Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
ARQ
ARQ s'impose rapidement comme la revue de référence pour le milieu québécois de l'architecture. Elle permet de comprendre l'évolution de l'architecture québécoise contemporaine.
Éditeurs :
  • Montréal :Groupe culturel Préfontaine,1981-,
  • Québec :Cöpilia design inc.
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

ARQ, 1993-02, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" MM MM sais O MM MH :;:«ri3 i ma gœ «nais H »\u2022\u2022\u2022 \u20184 1 mua HP il «IV m 7 I ïf \trq\t i\t\t: ! î\t' î\tKlffifeM \t \t \t \t \t ,LI\"l f '\u201c\u201c\u2018fiÇ1:\t \t\t1- * H\t \t\t¦ ¦\t\u2022j\t: \t\tE J\t \t\t3j 'H\t \t\t\t :wi,\t\t'm\tI B\t \u2018vT#|gffayj|\t\tJp\tH\t \t\t \t\t AVEZ-VOUS LES MOYENS D\u2019ETRE COBAYE?PROBABLEMENT PAS.Lorsque vous spécifiez des tuyaux de renvoi en fonte grise, vous recommandez un produit installé et testé depuis plus de 300 ans.Un produit sécuritaire et ininflammable, qui a fait ses preuves dans toutes sortes de conditions.Un produit qui, année après année, absorbe le bruit des vibrations, offrant ainsi un environnement de qualité.En fait, vous spécifiez un produit qui surpasse toutes les autres alternatives.Pourquoi vous priver de la tranquilité d\u2019esprit qu\u2019offrent les tuyaux de renvoi en fonte grise ?La fonte grise.une valeur sûre.ASSOCIATION CANADIENNE DES FONDERIES DIVISION TUYAUTERIE DE DRAINAGE EN FONTE LA REVUE DES MEMBRES DE L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUEBEC ARCHITECTURE- QUÉBEC ÉDITORIAL UNE ARCHITECTURE À DÉCOUVRIR, UN PATRIMOINE À PRÉSERVER France Vanlaethem MIES VAN DER ROHE À MONTRÉAL MIES VAN DER ROHE À MONTRÉAL Jean-François Bédard A PARADIGM WORTH PRESERVING David Spaeth CLARTÉ, RIGUEUR ET IDÉAL Un témoignage de Phyllis Lambert LES TRIBULATIONS D\u2019UN PROJET France Vanlaethem LE WESTMOUNT SQUARE France Vanlaethem L\u2019ÎLE DES SOEURS, «LE PLUS MERVEILLEUX DOMAINE RÉSIDENTIEL EN AMÉRIQUE DU NORD» Anne Cormier LA STATION-SERVICE DE L\u2019ÎLE DES SOEURS Jean-François Bédard PUBLICATIONS ET ÉVÉNEMENTS THE ARTLESS WORD - MIES VAN DER ROHE ON THE BUILDING ART Un livre lu par Éric Gauthier THE PRESENCE OF MIES Un colloque présenté par Detlef Mertins INVENTORIER LE PATRIMOINE MODERNE Un compte-rendu de la 2e conférence Docomomo par France Vanlaethem MEMBRES FONDATEURS PIERREBOYER-MERCIER, PIERRE BEAUPRÉ, JEAN-LOUIS ROBILLARD ÉDITEUR PIERREBOYER-MERCIER RÉDACTRICE EN CHEF FRANCEVANLAETHEM MEMBRES DU COMITÉ DE RÉDACTION PIERRE BOYER-MERCIER, JEAN-FRANÇOIS BÉDARD, RICARDO L.CASTRO, ÉRIC GAUTHIER, FRANCE VANLAETHEM MEMBRES DU COMITÉ DE RÉDACTION TRIMESTRIEL PIERRE BOYER-MERCIER, JEAN-FRANÇOIS BÉDARD, RICARDO CASTRO, PAULFAUCHER, TERRANCE GALVIN, ÉRIC GAUTHIER, NICOLE LARIVÉE-PARENTEAU, ALEXIS LIGOUGNE, RODRIGUEPAUUN.MARKPODDUBIUK, FRANCEVANLAETHEM SECRÉTAIRE DE RÉDACTION ETCOORDONNATRICE NICOLE LARIVÉE-PARENTEAU PRODUCTION GRAPHIQUE COPILIA DESIGN INC.DIRECTIONARTISTIQUE JEAN-H.MERCIER REPRESENTANTS PUBLICITAIRES: I M ini JACQUES LAUZON ET ASSOCIÉS\tI\" » 1 \" \u2022\tMONTRÉAL: 785, RUE PLYMOUTH, BUREAU310 VILLE MONT-ROYAL, QUÉBEC, H4P1B3 TÉLÉPHONE: (514) 733-0344, FAX: (514) 342-9406 \u2022\tTORONTO: 60, WILMOT STREET WEST, UNIT7 RICHMOND HILL, ONTARIO, L4B1M6 TÉLÉPHONE: (416) 866-4141, FAX: (416) 886-9175 ARQ EST DISTRIBUÉEÀTOUS LES MEMBRES DE \u2022L\u2019ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC ET DE \u2022\tLASOCIÉTÉ DES DÉCORATEURS ENSEMBLIERS DU QUÉBEC.DÉPÔT LÉGAL: \u2022BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, \u2022\tBIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU CANADA.LES ARTICLES ETOPINIONS QUI PARAISSENT DANS LA REVUE SONT PUBLIÉS SOUS LA RESPONSABILITÉ EXCLUSIVE DE LEURS AUTEURS.©GROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE ISSN-0710-1162 COURRIER DE LADEUXIÈME CLASSE .PERMIS NO 5699 ARQ/ARCHITECTURE* QUÉBEC EST PUBLIÉ SIX FOIS L\u2019AN PAR LEGROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE, CORPORATION SANS BUT LUCRATIF.LES CHANGEMENTS D\u2019ADRESSE, LES EXEMPLAIRES NON DISTRIBUABLES ET LES DEMANDES D'ABONNEMENT DEVRAIENT ÊTRE ADRESSÉS AU GROUPECULTUREL PRÉFONTAINE 1463, RUE PRÉFONTAINE MONTRÉAL,QUÉBEC H1W2N6 TÉLÉPHONE: (514) 523-6832 ABONNEMENTS: LUCIEVALLÉE \u2022AUCANADA -\t6.42S/NUMÉR0 -38,52 S/6 NUMÉROS -\t64,20$/ INSTITUTIONS ET GOUVERNEMENTS NUMÉRO D'ENREGISTREMENT T.P.S.:R102208469 NUMÉRO D'ENREGISTREMENT T.V.Q.1001146203TQ0001 SS \u2022HORS CANADA: -\t6,00 S/NUMÉRO -48,005/6 NUMÉROS -60,005/INSTITUTIONS ET GOUVERNEMENTS ERRATUM LE PROJET DE LA BOULANGERIE ET DU MOULIN NEUF À L'ÎLE DES MOULINS DE TERROBONNE, PRÉSENTÉ DANS LE NUMÉRO 67 DE LA REVUE ARQ AUX PAGES 28 ET 29, A ÉTÉ RÉALISÉ PAR LES ARCHITECTES BLOUIN FAUCHER AUBERTIN BRODEUR GAUTHIER PLANTE, JACQUES PLANTE ÉTANT L\u2019ASSOCIÉ CHARGÉ DU DESIGN ET DE SON DÉVELOPPEMENT.PAGE FRONTISPICE LE WESTMOUNT SQUARE, 1964-1969.PHOTO: HEDRICH-BLESSING, COURTOISIE DE L'ILLINOIS INSTITUTE OF TECHNOLOGY WWW-' gjjpsrr SSSSS*#»*5* You\u2019re not to be blamed if, after even a cursory visual examination of the Lexus SC 400, you find yourself consumed by a desire to possess it.For this luxury sports coupe is in fact a rolling automotive sculpture.Of course, further inspection will only serve to fuel the fire.Beneath the gently sloping hood waits a 4.0 authority.Press the accelerator an feel yourself sink back into the leather-upholstered seat as you proceed from 0 to 60 mph in a scant litre V8 that pulls smoothly and with 6.9 seconds.When ItWas Decree This Could Not Next, fill the near silence of he interior with a crescendo of music [ti played on the 280 watt, 7 speaker plakamichi stereo system with 12 disc CD changer.In fact, the closer you look at the SC 400, the more apparent it becomes that its true beauty actually lies below the surface.To secure the name of the Lexus dealer nearest you, just call 1-800-26-LEXUS today.Why fight it?The Relentless Pursuit Of Perfection.Ttou Shall Not Covet, e Been Foreseen. Les Carreaux RAMCA Ltée.RAMCA est une institution parmi les grandes maisons de carreaux de céramique au Canada.Chef de file dans son domaine, RAMCA joue la créativité, l'audace et l'originalité, gages d'un sens artistique fertile que lui reconnaissent architectes et designers et qui lui vaut la confiance du public depuis 25 ans.Tout au long de ces années, RAMCA n'a jamais dérogé à son objectif premier: être un leader en matière de carrelage, au Canada comme dans certaines régions des Etats-Unis.Un mandat dont s'acquitte RAMCA en maintenant une image de marque fondée sur la qualité et l'innovation.1085,ave.Van Horne Montréal, Québec H2V 1J6 tel : (514) 270-9192 fax: (514) 270-5897 1-800-363-9907 à travers le Canada !\u2022\tï- S'* X a, if\tr \u2022, afrçt » V5 ;*\t»¦ y.î* CArfl» * y- -\u2022 ; \u2022¦¦\u2022;**«;*** «e m'rü ÉDITORIAL UNE ARCHITECTURE À REDÉCOUVRIR UN PATRIMOINE À PRÉSERVER Alors que le monde était plongé dans la crise, que les destinées du Québec étaient placées pour la première fois sous la férule du très conservateur Maurice Duplessis et qu\u2019en Allemagne, Adolf Hitler poursuivait sa politique extérieure expansionniste et la disqualification de l\u2019art moderne, Mies van der Rohe quittait l'Europe pour l\u2019Amérique, Berlin pour Chicago.Là, son engagement comme professeur et directeur du Département d\u2019architecture de l\u2019Amour Institute of Technology (le futur Illinois Institute of Technology) donnait un nouveau départ à sa vie professionnelle qu\u2019infléchirait de manière décisive, quelques années plus tard, sa rencontre avec Herbert Greenwald.Pour ce jeune promoteur immobilier de Chicago -il avait vingt-neuf ans en 1946-, épris de philosophie comme lui, Mies dessina la plupart des édifices commerciaux qu\u2019il a bâtis en Amérique du Nord, de l\u2019immeuble Promotory (1946-1949) à Chicago à l\u2019ensemble résidentiel Lafayette Park (1955-1963) à Détroit, en passant par le fameux 860-880 Lake Shore Drive (1948-1951 ), sur les bords du lac Michigan.L\u2019intention de Greenwald n\u2019était-elle pas de construire du Mies van de Rohe, d\u2019un océan à l\u2019autre?Un désir qu\u2019il ne put réaliser, il mourut prématurément en 1959.Son ambition, dans une certaine mesure, lui survécut puisque son avocat poursuivit son entreprise par le biais des Metropolitan Structures Inc.de Chicago, la maison mère des Structures métropolitaines du Canada qui développeraient, au Québec, dans les années soixante, l\u2019île des Soeurs, un nouveau quartier résidentiel à la planification et à la construction duquel Mies van der Rohe fut associé.Au cours des très prospères années soixante, Montréal a été profondément transformée par l\u2019action conjuguée des promoteurs immobiliers et de l\u2019État; alors que sa banlieue s\u2019étendait, son centre-ville, tout à la fois, s\u2019élevait et se creusait.Le début de la décennie fut marquée par la construction des plus hauts gratte-ciel du Dominion britannique, la Place Ville-Marie et la tour de la CIBC, des opérations immobilières d\u2019envergure qui furent suivies par d\u2019autres, des interventions bâties qui modifièrent profondément la structure urbaine montréalaise, la modelèrent pour l\u2019adaptera l\u2019intensité et à la rapidité croissante des échanges économiques, des édifices et des ensembles d\u2019une très grande qualité architecturale.Montréal est non seulement une des très belles villes de Style international, mais encore, après Chicago et Détroit, la ville dans laquelle Mies van der Rohe, ce maître incontesté de l\u2019architecture du XXe siècle, aconstruit le plus grand nombre de projets au cours de sa carrière américaine, certes tous des projets commerciaux.Outre les trois barres résiden- tielles de l\u2019île des Soeurs, pour laquelle il a aussi dessiné la première station service, bien entendu, il aconçu aussi, bien sûr, le Westmount Square (1964-1969), mais également esquissé deux autres projets : la Mountain Place (1961) et l\u2019ambitieux Dominion Centre (1968-1969), un complexe qui aurait dû rivaliser avec le Toronto-Dominion Centre, en étendue et en hauteur, s\u2019il avait été construit.Cette architecture idéalement fondée et techniquement intègre est à redécouvrir, pour ses qualités urbaines notamment.Cet héritage exceptionnel est à préserver.Comme le souligne le professeur David Spaeth, la motivation de Mies van der Rohe était de faire une architecture de nature générale, une pure expression du temps.Aussi pour mesurer son talent et tester la validité de ses idées, il n\u2019est pas nécessaire de considérer tous les édifices qu\u2019il a construits.Il suffit de regarder quelques exemples, quelques détails, ou même une seule de ses réalisations.Parmi les édifices montréalais, le pavillon de la station-service de l\u2019île des soeurs et le complexe du Westmount Square sont les plus intéressants, chacun étant représentatif d\u2019une typologie miesienne caractéristique, tous deux mettant en forme des programmes uniques dans l\u2019oeuvre de l\u2019architecte.Après la décoration et le paysagement de la Place Ville-Marie, le «redressement» urbain de la tour CIBC et la «rénovation-digestion» de l\u2019Ambulance Saint-Jean, il seraittemps qu\u2019au Québec l\u2019on prenne soin de ce patrimoine bâti qui témoigne d\u2019une période si importante de notre histoire, la Révolution tranquille, moment de modernisation profonde de la société québécoise, tant au plan structurel que culturel.Et, du point de vue de l\u2019art, aucune autre époque, ne nous a légué des oeuvres d\u2019un architecte, d\u2019une telle importance culturelle et d\u2019une telle renommée internationale.Lors de la contestation publique qu\u2019avait provoquée la réhabilitation architecturalement inconsidérée du Westmount Square, trente-deux architectes du Québec, praticiens, professeurs et directeurs d\u2019institutions, demandaient à la ministre des Affaires culturelles de classer le Westmount Square comme bien culturel.En accordant une telle reconnaissance à cet ensemble urbain moderne ainsi qu\u2019à la petite station-service, le gouvernement du Québec ferait une percée attendue, sinon nécessaire dans le domaine du patrimoine moderne.De plus, il contribuerait sans nul doute à revaloriser l'ensemble de la production bâtie de cette époque dont tous les éléments constitutifs n\u2019ont certes pas la même perfection, mais dont plusieurs sont d\u2019une grande qualité plastique et technique et méritent mieux que les déguisements dont ils sont affublés après rénovation.FRANCE VANLAETHEM 5 lit Toute vous Avec l\u2019emploi des gammes de briques spéciales et de blocs architecturaux de BRIQUETERIE ST-LAURENT, toujours un gage d\u2019apparence distinctive et de durabilité, laissez à votre imagination toute la latitude voulue pour élaborer les formes originales de vos projets. g h n MIES VAN DER ROME À MONTRÉAL JEAN-FRANÇOIS BEDARD Montréal, comme la plupart des grandes villes nord-américaines, connut au cours des années cinquante et soixante un essor spectaculaire qui la transforma, en l\u2019espace d\u2019une décennie, d\u2019une ville qui avait préservé jusque là l\u2019essentiel de son aspect de ville industrielle victorienne en une véritable métropole moderne.La construction de la Place Ville-Marie (1955-1965), à l\u2019initiative du promoteur américain William Zeckendorf, annonça de façon éclatante cette transformation radicale.D\u2019une taille sans précédent, cette opération immobilière mettait un terme à un grand projet urbain dont l\u2019origine remontait au début du siècle.Conçue, comme la plupart des nouveaux géants qui la suivront, par un célèbre architecte étranger, l\u2019Américain Henry Cobbs de l\u2019agence I.M.Pei & Partners, la Place Ville-Marie fut réalisée en collaboration avec une jeune agence locale, Affleck, Desbarat, Dimakopoulos, Lebensold, Sise, qui agissait comme firme d\u2019architectes résidente.Au même moment, deux quadrilatères plus loin à l\u2019ouest, montait l\u2019élégante tour de la Banque Impériale de Commerce (1959-1962) dessinée par l\u2019architecte canadien d\u2019origine britannique Peter Dickinson.Toujours sur le boulevard Dorchester, la société CIL inaugurait aussi en 1962 son siège social, un édifice conçu par Gordon Bunshaft de lafirmeaméricaineSkidmore, Owingsand Merrill alors que quelques années plus tard, deux spécialistes italiens, l\u2019architecte Luigi Moretti et l\u2019ingénieur Pier Luigi Nervi, collaborèrent à la réalisation de la Place Victoria (1964-1966) pour laquelle l\u2019agence Greenspoon, Freedlander & Dunne agissait comme firme d\u2019architectes résidente.La construction de la Place Bonaventure (1964-1967) vint clore cette période d\u2019intense activité; ses formes trapues et son innovatrice multifonctionnalité rompaient résolument avec les réalisations antérieures de verre et d\u2019acier.Le Westmount Square s\u2019insère donc parfaitement dans ce groupe de bâtiments réalisés par de prestigieux architectes étrangers immédiatement avant la tenuede l'Exposition universelle.Il n'est cependant pas le seul projet commercial élaboré par Mies van der Rohe pour Montréal.En effet, l\u2019agence de l\u2019architecte avait dessiné deux autres propositions d\u2019ensembles urbains pour le centre-ville de la métropole: la Mountain Place (1961) et le Dominion Centre (1968-1969) (1).LA MOUNTAIN PLACE Le premier projet de Mies van der Rohe pour Montréal, dont l\u2019architecte Joe Fujikawa était responsable, concerne l\u2019élégant quartier résidentiel du Mille carré doré.La Mountain Place construit un terrain situé au centre de l\u2019îlot urbain délimité aujourd\u2019hui par les rues Sherbrooke, Drummond, de la Montagne et l\u2019avenue Docteur-Penfield.Le programme exigeait deux tours, l\u2019une destinée à l\u2019habitation, l\u2019autre à des bureaux.La solution formelle privilégiée par Mies pour ses projets multifonctionnels, à savoir la disposition detours sur un vaste socle - solution qu\u2019il utilisera plus tard au Westmount Square -se prêtait parfaitement aux contraintes imposées par la forte déclivité du terrain.Le sol artificiel créé par l\u2019architecte, véritable belvédère sur la ville, se terminait au sud par un mur élevé dans lequel étaient pratiquées les entrées desservant le garage et les services alors que deux barres parallèles, de formes différentes et comptant respectivement treize et trente-deux étages, venaient l\u2019occuper.Érigées le long des rues, leurs volumes distincts encadraient asymétriquement une place dont l\u2019axe central correspondait à l\u2019entrée d\u2019un édifice existant, formant au nord la tête de l\u2019îlot urbain.L\u2019espace urbain ainsi créé pouvait être lu de deux manières différentes: d\u2019une part, comme une place aménagée devant la grande barre et sur laquelle s\u2019ouvre son hall d\u2019entrée transparent et, d\u2019autre part, comme une place axiale dont le tracé articule l\u2019ancien et le nouveau (2).LE DOMINION CENTRE Le Dominion Centre, projet commandé par la CEMP Investments, une société des Bronfman, s\u2019implantait en plein coeur du centre commercial de Montréal, de part et d\u2019autre de la rue Sainte-Catherine, entre les rues Peel et Metcalfe, immédiatement au nord du Square Dominion (3).Le vaste complexe multifonctionnel abritant bureaux, habitations, commerces et stationnements remplaçait les édifices commerciaux situés au sud de l\u2019Hôtel Mont-Royal ainsi que le Dominion Square Building, réalisé par les architectes Ross et MacDonald quarante ans plus tôt.Deux tours étaient prévues sur le vaste socle qui transformait la rue Sainte-Catherine en tunnel: au nord, une tour de cinquante-sept étages - qui, construite, aurait été la plus haute de la ville - abritait des bureaux, alors qu\u2019au sud, en bordure du Square Dominion, une tour de quarante-quatre étages était destinée à l\u2019habitation.Entre ces deux bâtiments l\u2019architecte érigeait un pavillon carré d\u2019un étage qui donnait à l\u2019ensemble une ressemblance frappante avec son homonyme, le Toronto-Dominion Centre deToronto, complété à la même époque.NOTES 1.\tIl existe peu de documentation sur ces projets montréalais.Notons néanmoins «Mies van der Rohe: An Annotated Inventory of Tower Buildings», UIA International Architect Magazine, n°3, (1984), p.15 et 18.2.\t«Mies van der Rohe: An Annotated Inventory of Tower Buildings», p.15.3.\tCette commande tardive, obtenue alors que Mies était gravement malade, fut prise en charge par Dirk Lohan, l\u2019un de ses proches collaborateurs.NOTICE BIOGRAPHIQUE Jean-François Bédard occupe le poste d\u2019adjoint au conservateur à la division des Dessins et Estampes du Centre Canadien d\u2019Architecture.Il est également membre du comité de rédaction de la revue ARQ.1.\tProjet pour la Mountain Place, Montréal, 1961.(Photo: Hedrich-Blessing, archives Fujikawa Johnson and Associates Inc., Chicago) 2.\tProjet pour le Dominion Centre, Montréal, 1968-1969.(Photo: Hedrich-Blessing, archives Dirk Lohan Associates) warn «w i-ssn Sllhill a® id .mu mmmmmmmmm WESTMOUNT SQUARE A PARADIGM WORTH PRESERVING DAVID SPAETH, PROFESSOR ARCHITECTURE,UNIVERSITY OF KENTUCKY Each opportunity to consider the architecture of Ludwig Mies van der Rohe (1885-1969) is an occasion for a new assessment and re-evaluation.Such opportunities have resulted in a gradual distillation of my views concerning the significance of Mies\u2019s work and its relative importance within the history of architecture.It is, then, my intention to place Mies\u2019s architecture within a larger context, to make cleartheforces and ideas that helped shape his buildings and to describe his work in terms of the development (or evolution) of four typologies with special attention to the significance of Westmount Square (1965-1968), Montréal, Québec.ANIMATING IDEAS To begin, the following four considerations can be said to animate all of Mies\u2019s mature works: \u2022\tfirst, his understanding of the concept of the Zeitgeist or \u201cspirit of the times\u201d, that is, at a given point in history there exists a driving force that animates the age and is expressed in the cultural artifacts of that age; \u2022\tsecond, his appreciation of the Baukunst or \u201cart of building construction\u201d; \u2022\tthird, that space exists as a continuum; \u2022\tand last, his articulation and refinement of architectural typologies or building types.These four points form an intellectual constructforthe analysis of Mies\u2019s architecture.In terms of the definition and articulation of this construct, four spatial typologies emerge: the low, freestanding buildings; the tall, free-standing office or apartment block; the long span building; and an ensemble of (low or high) free-standing buildings.It is the last category to which Westmount Square belongs and from which it will be discussed.EDUCATION Mies was largely self-taught as a professional.As a child, he attended Aachen\u2019s Domschulefrom 1892 to 1899 and a local trade school, the Spenrathschule, 1899 to 1901.When his formal education ended, he was only 15 years old, but he continued his education on his own, reading extensively in the areas of philosophy, the physical sciences, and biographies and autobiographies of self-made men and women.With typical understatement, he described his education as an architect as follows: \u201cI had no conventional architectural education.I worked under a few good architects; I read a few good books\u2014and that\u2019s about it.\u201d (1) One of these few good architects was Peter Behrens from whom, Mies said, he \u201clearned great form.\u201d (2) From another, H.P.Berlage, whose work he studied during an extended visitto Holland (1911-1912), Mies said, he \u201clearned great structure\u201d.(3) But Mies\u2019s sincere appreciation of Behrens\u2019s \u201cform\u201d and Berlage\u2019s \u201cstructure\u201d did not overshadow Karl Friedrich Schinkel\u2019s (1781-1841) enduring influence on his work.In the final analysis, the influence of Germany\u2019s leading neo-classical architect of the nineteenth century was something Mies had to confront.According to Mies, \u201cAfter Berlage I had to fight with myself to get away from the classicism of Schinkel\u201d.(4) Mies\u2019s \u201cfight\u201d was helped by an unexpected source: Frank Lloyd Wright.It was Wright\u2019s influence on Mies that was more subtle than Schinkel\u2019s, for he had a new, and different understanding of space.Schinkel\u2019s work was bound by the rules and spatial conventions of neo-classicism; Wright was exploring a new concept of space.To celebrate the European publication of Wright\u2019s work, a major exhibition was held in 1910; Mies saw the exhibition and his work was transformed by what he saw.Years later in an unpublished exhibition catalogue, Mies summed up Wright\u2019s influence on European architects at that time: \u201cThe dynamic impulse emanating from his work invigorated a whole generation.His influence was strongly felt even when it was not actually visible\".(5) It can be argued that Wright\u2019s work prompted Mies to expand his understanding of space and to consider the act and art of building in a new light.In truth, Mies learned about the art of making buildings as much from his \u201cmasters,\u201d as he did by carefully looking at buildings in general, studying their use of materials, their structure and proportions.When discussing either his work or that of his students, Mies used the term \u201cBaukunst\" rather than \u201cArchitektur \u2019\u2019.This compound of two German nouns held a clearer meaning for him than did the term architecture - '\u201cBau' the construction and 'Kunst \u2019 just a refinement of that and nothing more.\u201d (6) By structure, Mies meant a \u201ccomplete morphological organism,\u201d (7) and not only or not merely a set of beams, girders, and columns employed to some end.It was, then, the possibility of refining a system of construction and a spatial typology that offered Mies the greatest potential, the greatest challenge.MEANING AND ARCHITECTURE To begin our examination, we must first accept that for Mies no cultural activity, including making architecture, was possible, unless one understood the epoch.As Mies believed, \u201cwe are dependent on the spirit of our time,\u201d (8) the Zeitgeist.The concept of the Zeitgeist was a powerful and pervasive presence in all his thinking, in all his work; and for Mies, technology remained that elemental force, the \u201cspirit\u201d shaping ourtime.Employing technology carried with it a profound responsibility; as stated in his inaugural address as director of architecture at the Illinois Institute of Technology in 1938: \u201cWe shall show that technology not only promises greatness and power, but also involves danger, that good and evil apply to it as to all human action.That it is ourtaskto make the right decisions.\u201d (9) Mies\u2019s attitudes about the virtue of clear structure, the need for discipline, the inherent value of education, and the importance of the Zeitgeist seem to consciously or unconsciously ignore (or reject?) contemporary currents of history.For Mies, the making of architecture is a moral act, a communion with the essentials of our civilization, one that carries with it individual and collective responsibility to build (or cause to be built) that which most clearly embodies the spirit of the times, the Zeitgeist, with the highest and best technique, the Baukunst.Such a philosophic and aesthetic position or attitude is predicated on Mies\u2019s belief that the highest human endeavour, the making of architecture, is a mode of spiritual expression.In seeking perfection for man-made things, Mies seeks to elevate man - and mankind in general - to a noble, lofty realm.He seeked to give architectural expression to this essential nobility of spirit and to the primordial joy of making \u201cthings\u201d and making them well or beautifully.The very perfection Mies sought to achieve in his work resulted in the charge that his buildings are impersonal.However, his motivation was to make an architecture of a general nature, a pure expression of its time.For the moment, let us suspend our not unreasonable disbelief, accepting, in the face of his whelming talent, that Mies was correct: that real architecture can only grow out of the means and materials of its time; that in the hands of a great talent, materials and means might be transcended and become architecture, an architecture worthy of the name, an architecture of the will made manifest.If all this is true, then we need not look at every building, every detail .to consider.to understand.to fully appreciate his work.It is only necessary to look at a few examples and a few details to measure his talent and test the validity of his ideas.THE CONTINUUM AND THE FREE PLAN This recognition of the existence of an architectural continuum is a classically Newtonian and Cartesian concept in which space is this continuum.In Mies's work, this concept translated into a -v i ! ¦da 1.\tWestmount Square, Montréal, 1965-1968.The plaza.(Photo: Hedrich-Blessing) 2.\tClassroom buildings and research facilities at the Illinois Institute of Technology, Chicago.(Photo: Joseph J.Lucas Jr.) 3.\tProject: Illinois Institute of Technology, Chicago.1940.Final Scheme.(Photo: Hedrich-Blessing) (Courtesy of Illinois Institute of Technology) !¦¦¦¦¦! sssiiiis: series of rational and expressive two-dimensional grids or modules, each predicated on the structural geometries suggested by various building materials and construction systems.Mies\u2019s attempt, then, to physically order the constituent parts to the architectural whole derives from the notion of Einheit (oneness); and in the quest for the universal edifice animating Mies\u2019s use of materials, there are no \u201cgood\u201d materials (or \u201cbad\u201d) only \u201cgood\u201d uses for materials.By combining what Mies understood and accepted as the eternal architectural verities with the concept of the free plan, Mies was able to clearly articulate the spatial and architectural possibilities modern architecture offered.One might well ask if such harmony between space and structure is possible in an urban setting, with a tall building or several buildings of different heights.Let us begin with a discussion of the campus plan for the Illinois Institute of Technology (1938-1958).At I.I.T., there is always the feeling of the spatial continuum.Buildings, landscaped open spaces, and the existing gridiron pattern of streets were combined into a unified whole.In establishing an ordered (organic) relationship between the whole and its parts, Mies realized three-dimen-sionally St.Augustine\u2019s definition of order: \u201cThe disposition of equal and unequal things, attributing to each its place.\u201d (10) Such a \u201cdisposition\u201d is also true for the Seagram Building (1954-1958), New York City.For the Seagram Building, Mies preserved nearly half the site as open space.The resultant plaza is a magnanimous, costly, and wonderfully humane gesture in an age not usually given to such gestures.While the plaza provides the Seagram Building with a handsome setting, it is, also, one of New York City\u2019s most successful open spaces and appears more spacious because of the way Mies incorporated streets and sidewalks beyond the property lines into the overall composition.Neitherthe marble benches paralleling Fifty-second and Fifty-third Streets nor the low granite steps along Park Avenue are visually strong enough ortall enough to delimit the plaza\u2019s space.Only the tightly packed buildings on the other side of the adjacent streets do that; as a result, Park Avenue becomes an amenity integral with the Seagram site and is no longer merely a landscaped, isolated zone forthe automobile.By \u201cborrowing\u201d space from streets adjacentto the site, Mies was able to create the appearance that the urban plazas he designed were larger and more spacious than the limits of the site might suggest.This is true for all the examples in this typology: the Federal Center (1959-1973), Chicago, Illinois; the Toronto-Dominion Centre (1963-1969) Toronto, Ontario; and Westmount Square (1965-1968), Montréal, Québec.WESTMOUNT SQUARE Westmount Square is an important variation on this typology, one worthy of further elaboration.The importance of Westmount Square relative to Mies\u2019s oeuvre and its contribution to urban design derive from the fact that this development extends the paradigm established in New York City\u2019s Rockefeller Center (1931-1934).Speculative office spaces in both are linked to commercial retail space by a concourse located below grade; on grade, an automobile-free precinct is created for pedestrian use.The landscaped and sunlit plazas enhance both the place of work and the idea of work itself.To the quality of urban life at Westmount Square was added another component: a tall apartment building.This seemingly simple gesture re-establishes the possibility of a clear, simpler, and physically closer relationship between places of work and places of residence.With the materials and structure of his time, Mies gave new meaning and new expression to a very old urban relationship: \u201cliving above the shop\".In addition to various types of shops, a cinema was included along with covered parking for residents, their guests, and forthose employees working in the office tower.However, Westmount Square\u2019s most important amenity is its location - adjacent to a stop on Montreal's subway system: the office tower, apartments, and shopping concourse work together to provide for resident, employee, and visitor alike a working example of the opportunities life in a large city makes possible.Among Mies\u2019s works, Westmount Square\u2019s combination of shops, apartments, and rental office space is unique.It is therefore to be lamented that so little regard has been paid to this urban paradigm.Recently, the shopping concourse was modified to reflect some passing notion of how a shopping mall should look; economics forced the cinema to close; and the large plaza was repaved.(The Roman travertine did not hold up well in the Montréal winters.).Many of these alterations, carried out by architects not associated with Mies, are insensitive to his architectural intent and ignorant of his approach to architectural details.9 CONCLUSION As a legacy it would have been enough, in my opinion, had Mies left behind only hisfew, superb buildings, an oeuvre of such powerand forcefulness because of its general rather than its specific nature.As Mies was fond of saying, \u201cIt is not necessary nor possible to invent a new kind of architecture every Monday morning\u201d, (11) and, \u201cArchitecture is not a cocktail\u201d.(12) This last remark, coming, as it does, from someone who valued the bracing and understated elegance of a very dry Martini, sums up Mies\u2019s attitude toward architecture as transcending time, place, fashion, and ease of understanding.It also speaks to the importance Mies attached to the paradigmatic nature of the various typologies he developed during his career.Alas, at the hands of his imitators, the quality of his work has been reduced to banal pastiche.But whose fault are these third-rate imitations, Mies's or ours?Not Mies\u2019s! His work continues to point the way.it is, rather, our fault that such buildings are built: we do not demand of ourselves and others that, in the words of William Faulkner, we \u201cdream high enough not to lose the dream in the seeking of it\u201d.(13) Nowhere is the reason for Faulkner\u2019s imperative more clearly demonstrated than in the preservation of cultural artifacts, and I include Westmount Square among those artifacts.How else will future generations come to understand and appreciate our values, our aspirations, except through the sensitive and unadulterated preservation of this legacy?NOTES AND REFERENCES 1.\tKatherine Kuh, \u201cMies van der Rohe: Modern Classicist,\u201d Saturday Review 48 (January 23,1965), 61.2.\t\u201cMies Speaks.\u2018I Do Not Design Buildings, I Develop Buildings\u2019 \" .Architectural Review\\ 44 (December, 1968), 451.3.\tFrom an informal lecture Mies gave at l.l.T.in the fall of 1963.4.\tIbid.5.\tPhilip Johnson, Mies van der Rohe (New York: Museum of Modern Art, 1953), 201.6.\tPeter Carter, \u201cMies van der Rohe, An Appreciation on the Occasion, This Month, of His 75th Birthday\u201d, Architectural Design 31 (March, 1961), 97.7.\tIbid., 96.8.\tJohnson, Mies van der Rohe, 199.9.\tIbid.10.\tLudwig Hilberseimer, The New City (Chicago: Paul Theobald, 1944), XV.11.\tFrom a classroom discussion with Mies (c.1940) as related to me by George Danforth.12.\t\u201cMies Speaks\u201d, 452.13.\tWilliam Faulkner, Sartoris (New York: New American Library, Meridian Classic, 1983), 74.BIOGRAPHICAL NOTICE David A.Spaeth has written extensively on the Modern Movement, including annotated bibliographies of the works of Ludwig Mies van der Rohe and Ludwig Karl Hilberseimer and an examination of Mies\u2019s life and work.He also edited Howard Dearstyne\u2019s memoir, Inside the Bauhaus.At present, he is completing work on an investigation into the nature and structure of urban form.Professor Spaeth received both his undergraduate and graduate degrees from the Illinois Institute of Technology in Chicago.4.\tSeagram Building, New York, New York, 1954-1958.Exterior.(Photo: ESTO) 5.\tToronto-Dominion Centre Complex, Toronto, 1963-1969.(Photo: Balthazar Korab Ltd) 6.\tExterior plaza, Federal Center Complex, Chicago, Illinois, 1959-1973.(Photo: Hedrich-Blessing) (Courtesy of Illinois Institute of Technology) ^999999 MIES A MONTREAL / CLARTE, RIGUEUR ET IDEAL UN TÉMOIGNAGE DE PHYLLIS LAMBERT, DIRECTEUR DU CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE L\u2019importance du rôle qu\u2019a eu Phyllis Lambert au moment de la commande et de la construction de ce qui est considéré comme le chef-d\u2019oeuvre américain de Mies van der Rohe, l\u2019édifice Seagram (1954-1958) à New York, est de notoriété publique.Lors du développement de ce projet, à titre de directeur de la planification, elle a côtoyé de près l\u2019architecte.Aussi, dans ce numéro, il nous a semblé indispensable de recueillir son témoignage sur Mies van der Rohe, l\u2019architecte et l\u2019homme.Cette entrevue s\u2019est déroulée au Centre Canadien d\u2019Architecture, le 22 décembre 1992.Elle a été, conduite et rédigée par France Vanlaethem.ARCHITECTURE»QUÉBEC Madame Lambert, si nos informations sont bonnes, vous avez non seulement travaillé avec Mies, mais encore étudié avec lui.MADAME PHYLLIS LAMBERT En réalité j\u2019ai beaucoup plus travaillé avec Mies.De 1954 à 1958 , lors du design et de la construction de la Maison Seagram à New York.À l\u2019été de 1960, j\u2019ai aussi travaillé dans son agence, avant de faire ma maîtrise à l\u2019Illinois Institute of Technology.A cette époque, Mies avait quitté l\u2019école (il laissa l\u2019enseignement en 1958).Mais quand j\u2019étudiais à Chicago, j'étais quotidiennement dans son environnement, puisque j\u2019avais une table de travail dans son agence.Aussi, pendant lasemaine, j\u2019étais soit à l\u2019école, soit àson bureau.Là, je faisais mes maquettes et je pouvais observer Mies qui discutait architecture avec ses collaborateurs.J\u2019ai aussi été associée aux autres projets que la Joseph Seagram and Sons a commandés à Mies van der Rohe.Dans les années 1950, mon père envisagea de construire des édifices dans d\u2019autres villes.Pour Chicago, un projet fut esquissé tandis que Los Angeles ne resta qu\u2019une intention.Par la suite, j\u2019ai eu une influence déterminante dans la commande du Toronto-Dominion Centre faite à Mies, et j\u2019ai un peu suivi ce projet.ARQ Vous qui avez approché l\u2019architecte de très près, pouvez-vous nous parler de son processus de création ?PHYLLIS LAMBERT Mies était quelqu\u2019un qui pensait avec les faits.Quels étaient les niveaux du terrain?De quelle qualité était le sol?Quels étaient les règlements d\u2019urbanisme?Quelle était la nature du bâtiment à construire?Bureaux?Appartements?.Quelles étaient les dimensions de la plus petite pièce?(Cette donnée permettait d\u2019établir le module de base du projet.).Quelles étaient les exigences en matière de circulation verticale?Autant de questions auxquelles Mies cherchait à répondre en cours d\u2019élaboration de l'esquisse.Par ailleurs, Mies travaillait toujours par comparaison.Cette méthode était une constante dans son travail.Il élaborait toujours deux ou trois esquisses, voire plus, quels que soient l\u2019étape d\u2019élaboration du projet, les problèmes à résoudre: implantation et volumétrie, construction et détails, afin d\u2019évaluer différentes solutions possibles.Pour le Seagram, dès le départ, de petites maquettes de volume ont été produites, qui préfiguraient même différentes possibilités de développement futur des terrains voisins.ARQ Au Westmount Square, la méthode fut semblable puisque des photographies de maquettes nous montrent que Mies a envisagé pour la fonction résidentielle, d\u2019implanter soit une barre ou deux tours, le long du boulevard de Maisonneuve.PHYLLIS LAMBERT J\u2019aimais beaucoup la première option, mais elle était moins intéressante au plan du calendrierde laconstruction.Miesétaitpragmatique et réaliste.Les conditions de la construction importaient beaucoup.Il tenait compte des difficultés de la réalisation; il disait souvent: «Les bâtiments ne sont pas des horloges» (bien que Mies était plus horloger que la plupart des architectes).Il laissait toujours un certain jeu pour la construction.À l\u2019école, la méthode comparative était aussi appliquée.Un exemple.En 4e année, les étudiants avaient à travailler sur le thème de la maison à patio; cela s\u2019appelait un «space problem».Nous travaillions en maquette : un grand rectangle de carton, de 20x30 pouces, pour le sol, sur lequel nous devions tracer avec un crayon très dur le dessin du carrelage; puis, ajouter une feuille pour exprimer le mur et ajouter les autres éléments de collages: les sculptures, les peintures, etc., selon le problème posé.Unpremierexerciceconsistaitàplacersurunmur, uneétagère etun tableau et, pour ce faire, nous faisions au moins deux maquettes afin d\u2019évaluer différentes dispositions.Un autre point de méthode très important pour Mies était celui qui exigeait de dessiner très clairement les conditions de base du projet: plans, coupes et élévations de la volumétrie pour commencer, et plus tard les détails, afin de pouvoir se faire une idée précise et de bien peser les conséquences des choix à faire.Il fallait d\u2019abord analyser les faits : faits topographiques, faits réglementaires, faits programmatiques.C\u2019était toujours raisonné, rationnel.Son idéologie de base consistait en une structure ordonnée, un bâtiment clair et rationnel, une principe qui le guidait autant dans sa pratique que dans son enseignement.Il pensait que si tous les architectes ne peuvent être poètes, au moins ils doivent être de bons écrivains.ARQ En effet, c\u2019est un principe très intéressant au plan de la formation d\u2019assumer que tous les étudiants ne deviendront pas de grands architectes, de grands artistes.Mais les professeurs et les écoles ont la responsabilité de bien les former.PHYLLIS LAMBERT Quant les étudiants venaient à l\u2019I.I.T., ils n\u2019y venaient pas avec de grandes idées.Beaucoup fréquentaient cette école car elle était accessible.Mies acceptait cette situation.Il s\u2019en amusait même.Pour lui, l\u2019enseignement ne visait pas à former des gens formidables.Ceux-là, ils pouvaient se former par eux-mêmes.Son but était de rendre tout le monde compétent.Par ailleurs, pour Mies, les petits problèmes étaient aussi importants que les grands.Il fallait donner autant d\u2019attention au projet d\u2019une cuillère qu\u2019à celui d\u2019un grand équipement.La formation était très progressive.D\u2019abord nous apprenions à tracer des lignes au crayon sur un papier blanc, et qui devait rester blanc.Ce genre d\u2019exercice permettait d\u2019acquérir une habileté manuelle, mais aussi une discipline.C\u2019était de l\u2019idéalisme.ARQ Comme individu, quel genre d\u2019homme était Mies van der Rohe ?PHYLLIS LAMBERT Mies était un homme assez timide quand il ne connaissait pas les gens.Il était plutôt silencieux.Lorsqu\u2019il arrivait dans le bureau et qu\u2019il s\u2019assoyait à la table de travail de quelqu\u2019un (les tables étaient plates, parallèles au sol), il pouvait rester de longues minutes sans proférer un mot.Dans une telle situation, on était bien embarrassé, mais à la longue on commençait soi-même à envisager des possibilités autres.Ses considérations étaient généralement très éclairantes.Néanmoins, parfois, il se contentait de dire: «Essayez donc encore».Mies mesurait ses propos et ses encouragements; il était un «homme de peu de mots».Mais il pouvait être drôle et raconter des histoires.Ainsi je me rappelle, il avait pour ami le philosophe Adler, professeur à l\u2019université de Chicago.Celui-ci, alors qu\u2019il était parti en voyage, lui avait laissé ses chats.Et, Mies nous racontait, avec une grande joie, leurs comportements et leurs jeux.Mies était un homme très calme et très mesuré.Il n\u2019aimait pas le conflit.Quand il avait des amis architectes dont il n\u2019appréciait pas beaucoup l\u2019architecture, il évitait d\u2019en parler.Mies valorisait beaucoup la loyauté des gens et il n\u2019aimait pas qu\u2019on la mette inutilement à l\u2019épreuve.Mies était un homme droit et limpide dans ses rapports avec les autres.Par ailleurs, il avait une grande élégance dans ses gestes et sa façon de se vêtir.Quand on lui apportait un cadeau, il ne déchirait pas le papier, mais prenait beaucoup de soin à défaire l'emballage.Il s'habillait avec une grande sobriété.Mies ne cherchait pas à se faire remarquer, car il pensait qu\u2019une telle attitude apportait plus de liberté dans la vie personnelle.Il vivait dans un immeuble quelconque, dans un appartementtout àfait conventionnel, bien qu\u2019assez ouvert, et meublé de manière très simple, mais avec des tableaux superbes, une dizaine de Klee, un dizaine de Schwitters, un Picasso, un Beckman.ARQ Quelles sont les idées de Mies qui constituent pour vous un héritage inaliénable?PHYLLIS LAMBERT Je partage avec Mies, le désir d\u2019expression de la structure en architecture.Dans l\u2019édifice du CCA, la structure, nous ne l\u2019avons pas manifestée, car le bâtiment devait avoir une peau très épaisse afin d\u2019assurer à l\u2019intérieur une ambiance très stable.Mais néanmoins, elle est évidente sous la peau; des signes la manifestent constamment.J\u2019ai aussi retenu la volonté de clarté, cette manière très méthodique et très mesurée de travailler.Par ailleurs, je considère que la méthode comparative est une discipline fondamentale.ARQ Le CCA possède dans sa collection de Dessins et Estampes, certains dessins de Mies van der Rohe, notamment des dessins de mobilier que vous appréciez tout particulièrement, comme vous l\u2019écriviez dans le catalogue de l\u2019exposition qui s\u2019est tenue à la galerie Max Protetch en 1985.Pouvez-vous nous renseigner davantage sur les autres documents que possède le CCA?PHYLLIS LAMBERT En effet, nous avons, entre autres, des esquisses pour les chaises.De petits croquis sur des feuilles A4, une trentaine par feuille.Ces variations témoignent tout particulièrement de sa façon de travailler.Nos collections contiennent, par ailleurs, les «icônes» essentiels de son architecture, comme le dessin de la colonne du Pavillon de Barcelone, des dessins qui représentent les concepts majeurs de Mies, tels les maisons à patio, autant d\u2019éléments qui expliquent son oeuvre.Par ailleurs, le CCAconserve les archives qui témoignent de la pratique des architectes qui avaient travaillé avec Mies: James Speyer, un des premiers diplômés de l\u2019I.I.T.et un ami et collègue de longue date de Mies; Georges Danforth, un autre de ses élèves et collègues; Peter Carter, le chargé de projet du Toronto-Dominion Centre (ce fonds est sans doute le plus complet du point de vue du processus de conception); Gene Summers qui joua un rôle très important dans l\u2019agence dans les années cinquante et au début des années soixante; et bien entendu, Myron Goldsmith qui est, sans nul doute, parmi les anciens collaborateurs de Mies, le plus créatif.ARQ Et en ce qui concerne les réalisations et les projets montréalais de l\u2019architecte, qu\u2019en est-il?PHYLLIS LAMBERT Nous sommes en discussion actuellement avec le bureau de Joe Fujikawa pour acquérir les dessins du Westmount Square et de l\u2019île des Soeurs.1 1 MIES A MONTRÉAL LE WESTMOUNT SQUARE LES TRIBULATIONS D\u2019UN PROJET FRANCE VANLAETHEM, PROFESSEUR AU DÉPARTEMENT DE DESIGN DE L'UQAM I , I II 11111 ITT i ii ii ii ii J 11 11 11 D il i ii ii ii : ri T Y VV-H iiiminin iiimiimi immim» LiMiMi iiminim iiiimnm minium inimimi iiimiimi mimim» «wi immmn iiiimiim MM ' NH \t\t À la limite ouest du centre-ville de Montréal, émerge un ensemble de trois hautes tours noires, simples, essentielles.Dessiné par Mies van der Rohe au milieu des années soixante, le Westmount Square a subi récemment des altérations importantes.Si la construction d\u2019une quatrième tour, dans le plus trivial style post-moderne, s\u2019est faite, sur le même quadrilatère, dans l\u2019indifférence de la communauté architecturale, il en fut autrement de la réhabilitation du complexe.Ainsi, à plus de quinze ans d\u2019intervalle, cet ensemble érigé sur le territoire de la Ville de Westmount fut l\u2019objet de deux mouvements de contestation populaire, d\u2019objectifs pourtant fort différents.Si, en 1963, des citoyens du quartier s\u2019étaient mobilisés contre sa construction, en 1989, ce sont des architectes et des résidents du Westmount Square qui ont conjugué leurs efforts pour arrêter les travaux de rénovation.Histoire courte, mais mouvementée, sans parler des réactions que suscitèrent les projets d\u2019agrandissement dans les années soixante-dix.Histoire récente bien qu\u2019oubliée, les polémiques qui éclatèrent à propos de la pertinence du projet de réhabilitation en témoignent.Aussi, nous proposons de la relater afin de bien cerner la contribution de Mies van der Rohe dans cette opération et la nature de son projet architectural.DÉVELOPPER LE SECTEUR SUD DE WESTMOUNT Avantd\u2019appartenirà l\u2019histoire de l\u2019architecture, le Westmount Square relève de l\u2019histoire urbaine.Il est l\u2019un de ces nouveaux complexes urbains construits dans les années 1950 et 1960, alors que le Québec, comme l\u2019ensemble du Canada et des États-Unis, connaissait une forte croissance économique marquée non seulement par une hausse substantielle des investissements et de la production, mais encore par une nouvelle poussée du développement urbain.Montréal n\u2019échappa pas à ces transformations.L\u2019histoire du Westmount Square commence à la fin des années cinquante alors que l\u2019administration municipale de Westmount commanda une étude aux architectes Bland, LeMoyne et Edwards (1).Ayant constaté d\u2019importants changements dans le développement urbain de la Ville, les auteurs du rapport affirment le caractère de banlieue verte de Westmount et recommande de maintenir sa vocation résidentielle.De plus, ils observent la présence de bureaux locatifs pour lesquels la demande était alors croissante et préconisent d\u2019y répondre en favorisant pour leur implantation la proximité des deux artères commerciales, Sherbrooke, à l\u2019ouest, et Greene, à l\u2019est.Précisant leurs conclusions, ils envisagent de réviser le règlement de zonage du secteur sud, d\u2019augmenter la densité bâtie afin d\u2019encourager, entre autres, le développement de places commerciales raffinées et d\u2019un cadre fonctionnel et agréable pour l\u2019activité tertiaire, ceci en imposant de hautes exigences en matière de design urbain (2).Autant de recommandations qui ne demeurèrent pas longtemps lettre morte.C'est le 27 septembre 1961 que la David & Merrill Enterprises acquit un premierterrain à proximité de l\u2019avenue Greene.Mais c\u2019est seulement dans la seconde moitié de l\u2019année 1963, qu\u2019elle racheta de manière systématique la presque totalité des lots sur lesquels serait érigé le Westmount Square.Acquisition passagère, puisque l\u2019année suivante, elle les revendit à la Westmount Square Inc.Fait à noter, le président de ces deux sociétés est Irving R.Ransen, la cheville-ouvrière de l\u2019opération immobilière qui aboutit à la construction de cette oeuvre majeure de Mies van der Rohe à Montréal.PREMIERS PROJETS, PREMIÈRE CONTESTATION La société Mondev est connue comme le promoteur du Westmount Square bien que l\u2019opération immobilière ait été amorcée par la Ransen-Maron Development Corporation, la constitution de la Mondev International Ltd ne datant que de juillet 1964.Les premiers contacts officiels avec les autorités municipales de Westmount remonteraient à latin de l\u2019année 1962, au moment de la création de la société Ransen-Maron.Le but était de construire un grand complexe multifonctionnel de vingt millions de dollars et de l\u2019ouvrir pour l\u2019Expo 67, un objectif qui serait atteint après de longs mois de négociations et l\u2019élaboration de plusieurs projets.En décembre 1962, devant le Conseil municipal, le promoteur défendit un premier scénario de développement.Dès lors, l\u2019idée d\u2019un «mixed use project» fut avancée.Élaboré dans le contexte de l\u2019Urban Land Institute de Washington, aux activités desquelles Irving R.Ransen était associé, tout comme Edmund N.Bacon, auteur de Design of Cities (1967), ce concept trouve dans le Rockefeller Center (1931-1940) à New York un important précédent (3).À Westmount, au niveau de la rue, du commerce était planifié à la grandeur du terrain, en sous-sol, du stationnement et, en hauteur, sur plusieurs étages, de l\u2019habitation et du bureau (4).Cette proposition reçut l\u2019aval des autorités municipales - sous l\u2019aspect de ses fonctions, elle se conformait d\u2019ailleurs au rapport Bland, LeMoyne, Edwards de 1960.L\u2019opération était vue comme des plus bénéfique, réanimant une zone obsolète et créant des revenus de taxes considérables.Quelques mois plus tard, alors qu\u2019un amendement au règlement de zonage était recommandé, un premier projet d\u2019architecture fut présenté au Comité d\u2019architecture et d\u2019urbanisme de la Ville de Westmount.Élaboré pour la Ransen-Maron Development Corporation, par les architectes et urbanistes Bland, LeMoyne, Edwards, en association avec le professeur Harold Spence-Sales, le projet précise le concept esquissé antérieurement, projet complexe où la base commerciale se développe sur deux étages pour rattraper la différence de niveaux qui existe entre Wood et Greene et passer au-dessus de l\u2019avenue Elm, où les tours érigées sur le quadrilatère est, superposent à des planchers de bureaux, des étages d\u2019appartements (5).À la fin de l\u2019année, le processus de négociation engagé parle promoteur un an plus tôt, était sur le point d\u2019aboutir, puisque le 2 décembre 1963, la Ville accepta en dernière lecture l\u2019amendement au règlement de zonage n° 655, qui limitait à six étages toute construction dans cette zone.Quelques jours auparavant, la maquette du complexe avait même été rendue publique lors d\u2019une conférence de presse.Mais, en fait, il faudrait attendre un an de plus et passer par l\u2019élaboration de deux autres projets pour voir ce processus aboutir, un délai supplémentaire dû à un fort mouvement de contestation des habitants du quartier.Certains résidents s\u2019élevaient contre la trop grande taille des édifices et la concentration de population dans leur quartier résidentiel, en même temps qu\u2019ils critiquaient la trop grande hâte manifestée par les pouvoirs publics lors de l\u2019approbation du nouveau règlement.N\u2019ayant pu se mobiliser à temps pour intervenir au cours du processus démocratique, les opposants utilisèrent la voie légale; mettant en cause les modalités de la consultation publique, ils demandèrent une injonction contre la modification apportée à la réglementation urbaine, et parvinrent à leurs fins, du moins provisoirement .Car, un an plus tard, le 2 décembre 1964, le règlement de zonage amendé fut adopté sans problèmes.Mais, entre-temps, le projet avait évolué et les architectes avaient été remplacés, le professeur Bland s\u2019étant retiré pour conflit d\u2019intérêts au début de l\u2019année.LE PROJET DE MIES VAN DER ROHE Mies van der Rohe, contacté par le promoteurdès les premiers mois de 1964, déposa un nouveau projet pour le Westmount Square quelque temps après.Les plans datés de septembre sont signés par l\u2019architecte de Chicago ainsi que par les Montréalais, Greenspoon, Freedlander & Dunne, le premier agissant comme architecte conseil, responsable de l\u2019élaboration du concept architectural, les seconds comme architectes résidents, en charge des dessins d\u2019exécution et de la surveillance de chantier.Mais les événements qui se succèdent entre ces deux dates sont déroutants.Alors qu\u2019en février, Mies van der Rohe et son collaborateur, l'architecte Joseph Fujikawa, avaient reçu la visite du promoteur, dans leur bureau de Chicago, et que, par lasuite, en avril, ils s\u2019étaient eux-mêmes rendus à Montréal, les architectes Greenspoon, Freedlander & Dunne soumettaient à la Ville en mai un autre projet 12 où quatre tours sur pilotis s'érigeaient sur un soubassement enjambant en passerelle l\u2019avenue Elm.Étrange chevauchement de responsabilités dont les raisons n\u2019ont pu être éclaircies, même auprès du président de la Mondev, Irving R.Ransen.Par contre, celui-ci a rappelé son désir, à l\u2019époque, d\u2019engager les meilleurs architectes: Mies van der Rohe pour le Westmount Square, et même, Le Corbusier et Walter Gropius pour la Place Saint-Cyrille à Québec.Des choix «business wise», en d\u2019autres termes, le bon design n\u2019est pas plus coûteux et représente un investissement à long terme (7).Mais encore, l\u2019engagement de célébrités n\u2019était-il pas la meilleure défense face à l\u2019opposition d\u2019une partie de l\u2019opinion publique?Les premiers dessins de Mies esquissent les grandes lignes de l\u2019ensemble bâti, tel que nous le connaissons aujourd\u2019hui (8).Ce projetest beaucoup plus simple et plus clair que les précédents, tant sous l\u2019aspect de la forme et de l\u2019implantation des bâtiments que de l\u2019articulation des niveaux.Il actualise un des thèmes majeurs de l'architecture de Mies, celui de l\u2019ensemble de tours avec pavillon.Au stade des préliminaires élaborés au début de l\u2019année 1965, il est ajusté pour des raisons économiques, fonctionnelles et urbaines.Principalement, la trame structurelle est élargie, mais encore différenciée à la hauteur des tours résidentielles ainsi qu\u2019à celle du pavillon qui, à l\u2019origine, abritait un grand magasin; l\u2019implantation des immeubles tient compte de la présence de l\u2019église anglicane sur de Maisonneuve, au coin de Wood, et les plans des appartements sont diversifiés pour répondre à la demande locative (9).En juillet, les architectes s\u2019attaquaient à la production des plans d\u2019exécution, en janvier 1966,- le maire procédait à la cérémonie de la première pelletée de terre, en mars, la coulée des fondations débutait, en août, les ossatures des tours n° 1 et n° 2 s\u2019élevaient, suivait en octobre celle de la tour n° 3, et en décembre, la pose des premiers murs-rideaux était en cours.Au printemps 1967, les travaux des premières phases de construction étaient terminés, les échéances rencontrées, même devancées.La location sur plan des appartements de la tour n° 2 avait connu un tel succès que le promoteur avait anticipé les travaux de l\u2019autre tour résidentielle.Dès le mois de mai, les espaces de bureaux étaient disponibles pour occupation.À la mi-décembre de la même année, le maire Michael Tucker inaugurait le Westmount Square.«UN RENDEZ-VOUS À PARIS» «The uniquenessof Westmount Square isfound in its conveniences», ainsi vantait-on les qualités du complexe dans une brochure publicitaire visant la location des appartements.Le Westmount Square, c'était un nouveau mode de vie où habiter, se divertir, magasiner, nager, assister à une séance de cinéma, sous le même toit, dans le luxe et l\u2019élégance.C\u2019était «la résidence montréalaise la plus exclusive» et «l\u2019emplacement commercial par excellence».Les galeries comprenaient des commerces de détail diversifiés, allant du magasin d\u2019alimentation générale à la boutique la plus huppée.Pour la mise en marché des espaces commerciaux, Irving Ranson avait eu recours à une stratégie novatrice en proposant à de grands couturiers parisiens d\u2019installer leur enseigne au Westmount Square (10).Le «Westmount Square, un rendez-vous avec Paris», tel était le slogan de l\u2019heure.L\u2019une des intentions du rapport Bland était réalisée: offrir un cadre de travail et d\u2019achat raffiné non seulement aux habitants de Westmount, mais à toute la population de la métropole.Rappelons qu\u2019au tournant de la décennie l\u2019économie florissait et que le secteur de la construction était encore en pleine effervescence.AGRANDIR LE WESTMOUNT SQUARE Le Westmount Square était terminé depuis à peine deux ans que la Mondev envisagea d\u2019agrandir le complexe.Pour ce faire, elle consulta ses architectes, le bureau de Greenspoon, Freedlander, Plachta & Kryton à Montréal et The Office of Mies van der Rohe à Chicago, l\u2019agence formée par les principaux collaborateurs de Mies SHKiïf?rc cd i ë?r imo rà*:-r-!9aaM luivniruu ¦¦¦ nnaun ib: raik7.'s4u Il BhklUll \u2014 inciEMETni incsE laiinnaar IB ¦«tib)ll»JI ia ta ar.rjCTnl muant jouant \u2022Boire 'niiant !¦>***: \u2022aiiaat IBB.if»VW*inW :oii-*i T:,- tua.' : IB |&jr?,#ri IB IC9Ù1.4I ir.K^BWMl ;\u2014=B'».~3Uir-J îarur misai iJCÊrnzii iBBa'i-v.ir.Bi IBL\u2018*1 i«r ilininBi .:j .; HKtennire ^^BBj-i^EiS'JBI sa»u« AflHBUfZBpjBBUMni ÎBBa^rSi imin: ¦ '¦\u2022o' : iimi'P:}.ismcabe^hbI .i>i-W\u201cJBI Uïîraiua ic-p.nti marri
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.