ARQ, 1 octobre 1991, Octobre
[" A \\ B E C L'ARCHITECTURE DE PAYSAGE AU QUÉBEC MELVIN CHARNEY ¦ LE GROUPE LESTAGE ¦ JOHN SCHREIBER PROJETS DE PLACES PUBLIQUES POUR MONTRÉAL ¦ CONCOURS ARQ 1992 i\t\t \tHUI\t \t\t1 im F 1 \ta MK&.A r\\\t4-\t- 4 f \t\ta /\t/\t^ !| r\t1 j\tk\ti \t\tb' xj&-\t ' y\t1 /\t\t i nu i i m i m s>:«\u2014\u2019 ra -n SUPERVISION (Quebec) JOH 1 JO Des portes et des fenetres e*t *r.'^iV*1- 3J.u -¦\u2014/,« ?W*SS!# SÏS-S !«£ HI 1.\tBernard Lassus (France), La passerelle d'lslre, Istre, 1986.La réinvention paysagère par l\u2019analyse critique du projet.(Photo: Atelier Bernard Lassus).2.\tPeter Walker (États-Unis), Tanner Foutain, Harvard University, Boston, 1985.Le formalisme paysager: la maîtrise picturale et technique de projet.3.\tDan Kiley (États-Unis), Foutain Plaza, Texas, 1985.De la rigueur de la trame orthogonale à la diversité de l\u2019expérience sensorielle.4.\tGeoffrey Jellicoe (Angleterre), Sutton Place, Guildford, 1982.Congruence entre la tradition classique des jardins et l\u2019interprétation de l\u2019art moderne.5.\tRoberto Burle Marx (États-Unis), Burton Tremaine Resilience, Santa Barbara, California, 1948.Le «tableau écologique»: rencontre du savoir botanique et des techniques picturales de l\u2019art primitif brésilien.6.\tFrédéric Oehmichen (Canada), Le jardin de Laval, Floralies internationales, Montréal, Québec, 1980.Réinterprétation littérale de la «nature».7.\tMelvin Charney (Canada), Le jardin du CCA , Montréal, Québec, 1989.Le jardin d\u2019architectures montréalaises.(Photo: Ph.Poullaouec-Gonidec).8.\tClaude Cormier et Philippe Poullaouec-Gonidec (Canada), Lespruches: La forêt enchantée.Club Business, Montréal, 1990.Paysage critique pour un rebranchement sur la matière et une mythification du lieu.(Photo: A.Doyon).9.\tWilliams, Asselin, Ackaoui et Associés, architectes paysagistes/Ville de Montréal, module Parcs, horticulture et sciences (Jardin botanique de Montréal), Biodôme de Montréal: forêt tropicale.Muséologie d\u2019ensembles naturels typiques: dans la poursuite des projets de réserves écologiques.(Photo: W.A.A/V de Montréal). UNE\u2019 SCÉNO- GRAPHIE RÉVERSIBLE L'OEUVRE DE MELVIN CHARNEY POUR LA PLACE BERRI À MONTRÉAL Certains projets antérieurs de Charney, par exemple Mieux vaut qu\u2019ils croient aller à la ferme (1982), montraient la frontière fragile, le dérapage souvent inéluctable de l\u2019utopie vers le cauchemar.C\u2019est dire la pertinence de retrouver Charney en maître d\u2019oeuvre du projet sculptural de la place Berri (concepteurs: P.Jacobs et P.Poullaouec-Gonidec), un espace où tout l\u2019aménagement semble procéder d\u2019un trajet inverse, du cauchemar vers l\u2019utopie.En effet, aucun artiste en lice dans ce concours n\u2019aura pu proposer une actualisation plus utopique que ne l\u2019était au départ le projet même de la Ville, cette idée incongrue de nos chers élus d\u2019investir ce quadrilatère afin d\u2019en faire une oasis paysagère au beau milieu d\u2019un quartier en crise, laissé à lui-même, ainsi que l\u2019épisode estival de la fermeture de Dernier Recours vient de nous en fournir une illustration exemplaire.En ce secteur plus ou moins désaffecté du centre-ville que, même l\u2019arrivée et l\u2019expansion continue de l\u2019UQAM, n\u2019a jamais tout à fait guéri de la fermeture du magasin Dupuis, l\u2019intention de la Ville semble être de faire pousser un mirage cosmétique, quelque chose qui tout à la fois leur tiendrait lieu de politique de relance et qui viendrait nier les problèmes d\u2019itinérance, de toxicomanie et de prostitution qui y sont monnaie courante, recouvrir la paupérisation environnante et la marginalisation de ses habitants.Le projet de la place Berri cristallise les impasses de la planification urbaine et de l\u2019art public à Montréal.Compte tenu de ces paramètres de départ, l\u2019intelligence de la solution proposée par Charney n\u2019est pas sans rapport avec un certain coefficient d\u2019ironie.Charney a atteint récemment une étape de sa carrière où il paraît jouir enfin des fruits d\u2019une justice poétique.Le maire Drapeau avait eu raison de la façade fantôme des Maisons de la rue Sherbrooke lors de l\u2019exposition «Corridart» en 1976: dans le Jardin du CCA, l\u2019artiste a pu réitérer son geste et le couler dans la pierre d\u2019une «folie» spéculaire, double à la fois inachevé et ruiné d\u2019un patrimoine rescapé, la Maison Shaughnessy.Avec la place Berri, le même étrange retour des choses opère puisque l\u2019oeuvre de Charney va surgir des ruines d\u2019un terrain de stationnement, tout semblable à celui qui avait servi d\u2019alibi à la Ville pour la démolition de l\u2019édifice victorien à l\u2019origine des Maisons de la rue Sherbrooke.ëÉSfe: ^ Outre l\u2019intérêt que ces données confèrent au parcours de Charney, la place Berri permet aussi à ce dernier de poser le problème de l\u2019espace public et d\u2019en suggérer certaines apories dans l\u2019histoire de la modernité architecturale et même de la modernité en sculpture.Longtemps la pratique artistique de Charney a pu être surtout envisagée comme une articulation interdisciplinaire de l\u2019objet construit, comme une conjonction des enjeux de la «sculpture élargie», particulièrement dans son courant site specific, et des formes symboliques et historiques de l\u2019architecture.Mais plus récemment, son propos s\u2019est étendu plus explicitement qu\u2019aupa-ravant à la question du paysage, à l\u2019étayage culturel de la question paysagiste, à ce qu\u2019Anne Cauquelin appelle «l\u2019intention du paysage» (1).Le Jardin du CCA constitue encore à ce jour le plus spectaculaire exemple de cette accentuation.C\u2019est autour de lui que se fait jour l\u2019importance dans la réflexion de Charney d\u2019une scénographie des «sites» qui trouvera à se poursuivre à la place Berri.L\u2019émergence d\u2019une dimension scénographique dans les travaux de Charney s\u2019inscrit bien dans une logique de la rencontre entre architecture et sculpture.Il suffirait pour s\u2019en convaincre de considérer brièvement l\u2019histoire de l\u2019espace scénique et d\u2019étudier la constitution des premiers modèles de la scène.Sans vouloir entrer dans le détail de ces précédents, on rappellera seulement que la scène de Serlio, dans ses versions tragique et comique, consiste en un plan incliné entouré de constructions architecturales qui se réduisent peu à peu, à mesure qu\u2019elles fuient vers le point de fuite de la toile de fond, à la taille de petites sculptures impraticables.La scène palladienne du Teatro Olimpico de Vicenze, aussi fortement déterminée par ses ambitions archéologiques (retrouver le théâtre antique décrit par Vitruve) que par ses visées illusionnistes (compétitionnerdans un espace réel, tridimensionnel, l\u2019efficacité du modèle abstrait de la perspective picturale) sacrifie, comme les propositions serliennes, la possibilité d\u2019occuper ces lieux scéniques à une volonté de faire tableau (2).Les comédiens ne peuvent pas investird\u2019autre territoire, dans l\u2019un et l'autre de ces modèles, que l\u2019étroite bande de l\u2019avant-scène.Sans quoi ils trahiraient les ruses d\u2019échelle d\u2019une construction 1.\tPlace Berri.tours, cascades d'eau, maquette d'étude.2.\tLes Maisons de la rue Sherbrooke, Montréal, 1976 (Crédit photo: Melvin Charney) perspectiviste dont l\u2019illusion ne tient que tant qu\u2019elle n\u2019est point démentie par la taille des acteurs.C\u2019est dans la mesure où la construction de ces lieux, architecture aussi bien que sculpture, est soumise à une obsession de la perspective picturale difficilement réalisable dans un espace tridimensionnel limité, qu\u2019elle finit par en partager la qualité d\u2019espace spéculatif et utopique, la «place scénique» est paradoxalement un espace parfait lorsque vide et déserté.Elle demeure plus inoccupable encore dans son espace littéral de lieu construit que le tableau dans sa planéité.C\u2019est ce que révèlent admirablement les vues de place idéales des célèbres panneaux d\u2019Urbino (3).Il y aurait lieu d\u2019étudier le rôle de la façade et de la rue dans l\u2019oeuvre de Charney à la lumière de la tradition scénographique du frons scenae.Mais faute de temps et d\u2019espace, on se contentera simplement de le préciser afin d\u2019indiquer que des éléments d\u2019une réflexion scénographique furent d\u2019entrée de jeu présents dans ce travail.L\u2019installation des Maisons de la rue Sherbrooke, dans le cadre de Corridart, avec son clin d\u2019oeil envers la gémellité symétrique des places baroques, évoquait déjà la ville comme espace scénographique.Le ruban de la rue Saint-Urbain, mince comme le profil d\u2019un miroir, incarnait davantage que la charnière souple de cette spécularité fantomatique.Charney a souvent rappelé la valeur cérémonielle de cet axe de procession longtemps parcouru par le défilé de la Fête-Dieu, en route vers la cathédrale.Dans le même esprit, il est à noter qu\u2019au sein d\u2019un projet comme celui qui a été réalisé au Musée d\u2019art contemporain lors de la rétrospective Charney de 1979, la reprise d\u2019une dynamique de la forme liée aux recherches du constructivisme n\u2019était pas sans évoquer, par ses diagonales et par la sobriété matérielle de ses échafaudages, certains dispositifs scénographiques du théâtre révolutionnaire de Meyerhold.Il conviendrait de s\u2019attarder davantage sur le caractère scénographique du Jardin du CCA.On a depuis longtemps remarqué les liens entre la conception pittoresque du jardin et le dispositif scénographique italien (4).On ne saurait s\u2019en étonner.Après tout, le problème qui se posait aux «jardiniers»-architectes de la fin du XVIIIe siècle était similaire à celui des architectes«scénographes» du XVIe: comment construire «en chair et en os» un tableau qui tienne dans le réel.Dans le cas du jardin pittoresque, c\u2019est davantage la mobilité du spectateur, tour à tour regardant et occupant le tableau, que celle des acteurs qui paraîtra menaçante pour la stabilité de ce bâti «en nature».On ne peut pas dire que le problème de Charney au CCA ait été de faire tableau, encore que, de Mantegna à Watteau, cette réalisation soit implicitement travaillée de références à l\u2019orbe de la peinture.Mais le défi de Charney n\u2019échappait pas pour autant au domaine des problèmes pour lesquels le jardin pittoresque avait déjà élaboré une théorie et proposé ses solutions en vue d\u2019accorder les interventions aux données du «site» et de lier le jardin au «pays» où il vient s\u2019insérer (5).Ce dernier aspect est particulièrement réussi au CCA et selon des modalités tout à fait différentes à l\u2019avant et à l\u2019arrière des jardins.Avec la «ruine» qui fait écho aux beaux restes de la Maison Shaughnessy, Charney procède par synecdoque, et indique d\u2019un seul pan décapité l\u2019institution où, par delà le boulevard René-Lévesque, le jardin tire son origine.Cette construction, pour partielle qu\u2019elle soit, condense tout le Centre Canadien d\u2019Architec-ture en une figure monumentale.Sur l\u2019arrière du jardin, Charney convoque la ville, mais en prélevant cette fois une série de motifs fragmentaires qui résistentàtoutetotalisation.Il opèrealorssurun mode qui s\u2019apparente davantage à la métonymie qu\u2019à la synecdoque.Ainsi, l\u2019allée de sculptures est émaillée de sculptures architecturales qui, en surplomb du «ha-ha» de l\u2019autoroute, «captent» certaines balises de Montréal et les transposent figurativement, grâce au vaste champ de l\u2019histoire architecturale, à la périphérie du jardin.En sens inverse, des plaques apposées au rebord du muret de fond du jardin flèchent certains repères architecturaux de la ville.Par ce double procédé d\u2019aimantation et d\u2019indexation, le jardin s\u2019ouvre sur l\u2019espace urbain et la ville envahit le jardin.L\u2019opération synecdochique est déterminée par une élévation (la façade Shaughnessy) alors que la convocation métonymique s\u2019élabore à partir des points cadastraux.La grande réussite de Charney, par rapport à la tradition des jardins, consiste ici en ce qu\u2019il a su à la fois conserver certaines mesures scénographiques de confinement et d\u2019encadre- 13 Sfee?-» £4fli ar > /1^ / /44ir Le Jard/'n du CCA, vue aérienne de l\u2019esplanade, Montréal, 1987-1989 (Crédit photo: Robert Burley ).ment du «site» (le décentrement d\u2019une «tabrique» à l\u2019avant-plan, une «coulisse» de pommiers sur un des côtés, etc.) et en compliquer, voire en renverser, les effets par son ouverture sur l\u2019Autre du jardin: l\u2019espace urbain.Avec la place Berri, le problème scénographique se pose en d\u2019autres termes.Curieusement, cet espace public, (du moins plus public que le Jardin du CCA qui relèvent d\u2019un mécénat privé) a été pensé comme une espèce d\u2019enclos.Le «site» présente une déclinaison en allant vers la rue Sainte-Catherine.La partie plus élevée, bordant le boulevard de Maisonneuve, sera close par quelques rangées d\u2019érables qui se prolongeront en retour: s\u2019ensuit une relative clôture de cette partie du périmètre.Au bas de la pente, une aire de granit est prévue le long de la rue Sainte-Catherine; elle sera partiellement insérée entre l\u2019édicule du métro et un éventuel café-terrasse et appuyée à son tour contre un alignement de plantations.On obtient donc une enceinte de verdure assez proche d\u2019un théâtre de plein air: les érables établissant le fond de l\u2019auditorium où les promeneurs pourront venir s\u2019installer pour regarder de possibles «événements» (concerts de jazz ou autres rejetons de nos nombreux festivals) ou encore le spectacle de la rue Sainte-Catherine, version contemporaine d\u2019unetoiledefond classique.Ce dispositif n\u2019est pas dépourvu d\u2019un voyeurisme problématique, compte-tenu des problèmes du secteur déjà mentionnés ci-dessus.L\u2019intérêt de la solution sculpturale de Charney à la place Berri est de travailler à permettre la réversibilité de ce dispositif, quitte à devoir, pour ce faire, refermer davantage le «site» sur lui-même.Les hautes sculptures d\u2019acier que Charney a prévues pour cette place diffèrent de celles du CCA en ce qu\u2019elles sont figuratives de pied en cap, plutôt que de présenter cette conjonction de petites sculptures portées, solidement ou sur le bord d\u2019un vertige, par des socles très élevés.Leur référent est aisément assignable: il s\u2019agit de gratte-ciel, ou plus précisément, comme le spécifie l\u2019artiste, d\u2019une généalogie de gratte-ciel: des premières réalisations du siècle, au style International de Mies Van der Rohe, jusqu\u2019aux silhouettes plus extroverties des architectures post-modernes.La tour de cette dernière génération vient rompre l\u2019alignement latéral des deux premières par une avancée qui tient du «geste» et de l'adresse.Ces structures participent à la fois du pylône et de la grue.C\u2019est grâce aux grilles, aux plans de «treillis» qui les articulent qu\u2019on finit par reconnaître leur ambition architecturale.Entièrement construites du matériau même qui aen quelque sorte rendu possible leurs modèles, ces tours ont néanmoins troqué le verre pour l\u2019eau: le plan inférieur de chacune découvre une cascade d\u2019eau par laquelle l\u2019orgueilleuse quête des hauteurs que raconte l\u2019histoire du gratte-ciel se trouve compensée par le principe antagoniste de la gravité, de la«chute».Cette tension exacerbe le caractère héroïque de ces oeuvres, non pas principalement leur courageuse démesure mais, à la lettre, leur parenté avec les héros antiques.Les sculptures, dans leur surenchère verticale, dans leur isolement, recèlent une dimension anthopomorphique qui confère à chacune une valeur de protagoniste.Inutile d\u2019écrire ici la tragédie qu\u2019elles jouent, ni de conjecturer sur la tirade de la tour qui s\u2019avance.Est-il même bien certain qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une tragédie?Avec un zeste de tendresse et d\u2019ironie, ces mini-gratte-ciel dont la structure rappelle les «complexes» de l\u2019ouest de la ville et l\u2019attraction que ce centre exerce, paraissent calibrés à l\u2019échelle des constructions qui, exception faite des forteresses de l\u2019UQAM, donnent au secteur son visage actuel.Quoi qu\u2019il en soit, Charney a placé ces sculptures au fond du square, recréant pour le «site», en face des façades usées de la rue Sainte-Catherine, une rue idéale, imaginaire, utopique.Cette décision est de toute première importance.Il y aurait lieu de la situer par rapport à une tradition récente de la sculpture monumentale et par rapport à la réflexion sur la crise de la monumentalité en général pour la sculpture moderne (6).La greffe d\u2019un marqueur sculptural monolithique au beau milieu d\u2019un quadrilatère ne saurait, à cause de ses résonances consensuelles désuètes, avoir encore beaucoup de crédibilité.L\u2019on pensera seulement au choix de Daniel Buren qui, au Palais-Royal, a résolu de réquisitionner toute la superficie disponible; ou encore, on songera à la façon dont Richard Serra a construit des oeuvres dont l\u2019intelligibilité, ne serait-ce qu\u2019au seul niveau perceptuel, exige la mobilité du spectateur.Faute de poursuivre dans cette voie, on remarquera seulement à quel point, la disposition des sculptures sur le «site», fait en sorte qu\u2019à leur tour, les occupants de la plate-forme de granit deviennent, de leurs petits bancs assortis, les spectateurs de cette épopée qui accapare le haut des gradins et qui irrigue d\u2019une trame de petits ruisseaux la pente douce de l\u2019auditorium devenu l\u2019aire de jeu.À cause des sculptures dressées contre leur haie d\u2019érables, les promeneurs auront au moins le loisir d\u2019éprouver l\u2019incessante réversibilité des positions, entre les spectateurs et le spectacle, telles que les assignent désormais la place Berri.Mais il està parier, que d\u2019un côté comme de l\u2019autre, et malgré cette réversibilité, la détresse sera au rendez-vous: elle est l\u2019incontournable site specificity de ce quadrilatère et il y a malheureusement peu de chance qu'une catharsis, même réussie, en vienne à bout.JOHANNE LAMOUREUX, PROFESSEURE ADJOINTE EN HISTOIRE DE L\u2019ART À L\u2019UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ¦ NOTES ET RÉFÉRENCES I 1.\tA.CAUQUELIN, L\u2019invention du paysage.Paris: Plon, 1989.2.\tR.KLEIN (et H.ZERNER), «Vltruve et le théâtre de la Renaissance italienne» in La forme et l'intelligible.Paris: Gallimard, 1970, pp.294-309.3.\tVoir à ce sujet H.DAMISCH, L'origine de la perspective.Paris: Flammarion, 1986.4.\t(M.MOSSER) Jardins de France 1760-1820.Paris:Caisse nationale des monuments historiques et des sites, 1978, pp.44-47.Dans son traité de 1977, le marquis de Girardin utilise déjà une terminologie scénographique.De la composition des paysages (1977).Paris: Éd.du Moniteur, 1979, p.27.5.\tR.DE GIRARDIN, op.cit.p.23.«Que tout soit ensemble, que tout soit lié.» La remarque de Girardin laisse voir une double liaison: la combinatoire des éléments appelés à faire tableau sur le terrain et la suture de cette composition au paysage extérieur (le «pays») qui constitue le fond du jardin.6.\tR.KRAUSS, «Echelle et monumentalité.Modernisme/post-modernisme.La ruse de Brancusi» in Qu'est-ce pue la sculpture moderne?Paris, Centre Georges-Pompidou, 1986, pp.246-274.Notons l\u2019importante exposition rétrospective, Paraboles et autres allégories: l\u2019oeuvre de Melvin Charney 1975-1990, qui se tiendra au Centre Canadien d\u2019Architecture du 9 octobre 1991 au 12 janvier 1992. Vendredi, 15 novembre 11:00\tInscription 13:30\tOuverture du symposium 14:00 L\u2019éthique et la représentation architecturale dans un monde de simulation Peter Rose Philippe Madec Jean-Pierre Hardenne Dan Hoffman Johanne Lamoureux répondant: Detlef Martins 17:00\tConférencier invité Dalibor Vesely Samedi, 16 novembre 10:00\tL\u2019éthique et la poétique architecturale dans le contexte de la production technologique Jacques Rousseau Luc Laporte Maurice Lagueux Robert Prost Alain Findeli répondant: Hélène Lipstadt 14:30 La fonction de l\u2019histoire et du récit dans l\u2019architecture du monde technocratique Melvin Chamey Richard Henriquez Lily Chi Irena Latek Reesa Greenberg Ricardo Castro répondant: Robert-Jan van Pelt 17:30 Table Ronde Margaret Somerville Arthur Kroker Dalibor Vesely modérateur: Alberto Pérez-Gômez 19:00 Architecture, Ethique et Technologie i 15-16 novembre 1991 Symposium interdisciplinaire parrainé par institut de Recherche en Histoire de l\u2019Architecture Centre Canadien d\u2019Architecture/ Université McGill/ Université de Montréal Les conférences auront lieu au CCA, 1920 rue Baile, Montréal L'articulation d'une attitude éthique face à la question technologique influence inévitablement notre approche des questions de production, de représentation architecturale, de même que l'usage approprié de l'histoire dans la conception d\u2019un projet.Ces différents aspects de la conception architecturale concernent les théoriciens d'architecture aussi bien que les praticiens, et soulèvent plusieurs questions qui doivent être traitées.La pertinence culturelle et politique de la profession architecturale, en cette fin de XXe siècle, repose principalement sur ces questions.La philosophie de l'ère postmoderne tend à éliminer les différences entre la culture esthétique et technologique, et de là, la différence entre le rationalisme et l'irrationalisme qui ont soutenu la modernité depuis au moins le début du XIXe siècle.Une révision des hypothèses habituellement prises pour acquis concernant les aspects ci-mentionnés de la conception architecturale et de la production de bâtiments dans la ville postindustrielle est éminente, et d'une importance cruciale pour l'avenir de l'architecture canadienne.Ces questions feront l'objet des présentations et discussions interdisciplinaires engagées entre nos invités de marque, tant ?Synthèse critique\t\t\tprofessionnels que théoriciens.\tLukas Sosoe\t\t\t\t\t \t\tINSCRIPTION AU SYMPOSIUM\t Pré-inscription\t$55.00\t\tPour pré-inscription, veuillez (incluant repas)\t\tNom:\tenvoyer vos chèques à l'ordre de \t\tAdresse:\t/'Institut de recherche en histoire de Inscription étudiante\t$15.00\t\tl\u2019architecture, à l'attention de M.Inscription à l\u2019entrée\t$75.00\tTéléphone: Institution (s\u2019il v a lieul:\tAlberto Pérez-Gômez, IRHA, 1920 (Papers will be presented in French or English with an abstract in the other language) rue Baile, Montréal, PQ, Canada, H3H 2S6.Pour renseignements, communiquez au (514) 398-6716. ft® H LES JARDINS LES PARCOURS LE BELVÉDÈRE LE SITE DES MOULINS, PARC RÉGIONAL DE L'ÎLE-DE-LA-VISITATION, MONTRÉAL À l\u2019issue d'un appel de candidatures organisé dans le cadre d\u2019une entente intervenue entre la Communauté urbaine de Montréal et le ministère des Affaires culturelles du Québec, le groupe Lestage, en collaboration avec les architectes Gauthier, Guité, Daoust, a obtenu te mandat de réhabiliter le Site des Moulins, digue reliant l\u2019île de Montréal à l\u2019île de la Visitation, pièce maîtresse d\u2019un parc régional de la Communauté urbaine de Montréal situé sur la rivière des Prairies.Ce concours exigeait en outre la réalisation d\u2019études historiques qui furent complétées par la firme Bergeron Gagnon sous la direction de Luc Noppen et d\u2019études archéologiques réalisées par Ethnoscop.Situés sur une digue dont la construction remonte aux débuts du XVIIIe siècle, les vestiges actuels témoignent d\u2019une activité industrielle ininterrompue sur une période de plus de deux cent cinquante ans: plusieurs bâtiments ont été érigés et plusieurs canaux creusés à la faveur de la transformation de la production industrielle - farine, clous, carton, etc.- jusqu\u2019à l\u2019abandon des moulins au cours des années soixante, laissant les bâtiments à la merci de la nature.Afin d\u2019amorcer la conception du projet, les architectes et urbanistes responsables du projet ont entrepris l\u2019analyse du lieu en trois étapes pour en dégager les éléments structuraux qui serviront à son interprétation.Les liens formels et physiques entre le parc de l\u2019île-de-la-Visitation et les autres parcs situés en bordure de la rivière des Prairies sont l\u2019objet de la première analyse; la relation immédiate du parc avec latrame urbaine environnante (dont le Site des Moulins est un point névralgique puisqu\u2019il sert de pont aux usagers du parc mais aussi aux résidents de l\u2019île) en forme la deuxième; enfin, l\u2019histoire du Site des Moulins lui-même, moment important pour la conception, occupe la troisième.L\u2019importance placée par l\u2019équipe sur la connaissance de l\u2019histoire ne s\u2019est cependant pas traduite par une reconstruction exacte du Site des Moulins tel qu\u2019il existait à une époque déterminée; le groupe Lestage a ainsi choisi de préserver le caractère de ruine du Site des Moulins et de révéler l\u2019ensemble des traces en recréant métaphoriquement - afin de ne pas tomber dans la simulation historique - certains éléments dont la lecture est aujourd\u2019hui difficile.Partant, le projet se découpe en une série d\u2019éléments évocateurs: la digue est recouverte d'un pavage uniforme couvrant son étendue maximale; certains canaux sont dégagés par le percement des dalles de béton; les murs mitoyens ruinés sont soutenus par des structures métalliques que les architectes ont aussi érigé sur les traces de ceux qui ont disparu; les trames structurelles des bâtiments sont évoquées par la plantation régulière d\u2019arbres; les murs de ceinture sont partiellement reconstruits afin d\u2019encadrer certaines vues spectaculaires; les productions industrielles diverses sont évoquées par des jardins thématiques, chacun planté d\u2019une espèce particulière; la vocation industrielle du lieu est marquée par la construction d\u2019un élément-phare - en l\u2019occurrence une structure rappelant une cheminée industrielle - servant aussi de point de repère aux usagers et aux automobilistes du pont riverain.La proposition finale résulte de l\u2019intégration intime de ces éléments métaphoriques à la vocation contemporaine du site, celle de lien piétonnier et véhiculaire, de lieu d\u2019interprétation historique et de belvédère.Autant par l'émulation des volumes et de la structure que par celle de la diversité des productions, la végétation épaule efficacement la conception du projet: le dialogue entre les formes végétales régulières et celles de la végétation en friche préservée par les architectes, leur juxtaposition avec les géométries fragmentées des vestiges et la rigueur des nouvelles structures rehausse l\u2019aspect de ruine et étend l\u2019interprétation historique de la seule architecture au paysage tout entier.JEAN-FRANÇOIS BÉDARD EMULER LE PAYSAGE CLIENT COMMUNAUTÉ URBAINE DE MONTRÉAL EN COLLABORATION AVEC LE MINISTÈRE DES AFFAIRES CULTURELLES AGENCE LE GROUPE LESTAGE INC./ GAUTHIER, GUITÉ, DAOUST ARCHITECTES ÉQUIPE DE DESIGN RÉAL LESTAGE, PAUL GAUTHIER, RENÉE DAOUST, CLAUDE CORMIER PROGRAMME MISE EN VALEUR DU SITE DES MOULINS LE GROUPE LESTAGE Né de la volonté d\u2019éviter le taylorisme que l\u2019on retrouve dans la plupart des agences - le défilé des urbanistes, architectes, ingénieurs, architectes paysagistes, consultants de toutes sortes et leurs luttes incessantes au mépris de la cohérence conceptuelle du projet - le groupe Lestage sous la direction de Réal Lestage, urbaniste, tente de reformuler les conditions de la pratique du projet de design urbain, d'architecture et d\u2019architecture du paysage.L\u2019intégration intime de ces spécialités au point de ne pouvoir distinguer, au terme de la réalisation d\u2019un projet, la contribution particulière de chacune d\u2019entre elles permet selon les membres du groupe de superviser plus efficacement l\u2019évolution de la conception et de poser un regard critique sur les vogues qui entraînent ces trois disciplines dans des aventures parfois malheureuses.Cet esprit d\u2019équipe a déjà fait ses preuves dans plusieurs projets, qu\u2019ils appartiennent au domaine de la reconstruction urbaine, comme c\u2019est le cas pour le Quartier latin, ensemble d\u2019édifices locatifs faisant partie d\u2019une reconfiguration de deuxîlots urbains en bordure de la nouvelle place Berri (ARQ 56), ou à celui de la mise en forme d\u2019un vaste territoire industriel ou rural comme par exemple leur proposition pour le Vieux-Port de Montréal (ARQ 54) ou celle pour un centre commercial à Boucherville.La cohérence de l\u2019équipe permet une grande rigueur conceptuelle dès le moment des premières esquisses jusqu\u2019à celui du choix des matériaux sans pour autant relâcher l\u2019attention portée aux contraintes programmatiques et techniques.Le groupe Lestage s\u2019appuie par ailleurs sur l\u2019expérience considérable des architectes Gauthier et Guité de l\u2019agence Gauthier, Guité, Roy pour s\u2019assurer de la qualité de la réalisation.L\u2019appel à la «mémoire du lieu» par le biais d\u2019une solide recherche préparatoire informe la conception de la plupart de leurs projets ; les projets urbains sont composés selon les principes de la reconstruction de la ville - têtes d\u2019îlots marquées, respect des alignements de rue, etc.- alors que ceux qui touchent à l\u2019art du paysage font l\u2019objet d\u2019études «archéologiques» des couches successives d\u2019occupation du sol ou des trames régulières du paysage rural.Ces professionnels espèrent, par l\u2019émulation des caractéristiques d\u2019un lieu, obtenir une architecture qui y soit solidement ancrée tout en préservant son aspect très contemporain.Dans le domaine de l\u2019architecture du paysage, le groupe Lestage cherche avant tout à éviter la nostalgie d'une certaine architecture paysagiste qui prend comme modèle, au détriment de tous les autres, la nature pittoresque d\u2019un Capability Brown, d\u2019un Alphand ou d\u2019un Olmsted.Afin de ne pas traiter les éléments paysagers comme de simples pièces d\u2019accompagnementdestinéesauxespaces résiduels laissés par l\u2019architecte ou par l\u2019urbaniste, le Groupe fait intervenir l\u2019architecte du paysage dès les premières étapes de la conception d\u2019un projet aux côtés des autres professionnels.Pour le groupe Lestage, le paysage doit épauler le parti urbain ou architectural - quelquefois même en diriger le développement - afin d\u2019éviter le cloisonnement des compétences.Ce métissage des disciplines s\u2019affirme par leur préférence pour une «tectonique» du paysage: des jardins très architecturés, aux alignements précis d\u2019arbres, aux volumes végétaux rigoureux, à l\u2019articulation nette des surfaces et des espaces.Tout comme d\u2019autres praticiens voulant se débarrasser des lieux communs de l\u2019architecture du paysage -les américains Peter Walker, Martha Schwartz et George Hargreaves et les français Bernard Lassus, Michel Corrajoud et Alain Sarfati, inspirent leurs projets - le groupe Lestage souhaite amener l\u2019art du paysage au-delà de son aspect de nature d\u2019opérette vers une modernité qui a semblé jusqu\u2019ici lui faire défaut.1.\tLe projet, axonométrie.2.\tLe projet, ses principales composantes, axonométrie éclatée. y R \u2022'v7*: il ^ - 2 «5^ mm lima m0z mnr E^gSi t.voir déull voir détail voir détail ( ¦mJM «Seam III ¦npMIBPi iMBil ¦ i mm ini' rrÆ Il¦! ms* niygai l.-ST-ra UPt'^ii f\\ ¦ ¦¦ ' ¦¦ 1.\tLe Site des Moulins vers 1975 2.\tPlan d\u2019ensemble.3.\tCoupe - élévation est.4.\tCoupe - élévation nord.5.\tCoupe - élévation sud.066544 ARCHITECTES DU QUÉBEC:\tMÉTHODES ET PROJETS L'ARCHITECTE AU CHAMP! UNE ENTREVUE AVEC JOHN SCHREIBER, ARCHITECTE ET ARCHITECTE PAYSAGISTE John Schreiber ne se définit pas comme un intellectuel mais plutôt comme une sorte d\u2019éclaireur, à mi-chemin entre les artisans et les étudiants.Fort de ses trente-cinq années d\u2019enseignement à l\u2019école d\u2019architecture de l\u2019université McGill, il prend sa retraite en 1988, année de son élection au Collège des fellows de l\u2019Institut royal d\u2019architecture du Canada.Après avoir servi dans la marine polonaise au Royaume-Uni pendant la Deuxième Guerre mondiale, il suit des études d\u2019architecture à l\u2019université de Glasgow avant d\u2019émigrer au Canada en 1952.Son tempérament de pionnier s\u2019affirme encore lorsqu\u2019en 1964 il obtient une maîtrise en architecture de paysage de l\u2019université de Harvard sous la direction du professeur Hideo Sasaki.Depuis, John Schreiber n\u2019a cessé de conjuguer ses diverses expériences, que ce soit pour des projets de résidences privées ou pour des aménagements publics tels «Le monde des petits» pour l\u2019Expo 67, le jardin-terrasse de la Place Bonaventure (1966) en association avec Sasaki Dawson DeMay de Boston, pour les aménagements paysagers du Complexe «G» à Québec (1969), ou encore pour ceux du Jardin Grande Allée (1972).Plus récemment, lui-même et Ron Williams ont dressé le plan d\u2019ensemble du Plateau Marquette à Sherbrooke (1981), et avec la collaboration additionnelle de David Farley, ils ont proposé un aménagement du Champ-de-Mars (1985) qui fut retenu par la Société immobilière du patrimoine architectural de Montréal (SIMPA) et dont la réalisation est actuellement en cours.Parallèlement, John Schreiber a travaillé au plan d\u2019aménagement du centre-ville de Durgapur, près de Calcutta en Inde (1968), en tant qu\u2019architecte et urbaniste-conseil pour la Fondation Ford; quelques années plus tard, il se rend au Pakistan pour le compte des Nations unies (1975).John Schreiber s\u2019est donc révélé très tôt comme un enseignant de l\u2019architecture particulièrement ouvert à la conscience des «paysages» et comme un praticien autant préoccupé par les facteurs culturels que par les données climatiques.Paradoxalement son dernier projet d\u2019usage mixte à l\u2019angle de la rue Saint-Marc et du boulevard René-Lévesque a été l\u2019objet de vives polémiques portant précisément sur son intégration à l\u2019espace environnant.Dans cette entrevue, Jean-Pierre Chupin cherche à mieux cerner les notions de paysage, de contexte et d\u2019environnement du point de vue de l\u2019architecte.Autant de définitions qui nous renvoient à des questions brûlantes et à des prises de position souvent contradictoires.Pour John Schreiber, c\u2019est d\u2019abord dans le milieu de l\u2019enseignement qu\u2019il faudrait engager le débat.J.P.C.-John Schreiber, après une dizaine d\u2019années d\u2019enseignement à McGill, vous partez étudier l\u2019architecture de paysage à Harvard afin de combler ce qui vous semblait être une lacune dans les cours dispensés à Glasgow.En quoi cela vous paraissait-il préférable aux approches urbanistiques qui préoccupaient les Européens dans les années soixante?J.S.- À l\u2019époque, je travaillais à des projets de résidences qui devaient prendre place sur de très grands terrains et je me suis vite rendu compte que ma formation d\u2019architecte ne me permettait pas de comprendre l\u2019emplacement ni de saisir comment le terrain doit influencer le concept d\u2019architecture.Le point de vue des urbanistes ne me satisfaisait pas du tout.La plupart des disciplines reliées à l\u2019architecture partaient toujours du principe que l\u2019on peut contrôler le paysage pour l\u2019adapter au concept.Bien sûr il est souvent possible de contrôler, mais ga exige une grande dépense d\u2019énergie et beaucoup d\u2019argent.J\u2019ai toujours été plus attiré par les solutions qui se rapprochent de ce qui existe déjà.J\u2019ai toujours recherché le mariage avec les éléments naturels.J.P.C.- Vous trouviez que les urbanistes et les architectes cherchaient plutôt à imposer qu\u2019à disposer?J.S.- Encore aujourd\u2019hui, quand les urbanistes décident de planter le long des boulevards, ils le font d\u2019une manière systématique avec des espacements trop réguliers et la réponse des arbres se fait souvent attendre.Les massifs d\u2019arbres ont toujours une meilleure chance de survivre que les arbres isolés.De même à Montréal, planter le long des rues donne une continuité visuelle certes, mais ce bel alignement entre en conflit d\u2019une part avec les orientations et le climat et d\u2019autre part avec les nécessités de circulation et de déblaiement de la neige.Ma réponse en tant qu\u2019architecte paysagiste serait plutôt de chercher des îlots de verdure en tirant parti de tous les petits espaces interstitiels, comme on l\u2019a fait à New York avec les «pocket parks».J.P.C.- Mis à part Hideo Sasaki, quels ont été les penseurs qui ont le plus marqué votre compréhension de l\u2019architecture et de l\u2019environnement ?J.S.- Je voudrais rendre hommage à mon vieil ami Norbert Schoenauer pour qui j\u2019ai la plus grande admiration et je me dois d\u2019ajouter qu\u2019en matière d\u2019éducation j\u2019ai beaucoup appris de John Bland.Maintenant, comme je vous l\u2019ai dit, je ne me considère pas comme un penseur de l\u2019architecture, je citerais simplement «Design with Nature» (1973), de lan McHarg, comme un ouvrage qui m\u2019a certainement influencé, aussi bien que «Small is Beautiful» (1977) parE.F.Schumaker.Aujourd\u2019hui, je me reconnais aussi totalement dans la manière dont le penseur écologiste, David Suzuki, aborde toutes les questions environnementales.J.P.C.- Vous dites que vos premiers projets de résidences privées ont été l\u2019occasion de préciser à la fois votre pratique professionnelle et vos cours à McGill.En quoi votre manière de concevoir l\u2019architecture avait-elle aussi radicalement changé après votre passage à Harvard ?J.S.- Prenez le projet de la maison dans une île dont nous avons parlé plus tôt.Avant d\u2019aller à Harvard je ne pensais qu\u2019à la forme extérieure.De même pour le premier concept de la maison Ballantyne, je ne voyais que l\u2019image traditionnelle de la maison en avant, avec la grange en arrière, et je pensais que concevoir la maison dans une forme de grange, en arrière, aurait été très innovateur! Tout cela était malheureusement beaucoup trop formel.Après la rencontre avec Hideo Sasaki j\u2019ai laissé tomber les concepts a priori.J\u2019ai décidé de ne chercher les réponses architecturales que dans l\u2019emplacement, dans tout ce qui est déjà là.La question est donc devenue «what should happen here?», que faut-il faire en fonction de ce qui existe, en fonction du programme, du climat, etc?À partir de ce moment il convient de passer plus de temps sur le terrain qu\u2019à la table à dessin.J.P.C.- Dans les projets d\u2019aménagements paysagers aux abords des édifices publics, je pense par exemple au Complexe «G» (Gauthier, Guité, Roy, architectes, 1969) ou encore au parc du Pigeonnier (Gauthier, Guité, Roy, architectes, 1973), il vous a fallu vous intégrer à une équipe en tant qu\u2019architecte-conseil pour le paysage.Avez-vous eu l\u2019impression que le dialogue s\u2019est révélé aussi fructueux et créatif que si vous aviez pu intervenir sur la globalité du projet ?J.S.- Le Complexe «G» et le parc du Pigeonnier sont deux visions du paysage complètement différentes.Cela est dû essentiellement au fait que pour le Complexe»G» nous n\u2019avons été consultés qu\u2019à la fin du développement du concept alors que la construction était déjà commencée.Le projet était très défini et surtout les contraintes programmatiques avaient conduit à la création de plusieurs espaces qui, de part leur orientation, ne favorisaient pas les plantations et de surcroît étaient difficilement utilisables par les fonctionnaires et le public à l\u2019heure du lunch.Pour le parc du Pigeonnier j\u2019ai été très chanceux d\u2019avoir la confiance de Gilles Guité.Nous avons réévalué l\u2019importance de ce terrain qui devait relier deux complexes administratifs majeurs.Gilles Guité avait remarqué que la présence des pigeons rendait la circulation piétonne quasi périlleuse.Je lui ai proposé de repenser l\u2019espace en créant un pigeonnier sculptural; l\u2019idée lui a plu immédiatement.À partir de ce moment-là, le dialogue s\u2019est vraiment engagé et lasuite du projet l\u2019a d\u2019ailleurs démontré.Mais il faut reconnaître que si certains architectes se préoccupent assez peu de l\u2019environnement, il n\u2019est pas rare de voir des paysagistes qui eux ne comprennent pas toujours les problèmes en termes d\u2019architecture ! J.P.C.-Dans certaines résidences, l\u2019écran végétal sert nettement de transition entre le domaine public et l\u2019intimité de la maison.Au Champ-de-Mars, le mur est une réminiscence historique et une remise en forme du lieu.Pour l\u2019édifice du Revenu à Québec (Gauthier, Guité, Roy, architectes 1977-79), vous avez conçu un aménagement qui prévoyait la construction de grands murs protecteurs autour des arbres conservés.Comment les architectes ont-ils accueilli cette proposition ?J.S.- Il fut toujours très agréable de travailler avec ces architectes.L\u2019édifice du Revenu qui, ne l\u2019oublions pas, se situe en pleineforêt, est un projet dont je garde un très bon souvenir.À l\u2019examen des plans je m\u2019étais vite rendu compte que le bâtiment profitait de la pente du terrain mais pas du tout du drainage naturel.Vous voyez, comme cela arrive encore trop souvent, il aurait fallu y remédier par un réseau de drainage artificiel, d\u2019un entretien particulièrement coûteux.Un architecte paysagiste trop préoccupé par le dessin des aménagements extérieurs aurait probablement négligé cet aspect pourtant majeur de la vie d\u2019un édifice.J\u2019ai proposé de surélever le bâtiment, puis de sélectionner les meilleurs arbres en vue de les conserver, et surtout de ne pas créer un remblai en pente.C\u2019était aussi possible de couper tous les arbres et puis de replanter après le nivellement, mais c\u2019est exactement ce type d\u2019attitude que je refuse.J\u2019ai donc demandé de construire de grands murs autour des massifs d\u2019arbres existants.Cela entraînait des frais de construction supplémentaires, mais la solution laissait entrevoir un entretien plus rationnel et contribuait à mettre en valeur le projet.J.P.C.-Dans le cas de l\u2019aménagement de Durgapur en Inde, il est clair que le problème du drainage reliait intimement les considérations culturelles et les contraintes géographiques, mais quand il s\u2019agit d\u2019un édifice public dont la portée politique et symbolique est à envisager jusque dans le détail architectural, 20 s wâiilîl mm mm pp^pti -, .g&4SB&! î-r-^ 1.\tJardin de briques à Durgapur, Inde, John Schreiber, 1968.2.\tRésidence sur Lansdowne, Westmount, John Schreiber, 1961-1973.3.\tRésidence au Québec, John Schreiber, 1986.4.\tParc du Pigeonnier, Québec, John Schreiber et Gauthier, Guité, Roy, architectes, 1973.ne pensez-vous pas que les contraintes du lieu ne peuvent suffire à la genèse du projet ?J.S.-Je ne dis pas que l\u2019emplacement crée le projet, mais je privilégie toujours la situation présente dans l\u2019analyse des lieux.À l\u2019époque nous sortions du premier choc pétrolier et tout ce qui permettait de réaliser des économies d\u2019énergie avaient certainement une importance politique.Les problèmes de drainage ne sont pas vraiment compris par les architectes du paysage et c\u2019est regrettable.J.P.C.-À vous entendre, le vocabulaire du paysagiste et celui de l\u2019architecte devraient se superposer parfaitement.Pourtant la coexistence des deux enseignements et des deux pratiques résulte d\u2019abord d\u2019une distinction.Quelles différences fondamentales reconnaissez-vous entre les deux approches ?J.S.- En fait ce qui est trompeur c\u2019est que trop souvent le vocabulaire quotidien est différent mais je pense qu\u2019il n\u2019y a pas de distinctions vraiment fondamentales.On doit éviter d\u2019en faire une confrontation.Si l\u2019on parle d\u2019architecture ou bien du paysage alors on parle toujours d\u2019espace, il n'y a que la matière du mur et du sol qui change vraiment.J.P.C.- Selon vous les principes sont exactement les mêmes?J.S.- En matière de principes, il y a quand même une différence majeure.Dans un édifice on cherche en général à créer des niveaux parfaitement horizontaux.Faire cela à l\u2019extérieur c\u2019est une hérésie! Il faut toujours un nivellement progressif à cause de l\u2019écoulement des eaux pluviales et des nappes souterraines.L\u2019ironie de ce principe c\u2019est qu\u2019à l\u2019extérieur la seule surface vraiment plane ne peut être que celle de l\u2019eau: comme la surface d\u2019un lac.J.P.C.- En considérant votre admiration pour Le Corbusier et votre expérience dans la marine, il serait naturel de vous voir endosser ce rêve moderniste du «grand navire de béton blanc dans un océan de verdure», qu\u2019en pensez-vous?J.S.- C\u2019est intéressant et c\u2019est même la raison pour laquelle j\u2019admire Arthur Erickson.Je pense en particulier à l\u2019université de Lethbridge en Alberta, c\u2019est un bâtiment que j\u2019aime beaucoup et qui correspond à ce que je recherche en architecture.J.P.C.- Revenons à votre ancien navire, je veux parler de votre ancienne maison sur l\u2019avenue Lansdowne à Westmount.Le parcours intérieur révèle que tout participe du même ensemble et parfois même en suivant des séquences très homogènes et ce, bien que la construction se soit étalée sur une quinzaine d\u2019années.Vous dites d\u2019ailleurs qu\u2019une maison se résume à la conception d\u2019une seule «grande pièce».Qu\u2019en est-il d\u2019un jardin ou d\u2019un parc à l\u2019enveloppe forcément moins structurante ?J.S.-C\u2019est exactement la même chose.Tous les espaces extérieurs sur Lansdowne correspondent chacun à leur manière à ce qui se passe à l\u2019intérieur.La plantation donne quand même de la continuité en brisant toutes les règles de la composition.Je l\u2019ai toujours identifié comme le seul jardin de mauvaises herbes à Westmount.Un jardin c\u2019est une seule grande pièce avec le ciel comme plafond, et c\u2019est d\u2019autant plus vrai que vous laissez la nature faire ce qu\u2019elle fera toujours mieux et toujours plus vite que vous.J.P.C.- Dans le document explicatif de votre dernier projet sur la rue Saint-Marc, vous écrivez:«Le concept de Solominium, issu principalement de sa situation unique qui fait l\u2019angle d\u2019un important boulevard, se distingue par un ensoleillement maximal.Vu son emplacement face à une importante sortie de l\u2019autoroute, l\u2019immeuble se caractérise par une haute visibilité et une grande facilité d\u2019accès.» Privilégier l\u2019orientation n\u2019est-ce pas nier l\u2019identité de la ville?J.S.-Dans ma solution, le vocabulaire et les matériaux, c\u2019est-à-dire les textures et les couleurs, accentuent l\u2019identité de la ville.Si l\u2019on veut parler d\u2019architecture traditionnelle à Montréal pourquoi ne pas considérer le bâtiment des Sœurs Grises?Le toit est en pente et de surcroît il est fait du matériau le plus cher et le plus noble: le cuivre! J.P.C.- Mais pourquoi dans ce cas, insistez-vous autant sur l\u2019orientation ?J.S.- Je n\u2019insiste pas, je reconnais sa présence.Là encore c\u2019est la question des économies d\u2019énergie qui doit prédominer.Les principes dictés par l\u2019architecture solaire passent d\u2019abord par une bonne orientation.J.P.C.- Mais quelle est la place des critères écologiques dans la complexité urbaine?J.S.- Bien sûr tous les lieux ne favorisent pas cette approche, néanmoins je pense que l\u2019on doit profiter des «situations» à chaque fois que cela est possible.C\u2019est la même chose pour la récupération des matériaux.Quand j\u2019étais à Durgapur j\u2019ai même réalisé un petit jardin entièrement avec des briques abandonnées et avec ce que les gens considéraient comme des débris.J.P.C.- Vous dites qu\u2019au cours de votre carrière vous avez toujours été très habité par le désir d\u2019utiliser certains matériaux de récupération dans vos projets d\u2019architecture.Pourtant la justification économique n\u2019est pas convaincante puisque vous n\u2019avez jamais généralisé le processus, je la comprends donc plutôt comme une quête de la mémoire des choses.Dans les grands projets de parcs et de jardins vous a-t-il été possible d\u2019explorer cette voie?J.S.- Récupérer cela revient d\u2019abord à ce que nous disions au début, à savoir qu\u2019il faut utiliser ce qui est déjà là.Dans un jardin ce peut être tout simplement des pierres qui encombrent à un endroit mais peuvent devenir fascinantes dans un autre.À ce propos, je voudrais dire qu\u2019au Champ-de-Mars nous sommes en train de redécouvrir les anciennes fortifications et j\u2019y vois une occasion merveilleuse.En effet il seraittrès simple de sélectionner les pierres de l\u2019ancien mur au fur et à mesure des excavations et de le reconstruire tout de suite.C\u2019est une chance inestimable de retrouver l\u2019histoire de la ville autrement que par une plaque ou une trace abstraite.Le fragment réel seraittrès accessible si seulement on prenait les dispositions nécessaires! J.P.C.- Est-ce un appel que vous lancez?J.S.- Assurément, et du point de vue de la mémoire il y en aurait beaucoup d\u2019autres.En fait, les questions environnementales sont d\u2019abord affaire de mémoire.Le paysage est forcément relié à l\u2019histoire et au temps.En exagérant je dirais qu\u2019aujourd\u2019hui on voit l\u2019architecture d\u2019une manière beaucoup trop immédiate.Dès que c\u2019est terminé, on photographie, on juge et on évalue.Avec le paysage, la première leçon c\u2019est que l'on ne peut jamais faire vite.Il y a d\u2019abord le temps de l\u2019arbre et c\u2019est une grande leçon.J.P.C.- En professionnel de l\u2019orientation, quelles sont les directions futures qui vous sembleraient pertinentes?J.S.- Je suis convaincu que l\u2019architecture telle que l\u2019exercent nos concepteurs contemporains et, à un degré moindre, l\u2019architecture de paysage, ne s\u2019attaquent pas réellement aux questions cruciales dont elles devraient assumer la responsabilité.Devant le nombre croissant de secteurs où une détérioration de l\u2019environnement se produit tous les jours, nos principes conceptuels devraient rechercher des solutions au moyen «d\u2019une architecture de frugalité et d\u2019un paysage de nécessité».PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-PIERRE CHUPIN PROJETS\tPOU GLIMMER OF HOPE NEW DIRECTIONS IN URBAN OPEN SPACE DESIGN IN MONTRÉAL By and large, the era of indifference towards public squares and parks in Montréal seems slowly, and belatedly, to come to an end.This new awareness is due, to some extent, to a rediscovery of the meaning of the urban environment and to forceful demands by pressure groups to create new open spaces and rehabilitate old ones and, to some extent, to a series of successful recent accomplishments by a rejuvenated public service.This revitalization applies particularly to the Service d\u2019habitation et de développement urbain (SHDU) and the Division de l\u2019aménagement des parcs (DAP), both of which appear to have made a serious commitment to implement change in the realm of urban open spaces in Montréal.This paper attempts to examine both at the underlying nature of urban public spaces, particularly those in Montréal, and the workings of the public bodies that are responsible for the creation of public spaces in the city.A REPORT PREPARED BY DEREK DRUMMOND AND ADRIAN SHEPPARD, PROFESSORS, McGILL UNIVERSITY From their emblematic squares and streets to their vest-pocket parks and lanes the urban open spaces of a city are an expression of the value placed on quality of life by the political authority.In contrast, the privately owned but publicly accessible open spaces are expressions of the aspirations and priorities of the private corporate sector.Together these urban open spaces form a network of experiences and exchange that profoundly affect the livability of the city.At regular intervals, if not on an ongoing basis, stock must be taken of both the physical reality and the patterns of use in the urban open space network.If found wanting, society ought to develop the political will to readjust the priority given the network and if necessary develop more sophisticated control of the aspirations and initiatives of the private corporate sector.Recently in Montréal, there have been positive signs of new directions in both the establishment and the design of public spaces that are clearly indicative of political will to improve, in the first instance, the urban squares.The creation of a renewed Champ-de-Mars and the new place Berri opposite the bus terminal on de Maisonneuve at the corner of rue Berri, involve new patterns of consultation, significant expenditure on the part of the city and, perhaps most importantly, the replacement of two large parking lots with well-designed urban spaces.Given the lack of new publicly owned urban spaces in recent decades and deteriorating conditions due to poor maintenance and design details of existing squares, the recent initiative is most welcome and, one must hope, indicative of political commitment to sustain and improve the entire urban space network.The development of the necessary political commitment for change is a complex issue as it must deal with value that different groups or individuals attach to urban open space.Different social, cultural, age and economic groups place different value on the informal social interactive life associated with urban squares and parks.This can lead to disagreements resulting from conflicting uses to outright opposition to the expenditure of tax money for the creation of such spaces.Urban open space is essentially political space and as such the political process must sort out those differing and often conflicting demands.In orderto judge the propriety of the design of an urban space the relationship between the design objectives and their ultimate consequences must be compared.The objectives are or should be set by a political process while the actual design should be undertaken by qualified designers.In the world\u2019s most livable cities there appears to be two clear guiding principles regarding the creation and detailed design of the urban space network.First, the network encourages citizens to participate, either in an active or more contemplative manner, in public social life.Secondly, the individual spaces transcend in both achievement and aspiration, the merely practical and utilitarian - they are beautiful spaces.Successful application of these principles promotes the educational value of urban open spaces.Constant informal interaction between individuals of various ages, cultural backgrounds and economic means develop both social skills and a tolerance for others.Increased knowledge about trees, plants, flowers and birds - flora and fauna - develop a sensitivity to and understanding of the natural environment.In addition, the beauty inherent in a well-designed space that includes appropriate public art or sculpture potentially instills in the user an appreciation for art and design.At this point in time, few, if any of Montreal's urban spaces meet the high standards and objectives outlined above.To a great extent the city\u2019s urban spaces have succumbed to both the anti-urban forces of the late twentieth century and the lack of financial resources.Close examination of the older squares, such as Phillips Square, reveal inappropriate landscape design and non-existent R\tMONTRÉAL maintenance while new squares such as place Roy, indicate lack of commitment to fundamental objectives and uncoordinated design decision making.When analyzing and evaluating the various components of the urban open space network one must be aware of and understand the motives of those responsible for initiating the design of the space.For, in addition to stimulating public social life and enhancing the visual quality of the space, there are often other objectives.A square can be a place of celebration of national or civic glory.Historically such spaces have tended to be formalistic, even monumental and often contain war memorials or statues commemorating important persons or events.Place d\u2019Armes and Dorchester Square are such places although the latter having originated on land previously used as the Catholic cemetery is not formal in plan.These spaces assume symbolic importance as they are often the site of ceremonies marking special occasions.Urban space can evoke memories - recollection of a city of a vastly different scale and lifestyle.The new Champ-de-Mars, now under construction, or les Cours LeRoyer in Old Montréal retain their historical form although, in the case of the Champ-de-Mars, the nature of the space is altered considerably by the high-rise court house at its west end.Adapting the nineteenth century spaces to twentieth century needs is the challenge for today\u2019s designers.Other squares, such as Victoria Square need similar study and redesign.Urban open space can and should be created in response to publicadvocacy.Neighbourhood and ethnic group pressure brought to bear on the political process can result in urban space created and designed to fit the specific needs of a group of potential users.In recent years, parks or squares have been designed for the Portuguese and Chinese communities.Finally, and particularly in the latter half of the twentieth century, urban open space has in many instances become a vehicle forexpressing private values and supporting private financial gain.In Montréal, this strategy had its roots in the early 19th century when, after fire destroyed the Château de Vaudreuil at the corner of rues Saint-Charles and Saint-Paul, the land was purchased by two entrepreneurs.After ceding a ninety foot strip of land between rues Saint-Paul and Notre-Dame to the city in orderto widen rue Saint-Charles and create a market place, they subdivided the remaining land into seven lots facing the market that, not surprisingly, were quickly sold.The market place was named place Jacques-Cartier by the mid 19th century.At about the same time (mid 19th century) the heirs of Thomas Phillips, no doubt influenced by the design of the residential squares of London, ceded land to the city for the creation of a square, hoping such an amenity would stimulate sale of the surrounding housing lots.It is today, enclosed by office buildings and important retail stores, known as Phillips Square.By the mid 20th century the trend to creating privately owned but publicly accessible urban open space that too often was more concerned with conspicuous self-indulgence and display than with fostering public social life was developing.Nevertheless, those spaces form an important component of the urban open space network.Although access, even behaviour, is controlled by the owner and not the public authority, use can at times be intensive and the role of the space symbolic and ceremonial.Such is, or was, the case with Place Ville-Marie before the alterations to the plaza in the past few years.It served for twenty-five years as a civic space hosting political meetings and rallies of all sorts, and was used intensively at lunch hour in good weather.However, most plazas in front of office towers served little public purpose other than providing access to the building itself.More recently the private sector has given us some smaller 22 but pleasant and well utilized urban open spaces.Maison Alcan on rue Sherbrooke and Les Coopérants behind Christ Church Cathedral are two buildings which provided basically off-street open spaces with, particularly in the case of Les Coopérants, big budget landscaping.Both contribute to the network as they provide pleasant seating areas and mid-block short cuts that are always appreciated by pedestrians.The city drastically needs to strengthen its network of experience and exchange provided in urban open spaces.There is no simple formula as each particular space must respond to a different set of pressures and conditions.However the common thread of providing socially active and aesthetically pleasing spaces must run through all our open spaces.The city, at present, seems committed to these objectives and has recently put in place new processes to achieve its goals.It seems difficult to understand today, that until 1980, the city of Montréal had only four landscape architects in its employ.These four people, together with a dozen engineers and some twenty technicians, constituted the entire DAP, the body that was solely responsible for every aspect of the design and construction of all the city\u2019s open spaces.When important studies or designs had to be undertaken, the DAP relied on the collaboration of consultants from the private sector.Studies for Mont-Royal, Henri-Julien, Angrignon and île Sainte-Hélène\u2019s parks were done by foreign firms, coincidentally all from New York City.This practice of placing important commissions in the hands of \u201coutside\u201d consultants lasted until 1954.No doubt, this trend was partly due to insecurity or to lack of local professional landscape skills.It was not until 1990forthe design of the new place Berri thatthe city once again awarded a commission to a landscape architect from the private sector, but this time to a local consultant.Today, after a few name changes and a final return to its original nomenclature, \u201cDivision de l'aménagement des parcs\u201d, the service employs 27 landscape architects, 35 specialized technicians, one industrial designer and a large administrative staff, some 90 people in all.Despite the fact that the DAP is one of the largest of any North American city, it has difficulty fulfilling its mission.It is responsible for 1090 urban open spaces, including parks, public squares, playgrounds, street beautification programs and bicycle paths and involves itself in about 150 new projects per year, some relatively small but some, like the Champ-de-Mars and place Berri, large and very complex.Over and above its normal mandate, it must react and respond to 700 yearly requests, petitions, letters or demands from the public and from the elected officials.Out of this vast number of design projects by the DAP, a few stand out for being exemplary or critical in the evolution of the Division\u2019s design approach.Projects such as les Cours Le Royer, the \u201cbelvedère de la rue Roy\u201d in parc Lafontaine, the rehabilitation of the parc Jarry and the mini-parc Ontario, all completed in the last few years as well as a number of other projects now under construction such as the belvedère du Mont-Royal in front of the chalet, place Berri, the rehabilitation of pare Jarry and Champ-de-Mars, reflect this new urban design maturity.Many more are in the planning stage: place Pasteur adjacent to the new UQAM complex, place Charles-de-Gaule and place du Vieux-Port; one can only look forward to a continuance of high design standards.Of course, not all the DAP\u2019s efforts have met with success; place Roy and place Victoria, to mention but two, demonstrate how easily it is to go wrong.Two key projects, place Berri and Champ-de-Mars, are discussed in greater detail below.Togetherthey illustrate the two major concerns of the DAP and the SHDU: the creation of new public square and the rehabilitation of older or abandoned ones.A new generation of planners and landscape architects, forthe most part locally trained, working with Montreal's planning department, the SHDU, are making their influence felt at all levels of the decision-making process.Because of their presence, a more discerning view of the city\u2019s future development is being taken.Their understanding of the city\u2019s cultural, historical and morphological make-up is critical to the redefinition of the significance of the urban open space network.The SHDU\u2019s primary responsibility with respect to the network includes overall planning and generation of specific projects, the implementation of which is carried out by the DAP.Political awareness, public expectation and perception of the city is always changing.Concerns forthe quality and the significance of urban open spaces have expanded and matured over the past few years.Environmental and ecological awareness, together with a rediscovery of the \u201cres publica\u201d, has shifted some of the preoccupations of urban development from the design of the built form to that of the open spaces, from the solid to the void, from the private to the public.The city, fortunately, is responding to this new reality.But unfortunately its administrative structure is too cumbersome and its budgets too restrictive.Unlike some other North American cities where parks and squares were built or rehabilitated with great success, the city of Montréal has notyet recognized the importance of creating a full-fledged parks\u2019 department, such as these of Boston and Vancouver, that has the necessary power and administrative autonomy to fulfil its mandate.Nonetheless, there is a beginning of a change in attitude at the political level; there is a growing recognition that the design of urban open spaces is a highly specialized skill and that present construction and maintenance budgets are too limited.There is no longer the need, as in the 1940\u2019s and 50\u2019s, to seek \u201ca priori\u201d outside professional assistance for major projects and studies.There is now a sufficient critical mass of landscape skills and knowledge to undertake almost any task.All the same, no evolving institution can or should operate within a closed circuit, lest it becomes a stagnant entity.Self-sufficiency is an asset; in-breeding a liability.The exposure to new or critical ideas, no matter how uncomfortable, is a basic ingredient for growth.There are two effective ways, both of which have been used by the DAP, to solicit new ideas \u201cextra-muros\u201d: competitions and the use of consultants from outside the department.Unfortunately during the past few years only one limited competition was held (for the design of the Champ-de-Mars) and only once an outsider was invited to be the prime landscape consultant (forthe design of place Berri).In both cases, the results proved to be fortuitous.The decision to commission an outside landscape architect, however, was due more to happenstance than initial intent.In fairness, it must be pointed out that the DAP is fully conscious of the needs and merits of tapping creative forces from outside its own department.Competitions, as professionals know, have their pitfalls.Few jobs lend themselves to public, or even limited, competitions.Time constraints, technical or administrative difficulties, budgetary restrictions and inappropriate jury composition and decisions can all sabotage the success of a competition.Few actions have as negative an effect on the morale of the profession as a bad competition.Today, the city certainly has no policy against the selection of consultants by way of competitions or by direct appointment, but neither does it have a clear policy for doing so.One can only hope that this timidity will soon be overcome.The present municipal government, more than any that preceded it, has been sensitive to the need for public consultation in the design of important public facilities.The DAP has responded to this concern by involving citizens in the design of a number of public squares, place Roy being the most notorious one.In principle, public participation in the design process concerning the public domain is only right and democratic.It can be argued that a public service is here to serve, and that since its purse is public, citizens have the right to be informed, to make their view known and to decide.\u201cVox populi, vox Dei\u201d.Experience has shown that this form of direct democracy fails more often than not when applied to the realm of design of urban open spaces.Despite its commitment to the process of public consultation, the DAP has learned the hard way that public consultations have limitations and pitfalls.Most significant and socially successful urban spaces, old and modern, have been created in an authoritarian manner, be it by bureaucratic decree or enlightened benevolence.The design of urban open spaces is a highly complex matter involving many more consultants and experts than the design of a large building.The social and cultural implications are not always evident to the lay person, who may not be aware of the positive or negative impact that public spaces have on the quality of life of a neighbourhood or the city at large.The long-term effects of any particular design may be a mystery, even to the experts.If there is a glimmer of hope in Montréal regarding the design of urban open spaces it is due, in part, to a new awareness about the significance of the public realm and, in part, to the encouraging beginnings of a political will to deal with the issues pertaining to creation and design of new open spaces and the conservation or rehabilitation of existing ones.But more important, there is a new generation of solid and well-trained professionals working out of the Service d\u2019habitation et de développement urbain, the Division de l\u2019aménagement des parcs and the private sector.They express a willingness to understand Montréal for what it is and thereby design public spaces that speak of Montréal, of its past and of its form.If this new group of professionals can set the tone for the future, there is hope indeed.¦ NOTES AND REFERENCES I CHARNEY, Melvin .Square Berri: Concours dart public.Montréal, 1990.LEACOCK, Stephen, Leacock's Montreal.Toronto - Montréal: McClelland and Stewart Limited, 1948.MARSAN, Jean-Claude, Montreal in Evolution.Montréal: McGill-Queens Press, 1981.OLSON, Donald J., The City as a Work ot Art.New Haven: Yale University Press, 1986.\"L\u2019architecture du paysage au Québec\", Continuité, no.1 (hors série), 1990.Road Atlas of Montreal, 1907 AKNOWLEDGEMENTS The authors wish to thank the following persons who have contributed to this article in giving advice and information: Melvin Charney, Architect, Artist and Professor of Architecture, University of Montréal Lise Cormier, chef de la Division de l'aménagement des parcs (DAP), Service des loisirs et du développement communautaire (SLDC) Michel Devoy, chef de section, DAP Peter Jacobs.Landscape Architect and Professor of Architecture, University of Montréal Perla Korosec-Serfaty, Service d'habitation et de développement urbain Donald Rake, chef de section, DAP BIOGRAPHICAL NOTES Derek Drummond is Macdonald Professor of Architecture and Director of the School of Architecture at McGill University.He has written extensively and taught courses on the factors affecting the design and use of urban open spaces.Adrian Sheppard studied architecture at McGill and Yale University.He has practiced in England, Italy, Holland and Canada.He is presently Associate Professor of Architecture at McGill University and a partner in the firm of Sheppard, Dionne, Laflamme.23 WELCOME TRANSFORMATION: PARKING LOT TO URBAN SPACE yjt 4 444 5f \u2018 r^r\u2014i N.''- I w?PÉ MAI6PNNPUVP \u201c1 U- P7r V'AINAW'P UA PUA6* frAZPNNfc* UA PUAGÉ £N GRANITÉ^ 5AINf£-GAfH£KIN£ r PÉ MAI50NN£UV£ WMÊÊmm rjzvziz U'AUUÉé 5 ^ U'^NGAPK^M^Nf ?^\t« P- ARÔKÉ6 UÉ6 PART£KK£6 GA INf£-GAYIN£ PÉ MAiôPNNPUV^ \t;U'0*UVR* P'ARf\t\t \t! I a 11 MU\t\tV- -4 (514)694 9860\tLA FIBRE SYNTHÉTIQUE (514)694-0105\tNATURELLEMENT RÉSISTANTE III - \u2019 :;S:;ÏV ¦ _jÉ-\t\\ WÊm^:\t.sg$g^É«m Ért ¦\u2022¦ || fg& ® »a«S\u2019»faj TTSffljipê \u2022¦?¦i Ingénieurs et architectes voient leurs horizons s\u2019élargir grâce aux produits Lafarge.Le ciment présente, en effet, un ensemble de qualités structurales et esthétiques exceptionnelles, grâce auxquelles vous pouvez laisser libre cours à votre imagination.Nous sommes au diapason de votre créativité.Dans leurs laboratoires de Montréal, les nombreux spécialistes qui forment notre équipe de recherche nord-américaine concentrent leurs efforts sur la mise au point de nouveaux produits à base de ciment et adaptent la technologie moderne à de nouvelles utilisations.Ces recherches vous procurent les matières nécessaires à la réalisation de vos projets les plus audacieux.Atteignez de nouveaux sommets grâce aux produits Lafarg< raw rS^v!: sfilllisi gps?; .\u2022 \u2014 -?ÜUfe; g fiStx^%ôs?.\u2018s\u2018.iC'ï a^ysv^iyy', s*»f讜fc ssn &HBÜS y» ÎSSS*§ Ëtfïayig p>.^ \u201e S N biLSfi^ÿSoîïfe SlSâ SÏp&îj §SSS M|5 M^p5®£® îllSttltll w?v ^r> HHiiiS >vS,:!o ipSISii® sS^S-'fcsÀ'S-Sîî^S'S Sîfel l®i|S#l .ÿ '\u2022 _, - W&l SMps s?SSwSnErsSvtb E#g SSÉ® MSSëé iSSiS fsïsÉiis sigm ïSSsS sægm-sjpaEg ¦ ¦\u2019.¦ ÜSS Sütwbè- ; : -,.- ï ' :.' ¦ ; - üw sSgSâiiës ÉÉÜÉ :'2^s HB® fggssgp @®|r ISM; I®*® ÿ't'jAl es® V** .' W v \u2018 ' >\\\t.- .'¦?,>\u2022\u2022¦, ü®ü .'- v.:-;i',.» -i-i '.v .x - -.' - ¦'¦\u2022.Mft ¦MS SSill® gg||gg| .'.U.¦- sags®* tftsS ¦ ¦- ¦ a 1 iBS ' - Üg- ePS^S8I§& $S«35rssswS \u2022' Blllllll is* WBm '^sS?3*f5?wSc^i ~r Accessoires de treillis pour les nouveaux systèmes de plafond.Bordures.étagées et biseautéesr^haussant le motif du plafond.Choix de sept couleurs.Pour obtenir notre brochure,,veuille, écrire à: Lêsï:IhdüStfiës%pndiales Armstrong Canada Ltée, DCSP, 266 Avenue du Golf, Gatineau, Quebec J8P6K4 DECORS iæü COMMERCIAUX ARMSTRONG PLAFONDS PLANCHERS MURS Motifs déposés par Armstrong Armstrong SHtificS liliTS] \u2022 \u2018 .7\" WBBBm ! .V \u2022v!?» CORIAN POUR LA COULEUR.Du pêche tendre au blanc cassé classique, du blanc glacier au minuit sierra, les dessus de comptoirs en CORIAN sont offerts dans toutes les couleurs dont vous pourriez avoir besoin.Téléphonez ou écrivez à Produits CORIAN, Du Pont Canada Inc., C.P.660, Succursale «A», Montréal (Québec) H3C 2VI 1800 527-2601. \u2014 \u2014 Brique de calcite lour chacun de vos projets, vous faites face à une multitude de problèmes complexes, dont celui de choisir les matériaux de recouvrement qui refléteront le raffinement de votre travail.Le Choix ALBA JL/a brique de calcite ALBA vous offre durabilité et choix.Ses qualités techniques en font une alliée sûre et fidèle [ï\tpour toujours.%\tLa surface éclatée de la brique ALBA présente un fini L- de pierre naturelle aux riches textures.Choisissez dans un éventail de nuances et de teintes inimitables et parmi cinq formats qui multiplient vos possibilités à l'infini.Alors n'hésitez plus, quand la qualité s'impose, choisissez la brique de calcite ALBA.1 lusieurs alternatives s'offrent à vous, mais une seule s'impose : la brique de calcite des Produits ALBA.CALCITE BRIQUE iour de plus amples informations concernant nos produits, contactez-nous.Une équipe d'experts se fera un plaisir de vous conseiller.75, Boul.St-Jean-Baptiste, suite 225 Châteauguay (Québec) J6J 3H6 Tel.: (514) 392-9032 \u2022 Fax: (514) 691-6958 SPESS alba V Ji5.nr Permacon fait distingué, jusqu\u2019au bout des toits Ardoises vert cendré Un toit représente un investissement important.Il faut donc s'assurer de choisir un revêtement esthétique, de qualité supérieure, pour ainsi augmenter la valeur de sa residence.Permacon propose aux investisseurs avisés les tuiles de béton durables des sélections Ardoise et Héritage.Ces tuiles de toit, garanties à vie*, sont offertes dans des teintes à la fois sobres et élégantes.Elles rehaussent les maisons de style, modernes ou traditionnelles.Quelle façon étonnante de se distinguer ! \u2019 Renseignez-vous sur celte garantie à vie auprès de Permacon ou d'un de ses installateurs accrédités.MONTRÉAL (514) 351-2120 QUÉBEC (418) 622-3333 SHERBROOKE (819) 564-1414 TROIS-RIVIERES (819) 378-2721 OTTAWA (613) 836-6194 TORONTO (416) 949-9560 La seule façon de fair "]
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