ARQ, 1 juillet 1981, Juillet
[" ARCHITECTURE/QUÉBEC BSBBS sam ftfiSSS HITECTURE ET SOCIETE REALITE OU MIRAGE $3.00 JUILLI IÉHBI produit MEYCOPREN est un procédé d\u2019étanchéité, qui donne un revêtement unique au monde.MEYCOPREN est un bitume-élastomère qui se coagule instantanément.Il s\u2019applique même sur une surface humide.Les composantes des designs sont imputrescibles.Fabriqué au Québec.domaines d\u2019application L\u2019utilisation du MEYCOPREN est virtuellement illimitée dans les situations où l\u2019étanchéité est recherchée.S\u2019applique sur les toits plats ou en pente, toitures-terrasses, parkings, réservoirs, tunnels, fondations, etc.Il y a plus de mètres carrés de MEYCOPREN appliqués en Europe que n\u2019importe lequel élastomère en feuille.MEYCOPREN jouit de 2 avis techniques et des assurances.ETANCHEITE MEYCOPREN EST LTEE, 11650 Métropolitain est, Montréal, Québec Tel.: (514)645-4507 ou 353-2125 Télex: 05-828885 H1B 1A5 LA REVUE DES MEMBRES DE L\u2019ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC.5.ÉDITORIAL 6.81 ARCHITECTES AU CONGRÈS 81 Une occasion d\u2019échanger des Idées?Reportage d\u2019Odile Hénault.9.DE LA CRÉDIBILITÉ DES ARCHITECTES.Alain Duhamel.10.UNE ARCHITECTURE SOCIALE.Regard sur les cliniques d\u2019architecture et les groupes de ressources techniques au Québec.Jean-Louis Robillard.21.AUJOURD\u2019HUI ARCHITECTE MAIS DEMAIN?Une perspective sociologique de la profession d\u2019architecte.Jean-Pierre Hardenne.25.LES PRIX D\u2019EXCELLENCE.\u201cREVUS ET CORRIGÉS\u2019 \u2019.Une vision critique des bâtiments qui ont mérité cette année une mention d\u2019excellence de l\u2019OAQ.France Vanlaethem.28.MIES VAN DER ROHE ET AALTO À MONTRÉAL.Un succès d\u2019animation.René Viau.> Vol.1 \u2014 No 2 Juillet 1981 ©GROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE 1981.ISSN 0710-1163 'Crescendo EGAN-IAÏNG inc.UN ASSORTIMENT COMPLET DE PAPIER-TENTURE ET DE TISSUS À RECOUVREMENT POUR SATISFAIRE TOUS VOS BESOINS.204, Place d\u2019Youville, Montréal, Qué., H2Y 2B4 (514) 288-6122 EGAN-IAING Lavalin Partout au Canada et dans le monde Siège social: Montréal INGÉNIERIE APPROVISIONNEMENT CONSTRUCTION GÉRANCE DE PROJETS ET DE CONSTRUCTION PLANIFICATION ÉTUDES RELEVÉS ESSAIS Comité de Rédaction: Pierre Boyer-Mercier, coordonnateur, Jean-Louis Robillard, Pierre Beaupré.Rédacteur en chef pour le numéro 2: Jean-Louis Robillard.Ont collaboré à ce numéro: Alain Duhamel, Odile Hénault, Georges Adamczyk, Jean-Pierre Hardenne, René Viau, France Vanlaethem, François Giraldeau, Maurice Amiel.Secrétaire de rédaction: Jacques de Roussan.Directeur artistique: Claude Gendron.Directeur de la photographie: Jean Mercier.Collaborateurs: J.Claude Marsan, Syd Thomas, Patrick Blouin, J.Jacques Rivier, Yves Deschamps, J.Claude Leblond.Conseillers: Jacques Folch-Ribas, André Blouin, Gilles Marchand, Henri Mercier, Jean-Marie Roy, Jean Ouellet, Hubert Chamberland, René Homier-Roy, Laurentin Levesque.Graphistes: Joanne Lapointe, Pierre Pelletier.Bienfaiteurs: O\u2019Keefe et associés, architectes; Boudrias, Boudreau, St-Jean, Dumas, architectes; P.G.L.architectes; Labelle, Marchand, Geoffroy, architectes; David, Boulva, Cleve, architectes; Blouin, Blouin et associés, architectes; Viau, Birtz, architectes; Les architectes Beauchamp, Roy, Pelletier; Bédard, Averna, architectes; Les architectes Longpré, Marchand; Les architectes Tétrault, Parent, Languedoc; Gauthier, Guité, Roy, architectes; Jodoin, Lamarre, Pratte et associés, architectes; Le Groupe Archi + Plus/Gestion de projets; Mercier, Boyer-Mercier, architectes; Imagerie Design, conception visuelle et graphique.Représentants publicitaires: JACQUES LAUZON ET ASSOCIÉS Ltée Montréal: 50 Place Crémazie, suite 324, Montréal H2P 2S9, (514) 382-8630, telex: 05 825 763 Toronto: 2 Carlton Avenue, Suite 1420, Toronto M5B 1J3, (416) 977-9911, telex: 06 523 444 Services techniques: Photocomposition: Avant-Garde Limitée; Séparations couleur et montage des films lithographiques: Prestolitho ltée; Impression et assemblage: L\u2019Imprimerie RBT limitée.ARQ/ARCHITECTURE-QUÉBEC est distribué par l\u2019ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC.Abonnements: Le numéro: $3.00 6 numéros: $15.00 12 numéros: $25.00 Dépôt légal: 3e trimestre 1981 Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada Les articles et opinions qui paraissent dans la revue sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.ARQ/ARCHITECTURE-QUÉBEC est publié par le GROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE, corporation sans but lucratif, 1463 Préfontaine, Montréal H1W 2N6, (514) 523-6832.Page couverture: VOL I no 2, Juillet 1981.- Élément d\u2019un service à thé: projet étudiant de Michel Foti, Céline Gaudreault, Manon Théroux et René Roch du module Design de l\u2019Environnement, Université du Québec à Montréal.L\u2019illustration est de Serge Jacques, architecte.et, en retard.Page couverture: VOL I no 1, Mai 1981.- Rendu architectural: maison particulière, Saint-Pie-de-Bagot, Québec.Jacques Rousseau, architecte. AVEC LES ENCOURAGEMENTS DE L\u2019Association des architectes en pratique privée du Québec A.A.P.P.Q.3634, rue Aylmer, Montréal 843-6959 Larose, Laliberté, Pettrucci, architectes 980, Ste-Catherine ouest, Montréal, Suite 400 H3B 1E5 861-1886 Vecsei & Panzini, architectes 300, Léo Parizeau, Bureau 1801, C.P.962, Suce.La Cité, Montréal, H2W 2N1\t845-0229 Sankey, Werleman, Guy, architectes 418, St-Sulpice, Montréal, H2Y 2V5 849-4107 Gilles La vigueur, architecte 300, Place d\u2019Youville, Bureau C-30, Montréal, H2Y 2B6 843-4831 Colombani & Sperandio, architectes 10800, rue Lajeunesse, Montréal, H3L 2E8 389-8468 La Société Lahaye, Ouellet & Reeves, Urbanistes et architectes 2500, Chemin Bates, Montréal, H3S 1A6\t731-9648 Poirier, Cardinal, Urbanistes et architectes 209, Boul.St-Joseph ouest, Montréal, H2T 2P9 276-2617 J*»*, ¦99.&9pr KÿÿS AEQ a besoin du soutien de tous et chacun pour se développer tout en apportant à la profession un moyen Idéal de communication, d\u2019échange d\u2019idées et même de contestation.Veillez communiquer avec Architecture-Québec 1463, Préfontalne Mtl H1W 2N6 (514) 523-6832 - - .\u2022 \u2022 \u2022 utr* Architecture et société, n;*vÿ L\u2019architecture et la société avaient pris rendez-vous au congrès de l\u2019Ordre des Architectes du Québec.Un rendez-vous qui n\u2019a pas eu lieu.Un rendez-vous où la société n\u2019avait pas été réellement conviée.Bien sûr, il y avait quelques représentants du public et d\u2019autres corporations professionnelles, mais pas d\u2019ouvriers ni de constructeurs; pas de promoteurs, de designers, de hauts fonctionnaires, d\u2019industriels ni de \u201cvrai monde\u201d qui habite nos espaces; pas d\u2019avocats, d\u2019écologistes ni de psychologues.Un cinéaste \u201csémiologue\u201d, un sociologue, un ingénieur, mais pas de \u201cvrais\u201d clients, pas même de parents et amis et même pas quelques-uns des habitants et usagers des bâtiments primés par l\u2019OAQ.(Ces habitants d\u2019ailleurs étaient tout aussi absents du congrès que sur les photos de ces bâtiments présentées dans le numéro précédent d\u2019ARQ.) Il est bien certain qu\u2019en général le but d\u2019un congrès est de réunir les seuls membres d\u2019une association ou d\u2019un ordre.Mais, si le thème du congrès implique un interlocuteur, il faudrait bien qu\u2019il y soit et plus encore si cette réunion s\u2019identifie à une interrogation.Mais le congrès de l\u2019OAQ, lui, a eu lieu.Une foule de 111 inscrits s\u2019est massée aux portes de l\u2019amphithéâtre Alfred-Laliberté à l\u2019heure d\u2019ouverture de cette réunion annuelle.C\u2019est-à-dire à peine 6.6 p.c.des principaux intéressés.Quand on sait qu\u2019environ 600 personnes de toutes formations et provenances assistent chaque mardi, pendant 10 semaines consécutives, à la série des conférences Alcan ÉDITORIAL éalité ou mirage à l\u2019université McGill, on ne peut que s\u2019étonner de la participation au congrès 81.Si on clame que ces assises ne mènent à rien et sont toujours vides de sens, il faut bien se dire qu\u2019une centaine de participants ne peuvent à eux seuls jouer tous les rôles et conjurer tous les sorts.Nous persistons à vouloir maintenir une image d\u2019espoir, comme une oasis stylisée dans un désert, une image faite de beaucoup de préoccupations stylistiques et techniques \u2014 Rietveld m\u2019en voudra peut-être ! Une image qui ne correspond plus aux réalités socio-politiques qui ont modifié notre rôle, ni aux nécessités sociales auxquelles nous devons répondre.En cela, les propos de Phyllis Lambert au moment de recevoir la médaille du Mérite 81, sont pertinents: \u2018 \u2018En mettant l\u2019être humain et sa vie communautaire au centre de la vision architecturale, beaucoup des préoccupations des architectes à l\u2019heure actuelle seront mises.à la poubelle !\u201d De cette manière, elle nous a également rappelé l\u2019importance de la recherche que nous devons entreprendre et du débat public que nous devons entretenir.Une bien seule réponse dans tout cet espace de temps où nous avons raté l\u2019occasion de poser de véritables interrogations à notre interlocuteur, la société.Son absence a été une réalité et notre image demeure un mirage.Jean-Louis Robillard 5 81 architectes au congres 81 Une occasion d\u2019échanger des idées ?Reportage d\u2019Odile Hénault L\u2019image de l\u2019architecte, la qualité architecturale, l\u2019architecte en évolution, autant de thèmes trop généraux qui offraient de prime abord peu d\u2019intérêt aux inscrits du congrès 81 de l\u2019Ordre des Architectes du Québec, à l\u2019UQAM, en mai dernier.Par contre, le choix des panélistes présentait une variété qui laissait présager des discussions animées.Par malheur, seul le deuxième atelier a été, selon moi, relativement réussi grâce à trois exposés bien préparés et à des interventions venues des personnes présentes dans la salle.Le premier atelier, tout en s\u2019attaquant à son sujet, a manqué de cohésion et demeura, somme toute, peu instructif, peut-être à cause même de son sujet.Le troisième atelier est passé totalement à côté de la question ou l\u2019a abordé de façon si obscure que peu d\u2019entre nous ont pu faire le lien entre le discours tenu et \u201cl\u2019architecte en évolution\u201d.Qu\u2019avons-nous retiré du congrès 81 ?Malheureusement, pas grand-chose à part les échanges qui se sont faits à l\u2019extérieur des ateliers.Plusieurs participants sont repartis frustrés de n\u2019avoir rien appris ou de s\u2019être carrément ennuyés dans certains cas.Le congrès annuel de l\u2019OAQ devrait-il être l\u2019occasion d\u2019un apprentissage sur le plan technique ou favoriser une communication sur des questions d\u2019ordre social ou esthétique ?Quoi qu\u2019ilensoit, tout le monde y gagnerait si on arrivait à animer une manifestation de ce genre par des activités autres que la projection d\u2019un film commp RatopoLis qui, malgré son intérêt évident pour certains spectateurs, n\u2019est pas un modèle d\u2019inspiration dans le cadre d\u2019un congrès d\u2019architectes.Par ailleurs, on peut se demander pourquoi la visite organisée au parc Milton n\u2019a intéressé que huit ou neuf participants.Si l\u2019on compare ce congrès 81 aux activités offertes dans le cadre de \u201cPerformance\u201d, tenue à l\u2019UQAM à l\u2019automne 80 à l\u2019intention du monde des arts visuels, il ne nous reste plus qu\u2019à conseiller aux organisa- teurs du prochain congrès de regarder un peu autour d\u2019eux avant de répéter un autre exercice aussi futile.L\u2019aspect le plus positif de ce congrès a peut-être été, malgré tout, son côté technique.En effet, tout a semblé se dérouler comme un charme: enregistrement sonore adéquat, bon fonctionnement des micros, bonne exposition de livres, alcool en quantité et nourriture fort agréable.Pour ce qui est du banquet, une idée géniale: des cors qui sonnaient de façon remarquable dans l\u2019agora de l\u2019UQAM.La remise des prix, que célébraient les cors, s\u2019est faite de façon informelle devant malheureusement seulement cent cinquante convives.Une conférence \u201cattentive\u201d Une conférence-surprise par le nouveau ministre des Travaux Publics et Approvisionnements du Gouvernement du Québec, Monsieur Alain Marcoux.\u201cAu Québec, de 1960 à 1975, nous avons vécu dans ce qu\u2019on peut appeler une société technologique, c\u2019est-à-dire une société où le technocrate, l\u2019expert, était à la fois celui qui déterminait les objectifs de notre société et les moyens pour atteindre ces objectifs.C\u2019est lui qui avait raison: le technocrate, l\u2019expert, le compétent.Mais nous sommes en train de passer - et il va falloir accélérer ce mouvement - à une société de participation.C\u2019est une société où l\u2019expert va avoir sa place, le technicien va avoir sa place, l\u2019architecte va avoir sa place, mais une société où la population va déterminer les objectifs, ses besoins et les priorités parmi ses besoins et où l\u2019expert va indiquer par quels moyens atteindre ces objectifs.Je suis convaincu que c\u2019est une distinction fondamentale.\u201cDans tout ceci, le rôle de l\u2019élu est essentiellement d\u2019assumer la responsabilité de faire participer la population à la détermination des choix, à la détermination des objectifs, des priorités que notre société pourra poursuivre dans tel ou tel secteur.De plus en plus, le rôle des élus est de s\u2019occuper des choix de culture, des choix sociaux, des choix économiques fondamentaux et, ceci, ils devront le faire avec la participation de la population en impliquant les citoyens, c\u2019est-à-dire en travaillant à ce que les citoyens expriment leurs besoins, dégagent des priorités.Le temps des édits est fini: les édits de l\u2019homme politique et les édits de l\u2019expert\u2019 \u2019.6 Un rapport \u201cattendu\u201d Les recommandations du pria rapport \u201cArchitecture et islttdei : Société\u201d présentées par le Af président sortant de l\u2019Ordre lu des Architectes du Québec, Quebec, Monsieur Patrick Blouin.rcoui En voici l\u2019essentiel: 960à appeler Sÿp, 5 iftécû pat, fl'sce ib\u2019scüfs.i pop 16XDST [fichai* a Vpr- îcea soc;^ dans^ g0îi, iqufiS s- #¦ l#?=séûïs ¦ - \u201cNous recommandons la I préparation d\u2019une charte |des droits de l\u2019environnement.\u201cL\u2019architecture est une expression de la culture.La création architecturale, la qualité des constructions, leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant, le respect des paysages naturels ou urbains ainsi que du patrimoine sont d\u2019intérêt public.Les autorités habilitées à délivrer les permis de construction ainsi que les autorisations |de lotir s\u2019assurent durant le cours de l\u2019instruction des [demandes du respect de cet intérêt.\u201cLoin d\u2019être prétentieuse et inutile, la référence à l\u2019intérêt public est le fondement nécessaire de toute tentative destinée à mettre fin à une absence d\u2019architecture qui découle à la fois d\u2019un manque d\u2019exigence pu public insuffisamment informé et de son impossibilité à participer utilement à l\u2019élaboration de son cadre de vie.\u201cCette charte devrait prévoir la création de conseils d\u2019architecture, d\u2019urbanisme et d\u2019environnement qui auraient pour ^mission de développer l\u2019information, la sensibilité et l\u2019esprit de participation du public dans le domaine de l\u2019architecture, de l\u2019urbanisme et de l\u2019environnement.\u201cNous recommandons la création d\u2019une mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques.\u201cNous recommandons la création, dès que possible, d\u2019une direction de l'architecture et la nomination d\u2019au moins un sous-ministre adjoint architecte.\u2022\t\u201cNous recommandons que l\u2019État repense intégralement ses critères de sélection pour les projets d\u2019architecture et des autres disciplines de l\u2019aménagement.À cet effet, nous proposons l\u2019utilisation des critères suivants par ordre d\u2019importance: 1)\tla qualité de l\u2019architecture, 2)\tla compétence, 3)\tl\u2019objectivité, 4)\tla clarté, 5)\tla pondération.\u2022\t\u201cNous recommandons que l\u2019État associe l\u2019Ordre ainsi que les autres corporations professionnelles à l\u2019application des mécanismes de sélection de ses membres.\u2022\t\u201cNous recommandons la rationalisation de la réglementation complexe, confuse et coûteuse au Québec.\u2022\t\u201cNous recommandons que les organismes gouvernementaux consultent systématiquement l\u2019OAQ pour les procédures, les décisions contractuelles et les normes affectant la pratique et le champ d\u2019exercice de l\u2019architecture.L\u2019OAQ doit être considéré par les politiciens et les responsables des pouvoirs publics comme un interlocuteur privilégié et indispensable sur toute question relevant de l\u2019architecture et du cadre de vie.Il faut décloisonner l\u2019architecte à l\u2019instar de l\u2019ingénieur qui profite d\u2019un décloisonnement massif dans la fonction publique.\u2022\t\u201cNous proposons que soit développé au Québec un syndicalisme du cadre de vie, faisant valoir le droit du citoyen à la qualité de son cadre de vie.\u2019\u2019 Des ateliers Des citations Guy Legault, directeur du Service de la Restauration et de la conservation du patrimoine résidentiel, Ville de Montréal.Atelier sur l\u2019image de l\u2019architecte.\u201cL\u2019architecture est-elle demeurée un métier d\u2019esthète en marge du développement moderne de la technologie et des défis nouveaux auxquels le monde contemporain doit faire face ?\u201cLes architectes semblent parfois être non conventionnels dans les images qu\u2019ils proposent et autant ils sont conventionnels dans les marchés qu\u2019ils couvrent.L\u2019ouverture des marchés, la pénétration de la discipline de l\u2019architecture dans le monde contemporain me semblent manquer de dynamisme, d\u2019audace, d\u2019imagination.\u201d Jean-Claude Marsan, urbanalogue Atelier sur la qualité architecturale.\u201cSi on analyse l\u2019évolution de l\u2019architecture à Montréal, on constate que plus on va vers l\u2019architecture moderne, plus il y a négation de l\u2019espace public; plus il y a négation du climat, plus le langage architectural s\u2019appauvrit; plus il y a négation de la couleur, moins il y a de symboles et moins il y a de respect de l\u2019échelle humaine.\u201c L\u2019architecture moderne n\u2019est pas enracinée dans les moeurs ni dans la société et la culture montréalaises.Elle est devenue une abstraction.\u201d Bernard Lamarre, président de Lavalin Inc.Atelier sur l\u2019image de l\u2019architecte.\u2018 \u2018Au Québec et ailleurs au Canada, dans les travaux qui s\u2019en viennent, nous allons manquer d\u2019ingénieurs.Mais ce ne sont pas nécessairement des ingénieurs qu\u2019on devrait recruter.À l\u2019heure actuelle, on les recrute un peu partout aux États-Unis et en Europe.Cependant, il y aurait sûrement aussi de la place pour des architectes.Si on voulait bifurquer un tout petit peu vers la gestion de projets, il y aurait énormément de place pour des architectes québécois.\u201d Alain Duhamel, journaliste, Le Devoir.Atelier sur la qualité architecturale.\u201c Il y a architecture quand sont réunies satisfaction et émotion de l\u2019habitant.De l\u2019habitant dans le sens de celui qui habite, de celui qui vit dans un environnement bâti.Je ne suis pas un usager des constructions.Je n\u2019en suis jamais un.Je suis un habitant d\u2019un environnement bâti.Ce n\u2019est pas une fonction mais un état.\u201c Il y a trop de distance entre l\u2019habitant et son environnement bâti pour qu\u2019il puisse conclure à la satisfaction et en tirer une émotion.Il y a une telle Inadéquation entre le bâti et l\u2019habitant qu\u2019il me paraît difficile - si les choses n\u2019évoluent pas dans une autre direction - d\u2019aspirer à une architecture de qualité, à une architecture de l\u2019habitant.\u201d 7 Janos Baracs ingénieur, U.de M.Atelier sur la qualité architecturale.L\u2019architecture est peut-être le seul métier où il semble que certaines aptitudes aient diminué plutôt qu\u2019augmenté avec le temps.Pour avoir l\u2019habileté de traiter l\u2019espace comme une ressource précieuse, il faut avoir trois aptitudes: la connaissance des géométries, la perception spatiale et la créativité.Ces aptitudes semblent s\u2019être perdues depuis une centaine d\u2019années.\u201d Rita Dionne-Marsolais, vice-présidente, Développement de l\u2019Entreprise Société Générale de Financement du Québec.Atelier sur l\u2019image de l\u2019architecte.\u2018 \u2018 Il existe un besom de clarifier le rôle de l\u2019architecture et d\u2019exprimer son importance dans le cadre de vie.Il faut populariser l\u2019accès à l\u2019architecture et démystifier l\u2019image de l\u2019architecte comme un service de luxe.\u2019\u2019 Gilles Diérien, sémiologue et cinéaste, UQAM Atelier sur l\u2019architecte en évolution.\u201cCe que je souhaite aborder comme discussion, c\u2019est dans quelle mesure il est possible de faire entrer des paramètres tels que le stress, l\u2019agressivité, la territorialité, la dominance dans la construction du bâti et dans quelle mesure le savoir-faire devrait être ouvert à ce genre de préoccupation.\u201d Jean Ouellet, directeur de l\u2019École d\u2019Architecture, U.de M.Atelier sur l\u2019architecte en évolution.\u2018 \u201cIbut en assurant une compréhension fondamentale de l\u2019acte architectural, la formation de base ou générale de l\u2019architecte doit permettre une polyvalence d\u2019application aux diverses formes de pratique.L\u2019architecte lui-même a une mission à remplir selon son choix.Mais l\u2019architecture ne se limite pas à une simple équation des besoms du milieu.C\u2019est aussi un art.Dans la mesure où elle atteint le niveau de l\u2019oeuvre d\u2019art, l\u2019architecture a des antennes vers l\u2019avenir.\u2019 \u2019 Jean-Louis Robillard, architecte, UQAM.Atelier sur l\u2019architecte en évolution.\u201c Il n\u2019y a que depuis quelques années qu\u2019on utilise la notion de vécu spatial.C\u2019est la somme de toutes les expériences corporelles dans l\u2019espace que la mémoire a enregistrées depuis la naissance.Une expérience corporelle globale qui constitue en fait un \u2018nouveau\u2019 sens de l\u2019homme ou plutôt son sens tactile \u2018étendu à son corps tout entier\u2019.Une mémoire qui doit devenir une banque de données importantes dans la création de nouveaux espaces.On ne peut connaître ni faire d\u2019espace sans comprendre ce que cette expérience spatiale veut dire.C\u2019est dans cette direction que nous devrions évoluer.\u2019 \u2019 Phyllis Lambert \u2014 Une pensée architecturale.Extraits de l\u2019allocution prononcée par Phyllis Lambert, récipiendaire de la médaille du Mérite 81, lors du congrès del\u2019OAQ.L\u2019Ordre des Architectes du Québec met l\u2019emphase sur le concept de l\u2019architecte auprès de la collectivité en m\u2019offrant cette médaille du Mérite 81 et c\u2019est dans cette optique que je l\u2019accepte avec le plus grand plaisir.Avec cette emphase, l\u2019OAQ reconnaît que, pour l\u2019être humain, les bâtiments sont des éléments regroupés qui décrivent le contexte de la vie quotidienne communale, la vie des quartiers.Cette vie est à la base de toute communauté humaine et répond aux besoms d\u2019être en société, d\u2019être responsable les uns des autres,'d\u2019avoir des relations sociales, de pouvoir agir en commun pour modeler une qualité urbaine, fruit du consensus de gens désireux de la sauvegarder et de l\u2019améliorer.C\u2019est donc cet élément fondamental du tissu urbain, le quartier et ses habitants, qui doit être la structure de base de toute action, de toute intervention, de toute pensée architecturale.Bien construire veut dire comprendre à fond la logique des matériaux de construction, des éléments structuraux et environnementaux.Bien construire implique une approche sensible soigneuse, respectueuse des êtres humains.Bien construire veut aussi dire comprendre le langage de l\u2019art architectural: sa syntaxe, sa grammaire, son vocabulaire.Comme dans toute chose, nous devons nous tourner vers l\u2019éducation.C\u2019est l\u2019école qui doit nous fournir des outils: la syntaxe, la grammaire, le vocabulaire du bâtiment et de l\u2019environnement bâti.Cette éducation doit commencer à l\u2019école primaire, l\u2019école secondaire, pour se continuer à l\u2019école d\u2019architecture.Il faut que nous nous occupions aussi de la recherche.La recherche en architecture, dans le cadre de l\u2019environnement bâti, est essentielle afin d\u2019établir des programmes d\u2019éducation, des modalités d\u2019action.Les programmes de recherche doivent porter sur les changements de la vie communale du point de vue historique, les liens entre le gouvernement et le privé, les droits et obligations de la propriété, les liens entre l\u2019art du contexte urbain et l\u2019art de l\u2019architecture.Il faut étudier ces questions dans le temps et dans l\u2019espace en commençant chez nous.Nous travaillons trop en secret.Le débat doit être ouvert, public, mais il doit aussi être concentré.Note: Le résumé du conférencier Aldei Darveau, sociologue à l\u2019emploi de la Compagnie Pétrolière Impériale limitée, sera repris sous la forme d\u2019un article lors d\u2019un prochain numéro.8 par Alain Duhamel ;:h;v De la crédibilité des architectes.Quelques tours d\u2019habitation à construire sur une île de la Rivière des Prairies auront, affirme-t-on, un charme campagnard respectueux de la nature.D\u2019autres tours d\u2019habitation à ériger sur le périmètre d\u2019un lieu historique ont, paraît-il, un tel éclat architectural qu\u2019elles se présentent comme une forteresse entourée de verdure.Tel autre bâtiment administratif couvert d\u2019un verre réfléchissant a, croit-on parmi les architectes d\u2019ici, réussi son intégration dans un site verdoyant.Et quoi encore ?Combien de temps les architectes d\u2019ici souscriront-ils encore à un discours qui n\u2019est que supercherie ?Il n\u2019est pas nécessaire ni même utile d\u2019être architecte pour se rendre compte qu\u2019un bâtiment, si bien conçu et construit soit-il, ne s\u2019intégrera jamais à la forêt urbaine à laquelle il se substitue.Apparemment, il faut être architecte pour prétendre le contraire.ou pour conserver un silence complice.Chaque dévoilement de maquette apporte avec lui un cortège de prétentions trompeuses reprises en choeur par les promoteurs et les spéculateurs.Nul n\u2019est dupe de ces bruits sauf ceux qui les cautionnent.On en vient donc à un constat déplorable: les architectes d\u2019ici dont la compétence ne fait généralement pas de doute, ne sont pas crédibles.On attend d\u2019eux qu\u2019ils affirment notre identité mais ils ne font que perpétuer l\u2019anonymat de notre environnement.On espère qu\u2019ils soient sensibles mais il fait froid dans leurs bâtiments.On souhaite qu\u2019ils prennent parti pour l\u2019habitant mais ils demeurent désespérément conformes aux normes de la première bureaucratie venue.Il serait injuste de faire porter sur les épaules des architectes tout le poids des reproches qu\u2019on peut légitimement formuler à l\u2019égard de notre environnement bâti.On peut, par ailleurs, les sommer de comparaître à la barre non pour entendre de plates excuses ou la déclinaison de clichés de circonstance, mais pour espérer que se développent entre eux et les habitants de nos villes une solidarité fondamentale, un parti pris résolu en faveur d\u2019un cadre de vie de qualité.Cela suppose que les ar- chitectes ont une profonde connaissance de l\u2019homme d\u2019ici et qu\u2019ils concourent collectivement à l\u2019édification d\u2019une société plus riche de son humanité que de ses biens.Cela suppose que les architectes d\u2019ici ne font plus n\u2019importe quoi, n\u2019importe où, mais font tout, partout, pour que se réconcilient l\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui et son environnement.À ce jour, le discours de nos architectes ne les a pas conduits à une action solidaire non seulement entre eux-mêmes, mais surtout avec l\u2019habitant, au sens de celui qui habite, qui vit dans un environnement bâti.Aussi longtemps que la pratique architecturale s\u2019en tiendra au bâti, elle s\u2019écartera de l\u2019habitant et n\u2019atteindra pas la pertinence d\u2019un environnement senti et ressenti.Il ne semble pas, parmi les architectes, exister un consensus ni même une volonté d\u2019articulation collective vers une préoccupation fondamentale à l\u2019égard de la qualité du cadre de vie.L\u2019Ordre des Architectes, constitué pour veiller à la protection de l\u2019intérêt public, tient assez bien son rôle de protecteur du consommateur mais ne parvient pas à élever le débat et à rejoindre l\u2019ensemble des architectes québécois et le public.Ses efforts, certes louables, tombent dans l\u2019indifférence des premiers concernés.La société ne reconnaîtra pas les architectes et le rôle essentiel qu\u2019ils pourraient jouer dans la qualité de notre environnement bâti tant qu\u2019ils n\u2019adhéreront pas eux-mêmes à des aspirations sociales fondamentales non seulement exprimées dans un mémoire ou une charte, mais encore mieux articulés dans une pratique professionnelle élevée par sa qualité et son souci de l\u2019habitat.Tant et aussi longtemps qu\u2019un promoteur immobilier, une administration municipale ou toute autre institution n\u2019aura aucune peine à trouver un architecte pour cautionner n\u2019importe quel projet, n\u2019importe où, en contradiction avec ses propres idéaux pour un meilleur environnement bâti, il ne pourra aspirer à une influence réelle sur notre devenir.À défaut d\u2019un discours crédible, il se condamne à une certaine marginalité. UNE ARCHITECTURE SOCIALE Une hypothèse En voulant découvrir les véritables contacts établis par les architectes avec les divers milieux sociaux du Québec, m\u2019était venue à l\u2019idée l\u2019hypothèse que certaines expériences marginales telles que les cliniques d\u2019architecture ou d\u2019aménagement, entreprises dans les universités, devaient avoir obtenu des résultats probants du point de vue des services offerts à la collectivité comme de celui de la qualité architecturale, et que ces expériences pourraient devenir peut-être autant de guides pour une pratique plus directement orientée vers les réalités de notre société.Ces cliniques étaient demeurées pour moi des expériences pédagogiques universitaires, toutes encore fraîchement imbues des exhortations venant des activistes américains engagés dans 1\u2019\u201c advocacy planning\u201d et des évidences de renouveau qui avaient engendré le remous occidental de mai 68.Les résultats de ces expériences demeuraient obscurs ou cachés malgré l\u2019importance de leur rôle social envers une population à laquelle peu d\u2019architectes en pratique privée accordaient du temps et de l\u2019attention.Des quelques centaines de cliniques existant en Amérique du Nord à la fin des années 60 et au début des années 70, j\u2019ai bien dû constater qu\u2019il n\u2019en restait que très peu et qu\u2019une seule école d\u2019architecture sur trois au Québec maintenait encore une activité officielle de \u201cclinique d\u2019architecture\u201d.Perte de vitesse, mauvaise adéquation entre les objectifs et les résultats, ou simplement transformation et continuité d\u2019une même action en d\u2019autres structures répondant plus facilement aux impératifs économiques actuels ?Il existe peut-être plusieurs réponses.En fait, mes premiers contacts avec les responsables de cliniques encore en \u201caction\u201d et avec quelques autres architectes instigateurs de démarches encore marginales m\u2019ont vite amené à prendre conscience d\u2019un phénomène québécois s\u2019inscrivant en continuité directe avec le rôle des cliniques: les Groupes de ressources techniques, plus communément appelés GRT.¦ ¦ ~i\u2014.\"Æ~.-1_ - w * * ¦~,£'TZX \tVÊmmMimMà hE Ega\t[*' \" ] \t\t^\t\t J \t\t.1 L.J\t11 1\t Regard sur les cliniques d\u2019architecture et les Groupes de Ressources Techniques au Une définition Un groupe de ressources techniques est un groupe généralement multidisciplinaire dont la composition implique, mais pas nécessairement, des animateurs sociaux, des organisateurs communautaires, un ou plusieurs architectes et quelques autres intervenants, tous intéressés à atteindre le but suivant: aider les citoyens, surtout les plus démunis, à prendre en main leur environnement physique de vie, c\u2019est-à-dire leurs habitations et \u2014 encore utopiquement \u2014 leur quartier, et leur permettre de les rendre tout d\u2019abord salubres, ensuite sécuritaires et enfin économiquement viables.Ce dernier objectif, qui n\u2019est pas un objectif architectural, demeure prioritaire.Le mode d\u2019intervention des membres d\u2019un tel groupe est double: 1) aider ces citoyens à se regrouper en coopératives capables d\u2019assumer le fardeau financier d\u2019un achat de propriété (avec l\u2019aide d\u2019un ou plusieurs paliers de gouverne- ment), et 2) aider ces groupements coopératifs à entreprendre la mise en oeuvre de la rénovation de leur propriété avec les services des experts nécessaires dont le coût est encore ici défrayé par des subventions gouvernementales.Le résultat d\u2019une telle coopération entre citoyens et \u201cprofessionnels\u201d du bâtiment s\u2019avère presque miraculeux à l\u2019intérieur d\u2019un système économique qui soutient et défend en réalité le professionnalisme des uns et 1\u2019 \u201cobligatoire\u2019\u2019 parasitisme des autres.Une intention L\u2019existence des GRT est tout d\u2019abord due à une certaine lucidité de quelques architectes et travailleurs sociaux qui ont ressenti la pressante nécessité de militer pour rétablir une certaine justice sociale, et elle est née également d\u2019une urgence toute naturelle pour chaque \u201chabitant\u201d de conserver un territoire qui est (surtout dans les villes importantes) ou bien reconquis par une couche plus aisée de la population qui revient à la ville, ou bien menacé de disparition sous le pic et le bélier mécanique des spéculateurs immobiliers tout comme des politiciens préoccupés de laisser leur \u201cmarque\u201d par quelques grandes réalisations d\u2019ampleur olympique.On ne peut pas affirmer que les GRT ont tous découlé d\u2019une clinique universitaire d\u2019architecture, mais il faut garder en perspective que c\u2019est l\u2019influence de quelques universitaires, en contradiction avec l'élitisme encore apparent de notre éducation architecturale, gagnés par l\u2019évidence de l\u2019injustice sociale affichée surtout dans la réalité physique du cadre de vie, qui a provoqué un même enthousiasme parmi leurs étudiants.De toute façon, le milieu \u2018 \u2018théorique et idéaliste\u201d universitaire est à la base de cette initiative sociale.Parallèlement, on peut aussi croire à l\u2019influence des mêmes éléments universitaires qui ont réussi à convaincre la fonction publique et le Conseil du trésor d\u2019institutionnaliser une telle fonction sociale grâce à d\u2019anciens universitaires comme Serge Carreau ou Guy Desbarats à des postes-clé, respectivement la vice-présidence de la Société d\u2019habitation du Québec et à la fonction de sous-ministre adjoint au ministère des Travaux publics à Ottawa (par le fait même, responsable de la Centrale d\u2019hypothèques et le logement).Les origines Au milieu des années 60, Joe Baker et quelques voisins: avocats, urbanistes et architectes, ont entrepris de sensibiliser les citoyens de leur quartier afin de résister à un ambitieux projet qui modifierait complètement leur milieu urbain.C\u2019était en somme un premier groupe de ressources techniques et d\u2019animation qui accomplissait son travail par engagement social et par souci de maintenir la qualité du cadre de vie existant.Toutefois, leur implication était bénévole.Après trois ans, ils ont obligé la municipalité de Westmount à abandonner son projet original et l\u2019ont plutôt convaincue d\u2019entreprendre la vivification et la restauration de leur quartier.Cette action a connu une suite heureuse avec la formation de l'Atelier de design communautaire (Community Design Workshop) en relation avec l\u2019École d\u2019architecture de l\u2019université McGill.C\u2019était, au Québec, la première clinique d\u2019aménagement.Elle avait deux objectifs: a)\toffrir des services professionnels et techniques en architecture et planification urbaine aux groupes communautaires qui n\u2019auraient pas pu ou su les défrayer, leur permettant ainsi de traduire les besoins communautaires dans les programmes et propositions de développement; b)\tpermettre à des étudiants et des stagiaires d\u2019acquérir une connaissance des problèmes réels et de comprendre les besoins des groupes défavorisés, d\u2019avoir un aperçu du monde de la construction et, enfin, de se sensibiliser aux relations imposées par un rôle professionnel.11 Les projets abordés par cet atelier au cours de son existence ont été multiples et se sont répartis dans plusieurs quartiers défavorisés de Montréal: Opération Saint-Antoine qui a permis de conserver un îlot important d\u2019habitations en repensant certains accès à l\u2019autoroute Ville-Marie, en plein Montréal; Griffintown qui est un effort de revitalisation de ce quartier abandonné ou presque: succès mitigé.Ensuite, il y eut un projet qui a créé des précédents et qui a plus qu\u2019attiré l\u2019attention de la Centrale d\u2019hypothèque et de logement et de la Société d\u2019habitation du Québec: Loge-Peuple.En 1970, un groupe d\u2019universitaires engagés a fondé un organisme à but non lucratif, l\u2019Institut Parallèle.Le projet initial était une modeste étude sur la rénovation domiciliaire à Pointe Saint-Charles.Des conclusions de leur étude, la Centrale a proposé sa collaboration non pas sous forme d\u2019urne aide à la rénovation, mais elle a offert une somme d\u2019un million de dollars en prêts hypothécaires pour l\u2019achat de 97 habitations et leur remise en état.En tant que projet expérimental, tout ne fut pas rose.La hausse prévue des coûts de rénovation et les malentendus administratifs n\u2019ont tout de même pas empêché l\u2019expérience d\u2019être concluante.Les logements pouvaient être achetés et rénovés pour la somme de 10 000$ l\u2019unité alors que toute nouvelle unité d\u2019habitation de la Ville de Montréal en coûtait alors 25 000$.L\u2019Atelier de design communautaire a dû prêter main-forte pour faire débuter le projet par suite de l\u2019absence d\u2019un budget de démarrage.Les membres de l'atelier ont alors joué un rôle très semblable à celui actuel des GRT.En septembre 1971, l\u2019Atelier de design communautaire a formé un groupe pour s\u2019occuper en particulier d\u2019un quartier voisin de l\u2019université McGill et s\u2019appelant \u201cMilton Park\u201d.Depuis trois ans déjà, un comité de citoyens essayait de stopper un vaste projet im- mobilier qui aurait modifié toute la composition du quartier.Ils ont travaillé en étroite coopération avec le Comité de citoyens.Les longs délais qui ont marqué l\u2019implantation du projet de développement original ainsi que quelques modifications financières ont permis de sauver environ 700 logements qui furent rachetés par la SCHL grâce aux pressions effectuées par Héritage-Montréal et l\u2019architecte Phyllis Lambert.Aujourd\u2019hui, le GRT Milton Park a déjà aidé à la formation d\u2019un nombre impressionnant de coopératives et d\u2019organismes à but non lucratif et a permis de compléter la rénovation de plusieurs unités de logement.L\u2019expérience de l\u2019université McGill a sûrement hâté, autour des années 1974-75, la création d\u2019une clinique d\u2019aménagement à l\u2019université de Montréal.La réforme des programmes d\u2019enseignement en architecture en avait amorcé le processus.À la Faculté d\u2019aménagement, il y avait déjà des professeurs qui consacraient beaucoup d\u2019énergie à du travail bénévole auprès de groupes de citoyens et qui trouvaient dans cet outil un moyen de sensibiliser les étudiants à leurs préoccupations.Dans les années 1967-68, Louis Pretty était de ceux-là.H offrit bénévolement ses services à la Petite-Bourgogne en agissant comme personne-ressource ainsi qu\u2019on le dit aujourd\u2019hui.Avec la collaboration de collègues avocats et animateurs, il procurait l\u2019aide professionnelle que la Société d\u2019habitation du Québec offre aujourd\u2019hui à ses bénéficiaires.Louis Pretty ne manque pas d\u2019ajouter: \u201cEnsuite, mon action s\u2019est étendue dans le Centre-sud, le quartier Saint-Édouard.Je me suis penché sur le problème du logement des vieillards qui ne pouvaient trouver place dans les centres d\u2019accueil bondés.Nous avons fait une étude des véritables besoins et nos conclusions nous ont vite orientés vers des services à domicile dont les citoyens âgés avaient une pressante nécessité: a)\tles services d\u2019urgence; b)\tfaire le marché pour eux en hiver; c)\tleur préparer un repas chaud une fois tous les deux jours environ.\u201cCe qui leur permettait de rester à la maison.En fait, ce sont des problèmes sociaux plutôt qu\u2019architecturaux.\u2018\u2018Ensuite, il y eut le projet Initiatives locales.J\u2019ai été personnellement mêlé à celui qui s\u2019appelait \u201cOpération Grand Ménage\u201d.L\u2019équipe était constituée de 25 chômeurs qui ont fait du grand ménage et des rénovations mineures dans quelque 1 000 logements.\u201cLe diocèse de Montréal avait été responsable de la mise sur pied du Conseil des oeuvres de Montréal qui, au début des années 70, est devenu le Conseil de développement social dont j\u2019ai fait partie.\u201cL\u2019Opération Grand Ménage nous avait donné l\u2019occasion de voir l\u2019état des logements et de prévoir l\u2019imminence et la nécessité de travaux de rénovation.\u2018\u2018Malgré toutes les pressions, ces travaux ne pouvaient être exécutés tant que les gens demeuraient locataires.Rien ne leur garantissait une continuité et une sécurité de logement.En outre, dès que quelques travaux de rénovation et de nettoyage étaient effectués, les habitants voyaient le prix de leur loyer augmenter.\u201cLes groupes de citoyens étaient formés autant pour affronter les problèmes d\u2019éducation (comités de parents) que pour essayer de faire fane à leurs problèmes d\u2019habitation, c\u2019est-à-dire essayer de soutirer les logements des mains des spéculateurs, obtenir la sécurité de logement et le contrôle des loyers.R fallait qu\u2019il y ait des actions collectives.\u201d Dans le réseau académique et professionnel de la Faculté d\u2019aménagement de l\u2019université de Montréal, on retrouve les responsables de quatre principaux groupes: \u2022 le Conseil de développement pour le logement communautaire (CDLC), (suite p.14) » fV .Wn \u2022jF' ¦\" i gggfefifc .¦ «us- irsa Image urbaine traditionnelle et efficacité moderne Le programme auquel répond le bâtiment bancaire conçu par l\u2019agence Stahl et Nicolaidis, est d\u2019importance relativement modeste.La mission de l\u2019architecte porte sur la rénovation architecturale d\u2019une construction ancienne à l\u2019angle des rues Sainte-Catherine et Drummond, endommagée par un incendie.Comme la plupart des bâtiments bancaires érigés au début du siècle en Amérique du Nord, celui-ci affirme publiquement sa fonction par son architecture néo-classique, par son portique monumental sur la rue et l\u2019ordonnance sévère de sa façade latérale.L\u2019intérêt principal de cette réalisation réside dans la façon dont les architectes ont réussi à associer la respectabilité de l\u2019image urbaine traditionnelle aux significations d\u2019efficacité, de rapidité et de fiabilité que les services bancaires cherchent aujourd\u2019hui à projeter.Du bâtiment original seuls sont conservés les murs de façade en maçonnerie mais leur fonction est modifiée: autrefois L\u2019architecture au Québec à la croisée des chemins L\u2019ensemble des résultats du Prix d\u2019excellence, depuis sa création en 1978, permet-il de remarquer un changement dans la production architecturale au Québec ?Les années précédentes, le Prix de l\u2019OAQ avait reconnu avant tout des grandes réalisations, principalement publiques: en 1979, la station de métro Angrignon de Jean-Louis Beaulieu; en 1980, le nouveau campus de l\u2019université du Québec à Montréal des architectes Dimakopoulos, Jodoin, Lamarre, Pratte, pour ne citer que les projets primés.Leur architecture ne remettait pas en cause les acquis du Mouvement moderne, exception faite pour la maison Bradley de Peter Rose.Le fait que, cette année, la sélection montre surtout des projets d\u2019im- porteurs, ils deviennent une simple enveloppe.La masse extérieure, la composition réglée des façades s\u2019opposent à l\u2019agencement dynamique du volume intérieur unifié, à son ambiance colorée fraîche.La symétrie classique est transgressée par la disposition des aires de service et de la zone publique librement articulée autour des éléments verticaux de circulation, localisés en respect des normes de sécurité.Les tours compactes des escaliers de secours ponctuent l\u2019espace; les bandes, horizontales ou obliques, des rampes, des garde-corps et des comptoirs lui «:W| *3 1 y l\\W% \\ a r portance modeste est-il significatif de la dégradation actuelle des conditions de la pratique, du resserrement de la commande d\u2019architecture depuis la fin des années 70, de la baisse de l\u2019investissement immobilier consécutif à l\u2019aggravation de la crise économique internationale, voire de la situation politique provinciale ?Ou bien ce résultat qui retient des constructions formellement originales, sinon marginales par les conditions de leur réalisation, indique-t-il un renouveau de l\u2019architecture, les premiers moments d\u2019une transformation profonde de la pratique où l\u2019intervention de l\u2019architecte porterait sur des opérations d\u2019envergure réduite et se ferait dans le cadre d\u2019équipes professionnelles plus petites et selon des modes d\u2019action élargis et diversifiés ?Peut-être les projets retenus ne sont-ils que des premières manifestations locales concrètes de la mise en question du Mouvement moderne, de l\u2019intérêt retrouvé pour la dimension symbolique de l\u2019architecture et pour son histoire ?L\u2019architecture au Québec ira-t-elle jusqu\u2019au reniement total du modernisme, de ses acquis fondamentaux, des rapports à l\u2019usage et au processus de construction, pour opérer un retour inconsidéré à la tradition comme certaines tendances de l\u2019architecture contemporaine ?Autant de questions encore sans réponse.apportent sa fluidité: leur blancheur et leur lustre contrastent sur le gris mat des murs extérieurs qui seuls le limitent.L\u2019unité visuelle des zones actives, publiques et privées, est préservée par l\u2019aménagement paysagé des aires de bureau ou leur cloisonnement transparent.Les valeurs modernes de l\u2019institution bancaire, exprimées par l\u2019unité, l\u2019ouverture et le dynamisme de l\u2019espace intérieur, sont encore suggérées par la simplicité visuelle des détails techniques et par l\u2019harmonie des couleurs à signification fonctionnelle.Au-delà de la restauration fidèle mais peu signifiante pour le présent, cette intervention ponctuelle propose la réhabilitation d\u2019un bâtiment ancien où les exigences fonctionnelles sont affrontées sans concession, où l\u2019expression plastique de valeurs aujourd\u2019hui dominantes est actualisée dans un langage résolument moderniste sans pour autant rejeter la nécessaire présence du passé, mais sans non plus se retourner vers un nouvel historicisme.27 ¦HH SB 1111 n \u2022 * Wi iffiP mnn ¦ ¦ ;; wmm lifiiy Coup sur coup, le musée des Beaux-Arts de Montréal se décidait à nous présenter, du 27 février au 5 avril, deux expositions touchant le design et l\u2019architecture: la grande rétrospective Alvar Aalto que fait circuler le musée d\u2019Archltecture de Finlande et une présentation des meubles et dessins de meubles tirés de la collection de design et des archives Mies van der Rohe au Museum of Modem Art de New York, présentée par Ludwig Glaeser, conservateur des archives Mies van der Rohe.La réponse du public fut encourageante.Dans un milieu presque désertique à l\u2019égard des présentations architecturales de toutes envergures, le MB AM devenait une oasis.25 849 visiteurs ont parcouru les salles du musée lors de la tenue de ces deux expositions, selon le Service des communications du musée.En terme d\u2019affluence, c\u2019est énorme.Presque un record quand on sait que seule la présentation du \u201cMusée imaginaire de Tintin\u201d - un super-show muséologique exceptionnellement efficace - a attiré, cette anéêe, plus de monde au musée.Le succès des expositions Aalto et Mies van der Rohe confirme donc le grand besoin de présentations muséologiques là où le public montrélais n\u2019est guère gâté.Une ouverture \u2018 \u2018 Il est heureux que le MBAM ait pu saisir au vol ces deux expositions itinérantes en les groupant\u201d, a déclaré Normand Thériault, conservateur de l\u2019art contemporain, qui eut la responsabilité de monter l\u2019exposition finlandaise.Pour lui, il s\u2019agit d\u2019un premier geste dans un domaine trop longtemps négligé et qu\u2019il convient désormais d\u2019approfondir.\u201cSi notre choix s\u2019est porté sur Alvar Aalto, a-t-il expliqué, c\u2019est aussi en raison des similitudes évidentes entre certaines conditions géographiques, physiques, voire même économiques et culturelles propres à la Finlande et au Québec.Aalto est pour moi un exemple utile, important.\u2019 \u2019 Quant à Mies van der Rohe, la tenue de l\u2019exposition coïncidait avec l\u2019inauguration des nouvelles salles consacrées au mobilier et aux arts décoratifs.\u201cDe l\u2019exemplaire unique, on pouvait faire ainsi le lien avec des chaises produites en série à impact spectaculaire, a-t-il ajouté, et ce par un créateur qui abordait de front les problèmes du design et de l\u2019architecture.\u201d L\u2019exposition Mies van der Rohe comprenait quatre groupes d\u2019oeuvres: structures de tubes d\u2019acier, éléments tubulaires de support, châssis de fer plat, dessins expérimentaux.À travers ces \u201cmodèles\u201d que sont devenues des oeuvres aussi marquantes que la chaise d\u2019appoint de 1927, la chaise et le tabouret Barcelone de 1929, la chaise Tugendhat de 1929-1930, la chaise Brno, et à travers ses propres dessins, le publie pouvait se familiariser avec la place du meuble dans la conception de l\u2019environnement chez Mies ainsi qu\u2019avec le rôle de l'industrie dans leur production.À cette occasion, l\u2019exposition mettait l\u2019accent sur l\u2019innovation technique et formelle chez Mies van der Rohe, designer.Pour sa part, la grande rétrospective d\u2019Aalto mettait l\u2019accent d\u2019une façon pédagogique sur les aspects multiples de l\u2019intervention de l\u2019architecture tant en design, en urbanisme ou en architecture qu\u2019en dessin et en peinture.La production d\u2019Aalto y apparaissait 28 Mies van der Rohe et Aalto à Montréal, un succès d\u2019animation par René Viau comme une application de sa pensée et de sa réflexion.L\u2019humanisme d\u2019Aalto, son souci \u201cécologique\u201d, sa plastique, voilà les thèmes qui en ressortaient.Les \u201cmordus\u201d Gomment ces expositions furent-elles perçues et par quels publics ?Difficile à dire ! Une opinion parmi tant d\u2019autres, celle de Luc Gourehesne, designer montréalais, graphiste et concepteur entre autres des sacs de voyage Boule: \u201cL\u2019exposition Aalto nous expliquait sa démarche tout en nous communiquant une grande intimité avec l\u2019homme.On y sentait ses motivations profondes.\u201d Au sujet de la présentation Mies van der Rohe, Courchesne est d\u2019avis qu\u2019il aurait fallu donner plus de points de repère ou de mises en situation comme l\u2019ont fait les organisateurs de l\u2019exposition Aalto.\u201cMais l\u2019important, a-t-il insisté, c\u2019est la démonstration ici du travail de deux \u2018artistes pratiques\u2019 - c\u2019est ma définition du designer.Le grand public pouvait se rendre compte que ce fameux mot de design ne signifie pas un produit fini, mais bien un processus de travail.Des expositions comme celles-là rétablissent les faits.\u201d Autre témoignage sur ces deux expositions: un ébéniste fasciné par le travail du bois recourbé autant chez Aalto que chez Mies.Il y a pris des idées qui lui permettront, a-t-il assuré, d\u2019aller plus loin après avoir assimilé directement ce qu\u2019il a vu.Get ébéniste ainsi que Lue Gourehesne font partie de la clientèle des \u201cmordus\u2019 \u2019, de ceux qui sont restés des heures au musée en arpentant la salle, découvrant, comparant.\u201cDes architectes sont retournés plusieurs fois avec leurs amis\u201d, nous a déclaré Paule Delisle, historienne d\u2019art qui servait de personne-ressource au public du musée durant la tenue des expositions.Elle était là pour susciter des commentaires, répondre aux questions et surtout, nous a-t-elle expliqué, pour développer \u201cla mécanique du pourquoi\u201d.Sans avoir là-dessus de critères scientifiques, elle affirme que, outre ces professionnels \u201cmordus\u201d, le public des expositions\u2019 peut être segmenté en trois autres catégories: les familles, les étudiants et le grand public en général.Aalto, oui.Mies, avec réserve Paule Delisle a le plus déployé son enthousiasme envers ces familles et le grand public en général.Il va sans dire qu\u2019ici \u201cle grand public en général\u2019 \u2019 est une catégorie abstraite qu\u2019elle emploie faute d\u2019une meilleure dénomination.Selon elle, ce monsieur Tbut-le-Monde indéfinissable éprouvait une fascination interrogatrice devant les meubles du maître d\u2019Aix-la-Chapelle.\u201cOn ne comprenait pas que ses meubles soient aujourd\u2019hui des objets de luxe contestant ainsi la mission sociale du Bauhaus qui voulait mettre le beau et l\u2019utile à la portée de tous.\u2019 \u2019 Chez Aalto, cependant, a-t-elle fait remarquer, cette absence de dichotomie entre les résultats et l\u2019intention était perçue comme exemplaire.En gros, selon elle, le public retenait davantage la somptuosité de l\u2019objet et la sophistication technique et esthétique de Mies van der Rohe alors que la présentation sur Aalto, axée sur son discours créateur, le touchait et le stimulait avec plus d\u2019éloquence.Ces gens y trouvaient des réponses toutes faites aux grands débats actuels sur l\u2019environnement.Simplification ?Sans doute.La cote d\u2019amour a semblé aller à la présentation ultradidae-tique des Finlandais.Curieusement, c\u2019est pourtant ce côté pédagogique de la rétrospective de Helsinki qui a déplu à bien des artisans, designers et architectes.Trop de textes, a-t-on reproché, ainsi qu\u2019une certaine confusion dans la disposition de l\u2019exposition.Cependant, tous étaient loin d\u2019être unanimes là-dessus.Un outil pédagogique l\u2018Une chose est certaine, a ajouté Paule Delisle, auprès des étudiants, l\u2019accueil a été vorace.II faut dire ici que le terrain leur avait été magnifiquement préparé par les professeurs venus d\u2019abord en reconnaissance et qui ont vu dans cette présentation un outil pédagogique de tout premier ordre.\u201d Ces étudiants arrivaient de partout: cégeps de tout le Québec, universités tant d\u2019Ottawa et de Québec que de Montréal, étudiants en architecture, design, décoration intérieure ou dessin technique, beaux-arts, théâtre ou éducation.Leurs réactions ?En voici quelques-unes prises parmi les plus significatives, selon Paule Delisle.\u2018 \u2018Aalto et Mies évoluaient dans les années SO, 30, 40, 50.Ils ont découvert énormément.Encore aujourd\u2019hui, c\u2019est très actuel.Comment faire pour créer du nouveau, moi étudiant ?\u201d Stimulation à la créativité, l\u2019exposition devenait pour nombre de jeunes gens, une mise en situation devant les lois d\u2019une économie perçue comme omniprésente.\u201cFinancièrement, l\u2019architecte et le designer opèrent avec des contraintes que n\u2019avaient pas Aalto et Mies.\u201d Si la vision d\u2019Aalto suscite beaucoup d\u2019interrogations sur l\u2019environnement immédiat, voire culturel, du Québec des années 80, l\u2019expérience du Bauhaus et son \u201céchec\u201d demeurent des thèmes préoccupants en rapport avec les oeuvres de Mies dont les dessins d\u2019atelier ont fait grande impression.Dans quelques cas, une visite aux expositions a servi de déclencheur à une contestation de la formation académique reçue, une formation trop technique qui, au gré de certains, ne fait pas assez de place à l\u2019histoire de l\u2019architecture et du design modernes.\u201cÇa, c\u2019est une remise en question\u201d, conclura Paule Delisle.Une exhortation Le mot de la fin, je le laisse à Yves Deschamp, architecte, professeur d\u2019histoire de l\u2019architecture au département d\u2019Histoire de l\u2019art à l\u2019université de Montréal.Il est, bien sûr, enchanté, du succès \u201cpopulaire\u201d des deux expositions.Et pour cause 1 Selon lui, on ne s\u2019intéresse pas assez à la théorie et à l\u2019histoire de l\u2019architecture et du design, même dans le milieu professionnel.\u201cQuand on sait ce qui se fait ailleurs en architecture aujourd\u2019hui, c\u2019est presque anachronique.À l\u2019exemple des conférences Alcan, pourquoi devrions-nous laisser cela à nos confrères anglophones ?Le milieu reste pauvre là-dessus.Peu importe le sujet, il nous faut de l\u2019animation architecturale.Cela pourrait être aussi bien une exposition d\u2019architecture gothique ! Et, pour combler ces lacunes, les architectes eux-mêmes ont une bonne part de responsabilité.\u2019\u2019 29 A* ENTREPRISES QUICKSPAN (Division de Domlim Inc.) \u2014\tDalles évidées de béton préfabriqué de type \u201cSpiroll\u201d \u2014\tBrique de béton de type \u201cRustique\u201d 475, Place Trans-Canada Longueuil, Québec J4G 1P4 (514) 651-4000 k t 1 * P n j m ~ n Utilisez pour construire, décorer, réparer ou rénover des produits de hautes performances à base de résines époxydes catalysées.Obtenez votre catalogue en écrivant à: To build, decorate, repair or renovate use the high performance catalysed epoxy products.To obtain more information write to: PREPOX INC.1457 Cunard, Laval, Que.H7S 2B7\t(514) 663-1054 Bâtiment Préfabriqué Bernard Ltée Au service de l\u2019architecture S Pour toute conception de projets n'hésitez pas à communiquer avec nous afin d\u2019obtenir les informations techniques Hâtiment Bernard i#UILDING_ 600 Boulevard de l'Industrie Route Transcanadienne - Sortie 112 Belœil (Montréal), P.Q.Canada, J3G 4S5 Téléphone.(514 ) 467-6521 Sans frais.1-800-361-0317 30 \\H he,) ye Tribute to professor Peter Collins by John Bland Peter Collins, Professor of Architecture, McGill University, died after a brief Illness at home in Montreal on June 7th, 1981.His wife, the former Margaret Taylor of Ottawa, had predeceased him In December last year.He was an ideal teacher, always well prepared himself, he encouraged a rigorous attention to detail among his students.He will be greatly missed by his colleagues, friends and many others Interested In architecture.He had a swift and accurate mind and the ability to write exceptionally well.He is surely to be remembered for his books, CONCRETE, THE VISION OF A NEW ARCHITECTURE, translated to Italian as LA VISIONE DI UNA NUOVA ARCHITECTURA; CHANGING IDEALS IN MODERN ARCHITECTURE, translated to Spanish LOS IDEALES DE LA ARQUI-TECTURA MODERNA; SU EVOLUCION and ARCHITECTURAL JUDGEMENT; and, as Editor of the JOURNAL OF ARCHITECTURAL HISTORIANS 1967-68.In addition about a hundred essays and reviews have appeared over his name in most of the architectural periodicals In North America and England, and for a time he was architectural correspondent to the MANCHESTER GUARDIAN.He also wrote the article \u201cArchitectural Theory\u2019 \u2019 for the ENCYCLOPEDIA BRITANNICA.Among his more recent essays were those published in the October 1979 issue of THE AMERICAN INSTITUTE OF ARCHITECTS and the November 1979 issue of the JOURNAL OF ARCHITECTURAL EDUCATION.One of his essays was reprinted In Dr.Bissell\u2019s Centenary Anthology entitled: A CENTURY OF GREAT CANADIAN WRITING.Early in his career Peter Collins developed a special love and knowledge of the architecture of France which gave him standards I to measure and comment seriously upon all kinds of architectural events but in other areas an eye for humbug always aroused a quick response in him, which sometimes led to unexpected adventures.His Department of Trivia and Ephemera once caused great merriment and more than a little caution at McGill.His Montreal Phllogastric Institute provided a few stiff exercises for local chefs and much pleasure as well.Born in Leeds in Yorkshire in 1920, his architectural studies at the Leeds College of Art, begun in 1936, were Interrupted in 1939 by seven years In the British army.For two years he was a Trooper in the Yorkshire Hussars; then for three years, an Intelligence Officer, Middle East and Italy; and finally, Captain, General Staff, The War Office, London.Upon discharge he returned to Leeds and obtained a Diploma in Architecture with Distinction in 1948.He went then to Switzerland and France to work on the design of reinforced concrete structures - mostly on Auguste Perret\u2019s reconstruction of Le Havre.In 1951 he returned to England to lecture in Architecture at Manchester and later to begin graduate work under Professor Cor-dingly which led to a Master of Arts in 1955.His continuing interests are shown by the title of his thesis: \u201cThe Development of Architectural Theory in France in the Mideighteenth Century\u201d, and the 1954 Royal Institute of British Architects Silver Medal for an essay entitled \u201cJacques François Blondel\u201d.During this time he was frequently in Paris and on one occasion, in August 1953, he married the charming Canadian who was later responsible for his coming to Canada.The year he completed his work at Manchester he received a Fulbright Travelling Scholarship and an appointment to lecture in Architectural History at Yale University.In 1956 he was appointed an associate professor at McGill, where he became responsible for reorganizing the undergraduate courses in the history and theory of architecture.It was at this time he completed the book inspired by his work with Perret, CONCRETE, THE VISION OF A NEW ARCHITECTURE.It earned him the Henry Florence Architectural Book Scholarship in 1960.In 1962 he was appointed a full professor of Architecture at McGill, a permanent member of staff and by coincidence it was the year he became a Canadian citizen.In 1964, by foregoing holidays and some telescoping of his duties at McGill, he was able to accept, with well remembered pleasure, a visiting professorship at Smith College.In 1965, what appears to have been his most successful book, CHANGING IDEALS IN MODERN ARCHITECTURE 31 first appeared.So far it has had four editions, one of which was in Spanish.In 1966 he enjoyed being a visiting lecturer in Cambridge University.In 1967-\t68 he was the Editor of the Journal of the Society of Architectural Historians and during the summer vacation a visiting professor at Berkeley, the University of California.In 1968-\t69, a sabbatical leave from McGill permitted him to surprise his friends by returning to Yale to begin a study of law when he was named a Research Fellow in the University Law School.In the same year he received the Hitchcock Medallion from the Society of Architectural Historians in Great Britain.His law studies, begun at Yale, were completed at Queen\u2019s in 1971, when he obtained the Master of Laws degree for a thesis entitled: \u201cAmenity, a study of jurisprudential concepts which affect the legal control of urban environments, and their relevance to Canadian constitutional law\u2019 \u2019.In the same year his last book, ARCHITECTURAL JUDGEMENT was published.As a comparative study in decision making in architecture and law, one suspects it could explain his interest in law had been aroused by a desire to contemplate the history and theory of architecture with the history and theory of another discipline.In 1972 the award of the Architecture Critic\u2019s Citation of the American Institute of Architects marked his eminent contribution to architectural thought in America, a fitting final tribute to a distinguished man.One must add that Peter Collins was an honorary corresponding member of the Société des architectes diplômés par le gouvernement (France); membre de l\u2019Ordre des architectes du Québec and a Fellow of the Royal Architectural Institute of Canada.npif *: î;';| Design à 3 Un colloque sur l\u2019intégration du design à l\u2019UQAM.Du 22 au S4 avril s\u2019est tenu à runiversité du Québec à Montréal un colloque sur le design, organisé conjointement par le Département de design de l\u2019UQAM, Design Canada et le Centre de recherches industrielles du Québec (CRIQ).Cet événement se voulait avant tout une ouverture sur le monde et les invités, venus principalement des États-Unis et de l\u2019Europe, présentèrent leurs réalisations qui illustraient les nouvelles tendances du design graphique, du design industriel et du design de l\u2019environnement.Durant la première journée, une série de communications sur le thème de l\u2019avenir de l\u2019enseignement du design rassembla les protagonistes du prochain congrès de 1\u2019 ICSID, prévu au mois d\u2019août en Finlande, auquel se joindront également les assemblées d\u2019ICOGRADA et d\u2019IFI autour de l\u2019idée d\u2019\u201cintégration du design\u201d.Tbur àtour, Arnold Friedman, Arthur J.Pulos, Walter Jungkind et Rudolf Sramek soulevèrent l\u2019intérêt de l\u2019auditoire avec la perspective des changements technologiques dans le domaine de la communication et de l\u2019information.Cette journée se termina par la remarquable intervention de Lars Lerup.Ce dernier, renouant avec l\u2019analogie de l\u2019architecture et du langage comme institution, mit en garde les designers contre les illusions du progrès technique, leur rappelant qu\u2019il faut au contraire se fondre littéralement dans le présent qui, selon lui, n\u2019a jamais été aussi propice ni aussi favorable à l\u2019éclosion d\u2019une nouvelle culture matérielle.Les deux journées suivantes témoignèrent du niveau international visé par le colloque et chacun sut apprécier l\u2019efficacité des organisateurs.En effet, plus de 400 personnes purent assister aux exposés audio-visuels de Herbert I.Dann, designer chez Corning et renommé pour la qualité du design des objets quotidiens de la cuisine; de Hans Baumiester, graphiste muniehois; d\u2019Albert Leclerc, d\u2019origine québécoise, \u201calter ego\u201d d\u2019Etore Sottsas et designer industriel chez Olivetti à Milan.On pouvait d\u2019ailleurs voir sur place les innovations de la firme Olivetti dans tous les domaines du design, depuis sa fondation au début du siècle.Cette exposition, montée dans la galerie de l\u2019UQAM, à proximité des salles de réunion, offrait le panorama complet des produits, bâtiments, salles de vente et bureaux, ainsi que des publications qui ont fait la réputation mondiale d\u2019Olivetti et imposé une image publique si forte qu\u2019 IBM et d\u2019autres firmes encore s\u2019en sont inspirées dans le but d\u2019associer création visuelle, design et industrie.Au cours de ces deux journées, l\u2019assistance eut également la possibilité de voir des oeuvres graphiques de Frances Butler, de suivre Evert Endt dont l\u2019agence est à Paris et qui partage ses activités entre les deux rivages de l\u2019Atlantique depuis qu\u2019il a quitté Raymond Loewy.Lance Williams fit découvrir aux spectateurs médusés les possibilités de l\u2019image bidimensionnelle et tridimensionnelle par ordinateur.Patricia Phillips obtint un succès incroyable auprès des étudiants et professionnels en leur faisant découvrir l\u2019univers enthousiasmant du groupe Site de New York.Mervyn Kurlansky, le dernier intervenant, livra les secrets de la réussite du groupe Pentagram, heureux rejeton d\u2019une de nos vieilles connaissances, le groupe Archigram.C\u2019est ainsi qu\u2019il démontra à tous que Pentagram travaillait d\u2019abord pour Pentagram parce que le désir du client était avant tout de recevoir les services de Pentagram.Cette première du Département de design de l\u2019UQAM fut donc une parfaite réussite et notre milieu devra désormais compter avec le dynamisme de cette jeune institution.Dans son discours d\u2019ouverture, le recteur Pichette s\u2019appliqua à en convaincre une assistance fort représentative de professionnels, d\u2019industriels et d\u2019enseignants au sein de laquelle Patrick Blouin y marqua l\u2019intérêt qu\u2019attachent les architectes du Québec au développement du design.De plus, comme le rappela le recteur, la présence de l\u2019UQAM se fait aussi sentir par ses bâtiments puisque son nouveau campus vient d\u2019être reconnu et primé pour l\u2019excellence de son design architectural.O legerpente Système intégré de panneaux à modules coniques qui élimine à 100% votre problème d\u2019eau sur les toits.Consultez nos feuillets thématiques: 1° Pourquoi un système de drainage 2° Application 3° Références 4° À quoi sert un bassin-drain 5° La ligne de pente 6° Les parapets Information: Isolation LegerLite inc.a/s Services techniques (514)321-7843 Sans frais: 1-800-361-1923 RtÇU Li \u2022 \u2022* avec PAVE-UNI vous choisissez la beauté.une fois pour toutes! 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