La voix séfarad /, 1 juillet 1988, Juillet - Août
- s?- '' ,*¦' v ¦00*' Communauté Sépharade du Québec Commission des Affaires Sociales .* • "' V JM * | y s J J,' i Recensement de la Communauté Sépharade .ïmsm .Très bientôt des enauêteurs de la Communauté Sépharade vont vous con- recueillir certains renseignements concernant votre état civil, vos activités sociales, culturelles, religieuses, vos opinions Ceux parmi vous qui ont une expérience particulière dans ce domaine ou qui veulent nous aider peuvent nous Joindre au numéro de téléphone su 733-4998 ïlïï .’ .-.y.y.v .JBl : .¦ >?il 1 HI lllll ï fill ! 1111® wÊmi ' aa a - v ." PP Blllll LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 communauté sépharade du québec Salomon Oziel, portrait d’un Président La petite épicerie tenait lieu de taverne.Chaque jour, au crépuscule, quand le soleil n’en finissait pas de se coucher dans le ciel de la pampa, les gauchos se retrouvaient pour boire un verre.Le règlement prévoyait qu’ils devaient remettre leurs armes à feu au tenancier, mais certains ne l’entendaient pas de cette oreille.Allaient-ils se soumettre à cet étranger qui parlait espagnol avec un accent d’ailleurs?Et chaque jour, Salomon devait parlementer et chaque jour, Esther tremblait.A force de trembler, elle réussit à convaincre son mari.Ils quittèrent l’Argentine et revinrent à Tanger, dans leur Maroc natal.Adieu le rêve sud-américain.Il s’appelait Salomon Oziel et c’est de lui que son petit-fils, l’actuel président de la Communauté Sépharade du Québec, tient son nom.Venant probablement d’Espagne, les 12 Oziel étaient établis à Tanger depuis plusieurs générations et formaient l’une des familles les plus implantées et les plus actives.Mais le siècle en décidera autrement et les obligera à refaire leurs valises.De retour au Maroc, le grand-père Salomon reprit son métier d’horloger, une tradition familiale.Il avait huit enfants dont le dernier se prénommait Samuel.Celui-ci fréquenta l’école de l’Alliance Israélite Universelle de Tanger puis trouva un travail dans l’administration postale.Mais le gouvernement Pétain vient au pouvoir en France et décrète bientôt l’interdiction d’emploi pour les Juifs dans les services gouvernementaux.Samuel retrouve le métier paternel et travaille dans l’horlogerie jusqu’à la fin de la guerre.La communauté juive tangéroise ne souffre pas beaucoup des années de guerre.Au demeurant, les seuls troubles (violence, emprisonnements) sont dûs aux fascistes franquistes et non aux Allemands.C’est en revanche pendant la guerre civile espagnole, de 1936 à 1939, que Tanger a connu quelque agitation et les Oziel se souviennent des terrasses de café soudainement vidées quand passait une voi- ture à grande vitesse.L’itinéraire de Salomon Oziel, fils de Samuel et petit-fils de Salomon, semble dicté par la force de caractère du père et l’esprit aventurier du grand-père.Il naît à Tanger le 13 Septembre 1943, le premier de neuf enfants.Il mène études primaires et secondaires à l’Ecole de l’Alliance, sa seconde au Lycée Régnault, établissement français, et sa première au Collège des Orangers, à Rabat, collège professionnel et technique préparant notamment aux études commerciales.Années de jeunesse insouciantes, heureuses.Quelle identité revendique-t-il alors?Se sent-il juif, espagnol ou marocain?Pour sa génération, la dernière définition ne correspond plus qu’à une réalité géographique.Il était juif avant tout et il salue aujourd’hui encore le courage et le dévouement de ses amis d’alors, les mêmes avec lesquels il jouait au football dans la rue, qui aidaient les familles juives à quitter clandestinement le Maroc.De nuit, à travers champs, ils gagnaient les ports de Ceuta et Melilla, au Nord du Maroc, qui étaient sous protectorat espagnol et donc déjà de l’autre côté de la frontière.Parmi ces passeurs dignes d’hommage, Jack Del-mar qui fut le premier Président de la Communauté en 1976.Sépharade?Certainement.Au sens propre, c’est-à-dire Juif venant d’Espagne, fier de sa langue maternelle espagnole pour laquelle son amour ne s’est jamais démenti.Sans exclusive ni anathème au demeurant, ainsi qu’il l’avait appris, adolescent, grâce à son ami achkénaze de Tanger, Gaby Schwimmer.Poussé par ses aptitudes aux mathématiques commerciales et à la comptabilité, il choisit l’école des Hautes Etudes Commerciales à Paris où il entre en deuxième année, en tant qu’étranger, nanti d’une bourse du gouvernement français.De 1959 à 1963, il jouira de l’existence privilégiée des étudiants.Une belle vie en vérité.Dès la deuxième année, il a la chance de trouver un petit appartement équipé et se fait un groupe d’amis.Il travaille dur, avec succès et satisfaction.Pour le reste, les restaurants universitaires lui offrent une nourriture peu chère et Paris sa Comédie-Française, ses music-halls et ses cinémas d’art et d’essai.Faute d’établir des liens avec les étudiants français, il s’intégre dans un groupe de tangérois.Les quatre années d’études achevées, Salomon Oziel quitte l’école des H.E.C.nanti du diplôme.Vu son jeune âge (il a vingt ans et demeure jusqu’à aujourd’hui le benjamin des diplômés des H.E.C), la direction de l’école lui offre de prolonger ses études à la prestigieuse Ecole Nationale d’Administration.Il aurait fallu pour cela qu’il soit français, on lui offre la naturalisation mais il refuse.Sur le fond de guerre d’Algérie, le service militaire était par trop menaçant et il visait déjà un autre horizon.Il retourne à Tanger avec en tête la destination canadienne.Le choix n’était pas fortuit, de profondes influences familiales poussant en ce sens.Léon Oziel, son cousin si proche, récemment décédé, Moïse Oziel, son oncle, s’y trouvaient.Citer ces deux noms revient à dire que c’est l’ensemble de la famille (la tribu?) Oziel qui s’était transplanté sur le continent nord-américain.Mouvement qui signifiait la fin d’une époque.Celle des années heureuses.Les années cinquante marquèrent l’apogée de Tanger.Ville cosmopolite, ville des plaisirs et des fortunes rapides, ville du commerce et de la contrebande.L’argent y circulait autant que les voyageurs.Le père et l’oncle de Salomon Oziel ne participaient pas de cette frénésie-là.Leur énergie n’était pas moindre mais ils l’investissaient dans la vie communautaire, notamment la chorale Chir Hachirim qui agrémentait les Chabbattot et les fêtes de la Communauté.Cette exubérance va s’éteindre le jour où Isaac, l’aîné des quatre frères Oziel, meurt brutalement à la suite d’une opération chirurgicale, laissant douze LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 enfants et une femme enceinte.La tragédie semble frapper non seulement la famille mais toute la ville.Le cortège funèbre réunissant Juifs, Arabes et Espagnols, défile pendant une heure pour rendre un dernier hommage.Le troisième enfant d’Isaac, Léon, prend en mains la charge de la famille.Il s’établit à Toronto et y fait venir ses proches.Chef de famille, il devient aussi une figure communautaire éminente dont le rôle sera historique.Avec Léon au Canada ainsi que l’oncle Moïse qui écrivait “il y a plus de cacher ici qu’à Tanger”, l’itinéraire de Salomon se retrouve tout tracé.Il arrive au Canada en 1963.Choc culturel en débarquant sur le continent américain?Pas dans le sens escompté : il est habillé à la mode parisienne et connaît déjà les Beatles, ce qui n’est pas le cas des Canadiens! Après six mois passés à Toronto en raison de ses attaches familiales, il s’installe à Montréal qui parle français et reconnaît le diplôme français des H.E.C.Il n’y est pas seul puisqu’il retrouve Jack Delmar.Ils étaient partis de Paris ensemble et comme deux frères vont partager le logement, la nourriture et les petits travaux alimentaires.En Janvier 1966, il entre en contact, sur le campus des H.E.C avec la compagnie IBM.Un test d’évaluation s’avère positif et il est embauché.Quatre mois de cours intensif à Toronto en font un ingénieur tech-nico-commercial, spécialisé dans l’installation des systèmes informatiques.Sa réussite professionnelle l’amène à travailler pour d’importants services officiels (hôpitaux, Rentes du Québec,.) et lui valent l’attribution par I.B.M du titre honorifique de “Advisory”.Gestion des projets mais aussi gestion des ressources humaines, organisation pyramidale, analyse de faisabilité, évaluation budgétaire, les compétences que Salomon Oziel acquière dans son expérience professionnelle seront autant de qualités qu’il utilisera ensuite en tant que leader communautaire.Il décide en 1975 d’exploiter ce savoir-faire à son propre compte et s’associe à un de ses cousins pour fonder à Montréal une Imprimerie.Nouveau domaine, nouveau marché, nouvelles techniques, Salomon Oziel relève le défi.La première année est difficile mais, dès 1976, les résultats se placent sous le signe positif et n’ont cessé, jusqu’à l’heure actuelle, d’être satisfaisants.Mais l’année 1976 marque aussi un autre début, celui de son engagement communautaire.Au niveau local d’abord, à Laval où il a déménagé.La communauté qu’il découvre, créée en 1972, est confrontée à de graves problèmes - tiraillements internes, - au point de subsister sans Conseil d’Administration de 1973 à 1976.A latête d’une nouvelle équipe, après avoir restructuré la communauté, Salomon Oziel lance en février 1981 le projet de construction d’un bâtiment communautaire sépharade, le premier au Québec.Une soirée à l’Hôtel Sheraton de Laval ouvre une campagne de financement d’une très grande envergure.On le prend pour un fou, on lui prédit l’échec mais il continue.Il a un but, il a une équipe, et il va mener à bien le projet.Avec plus ou moins d’entrain, toute ia communauté finit par mettre la main à la poche.Le coût de la construction de base est évalué à 300,000 dollars.Le projet complet s’élèvera à $ 600,000.L’important était de commencer l’ouvrage.Une Assemblée Générale approuve le projet en Juillet, le premier coup de pioche est donné le 1 er Août et pour les fêtes de Roch Hachana, la communauté a son centre.L’inauguration officielle a lieu en 1984 et une grande fête à l’Hôtel Queen Elizabeth vient rendre hommage à Salomon Oziel qui devient le premier récipiendaire du Mérite Sépharade.Après quatre années de soucis et d’efforts incessants, au détriment de ses propres activités professionnelles, il éprouve le désir de se retirer de la vie communautaire pour se consacrer davantage à sa famille.Vain désir ainsi que le lui disait Léon Oziel, “la communauté, c’est comme les sables mouvants.A l’invitation de Henri Elbaz, il s’implique de plus en plus dans les activités de la Communauté Sépharade du Québec dont il a été l’un des fondateurs en 1976.Il en devient vice-président de 1985 à 1987 puis enfin président depuis décembre 1987.Il est par ailleurs impliqué dans nombre d’organismes sépharades ou communautaires juifs aux niveaux local ou national (Fédération Séphardie Canadienne, Congrès Juif Canadien, Communauté Sépharade de Laval, Ecole Maimonide).Soirées et dimanches consacrés au travail communautaire ne se comptent plus pour lui.Les seuls moments privés qu’il s’autorise, Salomon Oziel les consacre à ses deux enfants et à sa femme, épouse qui lui apporte un soutien constant et une totale compréhension, compagne dévouée pour laquelle il ne tarit pas d’éloges.Pour le reste, il a tout abandonné, sorties, tennis, golf, au profit de sa seule implication communautaire.Pourquoi peut-on se demander à constater cet acharnement, presque cet entêtement?De son propre aveu, la réponse tient en un mot: fierté.Si Salomon Oziel a entrepris cette action à laquelle il consacre son temps, son énergie et ses ambitions, c’est pour redonner à l’identité sépharade une fierté, un rayonnement perdu ou oublié.Car le Juif marocain ne s’affirme pas en tant que tel.Le nationalisme naît de frustrations rappelle Salomon Oziel.Dans son cas aussi, sa volonté militante est née du défaitisme qu’il remarquait chez ses frères.Cette faiblesse est l’ennemi qu’il combat avec acharnement.Au Congrès Juif Canadien où il est vice-président du Comité Exécutif, lors d’une réunion sur les priorités de programmes, il inscrit en tête de liste la culture Yiddish.A l’étonnement du président, il répond: “la sauvegarde d’une culture, quelle qu’elle soit, est prioritaire car c’est elle qui fonde le sentiment d’appartenance de l’individu.Je défendrai ta culture comme je défendrai la mienne”.Il veut que les Sépharades enseignent à leurs enfants leur identité et leur origine, que les jeunes puissent dire : “Je suis Juif avant tout mais Juif sépharade, ou Juif marocain” Et pour sa bar mitzva, son fils prononcera en espagnol le darouch.Au terme d’une rencontre avec le Président de la Communauté Sépharade du Québec, un sentiment paradoxal prévaut: Salomon Oziel est un solitaire mais totalement dévoué à sa communauté.Solitaire comme l’est un chef d’équipe: entouré, aimé et aimant mais étant seul à nourrir et mesurer le projet auquel il s’attelle et pour lequel il entraîne les autres.Et à donner une image le résumant, pourquoi pas celle-ci, empruntant à une culture qui lui est chère: Salomon Oziel serait un Don Quichotte qui ne combat pas les moulins à vent mais qui les construit.Alexis Nouss 13 LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 communauté sépharade du québec Clinique Dentaire (514) 845-1595 Dr Joseph Outmezguine, d.m.d., l.s.d.Chirurgien dentiste / Dental Surgeon 4276, rue St-Denis Montréal (Québec) H2J 2K8 MONT-ROYAL TEL.: 345-9941 SUR RENDEZ VOUS ON APPOINTMENT MEDECINE GENERALE - GENERAL PRACTICE DR.DANIEL BENAIM 4935 QUEEN MARY ROAD SUITE 103 MONTREAL.QC H3W 1X4 SUN NENOCZ¦ VOUS Dr Charles Chocron.m.d.MÉDECINE GÉNÉRALE 5885 CÔTE DES NEIGES Suite 401 5845 COTE DES NEIGES, SUITE 270 MONTRÉAL, QUÉBEC H3S 1Z4 Lundi au vendredi 8h à 18h R.V.le jour même Dr.Gaby Zagury, M.D., C.C.F.P.Médecin de famille TEL.: 735-6639 5845 COTE DES NEIGES, SUITE 100 MONTREAL, QUE.H3S 1Z4 CLINIQUE DENTAIRE LAS R Y & LAS R Y DR.JOELLE LASRY / DR.RACHEL LASRY RENDEZ-VOUS: JOUR - SOIR SERVICE D'URGENCE 731-7721 3565, rue Berri, suite 250 Montréal, Qué.H2L 4G5 Tel.: (514) 844-4883 Dr.Guittel Cohen 1668 DE MAISONNEUVE O.MONTRÉAL, QUÉ.H3H 1 J7 (Métro Guy, Sortie St-Matthieu DR CLAUDE COHEN CHIRURGIEN DENTISTE CLINIQUE DENTAIRE 484-0665/484-0669 Dr Alain AZUELOS, D.M.D.Dr Orly LÉVY, D.M.D.Ouvert de 9h00 à 21 hOO / LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 Nouvelles Communautaires Ecole Maïmonide Ecole Secondaire : promotion 1988 Message spirituel du Rabbin Moïse Ohana Chers amis de la promotion 1988, Le Talmud nous enseigneque celui àqui un miracle arrive n'en est généralement pas conscient.Je crois bien qu’un grand miracle vous est arrivé à tous, dans cette première partie de votre vie, dont vous mesurerez peut-être un jour la portée.Je parle de votre passage à l’Ecole Maïmonide.Apparemment rien de plus banal.Réfléchissez-y un instant cependant, et considérez un peu les trésors inestimables que vous emportez avec vous.Au terme de cinq années d’un programme en Etudes Juives intense, diversifié, et qui aura su intelligemment bâtir sur des acquisitions solides au primaire, vous partez aujourd’hui avec plus d’une fenêtre ouverte sur le monde fascinant, extraordinairement riche et stimulant de notre héritage spirituel et religieux.Arrêtez-vous un moment et repassez en mémoire tous ces beaux textes qu’il vous a été donné de fouiller en Torah, les dizaines, voire les centaines de thèmes que cela vous a amené à pénétrer, les nobles figures, les situations dramatiques, les problèmes soulevés et ardemment débattus, toute cette gymnastique du coeur et de l’esprit; ces sentiments, ces émotions, cet univers tumultueux d’un héritage quatre fois millénaire dans lequel vous avez été plongés, et auquel le talent béni de vos professeurs aura su attacher un nombre appréciable d’entre vous.Laissez un instant revenir à vous ces dizaines de chapitres et ces centaines de versets que les contrôles réguliers et les examens de fin d’année ont, systématiquement et avec beaucoup de patience et de ténacité, plantés dans votre mémoire, et mesurez un peu la manne et la nourriture céleste aujourd’hui à votre portée.Souvenez-vous de ces épisodes palpitants de l’histoire biblique qui ont captivé vos coeurs et votre imagination en Secondaire I et en Secondaire II, et de tout le mer- veilleux périple à travers les récits tour à tour tragiques et glorieux, mais toujours exaltants de l’histoire de notre peuple, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours.Vous avez aujourd’hui du calendrier religieux en général, de toutes les fêtes juives et de l’univers synagogual en particulier, des nombreux thèmes, symboles, mitsvot, coutumes et enseignements qui s'y attachent, une familiarité et une compréhension qui mûriront au fil des ans, et des éléments de réflexion que beaucoup d’entre vous auront, à un tournant ou un autre de leur vie d’adolescent et d’adulte, l’occasion de pousser plus avant.Et que dire de tous ces textes du Talmud et du Midrash, de Halakha et de Aggada, de Maïmonide et du Maharal et de tous les nombreux autres éminents exégètes, poètes, penseurs et commentateurs dont l’univers affectif et intellectuel ont été intelligemment, et avec beaucoup de méthode et de discernement, amenés jusqu’à votre porte?Mesurez-vous un peu la profondeur et l’étendue du terrain couvert?Et encore n’avons-nous touché qu’à cet essentiel de ce qu’il n’est pas permis d’ignorer, pour un Juif conscient de l’immense richesse de son héritage.Au moins vous aura-t-on mis sur la voie de la découverte et vous aura-t-on doté de clés.Aurez-vous à coeur de vous en servir, ou bien les laisserez-vous négligemment se rouiller sous le paillasson des portes d’adieu à l’Ecole Maïmonide ?Le pari est ouvert et le défi aussi bien.J’en connais beaucoup qui, dans cette promotion au potentiel non négligeable, relèveront le défi et apporteront bien vite, à cette communauté qui les attend, leur contribution enthousiaste et significative.Pour les autres, l’expérience des promotions antérieures nous a appris à nous attendre à bien des retours et à des surprises gratifiantes.Bonne chance à tous, et très affectueusement à vous Le Rabbin Dr Moïse Ohana Les 54 étudiants de Secondaire V auxquels s’adresse le message du Rabbin Ohana % « assart* < * «*• ¦ÉÉKütt im 15 LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 16 Le groupe des jeunes adultes du Centre Hillel CH24+ (24 ans plus) vous propose: Un voyage en Israël été 1988-5748 Joignez-vous au groupe sympa des CH24+ cet été, et venez fêter avec nous le 40eme anniversaire de l’état d’Israël.3 semaines de visites guidées en terre sainte Tibériade, Eilat, Haifa, Arad, Jérusalem, Tel-Aviv, Massada, etc.Départ: 1er Août 1988 Retour: 22 Août 1988 Prix: $2150.Comprenant: Le vol aller et retour par El-A! (Billet ouvert), Les visites, les transports, la nourriture, l’hêbergement.f—-|-—-'¦- Renseignements et inscriptions: Samy: 481-5651 Michel: 739-1548 Ariê: 737-5459 Centre Hillel: 738-2655 Places limitées v_ En Israël et à travers le monde nous sommes la banque à qui parler Succursales et bureaux à l’étranger New York • Los Angeles • San Francisco Chicago • Philadelphie • Boston • Miami Toronto • Montréal • Londres • Manchester Paris • Zurich • Luxembourg • Buenos Aires Sao Paulo • Rio de Janeiro • Caracas • Mexico Montevideo • Puntadel Este • Santiago Panama City • Iles Cayman Et 320 succursales du groupe en Israël.Bureaux de représentation au Canada Montréal: 1550 Blvd.de Maisonneuve Ouest, Suite 1030, Montréal, Québec H3G 1N2.Tél.(514)935-1128.Toronto: 2888 Bathurst Street, 3rd Floor Toronto, Ontario M6B 4H6.Tél.(416) 783-3362.Bank Hapoalim M LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 Communauté Sépharade de Laval Madame Bacon, Ministre des Affaires Culturelles, a acheté à ART 88, exposition annuelle d’Art du Y de Laval, l’oeuvre d’un membre de la Communauté de Laval.Cette oeuvre est destinée au Musée du Québec.Nous vous présentons ici l’oeuvre et l'artiste.Il s’agit de Henri Bensimon, originaire de Fès.Très jeune, il est intéressé par les arts mais la réalité du Mellah l’oblige à se diriger vers des études plus substantielles.Il poursuit des études à Rabat, Paris et Nancy et se retrouve avec une licence de physique et un diplôme d’ingénieur électronicien.Arrivé à Montréal en Juin 67, il se lance àfond dans le mouvement des Cegep qu’il ne quittera plus.Mais on revient toujours à ses premières amours et après des cours de dessin au Centre Saydie Bronfman et des décors de théâtre, il entreprend des études pour un Baccalauréat en Beaux-Arts à Concordia qu’il termine avec distinction.Avec plusieurs autres artistes, il fonde la Société des Arts visuels de Laval, association qui regroupe des artistes professionnels de toutes tendances et de toutes cultures.Il en est actuellement le Secrétaire.L’oeuvre mentionnée est un fusain sur papier.Elle illustre sa démarche artistique: car si “l’on réagit en couleurs, on réfléchit en noir et blanc”.Son dessin joue avec les sensations et la réflexion.L’utilisation du noir et blanc traduit la réflexion et les sensations se retrouvent dans les volumes et le contraste.En se limitant à une partie de l’objet - ici une partie de poivron - et en l’agrandissant il veut retrouver les caractéristiques totales de l’objet.Chaque partie contient les sensations de l’ensemble.La réflexion permet de les reconnaître.De plus en agrandissant une partie de l’objet, on perd l’aspect réel habituel mais on découvre une autre réalité cachée.Si le dessin semble devenir abstrait, c’est parce que l’aspect est nouveau et inattendu.Pour Henri, une abstraction est une réalité non encore identifiée.Poivron (détail) 1987 - fusain sur papier.17 ^bepuU/pAÆÂxÿwes 3.0 gmAs, ici/ £éphGSi&cl&' eàt leu >ve4M4& de?tioîà& communauté- Profitez-en pour vous annoncer 733-3945/4998 LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOUT 1988 Les Services De Bar Jodan «Le Service avec un Sourire» Conseillers Pour Tout Genre de Réception DANIEL ACOCA • Boissons Exotiques • Buffets Style Club Med • Cafés Flambés • Mariages • Communions • Occasions Spéciales • Party de Bureau • Vins & Fromages • Commandes des Fêtes • Banquets Industriels • Vins et Spiritueux de Votre choix • Service en Tuxedo • Salle de Réception Disponible (514) 737-4019 Les Ch’Armand Disco • .• M 738-5143 Président: Armand Cohen Musique pour toutes occasions.• Soirées Privées • Party de Bureau • Défilés de Mode • Mariages, Thème, etc Fournissons: Décorations, Ballons, etc.Consultez-nous avant d’organiser votre party.Musicalement vôtre, Armand Depuis six ans, le Hassan Daniel Benlolo, de la Congrégation Spanish & Portuguese, et sa chorale ont fait des cérémonies de mariage, des moments inoubliables.Pour réservation et renseignements.Contacter Mme Mamane au: 484-1483.Pour des cours de Bar 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Campagne sous la présidence de Madame Fiby Benchaya et de ses actives collaboratrices: Mesdames Annie Medalssy, Léa Castiel et Evelyne Dahan.Cette manifestation qui s’adressait aux enseignants visait trois objectifs: recenser en premier lieu les enseignants sépharades de Montréal; leur fournir ensuite un maximum d’information sur la Campagne qu’ils pourront à leur tour transmettre autour d'eux, en somme leur donner des outils pour éduquer.rôle dans lequel ils excellent.Le troisième objectif était la formation d’un comité permanent d’enseignants qui s’impliqueraient dans la Campagne de l’Appel Juif.Monsieur Raoul Dayan, Président de la Campagne 87 a commencé la soirée en exprimant les souhaits de bienvenue au nom de la Congrégation Petah Tikvah.Monsieur Max Berdugo Président de la Campagne Sépharade 88 a ensuite présenté Madame Fiby Benchaya.Celle-ci a tracé brièvement le profil de la Campagne et a incité les enseignants à s’engager de façon plus active dans cette organisation, puis a cédé la parole aux deux conférenciers de la soirée: Madame Ginette Ayache et Dr David Bensoussan.“L’amour de soi, une affaire de famille” thème exposé par Madame Ayache, enseignante et conseillère en gestion, a captivé l’auditoire.Cette conférence a été suivie par une période de questions qui a permis de s’auto-analyser et d’adopter une attitude positive en tant qu’enseignant, en tant que parent et en tant qu'individu.Dr.David Bensoussan, professeur en électronique à l’Université du Québec, et communautaire de longue date, a correllé la perception de soi à celle d’une communauté: Beersheva.L’exposé a ému l’assistance et lui a fait prendre conscience des conditions pénibles dans lesquelles vivent les enfants de Beersheva.Le message du Dr Bensoussan rejoint celui de Madame Benchaya: pensons à Beersheva au moment de faire notre don à l’Appel Juif.Etre généreux n’est que faire justice.C’est dans une ambiance de retrouvailles, de chaleur et de solidarité que s’est déroulée la dernière partie de la soirée au cours de laquelle les participants ont pu déguster l’excellent buffet de patisseries marocaines préparées par le Comité des dames de Petah Tikvah.Cette “après- conférence” qui a permis des échanges entre les différents groupes d’enseignants, a aussi apporté la promesse d’une participation plus soutenue à la campagne, de la part de cet important secteur de notre communauté: un Comité responsable de la sollicitation des enseignants a été mis en place à cet effet.Une assistance très nombreuse, un contenu et un déroulement qui ont permis d’atteindre généreusement les objectifs projetés, ont fait d’ “Une Affaire de Famille” une grande réussite.Coco et Rachel Benaroch .LE MEDI CLUB AU SANCTUAIRE Le docteur Bernard Elfassy omnipraticien tient à vous annoncer l’ouverture de son bureau à compter du 18 avril 1988 au MÉDICLUB au Sanctuaire du Mont-Royal 6100 du Boisé, Montréal.Téléphone: 739-5646 LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 How our programs work for you.At Canada Employment Centres, we have highiy- skilled counsellors and innovative programs.Most important, we care about the work we do.And more than ever, we're helping people with a wide range of employment problems.We help people who have lost their jobs, and people whose jobs are threatened by change.We also help others who have difficulty finding work, such as women and young people.We help businesses hire and train new workers, and upgrade the skills of current workers.From entry level to managerial positions.It’s a fact: • Last year, in more than 650 locations, we helped more than 5 million Canadians.• More than 400,000 Canadians participate in our employment and training programs each year.• Three months later, 88% of these people say they benefitted.If you need help, contact your Canada Employment Centre.We want to help.We’re ready to help.And we care.y^Canada Employment Centres ¦ ^ ¦ Employment and Emploi et f O O O ¦ ¦ ¦ Immigration Canada Immigration Canada V^yCLl 1CI.V>ACX Patrimoine Sépharade Avant-propos L’une des facettes du génie sépharade est d’avoir su concilier les exigences de la vie juive avec les contraintes de la vie en exil.On a toujours su maintenir et renforcer notre identité dans le respect des normes et des conditions de vie dans les pays d’accueil.Il y a eu cependant des moments de dure confrontation avec la culture environnante et en particulier l’occidentale, moments desquels, nous sommes sortis parfois meurtris et désemparés.Quelques hommes et femmes de lettres - et c’est tout à leur honneur - ont vécu cette expérience et l’ont exprimée dans une réflexion profonde et lucide.Madame Blanche Bendahan que Nelly Roffé-Guanich nous présente, est de ceux et celles qui, par leur sensibilité et leur attachement aux valeurs familiales et sépharades, nous font retrouver le cap après la tempête.Nelly Roffé-Guanich replace Blanche Bendahan dans la lignée des écrivains témoins de révolution de notre société maghrébine.L’importance et le respect qu’elle accorde à l’oeuvre de Blanche Bendahan, nous les faisons nôtres Judah Castiel Nelly Roffé-Guanich née à Casablanca de parents tétouanais, a fait ses études secondaires au Lycée de Jeunes Filles où elle a obtenu un Baccalauréat en Philosophie.A émigré au Canada avec sa famille en 1967 et enseigne depuis 1970 au Protestant School Board.S’est inscrite à l’Université de Montréal où elle a obtenu sa licence en Etudes Françaises avec un Mineur en Etudes Hispaniques.A terminé sa maîtrise en Littérature comparée en 1983 et travaille en ce moment à une thèse de Doctorat qui portera sur la littérature sépharade émergente.S’intéresse aussi aux littératures maghrébines en langue française et au problème de la création et de la critique littéraire.Mazaltob de Blanche Bendahan Née à Oran le 26 Novembre 1903, Blanche Bendahan a mené une existence active de femme de lettres, de conférencière et de journaliste.Après un recueil de poèmes, La Voile sur l’eau, elle écrit Mazaltob en 1930.Le roman est publié à Oran en Novembre 1958 et il est couronné par l’Académie Française.Tout comme le célèbre roman d’Albert Memmi, La Statue de Sel (qui, rappelons-le, parut en 1953), Mazaltob traite de la vie dans le ghetto juif nord-africain et développe le thème de l’aliénation d’un personnage déchiré entre sa culture d’origine qu’il veut rejeter à tout prix, et la culture de l’Occident qu’il convoite.Il faut noter cependant quelques différences entre les deux oeuvres, notamment en ce qui concerne le choix du personnage principal: Albert Memmi choisit un héros masculin, auquel il s’identifie d’ailleurs, tandis que Blanche Bendahan met en scène une femme juive sépharade aux prises avec des difficultés que seules les femmes du ghetto rencontrent: l’héroïne, enfermée dans des habitudes ancestrales, est en lutte contre son destin, et il est presque impossible pour une femme qui veut s’émanciper et sortir de son ghetto de réaliser ce désir, tandis que l’homme, même s'il s’agit pour lui d’un choix difficile, peut prendre sa destinée en main.Au premier abord Mazaltob semble plus important du point de vue de son contenu: l’écriture est en effet assez peu originale, et donne plutôt l’impression d’être une traduction littérale de l’espagnol.Le style est simple, le roman naïf, et cette naïveté est celle de l'auteur qui évoque ses souvenirs.L’intérêt de l’ouvrage, en revanche, est d’ordre historique et sociologique.Le roman de Blanche Bendahan témoigne des coutumes et de la vie d’une communauté tout à fait particulière - celle de Tétouan et de sa “Juderia” -, que l’auteur connaît bien par ses parents, qui en étaient originaires.Cette communauté, aujourd'hui totalement dispersée, comme toutes les communautés juives des ghettos, avait à l’époque un caractère purement sépharade, ses habitants étant les descendants directs des Juifs expulsés d'Espagne en 1492.Blanche Bendahan fait de multiples références à l’histoire des Juifs tétouanais.L’écriture hispanisante de son roman, la traduction systématique en français des "romances” et des proverbes judéo-espagnols, la description des coutumes propres à sa communauté, font de Mazaltob un livre très particulier.Bien qu’aujourd’hui une renaissance littéraire apparaisse dans ce domaine, c’est le seul roman, à notre connaissance, écrit en français sur ce sujet.Dans un article intitulé “Le Roman Sépharade de Langue française Aujourd’hui” Albert Bensoussan se demande s’il y a “un courant romanesque qui rassemble ces voix dispersées de Sépharades en une prose juive de langue française.Après une lecture de plus de trente textes (parmi lesquels ne figure malheureusement pas Mazaltob, sa conclusion est positive.Considérant Albert Memmi comme le père de toute une génération actuelle d’écrivains sépharades, l’auteur de Frimaldjezar retrouve le même thème partout: l’existence du héros sur deux plans superposés et le conflit qui en résulte.Il fait cependant une distinction entre, d'une part, les romans qui se rapprochent de ceux d’Albert Memmi (par exemple Adieu Baby-lone de Naïm Kattan et ceux plus proches de la veine d'Albert Cohen, dont Maurice Elia avec les Ratés de la Diaspora et Marco Koskas et son Balace Bounel nous donnent “des échos hilarants de cet art du récit inauguré par Solal”.Même s’il n’est à peine ou pas du tout mentionné dans les anthologies maghrébines ou françaises, nous prétendons que le roman de Blanche Bendahan a sa place parmi la littérature juive et maghrébine de langue française.Parmi la pléiade d’écrivains mentionnés par A.Bensoussan, qui puisent tous au trésor d’une mémoire collective pour évoquer leur enfance, leurs parents, leur Orient oublié, Blanche Bendahan s'inscrit pour tracer, dirons-nous, un trait d’union entre les deux LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 maîtres incontestés de la littérature juive francophone: le premier, Albert Cohen, dessine un contexte socio-culturel ou religieux plus près des années trente et des illusions de l’assimilation, et le second, Albert Memmi, est plus sensible au passage de la culture judéo-arabe à la culture française, passage qui coïncide historiquement avec la colonisation.Blanche Bendahan, écrivant de son Algérie natale un livre qu’elle souhaite digne de ses auteurs français préférés, ne renie pas pour autant ses origines tétouanaises.Son roman Mazaltob en témoigne, comme en témoignent également ses articles sur Tétouan et son émission radiophonique réalisée à Oran sur ses ancêtres, les judéo-espagnols.Le rôle joué par les écoles françaises au Maghreb a été très important.C’est “grâce” à elles que s’est faite la libération du héros et de l’écrivain.Le français, en effet, fut pour beaucoup d’auteurs maghrébins l’occasion de rompre les liens qui les unissaient à un passé étouffant.Au-delà des murs du ghetto, ils entrevoyaient un monde nouveau et exaltant.Mazaltob a, toute sa vie durant rêvé de la France, mais elle n’a pu réaliser son rêve (contrairement aux héros des autres romans).Mazaltob représente la révolte de la femme juive qui refuse les lois traditionnelles.Elle qui était destinée à avoir des enfants et à vivre heureuse dans la “Juderia" comme sa mère et sa soeur, nie par son destin le nom même qui lui a été donné: Mazaltob signifie en hébreu "la bonne chance”, “le bon destin”, Fortunée en français.Au moment où elle décide de rompre avec son passé, le courage lui manque.Elle mourra à la “Juderia” de Tétouan, sans être sortie de ses murs, malheureuse et déçue.En ce sens, ce roman nous apparaît comme un roman de l’échec.Par contre, le fait même d’avoir voulu recréer cet univers montre de la part de l’auteur, une volonté de retour vers un passé qui n’existe plus et une certaine nostalgie.Défense et Illustration de Yahasraville Certains parmi vous, et même parmi moi, me disent souvent: “On en a soupé de tes Yahasras.On en a marre de ta nostalgie éculée.On en ras le bol de tes vieux clichés jaunis du temps de Yahasraville”.Les gens polis me tiennent ce langage.D’autres: “Tu sais où tu peux les mettres, tes Regrets, espèce de Du Bellay de pacotille?On en a plein not’ casque de ton simonak de brail-lage, oké?” Il y en a bien d’autres encore, et qui sont beaucoup moins polis, mais ceux-là, la censure n’aurait point permis que je les citasse.Je m’en abstiendrai donc.Qu’il me suffise de dire que le message est sensiblement le même: à bas la nostalgie, à bas les lieux communs, à mort les clichés.Ne voulant pas me lancer dans une polémique sur ce sujet, je proposerai à mes détracteurs -dont je suis souvent le plus féroce- quelques mini-maximes et autres réflexions qui ne manqueront pas d’apaiser les esprits.1- Si la nostalgie est un lieu commun, l’antinostalgie ne l’est guère moins.2- Quand la nostalgie vous énerve, prenez des pilules nostanalgésiques.3- Mieux vaut s’attendrir sur le passé que regretter l’avenir.4- Un bon cliché vaut mieux qu’une photo originale ratée.Bon, je sens chez le lecteur poindre une certaine impatience.Essayons la poésie.Khoya, c’est vrai: le passé ne peut revenir.Jusqu’à l’oubli total il nous faut parvenir.Occupons-nous désormais de notre avenir.Y a wili, y a wili, qu’allons-nous devenir?De tous nos chers projets que va-t-il advenir?Et à tous nos besoins qui pourra subvenir?Une autre guerre, awed, va-t-elle survenir?(Je ne sais pas comment placer “circonvenir”) Il vaut mieux, quelquefois, jouer du souvenir.Et maintenant gallek la conclusion.Conclusion: Riez, cher détracteur.Pourtant, soyez tranquille, Nous nous retrouverons tous à Yahasraville: N’aurez-vous pas vous-même, "un soir,àla chandelle”, La nostalgie du temps où vous vous moquiez d’elle?Solly Lévy 25 Mars 1988 LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 Monde Juif tfotne.tut: 7^ cSéCOU&f, -ù, ^Reùjpenvznt! Une création communautaire exemplaire à l’image de ses fondateurs Si vous habitiez le Maroc et plus précisément Casablanca, dans les années 40, vous avez sûrement assisté à la création du “Home d’enfants MURDOCH BENGIO".Peut-être y avez-vous même contribué par votre appui.moral et financier.Mais.Berechit Bara Elohim : Commençons par le commencement.MURDOCH BENGIO, petit-fils du Grand Rabbin Mordechaï Ben-gio, meurt accidentellement en Juillet 1935.Sa veuve, inconsolable, cherche le moyen de perpétuer le nom de cet homme juste et bon, parti trop tôt.Elle, Celia Lévy, est orpheline de mère depuis l’âge de 7 ans.Une orpheline gâtée et entourée de l’affection débordante de sa proche famille.Donner de l’amour autour d’elle est son leitmotiv et malgré l’effort qu’elle doit faire pour s’occuper de l’affaire commerciale de son mari, l’idée de s’occuper d’orphelins ne la quitte pas, peut-être parce qu’elle n’avait pas eu d’enfants, et qu’elle avait perdu sa mère très tôt.Elle décide donc de s’adresser à l’Association des Oeuvres de Bienfaisance de Casablanca dont le président était le regretté grand philanthrope S.D.LEVY.Elle leur fait remarquer l’absence d’un organisme susceptible de s’occuper de l’enfance abandonnée dans la structure communautaire déjà existante au Maroc.Madame Bengio décrit son programme: aux orphelins de père et de mère, ou de mère, ou aux enfants abandonnés, donner de l’affection avant tout.Les héberger décemment, les nourrir, les éduquer, en un mot, leur donner un chez-soi où ils se sentiront à l’aise sans qu’aucune marque extérieure (uniforme) puisse les cataloguer.Une parcelle de terrain appartenant à sa propre succession aurait pu faire l’affaire, mais il est mal situé.Cependant, forte de l’accueil favorable de l’Association ci-dessus mentionnée, elle fonce, mais elle ne va plus agir toute seule.Une réunion d’amis et sympathisants a lieu et son amie de toujours, Me Hélène Cazes-Benatar, avocate, propose alors que cette maison d’enfants porte le nom “Orphelinat Murdoch Bengio” et que Celia en soit la présidente.Ce fut le premier comité de l’Oeuvre.On en rédige les statuts qu’on envoie accompagnés de la liste des membres aux autorités compétentes en vue d’obtenir l’existence légale de l’Oeuvre.Ouvrons une parenthèse pour dire qu’à la même époque étaient arrivés au Maroc deux bâteaux de réfugiés Juifs européens fuyant le régime nazi, qui furent aussitôt hébergés au local de l’Association des Anciens Elèves de l’Alliance.Me Hélène Cazes-Benatar est appelée par la Région Civile afin de créer le “Comité d’Assistance aux Réfugiés Etrangers”.Main dans la main, Me Benatar et Celia Bengio travaillent pour ces réfugiés et pour les nombreux convois qui ont suivi.Souvent, des personnalités de l’American Joint Distribution Committee, viennent des Etats-Unis pour voir les besoins de ces réfugiés et, par la suite, s’intéressent aux oeuvres de bienfaisance locales.Celia Bengio en profite pour parler de son projet.Un de ses interlocuteurs rappelle l’existence, en Amérique, de tels foyers, donne l’adresse du Père Flanagan qui dirige un home d’enfants abandonnés et lui suggère d’écrire à cet homme généreux.Sitôt dit sitôt fait, elle lui écrit et lui expose son programme pour avoir son avis.Le Père Flanagan répond par une lettre charmante avec des conseils et des détails concernant la marche de cette organisation, lui prodigue des encouragements, et lui souhaite “toutes les bénédictions du ciel”.Coïncidence étrange, le film “Les hommes de demain” où l’acteur Spencer Tracy joue le rôle de ce même Père Flanagan, passe justement sur les écrans de cinéma de Casablanca.Pour s’imprégner de cette atmosphère, Mme Bengio, malgré le deuil Pose de la première pierre du HOME D'ENFANTS "MURDOCH BENGIO” à l'Oasis - Casablanca 14 Décembre 1952.LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 sévère d’où rien ne la tire, revoit trois fois les mêmes scènes.Elle en sort de plus en plus décidée à poursuivre son idée.Mais rien ne peut se faire avant l’autorisation du Gouvernement du Protectorat Français.A la suggestion d’une autre personnalité américaine assistant à l’une des séances du Comité, l’appellation “Orphelinat” est changée par celle de “Home” et, depuis, l’Oeuvre porte le nom de “Home d’Enfants Murdoch Bengio”.Les Statuts sont donc enregistrés.Passé le délai réglementaire de trois mois à partir de leur envoi, la création du Home est tacitement acceptée.Le grand OUF est poussé le 6 novembre 1944.Fébrilement, le Comité se met en branle : il faut trouver un local adéquat, ce qui s’avère difficile.Une villa à un étage pourrait héberger une trentaine d’enfants.Mais il faut l’acheter et la meubler.La vente du terrain de la succession ne suffit pas à couvrir ces frais mais, le Comité du Home ne reste pas inactif.Une voiture est mise en loterie dont les billets seront vendus aussi bien à Casablanca que dans plusieurs autres villes du Maroc.Des fêtes sont organisées qui deviendront annuelles.Les dames du Comité offrent leur maison pour y organiser des parties de bridge, de canasta qui s’achèvent tard dans la nuit: plus on aura ramassé d’argent, plus attrayant sera le foyer destiné aux orphelins.Pendant que tout ce travail s’organise à Casablanca, la soeur de Madame Bengio à Ceuta, à l’âme et au coeur aussi généreux, crée un ouvroir où ces dames confectionnent des trousseaux de toute beauté pour les futurs pensionnaires du Home.Trois grandes malles sont envoyées, bourrées de vêtements, couvertures et chaussures, etc.de la plus belle qualité, qui font l’admiration de ceux qui s’intéressent au destin de nos petits amis.La main de Mélanie Rothschild, artiste incomparable, a bien su traduire leur idéal en créant l’emblème du Home que nous retrouvons dans l’entête de cet article : “Pas le Secours.mais le Relèvement”.Le 6 Juin 1949, il aura fallu donc attendre cinq ans, le Home est inauguré avec quatre enfants.Déjà, une fillette aura passé un an et sept mois chez “Marraine”.Marraine l’éduque, veille sur sa santé et l’entoure d’une grande affection.L’enfant désire absolument l’appeler “Maman”, mais se bute à l’honnêteté de Mme Bengio : jamais elle ne prendra le nom et la place de la vraie mère.En même temps que s’ouvrent les portes du Home M.Bengio, un pré-séjour s’organise ailleurs.La doctoresse, Mme Roublev, .examine et soigne les enfants avant leur entrée au Home, précaution prise pour éviter toute contagion.Le coeur de notre amie “chante”: Et il y a de quoi! Tous les jours, après la fermeture de l’AJDC où elle travaille, Marraine se rend au Home, supervise les uns et les autres mais surtout s’attarde auprès des enfants qui l’accueillent avec des cris de joie dès qu’ils reconnaissent le bruit du moteur de sa petite Renault.Elle les écoute tous avec la même attention et discute patiemment de leurs petits problèmes.Une vie normale s’organise.Tant que les enfants sont jeunes et peu nombreux, ils restent à la “Maison", comme ils appellent le Home.Même des cours sont organisés.Il y a toujours des bénévoles: des instituteurs, des scouts, des animateurs qui s’occupent de ces petits.Plus tard, les enfants sont conduits dans les écoles de l’Alliance Israélite ou à l’O.R.T., selon les cas.Et par la suite encore, l’O.R.T.installe au ¦&* W i Lors de l'inauguration officielle du HOME D’ENFANTS “MURDOCH BENGIO”, Madame Celia Bengio lit son discours.Elle est entourée à sa droite des Rabbins Messas et à sa gauche du Contrôleur de la Région Civile de Casablanca, du Docteur Benzaquen, M.S.D Lévy (derrière), Me Bonan et Me Hélène Cazes-Benatar.Home même un atelier.Qu’un grand hommage soit rendu à travers ces lignes à tous les directeurs qui se sont succédés au Home ainsi qu’à Melle Pinto et à Mme Sol qui ont su maintenir ou créer au Home, cette ambiance de chaude affection familiale dont tout enfant a besoin, rejoignant ainsi l’objectif fixé par les fondateurs.Bientôt les locaux deviennent étroits.Un grand terrain est alors acheté au quartier de l’Oasis.La première villa vendue, une grande et belle maison est construite selon les normes requises par les besoins, afin que les enfants y soient heureux, très heureux.Heureux, ils le sont: la générosité de ces petits coeurs aimants se développe.Marraine se souvient encore ajourd’hui de la petite fille qui ne voulait pas laisser partir une assistante sociale qui s’était occupée d'elle “sans lui offrir quelque chose”(qu’elle avait confectionné elle-même) et de celle qui, à la suite d’une inondation à Casablanca, offre aux sinistrés un de ses plus beaux vêtements.- Tu vas donner cette robe, lui dit Marraine, Pourquoi?Parce que I II IC7I IÙUO, IUI v-lll IVIQI I Cl II IC7, I UUI^UUI .i, dit simplement l’enfant, c’est celle que j’aime le plus.Si vous voulez donner la main à mon imagination, chers lecteurs, elle vous conduira au “Tifereth Banim” maison de retraite pour personnes âgées, à Natanya, où réside actuellement Mme Celia Bengio.Je lui ai rendu visite en Novembre dernier.En remuanttous ces souvenirs, j’ai soulevé beaucoup d’émotion dans ce coeur tendre et affectueux et c’est avec son ineffable douceur que notre amie a accepté de répondre à mes questions.Près d’elle se trouvait un matin Gisèle A., une des pensionnaires du Home que nous avons vu grandir parmi les autres (le Home hébergeait alors 80 enfants, mais sauf erreur, en comptant les groupes qui ont été pris en charge à différentes reprises par l’Aliyat Hanoa, 250 sont passés par la Maison).Avec cette charmante jeune femme installée en Israël depuis 1963 (elle y est arrivée à l’âge de 17 ans), nous avons parlé de tous ceux qui, comme elle, ont partagé la vie du Home.Nous avons mentionné plusieurs de “ses frères et soeurs” comme ils se considèrent tous, qui ont pu quitter le Maroc.(Il n’était plus possible de garder des adolescents dans une institution destinée à des enfants de moins de 14 ans).Gisèle a fréquenté l’école de l’O.R.T.de Paris où elle a reçu une bonne formation professionnelle et elle coud à merveille.Le plus beau souvenir que Gisèle garde du Home?: la bonne LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 25 monde juif éducation qu’elle y a reçue, l’ambiance familiale et la célébration des fêtes.“Voilà ce que je n’oublierai jamais” dit-elle, regardant sa Marraine avec une tendresse toute filiale.Gisèle lui rend visite toutes les semaines, c’est elle qui habite le plus près de Natanya.D’autres viennent de temps en temps ou téléphonent.Tous ont conservé un équilibre tel qu’ils réagissent avec un calme et un courage exemplaires face aux difficultés de la vie.En 1965, pour des raisons diverses, le Home a dû cesser son action.Les enfants qui restaient sont partis, la plupart pour Israël.Mais le Home n’a pas fermé ses portes pour autant et a accueilli entre ses murs la Yeshiva de Ozar Hatorah.Ainsi la mémoire de Murdoch Bengio continue à veiller sur des générations d’étudiants fiers de leur école.Amis lecteurs, si vous passez un jour par Natanya, rendez donc une petite visite à Mme Celia Bengio.Sa douceur et sa modestie vous iront droit au coeur; elle dont l’action a marqué l’histoire de la Communauté juive marocaine.Clémence Lévy Madame Celia Bengio accompagne le Contrôleur de la Région Civile de Casablanca dans le 'lour du propriétaire".Inauguration officielle du HOME D'ENFANTS MURDOCH BENGIO”.LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 PILIERS DE LA PLANIFICATION Derrière l'imposante façade de la rue Metcalfe s'affaire une société plus que centenaire.Elle regroupe, au Québec, un 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l’émergence de l’idée d’un judaïsme préfigurant le christianisme, et qui amorcèrent la décomposition de l’intelligentsia juive, la théologie sans Dieu, et l’inutilité de toute critique des Ecritures à partir de la Philosophie font que Spinoza, malgré son génie reste “un cas” pour le judaïsme.HEGEL ET LES JUIFS “Le système hégélien représente l’aboutissement de la pensée et de l’histoire de l’Occident “ entendues comme retournement d’un destin en liberté, la Raison pénétrant toute réalité ou apparaissant en elle.Le système procède de l’exaltation de l’esprit grec.La pensée universelle ne doit plus se séparer de l’individuel, qu’elle rend intelligible.Un universel séparé n’est plus universel.Il est à nouveau quelque chose de particulier.Le Judaïsme et le Christianisme d’après lui, contribuent à la vérité définitive et comportent des aspects caducs.La conséquence ?.L’argumentation dont se nourrit jusqu’à nos jours l’antisémitisme.Il ne s’agirait, certes, que d’une anticipation de la critique universelle du naturalisme politique ou nationalisme.Un de ses commentateurs écrit : “L’acte par lequel Abraham fonde le peuple juif, est un acte de séparation de tous les liens avec l’entourage.Le Judaïsme est en ce sens l’antithèse absolue de l’idéal hégélien de la liberté, la réalisation de la laideur, comme l’hellénisme l’était de la beauté.L’existence d’Abraham est donc celle d’un être qui se sépare de la nature, comme objet d’amour, et qui la fixe comme objet de besoin.Le Juif n’est pas attaché à une idée, mais à une existence animale.Le Dieu d’Abraham n’est que la bestialité paresseuse de son matérialisme passif”.Ce qui suscite l’indignation de Lévinas, qui souligne : “Quant aux monothéismes issus d’Abraham et se réconciliant dans son sein paternel, les voilà dans de beaux draps" “Devant de telles élucubrations auxquelles se livre celui qui est probablement le plus grand penseur de tous les temps, on se demande si le langage n’a pas un autre sens que celui que lui apportent la tradition grecque et une autre source de sens ; si les représentations - soi-disant non pensées - de la Bible ne comportent pas plus de possibles que la philosophie qui les rationalise mais ne saurait les mettre en congé.Si la pensée absolue capable d’englober les prophètes, c’est-à-dire s’il ne convient pas de sortir du système, fût-ce à reculons, par la porte même par laquelle Hegel veut qu’on y entre” (Difficile liberté Hégel et les Juifs).Dans un article du Monde daté du 5.09.82, Lévinas s’explique peut-être sur cette autre source de sens : “La sagesse inspirée?.Elle est appelée au destin le plus haut, elle peut nourrir un discours auquel, dans une civilisation, tous les autres discours se soumettent.Insistons sur le caractère inspiré de cette sagesse souveraine.Inspiration comme source de sagesse, voilà peut-être une définition de la religion” (Le Monde du 5.09.82).Rosenzweig, critique de l’idée de totalité dans la pensée de Hégel Lévinas emprunte la critique de cette totalité qui fut chère au philosophe allemand.C’est la rupture avec Hégel.Le reste de pensée de Rosenzweig eut aussi beaucoup de séduction pour moi parce que c’est la pensée du Judaïsme moderne, je veux dire du Judaïsme qui a traversé l’assimilation.Ce n’est pas du tout quelqu’un qui n’y est pas entré, c’est un Juif européen qui en est sorti.Il se tourne vers le Christianisme pour y quêter le fondement de l’être.Cete quête lui révèle le Judaïsme.Moderne donc, mais dans un certain sens, moderne d’avant la puberté.J’appelle puberté pour les hommes de notre temps, le fait d’avoir connu l’hitlérisme et l’Holocauste.Il lui manque l’épreuve suprême.Il n’a pas connu non plus l’Etat d’Israël Il y a autre chose que je retiens de sa pensée et qui est essentiel.C’est l’idée d’une réconciliation avec le Christianisme, pas du tout une synthèse, mais une symbiose, ou si l’on préfère, un voisinage privilégié, une vie commune.enrichie par cette symbiose.Par exemple, notre accès à l’art.Le grand art pour lui c’est l’art non juif.symbiose profonde liée à la structure de la vérité.c’est comme s’il y avait un enrichissement supplémentaire” (Lire Lévinas page 105).La rencontre de Chouchani Cette rencontre dit Salomon Malka va modifier le cours de la vie et de l’oeuvre de Lévinas.Irruption qui prend la silhouette d’un rabbin inspiré et génial.Lévinas raconte sa frayeur quand “une nuit, ayant entendu frapper à la porte, j’ai découvert un homme hâve, amaigri, qui n’avait pas mangé depuis trois jours et réclamait qu’on l’héberge.A mon retour de captivité dans le camp nazi en Allemagne, j’ai rencontré le géant de la culture traditionnelle juive.Il ne vivait pas le rapport au texte, comme un simple rapport de piété et d’édification, mais comme un horizon de rigueur intellectuelle.Cet homme-là, qui avait l’aspect d’un clochard, je le place à côté de gens comme Husserl et Heidegger” (lire Lévinas page 54-55).“A côté de son génie, de ses connaissances et de sa puissance dialectique, tout pâlit.Il fut un maître du Talmud dur et impitoyable.Lévinas connaissait surtout l’Aggada.Chouchani lui conseilla de lire LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 aussi la Halacha qui est essentielle.“Ce qui ne voulait pas dire qu’il faille la prendre pour un tissu de symboles ou d’allégories.Il faut la lire aussi avec de l’imagination.Il pensait qu’il ne faut pas construire ni spéculer dans l’abstrait.11 faut penser à des mondes qui sont évoqués par chaque image du texte c’est alors que le texte commence à parler”, (idem page 106).Ce fut pour Lévinas le point de départ de ses fameuses leçons talmudiques : “La constitution du Talmud demeure pour nous essentielle.La vraie mesure de l’esprit juif et de la cabbale nous y est donnée.S’il n’y avait pas de Talmud, il n’y aurait pas de Juifs”.Le Judaïsme religion de la tolérance “Le professeur Jankélévitch fit jadis un exposé éblouissant de verve et de vérité sur la philosophie de la tolérance.Un grand savant spécialiste d’une grande civilisation monothéiste eut des barbarie des siècles obscurs?” Le lien entre la foi et le glaive ne définit-il pas la vérité religieuse comme telle?.N’atteste-t-il pas la mort de Dieu ?Réflexions d’une grande portée : Elles dénoncent un vieux préjugé de philosophes.En découvrant la dignité du pouvoir rationnel, ils reléguèrent parmi les opinions, les autres savoirs.Ils méconnurent le privilège de la foi.Comment dès lors choisir entre la religion et la tolérance ?Pour sortir de ce dilemme, il faudrait peut-être reconnaître que les temps modernes se définissent par la fin des guerres de religion.“Les justes et toutes les nations ont part au monde futur”.“C’est vous seul que j’ai choisi entre toutes les familles de la terre” dit Amos.C’est pourquoi je vous demande compte de tous vos péchés”.Mais ce fait transforme le Judaïsme en religion moderne, en religion de la tolérance.Et, en ce sens, il n’a pas été dépassé par les religions issues de lui.car par sa subsistance entêtée, il a certainement contribué à la réhabilitation de la tolérance dans la pensée chrétienne et islamique et en a apporté le message à tout le monde moderne”.(Difficile liberté page 241 - 244).“Le principe rabbinique selon lequel les justes de toutes les nations participent au monde futur.affirme la possibilité de cette intimité ultime par-delà des dogmes affirmés par les uns et par les autres, l’intimité sans réserve.C’est là notre universalisme.Dans la caverne où reposent les patriarches et nos mères, le Talmud fait reposer aussi Adam et Eve : c’est pour l’humanité tout entière que le Judaïsme est venu.L’idée d’un peuple élu ne doit pas être prise pour un orgueil Elle n’est pas conscience de droits exceptionnels mais d’exceptionnels devoirs.C’est l’apanage de la conscience morale elle-même.Chacune des familles spirituelles a enseigné l’universalisme au monde.Nos destins essentiels sont amis.Il est le don peut-être surnaturel de voir l’homme absolument semblable à l’homme, sous la diversité des traditions historiques que chacun continue.Il est une école de xénophilie et d’antiracisme.Mais il est davantage : il oblige autrui à entrer dans le discours qui va l’unir à moi.L’Islam est avant tout l’un des facteurs principaux de cette constitution de l’humanité.Sa tâche a été ardue et magnifique.Il a essaimé dans trois continents.Il a uni des peuples et des races innombrables.Yéhuda Halévy, écrivant en arabe, a exalté la mission de l’Islam.Cette reconnaissance est vivante dans chaque Juif digne de ce nom.Car le Juif, et c’est peut-être une de ses définitions, est l’homme que les soucis et les luttes du moment laissent à tout instant disponible pour un dialogue sur les hauteurs, c’est-à-dire pour la parole d’homme à homme” (Idem page 245-251) Le Dieu d’Israël c’est le Maître de justice des Esséniens.Il ne peut se charger des péchés des hommes.Dieu impuissant pour sa gloire et pour la nôtre.Il assure l’indépendance de l’esprit et du comportement.La notion d’Israël désigne une élite qui se définit par certaines propriétés, une certaine notion d’universalisme, qui en élargit le sens pour s’appliquer à tous les hommes.L’idée d’une humanité unie dans un même destin, est une révélation mosaïque qui, battant pavillon chrétien, s’impose aux rivages les plus éloignés.Rien de plus dérisoire que le Juif installé, attaché à toutes les vanités du monde, oublieux des enseignements difficiles et se prenant pour une conscience prophétique” (autrement dit, qui se sent inspiré par d’autres modes de pensée).Précisant cette idée de Lévinas, il est permis d’ajouter que tout Juif, conscient de sa judéité, doit se considérer comme porteur d'une tradition, d’une culture, d’un héritage spirituel qu’il a le devoir de transmettre autour de soi et à ses proches, si vraiment il désire se comprendre et se voir tel qu’en lui-même l’histoire du Judaïsme l’avait façonné.Mais revenons à notre penseur : “La sagesse juive est inséparable de la connaissance des textes bibliques et rabbiniques ; la langue hébraïque dirige l’attention du lecteur.vers le plus profond de l’Etre.Le Judaïsme ne peut survivre que s’il est reconnu et protégé par des laïcs qui, en dehors de tout Judaïsme, sont les promoteurs de la vie commune des hommes.L’identité juive n’est pas une douce présence en soi, mais dans la patience et la fatigue, une nuque raide qui supporte l’univers.situer le Juif dans l’actualité amène à une réflexion radicale.l’éternité juive n’est pas le privilège d’une nation orgueilleuse et portée aux illusions.Elle a une fonction dans l’économie de l’Etre.Les cathédrales intérieures bâties depuis quatre mille ans, dans les textes, doivent ressurgir à l’horizon.ces vieux textes enseignent l’universalisme épuré de tout particularisme de terroir” (Difficile Liberté).La philosophie première est une éthique Sartre pensait à écrire une morale.Elle est restée à l’état de projet.Quant à l’éthique de Lévinas, on la trouve comme thème à expliciter dans toute son oeuvre : “Ma tâche, écrit-il, ne consiste pas à construire l’éthique.J’essaie seulement d’en chercher le sens.L’expérience irréductible et ultime de la relation me paraît être, dans la face des humains, de la Société en sa signification morale.La moralité a une portée indépendante et préliminaire.Le visage parle.Ce n’est pas l’assemblage d’un nez, d’un front, d’yeux, etc.il est tout cela certes, mais prend la signification de visage par la dimension nouvelle qui l’ouvre dans la perspective d’un être.Tu ne tueras point est la première parole du visage, un ordre comme si un maître me parlait.C’est dans l’éthique conçue comme responsabilité que se noue le subjectif.J’entends la responsabilité corne un respect pour autrui, qui me regarde et j’en suis responsable.Cela veut dire que je suis responsable de sa responsabilité.Dire me voici, faire quelque chose pour un autre, donner, être un esprit humain, c’est cela.Autrui est-il responsable à mon égard ?Peut-être.Mais cela c’est son affaire.En ce sens, je suis responsable d’autrui, sans attendre la réciproque.“Nous sommes tous responsables, de tout et de tous devant nous, et moi plus que les autres disait Dostoïevski”.La substitution pour autrui assume la condition - ou l’incondition LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 société 30 - d’otages .Elle répond jusqu’à expier pour autrui.Ma responsabilité est incessible .Personne ne peut me remplacer.Cette charge suprême est la suprême dignité de l’Unique” (Ethique et infini page 71-91)."La multiplicité des hommes et la présence des tiers à côté d’autrui conditionnent les lois et instaurent la justice.L’exigence éthique est insatiable.Elle est exigence de sainteté.Personne ne peut dire "J’ai fait tout mon devoir, sauf l’hypocrite".’’C’est en ce sens qu’il y a une ouverture au-delà de ce qui se délimite.Telle est la manifestation de l’infini.Le témoignage éthique est une révélation, qui n’est pas une connaissance.La manière dont l’autre ou l’infini se manifeste dans la subjectivité est le phénomène même de l’inspiration.Je pense le prophétisme comme un moment de la conduite humaine elle-même.Que la Bible soit le résultat du prophétisme, qu’en elle, le témoignage - je me dis l’expérience - éthique, déposé sous forme d’écritures, de cela je suis convaincu" (Idem page 101 à 113).“On peut aller plus loin : montrer d'une façon systématique, le passage de l’idée de l’infini à la concrétude de la relation éthique.L’éthique en nous se concrétise dans ma relation à l’autre homme ; dans la sociabilité.responsabilité pour autrui.responsabilité que commande dans le visage d’autrui - à la fois, sans défense et si fort - un Dieu inconnu.Mais dans ce rapport àl’autre homme, dans ce rapport éthique, je suis précisément en rapport avec Dieu.N’est-ce pas là le fond spirituel de la conjonction de l’homme et de Dieu ?Rapport à Dieu dans mon rapport à l’autre homme - thèse qui n’a rien d’abstrait, car elle est l’enseignement principal de la sagesse biblique” (Le Monde du 5-09-82).Au sujet de l’Etat d’Israël, dont la création par l’O.N.U.était due, comme l’avait noté la presse de l’époque, au désir des chefs d’Etats des grandes puissances de racheter leur coupable silence durant la seconde guerre mondiale, devant le barbare génocide perpétré par les Nazis à l’encontre des Juifs, Lévinas écrit : “Après vingt siècles d'existence anachronique, le Judaïsme redevenait le théâtre de la Divine Comédie.C’est à ce niveau que se fondait l’Etat d’Israël.Il ressuscitait en 1948, dans un défi lancé à toutes les probabilités, sociologiques, politiques, historiques.Une victoire religieuse prolonge comme un empire illimité, jusqu’à un vertigineux passé, la modeste étendue de son territoire.Le peuple juif réalise donc un état dont le prestige tient à cette religion que la vie politique supplante.Justice comme raison d’état, voilà la religion.L’Etat d’Israël accomplit le retour d’une possibilité d’abnégation.Voilà, de nouveau, comme à l’époque où on préférait le bûcher au baptême, une valeur juive qui, au plus assimilé apparaît digne d’un ultime sacrifice.L’Etat d’Israël constitue, en ce sens, le plus grand événement du Judaïsme moderne” (Difficile liberté page 302-314 Conclusion Les règles morales appartiennent à la catégorie de l'intemporel.La morale du Judaïsme a certainement exercé une influence non négligeable sur les conceptions éthiques les plus élaborées.Spinoza pensant que “l’amour intellectuel de Dieu et le désir du bien conduiraient à la béatitude” ne manquait pas de dire que “la parole de Dieu doit être un principe d’amour et d’union des hommes”.Et Kant, qui fondait la morale sur “une liberté supranaturelle, LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 enveloppée de mystère”, faisait une place honorable aux commandements bibliques de la justice.Quant à Lévinas, il est judicieux et précis : “Le Judaïsme a démystifié l’univers et désensorcelé la nature pour avoir découvert l’homme dans la nudité de son visage”.Le visage humain est partout et le fut toujours “Devant moi, il m’ordonne d’en être absolument responsable, au péril de ma vie”.Croyants ou libres penseurs, tous ceux qui ont appris, dès l’enfance, que Dieu créa l’homme à son image, peuvent penser logiquement avec Lévinas que : “ma relation avec le Visage est d’emblée éthique Léon Blum publia jadis un important livre politique sous le titre : “A l’échelle humaine”.Ce titre pouvant aussi bien s’appliquer à une éthique, il est n'est pas interdit de penser que la conception éthique de Lévinas mériterait une telle appellation.MICHELLE SAADA .EDACTEXTem Traduction — Rédaction — Traitement de Textes Correction d'épreuves et revision de textes 3505, Edouard-Montpetit, #304 Montréal, Québec H3T 1 K6 Tél.: 342-0424 Charles International CONSULTANT EN IMMIGRATION ET EN INVESTISSEMENTS RELATIONS PUBLIQUES CHARLES LUGASSY 1010 Ste.Catherine O.Suite 920 9e étage Montréal, Québec Canada H3B 3R7 Tél.: (514) 875-1437/1438 Telex: 05562426 CHARINTER MTL.B.P.981, St.Laurent P.Q., Canada H4L 4W3 Avec les compliments de JACQUES BARCHECHAT 111 CHABANEL OUEST, SUITE 705A MONTRÉAL, QUÉBEC H2N 1C8 TÉL.: (514) 383-8600 ALEPPO CHRONICLES The Slory of llte Unu/i** bepluirJeein of //*«» Ancient Neni Cjhi — 1*1 Their Own lNonii JOSEPH A.D.SUTTON Introduction by Raphae! Potai ALEPPO CHRONICLES The Story of the Unique Sepharadeem of the Ancient Near East-in Their Own Words by Joseph A.D.Sutton Introduction by Raphaël Patal It is only in recent years that Sephardic Jews captured the attention of the world-at-large.Native Sepharadim of the Near East and Middle East were compelled to flee from the cities where they had lived uninterruptedly for more than 2000 years.Joseph A.D.Sutton’s Magic Carpet: Aleppo-in-Flatbush deals with the ancient and modern history of these Jews of Aleppo and Damascus, Syria and the extraordinary community they established in Brooklyn, details of which are dramatically and significantly brought to light.Members of the Flatbush community are indistinguishable from other well-dressed.New Yorkers, and are, on an average, perhaps more successful in their commercial and other enter- Aids Epidemic and Prevention The incurable AIDS virus is spreading exponentially in all parts of the world as it moves from high risk groups - homosexuals and intravenous drug users - to the general heterosexual population.There is no reason to suppose that Jews are any less likely to contract AIDS than the general population.Israel’s Minister of Health Shoshana Arbelli-Moslino has disclosed that as of Sept.30,1987 there were 45 cases of AIDS in the Jewish state of whom 33 have died.The growing theat of AIDS has prompted B’nai Brith International to establish a project to teach its members, their families and others what AIDS is all about, how to support victims and their kin, and how to avoid prises.At the same time the Syrian Sepharadim retain the customs and religious traditions of Aleppo with remarkable envied fidelity and have created the most homogeneous and vibrant Sepharadi community in the entire world.There are not many Jews left in Syria, prisoners of the anti-Zionist, anti-Jewish authorities.Soon the memory of ancient Jewish life and history there will have vanished.Accordingly, Sutton spent seven years researching and recording the oral life-stories and memories of close to 50 individuals from Aleppo (the author’s bith-place 80 years ago) and Damascus for his new book Aleppo Chronicles.Some had emigrated early to New York, others are recent refugees.Many settled in Egypt, Lebanon, Manchester, England, Mexico and countries of South America.Those residing in New York and visitors from other lands were sought out to recount their early recollections, life-stories and sometimes hazardous experiences to be recorded “in their own words.” To provide a background for their oral biographies, an over-view is given of Syrian Jewish history from ancient times to the colorful and extraordinary community of Aleppo-in-Flatbush.Additionally, a miscellany of Near East Sephardic material deals with the adventures of the awesome sacred Aleppo Codex.In an effort to preserve an acquaintance with Arabic-now in danger of complete erosion in the community- a small section provides simple Arabic vocabulary, common phrases and 150 proverbs-witty, wise and sometimes wickedly cynical-with transliteration and English translation.Readers-particulary those with knowledge of hebrew or Arabic as well as the curious-will find delight in this section.Everyone will be entertained and enriched.Early readers of this book have attested that they “couldn’t put it down” while a few stated that they "read it through the night.” The first work in the Aleppo Series, Magic Carpet: Aleppo-in-Flatbush, The story of a Unique Ethnic Jewish Community (1980, 1983, 1986), with a foreword by the great S.D.Goitein, is a detailed, fundamental and acclaimed study of the colorful and little known Near East Sepharadim> The new work Aleppo Chronicles, adds rich original material to the earlier book.The world-renowned antropologist, Raphaël Patai, liked Aleppo Chronicles so well that he conferred the Introduction to the book and concludes it by saying, “I enjoyed reading Aleppo Chronicles enormously, and I learned a lot from it ” Scholars will find interest in its history, sociology, folklore and religion.Books are available from THA YER j j JACOBY, Publishers, 1432 East 9 th 3* Street, Brooklyn, NY 11230.Magic Carpet: Aleppo-in-Flatbush lists for $20.00 and Aleppo Chronicles at $26.oo.Postage and handling $1.50 per volume catching the fatal disease.The factual guide, entitled “AIDS-We Care”, is available to B’nai Brith lodges, the B’nai Brith Youth Organization, B’nai Brith Hillel houses on university campuses, community groups and the general public.Designed by the Commission on Community Volunteer Services, the project encourages B’nai Brith members to plan educational programs with both their groups and the wider community.In addition, there are suggestions on how to support AIDS victims and their families, information about preventing the spread of the virus and reprints of articles about various jewish approaches to the disease.If it’s a human agenda, it is our agenda.And, like it or not, jewish kids, as well as adults, are getting AIDS.The purpose of this program is to help save lives.The Talmud teaches us that he who saves one life, it is as though he has saved the entire world.It is our obligation to help combat AIDS, and if by doing so we can save even one life, our efforts will be rewarded.For further information, contact B’nai Brith Canada, 15 Hove Street, Downsview, Ontario M3H 4Y8 or phone (416) 633-6224.Dr.Brian Feldman * Brian Feldman is President-elect of B’nai Brith Canada.LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 monde juif Trois-Quarts de Siècle Pêle-Mêle 1918-1988 C’est ainsi que s’intitulera le livre que Salomon Benbaruk projette de publier prochainement.En effet, nous avons appris avec beaucoup d’intérêt que M.Salomon Benbaruk, membre de notre Conseil d’Administration et dirigeant communautaire de la première heure, s’est attelé depuis quelques mois à la rédaction d’un volume.Il y relate les événements qu’il a vécus à Casablanca depuis sa naissance jusqu’à son émigration, à Montréal, en passant par la vie scolaire, sportive, communautaire, politique, sioniste de sa ville natale.En première partie il décrit des faits réels, survenus à des personnages réels qu’il a connus pendant une quarantaine d’années.Le livre n’est pas du tout autobiographique, mais l’auteur ayant eu à jouer un rôle dans certains événements,! en parle forcément.Cette partie est remplie d’anecdotes et chroniques dont quelques unes étonnantes.Elles paraîtront étranges à nos jeunes générations qui n’ont pas connu cette vie du Mellah très typique de l'époque.Elles intéresseront sûrement les anciens qui retrouveront des souvenirs lointains avec des détails savoureux.Toute une vie d’une population juive encore en évolution se déroule comme un reportage rétrospectif.De cette première partie, et comme d’un tremplin, nous plongeons lentement dans la deuxième partie différente dans le style et la narration, qui traite de l’émigration, de l’idée à la réalisation et l’enracinement à Montréal.Elle parle surtout de la naissance de cette communauté, ses débuts, ses efforts pour se reconstituer.Elle met en scène les personnages qui ont été les artisans des institutions qui en sont l’infrastructure.Les faits saillants sont soulignés.Cette deuxième partie qui ressemble plus à un coinpte-rendu journalistique se veut un survol, sans détails excessifs de l’évolution et du progrès de notre Communauté dans tous les domaines.Nul doute que la population en général, et les immigrants qui sont arrivés plus tard,y trouveront matière à réflexion et surtout une information à caractère général intéressante à posséder par tous.L'auteur avertit bien qu’il ne s’agit ni d’un ouvrage à prétention littéraire, ni historique.Ce n’est ni un roman, ni des légendes, mais un recueil de souvenirs vécus, souvenirs qu’il veut-partager avec ses coreligionnaires.A l’appui de ses récits, Salomon Benbaruk dispose d'une documentation très fournie, de photos éloquentes dont il illustrera le livre.Un ouvrage de cette sorte manquait à nos bibliothèques; il enrichira certainement nos archives.Souhaitons lui un bon accueil.Ml KVE "Mon bien-aimé est pour moi Et je suis pour lui” Il faudrait s’informer Sara: 733-6413 -VOUS M*trv.s.w SéP^a(ad®eef ttoùW d®s otages, ua % ans uwes-dossier OePV'! -tlrevue».dîL ^VéwdeS’.dulS*s|fpou^uWre deS e.,rt’hu», La 1 afln de P°u sur jétudu- ^ujoutd^ \,°us -, utd’hMUl - , Y>eso'^ - w\van'e pouï SOU \ene* LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 Naissances- Stella (née ABENSUR) et Jonathan SHECTER sont heureux d'annoncer la naissance le 28 Avril 1988 de: Jerémy Gabriel Evelyne et Mauricio GUITTA sont heureux d'annoncer la naissance le 19 Février 1988 de: Alain Alain, frère de Nathalie et Vanessa Judith et Jo BUZAGLO sont heureux d'annoncer la naissance le 30 Avril 1988 de: Valérie Sarah Joëlle (née HAZAN) et Isaac MIMRAN sont heureux de vous faire part de la naissance le 29 Juillet 1987 de: Sarah petite-fille de Jacqueline et Léon Hazan Valérie (née LEVY) et Dany AMAR sont heureux de vous faire part de la naissance le 8 Mai 1988 de: Alexandra petite-fille d’Arlette et Sauveur Levy.Fiançailles- Nos félicitations à: Esther Marques et Henri Bensimon à l'occasion des fiançailles de: Serge Bensimon avec Laurence FHIMA Fille de Viviane et Isidore FHIMA célébrées le 19 Juin 1988 Mariage Nos félicitations à: Salim AZRA de Montréal et William SLATER de Los Angeles à l'occasion du mariage de: M 1 K V E Rosette et Jeff L'amour Nécrologie entre époux, Nos condoléances à: un trésor Mme Mathilde GABIZON, Claire GOZLAN, Flora PEREZ, Violette LANGEVIN, Albert & Jacques GABIZON, à l’occasion du décès de: à préserver M.VIDAL GABIZON survenu le 23 mai 1988.Sara: 733-6413 Mme AMAR, Mmes Gilberte BERDUGO, Myriam PEREZ, Gaby DAHAN, MM.René et Robert AMAR, à l’occasion du décès de: M.Elie AMAR en mai dernier à Nice.aux familles de: Bella ANIDJAR décédée Ie15 Février Jeanette CADOCH décédée le 29 Février Jacob AMSELEM décédé le 24 Mars Simy BENICHOU décédée le 24 Mars Joseph AMGAR décédé le 25 Mars Léon SERFATI décédé le 13 Mai Simha PETITO ASSERAF décédée le 17 Mai Zorah FHIMA décédée le 26 Mai Suzanne EDERY décédée le 2 Juin LA HEVRA KADISHA DE LA COMMUNAUTE Au service des familles et des congrégations veille des malades TAHARA- FUNERAILLES AUCUN FRAIS Permanence téléphone: 731-3334 733-2365 Les congrégations peuvent, sur demande assurer le cérémonial des obsèques.33 LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 carnet courrier du lecteur Le Rêve et la Passion 34 Ottawa, ce dimanche 28 février 1988 J’ai suivi votre conseil et me suis retourné vers mon passé pour revivre les circonstances qui ont entouré mon engagement dans la Guerre de l’Indépendance.Il ne s’agit que d’un modeste témoignage d’Ottawa, au sein de ce gigantesque effort du peuple juif, et dans le contexte de la solidarité qui unissait ici-même la communauté juive autour de cet espoir passionné de notre époque: le Milhemet Hashichrur.Je déambulais donc le long de la rue Rideau par une belle journée du printemps 1948, quand je fis la rencontre d’un ami, Shaya Butovsky, qui m’annonça les nouvelles déjà entendues à la radio, portant toutes sur la marche des événements en terre d’Israël.Sachant que j’avais acquis une formation de navigateur à bord de bombardiers durant la Deuxième Guerre Mondiale, il me mit tout de suite au défi de me porter volontaire dans cette jeune Guerre, ce que je fis.Dès le jour suivant, j’étais à New York, sans fonds ni ressources; je disposais toutefois d’un numéro de téléphone précieux, le signalement duquel m’apporta des résultats immédiats.J’étais déjà en route vers ce pays d’Israël, en compagnie de six autres recrues.KLM-Rome via Amsterdam.A Rome nous apprîmes la triste nouvelle que l’un de nos grans héros de la Deuxième Guerre Mondiale, l’As de l’aviation Buzz Beurling, avait péri au décollage, dans son départ comme volontaire en Israël.Pour moi la mort de Buzz Beurling symbolisera le premier tribut payé à la fatalité dans cette Guerre de l’Indépendance.S’envoler vers Israël n’était pas chose facile à l’époque.Après maintes journées d’attente et bien des tentatives infructueuses, “nos gens” purent enfin noliser un petit avion tchèque prêt à nous conduire là-bas.Nous atterrîmes de nuit, sur le petit aéroport de Haïfa.Ce fut le plus grand moment de ma vie.Dès que je mis le pied sur le sol d’Israël, je me sentis profondément saisi par le sentiment de l’histoire en marche.Le rêve ardent de mon époque serait bientôt vécu.En un rien de temps nous étions tous cordés à l’intérieur de l’une de ces vastes Chryslers, en route pour Tel-Aviv.C’était par une belle nuit de lune.Mes yeux ne pouvaient se remplir assez du paysage qui m’entourait: le Mont Carmel d’un côté et la mer de l’autre, Nous nous sentions enthousiastes, pressés d’agir, presque fiévreux.Bientôt nous serions à Tel-Aviv et à Tel-Nof.Mais les choses ne furent pas aussi simples.Les troupes britanniques étaient en voie de retrait.La route Haïfa-Tel-Aviv était bordée, çà et là, de détachements anglais, pendant que d’autres se déployaient encore sur des positions stratégiques.Notre vieille guimbarde de Chrysler devait faire halte à tout moment pour inspection de ses occupants et vérification des pièces d’identité.A l’époque en effet régnait là un embargo des Nations Unies touchant le personnel et le matériel militaires.A tous les postes de contrôle on nous demandait si nous étions du personnel militaire, à quoi, bien sûr, nous affirmions toujours nous diriger vers Jérusalem (en état de siège), pour études dans une école rabbinique.Cette réponse semblait convaincante puisque certains d’entre nous portaient en effet la barbe.mais parlaient par ailleurs avec un accent de Brooklyn qui ne manquait pas d’intriguer nos interlocuteurs.Chaque fois, cependant, ces militaires arborèrent un sourire de compréhension, nous laissèrent poursuivre notre itinéraire et nous souhaitèrent “Chalom”.Tel-Aviv au milieu de la nuit, la mer précipitant ses vagues qui atteignaient presque la rue Hayarkon en bordure.Nous étions arrivés.Le Park Hôtel était là pour nous accueillir, mais nous étions bien incapables de dormir.Nous passâmes la nuit à errer le long du rivage et des rues désertes avoisi- nantes pour tout voir, absorber tout ce qu’il était possible avant même le lever du jour.Bientôt nous fûmes à Tel-Nof, El-Arish, Madjal, Falooja, Tulkarm, Eilat, Sedom, Catania, Ajaccio, en Tchécoslovaquie, en Yougoslavie, à Tel-Nof, en Tchécoslovaquie, à Tel-Nof, Tel-Nof, Tel-Nof.Hôtel Bristol, Katy Dan, “Birma Road”, Jérusalem, ô Jérusalem! Et toujours l’omniprésence de notre chef Al Schwimer.Quarante années.Me penchant aujourd’hui sur cet anniversaire de rêve, la seule chose qui me vienne au coeur c’est le bonheur d’avoir vécu cette grande Passion de notre époque.Si je ne l’avais pas fait.sans doute n’aurais-je pas vécu du tout.Maurice Beck En janvier 1970, Morris Beck était honoré par l’Etat d’Israël en raison de sa participation à la Guerre de l’Indépendance de ce pays.Courrier des Lecteurs Dans la dernière parution de l’Action Nationale Volume LXXVIII numéro 4 d’Avril 88, la Communauté Sépharade du Québec a eu l’agréable surprise de constater qu’il y était fait l’éloge de “La Voix Sépharade”, sous la plume de Claude Poisson.Ce dernier, en effet écrit que “par certains dossiers, “La Voix Sépharade” est de nature à enrichir notre connaissance du milieu montréalais et à ouvrir les horizons sur le monde”.Monsieur Claude Poisson qui apprenait la création de l’Union Mondiale des Juifs d’expression française par le numéro de Novembre 1987 de “La Voix Sépharade” dit, d’autre part, qu’il y trouve une information très nuancée, modérée et un recul remarquable devant les grandes tendances de l'évolution culturelle et linguistique de notre planète.Bravo à toute l’équipe de “La Voix Sépharade” LA VOIX SÉPHARADE, JUILLET-AOÛT 1988 IF YOU’RE A SENIOR or know someone who is, this is the guide to government services you’ve been waiting for.*\
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