ARQ, 1 juin 1987, Juin
[" f)-79?RIX D'EXCELLENCE 1987 » ASSEMBLAGES - CONCOURS ARQ 1987 km ¦ ; : .v:; ;\u2022 MM PUB ES ET PORTES DE QUALITÉ Pour recevoir sans fra notre brochure couleu illustrant nos produits, écrivez à : SUPERVISION Boîte postale 60, St-Damase (Qué! JOH 1J0 sBSü LA REVUE DES MEMBRES DE L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC ARCHITECTURE-QUÉBEC 19 EDITORIAL PIERRE-RICHARD BISSON 21\tLE PRIX D'EXCELLENCE EN ARCHITECTURE 1987 22 LE PRIX D'EXCELLENCE LA RÉNOVATION ET LAGRANDISSEMENT DU SIÈGE SOCIAL DE JOHNSON & JOHNSON CAYOUETTE ET SAIA ARCHITECTES COMMENTAIRE DE RICARDO CASTRO 26 30 32 33 34 35 DISTINCTION: FAUBOURG LAUDANCE PHASE 1 GAUTHIER, GUITÉ, ROY ARCHITECTES ET DANJOU, MOISAN ET ASSOCIÉS ARCHITECTES COMMENTAIRE DE GEORGES ADAMCZYK DISTINCTION: BIBLIOTHÈQUE FÉLIX-LECLERC LES ARCHITECTES BISSON POULIN COMMENTAIRE DE JOSETTE MICHAUD MENTION: EDIFICE A BUREAUX, AEROPORT INTERNATIONAL DE MONTREAL A DORVAL FICHTEN SOIFERMAN, ARCHITECTES COMMENTAIRE DE PETER SIEJPKES MENTION: HABITATIONS CREMAZIE DAN S.HANGANU, ARCHITECTE COMMENTAIRE DE MARK PODDUBIUK MENTION: C.L.S.C.CENTRE-SUD LES ARCHITECTES BOUTROS ET PRATTE COMMENTAIRE DE JACQUES LACHAPELLE .ET PUIS, QUELQUES AUTRES COMMENTAIRE DE PIERRE BEAUPRÉ 38 ASSEMBLAGES JACQUES LACHAPELLE ET LUCE LAFONTAINE 41 ANNIVERSAIRES PIERRE-RICHARD BISSON 42 LE CONCOURS ARQ 1987 PIERRE BOYER-MERCIER 43 PREMIER PRIX: RANDY COHEN 44\tPREMIER PRIX: FRANÇOIS THÉAULT 45 46 PREMIER PRIX: ERIC GAUTHIER MENTIONS: GILLES CLOUTIER, ALENA PROCHAZKA, DONALD MARQUIS ROBERT BRUCE GREEN, FRÉDÉRIC LECLERC Rédacteur en chef: Pierre Boyer-Mercier Comité de Rédaction: Pierre-Richard Bisson.Paul Faucher.Mark Poddubiuk.Jacques Lachapelle.François Giraldeau Ont collaboré a ce numéro: Ricardo Castro, Georges Adamczyk.Josette Michaud, Peter Siejpkes, Pierre Beaupré, Mark Poddubiuk.Pierre-Richard Bisson.Jacques Lachapelle.Luce Lafontaine.Pierre Boyer-Mercier Page couverture: Photo de Jean Mercier, design de André Pettigrew Production graphique: Copilia design inc Abonnements: Michèle Mercier ARQ Architecture/Québec est publié 6 fois l'an par le GROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE, corporation sans but lucratif.Les Changements d'adresse, les exemplaires non-distribuables et les demandes d'abonnement devraient être adressées au: GROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE, 1463 rue Préfontaine.Montréal.H1W 2N6.(514) 523-6832 ABONNEMENTS: $6.00/numéro; $36.00/6 numéros.($48.00: hors Canada).$60.00/ institutions et gouvernements.Courrier de la deuxième classe, permis no 5699, port de retour garanti Représentants publicitaires: JACQUES LAUZON ET ASSOCIES LTEE Montréal: 110 Place Crémazie, suite 422.Montréal H2P 1B9.(514) 382-8630 Toronto: 102 Bloor street West.Suite 1100.Toronto, Ontario M5S 1M8.(416) 927-9911 Deuxième trimestre 1987 Bibliothèque Nationale du Québec Bibliothèque Nationale du Canada ARQ Architecture/Québec est distribué à tous leurs membres par: L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC LA SOCIETE DES DÉCORATEURS ENSEMBLIERS DU QUÉBEC Les articles et opinions qui paraissent dans la revue sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.© GROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE 1987 ISSN-0710-H62 \u2022>\t¦ w.^\t1\t.\t» 'MPZ-i- ¦K\u2019s U * , Bfat; \u2022V J.V^*.'.»¦ *vjt\u2018 r&iÇs »s mrs mm fnfiy mm ¦Mb \\';v£ yfil i '-.r:, L*a.sP^\u2018^v:- SS5S f^2 .'¦V'v1 .1 vv-'.i mmm mmmm \" ^»3 'éËêgtëië, m x.; ïêmêÊm '?*\u2022&.F/ ' V * ?!&* F 4êS- \u2018Æv$s zifèm.KvWkt Parfois il est bon de mettre tous ses oeufs dans le même panier Si vous êtes dans le métier de la couverture industrielle, vous savez combien il est important de n\u2019avoir qu\u2019une seule source d\u2019approvisionnement.Matériaux de Construction, le plus grand fabricant de couvertures au Canada, peut vous fournir pratiquement tous les éléments des couvertures traditionnelles ou à membrane protégée: \u2022\tIsolants DURA-FLEX, PRO-TEC et ESGARD \u2022\tMembranes en bitume modifié AWAPLAN \u2022\tMembranes multicouches ESGARD \u2022\tPare-vapeur ESGARD (divers types) Qui dit une seule source d\u2019approvisionnement dit aussi une seule source de responsabilité.Vous bénéficiez de l\u2019appui commercial et technique que vous attendez d\u2019un membre du groupe ESSO: \u2022\tSolutions éprouvées venant d\u2019experts en couverture hautement qualifiés \u2022\tRédaction informatisée des cahiers des charges \u2022\tConseils de pose, sur le chantier même \u2022\tMeilleur laboratoire d\u2019essais des couvertures au Canada \u2022\tRéseau national de distribution et de service Pour vous, c\u2019est le moyen le plus commode d\u2019obtenir des produits et des services de la meilleure qualité.Une seule source de responsabilité.et vous tuez le problème dans l\u2019oeuf! -¦¦-/K, iHBinJ l'Af.\" -¦¦¦¦« amm ISSSSW !¦¦¦¦\" \u2022«¦¦I mm?!¦¦¦¦¦¦ !¦¦¦¦¦¦ !»¦¦¦¦¦ )£2»H !«¦¦¦¦¦ !!¦¦¦¦¦ »!¦¦¦¦ Abbib *^^=BBI muw Voici une autre brillante La lampe PLC15 mm de Philips.Cette lampe de la deuxième génération des lampes PL a des années-lumières d\u2019avance sur les sources ordinaires d\u2019éclairage.La lampe PLC 15 mm, la dernière-née de la série Philips de lampes éconergiques, est une source d\u2019éclairage compacte, qui réduit les coûts et dure longtemps.Elle aura une influence marquante sur l\u2019éclairage de l\u2019avenir au foyer, au travail, à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur.La PLC de Philips, d\u2019un design perfectionné, a été conçue pour fonctionner avec des ballasts inductifs de 120 V et est offerte en quatre puissances, 14 W, 16 W, 22 W et 28 W.Cette lampe, constituée de quatre tubes lumineux, produit trois fois plus de lumière par watt que l\u2019ampoule à incandescence ordinaire et elle dure dix fois plus longtemps, ce qui assure des économies substantielles en frais d\u2019électricité et d\u2019entretien.PHILIPS Division de l\u2019éclairage de Philips Grâce à leur compacité et à leur facilité d\u2019installation, les PLC s\u2019utilisent partout, au travail comme à la maison, dans les lampes de table et à suspension, les plafonniers encastrés ou en surface et les éléments muraux.Pour en apprendre davantage sur la nouvelle lampe PLC, une autre brillante innovation de Philips, communiquer avec Philips au 601, avenue Milner, Scarborough (Ontario) M1B 1M8, numéro de téléphone (416) 292-5161.L\u2019éclaireur du monde.PHILIPS ARQ, JUIN 1987, PAGE 3 ;-jj * ARQ, JUIN 1987, PAGE 4 mm® !§ig Découvrez le nouveau monde c comble SSS'ivr'x *Marque de commerce enregistrée de DuPont.CANADA ARQ, JUIN 1987, PAGE 6 * LJk .¦iMLSè\u2019 KOHLER SORT DE [ORDINAIRE Pour une seule personne, cest un luxe.Pour deux, cest infiniment mieux.Infinité^ oo Pas de robinet, commandes centrales à portée de la main.En 17 couleurs extraordinaires et en versions de cinq ou six pieds.Pour obtenir de la documentation, écrivez à: Kohler Ltd., Dept.1106,195 The West Mall, Suite 314, Etobicoke, Ont.M9C 5K1. Vu'.voici la série d\u2019isolants Celfort 1987.Trois nouveaux produits en polystyrène extrudé fabriqués chez nous au Canada.Le Celfort 200.Avec un coefficient R5 et une résistance à l'humidité égale à celle de la plupart des produits de Type IV.Un rapport qualité/prix qui ne laisse froid personne.Le Celfort 300.Un type IV qui possède toutes les caractéristiques essentielles, se révélant ainsi très efficace dans la plupart des cas, au-dessus comme au-dessous du sol.Et pour la toiture, il y a le Foamular 350.Un choix incontestable pour le système de toiture inversé.Celfort Société en commandite est une entreprise Jannock Limitée.Notre objectif premier est l'excellence, et nous mettons tout en oeuvre pour l\u2019atteindre.Ce qui veut dire que la prochaine fois que vous exigerez la norme O.N.G.C.51-GP-20M (1978), vous serez peut-être surpris de ne pas avoir les bleus.fr=\t\t\t s.\t1\t\t\t Celfort Limited Partnership, CR 310, Valleyfield (Québec) J6S 4V6 (514) 377-1725 ARQ, JUIN 1987, PAGE 8 Fabriqué au Canada par Celfort Société en commandite sous licence de U.C Industries Inc [îTTîTîm [ïïïïTt [îTîTïîiïl liTiïïil i VY*] ¦**:*}r.r*ss*à pgpi ' La beauté des tapis commerciaux Compu- j#\\ \u2022 j ^ graphies de Harding n'a d\u2019égale que leur i qualité supérieure.Fabriqués de pur nylon x \u2022 Zeftron® BCF ultra-résistant, tous les mode- \u2022 î,/* .les Compugraphics portent la garantie anti-usure de 10 ans Zefwear® et la garantie , y 0 antistatique permanente Zefstat® de BASF.è .\\\\ Mais le plus beau, c'est la polyvalence j.t des Compugraphics.[application de trois < dossiers distincts pendant la fabrication ( ^ * > donne un produit fini aux propriétés remar- ^ jy quables, fait sur mesure pour des conditions * \\tr-« d'utilisation bien précises.Bref, la gamme ''i > x Compugraphics vous offre un choix complet \u2022 5 de tapis commerciaux assortis ou coordon- 4.\\f._ y^ \u201e nés pour tous les secteurs très passants, les ' zones soumises à Faction répétée des rou- yl -Z -«\t-\t- j lettes et les endroits où les ordinateurs per- sonnels et les machines de traitement de mm2 ^ ouiiuuio oi iuo mui/iniioj ug uaitciuciit uc .texte interdisent toute accumulation d'élec-; y tricité statique.\t\u2019 Les trois motifs exclusifs des Compugra- ' \\ \\ \\ phics et leur vaste choix de tons de bruyère \u2022' forment plus de 40 combinaisons attrayan- , \u2019 t tes, que ce soit comme élément principal, V.I bordure ou garniture, ou pour créer de L.r superbes agencements nouveaux.Pour plus ¦ de renseignements, procurez-vous notre guide de spécifications des tapis commerciaux Aspects des Styles - Le guide des caractéristiques du tapis commercial.Il suffit d'envoyer votre carte d'affaires au\t* Directeur du marketing, Tapis Harding, 85 Morrell, Brantford, Ontario, N3T 4J6.fliiSiTii BASF Fibres Inc.BASF Nous couvrons toutes les applications.Zeftron®, Zefwear® et Zefstat® sont des marques de commerce des produits textiles de BASF Corporation et une licence peut être accordée moyennant entente à cet effet. mm ggigl M*»*** (^>.-'i'S-»*,,S\u201c«» «;sS«*sS»\" * \"' 1 ^^asssesr - «îgssgüss LA MATIÈRE CRISE A VOTRE SERVICE CIMENTS CANADA LAFARGE LTÉE (Région du Québec) 625.avenue du Président Kennedy.Montréal (Québec) H3A1K7 (514)849-5621 ¦ /// fpufjSÉ' ôr' £+ 16 éfw' pUfTSiJP\u2019 Ae>4l^£- 6 £'2\" f44Lr| Voij2\tB>.AWWÉrf1 \u2018II6*!?Lumq^ ffU^ c>6 &f\\QÜ6 t |4* 14' 27 DISTRIBUTEURS AU QUÉBEC ¦ Les poutrelles de planch Nos longues portées permettent la liberté de conception que vous recherchiez! 100% :anadien ARQ.JUIN 1987, PAGE 11 MONTREAL TORONTO CALGARY A M\t&=£*Mmd\tUne division des industries jager inc.217 boul.René-Robert, Ste-Thérèse, Québec, J7E 4L1 \u2022 (514) 430-1881 MBRIQUE CITADELLE HLTEE Division de Brique Brampton Limitée r-3~ VÉRITABLE \t\t \tt é\t POUR BÂTIR '-v/siS ¦«îwhi 'jmmrn.A\u2014V r tar -Mt UU4UiUUmi||»i4! La Baie, Complexe Place Laurier, Qué.2140, boul.Ste-Anne C.P.1785 Québec (QUÉBEC) G IK 7K7 Tél.: 418-663-7821 1-800-463-1565 \t\t : \u2022 (mmi Wr.;^/'-V-^v ;¦\u2022 :'.: .\t,;\t;:\u2022>\u2022'\u2022.\u2022-Y -, .'.V\u2022 ,v; : A.';,.:.r»?: ï ' \u2019¦ \" 5\t¦ ;\u2022 ,V \u2022\u2022 '\t.¦ \u2022\t\u2022 V.'.'\tv.-v \u2022 r- %>ÿpf *1.rv 5\t-5.\t- >¦ - { .i ?%¦ s >.-i\u2022; '\tï ''V.A-A,\t¦ .^V M j ¦ .¦ .\t:\t.\t- ¦ : -¦\t*\u2022 :¦ ,v -.-¦¦¦¦/\t::M, >\tSÉïï, ,:,-V\t:\tJ ;\u2022 # y3\"'\"; -a %% \u2022*,.« ¦- , \u2022 'tJi -V' k$ç $£&Z-Tr.¦ , \u2018 ¦II?\" ' §jj .\u2022 \u2022\u2022 y ¦.¦ r-/-,.v ' '.is ip®» t:_¦ \u2022 \u2022 \u2022 v/ .;.\u2022\t;^ \u2022.;v« ¦ V,\tV ; ?iA'»WvS-ïv^Va VJ s .Viv/' .y-, s-v f.i'ÿyÿ.mm mms ÉIéiéI ' V.A éiisééë ¦\tV*;.\"T mmm .'&W.Ï V'S ËmÊÈ&Èm Couleur, fraîcheur, splendeur! Kaleidoscope Choisissez une de vos 18 teintes mode favorites, ajoutez-y quelques parcelles de couleurs, agitez et admirez.Vous y découvrirez couleur, fraîcheur et splendeur.Vous y verrez.Kaleidoscope de PEERLESS.Kaleidoscope de PEERLESS vous présente une myriade d'éclats de couleurs, tous aussi splendides les uns que les autres.Des nuances remarquables qui donnent à chacune de vos créations-décor un tel air de fraîcheur, un ton si nouveau qu'on jurerait un tapis résidentiel.D'une apparence et d'une durabilité sans pareilles, Kaleidoscope de PEERLESS est fait de nylon ANTRON® XL de Du Pont.Kaleidoscope de PEERLESS.Pour faire d'un décor une fantaisie de couleur, fraîcheur et splendeur ! ARQ, JUIN 1987, PAGE 13 Les spécialistes des tapis commerciaux LA CORPORATION DES TAPIS PEERLESS C.P.944, PLACE BONAVENTURE MONTRÉAL (QUÉBEC) H5A 1E8 TÉL.: (514) 878-6800 TÉLEX: 055-60791 DuPont ANTRON XL Architecte: Marshall Goldsworthy & Associates Constructeur: Landmark Glass 4 Aluminium Inc.Architecte: Collins Fulker McDonell Maltby Ltd.Constructeur: Columbia Manufacturing Co.Ltd.m&M Architecte: Collins Fulker McDonell Maltby Ltd.Constructeur: Columbia Manufacturing Co.Ltd.Architecte: Marshall Goldsworthy 4 Associates Constructeur: Columbia Manufacturing Co.Ltd.LEXAN LA FEUILLE «mMMMMMMHI àr liQrXPjsfr / 5HJ\tJ^SjrSI\t pu\t\tw Architecte: Marshall Goldsworthy 4 Associates Constructeur: Columbia Manufacturing Co.Ltd.\u2022\tsolidité de haut rendement \u2022\testhétique superbe \u2022\trésistance à l\u2019ultra violet \u2022\tformage à froid \u2022\tfabrication facile \u2022\tvaste choix de couleurs Appel sans frais: 1-800-268-2600 Vancouver: (604) 253-0110 «Toronto: (416) 620-2400 \u2022 Montréal (514) 336-9832 ARQ, JUIN 1987, PAGE 14 \u2022.J»' r \u2022'S'* * »' % Ramca partage avec vous cette même satisfaction d'édifier, d'innover, et d'harmoniser la qualité et l'esthétique au coeur de notre quotidien.Célébrer notre 20ième anniversaire c'est célébrer votre présence! Les Carreaux Ramca Itée Montréal 1085 rue Van Horne 15141 270-9192 Telex: 05-24555 Québec 1240 boul.Charest ouest 1418) 683-2987 Chicoutimi 1505 boul.Talbot 14181545-4555 Ottawa 515 avenue Industrial (613) 523-4758 Toronto Designers Walk 354 Davenport Rd (4161781-5521 1185 Caledonia Rd 14161 781-5521 Telex: 06-524627 Halifax vS.ARQ, JUIN 1987, PAGE 15 Design Visuel Imitée, mais jamais égalée En 1925, Frank E.Best a développé et vendu le premier barillet interchangeable ainsi que le système de clés maîtresses.Depuis, les Serrures Best sont reconnues comme bonnes premières dans la sécurité industrielle.Ces dernières années, de nombreux essais ont été faits pour imiter l\u2019idée de Frank Best.Après plus de 60 ans d'évolution et d'expérience, l'idée du barillet interchangeable demeure supérieure par sa qualité, sa commodité et son contrôle.Une qualité inégalée car les Serrures Best sont conforment aux plus hautes normes dans l'industrie.Une commodité sans égal car le barillet peut être utilisé dans toute la gamme des Serrures Best.Enfin un contrôle sans égal car Best a la meilleur système de clés maîtresses personnalisées disponibles sur le marché comprenant des codes enrégistrés spécialement pour chaque client.Faites travailler notre barillet interchangeable pour vous.Nous avons plusieurs bureaux à travers le Canada prêts à vous servir et à vous aider à établir votre sécurité.Les Serrures Best Universelles Limitée 9605, Ignace - Suite \u2018N\u2019, Brossard, Québec J4Y 2P3 Tél.(514) 659-2989.Télex: 05-267322.Notre barillet interchangeable s\u2019applique à toutes nos serrures.SERRURES \u201cBEST\u201d UNIVERSELLES LIMITÉE \u2022 .*r *; -'r 'Jr ¦ ARQ, JUIN 1987, PAGE 17 j Tu es poussière et tu retourneras béton D'accord.Cette célèbre parabole a subi un \"léger\u201d changement.Mais encore là, Ciment f! St-Laurent a changé bien des choses dans le domaine de la fabrication du béton.D'ailleurs, le Grand Livre des Miracles de la Construction en témoigne élogieusement et ce, depuis plus d'un quart de siècle! ¦ ¦- ' CIMENT ST-LAURENT le maître du concret DEMIX béton/agrégats Usines de béton: Longueuil LaSalle Montréal-Est GROUPE BETON QUEBEC Groupe de divisions de Ciment St-Laurent inc.: VIBREK\tGOSSELIN produits de béton préfabriqué/\tbéton précontraint\tGOSSELIN agrégats BÉTON QUÉBEC\tBÉTON MÉGANTIC BÉTON LEVIS BETON ST-GEORGES BÉTON DE L'ESTRIE BÉTON WEEDON BÉTON RICHMOND Laval St-Jacques St-Jovite BETON CHARLEVOIX BÉTON MANICOUAGAN BÉTON THETFORD iV&L-.v -, \u2022-=*-/-' .\u2022\u2018;.:v vy.-.- \u2022' V\u2018*j$E :*v* ;:< '\u2022\u2022.\u2022¦'\u2022 'tû ¦ , ¦ I .¦ \u2022/.-rr\\\u2019 p p Parc existant EXTRAIT DU CAHIER DE PRÉSENTATION Le Promoteur, propriétaire d\u2019un site d'une vingtaine d'hectares dans la Pointe Ste-Foy, confiait en 1982, à une équipe pluridisciplinaire coordonnée par des architectes, le mandat d'élaborer un concept pour en assurer un développement harmonieux et efficace.Le concept présenté définissait essentiellement le projet comme un ensemble de communautés de voisinage soudées entre elles et à un noyau de services par un réseau piétonnier extensif.En effet, l'analyse de projets et de quartiers existants démontra aux architectes que les projets réussis avaient tous un facteur commun, un sens de communauté.Ils répondaient à des besoins humains, comme le plaisir de se balader en sécurité, de faire des courses à pied, d\u2019avoir des lieux d'échanges ainsi que des espaces privés.Ces activités se passaient dans un cadre agréable à échelle humaine.Les rues commerciales etrésidentieiles traditionnelles qui avaient toujours maintenu leur attrait, pouvaient servir de modèle.Ce modèle servit d'abord de base à l\u2019élaboration d\u2019un concept initial pour l'ensemble du développement.Un plan d'ensemble illustrant ce concept fut complété en 1983 et permit l'obtention à la Ville de Ste-Foy d'un plan de zonage global sur l\u2019ensemble du site ainsi qu'une réglementation plus audacieuse que de coutume.Ce zonage permet d'y développer environ 1300 unités d'habitation et un noyau de services de 5000 mètres carrés de commerces et 5000 mètres carrés de bureaux, destiné à desservir un total de 5000 personnes.Le Promoteur, intéressé à conserver les espaces commerciaux comme placement à long terme, décida de donner le ton au développement et entreprit lui-même la première phase du projet.Pour respecter les fondements du concept, les architectes durent vite rejeter l'idée de centre d\u2019achats pour se tourner vers un concept de rue traditionnelle, intégrant services et habitations comme le permettait le nouveau zonage.La rue (26 mètres de façade à façade) a pu être maintenue résolument étroite malgré les impératifs de circulation automobile, de stationnement et la volonté de donner aux piétons des surfaces généreuses bordées d'arbres.L'utilisation soutenue de nombreuses baies en retrait, de colonnades et d'auvents aux rez-de-chaussée des bâtiments contribue à agrémenter le cheminement du piéton sur la rue.A mi-chemin de la rue, l'horizon s'ouvre sur un parc municipal aménagé en continuité avec une cour d'école et des équipements de loisir.Autour de ces espaces de verdure gravitent le bâtiment des halles, une école primaire et éventuellement une église.C'est le centre du projet, l'aboutissement du réseau piétonnier.Les 68 logements du projet, répartis aux étages supérieurs de six des huit bâtiments construits assurent une présence humaine permanente et une surveillance naturelle de tous les espaces publics du projet.Les espaces de stationnements et de verdure publics et privés sont clairement définis et réduisent les conflits d'utilisation possibles entre les résidents et la clientèle de la rue.COMMENTAIRE DE GEORGES ADAMCZYK DE LA THÉORIE A LA PRATIQUE La distinction entre le travail et l'oeuvre comme modèle d'action pour l'architecture, n'épuise par la réalité du faire et encore moins celle de l'usage.La tension souvent invoquée dans cette période d'autonomie du projet, entre les exigences de l'auteur et les contraintes du producteur, permet certes d'animer le débat critique mais ne résoud que peu de choses.La vie active et la quotidienneté continuent de poser un défi pour les bâtisseurs de communautés.Et pourtant, comment interpréter et commenter une réalisation urbaine et architecturale comme le Faubourg Lau-dance sans devoir constater que ces débats sont en fait à la source de la démarche proposée par les architectes?En effet, la qualité première de ce projet est de nous situer dans un courant de pensées où les questions de l'heure semblent à la fois être tenues à distance volontairement tout en étant au coeur des choix exprimés.Comme si les architectes ajustaient ici avec humilité leur savoir-faire et leur culture spécialisée aux impératifs de la situation et des circonstances sans toutefois remettre en cause la raison d'être de leur pratique et leur effort critique.C'est probablement une des leçons les plus intéressantes de ce projet.Son attitude relativiste contribue à rendre désuets bien des propos contemporains sur la ville et l'architecture, hantés par la recherche d'une approche normative.UNE CULTURE URBAINE EN FUSION.Bien que la réalisation du Faubourg Lau-dance n'en soit qu'à la première phase, l'approche pragmatique, c'est-à-dire la pertinence pratique des idées comme principes de vérité et de nécessité, se révèle à plusieurs niveaux: le plan d'ensemble, le design urbain, le choix programmatique, la typologie des bâtiments et le design architectural.L'originalité de ce projet consiste à mettre en fusion ces différents niveaux à partir d'une série de thèmes quotidiens articulés autour de la notion de communauté.Cette originalité va plus loin encore en opérant une diffé- renciation des modes de sociabilité possibles par des dispositifs spatiaux et des échelles appropriées: le logis avant et arrière, le voisinage, le centre, les grands parcours, etc., où l'idée d'échange prime sur celle de circulation, réintroduisant ainsi un système de valeurs porteur d'une définition culturelle de l'urbanité.UNE TRADITION RETROUVÉE Les architectes ont donc adopté une sorte de procédé proche du bricolage sémiotique destiné sinon à retrouver «le sens éthique de la communauté», du moins à inscrire dans l'espace construit ses principes fonctionnels de base.Au delà des à priori doctrinaires et à l'écoute de la demande sociale qu'expriment les indices du marché, la solution proposée puise dans les acquis disciplinaires sans avoir peur de recourir à des formes allégoriques anachroniques.Pour ce projet, on pourrait se souvenir des villes de l'Europe du Nord, mais plus encore de celles issues de la tradition des cités-jardins de la période «Arts and Crafts» où se superposent «deux visions de la ville: celle de la ville »médiévale« avec sa grande diversité et celle de la ville «classique» avec sa rigueur et son unité rassurante (1).Les »closes«, les impasses et les parcours piétonniers sont des thèmes figuratifs qui seront repris en Amérique du Nord autour de l'héritage de Clarence Stein avec le concept d'unité de voisinna-ge.Par ailleurs, le flottement régulateur du plan d'ensemble, ouvert au tissage futur de ce morceau de territoire reflète un réalisme éloigné de l'idéal de ces précédents et plus ajusté au contexte contemporain.UN ESPACE PUBLIC.Ce qui retient encore l'attention dans cette réalisation, c'est précisément l'emphase médiévaliste accentuée par la présence du «marché» avec son beffroi, venant fermer la perspective de la rue, retrouvant ainsi les caractéristiques théâtrales de l'espace de la ville du Moyen Age.La rue, par ailleurs, s'ordonne selon une rigueur d'inspiration classique.Elle se 26 permet d\u2019apprécier encore une fois le travail des architectes de Québec (3).Dans ce Faubourg Laudance devenu un lieu agréable à vivre, nous pouvons observer que, si à Québec la banlieue peut apprendre de la ville, à Montréal la ville pourrait peut-être aussi à son tour apprendre de la banlieue.passant par les rues, les trottoirs et le passage en diagonal protégé.La tour qu'on y trouve n'est pas sans rappeller, en quelque sorte, l'église située non loin.L'intégration au milieu est remarquable.Les membres du jury ont été impressionnés par la sensibilité dont a fait preuve l'architecte dans la conception de l'ensemble et des formes des bâtiments, sans oublier le traitement des facades et surtout celles des habitations.Les façades montrent une maîtrise très grande de l'architecture en respectant une forme de sobriété tout en démontrant une certaine joie dans les éléments, qui ne sont pas indûment répétitifs.C'est une expression architecturale qui n'a pas d'âge; elle sera appropriée en 1990 et en 1995 tout comme elle l'est en 1987.Il sera toujours agréable de se retrouver dans les beaux espaces créés par ce projet.Il restera toujours élégant.Les superbes relations avec les résidences environnantes devraient servir de modèle à tout développement futur de ce genre.présente comme un espace dégagé, rappelant la notion du «mail» ou de «promenade».Ceci procure un espace extérieur généreux et soigneusement aménagé facilitant la rencontre entre les résidants.Mais surtout, ceci renforce la complémentarité spatiale du «marché» et de «la rue» qui constituent ensemble un espace public ou se réconcilient l'échange et l'usage.Cette idée se trouve confirmée par la relation de désignation qui nomme le beffroi: Campanile, et la rue: rue du campanile.En jouant sur cette référence aux petites cités italiennes, les architectes ont pu ainsi résoudre la création d'un centre urbain.Le campanile se dresse dans le paysage comme un repère visuel appropriable à l'échelle du territoire environnant.Il symbolise en quelque sorte la rencontre entre la culture urbaine des architectes et celle des habitants.d'ensemble.Les intérêts du promoteur et l'échelle du site ont permis une approche fondatrice.Ainsi la phase 1 du Faubourg Laudance apporte par sa programmation variée la richesse des fonctions vitales nécessaires à l'idée d'une communauté.Le long terme envisagé a conduit le promoteur à prendre des risques qui non seulement augure bien de la réussite commerciale du développement, mais aussi écarte déjà du vocabulaire spatial de ce projet cette notion même de développement pour favoriser celle plus qualitative de croissance d'une nouvelle communauté.Paradoxalement, c'est habituellement des pouvoirs publics que l'on attend cette attitude prescriptive.On sait qu'elle est très souvent accompagnée de son lot de déceptions de la part des citoyens.Ici les autorités municipales ont libéré leur règlementation de ses contraintes stériles pour favoriser une démarche dont on espère qu'elle puisse se poursuivre dans le même sens (2).Pour ses grandes qualités, cette réalisation mériter d'être soulignée.Elle nous NOTES [1) J.Castex, J.Ch.Depauî ines: de l'îlotà le Ph.Pa Formes u 1977.(2)\tvoir Continuité No # 32,33, été/automne 1986 (3)\trevoir le projet d'Anjou et Moisan dans A.R.Q, no 28, décembre 1985.COMMENTAIRE DU JURY Le Faubourg Laudance témoigne d'une sensibilité très grande envers la qualité de la vie que les gens qui y habitent peuvent rechercher dans cet environnement urbain.L'échelle de ce projet est humaine, à partir des espaces publics jusqu'aux unités résidentielles supérieures, en DES ACTEURS COMPETENTS.Finalement, il faut aussi noter l'occasion qu'ont eue les architectes de porter leur réflexion au niveau d'un projet urbain \\ VIL; 7\tr\\ \\ \\\t7 n\t\\\tÀ SB 1\t_ A- n n n r\t- 1 U-p\t» i\t ~:r \\/ v * j4'j mm mm À Sienne, la Piazza del Campo, construite au 14ième siècle où la tour de Mangia, projète son ombre sur un extraordinaire pavage de briques au sol.La durabilité de la brique d\u2019argile % a\u2014i m & \t\tIB» '\t^ i\\ ar-'' i ssprs:\t¦J J&X A 'Jtud\t1J 1 MIEUX ?Fabriquée par Briqueterie St-Laurent à La Prairie, OC îjpest encore la meilleure assurance DISTINCTION'87 BIBLIOTHÈQUE FÉLIX-LECLERC VAL BÊLAI R, QUÉBEC LES ARCHITECTES BISSON POULIN \u2022\tPROPRIÉTAIRE: VILLE DE VAL-BÉLAIR \u2022\tINGÉNIEURS EN STRUCTURE: GESCO INC.\u2022\tINGÉNIEURS ÉLECTRO-MÉCANIQUE: JULES LEBEL & ASSOCIÉS LTÉE \u2022\tARCHITECTE PAYSAGISTE: LE GROUPE CONSEIL BISSON POULIN \u2022\tENTREPRENEUR: LES CONSTRUCTIONS ROGER BLOUIN INCS EXTRAIT DU CAHIER DE PRÉSENTATION Ce projet de bibliothèque maintenant réalisé s'inscrit dans le cadre d'un programme de développement de nouvelles infrastructures urbaines axées sur la culture et les loisirs afin de répondre aux aspirations d'une population de quelque 15 000 habitants.La volonté de notre client est de développer un important site à un des carrefours principaux de la ville, ce lieu regroupera à moyen terme dans un important complexe municipal, cette bibliothèque, un centre sportif abritant une patinoire, une piscine et gymnase, un terrain de jeux d'enfants, un parc de verdure, un atrium extérieur, un terrain de balle, un terrain de soccer, plusieurs courts de tennis etc.Après avoir établi un plan directeur d'aménagement du site, tenant compte des infrastructures déjà en place, c'est-à-dire les voies d\u2019accès, le terrain de jeu, le parc et une certaine végétation de valeur et guidés par les contraintes imposées par le conseil municipal, nous avons implanté la bibliothèque en bordure de l'unique voie publique et du côté ouest amorçant ainsi un encadrement éventuel de ce carrefour multi-fonctionnei.Le concept global proposé fut de créer un bâtiment à l'aspect provocateur s'affirmant éventuellement sur ce site multifonctionnel par une identité propre et dynamique.L'aménagement intérieur se veut propice au confort, à la détente des usagers tant par l\u2019utilisation maximale de la lumière naturelle que des aires ouvertes mais contrôlées.Pour l'utilisateur, nous avons favorisé un aménagement intérieur à aires ouvertes dans une enveloppe transparente et éclatée vers l'extérieur.La localisation et l'identification rapide des différents services par l\u2019usager de même que la surveillance et le contrôle par le personnel de soutien, l'ambiance propice à la lecture en toute détente favorisée par la jonction de l\u2019éclairage naturel à la lumière artificielle rendu possible par l'intégration de verrières et maçonnerie de blocs de verre et enfin une sélection de mobilier et de matériaux de finition s'harmonisant avantageusement aux îlots de verdure parsemés dans cet espace ouvert ont permis d\u2019obtenir les performances visées.IMPLANTION COMMENTAIRE DE JOSETTE MICHAUD Au moment même où le ministère des Affaires culturelles du Québec fait paraître l'ouvrage de Jean-René Lasonde sur la collection de l'ex-bibliothèque Saint-Sulpice et le présente avec l'aquarelle de l'architecte Eugène Payette, le jury du Prix d\u2019excellence en architecture recevait quatre projets de bibliothèques municipales.Un de ces projets, la bibliothèque Félix-Leclerc à Val-Bélair, conçue par les architectes Bisson et Poulin, mérite une mention spéciale.Voyons d'abord l'allure extérieure de l'édifice.Contrairement à Eugène Payette qui fait fourmiller les Montréalais à l'entrée de la bibliothèque, MM.Bisson et Poulin nous présentent une photo sans figurants.Cependant, à l'instar de Payette, ils inscrivent résolument leur expression architecturale dans la lignée de la mode de leur époque: tous les éléments de vocabulaire postmoderne se retrouvent dans la bibliothèque Félix-Le-clerc: entrée désaxée, portique à colon- IjjsaSüi nés, fronton imaginaire prolongeant le puits de lumière qui éclaire le centre de l'édifice et l'inévitable angle arrondi en bloc de verre.Le parement extérieur, rehaussé dejoints rouges, rend bien justice à l'étude formelle qui a présidé à la composition de l'édifice.Les leçons du célèbre défenseur de Las Vegas ont porté fruit.Mais entrons dans cette bibliothèque puisqu'on nous y invite.A la lecture des plans et des photos, pour le peu qu'on se souvienne de la merveilleuse bibliothèque Saint-Sulpice, on demeure interdit .devant l'absence de livres.Partout, des salles «de lecture» qui semblent faites pour lire un magazine en attendant l'arrivée du dentiste ou le départ de l'avion.Même si on se dirige très franchement au comptoir des renseignements on a l'impression qu'il n'y a vraiment pas matière à renseignement.On se met à regretter le doux temps des «enfers» des 1 PÉRIODIQUES EMPLOYÉ! COMPTOIR I i Mill J (JSBœW I I J L zzruzr .i esl ! dépôts secrets et des rats de bibliothèque.Impossible d'imaginer le rédacteur du CAPITAL dans un lieu pareil.Où donc est la bibliothèque sacrée dont les dédales nous permettaient de nous enfoncer jusqu'au mystère des choses?Le labyrinthe de la pensée humaine jeté sur papier a-t-il brûlé à jamais dans la bibliothèque enflammée du NOM DE LA ROSE.L'artiste qui a fait la verrière nous réconforte en nous signifiant que nous entrons maintenant dans l'ère informatique et l'am- phithéâtre (nommée agora sur le plan) de la bibliothèque des enfants, laquelle prend la peine de s'ouvrir sur le stationnement au cas où on aurait envie de retourner à la maison.On se demande sincèrement si ceux qui commandent des bibliothèques croient en la vertu des livres.Peut-être les bibliothèques sont-elles en train de devenir autre chose, peut-être sont-elles des lieux en mutation, des salles d'attente, de réunion, de discussion, des maisons de la culture contem- poraine?Mais, alors, qu'on se le dise et qu'on en arrive à une architecture plus articulée autour d'un programme qui ne se dissimule pas derrière un nom d'emprunt.Que les bibliothèques aient un titre réservé d'appellation contrôlée, elles ne s'en porteront que mieux! COMMENTAIRE DU JURY La bibliothèque fait aussi preuve d'une grande sensibilité de la part de l'archi- tecte et d'une utilisation habile des matériaux et des couleurs.Les relations entre les volumes ont été bien étudiées.Les espaces sont vivants et intéressants, particulièrement le hall d'entrée principal.L'atmosphère est sobre, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.Il manquait un peu d'information quant à l'environnement, mais les membres du jury ont jugé que le bâtiment répondait bien aux rigueurs de notre climat.31 MENTION '87 ÉDIFICEABUREAUX - AÉROPORT INTERNATIONAL DE MONTRÉAL DORVAL, FICHTEN SOIFERMAN ARCHITECTES \u2022\tCLIENT: TRANSPORTS CANADA \u2022\tINGÉNIEURS-CONSEILS: STRUCTURE :NICOLET, CHARTRAND, KNOLL & ASSOCIÉS; MÉCANIQUE ÉLECTRICITÉ: BOUTHILLETTE, PARIZEAU & ASSOCIÉS \u2022\tARCHITECTE-PAYSAGISTE: PARENT, LATREILLE& ASSOCIÉS \u2022\tENTREPRENEURS: CONSTRUCTION CANVAR LTÉE.ET LES ENTREPRENEURS MALDEC EXTRAIT DU CAHIER DE PRESENTATION La région immédiate se caractérise par des bâtiments de nature industrielle.La proximité de l'aéroport, en plus, rend ce milieu industriel très bruyant et pollué.L'environnement présent répond plutôt aux déplacements véhiculaires que ceux du piéton.En effet, il n'y a aucun aménagement pour piétons; c'est nettement un milieu de passage motorisé.D'où il en suit la nécessité de créer un environnement sensible aux besoins de l'individu.L'intention, entre autre, est de créer un micro-climat aménagé pour les personnes utilisant le bâtiment.Le bâtiment comprend deux zones distinctes, déterminées pardes volumes définis: un bloc en forme de L de quatre étages et un deuxième de forme irrégulière à trois étages.Ces deux volumes sont reliés par un atrium de quatre étages qui suit la forme du bloc en L.Les deux zones de bureaux sont reliées entre elles par l'intermédiaire des ponts qui traversent l'atrium sur chaque étage.Chaque zone possède un noyeau central qui regroupe ses propres services de toilettes, circulation verticale et espaces mécaniques.De façon générale, les bureaux fermés sont placés sur les périmètres extérieurs et les bords de la galerie, tandis que les aires de bureaux ouverts sont disposées entre les périmètres.Au long des périmètres, certains points de vue percent à travers l'édifice pour offrir aux bureaux ouverts des vues sur l'atrium et l'extérieur.L\u2019orientation de l\u2019édifice est telle qu\u2019elle s'adapte confortablement aux mouvements véhiculaires et au stationnement des employés.La composition volumétrique du bâtiment et l\u2019orientation du bloc de forme arrondie s'adressent directement à l\u2019aéroport situé en diagonale.Les deux axes formés par le bloc en L offrent deux entrées - l\u2019entrée principale légèrement en retrait de la circulation routière et une entrée secondaire qui adresse la route principale.COMMENTAIRE DE PETER SIEJPKES Going to airports often makes me think of an animated National Film Board movie in which Martians in a space ship observe the earth for the first time.The Martians conclude that the world is inhabited by brightly coloured, wheeled, metallic Earthlings who seem to be thriving but for one pest: large numbers of two legged non-metallic vermin who inhabit multi-storey hives.Showing pictures of slum clearing projects, the punchline of the movie is that the Earthlings are making good progress eradicating this one obstacle to bliss.The setting for the new regional headquarters for Transport Canada at Dorval Airport could have been the backdrop for \"Martians Part 2: The Earthlings conquer!\" Thousands of cars, a multitude of ramps, over- and underpasses, runways, aircraft, the smell of kerosene, the roar of engines.not a human to be observed from the air or from the ground.Dorval Airport is a 'multi-machine-interface-node' in Martian or in any other language.Designing an office building for700 humans in this setting was thus a daunting task.Fortunately, unlike the law profession where the saying goes \"Difficult cases make bad law\", in architecture the reverse is often true: \"Difficult sites make good architecture\".It certainly has been the case here.In designing the Transport Canada Regional Fleadquarters the architects, consciously or not, referred to a series of appropriate precedents: from European nineteenth century glass covered 'Arcades' to the 1904 Larkin Building to recent shopping centres and office buildings.The result is essentially an inward-looking, concrete framed, aluminum-clad office building, constructed around an L-shaped four storey brightly daylit atrium.Inward looking buildings often have problems on the outside: The European 'Arcades' do not have outsides, as they are 'tunneled through' the centre of city blocks while the exteriors of shopping centres more often than not are washed-out by the sea of cars surrounding them.The Transport Canada building was designed to '.projeter l'image reliée aux aéroports.'.It is indeed reminiscent of a modern Jumbo jet: It contains a few more passengers, but is sits there, sealed tight, glass tinted, alone on the tarmac.The skin is however not applied according to the laws of gas dynamics but what \\IU IT l:l rr ii a « ?r£ iftXP in-.Lai i / r* J must be the laws of \"austere post-modernism\": an arched or rather a semicircular window here, a modular glass-panel-led opening there, a see-through window here becomes a spandrel cover there.It adds up to quite an intriguing ensemble; exploiting the freedom offered by the technology of the curtain wall is, it seems, notunlike the way people in the crafts enjoy making quilts: pattern does not affect performance.Entering the building through one of the ends of the L-shaped atrium is a joy: The space is beautifully detailed and proportioned.The 'humane-ness' of the space is a great relief from the toughness of the surroundings.Looking out from the inside, the tinted glass is the one detail that gets on your nerves after a while.Having a coffee in the very generous groundfloor cafeteria feels a bit like riding on a Greyhound Bus.it seems to rain constantly.No wonder the building occupants prefer sitting in the section where the cafeteria ingeniously spills into the atrium; here unadulterated daylight reaches through the clear skylight high above.A good opportunity was thus missed to catch two birds with one stone; clear glass in the curved cafeteria wall would have worked better from the inside and would have made the building transparent at least at eyelevel from the outside, Too much heat gain?Putting up awnings would have created another opportunity to relax the severe exterior.Charles Moore once stated that since buildings now are all part of an electronic community, the longing for a physical, urban community is romantic old hat.That very argument could have been turned around in this case and the building might have been located either closer to the terminal building or closer to the center of Dorval.By being physically linked to either of these 'urban opportunities' the building would have been less \"stranded\", and the splendid atrium might have lived up to its full potential: a place where different people meet, take a shortcut, have a coffee.Choosing the site was not part of the architects' mandate; they designed and built an examplary structure in a difficult environment, on time, on budget.Leaving the airport, one last glance at the building revealed a touching detail: a picnic table and two chairs on a little brick patio.To confuse the Martians?32 MENTION '87 HABITATIONS CRÉMAZIE DANS.HANGANU,\u2019 \u2022\tPROPRIÉTAIRE: OFFICE MINICIPAL D'HABITATION DE MONTRÉAL \u2022\tINGÉNIEURS EN MÉCANIQUE: S.N.C.INC.\u2022\tINGÉNIEURS EN STRUCTURE: GENDRON, HORVATH, LEGAULT&ASSOCIÉS \u2022\tENTREPRENEUR: LES CONSTRUCTIONS SAM IG LTÉE.EXTRAIT DU CAHIER DE PRÉSENTATION \u2022\tUn des objectifs principaux consiste à minimiser les inconvénients inhérents au site en tirant profit de sa forme inhabituelle.L'intégration de l'édifice triangulaire construit aux limites du site proposé permet de consolider le tissu urbain existant.Par sa forme et son orientation, le bâtiment fait également figure de bouclier face à la pollution visuelle et sonore en provenance de l'autoroute Métropolitaine et du boulevard Crémazie, situés à proximité.\u2022\tLa plupart des unités sont conçues de façon à être partiellement exposées au sud, tout en étant protégées du bruit de la circulation à haute densité.\u2022\tAu rez-de-chaussée, les espaces publics telles la salle communautaire, la buanderie, la cuisinette, etc.gravitent autour de rentrée principale.La transparence à travers l'édifice créée par la salle commune représente un vestige visuel de l\u2019espace précédemment occupé par une petite rue.À la pointe du triangle, l'espace commercial élargit le caractère communautaire de l'immeuble en permettant à toute la population de fréquenter ce dernier.\u2022\tPar son volume, le bâtiment entretient un dialogue légitime avec les autres édifices imposants et importants du quartier, telles l'Église et la Caisse Populaire St-Alphonse d'Youville.L\u2019articulation de l'édifice en trois façades différentes permet une meilleure intégration au voisinage et diminue l'effet de trop grande polarisation qu\u2019un immeuble de cette taille peut engendrer.\u2022\tRue St-Denis, la façade conçue dans un même plan est ponctuée de vides créés par l'utilisation de loggias.Du côté nord protégé du bruit, les balcons en saillie forment un relief inverse à la façade précédente.Sur la rue Berri l'élévation est marquée de grands volumes annonçant l\u2019entrée et la salle communautaire à double niveau.Au dessus de l\u2019entrée, un ange protecteur, sculpture exécutée par l'architecte, veille au bien-être des habitants de l'édifice.COMMENTAIRE DE MARK PODDUBIUK Seen from the crest of St.Denis, at the corner of Villeray, the solid wedge of Les Habitations Crémazie looms above and beyond the elevated Métropolitain Expressway.A tall, slender triangular block of brick, it dominates the axis of St.Denis and draws the eye and the visual focus beyond the highway.More than just another apartment block, the building takes on a role in the urban landscape carefully balanced by the formal resolution of the programmatic requirements.In a text describing the project, the architect Dan Hanganu alludes to a dialogue between the building volume and a nearby church, between the articulation of the volume and the scale of the surrounding neighbourhood, between the transparency of the lobby carved through from one side of the building to the other and the memory of a small street through the site.There is also another dialogue, an aggressive debate between the sincerity and severity of the architecture and the elevated expressway, that tragic icon of modern urban planning.All of these relationships place the building as an active participant in the context, at once nostalgic and optimistic, exploring both the existing and hidden qualities of the site.The building possesses a sculptural quality - a carefully balanced play between the mass, a variety of large and small openings and a planar quality of the masonry that characterizes much of Dan Hanganu's work.Approaching Les Habitations Crémazie on the axis of St.Denis, it reads as a solid.Moving around the building, the mass breaks down with the manipulation of secondary volumes and a variety of windows, loggias and balconies.Larger volumes and unbroken planes respond to the highway, the distant viewpoint and herald the entrance to the building.Facing St.Denis, the rhythm characteristic of the street is reflected by loggias and windows and an abstracted hierarchy of base, middle and top.The lane elevation is composed primarily of balconies providing oblique views to the east and west.Dan Hanganu has earned an excellent reputation in the practise of architecture é \\é it !'«¦« i It aw locally and internationally.His work is rooted in a passion for the making of a building, accompanied by a modernist's appreciation of the integrity of plan, section and elevation and an underlying concern for the cultural role of architecture.While avoiding a superficial historicism, each of his projects illustrates a considered reflection of local traditions.The early row house projects on Nun's Island are arguably derived from the Montreal mitoyen wall housing - transformed, carved and planar.The Little Burgundy housing project retains vestiges of nineteenth century worker housing - polychromy, masonry, metalwork and the characteristic porte-cochère - subjected to methods of prefabricated construction and a manipulation of section.Les Habitations Crémazie marks an entirely new scale of project in Dan Hanganu's career.Completed in 1986, the eight storey concrete structure was partly financed by all three levels of government.The bureaucracy, constraints and financing of public housing unfortunately rear their ugly heads in the surprisingly conventional interior planning of the apartments.The units are small, low, and a little busy - there seem to be too many walls.The corridors are ample, lit with windows at either end but otherwise uninspired.Materials are ordinary but handled with care.All common facilities are grouped around the lobby, a carefully conceived community focus.The double storey common room opens onto an elevated terrace on St.Denis and is marked by a large window adjacent the entrance on Berri.Combined with the commercial space at the apex of the triangle, these rooms lend a convincing public image to the building that is further reinforced by the use of appropriate materials - brick, tile and large scale windows.In itself Les Habitations Crémazie breaks no new ground.Its' greatest strengths depend not on innovation but, instead, on doing the conventional remarkably well.33 MENTION '87 C.L.S.C.CENTRE-SUD LES ARCH ITECTES BOUTROS ET PRATTE \u2022\tPROPRIÉTAIRE: CORPORATION D'HÉBERGEMENT DU QUÉBEC \u2022\tINGÉNIEURS-CONSEILS CHARPENTE: SHECTOR, BARBACKI, SHEMIE ET ASSOCIÉS \u2022\tINGÉNIEURS-CONSEILS MÉCANIQUE/ÉLECTRICITÉ: LES CONSULTANTS C.R.S.INC.\u2022\tÉTUDES DES SOLS ET LABORATOIRE: LUPIEN, ROSENBERT, JOURNAUX ET ASSOCIÉS \u2022\tENTREPRENEUR: CONSTRUCTION ANGEM INC.\u2022\tUSAGER: C.L.S.C.CENTRE-SUD EXTRAIT DU CAHIER DE PRÉSENTATION Malgré son état avancé de détérioration, le bâtiment fut perçu par les architectes comme un élément important du tissu urbain du quartier construit à la même époque.Sans être un monument historique, l'ancienne Académie Garneau, par les éléments symétriques de ses façades, la proportion de sa fenestration, la minutie du détail de la maçonnerie, les corniches, etc., et par son vocabulaire architectural en général se devait d'être conservée dans une juste mesure Il semblait essentiel de préserver le caractère des façades avec leurs fenêtres aux proportions généreuses; et de sauvegarder à l\u2019intérieur certains éléments, témoins du passé, tels que: les escaliers, la grande salle du rez-de-chaussée, et les vestibules des entrées.La fenestration qui dépassait les besoins de son nouveau rôle, pouvait cependant contribuer à l'éclairage des espaces intérieurs, tels que corridors de circulation et locaux de services.Les circulations internes, étant donné la multitude des petits espaces requis par le programme, se devaient d'être claires, pour permettre à l'utilisateur de retrouver facilement son point de départ, c'ést-à-dire l'ascenseur.Une hiérarchie rigoureuse des fonctions s'imposait afin de permettre leur disposition rationnelle sur les six niveaux, dans le but de minimiser les déplacements des usagers.COMMENTAIRE DE JACQUES LACHAPELLE Au départ, il faut reconnaître que le recyclage de l'ancienne Académie Garneau, située au 1705 rue de la Visitation, à Montréal, participe à la consolidation du quartier centre-sud, déjà très touché par la démolition.D'une part, monumentale par son traitement classique et par son échelle, d'autre part, modeste par sa mitoyenneté aux habitations voisines, cette école réalisée en 1910-1912 par l'architecte J.O.Marchand reprend à son compte les ambivalences du quartier et méritait d'être conservée.De plus, dans sa fonction actuelle de C.L.S.C., elle permet de perpétuer différemment l'usage collectif auquel l'édifice était voué.Du point de vue de la conservation, l'intervention de Boutros et Pratte apparaît réfléchie.À l'extérieur, l'essentiel de la composition originale est intact.Seules, les fenêtres à battants et à imposte, si populaires actuellement, annoncent l'ampleur des travaux de rénovation.Pour sa part, le terrain vacant au sud de i'édifice n'a pas suscité de traitement spécial qui rétablirait une meilleure continuité avec les façades adjacentes.À l'intérieur, outre certaines volumétries, on a principalement conservé les entrées et les escaliers.Dans ce dernier cas, la mise aux normes a donné lieu à une ingénieuse solution de consolidation pour préserver en grande partie les balustrades originales.Mais ce qui frappe dans l'aménagement intérieur, c'est son dynamisme et sa complexité qui s'éloignent considérablement de l'esprit «beaux-arts», symétrique, simple et ordonné, de la structure ancienne.Est-ce bien là, comme le laissent croire les architectes, une réponse fonctionnelle à un programme surchargé d'espaces réduits?Qu'il soit permis d'en douter! Cette géométrie de l'équerre à 45° crée plutôt des tensions spatiales qui sont un choix esthétique.En coupe, les variations de hauteur selon le zonage pé-rimétrique ou central, contribuent à diversifier la qualification des salles.Mais, par ce moyen, les architectes ont surtout exploité avec succès la large fenestration originale pour éclairer en deuxième jour les nombreux corridors.Il résulte de ces jeux d'angles et de lumière plusieurs beaux morceaux d'architecture.Il est seulement malheureux qu'en plan, il n'y ait pas plus de dégagements, ce qui permettrait à l'ensemble de mieux respirer et éviterait l'aspect labyrinthique.Enfin, la volonté de conserver la grande salle au rez-de-chaussée, louable en soi, a compliqué la distribution du programme.Ainsi, dans leur emplacement actuel et inopportun au rez-de-chaussée, les téléphonistes doivent s'occuper de l'accueil.La véritable réception est située au 1er étage (sans compter la mezzanine).L'espace est nettement déficient pour remplir ce rôle et comporte plusieurs points d'inconfort, en particulier l'exiguïté du lieu et les nombreuses sources de bruit (proximité du téléphone public, des portes d'escaliers, de la garderie, à quoi s'ajoutent le carrefour des circulations et les surfaces murales dures qui amplifient la réflexion sonore).Mais, dans le contexte actuel du postmodernisme où la figuration imitatrice du passé devient de plus en plus fréquente en matière de rénovation, le C.L.S.C.Centre-Sud, lui, reste à la poursuite du modernisme.Les questions surgissent! Que doit-on garder de celui-ci?Comment le renouveler?Etc.À regret, il semble que le débat soit ici court-circuité à l'avance.La quête de qualité des architectes Boutros et Pratte, toute diagonale qu'elle soit, trahit plus un désir de se distinguer qu'une incitation à nourrir la polémique.34 \u2022 \u2022 \u2022 ET PUIS, QUELQUESAUTRES PIERRE BEAUPRÉ «Projets non retenus.» Dans ces trois boîtes devant moi et portant cette mention, 24 cahiers témoignent de la production architecturale québécoise des derniers mois, de ses qualités, de ses faiblesses, de quelques intentions, de quelques orientations nouvelles.On aura vu, dans les pages qui précèdent, une description et un commentaire des six lauréats choisis par le jury: un Prix d'excellence qui semble s'inscrire dans une certaine continuité, celle de la juxtaposition d'une architecture contemporaine et d'un bâtiment existant.En 1980, c'était l'université du Québec à Montréal; en 1983, le fort Chambly; en 1984, la maison Alcan; en 1985, le haut fourneau des Forges du Saint-Maurice et, cette année, le siège social de Johnson & Johnson.Recette miracle ou manifestations exemplaires d'un lieu privilégié de l'exercice architectural en cette décennie?Laissons le jury du concours en débattre.Laissons lui aussi, sans le contester, le choix des six lauréats et tentons de voir, à travers certains de ces «projets non retenus», une certaine image de l'architecture québécoise.Ce sera évidemment une image bien déformée de la réalité parce qu'extraite d'un nombre limité de projets et aussi d'une perception très subjective et très partiellement informée car je n'ai pu les visiter tous.INTENTIONS Le choix des projets auxquels je me suis arrêté, repose donc essentiellement sur leur présentation visuelle contenue dans les cahiers et les notes qui viennent en préciser les caractéristiques et, parfois, leurs intentions.Je dis bien parfois car, dans la plupart des cas, les intentions sont plutôt prosaïques puisqu'elles se réfèrent au budget alloué, au programme imposé par le client, à quelques impératifs sociologiques; en effet, dans un texte et encore plus rarement dans le dessin qui retracerait la genèse du projet, s'expriment les recherches et les intentions for- melles ou expressives de l'architecte.Je retiens cependant deux projets où, malgré certaines réticences personnelles face à la réalisation achevée et au propos assez mince du sujet, je perçois au départ une volonté avant tout architecturale et formelle.Tout d'abord, une résidence de Henri Colombani en banlieue de Montréal où le dessin exprime une composition géométrique extrêmement forte (1,2) et en fin de compte, assez fertile en perspectives intérieures intéressantes.Ensuite, la rénovation de la maison Bryson (vers 1845) dans le canton de Mansfield-Ponte-fract, réalisée par Cécilia Humphreys où la géométrie des espaces intérieurs est réinterprétée en fonction de l'implantation et de la géographie environnante (3, 4).On est loin de la richesse expressive qu'un Peter Eisenman tire de la superposition de trames diverses mais l\u2019intention architecturale, si mince soit-elle, recrée un espace pas du tout banal à l'intérieur de l'enveloppe très conventionnelle qu'on devait sauvegarder.SURPRISE Si l'intention architecturale ne s'exprime pas toujours aussi clairement au départ, plusieurs projets n'en présentent pas moins des caractéristiques intéressantes.Et tout d'abord un projet étonnant: l'aménagement d'un bureau d'architectes par Jean Côté dans un atrium à Québec.Ce qui était la cour intérieure d'une ancienne brasserie recyclée en logements a été en quelque sorte meublée d'un ensemble de structures géométriques formant un volume complexe et abritant le bureau des architectes.Une première lecture des plans et photographies qui en révèlent les volumes (5, 6, 7), donne l'impression d'un collage ou d'une juxtaposition formelle quelque peu chaotique dont l'ensemble n'est pas sans rappeler, ne serait-ce que superficiellement, l'architecture de Frank Cehry.En examinant plus attentivement les plans, on remarque que l\u2019architecte a su tirer un parti expressif de la légère irrégularité de forme et de niveau de la cour intérieure.Il a su créer un certain ordre d'une apparence initiale de chaos.Dans le détail du traitement architectural, sévit un certain postmodernisme mais sans prétention et adapté à l'aspect presque transitoire de cet aménagement.Architecture légère, lumineuse, transparente et animée; occupation pleine d'imagination d'un lieu austère; opposition somme toute assez heureuse entre l'histoire figée dans la pérennité de la maçonnerie et d'une mode colorée et vivante.Un projet trop exceptionnel pour tracer une voie mais trop neuf et trop vivant pour qu'on le laisse dans l'ombre.CONTRASTE Quelques centaines de kilomètres plus au-nord, dans un environnement rigoureux et pratiquement désertique, un autre objet qui, cette fois-ci, plutôt que d'être enchâssé entre quatre murs le protégeant et lui laissant finalement le loisir de s'épanouir sans autres contraintes, est exposé aux quatre vents.Une fleur de la toundra par opposition à une fleur de serre; l'analogie n'est d'ailleurs pas si gratuite.Le contraste vibrant qui oppose ce bâtiment à la nature où il s'implante, n'est pas étranger à celui qui oppose la grisaille de la toundra au coloris violent mais éphémère des fleurs de juillet.Il s'agit du poste Montagnais de l'Hydro Québec, conçu par Blouin et Associés (Paul Faucher et André Brodeur, associés en charge du projet) (8).Au départ, un bâtiment presque banal mais auquel les contraintes et les possibilités d'exécution technique ont su donner un caractère marquant.Contraintes de préfabrication et de transport qui ont décidé du module et du choix des matériaux; contraintes climatiques qui ont dicté l'orientation du bâtiment, la forme des toits; contraintes sociologiques inhérentes au travail en milieu isolé qui ont inspiré la géométrie des composantes.Mais au-delà des contraintes, certaines in- V v r \\ ^ t jMIÉS' fflffl EH ES fflB ffl ffl ÜMPmRHUP! yuTu HÈ.iiq JZ.h- lüllllllllllllllllllllllllllllllllllllüülil\tlllllilli AIXJ1.1 (iBKARV IÜÜb] 9 IB I SES?® ewiÊ yL.-KldlariS* WEST ELEVATION ï_______i__J\" NORTH HATLEY LIBRARY \u2022 WERLEMAN &GUY ARCHITECTS \\Z H ¦ i\u2014 [=0=1 tentions qui ont créé l'architecture: l'utilisation et l'agencement de couleurs qui identifient chacune des composantes et qui, alliées à l'identification graphique sur les toits, expriment l'artificiel et le transitoire de cette occupation du territoire; la forme des fenêtres, référant aux hublots de l'avion ou du navire, accentue ce caractère, ce contraste voulu avec le milieu naturel.CONTINUITÉ Dans un environnement plus accueillant et marqué depuis longtemps par la présence humaine, dans un petit village où se niche la discrète bourgeoisie anglophone de l'Estrie, la rénovation et l'agrandissement de la petite bibliothèque municipale de 1904.Un projet des architectes Werleman et Guy, sans prétention et réinterprétant avec une fine sensibilité les formes du début du siècle.En façade principale, un nouveau pavillon à fronton triangulaire vient faire écho à ce qui était jusque-là l'élément architectonique essentiel du bâtiment.Des formes apparentées mais d'époques différentes; un matériau uniforme qui lie le tout; un nouvel élément, un signal (l'horloge sur le toit) qui équilibre la composition (9).A l'intérieur, comme dans une grande maison de campagne, une suite de pièces différenciées par leur éclairage naturel et la hauteur des plafonds, mais liées l'une à l'autre.Les enfants, les jeunes, les adultes y trouveront, me semble-t-il, un lieu propice à la lecture.En quelques mots, une bibliothèque où semble encore possible le plaisir de lire, où la chaleur caractéristique des intérieurs existants a su être mise en valeur et liée au caractère des nouveaux espaces (10).Un bâtiment dominé par un souci d'intégration à un paysage et d'assimilation d'un vocabulaire architectural régional.Peut-être serait-il intéressant d'ajouter que c'est dans ce même contexte régional que, de façon un peu plus flamboyante, se manifestait il y a quelques années le talent de Peter Rose.FRAGMENTS Et maintenant un cadre moins douillet, un sujet a priori plus rébarbatif: aux abords du pont Jacques-Cartier, un projet de caractère industriel, le poste de relèvement de l'administration de la Voie maritime du Saint-Laurent, par l'architecte Mario Petrone.Le processus industriel a peu souvent inspiré l'architecture, tout au moins au Québec.Quelques remarquables centrales hydroélectriques ne font pas oublier la banalité ou la laideur des «parcs industriels».Pourtant, quelques exceptions heureuses: l'une d'elles soulignée par un Prix d'excellence de l'O.A.Q., il y a quelques années: le poste Viger de l'Hydro Québec, par les architectes Longpré Marchand; un autre, se méritant le Prix d'excellence du Gouverneur général en 1983, l'usine de pompage d'eau brute de la ville de Longueuil des architectes Boudrias, Boudreau, Saint-Jean.Cette année, à quelques pas de cette dernière réalisation, émerge du sol un projet qui n'est d'ailleurs pas sans affinités avec lui.Et ceci n'a peut-être rien d'accidentel car la ville de Longueuil tient à une certaine homogénéité des abords paysagers du pont Jacques-Cartier.Comme dans le cas de l'usine de pompage, un paysage vallonneux vient donc submerger l'installation industrielle d'où n'émergent que quatre îlots de béton, dominés par d'imposantes cheminées d'acier de couleur vive (11).L'industrie marque le paysage sans se l'approprier.Dans un contexte aussi chaotique que celui des abords du pont Jacques-Cartier, il s'agit probablement de l'approche la plus sage de la part des intervenants.Preuve a contrario de ceci, le triste sort dévolu au poste Viger, d'une architecture plus expressive et plus forte mais complètement oblitérée par les autoroutes et les installations industrielles qui l'entourent.Le poste témoigne donc des multiples possibilités de l'architecture, quel que soit le programme.Ici cependant, la proximité envahissante du pont Jacques-Cartier diminue l'impact visuel du geste architectural et le traitement de béton aux portes d'entrée n'est pas en accord avec la géométrie sinueuse de l'ensemble, ce qui réduit l'intérêt du projet.INTÉRIEURS Tout à l'heure, quelques fragments qui agissaient comme signaux d'une activité à laquelle finalement personne n'était convié; ici, aussi quelques fragments qui émergent du sol, conçus cette fois-ci pour inviter le passant au lieu réel de l'architecture.Deux édicules triangulaires, boulevard Saint-Michel, signalent donc la station de métro Saint-Michel de la firme LeMoyne et Associés.Bon an mal an, le métro de Montréal livre régulièrement quelques stations nouvelles, événements architecturaux qui viennent ponctuer la, trop longue monotonie d'un voyage dans la nuit.Quelques jalons ont marqué cette succession d'oeuvres d'architecture et, faut-il le rappeler, la station Angri-gnon de Jean-Louis Beaulieu devenait le premier récipiendaire d'un Prix d'excellence en architecture de l'O.A.Q.Cette année, la station Saint-Michel aspirait à la même distinction.On y retrouve ce qui fait la «marque de commerce» des nouvelles stations: une tentative d'intégration au voisinage par l'utilisation de matériaux «indigènes», la pénétration de la lumière du jour jusqu'aux quais, l'expression forte des éléments de structure et de circulation verticale.Au sol, le carrefour du boulevard Saint-Michel et de la rue Shaughnessy dicte la forme triangulaire des édicules (12) à l'un desquels vient se greffer un poste de transformation électrique.La diagonale qui en résulte se superpose à la direction générale de la station et constitue le premier d'une série de contrastes ou de contradictions dont les architectes sauront ou non tirer un parti heureux: contraste donc entre la trame qu'imposent les édicules et la direction générale de la station, contraste des matériaux, opaques et translucides, sombres et lumineux, rectilignes et courbés.Contraste enfin, et c'est peut-être là le moins heureux, entre les éléments standardisés imposés par la nature de la commande et le traitement des matériaux choisis par l'architecte.La station demeure intéressante.Retenons ce qui m'apparaît ses qualités essentielles: une structure simple et expressive, un soin apporté aux détails et tout particulièrement aux détails liés aux équipements mécaniques et à l'éclairage (13).DIVERSITÉ Enfin, puisqu'il faut limiter à quelques projets ce tour d'horizon, signalons deux projets similaires, deux stations de recherches pour Agriculture Canada; l'une à Saint-Jean par les architectes Tétreault, Parent, Languedoc Associés (14), l'autre à Lennoxville par les architectes Delorme et Morin (15).Le contexte, la fonction et le concept général des deux bâtiments possèdent de grandes analogies: plan carré, noyau central aveugle, éclairage des corridors aux angles, coins arrondis.Et, pourtant, quelques différences significatives.A Lennoxville, les architectes veulent exprimer l'impact de la haute technologie dans leur région.Ils le feront éventuellement par le choix du matériau de façade et des formes arrondies qu'on lui imposera alors que la composition générale du bâtiment, sa double symétrie, son portique d'entrée avec colonnades, la position des escaliers reflètent la démarche traditionnelle des beaux-arts (16).C'est malgré tout un plan séduisant, plus convaincant dans son organisation formelle que ne l'est celui de la station de Saint-Jean où la composition se trouve désaxée et où, au rez-de-chaussée tout au moins, l'agencement des pièces se fait sans référence à la grille structurale.La volumétrie qui en résulte, dans ce dernier cas, est beaucoup plus complexe et son expression architecturale, amplifiée par le matériau de façade utilisé - la brique -, n'est pas sans un certain caractère pittoresque (17).Voilà donc quelques projets qui illustrent l'exercice d'un métier porteur de quelques oeuvres exaltantes mais dont la mission souvant plus modeste est de contribuer au bien-être d'une population.C'est un peu ce que réalisent les projets présentés ci-dessus et même tous ceux qu'on n'a pas abordés dans le cadre de cette discussion.Je pense, entre autres, à quelques projets de rénovation soignés dont l'impact architectural est soumis au respect du bâtiment existant, aux contraintes qu'il impose; dans bien des cas, les utilisateurs sauront reconnaître la qualité de l'intervention qui n'avait évidemment pas le panache requis pour retenir l'attention d'un jury.Une dernière constatation: de tous les projets présentés, bien peu avaient pour objet et réusissaient une intégration en milieu urbain.La plupart des projets apparaissaient isolés de leur contexte ou tout simplement hors contexte.Et pourtant, en dehors du Québec, le contextualisme et les multiples interprétations qu'on en fait, demeurent la référence essentielle à tout projet significatif.Les architectes Cayouette et Saia ont su s'inscrire dans ce mode (devrais-je dire cette mode.) de pensée et se mériter le Prix d'excellence.37 A S S E M B L A G E S UNE CRITIQUE JACQUES LACHAPELLE La réunion de 11 jeunes diplômés en architecture dans une exposition commune est un événement trop rare pour ne pas susciter de la curiosité sinon de l'intérêt.L'événement montre un moyen de plus d'explorer et de faire valoir ses idées en architecture.L'occasion est belle également de démontrer l'utilité de la collaboration et de la discussion entre collègues.Enfin, l'exposition a permis une diffusion publique et, libérée des contraintes de la commande, un apport d'idées neuves comme c'était souhaitable.Le projet, anticipé de cette manière par le visiteur, était enthousiasmant mais le résultat l'a laissé sur sa faim.La présentation révèle bien des embûches.D'une part, les rares recoupements que l'on retrouve aux niveaux d'une préoccupation sociale (trois projets) ou des sites (trois projets se trouvent à proximité de Place des Arts), montrent la difficulté de l'action commune.L'esprit de groupe a cédé sa place à l'individualisme et l'exposition semble avoir servi des stratégies personnelles pour mieux se faire connaître.La qualité d'ensemble s'en est ressentie.Par manque de conviction ou par excès d'assurance, l'effort de recherche et de travail a été très inégal entre les participants.Enfin, il serait sans doute prématuré d'obliger ceux-ci à porter le fardeau de l'avant-garde: si les projets sont à l'affût de la nouveauté, l'influence des milieux universitaires et des grands courants actuels s'en ressent fortement.Deux tendances principales semblent avoir divisé le groupe: ceux qui s'associent aux théories contextualistes et ceux qui cherchent une expression artistique personnelle.LES CONTEXTUALISTES Les architectes, influencés par le contextualisme, jettent sur la ville existante un regard amoureux.Ils reprennent aussi toutes les ambivalences de cet attachement.Ils cherchent dans la ville tantôt les points d'ordre, tantôt les points de désordre.Tentés parfois de structurer le paysage urbain à l'image de quelques scènes plaisantes, ils se rebiffent en d'autres moments, désireux de perpétuer une expérience sans cesse renouvelée par la diversité et par la complexité.Les deux pôles apparaissent irréconciliables.Cette sensibilité à l'environnement urbain fait cependant largement consensus actuellement de sorte que, dans une exposition comme celle-ci, le défi de présenter du matériel innovateur ou exemplaire est très grand.A ce titre, la démonstration méthodologique d'André Lor-tie, basée sur des structures typologiques et urbaines, est tout académique.Par ailleurs dans son projet comme dans celui de Gabriel Bodson, on en vient à se demander en quoi la plantation répétitive d'arbres et l'insertion d'édifices dépassent un désir légitime et répandu d'aménager les terrains vacants, les autoroutes et les stationnements?Les deux autres projets d'insertion dans la trame urbaine ont également incorporé des considérations so- 38 dales délicates dans leur problématique.L'«habitation pour tous» de Nathalie Jean est une parodie d'une portée discutable.Par contre, le projet de Mark Poddubiuk, qui s'adresse aux sans-abri, porte à réfléchir.Réalisé sans consultation, il comporte plusieurs présomptions idéologiques sur ces marginaux, dont la plus importante est d'y voir un état d'indépendance et d'en faire une apologie de la différence.Aussi construit-il au centre-ville, entre Sainte-Catherine et De Maisonneuve, un bâtiment que les sans-abri pourraient occuper librement, à la manière des squatters.La façade latérale de cet édifice faussement abandonné est composée d'une série hétéroclite de fragments qui s'apparentent aux oeuvres de Lucien Kroll.Curieux comme l'interprétation d'une liberté des soixante-huitards et celle des clochards, en deux temps différents, reprennent le même goût du pittoresque.Y aurait-il, chez les architectes, un arché- type de la liberté dans la ruine?Les paradoxes du romantisme seraient à fouiller.Par ailleurs, l'hypothèse de voir ici, suite à une lecture de Foucault, une architecture de tolérance reste à prouver.La cohabitation suggérée impose au départ un modèle de société.De plus, situé en plein centre-ville, l'exercice d'autogestion sera bel et bien à la vue et au su de tous, surveillé en somme.Rappelant en cela les expériences d'architecture pénitentiaire des XVIIIème et XIXème siècles que Foucault analyse, l'édifice pourrait bien avoir le résultat contraire à l'effet voulu.Quoi qu'il en soit et en dehors des considérations de mitoyenneté ou de droits de vue qui ne semblent pas avoir été déterminantes dans le design, le projet demeure inspirant tant par le caractère inattendu de son intégration dans un site difficile que par la qualité de la démarche, bien rendue dans la présentation.I\tIHajBHI Si, Bgggggl !¦¦£¦¦¦! IBiaBB S B BHBht =i) .'«WWStttüOTMl 'npFTlBI iiiMPBUBSIlliliillMii PESE y.:.V/j Tïïj 'Mr P'-'vft'i ÜSH mmMi BBS h mmm ._ mm i\\z\\a 1.\tLe paravent de Claude Lamoureux.2.\tHomeless Hôtel de Mark Poddubiuk.LES IDÉALISTES La position du second groupe apparaît spontanément différente des exemples précédents dans la mesure où la localisation physique des projets importe peu.L'amour de la ville fait place à celui de la création, insistant autant sur l'idée du projet que sur sa représentation.La finalité aussi bien que les résultats s'éloignent considérablement d'une volonté de mise en oeuvre de l'édifice.Cécile Baird et Sophie Charlebois, malgré une préciosité similaire dans les dessins, ont envisagé deux perspectives de travail diamétralement opposées.Voulant explorer les thèses foucaldiennes, le projet de Cécile Baird imite certains délires, délicieux en ce temps-là, du siècle des Lumières.Cette rigidité des tracés masque ainsi les éclats brisés d'un désespoir emprunté.Malheureusement, la proposition, devant l'ambition du thème, \"¦¦H\u2014 reste c'est le cas de le dire, en plan.En comparaison, le projet de Sophie Charlebois se veut actuel, dynamique et, curieusement, urbain.Formes géométriques simples, juxtaposées ou inscrites les unes dans les autres, superposition des tracés ainsi que diagonales multiples forment des dessins abstraits où il est ardu de lire une intention d'architecture.Le désir de séduire n'a pas abouti.Howard Davis dans «House for a Rainmaker», par son texte et par les toiles expressionnistes qui accompagnent sa maquette, diversifie les moyens pour convaincre de la valeur artistique du projet.Inspiré par un discours contemporain sur le paradoxe et la «fin du langage», sa maison se veut, selon son propre terme, impulsive.«Que dessineriez-vous sans l'avantage d'avoir vu auparavant?Comment agiriez-vous si vous ne saviez que faire?» Voilà des questions qui renvoient à l'art abstrait dans un bâtiment imaginaire qui est bien postmoderniste.Le processus de création reste ainsi celui de la référence historique.Le caractère fantaisiste de l'édifice et la qualité de la présentation en font cependant un des meilleurs moments de cette exposition.Remarquable lui aussi par la diversité des modes de communication, le projet de Lucie Gauthier, Nicola Mae-der et François Rioux pousse plus loin les limites d'une thématique architecturale.Il n'y a plus ici de bâtiment mais un objet.Le jeu de mots du titre, Lit-monade, révèle déjà l\u2019intention d\u2019érudition qui multiplie les signes de références passant de l'île Saint-Hélène à l'arche, «Archétype de l'île construite», pour ensuite visiter Mantegna, la Bible et Dürer et, finalement, aboutir à un lit! L'épuisement du trajet oblige?Pourtant, ce lit, coupé en deux dans son axe central selon un profil humain et servant de base à des maquettes de bâtiments, était trop bavard pour inviter au repos.Ainsi, les figurations humaines privilégiées (l\u2019homme couché ainsi que l'homme suspendu et aveuglé) alliées à la surcharge, rendaient l'atmosphère propre à l'oppression du cauchemar alors que plusieurs formes inusitées invitaient à la rêverie.La comparaison avec la «Venice Construction» de Melvin Charney, telle que présentée à Montréal, permet de mieux évaluer ce projet.Les similarités sont frappantes.Au lit-arche-architecture des uns répond la table-galère-architecture de l'autre.Et cette table était, elle aussi, fendue en deux en son centre.Charney aurait-il servi de source d'inspiration?Qu'importe, son oeuvre offrait non seulement une plus grande unité, mais aussi une présence que le lit-monade ne parvenait pas à trouver malgré l'ampleur des moyens mis à contribution.Claude Lamoureux fait également d\u2019un meuble, ici un paravent, un projet d'architecture.L'exceptionnelle recherche de conceptualisation qu'il poursuit rigoureusement, se rapproche sensiblement de celle des peintres ou sculpteurs (autant que ces catégories peuvent encore désigner les courants actuels).En cela, le modèle de Melvin Charney se fait encore sentir.Son paravent est formé de quatre pans, eux-mêmes subdivisés en panneaux à battants cachant un vitrage.Ainsi, l'objet s'articule ou se désarticule, s'ouvre ou se ferme, se plie ou se déplie, se fait opaque ou transparent.Il oblige à le contourner et à le transformer pour l'expérimenter.C'est donc à juste titre que Lamoureux «convoquait l'effet labyrinthe» que l'iconographie appuyait.Le jeu sémantique permet ainsi de renouveler une forme conventionnelle.Ajoutons que, par son nom même de prototype, l'objet réalisé pour l'exposition était ambigu.Le mot aussi bien que la forme choisie renvoient à une production en série de paravents, mais le message technique, s'il y en a un, reste obscur.Objet d'art?Mobilier d'art architecturé?Malgré l'analogie avec un mythe édi- litaire, il reste difficile de voir, comme son auteur le souhaite, des enjeux d'architecture au-delà d'une similitude importante, mais abstraite, du travail de création.POUR UN AUTRE ASSEMBLAGE En mettant l'emphase sur l'idéation de l'architecture, la recherche de ces derniers architectes offre un champ de réflexion qui trouve une place privilégiée dans une exposition.Par contre, dans l'ensemble, Assemblages entraîne à questionner la valeur de la formule trouvée et la spécificité d'une recherche artistique de l'architecture.Par rapport à une pratique courante, la majorité des projets présentés sont trop éloignés d'une mise en oeuvre pour être applicables.En cela, une telle exposition déroute.Dans le cas d'Assemblages, il me semble qu'un mandat était aussi omniprésent que silencieux: celui de se rapprocher des pratiques de l'art visuel.Il est du moins important de se le demander car baser la pratique de l'architecture sur un modèle d'artiste qui expose comporte des pièges.Entre autres, le phénomène de l'exposition dans la pratique de l\u2019art me semble avoir des objectifs et une histoire, donc des exigences qui ne peuvent pas s'improviser.Ainsi, l'an dernier, l'événement Artist Power, réalisé par des étudiants en art de l'U.Q.A.M, de Concordia et de l'Université de Montréal avait investi un vieil entrepôt avec des installations qui visaient une expérience totale de l'espace.Ces artistes se sont fait architectes dans le sens le plus complet du terme.En comparaison, Assemblages est bien timide.Les développements de l'art visuel ont ainsi passé de l'espace de l'oeuvre à celui du lieu.La même intention, par contre, se poursuit: l'art offre dans l'oeuvre même la matière de sa réflexion.Que cette oeuvre devienne espace de l'exposition n'y change rien! En architecture, une retrospective ne vise pas comme finalité première l'étude de la présentation, mais celle du lieu présenté, un ailleurs.Ainsi, c'est surtout dans les expositions d'architecture que l'espace existe par substitution.Le lieu à étudier est absent.Or, dans plusieurs exemples d'Assemblages, cet ailleurs n'est pas pensable: on ne peut chercher un lieu autre que celui de la représentation car il ne s'imagine pas.En cela, l'intention d'architecture m'apparaît ambiguë.De plus, il est curieux de constater à quel point l'inquiétude générale sur la création et la représentation se fait au détriment d'une réflexion sur la perception de la forme et de son habitabilité.Pourtant, l'impact éventuel d'une telle expérience sur l'architecture réside dans sa capacité de mettre en cause l'habiter beaucoup plus que sur le plaisir narcissique de créer.Enfin, Artist Power, pour reprendre cet exemple, avait réuni un nombre impressionnant de participants parmi lesquels des étudiants en histoire de l'art qui ont travaillé au catalogue.Pourquoi Assemblages s'est-il restreint à un groupe réduit?Puisqu'on semble chercher un lien avec le milieu des arts visuels, pourquoi ne s'y trouve-t-il que des architectes?Pourquoi ne pas avoir profité de la période d'atelier pour véritablement ouvrir la discussion en invitant des intervenants provenant de milieux et de disciplines différents?Les dangers de l'isolement et les apparences d'élitisme ne semblent pas avoir été écartés d'Assemblages.Il serait pourtant dommage que cette pratique parallèle soit faussement perçue.Assemblages doit avoir des suites.Cette expérience peut en effet ouvrir un champ d'exploration inespéré.Par sa diversité et par les qualités de certains projets, on peut déjà le constater.Il reste à souhaiter que les architectes participants trouveront entre eux une meilleure communauté d'esprit tout en poursuivant le recherche sur la spécificité d'une exposition d'architecture.39 À PROPOS D'«ASSEMBLAGES» LUCE LAFONTAINE Tenue à Montréal en février dernier, l'exposition «Assemblages» présentait les projets de onzejeunes architectes.On pouvait y voir des dessins et maquettes voulant tout autant inviter au regard analytique, au commentaire, qu'à la proposition formelle.La notion d'assemblage, devant l'absence de thème commun aux travaux, suggère un cadre à la discussion, présumant parfois de positions divergentes.Mon intention, ici, n'est toutefois pas de commenter les oeuvres exposées, mais plutôt de présenter le motif qui préside au regroupement des participants.Cette exposition faisait suite à un atelier où de jeunes architectes tentaient d'investir un cadre différent de ceux de la formation ou de la pratique traditionnelle.L'atelier supposait pour ces jeunes professionnels un engagement au-delà de leur emploi régulier.Cette initiative nouvelle, conçue par quelques-uns en janvier 1986, s'est vue encouragée par une bourse du Conseil des Arts du Canada, programme «Explorations».Le choix des participants reposait sur une volonté commune d'entreprendre ou de poursuivre une réflexion sur les conditions actuelles de production d'un projet d'architecture.«Assemblages» débute avec la volonté d'offrir un lieu, où la proximité favoriserait une nouvelle façon de faire.L'atelier, espace de travail, se transformant par la suite en espace d'exposition.Avec l'intention de questionner les limites de la discipline comme profession, tant au niveau de l'idée de projet qu'à celui de sa présentation, il semblait important de se dégager de la commande.Sans toutefois passer outre à l'une de ses finalités (la fonction), la construction du projet d\u2019architecture ne passe pas nécessairement par sa construction.La commande, par ses exigences, tend à réduire, le processus de mise en forme.Contraint par les règles de la série client, commande, produit fini, le dessin peut perdre sa capacité d'exprimer l'idée et le concept, pour n'être souvent que limité à la seule représentation du «à construire» (dessins d\u2019exécution).Dans cette optique, «Assemblages» cherchait à établir un nouveau type de pratique où le dynamisme du voisinage des participants susciterait l'échange, l'encouragement et la réflexion, donnant lieu à un travail d'exploration et d'invention fertile.À l'histoire, la ville, la fiction et la peinture sont empruntés autant d'éléments permettant la construction d'une démarche, étayant mené les projets d'architecture vers des modes de présentation se situant parfois à la limite entre l'objet, la sculpture et la maquette, le prototype.D'une durée de quatre mois, l'atelier a permis la réalisation d'oeuvres pouvant rendre compte de la diversité des concepts et des modèles dans le champ de la production actuelle.Émergeant de cette diversité, l'intention de questionnement devient le trait commun des travaux.Tout en restant issus de démarches individuelles, les projets se sont trouvés confrontés et requestionnés.De plus, de façon à dresser un bilan critique, l'atelier a reçu en octobre des gens du milieu, praticiens, professeurs, critiques, venus commenter le travail commencé.Moyen de diffusion privilégié, l'exposition a permis de voir le résultat de cet engagement.Elle met en évidence les terrains d'exploration autant que les lieux de retraite, opposant une timide contamination des genres à la nécessaire conservation des modes de présentation établis.Maintenant terminé, le projet s'avère une expérience importante et à reprendre.Il témoigne d'une volonté de bousculer les acquis de la profession, de diversifier les conditions de production d'un «projet d'architecture».et François Rioux.r 9 « « r* 3.\tHouse for a Rainmaker de Howard Davis.4.\tLit-monade de Lucie Gauthier, Nicolas Maeder 40 ANNIVERSAIRES PIERRE-RICHARD BISSON 50 ANS: (1937).LA MORT DE VICTOR LALOUX.w'\\ Paris, Musée D'Orsay, V.Laloux, 1898-1900 et G.\tAulenti, 1982-1986.Qui est-il?L'auteur de la gare et de l'hôtel d'Orsay que Gae Aulenti vient de transformer en un des plus agréables musées du monde.Le maître de l'École des Beaux-Arts de Paris qui a vraisemblablement le plus influencé l'architecture québécoise de la première moitié du siècle.Le bouc émissaire de l'académisme français qu'une exposition va peut-être en partie réhabiliter cet été.Né à Tours en 1850, Victor-Alexandre-Frédéric Laloux n'a pas dévié de la voie triomphaliste que lui traçaient ses prénoms.Élève puis assistant de Louis-Jules André, il a repris et porté à la limite son goût des oeuvres monumentales, impressionnantes par les dimensions, l'échelle et l'ornementation lourde et majestueuse.C'est dans sa ville natale qu'on peut le mieux s'en convaincre en voyant la basilique Saint-Martin, la gare et l'hôtel de ville qui sont de lui.Grand Prix de Rome en 1878, il a parcouru tout le chemin des honneurs et des charges officielles jusqu'à son élection à l'Académie qu'il finira par présider en 1923.Coqueluche des étudiants, il fut en 1890 le centre d'un remous lorsque se posa le problème de la succession d'André comme patron d'atelier: la direction de l'École lui ayant préféré Moyaux, il ouvrit le sien et vida ainsi largement celui de son collègue! Sa popularité se maintint pratiquement jusqu'à sa mort, soit près d'un demi-siècle pendant lequel il incarna le modèle à suivre, comme tendaient à le prouver les 16 grands prix remportés parses élèves.A première vue, il n'est pas évident que l'architecture canadienne lui doive beaucoup.Des quatre Canadiens officiellement inscrits à son atelier, seul le Montréalais Paul-Marie Lemieux eut une pratique importante de 1931 à 1966.(Gordon H.\tBlackader, qui fut en seconde classe de 1909 à 1912, n'exerça à Montréal que jusqu'à la Grande Guerre où il fut tué.Hugh MacLennan, de Nouvelle-Écosse, tomba lui aussi au champ d'honneur en 1915 avant même la fin de ses études.Walter Kerr Rainsford, enfin, était natif de Toronto mais déjà nationalisé américain lors de son inscription en 1908).L'influence de Laloux s'est plutôt exercée par le biais de J.-Orner Marchand qui semble avoir travaillé pour lui et qui de toute évidence lui vouait une grande admiration comme en témoignent sa correspondance avec Ernest Cormier et bon nombre de ses oeuvres.Plus encore à travers l'enseignement de trois de ses élèves français qui dirigèrent les écoles d'architecture de Québec et de Montréal: Achille Panichelli, Max Doumic et Jules Poivert.On peut constater l'affinité de ce dernier avec son maître en rappelant que celui-ci l'avait choisi comme inspecteur du chantier de l'hôtel de ville de Tours (1900-04) et en examinant ce qui est peut-être la seule réalisation du disciple, l'hôtel de ville de Sens (Dupont & Poivert, 1898-1905), primé au concours organisé pour sa conception par un jury où siégeait Laloux: mis à part le couronnement tarabiscoté de la tour d'angle, c'est bien le même esprit.On peut d'autre part apprécier la portée de son empreinte ici en soulignant qu'il fut professeur de composition architecturale à Polytechnique et aux Beaux-Arts pendant 42 ans! La visite du musée d'Orsay avait déjà un double intérêt: celui des fabuleuses collections qu'elle permet de voir et celui de débattre du reproche que certains ont fait à Mme Aulenti de ne pas suffisamment respecter l'architecture de son prédécesseur (et qui pour ma part n'est pas fondé si l'on observe ce qu'elle a su conserver de l'ampleur spatiale et de l'animation de la gare ou si l'on met en parallèle la force de ses détails et le caractère herculéen de Laioux).Du 25 mai au 30 août, grâce à l'exposition organisé par les soins de Mme Marie-Laure Crosnier-Leconte, elle permet en outre de redécouvrir une des sources oubliées de notre patrimoine.i MTM TT^irSfw.TT- *3ï3Hfc'îro7D Hôtel de ville de Sens, Dupont et Poivert architectes, 1898-1905.70 ANS: (1917).À NOUVEAU, LE PONT DE QUÉBEC.Cette fois, ça y est, un pont ferroviaire franchit le Saint-Laurent à la hauteur de Sainte-Foy, dix ans après l'écroulement du premier projet (voir A.R.Q, no 35)1 Malgré qu'elle doive beaucoup au design de Baker & Fowler pour le cantilever qui enjambe le Firth of Forth en Écosse (1883-1890), l'oeuvre des ingénieurs E.H.Hoare et Th.Cooper fut longtemps présentée comme l\u2019une des merveilles du monde à cause de ses 548 mètres de portée, record mondial qu'elle conserve encore.Déjà, dans le quart de siècle suivant, la structure a été modifiée par l'ajout de travées pour les automobiles (1929) et sa célébrité quelque peu estompée par le remarquable développement des ponts en béton armé dont Hennebique et Maillait avaient été les initiateurs au tournant du siècle.Mais on peut penser qu'encore à Nuremberg, au matin du 18 octobre 1946, un des dessinateurs du pont de Québec, par la suite devenu ministre des Affaires étrangères du llle Reich, Joachim von Ribbentrop, ait regretté d'avoir abandonné une carrière technique qui avait commencé sous d'aussi brillants auspices.2000 ANS: (13 avant J.-C).ROME CONSTRUIT UN MONUMENT OU L'ÉQUIVOQUE N'EST PAS AMBIGU.Rome, Ara Pacis, 13 avant J.-C.HP Le Sénat d'une République qui n'en avait plus que l'illusion a voté cette année-là l'érection d'un autel dédié à la Paix pour célébrer le calme qu'Auguste venait de rétablir sur l'ensemble du territoire au terme de près d'un siècle de guerres civiles et de soulèvements des provinces.Les mérites architecturaux de l'objet sont faibles: le concept vient tout droit de Pergame, les dimensions sont modestes, les proportions étriquées.Quant au décor, son ordonnance est mal assujettie à la composition d'ensemble et son style tergiverse entre la froide sérénité du clas- sicisme athénien, le naturalisme hellénistique et le réalisme pittoresque de la tradition romaine.Malgré tout, cet éclectisme même, typique de la fin du dernier siècle avant notre ère, la finesse de la sculpture et l'excellent état de conservation générale en font une des pièces les plus précieuses de notre héritage antique.Le qualificatif d'«Augustae» que porte cette «Ara Pacis» se rapporte grammaticalement à la divinité et non à l'héritier de César, mais la double connotation à celui-ci (porteur du même surnom et restaurateur de l'ordre public) est frappante.Maintenant plus qu'à l'époque, depuis que le gouvernement italien a reconstitué l'édifice à côté du mausolée de l'empereur «démocrate», à l'occasion du second millénaire de sa naissance (1937).Néanmoins, cette relation s'imposait dès l'origine dans le récit des bas-reliefs.Alors que les experts ne s'accordent pas avec certitude à reconnaître la Paix dans aucun des panneaux et qu'au mieux ils ne la trouvent qu'implicitement sur la face arrière de la construction dans la représentation de l'épanouissement de la Terre (ou de l'Italie?), ils ont identifié non seulement le fondateur mais une douzaine de membres de la dynastie julio-claudienne strictement disposés dans l'ordre successoral et formant cortège sur une des faces latérales.Protégés des dieux (comme le laisse entendre la figure d'Énée, fils de Vénus et ancêtre de César, le père adoptif d'Auguste) et associés aux origines de l'État (illustrées par la légende de Romulus), ils incarnent le droit divin, la légitimité historique et la paix elle-même, laquelle est par conséquence moins auguste qu'augustéenne.En somme, le programme iconographique de l'autel, (que l'on pourrait intituler «La Paix au service du pouvoir»), a fait participer l'architecture à l'habile maquillage de la révolution politique qui a enterré la démocratie romaine.En 12 avant J.-C., c'est-à-dire trois ans avant l'inauguration de l'«Ara Pacis» (9 avant J.-C.), Auguste était devenu Grand Pontife et avait ainsi achevé de réunir les pouvoirs impériaux (civil, religieux et militaire).Le Sénat survivant n'a plus été par la suite que l'embrouille nécessaire à la consolidation du régime.Rome, Ara Pads (detail: La terre?, I Italie?, la Paix?) V &c,yi> & k -S?' '^V\u20182?^ V ^ *A xCV.rT> wwf/ i vVé\tV v %%o ^>v * -¦ w æ s-ox
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.