La voix séfarad /, 1 février 2003, Février
ouimnuiiaute sepnaraue au - '-«aiiaua UNE PUBLICATION DE LA COMMUNAUTE SEPH ïV:';Ù'y xq.uo\4 :i-1 ° H sru ç ltfNOIlÿN 3n03H10I" Odd G Premier colloque international de l’Institut de la Culture sépharade IDENTITÉ SÉPHARADE ET MODERNITÉ du 25 au 27 mai 2003 Montréal, (Québec) Canada POSTES CANADA CANADA POST Port payé Postage paid Poste-publications Publications Mail 40011565 MiMMMMMMMMMHMMMMM MMIMMMMMI \ ^ÊÉÈ -r ' I ^ .sic» TRAITEUR iatt Koskft: H?(Raffinement.djécfance.^eur séduire vos invités.cwau de (Pâte Qdbt-ééuc 2e eb 'T’ow 2e 'P’rip.SSS-oSSS î’oar ^ous mettre toü è 1st touche, www.lamarguerite.com Informations & Réservations 481-4888 Or Hahayim : 5700, Einstein Côte St-Luc m-M •* gCatt kgsfitr Ai\s "péjctL.3450, Drummond, Montréal Tel.844-6888 / 844-0203 Fax 844-1204 www.el-morocco .corn Visitez notre boutique.PIMANcED E-T iue DEMATE Beignets JSÆouftetas * 19 Q ^UR-ME-T Grtefcfc fissia au 6630, Cft.Côte St-Lt (Prés du B oui.Cavendish] Téi: (514) 488-4111 Fax: (5x4) 488-9698 *rêt À Manger pour chabbat ET TOUT LE RESTE DE LA SEMAINE.wn'w.lamarguerite.coni MCHU e6?MPLE-T PVUIZ.Ltô rtTE-^ $oukD£erïe, "PHlsssrle, YieDDoiserie, Etc sommaire is LA VOIX SÉPHARADE est une publication de la COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC i, Carré Cummings - Suite 216 Montréal (Québec ) Canada H3W 1 M6 Tel.: (514) 733-49 98 Télécopieur: (514) 733-3158 Courrier électronique: info@csq.qc.ca Internet: http://www.csq.qc.ca http://www.lavoixsepharade.com Président de la Communauté: Ralph Benatar Directeur général intérimaire: Elie Benchétrit Comité de Rédaction Annette Paquot, Roger Elmozino, Jean-Charles Chebat, Alain Klotz Ont collaboré à ce numéro Amnon Suissa, Yossef Tolédano, Djamila Addar, Elie benchétrit, Claude Elbaz, Léa Soussana, Alain Klotz, Sylvia Assouline, Judah Castiel, Esther Micoud, Roger Elmoznino, James Dahan, Jean-Charles Chebat, Annette Paquot, Lois Liverman, Michael Bensemana, David Bensoussan, Viviane Ohana Sandler, Sophie Jama.Eva Soussana, Max Allegro, Raymond Eljarrat, Marcel Mazaltarim, Léo Paul Dana.Traitement de texte: Olga Lecousy, Yvette Soussana Correction: Roger Elmoznino, Viviane Léon Photos: Yossi Berrebi et Archives CSQ Design: Yossi Berrebi Impression: Impart-Litho Expédition postale: Joncas Postes Expert Responsable de la publication: Jean-Claude Léon, 733-4998 poste 3149 Publicité: Todds Communication, Frank Achache - (514) 812-9253 La voix sépharade.tirée à 5000 exemplaires, est publiée 5 fois par an.Les exemplaires sont acheminés par voie postale à Québec, en Ontario et dans le reste du Canada, aux Etats-Unis et à l'étranger.Abonnements (îan - 5 numéros): Québec 26 $, Canada et U.S.A.36 $, Outre-Mer 72 $.ISSN: 0704-5352 Dépôt légal aux bibliothèques nationales du Québec et du Canada.Courrier de 3e classe-Permis 40011565 Les lettres ou articles doivent être adressés au Comité de Rédaction, La voix sépharade 1, Carré Cummings, bureau 216 Montréal, Qc.H3W 1M6 E-mail : jcleon@csq.qc.ca Sous peine d'être refusés, les articles ou lettres adressés au journal doivent mentionner le nom de l’auteur, son adresse complète et son numéro de téléphone.Aucun accusé de réception ne sera envogê et les articles ou lettres non publiés ne seront pas retournés.Pour des raisons d'espace et de clarté, les articles ou lettres pourraient être réduits ou révisés.Tirait / cjLcCIxu.A® DA membre 2003 COMMUNAUTE Hanouka au CHSLD Hanouka à l’hôpital Maïmonide Sepharadic Education in Montreal La mari, drogue douce ?CCJ : Programme des actiivités École Maïmonide : promesse d’un bel avenir La campagne 2002 : un succès incontestable Festival culturel sépharade à Ottawa Le Bel Age sépharade au Centre Berthiaume Tremblay Soirée du nouvel an SOCIETE Humour P20 L’influence du rôle parental sur la réussite d’un 1er emploi p22 L’exploitation des personnes âgées P24 Quand le droit et l’humanisme se retrouvent ! p2Ô ISRAEL Evasion Djerba : la haine gratuite Le crime d’être israélien Amères victoires Le système politigue israélien Le sommet de la Francophonie au Liban Israël-Palestine : vérité sur un conflit MONDE JUIF Première rencontre internationale à Montréal Dyhia : la reine des berbères La Cabale Une construction familiale, ça se réfléchit Vers une vision intégriste du judaïsme Revival in the Baltic’s CULTURE De l’inutile et détestable cruauté des hommes P52 La douce musique des mots justes.Yves Duteil p^8 Un fabuleux interprète de Hava Naguila.Helmut Lotti p6i la voix sépharade I février 2003 I page 3 editorial La communauté et Israël Après de longs mois jalonnés de négociations ardues, le Centre Communautaire Juif et le Y ont enfin signé l’accord qui prévoit une séparation à l’amiable des deux entités, levant ainsi l’obstacle majeur à la mise en place de la fusion communautaire entre : la Communauté Sépharade du Québec, le Centre communautaire juif, et le Centre Hillel francophone.Une nouvelle entité sépharade plus forte, plus ambitieuse est donc à la veille de naître afin de donner les meilleurs services à notre population tout en travaillant étroitement avec la Fédération CJA dans un esprit de fraternité et d’unité communautaire.Il convient de souligner que le mérite de ce résultat tant attendu, revient en premier lieu à une équipe de bénévoles, les présidents en tête, et de professionnels des trois entités concernées, qui n’ont pas lésiné sur les moyens pour parvenir à cette entente que l’on peut qualifier d’historique.L’Histoire, nous dira que nous avons eu raison en unissant nos forces pour mieux servir notre population.Dans la même foulée de bonnes nouvelles, il convient de rappeler à tous nos lecteurs et lectrices que l’Institut de la Culture sépharade, parrainé par la Fédération sépharade du Canada et La Communauté Sépharade du Québec, met les dernières touches à son projet de Colloque international « Identité sépharade et modernité » qui se tiendra à Montréal le 25 et 26 mai prochain avec la participation de professeurs et de chercheurs renommés aussi bien de la scène locale que de l’étranger.Il faut également souligner que la Communauté sépharade du Québec poursuivra la tenue d’événements communautaires dans le cadre de sa programmation.La Campagne de l’Appel juif 2002 est derrière nous avec les excellents résultats que l’on connaît, et voilà que la nouvelle campagne 2003 est déjà à l’œuvre avec de nouvelles équipes en place et de nouveaux président(e)s que nous vous présenterons dans notre prochain numéro.Une autre campagne, électorale cette fois-ci, a pris fin en Israël avec la victoire, annoncée par les sondages et confirmée par les résultats finaux, du parti Likoud et de son leader, le Premier ministre Ariel Sharon.Dans un contexte particulièrement difficile en raison de la multiplication d’attentas terroristes et de la grave situation économique que traverse le pays, la démocratie israélienne a fait preuve de sa vitalité et de sa force en se rendant aux urnes.Le peuple souverain a voté en indiquant ses choix : le besoin de sécurité et également l’expression d’une déception certaine à l’égard de certains partis traditionnels qui a bénéficié au Shinoui, porte-parole de la laïcité.Il n’en reste pas moins que le grand perdant de cette élection reste le Parti travailliste dont le candidat Amram Mitzna essuie un large revers malgré les sympathies et les espoirs qu’il avait fait naître au sein d’une gauche désemparée par les échecs des pourparlers de paix.Nous nous devons d’adresser au Premier ministre Ariel Sharon et au prochain gouvernement, nos meilleurs vœux de réussite et l’expres-sion de notre solidarité fraternelle avec l’Etat et le peuple d’Israël.Le Comité de Rédaction communauté ! \ Hanouka au CHSLD Notre équipe de bénévoles sépharades et, les élèves de grade 5 de l’école Talmud Thora, de Ville St-Laurent, en collaboration avec le Centre hospitalier des soins de longue durée (CHSLD), avons fêté Hanouka en décembre dernier.Dans une ambiance chaleureuse, le Rabbin Abitbol a procédé à Lallumage des bougies en compagnie des élèves et en présence de leur professeur, Nathalie Elkeslassy.Les enfants ont offert un magnifique spectacle de chants et danses pour le grand plaisir de nos aînés.Quelle ambiance! Quel beau mélange! enfants, bénévoles, familles, accompagnateurs(trices) autour des résidents.Avec beaucoup de tendresse et d’émotion, les enfants ont approché et remis un cadeau à chaque résident.Pour terminer l’événement, nos bénévoles ont distribué des beignets, des latkes, boissons et thé à la menthe fournis gracieusement par le Centre, et ceci, tout en écoutant des airs connus, joués par Alain Amzallag, notre musicien bénévole.Un grand merci à tous ceux qui ont participé au grand succès de cette fête.Hanouka à l’hôpital Maimonides C’est dans une ambiance très spéciale que nous avons fêté Hanouka à l’hôpital Maimonides le 4 décembre dernier, en compagnie de nos résidents, des familles, des accompa-gnateurs(trices) et bien sûr, de l’équipe de bénévoles.Quatre cantors, Cantor Yitzak Epstein, Cantor Lipa Giants, Cantor Moshé Shur, Cantor Noam Rakovsky et Marius Baetica au piano ont chanté pour les aînés.Que de voix magnifiques ! Que d’émotions dans la salle ! Encore une fois, merci à tous et à toutes pour la réussite de cette fête. communauté Sephardic Education in Montreal by Michael Bensemana V\L it comes to Sephardic education in Montreal, what choices does a parent have?Not much.Either one sends his children to the French section of an Ashkenazi school or to Maimonide.Not much of a choice, but parents have to deal with that.But recently the choice became even harder because the once stellar reputation of Maimonide has been tarnished.There was a time, not too long ago, that parents, when asked where they will send their children to get a Sephardic education, would answer matter-of-factly “Maimonide.” This has changed.Most now might say: “anywhere but Maimonide”.Why is that?A little background to understand where I’m coming from.I have spent 15 years of my life in Maimonide (or Maimo as most affectionately call the school).For as far as I can remember, I have felt that Maimonide was more than just a school, it has been a family.Thanks to this school and its teachers, I have found a career and was molded into the man I am today.However, I now find that admitting that Maimonide is my Alma Mater comes with a shameful stigma.There are probably many reasons for the tarnishing of the Maimo’s image.Everyone has his theories, and here are mine.First, I have found that in all my years at Maimo, we were never taught to have pride for the institution.All the emphasis was put on turning out doctors, lawyers and accountants, but very little was done to instill school pride in the students or staff.The many administrative committees, that have come and gone, have failed to institute activities that would glorify Maimo.Very little effort was put in building an image.Other schools have alumni associations, fundraisers, reunions and other activities that maintain the school’s presence in the graduates’ minds.Why not do these things?These activities finance themselves and bring graduates together who reminisce nostalgically about the great times they spent at Maimo.This, in turn, makes these parents want to send their children to the school they came to love in their youth.School pride should not start on the day after graduation.It should start in pre-kindergarten.Children should be taught to love their school from the get go.High school sports teams have always been a great motivator.Maimo used to have great soccer, basketball and volleyball teams.By reinstating these or other intramural sports to the school and giving a name to these teams, school pride will surely follow.Athletic prowess la voix sépharade I février 2003 I page 6 has always been a great source of school spirit.Why not have a wall of fame?Another way of instilling school spirit might be to have a school motto or a “Maimo Pride Day.” Why not have exhibitions for budding artists, science fairs for future scientists, concerts for the young musicians, or even annual plays with the profits going to better the school.By enticing the students to share something that they love to help improve their school will surely pay dividends down the road.Obviously, all the activities that I have proposed take time and effort.This means that parental involvement is of prime importance.Parents should understand that school is not a glorified kindergarten and teachers are not merely baby-sitters.They need to be implicated in day-to-day school activities.The school cannot, alone, instill school pride; parents must also do their part.Also, it is important to have a parent’s committee that represents all the parents with a strong, respected, and honest president.Some decisions are harder to make than others.Planning activities within the school is relatively easy.Separating the elementary and the secondary is very difficult.Nonetheless, it is an important decision.It is unhealthy to have hormonally driven teenagers mixing with innocent children.Very few schools have both elementary and secondary in the same campus.When they do, there is usually little to no contact between the two.The toughest decision that need to be and must be made is : to separate.Some parents will not be happy, but with a bus service and some understanding, I know that parents are smart enough to come around.It does seem inconvenient to send Côte-Saint-Luc kids to Ville-Saint-Laurent for elementary and Ville-Saint-Laurent adolescents to Côte-Saint-Luc for high school, but it is the best thing for the students and the teachers.Remember that this was happening before the merger.For many years, during my time in elementary, our parents had to organize carpools to get us to the school, and when I got to high school, we had to take public transportation.Tuition is always a touchy issue, but without money nothing can function.Raising tuition fees is not the solution, but persuading all the parents who can afford it to pay what they owe will definitively alleviate some of the financial pressure that Maimo is “We must praise those who had the foresight to build a school for Sephardic children, but one cannot just sit back, look at the school and think that is enough.A school, like a child, needs to evolve, to change, and to adapt.” under.Maimo is our community school.Some have used its self-imposed rule to refuse no one, to avoid paying the full fee.Shame.If parents do not want to pay for their children’s education, public education is free.If parents want to have quality Sephardic Jewish education and can afford it, they should pay.The last change needed is in the school’s personnel.The school has to start thinking of its aging teachers.They cannot work forever.Many of them will retire, and soon.However, Maimo has put very little effort in recruiting and keeping young Jewish teachers.It is a shame to know that our children will be taught by teachers who come and go because they get better offers elsewhere and feel no emotional attachment to the school.And of course, the body cannot exist without a good head.The direction of the school must be taken charge by strong-willed, qualified people.Those who have been doing the job so far have done the best they could and have, despite all the difficulties, kept the school afloat.Kudos to them! But, like many companies, sometimes a change in direction breaths new life into the said company.We must praise those who had the foresight to build a school for Sephardic children, but one cannot just sit back, look at the school and think that is enough.A school, like a child, needs to evolve, to change, and to adapt.Sometimes it takes one person with vision and gumption to make the tough decisions needed to bring major reform.Maimonide is the last standing bastion of purely Sephardic education.We must protect it at all cost.We all have jobs, family, and very little free time, but some things are so important that we need to make sacrifices.With Maimonide gone, what will become of our rituals and customs?Will we be relega- m ted to having to send our children to Sunday schools, like so many other ethnic and reli- gious groups, to teach our kids who they are and where they came from?I implore all Sephardic parents with children of school age to consider sending their kids to the last jewel of our educational system, rough as it may be, and to get actively involved in school life because change will come from within.We must not just complain and criticize from afar, we must get our hand dirty.Service d'assistance et de Référence Sépharade Quel que soit votre problème • Information • Orientation • Intervention Chaque dossier est traité CONFIDENTIELLEMENT 733-4136 Elizabeth Perez la voix sépharade I février 2003 I page ~] communauté jsiSfls La mari, drogue douce?par Marcel Mazaltarim, M.sc Nos jeunes dans les écoles que nous visitons à travers les activités de GAGE (groupe action jeunesse) clament le caractère inoffensif de la mari pour justifier leur consommation de plus en plus importante.Certains parents nous ont même dit : « Mais il ne fume que du pot, il ne touche pas aux drogues dures.» Il est vrai qu’on la consomme depuis les temps ancestraux.On la prescrit même pour des usages thérapeutiques.On va la légaliser.Bientôt.Mais où est le problème?Cultivé sur les pentes himalayennes 5000 ans avant notre ère, le cannabis est une des plantes les plus anciennement connues de l'homme.L’usage traditionnel du cannabis, comme celui de l'opium à fumer ou de la feuille de coca, n'est probablement pas plus dangereux que la consommation d'alcool.et pourtant.Qu'en est-il de la notion de drogue douce?Il s'agit d'un terme qui me paraît inadéquat et qui me semble compliquer voire brouiller le débat.La légitimité de ce terme suppose que la consommation de cannabis n'est ni addictive ni mortelle, à la différence d'autres drogues, qualifiées de «dures», comme l'héroïne ou la cocaïne.Pourtant, aujourd’hui, il est impossible d'affirmer qu’il est inoffensif.Ensuite de quel cannabis parle t-on?Il en existe d’innombrables variétés dont la teneur en principe actif peut varier de 5 à 40%.Et que dire de celui acheté dans la rue qui peut contenir du cirage, des détersifs, des produits chimiques de toutes sortes et même du cyanure.Mais nos jeunes sont si sûrs de leurs sources d’approvisionnement.«Ils en ont du bon.» Alors pourquoi tous ces dégâts psychologiques, académiques, familiaux et sociaux?Au niveau physique, un joint contient de quatre à cinq fois plus de goudrons et de produits toxiques qu'une cigarette.La consommation peut induire des lésions périphériques importantes.Les effets sur l'appareil respiratoire sont d'ordre allergique (bron-choconstrictdon, crise d'asthme) ou irritatif (toux sèche, sécrétions pharyngées).Sa fumée s'est révélée carcinogène sur des cultures cellulaires et plusieurs chercheurs considèrent maintenant comme acquis que l'usage de cannabis expose à un risque significativement accru de cancers des voies aériennes.Son usage provoque une activation des neurones dopaminergiques du système de récompense/renforcement.Cette stimulation sous-tend le comportement d’abus, toxicomaniaque des consommateurs de THC.De par cet impact sur le circuit de récompense, le cannabis s’apparente à d’autres drogues comme la morphine, l’alcool et la nicotine.Au niveau psychologique, le cannabis est un dépres-seur du système nerveux central : nos jeunes consommateurs démontrent une absence de motivation, un sentiment d’apathie et le désir de capitulation.On constate avec la consommation un désinvestissement familial, académique et social et l’adhésion à des valeurs marginales qui se transforment en mode de vie.Le décrochage scolaire, l’isolement et la dépression sont très souvent associés à une consommation abusive.A fortes doses, cette drogue 'douce' peut induire chez certains des troubles psychotiques aigus, et même des manifestations psychotiques plus prolongées.Alors que faire ?Quoi dire à nos jeunes et à leurs parents ?Celui qui prend un verre de vin deviendra-t-il dans tous les cas un alcoolique?Certainement pas.Celui qui va au casino jouer 10$, va t-il nécessairement y laisser sa chemise ?Pas sûr.La vraie question est de faire la différence entre usage et abus.Le jeune qui fait l’expérience de la mari va t-il développer une dépendance.Peut-être?peut-être pas?Sa consommation expérimentale, d’abord, récréative ensuite peut devenir une habitude, un besoin, un mode de vie, une toxicomanie.Quel jeune peut prétendre avoir toujours le contrôle, ne jamais augmenter ses doses ou ne jamais avoir recours à des drogues plus dures?Qui veut courir le risque de vivre une amère expérience avec une drogue douce.— marcelmazal@hotmail.com la voix sépharade I février 2003 I page 8 La Communauté Sépharade du Québec présente: CARRIÈRE ET PARTICIPATION Notre prochain conférencier sera: M.Jacques Bensimon Commissaire à l’Office national du Film du Canada LUNDI 10 MARS 2003 à 7h30am 1 Carré Cummings, Salle Gelber Un petit déjeuner sera servie Entrée libre Informations: CSQ, Benjamin Bitton Tél: (514) 733-4998 poste 3159 info@csq.qc.ca Ce programme est réalisé grâce à une subvention du Fonds Jeunesse Québec La Communauté Sépharade du Québec Présente Carrière et Participation Prochaine conférence (la conférence se déroulera en anglais) Conférencier sident, CEO Paladin Labs fesseur à l’université McGill et Concordia 1 Carré Cummings, Salle Gelber Une légère c INFORMATIONS: CSQ, Benjamin Bitton T I: (514) 733-4998 poste 3159 ., „ JËntrée libre info@csq.qc.ca lisé grâce à une subvention du Fonds Jeunesse Québec Ce programme est MICHEL ABIT BOL '¦MHreusE: ^5SdJLJMf CCJ : Programme des activités HANOUKA 2002 Cette année, les différentes célébrations de Hanouka ont été une grande réussite au Centre communautaire juif.La fête familiale du 23 Novembre a rassemblé plus de 300 personnes à l'Auditorium Grover pour enchaîner ensuite avec l'événement au Cavendish Mall pour les enfants où plus de 1500 personnes étaient présentes et pour finir avec la célébration de Hanouka au Bel Age le lendemain avec 350 personnes à l'Auditorium Grover.Pour ces occasions, le Centre communautaire juif a invité Ronit et Chalom Band qui ont animé les trois événements avec des chansons israéliennes et de Hanouka.Montréal le 8 décembre dernier.Dix huit Bachelors et bachelorettes ont défilé sous l'enthousiasme du public.Plus de 300 personnes ont participé à cette soirée exceptionnelle.L'animateur MC, Michel Abitbol, a animé la vente aux enchères avec un humour superbe et la vedette montante de la chanson, Valérie Assouline, a interprété deux superbes chansons.Tous les profits engendrés lors des mises et qui totalisent 4000 $ ont été reversés à Israël.Pour commencer les festivités de fin d'année, une grande soirée-party au Club Vatican à Montréal a été organisée le 24 décembre dernier où 700 personnes sont venues danser dans une ambiance extraordinaire.Encore une soirée exceptionnelle Be a Star II a eu lieu au Living Room.Après le succès retentissant de l'année précédente, les Jeunes Adultes ont à nouveau organisé cette soirée qui a été une belle réussite.Plus de 350 personnes sont venues passer le cap de 2003 sous une pluie de cotillons et de champagne dans une extraordinaire ambiance de festivités.ÉVÉNEMENTS DE FIN D’ANNÉE JEUNES ADULTES Un grand Bachelor Auction a eu lieu dans les prestigieux salons de l'hôtel Ritz Carleton à BEL AGE Bye bye à l'An 2002 Premier événement du genre, le réveillon de jour organisé par le Bel Âge à l'Auditorium Grover a remporté un grand succès parmi plus de 180 convives.Une formidable ambiance animée par Le Petit Michel et son orchestre a rythmé la fête sous une liesse de la voix sépharade I février 2003 I page 10 cotillons et de champagne.Un très beau repas de fête a été servi qui a fait le plus grand bonheur des participants.KIF KEF Les jeunes du CCJ ont vécu une extraordinaire semaine à l'auberge Vatikim au Camp B'nai Brith dans les Lauren-tides.Plus que les autres années précédentes, ce camp d'hiver a réunit 160 participants dont 30 moniteurs autour de nombreuses activités récréatives, culturelles et cultuelles.Le Jour de l'An a été célébré dans une ambiance électrique.Une nouveauté cette année, un médecin a assuré une permanence au camp durant le séjour.Les jeunes sont revenus encore une fois enchantés par cette formidable expérience et pensent déjà au prochain camp.Une équipe de Kadimadrih a pu mettre en pratique ses connaissances en moni-torat afin d'acquérir l'expérience nécessaire pour être également moniteur.D’autres activités d’hiver suivront par la suite avec des sports de plein air (patins sur glace, raquettes, glissades) qui auront lieu le 26 Janvier et du tubing au Mont Avila le 2 Février.ACTIVITÉS DE 2003 CHÉLEG Comme chaque année, le Centre communautaire juif propose des cours de ski aux enfants, encadrés par des professionnels dans des domaines skiables de renom.Belle-Neige, Val David, etc.Pendant un mois et demi environ, les cours auront lieu tous les dimanches du 19 février au 2 mars.Une grande nouveauté vient s'ajouter pour 2003 : les parents pourront venir skier avec leurs enfants, initiative conjointe des départements des Jeunes Familles qui permet de faire profiter petits et grands ensemble.Des cours seront également proposés aux parents désirant se perfectionner ou tout simplement apprendre à skier.Egalement cette année, du snowboard et mini-ski viendront s'ajouter aux activités d'hiver.TOU BISHVAT : NOUVEL OBJECTIF POUR 2003 En collaboration étroite avec le Keren Kayemeth Leisrael ou Fonds National Juif (FNJ), le Centre communautaire juif a lancé un projet de plantation d'arbres à Beer Sheva qui formeront le futur bosquet sous le nom de Centre communautaire juif de Montréal.Il s'agit de récolter des fonds pour participer activement au développement d'espaces verts de Beer Sheva.Une campagne de sensibilisation auprès des jeunes mais aussi des adultes débute dès janvier 2003 dans la perspective de collecter un maximum de fonds qui seront reversés au FNJ.Afin de soutenir cette campagne auprès de la Jeunesse, des activités récréatives (chasse au trésor, confection et vente de paniers de Tou Bishvat) sont proposées courant janvier.Le Centre communautaire juif compte sur la générosité de sa population afin que ce projet connaisse un véritable succès dans le cadre de soutien à Israël.PLEINS FEUX SUR LES JEUNES FAMILLES Depuis sa création il y a un peu plus d'un an, le département des Jeunes familles n'a cessé d'étonner par la réussite des activités qu'il a organisé au cours de cette période.Jeunes parents et enfants sont enchantés que des activités variées leurs soient exclusivement proposées.La mission du département semble bien s'accomplir dans le cadre du rapprochement des jeunes familles et des activités parents-enfants dans diverses activités.Toujours dans un élan d'innovations et vu la demande croissante, le département des Jeunes Familles a instauré un service très prometteur de célébrations d'anniversaires.Egalement des activités parents-enfants sont proposées régulièrement dans la programmation.Enfin, des cycles de conférences sont prévus dans les prochains mois.Le département des Jeunes familles s'est fixé de nouveaux objectifs de développement pour 2003.Dans une perspective d'assurer et de développer sa mission, le département des Jeunes familles organise une grande opération de levée de fonds qui aura lieu le 22 mars prochain sous forme de défilé de mode et de vente aux enchères.Cette collecte de fonds servira à défrayer les coûts de participation aux activités pour les familles nécessiteuses.Par cet événement de grande envergure, le département des Jeunes familles a pour objectif de collecter des fonds en allant chercher et en impliquant des partenaires corporatifs ainsi que des donateurs qui viendront soutenir par leur générosité cette formidable entreprise.la voix sépharade I février 2003 I page 11 communauté Lea Soussana « Si transmettre une éducation juive aux jeunes demeure le souci de chaque animateur communautaire, pour moi ce souci devient passion.Avec ténacité et modestie, je veille à ce que ces jeunes emportent dans leurs bagages toutes ces valeurs juives garantes de notre épanouissement en tant qu’individus et de notre continuité en tant que communauté.» James Dahan, Cabri Promesse d’un bel avenir n départ en force, une volonté de réussite, une promesse de succès, voilà ce qui caractérise l’Ecole Maïmonide dans son engagement à atteindre l’excellence.Un enjeu de taille, le défi de l’amélioration, c’est ce perfectionnement que recherche l’École Maïmonide sur ses deux campus, le campus Jacob Safra à Ville St-Laurent et le Campus Parkhaven à Côte-St-Luc.Pour les petits et les grands, place à la nouveauté.Depuis la rentrée scolaire, le secondaire de l’École Maïmonide a compris la nécessité d’une nouvelle répartition des programmes en mathématiques.Cette année, dès le grade 6, on laisse le même programme pour tout le monde mais, on crée des groupes de classe à deux niveaux : un niveau régulier et un niveau accéléré.Ainsi, au fil de leur formation disciplinaire, les enfants sont amenés à apprendre à leur rythme et à évoluer rapidement dès qu’ils peuvent passer au niveau supérieur.Autrement dit, ils sont tous invités à un apprentissage intensif et personnalisé, bonifié par le fait d’entrevoir dans leur apprentissage les bases du niveau qui les suit.L’intérêt d’une telle activité?Prendre de l’avance.Ce type d’encadrement permet de faire gagner temps, énergie et nouvelles connaissances aux élèves en les préparant par anticipation à leur prochain niveau scolaire.Une idée judicieuse puisque par exemple, dès le secondaire V, le groupe accéléré aura déjà étudié l’introduction au calcul intégral et différentiel (Calculus).Côté littérature, l’Ecole Maïmonide annonce aussi des changements grâce à la création d’une nouvelle bibliothèque tant au primaire qu’au secondaire.En effet, on retrouve maintenant au primaire une petite bibliothèque dans chaque classe.Quant au secondaire, ’Ecole a aménagé dans ses locaux, un espace bibliothécaire qui aura pour fonction de favoriser la préparation des travaux scolaires des enfants mais aussi d’inciter nos jeunes au plaisir de la lecture.Activité déjà engagée puisque au mois de novembre dernier, l’École Maïmonide lançait son premier petit journal sous la forme d’un bulletin d’informations, MaïMomonde.Une intention résolue d’échange et de partage du sentiment sépharade et francophone qui stimule le potentiel d’avenir de l’École Maïmonide.A cela s’ajoute bien entendu les activités culturelles prisées par les élèves des deux campus, le Salon du Livre de Montréal, la visite du Musée des Sciences et Technologie et bien entendu, les Expo Science et Culture organisées par l’École.Un esprit sain dans un corps sain : c’est aussi la devise de l’Ecole à travers des activités physiques et sportives comme le basket-ball, le hockey, le volley-ball qui insufflent un élan de vitalité et d’énergie aux enfants.Un travail acharné, un couronnement mérité par des distinctions académiques et honorifiques qui ont souligné en 2001 l’importance de l’École Maïmonide à travers le Prix du Gouverneur Général du Canada et le Prix du Lieutenant Gouverneur du Québec.L’avenir est si proche, l’excellence conforme à la volonté d’un établissement scolaire axé sur la détermi- ?nation et le dépassement, l’Ecole Maïmonide.la voix sépharade I février 2003 I page 12 design §ad : SffiKïlÇSS JÂQk, , - * T ' ploitation.L'exploitation vise un comportement qui comprend une mise à profit et une position de force au détriment d'intérêts plus vulnérables.Les abus sont de plus en plus connus et de mieux en mieux répertoriés.Une sérieuse prise de conscience commence à faire bouger les intervenants sociaux-politiques et une réflexion commune s est amorcée depuis quelques années afin de jalonner les actions à entreprendre pour contrer ce problème.Ainsi, en octobre 2001, suite à une vaste consultation publique, la Commission des droits de la personne a déposé un rapport complet de presque 200 pages sur l'exploitation des personnes âgées.Ce rapport traite à fond du sujet et arrive à la conclusion que des correctifs devraient être apportés dans la société afin de prévenir et de lutter contre l'exploitation économique et autres abus faits aux personnes âgées.La Commission des droits de la personne considère que le développement d'un véritable plan d'action gouvernemental en matière de vieillissement représente la pierre angulaire de l'édifice de protection contre l'exploitation et les abus faits aux personnes âgées.Les correctifs préconisés touchent aussi bien l'information à donner à tous les intervenants appelés à oeuvrer auprès d'une clientèle âgée vulnérable, que le changement de certaines dispositions légales.Constatant l'importance de la peur des représailles familiales dans le cas de divulgation volontaire par des personnes âgées exploitées, la Commission considère comme un enjeu important la nécessité d'une meilleure protection de ceux qui portent plainte.La Commission y va aussi de 48 recommandations quelle formule à l'endroit du Gouvernement du Québec, du Ministre de la santé, du Ministre de la sécurité publique, du Ministre de l'éducation, des administrateurs d'établissements, de la Régie régionale de la santé et services sociaux, du Secrétariat aux aînés, de la Régie des rentes du Québec, de l'Office de la protection du consommateur, des ordres professionnels, des organismes communautaires, des propriétaires de résidences privées hébergeant des personnes âgées, des institutions financières, du Barreau du Québec et de la Chambre des notaires.Comme on le constate, le phénomène est maintenant bien connu et reconnu et les tribunaux n'hésitent pas à condamner les exploiteurs à de sérieuses peines monétaires en guise de dommages compensatoires, matériels, moraux et même à titre de dommages exemplaires.Si vous pensez être victime d'exploitation de la part de votre famille ou de ceux qui en tiennent place, comme des interve- nants sociaux ou gouvernementaux, des professionnels, gérants de banques ou autres (la liste n'est pas limitée), il existe une procédure d'intervention.Tout d'abord, signalons que le C.L.S.C.René Cassin a développé une expertise dans ce domaine et sur un simple coup de téléphone (514-488-3673), vous pourriez être renseigné sur vos craintes.La Commission des droits de la personne, quant à elle, assume la responsabilité d’enquêter, à ses frais, dès qu'une personne âgée se croit victime d'exploitation et porte plainte.La Commission a l’obligation de prêter assistance dans la rédaction de la plainte.La Commission peut aussi faire enquête sur une tentative ou un acte de représailles.Enfin signalons qu’un réseau Internet francophone "RIFVEL" existe pour nous aider à vieillir en liberté.Son adresse électronique est la suivante : www.fep.umontreal.ca/violence "[.] nous avons la chance de voir s'allonger l'espérance de vie des citoyens.Faisons en sorte qu'elle représente beaucoup plus qu'une extension régulière de l'existence.Trouvons des "autrement" pour protéger et inciter le respect de nos Sages." (Madame Lise Thibault, Lieutenant-gouverneur du Québec).Alain KLOTZ est avocat plaideur et oeuvre au sein de la firme KLOTZ & PANO à Montréal.Il est aussi conférencier sur des sujets de droit de la santé et de bioéthique.Il détient un Baccalauréat en droit de l'Université de Montréal et une maîtrise en droit de la santé de l'Université de Sherbrooke.Il est membre du Comité d'éthique clinique du C.L.S.C.René Cassin ainsi que président du Comité d'éthique de la recherche. société ENTREVUE Elie Benchétrit Quand le droit et l’humanisme se retrouvent! Alexandra Obadia a connu un parcours assez particulier.Née au Kibboutz Rouhama en Israël, elle arrive avec ses parents à Montréal à l'âge de trois ans.Elle passe deux ans a l’École Maïmoni-de, poursuit sa scolarité au collège Marie de France et des études supérieures à l’Université de Montréal où elle obtient un mineur en linguistique et décide de poursuivre des études en droit qu’elle finit en 1990.Admise au Barreau, elle travaille dans un bureau d’avocats de 1991 à 1998 particulièrement en droit de la famille.En 2000, elle obtient sa maîtrise en droit avec un mémoire consacré aux biotechnologies.Alexandra travaille actuellement au sein de l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé ainsi qu’au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal.Pourquoi cet intérêt pour une branche en somme toute nouvelle et qui amène beaucoup plus de questions que de réponses ?Je suis fascinée par l’aspect légal mais aussi philosophique et humain qu’engendre le développement de la science génétique.Il y a évidemment l’aspect moral qui est présent à tout instant si l’on considère les succès mais également les limites de ces nouvelles technologies et leur impact sur la société.Les débats continus relatifs aux tests génétiques, aux transplantations d’organes et évidemment au clonage me passionnent car nous nous trouvons dans une zone de turbulences où l’on navigue à vue.Vous voulez-vous dire que dans le domaine que nous évoquons, l’on travaille actuellement en l’absence d’un cadre juridique bien déterminé ?En effet il n’existe pratiquement aucun cadre ni réglementation juridique ayant trait au droit des biotechnologies, et c’est, je crois, cette situation qui me motive à me lancer avec passion dans le travail que je fais à l’heure actuelle.Le fait que toutes les catégories du droit puissent être sollicitées dans cette recherche rende mon travail aussi fascinant.Je dirais que je suis rendue à un stade de découvertes continues.Pouvez-vous me citer quelques aspects plus particuliers qui sont au coeur de vos travaux?Le test d’ADN et les problèmes de confidentialité que ceux-ci soulèvent, l’intégration également de ce test dans le système de la santé.Il faut déterminer par exemple si l’on doit permettre la vente au public de tous les tests génétiques incluant ceux relatifs à des maladies incurables et s’ils seront de ce fait couverts ou non par l’assurance maladie.Et bien entendu, à travers les nouveaux développements que l’on connaît, le problème du clonage qu’il soit pratiqué à l’échelle animale ou humaine.Justement quelle serait votre position sur cet aspect ?Je suis en ce qui me concerne défavorable au clonage reproductif, je me situe de ce point de vue sur un plan purement éthique et humaniste.Je voudrais signaler en passant que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont des législations totalement opposéees dans cette matière.Je suis objectivement favorable par contre au clonage thérapeutique qui serait effectué dans le seul et unique but de faire avancer la médecine et donc de guérir des maladies actuellement incurables.la voix sépharade I février 2003 I page 26 Kl PP Fl H VJ J MH r —> MARIAGES • BA 514.344.9945-info@eligance.ca -www.eiigance.ca Pensez-vous que le citoyen ordinaire se sente concerné par tout cet aspect légal des nouvelles biotechnologies et des conséquences qu’elles entraînent dans sa vie quotidienne, ne serait-ce qu’au niveau de son alimentation?Je dois avouer que malheureusement le citoyen en général ne s’implique que peu ou pas du tout dans ce débat qui parfois le dépasse de par sa complexité.La conséquence de cette attitude est que l’on demande implicitement aux éthiciens d’être les décisionnaires.Pour revenir à l’aspect purement juridique de ces questions, il faut souligner que l’évolution constante des progrès scientifiques rendent parfois ardue la tâche des juristes, il faut être constamment informé des derniers développements ayant trait à la recherche scientifique.Mais je dois dire que le moteur essentiel qui guide mes travaux reste l’aspect humaniste.Si vous me permettez, et puisque vous parlez d’humanisme, je souhaiterais sortir du domaine juridico-scientifique inhérent à votre carrière et vous demander de vous situer par rapport à la communauté juive en général et sépharade en particulier.C’est, je dois vous l’avouer, une question qui me prend au dépourvu.Je dois cependant dire que je me sens fortement ancrée à titre individuel à cette communauté à laquelle j’appartiens et qui accomplit un travail fabuleux.Et d’autre part, je souhaite exprimer une opinion très personnelle relative à certaines attitudes communautaires que je n’arrive pas à comprendre.Je pense en disant ceci à un certain manque d’ouverture vers tout ce qui n’est pas communautaire.J’ai toujours pensé que parmi les valeurs qui ont donné les lettres de noblesse à la culture sépharade, l’esprit d’ouverture au monde extérieur a été sans aucun doute Tél.: (514) 990-4912 e-mail: rosilio@videotron.ca 5575, Av.Victoria, #221 Mtl, Qc H3W 2R4 essentiel au rayonnement de notre patrimoine.Je déplore que nos élites ainsi que nos jeunes ne soient pas plus présents dans la vie de la cité; nous y avons tant à gagner surtout dans le contexte très difficile que nous vivons à travers la crise qui sévit en Israël.Les Sépharades, majoritairement francophones, ont un rôle majeur à jouer auprès de l’ensemble de la société québécoise; il est temps qu’ils l’assument et ce pour le bien de la communauté juive dans son ensemble. ¦ ¦¦ ¦ Israel : SS ÊàM&lê&W'iïËsÆ mm WÊm, R |K (m§! I < ° ^ {Æ -V k- * ° ' lai ’ 1 g «¦H '• .¦' ' ¦ Eva Soussana Evasion UNE LONGUE TRADITION Au XIXe siècle, la dysenterie, la malaria, le typhus et le trachome étaient des maladies courantes en Terre d’Israël, alors une province arriérée et négligée de l’Empire ottoman.Afin d’assurer des services médicaux à la population juive de la vieille ville de Jérusalem, des dispensaires fondés par des communautés juives européennes fournissaient des soins gratuits aux nécessiteux et étaient réputés pour leur dévouement dans des circonstances difficiles.Certains sont devenus des hôpitaux : Bikour Holim (f.1843), Misgav Ladah (f.1888), et Shaaré Tsedek (f.1902) qui existent encore, offrent des services modernes et disposent d’un équipement de haute qualité.Le Centre médical Hadassah, à Jérusalem, avec ses écoles de médecine, d’infirmerie et de pharmacie et ses deux hôpitaux, a débuté avec deux infirmières envoyées à Jérusalem en 1913 par Hadassah, l’Organisation des femmes sionistes d’Amérique.DE L’ÉLECTRICITÉ POUR GAZA La bande de Gaza devrait être prochainement indépendante en matière d’électricité.Jusqu’ici, c’était la Compagnie israélienne d’Electricité qui fournissait les habitants de cette région.Une entreprise suédoise, ABB, a été chargée d’édifier la première centrale électrique à Gaza.Les travaux ont été retardés en raison de l’Intifada ; ils devraient prendre fin bientôt et sous quelques mois quatre générateurs devraient fonctionner et alimenter la totalité de la bande de Gaza.CRÉATION D’UN INSTITUT DE VICTIMOLOGIE EN ISRAËL L’association Hevel International (Association internationale d’aide aux victimes de la violence) se propose d’ouvrir en Israël un institut de victimologie dont les buts seront les suivants : •Aide psychologique aux victimes israéliennes (attentats, guerre, survivants de la Shoah, Alyah et intégration difficile).•Organisation de séminaires de formation, (en hébreu, français, anglais et espagnol) de manière systématique pour toutes les personnes professionnelles ou non en contact avec les victimes).•Travail de réflexion sur la victimisation des Juifs, de par le monde et en Israël (diabolisation de l’Etat par les médias étrangers) avec recherche victimologique sur les moyens de sortir de ce statut de « cible » ou de « bouc émissaire ».•Publications dans les langues les plus usitées (anglais, français, espagnol, hébreu).•Inscription de cet institut dans le réseau mondial de la victimologie (autres instituts du même type : World Society of Victimology, Unesco, universités étrangères).DIRE MERCI À RENÉE NEHER Ils étaient bien deux cents qui étaient venus au kibboutz Yad Hashmo-na rencontrer Renée (Rina) Neher-Bern-heim pour parler de son œuvre d’historienne et de sa contribution, avec son mari le regretté André Neher, au réveil intellectuel du judaïsme en Lrance.Ils étaient venus dire leur amitié et leur admiration pour cette femme qui, à quatre-vingts ans, continue à travailler sans relâche.Tout au long de l’après-midi, la musique, le chant et la hazanout se sont unis aux souvenirs simplement racontés, aux exposés percutants et à l’humour, sous la férule spirituelle de Paul Zylberman.la voix sépharade I février 2003 I page 28 “Les tendances de l’Avenir avec.Prestige et Tradition ’ MAJBSTt Jy r/ peu de moment aussi meroei lieux (jue votre sim l, ut.jlanijication, coordination et attention aux détails sont les ingrédients indispensa IL pour rendre ce moment parja.it.()n (Contactant Cjmile , °t événement mercei lieux e inou Ilia lie et sans soucis où tous les m entires de votre jamille et amis seront la pour parta jer voire lonleur.cet sera une soiree S / Récipiendaire de l'art culinaire français pour l'année 2000 Vf*- 5415, RoyalMounl Ville Mont-Royal (Québec) H 4P 1H6 Tel.: (514) 735-7911 Fax: (514) 341-3175 wvvw.majesliktraileur.com \ .0» MiW !v a };• Im =»*:¦?«•* ©ami ¦ ¦ ¦¦ Ü* U4« lit* & W.fflt&jSB Wr-y iOîCPSP agg£t*$ Il®3f ijj/j'jjj .aa&j.Synagogue La Ghriba, Djerba, Tunisie haine gratuite Al-Qaïda avait un plan : détruire la synagogue de Djerba.Ce plan fut exécuté.Un camion d’explosifs sauta devant la porte de la synagogue.Dix-huit morts, la plupart des touristes allemands.Pourquoi?Peut-on être antisémite sans Juifs?La Tunisie s’est vidée de ses Juifs.Ils se sont enfuis, en Israël, en France, quelques-uns au Canada.A Djerba il n’en reste que quelques centaines.La haine du Juif est bien présente.Ce phénomène absurde, paradoxal a été analysé dans la classique « Histoire de l’antisémitisme » de Léon Poliakov dans le cas de la Pologne.On ne déteste pas le Juif concret, de chair et de sang mais son image propagée par l’Eglise catholique : peuple déicide, coupable de crimes abjects (dont le crime rituel), affecté de défauts rédhibitoires dans ses comportements (tels que l’avarice) ou physiques (comme les pieds plats).On ne le connaît pas mais on le déteste.Dans le cas de la Tunisie, quelle est l’origine de cette haine?Comment un individu qui ne connaît pas ces Juifs peut-il les détester au point de se suicider pour en tuer quelques-uns (en fait c’est surtout le tourisme tunisien qui fut atteint!).En vérité, les stéréotypes antisémites ne sont pas moins nombreux dans la culture arabe.Ils sont parfois identiques à ceux de la culture occidentale, car repris à leur compte.On entend souvent dans cette propagande : ce peuple juif a assassiné ses prophètes.De quoi s’agit-il ?De la crucifixion.En fait, ce qui a été effacé de l’enseignement officiel de l’Église catholique refait surface dans la bouche de Assad-le fils, dictateur en herbe de Syrie et devant le Pape.Les accusations de saigner les enfants pour la confection de la matsa, vieilles accusations du Moyen Age européen, font régulièrement leur apparition dans la presse arabe.Une nouvelle version : les Juifs consomment du sang de petits musulmans pour faire les gâteaux de Pourim! L’art culinaire juif est assez obsessionnel, selon cette presse arabe.Le grand historien britannique, Cecil Roth d’Oxford, met en évidence dans son histoire des Juifs que le sort des Juifs sous domination des Arabes était une sorte de baromètre : lorsque la situation économique était bonne, ils vivaient humiliés mais en paix; lorsque le Bey avait besoin d’argent, on fomentait une razzia sur le quartier juif et on volait les biens du Mellah.Un mythe pernicieux subsiste : le Juif heureux en terre d’Islam.A quoi sert ce mythe ?Il sert à l’argumentation palestinienne : nous, Arabes, avons toujours bien traité les Juifs; pourquoi nous faire porter les conséquences de la Shoah ?Pourquoi nous imposer Israël ?Argument totalement non fondé : des 900 000 Juifs qui vivaient en terre d’Islam, il n’en reste pratiquement aucun.Ils n’étaient ni heureux, ni libres.Des citoyens de seconde zone, méprisés.L’attentat de Djerba, qui atteint une communauté plus vieille que l’Islam de plusieurs siècles, est la démonstration de cette haine viscérale.Entre Djerba et Auschwitet Auschwitz ce ne sont que les moyens qui diffèrent, pas la motivation.la voix sépharade I février 2003 I page 30 Djerba : la Jean-Charles Chebat ¦ ¦¦ ¦ israel I CENTRE D’AMUSEMENT FAMILIAL POUR TOUS LES ÂGES BAT A BAR .M/TZi/A .MEG )OM£ DE MDIUTHÉJIE erV _ LASERÎOME Jouez au LASeRDOMi ÛAA/Sez AU OtSCOOOMB avec notre superbe équipe d'animation ! « de Meur < 15% de RAMIS \ pour Mes RÉSERVATIONS pour Tan Z003^ si réservé avant le 31 décembre 2002.J (514) 344-3663 6900, boul.Pécarie, CARRÉ PÉCÂRIE SQUARE (Métro Namur) www.megadome.ca • t FITES D’ANNIVERSAIRE *• Ükwtiik Sti Cüiaêimca •ri' “Le Studio D'Art Floral" MARIAGE • BAR MITZVAH • DÉCORATION HENNE • CH U PAH • KABBALAT PAN IM 2725 Van Horne, Shopping Wilderton TEL 278-4504 ou 733-5452 Contacta' Samy on Myrîam B MICHEL SABBAH tj vr I m W Service de bar pour toutes occasions ¦ITilT?DISTINCTION Vin et Liqueurs de votre choix o Service par excellence o o MARIAGES Faite de votre réception un événement inoubliable ! 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mai, Mme Mona Baker, professeur à l’UMIST (University of Manchester Institute of Science and Technology), directrice de la revue The Translator Studies in Intercultural Communication (publiée par les éditions St Jérôme Publishing, dont elle est propriétaire) et signataire de plusieurs pétitions de ce genre, écrit à Mme Miriam Shlesinger, de l’Université Bar-Ilan, lui demandant de démissionner du comité de rédaction de The Translator.Sur son refus, elle l'informe d'autorité peu après qu’elle ne fait désormais plus partie des instances de la revue: «je ne peux supporter plus longtemps, lui écrit-elle, l’idée de coopérer avec des Israéliens en tant que tels, à moins que ce ne soit explicitement dans le contexte d’une lutte pour les droits de l’homme en Palestine.» Le 8 juin, Mme Baker signifie officiellement à M.Gidéon Toury, titulaire de la chaire Bernstein de théorie de la traduction à l’Université de Tel-Aviv, qu’il doit faire le même choix : démissionner ou être démis de ses fonctions de consulting editor de Translation Studies Abstracts, qui appartient aussi à St Jérôme Publishing.Elle ajoute : «ma décision est politique, non personnelle.En ce qui me concerne, je vous considérerai et vous traiterai toujours comme des amis, sur un plan personnel.Mais je ne souhaite plus maintenir une association officielle avec quelque Israélien que ce soit dans les circonstances actuelles.» Il faut savoir que jusqu'alors la collaboration entre Mona Baker et ses collègues israéliens avait toujours été fructueuse, leurs relations cordiales et qu'ils jouissent tous les trois d'une réputation enviable.Comme Miriam Shlesinger, Gidéon Toury n'accepte pas de démissionner.S'ils refusent de mêler science et politique, les deux universitaires ne contestent pas à la propriétaire de ces revues scientifiques le pouvoir de les démettre de leurs fonctions.La nouvelle de ces mises à l'écart pour cause de la voix sépharade I février 2003 I page ^2 nationalité se répand comme une traînée de poudre dans les milieux de la traduction et de la linguistique, dans le monde universitaire et dans la presse générale.Le Bulletin de BEST (European Society for Translation Studies) du mois de juin publie une déclaration de son président, qui s’inquiète du traitement subi par deux membres éminents de son association et demande à Mme Baker de revenir sur sa décision.La déclaration du président de l'EST est citée en partie par le quotidien Haaretz du 16 juin (en hébreu et en anglais).La nouvelle est reprise le 18 juin par une revue américaine, Chronicle of Higher Education.Ici, au Canada, The National Post consacre à cette affaire un article en première page dans son édition du 8 juillet.Parallèlement, un intense débat s'engage par la voie du courrier électronique et les messages de sympathie ou de condamnation se multiplient.Adressés à Mona Baker, aux deux Israéliens ou aux institutions scientifiques et universitaires, ils invoquent tantôt des arguments politiques tantôt, le plus souvent, semble-t-il, des arguments plus généraux, mettant en cause des principes universitaires et moraux.On trouvera dans le no 533 (juillet 2002) de L'Arche un article de Francine Kaufmann faisant le récit détaillé de cette affaire.Et, en effet, cette affaire n'est pas anodine et dépasse de beaucoup le monde universitaire.En fait, elle pose des questions importantes, qui forcent chacun d'entre nous à réfléchir sur les notions d'université et de liberté universitaire, sur l'appartenance et sur le respect des droits fondamentaux des individus.C'est sur la base de leur réputation scientifique et professionnelle que les deux collègues israéliens se sont vu confier les responsabilités qu'ils ont exercées pour ces revues.Comment justifier qu'elles leur soient retirées à cause uniquement de leur citoyenneté, seul motif qu'invoque, très explicitement, Mme Baker?L'appartenance à une nation serait-elle devenue un critère de compétence?On sait bien que non.Si Mme Baker a agi de la sorte c'est pour des raisons politiques.Et cela, aucun universitaire sérieux ne peut l'accepter.Ainsi, la décision de Mme Baker nuit aussi à la crédibilité de ses propres revues.Comme le demande le professeur Michaël Marrus, de l'Université de Toronto,« qui, désormais, va respecter l'indépendance académique de ces publications?» Le professeur Daniel Gile (Université de Lyon 2) pose-lui aussi des questions embarrassantes pour Mme Baker: «jusqu’où ira ce boycott?Va-t-elle interdire la publication de comptes rendus des publications de Gidéon Toury et de Miriam Shlesinger dans sa revue?Va-t-elle interdire à ses étudiants de les citer?» Ne nous y trompons pas: de la réponse à ces questions dépend le sort de la vie intellectuelle et cet épisode sonne peut-être la fin de l'université libre et, plus largement, la fin de la liberté d'opinion.Dans l'une des pétitions, il est question de boycott des institutions et précisé que les individus ne sont pas visés.Mais cette distinction n'est pas reprise par tous et certains estiment que par leur seule appartenance à une université, les professeurs la représentent en tant qu'institu-tion.Posons donc la question: qu'est-ce, pour un universitaire, que représenter une institution?Suis-je le représentant de mon université quand, en tant que professeur, je donne une communication à un congrès scientifique?Ne suis-je pas là pour présenter mes réflexions et le résultat de mon travail?Cette objection est valable - a fortiori - en ce qui concerne le gouvernement: des universitaires dans l'exercice de leur travail ne représentent pas plus leur gouvernement que leur institution.Par sa nature même, ce travail doit ignorer les frontières nationales ou étatiques, car la vérité scientifique les ignore aussi: il n'y a pas de science française, ni américaine, ni israélienne.Seule une idéologie totalitaire et périmée affirme le contraire.On sait où cela a mené.Le boycott d'institutions universitaires pour des raisons politiques n'est pas plus justifiable que le limogeage d'individus, mais il s'agit quand même de deux choses différentes et officiellement, on l'a vu, la campagne de pétitions ne concerne que le premier.En passant de l'un à l'autre, en s'en prenant à des personnes et en les mettant à l'écart alors qu'elles-mêmes n'ont rien commis de répréhensible, Mme Baker l'ignore ou feint de l'ignorer.Ce faisant, elle prend ouvertement contre elles une mesure injuste et discriminatoire, au sens strict de ce dernier terme.L'une des pétitions invoquées dans ce débat mentionne explicitement les droits de l'homme.Il est pour le moins ironique (mais, hélas, ce n'est pas la première fois!) qu'en leur nom, ceux de personnes bien réelles soient bafoués si ouvertement! On ne peut ignorer non plus que le boycott vise exclusivement Israël et il faut se demander pourquoi il ignore tant de comportements condamnables lorsqu'ils sont le fait d'autres pays, à commencer par les attentats suicides commis par les terroristes palestiniens.Par exemple, il n'y a pas de boycott universitaire de la Russie pour ce quelle fait en Tchétchénie ni de la Chine pour son occupation du Tibet.Cette sévérité implacable contre le seul Etat juif, cette indignation sélective, ce déséquilibre dans la réprobation, tout cela devrait paraître suspect à tout esprit non prévenu et l'amener à s'interroger honnêtement sur la tendance actuelle, si forte dans certains milieux intellectuels, à la démonisation d'Israël.Il pourrait aussi se poser la question suggérée par le professeur Marrus: «le boycott s'applique-t-il aussi aux Israéliens arabes ou seulement aux Israéliens juifs?» La réponse montre qu'une fois de plus, des juifs auront été, individuellement et collectivement, les premières victimes de l'injustice.Ce fait aussi devrait nous faire réfléchir.«L'antisionisme, écrit Raphaël Draï, procède de cet effondrement de la pensée, de cette impotence de l'effort intellectuel qui pérennise une idée fausse parce que fausse.» (Sous le signe de Sion, p.234) Que des universitaires donnent l'exemple de cette abdication est apparemment paradoxal, mais nous savons que l'histoire de l'Occident en est coutumière.Au nom des valeurs qui doivent être non seulement celles de tout intellectuel, mais aussi celles de toute personne soucieuse du respect des droits fondamentaux, les universitaires devraient continuer à exprimer en grand nombre leur solidarité et leur soutien à leurs deux collègues israéliens, si injustement traités.Une des pétitions qui circulent contre le boycott leur montre la voie à suivre: «We also call upon all our colleagues to express their support of the people of Israel in these trying times by fostering and developing scientific ties with their colleagues from the State of Israel.» Bien plus, en tant que citoyens d'un pays libre et démocratique, comme l'est l'Etat d'Israël, nous devons tous protester contre les manœuvres politiques qui tendent à faire mettre ce pays au ban des nations.Elles sont la négation des principes quelles prétendent défendre et ne sont pas propices au dialogue qui, un jour, mènera à la paix.Annette Paquot Professeur titulaire à l'Université Laval Directrice du Département de langues, linguistique et traduction la voix sépharade I février 2003 I page 33 Amères victoires Raymond Eljarrat Au ^ du „ * sou ^ .Ramallah par l’armée israélienne sous la pression des U.SA, Yasser Arafat s’est empressé de faire le signe V de la victoire.Cette attitude sans aucun rapport avec la réalité semble être une constante chez les leaders gouvernementaux arabes.En 1956, lors de la guerre franco-anglo-israélienne en Egypte, alors que Tsahal se trouvait à 40 km du Caire, que l’armée égyptienne se trouvait dans une quasi-déroute, sous la pression d’un ultimatum soviéto-améri-cain, les troupes israéliennes et franco-anglaises se retirèrent.Ce retrait fût alors considéré par Nasser comme une victoire de l’Egypte qui était célébrée tous les ans.En 1967, Nasser décida de fermer le golfe d’Aka-ba.Ce geste fût considéré par Israël comme un « casus belli » à la suite de quoi, les troupes israéliennes attaquèrent l’Egypte.Ce dernier subit une cuisante défaite qui se traduisit avec la prise du désert du Sinaï et la démission de Nasser.Ce dernier avait entraîné le roi Hussein de Jordanie dans la guerre malgré la demande d’Israël à ce dernier de ne point ouvrir le front, demande transmise par l’ambassadeur anglais à Amman.Israël vainqueur occupa la Cisjordanie et Jérusalem-Est.La Jordanie, née de la fusion de la Trans et de la Cisjordanie, redevint alors la Transjordanie d’avant 1948 tout en gardant son nom de Jorda- nie.La victoire de 1967 va entraîner une intensification du messianisme qui va trouver là une assise concrète et une valorisation de la trilogie Dieu-Terre-Thora.La guerre de Kippour jettera un froid sur les justifications messianiques sans empêcher l’installation de plus en plus d’Israéliens dans les territoires de Judée-Samarie.Du côté palestinien en 1974, dixit Choukeiri et son slogan « les Juifs à la mer » et place à Yasser Arafat et à sa politique des « petits pas ».Les principaux leaders palestiniens sont passés dans une large palette idéologique : du Fascisme pur et dur des chemises brunes à l’Islamisme des Frères musulmans et par la suite à la gauche et à l’extrême gauche.Aujourd’hui nous voyons l’émergence de l’islamisme pur et dur qui domine à côté de groupes de la mouvance communiste.Si les accords ont éveillé un grand espoir, il ne fallait pas se bercer d’illusions.Ces accords faisaient partie de la stratégie des petits pas.On l’a vu par la suite : ni le Fatah d’Arafat, et bien entendu ni le Hamas, ni le Dji-had islamique ne veulent la paix : le premier ne le dit pas ouvertement mais l’a montré aux dernières discussions à Camp David sous l’égide de Clinton; les deuxièmes le crient à cor et à cri.La peur et l’hypocrisie des pays européens n’aident certainement pas la paix car à l’instar de Yasser Arafat, ils demandent juste à Israël de faire toutes les concessions (cf.Barak).Bien entendu leurs intérêts économiques guident toutes leurs démarches; leur attitude dans le cas de l’Irak est assez éloquente.Malgré leur hypocrisie, les pays occidentaux ne sont pas payés en retour puisque dans les missives du réseau d’Al Qaïda, ils font partie avec les Juifs des Croisés qu’il faut impérativement éliminer de la surface de la terre.Cette mansuétude et cet aplat-ventrisme qui sont la caractéristique des occidentaux dans les forums internationaux (Durban, Johannesburg) a trouvé encore une fois l’occasion de se manifester à Beyrouth au sommet de la Francophonie - qui mériterait le titre peu envieux de «summum du vide ».Pendant que le Président Chirac « piquait un roupillon » irrévérencieux alors que notre Premier ministre discourait, le président libanais dans un délire schizophrène fustigeait l’occupation du Golan par l’entité sioniste, oubliant du coup l’occupation de son propre pays par les troupes syriennes.Dans ce cirque où les auto-congratulations sont monnaie courante, tous, à l’exception du Premier ministre du Québec, ont oublié de protester contre l’éviction du journaliste accrédité de l’Arche.Je ne sais pas si Eric Rouleau; ancien journaliste, ami personnel de Nasser, ancien ambassadeur de la France en Tunisie; vit encore victime du même affront qu’il avait subi en Arabie Saoudite alors qu’il accompagnait M.Chirac, Premier ministre.Incapable de présenter un certificat de baptême, puisque juif de naissance à la A judaïcité refoulée, il ne dut son salut qu’à l’intervention énergique de M.Chirac.Dans le plat pays de Jacques Brel, l’Islamisme s’épanouit à vue d’œil.D’abord à Anvers avec la création par un Belge d’origine marocaine, de la Ligue arabe européenne, milice dont l’objectif principal serait de surveiller les agissements de la police à l’endroit de la communauté arabo-musulmane.Et puis à l’université libre, les « activistes » pro-palestiniens qui à l’instar de leurs confrères de l’université Concordia la ramènent large puisqu’ils menacent de mort les étudiants juifs, frères et sœurs, copains et copines qui ont osé poser des affiches proisraéliennes pour contrer leur propagande haineuse antisémite et de mauvaise foi.Et si le suintement du Mur des lamentations était de vraies larmes?En tout cas, le doute a entraîné des déclarations qui frôlent le tragi-comique de la part de l’imam de la Grande Mosquée de Jérusalem pour qui le mur serait sacré pour l’Islam puisque dixit le saint homme le Prophète, dans son voyage mystique à Jérusalem, y a attelé son cheval.Cette croyance a dû être étouffée entre 1948 et 1967 alors que les gens en avaient fait une pissotière.D’ailleurs > • 1 " i- ' _____,WV -, MpfT , » V, - - ‘ , I* *• ~-.tr*-,-* • fi' 9 I mm ¦ ! T .w/ÊÊ&jM HH V• ' ' .> • fcC ¦ if 4 w - ~ , -ts-irT.& T» pourquoi s’en faire pour ce mur, dont le président Arafat dit qu’il n’y a pas une seule pierre du temple de Salomon qui s’y trouve et que, Jérusalem ne représente rien pour le judaïsme?Perfide Flammarion! La maison d’édition française va publier un livre « La Palestine rêvée » d’une jeune égyptienne, livre dans lequel les charges anti-juives n’ont d’égal que l’apologie du terrorisme palestinien.Un exemple encore où l’intérêt économique étouffe la vérité la plus élémentaire.On a beau le nier, mais la bataille Heratius de Byzance contre Saladin refait surface.Les Juifs sont malgré eux partie prenante de la lutte entre la Croix et le Croissant.De cette lutte de civilisations dépendra notre sort, nous les Infidèles.Rappelons-nous le dernier reportage de J.Besançon, journaliste à Europe 1, à la fin de la guerre de six jours : « qu’est-ce qu’il se serait produit si les armées arabes avaient gagné la guerre?».On n’ose même pas y penser.S000, RUE JEAN-TALON OUEST, SUITE 226 MONTRÉAL (QUÉBEC! H4P 1W9 JACQUES ZNATY Notaire • Notary TÉLÉPHONE: 15141 739-0659 TÉLÉCOPIEUR: (514) 739-5792 6900 Boul.Décarie Bur#344A Montréal, Québec H3X2T8 Agence T) 'assurance 'Rimock Inc.nm< >ck(«)assurancerim< >ck.com Simon Hvmock Courtier - Broker TéL: 514.731.3361 Fax: 514.731.1267 la voix sépharade I février 2003 I page 35 israël ; \ Julien Paris, 127 p.Bauer, Le système politique israélien, PUF, coll.« Que sais-je ?», 2000, Que voici un petit livre utile et comme il vient à point! Le «Que sais-je?» de Julien Bauer, professeur de science politique à l’UQAM, répond, en effet, aux plus importantes des questions que peuvent se poser tous ceux que la crise actuelle au Proche-Orient conduit à s'intéresser à l'Etat d'Israël.Ces réponses sont d'autant plus opportunes que ce pays est en butte à une entreprise de délégitimation sans précédent.En quatre chapitres lumineux, consacrés respectivement à la représentativité démocratique, au fonctionnement des partis politiques, au mode d'élection du Premier ministre et au rôle de la Cour suprême, l'auteur présente non seulement les principales institutions de l'Etat d'Israël, mais aussi leur fonctionnement concret dans la vie politique quotidienne.Ces chapitres sont précédés d'une introduction exposant les sources -ottomane, britannique, sioniste et juive- de ce système politique et suivis d’une conclusion qui expose les changements institutionnels jugés nécessaires par l'auteur en raison de l'évolution rapide de la société israélienne depuis cinquante ans et qui énumère les défis auxquels fait face ce système.Le premier chapitre montre comment le système électoral, qualifié d'«hyper représentatif», favorise la représentation aux dépens de la gestion et comment cette hyper représentativité engendre le multipartisme et donc la nécessité de gouvernements de coalition.Il est l'occasion d'une description des deux grands pôles politiques (nationaliste et socialiste) et des partis qui gravitent autour d'eux ainsi que d'une présentation des trois familles politiques, la libérale, la religieuse et l'arabe, dont les partis doivent s'assurer le soutien.Il est aussi l'occasion d'une brève histoire des Le chapitre suivant, intitulé «Multipartisme et culture de parti unique», explique comment, malgré le système électoral et le fractionnement des votes, un parti a dominé longtemps la scène politique.Cette explication est à la fois sociologique, historique et culturelle.La «tentative de présidentialisme» que constitue l'élection du Premier ministre au suffrage universel est l'objet du troisième chapitre.L'auteur y expose les raisons qui, récemment, ont conduit à l'adoption de cette façon de faire, montre en quoi elle favorise la personnalisation du pouvoir et explique pourquoi, contrairement aux prévisions, elle n'a pas favorisé les deux grands partis.Le dernier chapitre décrit l'action de la Cour suprême dans son triple rôle de tribunal de dernière instance, de Cour constitutionnelle et de Cour normative.Il résume les principales Lois fondamentales et, sous le titre «Une Cour activiste», s'étend assez longuement sur la «révolution constitutionnelle» que constituent les interventions récentes de la Cour dans les activités de la Knesset et du gouvernement et, en tant que Cour normative, dans différents domaines de la vie sociale, notamment dans celui des relations entre religion et politique.Il montre aussi les raisons pour lesquelles ces dernières font l'objet de discussions nombreuses et de critiques importantes.Enfin, la conclusion trace les grandes lignes de l'évolution de la société israélienne: en quelques décennies, elle est passée d'une société de survivants et de pionniers, imprégnée de valeurs socialistes, constamment menacée et vivant dans une économie sous-développée à une société prospère d'une rare vitalité, où se multiplient les entreprises de technologie l'enrichissement coalitions qui se sont succédées au pouvoir.haute la voix sépharade I février 2003 I page 36 collectif a encouragé l'individualisme, qui voit la paix à la portée de la main (l'ouvrage, imprimé en novembre 2000, a été écrit avant la seconde «Intifada») et, donc, où les particularismes s'affirment plus aisément.Elle énumère ensuite les défis qui résultent de cette évolution et souligne une des originalités de la culture politique israélienne: le fait, dit l'auteur, qu'elle «semble s'épanouir dans les crises».Car, lorsque des crises graves se présentent, lourdeurs bureaucratiques et divisions internes sont surmontées et le système fait preuve d'une extraordinaire efficacité, reflet de la cohésion des citoyens, de leur solidarité et de leur profond patriotisme.Ouvrage de vulgarisation comme tous ceux de la collection «Que sais-je?», Le système politique israélien se lit très facilement.Il contient fort peu de termes techniques, son style est fluide et agréable, assez proche de la langue parlée (je ne serais pas étonnée d'apprendre qu'il a été dicté!).On ne saurait trop le recommander.Annette Paqnot Le Sommet de la Francophonie et les Chrétiens du Liban Lysiane Gagnon a parfaitement raison de dénoncer les travers du Sommet de la Francophonie qui vient de se tenir à Beyrouth.Cependant, elle omet deux points essentiels de ce Sommet.Les dirigeants de pays dits francophones disent vouloir défendre la diversité culturelle et la démocratie.Voilà qui est tragiquement comique.Que n’ont-ils dénoncé ce qu’ils avaient sous les yeux! La diversité culturelle du Liban c’est d’abord cette communauté chrétienne, muselée, massacrée et exilée.Muselée, puisque ses médias sont censurés sinon simplement fermés (tel que le canal de télévision MTV) par la censure syrienne.Massacrée, puisque depuis 1975 c’est elle qui a porté le poids de la lutte contre les Syriens et les Palestiniens.Exilée, puisque c’est elle qui constitue le gros du contingent des Libanais qui ont dû fuir leur pays occupé.Dans quelques années, cette communauté sera réduite sans doute à ce que sont les minorités chrétiennes de Syrie et d’Irak.Voilà pour la diversité culturelle qui, dans les faits, laissa le Sommet indifférent et complice.« La France de Chirac accepte de siéger au Sommet avec les terroristes et de donner quelque crédibilité au gouvernement libanais » Pour ce qui est de la démocratie, outre la censure, l’occupation syrienne dure depuis près de trente ans.Personne n’a protesté à ce propos lors du Sommet.Pire, lorsque, sous leurs yeux littéralement, un journaliste accrédité auprès de l’Elysée a été expulsé du Sommet, personne, y compris Chirac, n’a bronché.Les Libanais, principalement les Chrétiens, exigent le départ des troupes d’occupation.La France, protectrice traditionnelle de cette communauté, n’en a que faire.La France de Chirac n’est pas celle de la Troisième République qui avait la dignité de protéger cette communauté lorsque les troupes ottomanes la menaçaient.La France de Chirac n’a plus cette dignité.Lorsque les agitateurs du Hezbollah ont lapidé Lionel Jospin qui venait de dire l’évidence, à savoir que le Hezbollah est un mouvement terroriste, Chirac et la droite française, au lieu de se solidariser avec leur Premier ministre, l’ont ridiculisé.La France de Chirac accepte de siéger au Sommet avec les terroristes et de donner quelque crédibilité au gouvernement libanais.Que la France soit prisonnière de cette indécente langue de bois, nous ne pouvons que le constater.C’est le reflet de sa préférence pour ses intérêts pétroliers.Mais qu’elle cesse donc aussi de donner des leçons de morale! Elle n’en est plus digne.Que le Québec et le Canada la suivent dans la voie du silence complice, cela nous ne l’acceptons pas.Nous refusons de devenir les complices de l’écrasement de cette communauté chrétienne du Liban, l’une des plus vieilles au monde, en danger mortel d’être déchiquetée par l’Islamisme, dans l’indifférence coupable de la France.Jean-Charles Chebat, HEC-Universitéde Montréal Claire Gélinas, UQAM Annette Paqnot, U.Laval Michael Laugh erea, McGill U., Eliott Moore, U.Laval la voix sépharade I février 2003 I page 37 israël -*r' I- Annette Paquot Alain Gresh, Israël-Palestine.Vérités sur un conflit, Paris, Fayard, 2001, 204 p.Le rapprochement des mots Israël et Palestine dans le titre de ce livre est en lui-même trompeur, car il n'existe actuellement aucune entité politique souveraine, pays ou Etat, qui porte le nom de Palestine et qui soit partie au conflit actuel.Ce titre établit donc un parallélisme fallacieux, qui tend à suggérer le contraire.En cela, il annonce clairement l'orientation générale de l'ouvrage, qui, tout entier, est un plaidoyer propalestinien tantôt explicite tantôt dissimulé -mal!- sous les apparences d'un exposé «des éléments historiques de base» (p.17) qui se prétend un simple rappel des faits et des enchaînements dont la connaissance est indispensable à tout débat sérieux.Ce parallélisme, purement formel, est destiné à amener le lecteur à conclure à l'impartialité de l'auteur et, de ce point de vue, on peut considérer l'entreprise d'A.Gresch comme une application à grande échelle du procédé rhétorique du renvoi dos à dos, dont j'ai dénoncé le caractère pernicieux dans un précédent numéro de La Voix sépharade .Mais ce procédé n'est pas le seul dans l'arsenal de l'auteur, dont l'habileté argumentative n'a d'égal que le parti pris : des désignations perfides aux parallélismes abusifs, des paraphrases tendancieuses aux analogies vicieuses en passant par les non-dits trompeurs et les fausses équivalences, il utilise vraiment toutes les ficelles de la sophistique.Qu'on en juge par les exemples suivants, que l'on multiplierait aisément: - désignations perfides : p.147, «la Résistance palestinienne»; p.150, «les combattants (de l'OLP)», mots à connotation positive inappropriés; - parallélismes abusifs : il n'y eut certes pas autant de «Mort aux Arabes!» que de «Mort aux Juifs!» dans les manifestations récentes en France.C'est pourtant le contraire que l'auteur laisse entendre p.10 en employant dans les deux cas les mots «quelques uns au cri de.»; p.162, on lit ceci: «pourquoi les résolutions des Nations unies seraient-elles pertinentes pour le Koweit mais resteraient-elles lettre morte pour la Palestine?»; - paraphrases tendancieuses : p.79, à la suite d'un extrait d'un discours de Moshé Katsav soulignant la distance culturelle qui existe entre Israël et ses ennemis, l'auteur ajoute : «sont-ils humains, ces Palestiniens?», ce qui revient à imputer de façon implicite des propos racistes à M.Katsav; - analogies vicieuses : p.28, l'auteur établit une comparaison entre une manifestation de Juifs en 1945 à Tel-Aviv, au cours de laquelle de nombreux enfants juifs ont été atteints par les Anglais et l'épisode de la mort de Mohamed El Dourra et conclut : «Bernard-Henri Lévy aurait-il écrit à l'époque que les jeunes manifestants avaient été tués par une 'balle perdue'?».Ici, on le voit, l'analogie indue se double d'un procès d'intention! - fausses équivalences: p.23, l'auteur cite un article de L'Arche, qui explique la position largemement pro-palestinienne des médias et du public français par la solidarité avec «les révoltés» et enchaîne : «faut-il vraiment s'offusquer que l'opinion soit, spontanément, du côté des victimes?» Les mots révolté et victime ne sont pas synonymes et le passage subreptice de l'un à l'autre, la voix sépharade I février 2003 I page 38 d'abord, donne au révolté l'aura de la victime et, ensuite, conjointement avec le choix du mot s'offusquer, décrédibilise la position de L'Arche.- non-dits trompeurs : voici les récits de la guerre des Six-Jours, version Alain Gresh: p.146, «A nouveau, la région chavire.En six jours, les armées égyptienne, syrienne et jordanienne sont broyées par Israël»; p.191: «5-10 juin: Israël occupe le reste de la Palestine».Comme rien n'est dit de ce qui, sur le plan militaire, a conduit à cette guerre, elle semble une pure et brutale agression.Ailleurs, les convictions anti-israéliennes de l'auteur s'expriment plus directement : «.la situation actuelle est née d'une injustice originelle: les Palestiniens ont été chassés de chez eux, notamment en 1948-1950, par les milices juives puis par l'armée israélien- ne.» (p.21).Et ailleurs : «.oui, des soldats israéliens tuent délibérément, y compris des enfants» (p.29).Et encore ailleurs : «la paix a été manquée avant tout parce que la puissance dominante, Israël, gouvernement comme opinion publique, a refusé de reconnaître l'Autre, le Palestinien, comme un égal, comme un être humain.» (p.165).On ne peut être plus clair! Ce qui précède donne un aperçu des idées qui inspirent «la volonté de faire comprendre» de l'auteur et imprègnent tout le contenu du livre.Celui-ci est divisé en six chapitres: en guise d'introduction, une «Lettre à ma fdle», genre éculé, s'il en est, qui prétend donner un «sens universel» aux épisodes présentés en les replaçant dans un «cadre d'analyse» soi-disant fondé sur la raison et les valeurs de l'humanisme laïque, trois cha- pitres en forme de récits historiques et deux autres, plus explicatifs que narratifs, qui portent respectivement sur le sionisme et sur la Shoah.Est-il nécessaire d'ajouter que parmi les références de l'auteur figurent les noms de Maxime Rodinson, de Roger Garaudy et d'autres représentants de ce courant de pensée?Voilà le genre de littérature auquel s'abreuve une certaine gauche française (l'auteur est rédacteur en chef du Monde diplomatique, dont on connaît les orientations).Le plus regrettable est qu'elle fasse appel à des valeurs humanistes et universalistes et invoque la «boussole de la raison humaine», ce qui peut en égarer certains.On aimerait pouvoir tout simplement ignorer ce livre.Je pense qu'il vaut mieux en faire voir la perversité.Les Services Jewish cTAide à la jaBigy Family Famille Juive Services de FlnstiUil Baron de Hirsch I of the Baron de Hirschlnstitute 1 Carré Cummings, suite 300 - Montréal (Qc) H3W 1M6 jfs@jfsmtl.org - www.jfsmontreal.com Êtes-vous intéressé à compléter vos études secondaires?•Vivez les transitions • Faites face à vos problèmes • Gérez le stress • Bénéficiez de la thérapie par le jeu pour enfants • Et plus encore.Services multilingues - Honoraires abordables 342-0000 Mille et une raisons pour notre existence! new line productions production et montage video digital dvd web photo bar-mitzvah mariage henne.ken dan 514-668-7717 514-996-0992 la voix sépharade I février 2003 I page 39 monde Institut de la Culture Sépharade Première rencontre internationale a montréal U n colloque d'une très grande envergure sur le thème Identité sépharade et modernité va se tenir à Montréal les 25-26-27 mai 2003.C’est une initiative de l’Institut de la culture sépharade créé conjointement par la Fédération sépharade du Canada et par la Communauté sépharade du Québec et dont le mandat premier est de préserver, promouvoir et transmettre le patrimoine sépharade au Canada.Et c’est pour marquer notre présence sur la scène du judaïsme mondial que ce colloque est organisé.Ce grand événement se tiendra au campus Loyola de l’Université Concordia.• Politiques locales et internationales : défis des universités pour les aider dans leurs Ateliers au programme : • Les traces de la mémoire juive dans le LE PROGRAMME monde espagnol • Les traditions orales • La contribution du marranisme à l’Occident • La musique sépharade • Les migrations sépharades • Villes et métropoles sépharades • Les femmes dans la société sépharade • Pensée sépharade • Littératures sépharades : de ta poésie au roman • Le retour du religieux : renouvellement ou enfermement?• L’expérience sépharade dans les arts Ce colloque, de par l’intérêt qu’il a suscité auprès des gouvernements du Québec et de l’Espagne, de l’Université Concordia et la chaire des Études Ethniques de l’UQAM -nos partenaires - de l’Alliance Israélite de Paris ; le nombre et la qualité des conférenciers prévus; son organisation minutieuse, ce colloque donc, est promis à un très grand succès et sera suivi d’autres rencontres internationales ici et ailleurs dans le monde.A QUI EST DESTINÉ CE COLLOQUE ?En premier lieu, aux étudiants des collèges et de l’avenir pour les Sépharades.recherches et dans leurs choix de carrière.la voix sépharade I février 2003 I page 40 ’ürassCT Des programmes permettant d’aller plus en profondeur dans la redécouverte de notre histoire et notre culture seront institués dans les universités.Ce colloque est aussi destiné à tous les jeunes de notre communauté qui exigent de nous que l’on dépasse la nostalgie ou le folklore pour que leur attachement et leur fidélité à nos traditions soient basés sur un ressour-cement solide et prometteur.Notre culture est tellement vaste, tellement essentielle au développement de la vie juive qu’il n’est point besoin d’aller se chercher ailleurs des repères et des modèles au plan de la spiritualité, de la religion, de l’engagement social.Encore faut-il que nous soyons nous-mêmes, en conscience, réellement informés de nos valeurs spécifiques.C’est pourquoi ce colloque est aussi pour nous, adultes, parents qui avons le devoir de transmission.Il est enfin ouvert au grand public qui aura l’occasion de mieux apprécier ce que nous sommes, de constater qu’à Montréal et ailleurs au Québec et au Canada nous disposons d’un important bassin de connaisseurs, d’érudits, de chercheurs, d’écrivains, tous et toutes d’un grand talent et capables à leur tour de nos représenter avec bonheur dans d’autres rencontres internationales.Notre institut s’appuiera sur ces compétences pour placer bien haut la barre de la connaissance et de la réflexion; pour nous associer aussi ailleurs dans le monde à d’autres instituts reconnus pour leur savoir-faire et avec lesquels nous établirons un réseau de communications et d’échanges dans un esprit de partage et de progrès.Un environnement artistique de grande facture encadrera notre colloque en soirées musicales, visites touristiques, rencontres éducatives, et surtout la plus formidable des expositions « MEMORIA DE SEFARAD » ( Mémoire de Sépha-rades - Souvenirs de la terre perdue) -est déjà inscrite à l’agenda de l’Institut de la Culture sépharade comme complément au colloque à l’automne 2003.Cette merveilleuse exposition sur la saga des Juifs depuis leur installation en Espagne et jusqu’après l’expulsion de 1492 a été préparée par de grands spécialistes de l’art et de l’histoire de la SEACEX (Sociedad Espanola de Accion Cultural para el Extranjero).et nous est prêtée par le gouvernement espagnol.De grands rendez-vous à Montréal pour 2003 : Judah Castiel, Président de l’Institut de la Culture sépharade, Président de la Fédération sépharade du Canada.Pour inscriptions et renseignements : Elie Benchetrit : (514) 733-4998 #3441 Emmanuelle Assor : (514) 739-7032 Site web : www.culturesepharade.org N’hésitez plus pour votre Simcha : Brith-mila - Bar Mitzvah - mariage Un nom.une voix Rabbin Avraham Sultan Le cantor de la Congrégation Adath Israel Rite sépharade ou ashkénaze Tel & Fax : 485-6460 Cell : 705-8736 email: cantorsultan@adoth congregation, or g DANIEL MEYER OUAKNINE NOTAIRE / NOTARY Téléphone: (514) 868-1001 Télécopieur: (514) 868-1002 E-mail:danielm.ouaknine@qc.aira.com 1010 Sherbrooke Ouest Suite 2505 Montréal, Qué.H3A 2R7 la voix sépharade I février 2003 I page 41 monde Dyhia : la reine des Berbères par Djamita Addar «(.) Une partie des Berbères professaient le Judaïsme, religion qu’ils avaient reçu de leur puissant voisin les Israélites.Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeraoua, tribu qui habitait l’Aurès et a laquelle appartenait la Kahina, femme qui fut tuée par les Arabes à l’époque des premières invasions.(.) Idriss 1er, descendant d’El Hassan, étant arrivé au Maghreb, fit disparaître de ce pays jusqu’aux dernières traces des religions chrétienne, juive et païenne.(.)» Ibn Khaldoun.Parmi les thèmes qui nous interpellent et qui nous fascinent encore : la mémoire, l’histoire et l’identité.Ici à Montréal, lors de la Quinzaine Sépharade 2002, les rapports entre les Juifs et les Berbères ont eu une part de lion dans le programme qui a touché aux questions culturelles et scientifiques du monde juif nord-africain.Les Berbères étaient-ils juifs ou les Juifs étaient-ils des berbères judaïsés ?Tant de questions ont été débattues autour d’un personnage phare de la civilisation nord-africaine : Dyhia ou la Kahéna, la reine d’Ifrikia.Parmi les conférenciers présents à Montréal à cette quinzaine, M.Didier Nebot, médecin et romancier français.Il a accepté de répondre à nos questions la veille de son retour en France.Monsieur Nebot, on aimerait bien que vous vous présentiez.D.Nebot : Je suis français de France.Je suis médecin.J’écris un certain nombre de livres.J’ai été fasciné il y a quelques années par une personne qui s’appelle la Kahina et qui était revendiquée et par la communauté juive et par la communauté berbère.C’est quelque chose qui m’a interpellé ! Je me suis dit comment une personne peut être revendiquée par deux communautés à la fois ?Donc j’ai été dans des bibliothèques.A Paris, à la Bibliothèque nationale, à l’Institut du Monde arabe, à l’Alliance israélite universelle et j’ai trouvé l’histoire d’une femme absolument exceptionnelle.J’ai eu envie d’abord de faire un roman qui s’est appelé La Kahina.Ensuite un deuxième livre, un essai historique cette fois-ci, qui s’appelle «Les tribus oubliées d’Israël».Le sous-titre étant l’Afrique judéo-berbère des origines aux Almohades.Qu’est-ce qui a fait en sorte qu’il y ait eu ce déclic d’écrire sur la reine des Berbères ?Êtes-vous juif ?D.Nebot : Oui je suis juif.Je suis un historien libre et indépendant vis à vis aussi bien des Juifs, des Chrétiens, des Musulmans que des Berbères.Quand on regarde l’histoire de la Kahéna, on se rend compte que la Kahéna est berbère et juive à la fois.Quant au déclic, je savais que la Kahéna était revendiquée par les Juifs et également revendiquée par les Berbères.Je ne comprenais pas ! Je me demandais comment est-ce qu’une femme peut être à la fois juive et berbère ?Donc il y avait ce problème-là qu’il fallait que je règle.Effectivement, j’ai compris malheureusement que l’histoire du passé et du passé récent, l’histoire du colonisateur, l’histoire de la France en Afrique du Nord, a fait que des gens de même origine se sont éloignés.Certains sont aujourd’hui des Juifs.D’ailleurs on trouve encore chez des Juifs en Afrique du Nord, en France ou en Israël des parlers berbères.On y trouve également des écrits et des noms qui sont berbères et juifs à la fois.Tout cela est fascinant ! Alors, j’ai regardé l’histoire de ce passé lointain et je me suis rendu compte qu’effectivement avant de parler de la Kahéna, il faut parler de toutes ces tribus.Avant l’Islam, il y avait des tribus païennes, chrétiennes et juives.Et tout ça a formé le monde berbère.Avec le temps, il y a eu des mélanges avec les autochtones ( les Berbères).Des Berbères se sont judaïsés et des Juifs se sont berbérisés.Fes Romains étaient chassés pour qu’ils soient remplacés par les vandales.Graduellement, des tribus berbères se libèrent et se développent.Parmi ces tribus, la tribu de Djeraoua qui est celle de la Kahéna.Dans l’étymologie juive le nom Djeraoua est un mot hébreu.Selon Ibn Khaldoun, le premier ancêtre de la Kahéna s’appelait Guerra qui veut dire celui qui vient dans le judaïsme.Il y a également la ville de Baxay qui était la capitale de la Kahéna.Moise a reçu les dix commandements sur la montagne sacrée Axay.Et enfin, le troisième indice est lié à l’arrivée des Arabes.Ces derniers avaient traité Dyhia de Kahéna en rapport avec les tribus juives Cohen qui avaient refusé de se convertir à l’Islam.Donc, certaines tribus berbères étaient aussi juives.D.Nebot : Selon Ibn Khaldoun, oui.À cette époque-là, il n’y avait eu en Afrique du Nord sur les cinq millions d’habitants que 100 000 Arabes.Mais, avec le temps, des millions de Berbères par facilité se sont dits Arabes pour accéder à certains privilèges et pour ne pas payer l’impôt.M.Nebot, après ce détour historique, pourriez- vous nous dresser un portrait de Dyhia, Kahina ?D.Nebot : Voilà ce que dit Ibn Khaldoun : «Dyhia est la fille de Tabet, de Nissine, de Baoura, de Mesquiri, d’Afred, de Doucilia et de Guerra qui est l’ancêtre le plus lointain de la Kahéna.» Effectivement, dans un premier temps, cette femme ne s’appelait pas Kahéna.Il est vrai qu’elle avait des dons.Il faut se mettre dans le contexte de l’époque : pour accéder au pouvoir il faut avoir une personnalité absolument exceptionnelle.Théoriquement, ce n’était pas elle qui devait accéder au pouvoir ; on l’a obligée à épouser Mou-din qui était un véritable tyran.C’est en le tuant justement qu’elle est devenue reine.Voilà ce que dit d’elle Ibn Khaldoun : «Douée d’une grande beauté, elle était demandée en mariage par les chefs les plus puissants.Elle refusa les offres d’un jeune homme que son caractère cruel et ses habitudes de débauche rendirent particulièrement odieux.Son père Tabet, chef suprême de la tribu étant mort, ce fut ce prétendant évincé qui fut appelé à lui succéder.Il fit peser sur ses sujets la plus insupportable tyrannie allant jusqu’à exiger de toute jeune fille qui devait se marier le droit du Seigneur ( elles devaient coucher avec le mari de la Kahéna).La Kahéna forma le projet de délivrer son peuple du monstre qui l’opprimait.Elle annonça son mariage avec un fiancé digne d’elle.Le jour de ses noces, elle se rendit auprès du tyran qui se réjouissait déjà de goûter le triomphe si longtemps désiré.Nouvelle Judith, elle lui plongea un poignard dans le sein et la libératrice fut proclamée immédiatement chef par ses compatriotes reconnaissants».Finalement, la Kahéna s’est libérée en tant que femme et par la même occasion a libéré son peuple du tyran ! D.Nebot : Au début de la lutte de l’Afrique du Nord contre les Arabes; on ne vit pas apparaître la tribu de la Kahéna.Les tribus juives n’étaient pas très concernées par la libération de l’Afrique du Nord.Les tribus grecque et chrétienne menaient par contre une lutte acharnée contre les Arabes.Ces tribus berbères étaient liquidées non pas physiquement mais en tant que forces combattantes.Parallèlement, la tribu de Kahéna se développe et est respectée par les autres tribus.Ce n’est qu’après que les Arabes reviennent pour faire la conquête de l’Afrique du Nord.Le chef des Musulmans, Hassan, était persuadé que s’il arrivait à vaincre la Kahéna il serait le chef incontesté de l’Afrique du Nord.La Kahéna a battu les Arabes et fit emprisonner l’un d’entre eux, Kha-led, qu’elle adopta par la suite.Le règne de la Kahéna a connu des moments de gloire, des guerres et le déclin devant l’envahisseur arabe.Selon vos recherches, la Kahéna aurait-elle vraiment demandé à ses enfants de plier devant les Arabes ?D.Nebot : Les Berbères avaient vu tout s’effondrer autour d’eux.Alors, que faut-il faire ?Il faut mourir.Je pense à une mère qui a des enfants.Il est de son devoir de sauver son peuple.Je pense qu’elle a dû ordonner à ses enfants de se convertir.Mais elle, en tant que chef, a lutté jusqu’au bout ! Votre dernier mot.D.Nebot : Ce qu’il faut retenir de tout ça et au moment où on cherche tous à tisser des haines les uns contre les autres : c’est que nous avons une culture juive et musulmane, je trouve cela fantastique.Je pense pour le futur, ce sont des gens comme les Berbères qui ont cette double appartenance de par leur passé qui peuvent rapprocher les différences.J’ai découvert que je suis juif et j’ai découvert le monde berbère que je connaissais mal.Ce sont des gens avec lesquels j’aimerais construire quelque chose.la voix sépharade I février 2003 I page 43 La Cabale Avant-propos de Roger Elmoznino Loin de moi la pensée d’exposer ici les mystères de la Cabale ou même d’en approcher une lueur.Je n’ai ni la compétence ni les connaissances requises.Je voudrais seulement dans cette chronique proposer quelques-unes des plus belles pages de la littérature juive, (traduction de Jean de Pauly, Editions du Chant du renouveau 1946.) Le Sépher Ha-Zohar ( Livre de la Splendeur) est attribué à Rabbi Simeon ben Mochaï et à son fds Rabbi Eleazar qui pendant leur retraite (13 années!) dans une grotte au 2e siècle après J.C.auraient composé la Cabale.Ces écrits sont bien déconcertants pour les profanes que nous sommes : l’importance des signes, lettres et mots nous entraînent vers l’infini; la symbolique des images, la Droite et la Gauche de D.par exemple nous mène au bord du précipice de la perplexité; la hauteur de l’universalité (Edmond Fleg) transcende même les lignes de la Cabale.Pour les non-initiés surtout, même dans une traduction nécessairement imparfaite, le frémissement qui se dégage de ces pages est perceptible et l’on ne peut que rester confondu par l’incommensurable profondeur de la Cabale, qui confine, disent certains, au vertige.La lettre créatrice .Il est écrit : « au commencement ».Rab Ham- menouna, le vieillard, dit : « nous trouvons au commencement de la Genèse un renversement de l’ordre des lettres initiales.Ainsi, les deux premiers mots de la Genèse ont pour initiales la lettre Beth : Bereschith ( au commencement), Bara (créa), et les deux mots suivants ont pour initiales la lettre Aleph : Elohim ( Dieu ) Eth (Le).Voici la raison de cette intervention.Déjà, deux milles ans avant la création du monde, les lettres étaient cachées, et le Saint, béni soit-il, les contemplait et en faisait ses délices.Lorsqu’il voulut créer le monde, toutes les lettres, mais dans l’ordre renversé, vinrent se présenter devant lui.Ce fut la lettre Thav qui se présenta la première.« Maître des mondes, dit-elle, qu’il te plaise de te servir de moi pour faire la création du monde, car je suis la lettre finale du mot Emeth (Vérité) gravé sur ton sceau; et comme toi-même tu es appelé Emeth, il convient au Roi de commencer par la lettre finale du mot Emeth et de s’en servir pour ta voix sépharade I février 2003 I page 44 faire la création du monde.» Le Saint, béni soit-il, lui répondit : « tu es, en effet, digne; mais il ne convient pas que je me serve de toi pour faire la création du monde, parce que tu es destinée à être marquée sur le front des hommes fidèles qui ont observé la loi depuis PAleph jusqu’au Thav, et à être ainsi mêlée à la mort, et aussi parce que tu formes la lettre finale du mot Maveth (Mort).Pour ces raisons, il ne me convient pas de me servir de toi pour faire la création du monde.» La lettre Thav sortit immédiatement.La lettre Schin entra alors et, après avoir fait la même demande, se prévalut de l’initiale du nom divin Schaddaï, qui est un Schin : « Il convient, dit-elle, que l’on se serve de l’initiale du nom sacré Schaddaï, pour faire la création du monde.» Dieu lui répondit : « En effet, tu es digne, tu es bonne et tu es vraie.Mais des faussaires se serviront de toi pour affirmer leurs mensonges, en t’associant les deux lettres Qoph et Resch, pour former le mot Schéquer (Mensonge) ».Quand la lettre Schin eut entendu ces paroles, elle sortit.Ce que voyant, les lettres Qoph et Resch n’osèrent pas se présenter.La lettre Çaddiq entra ensuite et fit la même demande, en se réclamant de ce que le mot justes (Çaddiqim) appliqué aux hommes et à Dieu, commence par la lettre Çaddiq, ainsi qu’il est écrit : « Car le seigneur est juste (Çaddiq) et il aime la justice (Çedaqoth).» (Ps.XI, 7).Dieu lui répondit : « En effet, tu es juste, ô lettre Çaddiq; mais il ne me convient pas de me servir de toi pour faire la création du monde, car tu dois être cachée pour ne pas donner prise à l’erreur ».La lettre Pé entra ensuite et fit la même demande, en alléguant que le mot « Pedou-th » (Délivrance, que Dieu doit accomplir un jour dans le monde ) commence par un Pé.Dieu lui répondit : « Tu es digne, en effet; mais le mot « Péscha » (Péché) commence également par un Pé.Tu as en outre la tête baissée, symbole du pêcheur qui, honteux, baisse la tête et étend les bras.» A la lettre Ayin, Dieu répondit qu’elle commence le mot « Avon » (Crime); bien qu’elle fit observer qu’elle commence également le mot « Anava » (Modestie), le Saint, béni, soit-il, lui dit : « Je ne me servirai pas de toi pour faire la création du monde.» Quand elle sortit, la lettre Samekh entra et fit la même demande que les lettres précédentes, se réclamant du verset où il est dit : « Le Seigneur soutient tous ceux qui chancellent.» t Tin TBD nif»?cr;pw rnrs L '¦yiBcjjJnfmtjajBWC') ) ob;?ovm) tni/> oprw cr jwis pip Su 51 0>piD3?»’ sicueaw dsti?'Tao?'pas h:n> c’tuî?® |>’U?rnacrn liDnip tj'Smru •fsi wp S:5 cio» roimn ns cors w.nf> rb>> w »w>i si' Bi&u »PiJu ftp Vr; i ?o'jpidp >j> WPrrulSic'isfr'»» *-! ilïïx:c S’;i]r:r>V«w» spu'i mnm -^nY., (Ps.CXLV, 14) et qui commence par un mot dont l’initiale est un Samekh (Samekh = Soutien).Dieu lui répondit : « C’est précisément à cause de ta destination que tu dois rester à ta place.Qu’adviendrait-il de ceux qui sont près de tomber, puisqu’ils s’appuient sur toi?» La lettre Samekh sortit immédiatement.A la lettre Noun, qui dit que les mots « Nora » (craint) et « Nava » (beau) commencent par cette lettre, Dieu répondit : « Retourne à ta place, car c’est à cause de toi que le Samekh est retourné à la sienne et appuie-toi sur lui (le Noun étant l’initiale de Nophelim «Ceux qui chancellent» du verset précité).Incontinente, retournant à sa place, elle sortit.La lettre Mém dit qu’elle est l’initiale du mot « Mélekh » (roi).« C’est vrai, lui répondit Dieu.Le monde a besoin d’un roi; reste donc à ta place avec les autres lettres formant le mot « Mélekh » c’est à dire avec la lettre Lamed et avec la lettre Caph; il ne sied pas au monde de rester sans roi.A ce moment la lettre Caph, vivement troublée, descendit du trône glorieux et s’écria : « Maître de l’univers, qu’il te plaise de te servir de moi pour faire la création du monde, car je suis l’initiale du mot qui exprime ta gloire » (Cavod, Gloire).Lorsque la lettre Caph quitta le trône, deux cent mille mondes, ainsi que le trône lui-même, furent ébranlés; la secousse était si violente qu’elle menaçait tous les mondes d’écroulement.Le Saint, béni soit-il, dit alors à cette lettre : « O Caph, Caph pourquoi persistes-tu à rester ici?Retourne à ta place, tu es l’initiale du mot Cala exprimant l’extermination.Retourne donc à ton trône et reste là » Aussitôt la lettre sortit.La lettre Yod entra ensuite et fit la même demande, alléguant qu’elle est l’initiale du nom sacré.Dieu lui répondit : « C’est assez pour toi d’être gravée et marquée en moi-même et d’être le point de départ de toute ma volonté; il ne me convient pas de te retrancher de mon nom ».La lettre Beth entra, disant : « Maître de l’Univers, qu’il te plaise de te servir de moi pour faire la création du monde, car je suis l’initiale du mot dont on se sert pour te bénir (Baroukh, béni soit ) en haut et en bas.» Le Saint, béni soit-il, lui répondit : « C’est en effet de toi que je me servirai pour faire la création du monde et tu seras ainsi la base de l’œuvre de la création ».La lettre Aleph resta à sa place, sans se présenter.Le Saint, béni soit-il, lui dit : « Aleph, Aleph, pourquoi ne t’es-tu pas présentée devant moi comme les autres?» Elle répondit : « Maître de l’univers, voyant toutes les lettres se présenter devant toi inutilement, pourquoi me serais-je présentée aussi?Puis, comme j’ai vu que tu as déjà accordé à la lettre Beth ce don précieux, j’ai compris qu’il ne sied pas au Roi céleste de reprendre le don qu’il a fait à un de ses serviteurs, pour le donner à un autre.» Le Saint, béni soit-il, lui répondit : « O Aleph, Aleph, bien que ce soit la lettre Beth dont je me servirai pour faire la création du monde, tu seras la première de toutes les lettres, et je n’aurais d’unité qu’en toi; tu seras la base de tous les calculs et de tous les actes faits dans le monde, et on ne saurait trouver d’unité nulle part, si ce n’est dans la lettre Aleph.» Le Saint, béni soit-il, a créé les formes des grandes lettres célestes auxquelles correspondent les petites lettres d’ici-bas.C’est pourquoi les deux premiers mots de l’Ecriture ont pour initiales deux Beth (Bereschi-th Bara) et les deux mots suivants deux Aleph (Elohim Eth) afin d’indiquer les lettres célestes et celles de ce bas monde, qui ne sont en réalité que les mêmes lettres, à l’aide desquelles s’opère tout dans le monde céleste et dans le monde d’ici-bas (I, 2b, 3b).la voix sépharade I février 2003 I page 45 m \ ' - ' * i,u; # Æ m f # Une construction familiale, ça se réfléchit rrivé à l'âge adulte, nos intérêts personnels et besoins de nous identifier à notre entourage nous conduisent tout droit au mariage, sans avoir vraiment compris le sens réel de ce que nous entreprenons, ni la grande influence que cela va avoir sur notre vie.Dans les différents domaines de la vie, pour gagner le plus d’argent, pour être au haut rang social et recevoir les honneurs, chacun s’investit du mieux qu’il peut et recherche les moyens d'y parvenir.Dans le domaine du mariage, malgré la grande importance de cet acte, dans la majorité des cas, nous nous engageons dans cette union sur la base de l’emballement et l’espoir de réussir, mais rares sont les personnes conscientes des buts durables et des facultés que cela nécessite.Combien de personnes se posent préalablement la question sur le sens propre du mariage et sur la façon d’augmenter ses chances de le réussir?Il est évident pour nous tous que pour réussir toute entreprise, il faut avoir clair à l’esprit le pourquoi de ce que nous entreprenons, où cela peut nous mener ainsi que les moyens nécessaires à sa réussite.Ceci est encore plus vrai en matière de mariage où, une fois engagé, nous souhaitons partager tout notre avenir avec notre conjoint et nos enfants.En effet, un mariage se fait à deux.Une différence sur la conception même du mariage, un manque de clarté de la part du conjoint sur sa propre personne, ou un manque d'honnêteté de l'un vis à vis de l'autre au moment de l'engagement peut entraîner, après les premières années de mariage, de graves problèmes de discordes dans le couple et dans toute la famille.Un manque de cohésion dans le couple sur la notion même du mariage entraînera presque fatalement des discordes.C’est pourquoi il faut connaître clairement, au moins de façon objective, les tenants de l'engagement de chacun et le type de famille que nous voulons construire ensemble et de s'y tenir autant que possible.Toute évolution sur ce point de vue ou toute élucidation ne peut se faire qu'en accord avec son conjoint afin de garder cette cohésion intacte.De part sa nature, les besoins et les caractéristiques de fonctionnement d'un homme diffèrent sur plusieurs points de ceux de la femme.Au début du mariage, l’ignorance la voix sépharade I février 2003 I page 46 par chacun des conjoints de ces caractéristiques ne gêne pas énormément, car le nouveau mode de vie et les sentiments d’amour du début d’union permettent d’accepter de façon naturelle certaines maladresses de l'un vis à vis de l’autre.Par la suite, cet effet s'atténue et ce manque peut être la source de conflits dans le couple.Que se soit par faiblesse ou par fuite de sa situation au présent, chacun a sa raison personnelle de s’engager dans cette union avec l’imagination naïve qu’avec le mariage les problèmes d'aujourd’hui vont s'arranger.En réalité, les premières années de mariage semblent être la solution du problème au présent, mais après quelques années de vie commune, la réalité de la vie nous sort de notre rêve, car les effets des premières années de mariage finissent encore une fois par s'atténuer.A présent, c’est un double problème que nous avons à traiter: notre problème personnel et celui de trouver un chemin commun avec notre conjoint.Ce cas de figure n’est pas toujours facile à traiter et demande en règle générale beaucoup de concessions de la part des deux parties.En réalité, au moment de nous engager dans notre mariage, nous sommes encore trop jeunes pour comprendre la portée de notre acte, et ce n’est parfois que 10 à 20 années plus tard que nous commençons à mûrir et à mieux réaliser ce que nous devons chercher à construire en l’entreprenant.Effectivement, les jeunes mariés d’il y a 20 ans ne sont plus aveugles et ne vivent plus de simples sentiments ou autres intérêts qui ont de fortes chances d'avoir diminué avec le temps, mais d’une forte volonté de se trouver entouré d’une belle famille unie et construite qu'ils laisseront derrière eux.Malheureusement, le nombre de discordes familiales prouvent que cette attente n’est pas toujours conforme à la réalité.Autrement dit, les principaux acteurs que sont les conjoints décident de se marier pour répondre à leurs sentiments ou autres intérêts personnels, et 20 années plus tard, avec le mûrissement, ils aspirent à se retrouver avec un fruit m s 9*, pour lequel ils ne se sont pas principalement unis ou non évolué ensemble dans ce sens.Même si la motivation première des conjoints de se marier n'a pas été principalement de chercher à construire une famille unie mais un autre intérêt quel qu’il soit, si au cours du mariage les deux conjoints ont su évoluer dans le même sens et fournir le travail nécessaire, alors on peut se retrouver avec une famille construite et unie à la hauteur du travail fourni.Mais s’ils n’ont pas atteint la maturité pour comprendre l’importance d’une famille et l’implication que cela demande, il est très difficile de se retrouver avec une construction que personne n'a entreprise.Il n’est jamais trop tard pour bien faire! Il est toujours temps d’essayer de rattraper ce qui peut l'être.Pour cela, il faut savoir par où commencer et user sans limite de sa bonne volonté.En réalité, la qualité de la famille que nous avons dépend en grande partie des conjoints eux-mêmes et de l’investissement de chacun des deux pour la réussir.La qualité relationnelle dans le couple donne le climat et le milieu environnant dans lequel vont grandir les enfants.Plus ce climat respire entente dans le couple, chaleur et amour, plus les enfants vont pouvoir s'épanouir et grandir en équilibre.Le contraire peut provoquer des anxiétés et empêcher les enfants de se construire.Hélas! Malgré le manque de qualité relationnelle dans le couple, avec la force de l'habitude et le laisser-aller, les parents en arrivent à s’oublier et à ne plus chercher à améliorer leur union.Le climat qui en découle est celui où les enfants grandissent et influence grandement leur équilibre.La façon de réagir des enfants ou la médiocrité relationnelle parents-enfants inquiète les parents qui se mettent en quête de solutions pour pouvoir intervenir au niveau des enfants et trouver des solutions.Les parents doivent absolument prendre conscience que c’est leur qualité relationnelle et entente dans le couple qui va principalement influencer toute la famille.Il ne s’agit pas de ne rien faire au niveau des enfants, mais l’effort principal est à entreprendre à leur niveau propre pour essayer de créer un meilleur climat qui découle de leur union.Utiliser les pédagogies les plus adaptées sur les enfants en les faisant vivre dans un climat presque malsain en vue du but recherché relève de la pure absurdité! A présent, il faut que le couple accepte de se reprendre en mains et de réfléchir plus mûrement sur l’objectif à atteindre dans sa vie familiale.Par la suite, il lui faudra trouver les moyens d'y parvenir.Une fois le problème posé, nous allons nous rendre compte assez rapidement que nous voulons tout faire pour nos enfants, mais cette volonté ne va pas jusqu'à nous faire changer durablement nos propres habitudes et notre paresse.C’est pourquoi il faut s’armer de bonne volonté et s’acharner à construire sa famille.YOSSEL TOLEDANO Conseiller en Chlom Baït Conférences disponibles sur demande 514 735 7352 la voix sépharade I février 2003 I page 47 monde juif Vers une vision intégriste du judaïsme : quelques effets pervers Amnon Suissa, Ph.O, Ottawa ^^epuis près de deux décennies, nous assistons à une recrudescence de la place de la religion dite orthodoxe au sein de plus en plus de familles juives.Phénomène généralisé à travers le monde.Devant l'ampleur de l'individualisme grandissant et de la modernité, c’est comme un recours à des valeurs «plus sûres» pour garder un certain équilibre personnel, familial et social.Ceci étant, ces mêmes changements produisent également des effets pervers.La réflexion qui suit tente de répondre à cette question complexe sur une base critique.Ce judaïsme orthodoxe prêché par certains rabbins considère que l'environnement social extérieur est un espace hostile par les membres du groupe car il est axé sur des valeurs matérielles et futiles telles que le consumérisme, l'individualisme, une certaine débauche, voire une «jungle» : aux risques de perdre son identité individuelle et collective.L'espace doit donc être sauvegardé de l'intérieur en s'élevant spirituellement et en suivant les préceptes des leaders et du groupe en question.Faisant appel à des stratégies de levée de fonds des plus sophistiquées, ces regroupements soutiennent alors qu'ils sont les gardiens de cette foi perdue qu'il faut travailler à retrouver en recrutant le maximum de membres et en imposant une façon orthodoxe de pratiquer le judaïsme, c'est-à-dire une certaine pureté juive qu'il faut absolument alimenter et ce, malgré le tort causé aux individus, aux familles et aux communautés en cours de route.Cette poussée vers ce type de judaïsme, axée sur des lendemains meilleurs, mashiah oblige, fonde sa logique sur le fait qu'ils seraient eux, plus ou mieux guidés par la volonté de Dieu que le reste de la communauté.Dès lors, on introduit une perspective axée sur un système de castes, voire de pureté qui serait plus juive à la base que celle pratiquée par des milliers d'autres familles.Graduellement, on assiste alors à une hiérarchisation de ce qui est juif la voix sépharade I février 2003 I page 48 V et ce qui l'est moins.A titre d'exemple, un mariage ne peut être considéré comme un mariage vraiment juif que s'il y a séparation physique de la proximité entre les hommes et les femmes de peur de susciter des comportements compris comme inappropriés, voire de débauche.L'homme juif orthodoxe serait à priori incapable d'exercer du contrôle, passant ainsi du rapport sujet à celui d'objet, poussé par un certain désir incontrôlé qu'il faut justement contrôler par la division physique des sexes dans l'espace public.Rappelons qu'au plan sociologique, cette conception biaisée de l'être humain produit paradoxalement de plus en plus de personnes considérées comme des êtres incapables d'exercer un certain contrôle, alors que la réalité sociale nous renvoie, au contraire, au fait que des milliers d'individus apprennent à mieux gérer leurs vies et à exercer un certain contrôle sur leurs comportements quand ces mêmes comportements deviennent inappropriés ou peuvent causer du tort à soi ou à autrui.Cette vision relève plus d'un déterminisme à priori alors que l'histoire nous révèle que les individus sont compétents quand on les considérait ainsi et le seraient moins si on les considère plus par le biais de leurs carences que de leurs forces.La religion dite orthodoxe peut alors permettre de s'élever au-dessus du commun des mortels.Rappelons que le judaïsme sépharade, qui a vu nos ancêtres se marier et sauvegarder la richesse culturelle de ce que nous sommes, a puisé sa force dans le respect de la diversité inclusive de l'autre (différence urbaine/rurale, de classe sociale, de niveau d'éducation juive et laïque, etc.).Si cela a pu passer à travers des siècles et que nos parents se sont mariés dans la tradition et les rituels juifs, aujourd'hui ces mêmes pratiques sont comprises comme incomplètes, insuffisantes car pas assez juives aux yeux de plus d'adeptes de ces regroupements juifs orthodoxes.Quand ces questions sont posées ou débattues, la réponse orthodoxe est toujours «c'est dans les écrits» et dans les écrits seulement que la vérité juive avec un grand V peut-être comprise.Selon ces mêmes orthodoxes, il faut aller chercher la Vérité juive par l'étude de la Torah.Ce type de discours globalisant et exclusif d'un certain judaïsme au détriment d'une diversité juive vivante et inclusive a de quoi inquiéter les acteurs principaux de nos communautés qui restent à date quelque peu laxistes devant des enjeux psychosociaux et familiaux aussi graves.Contexte grave, car cela divise quotidiennement des maris de leurs conjointes, des enfants de leur milieu familial naturel et des personnes/familles de l'ensemble social élargi pour être récupérés par les regroupements juifs orthodoxes qui prétendent répondre à l'ensemble des questions existentielles du passé, du présent et du futur qu'elles soient de nature individuelle, collective, matérielle ou spirituelle.Sous un autre angle et en lien avec Israël, ces mêmes regroupements entretiennent des relations très ambiguës, voire paradoxales, avec la seule nation en majorité juive axée sur la diversité.Même si le débat à l'intérieur d'Israël se fait dans les règles de l'art démocratique, à savoir vivre dans un Etat juif ou dans un Etat pour tous les Juifs, il n'en demeure pas moins que plus de 300 000 citoyens israéliens juifs orthodoxes sont des assistés sociaux de l'Etat qui leur fournit les besoins de base alors que la quasi-totalité passe son temps à étudier la Torah en reléguant au dernier plan les besoins matériels de base qui permettraient à Israël de se développer comme société.Alors qu'il faut absolument respecter et valoriser la pratique de l'étude, cette même activité peut simultanément nuire à l'ensemble des citoyens israéliens car ces personnes ne contribuent concrètement en rien à la réduction des inégalités sociales et économiques et à l'émancipation de l'ensemble de ses membres.Cette situation de dépendance à l'Etat ne reflète en aucun cas les valeurs du judaïsme qui, au contraire, privilégient de gagner sa vie dans la dignité du travail (conception/exécution).Il y a là une double dépendance, celle à l'Etat et celle au judaïsme orthodoxe.Dans Pirké Avot, il est clairement indiqué que l'ouvrier doit aller travailler et gagner son pain (parnassa) dans l'autonomie afin d'apprécier justement le repos du travail durant le shabbat.Comment se fait-il qu'il n'y a aucun rabbin qui s'élève pour dénoncer cet état de double dépendance généralisée en Israël?Une des réponses fournie: tant et aussi longtemps qu'on sert Dieu c'est socialement désirable, acceptable et permis.Il y a là une récupération de l'attachement général de l'ensemble des Juifs au judaïsme pour défendre en dernière instance une idéologie d'un judaïsme considéré plus vrai et plus pur.Devant cet intégrisme, il faut souligner que la vérité juive est plurielle et qu'il y a une diversité dans le judaïsme qu'il faut au contraire chérir et alimenter, tel qu'on l'a fait dans les sociétés à travers l'histoire.Au contraire, ce qui prévaut avec ces regroupements de juifs orthodoxes c'est la doctrine du nombrilisme social et de la coupure avec le monde extérieur.Ce n'est pas seulement la distinction physique et vestimentaire qui produit cette division du dehors/dedans et qui se répercute dans l'espace social plus large.Il y a aussi l'isolement relationnel dans l'environnement public qui se traduit par une absence quasi totale de liens sociaux.Ce n'est pas parce que vous payez des taxes à la ville de Montréal que vous êtes un citoyen en lien avec la société dans laquelle vous vivez.Ce n'est sûrement pas en s'isolant que nous produisons un monde meilleur.En guise de conclusion, il faut débattre dans la transparence ces questions qui causent des divorces entre les couples, les familles, les parents et leurs enfants qui, endoctrinés, refusent de partager la nourriture casher avec leurs proches en prétextant que leur maison n'est pas assez casher à leurs yeux.On peut se demander si ces pratiques extrêmes du judaïsme ne produisent pas également l'effet désiré contraire, à savoir une plus grande exclusion du judaïsme dans le sens large au lieu d'une adhésion d'un plus grand nombre de juifs.Elles constituent plutôt une coupure dans l'ensemble de la tradition juive et non pas une continuité, car depuis des siècles, le judaïsme sépharade traditionnel a réussi à partager ses lettres de noblesse dans le sens de contribution universelle non pas en se repliant sur des valeurs d'auto exclusion mais plutôt sur une ouverture au monde.Tel est l'enjeu véritable, à savoir: comment puis-je être juif tout en étant avec l'autre?A vouloir à tout prix être différent de l'autre, le repli sur soi produit des effets pervers et de la déviance inhérente à tout groupe social qui pratique ce style de vie.Le monde du tout ou rien, on est ou on n'est pas vraiment juif relève plutôt d'une pensée binaire et dangereuse.Alors que nous avons tendance à dénoncer l'intégrisme sous toutes ses formes, nous n'osons pas dénoncer le nôtre de peur de causer du tort et de nous remettre en question.A quand un débat public et ouvert sur ces questions qui touchent des personnes et des familles qui souffrent en silence?la voix sépharade 1 février 2003 I page 49 monde juif Community in Lithuania Léo Paul Dana Revival in the Baltic’s eg ui* —r-u feiîaài *" Lithuania’s Jews - numbering 6,500 souls - comprise a small minority, among the population of 4 million people in this formerly Soviet Baltic republic.Yet, there is a revival of Jewish life, in this small country.Every Sunday, the LRT television station airs a Jewish program, called Menora.The Jewish newspaper appears in English, Lithuanian, Russian and Yiddish.There have been Jews in Lithuania since before the 14th century, when the Grand Duke Gedeyminus established the country.In 1388, Vytautas the Great began granting privileges to Jews, and by 1400, there were 6,000 people of Jewish faith, in the Grand Duchy of Lithuania.Experienced in commerce and finance, Jews soon became prominent citizens in Lithuanian society.Michel Juzefovitch, a Jew, was appointed Chief of Customs.From 1510 to 1518, his brother Abraham Juzefovitch managed the finances of the Grand Duchy.Jews began building a synagogue in Vilnius (also known as Vilna), in 1573, and this city became known as the Jerusalem of Lithuania.Starting in the 1880s, tens of thousands of Lithuanian Jews moved from Europe to South Africa.Yet, by the late 19th century, Vilnius was still home to 60,000 Jews, representing 41 % of the city’s population.At the time of Lithuania’s independence, after WWI, there were 154,000 Jews in this new country.This represented 7.5% of the national population, and the government of the republic established a Ministry of Jewish Affairs.Conditions deteriorated, however, when the Christian Democrats got political power, to the detriment of the Jewish community.When Vilnius, formerly the capital of Lithuania, became part of Poland in 1920, the shift in national boundary excluded the large Vilnius community (60,000 Jews, with over 100 synagogues) from the Republic of Lithuania.Nevertheless, independent Lithuania had 160,000 Jews until 1939.During WWII, Soviet troops invaded Poland, and redrew the map such that Vilnius was once again in Lithuania.A few months later, the USSR annexed Lithuania.The Nazis invaded in 1941, and killed 95% of the Jewish population.Lithuania was the first Soviet republic to challenge the monopoly of the Communist Party; it declared its independence from the Soviet Union, on March 11, 1990.Since then, about 5,000 Jews have moved to Israel.The main synagogue (and matzah bakery) in Vilnius is located at 39 Pylimo Street.There is also a synagogue in Kaunas, which served as the capital of Lithuania from 1920 to 1939.The building at 6 Gaono Street, in Old Vilnius, served as a synagogue from 1861 to 1941.It now serves as the Embassy of Austria.There are Karaite temples in Vilnius and in Trakai.In 2002, a former synagogue in Siauliai was undergoing renovation.la voix sépharade I février 2003 I page Camion de la Tsedakah pour Be’er Shevaa Un projet de la mission de solidarité 2002 Avec la collaboration de la Fédération CJA (P2K) Et de la Communauté Sépharade du Québec ^-JÊËÊÊk L’Intifada Al Aqsa qui dure depuis 26 mois a eu des impacts désastreux sur la société Israélienne.Les attentats suicides ou autres actes terroristes ont touché profondément toutes les familles Israéliennes dont au moins un membre, un ami proche ou un voisin a été tué ou rendu infirme à vie.Cette terreur a eu un effet terrible sur la société Israélienne non seulement au niveau psychologique mais aussi économique : secteur du tourisme connaît une crise terrible, les faillites sont nombreuses dans de nombreux secteurs de l’économie poussant le taux de chômage à des niveaux alarmants.LE TAUX DE CHOMAGE ISRAÉLIEN EST DE PLUS DE 12% ET ATTEINT LES 20% DANS LA RÉGION DE BE’ER SHEVAA Entre-temps, une fois leur service complété, les Israéliens sont appelés à servir dans les réserves plusieurs mois par année.De plus, les conditions de sécurité étant précaires, des milliers d’Israéliens sont volontaires dans plusieurs services de secours et particulièrement dans la police où ils assurent des services de patrouille de façon régulière.Les Israéliens aujourd’hui doivent non seulement assumer ces énormes charges pour sauvegarder le pays, mais aussi accepter, pour bon nombre d’entre eux, une pauvreté qui touche leurs familles dans leurs besoins essentiels.AINSI 27% DES ENFANTS ISRAÉLIENS VIVENT EN DESSOUS DU SEUIL DE PAUVRETÉ ET CE NOMBRE PASSERA À PLUS DE 33% A CAUSE DES COUPURES BUDGÉTAIRES EN 2003 Durant notre mission, nous avons eu l’occasion de travailler avec une oeuvre de ramassage, de tri et de stockage, de nourriture donnée par les clients de super marché de la région de Be’er Shevaa.Ces victuailles étaient par la suite distribuées 2 fois par mois à plus de 350 familles nécessiteuses.OR, IL Y A PLUS DE 2000 FAMILLES DANS LE BESOIN QUI NE PEUVENT ÊTRE DESSERVIES, FAUTE DE CAMION POUR ASSURER LE RAMASSAGE ET LA DISTRIBUTION DE LA NOURRITURE DONNÉE À PLUS GRANDE ÉCHELLE.Contribuez généreusement au projet CAMION DE LA TSEDAKAH Dons acceptés auprès de la Fédération CJA, Communauté Sépharade du Québec ainsi que votre Synagogue. culture Sophie Jama De l’inutile et détestable cruauté des hommes iberté d'expression et démocratie contre despotisme belliqueux, respect de la diversité contre religion prosélyte, valeur positive de la vie contre récompenses promises dans l'autre monde, travail pour la paix contre pseudo "guerre vertueuse”., c'est évidemment là une vision bien trop simplificatrice du combat et des maux qui touchent notre début de XXIe siècle en cet anniversaire du 11 septembre.Encore que.Tuer des civils sans défense.cela peut-il justifier une cause aussi sacrée soit-elle?Certes, non.Que dire alors d'actes organisés par une poignée d'individus dans le but de tuer par surprise le plus possible d'innocents, de provoquer la terreur, sans véritable cause ni revendication?Le vide total de sens d'une telle attitude pousse - en vertu du principe de l'horreur du vide - à combler la béance de toutes sortes d'interprétations étrangères au raisonnable.Ainsi, la désignation d'un bouc émissaire traditionnel (des rumeurs sur les Juifs à la désignation du conflit israélo-palestinien.), le sentiment de culpabilité de l'occident (qu'avons-nous donc fait pour mériter ça?), l'attitude indigne des pays riches vis-à-vis des pauvres (sage prise de conscience, mais qui se révèle hors sujet; le coupable étant issu de l'un des pays les plus riches du globe et son "action" ne cherchant nullement à soulager de la faim les populations dans le besoin), l'expression des frustrés de tous ordres à l'égard de la réussite jugée arrogante des américains (il y aura toujours un plus riche que soi, l'utopie communiste n'y ayant même pas remédié., et que dire de l'arrogance du coupable et de son réseau?); tout cela ne mène qu'à la rhétorique de confusion des victimes et des coupables.Face à ces nombreux discours oiseux issus de nos commentateurs de tous poils - discours inutiles et dangereux puisque utilisés par les coupables pour entraîner les hommes dans un désordre, si possible, planétaire - il n'est peut-être pas sans intérêt de relire ses classiques et de prendre le temps de s’arrêter pour réfléchir un peu.Montaigne me semble fournir quelques sentences d'une grande richesse dans cette direction.Sa famille avait subi les rigueurs de l'Inquisition espagnole.Lui-même, nouveau chrétien, s'autorisa à penser ouvertement et publiquement, mais la voix sépharade I février 2003 I page 52 $ 1 aussi dans le secret d'une identité qu'il lui était interdite de révéler.Sa sagesse, sa sensibilité, son intelligence et son humour seront nos guides pour une brève réflexion sur l'inutile et détestable cruauté des hommes.Montaigne avait en horreur les cruautés et les servitudes dont le monde fournissait déjà tant d'exemples.Je hay, entre autres vices, cruellement la cruauté [.], comme l'extreme de tous les vices , déclara-t-il de bien des manières.Au XVIème siècle, malgré le témoignage des archives du passé, les horreurs étaient loin d'avoir quitté le paysage de notre humaniste.La guerre civile lui présentait des scènes de meurtre et de torture peu imaginables.A peine me pouvoy-je persuader, avant que je l'eusse veu, qu'il se fat trouvé des âmes si monstrueuses, qui, pour le seul plaisir du meurtre, le voulussent commettre : hacher et détrencher les membres d'au-truy ; esguiser leur esprit à inventer des tourmens inusitez et des morts nouvelles, sans inimitié, sans profit, et pour cette seule fin de jouir du plaisant spectacle des gestes et mouvemens pitoyables, des gemissemens et voix lamentables d'un homme mourant en angoisse .Si les grandes religions présentent souvent quelques ressemblances, celle des chrétiens de son époque risquait de dépasser les autres en matière d'ignominie.Nostre zele fait merveilles, quand il va secondant nostre pente vers la haine, la cruauté, l'ambition, l'avarice, [.].Nostre religion est faicte pour extirper les vices ; elle les couvre, les nourrit, les incite .Tout en luttant pour leur foi, les assaillants méprisaient l'essentiel du dogme censé les inspirer.Eliminer son ennemi ne suffisait-il pas?Montaigne était indigné par la hargne des belligé- rants.Quant à moy, en la justice mesme, tout ce qui est au delà de la mort simple, me semble pure cruauté, et notamment à nous qui devrions avoir respect d'en envoyer les âmes en bon estât ; ce qui ne se peut, les ayant agitées et desesperées par tourmens insupportables .Le principe de l'intégrité du corps, indispensable au salut chrétien de l'âme, était dédaigné même par la justice ecclésiastique.Sous couvert de bonnes intentions, le prosélitysme chrétien poussait à des conversions violentes en Espagne, relayées par les crimes incroyables de l'Inquisition qui poursuivait partout les nouveaux convertis ! Des émeutes populaires entraînaient la mort ou la christianisation forcée de nombreux Juifs.Ceux-ci étaient ensuite accusés d'hérésie pour s'être montrés des Chrétiens peu convaincus.Mais des Juifs demeuraient et l'Espagne décida de régler la question de la religion unique en les expulsant de leur pays.Montaigne, solidaire de ses coreligionnaires contraints à la conversion, raconta longuement l'un des épisodes navrant qui suivit l'expulsion des Juifs d'Espagne de 1492.Il s'agit de la trahison que subirent ceux qui refusaient encore la christianisation de la part du Portugal censé les accueillir.A compter du 31 mars 1492, l'édit d'expulsion signé par Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon exigea que, en seulement quatre mois, les Juifs quittent leur pays en y abandonnant tous leurs biens.Parmi ceux qui partirent pour conserver leur judaïsme, certains prirent la direction du royaume voisin du Portugal où existait déjà une importante communauté juive.Contre une taxe de huit cruzados chacun, le roi Jean II leur accorda un délai de transit de huit mois, avant de rejoindre le continent africain sur des vaisseaux spécialement affrétés.Hélas, les promesses portugaises furent loin d'être tenues.Et les rares qui, finalement, réussirent à embarquer, devinrent les victimes de toutes sortes d'exactions, humiliations et brigandages.Pour Montaigne, les vaisseaux leur furent fournis escharcement [chichement] et ceux qui s'y embarquèrent, rudement et villaine-ment traittez par les passagers [l'équipage], qui, outre plusieurs autres indigni-tez, les amusèrent [retardèrent] sur mer, tantost avant, tantost arriéré, jusques à ce qu'ils eussent consommé leurs victuailles et fussent contreints d'en acheter d'eux si chèrement et si longuement qu'ils furent randus à bord [au rivage] apres avoir esté du tout mis en chemise.Ainsi dépouillés et ruinés, beaucoup devinrent esclaves et d'autres simulèrent le baptême en espérant bénéficier d'un semblant de liberté.Encore insatisfait, le successeur de Jean II - le roi Manuel 1er qui espérait rallier les derniers Juifs au christianisme - usa de nouveaux mensonges et trahisons pour obtenir les conversions souhaitées.Le roi, les meit premièrement en liberté : et, changeant d'advis depuis, leur donna temps de vui-der ses païs, assignant trois ports à leur la voix sépharade I février 2003 I page 53 culture passage.Il esperoit,[.] que la faveur de la liberté, qu'il leur avoit rendue, aiant failli de les convertir au Christianisme, la difficulté de se commettre [confier] comme leurs compaignons à la volerie des mariniers, d'abandonner au pais où ils estoient habituez avec grandes richesses, pour s'aller jetter en region incognue et estrangere, les y rameine-roit.Ces moyens de pression échouèrent encore.Les Juifs désiraient absolument quitter le pays afin de conserver leur religion, et le roi Manuel en vint à des méthodes toujours plus violentes.A l'occasion des fêtes de Pâques de 1497, les enfants de moins de quatorze ans furent arrachés à leurs parents et conduits de force au baptême.Un spectacle désolant s'ensuivit.Bannis d'Espagne, les Juifs qui avaient rejoint le Portugal étaient, plus que tout, attachés à leur foi.A présent qu'on leur avait encore menti, le désespoir leur fit préférer la mort en entraînant leurs enfants avec eux.Ils disent que cet effect produisit un horrible spectacle : la naturelle affection d'entre les peres et les enfans et de plus le zele à leur ancienne creance, combattant à l’encontre de cette violente ordonnance.Il y fut veu communément des peres et meres se deffaisant [se tuant] eux mesmes : et, d'un plus rude exemple encore, precipitant par amour et compassion leurs jeunes enfans dans des puits pour fuir à la loy.Montaigne insiste sur le fait que l’attitude de ces malheureux fut dictée par l'amour et la compassion.Et ceux qui cédèrent à la conversion, restaient encore, cent ans après, des Juifs fidèles à leur croyance.Au demeurant, le terme qu'il leur avoit prefix [fixé d'avance] expiré, par faute de moiens, ils se remirent en servitude.Quelques-uns se firent Chrestiens : de la foi desquels, ou de leur race [descendance], encores aujourd'huy cent ans apres peu de Portugois s'asseurent, quoy que la coustume et la longueur du temps soient bien plus fortes conseillères que toute autre contreinte .Un siècle après les événements, la suspicion de judaïser en secret pesait encore sur ces nombreux convertis et donnait prétexte au Saint-Office pour les poursuivre à travers le monde.Cet épisode est raconté en détail par un Montaigne indigné de ce qu'eurent à vivre ses propres ancêtres.Et il ne se priva jamais de condamner explicitement la mauvaise conduite des hommes, quelque soit leur cause.Il fut par exemple l'un des premiers critiques sévères de la conquête du Nouveau Monde.Les Espagnols - hommes prétendument civilisés - asservirent un peuple innocent, si nouveau et si enfant , qui ne chercha même pas à résister.Montaigne était indigné par une colonisation qui s'accompagnait d'une œuvre missionnaire violente, et il se montra plein d'ironie acerbe quant à la manière dont les "lumières" du christianisme étaient offertes à cette société de prétendus "sauvages" : Bien crains-je que nous aurons bien fort hasté sa déclinaison et sa ruyne par nostre contagion, et que nous luy aurons bien cher vendu nos opinions et nos arts .Les colonisateurs se firent prédicateurs auprès d'une population à la religion naturelle.Comme souvent, la brutalité s'associait au paradoxal message de paix.Cette tentative de se disculper ne convainquit jamais notre humaniste.Montaigne raconta de quelle manière les Espagnols leur présentaient la creance d'un seul Dieu et la vérité de nostre religion, laquelle ils leur conseilloient d'accepter, y adjoustans quelques menasses .Les railleries de Montaigne se doublaient d'un profond sentiment de révolte: /./ nous oyons nos martyrs crier au Tyran au milieu de la flamme: C'est assez rosti de ce costé là, hache le, mange le, il est cuit, recommance de l'autre .Mais des hommes étaient réellement massacrés, rôtis sur des bûchers, torturés de toutes les manières possibles.Leurs richesses étaient pillées, leurs traditions anéanties, et jusques à l'entier abolissement des noms et ancienne cognoissance des lieux s'est estandue la desolation de cette conqueste, d'un merveilleux [extrême] exemple et inouy .Si vraiment on avait pu reprocher aux Indiens d'être opposés au principe de l'unicité de Dieu ! Ce ne fut pas même le cas, et Montaigne jugea ces sociétés souvent mieux organisées que les autres.Quant à un seul Dieu, le discours leur en avoit pieu, mais [ils] ne vouloient changer leur religion, s'en estants si utilement servis si long temps.Là encore les conversions ordonnées par l'Eglise s'accompagnèrent d'effroyables violences.Montaigne s'étendit longuement sur cette tragédie.Face à la lâcheté des conquérants, il décrivit la grande dignité des persécutés.Les mots qu'il emploie montrent à quel point il s'identifia à ces victimes d'une nouvelle évangélisation forcée.L'oppression d'un peuple innocent et pacifique - tesmoing mes Cannibales - lui servit à justifier le peu d'estime qu'il éprouvait à l’égard d'un christianisme imposé par les mêmes infâmes méthodes à sa propre lignée.Car seule la paix civile pouvait satisfaire Montaigne, et il dénonça tous ceux qui lui faisaient obstacle.Si, à son époque, les pires cruautés provenaient principalement des Chrétiens, Mon- .la voix sépharade I février 2003 I page 54 Ce numéro sans frais est payant : Boni de REER OBLIGATIONS A TAUX PROGRESSIF la première année pour les nouveaux fonds REER Capital garanti à 100 %.Taux avantageux garantis pour 10 ans.Remboursables sans pénalité, chaque année, à leur date anniversaire.Achat à partir de 100 $.Téléphonez-nous du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et les samedis du 11 janvier au 1er mars, de 10 h à 16 h.Passez nous voir au 2000, av.McGill College à Montréal, du lundi au vendredi, de 8 h à 17 h.Visitez le www.placementsqc.gouv.qc.ca Épargne Placements x-x y i Ea lui Québec oo I taigne ne manqua pas de dénoncer d'autres tendances religieuses pour leur usage du crime en faveur de la foi.Ainsi, les membres de la secte des Hashishin -qui a fourni notre mot "assassin" - s'enorgueillissaient d'assassiner tout individu de religion autre que la leur.C'est même par ces tueries, pensaient-ils, qu'ils gagnaient le paradis par le plus sûr chemin.Les Assassins, nation dépendante de Phoenicie, sont estimés entre les Mahumetans d'une souveraine devotion et pureté de meurs.Ils tiennent que le plus certain moyen de mériter Paradis, c'est mer quelqu'un de religion contraire.Et Montaigne ne se priva pas d'une ironie amère: Parquoy mesprisant tous les dangiers propres, pour une si utile execution, un ou deux se sont veus souvent, au pris d'une certaine mort, se presenter à assassiner (nous avons emprunté ce mot de leur nom) leur ennemi au milieu de ses forces.Notre humaniste nomma le comte Raimond de Tripoli et le marquis Conrad de Mont-Ferrat, lâchement tués au cours de ce que les Assassins désignaient comme leur guerre sainte.Il précisa avec sarcasme, et un dégoût bien justifié pour ces crimes insensés, que les meurtriers furent quand même conduits au supplice, mais tous enflez et fiers d'un si beau chef d'oeuvre .Montaigne, au contraire, magnifiait seulement la vie et il savait qu'aucune raison "supérieure" ne devrait autoriser quiconque de l'ôter à son prochain.Car que peut on imaginer plus vilain que d'estre couart à l'endroit des hommes et brave à l'endroit de Dieu .Nullement hostile au fait religieux, il croyait en un Dieu bon, forte, et liberal, et juste , son indignation se posait seulement sur ceux qui tiraient motif de la foi pour leurs actions ignobles.Car en matière de guerres intestines, vostre valet peut estre du party que vous craignez.Et où la religion sert de pretexte, les parentez mesmes deviennent infiables, avec couverture de justice .Une des consé- quences des plus tragiques de ces crimes est la perte de confiance.Des alliances obscures se concluent.Vos amis se révèlent vos ennemis sous des motifs impensables.Un engrenage irrésistible se met en route, la violence répond à la violence.Les premieres cruautez s'exercent pour elles mesmes: de là s'engendre la crainte d'une juste revanche, qui pro-duict après une enfilure de nouvelles cruautez pour les estouffer les unes par les autres .Pour Montaigne, aucun motif - ni religieux, ni autre - ne justifie le recours au meurtre, sans compter que certains profitent du désordre pour régler leurs différends personnels: [.] je ne parle point de ceux qui s'en servent de pretexte pour, ou exercer leurs ven-gence particulières, ou fournir à leur avarice, ou suyvre la faveur des Princes; mais de ceux qui le font par vray zele envers leur religion, et sainte affection à maintenir la paix et l'estât de leur patrie, de ceux-ci, dis-je, il s'en voit plusieurs que la passion pousse hors les bornes de la raison .Montaigne n'aimait que la vie, le seul bien qui nous est offert par Dieu.Pour moy donc, j'ayme la vie et la cultive telle qu'il a pieu à Dieu nous l'octroier .Il la désirait libre et paisible et il détestait l'idée que certains se permettent de l'ôter à leur prochain.Tel est son humanisme.Il est bon de relire Montaigne.Et l'actualité montre bien que, même après quatre siècles, ses idées sont encore bien trop peu partagées.Souhaitons que cet humanisme là soit enfin adopté par tous nos contemporains.Toute la gloire que je prétens de ma vie, c'est de l'avoir ves-cue tranquille: tranquille non selon Metrodorus, ou Arcesilas, ou Aristippus, mais selon moy.Puis que la philosophie n'a sçeu trouver aucune voye pour la tranquillité, qui fust bonne en commun, que chacun la cherche en son particulier proposa-t-il encore.Voilà une sage et humble déclaration, mais qui masque avec modestie tout le bienfait des idées pacifistes et généreuses de l'auteur des Essais sur le devenir des hommes.Car Montaigne a permis d'ores et déjà l'affaiblissement de certains préjugés et l’adoucissement des mœurs européennes.Il fut le premier à condamner la torture et à combattre tous les fanatismes.Son apologie de la tolérance est bien plus progressiste que la plupart des idées qui courent actuellement sur ce sujet.Montaigne s'éleva contre toutes les discriminations qu'il savait être signe d'aveuglement.Il combattit l'injustice, la barbarie, la cruauté, la tyrannie et la terreur que certains se plaisent à faire subir encore à d'autres.Sans jamais confondre victimes et coupables, Montaigne eut le courage d'adopter ces positions subversives, extrêmement dangereuses pour lui, dans le climat autoritaire de son époque.Sa conscience universelle ne cesse de répéter que l'être humain est toujours notre semblable et, qu'en ce sens, il a droit non seulement à notre respect mais à notre intérêt.Car l’unicité des hommes et la différence qu’il y a entre eux est très précisément ce qui constitue leur richesse.Sophie Jama, auteur de L'Histoire juive de Montaigne, Flammarion, 2001.Le bénévolat aide à construire une communauté forte et dynamique Être bénévole veut dire.• Partager vos talents • Aiguiser votre savoir-faire • Développer le sens d’engagement • Créer des liens amicaux • Acquérir des contacts professionnels • Avoir du plaisir ! Pour de plus amples informations, contactez Daphna Leibovici au Département des Ressources humaines de la CSQ (514) 733- 4998 poste 3137 la voix sépharade I février 2003 I page 56 Ce que le nouveau Plan d'action canadien sur la Santé signifie pour vous • Un meilleur accès aux médecins, aux infirmières ainsi qu'à d'autres professionnels de la santé, en tout temps; • Un plus grand nombre de soins post-opératoires à domicile; • Une période d'attente écourtée pour l'accès aux équipements de diagnostic; • Une aide aux personnes devant payer des médicaments à coût élevé; • Un rapport annuel sur les investissements en santé.Pour plus d'information, n'hésitez pas à nous joindre.1 800 O-Canada (1 800 622-6232) ATS : 1 800 465-7735 canada.gc.ca Canada culture La douce musique des mots justes.Yves Duteil par Léa Soussana Les idées, les émotions, la tendresse et la lumière, à lui seul il évoque des univers en couleurs et en images.La musique accompagne ses mots qui sont des odes à la vie, à la réflexion, au bonheur.Dans la simplicité de ses arcades poétiques, il ébauche des paysages, crée des mondes et sait rendre hommage à l’humanité, aux enfants, à la culture.Il s’appelle Yves Duteil.Sa biographie est une inspiration, une invitation à entrevoir l’essentiel et à apprendre le don de l’émerveillement.Né le 24 Juillet 1949 à Neuilly, Yves Duteil est le benjamin d’une famille de bijoutiers qui exerce dans le XIXe arrondissement de Paris, au Carillon d’or.Amoureux de musique et de poésie, les mots deviendront très vite «ses compagnons de jeux et de rêves», au rythme d’une enfance teintée des notes musicales de Ray Ventura et les Collégiens, Georges Brassens et Louis Armstrong.Pour accompagner ces rythmes, Yves Duteil apprend au feeling la guitare et entonne les airs de Polnareff, Hugues Aufray, les Beatties.Alors que Monsieur Duteil père rêve d’une carrière commerciale pour son fils, le destin en décide autrement.Yves Duteil déborde de passion et d’engouement pour la musique brésilienne.Après les événements de Mai ’68, Yves Duteil s’envole à Porto Petro, comme accompagnateur d’excursion au Club Med.De retour à Paris, Yves travaille sa voix, son style, ses chansons au Petit Conservatoire de Mireille, sur les terrasses des cafés et sur une place désormais bien connue, la Contrescarpe.Ces moments de rencontres extraordinaires deviennent très vite des moments d’échanges, de «partage» sur les planches de prestigieuses salles de Paris : Bobino, l’Olympia.Yves Duteil signera les premières parties de Régine, Juliette Gréco, Claude François, Joe Dassin.D’un succès d’estime à une reconnaissance bien méritée, le nom d’Yves Duteil illumine enfin les grandes scènes parisiennes.On parle d’un artiste de talent, un homme au grand cœur, à l’image de ses convictions, tendre, clair, sincère.À juste titre, le travail d’Yves Duteil est acclamé.Il y a eu le prix de l'Académie Charles Cros pour l’album Tarentelle (1978), le prix de la plus exceptionnelle création artistique au Festival d'art de Tokyo pour le disque Yves Duteil chante pour les enfants (1981), le grand prix de la Sacem pour l'album Pour les enfants du monde entier (1988).A cela s’ajoutent deux distinctions honorifiques exceptionnelles pour Yves Duteil, le titre de Chevalier des Arts et Lettres, décerné par François Mitterrand en 1984 ainsi que, la médaille d'argent de l'Académie française pour la chanson La langue de chez nous en 1986, une des plus belles chansons de notre la voix sépharade I février 2003 I page 58 mm époque, un des plus beaux textes de notre temps.«Une bulle de France au nord d’un continent», La langue de chez nous est un hommage à la langue française, au Québec, un beau clin d’œil aux riverains du St-Laurent.Une grande fierté, une chanson vivante et émouvante qui nous interpelle tout comme un autre texte d’Yves Duteil, Prendre un enfant par la main.Chanson magique, cette déclaration pour les enfants et parents du monde entier a été saluée, acclamée et désignée à la fin des années ’80, meilleure chanson du siècle.Un succès qualifié de «vertigineux» par l’artiste lui-même.Quelques années plus tard, c’est au tour de Jeanne Moreau, Véronique Sanson, Liane Foly, Dee Dee Bridgewater et bien d’autres, d’accompagner Yves Duteil sur une série de duos qui crée l’album Entre elles et moi.Véritable émoi artistique, avant d’entamer en 1996, l’album Touché, un tournant dans la carrière d’Yves Duteil.Aboutissement d’un long parcours, ce nouvel album d’Yves Duteil est une invitation à la réflexion.On y retrouve entre autre, une chanson pour le premier ministre israélien Yitzhak Rabin, assassiné il y a quelques années et un texte poignant consacré à l’arrière grand oncle d’Yves Duteil, le capitaine Dreyfus, accusé à tort d’espionnage à la fin du XIXe siècle.Des certitudes exprimées, une vie pleine de sens, Sans attendre, le plus récent album d’Yves Duteil confirme tout cela.Un homme intègre, humain, généreux et près de son public s’y dévoile.Pas étonnant puisque depuis 1989, Yves Duteil est maire de Précy-sur-Marne, une commune de 500 habitants en Seine-et-Marne.Derrière un homme complet, un homme heureux, comblé par une femme, Noëlle, épouse, compagne et complice d’Yves Duteil.Une vie passionnante, une biographie qui a encore beaucoup à raconter, à partager, à évoquer.Parler d’Yves Duteil, c’est rendre hommage à un grand homme.Un homme qui sait chanter la vie dans ses tournants, ses tourments, ses combats, ses moments de gloire et d’espoirs.La plus belle chanson du monde reste son écriture, un univers où les mots se rencontrent pour dessiner l’amour et exprimer la vie.Samedi 22 mars 2003 à 20h00 Le Ballroom Hevra Kadisha - 5237 Ave.Clanranald Prix: 45S par personne Repas léger sera servi animé par Robert Krief Bar ouvert Réservations: Frédérique Azoulay - (514) 735-5565 Poste 120 Créations ?Location de robes de henné avec Accessoires Choix de Couleurs *Tenue pour le marié Costumes d'enfants Nous nous déplaçons pour habiller la mariée.Sultan * Nouvelles robes ! * Nouveaux habits de Bar Mitzva Molly Sultan (514) 738-6517 4995 Carlton, Montréal, Québec H3G 1G9 Centre Communautaire Juif Le Département Jeunes Familles présente son premier Defile de mode-vente aux enchères Perpétuons la Tradition la voix sépharade I février 2003 I page ^9 Journée Internationale de& femnm Dimanche 9 Mars 2003 de llh30 à 16h00 au Centre Conférence Gelber (5151 Chemin de la Côte Sainte - Catherine) Places limitées.Billets $18 (à se procurer à l’avance jusqu’au 3 mars 2003) Un événement organisé par La Communauté Sépharade du Québec Commission des Ressources Humaines en collaboration avec INFO : DAPHNA LEIBOVICI (514) 733-4998 poste 3137 La Campagne des Femmes Sépharades de l’Appel Juif Unifié avec la participation de Black Star Project, Civic Participation of the Young Women of Ethnocultural Communities of Québec. Un fabuleux interprète de Hava Naguila.Helmut Lotti Léa Soussana Du Swing, du Pop, du Hip Hop, du Jazz et même de la Salsa, son spectacle est un medley de talent et d’émotions.Helmut Lotti arrive en ville avec sa musique, son charme et un épatant orchestre de quarante-deux chanteurs et musiciens.Né en Belgique un 22 octobre 1969, Helmut Lotti commence sa carrière très jeune et surprend par sa détermination, son sens du travail bien fait et sa persévérance.Impeccable sur scène, il arbore chemise blanche, costume et nœud papillon.Il rend hommage à une époque et recrée à sa façon un univers où la musique est une juste harmonie.Dans un rendez-vous où la fête est à l’honneur, sur disque comme sur scène, Helmut Lotti offre à son public une grande prestation.Il chante en plusieurs langues dont le français, l’anglais, l’espagnol, l’italien, le russe et fait même danser la foule sur une extraordinaire interprétation de Hava Naguila en hébreu.Il a du rythme, une tenue de scène époustouflante, un jeu chorégraphique digne des grands chanteurs du music-hall américain, une soirée avec Helmut Lotti est un enchantement.Surtout lors- qu’il prend la voix d’un crooner et interprète les plus beaux succès d’Elvis Presley.Sa jeune carrière est aussi sertie de belles rencontres.Placido Domingo, Montserrat Caballe, Andrea Bocelli, Lucio Dalla, Eros Ramazzotti et Gloria Gaynor ont partagé des moments scéniques inoubliables avec le jeune chanteur belge.De la jeunesse, de la prestance et un énorme charisme, retenez bien son nom car vous ne serez pas prêt d’oublier .an evening with Helmut Lotti.Helmut Lotti en spectacle à Montréal à La Place des Arts les 20 et 21 mars 2003.EN PLEIN DANS LE NOIR Farce lumineuse De Bob Oré Abitbol Mise en scène de Carlo Bengio Les 25, 26, 27, 28 et 29 mai 2003 Au théâtre Du Gesù 1200, rue de Bleury, Montréal, Québec Métro Place-des-Arts Billets en souscription : 30 $ taxes incluses Réservation : (514) 861-4036 et réseau Admission : (514) 790-1245 Une production du Théâtre Juif Francophone vnpwHfl G ^ez vous en %% ce 'CD CD ~TD CO C/3 CD js "5 CO O) _Q ^ rec$vez un mois LE CENTRE COMMUNAUTAIRE JUIF UNIJ3UE DÇ MONTREAL PRESENTE: SON CLUB DE SANTÉ EXCLUSIF POUR ADULTES • Excellent service à la clientèle • Des centaines de cours et programmes -, • Tirages surprises mensuels Inscription à l'avance aux programmes Laissez-passer gratuits pour invités Stationnement gratuit Casier permanent, salle de repos, sauna, Bain vapeur et beaucoup plus Bien d'autres avantages luxueux CL CL i/i 4—1 en § o/ CD ^ \j lo w -g -CD CT) .9^ < CLr- ¦-un * > O) LTI * oo O) rsi —> ENCORE BIEN D'AUTRE! C514D 737-6551 o vi 'o 0-1-2 E '-% 2 x 'q-"S ir- .2: x ro Ll_ s_ (XI * * Q_ * * la voix sépharade I février 2003 I page 6l Naissances Yoram et Susan ont l'immense bonheur d’annoncer la naissance de Erika, leur premier bébé le 16 janvier 2003 à Calgary.Nous adressons un grand Mazal Tov aux heureux parents et aux familles Azoulay et Macko.Félicitations spéciales à Papi Gérard et Mami Gisèle, notre sympathique collègue et amie.Bar Mitzvah Recticatif : Dans l’annonce de la Bar-Mitzvah de Jess J.Abezis parue sur le numéro de décembre 2002, nous avions omis de préciser le nom de sa grand-mère maternelle Mme Josette Abezis.Nous nous en excusons auprès de la famille.La Rédaction Le 3 janvier 2003, a eu lieu à la grande synagogue de Vichy (France), la Bar Mitzvah de Zachary Merizen, à qui son père Daniel, sa mère Catherine, Jeremy son frère, sa grand-mère Esther Merizen souhaitent un grand Mazaltov avec toutes les bénédictions d’Achem et la continuation dans la voie des Mitz-vots et de la Thora, Amen.O Lê.- Mariage Flora et Rémy Benoualid ont la joie d’annoncer le mariage de leur petit-fils Marc Darmond avec Shirley Dahan, qui a eu lieu le 3 novembre 2003 à Montréal.Un grand Mazaltov aux jeunes mariés et aux familles.Distinction Jean-Charles Chebat, professeur titulaire de la Chaire de Commerce à l'École des HEC de l'Université de Montréal, a reçu plusieurs distinc- tions pour ses recherches au cours de l'année.Il a été élu président de l'Académie des Lettres et Sciences Humaines et Vice-président de la Société Royale du Canada.Il a reçu le Fellowship de l'American Psychological Association et celui de la Japan Society for the Promotion of Science.Il a aussi reçu le prix de la meilleure recherche d’un séminaire de recherches de la Chaire de la Banque Royale de l'université Concordia.Nous avons appris avec grande tristesse le décès de Mme Yacoud Mazaltarim (zl ) survenu le 22 novembre 2002.L’équipe des bénévoles sépharades qui l’ont bien connue, et les profession-nels(lles) de la CSQ adressent leurs condoléances à la famille.L*.Décès C’est avec une profonde douleur que nous annonçons le décès de notre très chère mère et sœur Mme Alice Bendrihem, survenu le 26 décembre 2002.REMERCIEMENTS À la mémoire de Serge David Lévy (z.l.).En cette période difficile, ils nous semblent impossible de trouver les mots adéquats pour vous exprimer toute la reconnaissance que nous ressentons face à vos prières, bontés et générosités.Merci du fond du cœur.La famille Lévy Elle laisse dans un deuil profond sa sœur Esther, ses enfants Antoine et Celia, ses petits-enfants Yoav, Marie-Alice, Eisa, Georges et Olivia, son arrière-petite-fille Rebecca.Son sens de l’humour, sa générosité et son amour pour le prochain vont nous manquer.Nous remercions le Rabbin Benjio pour son support moral et tous ceux qui sont venus nous apporter leur soutien.Recticatif : Dans l’annonce de décès de M.Eric Bensabat parue sur le numéro de décembre 2002, nous avions omis d’ajouter le nom de M.Hervé Bensabat, frère du défunt.Nous nous en excusons auprès de la famille.La rédaction HEVRA KADISHA de Rabbi Shimon bar Yohay Confrérerie du dernier devoir URGENCE ?Appeler M.David Benizri Cell.: 824-7573 Domicile : 488-8113 après i7h : 731-3334 Nous informons la population que la Communauté Sépharade du Québec possède un cimetière communautaire a Beaconsfield avec des lots à prix très abordables.Pour toute information Appelez Élie au 733-4998 la voix sépharade I septembre 2002 I page 62 /ê Nous sommes fiers de porter à votre Connaissance que la famille Paperman a repris possession du salon funéraire Paperman & Fils.Ainsi, nous ne sommes plus affiliés à aucune chaîne corporative.Dès à présent nous serons davantage à l’écoute de vos besoins financiers, vous assurant d’être sensible à une situation financière difficile et traitant personnellement chacun avec respect, dignité et discrétion.Soyez assurés que vous ne paierez pas plus en venant chez nous.gjni: Paperman $c ütftls 3888 rue Jean Talon ouest (514) 733-7101 www.paperman.com 96/9-966 S PBO u6f»aa 1 AS ¦feMÉWHfl ¦¦¦¦ÉÉÉÉMMMi r: ".¦¦ .j 1 y— • I .—— — ! .~ |i| ¦ ' ~ r Ci *n 1 i»nssr.,« *» ®> -> rj •tn.fr» UlSiHI w MtiU»—-.ùuhK «» * «life?HH?hevra (SXàDisha et Special Eyents Group ,vrw/ heureux De vous annoncer éouverture De la ^Nouvelle thalle De çpRéception De
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