ARQ, 1 mars 1982, Mars - Avril
[" Architectures et politiques sociales Œnrr rm j r~i i r~j rm m cco ozri CCrxi amas ?rO izrrizCi teËXXXXXJ XXi uXCO exXxi rrro O-XIII T-JZJLLIL E=I ?I MARS-AVRIL 82\t3$ mm ^ajwwtnnimirim;\u2019 .aàiüiiüirij;; aâuasssp f£lElDEIBL üQDcaav JQGQQaDL igBQgge.inaaBDaDoarvi nnanaanar- IHHHgfr.MQEBDgÉ: 11BI a ^.S a i i ¦ ü i1 |SS'*|SSîS!SÏ^ ssmsm 4*14* TO® 4*14* mas linillütaiii pal ¦ ïssmri .iüÜIlHfl: 5 ia;iî5iiiiii; ilîL'H:!::::!1.!:\u2019 '» Ie&se&I y/-'\ty,-'// y üSiüffil ff|j .HH \t\t\t\t _\t\"If\tn\t\t: i i ¦ ¦¦ a a a a ¦ a a s ¦ I I I i a ¦ a a a a a a a a a a a a a i a a a a a a mini ¦ r j 1Ü9HBHI ilflPl - iiiiiiriiüüii inLÆJLJL zf Tf 'ill s'r III! ¦ I II fflË&ÈL LE SUMMUM DANS DES MILLIERS DÉDIFICES DU CANADA.ET C\u2019EST PAS FINI.De plus en plus souvent, quand on monte un édifice au Canada, on y monte aussi les plafonds acoustiques minéraux Wisper Tone.La raison?Leur qualité et leurs caractéristiques, tout simplement.Offerts sur mesure dans deux épaisseurs, ces plafonds vous donnent la plus vaste gamme de dimensions de toute l\u2019industrie.Il y a plus de 30 plans d\u2019assemblage ignifuges, homologués par ULC.Très vaste choix de textures et de motifs.et tous assurent le parfait équilibre de l\u2019absorption du son et de l'insonorisation.MASONITE CANADA INC.La source d'approvisionnement est proche et les stocks sont assurés, car ces plafonds sont faits au Québec par Masonite Canada Inc.Les clients d\u2019ici passent donc en premier.Vous bénéficiez également de contrôles rigoureux de la qualité et d\u2019une équipe technique hautement qualifiée.Des années d\u2019expérience dans le marché.des milliers d\u2019immeubles.Pour connaître toutes les raisons de choisir les plafonds Wisper Tone, communiquez avec votre représentant.Soyez du nombre! 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DIVISION DE L'INSONORISATION 3080 YONGE STREET, TORONTO (ONTARIO) M4N 3N1 ARCHITECTURE/QUEBEC LA REVUE DES MEMBRES DE L\u2019ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC 6 ÉDITORIAL LE TERRITOIRE DE L\u2019ARCHITECTURE Pierre Beaupré 7 LES HLM: ÉLÉMENTS ESSENTIELS DE TOUTES POLITIQUE SOCIALE DU LOGEMENT Marc H.Choko 9 25 ANS DE LOGEMENT SOCIAL À MONTRÉAL Pierre Beaupré QUEBEC: SES POLITIQUES EN HABITATION Pierre-Paul Gingras 21 DÎNER René Homier-Roy 26 HISTOIRES: ARCHITECTURE ET POLITIQUES SOCIALES, EN EUROPE 1900-1940 France Vanlaetïiem 6 Mars-avril 1982 ©GROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE 1982 ISSN 0710-1162 Ji I l m . Un matériau idéal pour les fenêtres.L'utilisation du vinyle dans les encadrements de fenêtre donne une résistance éprouvée aux intempéries.Après plus de 25 ans de chaleur, de froid, de pluie, de neige, de grêle, de vent et d'air marin, les fenêtres en vinyle ont fait la preuve de leur supériorité par comparaison aux fenêtres classigues.Leur durabilité exceptionnelle est maintenant incorporée à une large gamme de combinaisons répondant à la demande croissante de fenêtres en vinyle dans les nouvelles constructions et les travaux de réfection: vinyle massif, vinyle renforcé de métal, ou encadrements en bois ou en métal entourés de vinyle.Leur robustesse est légendaire: afin de satisfaire à la norme ACNOR A-274 adoptée par la SCHL, les fenêtres à encadrement de vinyle doivent passer plus de 40 tests et spécifications individuels.Les encadrements de fenêtre en vinyle ne pourrissent pas, ne s'écaillent pas et ne se déforment pas.Comme ils ne doivent jamais être repeints, ces encadrements ne demandent pratiquement aucun entretien.Il suffit de les frotter avec une éponge humide, et ils retrouvent leur aspect neuf: pas de rouille, pas de corrosion, pas de piquage ni de coups! Leurs propriétés d'isolation constituent un atout supplémentaire des fenêtres en vinyle.Le vinyle thermiguement efficace, ou le vinyle en combinaison avec le métal ou le bois, transmet difficilement le froid - une caractéristigue permettant aux usagers de faire des économies d'énergie.Les fenêtres en vinyle.vous en apprécierez tous les avantages.Le vinyle: un matériau polyvalent par excellence.LE CONSEIL DU VINYLE DU CANADA 6205 Airport Road Bureau 103 Mississauga, Ontario L4V 1E3 mri ccci rxi CCCO iXm rn iXCiXcO CCd Cuzrri OXn1 ?CczXCT-m grOrrXrQ:- CXCOCi DCO ixu firm rVirrrrin BWB Bqqqqdv.'^DQQQl rjDDggaQL muobe* mmmm mmsm iQoWVYTif/» aü5 DDQI Le territoire de l'architecte EDITORIAL D\u2019abord, un slogan: «Architecture ou révolution?».Le Corbusier avait le don des formules-chocs et celle-ci résume bien les ambitions de toute une époque; celle qui vit se réaliser à Amsterdam, Frankfort ou Vienne les premières ébauches de la cité socialiste, les premières manifestations d\u2019un nouveau langage architectural.Puis un titre « Ville et révolution » qu\u2019Anatole Kopp emprunte volontairement à LeCorbusier pour coiffer son ouvrage sur l\u2019architecture des années vingt en URSS.En régime communiste, cette fois-ci, c\u2019est le succès éphémère d\u2019une même démarche qu\u2019illustre l\u2019auteur.Cette démarche s\u2019amorce à la fin du siècle à Londres par les premières manifestations du London County Council; elle se manifeste à une échelle remarquable à Amsterdam vers 1915 puis trouve sa forme la plus achevée au début des années vingt en Allemagne et en URSS.Nouvelle éthique, celle d\u2019une responsabilité sociale face au problème du logement, et aussi nouvelle esthétique; les architectes font l\u2019expérience d\u2019un nouveau langage architectural, ce qu\u2019on appellera le fonctionnalisme, jusqu\u2019à ce qu\u2019 Hitler, en Allemagne et Staline, en URSS décrétèrent au début des années trente la mort du « style international ».La grande industrie produit de nouveaux matériaux: acier, verre, béton.Le mouvement moderne n\u2019a pas inventé ses outils; il a senti qu\u2019il fallait formuler une nouvelle sensibilité capable de transcender l\u2019utilisation banale de ces matériaux.Il a aussi senti que l\u2019utilisation de ces matériaux était essentielle à son dessein.Pour le mouvement moderne, le logement, la cellule d\u2019habitation allait devenir thème essentiel de recherche, élément autour duquel s\u2019articulait la reconstruction de la ville contemporaine.Une ville qui ne s\u2019ordonne plus autour de grands monuments comme la ville baroque mais qui se construit par l\u2019assemblage de cellules de vie, de travail, de loisir.Le mouvement moderne fait entrer le logement du grand nombre dans le domaine de l\u2019architecture.Aujourd\u2019hui, tout est remis en question.L\u2019état, un peu partout dans le monde, abandonne ses programmes de logements sociaux, son implication directe dans la production du bâti.L\u2019esthétique fonctionnaliste est attaquée de toutes parts, remise en question en faveur d\u2019une architecture pré-industrielle ou alors post-moderne.La présence de l\u2019architecte dans le domaine de l\u2019habitation est remise en question; l\u2019état lui préfère peu à peu les bureaucrates qui se parent d\u2019efficacité administrative, les clients craignent ses diktats et lui préfèrent le langage peu autoritaire et souvent servile du promoteur.Il faut aborder d\u2019un oeil critique cette remise en question.On compare trop facilement le fonctionnalisme du H.L.M.au charme discret des rues victoriennes et bourgeoises de Montréal.Il faut plutôt voir les taudis qui existent encore, relire au besoin les reportages que consacraient à certains quartiers de Montréal les journaux des années cinquante.Il faut cependant l\u2019admettre; si le logement demeure une préoccupation des architectes, c\u2019est qu\u2019ils y trouvent leur intérêt au même titre que l\u2019ensemble de la société.Et celle-ci leur dit souvent qu\u2019on peut bien se passer d\u2019eux: à preuve, tous les développements domiciliaires de banlieue.Au moment où se prépare un Forum de réflexion sur ce que devrait être le «Livre blanc de l\u2019architecture au Québec », les architectes doivent réfléchir à l\u2019ambiguité de leur situation et à la crédibilité de leur message.Il ont à prouver, et ceci sans avoir à recourir à une série de règlementations rigides, qu\u2019ils n\u2019usurpent pas le territoire que leur a légué l\u2019idéalisme de leurs précurseurs et qu\u2019ils peuvent, pour le bien de la société, élargir ce territoire.Pierre Beaupré Les HLM: éléments essentiels de tonte politique sociale du logement.Marc H.Choko Dans son rapport d\u2019étude sur les locataires des HLM, la Société d\u2019Habitation du Québec concluait ainsi: «L\u2019un des mandats de la Société (.) consiste à fournir des logements à loyer modique aux familles, aux personnes retraitées autonomes et aux personnes handicapées à faible revenu.L\u2019analyse des revenus à démontré que les ménages locataires de logements publics ont de très faibles revenus et même que la majorité ont un niveau de revenu inférieur aux seuils de pauvreté généralement reconnus.La Société a Il donc très bien répondu à son mandat en ce qui concerne les niveaux de revenu de la clientèle visée.Toutefois, la proportion de logements destinés aux personnes âgées s\u2019est accrue considérablement au cours des dernières années et ce, au détriment des logements conçus pour les familles (.), ce qui ne correspond pas nécessairement aux objectifs initiaux du programme ».* En fait, ce sont près de cinquante pour cent des HLM qui sont aujourd\u2019hui occupés par des personnes âgées.Par ailleurs, ce rapport ne mentionne pas plusieurs problèmes concernant les HLM au Québec.D\u2019une part, les HLM existants subissent des coupures de services, et connaissent des problèmes d\u2019entretien.D\u2019autre part, leur nombre est large-¦ ment insuffisant par rapport aux besoins.Ainsi, à Montréal, la liste d\u2019attente comprend plus de demandes que le total des HLM existants actuellement occupés (soit un peu plus de 10 000).Par rapport à l\u2019ensemble des logements locatifs au Québec, les HLM représentent à peine 3.6% (contre 10% en Ontario et près de 30% en France, à titre de comparaison).Et finalement, suite au décret du 20 janvier, leur loyer est devenu insupportable pour nombre de ménages (doublant ou triplant), ayant à faire face par ailleurs à la hausse des prix galopante, notamment de la nourriture.Face à tous ces problèmes dont il est lui-même responsable, le gouvernement provincial a mis de l\u2019avant une solution radicale: arrêter le programme HLM.L\u2019annonce de cette décision faite dès le début 1980 (année qui voit déjà la réalisation de HLM chuter de près de moitié), fut accompagnée de déclarations concernant la mise sur pied d\u2019une « batterie » de nouveaux programmes qui viendraient remplacer avantageusement celui des HLM.Mais après deux ans, force est de constater que Loginove (aide à la restauration) ne sera sûrement jamais mis en vigueur, que Logipop (aide aux coopératives) produit difficilement quelques centaines de logements par an, dont une partie seulement à des loyers accessibles au ménages à très faibles revenus qui constituent les résidents des HLM, et que Logirente (allocation-logement) a des effets forts limités.D\u2019une part, contrairement aux promesses faites à l\u2019origine, il ne reste accessible qu\u2019aux personnes de 65 ans et plus.D\u2019autre part, le pourcentage du revenu consacré au loyer, après allocation, dépasse encore les 30%, ce qui constitue une amputation considérable si l\u2019on se rappelle qu\u2019il s\u2019agit de revenus annuels de moins de 9000$.\u2018S.H.Q., secrétariat à la recherche et au développement, « Profil socio-économique des locataires de logements publics au Québec, «juillet 1981, p.57.De plus, moins de la moitié des bénéficiaires potentiels a profité des allocations, soit 25,463.Et cette année risque d\u2019être pire encore, puisque la période d\u2019enregistrement des demandes a été écourtée, l\u2019indexation des loyers plafonds admissibles inférieure à l\u2019inflation et les chambreurs techniquement exclus.Ainsi, à l\u2019heure actuelle, la politique du logement au Québec subit le même genre de mesures que l\u2019ensemble des économies occidentales (France mise à part, depuis l\u2019accession au pouvoir des socialistes, coupures massives dans les mesures sociales et renvoi à l\u2019entreprise privée de vastes secteurs d\u2019activité.De telles décisions, dans la conjoncture actuelle, ne peuvent qu\u2019amener une détérioration rapide des conditions de logement des plus démunis.Rappelons-nous en effet que le « refuge » traditionnel de ces couches de population est le vieux stock de logements, lequel après une phase de démolitions massives connaît, depuis 1976 surtout, un regain d\u2019intérêt pour la classe moyenne, entraînant son appropriation et une hausse rapide de sa valeur, le rendant inaccessible aux plus bas revenus.Quant aux logements neufs privés, ils deviennent inabordables pour la classe moyenne même, sans parler du fait qu\u2019ils ne s\u2019adressent nullement aux familles.Face à cette situation, plusieurs organisations ont réagi.L\u2019Association provinciale des locataires de logements municipaux du Québec (APLLMQ) bien évidemment, mais également le Front populaire en réaménagement urbain (FRA-PRU), le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec et la Confédération des syndicats nationaux (CSH) ont revendiqué le maintien, voire l\u2019intensification du programme HLM.Il importe en effet de rappeler que seuls les HLM garantiraient « universellement » un logement convenable à un prix abordable.En fait, une politique de HLM planifiée est le seul moyen de s\u2019assurer que les logements produits répondent bien aux besoins de toutes les couches de la population.De plus, elle permet un contrôle du développement urbain par l\u2019utilisation de terrains situés stratégiquement.Il faut également mentionner qu\u2019une production planifiée de HLM permet la stabilisation, du moins partielle, des mises en chantier, donc des activités des entreprises, de l\u2019emploi des travailleurs et des bureaux d\u2019architectes.De plus, une politique intensifiée et planifiée de HLM permettrait une réduction des coûts par unité des structures administratives en place et ouvrirait la voie à des possibilités de percées technologiques liées à une production en série.Des formules de concours ouverts à des équipes de bureaux d\u2019architectes-entreprises (comme en France ou aux États-Unis fin 60, début 70) et des modifications des normes imposées pourraient renouveler avantageusement la qualité des HLM produits, pour peu que les résidents actuels et futurs (ceux des listes d\u2019attente) soient partie prenante au processus.Enfin, une plus grande quantité de HLM, alliée à une mixité des ensembles résidentiels (où une partie seulement des logements serait des HLM, le reste alliant plusieurs formules privées, voire coopérative) réduirait les risques de voir se multiplier les « ghettos ».Mais aujourd\u2019hui, avant d\u2019envisager quelque formule d\u2019avenir que ce soit, l\u2019urgence est au moins de s\u2019assurer que ceux qui habitent actuellement les HLM puissent y demeurer.Il importe donc d\u2019adhérer à la résolution de l\u2019APLLMQ de novembre 1981 à l\u2019effet de boycotter toute hausse de loyer résultant de la modification de l\u2019échelle des loyers en vigueur dans les HLM.Lorsqu\u2019on connaît les pratiques passées des administrations en charge des HLM, il faut penser que les locataires des HLM auront besoin de l\u2019appui effectif de tous pour pouvoir s\u2019opposer avec une chance de succès aux mesures prises contre eux.Il s\u2019agira d\u2019une lutte test, qui seule permettra ensuite l\u2019organisation d\u2019une vaste campagne pour la reprise et l\u2019intensification du programme de HLM au Québec.Il y va du maintien de conditions de logement décentes d\u2019une partie sans cesse croissante de la population québécoise.Marc H.Choko est diplômé en architecture et en urbanisme, enseigne à l\u2019UQAM et travaille avec divers groupes populaires sim les questions du logement et de la rénovation urbaine.7 *;v, ^ ?\u2022 Nous pouvons alléger tous vos problèmes de toiture.Ballast de pierre Tissu perméable à l\u2019eau, appliqué en indépendance \u2014 Isolant ROOFMATE* appliqué en indépendance / Toiture membranée ^ Barrière thermique / Pontage Le système ATMI Allégé (Assemblage de Toiture à Membrane Isolée) réduit le poids du ballast d\u2019une façon remarquable.En plaçant un tissu perméable à l'eau comme le FABRENE AMB® entre les panneaux isolants de marque ROOFMATE* appliqués en indépendance et l\u2019empierrement, le poids requis de ballast est réduit à 49 kg/m2 (10 lb/ pi ca) peu importe l\u2019épaisseur de l'isolant.Le tissu empêchera aussi les fines particules du ballast de pierre de pénétrer dans les joints des panneaux.Les avantages de la Toiture ATMI Allégée avec l\u2019isolant ROOFMATE* sont les suivants: \u2022 La pesanteur de tout le système de toiture est souvent comparable à celle d'un système conventionnel.\u2022\tLes panneaux à feuillure sur les 4 côtés réduisent au minimum les pertes de chaleur aux joints.\u2022\tLa membrane vulnérable est protégée des cycles thermiques et des dommages physiques.\u2022\tLa membrane est d\u2019accès facile pour l\u2019inspection.Si vous voulez en savoir davantage sur les solutions à tous vos besoins de toiture, consultez le bureau de ventes Dow de votre région ou écrivez à Dow Chemical Canada Inc., Division des Matériaux de Construction, Modeland Road, C.P.1012, Sarnia, Ontario N7T 7K7.*Le Système ATMI est aussi connu sous le nom TMP (Toiture à Membrane Protégée).DOW CHEMICAL CANADA INC.\u2018AVERTISSEMENT.L\u2019isolant de marque ROOFMATE* est combustible et doit être appliqué correctement.?Marque de commerce de The Dow Chemical Company\t©FABRENE est une marque de commerce de Du Pont Canada Inc.pour son tissu polyoléfin. 35 ans de logement social à Montréal.Pierre Beaupré À Montréal, quatre projets marquants ont ponctué l\u2019intervention directe de l\u2019état dans le domaine du logement.Deux jalons fortuits, Habitat 67 et le Village Olympique qui doivent leur existence aux événements internationaux qu\u2019héberge la métropole et deux Jalons fondés sur des intentions politiques et sociales controversées: les habitations Jeanne-Mance et les îlots St-Martin.La Cité Jardin du Tricentenaire 168 logements Construits en 1942 «L\u2019accession à la propriété demeure le grand moyen de relever le prolétariat et d\u2019empêcher l\u2019assaut des forces révolutionnaires » Pie XI « Quadragesimo anno » C\u2019est en se réclamant de ces conseils économico-mystiques qu\u2019on entreprit au Peau milieu de la guerre, ce qui demeure une des applications les mieux réussite du célèbre plan de Radburn.Le patriotisme emboîte alors le pas au mysticisme: «.la remise en honneur de ces merveilleux chef-d'oeuvre que sont le foyer et la famille canadienne française et la ténacité de ces apôtres contre les forces adverses » Le révérend père Bouvier, lors de son discours d\u2019inauguration de Cité Jardin.Comment formellement finira-t-on par ajouter au modèle « maison canadienne » un modèle « chalet suisse » pour donner une certaine diversité à l\u2019ensemble?La réponse demeure obscure.168 des 600 logements prévus au départ furent construits et le projet demeura à court terme sans lendemain.D o Echelle 1:8000 Cité Jardin Mais comme l\u2019histoire du logement public montréalais a aussi sa préhistoire, il faut sortir de l\u2019oubli la Cité Jardin du tricentenaire, d\u2019autant plus que les coopératives d\u2019habitations reprennent en main une partie de la responsabilité du logement social.mf'Mi JM9G à»\trm Les Habitations Jeanne Mance 800 logements Construits en 1955 1955: sur la planète, c\u2019est la guerre froide.A Montréal, dans la querelle qui oppose les tenants et les opposants au « plan Dozois », on fait feu de tout bois.«Si nous entrons réellement dans l\u2019ère atomique, n\u2019allons-nous pas créer de nombreux problèmes en construisant des maisons élevées.Voyez-vous la difficulté d\u2019évacuer 4,S00 personnes dans ces tours de 8 ou 18 étages » Jean Drapeau, cité dans la Presse du 21 juin 1955.Vingt-cinq ans plus tôt le Corbusier démontrait tous les avantages qu\u2019offrait la « Cité Radieuse » en cas d\u2019attaque aérienne: blindage du toit sur lequel s\u2019écrasent les torpilles, espace continu entre les pilotis et au travers desquels s\u2019évacuent les gaz, « usine à air exact » qui continue à alimenter les habitants en air pur au milieu de l\u2019attaque aérienne.yr h.cdUhv.Q\tAcJjitsrf.À chacun sa vision de l\u2019apocalypse; celle qu\u2019offrent les journaux de l\u2019époque est cependant d\u2019un autre ordre, plus réelle, plus menaçante.C\u2019est la vision des quartiers de taudis de Montréal et elle réussit à émouvoir la conscience collective.L\u2019unanimité se fait sur l\u2019urgence d\u2019agir.Unanimité de courte durée cependant, et qui s\u2019effritera lors de l\u2019étude des premières solutions.Habitations Jeanne-Mance.Architectes: Greenspoon, Friedlander 6f Dunn Echelle 1:8000 9 Les îlots St-Martin 313 logements Construits en 1967 1966: victime des assauts conjoints du modernisme et de la décléricalisation du Québec, Ste-Cunégonde succombe comme le fera Ste-Scholastique dix ans plus tard, et devient la Petite Bourgogne.Le pittoresque des petites patries fait une première apparition dans l\u2019atlas toponymique de la ville lors de la publication d\u2019un premier rapport du Service d\u2019urbanisme.Le vocabulaire architectural emboîte le pas et, à l\u2019apogée de l\u2019ère des mégastructures, on voit réapparaître à Montréal, mansardes et encorbellements.On tente d\u2019y recréer une échelle domestique, d\u2019intégrer quelques commerces au projet: le message de Jane Jacobs rejoignait Montréal, et heureusement ou non, pas encore celui de Venturi.15 ans plus tard Habitat 67 demeure une expérience de laboratoire, érigée hors de tout contexte urbain, économique et social et malgré les espoirs de son concepteur, il demeure un phénomène isolé.L\u2019expérience demeure paradoxale: au-delà de l\u2019échec de ses prétentions à offrir une solution au problème du logement à moyenne et à haute densité, Habitat 67 demeure un événement architectural majeur.¦lelee MaOav Echelle 1:8000 Habitat \u201967.Architecte: Moishe Safdie Le Village Olympique 980 logements Construits en 1976, modifiés en 1978 udcuid iJt! s r~r-i ?dm] ?n dd Echelle 1:8000 îlot Saint-Martin.Architectes: Ouellet, Reeves, Alain Habitat 67 142 logements Construits en 1967 Héritier d\u2019Amalfi et de Détroit, conçu dans le cerveau collectif des architectes des années 60, Habitat 67 se veut l\u2019amalgame de l\u2019architecture folklorique et de l\u2019architecture fiction.Safdie avait de grandes ambitions: « If you built only one prototype Ford, its cost would be prohibitive.Obviously, the car becomes economical only if it is mass produced.We built only a handful of apartments of Habitat, but we are all tooled up to build ten thousands of them ».Les réactions allèrent du délire au discrédit total: «Je déclare que si Habitat 67 se construit, s\u2019il est éventuellement subventionné, s\u2019il est habité par des familles riches qui bénéficient de ces subventions, alors les pauvres de Montréal habitant les taudis auront le droit humain de dynamiter un édifice aussi révoltant ».Paul-O.Trépanier, architecte et maire de Granby, cité par La Presse, le 20 juillet 1965.Les 900 logements du Village Olympique représentent un spectaculaire bond en arrière dans la conception de logement en milieu urbain.Un parc avait-il échappé au développement de Cité Jardin 30 ans plus tôt, on profite du brouhaha olympique pour y ériger deux énormes pavillons complètement étrangers à leur environnement urbain.nouvelle Cité radieuse?Trente ans trop tard pour que l\u2019intérêt d\u2019une telle expérience puisse en justifier les coûts.Quelques années après l\u2019aventure olympique, on établissait la valeur marchande du complexe au tiers de ses coûts de construction et on créait un société qui en assumerait l\u2019exploitation sur cette base.L\u2019État comblait le déficit.Echelle 1:8000 Le Village Olympique.Architectes: D'Astous et Durand L\u2019expérience montréalaise: détruire la ville ou la reconstruire L\u2019évolution des politiques d\u2019habitation à Montréal c\u2019est aussi l\u2019histoire de l\u2019évolution de la perception d\u2019une ville et des interventions qui y sont appropriées.Le 88 octobre 1958, 16h00 Une première pelletée de terre à l\u2019angle des rues Ontario et Sanguinet suspendait une vieille querelle.Amorcée en mai 1953 par la création du comité Dozois, cette querelle avait, pendant plus de quatre ans, opposé politiciens de toutes allégeances.Au-delà de l\u2019opportunisme politique de ces années de noirceur, les discussions avaient porté sur les fondements même des politiques d\u2019habitation.L\u2019esquisse que présente le comité Dozois en septembre 1954, reçoit un appui de principe assez général.Depuis plus d\u2019un an les journaux ont dénoncé avec vigueur la décrépitude des taudis de ce secteur et il semble alors assez mal venu pour quiconque de s\u2019opposer à l\u2019idée vertueuse de la démolition des taudis et de la construction d\u2019habitations salubres.Quelques mots du président de l\u2019Exécutif de l\u2019époque, J.O.Asselin, expriment bien le sentiment que suscitait la présence de taudis: « Autrement (si on ne peut sortir les gens des taudis) ils continueront forcément à vivre dans un milieu sinistre en contact quotidien avec la maladie, le crime et le vice »! Il fallut donc quelques temps pour que se cristallise l\u2019opposition à un si généreux projet.Le premier plan publié montra très nettement l\u2019influence d\u2019une approche rationnelle, dégagée de toute référence au contexte urbain environnant: on y voit 17 bâtiments identiques aux façades orientées est-ouest et dont l\u2019implantation fait disparaître sept rues d\u2019un seul coup.Près de 1400 logements aménagés dans des édifices de 18 à 14 étages se substituent ainsi à autant de logements quabritent les structures vétustes qui occupaient près de la moitié de la superficie du sol.Dégagement du sol, ensoleillement des appartements, voilà les grands principes de la Charte d\u2019Athènes transposés au coeur de Montréal.C\u2019était sans compter sur une opposition qui, timide au départ, allait devenir farouche.La discussion sur ce projet allait aborder des thèmes majeurs qui demeurent d\u2019actualité.Les critiques touchent en fait trois points: l'intérêt de consacrer ce quartier à de l\u2019habitation alors que plusieurs y voient le terrain sur lequel pourrait s\u2019ériger un nouveau centre d\u2019affaires, la difficulté que posera le logement familial dans des immeubles en hauteur et le problème que pose l\u2019intervention directe de l\u2019état dans la production du logement.Gérard Filion résume assez bien le premier point dans son éditorial du 85 juillet 1956: « Montréal a l\u2019avantage d\u2019être Infesté de taudis au centre même du quartier des affaires.L\u2019administration municipale doit faire diligence pour faire modifier le plan Dozois de manière à garder les terrains vacants pour fins d\u2019utilités publiques et établir ailleurs les familles déplacés «.* Dans ces lignes transparaît l\u2019idéologie du zonage préconisé 80 ans plus tôt par les C.IA.M.; un centre ville exclusivement dévolu aux activités commerciales et l\u2019habitation refoulée vers des banlieues de plus en plus lointaines.De fait, la réalisation des habitations Jeanne-Mance demeure urne incongruité dans cette masse d\u2019habitation qui allaient couvrir tous les sols environnant Montréal.Par ailleurs, vingt-cinq ans plus tard, le centre d\u2019affaires de Montréal n\u2019a pas encore franchi la rue St-Laurent et on assiste à une récupération du retour en ville par les autorités municipales.Entre-temps, les autorités municipales ont consolidé la vocation résidentielle de plusieurs quartiers en périphérie du centre-ville, par l\u2019implantation d\u2019habitations à loyers modiques.1.Discours du 88 septembre 1949 8.Le Devoir, 85 juillet 1956 Si le principe de reconstruction d\u2019habitations près de centre-ville opposait assez froidement deux conceptions du développement des villes, un débat beaucoup plus passionné se poursuivait sur l\u2019adaptation des immeubles proposés au logement des familles.On accusa facilement le plan Dozois de remplacer des taudis par des casernes; on s\u2019insurgea de toutes parts contre le « stupide et antifamilial plan Dozois ».Les tenants du projet se référeraient au projet Regent-Park à Toronto.Le succès d\u2019une première phase incitait déjà ses promoteurs à en planifier une deuxième.Mais de plus loin encore, ils en appelaient aux nouveaux ensembles européens.On était déjà loin là-bas de la Cité Radieuse de Le Corbusier et les grands ensembles de la région parisienne n\u2019avaient rien d\u2019inspirant.L\u2019Angleterre offrait cependant des images plus intéressantes, des concepts d\u2019aménagement plus souples.Roehampton offrait par exemple une image réussie de développement mixte de bâtiments de 4 et 18 étages.Cette approche plus souple exerça sans doute une influence sur les architectes du projet.Répondant partiellement aux critiques qui les accusaient d\u2019avoir conçu des logements inaptes à loger les familles nombreuses, les architectes revisèrent le plan original, y introduisirent des bâtiments plus bas et réduisirent de 1300 à 800 le nombre de logements originalement prévus.Le dynamitage apocalyptique de Pruitt-Igoe construit par Yamasaki à St-Louis, allait quelques années plus tard donner en partie raison à ceux qui s\u2019étaient opposé à une planification aussi rigide et aussi peu sensible.Les habitations Jeanne-Mance servirent aussi de champ de bataille aux tenants et aux opposants à l\u2019intervention directe de l\u2019état dans la production de logements.Le débat fut alors tranché en faveur d\u2019une intervention directe; sans avoir de suites immédiates, cette réalisation avait ouvert la porte à la formation du service de l\u2019habitation qui allait voir le jour dix ans plus tard.Plus de 10 000 logements sociaux furent construits à Montréal entre 1967 et 1988.Aujourd\u2019hui, 85 ans plus tard, la discussion renaît; on n\u2019évoque cependant plus de la même façon les périls de l\u2019inter-ventionisme étatique.En 1956, Pierre DesMarais n\u2019hésitait pas à déclarer: «je maintiens que la ville n\u2019a pas le droit d\u2019aller faire concurrence à l'entreprise privée dans ce domaine.»3 D\u2019autres s\u2019inquiétaient, se demandaient si l\u2019état avait à loger, à nourrir les citoyens.Depuis 1958 cependant, des journalistes comme Paul Sauriol écrivaient inlassablement sur ce même thème: « La preuve est faite de façon surabondante que l\u2019entreprise privée est incapable de résoudre le problème des taudis »! L\u2019appui de la population aux éléments progressistes de l\u2019époque eut finalement raison de l\u2019opposition de certains politiciens qui se retranchaient dans des visions idylliques et détachées de la triste réalité de ce quartier, en métamorphosant le Domaine Saint-Sulpice qui devient le lieu utopique où s\u2019érigeraient un peu comme par enchantement, de petites maisons familiales construites par des coopératives à l\u2019intention des familles du centre ville.Assez curieusement, c\u2019est en partie ce qui se produira.85 ans plus tard.En 1966, le Service d\u2019urbanisme de Montréal publie son rapport sur la Petite Bourgogne.Ce projet ambitieux qui vise la restructuration complète du quartier: démolition d\u2019habitations vétustes reconstruction de logements accessibles à sa population et réaffectation à des fins d\u2019habitations de l\u2019emprise des chemins de fer qui le traverse.L\u2019analyse fait foi d\u2019une certaine sensibilité des auteurs aux valeurs de la trame urbaine existante et au caractère des bâtiments; l\u2019analyse, inspirée des travaux de K.Lynch, met en évidence la structure et les points d\u2019intérêts du quartier; un 3.\tCité dans La Presse, 80 avril 1956 4.\tLe Devoir, 5 septembre 1958 11 autre plan souligne de façon détaillée la présence d\u2019éléments architectoniques intéressants: corniches, fenêtres en saillies, mansardes, balcons, escaliers extérieurs.Ce dernier plan révèle des secteurs visuellement plus riches que d\u2019autres, notamment la rue Coursol et si l\u2019on poursuit la lecture du document on se rend compte qu\u2019il détermine pratiquement les zones de conservation.Ce qui frappe cependant sur ce plan c\u2019est l\u2019ampleur prévue des démolitions et de la restructuration.La maquette l\u2019illustre de façon encore plus frappante avec cette restructuration de l\u2019emprise des chemins de fer ponstuée de plusieurs immeubles en hauteur, prévus de façon à redonner à ce secteur la densité qu\u2019il avait l\u2019opération de rénovation urbaine.On connaît le triste sort de cette opération; le quartier a perdu la moitié de sa population et il y reste de grands espaces tristes et vacants.Il y eut au départ des problèmes sociaux assez complexes à régler: le déménagement des gens qui vivaient dans les immeubles qu\u2019on voulait démolir et, surtout, la longue lutte de citoyens pour obtenir une échelle des loyers convenables.Contrairement aux démolitions suscitées par la réalisation des Habitations Jeanne-Mance, les démolitions entraînées par le projet des îlots St-Martin firent couler beaucoup d\u2019encre.De la part des citoyens qui devaient assumer tous les désagréments et la majeure partie des coûts entraînés par leur déménagement et qui se voyaient perdre au change de la rénovation urbaine, qui craignaient le ghetto semblable aux habitations Jeanne-Mance que pourrait devenir ce projet.On comprendra mieux cette crainte à la lecture d\u2019un texte de Sheila Arnopoulos qui cite une des locataires des habitations Jeanne-Mance: « I can't put my finger on what\u2019s wrong with the place except that I know I hate it and my kids hate it.It\u2019s clean, its roomy and God knows, I couldn\u2019t do better.Where else could I find a place for $45.a week.But I can hardly wait to get out.»° Pour la première fois semble se faire entendre la voix de ceux qu\u2019affectent toutes ces opérations et se manifester leurs désirs de participer à la gestion de leur environnement.Pour l\u2019ensemble des citoyens, pour l\u2019administration, la rénovation est un processus un peu abstrait d\u2019où sont absentes les valeurs des gens qui sont affectés.Michel Blon-din, alors travailleur social dans le quartier, résume bien ici ce que peu de gens semblaient percevoir à l\u2019époque.« Si pour le public la rénovation urbaine signifie encore souvent la disparition des taudis et la solution de tous les problèmes de l\u2019alcoolisme à la délinquance, par contre pour ceux qui sont atteints, cela marque la fin d\u2019une période de leur vie; disparition de leurs maisons, nouveaux problèmes de logement, coûts plus élevés, bris d\u2019une communauté humaine, bris de relations de voisinage, etc.»! C\u2019est effectivement tout un quartier qui allait éclater; malgré toutes les projections financières garantissant la faisabilité du projet, malgré, il faut le dire, l\u2019enthousiasme des gens qui réintégrèrent leurs logements aux îlots St-Martin, la Petite Bourgogne demeure encore un quartier déchiré, appauvri.Et pourtant, la première étape du processus de rénovation semblait bien engagée: l\u2019architecture des nouveaux bâtiments réussissait à évoquer le caractère de l\u2019habitat montréalais traditionnel, à structurer des espaces semi-publics agréables et à l\u2019échelle de leurs habitants.L\u2019ensemble, malgré l\u2019intégration d\u2019une vingtaine de bâtiments d\u2019habitations rénovés et d\u2019une piscine publique, se refermait cependant sur lui-même.Certaines rues se voyaient transformées en voies pour piétons; sur la rue St-Jacques, les habitations prenaient un recul important par rapport à la rue en s\u2019installant sur un plateau artificiel sous lequel s\u2019insérait le stationnement sous-terrain.Malgré la cohésion et le caractère architectural de l\u2019ensemble, le projet demeurait un corps étranger.318 familles y vivaient dans un environnement trop facilement indentifiable, d\u2019où avait disparu toute variété socio-économique.Le vandalisme allait bientôt avoir raison du rêve de l\u2019architecte de concevoir un tout cohérant.Le Service d\u2019habitation rajustait rapidement son tir et s\u2019engageait aussitôt dans une série d\u2019opérations de moindre envergure: ce furent les opérations Myriades destinées à favoriser l\u2019insertion de logements dans une foule de petits emplacements, en général sur des lots vacants.On espérait ainsi éviter les problèmes qu\u2019entraînait aux îlots St-Martin une trop grande concentration de personnes à faibles revenus.L\u2019ampleur des 5.\tThe Montreal Star, SS avril 1969 6.\tCité dans La Presse, S8 mai 1969 12 Premier plan publié des Habitations Jeanne-Mance Habitations Jeanne-Mance.Architectes: Qreenspoon, Priedlander & Dunn Habitations Albert.Architecte: Edgar Tornay Habitations Workman \u2014 Notre-Dame.Architectes: Blason et Hébert Habitations Rose-de-Lima.Architecte: Projets et chantiers, service de l\u2019habitation V/ 'Y'7r7rr''nn'* \u2022¦¦iSiiiiP ts v.'U.'Uïr r/M«a Habitations Cartier-Chabot.Architecte: Carrière et Labelle Habitations de Montana.Architecte: Dupuis et Mathieu Habitations Dublin Fortune.Architecte: Jean-Louis Lalonde Habitations Larivière.Architecte: Laurent Calame, Projets et chantiers, Service de l\u2019habitation Habitations Dollier-de-Casson.Architecte: Laurent Calame, Projets et chantiers, Service de l\u2019habitation projets diminuait et l\u2019insertion allait gagner plusieurs autres quartiers de la ville, en particulier, l\u2019ensemble du sud-ouest, Terrasse Ontario et Hochelaga-Ste-Marie.Il fut alors question de consultation et les comités de citoyens, assez brutalement écartés du débat dans le cas des îlots St-Martin semblent avoir désormais droit de parole.Les programmes détaillés du Service de l'habitation prévoient l\u2019élaboration « d'hypothèses qui constitueront l\u2019amorce d\u2019échanges avec les citoyens, échanges qui se poursuivront éventuellement durant toute la mise en oeuvre ».7 L\u2019approche sera plus modeste; l\u2019architecture aussi.Les éléments architectoniques se simplifient à l\u2019extrême, deviennent un rappel symbolique de formes originales; en haut des murs, des parements de métal rappellent les mansardes du début du siècle; quelques jeux de briques rappellent la richesse d\u2019expression que pouvait donner à certains détails l\u2019habileté des artisans.De plus, l\u2019organisation typologique des maisons rompt avec la relation traditionnelle de la maison à la rue; l\u2019escalier intérieur commun à six logements devient la règle, le modèle, et fait que tous ces rappels architectoniques sonnent faux.On ne réussit pas vraiment, à établir une continuité entre l\u2019existant et le nouveau.Ce n\u2019est que vers la fin de cette décennie que peu à peu on tentera une réinterprétation de la typologie du logement montréalais, réinterprétation quand même assez timide et limitée, puisque les urbanistes avaient, peu après la der- 7.Programmes détaillés de rénovation pour 1970-1974 du Service de l\u2019habitation 13 Habitations Terrasse Ontario.Architecte: Serge Garlépy, Projets et chantiers, Service de l\u2019habitation 1 - -, ' I '\t'.' I ¦¦ ¦Mém nière guerre, \u2019banni du paysage montréalais un de ses éléments les plus caractéristiques, l\u2019escalier extérieur.Parallèlement, le service de l\u2019habitation continue à mettre en oeuvre des ensembles plus importants, de moindre ampleur toutefois que les îlots St-Martin.De cette seconde génération de grands ensembles, les habitations Boyce-Viau représentent peut-être l\u2019élément le plus réussi; et ceci malgré le refus de tout mimétisme favorisant l\u2019intégration à l\u2019environnement immédiat.L\u2019emplacement s\u2019y prête bien; l\u2019angle des rues Viau et Pierre de Goubertin, en face du futur parc Olympique offre peu de repères et incite plutôt à un repli sur soi.Seule la hauteur générale des habitations \u2014 3 étages \u2014 rappelle le paysage montréalais alors que l\u2019expression structurale, la fenestration, la toiture parlent résolument le langage moderne.D\u2019autres méthodes de mise en oeuvre sont étudiées telle l\u2019adjudication par voie du concours, mécanisme qui n\u2019est pas sans danger.L\u2019entrepreneur et l\u2019architecte soumettent une proposition en réponse à un programme élaboré par la municipalité: le jugement portera sur la soumission de l\u2019entrepreneur et la qualité de l\u2019architecte.On devine aisément le poids respectif des deux critères; la S.H.Q.allait d\u2019ailleurs mettre un terme à ce système.L\u2019évolution se poursuivait aussi au niveau de la programmation.Au départ, on visait une certaine homogénéité dans chacun des ensembles produits mais peu à peu il apparut aux responsables de l\u2019administration que les personnes âgées s\u2019accomodaient mal de la proximité des familles nombreuses.On choisit donc de les isoler d\u2019une certaine façon, de leur construire des tours où l\u2019accès par ascenseurs leur serait plus facile êt où l\u2019on pourrait plus aisément leur aménager des espaces communautaires.Les premières expériences intégraient parfois bâtiments en hauteur et maisons basses ou même offraient une occupation mixte à l\u2019intérieur d\u2019une même tour; logements familiaux sur deux niveaux à la base de l\u2019édifice et logements de part et d\u2019autre d\u2019un corridor central aux étages supérieurs.L\u2019introduction de ces tours d\u2019habitations dans le tissu urbain ne fut pas toujours heureuse.On connaît le résultat mitigé des premiers effets d\u2019intégration; les tours allaient en général s\u2019affirmer, à quelques exceptions près, comme des intrusions brutales dans le tissu urbain.Les habitations Dublin-Fortune à la Pointe Saint-Charles réussirent à s\u2019insérer assez bien dans leur cadre; la hauteur moyenne du bâtiment, sa fragmentation, l\u2019expression diversifiée de ses éléments dissolvent la masse.D\u2019autres ensembles se révéleront moins heureux.Les habitations Cartier-Chabot nient de toute évidence leur environnement.Entre les rues de Mentana et St-André, c\u2019est une barre complètement démesurée qui bloque soudainement la vue, sans relation avec l\u2019échelle urbaine environnante.Voilà illustré de façon non équivoque cette petite phrase de Philippe Panerai qui caractérise bien la démarche souvent maladroite et désastreuse de l\u2019architecture moderne: « on substitue à un morceau de ville, une collection d\u2019objets.»e Le succès du mode d\u2019habitations que proposaient les tours aux personnes âgées encouragea malgré tout l\u2019administration municipale à poursuivre l\u2019expérience, avec toutefois une sensibilité accrue au voisinage urbain.La hauteur fut réduite à 5 ou 6 étages plutôt que les 8 étages habituels des premières tours: la qualité de l\u2019architecture s\u2019améliore réellement comme en témoignent quelques exemples plus récents; les habitations Drolet, du Fort et autres.En matière d\u2019intégration au tissu urbain, un des succès demeure les habitations Dollier-de-Casson sur la rue St-Paul.Peut-être fallait-il un contexte exceptionnel \u2014 le Vieux-Montréal \u2014 pour que deviennent prioritaires les contraintes d\u2019intégration.Il en résulte un excellent exemple d\u2019insertion et peut être, est-ce un des rares exemples d\u2019habitation à loyer modique où chacune des fenêtres, où chacune des briques, ne vient pas crier « Je suis un H.L.M.».On a reconstruit sur une partie du terrain la façade de pierre qui y existait et sur le lot voisin on a réussi, en béton, cm très subtil exercice d\u2019intégration.Fallait-il en demeurer là?Ne fallait-il pas étendre aux autres quartiers de la ville, cette notion de la reconstruction de la ville, du tissu urbain?On allait tenter de nouvelles démarches en ce sens; on retrouve ainsi dans Terrasse Ontario quelques exemples d\u2019une telle recherche.L\u2019environnement est sévère voire peu engageant; rue Montcalm l\u2019architecture qui s\u2019y implante en garde les caractères.Isolée de Habitations Louis-Cyr.Architectes: Bianchi et Voisard Habitations Quesnel.Architecte: Camille Chevalier Coopérative d\u2019habitation les Tanneries.Architecte: Jacques Maassens son coi sapoi j _ ' JT\tTLrZ I ft\ta i î fl\tn I -\t- son contexte ça n\u2019a pas de sens; son accès au niveau du sol, sa porte en alcove, son absence presque total de décoration, la proportion de ses fenêtres, ses deux niveaux assez bas, alignés sur le trottoir lui donnent cependant certaines qualités lorsqu\u2019on les lit dans le contexte.Un peu plus à l\u2019est, sur la rue de la Visitation, c\u2019est une petite série de maisons de trois étages, les habitations La Rivière, qui offrent, pour la première fois, l\u2019individualisation des accès à chacun des logements.Ces petites maisons possèdent indéniablement un caractère montréalais, même si le recul qu\u2019on leur a donné sur rue rend l\u2019exercice moins convainquant.Malheureusement les programmes de HLM s\u2019essouflent et au moment où on avait corrigé plusieurs erreurs de parcours, où commençait à s\u2019élaborer une architecture urbaine valable, on est en voie d\u2019y mettre un terme.Alors que s\u2019étaient construits plus de 1000 logements sociaux par année au milieu de la décennie précédente, il semble bien que ce soit aujourd\u2019hui la fin d\u2019une époque.La social-démocratie n\u2019a plus les moyens de ses ambitions.D\u2019autres formes d\u2019aides de la part de l\u2019état se développent, en général dirigées vers les classes sociales moins démunies.Les politiques d\u2019habitations municipales deviennent des politiques plus économiques que sociales.L\u2019opération 10,000 logements de la CIDEM est lancée et vise avant tout à rentabiliser le sol montréalais sous-utilisé.Cette opération vaut quand même qu\u2019on s\u2019y arrête.Si ses objectifs premiers ne sont pas sociaux, elle a cependant permis, grâce à l\u2019intervention de la SOMAM ou encore des coopératives d\u2019habitations, la production de logements à caractères sociaux dans les quartiers anciens.La Société municipale d\u2019habitation de Montréal, créée à l\u2019image de la Toronto Housing Corporation de Michael Dennis, fut fondée en 1978 dans le but d\u2019intervenir dans les quartiers anciens pour y rénover les logements existants ou y construire du logement neuf.Ces logements seront en- CS?' tù suite revendus à des coopératives ou à l\u2019entreprise privée, ou encore administrés par la SOMlAM qui bénéficie, à ce moment, des subventions fédérales au taux d\u2019intérêt et peut louer à des conditions avantageuses.Deux exemples récents de projets réalisés par la SOMAM retiennent notre intérêt.Dans les deux cas, l\u2019architecture s\u2019insère volontairement dans une continuité urbaine.Dans le cas des habitations Louis-Cyr le bâtiment s\u2019implante entre deux rues; sur la rue St-Antoine, c\u2019est le rythme individuel des bâtiments antérieurs qui règle l\u2019articulation de la façade.Sur la rue St-Jacques, une longue fa-çace, peu modulée, à l\u2019image de ce qu\u2019on retrouve sur cette rue, et ponctuée de rappels des portes cochères encore fréquentes dans ce quartier.L\u2019alignement sur rue accentue l\u2019effet d\u2019intégration.Rue Quesnel, une série de maisons avec mansardes, lucarnes, et légers encorbellements de brique qu\u2019on aurait pu croire exécuté il y a cinquante ans.Une organisation de l\u2019espace qui renoue avec la tradition montréalaise.La SOMAM n\u2019est évidemment pas le seul organisme intéressé aux terrains mis en disponibilité par la CIDEM.L\u2019entreprise privée a répondu avec enthousiasme à plusieurs appels d\u2019offres, la plupart du temps dans les quartiers périphériques tels Cartierville ou Rivière-des-Prairies, mais aussi plus près du centre comme l\u2019illustre le projet de condominiums La Chancellerie à l\u2019extrémité est du Vieux-Montréal.Le retour en ville est le fait d\u2019un peu toutes les classes sociales, ce qui n\u2019est d\u2019ailleurs pas sans bousculer les populations défavorisées qui habitent les quartiers centraux convoités par la nouvelle petite bourgeoisie décapante.La restructuration des quartiers anciens ne se fait cependant pas uniquement en fonction des classes privilégiées; quelques coopératives d\u2019habitations se sont formées et ont réussi grâce aux subventions des divers paliers de gouvernements à mettre en oeuvre quelques projets.À St-Henri, la coopérative les Tanneries, dont le nom évoque les origines du quartier, a construit une vingtaine de bâtiments; leur architecture évoque plutôt la banlieue actuelle que le quartier où elle s\u2019insère.La forme des bâtiments, leur regroupement et les matériaux utilisés évoquent beaucoup plus les développements suburbains auxquels aspirent peut-être encore les clientèles des coopératives que le paysage urbain du quartier.Plus au nord, dans le domaine St-Sulpice, c\u2019est un peu le rêve des années cinquante qui s\u2019est réalisé.Près de cent cinquante maisons ont été construites et sont aujourd\u2019hui gérées par cinq coopératives d\u2019habitations.Là encore la forme de l\u2019habitat reflète les aspirations assez conservatrices des membres des coopératives qui ont participé à l\u2019élaboration des plans des maisons et leur regroupement.L\u2019ensemble offre une image et un caractère certes plus intéressant que les développements résidentiels privés qui se sont implantés plus au nord sur le site, mais il n\u2019a pas réussi à recréer « un morceau de ville ».C\u2019est peut-être là un des pièges de la participation où le consensus finit par s\u2019établir sur les idées les plus conservatrices.C\u2019est cependant trop souvent le piège inverse que ne peuvent éviter les architectes, celui de construire, sans consultation, des monuments ou des ensembles auxquels sont étrangers les utilisateurs et les citoyens.Montréal a tenté d\u2019éviter ce phénomène, fractionnant de plus en plus les interventions architecturales.On a sans doute ainsi échappé à l\u2019architecte démiurge mais peut-être ceci s\u2019est-il fait au profit d\u2019une bureaucratisation de l\u2019architecture.Un seul grand ensemble a été réalisé à Montréal, les Habitations Jeanne-Mance, mais petit à petit un quartier, la Petite Bourgogne est devenu un ghetto.Et nulle part, cependant, on ne ressent une véritable inspiration, comparable à celle qui se manifeste dans les Siedlun-gen Allemandes des années 20, La Vienne Rouge ou encore les ensembles contemporains du Greater London Council.Dix mille logements ont été construits et au moment où se tourne une dernière page de l\u2019intervention directe de l\u2019état dans le domaine de l\u2019habitation, on peut quand même regretter qu\u2019un tel effort n\u2019ait vraiment pu donner naissance à un véritable laboratoire de recherches théoriques ou appliquées dans le domaine de l\u2019Habitation.Peut-être a-t-on cru à Montréal et au Québec que l\u2019empirisme constituait une politique?Habitations Drolet.Architectes: Cayouette, Saïa, Leclerc Pierre Beaupré est architecte et travaille à la rénova-tion du quartier Milton Parc.15 La ville de Québec: ses politiques en habitation Pierre-Paul Gingras Repeupler les quartiers: un objectif Comme la plupart des Villes centrales nord-américaines, la Ville de Québec a subi et continue de subir des pertes de population.Ces pertes, à la fois cause et effet importants de la détérioration des quartiers, sont estimées approximativement à 12,000 habitants pour la seule période de 1976 à 1981.Des secteurs résidentiels considérables sont ainsi régulièrement appauvris et subissent une détérioration constante.Pourtant des investissements considérables, aussi bien publics que privés, ont dû déjà être consentis pour urbaniser ces territoires qui conservent malgré tout un potentiel résidentiel élevé dans la conjoncture socioéconomique actuelle et face à l\u2019émergence de styles de vie plus urbains.Ajoutons à cela que, dans la plupart des cas, ces territoires ne sont pas réclamés pour satisfaire d\u2019autres fonctions urbaines et que leur vocation résidentielle semble donc toujours confirmée.Cependant, la communauté de ces secteurs, maintenant privée de ses forces les plus vives, n\u2019a souvent plus les moyens de générer à elle seule une vie économique et communautaire assez intense pour permettre de revitaliser les vieux tissus urbains disloqués qui la supportent.Cette communauté demeure vulnérable à un retour massif en ville, qui paraît de moins en moins hypothétique.Il faut donc repeupler les quartiers centraux.A Québec, comme ailleurs, cela signifie planifier et promouvoir le retour en ville.Le repeuplement des quartiers centraux* est un objectif audacieux en pleine récession économique alors que le taux de formation des ménages semble se stabiliser.Pourtant il s\u2019est construit, en 1981, près de 3,000 logements sur le territoire de la C.U.Q., dont environ 1,100 dans la Ville de \u2018Quartiers Montcalm, St-Jean Baptiste, Champlain, St-Roch, St-Sauveur et Limoilou Québec.Par ailleurs, près de 900 logements ont été mis en chantier sur le pourtour même de la C.U.Q., dont près de la moitié dans les municipalités champignons de la Rive-Sud, l\u2019autre moitié se retrouvant principalement sur la côte de Beaupré, l\u2019île d\u2019Orléans et dans les environs du Lac Beauport.De plus, une étude récente, faite pour le compte de la C.U.Q., estime effectivement à environ 4,000 l\u2019augmentation annuelle minimale des nouveaux ménages sur Je territoire de la C.U.Q., pour les prochains dix ans.Ces chiffres démontrent, sans l\u2019ombre d\u2019un doute, que le potentiel de nouveaux ménages est suffisamment élevé pour repeupler sur une période relativement courte nos quartiers centraux.Par ailleurs, le succès remporté par les programmes de restauration domiciliaire, et la forte demande en logement dans le quartier Montcalm, sont autant d\u2019indicateurs qui confirment d\u2019une part, l\u2019attachement de la population à son quartier, et d\u2019autre part, l\u2019existence d\u2019une forte demande pour du logement en Ville, mais du logement de bonne qualité situé dans un environnement décent.C\u2019est pourquoi, compte tenu des espaces disponibles et du degré élevé de qualité de vie que Québec peut offrir, l\u2019objectif du repeuplement des quartiers centraux paraît tout à fait réaliste.La poursuite d\u2019un tel objectif requiert une approche multidimensionnelle.Les analyses et les interventions qui en découlent portent principalement sur les champs d\u2019actions suivants: l\u2019amélioration de l\u2019environnement, la stimulation de l\u2019économie interne des quartiers, la restauration et la création de nouveaux logements.Amélioration de l\u2019environnement Comme plusieurs municipalités, Québec a tôt fait de prendre avantage des divers programmes conjoints des gouvernements fédéral, provincial et municipal.Dans le domaine de l\u2019environnement, les programmes d\u2019a- mélioration de quartier sont les plus importants.Ainsi, en décembre 1983, la Ville aura mis en oeuvre huit programmes d\u2019amélioration de quartier (PA.Q.), pour des investissements totaux d\u2019environ 11.4 millions de dollars, dont plus de 8.5 millions réalisés dans le quartier St-Sauveur.Deux autres millions de dollars auront été investis dans le cadre des programmes de dégagement de terrains (P.D.T.) et du programme d\u2019assistance aux équipements communautaires (PA.E.C.).Par ailleurs, la Ville a mis sur pied son propre programme d\u2019assainissement et de nettoyage des arrière-cours (PA.ETA.C.) grâce auquel plus de 236 sites, en 1981, ont pu faire l\u2019objet d\u2019interventions.Ce programme de subventions vise à favoriser la démolition des hangars et autres bâtiments accessoires vétustes qui présentent des dangers d\u2019incendie ou qui sont une nuisance pour l\u2019environnement, et à réaménager les terrains ainsi devenus vacants.Ce programme d\u2019un million de dollars, mis sur pied au début de 1980, était jusqu\u2019ici financé à parts égales par la municipalité et le gouvernement du Québec.Malgré le retrait de ce dernier, en 1982, en raison de ses contraintes budgétaires, la Ville de Québec a décidé de poursuivre l\u2019application du programme en le finançant entièrement.Un programme d\u2019assainissement des bâtiments incendiés et abandonnés (PARIA.) a également été mis sur pied par la Ville, à l\u2019automne 1979, avec l\u2019objectif précis d\u2019éliminer les bâtiments incendiés irrécupérables, ou d\u2019apporter les correctifs qui s\u2019imposent aux bâtiments délabrés.Dans le cadre des restrictions budgétaires que nous connaissons à tous les paliers de gouvernement, les efforts d\u2019amélioration de l\u2019environnement devront consister de plus en plus en des mesures efficaces de contrôle des nuisances et de coordination des interventions municipales courantes ayant un impact sur la qualité de la vie.Ils devront, notamment, avec les autres r.J U- \u2022 ixæ - \u2022 SPlCIAllft POISSON -rOTcacLi moisaN c i e r EPI< Commerce J A.Moisan, programmes d\u2019habitation viser des ensembles résidentiels bien circonscrits afin de maximiser leur effet d\u2019entraînement.Ainsi, la fin des programmes PA.Q.rend encore plus pertinente la mise au point d\u2019une méthodologie permettant d\u2019intégrer des critères d\u2019aménagement dans l\u2019établissement de la programmation municipale des travaux d\u2019équipements et d\u2019infrastructures, de manière à en maximiser les retombées positives sur les quartiers à repeupler.Dans la même perspective, il faudra poursuivre l\u2019élaboration de plans de circulation de quartier de manière à éliminer la circulation de transit sur les rues locales.Des mesures originales devront être élaborées puis appliquées avec rigueur pour faciliter le stationnement des résidants.Enfin, une lutte importante devra être entreprise pour diminuer de manière significative le niveau de bruit à l\u2019intérieur des zones résidentielles.La stimulation de l\u2019économie de quartier L\u2019expérience des programmes PA.Q.a permis à tous ceux qui ont été impliqués dans sa mise en oeuvre de prendre conscience que l'amélioration de l\u2019environnement physique des quartiers est étroitement liée, à la fois comme cause et effet, à la revitalisation de l\u2019économie de ces quartiers.À Québec, cette prise de conscience a donné lieu à la constitution, au sein de la Division de l\u2019Habitation, d\u2019un groupe chargé d\u2019élaborer et de mettre en oeuvre une stratégie d\u2019intervention socio-économique de quartern (I.S.E.Q.).Sa mission consiste essentiellement à susciter et soutenir les initiatives locales de création d\u2019emplois.Trois types de services sont notamment offerts par ce groupe: \u2022\tla création d\u2019entreprise à emploi communautaire; \u2022\tles services aux petites entreprises; \u2022\tles services aux associations d\u2019hommes d\u2019affaires.Par le premier service, on prévoit assister des groupes solidement enracinés dans leur milieu, à mettre sur pied des projets communautaires suscitant la création d\u2019emplois permanents destinés en priorité aux chômeurs du quartier et démontrant une probabilité d\u2019autofinancement à court ou moyen termes.Les services aux petites entreprises (moins de 50 employés) sont de nature de gestion-conseil et son évidemment à la mesure des entreprises visées.Néanmoins, ils couvrent les principaux problèmes que peut confronter la petite entreprise, à savoir, les finances, le management, le marketing et la gestion des installations.Ce dernier aspect est relativement privilégié, étant donné qu\u2019il couvre la question de relocalisation des entreprises, phénomène qui peut avoir des conséquences énormes sur les chances de revitalisation des quartiers centraux.Quant aux services destinés aux associations de gens d\u2019affaires, ils sont de nature à favoriser l\u2019élaboration d\u2019une meilleure structure organisationnelle et administrative des organismes en question, de manière à ce qu\u2019ils puissent assurer une bonne promotion des acti- vités économiques des quartiers.Le groupe I.S.E.Q.peut également fournir une aide technique dans le cadre d\u2019études de marché initiées par le même groupe et financées par l\u2019entremise de programmes provinciaux.Tous ces services, rappe-lons-le, ont un but commun: maintenir ou créer des emplois dans les quartiers.Ne serait-il pas d\u2019ailleurs contradictoire de convaincre les résidants en place de rester, et d\u2019autres dÿ venir, si on laissait l\u2019activité économique se déplacer vers la périphérie?L\u2019intérêt des quartiers centraux d\u2019une ville réside dans leur diversité et leur autonomie.À l\u2019exemple des villages, leur qualité physique sera toujours liée à leur santé économique.La restauration domiciliaire Dans une Ville comme Québec, berceau de la culture française en Amérique, la conservation et la restauration domiciliaire font face à des contraintes qui n\u2019existent pas dans d\u2019autres villes et qui se reflètent aussi bien au niveau de l\u2019intérêt pour restaurer qu\u2019à celui des coûts.À n\u2019en pas douter, cependant, ce caractère historique et patrimonial de la Ville est un élément important de promotion du retour en ville.Cependant, les programmes de restauration n\u2019ont pas été conçus spécifiquement pour encourager le retour en ville, ce qui ne signifie pas pour autant que ces programmes aient été faiblement utilisés depuis leurs créations.Au contraire, plus de 12.5 millions de dollars ont été accordés en aide à la restauration par les trois paliers de gouvernement, depuis juin 1974, pour des coûts totaux de travaux évalués à 22 millions de dollars.Approximativement, 4,400 logements ont été restaurés depuis l\u2019entrée en vigueur des programmes, soit 40.0% de l\u2019objectif fixé, lequel, cependant, est en deçà des besoins réels.Il est certain que ces programmes ont permis de minimiser les incidences de la restauration sur la hausse des loyers pour nombre de résidants en place.L\u2019augmentation des coûts de restauration, ces dernières années, toutefois a largement diminué leur efficacité 17 à cet égard.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison que la Ville a décidé d\u2019accroître sa contribution à la restauration domiciliaire en mettant sur pied, cette année, son programme de bonification qui permet de subventionner des coûts supérieurs au maximum admissible de 10 000$ jusqu\u2019à concurrence de 15 000$ (25% pour un propriétaire occupant et 50% pour un propriétaire bailleur).Ce programme de bonification reflète bien la volonté de la Ville jusqu\u2019ici, qui a été de minimiser les incidences négatives de la restauration sur la population en place, à défaut d'une politique provinciale de supplément au loyer qu\u2019elle réclame depuis plusieurs années.Il faut être conscient que le repeuplement des quartiers centraux, dont on fait la promotion, pourrait éventuellement engendrer une demande accrue pour des logements restaurés, et ainsi créer une pression à la hausse sur les loyers, plus forte encore que celle d\u2019aujourd\u2019hui.Le programme provincial sera-t-il suffisamment généreux pour minimiser cet impact du repeu- plement sur la population en place ou est-ce que la Ville devra continuer à bonifier les programmes provinciaux?Un fait demeure, pourtant, assez évident: la bonification des programmes existants ne semble pas être un attrait déterminant pour ramener des ménages familiaux dans les quartiers centraux.Il est d\u2019ailleurs révélateur de constater la forte demande en logement et l\u2019importance de la restauration dans les quartiers Montcalm et Champlain,, où il n\u2019existe pas encore de programme de subvention.C\u2019est pourquoi, les programmes actuels de restauration s\u2019apparentent plus à des mesures d\u2019aide sociale, qu\u2019à des véritables programmes de repeuplement des quartiers bien qu\u2019ils y contribuent.Face à l\u2019entrée en vigueur imminente du programme provincial Loginove, promis d\u2019ailleurs plusieurs fois, il y a donc lieu d\u2019évaluer les alternatives de la Ville quant à l\u2019utilisation, dans le domaine de l\u2019habitation, des fonds municipaux rendus ainsi disponibles pour d\u2019autres fins.Aussi, on pourrait bonifier davantage le programme provincial dans certains secteurs prioritaires, dans l\u2019espoir d\u2019en accélérer le rythme et d\u2019avoir un effet plus marqué sur l\u2019environnement.Mais, il serait peut-être plus efficace pour augmenter la confiance dans l\u2019avenir du quartier, d\u2019investir ces sommes dans le recyclage, dans les cas de restauration lourde, ou encore, d\u2019apporter une subvention aux opérations démolition-restauration, ou encore, d\u2019allouer ces argents à des mesures d\u2019amélioration de l\u2019environnement.Dans ce même contexte, on devra réévaluer l\u2019opportunité d\u2019appliquer des mesures coercitives d\u2019entretien des logements ou encore, de prévoir des allègements fiscaux suite à une restauration.En fait, il s\u2019agira de décider si l\u2019on privilégie à court terme les mesures qui ont le plus de chance de rétablir la confiance dans la fonction résidentielle des quartiers centraux, quitte à prévoir des mesures de bonification du programme provincial, si nécessaire, ou si l\u2019on poursuit en considérant les programmes de restauration d\u2019abord comme des mesures sociales plutôt que des me- sures de véritable conservation du stock de logements.La construction domiciliaire Dans la haute-ville,** c\u2019est environ 5,000 logements qu\u2019il est possible de construire à une densité moyenne de 100 log/ha, en occupant principalement de vastes espaces, situés autour de diverses institutions.Ici, on doit particulièrement veiller à insérer ces logements sans diminuer la qualité de l\u2019environnement.Étant donné, d\u2019ailleurs, la qualité élevée de l\u2019environnement dans ces secteurs, l\u2019entreprise privée oeuvrant dans l\u2019habitation à haute densité y voit une bonne occasion d\u2019investir et n\u2019a pas besoin d\u2019encouragement financier de la part des pouvoirs publics.Cependant, certains besoins ne sont pas satisfaits, notamment ceux des personnes âgées, à revenus faibles ou moyens.C\u2019est pourquoi la Ville, via son responsable de la promotion résidentielle, y encourage la ** Champlain, St-Jean Baptiste et Montcalm.«w?.» Maison \u2014 rue d\u2019Auteuil; 18 formation d\u2019organismes sans but lucratif (QSBI) et leur apporte un support technique de manière à leur faciliter la mise sur pied de logements bénéficiant de l\u2019aide financière accordée par la SCHL en vertu de l\u2019article 56.1 de la Loi Nationale de l\u2019Habitation (LNH).De plus, grâce à son OSBL municipal, la Ville s\u2019impliquera directement dans la construction d\u2019un certain nombre de logements destinés aux personnes âgées.De la même façon, elle procédera à des opérations de recyclage à des fins résidentielles d\u2019un ancien monastère qu\u2019elle projette d\u2019acquérir ainsi que de neuf écoles que s\u2019apprête à lui céder la Commission scolaire dont deux sont situées en haute-ville.Dans la basse-ville, plus de 4,000 logements seront construits sur les berges de la rivière St-Charles, selon le concept d'aménagement connu sous le nom de Kabri-Kouba***.Ces logements, no- ***Kabir-Kouba: nom indien de la rivière qui signifie la rivière aux mille méandres.tamment dans St-Roch, occuperont des espaces rendus disponibles par l\u2019enlèvement de voies ferrées ou le déménagement de certaines entreprises polluantes et récemment mis en valeur par les murs et promenades aménagés sur les deux rives de la rivière sur une distance d\u2019environ 4,20 kms.Un des objectifs majeurs poursuivi par la Ville dans ce projet est l\u2019établissement sur ces rives d\u2019une population représentative de la région qui viendra, avec les résidants actuels, recréer en plein coeur de la ville, un milieu de vie équilibré et capable de soutenir une activité économique prospère et d\u2019engendrer une vie communautaire intense.Il est à noter que le troisième secteur qui comprend les coopératives et autres organismes sans but lucratif, à manifesté, une grande confiance dans la revitalisation des quartiers centraux et a décidé de participer directement à leur repeuplement.C\u2019est ainsi qu\u2019il s\u2019est impliqué, non seulement dans la restauration, mais également dans le recyclage et, de plus en plus, dans la construction domiciliaire.C\u2019est d\u2019ailleurs, en partie du moins, leur enthousiasme qui a encouragé la Ville à offrir un nouveau service de promotion résidentielle intégré à sa Division de l\u2019Habitation.Quant au secteur public, il est prévu qu\u2019environ 180 unités de logements à loyers modiques viendront s\u2019ajouter aux quelques 2,500 unités en place, ce qui complétera la programmation en cours.Tout en reconnaissant qu\u2019il y aura toujours un certain nombre de ménages pour qui l\u2019État devra assumer totalement les coûts du logement, la Ville de Québec réclame, depuis un certain temps déjà, une alternative à la formule de H.L.M., surtout pour les familles.Une des alternatives valables est certainement le supplément au loyer qui permet d\u2019atteindre les objectifs du logement public à moindre coût et sans stigmatiser pour autant ceux qui en bénéficient.À cet égard, on salue avec joie l\u2019application d\u2019une formule apparentée qui permet l\u2019intégration de ménages à faibles revenus dans les coopératives subventionnées par la S.C.H.L.qui doivent réserver 15% de leurs unités à cette clientèle.Pour encourager aussi bien les constructeurs que les coopératives à construire dans les quartiers centraux, la Ville a récemment lancé deux programmes: Place de la Rivière et Bâtir en Ville.De plus, décidée à s\u2019impliquer elle-même dans la production de logements, la Ville a créé son propre organisme sans but lucratif, la Société Municipale d\u2019Habita-tion Champlain (SOMHAC).Place de la rivière \thi'-*\u2019- \u2014 \t \t ce projet d\u2019environ 220\t unités de logement est situé dans St-Roch, sur le bord de la St-Charles.Après avoir procédé à un appel d\u2019offres, la Ville de Québec a cédé à une coopérative, Immeuble Jefïray Haie; \t\t\\m ! ra||\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t Populaire, par bail emphytéotique et pour une rente annuelle de 1,00 $, le terrain requis pour une première phase de 56 unités de logements qui seront prêts pour occupation le premier juillet 1982.Elle acquittera pour l\u2019ensemble du projet tous les frais d\u2019infrastructures, y compris l\u2019enfouissement des fils électriques ainsi que les coûts d\u2019aménagement paysager, à la condition qu\u2019on y construise un projet domiciliaire conforme au concept d\u2019aménagement et d\u2019architecture qu\u2019elle a retenu suite à un concours tenu à cette fin en octobre 79 auquel tous les architectes oeuvrant dans les limites de la Ville ont été invités à participer.Le concept retenu s\u2019intégre parfaitement à la trame des vieux quartiers limitrophes.Il recrée le caractère des quartiers anciens sans en retenir les inconvénients.Les bâtiments sont disposés le long des rues étroites et autour de petites places publiques.Les câbles téléphoniques et électriques sont enfouis.La circulation de transit est éliminée du projet et, partout, le piéton a préséance sur l\u2019automobile.Des jardins privés et des espaces de jeux sont prévus pour les enfants et des espaces de stationnement couverts sont disponibles à l\u2019intérieur du projet pour les résidants.En tout quinze terrains sont offerts pour un potentiel de 715 logements.Onze d\u2019entre eux sont de faibles superficies et répartis à travers la trame urbaine.Ils peuvent accueillir des duplex, des triplex ou de petits collectifs.Quatre autres terrains, pouvant accueillir environ 640 logements, sont situés en bordure de la St-Charles et font partie du territoire Kabir-Kouba.Leur aménagement, ajouté à celui de Place de la Rivière, permettra de réaliser un ensemble résidentiel d\u2019environ 1,400 logements, s\u2019étendant sur la rive sud de la Rivière entre l\u2019autoroute Dufferin à l\u2019est et la Pointe-aux-Lièvres à l\u2019ouest.Les petits terrains seront cédés par vente, tandis que les plus grands, situés en bordure de la rivière, seront cédés par bail emphytéotique.Les propositions seront évaluées par un jury composé à la fois de représentants de l\u2019administration municipale et de différents milieux reliés à l\u2019habitation.Ce jury devra étudier les propositions en fonction de trois critères.Ainsi, pour un site donné, le maximum de points, pour chacun des critères, sera accordé à la proposition ayant la plus forte proportion de logements, 4e tenures privilégiées (propriété individuelle, copropriété, logement de coopérative ou d\u2019organisme sans but lucratif), dont le prix ou le loyer moyen par unité est le plus bas et qui offre le prix le plus élevé pour le terrain.À cause de son caractère de centre-ville, le site de « Place de la Rivière » accueillera de la densité moyenne.Des maisons bi-familiales et tri-familiales, en rangées, de trois étages y sont prévues, ainsi que des habitations multi-familiales de trois étages.Ces dernières peuvent, à certains endroits, abriter des locaux commerciaux et communautaires ou des bureaux au rez-de-chaussée.Des abris d\u2019autos couverts et des bâtiments communautaires ou commerciaux sont prévus sur le site.Bâtir en ville « Bâtir en Ville » est un programme de mise en disponibilité de terrains municipaux à des fins résidentielles et possède à cet égard beaucoup de similitudes avec l\u2019opération 10,000 logements de la Ville de Montréal.Mais, il s\u2019en distingue aussi à certains points de vue.Outre son ampleur, qui est beaucoup plus modeste (les terrains représentent un potentiel de 715 logements), ce programme se caractérise aussi par sa très grande souplesse, requise notamment pour faciliter la participation des coopératives.C\u2019est ainsi que les délais de construction ont été allongés jusqu\u2019à deux ans et que les garanties de soumission ont été éliminées, ce qui évidemment, favorise aussi les petits entrepreneurs.Les politiques et programmes présentement en vigueur à la Ville de Québec, s\u2019inspirent principalement d\u2019un rapport d\u2019orientation produit en 1979, par un groupe de travail constitué par le Conseil et formé d\u2019é-lus et de fonctionnaires municipaux.Sur la recommandation du groupe, le Conseil décidait alors de constituer le Comité permanent de l\u2019Habitation.Le Comité per- Conclusion Le repeuplement des quartiers centraux est un projet collectif.Il faut non seulement le promouvoir, mais aussi le planifier.Pour rétablir la confiance de la population en général et de ceux qui décident en particulier, il faut miser sur le consensus qui existe présentement aux trois paliers de gouvernement pour enrayer l\u2019étalement urbain, consolider le tissus existant et revitaliser manent de l\u2019Habitation comprend trois Conseillers, un gérant adjoint, le directeur du Service de l\u2019Urbanisme ainsi que le chef de la Division de l\u2019Habitation.Son mandat est d\u2019assumer le suivi de toutes les actions reliées à l\u2019habitation, à Québec, d\u2019assurer la poursuite des objectifs municipaux dans ce domaine et d\u2019en stimuler la mise en oeuvre.les quartiers anciens.Il faut surtout continuer de sensibiliser les gouvernements et leurs agences aux besoins particuliers des grandes villes centrales.Il faut enfin mobiliser les forces vives de la communauté, des associations de locataires, des membres du mouvement coopératif, ou des gens d\u2019affaires, pour ensemble préparer véritablement le repeuplement de nos quartiers.Pierre-Paul Gingras est urbaniste et chef de la division de l\u2019habitation du Service de l\u2019Urbanisme de la ville de Québec.
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