Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La voix séfarad /
Journal francophone d'information sur la vie sociale, culturelle et religieuse de la communauté juive sépharade du Québec.
Éditeur :
  • Montréal, P.Q., Canada :Communauté sépharade du Québec,1977-2006
Contenu spécifique :
Juillet - Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Présence
  • Successeur :
  • LVS
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La voix séfarad /, 1986-07, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
PER ) V-238 PUBLICATION DE LA COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC nv n' L »• // V CM .i I Réalité sépharade: Editorial peuple ou establishment Il est parfois étrange pour un adulte de pécher par généralisation abusive lorsqu'il s'agit de trouver la réponse à un problème ou la cause d'un mal.Appeler «peuple» les personnes présentes au débat sur «les média communautaires et la réalité» me semble incongru et audacieux, malgré le respect que certains d'entre eux peuvent inspirer.Accuser «l'establishment» de tous les maux dont souffre notre communauté me semble aussi impertinent, d'autant plus que nos «leaders» ne proviennent pas tous de la classe «dominante».Accuser «d'incompétence» tous les cadres sépharades exerçant leur travail à A.J.C.S.dénote un délire obsessionnel que je m'explique mal.Si les deux premières actions s'inscrivent dans un contexte politique et se justifient à la limite au nom de la liberté d'expression et la lutte idéologique, la troisième est plus grave car elle porte atteinte à des individus, à leur réputation et constitue un cas de préjudice moral à référer devant les tribunaux compétents.Ceci dit, pour répondre à deux intervenants, deux homonymes, reposons-nous leurs questions et demandons-nous si le journal «La Voix Sépharade» peut ou pourrait leur donner satisfaction: Notre journal est-il libre?La réponse est affimative dans la mesure où cette liberté s'inscrit à l'intérieur d'un certain sens des responsabilités dicté par son caractère communautaire.Le journal «Allô Police» est un journal libre, est-ce à dire qu'il constitue un grand journal?Ce qui paraît dans la Voix Sépharade découle de ce que l'équipe de rédaction estime être en accord avec notre communauté, ses réalisations, «belles et gentilles».Naïveté?Non, réalisme.Des critiques, nous les formulons quand elles semblent justifiées et étayées par des faits concrets, et non le fruit d'un dénigrement systématique et ce, dans un langage où «l'inflation verbale» et l'insulte couvrent toute l'argumentation aussi juste soit-elle.Un intervenant, dans l'attendu de sa question, a bien | repris l'idée «utopique» de traduire toutes nos réalités.Les i lecteurs de la Voix Sépharade forment un ensemble d'individus, majoritaires, qui peuvent trouver à l'intérieur de nos trois rubriques un quelconque centre d'intérêt et de référence.D'ailleurs, ce même intervenant ne se dédouble-t-il pas dans ses écrits en fonction du journal qui le publie?(L'hermétisme de certains de ses articles persiste même pour les lecteurs d'un autre journal dont il surestime l'intellectualisme «haut de gamme», privilège de certains «happy few».Quant à la deuxième question à savoir «que faisons-nous ou qu'allons-nous faire pour les jeunes et les vieux de notre communauté?», la réponse n'est pas facile car il ne s'agit pas, pour le journal, de soulever des problèmes aussi cruels en ne sachant pas si des solutions à court ou à moyen terme existent.Nous sommes conscients de la gravité et de l'exigence du problème, la C.S.Q.aussi.Compte tenu de ses moyens, elle agit à sa mesure — un début d'action a été entrepris par la formation d'une Commission des Affaires Sociales, Henri Maman et Annie Danino nous fournissent leurs objectifs et les mesures qu'ils prennent ou prendront pour les réaliser dans ces pages.Le journal se propose, dans un avenir rapproché, d'organiser un débat sur le devenir de notre communauté, une fois certaines études finalisées.Nous pensons que, comme n'importe quelle communauté ou groupe se frottant à la civilisation américaine nous courons un risque d'éclatement et de dissolution, le combat est inégal.On n'oppose pas «un héritage culturel millénaire» bâti sur la souffrance et la douleur au fameux rêve américain «a pepsi, an apple-pie and a Chevrolet».R.Eljarrat la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 PUBLICATION DE LA COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC 4735, Chemin de la Côte Ste-Catherine Montréal (Québec) H3W1M1 CANADA Tél.: (514) 733-4998 Couverture: Dessin de Odile Dubouloz, (9ans) France Tiré de Children of the World Paint Jerusalem Bantam Book S!Il LA PAIX JÜ Éditorial sommaire Juillet-Août 1986 17e année N° 2 2 Réalité Sépharade: peuple ou establishment Responsable de l'information: Raymond Eljarrat Équipe de rédaction: Fred Anzarouth Charles Bensoussan Simon Dahan Gisèle et Simon Garzon Eliane Knafo Hélène Wazana Albert Weizman Nouvelles communautaires 4 Israël à la Quinzaine de Québec Le Kafka drôle et efficace du théâtre Habimah 5 Nos journaux communautaires sont-ils de bons starters pour les barbecues de la belle saison?7 AJCS: Services communautaires juifs de Montréal 10 Appel juif unifié Conception graphique et mise en page: Louise Leclerc-Teboul 23 La Quinzaine Sépharade 40 L'École Maimonide revisitée Secrétariat: Esther Elkaïm 43 Secondaire V — Finissants de la promotion Maimonide 1986 Composition typographique: Composition Technologies inc.Imprimerie: REF Publishing Company Ont collaboré à ce numéro: Bob Abitbol, Sylvia Amar, Gisèle Amzallag-Garzon, Fred Anzarouth, Charles Bensoussan, Sidney Benudiz, Barbara Berger, Simon Dahan, Annie Danino, Raymond Eljarrat, Esther Elkaïm, Simon Garzon, Marc Kujawski, Robert Lévesque, Armand Lévy, Solly Lévy, Dr Rabbin Moïse Ohana, Hélène Wazana, Albert Weizman.La Voix Sépharade, journal de la Communauté Sépharade du Québec, est tirée à 7,000 exemplaires et publiée 6 fois par an: 6,000 des 7,000 exemplaires imprimés sont acheminés par voie de poste à Montréal, à Québec, à Toronto et dans le reste du Canada, ainsi qu'aux organismes sépharades des États-Unis, d'Amérique latine, d'Europe de l'Ouest et d'Israël.N° de l'Organisation internationale de normalisation: ISSN 0704-5352 Tout droit de reproduction est interdit sauf autorisation.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Bibliothèque nationale du Canada.Courrier de 3e classe, permis N° FM295 44 HiMoula de Rabbi Shimon Bar Yohaï à Petah Tikva 45 Entretien avec le nouveau président de la Communauté Sépharade de Laval, M.Albert Bouhadana 49 Courrier des lecteurs 50 Commission des affaires religieuses Conférences du Dr Racah 51 Carnet Société 14 Boujenah «Le Magnifique» 18 L'Albinos de Ben Ahmed 20 Anne Trister ou les arts en équilibre 21 EL ME'ERRA (l'avare) de Molière 22 Dis-moi comment tu t'appelles, je te dirai qui tu es! Monde juif 31 Le centre Judéo-Arabe / Université de Haïfa 34 Les cent jours et.six mois de la Vice-Consul 36 Chavouot ou la «Fête de la parole» 37 Les Juifs chinois de Kaifeng 3 la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 elles communautaires Israël à la Quinzaine de Québec Créé en 1917 en Russie, le théâtre Habimah a quitté Moscou en 1926 pour une vie de troupe itinérante en Europe et aux États-Unis, jouant un rôle de défense et illustration de la langue hébraïque, avant de s'installer en Israël, à Tel-Aviv, où, aujourd'hui, à 70 ans, il forme avec ses trois scènes le Théâtre national d'Israël, la maison de théâtre au plus fort taux de fréquentation au monde avec ses 30 000 abonnés pour une population de 2.5 millions d'habitants.Cette troupe hautement professionnelle vient de donner à la Quinzaine de Québec, avec une adaptation du Procès, de Kafka, une leçon d'homogénéité théâtrale et de rigueur dramatique.Le Kafka drôle et efficace du théâtre Habimah par Robert Lévesque Dans la salle Octave-Crémazie, où il s'est produit à trois reprises devant des salles qui l'ont ovationné, l'Habimah (mot qui veut dire «scène») a proposé, à Québec, un Procès pas tellement kafkaïen, au sens de l'angoisse, qu'un Procès où Joseph K est, en quelque sorte, un individu rendu comique par son désarroi et sa totale impuissance à comprendre quoi que ce soit à cette arrestation et à ces complications qui lui tombent dessus.Réglé à la manière d'un ballet mécanique, mais joué avec une souplesse extraordinaire chez chacun des douze comédiens, ce Procès, signé par le metteur en scène Steven Berkoff, est le produit d'une belle imagination théâtrale qui, avec rien (dix cadres de porte en métal blanc, dix chaises), produit le maximum de sens et d'effet.Le comédien Ohad Shachar, qui joue le rôle central de cet employé de banque traqué, Joseph K, laissera à Québec le souvenir d'une des interprétations les plus contrôlées et les plus solides de la Quinzaine.Avec un constant bonheur de communication, d'une certaine naïveté dans l'incompréhension, d'un certain humour dans la peur, Ohad Shachar pousse le jeu jusqu'à la perfection, et tous ses camarades autant que lui ont donné l'exemple d'un professionnalisme qui sait ne pas perdre sa principale qua- COBY PEARL 1435 St-Alexandre Suite 810 Judy landsman •• Importent directement du Japon des perles et pierres semi-précieuses.Tous formats et tailles aux prix les plus bas.Les derniers styles de boucles d'oreilles et bagues Mabe.TÉLÉPHONES : BUR.: 284-1090 DOM.: 342-4209 lité, la finesse d'une présence.Donné en hébreu, mais avec projection, à droite de la scène, d'un résumé anglais et français de l'action de chaque tableau, le spectacle du théâtre Habimah a tout de suite séduit les festivaliers de Québec.Des festivaliers estomaqués d'apprendre, lors de la table ronde suivant ce spectacle, que Steven Berkoff n'avait travaillé cette production avec la troupe que durant trois semaines.Il faut dire que Berkoff venait de monter à Londres, avec une autre torupe, cette même adaptation du Procès dans la même approche dépouillée et d'un style qui allie la pantomime au théâtre.Le théâtre Habimah, la plus grosse compagnie de théâtre à s'être déplacée à Québec depuis la Comédie-Française en 1984, offre à son public de Tel-Aviv douze nouvelles productions par année, et cette adaptation du Procès de Kafka avait ouvert la saison 85-86.C'est la plus importante des cinq compagnies de théâtre d'Israël.40 % de son budget vient de l'État, et le reste des guichets.Cinq générations d'acteurs, depuis que Stanislavski en avait fait la deuxième salle du Théâtre d'art de Moscou, y ont fait vivre un théâtre ouvert à tous les styles après cette longue période des débuts où le Habimah fur l'un des porteurs de l'expressionnisme russe.«Aujourd'hui, disait l'un des acteurs, il n'y a pas vraiment un "style Habimah", mais Israël étant un pays jeune, une différence de styles (dans le répertoire classique et moderne) reflète cette diversion dans notre travail.» Interrogé sur les relations qu'une troupe comme la leur peut ou veut entretenir avec les compagnies de théâtre palestiniennes, l'un des comédiens a déclaré: «Malheureusement, nous n'avons pas de relations avec les comédiens des pays arabes, sauf avec l'Égypte (une compagnie de danse folklorique égyptienne est venue en Israël), mais je vous assure que nous n'avons'pas de relations plus à cause de la langue que pour des raisons politiques.Un théâtre municipal a donné un Godot qui était joué un soir en hébreu et un soir en arabe.» Le Devoir 10 juin 1986 la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 IM os journaux communautaires sont-ils de bons starters pour les barbecues de la belle saison?1 ) Un membre du panel semblait en vouloir à \'Establishment communautaire qui, selon lui, utilise les fonds amassés à l'Appel Juif Unifié pour payer des salaires de 40,000 dollars par an à des gens qui passent leur temps à boire du café.2) Les média communautaires nous montrent la vie en rose alors qu'il y a une crise très grave chez les jeunes, de plus en plus nombreux entre la drogue et le bien-être social, et chez les vieux, abandonnés à leur sort.3) Il y a censure dans nos journaux où on ne veut pas voir d'idées opposées au courant représenté par \’Establishment.En effet, un article présenté au Canadian Jewish News par Léon Oua-knine, sur l'utilisation des fonds réservés par la communauté Montréalaise au développement de Yérou-ham en Israël, n'a pas été accepté.Ce même journal, le seul hebdomadaire juif, n'a pas parlé de la grève qui paralysa les écoles juives de Montréal.Quant à la Voix Sépharade, elle passa sous silence la décision du Richon Le Sion en vue de réconcilier la communauté sépharade.4) Pourquoi sommes-nous Séphara-des?Pourquoi ce qualificatif qui ne dit pas la vérité?Sépharade veut dire espagnol en hébreu.Nous sommes des Juifs originaires, pour la plupart, du Maroc.Nous vivons au Canada.D'où sort l'Espagne dans tout ça?(Je l'ai trouvée bonne celle-là.N'ayant pas eu de réponse satisfaisante, je lance la question à nos lecteurs savants).5) Le Canadian Jewish News a pour mandat de desservir la Communauté par Albert Weizman Les réflexions relevées ici, proviennent de notes prises suite au débat sur les média communautaires.Ce débat a eu lieu au Centre Hillel le 21 Mai dernier.S'y trouvait un panel de représentants de la plupart des média et la salle était pleine d'étudiants, quelques professeurs, et des personnes intéressées parla chose communautaire.Ces notes ne sont en aucun cas un compte rendu fidèle du débat.Ce que vous n'y trouverez pas n'est pas le résultat d'une censure quelconque.La mémoire est, dit-on, la faculté qui oublie.Ce qui en reste, quelques flashes que j'ai numérotés dans l'ordre où ils me revenaient.juive du Canada, selon son directeur présent ce soir-là.Nous autres Séphara-des (Espagnols), n'avons droit qu'à une page de communiqués en français, mal écrits et en retard par rapport à la version originale.Est-ce le reflet de la place que nous occupons dans le cœur de l'Establishment?(Alors parlez-moi d'amour et de rapprochement).6) Il paraîtrait, d'après un participant religieux, que la rubrique du Canadian Jewish News sur la Halakha est débile.7) Je dois quand même dire ici que je reçois et que je lis assidûment le Canadian Jewish News.J'aime bien l'analyse qui y est faite du problème du Moyen-Orient, des relations Canada-Israël, communauté juive vs.le monde.Mais la frustration qui est apparue ce soir-là face à l'immensité de notre absence dans ce journal, comme si c'était un club fermé, comme si nous n'existions pas, je l'ai ressentie aussi.Je la ressens à chaque semaine.Probable qu'on est insignifiant pour eux.8) On a reproché au représentant de l'émission de télé Or Hahayim d'être contrôlé par le Rabbinat Sépharade du Québec, ce à quoi il a répondu, pour montrer sa bonne foi, «qu'il invitait très peu de rabbins».9) Le plus important, à mon avis, dans ce débat, fut l'ambiance, l'opposition, la répartie virulente, vitriolée même des fois.Y'a même un panéliste, pas habitué, qui a voulu quitter la salle après que son journal fut attaqué par un autre panéliste.Bref, pour un débat sur nos média, ça swingait dur.Il y avait des opinions, des injures, des questions délicates, indiscrètes, vicieuses même.Nos bons panélistes ont fait .ce qu'ils ont pu.la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 nouvelles communautaires nouvelles communautaires 53OT - r c$ • \ \ï 4 T S ; ; - ' ¦¦" : 'S \ *¦ _ K*»»« % : ¦ mm Question:2Pourquoi vous n'avez pas passé tel article?RéponserQuel article?quand?hein?Ah oui! en 1983 je n'étais pas encore au journal, je ne peux répondre pour mes précédesseurs, mais il n'y a pas de censure, seulement un choix de la rédaction.On ne peut publier tout ce qu'on reçoit.Question:Quel est votre budget annuel?Réponse: C.J.N.500,000 dollars V.S.50,000 O.H.(Tv) 0: subvention gouvernementale R.C.V.(radio) 0: subvention gouvernementale T.J.: ça ne vous regarde pas; puisque la communauté ne finance pas mon journal, elle n'a pas besoin de savoir combien il coûte! 10) Le Canadian Jewish News dit qu'il n'a pas d'articles en français parce qu'il n'en reçoit pas.Ça vous viendrait à l'idée à vous d'écrire un article en français pour le Canadian Jewish News?11) Tribune Juive est, paraît-il, un journal juif et non un journal communautaire.Il est écrit par des Juifs et des non-Juifs, et ses lecteurs sont à 90 % non-Juifs.En cours de marketing, on lui aurait dit d'appeler son papier Tribune Tout Le Monde.(Tribune Juive, le journal pour tout le monde, parle du Japon dans sa parution Mai-Juin 1986).Cela dit, c'est un très beau journal.Quel papier, quelle mise en page! Les photos sont bien choisies, claires, bref, c'est un journal très classe.Et il n'y a pas de censure.La vérité y est tellement insoutenable que je n'arrive jamais à finir un article! 12) À part ça, le débat sur les média communautaires fut une réussite.Hillel, bravo, tu es resté à la hauteur.Ça faisait longtemps que je n'avais autant ri: «— Nous sommes les meilleurs, les autres c'est de la (m.) — Si c'est comme ça, je m'en vais.— Ne vous inquiétez pas, s'il s'en va, je reste.— Faites-la taire.— On n'est plus en Russie ou au Maroc.Pourquoi l'Establishment censure les média?— Pour quelle raison faites-vous la publicité de restaurants non cachers?— Du calme, du calme! — Si ça continue, je m'en vais.— Mais non, mais non.— Faites-la taire! — Je suis juive, et je vous en.! — Qu'est-ce qu'elle a?Communiqué de presse Le Centre commémoratif de l'Holocauste à Montréal Du 1er juillet au 31 août 1986 les heures d'ouvertures du Musée seront les suivantes: Du lundi au jeudi inclusivement: de 11 h à 17 h Vendredi: de 11 h à 16 h Le Centre sera fermé les samedis et dimanches Pour de plus amples renseignements, veuillez composer 735-2386.Mise au point du PASI Malgré le fait que l'objectif financier de 50 000 $ du PASI (Projet d'action sociale en Israël) 86 ait été atteint, le groupe a été contraint, pour des raisons indépendantes de sa volonté, de reporter à l'été 1987 le projet qui devait se dérouler à partir du 10 juillet dans cinq villes israéliennes en voie de développement.Cependant, conscients de l'envergure du projet, les membres du groupe ont décidé de poursuivre régulièrement pendant la période estivale leurs réunions de travail afin d'amorcer les préparatifs pour le PASI 1987, qui se déroulera à: Ofakim, Nétivot, Sdérot, Yerouham et le quartier Daleth de Beer-cheva.Toute personne désireuse de se joindre au groupe PASI, ou d'obtenir de plus amples renseignements, est priée de contacter James Dahan au 735-3541.— Quoi, tu ne la connais pas?— .l'orateur a dit qu'il y avait une sale sioniste qui distribuait des tracts dans la salle, et eux, ils ont pas bougé, ils bouffaient du couscous.— C'est pas vrai, on n'a pas bouffé du couscous.— Je vous ai vus! — Du calme — Il y a quatre restaurants cachers et ils veulent pas payer pour le pub, alors comment faire?— Je suis juive, et je vous dis M.» Bref, c'était bon.Si vous n'y étiez pas, vous avez raté quelque chose! Quelqu'un qui y était m'a dit plus tard: «Tu vois, c'est toujours pareil avec les Marocains.Tu organises un débat sérieux, où des idées doivent être échangées, confrontées, et qu'est-ce qui s'y passe?La bagarre, les injures, les conflits de personnalités, les vieux comptes à régler, bref, tout sort sauf les idées et les suggestions sur le but pour lequel on s'était réuni.Alors que nos amis les Anglais, etc.» Quant à moi, je crois que les messages ont passé, entre deux insultes et trois règlements de compte.Le reste, le style (pas british du tout), le ton, bref l'enveloppe qui contenait les messages, c'est notre couleur locale de Méditerranéens.On rit fort, on crie fort, ça défoule, ça soulage.Les Anglais sont différents, ils ne valent pas mieux! Assumons nos différences au lieu de juger le message sur la couleur de l'enveloppe.la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOUT 1986 Pas! Mifune es tacts achers et ta, alors lisM.» n) étiez hose! dit plus are! avec un débat 'eut être est-ce qui (sauf les but pour que nos 1 ¦ : es messa-isultes et 'téditerra-l Ça jais sont ux! Assu-e juger le ociale en été con-iiesdesa iroi#' let dans ergure " décidé® j période vail ^ VSI1987, Sdérot, usaro Connaissez- vous.Annie Danino, travailleuse sociale de la Communauté Sépharade du Québec?Sa fonction consiste à informer la population sépharade sur les services sociaux existants et de faire le suivi de toute demande référée aux organismes appropriés.De plus, Mlle Danino travaillant de concert avec les organismes communautaires, s'occupe de recruter des bénévoles sépharades pour des projets communautaires, et de la promotion de l'information auprès de la population sépharade.Plus d'une soixantaine de bénéficiaires sont déjà venus voir Annie Danino depuis la création de ce poste en Octobre 1985.Le type de demandes faites auprès d'elle concerne les recherches d'emploi, les problèmes sociaux et familiaux, l'aide aux nouveaux immigrants, ainsi que toute demande de renseignements concernant les services disponibles dans la communauté juive.Mlle Danino travaille au siège de la Communauté Sépharade du Québec et se tient à la disposition de la population sépharade.Pour tout renseignement complémentaire, veuillez appeler le 733-4998.La Commission des Affaires Sociales de la Communauté Sépharade du Québec a été créée pour s'occuper de surveiller, planifier et évaluer les besoins de la population sépharade.Présidée par M.Henri Maman, cette commission est constituée par des représentants de nos constituantes: Commission des Affaires Sociales_ C'est à la suite d'une étude finalisée en 1983 par Betty Elkaïm que la nécessité de créer un service d'aide à la communauté sépharade vit le jour.En effet, il est apparu, lors de cette étude, que la population sépharade, dans une large proportion, ignorait l'existence des ressources des services sociaux disponibles.C'est alors que la Communauté Sépharade du Québec créa la Commission des Affaires Sociales, dont la responsabilité fut confiée à M.Henri Maman qui s'entoura d'un comité formé de membres représentatifs de chacune des constituantes.Le mandat de la Commission comporte cinq points qui peuvent se résumer ainsi: informer la population sépharade, l'assister, l'orienter et la suivre dans ses démarches lorsqu'elle est en situation d'aide.Pour mener à bien un tel programme, on engagea une assistante sociale en la personne d'Annie Danino.Il s'agissait pour Annie tout d'abord «d'informer» la population sépharade des ressources disponibles.L'expérience lui a montré que, dans 75 % des cas étudiés, les personnes ignoraient l'existence de tels services.Mais si l'information est nécessaire, elle est souvent loin d'être suffisante, et ce, à cause de «blocages» liés à nos antécédents culturels, face à des problèmes sociaux qui, au Maroc par exemple, se résorbaient à l'intérieur de la famille, mais qui, ici, débordent «cette intimité».Pour apporter une solution, Annie Danino se pose comme intermédiaire sépharade, guide dans les dédales administratifs et «ombudsman» auprès des services sociaux d'aide dans le suivi et la défense, éventuellement, des cas qu'elle supervise.Son action se porte sur tout individu en voie de crise: Jeunes (drogue, prostitution, problèmes socio-affectifs; Vieux (logements à prix modiques, soins à domicile .).La phase II du travail d'Annie est de professionnaliser le département: - Constituer un répertoire des services offerts; - Établir un «profil du bénéficiaire»; - À partir d'un nombre statistiquement valable, établir des priorités; un travail utile, nécessaire, d'une grande envergure, compte tenu des problèmes auxquels notre population fait face parfois à des degrés plus aigus que d'autres communautés.Une action ponctuelle et limitée ne pourra que retarder l'éclosion de problèmes sociaux graves.C'est pourquoi la Commission des Affaires Sociales lance un appel pressant aux bénévoles.La politique de l'autruche ne marche qu'un temps.A nous d'y voir et soutenir l'action entreprise par la Commission des Affaires Sociales, noyau de bénévoles dont le travail mérite mention.R.Eljarrat Membres de la Commission des Affaires Sociales Centre Hillel Communauté Sépharade de Laval Communauté Sépharade de V.S.L.Communauté Iranienne Dollard-des-Ormeaux Indépendants Responsable de la Commission Professionnelle Nathalie Revah-Perez Joseph Knafo Marie Amzallag Paris Daneshrad Marinette Lévy Sion Harrar Laetitia Bensimon Henri Maman Annie Danino Nathalie Revah-Perez (Centre Hillel), Joseph Knafo (Communauté Sépharade de Laval), Marie Amzallag (Communauté de Ville St-Laurent), Paris Daneshrad (Communauté Iranienne), Marinette Lévy (Dollard-des-Ormeaux), Sion Harrar et Laetitia Bensimon.Tous ont été très actifs ces der- niers mois apportant leur précieux concours à notre travailleuse sociale, Annie Danino, avec beaucoup de compétence et de dynamisme.Cette commission est ouverte à toute personne intéressée à en faire partie.Veuillez contacter Annie Danino au 733-4998.la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOUT 1986 7 nouvelles communautaires La rubrique Commission des Affaires Sociales est devenue une addition ' permanente à la Voix Sépharade.Cet espace est consacré principalement à la diffusion d'informations concernant les services sociaux communautaires et gouvernementaux auprès de la population sépharade.Si vous avez des suggestions sur le type de renseignements que vous voudriez voir apparaître dans cette rubrique (pension de veillesse, assurance-chômage, etc.), veuillez vous mettre en rapport avec Annie Danino au 733-4998.Pour Votre Information.Lorsque le locataire conclut un bail, il s'impose les principales obligations suivantes: Le paiement de son loyer.Sauf entente contraire, il doit le payer d'avance, le premier jour du mois, par versements égaux.En contrepartie, le propriétaire ne peut exiger d'avance le paiement de plus d'un mois de loyer.Il ne peut exiger non plus ni chèque postdaté, ni argent liquide sous forme de dépôt.Le locataire doit laisser son pro- Informations pour l'âge d'or Programme de logements à loyers modiques, La Société d'Habitation du Québec met à la disposition des familles et des personnes retraitées ou handicapées, à faible revenu, des logements à loyer modique dans le cadre de son programme LOGELM.Ces logements sont destinés aux ménages qui éprouvent de sérieux problèmes d'habitation, soit à cause de la mauvaise qualité de leur logement, soit à cause du coût prohibitif de leur loyer par rapport à leur revenu.Dans le quartier Côte-des-Neiges, il existe présentement cinq habitations comprenant un total de 399 loge- ments.Ces habitations sont réservées uniquement pour l'âge d'or.Les critères d'admisssibilité sont les suivants: • Le bénéficiaire doit avoir 65 ans et plus; • Doit être citoyen canadien; • Doit avoir un faible revenu; (1,000 $ par mois pour un individu, 1,500 $ par moi par couple).Pour des renseignements supplémentaires sur ces habitations, ou pour de l'aide au moment de déposer une demande, veuillez contacter Annie Danino au 733-4998.priétaire visiter son logement si celui-ci l'en a prévenu dans les délais prévus.Il est également entendu qu'il ne peut changer les serrures des portes d'accès au logement sans l'accord du propriétaire.Le locataire doit se conformer à la loi et aux règlements sur la sécurité ou la salubrité, se conduire de façon à ne pas déranger les autres locataires de l'immeuble et à conserver le logement en bon état de propreté.Il est responsable des détériora- tions et des pertes qui surviennent dans le logement, sauf s'il prouve que ce n'est ni sa faute, ni celle des personnes à qui il permet l'accès du logement ou l'usage de ce dernier.Pour conclure, signalons que le locataire doit aviser son propriétaire des défectuosités ou détériorations importantes survenant dans le logement.Pour plus de renseignements, contacter Annie Danino au 733-4998.Centre de jour à Côte-des-Neiges M.Lévy a 73 ans et il est paralysé à la suite d'une hémorragie cérébrale.Sa femme a 69 ans et n'est plus capable de faire face — physiquement et psychologiquement — à tous les problèmes liés au handicap de son mari.Dans quelques mois, le nouveau Centre de jour, créé et financé par le Ministère de la Santé et des Services sociaux et géré par le Centre d'accueil juif, avec le soutien des Services communautaires juifs et de l'Hôpital général juif, aidera les Lévy à mener une vie un peu plus confortable.Jusqu'à maintenant il n'y avait pratiquement pas d'autres solutions pour M.Lévy que l'institutionalisation.Et même dans un meilleur établissement, les personnes âgées, déracinées et dépaysées, perdent rapidement le reste de leur autonomie.Le nouveau Centre de jour sera le premier établissement juif de ce genre.La journée de M.et Mme Lévy sera remplie d'activités.Le matin, un taxi ou un autobus viendra les chercher chez eux.Au besoin, le chauffeur aidera M.Lévy à s'habiller et à monter dans le véhicule.Au centre, un membre du personnel les accueillera à l'entrée, M.Lévy sera un «participant» — un client du Centre, tandis que Mme Lévy pourra devenir une des bénévoles afin d'aider le personnel professionnel.Mme Barbara Sederoff est coordinatrice du Centre.Elle travaillera avec un/une infirmier (ère) , un ergothérapeute, un préposé aux loisirs et un secrétaire.Tout le personnel constitue une équipe thérapeutique.Une infirmière veillera à ce que les participants suivent les ordres de leur médecin; une ergothérapeute aidera, entre autres, les personnes souffrant d'un handicap, à se réhabituer à préparer les repas dans la cuisine du Centre, pour pouvoir ensuite rester autonomes dans leur propre domicile.Êtes-vous âgé(e) de plus de 45 ans et à la recherche d'un travail?Le Centre d'Orientation Juif offre un programme spécialisé subventionné par Emploi et Immigration Canada.Ce programme donne des conseils sur l'emploi aux personnes âgées de 45 ans et plus et aide à leur placement.Le service est offert gracieusement aux employeurs ainsi qu'aux employés.Pour plus de renseignements veuillez contacter Annie Danino au 733-4998.la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 Nous connaissons quelqu'un qui a besoin de vous Il y a actuellement beaucoup d'enfants aux Services d'Aide à la famille juive de l'Institut Baron de Hirsch qui attendent qu'on leur trouve un Grand Frère ou une Grande Sœur.Si vous êtes fiable, si vous comprenez les enfants et si vous êtes prêt à prendre un engagement hebdoma- daire pour au moins un an, vous pouvez vivre une expérience unique à l'idée de savoir que votre engagement aide un enfant à se développer pour devenir un être humain sain et heureux.Grands Frères et Grandes Sœurs fournissent un modèle positif et per- mettent à un petit frère ou à une petite sœur de nouer une relation avec un adulte affectueux.Nous connaissons quelqu'un qui a besoin de vous.Pour des renseignements supplémentaires, veuillez appeler: Annie Danino au 733-4998.Logements alternatifs pour personnes âgées.Le Comité sur le logement alternatif du Conseil sur le vieillissement des Services communautaires juifs, présidé par le Dr.Lawrence Kramer, a entrepris une enquête sur les besoins et les souhaits de la population juive âgée de 55 ans et plus dans le domaine de l'hébergement.500 noms ont été choisis au hasard des listes électorales.Ces personnes seront contactées dans les quelques mois à venir afin de répondre aux questionnaires avec l'aide d'un étudiant spécialement employé pour l'été par le Conseil sur le vieillissement.Pour remplir un questionnaire il faut compter approximativement une heure.L'anonymat des réponses sera garanti.Le formulaire comprend des questions sur la situation démographique, sur l'état de santé, sur la connaissance du réseau des services sociaux, sur la situation et les besoins présents de logement ainsi que sur les besoins d'hébergement à la retraite et à un âge très avancé.Le Comité voudrait utiliser les ren- seignements recueillis afin de faire des prévisions pour les 5 ou 10 ans à venir pour mieux répondre aux besoins de la population juive dans le domaine du logement et cela pour les personnes âgées en bonne santé et pour celles en santé précaire.Les résultats de l'enquête aideront également l'AJCS à mieux planifier les services sociaux, les services de santé et de loisir pour personnes âgées.Pour des renseignements supplémentaires veuillez contacter Mme -Penni Kolb au 735-3541.Le JVS aide dans la recherche d'emplois.Plus de mille personnes de tout âge ont trouvé un emploi grâce aux services du Centre d'orientation juif (JVS) au cours de l'exercice financier 1985/86.En effet, 1 085 personnes ont été placées, 1 069 l'an dernier, quand le JVS a, pour la première fois, dépassé 1 000 placements par an.956 des personnes placées étaient des Canadiens; 129 — des nouveaux immigrants.Quant aux candidats locaux, le JVS a été en mesure de placer une personne sur trois.La situation est plus compliquée dans les cas des immigrants où le JVS a pourtant réussi à trouver un emploi pour une personne sur quatre.Appel aux bénévoles, Les services d'aide à la famille juive de l'Institut Baron de Hirsch dépendent de leurs chauffeurs bénévoles pour amener leurs clients aux rendez-vous à ne pas manquer (en général des rendez-vous médicaux) et pour des besoins ponctuels, comme la Le Rapport annuel, qui vient d'être publié, indique que dans l'année financière 1985/86, 3 335 personnes ont utilisé les services du JVS, une augmentation par rapport à l'année précédente.Le nombre de placements a été légèrement plus haut que l'an dernier «en dépit du taux très élevé de chômage en général et du fait que parmi nos clients il y a de plus en plus de personnes avec des aptitudes limitées; nombre d'entre eux sont des assistés sociaux et souvent depuis des années hors du marché de travail».Parmi les clients du JVS il y avait bon nombre de jeunes cherchant des postes professionnels, des commer- çants qui, pour la première fois de leur vie, devaient chercher un emploi à la suite de la faillite de leur entreprise, des femmes — chefs de familles monoparentales qui cherchaient un emploi pour éviter le bien-être social, des personnes à la retraite qui avaient besoin d'un revenu d'appoint pour pouvoir payer leurs factures et dont les compétences ne répondent plus aux besoins du marché.Au cours de l'Assemblée annuelle, le JVS a rendu hommage à son directeur général, Le Dr.Alfred Feintuch qui prend sa retaite au bout de 35 ans de service.M.David Mendelson assume maintenant le poste de directeur général par intérim.pour des besoins ponctuels, comme la recherche d'appartement.On transporte les clients à leur destination et on les ramène à la maison.Sans votre aide, ces personnes ne peuvent pas satisfaire les besoins essentiels de la vie quotidienne.Les bénévoles donnent de leur temps selon l'horaire qui leur convient et leurs débours d'argent de poche sont remboursés.Pour savoir comment vous pouvez rendre service, veuillez téléphoner à Annie Danino au 733-4998.la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOUT 1986 nouvelles communautaires nouvelles communautaires -y m m RswS V; La Section sépharade prépare activement la Campagne 1986 de l'Appel juif unifié: Le Comité exécutif (hommes), présidé par M.Émile Malka (1er à gauche).Comité exécutif de la Section des femmes sépharades, prési Mme Coty Benchétrit (3e à gauche).Émile Malka et la Campagne sépharade 1986 Avec l'arrivée de l'été, la Campagne 1986 de l'Appel juif unifié entre dans sa phase très active.M.Émile Malka, Président de la Section sépharade, met la touche finale à la structure de sa Section et à la mise à jour des dossiers des fiches de souscription.L'un des objectifs de cette Campagne est d'élaborer une structure permanente pour la Section sépharade par la création de divers comités qui pourront assurer la relève sans qu'on soit obligé de les rebâtir chaque année.Plusieurs comités ont déjà été formés la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOUT 1986 pour regrouper les gens actifs dans leurs domaines respectifs; par exemple les professionnels de la santé, le personnel des agences communautaires ou les avocats, les notaires et les experts-comptables.La Commission de coordination des secteurs fera appel au Conseil d'administration du Centre Hillel et au Comité des jeunes adultes du Centre communautaire juif.Le Comité exécutif de la Section sépharade est composé, outre le Président, de quatre Vice-Présidents: MM.Raoul Dayan, Charles Cohen, Marcel Hamou, Daniel Ouaknine et de coordonnateurs des quartiers et des villes, qui relèvent directement des Vice-Présidents.Dans la Campagne, qui se déroulera sous le thème «Être généreux ce n'est pas seulement donner mais partager son expérience avec les autres», M.Malka et son équipe envisagent de contacter 2 000 donateurs potentiels.C'est une tâche d'envergure et pour atteindre leur objectif ils comptent sur l'appui de toute la communauté. IB Les Conseils d'administration de la Fondation B'nai Brith HiI-lel des universités McGill, Concordia et de l'Université de Montréal se sont réunis pour un débat sur les relations ashkénazes-sépharades et pour écouter une information des dirigeants de la Section sépha-rade sur la Campagne 1986.Un Coiff-O-Thon pour l'Appel juif unifié Encouragée par le succès de son premier Coiff-O-Thon, organisé en septembre 1985, la Section des femmes sépha-rades de l'Appel juif unifié prépare cette année son deuxième Coiff-O-Thon, mais de beaucoup plus grande envergure.Basé sur le concept d'un travail fourni bénévolement par les nombreux coiffeurs et manucures qui y participent, Coiff-O-Thon II aura lieu le 7 septembre dans le cadre de la Campagne de l'Appel juif unifié.Mme Louise Arzoine, Vice-Présidente de la Section des femmes sépharades et responsable de Coiff-O-Thon II, a déjà sélectionné les coiffeurs, pédicures et manucures qui offriront leurs services dans les 5 salons où se déroulera le Coiff-O-Thon: à Chome- Les professionnels de la santé discutent la stratégie pour la Campagne.dey, Ville Mont-Royal, Ville St-Laurent, Côte-des-Neiges et à Côte St-Luc.Mme Arzoine, qui apporte à la préparation de cet événement sa longue expérience dans la coiffure, a pour objectif d'offrir aux clients et clientes de Coiff-O-Thon II un service des plus satisfaisant par la qualité des professionnels retenus, en plus d'être rapide et très pratique puisqu'il se passe un dimanche.Une personnalité sera invitée dans chaque salon à couper le ruban pour marquer le début d'une journée de travail qui se déroulera dans une atmosphère particulièrement agréable, à en croire l'expérience de l'année passée.Les billets pour les différents services seront en vente pendant l'été et tous les fonds seront recueillis au profit de l'Appel juif unifié.Un autre, groupe, présidé par Mme Nelly Ohana, aidée par Mme Nelly Lévy et Mme Rachelle Lévy, est déjà bien avancé dans les préparatifs pour un défilé de mode et une soirée sociale qui se tiendra le 27 septembre à la Synagogue Chevra Kadisha.D'autre part, la Section des femmes a finalisé le travail de création d'équipes dans les différents secteurs.La coordination sera assurée par Mmes Lucie Perez et Yolande Hermann à Ville St-Laurent, par Penny Corcos et Rachel Muyal à Laval, Clémence Lévy et Daisy Abensur à Côte-des-Neiges, Sophie Rut-man à Dollard-des-Ormeaux, alors que Fiby Benchaya et Angèle Edery seront les responsables à Côte St-Luc, Messody Benarroch à Ville Mont-Royal et Annette Amar avec Aline Malka à West-mount.Cette année, une attention particulière sera apportée à la promotion de la Campagne auprès des femmes sépharades ainsi qu'à la formation des solliciteuses qui participeront à des séminaires dans leur localité, à la fin de l'été.Le «Super Dimanche/Super Sept», la nouvelle formule du «Super Dimanche», sera sous la responsabilité de Mme Annette Amar, qui a déjà rassemblé autour d'elle un très grand nombre de bénévoles pour ces journées spéciales.saiivjnvun nouvelles communautaires 12 Les Pionneers Women reçues chez Mme Eva Aviad Un appartement de rêve, Penthouse, au dernier étage d'un prestigieux immeuble près de Queen Mary.Une ravissante jeune femme vient nous recevoir, Mme Eva Aviad, épouse du Consul général de l'Etat d'Israël.Un accueil chaleureux, plein de simplicité.Les Pionneers Women font partie d'un vaste mouvement englobant maintenant 13 pays de la Diaspora, dont les membres sont seulement des femmes, et qui œuvre pour le bien-être des femmes et des enfants d'Israël.Des garderies, les meilleures au monde que des visiteurs du monde entier viennent admirer, des écoles, des orphelinats, et même des hôtels pour les vacances des femmes surchargées de travail (trop d'enfants, un mari déplaisant.) où elles viennent 1 5 jours par an se détendre et MMi de la Banlieue Ouest de Montréal (A.S.B.O.M.) oublier leurs charges écrasantes, toutes ces œuvres sont celles des Pionneers Women.Ces femmes, souvent fort occupées elles-mêmes, se dédient complètement à cette œuvre.Elles font partie de petits groupes de quartiers, se réunissent deux fois par mois, et leur but principal est de ramasser des fonds pour cette œuvre grandiose.Mardi 1 7 juin, la présidente générale de Montréal a invité quelques femmes sépharades à participer à une réunion conviée généreusement par Eva Aviad.Mmes Claire Gozlan, Esther Elkaïm, Aline Malka et Fortune Zrihen se sont rendues, avec infiniment de plaisir, à cette invitation où elles ont découvert des femmes chaleureuses, accueillantes et gracieuses, qui leur ont démontré à Le Conseil d'Administration de l'AS-BOM est heureux d'aviser la Communauté Sépharade de la Banlieue Ouest de Montréal que des offices religieux sont maintenant tenus tous les Vendredis soirs à 20 h 15, à son local du 3675, bout, des Sources, suite 202.Nous communiquerons sous peu un quel point elles étaient ravies de les rencontrer.Elles ont également découvert avec délice que les deux groupes étaient presque parfaitement bilingues et que l'entente cordiale commence bien souvent devant une tasse de thé.Avant la fin de la soirée, nos Sépharades ont décidé de créer un groupe mixte à Dollard-des-Ormeaux où elles se mettront en chasse après les vacances.Bon courage! Eva Aviad nous fait savoir qu'elle quitte le Canada en août pour retourner en Israël où elle doit séjourner, avec son mari et ses enfants, environ deux ans avant que M.le Consul général reçoive une nouvelle affectation, probablement une charge d'Ambassadeur aux Pays-Bas ou en Suisse.Et c'est avec un regret teinté d'un peu de nostalgie que nous quittons cette charmante hôtesse que nous aurions aimé mieux connaître.Bonne chance et bon courage Eva, et revenez bientôt nous voir.Esther Elkaïm programme de prières pour les Samedis matins (une fois par mois pour commencer).En attendant, venez nombreux célébrer l'entrée du Shabbat tout en ravivant les liens communautaires qui nous unissent.Armand Lévy SUPER- DIMANCHE SUPER 7 'H Sept 1986 15-18 Sept, 22-24 cette semaine a 8 jours^f Bénévoles recherchés! Veuillez composer 735-354 I v.-s?* xvv - Ap|X‘l Juif I nitie Combinai Jewish Apfxvil la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 Dans le cadre des festivités qui se sont déroulées cette année dans la communauté juive de Montréal à l'occasion du 38ème anniversaire de l'Indépendance d'Israël, une réception a été donnée le jeudi 15 mai au Consulat d'Israël.Des représentants des deux gouvernements, les corps diplomatiques et consulaires, des personnalités du monde des affaires, de la presse, ainsi que des personnes de tous les secteurs de la vie sociale de Montréal, sont venus féliciter l'État d'Israël dans les personnes de M.Yaacov Aviad, Consul général et Madame Aviad, Mme Yaron et M.Kimchi, Consuls.Il va sans dire que de nombreuses délégations de la communauté juive de Montréal étaient présentes à cette réception où l'affabilité coutumière de M.et Mme Aviad s'est déployée à l'égard de tous.Many happy returns of the day.38ème anniversaire de l'Indépendance de l'État d'Israël Y'/%, b 'wA , / .M.Aviad, Consul général d'Israël, M.Henri Elbaz, ancien Président de la Communauté Sépharade du Québec, M.Salomon Benbaruk, secrétaire de la Communauté Sépharade du Québec.COMMUNIQUÉ DE PRESSE- Première consultation publique du Conseil des Communautés culturelles et de l'Immigration, sur le thème «les communautés culturelles et les communications au Québec» Le rôle-clé des communications, en ce qui a trait à la représentation qu'une société se fait d'elle-même, amène le Conseil des Communautés culturelles et de l'Immigration à évaluer la visibilité des groupes ethniques et raciaux du Québec ainsi que la place qui leur est faite non seulement dans les média, mais aussi dans tout le réseau public, para-public et privé d'information et de publicité au Québec.CONSULTATIONS PUBLIQUES LES COMMUNAUTÉS CULTURELLES ET LES COMMUN ICA TIONS A U QUÉBEC À titre de suggestion, nous vous proposons quelques questions qui peuvent contribuer à votre réflexion.Il ne s'agit pas d'une liste exhaustive et nous vous invitons à aborder toute autre question qui vous préoccupe relativement au thème de la consultation.• L'image véhiculée par les média, les services de communications et la publicité reflète-t-elle bien la réalité pluraliste du Québec?• Quel peut être le rôle du gouvernement, des organismes ethnoculturels et du secteur privé dans la diffusion d'une «image» qui représente la réalité pluraliste, multiculturelle et multiraciale de la société québécoise?• Comment peut-on assumer une représentation équitable des professionnels issus des communautés cul- turelles dans le secteur des communications?• Quels sont les moyens qui seraient de nature à assurer une meilleure circulation de l'information entre les médias dits «nationaux» (grande presse écrite et parlée) et les média ethniques et ainsi éviter l'effet de «ghettoïsation» de l'information?• Existe-t-il un besoin pour une émission centrée sur les Communautés culturelles?La tunique aux couleurs multiples Le Musée McCord, l'Université McGill et les Amis canadiens de Beth Hatefutsoth préparent pour 1988 une exposition itinérante intitulée La tunique aux couleurs multiples - deux siècles de présence juive au Canada.Pour enrichir cette exposition, le Musée s'intéresse aux photos, aux documents et à la correspondance, aux cartes de Roch Hachana, aux cartes d'invitation, aux vêtements, aux images, aux recettes, à l'art populaire, à l'art religieux et cérémonial, aux costumes, aux livres et autres souvenirs et exemples de la culture juive canadienne du milieu de XVIIe siècle à nos jours.Les personnes qui possèdent les objets sus-mentionnés, sont priées d'entrer en contact avec le Musée McCord, 690, rue Sherbrooke ouest Montréal (Québec) H3A IE9.13 la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 nouvelles communautaires 14 - i- ¦ ¦' | ! Michel Boujenah, avec sa toison de laine noire, un visage aux yeux bleu océan et une mine sérieuse, nous a reçus cette semaine pour une entrevue dans un grand hôtel de Montréal.Michel Boujenah est arrivé en France à l'âge de 11 ans et il y vit depuis 22 ans.Il a commencé à faire du Music-Hall il y a six ans, et a ensuite décidé de parler de lui et de rejoindre plus directement le public.Il a débuté par de petites tournées en province dans des grandes salles et, plus récemment, à Paris.Il a joué plusieurs semaines au Splendid: 90,000 entrées pour son one man show.À l'Olympia, il a eu 25,000 entrées en décembre 1985, ce qui en fait un des comédiens les plus courus à l'heure actuelle en France.Boujenah est déjà venu au Québec dans le cadre de la Quinzaine Sépharade pour donner à la Place des Arts un spectacle intitulé Albert où il nous fait vivre l'histoire fragmentaire des exilés immigrés d'Afrique du Nord.Michel Boujenah (Albert) nous incarne toutes les figures de l'exil, de la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 oujenah ; x v f y,:."'Q' ¦H M %, lit la famille éclatée, de la mère possessive et inquiète, de l'oncle joyeux, du cousin qui regrette d'avoir oublié la Tunisie, de l'ami laissé de l'autre côté de la Méditerranée.Boujenah est ensuite revenu pour le festival «Juste pour rire» édition 1985 à Montréal.Il a joué dans plusieurs films, dont «Trois hommes et un couffin» de Coline Serreau pour lequel il a remporté un César au festival de Cannes pour le meilleur acteur de soutien.Il y incarne le rôle d'un célibataire attendri par la présence inattendue d'un bébé dans son appartement.La Voix Sépharade a rencontré Michel Boujenah lors de son tout récent passage au Québec où il est venu donner plusieurs représentations à guichets fermés de son spectacle Les Magnifiques du 19 au 22 Mars 1986, spectacle déjà donné à l'occasion d'une autre Quinzaine Sépharade, au Théâtre Félix Leclerc.Dans le spectacle Les Magnifiques, il s'agit de trois Juifs tunisiens de 50 ans, Maxu, Julot et Guigui, qui se rencontrent «Le Magnifique» par Gisèle Amzallag-Garzon et Charles Bensoussan depuis 25 ans pour jouer aux cartes et s'engueulent, inquiets de leur avenir.Dans ce spectacle, Michel Boujenah joue tous les personnages, frères, femmes, enfants et même joue avec le public, descendant dans la salle pour commenter les rires et les réactions, s'arrêtant tout à coup pour dialoguer avec un spectateur ou une spectatrice en un acte d'amour et de chaleureuse provocation.«Le public, confie-t-il lors d'une entrevue, est un acteur, les gens sont vivants.À mesure que le spectacle est en expansion, le public entre dans ma maison et on fait la fête ensemble».Jacques Lanzman, un des écrivains français de talent, déclare «Le spectacle les Magnifiques touche de près ou de loin aux douleurs de la comédie humaine.Il a l'accent de ces justes, de ces fous qui tournent le tragique en dérision pour mieux renaître de leurs cendres et survivre aux catastro- „ ' i f ; .?/ phes.Chez Boujenah, l'exil est devenu une seconde nature, il est une sorte de Moïse délirant, sans cesse en train de vouloir rassembler son peuple entre les quatre murs d'un théâtre».Dans le spectacle Les Magnifiques, il met en scène sa nostalgie et toute la tendresse du monde.Il y a tant de fierté dans le regard qu'il pose sur ses héros: Guigui, Julot et Maxo, tant de lucidité, qu'on a souvent une grosse boule qui s'installe dans la gorge, mais bien vite, avec beaucoup de maîtrise, il nous ramène en une seconde d'un trémoussement ou d'un changement de voix, dans le torrent tumultueux de l'hilarité générale.Même l'Éternel apparaît à ses personnages pour leur expliquer qu'ils ne pourront mourir puuisqu'ils représentent la Mémoire.Pour prendre le public à partie, faire une démonstration de «danse carrée» québécoise, ou même faire intervenir l'Eternel, il fait preuve d'un talent extrême et d'une remarquable vitalité.Il offre un spectacle de deux heures «non stop» qui nous introduit dans sa communauté avec ses médailles et ses revers et qui ouvre une large brèche dans le mur de l'intolérance et du racisme ordinaire.«Boujenah est le chevalier Bayard de la Diaspora» Annie Goudeneïche (Olympia).Il est impossible de rencontrer Boujenah sans lui parler de S.O.S.Racisme puisqu'il en est le parrain depuis le début et qu'il s'en occupe activement.Il pense que ce mouvement était au départ naïf, il y dénonçait le racisme mais il démontre que la différence est aussi une richesse.La rencontre spectaculaire de ce mouvement c'est le slogan «touche pas à mon pote» et des centaines de milliers de jeunes arborant le badge permettent de financer l'organisme.En Juin dernier, la grand fête Touche pas à mon pote à Paris, Place de la Concorde, a eu un succès phénoménal: présenté par Coluche, Guy Bedos et Boujenah lui-même.Le spectacle a attiré 450,000 personnes qui ont pris symboliquement la Concorde en témoignage de la solidarité.La plus grande fête anti-racisme de toute l'histoire de France est un des plus grands rassemblements populaires depuis Mai 1968.«Ce jeune homme de 33 ans, beau comme un Solal déraciné, chapelinesque dans ses mécanismes gesticulaires, crie laissez-moi vivre, je suis conscient de mes contradictions.Boujenah est un kaléidoscope tragicomique où se croisent les faisceaux de l'exil, la poésie de l'immigration et les drames de la mémoire».Élizabet Gozlan.la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 15 V.S.Comment avez-vous senti le courant entre le public de la Quinzaine Sépharade et vous?M.B.C'était très émouvant parce que je sentais un isolement culturel très très fort ici: les gens avaient des racines en Afrique du Nord et un arbre ici.V.S.Vous êtes sans doute heureux de voir des gens qui se reconnaissent en vous! M.B.Oui, bien sûr.Mais je fais mon travail pour tout le monde.Je ne le fais pas dans le ghetto.Je le fais pour tout le monde y compris pour les gens de chez moi évidemment.V.S.Ce qui surprend agréablement, c'est que les non-Sépharades vous comprennent bien.M.B.De plus en plus.Vous savez, il n'y a que les Juifs qui pensent que leur culture n'est pas universelle.Il n'y a que les Juifs qui pensent qu'ils ne sont pas compris par les autres.Voyez l'habitude que les Juifs ont de se refermer sur eux-mêmes par crainte de l'extérieur, par peur de la répression, par peur de l'antisémitisme.Imaginez que les autres ne peuvent pas nous comprendre, c'est soit une marque de prétention extraordinaire, soit une preuve d'un complexe culturel fantastique.Et ça, c'est aussi le résultat du ghetto.Les Juifs sont des «monstres» culturels et sociaux, des gens qui ont une capacité d'adaptation fantastique.Ils ne se rendent pas compte que grâce à leur culture, grâce à leur personnalité qu'ils arrivent à vendre des pantalons à qui ils veulent ou à faire des études ou à être des scientifiques, des écrivains, des artistes.Et puis tout d'un coup, ils se recroquevillent sur eux-mêmes et au fond, c'est pas bien.C'est pas bien pour eux.En fait, il est important de réaliser que la culture juive est intégrée dans la pensée universelle du monde occidental.V.S.Qui êtes-vous, Michel Boujenah?M.B.Je ne sais pas comment me définir.Je vis.Je me pose des questions.J'essaie de faire mon métier du mieux que je peux, avec le maximum de sérieux et le maximum de respect du public.J'essaie de transcrire ce que je ressens de la vie.Et ce que je ressens de la vie c'est qu'elle se situe toujours entre le rire et les larmes.C'est au milieu des deux, tout le temps, que je transcris ça à travers ma sensibilité.Ma sensibilité passe à travers ma culture, comme tous les créateurs du monde.Je travaille dans les Sépharades.Je suis Sépharade.V.S.Comment êtes-vous venu à la scène?M.B.Parce que j'étais mauvais à l'écrit et bon à l'oral.V.S.Dans quelles circonstances avez-vous quitté la Tunisie?M.B.Nous, les Juifs Tunisiens, on est un comme les Juifs Marocains: on est parti parce que ça partait.Mon père est parti la mort dans l'âme parce que la Tunisie c'est son pays.Son peuple, c'était pas seulement le peuple juif, c'était le peuple tunisien aussi.Moi, je suis malheureux parce que j'ai quitté ma terre natale et que je sais que je ne peux plus y vivre, plus y retourner régulièrement, comme j'en aurais envie, plus avoir de maison comme j'en rêverais, plus avoir ces sensations d'enfant.Je crois que c'est pour ça que j'ai eu besoin de les réinventer, de leur donner des lettres de noblesse et de dire: puisqu'on les a enlevés, je vais en faire un territoire imaginaire.Ceci dit, la France c'est vraisemblablement un des pays les plus riches du monde sur le plan culturel, sur le plan humain, qui est contradictoire, qui est raciste et en même temps très ouvert.C'est fantastique comme pays.Maintenant mon pays c'est les gens que j'aime, c'est mon métier, c'est ma famille, c'est l'idée d'Israël qui joue un rôle important, c'est la Tunisie dans le souvenir, c'est la France dans le présent, mais c'est surtout mon imagination, mes rêves, mon humour.C'est surtout tout ça, mon pays, aujourd'hui.V.S.Quelle a été votre implication dans le mouvement anti-raciste «touche pas à mon pote» ?M.B.J'en suis seulement le parrain.Je reste à ma place de clown et d'artiste qui soutient des mouvements humanitaires fondamentaux tels que ce mouvement multiracial, anti-raciste.C'est génial et il est fait de jeunes.C'est un mouvement de tendresse.V.S.Après le César obtenu comme meilleur acteur de soutien pour «3 hommes et un couffin», avez-vous l'impression d'être arrivé à une étape décisive de votre carrière?M.B.C'est vrai que je suis arrivé à un niveau professionnel important.J'ai une place dans le box-office qui est importante maintenant.Je représente de l'argent, j'ai un pouvoir, j'ai des responsabilités plus importantes.Je ne peux plus dire n'importe quoi, n'importe quand.Je dois faire plus attention à ce que je dis parce qu'on fait plus attention à ce que je dis.Je dois faire plus attention à mon image publique.Mais tout ça, ce sont des inconvénients mineurs par rapport aux portes qui s'ouvrent dans l'avenir et à la possibilité de réaliser des projets encore plus grands, plus forts, plus importants, plus universels, j'espère, et encore plus sincères, plus profonds et plus tunisiens que jamais.V.S.N'y a-t-il pas pourtant un courant de non-conformisme qui se dessine chez certaines vedettes comme Colu-che et Gainsbourg?M.B.Je suis ce que je suis.J'essaie de rester l'adolescent attardé que je suis, émerveillé de ce qui m'arrive et en même temps, plus je vieillis, plus je suis un adulte en apparence.J'essaie de vieillir pour rajeunir.Picasso disait: «J'ai mis 80 berges pour avoir 20 ans».C'est mon but.Mais ça demande une plus grande hystérie, une plus grande mégalomanie, une plus grande inconscience, parce que plus tu touches à l'enfance, plus tu touches à quelque chose d'inconscient, de fou, d'irrationnel, mais en même temps, à quelque chose de pur, quelque chose empreint de spiritualité.V.S.Vos spectacles sur scène doivent exiger de vous un effort physique considérable.Vous bougez sans cesse.Pourtant, la fatigue n'apparaît qu'une fois le spectacle terminé, alors que vous saluez le public, tout ruissselant de sueur.M.B.Oui, c'est-à-dire que, pendant le spectacle, je suis dans un état second.Ce n'est pas moi qui bouge, c'est quelque chose en moi.Ce n'est pas moi qui parle, c'est quelque chose en moi qui parle.C'est ça le métier d'acteur, je ne suis plus moi.Je suis mon spectacle.Puis, quand tout est fini, je redeviens Michel Boujenah, celui qui est là.Je redeviens quelqu'un qui est tout à fait impressionné de ce qu'il a fait.Et à chaque fois, je suis étonné; chaque fois, je salue et je me dis: «Bordel, je l'ai encore fait une fois, ça va!» V.S.Vous aimez apostropher votre public, rire à ses dépens durant vos la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 \ : :-ï : - ¦ill ¦ ¦xi: i:i __ W8& ': • .::;x::^ , xSsSis: M x-^vA:.iiii —.—- —~- , v v y?- lor.Son , elle est verse de aioii'ide e est ^ sau\ent |U\c '¦ >el venu lesyeu* souten r sa belle oue.Prie iot,P°f spèce* iechal5e- neuses.De l'un de ses paniers, elle sort des photos, un papier froissé qu'elle me tend.C'est une lettre de sa fille.— Traduis-la me demande-t-elle en arabe, traduis-la.Laborieusement je tâche de le faire, elle écoute intensément, me reprenant quand je fais la moindre faute.Cette lettre, elle avait dû la faire lire cent fois, mille fois, elle la connaissait par coeur.Elle voulait sans doute, par ce biais, nous faire savoir, à nous les étrangers de passage, qu'elle aussi avait une famille, des enfants, un passé.Ses enfants vivaient tous en Amérique; trop vieille et sans doute aussi source d'embarras pour ceux-ci, ils l'avaient sans doute plus ou moins abandonnée.Alors elle vivait là au milieu de ses souvenirs, de vieilles photos et de photos plus récentes d'enfants blonds avec derrière, d'une écriture maladroite.— Happy birthday grand'ma, Steve and Mary.Que de siècles séparaient ces deux générations.Elle avait pourtant été riche paraît-il.Son mari possédait des terrains, une ferme.À sa mort tout avait été dilapidé.Elle avait cependant sauvé dans ce désastre, quelques chaînes d'or somptueuses qu'elle arborait fièrement chaque fois que nous prenions une photo d'elle et qu'elle réintégrait sous sa robe aussitôt après, ce qui les rendait plus évidentes.Témoin aussi de ces temps héroïques, ces robes colorées et merveilleuses qu'elle portait fièrement.— Chante Esther chante! — Oui, je veux chanter, quel est ton nom?— Eliahou, dit quelqu'un.— Que vive ce nom, que tu fasses partie des élus, que tu vives jusqu'à 120 ans, que tu sois heureux.Que tu puisses prospérer, que tes enfants soient en santé, tu n'auras jamais d'embûches.Ces paroles sont dites avec une telle force, une telle conviction, qu'elles montent, elle en est sûre, elle en est certaine, jusqu'aux étoiles, jusqu'aux anges, jusqu'à Dieu lui-même.Eliahou tu es un prince, Ta vie n'es qu'amour et bonheur Tu ne connaîtras que les rires jamais les pleurs Eliahou tu es un prince, You you you, you you you! Puis tous ensemble, heureux, nous avons traversé en dansant les rues du village.Shulamite, nous regardait ravie.Elle ressemblait à ces belles jeunes filles de la Bible aux longs cheveux noirs, aux yeux de braise et je l'imaginais allant au puits à la rencontre de son destin.Les étoiles brillaient fort dans le ciel noir.L'un de nous, acquéreur de la bougie sacrée, a ouvert la porte du lieu où est enterré le Saint.Les flammes de centaines de bougies dansaient déjà près de sa tombe.À ce moment, une grande ferveur s'empara de tous les présents, les prières venaient du fond de l'âme de chacun, du fond du coeur.— Aide mon fils, qu'il trouve sa voie juste, implorait une femme les yeux mi-clos.— Donne de la santé à mes parents, disait une autre.— Dieu miséricordieux, prends soin de l'âme de mon frère, de mon père, de ma mère.Accorde-leur la grâce.Accorde-nous ta bénédiction.Esther l'Albinos se tenait dans un coin, n'osant bouger, ce n'était pas son moment, tout à l'heure elle reprendrait ses chants, ses danses et ses you yous.Que notre joie éclate, Saint des Saints, sois béni.You you you, you you you.Ah Esther l'Albinos de Ben Ahmed, je ne t'oublierai pas de sitôt; ton regard aveugle avait plus de compassion et il y avait plus d'amour sur ton visage et dans tes gestes que ceux qui voient.Je n'oublierai pas de sitôt tes chansons poétiques qui criaient l'amour du prochain, la paix, la fraternité et l'espoir.Si je ne me suis pas suffisamment occupé de toi, pardonne-moi! À tous les gens du village qui n'ont pas compris quel personnage fabuleux tu étais, pardonne-leur comme tu semblés toujours tout pardonner.Au milieu de la place, près d'un chêne centenaire, au milieu des rires moqueurs des enfants, dans son habit d'or et de lumière, Esther l'Albinos danse, you you you, you you, chante you you you you you, danse you you you.You you.la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 société Anne Trister 20 les arts en équilibre Albane Guilhe «Anne Trister» Après «STRASS CAFE» ce long métrage primé à quatre festivals, et «LA FEMME DE L'FHOTEL» qui remporta sept prix dont le «Grand Prix de la Presse internationale» au Festival des Films du monde de Montréal, la réalisatrice Léa Pool lance son dernier film «ANNE TRISTER».C'est l'histoire d'une jeune fille juive de vingt-cinq ans, qui après avoir perdu son père, ressent un vide énorme.Vide qu'elle tentera de combler par son art, car cette jeune fille est artiste peintre.Léa Pool en tant que réalisatrice suisse, est fortement influencée par l'état d'esprit des films de son pays.Le thème principal qui se dégage du cinéma suisse, appartient à la quête de l'identité,de soi.Se chercher un «moi» anti-conformiste mène souvent à l'errance.Ce thème se rattache à la vision des années quatre vingts.Époque qui dénonce un certain mal de vivre, car la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 assaillis de doutes et d'incertitudes; nombreux sont les jeunes qui errent en remettant tout en question, en se détachant des normes et traditions imposées dès leur tendre enfance.Où allons-nous?Que faisons-nous?En fait qui sommes-nous?Et pourquoi sommes-nous là?.Autant de questions qui restent insolubles et qui engendrent une prise de conscience chez les individus.«ANNE TRISTER» illustre fort bien ce point de vue.Le film débute sur une image d'hiver dans un désert en Israël.La mort du père de l'héroïne dans un cimetière désolé, est annoncée d'une part, par les chants hébraïques de Ravel - «Kaddish» - et d'autre part par les images de sable et de vent qui renforcent la tristesse et la fragilité.Tout comme la vie qui ne tient qu'à un fil, la dune de sable malléable s'écrase sous les pas.Le sable c'est aussi la représentation du sablier symbolisant le temps par Hélène Wazana qui passe et qui module les êtres et les choses.En quête d'espoirs, d'expériences, d'attentes, Anne Trister, cette jeune fille rompt ses attaches et s'évade ailleurs.Ailleurs, cet autre lieu de transition se retrouve à Montréal, ville d'espoir, de renouveau.Dans son rejet des valeurs traditionnelles et académiques, Anne Trister s'active à une tâche laborieuse, celle de recréer le décor d'une ancienne caserne de pompiers désaffectée qu'elle peint entièrement en trompe-l'oeil.Ainsi les limites du cadre ne lui suffisent plus, il faut des surfaces de plus en plus grandes: des murs, des plafonds, un espace immense.Dès lors un art grandiose explose! Bien que cet art paraisse aux autres insensé et démesuré, et qu'Anne se heurte à l'incompréhension de son entourage, elle n'en mène pas moins son projet à terme.C'est à travers sa peinture dite environnementale, dans le lieu abandonné d'une ville, que l'héroïne essayera de vivre et de combler le vide affectif dont elle est envahie.Vulnérable et désormais disponible à toute nouveauté, Anne Trister en quête de bonheurs éphémères, ne trouve que déceptions et amertumes, car elle est la proie d'un déséquilibre constant.Dans la recherche de son identité, Anne s'attaque aux forces de l'amour, en investissant toutes ses émotions et en bouleversant en même temps tous ceux qui l'entourent.Anne Trister, personnage principal de l'histoire et titre du film, représente le témoignage dramatique d'une jeunesse dont l'équilibre est précaire.Ce film imprégné de tendresse et de nostalgie, où la peinture joue un rôle fondamental, ne vous laissera certes pas indifférent! vx v ' • £i?" L'AVARE, Harpagon, seul.Au voleur! au voleur! à ('assassin! au meurtrier! justice, juste Ciel! }e suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent.Qui peut-ce être?Qu'est-il devenu?Où est-il?Où se cache-t-il?que ferai-je pour le trouver?Où courir?Où ne pas courir?N'est-il point là?N'est-il point ici?Qui est-ce?Arrête! Rends-moi mon argent, coquin.{Il se prend lui-même le bras.) Ah! c'est moi.Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, et ce que je fais.Hélas! mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami! on m'a privé de toi; et puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie; tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire en ce monde! Sans toi, il m'est impossible de vivre.C'en est fait, je n'en puis plus; je me meurs, je suis mort, je suis enterré.N'y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m'apprenant qui l'a pris?Euh?que dites-vous?Ce n'est personne.Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu'avec beaucoup de soin on ait épié l'heure; l'on a choisi justement le temps que je parlais à mon traître de fils.Sortons, je veux aller quérir la justice et faire donner la question à,toute ma maison: à servantes, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi.Que de gens assemblés! je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur.Eh! de quoi est-ce qu'on parle là?De celui qui m'a dérobé?Quel bruit fait-on là-haut?Est-ce mon voleur qui y est?De grâce, si l'on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l'on m'en dise.N'est-il point caché là parmi vous?ils me regardent tous, et se mettent à rire.Vous verrez qu'ils ont part, sans doute, au vol que l'on m'a fait.Allons vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences et des bourreaux, je veux faire pendre tout le monde; et si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après.EL ME'ERRA, de Molière adaptado por Solly Lévy Don Halampa (solo) jWo, wo, sehas y guijdor hameadoj A judiôs levantaibos que ladrones vine-ron, ladrones, matadores, enciscados, mel'okes, mal'logrados, pretoslj justicia, selihot y vayya'abor, a los Saddikin, justicia, Rebbi Yahia Palitos! Ya me kadea-ron, ya me volaron, me kefsearon mi mazal, me cortaron la garganta, me roba-ron mis chavos, mi dinerito mfo me lo jaftearon, me lo badrearon.^Y quién guijdor cueder ser?^Qué fue de él?^Adôle?^Ânde wo se meheô?^Cômo lo haré para hayarle?^Ânde me iré?^Ânde no me iré?jAlaquile, wo, no, alayle! jArto ahf! ^Quién es?^jPârate, se te caiga el mazal! jïe agàrrf, al mezghob! Dame mi dinero agüera de la hora.jWo por mf, soy yo! Ya me estoy ham'keando, me estoy volviendo hamaka, me estoy darbeando mamma! Ya no sepoy ni ânde me hallo, ni quién wo soy ni lo que hagoy.jGuijdor y sehas de wo! j Mis chavitos, mi dinerito, mis perritas endiamantadas, me vaya korban por bozotras, mis arre-galadas! jAy mi dinerito güeno, me separaron de ti, se los séparé el meolio amen ken yehf rasôn! Y como te quitaron de cabe mf, ya me quedf solo jmi güeno, mi consuelo, mi alegrfa! Todo se kadeô para mf y ya no me queda nada que hazer en este mel'ok de este mundo.Sin ti, mi bien, mi dinerito que alhotf con tanto cariiïo, sin ti ya no cuedoy kemear esta vida prêta como el follfiï.No cuedoy, me muero, llamay a la hebrâ ansf me enterrfs.îy no habrâ ninguna güena aima que me quijere sacar de entre los mal'logrados primeras que se fueron y no volvieron, nadie que me me fukkeare y me cudiere sacar de peta-hayim, devolviéndome mis güenos chavitos?diziéndome quién fue el matador del bastardo que me los quitô?^A?^Qué dizfs?No, nadie.Sea quien fuere el que me lo jafteô, con qué tah'ramia habrâ esseado la hora de hazer laàbaja, justo cuando estaba yo hadreando con el tuerto de mi hijo.;Wa sabfs lo que hay?Wa vâmonos de aquf.Voy a traer a los pulicfas para que den garrote a toda la hinta: criados, criadas, mi hijo, hija.a mf tambfén.jWo qué bel'a de gentej A mi padre qué sajtallah de jem'eamiento! Ande se me va el ojo se me haze como si estuviera mirando a los ladrones.Todo se me haze ladrones.jWo por los matados se haga! j Eh ! jAywa! jPor ah f! ^De qué estais hadreando?^Del arre-matado su nombre de mi ladrôn, immah'semô?^Qué ruido es aquél?^Si sera el ladrôn?Bos ruego y bos a'orteo: ansina bos quedfs sanos y vivos, si supitis algo del mel'ok del ladrôn, dizfmelo jansina el Dio bos eh'dee! ^Y no se habrâ guardado y meheado entre bozotras?jA Rebbf Issajar Haliwa, miraylos! No quitan el ojo de mf y no paran de kajmearsen.De siguro que de vadday que el los también tomaron parte en la f'diha.Wa venga, yallah, pulicfas, sordados, comisarios, jueces, garrotes, horcas y verdugos.A todos quiero que los colguen de la hora.jY way si no hallo mis chavos! jNo haya mal, shkiko, shkuanej'la, fueras de aquf, fueras de todos! pero si no delkeo a hallarlos, entonces me ahorcaré yo también, wo se haga por los matados.jQué tostina, me tostaron los bastardos, wo por el los!.21 la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOUT 1986 société Devant le succcès obtenu par la publication, dans notre dernier numéro de la Voix Sépharade, des «Origines des noms des Juifs du Maroc», nous nous faisons un plaisir d'en publier d'autres dans le présent numéro.Nous avons choisi à dessein des textes courts permettant ainsi d'en publier un plus grand nombre.Continuez à nous appeler.D is-moi comment tu t'appelles, je te dirai qui tu esi ____________BANON___________________ Nom phénicien: «Constructeur», «Maçon», fréquent à Carthage à l'époque des guerres puniques (Gsell., IV, 184).1.Mimon Banon, rabbin à Séfrou au XVIIe s.MR.2.Yahyia Banon, fils de Mimon (1), rabbin à Séfrou, XVIle-XVIIIe s., disciple de Rabbi Mosheh Benhamou.NM, 160.3.Mosheh Banon, réclame à Abraham Nahmani le paiement d'une dette, devant le «Beth Din» de Fès en 1750, Ya'BeZ, 215.4.Joseph ben David Banon, né en 1850, mort en 1936 à Casablanca où il fut Chef de la «Hebrat Guemilut Hassadim».5.Jacques Banon, président de la Communauté de Casablanca en 1986.____________BEN LULU________________ Benlolo, Belodo Nom arabe signifiant «Perle», précédé de l'indice de filiation: «Fils de Perle».Autre graphie usuelle:.1.Abrahma BELOLO, rabbin Cabaliste à Demnat.MR.2.Judah BEN LOLO, Grand Rabbin de Demnat.ib.3.Joseph BEN LOLO, rabbin à Demnat, ib.4.Salomon BEN LOLO, rabbin Cabaliste, «Dayyan» à Demnat, ib.5.Judah (Leon) BENLOLO, un des dirigeants les plus dévoués et actifs de la «Hebrat Guemilut Hassadim» de Tanger.Mort en 1962.6.Moise Hayyim BENLOLO, frère de Judah (5), auteur d'une traduction en espagnol de la Haggadah de Pessah (Buenos Aires, 1936).__________MOGHRABI________________ Mogribi, Magribi, Mgharbi, Ha-Mgharbi Nom arabe: «Marocain».Cet appellatif existe aussi sous la forme hébraïque de Hama'Arabi (Voir No.447).1.Nahum Ha-Mgharbi, poète et traducteur de l'arabe à l'hébreu à Fès au XIIe s.Hirschberg 1, 270.2.Judah MOGHRABI, figure dans un document de la Guenizah du Caire, comme ayant contracté mariage avec la jeune captive Esther qu'il avait rachetée des corsaires en 1512.Ib., 132.3.David MOGHRABI, rabbin «Sopher», originaire du Maroc en Egypte au XVle-XVIIe s.Manchot des deux mains et boiteux, il écrivait avec sa bouche admirablement bien des Sepharim, des Téfillim et des Mezuzot.NM, 110.______________NEZRI_________________ Nejri, Nesri Nom hébraïque dérivé de «Couronne», «Diadème».Autre graphie: ENEZRI.1.Mimon ENEZRI, rabbin à Saïda (Algérie) en 1837.Z.Sh.2.Yahya NEZRI, rabbin Talmudiste, orateur, possédant une vaste-culture, membre du Tribunal Rabbinique de Tanger en 1940.3.Carlos NEZRI, fils de Yahya (2), Avocat devant la Cour d'Appel de Tanger, membre du Comité de la Communauté de Tanger en 1 940.Éloquent conférencier, écrivain et journaliste.Possédant une vaste culture rabbinique et occidentale.Auteur de: Le Juif de Tanger et le Maroc (Tanger, 1956) et Les Israélites du Maroc à l'heure du choix (Ib., 1958).____________OHNONA__________________ Ouhnona «Fils de Hanoun».Nom berbéro-phénicien dérivé de «Hanun» dont le sens est «Miséricordieux», appel latif bibilique généralement porté par les Cananéens (Il Sam X,l; I Chron XIX-2) et par des Juifs à la reconstruction de Jérusalem, au retour de la captivité (Neh III, 13,30).Voir: Ben Hanun et Wahnon (Nos 534, 463).la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 : Quinzaine À l'heure où vous lirez ces lignes, la Quinzaine Sépha-rade sera une chose du passé.Puisque la Quinzaine est devenue une tradition chez nous, qu'on honore tous les deux ans, une autre tradition s'y est greffée: pour l'équipe qui l'organise, il faut faire mieux que l'équipe précédente.Après les Jours de mariage d'il y a deux ans, on ouvre un album de famille.Ce que l'on y trouve c'est notre héritage global représenté de diverses façons: par la voix, par le geste, par la plume ou le pinceau, tout est là.Mais ce qu'il a fallu d'efforts, de travail inlassable, d'imagination et d'érudition pour mettre à point toutes les manifestations, l'album ne le montre pas.A l'inauguration officielle de la Quinzaine 1986, le dimanche 8 juin dernier, les discours officiels de bienvenue ont dûment honoré tous ceux et celles qui, durant des semaines, ont travaillé dur pour assurer une réussite complète à leur Quinzaine.Nous voulons apporter ici notre part d'appréciation à tous ceux qui, avec le Département Culturel du Centre Communautaire Juif, ont fait de cette Quinzaine un succès éclatant.Comité organisateur de la Quinzaine Membres du Comité Simon Elbilia Philippe Elharar Sandrine Obadia Robert Abitbol Georgette Benitah Brygitte Danino Professionnelle Carol Amar Président C.C.J.et Président Comité Culturel Dave Dadoun Président d'honneur Bob Abitbol Directrice Suzanne Danino-Dadoun Conception graphique Maxime Benhaïm Studio Vagabond'art Sylvia Ohayon Alain Senior 1 - Bob Abitbol, président d'honneur de la Quinzaine Sépharade.2- Dave Dadoun, président du C.C.J.annonçant l’ouverture de la Quinzaine.3- À partir de la gauche: deuxième - M.Haim Tordjman, et quatrième - l’Honorable Herbert Marx.4- Dr André Arcelin, président du Conseil du Multiculturalisme du Canada.5- Henri Elbaz, ancien président de la Communauté Sépharade du Québec.la voix SEPHARADE, JUILLET-AOUT 1986 Quinzaine Sépharade 24 Au cours de l'inauguration, Bob Abitbol a récité le message suivant qui a été très fortement applaudi par tous les présents.Message de Bob Abitbol Je vous avoue: je suis un peu perplexe.C'est que mon identité est un peu complexe.Jugez vous-même, si vous pouvez Et essayez de m'aider.Je vais tout vous raconter: Au Maroc où je suis né On m'a dit: tu es Marocain.Pas de problème, j'ai dit, très bien.Tu seras fidèle à ton roi, Ton pays tu honoreras.J'ai dit: ça va.Les Prançais sont arrivés, On m'a dit: faut tout changer.Protectori, Protectorat U z'arabe j'y connais pas, Tes ancêtres sont les Gaulois, J'ai dit: ouaha.Mais attention, n'oublie pas, Où que tu ailles, où que tu sois, Juif tu es, Juif tu mourras, J'ai dit: Hourra! En France où je suis passé, On m'a dit, si tu veux être respecté, Renonce, renonce vite à ton identité Ou tu seras un émigré.J'ai dit: parfait.Arrivé au Canada On m'a dit, tu es Canadien Et aussitôt, par la grâce de Dieu, C'est devenu «Le pays de mes aïeux» Au Canada tu est Canadien.J'ai dit très bien! Attention, mes amis m'ont dit: attention! Fais pas de bêtises, t'as plus le choix, Au Québec, t'est Québécois.Je m'suis dit: et pourquoi pas?Conservateurs et libéraux Se sont arraché mes voix.Parti Québécois, n'en parlons pas.Parti Civique, Parti cynique, Je n'savais plus, Je n'savais pas J'me retrouve plus J'me retrouve pas Avec tout ça n'oubliez pas On me répète où que je sois Israël est tout pour toi.Oui, je vous l'avoue, j'm'y retrouve pas J'm'y retrouve plus.C'est pourquoi ce soir, En tant que Juifo-Marocano-Ex-français en transito, Québécois-Montréalais en exilo, Israélien et par ma femme un peu Mexicano, Je vous souhaite la bienvenue À la QUINZAINE SÉPHARADE INTERNATIONALE Puisqu'à moi tout seul j'ai compris: Je suis de mon pays Et de tous les pays.Amen.Castel et Sahuquet Bab el Oued Story Je ne voulais pas y aller.D'ailleurs, je n'ai pas été à la première.Le trip des pieds noirs rapatriés, poh, poh, poh, mon frère, etc., ça me paraissait un peu réchauffé.Ça fait quand même vingt-cinq ans qu'ils sont rentrés en France, avec les Juifs et quelques Arabes sous le bras.Bref, on m'a dit, vas-y, c'est extra, tu te bidonnes.J'ai été à la reprise.C'était plein à craquer.Il y avait même la queue pour ceux qui n'avaient pas réservé.la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 On ne peut pas dire qu'il y a erreur sur la marchandise.Le titre vous dit tout.Ils sont là, avec leur accent, leur humour, leur tête.Comme s'ils étaient descendus du bateau hier.Lui, le flemmard, grande gueule qui passe la journée au café, avec les copains, le poker, l'anisette et la kémia, qui sait tout sur tout.Et sur le tout, Bab el Oued.Elle, fausse blonde, qui lit Paris Match, Marie-Claire, les romans photos, et qui, si vous avez le malheur de lui dire com- ment ça va, vous débite les hauts et les bas de la Princesse de Monaco, de J.R.et de sa voisine de palier.On ne peut pas s'empêcher de sourire, dans cette parodie de caractères si familiers.Tout le monde, ce soir-là, a reconnu son voisin, son fournisseur, sa coiffeuse, bref, l'autre.Les miroirs déformants, ça a du bon.Albert Weizman Quinzair Samuel Grover était aux trois-quarts pleine.Elle aurait dû l'être à craquer.Vous avez raté quelque chose: et je surveillerai, quant à moi, les prochains passages de Léon Ashkenazy à Montréal.Rien à voir, ici, avec ces amoureux transis de la Loi qui viennent à quel-qu'occasion nous parler, et qui «s'enfargent si bien dans les fleurs du tapis» qu'ils discréditent souvent leur sujet en insultant notre intelligence.Léon Ashkenazy, par la façon dont il a traité son sujet, par les fenêtres qu'il a entrouvertes, a réussi à faire sentir à l'auditoire la richesse extraordinaire que recèle notre héritage spirituel.C'est, du moins, ce que j'ai ressenti et, pour la première fois, j'ai demandé en sortant s'il avait écrit un livre.On m'a dit que non.Albert Weizman Léon Ashkenazy L'identité de la famille des patriarches et de la famille d'aujourd'hui Deux soirées de suite, deux nostalgies.Celle du Nord, celle du Sud.À celui qui écrit ces lignes, il manque une fibre «arabe» assumée; peut-être à cause de cela, beaucoup de ce qui faisait vibrer le public lui échappait.Et comme on était allé pour revivre des instants perdus, pour se dire peut-être, du moins pour certains, Comment j'étais, comment je suis devenu! et non pour la technique théâtrale, la trame de la pièce, le suspense, le message véhiculé.La plupart sont repartis heureux puisqu'en prime, ils ont découvert deux talents de la scène: Charly Hayot, dans le rôle de la mère, fut extraordinaire, naturel et spontané.Beaucoup de dames de Mogador ont dû revivre des moments privilégiés à travers son jeu, ses expressions, son improvisation; et Albert Amar, moins improvisateur et plus répétitif que le précédent, mais possédant des qualités d'acteur indéniables.Notons que la surprise offerte au public par l'auteur, à la fin de la représentation, manquait de souffle, son comique pesant et gominé ne passait pas la rampe.Les coups de griffes à ceux d'ici qui ont réussi étaient pas mal veloutés et les personnalisations de certains dialogues faisaient plutôt récep- Quand on n'est pas un initié, comme moi, de la chose religieuse, on hésite un peu à se prononcer sur une conférence comme celle-là.Ayant assisté en néophyte (newfi), je vous rapporte donc des impressions de néophyte.Léon Ashkenazy, Manitou pour les intimes, semblait ce soir-là s'adresser à un auditoire de non initiés.Son français était clair, intelligible et intelligent.À chaque phrase technique, il se reprenait en langage simple.Les mots en hébreu étaient traduits, placés dans leur contexte.Les personnages bibliques s'animaient et étaient décrits dans leur condition et non comme des mythes ambulants.Quel homme fin, quelle culture générale! Cette conférence fut un petit régal.On se surprenait à regretter que Untel ou Unetelle ne soit pas là.La salle tion de mariage ou soirée de fiançailles.Dommage pour M.Nahmias, ses vaines tentatives pour sauver le sketch ont plutôt nui à sa réputation.Entre les lignes: - Lors de la présentation d'un conférencier, une dame dans la salle sursurra à sa compagne: encore celui-là.Les carottes sont cuites— Le spectacle qui nous a été offert ce soir-là est, selon moi, ce qui s'est fait de mieux dans le genre.Shawil, Mazal, Ruby, Sadoc, et leurs invités, maîtrisaient leur texte, leur métier et leur public.La salle était pleine à craquer et les rires fusaient de partout.La première partie fut la meilleure, avant l'arrivée des invités.Le désarroi de Mazal alors qu'à six heures du matin sa fille Ruby n'est pas encore rentrée.Shawil, extinction de voix mise à part, était typique.Mazal et lui formaient un couple parfait, sortant tout droit du Mellah légendaire.Aucune vulgarité malgré les excès commandés par le genre.La deuxième partie où on reçoit les parents de Christophe, le fiancé de -Avant «Les carottes sont cuites», une dame indignée à une autre dame qui avait réservé toute une rangée «Mais vous n'avez pas le droit!r>.«Comment, je suis ici depuis 7 heures, j'ai même pas mangé pour avoir des places, etc.».«Une chance, avec le poids que vous avez.».- La pièce «Ya Hasra» pognait vachement.Quand Selomo s'écria que les Tangérois étaient les plus grands de tous, une tempête de clameurs et de protestations secoua la salle.Le calme revint lorsqu'il confina ce privilège aux seuls Tangérois de la Calle Del Huerco.________________________(Reprise) Ruby, nous a fait rire aussi, mais d'un rire jaune.Les parents de Christophe, débarqués de Paris, sont snobs soit, mais pas méchants, pas assez bêtes.Ils sont trop braves et conciliants alors que nos amis, les Bitton, sont carrément vaches.Je veux souligner particulièrement les performances de Mazal, interprétée par Charly Ayotte, médecin parisien, et celle de Sadoc Benarroch, dont les apparitions trop courtes, provoquaient immanquablement des déferlements de rires.J'espère qu'on reverra cette troupe et que le professionnalisme, qui était la seule nouveauté de ce spectacle, sera la règle à l'avenir, dans un genre où on a trop souvent vu des lourdeurs, de la vulgarité et du désordre.Les carottes sont cuites la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 v Sépharade Quinzaine Sépharade 26 «Les Escales Musiques» Découverte des Élèves Talentueux de Mme Banon! KAREN BENSOUSSAN, 13 ans, jeune fille sensible, assidue et très Lors de la dernière quinzaine sépharade culturelle, nous avions le plaisir de découvrir ou de redécouvrir le charme et la richesse de la musique classique.Les escales musiques présentaient de jeunes musiciens sépharades, dont le talent n'avait d'égal que leur virtuosité.Mais le succès ne s'improvise pas et souvenons-nous que pour aboutir à l'enchantement, deux vertus sont obligatoires: patience et persévérance.Ces qualités ont été inculquées aux musiciens que nous entendions par leur professeur et pianiste, Arlette Banon.Arlette Banon a débuté sa carrière au conservatoire de musique de Casablanca.Elle a étudié sous la direction du Maître et compositeur italien Nino Vernuccio, premier prix de Rome.Vouant au piano amour et ardeur, Arlette Banon remporta le premier prix de perfectionnement du conservatoire.Le stade des études étant achevé avec succès, elle se mérita un poste de professeur de piano dans le même conservatoire où elle avait acquis gloire et prestige.Puis elle s'installa à Montréal où elle enseigna une dizaine d'années au Cégep St-Laurent, à la faculté de musique.Désormais dévouée à ses élèves, Arlette Banon guide les pas, ou plutôt les mains de ses enfants, car chacun de ses musiciens résulte du fruit de sa tendresse et de son labeur.Son ambition?Qu'ils deviennent tous concertistes ou qu'ils apprennent à savourer les joies de l'existence par la volupté que les sons nous procurent.Chaque année, elle envoie ses meilleurs étudiants au Festival National du Canada.Elle a déjà eu l'honneur de voir une de ses très jeunes élèves: Queenh Nguyen, remporter la difficile et compétitive victoire qu'est celle du premier prix du Canada.Sachant qu'il faut continuellement œuvrer pour atteindre l'excellence (qui ne s'atteint jamais), Arlette Banon se perfectionne chaque été en allant dans les camps de musique, où elle travaille avec de grands maîtres tel que Menahem Presler.Pianiste et professeur, Arlette Banon nous invitait donc lors des escales musiques de la quinzaine sépharade à écouter les élèves suivants, par ordre de leur entrée en scène: douée.KARINE ALLOUL, 16 ans, très bonne élève, consciencieuse et romantique, elle interprète du Chopin.DAVID KAKON, 9 ans, petit garçon espiègle qui sait mêler le rire à la sensibilité.Il interprète déjà du Beethoven et Czerny.MIKE OHAYON, 13 ans, consciencieux et appliqué, il fait preuve d'une excellente oreille musicale.ALEXANDRA ZINI, 12 ans, charmante enfant qui allie assiduité et talent.DAVID ABECASSIS, 14 ans, jeune homme plein de fougue qui fait chanter les touches du clavier.EMMANUELLE LEVY, 13 ans, sensible et travailleuse, c'est à Bach que cette musicienne confie son talent.JOYCE DAHAN, 13 ans, pianiste dans l'âme, elle possède une technique remarquable.EMILY BLOCK, 1 3 ans, jeune fille au toucher exceptionnel, fait preuve d'une énorme musicalité.MURIEL BUSBIB, 16 ans, émotive et compréhensive, elle joue le répertoire de Chopin avec brio.ÉLISE ABECASSIS, 18 ans, la plus ancienne des élèves de Mme Banon.Finaliste au Festival National du Canada, Élise possède un toucher de velours.Le talent, la beauté et la gentillesse en feront une pianiste hors pair.«Les Escales Musiques», une activité culturelle et des plus enrichissantes à renouveler.La mélodie du bonheur Quoi que fassent les enfants, on trouve ça bon, beau, frais, léger.Leurs fausses notes nous font sourire, les oublis nous attendrissent et, lorsqu'en-tre deux actes, la scène est vide et que des coulisses monte une rumeur de panique, on a envie d'applaudir encore plus fort pour les rassurer.C'est vrai, ce jour-là, nous avons beaucoup souri, nous nous sommes attendris et nous avons applaudi à s'en briser les articulations.Les chœurs étaient justes, le piano toujours bien placé, les solos manquaient un peu d'assurance, et les changements de costumes et de décors trop nombreux, ce qui, selon moi, contribua à la panique apparente des acteurs.Mais quelle joie pour ces enfants, une fois que tout était fini et que l'ovation du public venait récompenser l'effort.Quelle joie d'avoir réussi, d'être arrivé au bout! Bravo à la troupe, aux organisateurs, à la Quinzaine.C'était .rafraîchissant.______________Albert Weizman la voix SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1986 Quinzair Après «Ya Hasra» Impressions d'un Tangérois du «Boulevard» Selomo, je l'avais rencontré lors des «matches» équipes de football.Lui jouait pour le «Koah», moi pour le «Deportivo del barrio Juani».Maknin c'est un peu ma grand-mère de Tetouan, Sol, le «poderio» en moins, son parler plus authentique fut bâtardisé par ma génération, autant celle de l'Alliance que celle de l'École Perrier.Nous créâmes le hakétia «new wave», plus intelligible aux néophytes.Une partie du charme disparut dans cette première concession à nos origines.Le vrai hakétia se chantait; nous, on le parlait, on le débitait.La deuxième concession fut fatale: en intégrant le «Grand Lycée», nous rentrions de plein fouet dans l'occidentalisation de bon aloi; le papillon culturel qui était devenu nymphe, devint alors larve.On se battait pour les premiers prix en français, en latin et grec, on ne parlait plus, on causait.Au fur et à mesure, la Calle del Huerco se vidait, elle «montait» au «boulevard».En se «deghettorisant», on s'était «massifié».Pendant un certain temps, on distinguait les «néoboulevar-diens» des autres, et puis après ce fut les grands départs.C'est la ville qui se vida.Plus de «Paname» ni de «Zagora» mul- ticulturels; l'«Alcazar» est mort, vive «Le Mauritania».Désormais, «Le que dejo el bohamro, se lo llevo la virvuela».Raymond Eljarrat Solly Lévy: patriarcal au bout Oro Librowitz: nos sepamos de mal Mme Cohen: mucicienne hors pair Mme Amar: une voix, une retenue, qui annoncent déjà la mutation féminine.Tous escapados de mal y de aïnara.Shlomo Bar et la Habrera Hativit «une soirée de rêve» Shlomo Bar, un nom évocateur que l'on associe instinctivement à une musique nature, dépouillée, belle, qui nous porte et nous transporte dans cet Israël mythique, celui de l'«An prochain».L'ensemble, dans une envolée sublime, nous fait pénétrer dans un monde merveilleux, voire divin, où tout n'est que Beauté.Le dialogue des instruments et des hommes, qui s'installe et s'amplifie, est porteur d'espoir pour la société qui les a accueillis et d'exemple pour les autres.Chaque musicien avec ses «tripes» fait vibrer nos coeurs, chacun avec sa particularité «culturelle», de la voix rauque et dépouillée du Marocain au violon langoureux de l'Hindou, réussit une communion «communicative» en laissant chez le spectateur une fierté d'appartenance à l'une ou l'autre des cultures qu'il représente.Ce fut le dernier show de la Quinzaine, mais comme disent les Britanniques, «last but not least».R.Eljarrat Une quinzaine de qualité Au moment où vous lirez ces lignes, une tranche de vie culturelle sépharade se sera envolée.Montréal et les Sépharades en particulier auront vécu des moments empreints d'émotion, de nostalgie, de richesse, de rires et de sourires.A travers les pages déliées chaque jour, l'un ou l'autre d'entre nous aura vécu un moment inoubliable.Quelle qualité dans quelle quantité! A tous les bénévoles et professionnels qui nous ont procuré cette chance inouïe, ce bain de joie, de fraîcheur et de bonheur, un grand merci.5487 Royalmount Montréal.Qué.H4P 1J4 „ DAVID TO LE DA N O ^ L’A.S.TRAITEUR ^ {yÿ Strictement Orthodoxe Cachere Tfl ç ' Réceptions de tous genres.^ Cuisine Française N’hésitez pes à nous contacter.et Marocaine 733-0680 le jour 731 -2883 ou 341 -6026 le soir NOUS REMERCIONS NOS CLIENTS D’AVOIR CONTRIBUÉ À NOTRE SUCCÈS PAR LEURS MARQUES DE CONFIANCE ET LES NOMBREUX TÉMOIGNAGES DE SATISFACTION REÇUS.27 la voix SEPHARADE, JUILLET-AOUT 1986
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.