ARQ, 1 juin 1985, Juin
[" ARCHITECTURE/QUÉBEC ' ; L'EDUCA ION EN ARCHITECTURE ET EN DEUXIEME PARTIE DESIGN JUIN 1985 . mmm ¦v SSSSB «fM BB lii ! 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!>>_riy.J '¦1 Depuis toujours LE TERRA COTTA lait sur mesure pour répondre ^ÏL\tà vos besoins Wb^SMï Pour répondre aux exigences de l\u2019architecte Gilles S.Bonetto, dans la realisation de la station DU COLLÈGE du Métro de Montréal, nous avons fabriqué sur mesure plus de 16 modèles de blocs différents.Nos conseillers se feront un plaisir de voir avec vous comment le Terra-Cotta peut répondre à vos besoins architecturaux.MONTREAL TERRA COTTA (1966) LTEE 3300 Côte Vertu, suite 306 St-Laurent, Québec H4R 2B7 (514) 332-3792 É1H1 Coussin insonorisant/ L\u2019isolation qui protège les vies et ménage les oreilles (SIC jusqu\u2019à 62 au maximum) Ce coussin ignifuge sans égal pour la protection des vies donne aussi une insonorisation supérieure.Les essais au feu comparatifs prouvent que cet isolant en fibres minérales à point de fusion élevé protège l\u2019ossature des cloisons bien plus longtemps que l'isolant en fibres de verre.Et maintenant, ce coussin insonorisant/ignifuge offre également une excellente isolation phonique, grâce aux millions de bulles d\u2019air qu\u2019il renferme.Quand on l\u2019installe dans les cavités, entre les montants des cloisons CGC, il permet d\u2019avoir une STC de 45 à 62.Droits réservés 1985, La Compagnie du Gypse du Canada Limitée.C\u2019est pourquoi la responsabilité globale des systèmes CGC compte beaucoup, car, en plus du coussin insonorisant/ignifuge RED TOP, nous fabriquons, essayons et vendons tout ce qu\u2019il vous faut: montants d\u2019acier, planches de gypse, traitements des joints, calfeutrage acoustique, vis, etc., pour mettre en place des systèmes d\u2019excellent rendement.Communiquez avec le représentant C.G.C., ou alors écrivez au Dépt 248, P.O.Box 4034, A Terminal, Toronto, Ontario M5W 1 K8.I LA COMPAGNIE DU GYPSE ?U CANADA LIMITÉE ¦ Lbrdinateur professionnel TI recule les frontières de la CAO à leur dernière limite.L\u2019ordinateur professionnel TT et le logiciel AutoCADMC2 font maintenant équipe pour vous offrir la puissante CAO (Conception Assistée par Ordinateur) à un prix raisonnable, en plus d\u2019être un système complet d\u2019ordinateur personnel avec un service et un support/usager qu\u2019aucun autre PC n\u2019offre.Capacités comparables aux grands ordinateurs.Tl présente toutes les caractéristiques souhaitables: images multiplanaires; 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l'Université de Montréal de nous faire parvenir leur présentation dans les délais nécessaires).Nous avons aussi réuni un groupe d'architectes de pratiques variées, pour nous donner leur point de vue sur ce qu'ils considèrent être la formation souhaitable au Québec.Les étudiants des principales universités se sont aussi exprimés.Nous avons cru bon de publier leurs opinions dans la prochaine parution qui sera publiéejuste avant la rentrée universitaire d'automne.Nous souhaitons qu'elles incitent tous les étudiants et étudiantes à s'exprimer sur le sujet.Enfin, nous reproduisons un article (en français cependant) de Robert Fox, paru l'an dernier dans Architectural Record, et qui situe assez bien les attentes des étudianttels en architecture en Amérique du Nord.Vous pourrez aussi lire une lettre ouverte que Robert Bianchi a fait parvenir au journal Le Devoir, mais sans succès de parution, et qui se veut une réponse à l'article de Jean-Claude Marsan, lequel a été reproduit dans ARQ #24.Tous les milieux ou presque, ont pu se faire entendre sur le sujet ou du moins, comme nous le souhaitions, ont affiché leur position.Il reste l'Ordre des architectes, dont les travaux de son Comité conjoint sur la formation, constituent la matière d'un rapport publié lors des ÉTATS GÉNÉRAUX SUR LA FORMATION du 12 avril dernier.Ce document est disponible à l'O.A.Q.Nous aurions souhaité que ces ÉTATS GÉNÉRAUX deviennent, en fait, la vraie raison de se réunir à Granby, le 31 mai et le 1er juin 1985.Quand on lit les recommandations de ce rapport, on peut se rendre compte à quel point, malgré les souhaits de concertation, le fossé s'est creusé entre les éducateurs et les professionnels, entre l'O.A.Q.et les universités, entre nous tous.Non seulement cette lecture nous apprend celà (on s'en doutait.), mais aussi les échanges verbaux qu'onttenus la quarantaine d'architectes et étudianttels présents aux ÉTATS GÉNÉRAUX: L'O.A.Q.prévoit une restructuration des programmes d'études «en relation avec la responsabilisation de l'architecte », et ses mots pour le dire ne sont pas mâchés: «La refonte de la loi sur les architectes amènera des modifications susceptibles, non pas de modifier les structures des institutions impliquées, mais bien l'organisation de leur programme en fonction de la responsabilisation de l'architecte.Le rapport recommande que les intervenants, au niveau de la formation et de l'O.A.Q., forment un comité conjoint dans le but d\u2019en arriver à une entente relative à la structuration du programme de formation et d'éducation du futur architecte, définissant les profils, les orientations et les examens pertinents.En cas d'impossibilité d'en arriver à une entente, l'O.A.Q.se réserve le droit de décider de la structure de ce programme de formation et d'éducation de l'architecte.» Les praticiens continuent d'insister sur le fait que les nouveaux stagiaires ne connaissent pas assez leur «cuisine», et qu'ils rendent peu rentable leur présence dans une agence.Les étudiants ont défendu le besoin d'apprendre à l'université un savoir, une réflexion, une culture, que les bureaux ne peuvent leur procurer.Et dans tout ce désarroi ou ce dialogue de sourds, les éducateurs font valoir, et àjuste titre, qu'il y a plusieurs métiers d'architecture, et que la formation ne doit pas seulement viser la pratique privée.On se retranche sur ces positions.Il ne reste qu' ANIMOSITÉ ET MÉFIANCE, comme le mentionne le rapport de l'O.A.Q.Le dossier de l'éducation en architecture et en design ne peut progresser que si on y accole une «vision», un «projet», qui puisse correspondre aux espoirs que les jeunes entretiennent, et aux inquiétudes qui sont devenues le lot du professionnel.Les statistiques citées par le professeur Verges de l'Université de Montréal sont probantes: «Nous avons assez d'architectes pour suffire aux besoins de notre société.Il faudrait fermer les écoles pour une bonne dizaine d'années».Je ne suis pas le seul à vouloir répliquer aux statistiques par l'assurance qu'il n'y a pas que du «bâtir» pour les architectes au Québec.Mais je crois qu'on a quand même entrevu une lueur d'espérance dans les propos de Colin Davidson, ex-doyen de la Faculté d'Aménage-ment de l'Université de Montréal.Je partage d'ailleurs totalement sa vision sur le sujet: Presque tous considèrent que l'on devient architecte après quatre ans d'études et deux ans de stage.On peut ensuite pratiquer et se parfaire en pratiquant.Nous croyons plutôt que la période de formation doit être continue, et que, pour qu'elle le soit vraiment, les jeunes aux études devraient voir celles-ci alterner constamment avec des expériences réelles de production.Et celà, modifiant réellement la notion de «diplôme» et, par conséquent, de «tampon».Je continue de croire qu'une attestation d'un certain niveau de compétence doit être requise pour répondre aux responsabilités légales qui incombent aux architectes bâtisseurs.Mais les autres?Et en ce moment, l'Ordre ne regroupe que ceux et celles qui se sont soumis à cette notion et à ce régime.Où sont les deux mille autres personnes qui ont un diplôme universitaire en architecture et qui ne font pas partie de l\u2019ordre professionnel?L'éducation doit devenir un mot plus important que la formation.Plus ouvert, du moins.Et c'est ainsi que ce débat doit s'amorcer.Une ouverture de vues qui puisse faire éclater les chasse-gardées; un projet pédagogique qui n'a pas besoin de revenir à Mai '68, mais plutôt d\u2019éclairer la voie devant.La première phrase de l'éditorial du numéro précédent avait omis le mot depuis.Elle aurait du se lire: «Le débat sur la qualité et la pertinence de la formation en architecture et en design existe depuis que la transmission du savoir a été institutionnalisée dans les écoles.».En réalité, c'est ici que nous devons aussi trouver réponse à notre questionnement.C'est ici aussi que le projet pourrait investiguer les moyens qui permettraient de percer l'enveloppe par trop contraignante de l'institutionnalisation et peut-être réussir à se débarrasser de ce qui semble actuellement être une quadrature du cercle.Jean-Louis Robillard Architecte 9 Les Anciens des Beaux-Arts de Montréal, Premier Grand Salon, 1935 François Giraldeau Une tradition de l\u2019enseignement de l\u2019architecture au Québec: l' Ecole des Beaux-Arts e S il existe une tradition architecturale au Québec qui remonte au début de la colonie, il n'en va pas de même de la présence d'institutions architecturales spécifiques.L'Association des Architectes de la Province de Québec n'est fondée qu'à la fin du XIXe siècle et l'Institut Royal d'Architecture du Canada, quelques années plus tard, en 1908.C'est à la même période, plus précisément en 1896, à l'Université McGill, que le premier cours d'architecture, basé sur une formation longue est offert.Une petite section architecturale est aussi ouverte à l'École Polytechnique de Montréal en 1908.Avant cette période, au cours des XVIle et XVlIle siècles et pendant la première moitié du XIXe siècle, seules des institutions telles les écoles des Arts et Métiers et le séminaire de Québec permettent un apprentissage se rapportant à l'architecture; on y forme des artisans aptes à travailler à la réalisation des édifices et à leur décoration1.La première institution francophone à prodiguer un enseignement complet de l'Architecture est l'École des Beaux-Arts, créée en 1923; à l'École des Beaux-Arts de Québec, la section d\u2019Architecture sera cependant abolie en 1935.C'est sous l'impulsion du Gouvernement du Québec qu'elles voient le jour, de même que plusieurs écoles à vocation commerciale, technique et scientifique mises en place dans les premières décennies du XXe siècle.Ces initiatives visent à «combler les carences manifestes du système d'enseignement québécois et à l\u2019ajuster aux nouveaux besoins de l'économie2».Notre étude sur l'École des Beaux-Arts de Montréal a permis de dégager deux périodes dans la vie de l'institution.La période 1923-1945 où la grande stabilité marque le règne du «système Beaux-Arts» et la période 1945-1959, où la relative désorganisation favorise l'émergence de nouveaux courants dans l'attente de l'inscription au sein du contexte universitaire.Le présent texte présente ces deux périodes et questionne l'enseignement Beaux-Arts tel qu'il se met en place au Québec; Pourquoi un tel système?Et quelle en est la valeur pédagogique?L'ÉCOLE DES BEAUX-ARTS, 1923-1945: UNE GRANDE STABILITÉ Au moment de sa création, l'École des Beaux-Arts de Montréal est dirigée par M.Emmanuel Fougerat, peintre français.Fondateur de trois écoles des Beaux-Arts en France, M.Fougerat ne restera au Québec que durant deux années.Dès 1925, il est remplacé par M.Charles Maillard, peintre tout comme Fougerat.Diplômé de l'École des Arts Décoratifs d'Alger, Maillard assumera la direction de l'École jusqu\u2019en 1944.Fort de l'appui d'Athanase David, secrétaire de la Province il occupera de plus la fonction de directeur général des Beaux-Arts de la Province.L'École des Beaux-Arts de Montréal offrit dès le départ plusieurs axes d'enseignement: dessin et peinture d'art, arts décoratifs, modelage ornemental et architecture.Des cours dispensés le soir permettaient au grand public d'avoir accès à une partie de cet enseignement.La Section d'architecture occupait une place importante au sein des programmes offerts, bien que le nombre d'étudiants sollicitant une inscription ou effectivement Inscrits soit de beaucoup inférieur à celui des autres sections3.La Section d'architecture se met en place à partir d'un noyau issu de l'École Polytechnique de Montréal, MM.Jules Poivert, Aristide Beaugrand-Champagne et Albert Larue; ils assurent à trois l'essentiel de l'enseignement de l'architecture à l'E.B.A.M.Poivert, architecte diplômé de l'Etat français, assume la direction de la Section.Telles que rapportées dans le prospectus de l'École, les conditions d'admission sont à ce moment peu exigeantes.Les candidats doivent avoir 13 ans, produire un certificat de moralité ou une recommandation, et avoir subi avec succès un examen de mathématiques élémentaires; de plus, tout élève, pour être admis aux cours du jour ne doit pas être âgé de plus de 30 ans.Une rétribution de $150 est exigée des étudiants architectes.L'attribution de bourses aux «élèves nécessiteux et particulièrement doués» peut être envisagée.Le programme d'architecture est d'une durée de cinq ans en 1924, et de 6 ans, incluant une année préparatoire, à partir de 1928.Une semaine comprend quarante heures de cours réparties du lundi au samedi matin.La présence aux séances d\u2019enseignement figure parmi les exigences de l'École et les absences font l'objet de sanctions.Le cours principal au cours de ces six années d'études est l'atelier de Composition Architecturale où, sous la direction de Jules Poivert, les étudiants apprennent à travailler le projet architectural.Le second cours en importance est celui de Construction Générale d'Aristide Beaugrand- \u2022Mjjjï! t % s Champagne, où on apprend les principes et techniques constructives par l'étude et l'élaboration de divers projets.À ces deux cours principaux viennent se greffer les cours d'appoint: matières scientifiques résistance des matériaux, stéréotomie, théorie des ombres, dessin, lavis, aquarelle, modelage, croquis, rendu, perspective, et histoire de l'Art et de l'Architecture-.La part de chaque type d'enseignement varie selon la place occupée dans la progression académique.En classe préparatoire, 15 heures par semaine sont consacrées à la composition alors que les matières complémentaires occupent le reste du temps; l'emphase est mise sur l\u2019acquisition des outils d'expression par le modelage et le dessin.De la première à la cinquième année, la part des cours de composition et de construction croît constamment.Ainsi, en cinquième année, le cours de composition prend à lui seul les 2/2 du temps alloué aux séances de cours, tandis que le cours de construction accapare pour cette même année le double du temps qui lui était alloué en première année.Le cours se voyant reconnaître le plus de place, mis à part ceux de composition et de construction, est le cours de lavis qui figure au programme de la classe préparatoire à la quatrième année, à raison d'au plus 2 hres/sem.Quant aux exercices et travaux effectués en cours d'apprentissage, ils prennent deux formes particulières: les examens et les travaux pratiques.La formule de l'examen n'est réservée qu'à quelques cours à caractère scientifique et à celui d'histoire de l'Architecture.Dans ce dernier cas, on étudie les styles historiques de façon chronologique, de la première à la quatrième année.Pour le reste, il s'agit de travaux pratiques.g;-; 10 ei ¦e .T;- n;'tt T: t(ioes ®,; ryjWfcr v ISO# s François Giraideau nous fait revivre les origines de l\u2019École des Beaux-Arts de Montréal depuis 1923.Sa tradition d'enseignement a longtemps influencé la production architecturale du Québec.Il la compare à la tradition Arts and Crafts pratiquée à McGill et ailleurs en Amérique.Ce texte s'appuie sur un mémoire de Maîtrise réalisé à la Faculté d'Aména-gement de l\u2019université de Montréal.Les informations de base recueillies proviennent principalement du Fonds d'Ar-chives de l\u2019École des Beaux-Arts de Montréal et d'interviews réalisées avec d\u2019anciens étudiants de l\u2019École.Montreal, 1923-1959 |- Analytique de Gilles Duplessis, École des Beaux-Arts de Montréal, c.1930.Le Centre d'apprentissage, 4ième année, premier semestre, milieu des années cinquante.Le cours de Composition donne lieu à trois types principaux d'exercices.Les «analytiques» (15) constituent les premiers exercices proposés en classe préparatoire et en première année; il s'agit ici de réaliser une composition bidimensionnelle à partir d\u2019éléments architecturaux (colonnes, frontons, etc.) dans le respect des règles se rapportant aux Ordres classiques.« Dans l'analytique, les parties les plus visibles d'un bâtiment (.) sont arrangées (.) de cette sorte qu'une suggestion abstraite du toit soit créée.4.Les deux autres types de travaux se rapportent à des phases différentes de l'accomplissement du « projet architectural ».« L'esquisse-esquisse est un mini-projet réalisé en un temps inférieur à 12 heures; l'élève doit ébaucher une réponse architecturale et l'esquisser graphiquement5.Le «programme» se rapportant à ces esquisses reste peu développé et, dans plusieurs cas, ne concerne que la réalisation d'un détail de bâtiment, telle la facade d'un petit édifice.À l'opposé, le «projet-rendu» doit présenter une réponse développée en un dessin précis; le plan et l'élévation sont les moyens figuratifs en vigueur pour de tels projets, dont la durée excède souvent un mois.Le programme annuel du cours de composition comprend une série de «projets-rendus» et «d'esquisses-esquisses».Ces activités se déroulent sous le signe de l'émulation et le projet terminal de chaque année est un concours dont l'enjeu est le prix de composition; le concours de fin d'études est l'épreuve ultime nécessaire à l'obtention du diplôme d'architecte.Toute la période 1923-1945 est dominée par le «système Beaux-Arts».Déjà le ton avait été donné lors de la fondation de l'Ecole par Emmanuel Fougerat: «J'exprime le voeu de voir tous les architectes de votre province, soit de McGill, soit de l'École des Beaux-Arts de Montréal ou celle de Québec, continuer la belle tradition de l'architecture française classique dont la formule peut s'inscrire ainsi: «Plan logique et clair, belles proportions générales, lignes sobres éclairées par des motifs ornementaux bien placés6».» Athanase David, secrétaire de la province de Québec et parrain de l'E.B.A.M., tenait des propos semblables.«Il demande aux jeunes qui sortent de l'école, de faire suivre l'exemple de ces architectes désintéressés qui travaillaient du plus pur classicisme7».Les témoignages d'anciens étudiants corroborent cette orientation majeure de la Section d'Architecture, tels ceux-ci formulés par deux diplômés, l'un de la fin des années vingt et l'autre de la fin des années trente: «On nous donnait un programme précisant les surfaces pour la pièce principale, la pièce la plus noble, puis des indications sur d'autres pièces: salle de conférence, salle de réception.De là on devait composer un projet suivant deux axes principaux.de la symétrie partout.On avaittoujours l'impression que c\u2019était le Château de Versailles qui s'en venait».«On faisait des pavillons dans des parcs quand une ville voulait se doter d'une salle de réception tça c'était un projet typique de l'École des Beaux-Arts): de grands escaliers avec des balustres contournant les colonnes.il fallait toujours en mettre de ces choses».Pourtant, il semble que l'approche exclusivement Beaux-Arts ne ralliait pas tous les intervenants.Déjà, à la fin des années vingt, on conteste «gentiment» l'ordre imposé: «À ce moment-là, on nous enseignait à faire de l'architecture avec des colonnes et de la pierre.Mais nous, on se disait: en pratique, à l'avenir, cela ne se fera plus ainsi.On n'avait qu'une idée en tête: faire sauter les colonnes.Monsieur Poivert ne voulait ni entendre, ni écouter.Monsieur Beaugrand-Champagne, lui, étant un bâtisseur, était très intéressé et nous disait: faites-le en béton.Il avait de bonnes raisons de nous dire cela car il construisait lui-même en béton».Il faut cependant se rappeler combien le professeur de composition est important dans le système Beaux-Arts pour figurer la portée réelle de telles propositions à cette époque.Ce qui fait que, dix années plus tard, le système est toujours en force: «il se créait cet état de pensée chez les étudiants que toute l'architecture devait être une architecture classique; on n'en sortait pas, cela a duré pendant tout notre cours».Les thèmes des travaux proposés aux étudiants pour les concours de fins d'années, tels qu'ils apparaissent dans les prospectus de l'École de 1924 à 1946, se répartissent ainsi.Pour le cours de composition, les bâtiments se rapportant aux domaines culturels et de loisirs sont les plus souvent proposés: d\u2019abord les musées, puis les bibliothèques, théâtres, piscines et gymnases.Viennent ensuite les hôtels (auberges de montagne, rendez-vous de chasse) et les objets et lieux liés au culte religieux (baptistères, lieux de pèlerinage).Les projets de bâtiments administratifs s'intéressent à des fonctions de prestige: Hôtel de ville mémorial, Ministère des Affaires étrangères, Ambassade du Canada, Office colonial, consulat, Palais du Sénat.Il n'y a que très rarement un projet lié à l'habitation: dans ce cas, il s'agit d'une résidence pour un doyen universitaire ou d'un chalet au bord d'un lac.Les programmes utilisés proviennent directement de l'École des Beaux-Arts de Paris et sont déposés à la bibliothèque de l'École qui est pratiquement inaccessible aux étudiants; ces programmes sont formulés de telle sorte qu'ils garantissent une réponse de type «Beaux-Arts».Pour le cours de construction, les thèmes concernent la religion (églises, autel, chaire à prêcher, calvaire, etc.) et l'habitation (maisons bourgeoises, chalets, salle de toilette, etc.).L'échelle des projets est Ici en général plus modeste.À l'appui de la stabilité qui prévaut au cours de cette période, il faut mentionner que le programme d'étude ne se voit pas transformé.Un seul cours est ajouté en 1933: le cours de pratique professionnelle, sous la charge de Henri Labelle.Il en va de même pour le corps professoral, où le seul nouveau professeur permanent engagé est M'Émile Ven.ne en 1933.Venne est diplômé de l\u2019École Polytechnique de Montréal et de l'École des Beaux-Arts de Paris.D'abord assistant de Poivert pour les cours de composition architecturale, il se 11 m\t\t\t¦ \t1 \t\t\t;fy, lil* ffi'\tM\t1 verra progressivement confirmé comme le successeur éventuel de celui-ci à la direction, tant administrative que doctrinale, de la Section d'architecture.Il faut mentionner aussi que MM.Ernest Cormier et Orner Marchand sont des visiteurs réguliers des ateliers de l'École dans les années vingt et trente et y prodiguent conseil aux étudiants.1945-1959: VERS L'INTEGRATION A L'UNIVERSITE Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la situation à l'E.B.A.M.commence à montrer quelques signes de changements.Tout d'abord, les années qui suivent la fin de la guerre verront se concrétiser des modifications majeures au sein du corps professoral.Entre 1945 et 1950, on procédera à l'engagement de quelques professeurs à mi-temps, tous des diplômés de l'E.B.A.M.Mais l'arrivée la plus importante est celle de Pierre Morency, engagé en 1946 comme professeur adjoint de composition architecturale.Morency, diplômé de l'E.B.A.M.en 1933, entre en fonction fort d'un diplôme de maîtrise en architecture de l'Université Harvard aux États-Unis.C'est cependant entre 1950 et 1953 que surviennent les principales transformations.Quittent alors l'institution les trois professeurs qui avaient marqué l'enseignement depuis la fondation: MM.Jules Poivert, Aristide Beaugrand-Champagne et Émile Venne.Pour les remplacer, outre Pierre Morency, on fait appel à des architectes étrangers ou formés en France, dont MM.Joseph Pauer, André Blouin et Claude Beaulieu.C'est ce groupe de professeurs qui assurera les destinées de la section jusqu'à la fin des années cinquante; quelques «chargés de cours» et professeurs à demi-temps, engagés par la suite, les seconderont.Ce renouvellement n'est pas attribuable uniquement au vieillissement des professeurs en place.Il est lié aux diverses tensions qui prennent place à l'École dans la période de l'après-guerre.Les étudiants eurent ici une part importante dans l'affaire.L'École est toujours dominée par l'enseignement Beaux-Arts.Or, pour les étudiants, cette tendance était jugée comme rétrograde; on commençait à s'intéresser aux divers mouvements de l'architecture contemporaine, tels qu'ils étaient diffusés par les revues et les livres publiés en Europe et aux États-Unis.L'insatisfaction semble avoir été telle au début des années cinquante qu'elle éclata au grand jour.Les étudiants firent la grève et communiquèrent L E P A N T H E O N ¦ D \u2019 A GRIP PA ** KO M E Analytique romaine, Jacques DeBlois, École des Beaux-Arts de Montréal, 1956.h > ; i .«-L.* J'exprime le voeu de voir tous les architectes de la province continuer la belle tradition de l'architecture française classique.Emmanuel Fougerat, fondateur de l'E.B.A.directement avec le Secrétariat de la Province, se plaignant de la Direction de l'École et des conditions dans lesquelles l'Architecture était enseignée8.C'est à la suite de ces pressions et de l'étude gouvernementale qui en a résulté qu'on procéda à l'engagement de nouveaux professeurs et qu'on nomma un nouveau directeur de la section d'architecture, remplacé un an plus tard par Pierre Morency qui restera en poste pour le reste de la période.Ces changements apportèrent une certaine modernisation des préoccupations développées dans l'enseignement.Mais on ne peut en déduire que la situation se transforma radicalement.«Jusqu'en 1958, il n'y a que peu de changements au niveau des programmes.C'est une période de revendications où l'on fait pression pour avoir de nouveaux professeurs afin que l'enseignement s'améliore.Pendant ce temps, il existe une certaine désorganisation: les périodes de cours ne sont pas toujours bien délimitées».Ainsi s'exprime un diplômé du début des années cinquante.En fait, deux nouveaux programmes sont mis en application: l'un à partir de l'année 1948-49 et l'autre en 1957-58.Malgré des allures plus systématiques (regroupement des cours selon des catégories thématiques), les changements sont mineurs: l'enseignement technique tend à se spécialiser et un cours d'urbanisme est mis en place (en 1957).Il faut cependant souligner comme élément significatif le fait qu'en 1957, pour l'année préparatoire, le cours de composition n'occupe que 30% du temps alloué alors qu'en 1937, il comptait pour 70% de la grille-horaire.Une tendance à la diversification émerge alors, qui n'est pas étrangère au projet d'intégration à l'université.Ce projet s'élabore à partir du début des années cinquante et a comme principal défenseur le directeur Morency; il y travaillera durant tout son mandat.À propos de l'insertion au sein du milieu universitaire, Morency dira: «Ce milieu V, favorise la connaissance des exigences sociales, économiques et politiques diverses du monde d\u2019aujourd\u2019hui, 2°, facilite les contacts avec différentes activités devenues essentielles à la reconnaissance des fonctions que doit exercer l\u2019architecte, 3°, suscite une meilleure compréhension de la valeur des services à rendre, 4°, permet un recours immédiat aux diverses spécialités et à l\u2019équipement que requiert l\u2019enseignement dispensé sous une forme plus rationnelle et plus complète, 5°, fait rayonner aux moyens d\u2019expositions et de conférences dans le milieu idéal, la nature et la portée des études architecturales, 6°, élargit dans tous les milieux les horizons nécessaires aux progrès tant individuels que communs pour le plus grand bienfait de la société9.Cette vision d'une formation architecturale plus réflexive, plus moderne, plus ouverte, trouve partiellement écho à l'École entre 1945 et 1959.Un étudiant de l'après-guerre dresse le tableau suivant: «.en général, la formation est classique.Dans les premières années (à partir de 1946), il y a une dichotomie entre l\u2019approche des problèmes de composition (.) et ceux liés à la construction.Dans le cours de composition, on pense harmonie, proportions appliquées à des «programmes» anciens.Dans le cours de construction, on travaille sur de très petits édifices qui correspondent à des «programmes» nouveaux».Esquisse-esquisse de 12 heures, classe de 5ième, Ecole des Beaux-Arts de Montréal, 1938.& J Un centre de recherches neurologiques, Denis Lamarre, 5ième année, École des Beaux-Arts de Montréal, 1957.h _ - JHWHPWW.\t.a.\t___J BHrT~rTTT' PTMETTT '' ' ' ITTW l'rr-'i~lTHlfll\u2014L-'-v jffi r'.t i iter : 11 :.wtfHH'-' r ::c.~ .\tTTT \u2019 mm -:-t - t\tn~ ; rrr-jgpp^Tr:.T.¦\t^ yjprarrr- Essai sur l'habitation collective pour un secteur ouvrier de Montréal, Jean-Paul Pothier, 5ième année, École des Beaux-Arts de Montréal, 1957.œ®\"!, jftesiW iâîllC,,l, 0* persoff® W ; fonre®* Cette Parcof «U## fflWS nw» Aunr mentpar famiw' « ælitectui Etais1 mai S rte! proS.$|1 Mit tectes Ca te,et! ment to! SKll!; lïtdtiîii AM le tari ¦Isa®.montajs SK , Wjiïj- Jteclacor St® l'ardtfjj professai Joui; JUKesièce ¦ U\"*1 1 MUKUUHMI TOM J\u2019 * *\u2019'1 jpi;i|i|it|ii^|i IV\t] rrrnajgggg Un hôtel sur l'île des Soeurs, Henri Brillon, 4ième année, École d'architecture de Montréal, 1962.'tehtit ÿtlKlf; flfKià Ni*a ftforri Etats-.-':' Wnijg feA 12 JUttlF ïeK «te,! ifiiitn «IW 22986009 599991 Cependant très rapidement, la pénurie de ressources et le contexte de contestation ouvrirent la porte à des expériences nouvelles: tel cet architecte belge nommé Jacques Laperre qui put animer un atelier à la fin des années quarante: les étudiants purent travailler sur des projets d'habitation, en s'appuyant sur les points de vue du Mouvement Moderne.Or, pour plusieurs personnes de la section d'architecture, «faire de l'habitation c'était un problème social, économique, mais ce n'était pas un problème d'architecte ou d'architecture, parce que ca ne se prêtait pas à une certaine expression formelle».Cette dynamique qui sembla caractériser la démarche de nombreux étudiants, à l'affût de nouvelles idées et de nouveaux problèmes à résoudre, se nourrissant des idées de Gropius, de Le Corbusier et de Wright se manifeste dans certains projets d'atelier réalisés au cours des années cinquante, où l'exhubérance architectonique moderne côtoie l'intérêt pour les besoins sociaux.Par contre, les premiers exercices réalisés dans la progression académique \u2014 il s'agit d'analytiques \u2014 sont toujours ancrés dans le système traditionnel.L'analytique constituant la base pédagogique de l'approche Beaux-Arts, comme l'est le Basic Design dans la tradition de l'enseignement Bauhaus10, il apparaît donc que la période est marquée d'un affaiblissement du système Beaux-Arts plutôt que par le développement d'un système pédagogique nouveau.Au milieu des années cinquante, un laboratoire est ouvert au Centre d'apprentissage des métiers de la construction de Montréal.Géré conjointement par l'E.B.A.M.et l'Université McGill, ce laboratoire a pour objectif de familiariser les étudiants avec les divers matériaux et procédés constructifs.L'expérience proposée ne vise pas à reformuler le travail de conception architecturale, ni à exalter les vertus du travail manuel, mais bien à combler certaines «carences» dans la formation architecturale, alors sollicitée par les transformations dans le monde de la production.POURQUOI LE SYSTÈME BEAUX-ARTS Si entre 1923 et 1945, l'enseignement et l'architecture fait grand état des fastes du passé, la réalité de la pratique architecturale montre un tout autre profil.La première moitié du XXe siècle marque au Québec la consolidation des changements amorcés au XIXe siècle par le processus d'industrialisation.L'industrie constituera désormais le moteur de l'économie, accélérant ainsi le processus d'urbanisation.Cette tendance irréversible du système socio-économique s\u2019accompagnera d'une vive résistance au plan des mentalités.Malgré l'émergence d'une idéologie libérale, favorable à l'industrialisation,.le Québec reste pourtant largement ancré dans les valeurs de son passé.Au plan du pouvoir politique, c'est cependant l'idéologie libérale qui marquera le premier tiers du siècle; le parti libéral gouvernera de façon ininterrompue de 1897 à 1936.Comme il a été dit précédemment, la mise en place de plusieurs écoles au début du siècle se caractérise par une volonté de développer les compétences nécessaires au progrès économique de la société canadienne-française.Comment les Ecoles des Beaux-Arts de Québec et de Montréal servent-elles ces objectifs de création de compétences spécialisées en fonction de ces impératifs?Une étude réalisée par Francine Couture et Suzanne Lemerise, portant sur l'enseignement des Arts à l'E.B.A.M., montre que l'orientation qui y domine en est une «d'art utilitaire», conformément à une conception de l'école d'art en tant qu'école technique.«Jusqu'en 1946, elle n'a pas la fonction principale de former des artistes en vue d'une intégration de leurs oeuvres dans un marché déjà constitué, mais de former des artisans ou des «ouvriers d'art»13.On peut cependant questionner l'efficacité du «modèle Beaux-Arts», du moins en ce qui concerne l'Architecture, à réaliser cet objectif.Si la tendance des arts appliqués était conforme au projet de formation d'agents pouvant intervenir dans la nouvelle structure économique, la doctrine classique de l'architecture enseignée dans les Écoles des Beaux-Arts ne pouvait que retarder l'insertion des futurs architectes au sein du nouveau contexte.Par contre, les instances politiques n'avaient guère le choix.L'institution francophone se devait de proclamer son allégeance à la Culture Française, dans une volonté de distinction face aux anglophones.Et, malgré le caractère quelque peu anachronique de la culture diffusée par l'architecture «Beaux-Arts», cette option permettait tout de même de rencontrer une partie des objectifs spécifiquement intellectuels que caressait le pouvoir politique fran- On devait composer un projet suivant deux axes principaux.de la symétrie partout!.Nous, on n'avait qu'une idée en tête: faire sauter les colonnes! Etudiants de l'E.B.A., fin des années 20 » Délimitée de part et d'autre par les deux guerres mondiales, marquée par la crise économique des années trente, cette période est peu propice à l'expansion du marché de la construction; le marché architectural est donc très restreint et de faibles perspectives d'emploi s'offrent aux jeunes architectes.Ceux-ci sont confinés à des tâches connexes comme l'inspection des bâtiments à la ville de Montréal, ou sont dessinateurs dans un bureau d'architectes, et doivent le rester durant plusieurs années.Certains ouvriront rapidement leur bureau et doivent pour survivre réaliser de petits projets, tels de petites maisons individuelles.Un ex-étudiant résume ainsi de façon colorée l'état de la situation: «Après la guerre les Canadiens-français n\u2019avaient pas un sou.(.) alors comment vouliez-vous pue l\u2019on puisse bâtir des choses classiques comme on le faisait à l\u2019école, ca ne marchait plus du tout.».«Les Anglais avaient de l\u2019argent, ils bâtissaient Westmount, bâtissaient sur la montagne, et puis nous on bâtissait où on pouvait, à St-Henri, dans le nord de la ville, de la résidence (.) quelques petites manufactures pour des étrangers.».De plus les étudiants étaient mal préparés aux méthodes en vigueur dans la pratique active, où l'efficacité et la rentabilité ne pouvaient faire bon ménage avec la composition Beaux-Arts.Si l'on est face à une situation telle que l'enseignement et la pratique de l'architecture constituent deux univers à ce point différents quels avantage la profession d'architecte trouve-t-elle dans cet enseignement?Joan Draper, dans une étude traitant des rapports entre l'enseignement et la profession architecturale aux États-Unis au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, souligne le rôle joué par le «système Beaux-Arts» dans le processus d'institutionnalisation des architectes.«Le but ultime du Mouvement Beaux-Arts est de relever le statut de la profession.Les architectes veulent se voir reconnaître comme des experts possédant une connaissance spécialisée, obtenue par de longues études.Ils cherchent à établir la profession sur une base théorique avec des règles de conduite conformes à l\u2019éthique».11 Et comme ce modèle jouissait d'un grand prestige, qu'il guidait déjà les orientations de l'enseignement dans plusieurs pays, dont la France et les Etats-Unis12, on ne s'étonne pas qu'il ait soulevé l'intérêt.Par contre, on s'étonne du fait de sa mise en place au Québec dans les premières décennies du XXe siècle.La profession, si l'on se réfère aux témoignages recueillis, était à ce moment très peu organisée; pouvait-elle alors assumer un certain «leadership» dans le choix de l'orientation que devait prendre l'enseignement de l'architecture?Et si le groupe professionnel avait été bien organisé, n'aurait-on pas opté, vu la pré-éminence des anglophones, pour un système éducatif de type anglais?L'approche plus pragmatique de ce système n'aurait-elle pas favorisé une plus grande unité entre pratique et enseignement, profession et formation?Il faut ici rappeler le rôle joué par le gouvernement du Québec dans la mise en place de l'Ecole des Beaux-Arts et le contexte dans lequel cela s'opère.cophone, c'est-à-dire l'établissement de règles qui allaient pouvoir élever le standard général du goût et guider le développement d'un style national.La teneur des propos D'Athanase David, secrétaire de la Province et de Charles Maillard, directeur de l'École des Beaux-Arts de Montréal14 confirme l'articulation qui s'établit entre la «belle» tradition de l'architecture historique et de l'enseignement de type « Beaux-Arts» et la volonté de développer un art national, l'une fournissant à l'autre ses standards reconnus.Cette orientation de l'École, tout en ne favorisant pas l'insertion des étudiants dans le milieu, la garde aussi en marge des débats ayant cours au sein de l'institution architecturale canadienne.Si l'on prend à témoin le contenu du «Journal of the Royal Architectural Institute of Canada»15 \u2014 ce qui implique ici de convenir que la presse spécialisée joue un rôle fondamental dans la diffusion, donc dans la création des «standards» devant orienter le groupe professionnel \u2014, la situation suivante peut être dégagée.D'une part, c'est à partir des années trente que le débat entre architecture traditionnelle et architecture moderne prend place.De nombreux articles sont alors consacrés à cette question, présentant les nouveaux points de vue de la pensée architecturale européenne ou discutant de leur valeur dans le contexte de l'architecture canadienne16.D'autre part, en ce qui a trait aux oeuvres présentées, c'est-à-dire mises en «valeur» dans les pages de la revue entre 1930 et 1945 on y trouve mentionnés tout autant de bâtiments exprimant la diversité des styles historiques en usage que des bâtiments se rapportant aux nouvelles thématiques ou à de nouveaux codes formels.La diversité de ces oeuvres témoigne des incertitudes de la période, à un moment où l'École des Beaux-Arts est fortement tributaire de la tradition.Nous pourrions y voir là un trait conforme à ce que le sociologue Pierre Bourdien identifie comme étant le rôle traditionnel de l'école: «Ile système d'enseignement! n'accorde que «post-mortem» et après une longue série d'épreuves et d'expériences ce signe infaillible de consécration que constitue la conversion des oeuvres en «classiques» par l'inscription dans les programmes»17.Si au cours de la période suivante, entre 1945 et 1959, l'École des Beaux-Arts de Montréal montre toujours un certain décalage par rapport à la tendance générale au Canada, où l'architecture moderne semble être devenue le modèle privilégié18, les étudiants aborderont le marché du travail avec une plus grande aise.D'une part, parce que ce marché sera beaucoup plus favorable à partir de la période de l'Après-Guerre.D'autre part, parce que la relative désorganisation de l'enseignement à l'École leur aura permis d'entreprendre d'eux-mêmes une démarche de mise à jour.Dans la moyenne des cas, cela aura contribué à «former» des professionnels aptes à répondre plus adéquatement aux demandes du marché; dans quelques cas on verra poindre l'intention d'inscrire un projet socio-culturel au sein même du projet architectural.La situation du Québec de l'après-Guerre favorise une telle émergence.Si l'idéologie traditionnelle est toujours en force avec le «chef» Maurice Duplessis, un certain pluralisme idéologique se manifeste au grand jour; la révolte anti-conformiste de certains artistes, la radicalisation du mouvement syndical, les aspirations «personnalistes» d'une partie de l'élite intellectuelle, réunis autour de la revue» Cité-Libre», en sont des 13 manifestations.Comment, par exemple, ne pas associer le projet-thèse de Jean-Paul Pothier (1953) sur l'habitation collective avec les préoccupations de lajeunesse progressiste (tel le mouvement de la «Jeunesse Étudiante Catholique») lorsqu'il juxtapose à son travail les deux citations suivantes: «.ta société moderne après cent années de conquêtes scientifiques foudroyantes, de débats sociaux, de désordres, aboutit enfin à la conclusion qui doit fixer le caractère de sa civilisation: la création d'un nouveau logis.«C'est par la création d'un logis nouveau que le second cycle de l'ère machiniste entre dans une période universelle de construction.«Ce n'est que du point de vue d'une nouvelle conscience que peuvent être désormais envisagés les problèmes de l'architecture et de l'urbanisme».(ouverture du Ve congrès, c.l.A.M.Paris, 1937) «Le Dieu des humbles retire le pauvre de son taudis».(Psaume 1 12-7) SYSTÈME D'ENSEIGNEMENT ET QUALITÉ DE LA FORMATION La littérature portant sur l'histoire de l'enseignement Beaux-Arts montre que cet enseignement s'est développé en véritable système pédagogique proposant un protocole détaillé d'exercices, d'opérations à réaliser en cours de projets et de notions s'y rapportant: des termes tels l'analytique, l'esquisse-esquisse, le parti, la composition, la «marche», le «caractère», le plan «Beaux-Arts» sont tous liés à cette tradition19.Ce degré de formalisation de renseignement nécessaire au développement d'une option stable et d'une attitude conforme chez les étudiants, soulève cependant le problème de sa pertinence à travers le temps.Or, pour David Van Zantem20, déjà à partir des années 1870, le contenu doctrinal de l'enseignement «Beaux-Arts» s'ossifie, l'École s'érigeant en univers clos, de plus en plus distant du milieu extérieur.Les idées nouvelles qui émergent alors seront-elles éventuellement retraduites dans un projet pédagogique moderne adapté au Québec?La multiplication des référents à l'oeuvre dans l'enseignement à partir des années soixante montre que cela n'a pas été le cas.Quelques années après avoir obtenu son indépendance de l'École des Beaux-Arts en 1959, l'École d'Architecture de Montréal est affiliée à l'Université de Montréal.Dès lors se verront développer des projets éducatifs divergents, chacun d'eux cherchant à trouver place.Certains prôneront un enseignement «fondamental» et «réaliste» de l'architecture: il faut savoir bien construire et bien composera l'intérieur de contraintes réalistes.D'autres, forts de l'inscription de cet enseignement dans le contexte universitaire, se feront les défen- seurs d'une approche scientifique de l'architecture, guidés, entre autres, par le travail de systématisation des méthodes de design entrepris par les Américains et les Anglais: le professeur d'architecture se présente ainsi comme un scientifique et un pédagogue (spécialiste de l'enseignement) bien plus que comme un praticien.D'autres encore, à partir des années soixante-dix, voudront donner à l'enseignement de l'architecture de nouveaux référents: la prééminence d'une conscience politique et sociale à la recherche de nouvelles pratiques autour d'un thème privilégié, l'habitat populaire.Encore aujourd'hui, dans cette période dite «post-moderne», de nouvelles attitudes se développent ou se précisent.Saura-t-on agir dans la conscience de ce que notre petite histoire de l'enseignement de l'Architecture Qu'advient-il du modèle «Beaux-Arts» lorsque transféré dans d'autres contextes nationaux, tel que ce fut le cas au Québec?Il apparaît d'abord que ce phénomène d'ossification tend à s'amplifier, les propos recueillis auprès des anciens étudiants laissent penser que le processus de création utilisé a eu tendance à se limiter à quelques académismes.L'univers théorique et méthodologique du modèle intégralle «système Beaux-Arts» tel que développé en France \u2014 ne semble qu'en partie exploité.À cela s'ajoute de la part des étudiants une attitude qui, bien que respectueuse de l'autorité, est marquée par un processus de distanciation, clairement apparent dans cet autre commentaire: «On avait par exemple à projeter une station de chasseurs dans la montagne: mais on ne savait pas trop ce qu'était d'être chasseur: la montagne, on ne la voyait à peu près pas.Alors on faisait des maisons de chasseurs, de beaux classiques.C'était quelque chose de fantastique.un peu de montagne en arrière, un peu de couleurs là-dessus.».Comparant brièvement les deux périodes de l'École des Beaux-Arts, les points suivants peuvent être dégagés.Dans le premier cas, il existe un système pédagogique et des exigences qui garantissent une certaine formation: mais la désuétude de ce système et le colonialisme culturel dont il témoigne ne font qu'affaiblir la portée d'un tel projet pédagogique.Dans le second cas, de moins en moins peut-on parler de formation; la qualité de l'apprentissage ne reposera pendant un certain temps que sur le dynamisme des personnes impliquées.¦ FRANÇOIS GIRALDEAU a reçu sa formation en Design de l\u2019Environnement à l'Université du Québec à Montréal et en Aménagement à l\u2019Université de Montréal, et en Architecture, à l'Université Columbia de New-York.Il est professeur au département de Design de l'UQAM.Dessin pour une petite maison.Douglas Shadbolt, Université McGill, 1917.A Playhouse, first year.School of Architecture, University of Manitoba, 1941.ajanis* NOTES 1.\tVoir sur ces dernières périodes: MAURAULT, Olivier, p.s.s., « Un professeur d'architecture à Québec en 1829 », J.R.A.I.C.vol.3.no 3 1929 pp.132-142.TRAQUAIR, Ramsay, «The old architecture of the Province of Quebec», J.R.A.I.C.vol.2.no 1 1925 pp.25-30.2.\tDANDURAND, p , FOURNIER, M , en collaboration avec BERNIER, L, «Développement de renseignement supérieur, classes sociales et lutte nationale au Québec », sociologie et Sociétés, vol.XII no 1, avril 1980 no spécial sur «Éducation, économie et politique», p.103.3.\tSi le nombre de demandes d'admission atteint rapidement des proportions * étonnantes » à l\u2019échelle de l'École, il n'en va pas de même dans la Section d'architecture.En 1932, par exemple, sur 885 inscriptions, 764 personnes réussissent les examens d'admission.De ce nombre, 252 sont admises aux cours du jour (199 garçons, 133 filles), 260 débutent leurs études le soir (124 garçons, 136 filles), et 241 sont dirigées à l'École des Arts et Métiers.Les chiffres concernant l'architecture font état de 28 candidatures et de 17 admissions; 21 personnes sont admises aux cours d'architecture appliquée donnés au Monument National (La Presse, 5 octobre 1932).4.\tMOORE, Richard A., « Academie dessin theory in France after the reorganisation of 1863 », Journal of the Society of Architectural Historians, vol.XXXVI, no 3.oct.1977 5.\tDans un article traitant de l'exposition annuelle des travaux étudiants, paru dans le Canada du 2 juin 1938 et signé « Reynald », l'auteur affirme que, pour pallier à la situation de l\u2019architecte de l'époque qui doit* présenter ses plans presque sur le pouce, à la vapeur, le professeur a imaginé pour ses élèves des leçons d'esquisses-esquisses, projets à résoudre au complet en douze heures».Or, voilà un type d'exercice qui est à la base de l'enseignement « Beaux-Arts », inauguré en France dans la première moitié du XlXe siècle! 6.\t«un appel pour la conservation de nos vieux édifices», Le Canada, nov.1924.7.\t«Joli banquet des finissants en architecture des Beaux-Arts» Le Canada.12 mai 1925.8.\tMentionnons que jusqu'en 1955, la situation matérielle de la section d'architecture est loin d'être adéquate, une partie de l'enseignement est dispensée à l'intérieur du bâtiment de l'École des Beaux-Arts, rue Sherbrooke ouest.Pour le reste, c'est la dispersion (Monument National, immeuble en location sur la rue St-Denis, etc.).En 1955, le gouvernement fait l\u2019acquisition d'un immeuble sur la rue St-Urbain, coin Sherbrooke, qui deviendra l'École d'Architecture de Montréal.«Finie l'époque où 70 étudiants suivaient leurs cours «au fond» de l'ancienne piscine du C.E.O.C.de la rue Sherbrooke!» peut-on lire dans La Presse du 25 mars 1955.À preuve de l'état de manque qui a caractérisé l\u2019institution entre 1945 et 1955, le budget global de l'E.B.A.M.est de $70,000 en 1946; il passe à $338,000 en 1955.Il y a à ce moment 110 élèves inscrits en architecture.9.\tMORENCY, Pierre, «Intégration», Architecture-Bàtiment-Constructlon.vol.8, no 7.juillet 1953.10.\tAinsi en est-il du cours mis en place dans les années quarante par David Shapiro à l'Université de la Colombie Britannique.Aussi faut-il citer la contribution au cours de la même période à McGill de Gordon Weber qui avait travaillé avec Laszlo Moholy Nagy.11.\tDRAPER, Joan, «The École des Beaux-Arts and the Architectural Profession in the United States: The case of John Galen Howard», dans Kostof, Spiro, The architect \u2014 chapters in the history of the profession, Oxford University Press, New York, 1977, p.214.12.\tL'enseignement « Beaux-Arts» domine aux États-Unis de la fin du XlXe siècle jusque dans les années trente.Sur ce sujet, voir FRAMPTON, K\u201e LATOUR, A., «Notes on American architectural education», from the end of the nineteenth century until the 1970S, Lotus international, no 27, 1980, II.13.\tCOUTURE, F., LEMERISE, S.«Insertion sociale de l'École des Beaux-Arts», dans l'ouvrage collectif L'enseignement des arts au Ouébec, département d\u2019Arts Plastiques, Université du Québec à Montréal, 1980.14.\tDavid et Maillard prononcèrent de nombreuses conférences sur le développement artistique du Québec et du Canada.voir entre autres Montréal.Archives de l'École des Beaux-Arts.Les Anciens des Beaux-Arts de Montréal, Premier Grand Salon.1935.Montréal.Archives de l'École des Beaux-Arts, maillard, Charles, Vers un art canadien, lettres aux anciens à l'occasion du 20e anniversaire de fondation de l'E.B.A.M., (1923-1943).15.\tLe «Journal» paraît à partir de 1924 et est le seul organe de diffusion consacré exclusivement à l'Architecture au cours de cette période.16.\tTel l\u2019article de Percy Nobbs, «Present tendencies affecting architecture in Canada, J.R.A.I.C., vol.7, no 7, 1930, pp.245-248, no 9, pp.314-317, no 11, pp.388-392, 1930.17.\tBOURDIEU, Pierre, «Le marché des biens symboliques», L'année sociologique, no 22.1971, p.56.18.\tLes questions d'esthétique nouvelle, d'urbanisme et d'habitation, de technologie du bâtiment et de production de masse forment des thèmes-clés développés dans la revue de l'Institut Royal, de même que dans la revue québécoise ¦ Architecture-Bâtiment-Construction» (ABC) publiée à partir de 1945.19.\tSe référer à: MARTIGNY, V.G., Le Système des Beaux-Arts dans l'Enseignement de l'Architecture, institut Supérieur d'Architecture Victor Horta.Bruxelles, 1980.MOORE, Richard A.« Academie dessin theory in France after the reorganisation of 1863 », Journal of the Society of Architectural Historians, vol.XXXVI, no 3, oct.1977 VAN ZANTEM, David, op.cit.20.\tvan Zantem situe trois périodes de l'architecture académique française: la période de formation, allant de la création de l\u2019Académie Royale d'Architecture (1671) jusqu'au tournant du dix-neuvième siècle, la période s'étendant de l'établissement de l'École Spéciale des Beaux-Arts, en 1816, à la période tumultueuse des années 1860, et la période d'ossification, à partir de 1870.Dans la période 1816-1870, il y a place pour toutes les factions de l'architecture française (Charles Percier.Henri Labrouste, Charles Garnier et Eugène Viollet-le-Duc).À la suite de la réforme avortée de 1863, guide par Viollet-le-Duc, le «système Beaux-Arts» s'érige en un système fermé.VAN ZANTEM, David, «Architectural composition at the École des Beaux-Arts from Charles Percier to Charles Garnier», DREXLER, A., The architecture of the École des Beaux-Arts.Museum of Modem Art, New York, 1977.14 McGILL UNIVERSITY School of Architecture Choisir son école, c'est jouer sérieux ! Les pages qui suivent vous présentent les différents programmes d'études en architecture, en design et en génie du bâtiment dispensés dans les principales universités du Québec.Nous avons demandé à chaque direction des écoles concernées de présenter leur orientation d'enseignement et de l'illustrer par quelques projets étudiants qui témoignent de leur succès à rencontrer leurs objectifs.Established in 1896, the McGill School of Architecture is the second oldest collegiate school of architecture in Canada, and the third oldest in the British Commonwealth.Throughout its 89 year history the principal objective of this school has been, and still is, to impart to its students competence in both the art and science of building design and building construction.Moreover, an emphasis on the development of drafting skills has always been considered fundamental to equip each student with the ability to draw and sketch with ease; in fact, since the early forties, students have been required, at least twice during their course of studies, to participate in an outdoor sketching school of about two weeks duration.Moreover, being part of the Faculty of Engineering has provided ready access for our students to engineering subjects and enabled them to profit from its research resources.Another aspect of our affiliation with Engineering is that admission to the School is based on a science rather than an arts background.During the long history of the McGill School, philosophical trends in design have changed several times.Initially, the \"arts and crafts\" movement influenced design education, and was followed by the \"modern\" movement in the late thirties and early forties.Naturally, all of these trends were reflected in the design studios of the times, just as \"postmodernism\" can be observed in students' work today.However, our close ties with Engineering have always ensured a certain pragmatism which counterbalances the \"frivolous excesses\" of any movement.Ever since the Second World War, a balance in architectural education has been sought between a high standard of general education, and allowing the individual student to excell in a particular facet of architecture.The success of those who have graduated from this School, many of \\ ! ARQ remercie tous les directeurs, les pro-fesseur(e)s et les étudiant(e)s qui ont concouru à ces présentations textuelles et visuelles.Leur travail permettra à nos lecteurs de mieux entrevoir l'ouverture et la varitété de nos institutions qui traitent du milieu bâti.f > C ctrtf ' t\\.Srnfr * I-2C Above: Elevation by David Kepron, House project for the Florida Everglades 1985.First year studio in graphics and design elements.Professors Derek Drummond, David Covo, Philip Webster.Left: Axonometric drawing by Peter Scriver, Design for a Monastery.Fourth year design and construction thesis.Professors Adrien Sheppard, Norman Slater, Derek Drummond, Julia Gersovitz, Dan Hanganu. JONES HEWARD BVIIDING ¦afgAafe.oYp.X V-S \\^S&-oSv.>ss*> I.- \u2022 N\u2019 .^ .\" S NVW.v; ainsi constater que cinq années passent rapidement lorsqu'il s'agit de réapprendre à penser.Un programme typique commence avec rien et s'élargit rapidement L'éducation architecturale traite du processus complexe de l'élaboration d'un bâtiment.Elle tente d'intégrer des matériaux, des systèmes, un environnement, des utilisations spatiales et d'autres relations en un ensemble bien orchestré.Chacun de ces aspects requiert une attention et une réflexion particulières puisqu'il s'agit de partager un espace imbriqué, ce qui nécessite une sensibilité spéciale dont les écoles d'architecture assument qu'elle peut être apprise.Les programmes d'études en architecture sont aussi variés que les écoles mais, si l'on fait exception des études avancées, tous durent de cinq à six ans.Les matières d'enseignement varient de même mais, règle générale, commencent par des projets de design simples qui deviennent de plus en plus complexes.La première année d'un programme d'études étalé sur cinq ans peut ainsi aborder des designs très simples où l'on ne trouve que rarement plusieurs systèmes intégrés, tels qu'une étude primaire des relations spatiales ou des transitions.La deuxième année peut comporter des relations avec l'environnement telles que l\u2019orientation solaire ou éolienne.On y aborderait les systèmes structuraux et on y étudierait des relations spatiales plus complexes.On pourrait espérer que l'étudiant ait alors acquis une bonne compréhension du processus de pensée conceptuelle.En troisième année, les systèmes structuraux et environnementaux deviendraient d'importants problèmes à intégrer aux relations spatiales.L\u2019étudiant deviendrait alors conscient de l'ensemble des strates et de l'intégration de divers systèmes qui doivent prendre place à l'intérieur d'un bâtiment.La quatrième année examinerait de près les détails et ce qui fait qu'un bâtiment tienne.On y aborderait l'utilisation des matériaux de même que les liens existant entre les diverses parties du bâtiment, tel que les toits et les murs.La cinquième année représenterait le point culminant de tout ce qui aura été appris auparavant et dont découlera un projet de thèse final qui, dans le meilleur des cas, permettrait à l'étudiant d'aborder aussi d'autres centres d'intérêt voisins.Bien sûr, tout en poursuivant son apprentissage dans l'atelier, l'étudiant apprendrait l'histoire, la structure, la pratique professionnelle et bien davantage en classe.Il arrivera que l'étudiant s'aperçoive de l'existence d'autres professions dont dépend l'architecture lorsqu'elle veut produire un bâtiment, mais cette compréhension et les véritables interrelations demeureront un mystère que seul l'apprentissage peut solutionner.Le diplôme ne représente qu\u2019un début L'enseignement du design tant en soi que pour soi exige énormément de temps, mais la pédagogie architecturale déborde largement le cadre de l'institution.La plupart des étudiants ont l'impression, en recevant leur diplôme, qu'ils sont prêts à pratiquer l'architecture.Rien ne saurait être aussi loin de la vérité.Une simple conversation avec un praticien suffit à confirmer cette réalité.Les architectes s'attendent à entraîner un jeune diplômé durant plusieurs mois, et peut-être durant des années, de façon à s'assurer que celui-ci soit en mesure de s'attaquer à des travaux qui nécessitent une plus grande responsabilité.Il est dans le meilleur intérêt de toute firme d'agir de la sorte de façon à ce que le diplômé contribue réellement à son succès sans avoir besoin de constamment recourir à ceux qui possèdent davantage d'expérience.Ceci permet d'aborder une question importante: les diplômés devraient-ils être prêts à pratiquer l'architecture dès la fin de leurs études et la responsabilité en incombe-t-elle à l'école?Je crois que la plupart des meilleurs étudiants sont conscients de la situation et s'attendent à devoir effectuer un apprentissage.Les étudiants constatent que certaines choses ne peuvent être apprises qu'à leur entrée sur le marché du travail.Ils doivent de plus profiter de cette occasion pour découvrir le genre de travail qui leur permettra d'atteindre les buts qu'ils se sont fixés.L\u2019Architecture peut mener à plusieurs choix de carrières L'un des aspects les plus excitants de l'architecture demeure le nombre de disciplines connexes dans lesquelles l'architecte est en mesure de s'impliquer directement.Peu de professions offrent autant de diversité que l'architecture.De nos jours, les architectes trouvent aussi du travail dans diverses disciplines reliées à l'architecture mais qui n'ont rien à voir avec la pratique traditionnelle.Les capacités acquises par les architectes se prêtent à plusieurs autres domaines de notre économie.La planification industrielle, la direction de chantiers, la conception d'ameublements et la décoration intérieure ne représentent que quelques-uns de ces domaines.La santé publique constitue un autre bon exemple: plusieurs hôpitaux, lorsqu'ils veulent profiter de subventions, sont requis de soumettre leurs projets pour les 5, 10 ou 20 années suivantes, ce qui comprend une planification des espaces nécessaires et requis.Plusieurs architectes effectuent le même genre de travail dans plusieurs champs de l'industrie.Les étudiants devraient être mis au courant de ces possibilités et commencer à planifier leur carrière dans le domaine qui les intéresse.Je crois que les champs d'activités ouverts aux architectes continue- 33 ront de s'élargir.Il s'agit simplement pour les architectes de découvrir et de créer ces champs d'activités dans des domaines qu'ils croient être en mesure de maîtriser.La pratique traditionnelle se perpétuera tant et aussi longtemps que les architectes le voudront et seront en mesure de demeurer compétitifs face aux nouveaux moyens de produire un bâtiment.La plupart des étudiants sont conscients des problèmes auxquels la profession se voit confrontée et se préparent à relever le défi.Il est probable que nous puissions assumer que la plupart des diplômés en architecture visent à la pratique traditionnelle, du moins dans un proche avenir.(.) Les programmes d'apprentissage jalonnent l\u2019acquisition de l'expérience Lorsqu'un étudiant reçoit son diplôme, son éducation est loin d'être terminée.Son apprentissage commence aussitôt et représente cette part du début de la carrière de l'architecte où celui-ci aborde quotidiennement les aspects techniques de la profession tout en acquérant de l'expérience.Les étudiants voient souvent dans l'apprentissage une route longue et ennuyeuse, mais prennent conscience de sa nécessité lorsqu'il s'agit de mieux saisir le processus de construction.Les diplômés sonttout à fait conscients des failles dans leur connaissance de l'architecture et voient dans l'apprentissage l'occasion d'acquérir et d'utiliser cette connaissance.L'association a travaillé en étroite collaboration avec l'AIA, le NCARB et d'autres organismes à la mise au point d'un programme de développement de l'apprentissage qui sert de guide auquel les étudiants doivent s'en remettre durant leur apprentissage.Ce programme permet à l'étudiant de noter l'expérience acquise lors de son apprentissage et lui montrera dans quels domaines l'apprenti acquiert de l\u2019expérience de même que ceux où il n'en acquiert pas.L\u2019apprenti sera ainsi en mesure d'obtenir le meilleur entraînement possible au cours de cette période.Ce programme rejoint de plus ceux qui veulent pratiquer à l'extérieur de la pratique traditionnelle et comporte de ce fait une certaine flexibilité.Ce programme aide l'employeur à s'assurer de ce qu'un diplômé, en fran- chissant les étapes prévues, possède une connaissance de base de l'articulation des bâtiments.L'un des avantages pour les apprentis dans les états où ce programme est obligacoire est que, dans la mesure où ils répondent aux critères minimaux avant la fin des trois années habituelles, ils seront à même de passer plus rapidement l'examen d'entrée de l'ordre des architectes.L'Architecture aborde une nouvelle époque passionnante Les étudiants en architecture participent de nos jours à une époque des plus excitantes pour la profession.On peut souhaiter qu'avec l'avènement des nouvelles technologies, davantage de temps sera consacré à leur utilisation dans le but d'améliorer sérieusement le design.Les étudiants cherchent de plus de nouvelles méthodes qui leur permettent d'aborder les aspects terre à terre typiques de la profession.Et les étudiants exploreront sans doute de nouveaux aspects de la profession que nos ancêtres n'auraient jamais même pu imaginer.La profession d'architecte a toujours soutenu qu'il fallait aborder les problèmes avec un esprit ouvert et, de nosjours, les étudiants en architecture abordent effectivement l\u2019architecture avec l'esprit ouvert.Mais ils abordent en outre avec la même attitude les problèmes reliés à la vie quotidienne d'une firme.Ils sont plus conscients quejamais de ce que les seules limites sont celles de notre propre imagination.Malgré tous les problèmes auxquels se voit confronté le système d'enseignement de l'architecture, celui-ci fonctionne remarquablement bien.Le système s'adapte aux technologies nouvelles: les étudiants \u2014et les architectes \u2014 sont davantage conscients de leur existence qu'ils ne l'étaient peut-être dans le passé.Il existe de plus, de nosjours, davantage de services offerts aux architectes, sans compter les regroupements d'intérêts plus particuliers qui sont directement reliés à l'architecture.Les architectes devront à l'avenir travailler beaucoup plus étroitement avec ces regroupements et acquérir tous les avantages fournis par leurs services et leurs champs d'intérêt.Nous vivons une époque très excitante et prometteuse pour ceux qui sont impliqués en architecture.¦ La critique d'architecture au Québec est d'une pauvreté désolante ROBERT BIANCHI, ARCHITECTE Dans le Devoir du 2 mars.Monsieur Jean-Claude Marsan déplore la «pauvreté désolante» de la pratique actuelle de l'architecture au Québec.On aurait pu s'attendre à ce que l'énoncé d'un tel lieu commun, répété ad nauseam depuis des années, débouche enfin sur quelque description des conditions de cette pratique et explication de sa pauvreté.Mais non! Une fois de plus, c'est la profession d'architecte et sa paresse intellectuelle qui sont désignées à la vindicte populaire qui, devant la catastrophe culturelle dont témoigne notre environnement (la pointe de l'iceberg!) n'a que trop tendance à accepter ce bouc émissaire.Et cela, de la part d'un architecte qui a choisi de ne pas s'astreindre aux dures contraintes de la pratique, ce n'est pas honnête.La profession n'est pas à la hauteur de sa tâche?Soit! Mais qui donc oserait lui jeter la première pierre?Quelle profession, quel milieu socioculturel, quelle couche sociale oserait nier sa part de responsabilité dans la façon absurde d'aborder et de résoudre (?) les problèmes de notre société.Paresse intellectuelle?On ne peut certes que regretter ce dramatique silence des architectes dans un débat qui s'amorce enfin sous la pression des aspirations sociales.Mais cette profession dont Monsieur Marsan se réclame et qu'il dénigre est avant tout une pratique.Qu'il ouvre les yeux et descende de sa chaire: des centaines de ses confrères oeuvrent depuis des années, modestement et avec ténacité, pour apporter un peu plus d'intelligence, de fierté et de poésie dans notre société.Quand on connaît les conditions déplorables dans lesquelles ils doivent se battre pour survivre, on comprend mieux leur peu de goût pour le placotage.Si la forme de l'immeuble de l'AT&T fait partie de la culture générale d'un architecte, sa connaissance et sa signification ne sont tout de même pas essentiels à une pratique dans un contexte entièrement différent où les problèmes à résoudre n'ont rien à voir avec ceux que pose un gratte-ciel newyorkais.Et pour tous ceux qui pratiquent, il est pénible de lire que « la marginalité du Québec offre peu d'occasion d'influencer l'évolution de l'architecture et du design, ou les conditions de leur réalisation».Cela sent un peut trop un défaitisme bien de chez nous que l'on aimerait passé de mode.Alors que c'est précisément cette marginalité qui devrait nous permettre de créer une architecture différente, authentiquement d'ici dont l'influence, qui sait, peut bien dépasser les frontières, voire les océans.Encore faudrait-il y croire! Encore faudrait-il le vouloir! Encore faudrait-il le pouvoir! Et pour cela, il faudrait bien que tous ceux qui aspirent à une architecture vivante et dynamique travaillent ensemble pour déplacer des montagnes d'inertie.En particulier, rien ne se fera si la critique d'architecture, plutôt que de se gausser de quelque travers de la profession ne fait pas un travail de diffusion et d'explication.Il a fallu à Le Corbusier plusieurs décennies de polémiques avant que le mouvement moderne ne s'impose en France; il a fallu bien des années de travail de diffusion à Zevi avant que l'architecture italienne ne puisse s'épanouir dans les années 60.Il faut montrer au Québécois d'aujourd'hui, si proche de l'homme éclaté du XIXe siècle dont parle Gie-dion, et continuellement écartelé entre la sensiblerie la plus rétrograde et le matérialisme le plus étroit, que les contradictions entre sa sensibilité et son intelligence peuvent être dépassées dans son environnement.Il faut dénoncer l'absence, au Québec, de politique de l'architecture: un gouvernement qui prétend avoir comme objectif l'épanouissement de l'individualité d'un peuple n'a pas le droit d'agir, systématiquement à tous les niveaux, de façon à bafouer et ligoter une profession dont la vocation est précisément de proposer les modèles de notre cadre de vie.Il faut dénoncer les pratiques aberrantes de division du travail dans la production de l'architecture où les programmes et les contraintes, trop souvent rigides et mal conçus, sont imposés à l'architecte, sans discussion possible, si bien que son rôle n'est plus que celui de technicien du bâtiment.Ici comme ailleurs, notre société a sécrété une caste de bureaucrates qui, systématiquement, dépouillent le travailleur, ici l'architecte, de toute liberté dans son travail.Il faut dénoncer les budgets de construction si faibles qu'il est bien souvent évident dès le départ que le seul rôle de l\u2019architecte sera de couper partout où c'est possible et parfois où ça ne l'est pas.Il faut dire au public quel laminoir est le système de codes, normes, règlements divers et surtout leur interprétation si souvent étroite par des censeurs bornés.Il faut montrer comment, dans notre société, notre environnement ne peut pas être autrement qu'aberrant car la logique de sa production n'est pas celle d'un bien social dont la dimension culturelle est admise, mais celle des luttes entre différents groupes et castes impliqués dans la création de cette architecture et dont les préoccupations ne vont pas plus loin que la défense de leurs propres intérêts.Bien sûr, la profession a sa part de responsabilité dans cette comédie.Bien sûr, elle n'est pas exempte de suffisance et de lâcheté.Mais la dénonciation, hors de contexte, de certains travers ne peut que détourner l'attention du public des véritables causes de la médiocrité de la pratique et contribuer à discréditer une profession qui, quoiqu'on en dise, ne lutte pas dans l'ensemble pour défendre ses intérêts corporatistes mais libérer la pratique d'un système de production où l'ARCHITECTURE est impossible.34 tyxfE/HWT mSSH Groupe me BlMfl jyg* u.I *lKW ' ;, Wia rtuwl I i i ur, b ratch-1 ;:r;s»| budgets Oe di/ieJtei 'çot nyf : quellaminor raffi®- asm is «MïtWt jpdjjOtW ; est iifflfe rreC W® ies*1 \u2022ftitecWa snevontP» t; :cn®e eittiï®® I é Das 6 if] tote.de^ j tkEmuiav £,/wvuMAAr' fl£Ar\u20acfih, 'E&tZüa&s /dt' ATO^s 7Ùm££&-' sctso ^Ô-ÇlCT)^-^ .^c^upy>uMy^' ArtrtMS/YwJL A&wA&itfr&As * Arvos ^jvZûziuMÂ- ?tf'JoZ'/l'h*' X&1&, pjcjUunM' *$£%& \u201e $£%£ &\"**** fhfwtSMX / ?LuS OfiTEMES £ po QANXAU PA9PHAPTT £ Z/péCA N\\ECTfJ sué M' !^V% (tû^ZL vX c& ^K> Jï/9T*uit$ eri*ftNW& fr-AU PTMANPBZ A UN AC£Mr iMMO&iÜefi.EfU\u2019EU£9^NT L££ RBAtTic*j9 C& ACHEVE' F.9 ÇÉirANTuNt Mv\\/5oN Out VoTEUpF uNToirDE ft/iL£5 t£ &eTotJ £T iL V0U9 piflA 4?t/W ÇÜ£N T A 'ToUVoUNS ¦tcndaajce-A VtoiS/A, IA AVN&>N a y/WT UA/ Tc/r pe TuiC£s.\\SVr A\\SmML 9c -bo riA\\aÀA(r>^ PAtyZ- /saas /UU^' AM.j2M.' A**r p JHV JfHNXS ¦ \"Vv^~ Oui, Et celA A Cfio9E pu CACHET 9(ÉÿAJ-«tÉ Coi (oUFè&B ZjcrfFe Tuic£ PE &eToM._ foi?9A JUUfcXXJE UH r&M.er ^ %*%*&%£*¦ fc/dhi £ !&&& XJ1& ÔUiNfÀV, h cJLuaaX.- fi09 fuirez oMréré ÊFFouzée?A fiMÏfÉUAs cyetEF ue &£L- et cé&£P 9AA>9 EFFET ACVFW-£U£9 ToNEaST PA/O&fiS uveÿs&ZCf $ U NU TEE HgJkNfNVUA {Mi- JÀtt Avi\u2019eWiAi N XiAto, lawNNL-DÙlAt Xho y y _.**^Ajw£L 'jt $k QaHu ^aOCÜm^a- ^T&tÂLÙÛl /CtUb> CaruOlMAA- Les toitures de tuiles Tremblay inc.1-800-363-1458 Mtl 871-1135 e \u2022 O» ÏÏÏZ, C.P.60, Iberville (Québec) J2X 4J5 955 Boul.St-Luc, St-Luc JOJ 2A0 fi r U h üi!! iiüi h \" \" , n i h « il ¦' Il H « *1 n i n ii « » n n n u n n R II II Il U U H II H U », il H H N R il a H DRH ¦ RHUM R U II nunr.vj un ¦ ¦ u » ¦ IBB n ui ¦ miGnfiPRO MAQUETTES ARCHITECTURALES 2870 ROUEN SUITE 203 MONTREAL H2K 1N7 (514) 524\u20225145 copili photographie graphisme production d\u2019imprimés Profitez de la belle saison pour faire photographier vos réalisations! Recouvert d\u2019aluminium blanc ou brun Le fruit d\u2019une longue expérience dans l\u2019économie d\u2019énergie CARACTÉRISTIQUES ET AVANTAGES \u2022\tConservation de la chaleur ambiante.\u2022\tProtection contre l'humidité et les insectes par un préservatif.\u2022\tÉtanchéité prévenant l\u2019infiltration de l\u2019air et de l\u2019eau.\u2022\tFabrication entière en pin blanc.\u2022\tBarrure assurant le verrouillage parfait des châssis.\u2022\tCroisillons amovibles facilitant l\u2019entretien des vitres.\u2022\tMoustiquaire parfaitement ajusté résistant à tous les vents.\u2022\tLes deux châssis basculent pour en faciliter le nettoyage.\u2022\tZéphyr «XL», toutes les parties extérieures incluant les croisillons sont recouvertes d\u2019aluminium émaillé.\u2022\tBarrière d\u2019isolation entre les vitres.\u2022\tCertification S.C.H.L.No 09590-0132.1-M Pour obtenir le nom de votre représentant local, écrivez ou téléphonez JOS GINGRAS & FILS (1974) LTÉE.Boîte postale 60, St-Damase, Québec JOH 1J0\t(514) 797-3345 \t -.>- - irs) ¦ ¦>r- V4T'> -3.' » ~-1.¦W-rz '-*¦ ¦ -¦ i.iiiX ' \u2022 *>5'* » 33a ;v}.L Æi.:.Le nouveau bâtiment de L\u2019INSTITUT DE GÉNIE DES MATÉRIAUX du Conseil National de Recherches du Canada à Boucherville, exigeait une membrane de toiture s\u2019adaptant parfaitement à de nombreuses ouvertures dans le toit.La membrane flexible HYDROTECH 6125, liquide à l\u2019application et ne nécessitant pas de coupes et d\u2019assemblages, a parfaitement répondu à la situation.La membrane flexible HYDROTECH 6125 a fait ses preuves depuis nombre d\u2019années à travers le monde.Elle rencontre les normes ONGC 37-GP-50M et est approuvée par la SCHL sous le no.6583.\u2022Tf-iyivy LA MEMBRANE D\u2019ÉTANCHÉITÉ À TOUTE ÉPREUVE (514) 353-6000 LES MEMBRANES HYDROTECH, 10,951 PARKWAY, ANJOU, QUEBEC H1J 1S1 Le choix des professionnels DALLES Dalles évldées de type Spiroll \u2022\tRapidité d\u2019installation \u2022\tRéduction du rapport Brique Rustique \u2022\tRésistante \u2022\tÉconomique portée/épaisseur \u2022\tAdaptabilité des exigences mécanique et électrique \u2022\tFini agréable \u2022\tRésistance au feu \u2022\tInsonorisation \u2022\tCoffrage non requis \u2022\tPlancher de travail instantané \u2022\tTexturée \u2022\t13 coloris au choix \u2022\t7 modules différents \u2022\tDécorative, parement ou portante Briques CalSil \u2022\tSilico-calcaire BETCON (Division de Graybec Inc.) 475, Place Trans-Canada Longueuil (Québec) J4G1P4 Tél.: (514)651-4000/861-6097 Brochures sur les dalles ou les briques rustiques disponibles sur demande. aïs wnmx Mil mwm CL R\u2019 HOME 0 R VS OFF RESTORE ?an L ?n c RETURN ?CR SB crsb LE GAZ NATUREL: I\tIC i VE tours industriels ont toujours SUR TOUS LES \u201c\u201cr ¦V¦ B ¦\tHBV gie supérieure ¦¦ ¦ sur tous les pluns.Aujourd'hui, ils |r B\tpcu\\cnt eompter sur le ga/ naturel.®\tUne source d\u2019énergie qui leur offre un meilleur choix à tout point de vue: ÉCONOMIE Très économique, le gaz naturel permet de rationaliser significativement les coûts rattachés aux besoins énergétiques.PROPRETE Propre, le gaz naturel permet de réduire de beaucoup les frais d\u2019entretien par sa combustion pratiquement complète.EFFICACITÉ ET FLEXIBILITÉ Faciles à contrôler, les appareils à gaz naturel permettent un réglage précis de l\u2019intensité de chaleur requise.SÉCURITÉ D'APPROVISIONNEMENT Fiable, le gaz naturel est distribué par un réseau souterrain qui est à l\u2019abri des intempéries.Pour répondre aux besoins précis de la technologie moderne, le gaz naturel est le choix logique sur tous les plans.Contactez le distributeur gazier de votre région pour connaître tous les bénéfices que procure le gaz naturel.GAZ INTER-CITÉ QUÉBEC INC.^ Gaz J Métropolitain I'-*.%'J; Tu es poussière et tu retourneras béton D'accord.Cette célèbre parabole a subi un\tê I L \"léger\u201d changement.\tJjt-,~.\tPi' Mais encore là, Ciment\t| St-Laurent a changé bien des choses dans le domaine de la fabrication du béton.D'ailleurs, le Grand Livre des Miracles de la Construction en témoigne élogieusement et ce, depuis plus d'un quart de siècle! 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