Jeunesse et hérauts, 1 octobre 1949, samedi 1 octobre 1949
r S-285 -y.v ».FIDES! |g FRERES DES ECOLES CHRETIENNES 949, RUE COTE, MONTREAL (1) Volume XXXVI, Numéro 3 1er octobre 1949 .^ msmm ¦ ; SSgSÿHfc.* .•;\.,hC,VsAtoV«ii« - : .: : - •• -7f» .fefe-vî' |§Ml®g§| SlpsSliib '¦- : ;'V- .,;m V?ISiS^S sasàSSfïW +WXS& UrsW-W-ùM iM; :K.sS® v:?P( T' v.- .vv • '.: ¦¦ ¦ is»» ¦ -¦ éééI .•/ .- jsttjwÆgmgà Z y ZI y ^ J) iÿTM&ÆgZ&s&ViW.;:Æ V * '/"^ /V'.ï.\ @9* ÿSassAjtTil.- SŒæœaSvss*' wmm iWf&w '§m®!SmWÊmÊÊÊÊ&ê m&m 2 T J F # TROP CURIEUX ! ÉDITORIAL MPEDOCLE, philosophe de l’antiquité voulut voir de près les feux du mont Etna.Il voulait savoir par lui-même comment ils sortaient du volcan, et quelle trace ils laissaient après eux.Plus d’une fois, ses disciples tâchèrent de le détourner de son dessein.« Maître, lui disaient-ils, tous ceux qui ont tenté cette téméraire entreprise y ont péri.Le sommet, vous ne l’ignorez pas, est calciné: en croyant mettre le pied sur un terrain solide, on s’enfonce dans un abîme dy cendres brûlantes.La lave peut Là, il eut un instant de jouissance.La nouveauté du spectacle l’enchante.Déjà il s’applaudissait de son courage.« Quelle gloire pour moi, devait-il se dire, d’avoir pu, sans crainte et sans accident, parcourir cette fameuse montagne, dont nul mortel encore n’est revenu !.)) Mais tandis qu’il se disposait à descendre, s’entretenant dans ces douces pensées, soudain un tourbillon de flammes sortit de dessous.Fût-il brûlé?Fût-il englouti ?.Ce qu’on sait bien, c’est qu’il ne parut plus.Dans ses récentes apparitions aux enfants, MARIE leur a toujours demandé de dire le CHAPELET pour la conversion de la Russie.Nous n’y manquerons pas pendant ce MOIS DU ROSAIRE.s’échapper tout à coup du volcan et engloutir l’observateur au milieu des flammes.» Empédocle répondait à tous qu’on s’alarmait trop aisément.Un beau matin donc, le philosophe, sans rien dire à personne, prend la route de la montagne.Il se munit d’un bâton pour sonder le terrain, et il ôte ses sandales afin de pouvoir, en marchant nu-pieds, sentir plus aisément quand le sol commencerait à devenir chaud.Il arriva jusqu’au sommet.Le mont Etna, pour un jeune homme, c’est l’occasion du péché.Jeunes gens, fuyez les occasions de péché! Non seulement ces occasions positivement prochaines, telles que les mauvais compagnons et les mauvais livres, qui sont toujours fatales à la vertu, mais même ces occasions plus éloignées, où notre vertu reçoit trop souvent des atteintes plus ou moins graves et finit par succomber.Fr.M.-Cyrille, é.c.JEUNESSE Approuve par Son Ex.Mgr l'Archevêque de Montréal.ABONNEMENT : REDACTION ET ADMINISTRATION : Frère M.-Cyrille, é.c.— Frère Majorjque, é.c.— Frère Marte-Paul, é.c.Frère Placide Vermandere, c.s.c.— M.Roland Canac-Marquis.A) Pour 10 exemplaires ( 5 mois), Canada: $1.00 — Etranger.$1.15.B) Pour 20 exemplaires (10 mois), Canada : $2.00 — Etranger : $2.25.Les abonnements commencent en SEPTEMBRE et en FEVRIER.— GRATIS : Un exemplaire par dix abonnements à la même adresse.LES FRÈRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES, 949, Côté, Montréal — PLateau, 9066.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classa, Minister* des Ponte*, Ottawa. 3 Le Bienheureux Frère Salomon (suit*) SUIVRE ¦S *7R if 1 ÛBx Frère PRÈS UNE VIE DE SOUMISSION ET DE DÉVOUEMENT, LE FRÈRE SALOMON DEVIENT SECRETAIRE DU SUPÉRIEUR DE 17NSTITUT.SÀB-ffl RÆffiW Au COURANT DU MALAtôE DE LA FRANCE, IL SE PRÛPA RE A AFFRONTER ECRASE QU! VA ÉCLATER SUR SON PAYS* L’année 1789 venait de commencer, Elle sera terrible pour la France.La terre va être rougie du sang de «es meilleurs fils.Le Frère SALOMON protège son chef.Il parcourt Paris, déguisé, pour consoler ses Frères.Il écrit une lettre à sa famille pour faire ses adieux.Les émeutiers viennent pour enfoncer la maison où il se cache, mais n’y peuvent réussir.Bientôt toutes les écoles des Frères furent fermées parce qu’ils ne voulaient pas prêter un serment schismatique.Ils se dispersèrent, se cachèrent où ils purent, vivant dans une crainte perpétuelle.Pendant seize mois, le Frère Salomon fortifie par ses visites et ses lettres la foi de ses frères et de sa parenté.Il écrivait: "Priez Dieu qu’il me fasse la grâce de Lui être fidèle si la persécution s’étend sur moi".Il se plaît à répandre les Bulles du Pape. Quand j’aperçois un Rabat Blanc.LORSQUE le cardinal.Verdier parlait aux Frères, souvent il commençait par cette parole: « Quand j'aperçois un rabat blanc, j'éprouve une émotion au cœur.)) Ah! c’est, qu’d avait eu, comme oncle maternel, un cher rabat blanc: le Frère Hêribaud-Joseph.Né en 1841, Jean-Baptiste Caumel entra au noviciat de Clermont dans sa douzième année.Quelques années plus tard, il était nommé pro-esseur au pensionnat Godefroy-de-Bouillon.4race à ses leçons intelligentes, grâce aussi à :a manière affable et bienveillante, il eut bien- le conseil de sa femme.Nous serions encore dans le paradis terrestre.)) Ne pouvant plus faire la classe, le F.Héribaud va porter toute son intelligence et son prodigieux labeur à l’étude des plantes.Il sera le « Botaniste d’Auvergne », une illustration pour sa Congrégation et son pays.De 1875 à 1915, il fit paraître vingt-cinq travaux importants sur la botanique; il eut des milliers de correspondants et reçut le titre de « Président de la Société Botanique de France", Clermont donna à l’une de ses rues, le nom de Frère Héribaud-Joseph.LE C.F.HERIBAUD-JOSEPH et son oncle le CARDINAL VERDIER.7 ” ï ' > ' ' f f mm K asm mm mm mSr> > Xw’vf'yx \ N mm IdfJ-AW V A.tôt une profonde et salutaire influence sur ses élèves.On goûtait fort ce maître toujours épanoui, qui avait le don d’égayer les leçons les plus abstraites.Le P.Sertillanges, Dominicain, écrivait au lendemain de la mort du F.Héribaud (1914) : (( Je perds en lui le meilleur souvenir de mes jeunes années et Vune de mes admirations les plus sûres.Si j'ai pu faire quelque bien, je le dois, en grande partie, à cette première grâce d'avoir été élevé si attentivement , si saintement.)) Mais un jour, le F.Héribaud fut atteint de surdité.Il fallut le retirer de l’enseignement.Il se consola vite de son infirmité: « Si notre mère Eve avait été sourde, plaisantait-il, elle n'aurait pas écouté la voix enjôleuse du serpent.Si Adam avait été sourd, il n'aurait pas entendu jfiiiwiiiiiiHiwiii iiimii ii mu ni mm in !!¦> ni n iimi irnunr Sur sa tombe, le Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences disait: (( La place de l'éminent F.Héribaud était à l'Institut de France, si sa robe eût été en faveur à l'époque.Il fut de l'Institut des Frères, cela vaut mieux devant Dieu.» N’avait-il pas dit souvent: RENDRE À LA FOSSE À RÉ PA RATIONS, ON POURRA PEUT-ETRE TERMINER LA COURSE.ÜP lH À LA COURSE DTNDIANAPOLIS, .EN 1921.ÇA NE VA PAS , JIMMY?./ÇA DOIT ÊTRE LA ROTULE DE DIRECTION/ RIEN A FAIRE/ NOUS SOMMES SAUVÉS/.DIEU /CETTE ROTULE BRISÉE VAT’ÉLl-^xW À LA FIN DE LA COURSE.MINER DE LA COURSE, JIMMY IMPRIMÉ AUX ÉTATS-UftlSU' ON L’A, JIM-MY/ON GAGNE "S tm QUI M‘A FRAPPE A LA TÈTE.PENDANT LA COURSE QU’EST-CE .QUI T’EST ARRIVE,JIMMY TU SAIGNES/ PRENDS LA ROUE, ERNEST/ ssïê® PEU DE TEMPS APRES.CE NE SERA PAS FAC,ILE,MAIS J’AI ESPOIR DE REMPORTER LE GRAND PRIX DE FRANCE.MA VOITURE EST BONNE, ET MON MÉCANICI EN, ERNEST OLSEN, EST EXCELLENT.7^QUELLE PISTE, JIMMY/ UNE ROU ' TE DE CAMPAC-NE / PAS ÉTÛN -NANT QUE NOS COUREURS N’AIENT JAMAIS EU DE CHANCE EN EUROPE/.JE CROIS QUE CESE-,RA JOLIMENT DIFFÉRENT DE NOS PISTES D’AMÉRIQUE/ ÇA VA,MlEUX À PRESENT, -, JIMMY?J JE CROIS QUE OUI.C’EST UNE ¦ . t - mi 1 ( i; mm.aeüte- IlF % CE M'EST UN GRAND \./ JE VOUS REMER HONNEUR.MONSIEUR \Y CIE,MONSIEUR/ MURPHY, DE VOUS DÉCER-/ V J EN SUISTRESHEU NER CE TROPHÉE.X \ REUX/ JIMMY MURPHY EST LE SEUL CHAUF FEUR D'AMÉRIQUE À TRIOMPHER EN EUROPE AVEC UNE VOITURE AMÉRICAINE.ENTRE LES COURSES, JIMMY REALISAIT SES PROPRES PLANS DE CONSTRUCTIONS.C’EST CELUI-CI, LE MOTEUR DONT JE ME SERVIRAI À INDIANAPOLIS,AV__ UN CHASSIS DUESENBERG.CE SERA LE ui.iirmi.v, r r i « i H HARTZ PREND TOUJOURS LE TOURNANT LAR GE.ON VA ESSAYER DE SE FAUFILER A .L'INTÉRIEUR CETTE FOIS-CI/ v^ À INDIANAPOLIS.LE 30 MAI 1922.f VOUS ÉCOUTEZ LE PREMIER REPORTAGE RADIOPHONIQUE DE LA FAMEUSE COUR SE DE 500 MILLES, A INDIANAPOLIS.AU 116 TOUR,HARRY HARTZ EST EN TÈTE.MAIS JIMMY MURPHY LE SUIT DE BIEN PRÉS IL L'A EU/GRACE A UNE ^ MANOEUVRE FORT DANGEREUSE, < QUI EXIGE UN SANG-FROID ABSOLU • MURPHY A DÉPASSÉ HARTZ AU V ?GE,ET SE TROUVE ENTÊTE/ , llllllj mmm mmzm ET IL ÉTABLIT UN NOUVEAU -v RECORD/ r-r—x' MURPHY GAGNE! JUGES .>-;¦ ; ill sy?HI! Il 11*1 )l P ' >¦: 2SLK8S ÿ*»‘ .% A is3!^ -'¦: ¦ .SNNN.X» ".' * • I.J.» J * SgaSP ssssss ^Sn^IL-autoW annuel ==TIMM^üRPK?r^watiN nwiow^ 1 * ;, i - .- i - x APRÈS AVOIR GAGNE LES SWEEPSTAKES D’INDIA-NA POLIS, JIMMY REMPORTA TANT D’AUTRES VICTOIRES QU'À LA FIN DE L'ANNÉE.AU MEILLEUR COUREUR POUR L’ANNEE 1922, NOUS SOMMES HEUREUX DE PRESENTER CETRO PHÉE, SYMBOLE DU CHAMPIONNAT NATIONAL.ASSOCIATION ^ JIMMY BRISA DES RECORDS SUR TOUTES LES PISTES DU PAYS.EN 1923 ET 1924, IL ARRIVA TROISIÈME AUX SWEEPSTAKES D’INDIANA-POLIS.AU TOTAL,EN CINQ DÉPARTS SUR LA PISTE LA PLUS RENOMMEE DU MONDE :DEUX FOIS QUATRIEME, DEUX FOIS TROISIÈME ET UNE VICTOIRE- UNE RÉUSSITE INOUÏE JUSQU'ALORS, ET JAMAIS EGALEE DEPUIS.IL CONTINUA À TRAVAILLER SU R DE NOUVEAU PLANS.UNE VOITURE DE COURSE COMME CELLE-CI, À TRACTION AVANT, DEVRAIT GAGNER, EN MOYENNE, AU MOINS DIX MILLES A L'HEURE.CEST UN PLAN INTE RESSANT,JIMMY.IL EST PRESQUE TERMINE, HARRY.JE L’ESSAIERAI A MON RE TOUR DE SYRACUSE.C’EST VRAI.MAIS LÇS MEILLEURS COU REURS SONT CENSES PRENDRE PART À TOUTES LES ÉPREUVES DE CHAMPIONNAT.CE NE SERAIT PAS HONNETE,DE MA PART, DE M'ABSTENIR. 21 / LE CHAUFFEUR QUI VIENT DE FAI RE UNE EMBARDEE, C'EST TOMMY MILTON.L'AUTRE,DANS LA VOITURE JAUNE, C'EST JIMMY _________ ^ MURPHY.____*/¦ÏÜ& A SYRACUSE.LE \5 SEPTEMBkE I924.'JIMMY EST ENTRÉ TOUT PEU APRÈS, AU MÊME ENDROIT.J IL A L'AIR GRAVEMENT BLESSÉ/ N'IMPORTE OU ‘ AILLEURS SUR Lh PISTE,IL S’EN SERAIT TIRE FACILEMENT.A DROIT DANS LES PLAN CHES BRISÉES/ IL N'EN A PAS EU CONNAISSANCE., E60 TE ABSOLVO mm® rm mmz '«BÇgS#! g*®! AU BANQUET* ANNUEL DE L'ASSOCIATICN AMÉRICAINE.MALGRE QUE LA MORT W MIS FIN, EN SEPTEMBRE, A SA BRILLANTE CARRIERE;' JIMMY MURPHY AVAIT DEJA • ACCUMULÉ ASSEZ ÔEVICTOI \ RE POUR MÉRITER LECHAM-IN' PIONNAT DE 1924 / .mi\ o IwÊ Pmsg ÆÊ II ~ BHL.-k.LJ CE SOIR, JE ME PERMETS DE VOUS PROPOSER LE NOM D’UN FRÈRE CHEVALIER DEFUNT, ____ QUI FUT LE T.YPE IDÉAL DE L’AMÉRICAIN CATHOLIQUE, ^ ' iteWi UN HOMME DONTTOUT CHE- ) V wtfri VALJER DE COLOMB PEUT / Il ETRE FIER • JIMMY J MURPHY/ ^ * ‘ « 9 a b h *0* a * * tffaatr " " * a Wl H I ft , .< ® ** » 9 V y | ay | *•* * * ’ "au&tisat,, ***.*n JL^: -I : -, liiiii üii »»?K'c-:-:¦:••• 33 Naïveté* Jean n’aime >-=__î i { ?pas aller en classe le matin; aussi, aujourd’hui, une idé magnifique lu vint.Il décroche le téléphone et demande le directeur de l’école.D’une voix enrouée, il dit: Jean est malade.Il ne pourra pas aller à l’école demain.— Qui est à l’appareil ?demande le directeur.— C’est mon père! répond Jean gravement.En famille — Qu’est-ce qu’il y a de nouveau sur le journal ?— Les prix ont encore augmenté.— Je te demande ce qu’il y a de nouveau .Quelle époque! — Vous avez commis tout seul ce cambriolage ?— Oui, monsieur le juge.À notre époque il est si difficile de trouver un associé honnête.A l’école La maîtresse-Voyons, qui de vous me dira ce^ que la Chine)! produit en plus;_ grande quantité^ que n’i mp orte quel autre pays ?Petit Pierre— Moi, Mademoiselle ! Des Chinois .Réserve intéressée — Votre fille est très .réservée, elle baisse toujours les yeux quand vous recevez .— Oui, figurez-vous qu’un jour, elle a trouvé sur le tapis une très jolie bague A l’examen de chimie Le professeur — Que contient l’eau de mer ?Le candidat — Des poissons, monsieur.Déjà! Tonton rendant visite à un de ses amis, apporte un colossal sac de bonbons pour le fils de la maison.— C’est pour moi tout ça ?dit ce dernier en recevant le sac.— C’est pour toi seul.— Alors, je peux en faire ce que je veux, dis, monsieur ?— Mais parfaitement! — Je te le vends quarante sous, alors ! ! ! Epanchements — Dis, papa, qu’est-ce que tu me donneras quand je me marierai ?— Mon consentement, mon garçon! Les enseignes Une pension de jeunes filles est voisine d’un épicier-charcutier.Les deux enseignes juxtaposées forment cette inscription curieuse: « Pension de jeunes demoiselles., .A la renommée des bonnes langues ! » De l’autre côté de la ligne Un étranger s’assoit dans un restaurant où les prix sont très élevés et où la qualité de la marchandise est, en revanche, très médiocre.Dès que le convive a commencé son repas, le propriétaire du restaurant vient lui demander son avis sur le vin qu’il est en train de boire.— Oh! répond le client, c’est une bonne marque, une bonne qualité, pas de mélange; je vous parle en conscience, je suis expert.— Ah! monsieur est marchand de vin ?— Non, monsieur, je suis fabricant de vinaigre.Riposte Un juge levant sa canne vers un accusé, disait: — Il y a une fameuse canaille, à l’extrémité de ma canne! — A quel bout! fit l’accusé.\ Les à-peu-près t —Vous me sciez le dos, disait un notaire impa -tienté à un de ses amis.L’ami sans se déeoncerter, riposta: —Eh bien, ce sera un dossier (dos scié) de plus et voilà tout * Par ce temps de vie chère Deux hommes dont l’un marche à l’aide de béquilles, se rencontrent rue Duluth.— Tiens!.vous êtes donc estropié maintenant ?— Moi.du tout, répond l’infirme.— Alors, pourquoi vous servez-vous de béquilles ?— Mais!.mon cher.c’est pour ménager mes souliers.A l’examen L’examinateur— Parlez-moi de l’œil.— Impossible, M’sieur, je ne sais parler que du nez.Sur la reute — Papa, j’ai peur de ces bœufs.—¦ Pourtant tu en manges bien! — Oui, mais ceux-là, ils ne sont pas cuits ! Le bon Dieu voit tout.c’est bien dommage! Marie demandait si vraiment le bon Dieu voit tout, bien tobt.Sa maman lui répond: — Mais certainement, le bon Dieu voit tout.Et Marie, rêveuse: — C’est bien dommage, va, maman.— Pourquoi donc, ma petite fille ?— Parce que j’aurais voulu être bien sage pendant huit jours pour lui faire une surprise. 34 ¦ MB TTnAMIEN et André étaient de grands fl J amis, mais le goût des aventures lointaines poussa André à s’expatrier.« Si je trouve la fortune, dit-il à son ami, je t’appellerai !» Cet appel arriva au bout d’un an: André avait trouvé en Abyssinie un cours d’eau aurifère très riche.Damien accourut.Ils se mirent à travailler avec joie, amassant beaucoup de paillettes.Mais, dans cette solitude, garder l’or était dangereux.Des figures farouches et sombres rôdaient autour de leur hutte.qu'à Harrar?Angoissés et exténués de fatigue, ils se couchèrent, à l’étape, à l’ombre de quelques cactus épais.André se glissa tout à fait dessous et s’endormit, invisible au dehors.Damien, craignant les piqûres, se coucha plus loin.Or, peu après, trois hommes descendirent d’une colline rocheuse, bondirent sur l’Européen, et l’emportèrent.& « Il faut porter notre lortune à Harrar, où il y a une banque indigène, dit André; d’après la carte, ce n’est que deux jours de marche.Partons avant l’aube, bien armés, avec des provisions, et tâchons de ne pas être vus.» Et ils s'engagèrent imprudemment dans un désert rocheux, se fiant à une carte indigène mal établie; il y avait en réalité pour cinq jours de marche à pied ! ?• ?TT ES malheureux furent bientôt égarés, il__ sans provisions, presque sans eau — U n’en restait qu’un demi-bidon, celui de Damien — cela suffirait-il à les mener jus- Un instant, Damien pensa à appeler André.« A quoi bon?se dit-il, on le tuera, là-dessous, comme un rat! Qu’il vive qu’il reste libre.et peut-être pourra-t-il me faire délivrer des mains de ces pillards?.» Dans son généreux silence, Damien ne songeait pas qu’il emportait la suprême chance de vie d’André: le demi-bidon d’eau! Quand André s’éveilla, une heure après, et qu’il aperçut la place vide, un atroce soupçon l’envahit: pour ne pas partager l’eau, pensa-t-il, Damien l’avait lâchement abandonné, Damien qu’il avait appelé pour lui faire partager sa chance! ?' Tf E vent avait déjà effacé les traces des pil- ___lards, il ne pensa pas à un rapt : Damien l’eût appelé! Désespéré, il reprit la route terrible en trébuchant.combien de minutes encore?.Soudain, un nuage de poussière s’élève à l’horizon, roule vers lui.Un chameau arrive au galop, sans cavalier, mais à sa selle, une outre d’eau est suspendue! André, ébloui, retrouve des forces.Il bondit, s’accroche au cou laineux du chameau, entrave sa course, l’arrête., ¦ft \3l Il grimpe, s’installe entre les bosses, et il boit, il boit comme un bienheureux! «Va, dit-il, mon vieux! Conduis-moi.tu dois aller à quelque village ou campement?.Va! » Et, en effet, la bête le mène dans un pauvre village de boue sèche.devant une porte ouverte, le chameau s’agenouille.mais la porte claque! ?• ?35 Ce sont des guerriers Gallas, des réguliers, qui vont justement en expédition contre les pillards des collines rocheuses! « Je vais avec vous! dit André.— Tu peux être tué.Attends-nous ici.—Etre tué?Bah! qu’importe! emmenez-moi.» On le prend en croupe.On arrive aux collines, et les traces mêmes du chameau évadé mènent les guerriers au camp — car le vent est tombé.ALORS, André jette un cri terrible: il voit Damien au milieu du camp, attaché au pieu! Le revolver au poing il bondit sur les pillards, suivi des soldats surpris; le combat s’engage, vif et court.Les Gallas sont des guerriers éprouvés: en peu de temps, l’ennemi est tué ou prisonnier ! I"DUTES les portes se ferment.et des canons de vieuxffusils sortent des meurtrières.« Quel accueil! pense André étonné.Oh! je comprends!.Cet animal a dû être volé ici par les pillards.il s’est évadé, il revient, mais on croit que la troupe pillarde nous suit!.J’ai l’air assez Ethiopien, avec cette étoffe qui protège ma tête! Oh! ils tirent! Et le chameau ne veut plus se lever! » André empoigne l’outre, et se sauve; les balles sifflent sur ses talons.Il sort du village, et c’est alors que le destin devient meilleur! De nouveau, voici un nuage de poussière.smm André écoute le récit de Damien; ü est pâle de joie et de honte.« Je croyais à une lâcheté de ta part! Et tu avais pensé à m’épargner.Quel idiot.Quelle brute je suis! — Pas du tout, riposte Damien.Mon silence semblait m’accuser.Oublions cela: tu m’as joliment délivré avec ces braves Gallas! » Les deux amis sont revenus travailler chez eux.Ils rentreront bientôt en Europe après avoir épuisé l’or de leur concession, et ils sont plus amis que jamais après cette effroyable aventure. 36 LES COMPAGNONS DE LA «PIERRE OUI SONNE» | Suite du numéro précédent MYSTERIEUX RAMONEUR THL T ATTJRELLEMENT, aussitôt levés, les cinq aînés entre- Igk prirent une grande discussion: il s’agissait de décider qui X partirait pour commencer; bien entendu Claude et André voulaient être les premiers, mais Antoine se fâcha.*—Vous n’avez pas l’âge, dit-il, attendez.Vous partirez plus t ard.Surtout ne vous imaginez pas que nous allons pouvoir creuser le souterrain sous le nez des boches, ils sont autrement fureteurs que les paysans; seulement nous pourrons nous en servir pour nous cacher en cas de perquisition.Souvenez-vous que le mot de passe devra être donné à Yannic pour pouvoir entrer, car il va plus que jamais être gardien.-•*- Quel est le mot de passe ?— J’ai convenu d’une phrase avec Yannic.Quand on lui dira: « il fait froid à l’ombre », il demandera:
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