Saül Levin, approuvent l’entreprise de Mendelssohn.Mais dans l’ensemble, le philosophe est très mal vu dans les milieux orthodoxes.Les rabbins, depuis la traduction du Pentateuque, lui en voulaient d’avoir introduit la culture allemande parmi les jeunes Juifs et de les détourner des études talmidiques.La lecture des oeuvres de Mendelssohn est interdite dans les yéchivot et dans quelques villes de Pologne, on en brûla des exemplaires.On peut citer parmi les adversaires de Mendelssohn et de ses disciples, Raphaël Ko-hen, rabbin de Hambourg - Altona -Wandsbek; Hirsh Janow, rabbin de Furth; Ezéchiel Landau, rabbin de Prague, célèbre comme prédicateur et surtout Moïse Sofer de Presbourg (1763-1839).Rabbin éminent, il s’opposa à toute modernisation du judaïsme.Grâce à la lutte qu’il mena contre le mouvement d’émancipation, celui-ci ne put obtenir aucun succès en Hongrie.Jusqu’à nos jours, les avis restent partagés sur Mendellssohn.Certaines voient en lui un éminent philosophe juif, de la lignée de Maîmonide et dont le judaïsme doit s’enorgueillir.D’autres, au contraire, l’accusent d’être le responsable de la dé- judaîsation et de l’assimilation.Ahad Haam résume ainsi cette controverse: «.Mendelssohn apparut.d’abord comme un sauveur miraculeux, que l’on glorifia du titre de second ou de troisième Moïse et d’autres appellations élogieuses encore.Plus tard, lorsque la réaction contre ce qu’on nommait «le siècle de Mendelssohn» eut commencé, Mendellssohn ne fut plus que le Diable en personne, le traître du judaïsme, le responsable de l’irréparable désastre qui avait accablé celui-ci.En fait, Mendelssohn n’avait été ni le second Moïse, ni Satan, mais seulement un être noble et sensible, plein de bon sens et de goût».8 Pour notre part, nous avons tenté d’étudier la pensée et l’action de Mendelssohn le plus objectivement possible.Il est certain que le mouvement d’émancipation qu’il a inauguré, conjugué aux transformations radicales consécutives à la Révolution française, ne pouvait que bouleverser en profondeur les structures du judaïsme européen.En bien, en mal?Je vous laisse le privilège d’en juger librement.David Lévy 1.Adapation française par Charles Touati, ed.Albin Michel, Paris, 1962.2.Jérusalem, chap.II, traduction André Nehev.3.Jérusalem, pp.460-464, éd.Moritz Brasch, Leipzig, 1880, tome 11.4.Ibid., 434 sq.5.Ibid., pp.467-470 6.Brasch, éd.cit., VII, 89.7.Dix-neuf lettres sur le judaïsme.Lettre 18.8.Al parashat Derakim (autour de 1900) C.G.R.E.Tél.721-7884 CENTRE GENERAL DE REPARATION ELECTRONIQUE RADIO T.V.CONVERTISSEUR RADIO D’AUTO VIDÉO GABRIEL SO U SSA NA 2711 Everett (au coin de la 8e Avenue) Montréal, (Québec) H2A 3C9 PRIX SPECIAUX AUX MAGASINS DISTRIBUTEURS ET CONCESSIONNAIRES Mohel reconnu par le Bet Din et le Vaad n'-1 Haïr de Montréal.Israel - England - canada ASSOCIATED WITH JEWISH GENERAL HOSPITAL Rabbi Aaron Sultan MOHEL QUALIFIÉ Pour une Brit Mila dans la tradition sépharade 4995 CARLTON MONTRÉAL.QUÉBEC H3W 1G9 (514) 7386517 38 • LA VOIX SEPHARADE, MAI-JUIN 1986 à l’âge de 12 ans au Club «La Casablan défait le 7 mai 1949 en remportant i/it'Êf' : ; ¦ «•f »
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.