ARQ, 1 avril 1994, Avril
[" LA REVUE D'ARCHITECTURE AVRIL 1 181!! il HI ni *he*s£ .f >y 'if'* 55;,* |modLilaffe&:?t;a i»:\u2019 ?V ïâ&'\\V*y:-''> wéWi jwy ^ssapsè **¦¦¦¦403 Sfâwjfv \u2022'¦\t:v.i.T.T-As; sçSîSi;: Source orioinale de créativité La brique SM® offre à votre imagination une intéressante variété de formats.Sa supermodularité vous ouvre d\u2019innombrables possibilités de permutations qui viendront stimuler votre sens de la création et de l\u2019innovation.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019exécuter un mur avec motifs ou reliefs, une colonne, un socle ou encore une arche aux arêtes arrondies,\t^Wlfr: la brique SM® répond aux attentes des concepteurs les plus exigeants et leur permet de façonner un véritable joyau architectural.?T ?\t?T TTTTW BETCON Tel.(514) 861-6097\t\u2022\t(514) 6514000 Fax (514) 670-2834 LA REVUE D'ARCHITECTURE 5\tEDITORIAL «L'ARCHITECTURE»\t! Yves Bélanger présenté par Louis-Paul Lemieux\t; 7\tYVES BÉLANGER UN PROFIL\t|i Philippe Lupien\tj 10\tLE MONASTÈRE SAINT-ALBERT-LE-GRANO\tI Judith Boisvert\tj; 12\tTABLE RONDE\tl propos recueillis par Éric Gauthier\tj 13\tFICHE TECHNIQUE Dominique Derome 14\tLES RÉSIDENCES BÉLANGER ET TRUDEAU Judith Boisvert 15\tLA RÉSIDENCE DE SAINTE-ADÈLE Judith Boisvert 16\tL'ARCHITECTURE.UN PROBLÈME SPIRITUEL Yves Deschamps 18\tLIBERTÉ QUAND TU NOUS TIENS.un témoignage de Henri Mercier 20\tYVES BÉLANGER: BIOGRAPHIE, PROJETS ET RÉALISATIONS, BIBLIOGRAPHIE Judith Boisvert et Phillipe Lupien 24\tACTUALITÉS THE USE OF MODELS BY NINETEENTH-CENTURY ARCHITECTS IN QUÉBEC 4 COMMENT ON AN UPCOMING EXHIBITION AT THE CCA BY HOWARD SHUBERT En page frontispice Le monastère Saint-Albert-le-Grand (détail), Yves Bélanger, architecte Photo: Copilia\t Éditeur Membres du comité de rédaction\tPIERRE BOYER-MERCIER GEORGES AOAMCZYK, DENIS BILODEAU.PIERRE BOYER-MERCIER, ANNE CORMIER, DANIEL FORGUES, LOUIS-PAUL LEMIEUX ET SIMON PÉLOQUIN Cordonnatrice et réviseure Production graphique\tNICOLE LARIVÉE-PARENTEAU CÜPILIA DESIGN INC.Représentants publicitaires Bureau de Montréal\tJACQUES LAUZON ET ASSOCIÉS 785, rue Plymouth, bureau 310, Ville Mont-Royal, Québec, H4P 1B3 Téléphone: (514) 733-0344; télécopieur; (514) 342-9406 Bureau de Toronto\t60, Wilmot Street West, Unit 7, Richmond Hill, Ontario, L4B 1M6 Tel: (416) 866-4141.Fax: (416) 886-9175 La Revue d'architecture ARQ est distribuée à tous les membres de Dépôt légal © ARQ MAGAZINE LTÉE ISSN Courrier de la deuxième classe La Revue d'architecture ARQ est publiée six fois l\u2019an par ARQ MAGAZINE LTÉE Les changements d\u2019adresse, les exemplaires non distribuables et les demandes d\u2019abonnement doivent être adressés à\tL'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC ¦ LA SOCIÉTÉ DES DESIGNERS D'INTÉRIEUR DU QUÉBEC BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC ¦ BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU CANADA Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.0710-1162 PERMIS N° 5699 ARQ MAGAZINE LTÉE 1463, rue Préfontaine ¦ Montréal, Québec ¦ H1W 2N6 ¦ Téléphone: (514) 523-6832 Abonnements Au Canada Hors Canada\tLUCIE VALLÉE 6,93 $/ numéro ¦ 41,60 $/ 6 numéros et 69,34 $ pour les institutions et gouvernements.6,00 $/ numéro ¦ 48,00 $/ 6 numéros et 60,00 $ pour les institutions et gouvernements. \".-Y'Y * Ill'll \u2022 ¦-\u2022 £Ss \u2019£>->.v X^ISi , ;J ÏSmê 'SS&œ/ê&ZQfl'-îz*\u2019 - v f»; wyæ> ggj^pswf*5- alrJSif- \u2022\u2022rsss D'EKPRESSIOR Formes audacieuses Coloris avantgardistes motifs contemporains ou classiques Finis contrastants ou discrets La diversité de la maliere engendre l'inspiration des grandes oeuvres Le béton fait face au défi de l'imagination BETON BOLDUC Lfl-FORCE-DIHOIICEPT BÉTON BOLDUC INC., 1358, 2ième Rue, Parc Industriel C.P.608, Sainte-Marie, Beauce, Québec, Canada, G6E 3B8 Sainte-Marie: (418) 387-2634 Québec: (418) 692-0855 Fax: (418)387-6438 Armalith/ ades natur/éllement résistantes la nature.qui s intègrent 1 qu'existants, le nouveau matériau de parement Armalith possède de nombreuses qualités.Grâce à ses diverses textures et à ses multiples coloris, il s'harmonise esthétiquement avec son environnement.Résistant à l'épreuve du temps comme aux agressions ?climatiques, le nouvel Armalith vous apporte la sécurité, la durabilité que vous êtes en droit d'exiger.D'installation simple et rapide, il offre la possibilité d'intégrer une isolation thermique Jyîïî se révèle d'une grande sou-timm p|esse d'emploi, et vous laisse jUaJrfl:1:*! 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Si vous habitez à l\u2019extérieur du secteur d\u2019appel local du bureau de la SCHL le plus près, composez le 1(800)465-6212.LES CANDIDATURES DOIVENT PARVENIR À LA SCHL AVANT LE 15 JUIN 1994.PRIX D EXCELLENCE EN HABITATION -===-\t1994 DE LA SCHL La SCHL souscrit au Plan vert du Canada.A A A A A A CMHC SCHL Question habitation, comptez sur nous Canada Une pour vos projets.Acier inoxydable poli de haute Qualité.Grand choix de styles et garnitures.\u2022\tRampes et balustrades innovatrices \u2022\tStructures distinctives \u2022\tDétails décoratifs Détails et spécifications disponibles sur demande.BOATHOUSE I \u2022 800.361*2966\t514 \u2022 631 \u2022 8503 cam CORPORATION DE CHAUFFAGE URBAIN DE MONTREAL Monsieur Philippe Rappeneau, président de la Corporation de chauffage urbain de Montréal (CCUM) est heureux d'annoncer l'élection de monsieur Pierre Marc Johnson au conseil d'administration de la société.Monsieur Johnson est docteur en médecine et avocat, membre du Barreau du Québec et Fellow de la Société Royale du Canada.Monsieur Johnson est avocat-conseil au cabinet Guy et Gilbert, à Montréal; il enseigne le droit et conduit des recherches sur les politiques environnementales à la faculté de droit de l'université McGill.Ancien Premier Ministre du Québec, il agit comme conférencier à plusieurs réunions internationales touchant l'économie et l'environnement; il a publié de nombreux articles sur ces questions.Il siège à divers organismes à vocation internationale.Il est égale- Pierre Marc Johnson ment membre du conseil de Unimédia et du Groupe SNC-Lavalin de même que du Comité consultatif sur l'environnement de Dow Chemical Corporation.Affiliée au groupe Ufiner-Cofreth, branche énergie de la société internationale Lyonnaise-Dumez, la CCUM produit et distribue de la vapeur via un réseau de canalisations géré par ordinateur.Elle approvisionne en chaleur les plus importants immeubles du centre-ville de Montréal à partir de sa centrale de la rue Nazareth.Très sécuritaire et écologique, ce type de chauffage est reconnu pour sa fiabilité, son efficacité et son économie.La CCUM met à la disposition de ses clients les technologies les plus avancées dans les domaines de l'environnement et de l'énergie, notamment au niveau des réseaux de chaud et froid urbains. Éditorial L\u2019ARCHITECTURE Yves Bélanger, architecte, adba Louis-Paul Lemieux Yves Bélanger appartient à une génération d\u2019architectes qui a réclamé à cor et à cri l\u2019installation d\u2019une nouvelle «stylistique» architecturale.Au-delà de la simple lecture de l\u2019oeuvre de cet architecte plutôt obscur et méconnu, devons-nous voir le désir de compréhension d\u2019une époque véhiculé par l\u2019idée d\u2019un renouveau du style engendré par le progrès technique?Son projet majeur, le monastère Saint-Albert-le-Grand, rapproche Bélanger des préoccupations modernistes émergentes de l\u2019époque.Bélanger et plusieurs de ses contemporains s\u2019associent au courant moderniste en ce sens que leurs projets dissemblables mais voisins sont tout entiers critiques et animés d\u2019une passion pour le changement.Portés par un optimisme social, politique et technique, ils partageaient le souci non pas de traduire l\u2019inquiétude moderne ou la désorientation du monde, mais d\u2019affirmer au contraire, haut et clair, parfois naïvement, qu\u2019ils connaissaient les moyens d\u2019en sortir.Dans la quête de compréhension du processus de réflexion sur le projet architectural que poursuit notre comité de rédaction, nous reproduisons intégralement, en guise d\u2019éditorial, tiré des pages du tout premier numéro A'Architecture, Bâtiment, Construction, publié en 1945, un texte d\u2019Yves Bélanger sur l\u2019architecture.Le tableau-synthèse illustrant sa démarche indique les préoccupations particulières de l\u2019époque pour le contextualisme (religion, politique, science) à travers l\u2019émergence formelle et pour l\u2019essor technologique (influences matérielles) dans la structuration du plan.Dans toute cette quête de l\u2019idée de l\u2019architecture, nous sommes à la recherche des déterminismes de ce qui lie l\u2019architecture à la pensée.Poser aujourd\u2019hui la question du projet, revient à se demander comment pense un architecte.Pas tous les architectes, un architecte.Que se passe-t-il quand il projette, veut projeter ou va projeter?Dans le schéma de Bélanger, les images sont réduites à de simples signes, à de simples objets.Comment aborder ce schéma?Est-ce une structure sérieuse se rapportant à la pensée créatrice, à la pensée tout court?Y trouve-t-on un rapport avec les projets de Bélanger?Est-ce un schéma lié à l\u2019architecture?Après tout, faut-il y voir l\u2019expression artistique d\u2019une proposition schématique qui nous incite à penser?.CtlAEPEMTE- f mrrélAUX: wienkiWNil-.ley ! RLÜ6IÛN: L\u2019architecture est sans contredit la plus complète expression matérielle de la civilisation d\u2019une époque; plus que le marbre, les mots et les sons, le monument architectural cristallise le degré de culture, les aspirations et les divers états d\u2019âme d\u2019une civilisation.L\u2019architecture trouve son expression la plus à «fleur de peau» dans les différents styles qui la traduisent à nos yeux.Il est intéressant de scruter quelque peu les différentes influences qui jouent un rôle prépondérant dans la facture de ces styles et qui nous font comprendre la pensée profonde qui préside à la réalisation d\u2019une œuvre architecturale.Pour avoir une idée juste des différents styles, il ne faut pas oublier que deux aspects bien caractéristiques entrent en ligne de compte: le côté matériel et l\u2019apport de l\u2019intelligence.Chacun de ces deux ordres d\u2019idées contribue à sa façon dans un complexe harmonieux qui engendre le style proprement dit.Au point de vue matériel, d\u2019abord, la structure impose quelques modalités au style: le progrès technique dans les différents matériaux de construction engendre des exigences ou des libérations toutes particulières qui orientent la tessiture du style: on ne construit pas avec le béton armé de la même façon qu\u2019avec la pierre, et les différents enduits et isolants modernes permettent une foule de réalisations auxquelles il n\u2019était pas permis de songer auparavant.De même l\u2019apport de la science, pour ce qui concerne les ingénieurs, a donné lieu à plusieurs réalisations qui auraient paru osées il y a quelques années.On voit facilement comment la structure d\u2019un édifice peut être influencée notablement par la qualité des matériaux employés.La part étant faite aux diverses exigences des matériaux de construction, il s\u2019agit ensuite de déterminer les formes spécifiques de l\u2019établissement selon son but ou l\u2019usage qu\u2019on veut en faire.Ici encore, plusieurs facteurs viennent dicter les règles à suivre: le standard de vie en 1945 n\u2019est pas le même que celui du siècle dernier; certains caprices d\u2019autrefois sont passés à l\u2019ordre des besoins actuels tandis que la plupart des traditions ancestrales sont maintenant reléguées au second plan.Comme l\u2019habitation a pour but primordial d\u2019abriter des vies humaines dans toutes leurs activités, il faut donc qu\u2019elle se ploie à ses différents modes et usages afin de remplir adéquatement son but.Le style, en architecture, est donc grandement influencé par le côté matériel de la vie, mais l\u2019intelligence a son mot à dire et apporte ses lumières dans la détermination des lignes d\u2019un édifice.Les divers courants d\u2019idées, qu\u2019il s\u2019agisse de philosophie, de politique ou de religion, ont toujours guidé de quelque façon la conduite des hommes.C\u2019est l\u2019esprit qui mène le monde quand la finance ne restreint pas trop ses activités; il s\u2019ensuit nécessairement des tendances plus ou moins prononcées pour tel ou tel genre de construction selon que l\u2019esprit du siècle se tourne vers une théorie ou telle façon originale d\u2019envisager les situations.Il ne faudrait tout de même pas en conclure que l\u2019œuvre architecturale est totalement hors de la portée du génie personnel de l\u2019architecte.Celui-ci a pleine liberté d\u2019y inculquer les différents sursauts de son imagination et de son originalité.C\u2019est ainsi qu\u2019on peut lire dans une œuvre architecturale le tempérament de son maître, son esprit plus ou moins universel, les courbes de son éducation, les influences de ses professeurs, ses goûts personnels, etc.Heureux est-il encore quand il peut y aller de toutes ses ressources personnelles, pleinement, librement; trop souvent, hélas, il lui faut satisfaire les caprices plus ou moins pardonnables de ceux pour lesquels il travaille et qui l\u2019obligent en quelque sorte à commettre des œuvres dont les générations subséquentes ont à subir l\u2019affliction.C\u2019est le jeu inévitable de ceux qui jouissent d\u2019esprits étroits et qui prostituent l\u2019art aux exigences mal dissimulées du lucre immédiat.Souhaitons, à tout le moins, que l\u2019ordre se rétablisse dans ce domaine-là comme dans tous les autres: que les styles en architecture se développent et se précisent au rythme du progrès dans les matériaux de construction.Ce sera une façon peu banale d\u2019empêcher que nos vies se ballottent fatalement d\u2019un illogisme à un autre.LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ Château Casson, à Ville Saint-Laurent, paré de briques Monte Carlo.Réalisé par Desmarais, Pilon et Associés, architectes.Exigez la véritable brique d'argile cuite, c\u2019est un choix tout naturel! Brique Monte Carlo ¦i H WBÊKBM \\ La brique d\u2019argile cuite de la Briqueterie St-Laurent constitue un choix naturel pour sa qualité, sa beauté et sa durabilité incomparable.CUITE B RK ST LA PRAIRIE (QUÉBEC) r^^Qu QUALITE *7T*QUEBEC (514)\t866-8374 YVES BÉLANGER, ARCHITECTE Un profil Philippe Lupien, stagiaire en architecture Pour tous ceux qui ont été un jour interpellé par l\u2019intrigante silhouette du monastère Saint-Albert-le-Grand sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, il convient de préciser que si ce bâtiment représente la réalisation la plus remarquable dans la carrière d\u2019Yves Bélanger, il est aussi le foyer où ont convergé les préoccupations d\u2019un homme qui a connu comme seuls les architectes de sa génération trois décennies de transformations sociales uniques et fondamentales.Pourtant, lorsqu\u2019en 1958, Yves Bélanger en soumet les plans au père Lussier pour approbation, il s\u2019agira là de sa deuxième tentative de faire accepter une telle configuration.Originalement proposée aux Dominicains de Sherbrooke qui rejettent sa singularité et lui préfèrent l\u2019agrandissement des édifices existants, la solution du cloître triangulaire adapte sa géométrie au complexe rapport qu\u2019un monastère dominicain doit entretenir avec son entourage.Fidèle à la tradition dominicaine remontant à Saint-Albert-le-Grand lui-même (1193-1280) et consistant à bâtir tout monastère dominicain à proximité d\u2019une université, Bélanger investit formellement l\u2019édifice de cette parenté, élaborant à l\u2019aide du matériau et de sa plastique intrinsèque un langage qui lui est familier.Mais si le monastère nous semble aujourd\u2019hui bavard par ses articulations et presque mondain par sa situation, ces traits ne sauraient être attribués à son énigmatique auteur qui, n\u2019eût été de cette réalisation, serait demeuré dans l\u2019ombre.Yves Bélanger avait 50 ans lorsqu\u2019il a entrepris la réalisation de Saint-Albert-le-Grand.Oeuvre de maturité conçue sous le gouvernement Duplessis et inaugurée sous celui de Lesage, ce bâtiment occupe une époque charnière pour le Québec à l\u2019heure du renouveau des arts sacrés.Empreint de ces dualités, le monastère en portera les aspirations mais aussi les stigmates.Les beaux-arts et la tradition Né à Montréal en 1908, Yves Bélanger, sous les pressions de son frère urbaniste, s\u2019inscrit à une jeune Ecole des Beaux-Arts dont le directeur, Charles Maillard (entré en fonction quelques années après la fondation de l\u2019École en 1923), «s\u2019assigna comme objectif principal de travailler à la formation d\u2019un art national inspiré de la tradition» (1).Du moins telle en était la position officielle, une position somme toute peu susceptible d\u2019engendrer chez l\u2019étudiant des remises en question favorables à l\u2019éclosion d\u2019une architecture nouvelle.L\u2019année 1929 voit le Krach boursier mettre fin à une longue période de prospérité et lorsque Yves Bélanger accède à la pratique en 1933, le secteur de la construction connaît une crise désespérante.Déjà, l\u2019année précédente, l\u2019industrie canadienne de la construction n\u2019emploie plus que 10 % de la main-d\u2019oeuvre encore active trois ans plus tôt.(2) Des deux diplômés appelés cette année-là à rejoindre les quelque trois cents architectes pratiquant dans la province, Yves Bélanger termine bon second, mais se classe tout de même en troisième place au concours national de l\u2019Institut Royal d\u2019Architecture du Canada (IRAC) pour un projet d\u2019édifice gouvernemental où l\u2019on devine la facture du professeur Ernest Cormier.La situation architecturale au Canada Le Canada, qui accuse un important retard sur la production américaine, et surtout européenne, vit alors des années de transition.La révolution moderne, si elle s\u2019institutionnalise en Europe, ne fait ici les manchettes que pour être trop souvent sujette à la dérision.L\u2019Ecole des Beaux-Arts, alors dernière-née de nos maisons d\u2019enseignement québécoises (et de cinq ans la cadette de l\u2019École du Bauhaus en Allemagne), ne rajeunira son cursus qu\u2019après la Seconde Guerre mondiale.Et s\u2019il faudra attendre 1935 pour qu\u2019un de ses plus progressistes professeurs, Émile Venne (MIRAC), publie un article encourageant la recherche dans le sens de la modernité, celui-ci devra, pour ne choquer personne, insister, entre autres choses, sur l\u2019aisance du nettoyage: «Note.how neat and clear it is and how easy to keep clean.» (3) Une lecture plus approfondie du respecté Journal of the Royal Architectural Institute of Canada (journal de l\u2019IRAC) chroniquant cette décennie nous informe sur les querelles de styles opposant les tenants de l\u2019architecture historiciste, plus souvent qu\u2019autrement de tendance néo-gothique, et ceux qui comme Ramsay Traquait, directeur de l\u2019école d\u2019architecture de l\u2019université McGill, prônent l\u2019architecture religieuse de la Nouvelle-France comme seule architecture authentiquement canadienne.C\u2019est vers ces derniers que se retourneront des rationalistes qui, à l\u2019instar de Gérard Morisset, voient dans l\u2019architecture vernaculaire du Québec l\u2019authenticité dont parlait Viollet-le-duc.Vers 1935, le Journal commence à publier la pensée des modernistes à travers les écrits de l\u2019architecte d\u2019origine suisse, William Lescaze, qui vient de terminer à Philadelphie le premier gratte-ciel moderne en Amérique, le Philadelphia Savings Fund Society Building (1931), en collaboration avec Raymond Hood.Bénéficiant d\u2019une crédibilité internationale, Fauteur signe plusieurs articles, prenant modérément position contre la pensée courante voulant que la modernité ne soit qu\u2019un style passager.Son opinion aura toutefois l\u2019effet de polariser le débat, si bien qu\u2019on verra surgir de chez les historicistes, entre autres, un groupe de soi-disant traditionalistes.(4) Il convient toutefois d\u2019ajouter que la position excentrique du pays a un effet d\u2019apaisement sur le débat et loin d\u2019être le belliqueux conflit qu\u2019il est ailleurs, l\u2019opposition ici donne dans la nuance.Il faudra attendre Marcel Parizeau vers 1940 et l\u2019arrivée du père Couturier pour que le contenu éditorial du Journal assure au mouvement moderne une certaine pérennité esquivant les considérations profanes pour le plus radical renouveau de l\u2019art sacré.Marcel Parizeau et le renouveau de l\u2019art sacré Ces années n\u2019auront pas permis à Yves Bélanger de confronter son talent à la réalisation d\u2019œuvres construites, si ce n\u2019est à l\u2019occasion de brefs stages, d\u2019abord chez Alcide Chaussé (auteur du cinéma Cinq, alors appelé l\u2019Empress), puis chez Raoul Gariépy (connu pour son hôtel de ville de style art déco à Montréal-Est), chez Lucien Parent (collaborateur avec Dom Bellot dans la conception de la coupole de l\u2019Oratoire Saint-Joseph) et enfin chez Gascon et Parant.Cependant, la vieille amitié qu\u2019il entretient avec l\u2019artiste Paul-Émile Borduas l\u2019amène à fréquenter l\u2019École du Meuble où enseigne Marcel Parizeau.Par l\u2019entremise de ce dernier qui y siège, Bélanger accède donc au Comité de reconstruction de l\u2019Association des architectes de la province de Québec, au moment où la situation du logement dans la ville de Montréal domine l\u2019ordre du jour.C\u2019est dans l\u2019entourage de Marcel Parizeau qu\u2019un autre personnage important pour l\u2019art et l\u2019architecture moderne internationale fera sa marque dans le Québec culturel des années 1940.Marie-Alain Couturier, père dominicain mais aussi peintre cubiste (dont on peut voir une toile au monastère dominicain de Québec), celui-là même qui comptait parmi ses intimes Le Corbusier, Picasso, Lur-çat, Matisse, Léger et bien d\u2019autres, co-dirigeait alors en France la revue L\u2019Art sacré avec un autre Dominicain, le père Régamey.Pendant la durée de la Seconde Guerre mondiale, ils arrivent tous deux à Montréal en tant qu\u2019invités de l\u2019architecte et moine bénédictin, Dom Bellot.Par ses interventions, le père Couturier stimule les rangs de l\u2019École du Meuble en cautionnant la cause du renouveau mais en offrant aussi au nationalisme architectural une insoupçonnée bienveillance.Cette attitude n\u2019annoncerait-elle pas sa décision ultérieure d\u2019envoyer Le Corbusier visiter l\u2019abbaye cistercienne du XIIIe siècle, le Thoronet, comme exercice préalable à la réalisation du couvent dominicain de la Tourette?Un héritage hybride Les années de reconstruction et la pénurie de matériaux qui suivront la guerre verront émerger ceux qui avaient auparavant prôné l\u2019innovation typologique et l\u2019utilisation de matériaux non conventionnels.Si les incursions de Bélanger dans ce premier champ d\u2019exploration sont rares, elles se font plus intenses dans le second.Cette réserve face au travail du plan qui prend ses sources mêmes à la 115 & ËCE EEC EEBEEI2 EEEEEL! m&m 1.\tUn projet d\u2019église en verre et en béton, angle Hochelaga et Pie IX, Montréal, 1945.2.\tUn projet de petite église intégrant une chapelle, 1945.3.\tLa résidence Roméo Valois, Sainte-Adèle, 1948.4.\tLa résidence Lévesque, rue Maplewood, Outremont, 1950.7 LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ gr æ-\u2019Sz _ ma a structure hiérarchique de l\u2019agence architecturale découlant de la tradition Beaux-arts, s\u2019énonce même dans l\u2019utilisation qu\u2019en font les anciens du verbe «composer».À partir d\u2019un plan référant à une typologie souvent éprouvée, bains publics, sanatoriums, édifices gouvernementaux, etc., l\u2019exercice de l\u2019Ecole se résumait souvent à l\u2019expression des éléments de l\u2019élévation frontale soumis aux contraintes d\u2019un style qui, en revanche, avait peu d\u2019impact sur l\u2019organisation du plan.Dans un numéro de 1947 de la revue ABC qui met en lumière ce caractère éclectique, Yves Bélanger soumet trois propositions intitulées «Projets d\u2019églises».Parmi celles-ci, seule la «petite église de béton et de verre», figurant d\u2019ailleurs en page couverture du numéro, rejoint par son plan triangulaire les préoccupations d\u2019une certaine avant-garde du renouveau des arts sacrés pour qui la forme de l\u2019assemblée des fidèles doit répondre d\u2019une fonction moins hiérarchisée du rôle de l\u2019église au sein de la communauté.Cette recherche du plan triangulaire, pour le peu de succès qu\u2019elle connaîtra après le concile Vatican II, verra toutefois le jour dans la petite église de St-Thomas More (1951) de l\u2019architecte Jos Sawyer (5) chez qui Bélanger avait complété sa cléricature.En ce qui a trait à l\u2019utilisation du béton armé et du verre, un choix qui a pour effet de rapprocher davantage sa pratique de celle des Européens que de celle des Américains pour qui l\u2019acier allait devenir le principal matériau structural, Bélanger allait profiter tout au long de sa carrière du savoir-faire exceptionnel de la firme d\u2019ingénierie Lalonde et Valois (la future Lavalin), à laquelle il était aussi lié plus intimement, ayant épousé la soeur d\u2019un des deux principaux associés, Jean-Paul Lalonde.C\u2019est d\u2019ailleurs avec un ingénieur de cette firme qu\u2019il fait l\u2019acquisition en 1948 d\u2019un terrain sur la rue Melrose à Notre-Dame-de-Grâce où ils construisent ensemble une résidence peu commune.Cette maison jumelée se compose de deux toits à quatre versants (logeant les chambres des enfants) encastrés dans un volume bas d\u2019un étage en bloc de béton apparent et construit sur dalle flottante.La nouveauté du bloc de béton utilisé comme parement extérieur, particulièrement dans ce quartier résidentiel plutôt homogène, ne doit pas être ici sous-estimée, bien que la nature brute du matériau ait été quelque peu occultée par l\u2019enduit peint de couleur rose crevette(6).Pour légitimer à Montréal l\u2019emploi d\u2019un tel matériau jusque là considéré comme remplaçant bon marché au remplissage de terra cotta, il fallait d\u2019abord en contrôler la fissuration au joint.Cette pratique nécessitait en terrain instable une fondation entièrement solidaire comme celles que réalisait alors la firme Lalonde et Valois dans ses édifices de moyennes dimensions.Il est très difficile d\u2019établir aujourd\u2019hui l\u2019exacte filiation de cette réalisation «personnelle».L\u2019audace du revêtement, la grande économie de moyens (7) et la silhouette générale définie par les toitures l\u2019apparentent aux recherches entamées par Wright à une époque où celui-ci connaissait bonne presse au Canada.Mais la comparaison n\u2019est pas entièrement convaincante, car curieusement c\u2019est à l\u2019architecture vernaculaire, et plus particulièrement celle des cottages anglo-saxons de nos campagnes, que fait penser sa silhouette originale.Au-delà de la curiosité culturelle de son auteur, il serait plus prudent d\u2019y voir l\u2019ultime conviction d\u2019un geste inspiré.De fait, bien que l\u2019intérêt de Bélanger pour les réalisations alors largement diffusées de l\u2019architecte américain soit connu, et d\u2019ailleurs partagé par nombre de ses contemporains, en une seule instance pourrait-on croire à une véritable convergence.La maison Valois, résidence secondaire de l\u2019ingénieur Roméo Valois à Sainte-Adèle, dont le toit plat projette ses arêtes vers les collines du terrain de golf privé qu\u2019il domine, endosse d\u2019une façon presque encyclopédique tous les éléments chers à Wright à l\u2019époque de la Robie House.Par ses choix «contradictoires» du toit plat en pleine montagne et-du toit à quatre versants en pleine ville (dans un quartier qui n\u2019en compte que de très anciens exemples), Bélanger sème chez ses collègues une certaine confusion qu\u2019il balaiera par la seule affirmation: «Il y a plus de vent dans les Laurentides pour souffler la neige du toit qu\u2019en pleine ville» (8).AVRIL 1994 Fidèle à ses convictions, il construit à côté de la maison Valois sa propre résidence secondaire juchée sur une montagne, et la coiffe d\u2019un toit plat qui, contrairement à celui de sa voisine, n\u2019engendre aucune projection spatiale.Conçue comme un prisme entièrement fenestré, la maison est un observatoire ayant pour seul écran d\u2019intimité la nature environnante.Par la simplicité de son plan libre, cette maison se fait le manifeste de l\u2019adage que Bélanger se plaisait à répéter: «Une solution compliquée n\u2019est jamais une solution.» (9) Crevier, Bélanger, Lemieux et Mercier, architectes La réputation de Bélanger étant alors bien établie, c\u2019est un confrère de deux ans son aîné à l\u2019École des Beaux-Arts, Jean Crevier, qui cherche et parvient à s\u2019adjoindre ses services.La firme ainsi formée, d\u2019abord connue sous le nom de Crevier, Bélanger, puis Crevier, Bélanger, Lemieux et Mercier, connaîtra une progression remarquable jusqu\u2019à la prospérité que pouvait procurer une commande majeure comme celle de l\u2019hôpital Notre-Dame.Indifférent au succès économique et appréhendant les contraintes d\u2019une telle commande, Bélanger tire sa révérence.Cette brève association aura laissé plusieurs édifices remarquables, dont le propre bureau de l\u2019agence, rue Pratt à Outremont (1953), et l\u2019église Saint- Nicolas d\u2019Ahuntsic sur le boulevard Gouin (1951), tous deux conçus par Bélanger.Mais là où le bureau de la rue Pratt affiche la clarté d\u2019un parti résolument moderne, l\u2019église semble annoncer un certain recul.Bergeron note au sujet de cette dernière qu\u2019elle est par le «net contraste entre la tour lourde et massive d\u2019une part et la flèche qui se réduit à une longue tige métallique d\u2019autre part» (10) un des premiers exemples montréalais à rappeler l\u2019architecture suisse alémanique.L\u2019auteur qui fait ici référence aux églises protestantes de Werner Moser publiées dans la revue L Art sacré ne parle toutefois pas de l\u2019intérieur du bâtiment.Bien qu\u2019aussi caverneux que l\u2019extérieur rustique le laisse supposer, cet espace se distingue par une facture beaucoup plus personnelle combinant les motifs géométriques des revêtements à ceux de la structure.Le carré, le cercle et surtout le triangle deviennent alors pour l\u2019architecte une véritable obsession formelle et spirituelle.(11) Cette recherche de combinaison géométrique, soutenue par la mystique du nombre, en particulier celui de la trinité, et d\u2019abord associée à la seule modénature, deviendra à la maison familiale de Longueuil (12) motif de percement d\u2019ouvertures pour devenir plus tard, au monastère dominicain de Montréal, schéma de composition du plan et à celui de Trois-Rivières, générateur de la structure.La pratique autonome Relations politiques aidant, les premières commandes qu\u2019il obtient pour son propre compte sont des établissements scolaires.Le Québec, qui connaît une hausse importante de son taux de natalité après la guerre, doit fournir des écoles aux enfants maintenant en âge de les fréquenter.Dans la seule ville de Sorel, Yves Bélanger en signera neuf.La typologie des écoles qui était restée inchangée depuis le règlement montréalais de 1910 avait vu naître 25 années plus tard du travail de Charles David à l\u2019école Louis-Hébert de Montréal un traitement que Percy Nobbs décrivait ainsi: «Here we have the horizontal emphasis in which not only the windows, but the entire range of windows are exploited .there is a treatment that tells us more about the voids than about the solids.» (13).Fidèles à cette récente tradition, les ouvrages de Bélanger paieront tribut à de telles prémisses, proposant tout de même, à l\u2019intérieur de budgets très serrés, différentes variations.La seule constante tient dans un fenêtrage tripartite, sorte d\u2019inversion du type amené par l\u2019École de chicago où une fenêtre ouvrante se retrouve au centre, flanquée de deux fenêtres latérales fixes.C\u2019est ainsi que prend forme la réponse originale de Bélanger aux deux préoccupations majeures encadrant la construction d\u2019institutions scolaires à l\u2019époque: ventilation et lumière naturelle.Dans une de ces écoles, il fera usage pour le cadre du fenêtrage d\u2019un revêtement .^ \t\t de métal émaillé, une première expérience qui sera ensuite reproduite au Marymount High School de Notre-Dame-de-Grâce.Généralement utilisé pour les stations-service, ce matériau abordable et facile d\u2019entretien s\u2019est révélé, dans les deux cas, d\u2019une remarquable résistance au vieillissement, en plus de rendre possible une polychromie, assez limitée avec l\u2019usage de la brique.C\u2019est d\u2019ailleurs dans la paroi nord du Marymount High School que Bélanger aura recours pour la première fois à la double trame des grandes parois vitrées qu\u2019on retrouvera plus tard au monastère Saint-Albert-le-Grand où le thème de l\u2019ambiguïté spatiale de la membrane sera exprimé avec plus de succès.Néanmoins c\u2019est dans ce travail de maturité, libéré des influences de jeunesse que se manifestera la grande familiarité formelle unissant son travail aux recherches des Hollandais dans les années vingt.De cette école de pensée qu\u2019on attribue d\u2019abord à Berlage et déjà tributaire de l\u2019influence du Unity Temple d\u2019un jeune Wright, retenons notamment Willem Dudok et son hôtel de ville de Hil-versum, un des premiers projets étrangers à être publié dans le JRA1C (1935), alors que Bélanger sortait de l\u2019École des Beaux-Arts.Au sujet de cette architecture, un jeune correspondant canadien commentait: «The extreme work of 1914-20 has passed out of favour and we now find a very fine school of brickwork with more attention to massing and the relation of voids to solids rather than elaborate and bizarre bonding.[It is a school] led by Dudok of plain flat surface with no texture usually with a flat roof and designed in mass rather than detail.» (14).Plus loin dans le texte, le même critique citant Dudok lui fait préférer au modernisme les ouvrages de la Renaissance dans un élan qui rappelle la résistance qu\u2019avaient aussi les Canadiens face à l\u2019architecture des surfaces blanches.Avec un héroïque «God favours the Renaissance.He does not like the modern», le jeune Canadien sélectionne chez le maître hollandais la seule opinion légitimant le conservatisme de ses compatriotes.État d\u2019esprit qu\u2019on ne saurait attribuer à la seule nordicité (15) mais plutôt à l\u2019excentricité de nos cultures périphériques respectives où les modernes furent souvent perçus comme des stylistes individualistes.Naviguant au centre de cette polémique depuis sa sortie de l\u2019École, Yves Bélanger ne prendra jamais étiquette et le texte qu\u2019il écrit pour son ami Paul-Henri Lapointe dans le numéro inaugural de Architecture Bâtiment Construction en 1944 (publié en page éditoriale) souhaitera «que les styles en architecture se développent et se précisent au rythme du progrès dans les matériaux de construction».Cette modération le servira lorsque son ami le père Lussier, ayant enfin accédé au poste de donneur d\u2019ouvrages, lui donnera carte blanche en lui confiant la commande du monastère Saint-Albert-le-Grand en 1958.(16) Néanmoins, c\u2019est plutôt dans le choix prudent du matériau durable et le patient travail de composition des volumétries extérieures, sans doute déjà à eux seuls garants d\u2019une certaine contemporanéité, que se dégage du travail de l\u2019architecte la légitimation de cette promesse du père Regamey parue dans L'Art sacré-, «En art c\u2019est le maximum d\u2019individualisme, le maximum de singularité qui assure le maximum d\u2019universalité.» Lalonde et Valois Toute sa carrière ayant été menée en étroite collaboration avec la firme Lavalin, c\u2019est graduellement à titre d\u2019architecte-conseil, puis en tant que chargé permanent de l\u2019esthétique des ponts et tunnels qu\u2019Yves Bélanger verra jusqu\u2019en 1978 un Québec modernisé se doter d\u2019infrastuctures civiles.Responsable attitré des équipements de l\u2019autoroute Ville-Marie, de l\u2019autoroute Bonaventure, puis de l\u2019usine Desbaillets de Ville Lasalle et même d\u2019une ville nouvelle en Afrique, Bélanger dans tous ses ouvrages \u2014dont la liste ne saurait être complète\u2014manifeste une même préoccupation, celle de réaliser une œuvre qui soit personnelle.18 : ^ Notes et références 1.\tPour une revue de la situation au Québec dans ces années lire: GAUTHIER, Raymonde.«Marie-Alain Couturier O.P.et le milieu de l\u2019architecture à Montréal» in Questions de culture -4 -architecture: la culture dans l\u2019espace, Québec, IQRC, 1983.2.\t«Unemployment in the architectural profession», JRAIC, août 1931.3.\tVENNE, Émile.«The modem trend in domestic architecture», JRAIC, juillet 1935, p.109.À propos d\u2019une résidence à Ville d\u2019Avray, France, par André Lurçat.4.\tBLOOMFIELD, Sir Reginald et A.D.CONNELL.«For and Against Modem Architecture» in JRAIC, mai 1935, p.75.5.\tBERGERON, Claude.L\u2019architecture des églises du Québec, 1940-1985, Québec, Presses de l\u2019Université Laval, 1987, p.83.6.\tL\u2019usage du bloc apparent même dans les églises allait devenir chose fréquente pour Bélanger qui préférait aux matériaux nobles le raffinement des proportions, néanmoins jamais ne le laissait-il brut.Cette habitude à la coloration rappelle le mot de Dom Bellot au sujet de ses jeux de polychromie:«Une œuvre architecturale qui ne réalise pas d\u2019harmonie et méprise les ressources de la couleur n\u2019est pas une beauté proprement humaine.» 7.\tL\u2019ingénieur Bernard Lamarre rapporte que le coût total des deux maisons se comparait au coût moyen d\u2019une seule maison de mêmes dimensions.8.\tPropos recueillis de Bernard Lamarre.9.\tIdem.10.\tIdem, BERGERON, p.78.11.\tL\u2019architecte veillait à intégrer dans chacun de ses projets ce qu\u2019il appelait un «schmoo» faisant ainsi allusion au héros métaphysique de la bande dessinée américaine populaire, LiT Abner.Ces «schmoo», devenant prétextes à des jeux géométriques, souvent de nature nébuleuse, tels ceux qui constituent le remplissage du clocher de Saint-Albert-le-Grand, s\u2019offrent comme des repères visuels expliquant la façon dont s\u2019élaborait pour Bélanger le travail de composition une fois dépouillé des artifices de l\u2019ornementation dite plus traditionnelle.12.\tCe bâtiment ayant subi des transformation importantes, seules nous restent les photographies parues dans ABC, vol.6, no 9, janvier 1952.On peut y voir la rencontre en façade de géométries pures surmontées d\u2019une fine flèche retenue comme du bout des doigts par le clocher décentré.13.\tNOBBS, Percy E.«Recent Architecture in Canada», JRAIC, septembre 1936, p.169.14.\tWILSON, Everett.«An Architectural Tour of Northern Europe» in JRAIC, avril 1935, p.57.15- Les pays nordiques étaient une destination fréquente pour les jeunes architectes diplômés canadiens.Dans Toronto Modem, Toronto, Coach House Press, 1987, Ruth Cawker documente l\u2019influence de l\u2019école hollandaise sur des architectes canadiens comme Hugh Allward.16.L\u2019histoire veut que Bélanger, une fois obtenue la commande tant attendue, parte impulsivement en vacances au Mexique n\u2019y visitant que l\u2019université de Mexico à peine terminée, et en revienne déçu que notre climat ne lui permette pas de recouvrir la barre de logements monastiques de céramiques multicolores.Légendes des photos 5.\tLe bureau de Crevier, Lemieux et Mercier, rue Pratt, Outremont, 1951.6.\tL\u2019église Saint-Nicholas d\u2019Ahuntsic, 1948, vue de la maquette.7.\tL\u2019église Saint-Nicholas d\u2019Ahuntsic, 1948, intérieur.8.\tL\u2019église Sainte-Louise-de-Marillac, Montréal, 1952.9.\tLe couvent Sainte-Catherine-de-Sienne, Trois-Rivières Ouest, 1963.10.\tL\u2019hôpital de la Visitation, Ahuntsic, 1959.11.\tL\u2019église Saint-Christophe, Pont-Viau, 1949.12.\tLe couvent des Servantes Jésus-Marie, Longueuil, 1957.13.\tLa maison Familiale de Saint-Joseph, Longueuil, 1948.14.\tL\u2019hôtel de ville de Hilversum, Hollande, 1925, architecte Willem Dudok.15.\tUn projet pour une église (ABC, janvier 1956, p.30).16.\tL\u2019école Jean-Groulx, Ville Saint-Laurent, 1955.17.\tL\u2019école Marymount High School, Côte-Saint-Luc, 1958.18.\tTour de ventilation, autoroute Est-Ouest, Montréal, 1965 à 1978.LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ L ' ¦' - LE MONASTÈRE SAINT-ALBERT-LE-GRAND Chemin de la Côte Sainte-Catherine, Montréal, 1358 Judith Boisvert, stagiaire en architecture «Je vous laisse toute latitude pour organiser ce futur monastère de façon à ce que vous puissiez y entretenir les plus pures traditions de l\u2019ordre dominicain.Je sais que ce lieu de science et de prière brillera dans le diocèse et sera pour un grand nombre d\u2019âmes un havre de paix et de salut:» Cardinal Paul-Émile Léger, 15 juillet 1957.(1) C\u2019est ainsi que fut officiellement annoncée la construction du monastère Saint-Albert-le-Grand.Il aura fallu plusieurs années pour que se concrétise l\u2019ambitieux projet d\u2019un grand monastère à Montréal.L\u2019abandon des premiers projets partiels d\u2019Ernest Cormier en 1942 et d\u2019Alphonse Bélanger en 1950 (2) étaient d\u2019ailleurs dictés par cette perspective d\u2019unification dans le cadre d\u2019un programme de plus grande envergure.C\u2019est donc à partir de 1954 que l\u2019ampleur du projet se précise.De vastes terrains sont acquis à proximité de l\u2019Université de Montréal dans un secteur où déjà se retrouvent bon nombre de grandes institutions.En accord avec la pensée de saint Dominique qui prônait la propagation de la foi et du savoir, l\u2019ordre dominicain s\u2019installe près des centres de l\u2019élite intellectuelle.Trois ans plus tard, le révérend père Lussier propose de concevoir le programme complet du monastère à Yves Bélanger qui compte déjà à son actif plusieurs réalisations pour les communautés religieuses.Outre le contenu traditionnel monastique, l\u2019établissement devait accueillir, au plus, cent vingt moines, professeurs et étudiants et abriter l\u2019Institut d\u2019études médiévales, les départements de philosophie et de psychologie, une école de pastorale et de prédication ainsi qu\u2019un gymnase et une piscine.Ce programme complexe prévoyait également, en plus de la bibliothèque, une librairie publique de quelque 50 000 volumes.(3) Le projet soumis par Bélanger en janvier 1958 est aussitôt mis en chantier.Deux ans plus tard, au printemps, se tient la cérémonie d\u2019inauguration du monastère, en présence d\u2019importants dignitaires religieux et civils.L\u2019esprit de cette construction s\u2019inscrivait alors dans un climat de renouveau de l\u2019architecture religieuse en Europe.L\u2019ordre dominicain, fort d\u2019une réputation d\u2019ouverture à la culture, constate, à la lumière des écrits des pères Couturier et Régamey, que s\u2019est creusée une brèche entre les valeurs religieuses et modernes.Les supérieurs de l\u2019ordre reconnaissent les qualités du modernisme et se laissent convaincre que ce mouvement ne va pas à l\u2019encontre des principes religieux traditionnels.En France, nombre de constructions sont alors mises en chantier dont le couvent de la Tourette confié à Le Corbusier sur recommandation du père Couturier, un an seulement avant Saint-Albert-le-grand et à un coût vingt-cinq fois plus élevé.(4) Le Québec, alors sous l\u2019emprise duplessiste, accuse un sérieux retard culturel, l\u2019architecture y demeurant résolument traditionnelle.Ce n\u2019est qu\u2019à la fin des années cinquante que se manifeste un goût réel de renouveau.Les bâtiments religieux, sauf quelques rares exceptions, sont encore en pierre et présentent des façades à pignons.C\u2019est dans ce contexte qu\u2019Yves Bélanger, alors parvenu à un stade de pleine maturité professionnelle, élabore, en une semaine seulement, les esquisses du monastère.Il y travaille d\u2019une main sûre, laissant aller son intuition vers l\u2019utilisation nouvelle de symboles et de principes très anciens.Il reprend l\u2019organisation traditionnelle des bâtiments conventuels autour d\u2019un jardin clos, le cloître à colonnade placé au sud par rapport à l\u2019église située sur un des côtés, tandis que les cellules des moines sont disposées en hauteur, orientées en vue d\u2019un ensoleillement optimal.À l\u2019instar de Le Corbusier au couvent de La Tourette, Bélanger réinterprète ces éléments, les intégrant en une synthèse du passé et du présent.La sobriété, le dénuement et la simplicité de l\u2019ensemble sont en accord avec les fondements de l\u2019ordre dominicain, le plan simple de l\u2019église, à nef unique et dégagée, accueillant les fidèles par un flot de lumière en guise d\u2019essentiel décor.La situation urbaine du monastère et sa vocation publique oblige une identification très nette des différents niveaux hiérarchiques de la communauté.Des lieux d\u2019activités normales aux espaces de retraite spirituelle, chaque partie forme une entité distincte selon sa fonction, sa disposition, sa relation avec 1 extérieur, ses matériaux, sa structure et sa symbolique dans une logique constructive expressive.Le couvent des Dominicains est composé de trois volumes principaux et d\u2019une aile secondaire à l\u2019arrière, disposés en triangle rectangle autour d\u2019un jardin.Bélanger préconisait une symbolique reliée à la Trinité (5), la notion d\u2019un dieu unique en trois personnes s\u2019appliquant ici au bâtiment composé de trois parties différentes mais indissociables.Les trois volumes principaux sont disposés selon une logique fonctionnelle.Ainsi, le volume à fonction enseignante longe la rue, favorisant l\u2019interrelation avec le public.Près du sol, cette horizontale forme la stabilité, et constitue une séparation physique, visuelle et sonore entre le monastère et la rue.D\u2019autre part, l\u2019aile privée de la communauté, détachée du sol, unit en diagonale les autres volumes sur lesquels elle repose, créant un lien entre le spirituel et le didactique.La chapelle publique reliée au bâtiment, perpendiculairement à la rue, s\u2019ouvre aux passants.Son volume vertical contrebalance avec le clocher l\u2019horizontalité de l\u2019ensemble, en s\u2019élevant vers le ciel.Sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, le monastère présente une longue façade articulée qui s\u2019accorde avec le rythme de la rue caractérisé par l\u2019alternance entre résidences et bâtiments institutionnels.L\u2019utilisation de la même brique jaune accentue la relation entre le monastère et ces bâtiments.L\u2019aile publique renferme principalement la bibliothèque, l\u2019ancienne librairie et les parloirs; on y retrouve aussi deux murales de Gaston Petit.C\u2019est à partir du grand hall principal que sont dictés les accès du public aux différentes parties du bâtiment.La transition entre les volumes se fait au moyen d\u2019éléments physiques ou symboliques marquant la hiérarchie et le passage d\u2019une entité à une autre, par une série de rituels spatiaux.L\u2019aile de la communauté est ressentie comme une barre reposant sur des pilotis à l\u2019avant, déposée à quarante cinq degrés sur le volume de la façade.Dans un mouvement franc, elle se projette à la diagonale vers l\u2019arrière, laissant ainsi pressentir toute l\u2019activité qui s\u2019y déroule.Ce volume contient les espaces collectifs (réfectoire, salle commune, chapitre et cloître) au niveau du jardin et les cellules individuelles des moines aux étages.Cette barre soutenue par les colonnes du cloître, semble en fait déposée sur le bâtiment, sur le fenêtrage en motif de poutrelle triangulé et retenue par les escaliers aux extrémités comme d\u2019immenses pinces de pierre et de verre.La lumière baigne abondamment ces escaliers qui mènent encore plus haut sur une terrasse qui domine le paysage et se retrouve dans l\u2019axe du dôme de l\u2019Oratoire Saint-Joseph.(4) Selon la volonté de Bélanger, la structure révèle toute l\u2019esthétique de l\u2019église, à l\u2019instar des cathédrales gothiques.Elle se projette à l\u2019extérieur des murs de la chapelle à la manière d\u2019arcs-boutants qui viennent s\u2019appuyer sur les bas-côtés.L\u2019élimination de colonnes dans la nef permet de libérer les murs de toute charge structurale, ce qui donne l\u2019impression d\u2019une dématérialisation de la paroi en un pan de verre flottant.L\u2019intérieur de la chapelle, séparé en deux parties, publique à l\u2019avant et monacale à l\u2019arrière, est notamment caractérisé par la différence dans le fenêtrage qui crée à son tour une variation d\u2019ambiance.Le décor se limite à quelques rares œuvres artistiques dont le tabernacle fait par Charles Daudelin.Bélanger se voit confronté à un problème de représentation formelle.En effet, même si le monastère s\u2019inscrit dans le mouvement moderne, ce n\u2019est qu\u2019en 1965 que les réformes du concile Vatican II allaient entraîner un grand renouveau liturgique ayant un impact sur la forme architecturale.L\u2019église devient notamment un vaste lieu de rassemblement où se retrouvent unis autour de l\u2019autel les deux pôles de l\u2019assemblée.Il en résultera une recherche fondamentale de la forme du plan.Bélanger n\u2019en est pas là, mais il insiste, dans les limites permises, sur certains éléments.Il accorde de l\u2019importance à un espace vaste et unique: la séparation entre les deux parties n\u2019est pas créée par un changement de volumétrie mais plutôt par la lumière et par de minces parois ajourées; elle se fait de façon plus symbolique que réelle.À l\u2019extérieur, un petit clocher de brique transpercé d\u2019une flèche de cuivre surplombe l\u2019autel massif au centre de la chapelle des moines.Déjà, pour l\u2019époque, la forme se distance largement des principes traditionnels.C\u2019est dans l\u2019église proprement dite que Bélanger affirme le plus nettement son adhésion au mouvement moderne.Il prend parti pour le AVRIL 1994 1.\tPlan du rez-de-chaussée.2.\tPerspective intérieure de la chapelle.3.\tLa barre des cellules, lors de la construction en 1958 - vue arrière.4.\tLe cloître 5.\tElévation sur le Chemin de la Côte Sainte-Catherine, montrant la premier plan SïISBS 'iMiSŒÏ lli I ¦dk, -h, \t\tIf BT11 \t\t niiiiimi IÊBBM1 asegi; Ft IT Fl ÏÏ.Vga Sap?renouveau prôné dans la revue l\u2019Art sacré, diffusée au Québec par le magazine ABC, qui publie dès 1937 les exemples de la Suisse (6) et de la France, représentées par Perret, Moser ou Metzger, ardents défenseurs des techniques modernes et des principes du fonctionnalisme.Bélanger s\u2019approche plus encore des exemples de la Suisse du début des année trente, répondant à leur logique constructive et à une ornementation dépouillée, limitée à celle qu\u2019amènent l\u2019architecture, ses volumes et sa lumière.La nef à volume unique plutôt massif et à section carrée, typique de la Suisse, que l\u2019on remarque pourtant dans l\u2019église Notre-Dame-Porte-de-l\u2019Aurore de Jean-Marie Pétrucci, construite en 1955, (7) n\u2019est pas encore courante au Québec, pas plus d\u2019ailleurs que ne le sont les églises à toit plat.En choisissant ces formes architecturales, Bélanger pousse encore plus loin le rejet des tendances néo-gothiques et de style «Dom Bellot» qui prévalaient à l\u2019époque.Il s\u2019inscrit par contre dans le courant typiquement montréalais favorisant le bloc de béton brut apparent.L\u2019organisation et la volumétrie d\u2019ensemble du bâtiment dénote l\u2019influence d\u2019un des plus grands représentants de ce mouvement.Le Corbusier tient certainement une place importante dans l\u2019origine de certains principes et traitements du monastère.L\u2019aspect monolithique de la 4 «barre» des chambres, son dégagement par rapport au sol, l\u2019utilisation des pilotis ^ et du toit-terrasse n\u2019en sont que quelques indices.La profusion de détails et de références ne fait qu\u2019enrichir l\u2019œuvre de Bélanger, servant à alimenter et non à suppléer l\u2019originalité et la personnalité de son auteur.Le bâtiment qu\u2019on peut visiter aujourd\u2019hui n\u2019a heureusement pas subi de transformations très profondes.La plus importante consiste dans le remplacement du verre transparent dans la chapelle par du verre coloré durant les années quatre-vingts.Des transformations mineures ont aussi été apportées à l\u2019organisation du monastère et de l\u2019église suite à l\u2019entrée en vigueur de la réforme liturgique.La communauté dominicaine ayant grandement diminué, certaines parties ont été subdivisées pour fins de location, ce qui a quelque peu perturbé la fluidité des communication entre les parties.Qualifié de «monastère le plus moderne du Canada» (8), dès son inauguration en I960, Saint-Albert-le-Grand continue d\u2019être, aujourd\u2019hui encore, considéré comme «l\u2019une des réalisations québécoises les plus remarquables des années 1950» (9).Le monastère ne cesse d\u2019attirer les regards: «Il s\u2019agit de l\u2019une des constructions les plus singulières qui aient été réalisées au Québec à la fin des années \u201950» (10) et d\u2019étonner: «Ses formes insolites surprennent bien des passants car le monastère n\u2019a rien de conventionnel.» (11).Ce bâtiment, qui retient toujours l\u2019attention par sa modernité et son originalité, représente bien l\u2019architecture souvent difficile d\u2019approche de ces décennies de remise en question qu\u2019ont été les années cinquante et soixante.Il devient urgent de relancer le débat sur cette architecture, et la plus grande qualité du monastère Saint-Albert-le-Grand est certainement de le provoquer.NOTES 1.\tPublication des Dominicains, document de leurs archives.2.\tD\u2019après les archives des Dominicains, ces projets ne visaient que l'Institut d\u2019études médiévales.3.\t«Le nouveau monastère des Dominicains à Montréal», Bâtiment, février 1961, p.24-26.4.\tLUPIEN, Philippe.«Le Monastère Saint-Albert-le-Grand», SILO, n°5 (à paraître).5.\tPrécision soulevée par Pierre Bélanger et Pierre Lussier.6.\t«L\u2019exemple de la Suisse», ABC, n°23, mars 1948, p.20-32.7.\tBERGERON, Claude.L\u2019Architecture des églises du Québec 1940-1985, Québec, Les Presses de l'Université Laval 1987, p.80.8.\t«Le plus nouveau monastère de Montréal: St-Albert Le Grand», Le Petit Journal 28 août 1960.9.\tBISSON, Pierre-Richard.«Dix circuits pour découvrir l\u2019architecture montréalaise» (VII - Monastère dominicain Saint-Albert Le Grand), ARQArchitecture-Québec (encart), n° 54, avril 1990.10.\tBISSON, Pierre-Richard, «Anniversaires», ARQArchitecture-Québec, n° 43, p.43.11.\tIdem.Le Petit Journal.LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ TABLE RONDE PROPOS RECUEILLIS PAR ÉRIC GAUTHIER m Dans un objectif d\u2019émulation sur la signification du projet de Saint-Albert-Ie-Grand, à travers l\u2019œuvre de Bélanger, le comité de rédaction a organisé le 5 février 1994 une visite des lieux, suivie d\u2019une table ronde à laquelle participaient Georges Adamczyk et Jean-Louis Robillard, professeurs de design à l\u2019Université du Québec à Montréal, ainsi que Eric Gauthier, architecte et Émile Verdier, chargé de cours au département d\u2019histoire de l\u2019art de l\u2019Université de Montréal.Louis-Paul Lemieux, qui jouait le rôle d\u2019animateur, a orienté la discussion sur la réactualisation de la lecture de ce bâtiment.Sont ici publiées certaines des interventions les plus pertinentes, répertoriées par Éric Gauthier.Malgré la défaveur qui ressort des commentaires, il convient de souligner l\u2019enthousiasme général sur l\u2019importance du bâtiment à travers l\u2019histoire de l\u2019architecture du Québec.L\u2019ACTUALITE Louis-Paul Lemieux «On entend souvent dire que ce bâtiment aurait pu être construit aujourd\u2019hui.» Éric Gauthier «Il ne s\u2019agit peut-être que de l\u2019effet produit par cette grande diagonale et du rapport qu\u2019elle entretient avec les cages d\u2019escalier qui l\u2019attrapent.L\u2019élévation sur Sainte-Catherine présente un caractère scénographique très appuyé qui nous provoque.Pour le reste du projet comme de sa production, Bélanger faisait un travail honnête, représentatif de l\u2019époque, parfois un peu naïvement, sans plus.» Georges Adamczyk «Cette grande aile orientée sur l\u2019Oratoire Saint-Joseph semble être beaucoup plus définie par l\u2019extériorité que l\u2019intériorité.On comprend plus sa singularité par rapport à l\u2019échelle territoriale.C\u2019est l\u2019élément fort qui nous attire vers le bâtiment.La clarté du projet initial consiste à venir poser de façon affirmative un pont gigantesque sur un dispositif classiquement organisé.Il y a là une trace d\u2019abstraction pas complètement absorbée, la présence métaphysique de cette idée pure qui descend s\u2019appuyer au sol.» Jean-Louis Robillard «Ses matières résistent bien à l\u2019usure du temps; il y a quelque chose de très bien construit, de bien jointoyé dans ce qu\u2019il savait faire avec la brique.Il y a aussi surtout dans cette collision de la barre avec le reste du projet, mal résolu en plan, le caractère d\u2019un collage qui peut exercer une certaine séduction.» LE SACRÉ Georges Adamczyk «Il y a probablement eu des problèmes de budget, mais cette pauvreté n\u2019a pas été assumée, n\u2019est pas devenue un prétexte à exploiter.Je n\u2019ai pas senti le sacré à l\u2019intérieur, l\u2019émotion la plus forte nous est procurée par le toit-terrasse.On a plutôt l\u2019impression d\u2019un collège ou d\u2019un pensionnat pas nécessairement destiné à la vie spirituelle, un registre avec lequel il serait plus familier.» Éric Gauthier «Il y a aussi ce caractère trivial qui appartient à la production de l\u2019époque, ce désir d\u2019intervenir sur toutes les surfaces, une peur du vide et de la nudité qui me semble incompatible avec le programme.Le projet illustre la dévaluation d\u2019une certaine idée de la modernité lorsqu\u2019on a tué la volonté d\u2019abstraction.La nef a des proportions spectaculaires, mais l\u2019espace est affaibli par le traitement des surfaces.On ne sent pas une volonté de transcender le programme.» Jean-Louis Robillard «L\u2019ascétisme ne passe pas du tout, c\u2019est évident.Le monastique n\u2019a pas la force que Corbu apporte aux chambres de la Tourette bâtie aussi pour des Dominicains au même moment.Il faut dire par contre que le choeur est absolument magnifique malgré les horribles rideaux de béton pressé de chaque côté.Il y a là un espace bien contenu avec une belle lumière.Il y a d\u2019autres belles salles où il sait mettre de l\u2019intimité, salles de classe, salles communes.J\u2019ai passé deux ans dans sa maison et je retiens de ce gars-là son sens de la quotidienneté.» LA MODERNITÉ Jean-Émile Verdier «Je pressentais une certaine confusion.N\u2019étant pas architecte, j\u2019étais intéressé à mieux comprendre la modernité au-delà de la forme par l\u2019expérience directe du bâtiment.J\u2019ai eu l\u2019impression de ne pas rencontrer la modernité mais d\u2019en voir une image sur un registre bidimensionnel parce qu\u2019ici la spatialité est problémati- que.Il y a bien quelques moments forts comme le détachement des colonnes aux murs périphériques, mais la définition de la modernité demeure suspendue.Ce qui m\u2019amène à l\u2019automatisme qui singularise la modernité au Québec à l\u2019époque et cette façon de travailler qui peut nous éclairer sur la décision d\u2019introduire cette diagonale difficile à intégrer.» Georges Adamczyk «.le côté fulgurant, surréaliste, qui est un autre versant de la modernité.Comme si une partie importante du travail était purement artistique et non fondée sur la technique ou l\u2019usage avec tous les inconvénients que cela suppose.» Jean-Louis Robillard «Je crois surtout qu\u2019il y avSit chez cette génération issue de l\u2019académisme finissant, accédant à la Révolution tranquille, une volonté jubilatoire de se singulariser, de sortir du rang.Je pense ici à D\u2019Astous et sa magnifique église Saint-Maurice.» Jean-Émile Verdier «Il faut établir une distinction entre l\u2019automatisme pratiqué ici et celui de Pollock par exemple.» Jean-Louis Robillard «Il y a derrière toute cette architecture religieuse et moderne une conscience esthétique.Alors que chez Pollock le processus est primordial et se suffit à lui-même, chez Borduas il s\u2019agit plutôt de tisser et de révéler en s\u2019arrêtant délibérément à un résultat.» Éric Gauthier «La situation est intéressante dans la mesure où nous avons affaire à un architecte moderniste, déterminé dans une certaine mesure par les valeurs catholiques conjuguant idéalisme et sens de la finalité.Il faut que les choses aient un sens malgré la liberté qu\u2019il s\u2019octroie.Je trouve symptomatique que la barre soit orientée précisément sur l\u2019Oratoire Saint-Joseph.Il est vraisemblable qu\u2019il puisse s\u2019agir de I la légitimation a posteriori d\u2019un geste spontané issu d\u2019une volonté artistique autonome.» Georges Adamczyk «Le plan directeur de 1943-1944 auquel il a collaboré privilégiait l\u2019orientation solaire, est-ouest, en rupture avec les trames traditionnelles.C\u2019était dans l\u2019air du temps.Il est possible en poussant le raisonnement jusqu\u2019au bout que le prototype du bon logement soit à l\u2019origine du projet.On serait alors plus près de l\u2019Armée du Salut que de la Tourette.Il y a là une grande barre orientée en fonction de l\u2019ensoleillement et de plus petits éléments à ses pieds pour la contextualiser, établir le rapport à la rue.Ce pourrait être la même chose ici.» Éric Gauthier «Il manque quelques étages à la barre pour que cette hiérarchie fonctionne.» Georges Adamczyk «Ce n\u2019est peut-être qu\u2019un rendez-vous manqué avec lui-même.» AVRIL 1994 12 FICHE TECHNIQUE Dominique Derome, architecte 1.Vue latérale de la chapelle montrant la transparence des résilles.2.\tCoupe de mur type de la paroi est de la chapelle.3.\tCoupe générale de la chapelle.4.\tCoupe générale de la nef d'une cathédrale gothique.C\u2019est à l\u2019initiative du Comité des matériaux et techniques de l\u2019Ordre des architectes du Québec que débute cette nouvelle collaboration visant à documenter les solutions techniques qui permettent aux architectes de matérialiser leurs intentions.Pour cette première, l\u2019église du monastère Saint-Albert-le-Grand, quoique bâtie il y a déjà trente ans, est un exemple bien choisi en ce qu\u2019il démontre le tour de force technique réalisé dans l\u2019utilisation inattendue de la structure.L\u2019intention architecturale S\u2019inspirant de la typologie gothique de la nef centrale s\u2019élevant vers les deux, flanquée de bas-côtés, Bélanger crée un volume simple, parallélépipède rectangle composé d\u2019une simple dalle flottant au-dessus d\u2019un fenêtrage complet des parois latérales.Il ajoute des bas-côtés de part et d\u2019autre de la nef, mais évite la séparation virtuelle des espaces qu\u2019amènerait une colonnade.La solution technique La solution d\u2019une telle intention passe par un truchement structural: les dalles de toits des bas-côtés sont supportées sur les murs extérieurs, mais elles sont suspendues du côté de la nef.Cinq paires de tirants dissimulés dans les meneaux des fenêtres lient ces dalles aux cinq cadres qui supportent la dalle de la nef.Ces cadres dont la poutre supérieure traverse la nef et franchit de part en part les parois vitrées rappellent ainsi de l\u2019extérieur les arcs-boutants gothiques.La solution structurale est documentée dans les dessins des ingénieurs en structure Lalonde et Valois.Les tirants sont composés de quatre tiges d\u2019acier d\u2019armature de section carrée (1 'h\" x 1 'h\"), respectivement liées à l\u2019armature des dalles supérieure et inférieure.Vraisemblablement pour les protéger de l\u2019eau et de l\u2019air et pour les utiliser comme fond de clouage, les tirants sont entourés d\u2019une chape de béton de 7\" x 12\", sur toute la largeur de 18 pieds.Une fois enveloppés de bois, ces tirants deviennent les composantes de base d\u2019une hiérarchie de meneaux aux dimensions variées, formant une résille supportant du verre clair, à l\u2019exception de quelques carreaux colorés, placés parcimonieusement.Le jeu des meneaux des fenêtres intègre si bien les tirants qu\u2019on en oublie leur fonction.De l\u2019extérieur, les deux résilles se superposent et jouent de transparence en contraste avec l\u2019immobilité des cadres recouverts de pierre naturelle.solin d\u2019aluminium \u2022\tmembrane \u2022\tbâti en bois \u2022\tisolant en natte \u2022\tdalle gaufrée \u2022\ttuile acoustique pierre naturelle membrane isolant en natte dalle de béton tuile acoustique brique espace d'air crépis bloc de béton ¦ I 13 LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ RESIDENCES BELANGER ET TRUDEAU Avenue Melrose, Notre-Dame-de-Grâce, Montréal, 1949 Judith Boisvert En 1945, Belanger écrivait dans un article de la revue ABC que «l\u2019architecture est sans contredit la plus complète expression matérielle de la civilisation d\u2019une époque» (1), et que cette expression devait être le reflet direct des besoins et des tendances actuelles, des nouveaux matériaux et des progrès de la technique.Il suivait le courant d\u2019idées progressistes animé d\u2019une volonté de changement que ne partageait même pas l\u2019École des Beaux-Arts.En 1949, alors que certains témoignaient déjà de leur impatience par le «refus global», l\u2019École qui formait les futurs architectes n\u2019acceptait toujours pas d\u2019adapter son enseignement à ce courant de l\u2019après-guerre.Ea maison de la rue Melrose représente plus qu\u2019une époque, elle reflète la volonté ferme d\u2019avancer vers la prochaine.Conçue pour abriter d\u2019une part la famille d\u2019Yves Bélanger et d\u2019autre part celle de son ami, l\u2019ingénieur Marc Trudeau, cette maison jumelée est construite en 1949.Elle provoque alors un certain malaise chez les habitants de ce quartier homogène de Notre-Dame-de-Grâce, Bélanger n\u2019ayant pas hésité à y exprimer son goût des techniques et matériaux modernes, mais aussi un nouveau style annonciateur de l\u2019habitation de banlieue.Erigée sur un radier, cette double maison sans sous-sol, construite en blocs de béton apparents, témoigne d\u2019un certain cran et d\u2019un modernisme technique et esthétique.Reflet de la génération d\u2019après-guerre, l\u2019architecture de l\u2019ère de la banlieue, comme l\u2019appelle Bergeron (2), favorise un individualisme et une liberté à l\u2019origine d\u2019une nouvelle esthétique domestique.Bélanger n\u2019est pas imperméable à ce rêve.Sa maison basse et horizontale, surmontée d\u2019un toit bien assis, projette une image de stabilité et surtout de protection qui n\u2019est pas sans répondre à l\u2019influence américaine, surtout celle de Frank Eloyd Wright avec ses premières maisons usoniennes.La façade ne présente que les percements nécessaires, elle ne laisse en aucun cas deviner l\u2019ouverture et l\u2019expansion sur la cour arrière.Le plan se découvre progressivement vers les pièces familiales amplement vitrées sur le jardin.La salle à manger et le salon en s\u2019ouvrant ainsi vers l\u2019extérieur procurent une abondance de lumière et d\u2019espace.Une attention particulière est apportée aux aspects et aux détails du quotidien, notamment dans les nombreux meubles intégrés et coins de rangement dissimulés.Bélanger voulait une maison qui reflète la facilité de vivre, le confort et la légèreté, le rêve.Les deux portes coulissantes donnant sur la salle à manger représentent avec leurs motifs de bois ajourés ces formes «nuageuses» et libres qu\u2019il appelait des «shmoo» et qu\u2019on retrouvera sous une forme ou une autre dans son œuvre.IMotes et références 1.\tBÉLANGER, Yves, «L\u2019architecture», ABC, vol.1, n° 1, novembre 1945, p.6-7.2.\tBERGERON, Claude, Architecture du XX siècle au Québec, Montréal, Éditions du Méridien, 1989.AVRIL 1 994 -Ms À gauche: Pavillon de bain à Trenton, New Jersey.Architecte, Louis Kahn.Oeuvre décisive de la carrière de Louis Kahn (1901-1974), le Bath House de 1955 deviendra pour l\u2019architecte le paradigme méthodologique.La parenté qui lie cet ouvrage à la maison Melrose démontre les affinités de l\u2019œuvre de Bélanger avec les déterminismes modernistes de l\u2019époque.N.D.L.R. RÉSIDENCE SECONDAIRE DE SAINTE-ADELE Chemin Bourg-Joli, Sainte-Adèle, 1955 Judith Boisvert i Une maison secondaire, à la campagne, où la seule restriction réside dans le budget.L\u2019architecte n\u2019a ni voisin, ni client, ni permis.Liberté d\u2019essai et d\u2019erreur.Bélanger veut pour lui et sa famille une résidence offrant un «plan libre», versatile, ouverte à la végétation et à l\u2019air qui l\u2019entoure.Située sur un promontoire dans la vallée, elle bénéficiait autrefois d\u2019une vue périphérique complète tel un bastion isolé.Déposée sur un socle de béton, la maison se veut légère et trans-I q parente.D\u2019une portée d\u2019environ vingt-deux pieds de poutres de bois reposant sur des poteaux espacés aux quatre pieds, elle couvre une longueur totale d\u2019environ !>; soixante pieds.Aucun mur porteur, l\u2019espace intérieur orthogonal est dépourvu de responsabilités structurelles, principe que Bélanger appliquera plus tard au monastère Saint-Albert-le-Grand.Le toit plat surplombe généreusement les meneaux porteurs subdivisés en modules de trois pieds à la verticale.Tout le pourtour fait d\u2019un jeu de pleins et de vides est composé de ces modules en panneaux vitrés où parfois, au caprice d\u2019un détail intérieur, s\u2019intercale un panneau plein, à l\u2019origine en contreplaqué rosé, tantôt prévu pour un arrière de téléviseur, un dessous de table, tantôt pour un comptoir ou un lit.Ici on ne parle pas d\u2019enveloppe mais d\u2019ossature pleine et entière.On entre dans un espace vaste où la lumière et la nature sont à l\u2019honneur.À chaque extrémité longitudinale se glissent deux portes coulissantes de dimensions généreuses donnant sur le paysage environnant.Bélanger avait entièrement conçu tout le mobilier, en l\u2019intégrant parfois aux parois extérieures.Il pousse l\u2019expérimentation jusqu\u2019à installer un système de plinthe continue qui longe tout le pourtour, donnant la possibilité de raccorder l\u2019électricité à n\u2019importe quel point dans la pièce.Un système de rideaux sur rail, au-dessus du fenêtrage, permettait à l\u2019époque la même mobilité, de s\u2019adapter à la course du soleil ou aux besoins d\u2019intimité.La simplicité désarmante du principe d\u2019ensemble suggère un modernisme triomphant.La naïveté du concept par rapport au climat pourrait porter préjudice à son concepteur, mais la construction impulsive et novatrice en fait un exemple d\u2019audace et d\u2019ingéniosité EE ?tn il i i ; ::\t?riaa: s* SU m*rr lr L\u2019ARCHITECTURE.UN PROBLEME SPIRITUEL Yves Deschamps, architecte et professeur d\u2019histoire de l\u2019art À LA FACULTÉ DES ARTS ET DES SCIENCES DE DUNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Au Québec, la question de l\u2019art sacré aura constitué l\u2019une des matrices de la modernité et le cas Couturier en est le révélateur.Son passage à Montréal, voulu et sans doute amplifié par les partisans montréalais d\u2019un aggiornamento culturel contribua à faire entrer l\u2019art moderne au Québec de façon quasi-clandestine.Dans quelle mesure?Il est difficile de le dire.Au Canada français, le prêtre-artiste n\u2019eut guère de temps pour agir ni même - en dépit de quelques remarques lucides - de prendre une mesure juste de la situation.Il fut vite refoulé dans l\u2019enclave de l\u2019École du Meuble, puis, de retour à Paris, absorbé par d\u2019autres soucis.Pourtant, quelque dix années plus tard, les nouvelles églises apparaissaient (apparaissent encore) comme l\u2019un des éléments les plus valables et spécifiques de la modernité québécoise.Dans les derniers jours de décembre 1939, le R.P.Alain-Marie Couturier, dominicain, quitte la France en guerre pour New York où il devait rester quelques mois.Il ne rentrera dans son pays qu\u2019en août 1945.Entre ces deux dates, il aura effectué de nombreux séjours au Canada français, essentiellement à Montréal où il prononce de nombreuses conférences, enseigne brièvement à l\u2019École des Beaux-Arts, plus longuement à l\u2019École du Meuble, publie des articles et même quelques livres.En France, le père Couturier avait déjà acquis une certaine notoriété en tant que promoteur d\u2019un art sacré moderne fondé sur une collaboration entre l\u2019église et les meilleurs artistes contemporains, indépendamment des croyances ou incroyances personnelles de ces derniers.Ici, il reprendra la même croisade à ceci près que, faute de trouver sur place un milieu artistique comparable à celui de Paris, il proposera d\u2019appuyer le renouveau sur les arts et traditions populaires.Durant ces années de guerre qui furent si décisives dans l\u2019évolution de la société québécoise vers la modernité, la figure de Couturier se détache nettement.Prêtre, Français et artiste, il est, à chacun de ces titres, sollicité par les uns, écarté par les autres.Ainsi, à ses analyses personnelles de la société québécoise, souvent justes, s\u2019ajoute l\u2019effet provocateur de sa seule présence et la force polémique de ses opinions.Le témoignage le plus convaincant de son importance aux yeux des pionniers de la modernité québécoise est peut-être l\u2019allusion de Borduas dans Refus global au «père infatigable» qui «romp(it) la glace».Quant on sait le rôle historique sinistre que le peintre attribuait à l\u2019église, l\u2019exception consentie au Dominicain prend un relief singulier.Si le national-catholicisme qui imprégnait la société québécoise de 1940 explique bien des choses, il en cache tout autant.Comment évaluer, par exemple, l\u2019authenticité de l\u2019intérêt des artistes pour l\u2019art sacré dans un univers où il constituait une source essentielle de revenus et de gratification sociale?Quel sens donner à l\u2019investissement généreux d\u2019une société dont on connaît par ailleurs le positivisme pragmatique, dans une religion de l\u2019abandon et de la pauvreté, dans un art sacré monumental?À vrai dire, cet art sacré ne méritait que rarement le nom d\u2019art au sens actuel du mot, et le «sacré» y avait un sens plus fonctionnel que spirituel.Les églises québécoises qui précèdent la génération moderne étaient des «machines à prier» efficaces et sans surprises, bien plus standardisées, à leur manière, que leurs cadettes.Elles étaient le produit de la société qui les bâtissait et les habitait.En 1958, dans Art et liberté spirituelle, Couturier écrira: «Examinons d\u2019abord la situation de fait.Où en est l\u2019art chrétien au Canada, et spécialement dans la province de Québec, terre catholique, terre ecclésiastique s\u2019il en fut jamais?Cet art chrétien y est entièrement livré au clergé et, par lui, aux marchands.» Le clergé n\u2019est pas seulement accusé ici d\u2019abus de pouvoir, mais aussi de complicité avec le matérialisme qu\u2019il prétend combattre.Pour bien comprendre cette accusation, il faut se rappeler la minceur de la spiritualité réelle du catholicisme québécois triomphant de ces années-là.Le spirituel y était souvent réduit à la proclamation rituelle de dogmes à l\u2019élaboration desquels le milieu local n\u2019avait guère contribué et que le clergé présentait volontiers comme une sorte de réalité objective, banalisée par son évidence et son immutabilité.La seule qualité efficace de ce dogme était l\u2019autorité absolue qu\u2019il conférait à ses dispensateurs.illJ L/ï ï Y WW \\ XW/à Dans la pratique, importait vraiment l\u2019exercice de cette autorité à des fins diverses allant des plus charitables aux plus politiciennes, autrement dit, la gestion par le clergé du pouvoir conféré par la Vérité, comme à d\u2019autres par la finance ou l\u2019hydro-électricité.Ainsi, en matière d\u2019art sacré, le curé n\u2019avait pas à définir lui-même les formes canoniques.Encore moins, on le conçoit, à rechercher la collaboration d\u2019artistes - fussent-ils catholiques pratiquants - dans le but de les redéfinir.En revanche, il devait, en bon gestionnaire, voir à la conformité de l\u2019équipement cultuel avec le canon.La sainteté de l\u2019entreprise étant a priori garantie par cette conformité, il ne voyait aucun inconvénient à en confier l\u2019exécution à de purs techniciens et «commerçants».Par-dessus tout, il n\u2019avait que faire d\u2019un artiste moderne qui, tôt ou tard, contesterait les fondements mêmes du système et de son pouvoir.Pour tardive qu\u2019elle soit au Québec, la remise en cause de ce système aura pourtant lieu.Y joue un rôle le père Couturier, mais pas lui seul.Depuis de nombreuses années, quelques artistes, critiques, amateurs d\u2019art et même quelques religieux menaient le combat en faveur d\u2019un art moderne par sa forme, mais plus encore par sa liberté, par son autonomie critique et sa recherche constante.Parmi eux, se distingue l\u2019équipe rassemblée autour de Jean-Marie Gauvreau, à partir de 1935, à l\u2019Ecole du Meuble: Paul-Émile Borduas, Maurice Gagnon et Marcel Parizeau.C\u2019est vraisemblablement cette équipe qui organisa la venue du Dominicain à Montréal.C\u2019est elle, en tous cas, qui devait lui offrir un refuge à l\u2019École du Meuble après son échec à l\u2019École des Beaux-Arts, elle qui tira le plus grand parti de sa présence.L\u2019art sacré était au centre des préoccupations de l\u2019École et pas nécessairement par opportunisme.Borduas, peu suspect, par ailleurs, de complaisance envers l\u2019église, écrit en 1949 dans Projections libérantes-, «Seule une foi, englobant le savoir humain dans une forme suffisamment dynamique pour (.) réordonner les AVRIL 1334 16 mm vÆgwmhg&i fiLS»' s&SsSft inns sÈM?.'tÊM ;SsHÜ!!S!ff « - Wmmm HjsgH k>\t*>: liiK lUNkj \u2022v .tf-V .v.'v .V individus dans une nouvelle forme religieuse collective (foi et amour en nos semblables), peut justifier nos espoirs et notre ardeur.» Et Parizeau, cité par le père Couturier dans son livre de 1945 Marcel Parizeau architecte, déclare: «Le problème de l\u2019architecture au Canada, c\u2019est d\u2019abord un problème spirituel.» Ce à quoi l\u2019auteur ajoute: «Voilà l\u2019idée dominante.Un peu décourageante aussi.C\u2019est tout un monde qu\u2019il faudrait changer, et pour ces changements-là il n\u2019est pas de recettes connues.» La phrase de Parizeau, plus discrète, est pourtant soeur de celle de Borduas.Le spirituel quelle évoque, s\u2019il n\u2019est pas nécessairement anti-chrétien, relève pourtant d\u2019un autre ordre de préoccupations.Le père Couturier cherchait un renouveau de l\u2019art sacré hors des cadres de l\u2019église.A travers l\u2019art sacré catholique, quelques artistes et architectes québécois poursuivaient vraisemblablement un tout autre esprit.La vague d\u2019églises nouvelles qui déferle sur le Québec entre 1955 et 1965 est remarquable tant par son caractère exceptionnel dans notre histoire architecturale que par sa brièveté et par sa fin abrupte et apparemment sans retour.Il faudrait être myope pour ne pas voir que le phénomène participe d\u2019un mouvement mondial de l\u2019église catholique, dont les racines sont essentiellement européennes et dont la démarche du père Couturier constitue un épisode caractéristique.Dans cette dernière forme, le renouveau liturgique pourrait apparaître accidentel par rapport aux problématiques architecturales.Il s\u2019agirait, en somme, d\u2019une tentative de récupération de la part d\u2019une vieille institution en perte de pouvoir.Ce serait oublier le rôle important de la thématique de la liturgie et de l\u2019édifice sacré dans la genèse des notions d\u2019art et d\u2019architecture, puis de modernité, rôle dont l\u2019écho résonne encore dans le Refus global.Sans remonter plus loin, rappelons-nous la liturgisation du quotidien qui imprègne l\u2019œuvre de John Ruskin ou, plus directement, le climat de spiritualisme néo-chrétien, apocalyptique, néo-médiéval qui baigne la naissance du Bau-haus et qui n\u2019est pas sans échos dans le Québec de 1948.En 1918, Walter Gropius écrit: «Ceci est plus qu\u2019une guerre perdue.Un monde s\u2019achève.Il nous faut chercher une solution radicale à nos problèmes.» Trente années (et une autre guerre mondiale plus tard), Borduas reprend ce thème de l\u2019urgence: «Nous interrogeons dans le trouble l\u2019ère nouvelle qui s\u2019avance, accompagnée de l\u2019horrible tragédie universelle (.).L\u2019avenir ne devrait plus nous trouver en défaut.» En 1919, Gropius conclut le premier manifeste du Bauhaus par cette phrase qui, par-delà l\u2019an mil, projette de nouvelles cathédrales: «Ensemble, il faut vouloir, concevoir, créer la construction future, forme unique qui sera tout ensemble architecture, sculpture et peinture et qui, des mains de millions de travailleurs, s\u2019élèvera vers le ciel comme le symbole d\u2019une foi nouvelle et prochaine.» Il me semble que ces quelques phrases encadrant la citation de Marcel Parizeau, relevée plus haut, suggèrent l\u2019existence d\u2019un lien qui n\u2019a rien de fortuit entre le sacré et le moderne.Parizeau n\u2019apparaît pas, à première vue, comme un mystique échevelé.Son allusion au spirituel n\u2019est que plus révélatrice comme sera révélateur le succès des églises modernes au Québec.Ce succès qui s\u2019épanouit dans un Québec déjà plus soucieux de rattrapage que de nouvelle forme collective religieuse, ne résistera pas à la crise du «goupillon et de la tuque» (pour citer Borduas) qui lui avait fourni le véhicule et le prétexte d\u2019un art sacré.Ce qu\u2019il y avait là de fragile et de contradictoire est-il pour autant devenu plus transparent?Par-delà les réalismes sans cesse renaissants: réalisme-socialiste, réalisme-catholique ou réalisme-néo-libéral actuel, demeure la petite phrase de Marcel Parizeau: «.un problème spirituel».Pour Borduas, l\u2019esprit portait les couleurs chatoyantes de l\u2019anarchie et des «mystères objectifs», pour Parizeau, la robe austère d\u2019un nouveau classicisme.Qu\u2019importe.Tous deux nous rappellent qu\u2019avant les simplifications outrancières du Style International et le confusionnisme prétentieux du postmodernisme architectural, la modernité avait été, ici comme ailleurs, une affaire d\u2019esprit.1.\tManifeste du Bauhaus, 1919.Gravure sur bois de Lyonel Feininger.2.\tEglise Saint-Edouard, Montréal, 1907.Architecte, J.O.Turgeon.3.Église Saint-René-Goupil, Montréal, 1962.Architecte, Roger D\u2019Astous.LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ LIBERTÉ QUAND TU NOUS TIENS, TEMOIGNAGE Henri Mercier, architecte, firac Yves Bélanger à sa maison de Sainte-Adèle.Yves Bélanger est né à Montréal le 12 octobre 1908.Il fait ses études à l\u2019Académie du Plateau puis à l\u2019Ecole des Beaux-Arts de Montréal.En 1933, il est admis à la pratique de l\u2019architecture.Le jeune professionnel est successivement employé chez Gascon et Parant, Eugène Perron, jean-Marie Lafleur et à la Ville de Montréal.À l\u2019âge de 40 ans, il se joint à l\u2019agence de Jean Crevier (qui deviendra Crevier, Bélanger, Lemieux et Mercier), mais une dizaine d\u2019années plus tard il reprend sa liberté.Par la suite, il travaille quelque peu en collaboration avec son frère Réal Bélanger qui est urbaniste.Il terminera abruptement sa carrière, à l\u2019emploi de la firme d\u2019ingénieurs Lalonde et Valois, rendant un dernier soupir, assis à sa table de dessin, à l\u2019âge de 69 ans.Il n\u2019y a pas de statue à la mémoire d\u2019Yves Bélanger; son nom n\u2019apparaîtra jamais au dictionnaire; on ne lui attribuera pas non plus la médaille du mérite de l\u2019Ordre des architectes; et si les prix d\u2019excellence en architecture avaient existé à son époque, il n\u2019en aurait probablement pas reçus, pour la simple raison qu\u2019il n\u2019aurait pas soumis de projet.Contrairement au commun des mortels, Yves Bélanger n\u2019a jamais recherché, consciemment du moins, ni la fortune ni la gloire.Il travaillait uniquement pour le plaisir de créer et pour sa satisfaction personnelle.Il n\u2019a malheureusement pas vécu à l\u2019ère des grands mécènes.Son imagination débordante et sa soif de découvrir, de créer, l\u2019ont occupé à toute heure du jour ou de la nuit, quelle qu\u2019ait été la dimension du problème et sans égard à sa santé.La face et les mains barbouillées de traits de plomb, il déroulait le papier calque à grand renfort de gestes: pas le temps d\u2019effacer! Les heures sont précieuses: «Dire qu\u2019un jour nous aurons cinquante ans!», l\u2019entendions-nous soupirer (nous étions alors dans la vingtaine), car dans son esprit, à cet âge, le coin du cerveau créateur se ramollit et paralyse.Infatigable chercheur, seul le «nécessaire» pouvait le ramener à la réalité, les besoins immédiats de sa famille, par exemple.Déjà à l\u2019École d\u2019architecture, son caractère primesautier le projette au centre de toutes les activités étudiantes telles que le décor du bal de l\u2019Ecole, la fameuse parade des étudiants etc.Il n\u2019organise pas, il exécute.Il ne recherche pas l\u2019action, c\u2019est l\u2019action qui le recherche.D\u2019un naturel enjoué, Bélanger est le centre d\u2019attraction de la classe.Une anecdote me remonte à la mémoire.À cette époque, tous les étudiants, de la première à la cinquième année, sont dans la même salle de cours (nous étions cinquante en tout).Un brouhaha attire le père Boisvert (chef du département) qui vient s\u2019enquérir de la cause, et tous les compagnons de s\u2019écrier en choeur: «C\u2019pas moi, Monsieur, c\u2019est Bélanger!».Le père Boisvert, pince-sans-rire, entre dans le jeu et sermonne «l\u2019innocente victime» qui simule une profonde honte! A sa sortie de l\u2019École, en pleine crise économique, la profession est au repos forcé, mais qu\u2019à cela ne tienne! Bélanger n\u2019est pas dépourvu d\u2019initiative.Pour garder le feu sacré, il fonde un club d\u2019esquisses qu\u2019il installe dans un local vide, avec des tables à dessin faites de planches mendiées.dans des clos de bois ou ailleurs, et il invite tous les «sans job» à en faire partie.Pour l\u2019inauguration du pont Jacques Cartier en 1934, le jeune architecte est chargé de la décoration.Encore une fois, il fait appel à sa bande de chômeurs infortunés! Dans un rare moment de répit, coup d\u2019imagination: il lance avec des amis une revue humoristique.Seuls deux numéros verront le jour.Bélanger doit admettre qu\u2019il est plus créateur qu\u2019administrateur.Mais il ne semble pas trop ébranlé, même si ses associés lui font le coup de l\u2019amnésie, le forçant à réparer l\u2019échec à ses frais.Les mauvais jours se suivent et se ressemblent.Pourtant, il se retrouve à l\u2019hôtel de ville de Montréal où il collabore, avec d\u2019autres diplômés en vacances forcées, à la préparation d\u2019une nouvelle estimation des propriétés.Durant ce stage, sa valeur, ses talents et son enthousiasme au travail sont reconnus et lui ouvrent les portes de différentes firmes d\u2019architectes, souvent à salaire de famine, mais il est heureux, il est dans son élément.L\u2019École des Beaux-Arts l\u2019engage comme professeur de composition architecturale, un emploi qu\u2019il n\u2019exercera que peu de temps.Enfin un confrère architecte, Jean Crevier, ouvre officiellement son bureau et le premier associé qu\u2019il cherche à s\u2019adjoindre est Yves Bélanger.Les débuts modestes dans un sous-sol promettent tout de même des jours meilleurs.Bélanger est encouragé à laisser libre cours à son imagination dans une bonne gamme de projets.Certains lui prêtent des influences de divers créateurs contemporains, lui qui n\u2019a jamais fait que jeter un oeil furtif dans les revues et volumes d\u2019architecture, par crainte d\u2019être contaminé (il ne voulait pas faire l\u2019architecture d\u2019un autre).Naturellement, il n\u2019est pas imperméable à l\u2019atmosphère du temps.Il ne peut déambuler les yeux fermés.Mais il ne fait ni du Palladio ni du Le Corbusier, il se contente de faire du Bélanger, tout simplement, une architecture que nous qualifiions alors, à la blague, de «sexy».Il ne recherche ni le grandiose ni les fioritures.Son style est simple, ses matériaux sont modestes, mais joyeux et quelque peu fantaisistes, et toujours agréables à l\u2019oeil.Bohème dans l\u2019âme, lunatique de nature, il se présente au bal de l\u2019École en «tuxedo» et oublie d\u2019enlever ses caoutchoucs.Il lui arrive aussi de venir au travail avec deux cravates dans le cou.Quand l\u2019inspiration se montre rébarbative, il quitte temporairement le bureau et prend le premier tramway, se rend au bout de ligne et revient à sa table à dessin.Les contraintes du quotidien ne le touchent pas.Après quelque 10 ans passés chez Crevier, Bélanger, Lemieux et Mercier, il commence à ressentir des obstacles à ses possibilités de création.Nous, ses associés «timides», apprécions avec réserve les élans audacieux de ses études.Bélanger, lui, ne nourrit aucun doute quant à la concrétisation de ses projets et il ne peut accepter facilement nos approbations mitigées.Notre firme acquiert pourtant une certaine aisance et nous respirons plus librement, mais Bélanger ne se laisse pas impressionner.Sa pleine liberté d\u2019expression ne tolère aucune entrave.À la richesse matérielle il préfère la richesse intellectuelle.Nous tentons bien de le retenir, en lui faisant briller la perspective de jours meilleurs, mais la «grosse finance» n\u2019est pas là pour l\u2019émouvoir, jusqu\u2019au moment où elle se venge brutalement.Les sympathies se font alors très discrètes.Bélanger, alors dans la cinquantaine, décide de voler de ses propres ailes.Sa philosophie: la nature est généreuse, inutile d\u2019avoir un gant doré pour en ramasser les dons.Il réussit à l\u2019appliquer, pour lui et les siens, de façon à jouir malgré tout des bons et beaux moments de la vie.Ardent dans ses croyances et ses principes, il ira même un jour jusqu\u2019à prendre à ses frais le coût d\u2019une sculpture qu\u2019une communauté religieuse cliente hésite à apprécier.Il se lance alors dans des projets d\u2019églises, de monastères, de résidences, d\u2019écoles, dans une complète liberté, conférant à chacun sa touche personnelle.Indifférent à tout signe de notoriété, il travaille dans l\u2019ombre; nous n\u2019avons même pas la nomenclature complète de ses travaux.Il a fallu la réalisation du monastère des Dominicains sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine à Outremont pour le révéler au grand jour.Voilà que je me relis et je me dis que ce portrait ne lui rend pas complètement justice, puisqu\u2019il ne souligne pas suffisamment sa belle nature, sa grande générosité, ses indéfectibles amitiés et ses convictions religieuses et nationalistes en béton armé.AVRIL 1 994 18 Entre ciel .r ' et terre Jusqu\u2019à maintenant, la vue du ciel n\u2019a eu que les limites imposées par les coûts élevés des méthodes de fabrication et d\u2019installation.Le lanterneau 2000 de Kawneer est fourni en ensemble entièrement conçu et fabriqué, donc l\u2019installation sur place est plus facile que jamais.La performance relative aux conditions atmosphériques est certifiée pour excéder les nonnes de rendement exigées par nos hivers et nos étés.Le lanterneau 2000 vous offre un coin du ciel dans les configurations suivantes; en pente, toit à deux versants, forme pyramidale, marquise, voûte en berceau et dôme.Dans les finis selon vos spécifications.C\u2019est une parfaite toiture pour- vos prochains ouvrages offrant la vue du ciel bleu.- IKawneer^ La marque de responsabilité 171, boul, Hymus, Pointe-Claire (Québec) H9R 1E9 514.694-3151 (télécopieur) 514.694-0801 1051 Ellesmere Road, Scarborough (Ontario) M1P 2X1\t416.755-7751 (télécopieur) 416.755-1829 4000 18th Avenue North, Lethbndge (Alberta) Tl H 5S8 403.320-7755 (télécopieur) 403.320-7373 YVES BELANGER BIOGRAPHIE 1909 - Le 12 octobre, naissance à Montréal d\u2019Yvès Bélanger, fils de Joseph Bélanger et d\u2019Yvonne Longtin.1928\tà 1933 - Etudes d\u2019architecture à l\u2019École des Beaux-Arts de Montréal.1929\t- Emploi chez Jos Sawyer, architecte.1932\t- Obtention du troisième prix du «Royal Architectural Institute of Canada» ainsi que du prix du directeur général des Beaux-Arts de la province.1933\t- Le 27 mai, obtention du diplôme en architecture de l\u2019École des Beaux-Arts de Montréal.1933 - Le 13 juillet, émission du droit de pratique par l\u2019Association des architectes de la province de Québec.1933 - Cléricature chez Alcide Chaussé, architecte; Raoul Gariépy, architecte; Lucien Parent, architecte; Gascon et Parant, architectes.1937\t- Obtention d\u2019une bourse d\u2019études de l\u2019École des Beaux-Arts de Montréal.1938\t- Emploi au Service d\u2019évaluation foncière de la Ville de Montréal.1942 - Membre du Comité de reconstruction de l\u2019Association des architectes de la province de Québec.1944 - Membre du Comité conjoint d\u2019urbanisme et de reconstruction de l\u2019Association des architectes de la province de Québec.1947 - Création de l\u2019agence Crevier & Bélanger qui deviendra Crevier, Bélanger, Lemieux et Mercier en 1949.1950-1951 (année scolaire) - Engagement comme professeur de composition architecturale à l\u2019École des Beaux-Arts de Montréal.1954 - Création de l\u2019agence Yves Bélanger, architecte, et collaboration successive avec Gaétan LeBorgne (Manoir Notre-Dame-de-Grâce, Montréal, 1956), avec Pierre Cantin (église Saint-Jude, Port-Crédit, 1959) et avec son frère Réal Bélanger, urbaniste (plan directeur de la paroisse de Chambly).1965-1978 - Responsable de l\u2019esthétique des ponts et tunnels auprès de la firme Lalonde et Valois (la future Lavalin), en collaboration avec Gaétan LeBorgne et Gérard Notebaert.1978 - Le 29 septembre, décès de l\u2019architecte Yves Bélanger.Remerciements L\u2019équipe de rédaction veut souligner la précieuse contribution des personnes et organismes suivants dans la recherche des faits et dates entourant la vie et la carrière d\u2019Yves Bélanger: Henri Mercier, architecte; Pierre Lussier, technicien en architecture chez Yves Bélanger, architecte; les Archives de la Ville d\u2019Outremont; les Archives des Dominicains; les Archives de l\u2019Université du Québec à Montréal, le Fonds de l\u2019École des Beaux-Arts de Montréal; les Archives de l\u2019École d\u2019architecture de l\u2019Université de Montréal; Pierre, Monique et Suzanne, enfants d\u2019Yves Bélanger; Réal Bélanger, urbaniste et frère d\u2019Yves Bélanger; Bernard Lamarre, ingénieur.PROJETS ET RÉALISATIONS Crevier Si Bélanger 1946\tChâteau Paint Works, avenue du Parc, Montréal / Catelli Food Products, rue Notre-Dame Est, Montréal.1947\tBanque Provinciale, Sorel / Salon funéraire Rémi Deslauriers, chemin de la Côte-des-Neiges, Montréal.1948\tMaison Roméo Valois, Sainte-Adèle / Sanatorium Prévost, Cartierville / Club Chapleau, La Minerve / Résidence Ubald Boyer, Chambly / Église Saint-Nicholas d\u2019Ahuntsic, Ahuntsic / Maison familiale de Saint-Joseph, Longueuil.1949\tRésidences Bélanger et Trudeau, avenue Melrose, Notre-Dame-de-Grâce / Église Saint-Christophe, Pont-Viau / Banque Provinciale, angle Saint-Hubert et Sainte-Catherine, Montréal / École Saint-Maxime, Sorel.Crevier, Bélanger, Lemieux et Mercier 1950\tÉcole Filiatrault, Sorel / Hôpital Saint-Michel de Buckingham, Buckingham (Ontario) / Club nautique, Sorel / Résidence Louis Lévesque, rue Maplewood, Outremont / École Saint-Léon, Waterloo.1951\tClub de golf, Laval-sur-le-Lac / Bureau de Crevier, Lemieux et Mercier, rue Pratt, Outremont / Église Sainte-Catherine-de-Sienne (chapelle provisoire), Trois-Rivières / Hôtel de ville, Sorel / Résidence Lionel Desrochers, Chambly / Résidence Paul E.David, Saint-Lambert / Presbytère Saint-Antoine-des-Laurentides, Saint-Antoine.1952\tAcadémie du Sacré-Coeur, Sorel / École Sainte-Rita, Ahuntsic / École Lamarre, rue Principale, Varennes / Église Saint-Kevin, (préliminaires) Côte-des-Neiges / Église Sainte-Louise-de-Marillac, Montréal.1953\tÉcole Saint-Jean, Pont-Viau / École Saint-Pierre, Sorel / Église Saint-Jude (préliminaires), Ahuntsic.Yves Bélanger, architecte 1954\tÉcole Saint-Jean-Bosco, Sorel / École Enfant-Jésus, Sorel / École Saint-Maxime, Sorel / École Sainte-Monica, Montréal.1955\tÉcole Jean-Groulx, Ville Saint-Laurent / Résidence secondaire de l\u2019architecte, Sainte-Adèle / Collège Saint-Bernardin, Waterloo.1956\tCouvent des Dominicains (annexe du gymnase), Sherbrooke / Résidence du Bon-Conseil, Montréal / École Monseigneur-Gauthier (angle Saint-Hubert et Gouin), Montréal / Église Saint-Jude, Port-Crédit (Ontario) / Manoir Notre-Dame-de-Grâce, Montréal (avec Gaétan LeBorgne, architecte).1957\tRésidence de religieuses Marie-Rolet (angle Beaubien et 26e Avenue), Rosemont / Village d\u2019enfants Franklin Center, Dorea / Couvent des Servantes Jésus-Marie, Longueuil / Résidence Charles Dupuis, Westmount.1958\tÉcole supérieure de Victoriaville, Victoriaville (avec Yves Labranche, architecte) / École Marymount High School, Côte-Saint-Luc / Monastère Saint-Albert-le-Grand, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal.1959\tAgrandissement école Lamarre, Varennes / Hôpital de la Visitation, Ahuntsic.1960\tÉcole Saint-Ours, Saint-Ours.1961\tRésidence Jean-Paul Dionne, Ahuntsic / École Honoré-Mercier, Ville d\u2019Anjou.1962\tAgrandissement école Marie-Médiatrice, Montréal / Palais de justice, Sorel.1963\tÉglise, couvent, gymnase et salle paroissiale Sainte-Catherine-de-Sienne, Trois-Rivières / Résidence de L\u2019Honorable Chevrier, Cornwall.1964\tÉcole Domaine-Saint-Sulpice, Montréal.Lalonde et Valois 1965\tà 1978 - Tours de ventilation, autoroute Est-Ouest, Montréal / Tour de ventilation, Square Victoria, Montréal / Viaduc, autoroute Bonaventure, Montréal / Usine de filtration, Saint-Jean-sur-Richelieu / Viaducs de l\u2019autoroute Jean Lesage, entre Montréal et Québec / Monument en Algérie / Poste de péage et édifices d\u2019entretien du pont Champlain, Montréal / Projet de ville nouvelle, Nigéria.I I I I I I I I I I I I I I I loi I I I AVRIL 1994 20 BIBLIOGRAPHIE Livres ¦\tBERGERON, Claude.L'architecture des églises du Québec 1940-1985, Québec, Les presses de l\u2019Université Laval, 1987, 383 p.¦\tBEAULIEU, Claude.Architecture contemporaine au Canada français, Québec, ministère des Afifaires culturelles, 1969, 94 p.¦\tBiographies canadiennes françaises, publiées par Me J.-E.Fortin, dix-huitième édition, Montréal, I960, 612 p.¦\tTARDIF-PAINCHAUD, Nicole.Dom Bellot et l\u2019architecture religieuse au québec, Québec, Les.Presses de l\u2019université Laval, 1978, 272 p.¦\t«Les Dominicains à Montréal»,(Saint-Albert-le-Grand), documentation des Pères Dominicains.Articles de revue ¦\t«Concours, Édifice pour un gouvernement provincial, 3 c prix», Journal of the Royal Architectural Institute of Canada (RAIC), 1932, p.61.¦\tBÉLANGER, Yves.«L\u2019architecture», Architecture \u2022 Bâtiment \u2022 Construction (ABC), vol.1, n° 1, novembre 1945, p.6-7.¦\t«Concours, une chapelle commémorative», ABC, vol.l, n° 4, juillet 1946, p.20-21.¦\t«Une architecture libre et franche», ABC, vol.2, n° 18, octobre 1947, p.23 à 27, 45 et couverture.¦\t«Trois projets d\u2019églises», ABC, octobre 1947, vol.2, n° 18, p.24-26.¦\t«L\u2019église Saint-Nicholas d\u2019Ahuntsic», ABC, vol.5, n°46, février 1950, p.21.¦\t«Maison familiale Saint-Joseph», ABC, vol.6, n° 69, janvier 1952, p.14-23, 32.¦\t«Hôpital Saint-Michel-de-Buckingham», ABC, vol.8, n° 83, mars 1953, p.35-39.¦\t«Club de golf Laval-sur-le-Lac», ABC, novembre 1953, vol.8, n° 91, p.24-27.¦\t«Les bureaux des architectes Crevier, Lemieux et Mercier», ABC, vol.9, n° 104, décembre 1954, p.20-21.¦\t«Projet d\u2019une église», ABC, vol.10, n° 105, janvier 1955, p.30-31.¦\t«Projet d\u2019une église», ABC, vol.2, n° 117, janvier 1956, p.30-31.¦\t«Manoir Notre-Dame de Grâce», ABC, vol.l 1, n° 124, août 1956, p.30-33.¦\t«Un nouveau monastère à Montréal», L'actualité dominicaine au Canada, vol 11, n° 1, juin 1958, p.7.¦\tL\u2019Action catholique, vol.XXIII, n° 4, 25 janvier 1959.¦\t«L\u2019église Saint-Jude à Port-Crédit», Bâtiment, vol.34, n° 9, septembre 1959, p.34-36.¦\t«Le monastère Saint-Albert-le-Grand», Témoins, n°6, novembre 1960, 8 p.¦\t«Le nouveau monastère des Dominicains à Montréal», Bâtiment, février 1961, p.22, 23, 26 et 27.¦\tBISSON, Pierre-Richard.«Anniversaires», ARQ Architecture-Québec, n°43, juin 1988 , p.43.¦\tBISSON, Pierre-Richard, et al.«Dix circuits pour découvrir l\u2019architecture montréalaise» (VII - Monastère dominicain Saint-Albert Le Grand), ARQ Architecture-Québec (encart), n° 54, avril 1990, s.p.¦\tLUPIEN, Philippe.«Le Monastère Saint-Albert-le-Grand», SILO, n°5 (à paraître).Journaux ¦\t«Une église à Port-Crédit», La Presse, 9 mars 1957.¦\t«Annonce de la bénédiction», Le Devoir, 30 septembre 1958.¦\t«Dominicans To Get New Priory», The Gazette, 1er juillet 1958.¦\t«New Dominican Center Will Be Born Non Sectarian», Montreal Star, 6 avril 1959.¦\t«Première pierre d\u2019un monastère des Dominicains», Le Devoir, 6 octobre 1958.¦\t«Les Dominicains ouvrent à Montréal le premier super-marché du livre! », La Patrie, 8 mai 1960.¦\tLe Soleil, 25 janvier 1959.¦\t«Le plus nouveau monastère de Montréal: St-Albert-le-Grand», Le Petit Journal, 28 août I960.¦\tLe Droit, 7 février 1959.¦\tLa Patrie, 26 avril 1959.Programme de prix des bâtiments en bois 1994 Le conseil canadien du bois vous invite à vous inscrire au programme des prix des bâtiments en bois pour 1994, seul programme à souligner l\u2019excellence dans la conception des bâtiments en bois.Un jury composé d\u2019architectes éminents examinera différentes techniques d\u2019utilisation du bois en vue de répondre aux besoins des clients.Le nom des lauréats sera publié dans la presse écrite ainsi que dans la publication CCB, Wood le Bois, ainsi que dans la Revue d\u2019architecture ARQ.Si vous n\u2019avez pas déjà reçu un Appel de candidatures, veuillez composer le numéro ci-dessous ou communiquer sans délai par télécopieur avec le CCB.La date limite de l\u2019inscription est le 6 mai 1994.Votre participation contribuera à promouvoir l\u2019utilité du bois, seul matériau de construction renouvelable, ainsi que l\u2019importance de l\u2019architecture.\t \t \t 1730, boul.Saint-Laurent Bureau 350, Ottawa (Ontario) K1G 5L1 Tél.: 1-800-463-5091 Téléc: (613) 731-7899 LES SPÉCIALISTES DU BOIS GOODFELL0W CHARPENTE SOLIDE en sapin, pruche poutres en GLULAIVI, PARALLAM et L.V.L.BOIS D\u2019OEUVRE clair séché à 10% et moins en sapin, _____pruche, cèdre, séquoia, pin et bois franc.__ Patrons en cèdre, séquoia, pin clair et noueux selon votre spécification.Parement pré-teint avec 2 couches de finition «machinecoat».Bois et contre-plaqué IMPRÉGNÉ SOUS PRESSION au A.C.C.K33.Bois et contre-plaqué ignifugé au «Pyro-Guard».FONDATIONS de bois imprégné au A.C.C.K33.Planchers de bois franc _________pré-fini «BRUCE»._______ Clous et vis en acier inoxydable garantis de 60 ans contre la corrosion.QUALITÉ ¦ SERVICE Catalogues et échantillons disponibles sur demande Tél.: (514) 635-6511 /1-800-361-6503 Fax: (514) 635-3730.Demandez André Rashotte 21 LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ « J'ai choisi Soprema parce que je ne voulais prendre aucun risque ! » V: -\t' Ci ;iV 4\tV'-{''ii\u2019Ÿ-, « Écoule Robert, je connais Soprema et je peux t'affirmer qu'avec ses membranes de toiture, on ne se trompe pas.-\tJe n'ai pas tellement l'expérience du bitume modifié.mais peut-on se le permettre ?-\tLa vraie question c'est plutôt.\"peut-on se permettre de ne pas l'utiliser ?\" Il nous faut un produit \"ultra-sûr\".avec Soprema et ses systèmes d'étanchéité, j'ai toujours eu d'excellents résultats ! -\tTu es convaincue ?-\tConvaincue de ne pas vouloir prendre de chance.Et si j'ai choisi Soprema, c'est parce que je ne voulais prendre aucun risque ! » Lo confiance que Marie nous témoigne n'est pas gratuite.Chez Soprema, nous nous efforçons de maîtriser les concepts, qu'il s'agisse d'enveloppes de bâtiments ou d'ouvrages de génie civil.De même, nous favorisons la qualité des travaux en donnant aux architectes et aux entrepreneurs un soutien hors pair.Nous assistons les architectes à toutes les étapes d'un projet : choix des systèmes selon le budget et les besoins du bâtiment, préparation des plans, détails et devis, inspection sur chantier, etc.Il y a aussi plusieurs années que nous offrons aux couvreurs et à leurs employés une formation continue, afin d'assurer aux propriétaires de bâtiment les meilleures solutions d'étanchéité à long terme.Nos produits et leur installation profitent du soutien de l'unique Programme Alliance Qualité (PAQ), d'un service d'inspection préventive et de l'assurance Bonne Tenue, une exclusivité Soprema qui protège l'architecte et ses clients.Celle-ci prend en charge pour 10 ans le coût total de réfection des systèmes garantis en cas d'atteinte à la performance des ouvrages d\u2019étanchéité.Ajoutons que la réputation des membranes Soprema n'est plus à faire.Depuis 15 ans, des dizaines de millions de mètres carrés ont été installés dans toutes les régions du pays et dans toutes les conditions possibles, même celles du Grand Nord canadien.Soutien, engagement, formation, 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