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Titre :
ARQ
ARQ s'impose rapidement comme la revue de référence pour le milieu québécois de l'architecture. Elle permet de comprendre l'évolution de l'architecture québécoise contemporaine.
Éditeurs :
  • Montréal :Groupe culturel Préfontaine,1981-,
  • Québec :Cöpilia design inc.
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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ARQ, 1990-06, Collections de BAnQ.

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[" A-799 llÉü! ü 4 ?-V-S/-V~ TV A A A A A A -^-v-v v\u2014v~~y~~WM BARRIER _/\\__A_A_A-A-A-A-A_-A-A- Z/l CAUSE EST ENTENDUE PERM»A-BARRIER® .\u2022\tle meilleur pare-air et pare-vapeur sur le marché \u2022\tsans chalumeau \u2022\tsans truelle \u2022\tsans à-peu-près \u2022\tfacilité d\u2019installation et d\u2019inspection \u2022\ttenace, fiable, auto-adhésif \u2014 toute l\u2019année durant! Les membranes auto-adhésives Grace ont fait leur marque depuis plus de 25 ans et elles bénéficient du meilleur service technico-commercial au Canada.Pour de plus amples informations concernant PERM*A*BARRIER, veuillez communiquer avec: Résidence pour personnes âgées à Scarborough Une autre application de PERM'A'BARRIER Matériaux de construction W.R.Grace & Cie du Canada Ltée 294 Clements Rd.West, Ajax, Ontario LIS 3C6 Tel: (416) 683-8561 allsffiwi PACE FRONTISPICE: PROPORTIONS D'UN 'TEMPLE\" À PIAN CENTRAL FRANCESCO Dl GIORGIO MARTINI, TRATTATI Dl ARCHITECTURA INGEGNERIA E ARTE MIUTARE, 1492, f 12 V TAV, 188, lMILAN: ÉDITIONS CORRADO MALTESE, 1967) iljiT\t% ' ;\t¦Ml\t SibhS\t\t I Ogv,J LA REVUE DES MEMBRES DE L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUEBEC ARCHITECTURE QUEBEC : : .25 EDITORIAL DE LA NÉCESSITE D'ÉTABLIR UNE DISTANCE CRITIQUE FRANCE VANLAETHEM 26 CULTURE ET CULTURES DENIS BILODEAU ET ÉRIC GAUTHIER 29 ARCHITECTURE ET CULTURE.UN PROJET DE TEMPS ET DE LIEU PAUL FAUCHER 32 34 36 38 40 42 46 PROJETS ET REALISATIONS CONCORDIA UNIVERSITY LIBRARY AND CONCERT HALL, CAMPUS LOYOLA, MONTREAL LEMOYNE, LAPOINTE, MAGNE, ARCHITECTES.COMMENTS BY MARK PODDUBIUK SAIDYE BRONFMAN CENTRE, MONTRÉAL PETER LANKEN, ARCHITECT.COMMENTS BY MARK PODDUBIUK INSTITUT NATIONAL DE L'INFORMATION SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE, FRANCE JEAN NOUVEL, ARCHITECTE.UN COMMENTAIRE DE FRANCE VANLAETHEM LA MAISON COLONIALE, MONTRÉAL JACQUES ROUSSEAU , ARCHITECTE.UN COMMENTAIRE DE FRANCE VANLAETHEM LE RESTAURANT LE SAM, MONTRÉAL LUC LAPORTE, DESIGNER.UN COMMENTAIRE DE JEAN-FRANÇOIS BÉDARD L'ARCHITECTURE ET LA CULTURE TECHNOLOGIQUE ALBERTO PÉREZ-GOMEZ ET JEAN-FRANÇOIS BÉDARD LE CHEVAL DE TROIE ET LA VILLE ASSIÉGÉE WILLIAM WEIMA 48 PUBLICATIONS ET EVENEMENTS ARCHITECTURES DU XXe SIÈCLE AU QUÉBEC DE CLAUDE BERGERON LU PAR YVES DESCHAMPS LE CONFORT DE WITOLD RYBCZYNCKI LU PAR DENISE PICHÉ PREMIÈRES MANIFESTATIONS DU CENTENAIRE: EXPOSITIONS À QUÉBEC VUES PAR FRANCE VANLAETHEM ¦ Nia .m II 50 ANNIVERSAIRE LA FONDATION DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DE LA PROVINCE DE QUEBEC FRANCE VANLAETHEM il» EDITEUR: PIERRE BOYER-MERCIER RÉDACTRICE EN CHEF: FRANCE VANLAETHEM COMITÉ DE RÉDACTION: PIERRE BOYER-MERCIER, JEAN-FRANÇOIS BÉDARD, PAUL FAUCHER, ÉRIC GAUTHIER, MARIE-PAULE MAcDONALD, MARK PODDUBIUK SECRÉTAIRE DE RÉDACTION ET COORDONNATRICE: NICOLE LARIVÉE-PARENTEAU PRODUCTION GRAPHIQUE: COPIUA DESIGN INC.DIRECTEUR DE PRODUCTION: JEAN MERCIER REPRÉSENTANTS PUBLICITAIRES: JACQUES LAUZON ET ASSOCIÉS LTÉE \u2022\tMONTRÉAL: 785, RUE PLYMOUTH, BUREAU 310 VILLE MONT-ROYAL, QUÉBEC, H4P 1B3 TÉLÉPHONE: (514) 733-0344, FAX: (514) 342-9406 \u2022\tTORONTO: 60, WILMOT STREET WEST RICHMOND HILL, ONTARIO, L4B 1M6 TÉLÉPHONE: (416) 927-9911, FAX: (416) 886-4616 LES ARTICLES ET OPINIONS QUI PARAISSENT DANS LA REVUE SONT PUBLIÉS SOUS IA RESPONSABILITÉ EXCLUSIVE DE LEURS AUTEURS.ARQ EST DISTRIBUÉ À TOUS LES MEMBRES DE L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC ET DE LA SOCIÉTÉ DES DÉCORATEURS ENSEMBUERS DU QUEBEC.COURRIER DE LA DEUXIEME CLASSE PERMIS NO 5699 ARQ/ ARCHITECTURE QUÉBEC EST PUBLIÉ SIX FOIS L'AN PAR LE GROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE, CORPORATION SANS BUT LUCRATIF.LES CHANGEMENTS D'ADRESSE, LES EXEMPLAIRES NON DISTRIBUABLES ET LES DEMANDES D'ABONNEMENT DEVRAIENT ÊTRE ADRESSÉS AU: GROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE, 1463, RUE PRÉFONTAINE, MONTRÉAL, QUÉBEC, H1W 2N6 TÉL: (514) 523-6832 ABONNEMENTS: LUCIE VALLÉE $6.00/ NUMÉRO $36.00/ 6 NUMÉROS ($48.00: HOR$ CANADA) $60.00/ INSTITUTION ET GOUVERNEMENTS ¦ Ëmm DEPOT LEGAL: BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU CANADA.© GROUPE CULTUREL PREFONTAINE ISSN-0710-1162 : \u2022 L .ïjjMrt ' J ' i y I Vu ÈàMü Si vous avez besoin de tapis pour une pièce où les dégâts sont inévitables.Du Pont a la solution : c'est le nouveau nylon teint dans la masse ANTRON LUMENA\"\".0 Les tapis en nylon ANTRON LUMENA se nettoient si facilement que la plupart des taches s'enlèvent avec un détergent de ménage ordinaire, sans javellisant.Aucun autre nylon teint dans la masse n'offre une telle facilité de nettoyage.0 Mais ce n'est pas tout.La fibre ANTRON LUMENA est le seul nylon teint dans la masse qui offre la performance éprouvée du nylon Antronmd.C'est simple : aucun autre nylon teint dans la masse ne possède une durabilité comparable.0 Donc, lorsqu'il s'agit d'une pièce «à risques», choisissez un tapis qui ne craint pas les dégâts.Pour obtenir plus de renseignements sur le nylon ANTRON LUMENA, écrivez à Du Pont Canada Inc., Systèmes de couvre-sols, Fibres pour tapis commerciaux, C.P.2200, Streetsville, Mississauga (Ontario) L5M 2H3.Systèmes de couvre-sols I B?'àmË ¦ ' ¦ ÎSgSfig \"*?'\u2022 ;' ' WB&m ' MÉmËm *&?&\u2022*?gaps?;&£Êm ' I SSi TTT?SsM; »!§ VINYLE PUR AMTICO ^\"\u2018>.-'\u202235'?» ¦KSBg IgSIg Le vinyle de distinction Découvrez la surface originale de vinyle Amtico conçu pour les besoins des années '90.Spécialement fabriqué pour résister à la circulation intense des surfaces commerciales, le carreau Texture Amtico à coupe micro confère une apparence monolithique à vos planchers.Gréez des intérieurs à l'aspect classique ou contemporain grâce à sa gamme fascinante de onze couleurs Le carreau Amtico Texture, 305mm x 305mm x 2 ou 3mm, est couvert par une garantie limitée de 5 ans.Le carreau Texture Amtico a reçu une mention d excellence en design au Salon international du design d'intérieur de Montréal (SIDIM) Produits American Biltrite Ltée C.P.Place Bonaventure, Montreal (Quebec) H5A 1A2 (514) 866-4828 - m iISSi .- Syjg SSÿwSs^Stï ::;:V:., ¦ Mæm wmm Hg nas iS8s8â ÎSW «gg® spsrp Co'V^\u2019iT.'.T1 >-''V-\u2018-''X' X ïv: : - -ï ¦n» HÈÉS iipi SstËlf iSfe® i$s§Sfe mmmm ÿlSÿSyS gfSgg spst# BSSfi mmmÊmà :®Pt® .gglt® nuts H» mm ésé® ':-¦ - 1111 '\u2022SUS a®®®*; 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' et isolant de toiture est en réalité un plancher.Y aviez-vous pensé?Eh oui, c'est vrai pour de nombreuses raisons.En plus d'en attendre une protection thermique, on peut marcher dessus, même y travailler.Pour répondre à ce besoin, voici donc l'isolant de toiture PERMA-THERMMC en mousse phénolique de Fiberglas Canada.D\u2019une structure alvéolaire fermée et d'une composition chimique uniques en leur genre, c'est le substrat le plus robuste qui puisse être posé.Il offre un support stable qui ne gauchit pas.Ainsi, il résiste, lors de la pose ou de l'entretien, aux tensions qui provoquent des fissures et des dénivellations et, par la suite, des fuites.Mieux encore, le panneau PERMA-THERM n'exige pas l'emploi d'un revêtement de fibre de bois, ce qui réduit votre coût total.Et puisqu\u2019il s'agit d'un produit FIBERGLAS*, vous savez que vous êtes assuré d'une protection thermique maximale durant toute la vie utile du toit Le panneau PERMA-THERM s'utilise avec la plupart des autres membranes de toiture.Mais si vous l'utilisez avec les produits PERMA-SEAL* ou PERMA PLY*, vous construisez alors le meilleur système de toiture possible, et de loin.Dans votre prochain devis, n'oubliez surtout pas de préciser cette exigence : PERMA- PERJVIA\"THERJV\\ FIBERGLAS CANADA INC THERM, le meilleur plancher qu'un toit puisse recevoir.\t-Marques déposées de Fiberglas Canada Inc\t[JA PRODUITS FIBERGLAS : POUR FAIRE BONNE IMPRESSION pîSS>wj®iss$* *»5^ :: V - ;,-.i-WWK « w s A LA HAUTEUR DE VOTRE IMAGINATION Pour toutes constructions résidentielles et commerciales, ou pour vos projets de rénovation, n\u2019hésitez pas à contacter nos spécialistes du département architectural, ils seront en mesure de vous informer sur nos produits de portes et de fenêtres.BONNEVILLE Fenebec Division ae Groupe Bocenor BF inc Filiale oe Groupe Bocenor BF inc 274.rue Duchesnay C P 1000.Ville Ste-Mane Beauce I Quebec) G6E 3C2 Telephone (418) 387-5487 Télécopieur (418)387-3968 130.rue Michener St-Joseph de Beauce Québec G0S2V0 Téléphone (418) 397-6886 Télécopieur (418)397-4962 10 2 0 310 .iHl ilJUi Des partenaires avant tout Di* de Société de Distribution Brique Brampton ftée KEITH SANSCHAGRIN Vice-Président BRIQUE CITADELLE ar son souci constant de conserver une technologie de pointe, par l\u2019excellence de sa recherche qui lui fait développer des produits de qualité supérieure, Brique Citadelle n\u2019a qu\u2019un but: demeurer des partenaires recherchés par des constructeurs et architectes soucieux de participer activement au développement de l\u2019industrie de la construction.Pour ce faire, chacun des membres de la grande équipe de Brique Citadelle s\u2019applique jour après jour à fournir le meilleur de lui-même afin de maintenir cet objectif au premier plan.Transiger avec Brique Citadelle c\u2019est compter sur une collaboration étroite et constante, c\u2019est miser sur une expertise reconnue, c\u2019est s\u2019assurer d\u2019obtenir le meilleur produit qui soit et c\u2019est surtout bénéficier d\u2019une longue tradition d\u2019excellence.MONTRÉAL PRODUITS DE CIMENT THEORET LTÉE 28, boulevard Industriel Saint-Eustache (Québec) (514) 473-4571 MONTRÉAL BRIQUES ST-CONSTANT LTÉE 810, rang Saint-Pierre Saint-Constant (Québec) (514)866-8289 MONTRÉAL BRIQUE CITADELLE 1655, boulevard Cité des Jeunes Les Cèdres (Québec) (514) 424-1640 1-800-363-5190 QUÉBEC SIÈGE SOCIAL 111, Francheville Beauport (Québec) (418) 663-7821 à SAUCE AUCE Avec le lambris Maibec, voici le seul pinceau que vos clients utiliseront au cours des 10 prochaines années Pour les 10 prochaines années, vos clients pourront troquer le pinceau et l\u2019escabeau contre les briquettes et le bifteck.Parce que le lambris Maibec offre à vos clients la richesse du bois naturel.sans la corvée de l\u2019entretien.Le tout, à prix raisonnable ! Séché au four au degré d\u2019humidité requis, le lambris Maibec est préteint et traité sous pression selon le procédé Wolmanized®, qui le protège des intempéries et fixe la teinture à la surface du lambris.Résultat : un revêtement extérieur de bois qui s\u2019accompagne d\u2019une garantie de 10 ans sur la teinture et d\u2019une garantie à vie contre la pourriture ! La patine du temps viendra en rehausser l\u2019apparence.Et le lambris Maibec est aussi économique que les autres produits de revêtement extérieur qui ne requièrent pas d\u2019entretien.ÛSSi\\ maibec BEL ET BIEN COUVERT Distribué par: FLETCHER CHALLENGE CANADA Centre de commercialisation des produits de bois ?(514) 631-9884 ou 1-800-361-7376 Les tuiles de toiture en béton Permaeon : une plus-value pour la propriété.t Vous cherchez une valeur sûre?Avec les tuiles de toiture Permaeon, vous faites le bon choix! Disponibles en deux modèles et en neuf couleurs classiques, elles sont garanties à vie* et couronnent de distinction autant les résidences de style traditionnel que moderne.Un revêtement de première classe, pour une demeure élégante.jusqu'au bout des toits.Sélection Ardoise (noir charbon) PERMACON MONTCO La seule façon de faire i Pour plus de détails, consultez Permaeon ou un installateur autorisé Permaeon.Sélection Héritage (Terracotta) 535* 5«gs$&&& MONTREAL (514) 351 -2120 TROIS-RIVIERES (819) 378-2721 SHERBROOKE (819) 564-1414 QUÉBEC (418) 622-3333 CHATEAUGUAY (514) 866-1623 LÉVIS (418) 837-2431 OTTAWA (613) 836-6194 TORONTO (416) 338-5755 LA BRIQUE DE TOUS LES POUVOIRS »LÏ \u2022 «Sgjjà I ÜBB ___¦ -jy H ^.a.=.W.=-s assas; 1II1IBII llBi Il existe un matériau étonnant: naturel, versatile, inaltérable, créatif, pertinent, compétent, chaleureux, infiniment adaptable, avant gardiste, séduisant, résistant-même aux pluies acides\u2014 élégant et.célèbre! C'est le matériau idéal pour les créatifs qui veulent donner une griffe à leur coup de patte et pour les novateurs qui veulent refaire le monde, l\u2019aménager harmonieusement ou simplement s'y faire un nom.C'est la brique d'argile cuite Saint-Laurent Ses compétences techniques sont convaincantes et ses qualités esthétiques sont de merveilleux vecteurs de création: des dizaines de nuances et de textures différentes se combinent, en contraste ou en camaïeu, pour souligner, décorer, innover, animer.La brique d'argile cuite Saint-Laurent, c'est le pouvoir-faire de votre savoir-faire.Vous pouvez découvrir la collection de briques cuites Saint-Laurent dans notre salle de montre de LA PRAIRIE, 800, rue des Conseillers.POUR VOUS INFORMER, COMPOSEZ LE (514) 866-8374 LA BRIQUE D'ARGILE CUITE SAINT-LAURENT UNE VRAIE BEAUTÉ QUI DURE ÉDITORIAL DE LA NECESSITE D'ETABLIR UNE DISTANCE CRITIQUE FRANCE VANLAETHEM Dans le numéro 50, numéro anniversaire consacré à l\u2019examen de la décennie qui vient de se terminer, nombre de nos collaborateurs ont déploré l\u2019état de l\u2019architecture au Québec, qu\u2019il s\u2019agisse des réalisations construites ou encore des conditions faites à la pratique professionnelle dans la Province.L\u2019architecte est fréquemment soumis au bon vouloir et au \u201cbon goût\u201d des maîtres d\u2019ouvrage qui ne lui reconnaissent que peu de compétences spécifiques et il pâtit d\u2019une grande incompréhension auprès du public et des gouvernements qui considèrent généralement son intervention comme un luxe onéreux, voire inutile.En outre, l\u2019architecture, dans les discours qui la justifient, si elle prétend tendre, depuis quelques années, au dépassement de la simple rationalité fonctionnelle et technique par la réintégration de l\u2019histoire, choque trop souvent par sa superficialité et son arrogance; dans de trop nombreux cas, elle n\u2019est plus que décor, pastiche maladroit des oeuvres du passé ou encore imitation servile du contexte bâti dans lequel l\u2019édifice s\u2019insère.Pour faire face à cette situation où l\u2019architecture semble avoir perdu toute pertinence sociale et toute profondeur humaine, ARQ se propose dans cette première livraison préparée par la nouvelle équipe de rédaction d\u2019aborder la question de l\u2019architecture comme culture.Ce sujet vient à propos, la parution de ce numéro coïncidant avec la tenue du XVIIe Congrès de l\u2019UlA à Montréal dont le thème général est cultures et technologies.La notion de culture est certes une notion ambiguë : si son émergence, dans son sens moderne, est liée au projet d\u2019émancipation de l\u2019homme, mis de l\u2019avant à l\u2019époque des Lumières, elle est, de plus, au siècle suivant, associée au concept de nation et affirme, dès lors, aussi l\u2019ancrage géographique et historique des individus : Culture et culture.Cette dualité n\u2019est pas étrangère à notre domaine, au contraire, elle structure les idées et les projets qui ont jalonné le développement de l\u2019architecture et de l\u2019urbanisme modernes, comme l\u2019ont montré certains auteurs.Notons, entre autres, le double modèle, progressiste et culturaliste, que dégage Françoise Choay (L'urbanisme, utopies et réalités, 1967) des discours sur la ville produits depuis le XIXe siècle ou encore la coexistence dans l\u2019histoire de l\u2019architecture moderne, à côté de l\u2019utopisme de l\u2019avant-garde, d\u2019un courant anti-rationaliste et antiutilitaire, une dichotomie que souligne Kenneth Frampton (Modem Architecture.A critical History, 1980) Mais, aujourd\u2019hui, qu\u2019en est-il de la culture et de l\u2019architecture, dans la civilisation occidentale, où se nouent toujours ces tensions qui opposent au plan des valeurs, l\u2019universel au régional, l\u2019individuel au collectif, l\u2019imagination à la mémoire, la création au patrimoine, la technologie à l\u2019art, l\u2019économique au culturel, voire au cultivé, et où la culture connaît en outre une dilution inquiétante de sa signification: cultures et culturel.Le philosophe, Alain Finkielkraut, dans son petit opuscule intitulé La défaite de la pensée (1987), ne constate-t-il pas que, de nos jours, non seulement la culture s'affirme au pluriel mais qu\u2019en plus, \u201cdes gestes élémentaires aux grandes créations de l\u2019esprit\u201d, tout est culture?Qu\u2019en est-il dans la société québécoise où sa présence, plus qu\u2019ailleurs, a été inextricablement liée au politique?(du moins jusqu\u2019à tout récemment I) Si l\u2019idée moderne de Culture, tout comme d\u2019ailleurs celle d\u2019architecture, s\u2019est développée comme critique de la société industrielle mercantile et valorisation de l\u2019homme comme totalité ou de la communauté comme creuset, qu\u2019advient-il de ce projet, en cette fin de siècle, alors que de nouvelles avancées de la science et de la technologie transforment profondément notre rapport au monde et auxautres, sans pourautant être encore accueillies comme facteurs indéniables du progrès de l\u2019humanité?Aussi, dans une telle condition, comment penser et faire mais encore pratiquer l\u2019architecture comme création de valeurs, production du sens humain?Comment produire l\u2019architecture comme oeuvre, comme construction d\u2019un devenir ?Il est certes impensable d\u2019épuiser l\u2019examen de telles questions en une livraison.L\u2019analyse de tels problèmes et la confrontation des positions tant intellectuelles que professionnelles qu\u2019induit la recherche de solutions constituent un projet éditorial en soi plutôt qu\u2019un simple thème de numéro.Néanmoins certains de nos collaborateurs ont relevé le défi d\u2019amorcer la discussion; ils ont, à partir de leur situation particulière dans le champ, examiné dans quelle mesure l\u2019architecture peut contribuer dans la société contemporaine au développement de la culture, d\u2019une culture qui serait autre chose qu\u2019une béate nostalgie ou encore qu\u2019un banal et même vulgaire agrément.Notre collaborateur de longue date, Paul Faucher, architecte associé de l'atelier Blouin, s\u2019interroge sur les possibilités de produire l\u2019architecture comme culture dans le contexte ingrat de la pratique professionnelle, tandis que le professeur Pérez-Gomez, éclairé parses recherches sur l\u2019histoire de l\u2019architecture et la lecture des plus importants philosophes du XXe siècle, analyse la crise que traverse l\u2019humanité dominée par la science et la technologie et, par là même, l\u2019architecture.Depuis longtemps est perdue la plénitude des rapports que l\u2019homme entretenait avec le monde et que manifestait notamment l\u2019architecture.Le dessin de Francesco di Giorgio reproduit en page couverture témoigne de cette correspondance immédiate qui existait encore au XVe siècle entre l\u2019homme, son corps, ses édifices et l\u2019ordre du monde que symbolisait la géométrie, plus qu\u2019elle n\u2019en contrôlait la réalité à des fins pratiques.Pour leur part, Denis Bilodeau et Éric Gauthier, deux jeunes architectes engagés respectivement dans la recherche et la pratique architecturales, examinent la place que donnent les gouvernements à l\u2019architecture dans le cadre concurrentiel de leurs politiques culturelles et de leurs projets nationaux ainsi que l\u2019utilisation stratégique qu\u2019ils en font : cultures et architecture.Aussi, pour de plus échapper au piège d\u2019une architecture qui se définit comme exhumation de son propre passé, ces deux auteurs proposent un retour à Adolf Loos et à Mies van der Rohe et affirment le rôle de l\u2019architecture dans la réalisation existentielle de l\u2019être humain, entre médiation et émancipation.ARCHITECTURE ET CULTURE.Tous s\u2019entendent sur la nécessité pour l\u2019architecture, et donc l\u2019architecte, de maintenir une distance critique afin de résister aux valeurs pragmatiques et à la banalisation de la production qui prévalent dans le milieu de la construction où ils ont à évoluer.Certains vont même plus loin, lorsqu\u2019ils préconisent et pratiquent, notamment dans l\u2019enseignement, un retrait et un repli sur le projet théorique, un moyen de reconquérir la spécificité poétique de l\u2019architecture.Telle est la position du professeur Pérez-Gomez et de ses étudiants, Jean-François Bédard et William Weima.La question de l\u2019architecture comme culture n\u2019est pas dans les pages qui suivent seulement abordée au plan du discours, elle l\u2019est aussi à celui du projet d\u2019architecture, une double perspective sur le thème que nous comptons systématiquement privilégier à l\u2019avenir, les mots et le dessin, le texte et l\u2019image graphique étant devenus deux modes complémentaires et inséparables d\u2019élaboration de l\u2019architecture.Les projets retenus ici l\u2019ont été sur la base de leurs qualités, certes différentes, comme le sont les conditions de leur élaboration et leur réalisation.Sans doute peu de choses comparables entre la construction largement artisanale d\u2019un restaurant ou d\u2019une maison particulière et la réhabilitation et l\u2019agrandissement d\u2019édifices culturels, propriétés d\u2019institutions bien établies.Si les premières - oeuvres de Luc Laporte et Jacques Rousseau - s\u2019offrent comme des terrains privilégiés pour la recherche d\u2019une architecture authentique, essentielle, les seconds - de l\u2019architecte Peter Lanken et de la firme Lemoyne, Lapointe, Magne - malgré leurs contraintes et leurs difficultés ont donné des édifices très intéressants, entre autres, par l\u2019attention apportée à l\u2019étude du détail et les rapports établis, dans le concret mais encore dans l\u2019imaginaire pour Lanken, avec des réalisations marquantes de l\u2019architecture moderne à Montréal.Créatifs, voire critiques, tous ces projets élaborent leur architecture en référence au passé, à l\u2019histoire de l\u2019architecture ou de la ville.Aussi il nous est apparu nécessaire de présenter un projet qui se dégage de ces références et se définit par rapport aux secteurs les plus avancés de la société contemporaine, une attitude peu courante ici.Tel est le cas du centre de documentation du CNRS en France, une bibliothèque d\u2019un type nouveau dessinée par l\u2019agence de Jean Nouvel.Finalement, dans ce numéro nous instaurons des rubriques afin notamment de faire écho aux efforts qui sont faits, maintenant, depuis plusieurs années au Québec, dans le domaine de la diffusion de l\u2019architecture.Nous débutons par une double page de commentaires critiques sur des récentes parutions et expositions.Ensuite, en cette année du centenaire de la fondation de la corporation professionnelle des architectes du Québec, nous reprenons la chronique anniversaire pour la consacrer aux événements et aux débats qui ont marqué les premières années de son histoire, en commençant par relater les faits qui ont prévalu à la création en 1890 de la Société des architectes de la Province de Québec.25 CULTURE ET CULTURES CULTURE Le terme \u201cculture\u201d comporte une certaine part d\u2019ambiguïté et d\u2019imprécision puisqu\u2019il réfère au rapport qu\u2019établit un sujet avec le monde dans lequel il évolue, un rapport susceptible de se traduire en des variations infinies.Malgré tout il est possible de lui attribuer deux définitions principales qui font l\u2019objet d\u2019un consensus dans l\u2019usage courant et qui ont le mérite de cristalliser autour d'elles la myriade de significations possibles.Dans son sens premier, il désigne l'accomplissement intellectuel et spirituel de l\u2019individu, son accès à la prise de conscience de soi et du monde préalable à l\u2019exercice du jugement et du sens critique.Dérivant du mot latin \u201ccultura\u201d qui signifie l\u2019action de cultiver la terre, ce sens originel suppose un processus dynamique de développement et de labeur sur soi que la langue allemande traduit par Bildung (construction, formation).Analogue et indissociable dans sa genèse du concept de civilisation, le sens second est essentiellement descriptif et normatif puisqu\u2019il rassemble l\u2019essentiel des traits communs à un peuple, une nation, à un moment précis de son déve-loppement.Le terme culture se substitua à celui, encombrant, de civilisation lorsque les études anthropologiques entreprises à la fin du siècle dernier commencèrent à révéler la richesse et la complexité des sociétés dites primitives.(1) Afin d\u2019examiner les rapports qu\u2019entretiennent l'architecture et la culture il est essentiel de souligner la tension qui existe entre les prises de position de créateurs se réclamant lucidement du sens existentiel premier et les discours officiels gouvernementaux privilégiant l\u2019inscription de la pratique culturelle à l'intérieur d\u2019un projet collectif en vertu du sens second.\u201cQuand tout devient culturel, c\u2019est la fin de la culture comme destin, c\u2019est le début de la culture comme politique, et la misère immédiate de cette politique culturelle.Le point maximal d\u2019extension de ces catégories jadis distinctes et spécifiques marque leur point de banalisation et l\u2019inauguration d\u2019une sphère transpolitique qui est d\u2019abord celle de leur disparition.\u201d (2) DENIS BILODEAU En 1910 l\u2019architecte viennois Adolf Loos écrivait, \u201cj'appelle culture cet équilibre de l\u2019homme intérieur et l\u2019homme extérieur qui est la condition de toute pensée et de toute activité raisonnable.\u201d (3) Pour lui, cet équilibre se retrouve encore chez l\u2019habitant des campagnes, et l\u2019artisan en pleine maîtrise de son travail et de sa production.À ce royaume idéalisé de la culture, Loos oppose la ville, espace de déracinement et de déséquilibre, mais aussi lieu définitif de déploiement de la civilisation moderne.La situation urbaine, selon Loos, ne permet plus à l\u2019homme de réaliser de façon naturelle cet équilibre entre son intérieur et son extérieur, son être subjectif et le monde objectif.Il lui faut donc lutter, pour contrebalancer la force de désintégration de la ville; à la force de rupture de la ville, il lui faut opposer une volonté de culture et cette opposition ne peut pas se faire par la négation des conditions urbaines.Loos se refuse à substituer une image nostalgique ou utopique de culture à l\u2019univers chaotique urbain.Seule une véritable position de résistance prenant pleinement compte de la réalité contemporaine peut permettre à l\u2019individu de se réaliser, et surtout à l\u2019architecte de développer une pratique pertinente par rapport aux conditions de civilisation de son époque.L\u2019architecture selon lui ne doit pas offrir l\u2019image illusoire de l\u2019équilibre existentiel de l\u2019homme mais plutôt s\u2019inscrire dans une stratégie permettant à l\u2019homme de retrouver un point d\u2019équilibre entre sa vie intérieure et le monde extérieur.C\u2019est dans ses nombreux projets de maison à Vienne, Prague, et Paris que Loos développa et appliqua une stratégie architecturale de résistance.Opposant à la ville des façades écrans régularisées et presque opaques, il organisa l\u2019espace intérieur de la vie privée comme support au déploiement du corps dans une séquence d\u2019espaces agglomérés en spirale reliés par des volées d\u2019escaliers articulant la danse individuelle.Loos cherchait à créer des conditions permettant à l\u2019homme de rétablir cet équilibre entre son intérieur et son extérieur, en opérant une rupture radicale entre les lieux privés et publics de l\u2019architecture domestique.(4) Loos défend que son architecture ne peut pas être réellement appréhendée au niveau de l\u2019image.Il faut y vivre, y évoluer et expérimenter directement l'organisation et les relations spatiales.Ses maisons n\u2019ont pas été conçues comme des symboles ou des représentations, mais comme des supports architectoniques muets, instruments à exister, \u201cmachine à habiter\u201d.Pour Loos la culture ne réside pas dans les objets mais dans la vie, position qui oriente sa conception stratégique de la pratique architecturale.Si l\u2019architecture de Loos résulte d\u2019une interprétation de la réalité, elle ne constitue cependant pas en soi une interprétation, mais bien plutôt une construction d\u2019une nouvelle réalité.Ludwig Mies van der Rohe partageait cette conception de l\u2019architecture.Se référant à Karl Marx il écrivait en 1923, \u201cl\u2019art doit changer la vie, et non l\u2019interpréter.(5) Mies avait comme Loos un respect profond pour l\u2019art de bâtir, mais au-delà de l\u2019intérêt purement technologique, il comprenait la construction dans le sens philosophique d\u2019une formation de la réalité.Il définissait l\u2019architecture comme \u201cl\u2019appréhension spatiale de la construction\u201d.(6) Ainsi l\u2019architecte construit le réel, le redéfinit.Il travaille sur le monde objectif mais surtouttransforme les conditions de déploiement de l\u2019être subjectif.Le philosophe Ludwig Wittgenstein, un proche de Loos, écrit en 1931, \u201cle travail en philosophie, comme à plusieurs égards le travail en architecture, consiste surtout à travailler sur soi-même, sur son interprétation et sur sa manière de voir les choses, et sur ce que l\u2019on en attend.\u201d (7) Les maisons de Mies van der Rohe sont conçues à la manière d\u2019instruments permettant d\u2019explorer les limites de cet équilibre en tension entre l\u2019homme intérieur et l\u2019homme extérieur.Par une stratégie architectonique tout à fait opposée à celle de Loos, exploitant au maximum l\u2019ouverture, la transparence et la fluidité des espaces, poussant à l\u2019extrême l\u2019ambivalence entre intérieur et extérieur, presque jusqu\u2019à l\u2019élimination de la différence, Mies force la mise à nu et la confrontation lucide des tensions entre l\u2019être subjectif et le monde objectif.Il confronte l\u2019homme moderne à l\u2019insoutenable intensité de la culture, et à l\u2019impossibilité de sa réalisation idéale aux niveaux individuel et social.La culture demeure un projet existentiel et l\u2019architecture ne peut que lui servir d\u2019instrument.Si les maisons de Loos et de Mies s\u2019adressent à l\u2019expérience individuelle de la vie privée, leurs grands édifices à bureaux semblent apparaître comme condensateurs et révèlent l\u2019expérience publique des conditions de civilisation urbaine perçues comme lieu de dissolution de la culture.La déviation monumentale de l\u2019usage de l'ordre dorique dans le projet du Chicago Tribune de Loos, et les jeux de réflexions complexes et fragmentées de l\u2019environnement urbain sur les volumes prismatiques des gratte-ciel de verre de Mies, agissent comme des lentilles transformant de façon critique notre rapport au reste de la ville.26 CULTURES ERIC GAUTHIER De ces deux exemples extrêmes et opposés de mode de résistance et d\u2019intervention, ressort une conception particulière de l\u2019architecture et de sa fonction culturelle: ¦\tL\u2019architecture n\u2019interprète pas, mais construit le réel.¦\tL'architecture n\u2019est pas un symbole ou une représentation, mais définit plutôt des conditions d\u2019existence, propose des modes d\u2019interaction entre l\u2019être subjectif et le monde objectif.¦\tL\u2019architecture n\u2019est ni conditionnée par son époque ni totalement autonome, mais elle découle d\u2019une pensée stratégique de provocation discrète ou violente et d\u2019une volonté de distanciation critique comme aspect fondamental du projet existentiel individuel.Le processus culturel individuel n\u2019est évidemment pas indépendant des institutions sociales qui tendent à en définir les termes et les bornes, tels le privé et le public, le bâtiment et la ville.Au contraire elles en sont le sujet, peu importe que le processus culturel s\u2019inscrive en conformité, en retrait, en fuite ou en résistance par rapport à celles-ci.Une architecture culturelle s\u2019adresse aux limites mêmes de ces institutions, dans leur territoire, programme, espace et matérialité.Ce sont à la fois les éléments de \u2018 base et les lieux d\u2019intervention de l\u2019architecture.Ils en forment les conditions et les modalités, le sujet et l\u2019objet.L\u2019architecte doit aussi agir sur la pratique et ses conditions; le choix et la délimitation du lieu d\u2019intervention, la formulation des programmes, les stratégies et le contrôle de leur exécution.Les questions de forme, d\u2019image, de langage, de référentialité, et d\u2019expression n\u2019ont aucune pertinence critique dans son projet culturel.Une telle pratique est nécessairement critique.Elle touche à | l\u2019expérience des limites du réel, de la manière dont nous nous définissons par rapport au monde.Elle ne prêche ni le conformisme, ni la révolution, mais plutôt la distanciation et le positionnement existentiel.Elle est issue du réel et va vers le réel.Elle est fondamentalement tournée vers l\u2019être humain et participe à son devenir.Elle rejette toute pratique aveugle et irresponsable, et refuse toute recherche superficielle et effrénée de nouveauté.C\u2019est une pratique réaliste et critique qui thématise sur le plan architectural ce qui définit les rapports entre l\u2019homme intérieur et l\u2019homme extérieur.H V » Les constructions de Loos et de Mies van der Rohe ont été conçues pour jouer un rôle instrumental dans la réalisation existentielle de l\u2019être humain.Dans ce sens, elles appartiennent à lafois à la tradition classique, attribuant à l\u2019architecture une fonction médiatrice de purification par rapport au monde extérieur, et au projet moderne en tant que lieu de l\u2019émancipation individuelle par rapport aux conventions et institutions sociales.Une telle approche est-elle encore valable ?Le produit architectural peut-il être conçu en dehors du monde dont il aurait la fonction de révéler les structures?L\u2019architecte n\u2019est pas totalement responsable de la manière dont son travail sera interprété et vécu.Cela dépend en grande partie des conditions de réception de chaque époque et de la diversité des discours auxquels les oeuvres sont soumises.Par ailleurs, l\u2019expérience \u201ccréatrice\u2019\u2019que le concepteur expérimente comme un moment d\u2019émancipation individuelle n\u2019est pas non plus nécessairement communicable.Y a-t-il une dissociation complète entre l\u2019oeuvre et le discours sur l\u2019oeuvre, une rupture définitive entre l\u2019être intérieur et l\u2019être extérieur ?Manfredo Tafuri a récemment défini la crise du rapport sujet/ objet, et de la relation signifiant/signifié comme étant à la base même de notre \u201ccondition post-moderne\u201d.Dans son analyse de la série des maisons I à X de Peter Eisenman, Tafuri soulignait l\u2019importance attribuée au discours comme complément indispensable du projet architectural; l\u2019architecte prenant en charge, à la fois la production du bâtiment et celle de son horizon de réception, dans une stratégie globale consacrant le statut instrumental de l\u2019architecture.(8) On a souvent décrit avec raison l\u2019instrumentalisation de l\u2019architecture à des fins technocratiques ou répressives.Mais l\u2019architecture ne peut-elle servir à l\u2019ouverture et au déploiement de l\u2019existence humaine?Nous croyons à la pertinence fondamentale de cette approche à un moment où nous n\u2019avons plus le choix de travailler avec l\u2019humain et pour l\u2019humain.L\u2019architecture n\u2019est plus un fait esthétique, mais un fait éthique.1.\tAdolf Loos, maison Müller, Prague, 1929.2.\tLudwig Mies van der Rohe, projet de maison, \u201cFifty foot by fifty foot house\u201d, 1950-51.L « \u2022 ibJ F* * À la fin de l\u2019été 1982 le gouvernement fédéral amorçait le processus devant mener à la construction du nouveau Musée des beaux-arts Canada et du Musée canadien des civilisations par la conduite d\u2019entrevues àlagrandeur du pays afin de sélectionner les architectes qui s\u2019en verraient confier la réalisation.Il advint qu\u2019une équipe francophone québécoise fut jumelée à un amérindien d\u2019Edmonton et qu\u2019une firme torontoise fut priée de s\u2019associer à un architecte d\u2019origine israélienne menant une carrière internationale.Ils eurent pour mission de réaliser deux musées se dressant face à face, de part et d\u2019autre de la rivière Outaouais.L\u2019un, sur la rive québécoise de Hull, tente d\u2019évoquer la puissance de la nature, son organicité et sa sensualité.L\u2019autre, du côté d\u2019Ottawa, manifeste son appartenance au complexe parlementaire par quelques emprunts à son vocabulaire gothique chargé d\u2019une émotion chaste et civilisée.Peu de temps auparavant, à l\u2019automne 1980, le gouvernement québécois avait lancé un concours pour la réalisation d\u2019un Musée de lacivilisation du Québec, concours restreint mettant en présence cinq équipes essentiellement locales sur un emplacement lourdement chargé sur le plan historique.Cette soudaine fièvre d\u2019intérêt pour le programme monumental par excellence, le musée national, coïncidait en fait avec l\u2019aboutissement d\u2019une longue guérilla pour l\u2019appropriation du champ de l\u2019intervention culturelle menée par les deux paliers gouvernementaux.Guérilla d\u2019ailleurs fort révélatrice quant à la manière dont ceux-ci définissent la culture et à la place qu\u2019y tient l\u2019architecture.Cette guerre de tranchées débute officiellement en 1951 au moment où la Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019avancement des arts, des sciences et des lettres invite le gouvernement fédéral, pour des motifs d\u2019ordre \u201cnational\u201d, à aider financièrement les universités, les organismes et les individus actifs dans le domaine des arts.Il n\u2019en fallait pas plus pour provoquer l\u2019indignation du gouvernement duplessiste et des milieux nationalistes.Le parti de Jean Lesage en profite pour inscrire à l\u2019article premier de son programme politique la nécessité de créer un ministère des affaires culturelles québécois, \u201d.un ministère de la civilisation canadienne-française.le plus efficace serviteur du fait français en Amérique\u201d.(9) Après son accession au pouvoir en 1961 ce parti institue l'Office de la langue française, le Conseil provincial des Arts et la Commission des monuments historiques.Ne voulant pas demeurer en reste, les autorités fédérales chargent la Commission Laurendeau-Dunton du mandat d\u2019établir un concept de nation, pour ce qui n\u2019était jusqu\u2019alors qu\u2019une confédération.Les notions de bilinguisme et de multiculturalisme, ainsi que la menace présumée du voisin américain permettent alors le développement, sous l\u2019ère Trudeau, d\u2019un gigantesque appareil étatique composé de sociétés et d\u2019organismes para-publics voués essentiellement au protectionnisme et à la lutte aux disparités régionales.Il devient alors inévitable que le concept de culture soit contaminé et assujetti à la quête d\u2019identité qui secoue le pays.Le Livre blanc de Laporte en 1965 est explicite à cet égard: \u201cce qu\u2019il convient de bien mettre en relief c\u2019est le rôle de la culture elle-même au sein de la nation.elle construit intérieurement un ordre, en un mot elle organise.Elle est ce en quoi trouvent leur plus parfait 27 w#rAf* i- i':ï8É '\u2018ifeSt** WliW' I ^ '\u2022ililinr accomplissement tous les efforts, toutes les forces vives, la qualité même d\u2019une nation.\" (10) Cette supposée convergence de l\u2019action culturelle avec le projet national trouve son expression la plus directe dans la politique québécoise du développement culturel élaborée par Camille Laurin (13) et coïncide avec la guérilla muséologique évoquée précédemment.En ce qui concerne plus spécifiquement l\u2019architecture, cette dispute sur la juridiction culturelle se traduit par une duplication complète des organismes gouvernementaux.Ainsi Parcs Canada et la Direction du patrimoine se dotent chacun de leur côté de toutes les compétences nécessaires à la restauration d\u2019édifices à caractère historique.Sur le plan normatif Québec adopte son propre code du bâtiment rivalisant avec le code national.Le Centre de recherche industrielle du Québec et le Conseil national de la recherche se disputent un territoire commun.La SCHL et la SHQ édictent leurs propres normes quant à la conception de logements sociaux.Le Conseil des Arts et le MAC établissent chacun leurs programmes de bourses favorisant la recherche et la création.Ce dédoublement a évidemment pour conséquence d\u2019amenuiser l\u2019efficacité des moyens mis en oeuvre pour promouvoir le développement d'un savoir architectural.Sur un autre plan, l\u2019assujettissement de la politique culturelle à une finalité politique implique que l\u2019attribution de la commande architecturale soit liée à des facteurs externes à la seule notion de qualité.Ainsi, lorsque le Parti québécois instaura un fichier central informatisé, la fameuse Rosalie, permettant d\u2019attribuer les contrats d\u2019architecture sous la forme d\u2019un tirage au sort avec l\u2019intention vertueuse de mettre fin au patronage politique, il se trouvait également à agir conformément aux énoncés du docteur Laurin, \u201c.c\u2019est le peuple lui-même qui crée sa culture.Mais l\u2019État doit quand même intervenir pour favoriser le jeu de la liberté créatrice, s\u2019attaquer aux contraintes et aux pouvoirs qui l\u2019entravent\u201d.(11 ) Ce populisme en matière de politique culturelle est indissociable de la conviction que le travail des créateurs soit essentiellement le miroir de valeurs communes et partagées par l\u2019ensemble de la communauté.Par contre lorsqu\u2019il s\u2019agit de donner forme à de véritables monuments, tels que les musées évoqués précédemment, les autorités politiques tiennent à s\u2019assurer d\u2019un contrôle certain du produit architectural par le recours aux formules de concours restreints et bien encadrés.Il est illusoire dans un tel contexte socio-politique d\u2019espérer la tenue de concours ouverts et internationaux en sol québécois.Après le départ des adversaires les plus acharnés, péquistes et libéraux-fédéraux, certains efforts d\u2019harmonisation ont été tentés afin de régulariser la situation et d\u2019atténuer la dimension politique de l\u2019intervention culturelle.Malheureusement le contexte actuel favorise la réémergence de certaines vieilles habitudes, avec en prime un nouveau joueur, les autorités municipales, qui ne veulent pas s\u2019en laisser imposer et mettre sur pied des instruments tels que la SIMPA et la CIDEC à Montréal afin d\u2019intervenir directement sur les questions culturelles et architecturales.Il est tout à la fois inquiétant et rassurant de constater que, compte-tenu de la crise d\u2019identité nationale qui a secoué toute la société au cours des dernières décennies, l\u2019architecture soit demeurée relativement imperméable aux tentations régionalistes ou nationalistes alors que toutes les autres disciplines artistiques en ont été affectées et que, traditionnellement, le cadre bâti constitue un des foyers les plus ardents de la définition d\u2019une identité collective.Paradoxalement les revendications nationalistes se sont traduites au cours des années 60 par l\u2019éclosion d\u2019une architecture moderne et fondamentalement étrangère à toute référence à la tradition, qui ne peut se comprendre qu\u2019à l\u2019intérieur de l\u2019idéologie de rattrapage accompagnant la Révolution tranquille.Cela ne nous empêche pas de croire à l\u2019absolue nécessité d\u2019évacuer toute finalité politique de l\u2019intervention culturelle comme il a fallu un jour évacuer l\u2019Église de l\u2019appareil gouvernemental pour assurer son émancipation.Il faudra tout d\u2019abord commencer par s\u2019affranchir de la névrose obsessionnelle de l\u2019histoire qui nous affecte tous présentement.Une architecture obnubilée par sa propre généalogie, comme celle qui a prévalu au cours de la dernière décennie, et une société en quête d\u2019identité qui remue sans cesse les cendres de son passé ne peuvent se rejoindre qu\u2019en un projet ultime, le cimetière, dont l\u2019architecte serait également le fossoyeur.\u201cBeaucoup d\u2019individus gisent à ses pieds, tous serrés ensemble.Leur nombre est indéterminé, mais grand et il ne fait qu\u2019augmenter.Ils ne peuvent pas s\u2019éloigner l\u2019un de l\u2019autre, ils restent comme en tas.Lui seul va et vient comme il lui plaît.Lui seul se tient debout parmi tous ces gisants\u201d.(12) 1.\tMoshe Safdie et Parkin Associates.Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa, 1988.2.\tDouglas J.Cardinal et Tétrault, Parent, Languedoc & Associés.Musée canadien des Civilisations, Hull, 1989.I NOTES ET RÉFÉRENCES I 1.\tSur l\u2019ambiguïté des termes \u201cculture\u201d et \u201ccivilisation\u201d, voir Jean Cazeneuve.Dix grandes notions de sociologie.Paris: Éditions du Seuil, 1978.2.\tJean Baudrillard, Les stratégies fatales.Paris: Grasset, 1983, p.63.3.\tAdolf Loos, \u201cArchitecture\u201d (1910), dans Malgré tout (1900-1930).Paris: Champ Libre, 1979, p.219.4.\tSur Loos, ses écrits et ses projets, voir surtout Benedetto Gravagnuolo.Adolf Loos, New York 1982 et Hubert Damisch, Ruptures Cultures, Paris: Éditions de Minuit, 1976.5.\t6.Ludwig Mies van der Rohe, \u201cBurohaus\u201d dans Materiel an elementaren Gestung, Berlin: 1923.Sur Mies voir, Franz Schultze, Mies van der Rohe.A critical Biography.Chicago: The University of Chicago Press Ltd 1985.7.\tLudwig Wittgenstein.Culture and Value.Oxford: 1980.8.\tManfredo Tafuri, \u201cPeter Eisenman: The Meditations of Icarus\", dans Peter Eisenman House of Cards.New York: Oxford University.Press, 1987.9.10.11.Pour une description de la lutte entre les autorités fédérales et provinciale en matière culturelle, voir: Camille Laurin, La politique québécoise du développement culturel, Québec: Éditeur officiel du Québec, 1978.12.Elias Canetti, Masse et puissance.Paris: Gallimard, 1966.Denis Bilodeau est titulaire d'un baccalauréat en architecture de l\u2019Université Laval et d\u2019une maîtrise en aménagement de l\u2019Université de Montréal.Il est en outre candidat au doctorat en histoire de l'architecture à l\u2019Université Columbia en New York.Il a écrit le livre Classicisme en architecture, publié à Paris en 1985.Il est présentement chargé de cours au département de design de i'UQAM et chargé de pratique à l\u2019École d\u2019architecture de l'Université de Montréal.Éric Gauthier est architecte et associé chez Blouin & associés architectes.Il est également membre du comité de rédaction de la revue ARQ.3191919 X-l';*- :c s*»\\s k.\u2022> - .; .¦- -fe: .:«%3S I PAUL FAUCHER INTRODUCTION ET CONFUSIONS.Deux images reviennent obstinément à ma mémoire, comme pour amplifier les termes du débat: celle, d\u2019abord, de l\u2019implacable destination d\u2019une architecture collective minimale, affinée jusqu\u2019à la perfection par le principe social même qui l\u2019a produite et la regénère depuis près de 1000 ans: l\u2019architecture sans signature du M\u2019Zab, à la limite du Sahara algérien.Vieille et moderne.Inéluctable.Celle, ensuite, des bâtiments olympiques construits pour les jeux de 1964, architecture personnelle minimaliste, affinée jusqu\u2019à la perfection par la compréhension que s\u2019était forgée l\u2019homme qui l\u2019a produite, du principe social qui la lui commandait: l\u2019architecture signée par Kenzo Tange du stade de gymnastique et de la piscine de Tokyo.Moderne et pérenne.Inéluctable.Entre ces deux images, j\u2019achoppe depuis un mois à chercher la formule savante, la démonstration exemplaire, la brillante séquence qui pourrait lier en un tout les ambiguïtés conjuguées de la culture qui est diffuse, et de l\u2019architecture qui est multiple.Car pourtant la question se pose, dramatiquement, entre culture et architecture: \u201cComment peuvent coexister être et devoir être, contingence et nécessité ?.\u201d (Umberto Ecco) THÈME ET ANATHÈME: L'ESPRIT DU TEMPS Sommairement définie, la \u201cculture\" concerne la connaissance générale du monde et les interrelations de tous ordres, réelles et imaginaires, qui s\u2019y exercent aux différents niveaux référentiels de cette reconnaissance.Or, socialement parlant, l\u2019époque amplifie les droits individuels de tous acabits, et ignore de plus en plus les devoirs collectifs.Elle ouvre au libre-arbitre collectif ce qu\u2019elle ferme aux éthiques professionnelles traditionnelles.Économiquement parlant, l\u2019époque excite à la consommation, donc décourage la longévité.Elle encourage à la quantité objectivée au détriment de la notion même de choix qualitatif spécifique.Ce faisant, cette époque se met à cultiver la différence parce qu\u2019elle cultive la consommation, et fait conséquemment consommation de cultures, pluralisées, vulgarisées, socialisées, médiatisées, importées, pulvérisées, comme elle achète une \u201callemande\u201d ou une \u201cjaponaise, pour se démarquer plus que pour se reconnaître ! Il n\u2019y a pas de quoi s\u2019étonner si, localement, la culture mène plusieurs trains et que l\u2019architecture écartelée n\u2019en mène pas large ! La culture, sous cet aspect, est devenue sous-produit économico-social.Des doses massives de typologies médiatisées, séductrices parce que superficielles, génèrent un \u201ceffet de catalogue\u201d où la théorie et la réflexion cèdent le pas à l\u2019apparence et au marketing, où trivialité et dissolution remplacent aisément intégrité et intensité.La culture des petits poids !.En contrepartie, toute recherche personnelle qui tend à aller Ville de Beni-Lzgen, Vallée du M'Zab, Algérie.LE TEMPS DE L'ESPRIT Dans un cas comme dans l\u2019autre, culture basse ou culture haute, la résultante est actuellement de même effet pour l\u2019architecture, bien que causalement opposée, et creuse la perte progressive de la notion même de l\u2019Objectif de la démarche socio-culturelle d\u2019Architecture, qui consiste à produire pour un client \u201cmoyen\u201d, en fonction d\u2019un programme, d\u2019un emplacement, d\u2019un climat, d\u2019une orientation, d\u2019un budget, d\u2019un calendrier, la réponse la plus inéluctablement \u201cpossible\u201d à un problème posé, dans le souci de l\u2019époque et le désir de la transcender.Entre l\u2019architecture perçue par le public comme invention de toit, ou considérée par l\u2019architecte comme invention du moi, peu de différence d\u2019effet: vanités pusillanimes qui opposent aux petits cercles privés de ceux qui sont culturellement sûrs d\u2019avoir raison, la privation de raison de ceux qui ne sont pas sûrs, et pratiquent donc au hasard toutes les \u201ccultures\u201d et toutes les \u201carchitectures\u201d! Il me semble à cet effet que rien n\u2019a changé profondément dans le binôme qui oppose la société qui recherche le changement, et l\u2019architecture qui tend à la permanence: seuls les termes de Edifices olympiques, Haraiuku, Tokyo, Keozo Taoge, architecte, 1964 plus loin, ou ailleurs que les poncifs reconnus, doit nécessairement relativiser sinon refuser et réfuter les constructions intellectuelles baroques que les médias tissent maintenant autour des nouveaux vieux maîtres.Cette réappropriation individuelle d\u2019un idéal perdu dans les délires applaudis, monstrueux et grandiloquents de ce néomaniérisme \u201cfin de siècle\u201d, ne peut elle-même, dans de telles circonstances, être autre chose que fragmentaire et étroite, puisqu\u2019elle recherche la profondeur en réaction au superficialisme des prédécesseurs immédiats.Beaucoup de naïveté, beaucoup d\u2019ésotérisme ou beaucoup de nostalgie, beaucoup de mini-sectes affairées et zélotes en réaction aux Eglises établies.J\u2019ai tendance à croire que ce type de \u201cculture\u201d, celle qu\u2019on met d\u2019office au rang où l\u2019on désire se voir, en fait nous fourvoie dans la direction où l\u2019on désire que les autres nous voient.Culture de poids ou occultes cultes de dieux odieux ?.En tout cas sous-produit d\u2019une \u201cvision\u201d politico-sociale.ARCHITECTURE ET CULTURE UN PROJET DE TEMPS ET DE UEU l\u2019équation jouent maintenant déraisonnablement en faveur d\u2019une société en développement exponentiel incontrôlé, par rapport à une pratique engoncée dans les attributs d\u2019un autre âge et qui prétend encore séparer le bon grain raréfié d\u2019un ivraie qui la gagne, dans une perception déraisonnablement élitiste de sa destination et une défense déraisonnablement individuelle de ses avantages: en oubliant dans son émoi de considérer l\u2019aspect moral et l\u2019aspect éthique de sa propre démarche d\u2019ensemble qui, seuls, me semble-t-il, peuvent assurer à plus long terme un résultat social et esthétique susceptible non seulement de permettre la survie ponctuelle, mais d\u2019imposer la nécessité collégiale et sociétale de cette profession.Ici.J\u2019aime croire àce propos que l\u2019architecture possède d\u2019importants moyens pour s\u2019adapter à une société évolutive dans le temps.J\u2019ose penser que ces moyens originent dans les lieux-mêmes où elle se pratique.Car si la culture se définit comme l\u2019ancrage géographique et historique de valeurs largement importées, autrefois ou maintenant, il est un lieu qui oblige à sa relecture, celui d\u2019où l\u2019on est, qui impose par sa propre géographie, aux humains qui l\u2019occupent, la transcription culturelle de son cadre naturel, et donc l\u2019appropriation d\u2019une appartenance.Ce que l\u2019on nomme l\u2019esprit du lieu.Où je vois le M\u2019Zab.Il est un autre lieu, sur un autre plan, celui de la pratique de l\u2019architecture, qui conduit à des exigences similaires et qui impose par sa destination, aux professionnels qui l'occupent, la transcription culturelle de leurs archétypes empruntés, et donc l\u2019appropriation d\u2019une appartenance.Ce que l\u2019on peut nommer le temps du projet.Où je vois le stade de Tange.Les deux états sont intimement liés quelque part entre architecture et culture.L'ESPRIT DU LIEU On peut dire, au sens le plus large, que le rapport entre la \u201cnature\u201d et la \u201cculture\u201d passe nécessairement par la \u201csculpture\u201d de la première par la deuxième.Tous les arts sont impression, structuration, construction.Parmi ces arts cependant, il en est un qui englobe plus magistralement tous les autres dans les trois dimensions de l\u2019espace: c\u2019est l\u2019Architecture.L\u2019Architecture a été de tout temps l\u2019art-mère.Avec l\u2019ambiguïté philosophique majeure par rapport aux autres arts de devoir être physiquement utile., avec l\u2019ambiguïté additionnelle, qui brouille sa compréhension facile, d\u2019être en même temps le plus concret parce que le plus technique, et le plus abstrait parce que le moins immédiatement représentatif de tous les arts.Carlo Scarpa, architecte contemporain italien (je devrais dire architecte vénitien, tant ce lieu spécifique a d\u2019esprit depuis qu\u2019il existe.), donnait cette définition de l\u2019architecture: \u201cL\u2019envie de représenter quelque chose découle essentiellement et finalement du besoin de projeter dans le fixe de la mémoire le caractère passager du vécu ou du à vivre, en acceptant comme compromis la permanence et l\u2019unicité de certaines apparences, plutôt que la fugacité et la superposition des réalités successives.\u201d Voilà qui place l\u2019architecture non seulement dans les trois dimensions de l\u2019espace qui lui sont automatiquement concédées mais la situe également dans la mémoire du temps où elle se fait, moment entre l\u2019avant et l\u2019après.Symbiose d\u2019espace et de temps, qui constitue la quatrième dimension de l\u2019architecture: le temps d\u2019y penser en la composant, le temps d\u2019y circuler en l\u2019utilisant, le temps qu\u2019elle a duré du moment où on l\u2019a construite au moment où quiconque l\u2019observe ou l\u2019observera.Immanquablement, donc, même dans ses démonstrations les plus apparemment discutables, la chose construite exprime, abjectement, ordinairementou exemplairement, l\u2019esprit de l\u2019homme qui l\u2019a conçue et de la société qui l\u2019a générée.La cinquième dimension de l\u2019architecture serait le poids du lieu, l\u2019empreinte à la fois de l\u2019homme sur le lieu et du lieu sur l\u2019homme, de la lisibilité et de l\u2019équilibre symbolique des rapports qui s\u2019établissent entre ces deux données essentielles.En fait l\u2019on pourrait dire que le lieu naturel n\u2019a pas d\u2019esprit.C\u2019est à travers la qualité de la pensée de l\u2019humain qui l\u2019observe et l\u2019approprie à son imaginaire que le lieu se définit à priori.MAIS encore faut-il que la vision existe qui, seule, peut prendre possession du lieu et peut lui conférer par une sorte d\u2019échange osmotique cette âme dont on parle.C\u2019est cette vision et la réflexion qu\u2019elle engendre qui doivent créer l\u2019équilibre entre le lieu immobile et l\u2019activité que l\u2019humain y implante.Où n\u2019existe pas l\u2019équilibre n\u2019existe pas le germe de l\u2019esprit: équilibre d\u2019harmonie, ou équilibre de tension, ou équilibre de contraste ou même d\u2019opposition; la qualité architecturale et socioculturelle du lieu n\u2019est pas le lieu comme tel mais l\u2019émanation de l\u2019espace-temps, inscrite et provoquée par la démarche humaine à son endroit, filtrée et amplifiée par les composantes construites et les rapports que celles-ci exercent entre les espaces qu\u2019elles définissent et ceux qui les entourent, le dedans et le dehors de l\u2019intervention.Le lieu construit par l\u2019homme est par nature le réceptacle symbolique irrémédiable de son état comme de ses avoirs, de ses connaissances comme de ses croyances, et le témoin féroce, parce que privilégié par sa permanence et sa visibilité, des conjonctures collectives de son temps.L\u2019architecture idéale serait donc au sens profond une conjonction d\u2019intentions philosophiques et socio-culturelles avant d\u2019être au sens large art, technique, finance et gestion.Entre l\u2019infini et l\u2019indéfini, le fini, et ensuite entre le savoir et le faire, le savoir-faire.Une sixième dimension de l\u2019architecture résiderait dans l\u2019épaisseur même du temps, qui distancie l\u2019objet de son réalisateur, le lui ôte pour ainsi dire à cause de cette permanence qu\u2019elle possède et que l\u2019humain n\u2019a pas.Et l\u2019interrogation accumulée des générations successives qui l\u2019utilisent sans nécessairement en respecter le caractère d\u2019origine d\u2019ailleurs, ajoute progressivement à ce qui reste de cette architec- ture d\u2019autrefois, par agrégation presque métaphysique ou même par ignorance des causes premières, une dimension magique: en transmutant la spécificité originale objective de ce lieu construit en une essence subjective rattachée plus à l\u2019espace cosmique du temps qu\u2019à l\u2019espace physique de la matière, à la conscience plus qu\u2019à la science, et que l\u2019on déclare alors plus ou moins officiellement être à postériori le génie du lieu.Comme si le lieu récupérait alors le génie de l\u2019homme.Mais cette sixième dimension de l\u2019architecture, l\u2019Esprit que l\u2019on attribue au lieu construit, n\u2019est finalement concédée qu\u2019à un petit nombre de témoins puisque le développement de l\u2019espèce humaine procède plus par révolution que par évolution, à l\u2019inverse des autres espèces; ce qui signifie, dans les sociétés en développement rapide, la démolition tout aussi accélérée des témoins du passé, pour faire place aux besoins de la vanité actuelle.À cela s\u2019ajoute le fait que les époques de changement et d\u2019instabilité, comme l\u2019a défini John Ruskin dans \u201cLes sept lampes de l\u2019architecture\u201d, présentent une fascination particulière pour les ruines.Et cette fascination référentielle pour le passé qui atoujours marqué les périodes de transition comme celle que nous vivons actuellement, génère après l\u2019équilibre apparent et immobile des périodes \u201cclassiques\u201d, le déséquilibre d\u2019autant plus volontaire et complaisant qu\u2019il est forcené des périodes \u201cromantiques\u201d.Il n\u2019y a qu\u2019à jeter un coup d\u2019oeil autour de soi !.Cette mode de surface, ce maquillage neuf sur un vieux visage qui se ride passera sans doute comme la picotte! Bien qu\u2019elle laisse des marques.Mais je me demande quand même s\u2019il n\u2019existe pas à notre époque une perception nouvelle étrangement bidimensionnelle de l\u2019espace et de la réalité: la télévision, le film, la photo, ont habitué à l\u2019à-plat, à la seule apparence et à la distanciation par rapport à la réalité de trop de faits.De plus la vitesse et la linéarité des déplacements s\u2019opposent aujourd\u2019hui à la perception de la progression dans l\u2019espace et de la profondeur du champ qui entourent pourtant dans toutes les autres directions le déplacement de tout individu.Cette distanciation et cette vitesse limitent la capacité des gens à communiquer entre eux, amenuisent leur perception de l\u2019espace et les amènent à considérer le temps comme une série de vignettes sans continuité.LE TEMPS DU PROJET La terre redeviendrait-elle plate?!.Entre le modernisme qui s\u2019achève doucement lui-même et les plus visibles et vulgaires outrances placardées de certains post-quelque chose, où placer l\u2019espoir de l\u2019architecture à venir?Je dirais, humblement, dans la continuité évolutive et sereine de la simple quête de la spécificité de toute réponse à toute question.Au-delà et au-dessus des modes, vers l\u2019état d\u2019irrémédia-bilité idéale qui, entre plusieurs solutions envisageables, mène à la meilleure solution possible.La seule qui puisse engendrer le germe de l\u2019esprit dans la conjonction du lieu où construire, et du lieu à construire, au moment où il se pense et se fait.Cette spécificité peut être éminemment variable.Sa forme de synthèse dépend par substance du lieu même, des clients et de leurs besoins, du contenu du programme fonctionnel, des exigences spatiales comme de la signifiance symbolique de l\u2019enveloppe, de l'orientation comme de l\u2019implantation.Et du budget.Et des référents culturels.Mais aussi par essence du hasard, de l\u2019accident de parcours, de la perception et de l\u2019apprivoisement de la dynamique virtuelle du lieu, de la capacité qu\u2019auront les interlocuteurs à progresser vers un sens commun, pour arriver à une dimension qui les dépasse individuellement, plus loin que s\u2019ils avaient été chacun seul.Et au travail patient et long qui, sur deux à sept ans, mène un projet d\u2019architecture de son faisceau d\u2019imaginaires à lafin de sa gestation physique.Pour notre atelier cette quête s\u2019initie et se développe au moyen d\u2019une vérification constante du programme et de chaque question propre à chaque projet particulier, pour assurer que rien ne se dessine trop tôt qui pourrait fixer trop rapidement l\u2019évolution et le développement du concept; qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019affirmation contextuelle du bâtiment par rapport à son environnement, de l\u2019exploration des rapports entre l\u2019existant et l\u2019édifice à venir ou de l\u2019illustration de la fonction elle-même, le but consiste à élargir la capacité d\u2019interprétation de l\u2019observateur par le raffinement de la lisibilité spécifique du projet: par le biais d\u2019un enrichissement séquentiel progressif entre plans, coupes et élévations, par le biais des interrelations contrapuntiques entre les parties et le tout, par le biais de l\u2019articulation des joints, arêtes et frontières entre les composantes, partout ce qui constitue en fait la liaison entre la contingente culturelle et la nécessité architecturale.Mais j\u2019avoue ne pas connaître la recette de cette quête inquiète: il s\u2019agit d\u2019une expérience ambivalente continuellement renouvelée pour chaque projet, et à chaque moment de chaque projet.Il s\u2019agit d\u2019un phénomène évolutif qui \u201ctend vers\u201d un objectif mais \u201cn\u2019arrive jamais absolument à\" cet objectif, puisqu\u2019il oppose continuellement culture et architecture en tentant de fusionner l\u2019une et l\u2019autre.Car l\u2019exercice de cette profession confronte toujours le praticien aune inévitabilité bi-polaire: sujet-objet, art-technique, créateur-société, individu-collectivité, envie de dépassement-besoin de réalisme, temps-argent, poésie-rationalisme.Et j\u2019ajouterais même: égoïsme-générosité.Egoïsme comme dans art d\u2019élite, générosité comme dans art social.?Peut-être bien.Probablement !.Le questionnement essentiel sur le rôle et les objectifs de cette profession dans cette société mériterait un plus profond discours mais s\u2019il existait plus d\u2019architectes se considérant comme artisans de l\u2019humanisme de ce lieu où l\u2019on vit plutôt que génies de l\u2019humanité que l\u2019on envie, il y aurait sans doute plus de clients sensibilisés à l'art de ceux-ci et convaincus de leur rôle ! L\u2019environnement en serait plus harmonieux et homogène, la qualité de vie de tous améliorée; et en retour la possibilité d\u2019innover s\u2019en trouverait accrue.Parce que c\u2019est sempiternellement ce reproche que l\u2019on se distribue au Québec dans et autour de cette profession: \u201cOù est \u201cnotre\u201d Le Corbusier, qui est \u201cnotre\u201d Charles Moore, qu\u2019attend-t- on pour \u201cnous\u201d donner un Isozaki ?.Qui va \u201cinnover\u201d enfin ?.! Questions ridicules parce que dissociées du réel, qui parle d\u2019\u201cinnovation\u201d comme d\u2019un produit de mode et qui voudrait que l\u2019architecture d'ici puisse se faire \u201cdécouvrir\u201d par le monde comme une quelconque vedette de \u201cshow business\u201d.Innovation bien restreinte que celle qui n'engendre pas sa propre suite, innovation bien futile que celle qui prétend copier l\u2019idéologie d\u2019ailleurs par paresse de devoir être d\u2019abord soi-même.Je pense qu\u2019il faut voir plus loin et plus profondément l\u2019objectif de Hinnovation\u201d dans cette petite société qui est nôtre.Dans le sens justement d\u2019un geste ouvert vers la collectivité, non tourné complaisamment vers son propre étonnement.Il existe en effet une tendance à croire que l\u2019innovation doit être obligatoire pour chacun et que l'outrance doit en être le moteur individuel, alors qu\u2019en fait il devrait plutôt s\u2019agir de l\u2019équilibre à trouver individuellement et collectivement entre sa capacité d\u2019imaginaire et sa propre culture.J\u2019aimerais citer à ce sujet Marco Frescari sur la manière dont Carlo Scarpa voyait ce processus d\u2019innovation: \u201cCarlo Scarpa expliquait continuellement que l\u2019oeuvre d\u2019un maître ne doit pas être \u201cimitée\u201d globalement mais simplement \u201ccopiée\u201d pour les composantes nécessaires à la solution d\u2019un problème d\u2019architecture particulier.La copie, de ce point de vue, est un processus d\u2019interprétation qui implique la résolution des rapports entre ces composantes et un nouveau tout, entre les fragments copiés et la construction à concevoir.Le \u201cmétier\u201d consiste à solutionner la liaison entre le ou les fragments copiés et les autres composantes du nouveau projet dans un processus englobant non seulement l\u2019état spécifique du projet en cours, mais également les productions passées et à venir de cet architecte\u201d.Cette \u201cinnovation\u201d passe nécessairement par l\u2019appropriation d\u2019une tradition du \u201cdire\u201d et du \u201cfaire\u201d, dans le sens de sa propre éducation, de sa propre \u201cculturation\u201d (je parle des architectes) par le biais des projets à faire, toujours différents donc toujours virtuellement nouveaux, dans le sens aussi de l\u2019éducation du public à développer sciemment par le biais des media (qui s\u2019en occupent peu par eux-mêmes) et des architectes (qui ne s\u2019en occupent que pour eux-mêmes).Cette \u201cinnovation\u201d passe nécessairement par sa confrontation avec la marque de son époque, le reflet de son esprit, de ses besoins et de ses outrances.Mais si ce geste filtrant est pragmatique, attentif, lucide, basé raisonnablement sur l\u2019engendrement d\u2019une suite, continuellement vérifié et suivi par les attentions concentrées de l\u2019aval (les vieux !) et de l\u2019amont (les jeunes !), il peut permuter la foi sans la dogmatiser.Là se situe, j\u2019en suis convaincu, le relais entre le langage architectural qui évolue et la réalité constructive qui perdure.Point n\u2019est besoin alors des modes, qui ne sont que le sarcophage des idées de quelques-uns empruntées cyniquement et superficiellement par la majorité des autres.L\u2019imitation dont parlait Scarpa.Je reprends cette formule si claire de Pierre Perreault, poète et cinéaste de la parole et de l\u2019espace-temps, exhortant ses concitoyens québécois: \u201cAvoir envie de soi.\u201d Agrégation constante et production d\u2019un héritage, voilà, je crois, à plus long et patient terme, le rôle culturel des architectes d\u2019ici.À TITRE D'ENVOI \u201cAcharnation\u201d: tel était le mot magistral du \u201cpère Tremblay\u201d de Pile aux Coudres, poète paysan, inventeur de langages profonds, philosophe de l\u2019ordinaire esssentiel que nous ont fait connaître et reconnaître les films de Pierre Perreault.Acharnation, stupéfiante contraction d\u2019acharnement et d\u2019incarnation!.Tel est l\u2019image que j\u2019applique au temps du projet.Telle est l\u2019image que je me fais du terreau d\u2019où naît parfois l\u2019esprit d\u2019un lieu.NOTICE BIOGRAPHIQUE Paul Faucher, diplômé en 1964 de l'École d'architecture de l'Université de Montréal, est associé depuis 1975 de la société Blouin et associés.Concepteur et coordonnateur de projets, il a dirigé entre autres les projets primés du Parc historique de la Pointe du Moulin, de Fort Chambly, du Centre d'accueil Armand Lavergne, de la Bibliothèque municipale de Terrebonne, du Manoir Rouville-Campbell et de la station de métro du Parc.Il est membre du comité de rédaction de ARQ, membre du comité consultatif de la ville de Montréal sur les biens culturels et membre du Comité des concours de l'OAQ. Projets READDRESSING A MODERN ARCHITECTURE H feU âiSîarBT»5giS.ÎÂTATATA' -\\ \"S\t* CONCORDIA 1 UNIVERSITY LIBRARY AND CONCERT HALL CAMPUS LOYOLA MONTRÉAL ARCHITECT: LEMOYNE, LAPOINTE, MAGNE, ARCHITECTES (ROBERT MAGNE, PARTNER IN CHARGE) CLIENT: CONCORDIA UNIVERSITY PROGRAM: RENOVATIONS AND ADDITION TO EXISTING VANIER LIBRARY INCLUDING FACULTY OFFICES AND A 620 SEAT CONCERT HALL CONSULTANT: HAMILTON LIEBE, STRUCTURAL ENGINEER MACDOUGALL, FRIEDMAN, MECHANICAL AND ELECTRICAL ENGINEER SERGE MELANÇON, ACOUSTICAL CONSULTANT BUDGET: LIBRARY $9,000,000.00 CONCERT HALL $3,750,000.00 MARK PODDUBIUK The spacious Loyola Campus of Concordia University is characterized by the usual collegiate gothic of the main building and a sprinkling of surprisingly good modern buildings including the Jesuit Centre, Hingston Hall, the Drummond Science Building and the Vanier Library by Fred Lebensold of ARCOP.The projectforthe expansion of the Vanier Library is part of the same program that has resulted in the debate over and sequence of projects for the library across from the downtown Sir George Williams Campus of the University.The projectforthe Loyola Campus was designed in 1982 and sat on the shelf during the long process of fundraising.In 1985, the concert hall was added to the program in order to provide an appropriate performance space primarily intended for the Music Department.The new entrance to the complex takes place in a steel framed and skylit hall atthe joint between the expanded library, concert hall and existing student centre.Because of the nature of the buildings that it links, the hall serves as a busy focus for the otherwise dispersed campus.The room is generous, light, airy and tough at the same time-an appropriate blend with respect to the heavy use and abuse that such a building must endure.The existing library has been expanded, the mechanical systems upgraded and additional faculty offices accomodated.The architects decided to extend the rigorous structural grid of the original building to create a near seamless plan and section between new and old.This grid corresponds precisely to the stan- dard library planning modules but the strategy entailed a significant effort in order to integrate current standards for mechanical and lighting systems.The exposed concrete structure of the existing building is neither forgiving nor accommodating.The solution required a careful weaving of all the services into the exposed structural frame.The resulting plan has a casualness that tends towards ambiguity - particularly in the use of glass block screens between the stack areas and the areas devoted to faculty offices.Much of the original clarity of the library plan has been lost despite the architect\u2019s best efforts to preserve and extend the original concrete frame.The main stair court and core no longer serves as the heart of the building, having been displaced by the new shared entrance hall.Approaching the campus along Sherbrooke Street, the expanded library creates a significant and bold new presence for the University.Respectful of the palette and volume of the original library, the architects have managed to develop generous openings in the addition overlooking the campus and the neighbourhood.The opacity of the original library is broken and transformed but not without due respect.The concert hall is the real nugget of the project.Designed in 1985, it foretells the firm\u2019s accomplished projects for the Ottawa City Hall Competition (1988) and the McCord Museum (currently under construction).Despite the questionable decision to incorpo- rate the hall within the library complex, it is a rare example of a fine cultural facility that makes a community swell, even a little, with pride.I am not a good judge of the acoustical character of such a room and will happily leave thatto others.Beyond the concert hall\u2019s recognized prowess in that sense, it is as impressive for the extraordinary and innovative efforts to create a facility that performs well, is appropriately and handsomely furnished and built within the well known institutional financial constraints.The plan, section and the attention to detail create a refined sense of grandeur and sophistication - a sense of occasion - that one does not expect.The unfortunately compressed foyer is the only disappointment, squeezed in below the hall and relieved only by the entrance hall beyond.The lasting impression of the project is a sense of optimism.Despite the budgetary constraints and \u201cpoor man\u201d image of the university, there still remains an opportunity to achieve something more than ordinary.In this case, one senses the effort of the architect in raising the project from mere building to a welcome landmark.NOTICE BIOGRAPHIQUE Mark Poddubiuk est architecte, formé à l'Université McGill.Il est associé depuis quatre ans, au bureau de Peter Rose Architect.Il enseigne à temps partiel en design à l'École d'architecture de l'Université McGill.Il est membre du comité de rédaction de ARQ depuis 1987.32 mum: ¦*=ïü ¦nun REZ DE CHAUSSEE 1.\tConcert hall interior.2.\tGround floor plan.3.\tSection of concert hall.4.\tView from Sherbrooke Street - Photo by R.Magne.Unv-.-tSSi*.! ¦ ¦ r= mm Detail! of Acoustical Wall in Auditorium.1.\tpanneaux accoustiques rotatifs 2.\tessieu 3.\tchaîne mécanique 4.\tmécanisme de roulement 5.\tverre givré 6.\ttubulaire rond 7.\tboitier de lumières 8.\tpanneaux fixes 9.\tpanneaux amovibles 10.\téléments structuraux EARLY MODERNISM REVISITED 34 ARCHITECT: PETER LANKEN ARCHITECT CLIENT: SAIDYE BRONFMAN CENTRE PROGRAM: RENOVATIONS TO EXISTING THEATRE AND GALLERY (1120M2); ADDITION OF A NEW BUILDING TO ACCOMMODATE ADMINISTRATION AND STUDIOS OF THE SCHOOL OF FINE ARTS.(1350M2) CONSULTANTS: SEYMOUR LEVINE, MECHANICAL ENGINEER ARTHUR MENDEL, ELECTRICAL ENGINEER NICOLET CHARTRAND KNOLL, STRUCTURAL ENGINEERS BUDGET: THEATRE AND GALLERY RENOVATIONS $2 400 000.00 NEW BUILDING $2 600 000.00 INCLUDING FURNITURE AND EQUIPMENT MARK PODDUBIUK Any architect in Montréal will readily admitthat it is a daunting task to renovate a building such as the Saidye Bronfman Centre.It is a well studied example of the school of Mies van der Rohe, designed by one of his students, Phyllis Lambert.The building is no less a reflection on technology, on the way things are built as it is a vision of how one inhabits a building.In the case of the Saidye Bronfman Centre, the vision of how it should be inhabited and the evolving programs that occupied it had diverged to the point that the building was no longer fully able to serve these.In 1983, Peter Lanken was asked by the Centre to begin studying renovations of the existing building.The principal intervention that was required was the reversal of the existing theatre in order to provide easier access for the public and a more generous stage.The gallery also required modifications to accommodate larger exhibitions and to improve lighting quality.Though many of the Centre\u2019s technical problems lie in a fundamental contradiction between the nature of the building\u2019s design and the needs of its program, Lanken\u2019s renovations seek a compromise solution.The result is an accommodation of the program through a series of freestanding installations within the existing volume of the Centre.Though it is in a sense a drastic change to the vision of the original building, it avoids the needs for any physical alteration to the broad horizontal sweep and perimeter glazing of the initial conception.The addition of an Annex to the Centre posed a problem that could not be solved with the same strategy.The volume and location were entirely determined by zoning requirements, and the task of the architect was primarily a formal exercise.Peter Lanken stresses the fact that it is not possible to compete with the original Centre without mocking it nor is it possible, for energy conservation and financial reason, to replicate it.Instead, he has treated the annex as a very independent conception.Intentionally or not, the rigour of its conception actually allies the two buildings at a fundamental level that belies their superficial indifference.The plan SAIDYE BRONFMAN CENTRE, MONTREAL is based on the same 9' - 6\" module as the original building.Through a sequence of operations in plan, this grid is clearly developed to incorporate enclosure, egress, structure, services and program.Each of these elements is treated as a constituent layer in the composition.The result is a plan that is at once composed and dictated, one that appears absolute and inviolable in its own inherent order.The restraint, rigourandthoughtfulness ofthe project are carried through in the careful design ofthe entrance link from the main building, an appropriately scaled-exercise in the adjacent vocabulary of glass and steel.This passage honestly renders the Annex as an adjunct to the Centre - the brick column on its central axis indicating that there is no entry except through the older building.The crisp, yellow brick box set against the glass and steel structure of the Saidye Bronfman Centre sets up an intriguing discussion of our current situation.The new building is, of necessity, more opaque and fittingly less extravagant.The final choice of materials owes much to its context - the loosely organized yellow brick YM/YWHA - and, grudgingly admitted, the evident reference to Cormier.Lanken, an acknowledged admirer and student of Cormier\u2019s work, points out that this reference was not initially intended, but became inevitable given the precedents set by Cormier in his Montréal school buildings.Thus we have a design which reflects Montréal design of the 20s and 30s, just as some ofthe elements ofthe renovation are taken from European ideas ofthe same period (the primary colours of the enamelled steel panels recall Mondrian and the Stijl).This seems entirely appropriate beside a powerful monument wich is directly derived from Mies'contemporary work in Europe.Paraphrasing Laugier, Peter Lanken describes the difficult task of the architect as archieving the desired result with the minimum of resources: it is not always necessary to create a new architecture.Echoed by Mies, it is an appropriate reflection on this building.ET 1 Ua ¦=yj 1.\tElevation view of the annex 2.\tSequence of eight plans 3.\tAxonometric of the renovation and annex 35 ssse ,.V.\t-y- .,':.-.\u2022- SV»vTi' BEg \u2022 ¦V- i\"\u2022**«*< !«H \u2018.' ¦ ; -.ÇX>*.»V'r>1 :_V;.V »\u2022; Hg£V mm * S' J* ¦ -'-_., : Ï>.n sv'tsfsi.$msm.I)irision dr ( '(I( ' Inc Nouveau fini a pour pla c Droits d\u2019auteur de La Compagnie du Gypse du Canada 1988 Absorbe les sons.Même sur planches de gypse! Pulvérisez une couche cT'élégance insonorisante\" en appliquant le nouveau fini acoustique CGC.Il s'agit d\u2019un fini texturé insonorisant unique qui permet de finir les planches de gypse, les surfaces de béton, les plafonds en plâtre et les murs hors d\u2019atteinte.Qu'il s'agisse d\u2019une rénovation ou d\u2019une construction nouvelle, ce produit réduit le travail de préparation des surfaces et permet de couvrir les imperfections mineures en un seul passage rapide.Il permet en outre de produire facilement une couche d\u2019un demi-pouce d\u2019épaisseur au maximum offrant cet aspect texturé très recherché avec un NRC (coefficient de réduction du bruit) pouvant atteindre 0,55.Contactez votre représentant CGC pour plus de détails.¦ Ou écrivez-nous à l'adresse suivante : C.R 4034, succursale A, Toronto (Ontario) M5W1K8.LA vi> if?\tÀ»-^rK- *V! ¦2k*?r'rOf-2.'¦'S:W- V.'vrr>.,V'ÿr.{/' £v3ps*\u2019 MAGNTv ?r3yss 5 (lETONÀte) >STOME {PAUL eRCTON) DUBERGER f V.-;/ P 1-j :DErWÀl ;\u2022 SAINT-! £K8S- - sHÀywNiGAN ; : CAP-DC-fA-MADElEINE1 ¦DE-LA-^dtÇtf^X#^ êwhwx)/,' .\u2022\t,v: j ' L'ASSOMPTION Jjl SAiNT-EÜSTÀCHE Æ ' WA .H E N R1 - BOU RAS! PORT DE MONTI \u20acÔfrOEl«SSE ¦a fcRQ$sA«p ;; A VILLE SAINT,PIERRE iyCV; !T*Q-MiX) ;Téféphon«*: VENTES 1:800-361-7981 (514) 388-7883 6LÔCS ET PAVÉS: (514) 344-4332 CIMENT; ¦DEFIE LE TEMPS Depuis près de 50 ans, MIRON participe activement à la construction du Québec.800 363 931 (514) 332 1901 800 361 7834 ir.-y'r- Nous sommes: ¦\tà votre service ¦\tpartout au Québec ¦\tdès que vous avez besoin de nous ¦\tavec nos produits de qualité supérieure Notre défi et notre raison d'être : VOUS AIDER À BÂTIR L\u2019AVENIR! COMMANDES mita DC-3648 le copieur à papier brut qui fait des copies de format géant (T >1# Le copieur compact DC-3648 offre toutes les fonctions performantes que peut offrir la technique actuellement et dont les bureaux de dessin et d'étude ont besoin entre les formats 36\" x 48\" et 8V2\" x 11.Distributeur agréé 7524, CÔTE-DE-LIESSE, SAINT-LAURENT H4T 1E7 ^ (514) 735-1411 Centre Canadien d'Architecture/Canadian Centre for Architecture Afin de célébrer le Centenaire de l\u2019Ordre des architectes du Québec, le CCA présente à compter du 2 mai 1990 Ernest Cormier et l\u2019Université de Montréal et Passages à l\u2019Université de Montréal : Photographies de Gabor Szilasi Information : (514) 939-7026 Les salles d\u2019exposition et la Librairie du CCA sont ouvertes : mercredi et vendredi, de 11 h à 18 h; jeudi, de 11 h à 20 h; samedi et dimanche, de 11 h à 17 h.Adultes : 3$ - Étudiants et âge d\u2019or : 2$ 1920, rue Baile entre du Fort et St-Marc Métro : Guy-Concordia, Atwater ou Georges-Vanier Montréal, Québec H3H 2S6 AQ UARANÏE ANNÉES D\u2019ÉLECTRIFICACITË une question de confiance.DONNER LA VIE A NOS EDIFICES.Telle fut la mission de Laurentien Électrique depuis de quarante ans.\"Nous sommes reconnaissants envers nos nombreux clients, nos fournisseurs et nos employés\" avoue Michel Tozzi, président.\"Donner la vie qui permet un fonctionnement efficace et confortable de nos édifices a toujours été et sera toujours pour nous, une question de travail d'équipe, de collaboration et de confiance mutuelle.\" ) Les Entreprises 44UL-.Entrepreneurs électriciens 890 ouest, boul.Crémazie, Montréal, Qc H3N 1 A4 Tél: (514) 276-8851 SOLDRAIN r Echec et Mat contre les systèmes de drainage conventionnels! \"xîliGW*1 CARACTERISTIQUES AVANTAGES Un système de drainage léger et complet qui élimine le besoin d'utiliser des matériaux granulaires pour le drainage du sous-sol.\u2022\tLe géocomposite SOLDRAIN est formé d'un mince noyau polymérique enrobé d'un géotextile.\u2022\tLe noyau offre une excellente capacité d'écoulement longitudinal.\u2022\tIl possède une très bonne résistance à la compression: applications verticales ou horizontales.Le système de drainage préfabriqué SOLDRAIN vous permettra de respecter les échéanciers de vos projets, de minimiser les coûts anticipés et d'utiliser le plus efficient et le plus sûr des systèmes de drainage disponibles aujourd'hui.^MATERIAUX TECHNIQUES Les spécialistes des Géosynthétiques 1440 Joliot-Curie, Boucherville (Québec) J4B 7L9 iWAS Tél.: (514) 449-1234 Fax: (514) 449-1228 iMmA BRIQUE DE CALCITE î% , îm iUEDKj 14) 691-6 SsSsss JS-' v J \u2022It le JneSÜ con f; ait honneur agination.a votr Ce qui se conçoit bien s'installe bien.C'est le cas de toutes les briques de béton Permacon.Offertes en deux formats pratiques, leur riche texture évoque celle de la pierre de taille.De plus, elles sont disponibles dans une vaste gamme de couleurs dont plusieurs sont inédites.Rendez justice à vos créations, faites appel à Permacon.PERMACON MONTCQ La seule façon de faire "]
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