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Titre :
ARQ
ARQ s'impose rapidement comme la revue de référence pour le milieu québécois de l'architecture. Elle permet de comprendre l'évolution de l'architecture québécoise contemporaine.
Éditeurs :
  • Montréal :Groupe culturel Préfontaine,1981-,
  • Québec :Cöpilia design inc.
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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ARQ, 1988-12, Collections de BAnQ.

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[" isamtiSSM* \u2022 \u2022\u2022 ,;f :*f &gSc*.%h;'~ $*X\\W ^*«2» 8»£i diSKy EMOIRE ARQ ATS GÉNÉRAI gpfRTALCAN-ARCOP HITECTURE AU CANADA \tB ¦ f«\t\tWLt,Æ Lt V Bfl\tiv: 1 EB .Tss&:^3le»\t(MF/fcTB\t gt-io\t1 i\tI V' i\t 86M8KBMMW8 supervisio: \u2022 * ¦\t- V IMSm wfêfWjîzm La fenêtre de toit Dimension du cadre extérieur: S50 x 950 .550 x 1150 FENÊTRES ET PORTES DE QUA Pour recevoir sans frais notre brochure couleur illustrant nos produits, écrivez à: SUPERVISION Boîte postale 60 St-Damase (Québec) JOH 1J0 Disponibilité Fenêtre fixe: solin inclus Fenêtre ouvrante: solin et moustiquaire inclus Verre Panneau scellé trempé, (résistant aux chocs) Recommandation Installation dans des toits dont l\u2019inclinaison varie de 14° à 75° LA REVUE DES MEMBRES DE L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUEBEC EDITORIAL LA VILLE EST MORTE, VIVE LA VILLE! PIERRE BOYER-MERCIER 8 ETATS GENERAUX DE L'AMENAGEMENT VISION/88/ACTION PIERRE BEAUPRÉ 9 LE MÉMOIRE ARQ: VIVRE EN VILLE 18 A PROPOS DE GARES LOS ANGELES, LA DERNIÈRE DES GRANDES GARES AMÉRICAINES ALAIN FINDELLI CONCOURS ALCAN/ARCOP 1° PRIX:\tROBERT SINDON MENTION: SUZANNE GAGNON MENTION: MARTIN HOGUE ANA-CHRONIQUE A MUSEE D'UN VILAIN JEU DE MAUX PAUL FAUCHER ¦il s T Rédacteur en chef: Pierre Boyer-Mercier Comité de rédaction: Pierre-Richard Bisson, Paul Faucher, Mark Poddubiuk, Jacques Lachapelle.François Ciraldeau, France VanLaethem.Production graphique: côpilia Design inc.CROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE, 1463 rue Préfontaine, Montréal.H1W 2IM6.(514) 523-6832.Abonnements: $6.00/numéro: $36.00/6 numéros.($48.00: hors Canada), $60.00/lnstitutions et gouvernements.Courrier de la deuxième classe, permis no 5699 ARQ/Architecture-Québec est distribué à tous leurs membres par: L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC LA SOCIÉTÉ DES DÉCORATEURS ENSEMBLIERS DU QUÉBEC Abonnements: Michèle Mercier ARQ/Architecture-Québec est publié 6 fois l'an par le CROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE, corporation sans but lucratif.Les Changements d'adresse, les exemplaires non-distribuables et les demandes d'abonnement devraient être adressés au: Représentants publicitaires:\t[JJ-I a ¦ JACQUES LAUZON ET ASSOCIÉS LTÉE Il l~l ET Montréal: 110 Place Crémazie, suite 422, Montréal H2P 1B9.(514) 382-8630 Toronto: 102 Bioor street west, Suite 1100, Toronto, Ontario M5S 1M8, (416) 927-9911 Les articles et opinions qui paraissent dans la revue sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.C CROUPE CULTUREL PREFONTAINE 1988 ISSN-0710-1162 Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Québec Bibliothèque Nationale du Canada m iiïipÉlS ï 'SîSi .âges fiai\" fâw cfaf rérftifft&ctKf ôtetp orcAetffré&r rüüü^ïIROTEGEE ^to^TTawaplan imcÔÜCHES BP rTrTcYET ESGARD I r LA GAMME COMPLÈTE DES MATÉRIAUX DE COUVERTURE Quand plusieurs fournisseurs interviennent dans la conception et l'installation d'un système de toiture industrielle, le tout peut se terminer dans une belle cacophonie.Chacun joue en solo.Personne ne prend l'entière responsabilité.Seul BPCO, le plus important fabricant au Canada de produits pour systèmes de couverture, peut orchestrer complètement vos projets en vous offrant la gamme complète des matériaux et des services de couverture.0I\\I CONNAIT LA MUSIQUE Tous les aspects de votre projet seront harmonisés.Nous sommes des virtuoses de la conception de systèmes par ordinateur.Notre système de distribution et de service est au diapason de toutes vos exigences.Le suivi constant sur le site et l'aide technique seront assurés de main de maître par nos experts en systèmes de couverture BPCO.Si vous projetez l'installation d'une couverture industrielle, tout ceci devrait sonner agréablement à vos oreilles.fif/V7/7 JAT£7./7jF/rsoÆ/vos/>/ro0i//rs, SÛ/7S 00 A/or/70 /U/0A///7 9 Seule la brique d\u2019argile assure une force compressive de 10,000 Ibs/po2 et plus, soit plusieurs fois plus que toute autre soi-disant brique! La durabilité de la brique d\u2019argile, c\u2019est encore la meilleure assurance.Ç-\tT\t d\t\t \t\tL-n Fabriquée par Briqueterie St-Laurent à La Prairie, OC.\t\t LE CHO X « sas de la qualité Montco et Permacon s\u2019unissent pour vous offrir le plus grand choix de blocs de béton, de blocs architecturaux et de briques unies ou éclatées.Quand on construit, il est naturel d\u2019exiger ce qui se fait de mieux, PERMACON MONTCO.le choix des professionnels Pour connaître le dépositaire le plus près de chez vous, téléphonez à l\u2019un des numéros suivants: DCDMAPnil\tMontreal\t(514)351-2120 rCnllIAuUll\tTrois-Rivières\t(819)\t378-2721 Sherbrooke\t(819)\t564-1414 I MONTCO ¦\tQuébec\t(418)\t622-3333 Lévis\t(418)\t837-2431 Châteauguay (514) 866-1623 Edmunston (N.-B.) (506) 735-3348 Ottawa (Ont.) (613) 828-5111 ou (613) 838-3192 ¦ vidfW- Éfcfif- ZYiTï-'?. -^7 Un choix dbptions de choix Les robinets Alterna\"0.Choisissez les robinets qui vous offrent toutes les options-les robinets Alterna\"' de Kohler.Créez une harmonie de tons entre les robinets, les appareils sanitaires et l\u2019environnement décoratif avec les ornements en céramique offerts, en option, en 24 couleurs Kohler.Le nouveau système d\u2019ornements est offert dans une vaste gamme d\u2019autres matériaux y compris le bois, différents métaux, l\u2019onyx et les pierres semi-précieuses.On peut aussi l\u2019obtenir avec motifs champlevés ou monogramme, sur commande.Choisissez parmi une variété de becs et cinq finis différents.La cartouche céramique sans rondelle du système C\u201cc de Kohler assure des années de service fiable.Avec les robinets Alterna\"' de Kohler, seules la qualité et la fiabilité ne sont pas en option.KOHLERSORT DE [ORDINAIRE Voyez votre distributeur Kohler'ou écrivez à: Kohler Ltée, 7575, route Transcanadienne, Bureau 305, Ville Saint-Laurent (Québec) H4T 1V6 ou composez (514) 745-0408 «i Mt; ' i.A \u2019\u2022 I m Que la fête commence avec ce nouveau couvre'plancher! 4 VOICI LE SUFFIELD % CLASSIC CORLON ?une fiesta de petits éclats aux ~ « Tmileurs contrastantes sur tond classique vue ?\tune allure pimpante jamais en rouleaux de 6' (1,83 mm) de largeur\t\u2022 ?\tle rriotif est imprégnetlans une construction robuste de 50 mm ?\tdes touches de couleurs vives et une texture de surface subtile contribuent à masquer les éraflures ?\tles joints collés chimiquement préviennent l\u2019encrassement et l\u2019humidité Demandez-nous tous les détails concernant le Suffield en appelant à Montréal (514) 733-9981.0 I k\t^ Armstrong EDITORIAL Treize hommes et femmes attentifs penchés sur le chaud dossier de l'énoncé d'orientations sur l'aménagement de l'arrondissement centre de Montréal.Treize hommes et femmes bouleversés devant l'abîme historique d'un énoncé qui se désintéresse du bâti de son passé immédiat.Qui le désavoue par snobisme ou par pusillanimité.Je cite: «Les centres-villes se sont spécialisés (.) Cette tendance à la spécialisation a eu pour conséquence une diminution significative de l'activité et de l'animation des centres-villes en dehors des heures d'affaires.Cette époque a été associée, au niveau du bâti à l'architecture moderne, école à laquelle on doit certains grands monuments d'architecture mais également une certaine banalisation de l'environnement urbain».À croire que l'architecture moderne ne soit redevable que d'elle-même, disculpant la grande révolution industrielle de ses bouleversants apports technologiques: l\u2019automobile et l'ascenseur pour n'en nommer que deux bien en cause.À croire que l'architecture moderne ne soit redevable que d'elle-même, blanchissant les gouvernements de leur manque de politiques d'aménagement, ou les promoteurs de leur cupidité.Faute de discernement on semble préférer l'allégeance protectionniste, la momification urbaine, prônée par nos docteurs de l'architecture.Faute de discernement, on ranime souvent les vieux bâtiments en y transplantant quelque organe étranger et on récupère à grand prix quelques pierres en façade qui doivent se trouver bien ridicules.Les auteurs de l'énoncé peuvent-ils s'imaginer une ville dont la mosaïque future pourrait se composer defragments de sa mémoire formelle.Anachronique consolidation d'une génération en mal d'identification,condamnant prématurément sa modernité; l'essentielle et actuelle pulsation sociale, culturelle et économique de la ville.Nous craignons (si ce n'est déjà fait) que la préemption des «conservationnistes» ne devienne un privilège à l'euthanasie urbaine par mimétisme ou par immobilisme.Alors que la mémoire d'une ville contient implicitement et paradoxalement sa continuité, sinon sa survie dans le renouvellement, l'imprévu, l'audace et dans l'intuition: le génie du lieu d'un certain moment donné d'une certaine société.À tous ceux donc qui façonneront les politiques d'aménagement de notre ville, j\u2019offre cette histoire tirée des «villes invisibles» d'Italo Calvino.LES VILLES ET LA MÉMOIRE «Au delà des six fleuves et trois chaînes de montagnes surgit Zora, ville que ne peut oublier celui qui l'a vue une fois.Mais ce n'est pas qu'elle laisse dans le souvenir comme d'autres villes mémorables une image hors du commun.Zora a la propriété de rester dans la mémoire endroit après endroit, dans la succession de ses rues, et des maisons le long des rues, et des portes et des fenêtres des maisons, bien qu'elle n'y déploie aucune beauté ou rareté particulière.Son secret est dans la façon dont la vue court sur des figures qui se suivent comme dans une partition musicale, où l'on ne peut modifier ou déplacer aucune note.L'homme qui sait de mémoire comment Zora est faite, la nuit quand il ne peut dormir il imagine qu'il marche dans ses rues et il se rappelle l'ordre dans lequel se suivent l'horloge de cuivre, l'auvent rayé du barbier, la fontaine au sept jets d'eau, la tour de verre de l'astronome, le kiosque du marchand de pastèques, la statue de l'ermite et du lion, le bain turc, le café du coin, la traverse qui conduit au port.Cette ville qui ne s'efface pas de l'esprit est comme une charpente ou un réticule dans les cases duquel chacun peut disposer ce qu'il veut se rappeler: noms d'hommes illustres, vertus, nombres, classifications végétales et minérales, dates de batailles, constellation, parties du discours.On pourra, entre chaque notion et chaque point de l'itinéraire, établir un lieu d\u2019affinité ou de contraste, qui serre à la mémoire de rappel instantané.Si bien que les hommes les plus savants du monde sont ceux qui savent Zora par coeur.Mais c'est inutilement que je me suis mis à voyager pour visiter la ville: contrainte de demeurer immobile et égale à elle-même pour qu'on s'en souvienne mieux, Zora languit, s'est défaite, a disparu.La Terre l'a oubliée.» À bon entendeur salut! PIERRE BOYER-MERCIER 7 PIERRE BEAUPRÉ La Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal a vingt ans.Un événement! Une occasion! Celle d'un congrès sur les États généraux de l'aménagement au Canada, tenu les 13,14 et 15 octobre derniers à Montréal.Six cents inscriptions, quatre grandes conférences, quatre ou cinq ateliers se déroulant en parallèle autour de sept thèmes principaux, une exposition et quelques manifestations sur la place du Complexe Desjardins, et finalement, un banquet marqué par la présence et l'allocution de Moshe Safdie.Le doyen Jean-Claude Marsan et la coordonnatrice Patricia Falta méritent d'être félicités du succès de l'événement.Face à l'université, la faculté a fait la preuve de son dynamisme, de sa capacité de réunir praticiens et théoriciens d'un peu partout au Canada; ils y ont débattu, sans discours hermétiques et dans un souci évident d'implication immédiate dans la société, de thèmes très pertinents dans ce contexte actuel où la sauvegarde de notre environnement devient de plus en plus essentielle.En organisant pour une première fois une manifestation de cette ampleur au Canada, la faculté a aussi justifié ses prétentions à un rôle de premier plan au sein de la collectivité universitaire canadienne.Denys Marchand lance la revue «TRAME».Complexe wv*ornpiexe M Desjardins L'impact du congrès a cependant été moins évident sur l'ensemble des architectes du Québec; peu d'entre eux ont assisté au congrès, sinon ceux que les grands corps publics y avaient délégués.Serait-ce que, malgré les mains tendues de part et d'autre, on ne puisse rétablir le pont qui semble presque inéluctablement brisé entre l'université et la pratique.Et pourtant le congrès, par les thèmes qu'il abordait - entre autres, conservation, informatique, sciences sociales, créativité - voulait informer et enrichir directement la pratique actuelle.Comment rendre compte aujourd'hui du déroulement de ce congrès?Nécessairement de façon partiale et sélective compte tenu évidemment de la simultanéité de plusieurs événements, mais aussi de la distance qui subsiste toujours entre les quatre champs d'activité que chapeaute la faculté: architecture, urbanisme, architecture du paysage et design industriel.L'architecture demeure, de ces quatre disciplines, le domaine privilégié des médias même dans ce pays où elle ne jouit ni de la passion d'un prince ni de celle d'un président et où «on adore être médiocre., avec acharnement» si on doit en croire Melvin Charney.C'est à un survol des grandes tendances de cet art depuis 1964 - année de la fondation de la faculté d'architecture, ne l'oublions pas - que nous conviait Melvin Charney.Discours mordant, caustique, mais aussi très émotif, nostalgique même dans son entrée en matière où il évoque la figure de Reyner Bauham.Ce dernier, décédé au printemps dernier, avait amorcé l'entreprise de démystification du style international au début des années soixante et permis ainsi l'essor de toutes les écoles qui suivirent.Charney évoque ensuite les débats majeurs de ces années, ceux que suscite Venturi par son opération de décodage des signes populaires et ceux qui ne prendront forme qu'un peu plus tard, amorcés par la réflexion d'AIdo Rossi sur l'architecture de la ville.L'importance aussi de Colin Rowe qui, à Cornell, abordait les notions de contextualisme et de forme urbaine; celle de Sterling qui avec Krier créait une première image saisissante de ces notions dans son projet de restructuration du centre de Derby.Pour Charney s'élaborent ainsi les bases d'une véritable architecture, art de représentation qui doit puiser dans l'imaginaire collectif et individuel, alors qu'au Canada on en est encore à créer des objets simulacres; témoins de ceci l'hôtel de ville de Mississauga qui pige dans les images fournies par Krier et Rossi, le Musée des Beaux Arts du Canada, collage des idées des années 60.Et derrière tout ceci, l'ombre démesurée de Philip Johnson qui fait et défait toutes les modes en Amérique depuis 1932 - année de l'exposition «Modem Architects» au Musée d'art moderne de New York qui consacra le «style international».On ne résumera pas en quelques mots cette conférence riche de multiples digressions et commentaires.Peut-on cependant espérer que la faculté de l'aménagement en publie un jour le texte?Il serait d'ailleurs aussi très intéressant de pouvoir lire les considérations de Peter Oberlander sur quarante années d'urbanisme au Canada ou encore le plaidoyer de Peter Jacobs pour un éthique sociale en aménagement.Des ateliers qui accompagnèrent les quatre grandes conférences disciplinaires, on retiendra d'abord la multiplicité des orientations proposées, reflet des préoccupations actuelles de chacune des disciplines: conservation, informatique, tiers-monde, créativité, consultation, sciences sociales, formation.On y aurait sans doute retrouvé il y a quelques années d'autres thèmes - linguistique, épistémologie, modèles mathématiques -et en ce sens le choix proposé reflète aujourd'hui la tendance actuelle des disciplines de l'aménagement et en particulier de l'architecture à réfléchir sur la base de leur propre existence plutôt que de se nourrir exclusivement de toutes les sciences qui les ont abreuvées au cours des dernières années.Le thème de la conservation est peut-être celui qui offre les horizons les plus vastes, se présentant pour certains comme un obstacle à la création, pour d'autres comme une idéologie d'avant-garde ou enfin comme le lieu privilégié de l'affrontement des grands courants sociaux.À cet effet l'atelier où se discutait l'avenir de Pointe-Saint-Charles mettait en évidence les séductions mais aussi les pièges et contradictions d'une politique de conservation et de réanimation d'un quartier.D'une part, la réappropriation des espaces industriels laissés vacants par des bouleversements économiques qui dépassent le cadre de l'agglomération montréalaise; d'autre part les pressions sociales qui en résultent sur une population désormais sans emploi, la privatisation d'espaces collectifs et l'édulcoration d'un paysage industriel.À une échelle plus générale, c'est la pertinence même du discours actuel des conservationnistes qui fut mis en cause, non tant sa mission de sauvegarde que sa présence envahissante qui, désormais, teinte trop d'interventions en milieu urbain.C'est du moins la crainte qu'inspirent les lignes que consacre au patrimoine l'énoncé d'orientations sur l'aménagement de l'arrondissement centre où la volonté d'harmonisation pourrait étouffer toute invention.D'autre part, même si l'architecture s'affirme de plus en plus autonome, les sciences sociales peuvent encore l'informer, aider les architectes à fournir une réponse plus adéquate aux besoins de la société.Quelques mots poùr signaler ici les expériences et recherches qui se poursuivent sur le comportement de divers types d'usages et qu'illustrait la démarche poursuivie pour le Centre jeunesse de la Montérégie.Pour clôturer le tout, Moshe Safdie, sans contredit la superstar de l'architecture canadienne.Son discours fut cependant décevant; plus qu'à une réflexion sur la pertinence de ses interventions en milieu urbain, ce fut pratiquement à une énumération de ses oeuvres récentes qu'eut droit son auditoire.Et pourtant le Musée de la civilisation de Québec offrait une belle occasion de discuter, avec un bon exemple à l'appui, des mérites d'une intégration contemporaine en milieu historique.Le Musée des Beaux Arts de Montréal aurait aussi pu être le prétexte à une discussion sur les difficultés d'intégration, sur les problèmes de la consultation - l'un des thèmes d'ailleurs de l'un des ateliers - sur le caractère spécifique du contexte montréalais.À trop vouloir embrasser, de Jérusalem à Ottawa en passant par New York et Toronto, c'est à une vision superficielle de son oeuvre que nous conviait Moshe Safdie.Déception, soit, mais doit-on regretter pour autant l'occasion qui nous a été donnée de rencontrer à Montréal un architecte qui aura marqué la décennie dans les grandes villes de l'Est canadien? Mémoire préparé pour la consultation publique sur l'aménagement de l'arrondissement centre de la ville de Montréal suite à l'invitation lancée à un groupe d'architectes par le comité de rédaction d'Architecture-Québec.POUR UN IDÉAL Dès le préambule du document de l'énoncé d'orientations pour l'aménagement de l'arrondissement centre, les auteurs se censurent pour intégrer deux données qui seront des sources de compromis dans le développement de leur pensée.En effet, «s'harmoniser avec le schéma d'aménagement adopté par la Communauté urbaine de Montréal, dans l'esprit de la loi sur l'aménagement et l'urbanisme» dilue la possibilité d'une expression fraîche et généreuse de la ville dans l'exploration de son contenu propre, (p.IV) Aussi, «l'analyse des thèmes prioritaires, établis sur la base des discussions du sommet économique 1987 identifie le Design urbain, le patrimoine, les espaces publics, l'accessibilité et les équipements collectifs comme fer de lance de l'expression du centre de la ville».Soumis à ces thèmes seuls (ainsi hiérarchisés), les principes et concept d'aménagement faisant l'objet du chapitre deuxième risquent de nourrir le statu quo plutôt que de stimuler une vision spéciale pour la ville, (p.V) Si l'énoncé d'orientations nous informe sur l'énormité du travail à faire à Montréal, il ne valorise pas pour autant une vision stimulante pour la ville.Il cherche plutôt à atteindre une béatitude locale enchâssée dans des critères spatiaux limitant l'imagerie à des soubresauts du siècle passé.Il rassure sur l'intégrité morale de ses auteurs et tout à la fois tire un voile sur l'exploration pour la transformation de notre fond urbain.Ce que cette consultation doit atteindre prioritairement est de nommer les vraies motivations locales autour desquelles nous pouvons nous associer.L'opportunité historique qu'offre la formulation d'un plan d'urbanisme pour la ville et son centre nous appelle à contribuer à l'avenir de la cité et nous incite au dépassement, à la découverte, nous demande de nous ouvrir à l'inconnu, à l'idéal.JACQUES ROUSSEAU ARCHITECTE ET PROFESSEUR LIMINAIRE Le présent document regroupe les résultats des réflexions collectives d'un groupe d'architectes, suite à leur lecture, au sens précis comme au sens large, de l'énoncé d'orientations sur l'aménagement de l'arrondissement centre de Montréal.Ce groupe d'architectes, par souci d'objectivité vis-à-vis du document comme de la profession, a cherché à s'établir au-delà des restrictions d'espèce ou d'idée et a donc volontairement rassemblé tant des universitaires que des praticiens, tant des anglophones que des francophones, d'âge et de plan de carrière différents.Ces treize hommes et femmes signataires sont Jacques Rousseau, Georges Adamczyk, Paul Faucher, Réjean Gagné, Danny Pearl, Mark Poddubiuk, Randy Cohen, Howard Davies, Pierre Boyer-Mercier, Madeleine Demers, France Vanlaethem, Marie-Paule McDonald et Anne Cormier.Cette recherche de la diversité donc de la richesse de perception, (le groupe a varié de quinze à vingt intervenants selon les réunions) conjuguée au court laps de temps imparti par la Ville à la réflexion demandée (moins de sept semaines entre l'assemblée officielle d'information et le dépôt des mémoires) ne nous a pas orientés vers une action de synthèse.Il ne pouvait s'agir de présenter à notre tour au comité consultatif notre énoncé d'orientations sur l'aménagement de l'arrondissement centre.Projet trop restreint par le cadre imposé, en même temps que trop vaste pour le temps disponible.Ni comme groupe constitué ni comme individus, ne voulons-nous prétendre opposer nos vues à celles des élus ou du public: nous ne présentons pas les textes du présent mémoire comme correspondant à une action spécifique et limitée mais bien plus essentiellement comme le résultat d'une réaction globalisante et ouverte au document qui nous est soumis.Ni comme entité idéologique, ni comme professionnels à divers titres de l'aménagement, ne pouvons-nous prétendre confronter nos opinions à celles du service de l'habitation et du développement urbain: nous ne présentons pas les textes du présent mémoire comme correspondant à une contre-proposition systématique et restrictive mais bien plus essentiellement comme le résultat d'une réaction professionnelle généreuse et partageable au document qui nous est proposé.Ce que nous voulons suggérer au comité consultatif peut se résumer en quelques phrases-clés: \u2022\ttoute démarche sociale historique doit se donner le temps de réussir \u2022\tla perception de l'identité d'un lieu exige une vue profonde \u2022\tla ville est plus que la somme de ses parties \u2022\tl'habitat est le moteur principal de la cité \u2022\tle patrimoine doit être générateur de devenir \u2022\tl'urbanisme est un outil social \u2022\tle design urbain n'est pas une fin mais un moyen \u2022\tl'action collective efficace doit faire appel aux compétences collectives effectives.C'est dans ce premier sens d'une plus généreuse ouverture de vision sur un débat historiquement sans précédent ici, et dans le sens second d'une plus enrichissante moisson de visions professionnelles diversifiées et disponibles que ce débat doit motiver, que nous nous sommes bénévolement mobilisés.Non dans l'attente d'en profiter privément demain mais dans l'espoir d'y participer collectivement maintenant, non dans l'intention de nous faire valoir momentanément mais dans le désir d'engager un rapport suivi avec les responsables de cette action.À la fois comme témoins attentifs et lucides de leurs gestes et comme participants enthousiastes à leurs objectifs.On trouvera ci-après un résumé de ce qu'aurait pu être le texte d'un mémoire de réponse aux documents qui nous ont été présentés si le temps n'était devenu, dans le processus suggéré, un tel handicap à une réponse véritablement articulée de notre part.On trouvera également un certain nombre de commentaires et de propositions s'attachant, dans les limites du temps et des moyens impartis à identifier, illustrer, animer, dégager certains éléments majeurs d'une telle démarche que les besoins de la vulgarisation du débat, sans doute, ont trop hiérarchiquement amoindris par rapport à leur caractère prioritaire.Nous les offrons pour le moment à votre considération, au titre de notre participation initiale à une démarche qui devrait tous nous impliquer, plus que toute autre, en ce temps et en ce lieu.LE GROUPE DES TREIZE N.B.Étant donné l'espace restrictif du contenu éditorial de la revue, il nous a été impossible de reproduire tous les textes et dessins soumis dans le mémoire.Nous avons donc dû exclure des interventions importantes mais de nature plus particulières.Ainsi des textes de Ré jean Gagné («Urbanité et planification: la situation de Montréal» et «Sur le cadre réglementaire») des textes de Marie-Paule Mcdonald («Espace urbain et politique familiale») et de Georges Adamczyk («Le cas du centre-est») ne sont pas reproduits dans cette édition.Ces textes sont cependant disponibles sur demande au bureau de la revue.9 UN MOMENT HISTORIQUE La mise au point d'un plan d'urbanisme constitue un moment historique pour la ville de Montréal.La démocratie municipale où un gouvernement municipal, à l'exemple du système parlementaire canadien ou québécois, est récente et ce, non seulement à Montréal mais à la grandeur du Québec.Le pouvoir municipal s'exerçait plutôt par la volonté et les intérêts d'individus, sans base populaire ni programme électoral, ni réel parti politique.C'est l'administration de l'hygiène et de la sécurité publiques qui a généré les codes et règlements de construction et de zonage.En dépit de l'urbanisation, pas de plans d'urbanisme.En dépit d'un service d'urbanisme, d'une tentative au début des années '60 d'instaurer un plan d'urbanisme, il y a un hiatus entre la politique et l'administration de la question urbaine montréalaise.L'urbanisme de Montréal s'est taillé à coup de grands projets, ou de grands desseins - plan Dozois, Expo 67, Olympiques qui ont suscité une ferveur populaire dans un système plutôt autarcique.La gestion réglementaire s'effectuait au cas par cas, de même que la contestation urbaine, en l'absence de plan d'urbanisme ou de projet d\u2019ensemble à critiquer.Certains meubles ont ainsi été sauvés, mais on assiste de plus en plus à des mouvements de contestation fondés sur un statu quo plutôt que sur une prospective urbaine.Comme il est mentionné au document «Énoncé d'orientations» la disparité actuelle des orientations d'aménagement du territoire ainsi que des mécanismes d'application réglementaire finissent par créer une grande confusion.Montréal - tout comme la ville de Québec - jouit d'une charte particulière en regard de la consécration légale de la démocratie municipale et supramunicipale par la loi 125, s'appliquant à l'ensemble du Québec, sauf Montréal et Québec, Montréal demeure anachronique.Dans cette optique, le plan d'urbanisme que doit établir la ville constitue un enjeu crucial.D'où la nécessité de tenir des consultations publiques à ce sujet.Comme ce plan sera une première pour l'histoire contemporaine et l'avenir de Montréal, il importe donc de s'assurer de la validité de la consultation publique, et de ne pas précipiter la réalisation du plan d'urbanisme qui est, rappelons-nous, l'outil principal de réglementation et de gestion du développement urbain pour les années à venir.Ce plan consacre les pouvoirs de l'administration municipale, qui a le premier et le dernier mot sur ce qui peut se construire, comment cela peut se construire et par qui cela se conçoit-il.L'administration a en plus pour tâche l'application des lois régissant le bâtiment; c'est elle qui définit les siennes propres et qui en plus définit quelles fonctions peuvent cohabiter dans un même secteur, et nous en passons.Cependant, la complexité de cet enjeu, la problématique réglementaire, l'intégration des thèmes proposés dans une vision cohérente de la ville sont pratiquement éludées dans le document servant de base à la présente consultation.Celui-ci propose par contre beaucoup d'images, rassurantes et réconfortantes aux yeux de beaucoup, mais inquiétantes ajuste titre à nos yeux, surtout si elles acquièrent force de loi, surtout si l'on compose un plan d'urbanisme par l'addition de plans sectoriels de design urbain.Nous nous inquiétons que le vide possible du plan d'urbanisme laisse encore toute la place au cas par cas et que ceci se substitue à la gestion et à l'imputabilité de l'administration.Ce serait la confusion des rôles et des responsabilités, mais peut-être une «dictature par plébiscite»; certes le déni qu'une administration municipale contemporaine puisse exercer un pouvoir autre que celui provenant des groupes d'influence et de pression.NE RATONS PAS CE RENDEZ-VOUS AVEC L'HISTOIRE Le document soumis pour la présente consultation témoigne de la volonté qu'a la Ville de résoudre les conflits, d'harmoniser la ville.Mais il faut resituer ces consultations publiques pour l'arrondissement centre dans le cadre du plan d'urbanisme pour l'ensemble de Montréal.Il faut étayer l'opinion des citoyens que l'on consulte avec des références pertinentes à l'histoire urbanistique de Montréal, ainsi qu'avec les théories et pratiques urbaines contemporaines.-Il faut avec assurance, inscrire Montréal, sur la.liste des villes inventives, dynamiques et aller vers le 21e siècle! MADELEINE DEMERS ARCHITECTE, URBANISTE L'IDENTITE MONTRÉALAISE L'identité montréalaise ne saurait se résoudre par la simple adéquation fleuve-montagne; on n'aurait touché alors que les simples composantes géographiques majeures du lieu, sans rien extraire de parlant, d'indicatif ou d'illustratif, ni sur le plan historique ou culturel, ni sur le plan psycho-social.Or une agglomération humaine, au même titre qu'un banc de corail, est toujours la preuve après le fait d'un faisceau complexe de données essentielles qui en ont permis sa création initiale, sa persistance jusqu'au moment où on l'observe, et sa durée future indéterminée, dans un avenir qui nous échappe en bonne part comme son passé.L'homme est par nature un mauvais observateur de sa cité! Bernard Huet dit, dans un article intitulé «L'architecture contre la ville», paru dans le numéro 14 de la revue d'architecture A.M.C.: «Aucune société ne peut se passer d'avoir une idée de la ville.La ville fonde sa réalité sur la continuité et la permanence dans le temps et dans l'espace.Le temps de la ville, celui de son projet, relève de la longue durée, il est celui d'un processus de reconstruction et de refondation permanente.» Il est essentiel si l'on compte s'interroger sur la ville d'interroger la ville, d\u2019où la nécessité d'une analyse historique de son essence.Bernard Huet continue: «La ville est le lieu de la convention par excellence.C'est elle qui ordonne les hiérarchies sociales, fixe les règles du jeu des significations sociales.C'est pourquoi la ville est par nature conservatrice.Elle résiste aux transformations radicales qui mettraient en péril le système des conventions qui la fonde.» Il est donc essentiel de procéder à une analyse psycho-sociale de sa matière et d'extrapoler plus précisément la tessiture variable de ses lieux, des plus stables parce que plus saturés de conventions au plus mobiles parce que démunis de celles-ci, des plus respectables parce que chargés de significations extérieures aux plus développables parce que disponibles à l'expression de signifiants nouveaux: Bernard Huet dit encore: «Si nous examinons bien la situation de l'architecture et de son rôle historique dans la ville, il existe un rapport d'absolue nécessité entre la ville et l'architecture puisque c'est à travers elle que transitent toutes les valeurs monumentales de la collectivité.Mais aussi, l'architecture perd toute signification à partir du moment où elle s'isole du système symbolique qui ordonne la ville.» Nous croyons retrouver dans cette situation l'essentiel de ce qui a tué le Montréal éminemment sympathique du début du siècle, fruit d'une mixité jusqu'alors entretenue, par l'imposition brutale et accélérée d'un zonage expansionniste unifonction-nel.Nous croyons également trouver dans ce texte un indice probant de la ségrégation élitiste profonde imposée à l'exercice de l'architecture tant par les habitudes sociales du milieu que par les architectes eux-mêmes, au cours de cette période.Sur la base de ces constatations préalables, nous ne pensons pas que l'expression de l'identité d'une ville, hors un fleuve et une colline, puisse se résoudre adéquatement par le biais d'une approche institutionnalisée basée sur des modèles trop simplement empruntés et trop systématiquement répétitifs.L'identité montréalaise prend ses origines dans une démarche radicalement opposée à celle du Québec, surprenamment ouverte aux influences du pays qui l'entoure et liant avec ses places avancées et ses satellites un réseau étendu de communications.La lecture du livre récent de Heinz Weinman «Du Canada au Québec» serait à recom- j I1 1 ï il iüî M.g ip'À mander sur ce point.Ouverture, lieu d'étape, et passage obligé sont les vocations qui marqueront ce lieu et le développement de son agglomération progressive des satellites qui l'entourent.Le changement radical qui survient lors de l'établissement d'un zonage aérien qui en densifie l'occupation théorique au détriment de son habitation réelle, la spéculation qui provoque et entretient la création de heurts et de trous dans son tissu et en déchire la continuité, n'en ont point moins marqué à leur tour l'identité montréalaise: l'histoire de Montréal est telle qu'elle se lit dans les faits aujourd'hui, et puisqu'il faut déchiffrer les couches successives de la ville, il faut en déchiffrer méthodiquement toutes les couches, des plus physiques aux plus temporelles, des plus permanentes aux plus éphémères, des plus pourvues de symboles aux plus démunies de précédents, des plus finies aux plus investissables.La mixité abandonnée et maintenant regrettée n'est pas indissociable géographiquement d'un zonage moderniste et maintenant regrettable que l'on doit assumer en le réhumanisant.Le cas des résidus, stationnements, vides laissés en jachère pour les jeux incontrôlés de la surenchère promotionnelle, bâtiments abandonnés par spéculation, espaces enclavés non actuellement construisibles, emprises de voies ferrées inopérantes ou de voies rapides imposées, constitue une partie prenante d'une identité en devenir, à ne pas oblitérer sans réflexion préalable sur la vocation à long terme et sur les codes et règlements qui, s'ils étaient modifiés, en amélioreraient la récupération utile et stimulante.Si l'on compte aboutir à une identification sensible de cette ville en ce moment, à une synthèse partagée de ses tenants et de ses aboutissants, à une amélioration dynamique, inventive et humaine de son avenir, l'on ne peut se contenter d'une quête ambiguë de continuité et de renforcement du tissu d'une ville qui n'a jamais été une.Et l'on ne peut réaliser cet objectif par le seul biais normatif.Jacques Rousseau a écrit: «La ville est incomplète.Le travail de consolidation de la ville passe par le travail sur le détail de la ville: une morphologie de points investit l'idée de la cohérence de l'ensemble.» Cette morphologie lucide et volontaire ne peut provenir que des architectes.PAUL FAUCHER ARCHITECTE POUR L'INTERVENTION STRATÉGIQUE Face à l'absence de vision de la Ville, au mimétisme figé et à la dissimulation du passé récent que propose l'Énoncé d'orientations, nous insistons sur l'importance de l'intervention stratégique (c'est-à-dire de la transformation, de l'élaboration ou «specta-cularisation» du domaine public) essentielle à l'exploitation du potentiel urbain et source de nouvelles formes de vie urbaine.Nous proposons les principes d'intervention suivants: COMPRENDRE L'EXISTANT -\tPar ('INTUITION, l'IMACINAIRE, et la MÉMOIRE: -\tparla RECFIERCHE historique, urbaine et architecturale, théorique et comparative.INTERPRÉTER ET EXPLOITER L'EXISTANT -\tPar rapport à un DISCOURS urbain et architectural, local et international; -\ten INVENTANT la ville plutôt qu'en la MIMANT ou qu'en la DISSIMULANT; -\ten STIMULANT l'émergence de nouveaux modes de vie en ville, propres à re-générer la ville.Ce processus pourrait être encouragé par la tenue, entre autres, de concours tel le P.A.N.français qui ont pour objet tant la recherche théorique que le «produit».I - COMPRENDRE L'EXISTANT w.V> v^r^Bc Le choix du cas étudié relève de l'intuition, de l'imaginaire.L'intervention stratégique porte sur un épisode, un événement dans la ville.La Montagne, le Fleuve, la ruelle des Fortifications sont des événements exploités, l'autoroute Ville-Marie est un événement non-exploité.QUELQUES FAITS: La ville de Montréal entreprend l'étude de l'autoroute «Décarie» et de l'autoroute «Est-Ouest» (Ville-Marie), qui sont à la base du «programme de planification et de construction de routes aux accès limités dans la zone métropolitaine».Les gouvernements fédéral, provincial et municipal décident d'intégrer ces deux autoroutes au système de la route Transcanadienne.1963-66 S'en suivirent des études qui menèrent à des expropriations.Débuts des travaux de démolition et de construction de l'autoroute «Est-Ouest», d'ouest en est.Interruption de la construction de l'autoroute qui se transforme en boulevard: l'autoroute «Est-Ouest» n'atteindra pas le tunnel Louis-Hyppolite Lafontaine.Originalement projetée le long du fleuve sous forme de voie élevée, l'autoroute Ville-Marie fut finalement relocalisée et construite, à partir du square Victoria, au nord de la rue Craig, suivant le lit d'une rivière disparue, sous le niveau du sol environnant, ceci, dans le double but de ne pas créer «d'obstruction visuelle au paysage urbain (et) d'assurer la continuité des rues transversales existantes» par le biais de ponts.Tout en reconnaissant les bouleversements considérables qu'apporteraient inévitablement la construction de l'autoroute on estimait qu'une autoroute bien située et bien construite pouvait devenir un important et puissant moyen d'aménagement qui encouragerait un développement nouveau dans le centre-ville, améliorerait le réseau de rues existant en vue d'une meilleure circulation, et définirait et articulerait les particularités naturelles de la topograhie avec différents types d'occupation.De cette manière, on verrait les effets de l'intrusion, dans la ville, d'une autoroute urbaine, minimisés et celle-ci devenir un élément valable dans le grand paysage urbain.QUELQUES EFFETS: -\tLa coupure du tissu urbain existant (ce qui est généralement considéré comme un effet négatif).-\tLa distinction de «plateaux» de formation de la ville (le Vieux-Montréal, le nouveau centre-ville).-\tLe dégagement du Champ-de-Mars et la découverte de perspectives spectaculaires.-\tLa création d'un nouveau carrefour au croisement de la rue University.L'autoroute Ville-Marie joue un rôle d'élément urbain inhérent à l'identité de la ville, à son fonctionnement.À mi-chemin entre les grands boulevards, berceaux des H.B.M., et le périphérique parisien, elle s'apparente aussi au Ring viennois, c'est une des portes de la ville.Elle est aussi le produit de la situation géographique du centre-ville, de sa topographie et celui de l'urbanisme des années '60 (ceci dit sans aucune arrière-pensée).Son passage redéfinit la ville.Nous constatons que l'Énoncé d'orientations ignore (entre autres) le potentiel urbain global de l'autoroute Ville-Marie qu\u2019il ne traite que ponctuellement: -\tPar l'esquisse d'un projet de «design urbain» qui en voulant «retisser» la ville clôt le Champ-de-Mars et bloque la perspective dégagée par la construction de l'autoroute; -\tpar sous-entendu: en suggérant une poussée du centre-ville vers le sud (qui mènerait à l'enjambement de la tranchée de l'autoroute?).D'autre part l'Énoncé évacue toute possibilité de discours architectural, alors que ce lieu pris dans son ensemble présente un champ d'intervention idéal et pratique- 11 m ment inexploité, particulièrement dans sa partie est.Il - INTERPRÉTER ET EXPLOITER L'EXISTANT (Cette section sera complétée par des documents graphiques lors des audiences publiques).À partir de la reconnaissance du rôle d'élément urbain inhérent à l'identité de la ville de Montréal que joue l'autoroute Ville-Marie, NOUS PROPOSONS: -\tde faire de son passage un ÉVÉNEMENT propre à mettre la ville en valeur, à la manière des «promenades» ou des «Rings» plutôt que d'en dissimuler la trace sous un tissu urbain préfabriqué, et considérons que la construction d'édifices sur l'autoroute constitue une erreur; -\td'AFFIRMER les PERSPECTIVES ouvertes par son passage par un cadre bâti, particulièrement dans la partie est, où les interventions pourraient être l'objet de subventions gouvernementales ou municipales et devraient promouvoir la recherche architecturale et urbanistique.-\tde CÉLÉBRER l'ÉMERCEMENT de la VILLE SOUTERRAINE, de l'espace urbain tridimensionnel.1.\tSeeman, Stan, \"Un réseau d'autoroute pour llle de Montréal», In «Métropole, cahiers d'urbanisme no 3», service d'Urbanisme, ville de Montréal, oct.1965, p.41.2.\tIbid., p.42.L'ATELIER BIG CITY ANNE CORMIER, ARCHITECTE RANDY COHEN HOWARD DAVIES UNE MÉTHODOLOGIE POUR UN PROJET L'assise de la compréhension se bâtit à partir de l'observation, de l'analyse et de l'interprétation des informations recueillies sur un sujet donné.Est-il donc démesuré de s'attendre à plus qu'un constat planimétrique de chacun des secteurs comme le propose l'énoncé?Nous consentons à reconnaître les qualités déterminantes du plan sur certains points de vue économiques (au sens des lieux d'échanges) et même du point de vue caractériel des lieux (inventaire de bâtiments).Ces constats sans dimensions sociologiques, historiques, économiques (au sens du réseau global) et surtout sans dialectique (nous y reviendrons plus tard) ne peuvent aboutir qu'à une vision trop superficielle.On s'approche dangereusement de la définition proposée dans l'énoncé pour le design urbain: «le design urbain établit les principes permettant d'harmoniser les constructions, les rues et les espaces publics dans un contexte urbain.» Une citation tirée du livre de Kenneth Boulding «The death of the city: A frightening Look at post-civilisation:» nous met en garde contre cette forme d'action consolidatrice «These cities, (.), will be stage sets they will arise out of the very freedom and luxury of the society rather than out of its necessities».Il faut admettre que la ville traditionnelle ne peut être maintenue.L'échelle sans cesse changeante des interfaces entre l'habitation, le piéton et l'automobile pour ne citer qu'un exemple est un indice du besoin de nouveaux modèles urbains issus de stratégies contemporaines.Par ailleurs la destruction systématique de quartiers et les modèles aliénants et inhumains érigés à la divinité «automobile» n'ont aussi rien démontré: entre un «idéalisme abstrait» et un «opportunisme pragmatique» (nos villes sont l'oeuvre de promoteurs) nous pouvons réinstaurer une hiérarchie viable pour le piéton et pour l'automobile à partir de l'existant sans pour autant craindre, malgré certaines de ses qualités, de le remettre en question dans une vision d'ensemble plus actuelle.L'architecte Josef Paul Kleihus dans le numéro 2-3 de silo parle de «reconstruction critique\" qui «permet au passé de transparaître sous des formes actuelles (.).Lai.) stratégie consiste à prendre consciemment le contre-pied du passé, de s'y opposer et de l'exposer à la «crise: pour qu'il n'en ressorte que plus nettement, peut-être dans le sens d'une contradiction qui rend fragile ce qui a fait ses preuves, qui mine et dénonce comme étant un préjugé la certitude d'une tradition esthétique ou constructive telle qu'elle est acceptée par la majorité.» (.) L'énoncé publié ne nous transmet en aucun temps l'impression d'une compréhension en profondeur, mûrie, évaluée dans ce sens, et elle inquiète à priori sur les moyens qui seraient privilégiés pour la mise en oeuvre du plan d'urbanisme.Nous réclamons donc en tant qu'architectes un soutien de la ville de Montréal et du Gouvernement provincial, tant du point de vue informatif que du point de vue incitatif, favorisant un apport créatif, évolutif, vers une identité montréalaise actuelle.C'est en confrontant le contexte existant avec les problèmes actuels que nous arriverons à définir des modèles urbains réels.Ces problèmes qui n'ont rien à voir avec des «ambiances» commerciales ou d'autres types traiteraient de questions fondamentales comme celles de vivre au centre-ville (vers une politique d'habitation), ou encore favoriseraient des politiques familiales d'accroissement démographique (natalité) par une politique d'équipements et d'institutions au centre-ville.Des moyens incitatifs permettraient aux architectes de partir à la recherche d'une vraie identité montréalaise par opposition à une politique qui n'aboutirait qu'à un auto-mimétisme superficiel et inutile.Certaines situations existantes et posant des problèmes immédiats, comme la présence de l'autoroute Ville-Marie (à peine mentionnée dans l'énoncé) qui divise le centre-ville, pourraient être résolues selon des modèles architecturaux de mise en valeur à partir du potentiel de la situation.D'autres secteurs, comme Griffintown, pourraient se prévaloir de modèles architecturaux regénérateurs et en harmonie avec toute la structure sous-jacente du quartier.Le patrimoine prendrait alors sa place dans la superposition des constituants urbains dans un effort vers une dimension évolutive plutôt que mimétique de la ville.LE BESOIN D\u2019UNE DIALECTIQUE Il est essentiel d'aborder la question selon une dialectique, c'est-à-dire selon une approche raisonnée des situations, sans pour autant dévaluer les constats sensoriels (bien chers à un Kevin Lynch par exemple).Le centre-ville de Montréal offre une occasion sans précédent de reformulation d'une thématique essentielle à sa regéné-rescence: celle de l'habitation.«Occuper» et «communiquer» pourraient devenir les thématiques principales d'une nouvelle hypothèse avec l'espace public comme projet d'accessibilité et le patrimoine à construire comme thème pour le projet urbain architectural.Ceci aurait pour effet de stimuler la recherche sur des typologies propres aux besoins des Montréalais et en réponse à des priorités contemporaines.PIERRE BOYER-MERCIER ARCHITECTE HABITAT: PROBLÉMATIQUE, TYPOLOGIE ET PROGRAMMATION Une certaine confusion persiste concernant l'idée du territoire objet de ce premier plan d'urbanisme: centre-ville, «arrondissement centre», «quartiers du coeur de Montréal».L'Énoncé convient que le territoire n'est pas homogène, ce que l'on peut anticiper du coeur multi-composite d'un centre urbain régional.Mais le territoire est aussi relativement étendu, 1570ha.et surtout, ce que le rapport évite de nommer, il présente un taux de vacance du fonds de terre privé passablement élevé: 37% pour les «secteurs centraux», 28% pour le «centre des affaires», en 1986.Ce taux baisse d'environ un demi point par année.Si le développement observé depuis 1960 se maintient, on peut donc croire que nous allons vivre dans le centre-ville, abandonné par l'industrie, éventré par de grands projets d'infrastructure, démoli pour un développement qui n'a pas eu lieu, vivre donc, dans une ambiance de terrain bombardé ou de zone sinistrée, comme le commentent les visiteurs qui ont connu la guerre ou nos amis torontois, pour encore une cinquantaine d'années.Bien sûr, on ne fait pas la ville en un jour, et dans une telle ville, tout est à «consolider», «revitaliser» et «développer».Comment le faire, si la conjoncture économique est favorable, demeure l'enjeu suprême que devrait établir le plan.La problématique est multiple: ré-inventaire du quartier historique, concentration dans le quartier des affaires, appropriation des zones grises, congestion et immensité du parc de stationnement versus augmentation des services de transport collectif et décloisonnement, etc.Mais le problème central demeure vivre la ville, vivre en ville.Car l'habitation est la raison originelle de la ville, son premier et plus important matériau.L'habitation est prérequise aux autres fonctions, aujourd'hui détachées de l'habitat et réparties par le zonage cartésien.(À ce titre, le Plan d'utilisation du sol accompagnant l'Énoncé est trompeur: 1 ) les utilisations résidentielles mixtes comportent des usages résidentiels dominants, 2) hôtels, hôtels particuliers, maisons de chambres, pensions, centres d'accueil ou d'hébergement sont de l'habitation, et 3) quelques erreurs s'y sont glissées.Bref ce plan est en réalité beaucoup plus jaune.) Et, selon le modèle de Bowden, la fonction résidentielle est la dernière dans la hiérarchie de déplacement: elle ne déplace aucune autre fonction et toutes les autres fonctions la déplacent.On en peut rien redire au triple objectif du plan: «préoccupation humaine», «identité» et «essor économique».Ce qui participejustement à l'unicité de Montréal en Amérique du Nord, c'est que son centre-ville est vivant à toute heure, donc que des gens y habitent.Or le plan 10 de Y Énoncé, en page 30, accorde trop peu de place à l'habitation au centre-ville pour réaliser cette objectif de caractérisation, en plus des objectifs de remplissage accéléré du territoire et de répartition des charges dans les infrastructures.Même en tenant compte du développement non résidentiel au centre-ville il y a place pour de l'habitation partout dans ces secteurs, sauf, évidemment, dans le quartier des affaires.De récentes études et expériences permettent de croire que la conception, commune et erronée, que les centre-villes ne sont pas des endroits habitables est en pleine évolution, que, conséquemment, la demande pour des localisations centrales ira en croissant et que des projets d'habitation peuvent y être rentables, même sur des terrains à forte valeur.L'environnement de ces zones ne nécessite qu'une redéfinition urbaine, que seuls les pouvoirs municipaux peuvent concrétiser, afin que l'habitat, à nouveau mais différemment, s'en approprie.Or, l'Énoncé ne propose pour cette problématique que le concept nébuleux de la mixité.En effet, s'agit-il de mixité fonctionnelle, i.e.des affectations uniques juxtaposées par zone, des limitations aux nombres de bâtiments affectés à certaines fonctions par zone?Ou plutôt de mixité horizontale ou verticale, i.e.d'obligations à réaliser des allocations par fonction sur un même lieu/projet, horizontalement ou verticalement?Ou encore, et plus simplement, de mixité zonale, i.e.l'établissement réel d'une seule fonction dans une zone aux affectations permises multiples?Ou de tout cela à la fois?Par rapport à l'habitation, la mixité peut être un leurre.Elle doit devenir un moyen d'atteindre le triple objectif du plan.En ce qui concerne la mixité fonctionnelle, l'affectation résidentielle nécessite d'être encouragée dans les secteurs centraux, en allouant à la plupart des terrains des usages résidentiels ou résidentiels mixtes, sans limite aux nombres de projets par zone.En ce qui a trait à la mixité verticale et horizontale, il est à noter que, sur l'ensemble du territoire, les bâtiments d'habitation contiennent des usages non-résidentiels à des moyennes variant de 3 à 7%, invariablement des commerces d\u2019appoint.On ne peut parler, malgré l'existence de projets novateurs, souvent des initiatives gouvernementales, d'une véritable typologie mixte résidentiel/non-résidentiel.L'Énoncé propose provisoirement, et de façon contradictoire en pages 49 et 28, ce qui semble être une norme minimale de mixité verticale ou horizontale de 20 ou 50% à usage résidentiel, pour les zones où de telles prescriptions seraient obligatoires.Les projets mixtes existants suggèrent plutôt 66 et même 75%.Le marché devra être davantage évalué afin de déterminer jusqu'où bureaux et commerces, et plus sérieusement, industries et équipements peuvent partager un même domaine foncier, (Par exemple, le bureau de prestige, pour des motifs éminemment symboliques, s'accomode mal d'autres usages horizontalement et surtout verticalement; mais certaines organisations demeurent possibles.Dans tous les cas, cela prend de l'imagination.) Finalement, en ce qui a trait à la mixité zonale dans les secteurs centraux, la fonction résidentielle commande des mesures incitatives, telle la bonification, soit exactement le contraire de la situation existante.En effet, il est établi que pour être aussi rentable qu'un projet non-résidentiel, un projet d'habitation, sur le marché privé, nécessite une plus grande aire de bâtiment.En définitive, la problématique ou déplacement de l'habitation et de l'appropriation par l'habitat de façon aiguë au centre-ville, zone extrêmement multi-composite; alors que les enjeux en sa périphérie, où l'habitation n'est pas menacée et la vacance du fonds de terre demeure plutôt faible, ressemblent davantage à ceux des autres quartiers de la ville avant les annexions.En ce sens, le programme d'habitation du centre-ville passe majoritairement par la création de nouveaux logements, les opérations de rénovation-recyclage pouvant y contribuer d'un maigre 5%.Ici, toute la typologie de ces logements à construire reste à inventer, et Y Énoncé l'esquive.Entre les deux types extrêmes, le premier, vernaculaire ou maintenu par un zonage de faible densité inadéquat, les logements de plain-pied ou les immeubles de rapport sur trois étages - 40 à 125 logements à l'hectare net -, et le second, généré par un zonage permissif aujourd'hui amendé, la tour à corridor central jusqu'à 33 étages - 1000 à 2500 log/ha -, entre ces deux types donc, existe une multitude de solutions architecturales plus compatibles avec la forme, le marché et l'identité du coeur de Montréal.En utilisant une surface moyenne brute de 100m2 par logement, on peut suggérer que les situations d'insertion ou de «consolidation» commandent des bâtiments de 3 à 6 étages faisant de 125 à 400 log/ha - pour un rapport bâtiment/terrain de 1.2 à 3.6 et un indice d'occupation du sol de .40 à .60.Ensuite, les cas d'intégration ou de «revitalisation» requièrent des bâtiments de 6 à 12 étages pour 200 à 650 log/ha - 3.5 à 6.0 R BT à .50 I0S.Enfin, les zones de redéveloppement peuvent permettre des structures de 12 à 24 étages, ou de 400 à 1000 log/ha - 5.2 à 7.2 R BT et .40 à .30 IDS.Des densités plus élevées, quoiqu'atteintes dans le passé, ne correspondent pas à l'envergure du centre-ville, pas plus qu'elles ne sont nécessaires pour la rentabilité des projets.Cela n'est ici qu'un guide, car l'ensemble des conditions d'un lieu peuvent faire varier ces allocations.Tels sont la géométrie des lots, surtout leur profondeur, la valeur du fonds de terre et d'autres conditions du marché, ainsi que toutes les considérations urbanistiques, i.e.profil du secteur, zone historique, servitude, circulation, etc.Comme le démontre certaines expériences récentes, les créateurs d'ici sont capables de générer des typologies s'inscrivant dans ces paramètres et qui soient tout à fait satisfaisantes tant sur le plan architectural, esthétique et urbain que financier.Parler de typologie conduit à définir les niveaux de services d'un logement et de son mode d'occupation.Le premier aspect est davantage architectural, et sa discussion ici nous mènerait trop loin.Mentionnons simplement qu'un logement du centre-ville se doit de posséder un niveau élevé de services plutôt en termes de qualité, i.e.contrôle acoustique, sécurité, stationnement souterrain, etc., qu'en termes de quantité, i.e.nombre de pièces, surfaces, etc.Aussi, plus l'évaluation du logement est forte et les revenus de l'occupant sont élevés, moins nécessaires deviennent les services connexes, i.e.épicerie et commerce d'appoint, garderie et établissement scolaire, etc.(Ainsi, le document erre en affirmant, en page 28, que le Vieux-Montréal, et ailleurs où ces conditions de richesse se trouvent, nécessiterait davantage de services connexes.Il n'en est rien, car les résidents des quartiers chics et à la mode sont très mobiles et/ou occupent une autre résidence).Le second aspect, le mode d'occupation, demeure du domaine des programmes, et sa discussion dans un plan d'urbanisme ne peut qu'être voeu pieu.En effet, il appartient à l'ensemble des appareils gouvernementaux de déterminer les politiques et programmes menant, par exemple, à la «mixité sociale» ou à l'accessibilité de l'habitat.Rappelons qu'en 1986, la répartition des six grands types d'occupation permanente s'établissait comme suit pour le centre-ville: 1 ) propriété simple et copropriété, 5% des unités, 2) locatif, incluant les hôtels privés mais sans les chambres et les pensions, 56%, 3) chambres et pensions, 15%, 4) non-lucratif, Incluant les coopératives, 6%, 5) logement social ou HLM, 14% et 6) logement institutionnel, 4%.Afin de créer un milieu représentatif de la diversité montréalaise, un programme d'habitation complet pour le centre-ville devra 1 ) composer avec l'explosion du marché propriétaire, 2) soutenir le segment locatif privé dont les loyers sont inférieurs au moyenne du territoire, possiblement par un contrôle sélectif des loyers dont serait exclu le haut de gamme, 3) prendre en charge chambres et pensions, autre segment privé qui s'effrondre, en l'incluant, par exemple, dans ses sous-programmes non-lucratifs ou institutionnels, 4) ré-aligner ses objectifs pour le logement social sur les moyennes municipale ou nationale - respectivement 10 et 12% des logements livrés en 1985, contre 24% pour le centre-ville, la même année - et 5) offrir un peu plus de logis institutionnels, afin de tenir compte de deux clientèles souvent captives des localisations centrales: les personnes âgées et les étudiants.Voilà qui dépasse largement les cadres d'un plan d'urbanisme, puisqu'un tel programme commande la participation de la SCHL, de la 5HQ, de l'OMHM, de la SoMHaM et de la CIDEM, ainsi que des amendements à la LNH et à la LLL, etc.En conclusion, faire de l'habitation au centre-ville n'est pas seulement la résolution de la problématique de son développement et de sa planification, faire de l'habitation au centre-ville ne coûte à peu près rien à la municipalité en termes d'infrastructures.En effet, aqueduc et égout, transport souterrain, etc.sont en place et conçus pour une occupation qui a déjà été plus grande que celle d'aujourd'hui.Reste des améliorations au domaine public, les jardins publics, les places, les rues, et aux services municipaux, police, pompiers, entretien, équipements, culturels.En réalité, redévelopper le centre-ville de Montréal avec le parti de l'habitat serait rentable pour la municipalité même après les dépenses d'améliorations locales et les pertes dues aux mesures incitatives, une réduction de taxes pour les nouveaux résidents, par exemple.Cette formule, utilisée depuis peu pour le développement extra-urbain, pourrait constituer en un rabais de 50% du compte de taxes pendant les trois premières années, destiné à tout nouvel occupant d'un logement neuf, recyclé ou rénové du centre-ville.RÉJEAN GAGNÉ ARCHITECTE L'APPORT DE LA CONSULTATION COMPÉTENTE Le processus «politique», dans le sens premier de «relatif à la cité», envisagé dans l'énoncé d'orientations suggère un binôme contradictoire qui ferait succéder à un opération largement ouverte à la consultation publique, donc non professionnelle par nature, un processus de mise aux normes des résultats par une équipe restreinte de professionnels de la Ville.Or, l'énoncé d'orientations sur l'aménagement de l'arrondissement centre ne présente que l'énumération simplifiée d'une série de résultantes qui se veulent pratiques, mais ne peuvent être évidentes parce que non initialement approfondies philosophiquement, non pondérées par la reconnaissance préalable de «l'identité» montréalaise, non hiérarchisées quant à leur importance relative dans tel secteur ou tel contexte.Ces éléments fragmentés d'un puzzle incomplet ne peuvent constituer seuls une base de départ suffisante à la convocation publique vers une réflexion profonde.Le slogan «Faites votre ville» ne fait qu'ajouter dans ce contexte une résonance triviale et inquiétante! D'autre part, cette absence de défense d'illustration d'une vision préalable qualitative amoindrira nécessairement dans un deuxième temps la position méthodologique des professionnels de la Ville vis-à-vis des pressions sélectives et quantitatives des 14 groupes d'opinions organisés, des intérêts financiers immédiats des promoteurs, ou même de l'électoralisme obligé des élus.Montréal a suivi dans son développement le clivage induit par ses fondateurs et fondatrices: celui de l'ouverture aux influences-extérieures, celui d'un lieu de passage dans le temps comme dans l'espace, et elle s'est façonnée historiquement et psycho-socialement par succession agrégative de strates, de branchements et d'annexions, puis plus récemment et de plus en plus rapidement par évacuation de ces données mêmes au profit d'intérêts plus financiers et politiques que véritablement sociaux ou culturels.L'intention d'y mettre un certain ordre n'est rien que de très naturel et très louable; mais les moyens à se donner pour poser enfin un geste historique d'une énorme résonance, ce préalable essentiel à l'application réussie (elle doit absolument l'être) d'un véritable renouveau urbain manque à la fois de profondeur dans sa vision initiale et de largeur dans sa mise en oeuvre éventuelle.Au binôme proposé, nous opposons la notion de trinôme où le troisième élément moteur indispensable de cette formulation collective de la ville à venir serait nécessairement constitué par les spécialistes privés de l'aménagement.La ville ne peut être laissée ni aux seuls spéculateurs, ni aux seuls édiles ni aux seuls spécialistes de son gouvernement, non plus qu'à ses simples habitants.La qualité collective du cadre de vie s'oppose en trop de points sur trop de plans et pour trop de raisons aux vues immédiates de ces intervenants: Montréal montre un large éventail de ces séquelles possibles.Le sens culturel à faire valoir, le souci de qualifier le langage urbain, les moyens à réunir pour traduire matériellement une thématique sociale et culturelle, pour marquer une identité, pour composer entre le normatif et le discrétionnaire passent obligatoirement par l'architecture, non pas résultante de la vision limitée d'un petit nombre qui s'en satisfera, mais bien génératrice d'une vision élargie pour une majorité lorsqu'elle en profitera.Ce répondant obligatoire au design urbain ne peut venir que de l'apport des professionnels en pratique privée.Il est donc fait obligation aux services de planification de la ville de partager leur vision avec la pratique privée de l'aménagement et de l'architecture, et de consolider ainsi leur autorité en consolidant leur profession.Il est également fait obligation aux élus de promouvoir auprès des promoteurs privés et publics et des citoyens, l'importance qualitative de cet apport agrégatif des architectes à la qualité collective du lieu urbain, L'énoncé d'orientations, en ce sens, élude dramatiquement une composante absolument essentielle pour qui veut élucider la problématique montréalaise présente: s'il est vrai dans le contexte actuel que l'architecte ne peut que tendre à infléchir les ambitions financières ou narcissiques escalatoires des promoteurs qui l'emploient, qu'il ne peut rien infléchir de la démarche d'un petit propriétaire qui soumet sans son concours les plans d'un projet de moins de 100 000$ et qu'il est incapable d'exiger légalement la surveillance qualitative de la réalisation d'un projet dont il a tracé les plans, comment peut-on raisonnablement tenir rigueur à la profession qu'il exerce, d'un vice de forme encouragé ou au moins toléré par les législateurs qui le régissent, et qui ne lui reconnaissent que l'obligation qu'ils lui font d'être responsable civilement à l'endroit des autres citoyens?.Dans ce contexte appauvri, la décision du gouvernement municipal d'ériger à son tour un temple à la «justice distributive» par le biais d'une «Rosalie montréalaise» ne fait qu'empirer la conjoncture! Ce geste spécieux constitue en soi le refus de considérer et reconnaître autant l'expérience préalable d'un architecte, donc ses qualifications particulières, que sa vision propre de l'architecture, dans sa qualité personnelle comme architecte et ce, au profit trop sommaire de la quantification justicialiste qui place ce processus à l'opposé même d'un choix rationnel et du mieux-être collectif, au niveau d'une loterie risible! «Un jour ce sera ton tour»?.Tout processus de concours, si coûteux puisse-t-il être pour un architecte, est préférable à un tel abandon de l'architecture, donnée collective, au profit de la tranquilité d'esprit, donnée bien individuelle.On ne peut obtenir d'un tel procédé, au-delà de cette illusion de la rectitude morale, que l'assurance de la réduction qualitative des résultats, alors qu'à l'inverse, la Cité devrait étendre le champ d'action des professionnels de l'aménagement et provoquer par son propre exemple la sensibilisation de ses citoyens à l'enrichissement et à la généralisation de la qualité du cadre de vie.Car somme toute, si le hasard informatique était à ce point judicieux pour tout et pour tous, ne devrait-on pas au premier titre l'employer pour élire nos élus?.La ville de Montréal s'apprête à changer sa charte: nous pensons qu'elle pourrait trouver là l'occasion de réfléchir sur cette qualité du cadre à bâtir et à consolider, et sur les moyens accrus qu'elle pourrait se donner pour rencontrer ces buts, en s'appuyant sur les moyens qu'elle accroîtrait chez ceux qui peuvent le mieux l'aider à les atteindre.PAUL FAUCHER ARCHITECTE LIVING IN THE CITY THE SIGNIFICANCE OF HOUSING ENVISIONED IN THE CITY'S MASTER PLAN: The Downtown plan proposes housing as one of many functional aspects in the future development of the city.The traditional housing stock would be protected and maintained while new housing would be required to respect this existing fabric.These notions of consolidation and homogenization are seen as a solution to a discontinuity in urban activity.A MASTER PLAN FOR LIVING IN THE CITY\": Cities have always resulted from a common agreement between people to share the place where they live.Housing is not a component of the city; rather it is \"living in the city\" that is the \"raison d'être\" for the city's Existence.This concept AND ALL it may include, should be viewed as the generator of a plan for the development of a downtown that is truly human and humanist.THE CITY'S STANCE TOWARDS \"LE PATRIMOINE\": The model that the plan currently proposes is a nostalgic and historicist image of Montreal that may have existed half a century ago.Recent history is entirely ignored.Is the next phase the eradication of the modern city under the guise of a purification ritual?Not only does this witch hunt squarely stab at the democratic ideals of freedom but it also denies the more fundamental social progress concurrent with that development.A MASTER PLAN THAT ADDRESSES HISTORY IN ITS PROPER LIGHT: The nineteenth century model can only be really appreciated within its own social context.The fact that the city has changed physically, socially and culturally over the last fifty years seems to be lost on the planners.A view of the city as a successive layering of each generations' dreams and realities is instead exchanged for a singular and largely outdated model.The city now stands on the verge of true post-modern, post-industrial condition.Even the layers of the past fifty years are in fact already history.Montreal's identity extends beyond its geographic beauty and its historic built fabric.It is a city caught between the entrenched historical traditions of Europe and fast-food culture of America.Specifically, it is this juxtaposition which characterizes its identity, and thus it should be addressed as a point of departure.IN SEARCH OF A MASTER PLAN: The development plan should reflect transformations currently underway in the city and grasp the opportunity to explore innovative urban prototypes for the future.All the successive layers of historical intervention in the city need to be equally recognized.Our heritage must include both Notre Dame Cathedral and the Bonaven-ture Expressway.Only through the understanding of all these aspects can a plan that is truly responsive to an entirely new era begin to emerge.MARK PODDUBIUK & DANIEL PEARL LE PATRIMOINE Un grand nombre d'arguments soutenus par un grand nombre de pertes regrettables sinon dramatiques militent maintenant en faveur du patrimoine à Montréal.Une notion longtemps élitiste et sélective, tant sur le plan de la qualité intrinsèque et esthétique du bâtiment que celui de sa valeur historique particulière ou de son emplacement géographique, a évolué vers une perception plus globale, plus généralement socio-culturelle du témoignage qu'offrent à la ville actuelle et à ses habitants les signes physiques persistants d'une étape préalable de son développement humain.On peut maintenant proposer au sens large, en excluant toute qualification, que tout ce qui existe dans la ville participe de son patrimoine.On peut également conclure que le patrimoine construit ne constitue que le signe visible d'une identité collective.Cette notion plus vaste est également moins réconfortante parce qu'elle nous force effectivement à percevoir cruellement l'importante pauvreté qualitative d'une production collective récente comparée à la pauvreté quantitative de ce que la consommation effrénée de notre époque a laissé subsister ici de la qualité culturelle intrinsèque des époques précédentes.Cette culpabilisation de notre temps vis-à-vis de l'ignorance de nos parents risque, pour des raisons absolument inverses, de jouer un mauvais tour à nos enfants en figeant l'historicité d'un patrimoine, catalyseur d'appartenance et générateur de continuité, en un historicisme muséifié et calcificateur artificiellement protégé, donc aliéné de ses descendants directs par des contraintes exacerbées donc exacerbantes.Nous ne pouvons qu'approuver en principe les mesures suggérées à l'énoncé d'orientations sur la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine, mais nous ne partageons pas à priori le principe d'une insertion nécessairement «harmonieuse» des nouvelles constructions.Nous préférons proposer la notion d'équilibre plutôt que celle d'harmonie, que nous estimons trop éminemment subjective et donc indéfendable.L'histoire ne prouve nullement que le respect successif des générations qui lèguent tour à tour un bien à leurs successeurs soit basé sur ce principe poétique.L'histoire nous prouve par contre que le patrimoine qui nous est légué en quelque lieu de longue occupation qu'il se trouve, n'est que le dernier témoin d'une succession parfois fort longue de constructions non respectées par quelques autres héritiers en quelques autres temps.La préservation du patrimoine n'est pas plus une solution que ne l'est l'imposition du design urbain.Ce sont l'un comme l'autre des outils en attente d'une vision profonde, l'un caution du passé, l'autre caution du présent, tous deux nécessairement tournés vers un avenir dont personne ne peut dire s'il sera harmonieux, mais dont ils peuvent aider à contrôler l'équilibre, soit-il d\u2019harmonie, de tension ou même d'opposition.Préserver sans figer.Inspirer sans contraindre.Éclairer sans obliger: le patrimoine doit être considéré comme partie intégrante du «projet» philosophique de la ville à faire, et doit tendre à projeter dans un monde déjà trop bi-dimensionnel, et au-delà des trois dimensions de l'espace, la quatrième dimension du temps qui l'apparente au futur par la continuité de sa présence, futur auquel il devra nécessairement se confronter pour durer encore.Pierre Perrault a écrit: «À quoi sert-il à un peuple de préserver son patrimoine s'il n'en produit plus?» Le dilemme concernant le patrimoine montréalais ne se pose maintenant plus qu'accessoirement en termes d'exemples flagrants de génocide culturel cynique ou ignorant: la problématique profonde réside plus maintenant dans une perception faussée de la conservation de l'objet historique opposé à un processus trop peu audacieux de son utilisation.La transformation en secteur d'habitation du terrain et des constructions de la Stelco nous semble sur ce point symptomatique: le désir d'un harmonie d'intention non spécifique a mené au remplissage uniforme et indifférencié d'un secteur industriel éloquent par une habitation nouvelle, médiocre et anonyme, parcellisée entre plusieurs intervenants, alors que les bâtiments industriels d'origine, décapés, atomisés, souvent entièrement reconstruits, sauf pour des char- 15 pentes maintenant camouflées, n'ont laissé comme empreinte que les contraintes de leur volumétrie et de leur implantation d'origine.Médiocrisation du passé par le présent et médiocrisation du présent par le passé?.Un atelier international de l'Archifête avait pourtant offert gratuitement aux autorités cinq approches différentes, mais toutes cohérentes, sensibles, «équilibrées», de cette problématique!.Nous affirmons que la conservation d'un patrimoine élargi ne peut trouver de solution que dans sa réinsertion équilibrée dans la ville actuelle, non l'inverse, et que cette réinsertion n\u2019est généralement viable que pour des fonctions apparentées aux fonctions d'origine, en concordance avec la pérennité intrinsèque autant qu'avec la solidité physique ou la qualité esthétique.Nous affirmons également que la pérennité de la fonction urbaine jusqu'en son centre réside dans son habitabilité, et nous proposons donc que soit rendu à cette fonction, comme moteur de continuité et d'identité à se faire, et comme réseau structurant, l'ensemble du domaine résidentiel existant distrait à d'autres fins dans l'arrondissement centre.PAUL FAUCHER ARCHITECTE CONTRE LA MISE SOUS SURVEILLANCE DES ARCHITECTES POUR UNE POLITIQUE MUNICIPALE DE L'INNOVATION ARCHITECTURALE L'énoncé d'orientations subordonne l'architecture au design urbain et le travail des professionnels, les architectes, à un nouveau cadre normatif où le plan de zonage est amélioré par l'apport «d'exigences relatives au design architectural» ainsi que par des «mécanismes discrétionnaires», un «espace de liberté», dit le rapport, contrôlé par un «processus de révision de design» lorsque les projets, risquent «par leur dimension ou leur localisation, d'avoir un impact critique sur leur environnement», (p.61, 157 et suiv.) L'énoncé d'orientations pose parmi ses grands principes de base le renforcement de l'identité de Montréal.Parmi les moyens proposés entre la définition de critères de design que l'on peut résumer en trois mots: encadrement, alignement et contiguïté des caractéristiques du bâti auxquels devra répondre tout projet qu'il soit mineur ou majeur, d'insertion ou de construction nouvelle.Je ne partage pas, et j'en suis certaine, je ne suis pas la seule, l'idéal urbain nostalgique contenu dans l'énoncé d'orientations.Je ne valorise pas exclusivement l'image de la ville qui informe les critères de design privilégiés, une ville homogène dont le développement se serait arrêté avant la Seconde Guerre mondiale, une représentation passéiste qui oblitère les grands bouleversements qui ont transformé Montréal en une métropole et qui pourtant ont favorisé le développement économique et financier de Montréal, un des autres principes de base de l'énoncé.Je considère inacceptable la défiance que manifeste l'énoncé vis-à-vis des professionnels du projet urbain et architectural, même si je la comprends dans une certaine mesure.Sans doute, les réalisations récentes construites à Montréal ne sont pas toutes des chefs-d'oeuvre, mais ce n'est pas en méprisant les créateurs qu'une ville peut se construire.Leur contribution a de tout temps été essentielle.Aussi il faut renforcer l'émulation et les défis et faire confiance aux jeunes générations.MONTRÉAL, UNE VILLE DE CONTRASTES ET DE DISCONTINUITÉ Montréal est une ville de contrastes et de discontinuité plutôt que de «continuité» et «d'harmonie».D'ailleurs, l'harmonie est-elle encore une valeur contemporaine possible?Ne vit-on pas dans une société où, par ailleurs, la concurrence économique est valorisée, le conflit est permanent, qu'il soit linguistique, ethnique ou syndical, les intérêts multiples et souvent divergents?À Montréal, depuis que furent franchies les fortifications, la ville s'est développée-sur un territoire naturel immense, l'île Jésus, voire la plaine du Saint-Laurent, une aire disproportionnée par rapport aux besoins spatiaux nécessaires au développement économique et démographique, hier et encore plus aujourd'hui, où ces deux facteurs stagnent.Aussi son bâti tend à se diluer dans l'étendue, conférant à l'environnement bâti un caractère discontinu, inachevé, incomparable avec la cohérence et la continuité du cadre bâti de nombreuses villes européennes (l'idéal qui sous-tend l'énoncé d'orientations).D'ailleurs, dans quelle mesure les perspectives économiques peuvent-elles permettre d'envisager encore, aujourd'hui, de manière réaliste, la saturation bâtie du coeur de Montréal?De telles données objectives, comme bien d'autres, manquent comme préalable au rapport, qui est en outre muet sur les grandes politiques gouvernementales qui sont susceptibles d\u2019avoir un impact sur le développement urbain de Montréal: politiques économiques diverses, politique familiale, politique du 5e âge,.Dans ces conditions, comment est-il possible pour le commun des mortels d'avoir un avis autre que partiel, subjectif et partial sur ce rapport qui le sollicite?Autre question: quelles seront les répercussions d'un développement central sur le reste de la région montréalaise?Le vide tout autant que le plein n'est-il pas une réalité urbaine à considérer aujourd'hui?À Montréal, l'Est s'oppose à l'Ouest, tant socialement que physiquement, le centre-ville s'oppose à de nombreux centres secondaires qui structurent les différents quartiers qui constituent la ville au-delà de la limite largement artificielle que trace l'énoncé d'orientations et, enfin, le nouveau s'oppose au moderne, ou seulement en ce qui a trait au quartier du centre-ville développé ces dernières décennies mais encore dans le Vieux-Montréal où les bâtiments du Régime français contrastent avec ceux qui ont été érigés au XIXe siècle.La ville de l'après-guerre, de la croissance économique, de la Révolution tranquille, avec ses voies rapides, ses galeries commerçantes et ses places souterraines branchées sur le réseau métro et ses hautes tours, dont plusieurs sont d'ailleurs des constructions exemplaires au niveau mondial du Style international, participent de l'identité montréalaise et constituent son patrimoine, tout autant que «les ensembles de maisons en rangée traditionnelles des quartiers ouvriers, avec leurs escaliers extérieurs, leurs corniches et leurs fausses mansardes; les somptueuses résidences du «Square Mile» ou les immeubles de pierre grise des vastes ensembles universitaires, religieux et conventuels.» (p.15) Aussi le réseau souterrain ne peut être nié, il doit être développé avec autant d'intelligence que le terrestre, il ne peut être réduit à sa dimension fonctionnelle, comme le propose l'énoncé.À Montréal, les échelles de la ville sont plurielles et les traditions bâties sont multiples.Il y a notamment l'échelle du territoire géographique qui se manifeste dans le paysage naturel si caractéristique mais encore dans les infrastructures de communication, les autoroutes qui ceinturent ou traversent la ville; il y a les différentes échelles urbaines, celle plus familière des quartiers résidentiels et celle plus monumentale du centre de affaires.Dans le Montréal contemporain, subsiste le Montréal du Régime français, coexistent le Montréal industriel et commercial et le Montréal métropolitain, une réalité complexe qu'il faudrait analyser plus avant et qui est, aujourd'hui, en pleine transformation sous l'effet de l'immigration et du développement des nouvelles technologies.Le défi qui est devant nous ce n'est pas de conserver, ni de consolider, cela ne suffit pas, mais c'est de développer la ville avec des interventions bâties qui soient autant de manifestations construites de notre fin de siècle, ce qui n'implique pas l'attitude de la tabula rasa mais au contraire une prise en considération du passé autant que du futur dans l'invention de notre contemporanéité urbaine.LARCHITECTURE COMME CONSTRUCTION DE LA VILLE PAR FRAGMENTS L'énoncé d'orientations avance une stratégie de planification où l'exception est la règle dès qu'il s'agit de projets d'envergure, sans pour autant favoriser clairement une stratégie ponctuelle, fragmentaire, comme l'ont fait bien d'autres villes ces dernières années en réaction aux effets négatifs de la planification abstraite, globalisante et universelle: Barcelone, Berlin, Paris et d'autres. BARCELONE: CONSTRUIRE LA VILLE PAR SES VIDES UNE STRATÉGIE MUNICIPALE PONCTUELLE DES ESPACES VIDES À Barcelone, ville méditerranéenne densément construite, l'architecte Oriol Bohigas, nommé responsable de l'Atelier municipal en 1981, a favorisé une stratégie des espaces publics.Évitant les procédures habituelles des plans d'urbanisme, il a transformé la ville avec la collaboration de ses confrères, les architectes, par des interventions ponctuelles et concrètes qui ont contribué à la valorisation des quartiers environnants.Oriol Bohigas a entrepris le réaménagement d'un grand nombre des espaces publics, mineurs ou majeurs, de Barcelone-centre: il a contribué à la qualification des rues, des avenues, des parcs ou places, petites ou grandes, il a engagé la reconversion de grands axes de circulation et la redéfinition des relations territoriales à la mer et à la montagne.Ces projets architecturaux qui donnent forme aux vides urbains d'échelles et d'importances diverses, avec intelligence et sensibilité, ont été structurés en tenant compte de leur articulation au contexte et aménagés avec un souci tout particulier pour les matériaux et les éléments de mobilier urbain.La collaboration des professionnels extérieurs aux services municipaux a été largement sollicitée.Ceux-ci ont été sélectionnés pour leur compétence reconnue ou encore, le plus souvent, par des consultations restreintes.BERLIN: RECONSTRUIRE PAR FRAGMENTS UNE VILLE DÉCHIRÉE.UNE STRATÉGIE MUNICIPALE DIVERSIFIÉE DE L'HABITATION Berlin-Ouest, une ville enclavée en bordure occidentale de l'Europe de l'Est, une ville sinistrée de la Seconde Guerre mondiale mais encore du développement urbain sauvage de l'après-guerre, qui fut réparée de manière exemplaire par la construction et la réhabilitation de 6,000 logements, en vue d'une exposition internationale qui s'est tenue l'an dernier, à l'occasion du 750e anniversaire de la ville, IBA1987.L'opération qui débuta en 1978 s'est réalisée avec la collaboration de nombreux architectes et sous la direction conjointe de deux architectes, Joseph Kleihues, responsable du Neubau dans les quartiers les plus déstructurés et de Hardt-Waltherr Hamer en charge des réhabilitations.IBA entendait reconstruire la ville en intégrant les acquis du passé mais encore en s'ouvrant sur le futur.Son approche prit en compte la nature polycentrique de cette ville déchirée en son centre par le Mur.Elle aborda le problème du développement urbain de manière diversifiée adaptant les méthodes urbanistiques et architecturales au caractère spécifique de chacun des quartiers de manière à préserver, voire à renforcer leurs identités sociales et physiques.IBA, un organisme créé spécialement pour conduire cette vaste opération et relativement autonome par rapport à l'administration municipale de Berlin-Ouest, engagea la réalisation de plusieurs ensembles résidentiels et de leurs équipements et, pour ce faire, le Comité de direction fit en général appel par la procédure du concours restreint d'architecture à des architectes allemands et étrangers de réputation internationale.PARIS: UNE STRATÉGIE DE CONSOLIDATION ET D\u2019INNOVATION La France, ces dernières années, s'est fait remarquer par la qualité architecturale de nombreuses réalisations construites, qu'elles soient modestes ou d'envergure.Les faits qui ont favorisé cet avancement sont multiples, nous n'en ferons pas ici une analyse mais seulement un repérage partiel.Depuis plus de quinze ans, l'innovation architecturale est dans ce pays une volonté politique à travers notamment le Programme d'Architecture Nouvelle (PAN) institué par l\u2019État.Ce programme centré sur l'habitat a soutenu des opérations expérimentales en matière d'industrialisation de la construction et ouvert des concours thématiques en vue de résoudre par le projet d'architecture des problèmes de développement urbain concrets.Des effets importants du PAN ont été de faire avancer le débat et le savoir urbain par la confrontation des solutions projetées et par leur évaluation construite ainsi que de permettre aux jeunes architectes de faire reconnaître leur perspicacité et leur compétence.Par ailleurs, depuis de nombreuses années, l'État valorise le concours d'architecture comme moyen de sélection des architectes, un cadre sans aucun doute astreignant pour les professionnels mais encore une fois, lorsque les consultations sont organisées avec intelligence, bénéfique pour l'avancement du savoir et l'affirmation des WiN jeunes générations.Les concours internationaux lancés pour les grands projets présidentiels à Paris sont les mieux connus: le parc de la Villette, le Ministère des Finances, l'Arche de la défense, l'Opéra Bastille, le Grand Louvre, autant de grands équipements nationaux en voie de réalisation qui contribuent positivement à la modernisation et à la valorisation de la capitale.Encore une fois, une stratégie ponctuelle délibérée où le projet d'architecture a un rôle crucial dans l'orientation du développement urbain qui est, par ailleurs, consolidé par de multiples petites interventions, publiques ou privées, d'insertion de qualité.Depuis quelques années, un nouveau Plan d'Occu-pation du Sol (POS) oblige la construction à l'alignement et un gabarit dans Paris intra-muros.Une stratégie ponctuelle de projets oriente encore une autre opération intéressante Banlieue 89 initiée à l'échelle du pays par les architectes Roland Castro et Michel Cantal-Dupart.Ici une attention toute particulière est portée aux banlieues, ces parties de ville dévalorisées, socialement et culturellement souvent brutales dans leur apparence physique et que considèrent, à nouveau, ces architectes dans un projet plus récent, celui du Grand Paris.Ici la ville avec son coeur historique et sa périphérie est réunifiée et le support du développement urbain est cherché dans «les lieux magiques», ces éléments urbains, naturels ou construits, parfois mineurs, valorisés affectivement par les habitants: une méthode novatrice qui associe le sentiment et la raison.Requalifier l'espace urbain par des interventions ponctuelles définies par le projet d'architecture, telle est encore une fois la méthode favorisée.LE CONCOURS D'ARCHITECTURE UN MOYEN PRIVILÉGIÉ Peut-être est-il légitime aujourd'hui de vouloir contrôler toute insertion urbaine par des critères de design déduit de la configuration de la ville traditionnelle.Mais, néanmoins, il nous semble inacceptable de les étendre systématiquement à tout projet d'envergure.Nous proposons que pour les «plans détaillés de design urbain» à élaborer pour «les aires à revitaliser» ou «les aires à développer» de tels critères puissent être remis en question afin de permettre l'exploration de nouvelles formes urbaines qui soient le support et l'expression de nos modes de vie contemporains et que, pour ce faire, la ville fasse largement appel à des compétences professionnelles extérieures au service d'urbanisme: architectes, architectes de paysage, artistes,.Nous recommandons vivement que la Ville favorise ce mode de sélection du projet et de leurs auteurs, le concours d'architecture, comme il est devenu courant dans de nombreux autres pays, et qu'elle montre ainsi l'exemple dans la promotion et la réalisation d'une architecture nouvelle de qualité.Ces consultations pourront être provinciales, voire nationales et pourquoi pas, dans certains cas particuliers, internationales, afin d'intensifier l'émulation entre concurrents et d'élargir l'horizon des solutions.De plus, leurs résultats devraient être pleinement assumés par les autorités municipales.Il semble absurde que ce mode de sélection du projet et des architectes, s'il est bien organisé, doive être soumis ultérieurement à la consultation publique qui pourrait, par contre, être judicieusement utilisée pour la définition du programme des concours.Les autorités municipales en place semblent montrer un attachement patrimonial immodéré et faire un complexe de culpabilité depuis «le péché olympique».Elles délaissent leurs responsabilités politiques en favorisant trop exclusivement des «méthodes de cotes d'écoute».Est-il possible de construire une ville ayant un caractère propre, une identité spécifique forte en contentant tout le monde et personne?Bâtir une ville ne se fait pas sans critique et sans risque.FRANCE VANLAETHEM PROFESSEUR DÉPARTEMENT DE DESIGN, UQAM 17 y»* *iMaz+ LOS ANGELES: LA DERNIÈRE DES GRANDES GARES AMÉRICAINES.Arriver par la route à Los Angeles est aujourd'hui une expérience singulière.À mesure que se multiplient les signes annonçant la fin de la traversée du désert, l'inquiétude nous gagne à l'approche de «la métropole de l'échappement libre», la ville la plus énigmatique du monde occidental pour ce qui nous occupe ici, l'environnement construit.Bien entendu, l'approche de toute grande ville inconnue suscite un sentiment d'inquiétude légitime en raison de la pression exercée de toutes parts par un trafic qui, contrairement au visiteur, sait où il va.Mais à Los Angeles, cette inquiétude peut rapidement se transformer en panique, une fois que les premiers instants d'étonnement mêlé d'émerveillement se sont estompés devant l'immensité de l'échelle spatiale.On se rend compte en effet, après plusieurs kilomètres, que l'on n'arrive pas à Los Angeles comme on arrive à Montréal, par exemple: on y passe, on y circule et, sans prendre garde, on la dépasse.Où sortir?Voilà la question qui nous presse, où commence la vraie ville, où s'arrête la banlieue?Ces questions que se posent nos esprits encore ancrés dans le XIXe siècle pour qui la limite entre la ville et la campagne doit être une réalité tangible, n'ont pas de sens à Los Angeles, immense éclaboussure dans le désert venant mourir aux berges d'un océan qui, sous un climat d'une clémence indéfectible, y porte bien son nom.Cette expérience, réconfortante, de l'arrivée après un long périple devait par contre être bien réelle pour les voyageurs qui descendaient à la gare centrale de Los Angeles, dans les années prospères du plaines centrales des États-Unis, les montagnes Rocheuses et le désert du sud-ouest.Un vrai miracle! Bien qu'il ait indiscutablement contribué, par son pouvoir de séduction, au choix de la gare centrale de Los Angeles pour ce second essai/11 son patio fleuri n'en constitue pas pour autant l'unique motif.L'intérêt de la gare réside principalement dans les deux aspects suivants: d'une part, son style caractérise la volonté d'indépendance et d'originalité de l'architecture de la Californie du Sud, d'autre part, l'histoire de sa construction est révélatrice des enjeux urbanistiques dont la métropole est l'objet depuis sa fondation.«La dernière des grandes gares américaines» confirme ainsi à son tour que toute forme architecturale est porteuse des forces vivantes qui l'ont modelée et que, par conséquent, il est illusoire et erroné de reléguer l'architecture dans les cadres étroits et inanimés d'un innocent savoir-faire.Avant de procéder à la description proprement dite de la gare, j'exposerai donc brièvement ce qui particularise l'architecture à Los Angeles après avoir examiné les forces qui rendent compte de son développement urbain.Ce faisant, je m'opposerai à deux idées reçues, remarquablement tenaces, qui préjugent, l'une du caractère inhumain parce qu'incontrôlable de la ville, l'autre du manque d'intérêt de son architecture.Pour les architectes, celle-ci n'est qu'une simple excentricité de mauvais goût; pour les urbanistes et les sociologues, Los Angeles est iconoclaste car elle est réfractaire à l'analyse selon les modèles établis.ALAIN FINDELI chemin de fer.Après la rumeur des haut-parleurs annonçant les prochains départs et la bousculade des passagers au terminus vers l'interminable tunnel menant des quais au bâtiment central, les voyageurs avaient l'agréable surprise de pénétrer dans une splendide cour inté- rieure plantée de figuiers, de palmiers et de jacarandas en fleurs, bordée d'arcades ombragées et carrelée de tuiles roses typiquement méditerranéennes.Ce petit cloître paradisiaque relâchait d'un coup toute la pression accumulée au long d'un voyage interminable à travers les grandes T*-\u201d- TCV', -'tlîï'M
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