ARQ, 1 octobre 1994, Octobre
[" 55^\" LA REVUE D'ARCHITECTURE Prix d'excellence \u2022:\u2022» ;\u2022»: 5sS?$e- .v>v cçic.¦NV\"^-\u2018 \t\t\\\t\t\t\t\t \t\t\\\t1 1\t\tp\t\ty / / ' \u20141 \t\t\t\t'\tI\t\t \t\t\t- \t\t\t\t \t__.\t\t\t\t\t\t \tr\t\"V 4*\t\t\t\t\t\t\t\t I sin ii SSI!! 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A\"3!» 'Srr.' itagjgftg jP :ti I JJf 1U iiiïii / S s; u^\u2018^% \"W tT-\u2019 lpatrice pernot perspectives igi tel.& fax.: (514) 934-6349 miïiiiiihiiiii §< h in les systèmes »e valaient, jusqu\u2019à Transit.7 Teknion Furniture Systems 425 Place Jacques Cartier Bureau 200 Montréal, Québec H2Y 3B1 Téléphone 514-875-26,30 Télécopieur 514-866-0554 Transit « J'ai choisi Soprema parce que je ne voulais prendre aucun risque ! » :\t\u2022rîf-;'- « Écoute Robert; je connais Soprema et je peux t'affirmer qu'avec ses membranes de toiture; on ne se trompe pas.-\tJe n'ai pas tellement l'expérience du bitume modifié.mais peut-on se le permettre ?-\tLa vraie question c'est plutôt.\"peut-on se permettre de ne pas l'utiliser ?\" Il nous faut un produit \"ultra-sûr\".avec Soprema et ses systèmes d'étanchéité, j'ai toujours eu d'excellents résultats ! -\tTu es convaincue ?-\tConvaincue de ne pas vouloir prendre de chance.Et si j'ai choisi Soprema, c'est parce que je ne voulais prendre aucun risque ! » La confiance que Marie nous témoigne n'est pas gratuite.Chez Soprema, nous nous efforçons de maîtriser les concepts, qu'il s'agisse d'enveloppes de bâtiments ou d'ouvroges de génie civil.De même, nous favorisons la qualité des travaux en donnant aux architectes et aux entrepreneurs un soutien hors pair.Nous assistons les architectes à toutes les étapes d'un projet : choix des systèmes selon le budget et les besoins du bâtiment, préparation des plans, détails et devis, inspection sur chantier, etc.Il y a aussi plusieurs années que nous offrons aux couvreurs et à leurs employés une formation continue, afin d'assurer aux propriétaires de bâtiment les meilleures solutions d'étanchéité à long terme.Nos produits et leur installation profitent du soutien de l'unique Programme Alliance Qualité (PAQ), d'un service d'inspection préventive et d'une garantie complète de 10 ons couvrant les membranes d'étanchéité et leur remplacement.Ajoutons que la réputation des membranes Soprema n'est plus à faire.Depuis 15 ans, des dizaines de millions de mètres carrés ont été installés dans toutes les régions du pays et dans toutes les conditions possibles, même celles du Grand Nord canadien.Soutien, engagement, formation, prévention, PAQ, garantie fiable et complète, produits de qualité supérieure sans oublier la certification ISO 9002 : avec Soprema, vous êtes sûr.de ne prendre aucun risque.Halifax\tMontréal\tToronto\tRegina\tCalgary (902) 468-1303\t(514) 521-6836\t(905)673-8240\t(306) 525-4060\t(403) 291-3928 1 800 565-0605\t1 800 361-1386\t1 800 265-2842\t1 800 665-4009\t Québec\tOttawa\tWinnipeg\tEdmonton\tVancouver (418) 681-8127\t(613) 727-0537\t(204)694-2849\t(403)447-1007\t(604) 522-3944 1 800 463-2382\t\t1 800 268-2481\t1 800 252-7529\t1 800 242-1983 L\u2019étanchéité assurée Entre del et terre Jusqu\u2019à maintenant, la vue du ciel n\u2019a eu que les limites imposées par les coûts élevés des méthodes de fabrication et d\u2019installation.Le lanterneau 2000 de Kawneer est fourni en ensemble entièrement conçu et fabriqué, donc l\u2019installation sur place est plus facile que jamais.La performance relative aux conditions atmosphériques est certifiée pour excéder les nonnes de rendement exigées par nos hivers et nos étés.Le lanterneau 2000 vous offre un coin du ciel dans les configurations suivantes; en pente, toit à deux versants, forme pyramidale, marquise, voûte en berceau et dôme.Dans les finis selon vos spécifications.C\u2019est une parfaite toiture pour vos prochains ouvrages offrant la vue du ciel bleu.' ^ IKawneer * La marque de responsabilité 171, boni, Hymus, Pointe-Claire (Québec) H9R 1E9 514.694-3151 (télécopieur) 514.694-0801 1051 Ellesmere Road, Scarborough (Ontario) M1P 2X1 416.755-7751 (télécopieur) 416.755-1829 4000 18th Avenue North, Lethbridge (Alberta) T1H 5S8 403.320-7755 (télécopieur) 403.320-7373 (»&»* 1! Il i .k'tmm&m wxms&w'mwii ®R»£i?.?S!«»S!!S«JR; lasBHKBBKr: BKiWBIgttBBaWfcR SibiMaammmaxji-\\r titimmTimmfRiv .'i: HHilllll III £¦¦¦¦¦¦¦( WHM1III ilit If ,«-11 ¦iniilhiS* f IT BBIHHfl iiBHiprt ¦¦¦¦¦¦¦¦I BIHIII *»rs* ¦¦¦¦¦¦¦¦> Hill ;\t111 HBBHIB ¦¦¦¦¦¦¦¦> ¦¦¦¦¦¦I B1BBI1B EKKKIIIIIKHI -»¦¦¦¦¦! mm IIBBHIB IMBB | IlliBBIRBBHK nilHHSI mil tMMK ¦ Mill !«¦¦¦¦! BKHIKIBII1BE (¦¦¦¦I i-ssa» BBBBBB (¦¦¦a: Le système TMP bouleverse le monde des toits Qui aurait cru qu\u2019en plaçant l\u2019isolant par dessus la membrane plutôt qu\u2019au-dessous, comme on l\u2019a toujours fait, on obtiendrait des toits de meilleure qualité et plus durables?La toiture à membrane protégée qui intègre l\u2019isolant de marque ROOFMATE* est meilleure parce qu\u2019elle ose utiliser un vieux concept sous un angle nouveau.1.\tLe ROOFMATE qui résiste à l'humidité est installé par-dessus la membrane pour la protéger complètement et pour assurer une meilleure protection à long terme contre les conditions climatiques.2.\tLe système TMP avec ROOFMATE permet de réduire les coûts d'entretien.En effet, l\u2019isolant ROOFMATE, posé pardessus la membrane, la maintient à la température de la pièce, et donc prolonge sa durée de service en éliminant les cycles de gel/dégel.3.\tGrâce au ROOFMATE système classique et à sa forte résistance à la compression, il est inutile de construire des passerelles coûteuses, car le ROOFMATE peut supporter une circulation normale lors d'opérations d'entretien.De plus, ROOFMATE protège la membrane durant la construction.4.ROOFMATE est léger, facile à couper, facile à installer et très efficace grâce à sa valeur R de 5 par pouce.Pour une nouvelle toiture tout comme pour une toiture à rénover, le système TMP avec ROOFMATE est le meilleur choix.Pour plus d'information, contactez le bureau de ventes le plus près de chez vous, ou écrivez â Dow Chemical Canada Inc., Communications Department, 20 Carlson Court.Suite #500, Etobicoke, Ontario M9W 6V4.Les renseignements que vous obtiendrez bouleverseront votre perception des toits.SYSTEME TMP \u2022Marque de commerce de The Dow Chemical Company. GARAGE Chez Garaga, la performance est toujours au programme \u2022\u2022\u2022 Qu'il y ait urgence ou pas, une porte de garage doit ouvrir et fermer à tout coup.C'est pour vous en assurer que Garaga a créé son Programme Performance.Grâce à ce dernier, vous obtenez une porte de qualité supérieure, une installation faite par un personnel qualifié et notre Garantie Performance.Ainsi, il est garanti que les composantes du mécanisme d'ouverture sont adaptées à la porte et à l'utilisation que vous voulez en faire ; que les installateurs respecteront les normes rigoureuses du devis ; et que dans l'éventualité d'un bris ne résultant pas d'un usage anormal, Garaga assumera ses responsabilités.Vous pouvez également profiter d'un programme d'entretien préventif qui prolonge la garantie et qui nous permet d'agir avant qu'un problème n'apparaisse.-fri-i-ti i il 3IQM33MI URGENCE OU PRS, VOUS SEREZ PROTEGE \t Portes Garaga (2000) inr.2525, 95e Rue Saint-Georges-de-Beauce (Québec) Canada G5Y 5C2 Tél.: (418) 227-2828 Téléc.: (418) 227-5508 LES PORTES DE GARAGE GARAGA Nous visons toujours plus haut .unrl ij ¦ I ¦ ¦ ii «4c duracrete et le logo CGC sont des marques déposées de CGC Inc.Les marques de commerce sheetrock et donn sont utilisées sous licence m mm 'WÆM mmn ¦jî.y xBUlM» JSSS&m wsmsm ¦ ¦v l-r.' ' 'aaiiiiielÙis (SH1 i %mm [ 1\tI fWim.\u2018W 'C Ux A' !>t'r vy ï'ïiïÜk \"J{ ' Y 1\t7 1 r>t ' 1 f M I a qualité caractérise chaque pro-i_ duit CGC, tout simplement parce qu\u2019elle lui est intégrée.On la trouve dans les matières premières que nous utilisons, dans notre fabrication de précision et dans notre soutien technique.Pourquoi donc s'étonner que les produits CGC atteignent de nouveaux sommets, inaccessibles pour les autres manufacturiers.Et il n'y a pas que la qualité.Nous sommes aussi réputés pour notre gamme remarquable de produits pour les industries de la construction commerciale et résidentielle, des panneaux de gypse sheetrock* aux plafonds acoustiques suspendus donn* en passant par les systèmes de stuc duracrete* pour l'extérieur.À l'intérieur comme à l'extérieur, il est difficile de nous éviter.Pour en apprendre plus sur les produits CGC pour la construction commerciale et résidentielle, composez le 1-800-361-1310, partout au Canada.par CGC Inc.Gypse CGC \u2022 Intérieurs CGC \u2022 Industries CGC Divisions de CGC Inc.994 d excellence en architecture 1994 Luc Nop pen Luc Noppen est professeur titulaire à l'École d'architecture de l'Université Laval et coordonnateur du programme des Prix d'excellence de l'OAQ 1994.Le programme des Prix d'excellence de l'Ordre des architectes du Québec bénéficie, cette année, de l\u2019appui financier du ministère de la Culture et des Communications, du ministère de l'Industrie, du Commerce et de la Technologie, ainsi que de J.Meloche inc., courtiers d'assurances.L\u2019an dernier, nous étions fiers d\u2019annoncer un succès sans précédent; cent projets d\u2019architecture avaient été présentés au programme des Prix d\u2019excellence.Du coup, nous attendions cette année moins de candidatures; pourtant, et malgré cette récession dont les effets perdurent, 98 projets soumis à l\u2019édition 1994 du programme des Prix d\u2019excellence ont dépassé les plus optimistes prévisions.Le 30 août dernier, à Québec, le jury s\u2019est penché sur les projets déposés, selon un processus conforme au remaniement mis en vigueur l\u2019année dernière.Individuellement, donc, les membres du jury ont d\u2019abord accordé aux projets une note; la compilation informatique de ces données a fourni un premier classement, qui a ensuite fait l\u2019objet d\u2019une discussion.Les projets jugés les meilleurs, à ce stade, ont été «mis en nomination»; parmi ceux-ci, les plus méritoires, aux yeux du jury, ont été honorés du Prix d\u2019excellence dans leur catégorie.Les dernières délibérations ont consacré, au nombre de ces Prix d\u2019excellence, le Grand Prix d\u2019architecture 1994.L\u2019architecte Charles Gwathmey, de réputation internationale, présidait cette année le jury des Prix d\u2019excellence.L\u2019on se souviendra des New York Five dont était Charles Gwathmey, aux côtés de Peter Eisenman, Michael Graves, John Hejduk et Richard Meier.M.Gwathmey, qui a enseigné à Yale, Princeton, Harvard, et UCLA, est actuellement associé de Gwathmey Siegel & Associates; rappelons qu\u2019il est l\u2019architecte du récent et très connu agrandissement du musée Guggenheim à New York.L\u2019Ordre des architectes du Québec a été fort honoré de la participation de M.Gwathmey, laquelle confirme, à n\u2019en point douter, les promesses des œuvres québécoises et la foi de l\u2019OAQ dans le rayonnement de celles-ci.Faisaient également partie du jury des Prix d\u2019excellence 1994: Mark.A.Poddubiuk, qui a œuvré comme chef d\u2019équipe et responsable du design au bureau de l\u2019architecte Peter Rose, et qui est actuellement chargé de cours en Design de l\u2019environnement à l\u2019UQAM; Pascale Beaudet, critique d\u2019art et experte invitée du ministère de la Culture et des Communications pour le programme d\u2019intégration des arts à l\u2019architecture; Claude Bergeron, historien de l\u2019architecture, auteur d\u2019ouvrages fondateurs sur l\u2019architecture contemporaine au Québec et professeur titulaire à l\u2019Université Laval; et Mario Brodeur, architecte attaché à la direction régionale de Montréal du ministère de la Culture et des Communications, dont l\u2019expérience en restauration/recyclage et l\u2019engagement en faveur de la création en milieu ancien se révélait fort utile, comme le programme des Prix d\u2019excellence proposait cette année la nouvelle catégorie «Conservation architecturale».L\u2019architecture d\u2019Ernest Cormier, au grand amphithéâtre de l\u2019Université de Montréal, a encadré la soirée des récompenses, le 26 octobre dernier.À l\u2019occasion de ce séjour montréalais, Charles Gwathmey, qui remettait le Grand Prix aux architectes Cormier, Cohen, Davies et à leur client, la Corporation du Bourg de Pabos, a prononcé une conférence à l\u2019Université de Montréal, le jeudi 27 octobre.Parmi les projets soumis, compte tenu des catégories désignées, 21 se classaient en «Architecture institutionnelle», 5 en «Architecture industrielle», 19 en «Architecture commerciale», 14 en «Architecture résidentielle unifamiliale», 10 en «Architecture résidentielle, ensemble d\u2019habitations», 2 en «Design urbain» et enfin, 27 en «Conservation architecturale».Cette seule popularité (près de 30% des projets ont été soumis dans cette dernière catégorie) témoigne éloquemment des attentes des architectes, de plus en plus appelés à travailler sur l\u2019existant; par suite des commentaires de ces derniers, qu\u2019étayait d\u2019ailleurs le rapport du jury du programme 1993, l\u2019édition 1994 souhaitait offrir une chance égale à de telles interventions.Les projets soumis dans cette nouvelle catégorie ont ouvert le débat quant aux modalités de l\u2019intervention sur l\u2019existant, ainsi qu\u2019en ce qui concerne l\u2019objet et la portée de la conservation architecturale.Certains des projets jugés restauraient des architectures anciennes fort connues, d\u2019autres des structures moins notables; ainsi a-t-on «conservé» le volume, le détail formel, la silhouette, le rapport à l\u2019environnement physique ou à l\u2019imaginaire collectif.De façon globale, le jury a dû considérer, dans cette catégorie, des projets de deux types: ceux qui, témoignant d\u2019une soumission respectueuse au passé, consolidaient l\u2019existant pour le mettre en valeur; et à l\u2019opposé, les projets qui se sont attachés à actualiser l\u2019ancien, à y insérer notre époque par des ajouts bien contemporains.De l\u2019une et de l\u2019autre tendances, force est de constater que la seconde épouse plus aisément les critères d\u2019un concours couronnant l\u2019excellence du design; le 110, rue Sainte-Thérèse, dans le Vieux-Montréal, le Musée régional de Rimouski et le Monument-National, respectivement mentions et Prix d\u2019excellence dans cette catégorie, se sont cependant distingués par un rapport exceptionnel de l\u2019intervention nouvelle à l\u2019existant, notamment au regard de conditions programmatiques ou budgétaires contraignantes.Parmi les autres catégories, certaines ont été le lieu de délibérations difficiles.Ainsi seul le Poste de pompage de Saint-Hubert a été mis en nomination en «Architecture industrielle», ce qui n\u2019est guère surprenant: cette catégorie, regroupant les interventions d\u2019un domaine où les architectes ne sont toujours pas aussi présents qu\u2019on l\u2019espérerait, ne comptait que cinq soumissions.Peu prisée aussi cette année, la catégorie «Design urbain», qui ne dénombrait que deux projets, n\u2019a permis d\u2019honorer aucune réalisation.Cette popularité à la baisse interroge la pertinence du «Design urbain» parmi les catégories des Prix d\u2019excellence de l\u2019Ordre des architectes, d\u2019abord parce qu\u2019elle concerne des projets d\u2019une tout autre envergure que les constructions ponctuelles, ce qui les fait plus rares et difficilement appréciables en vertu des mêmes critères.D\u2019autre part, il faut aussi admettre le caractère labile des produits de ce champ de pratique; de fait, le design urbain s\u2019adresse davantage à la planification directrice qu\u2019à la constitution d\u2019un objet total que l\u2019on pourrait juger comme tel, dans le cadre d\u2019un concours considérant le seul bâti, non les projets.Deux autres exceptions à la règle qui aurait voulu deux Mentions et un Prix d\u2019excellence dans chaque catégorie.En «Architecture résidentielle unifamiliale», le jury a jugé ex aequo les trois meilleurs projets, désignant chacun récipiendaire d\u2019une Mention.En «Architecture institutionnelle», les deux projets en tête se sont quant à eux distingués au point de mériter, chacun, un Prix d\u2019excellence dans cette catégorie.Au total, le jury de 1994 a couronné quinze projets, désignant un Grand Prix, quatre Prix d\u2019excellence et dix Mentions.En marge d\u2019une production établie, ce choix honore de jeunes bureaux, parmi lesquels il convient de mentionner l'agence Allaire Bergeron Courchesne Henderson, deux fois lauréate avec une Mention en «Architecture résidentielle, ensemble d\u2019habitations» et le Prix d\u2019excellence en «Architecture institutionnelle».Il serait certes présomptueux de prétendre qualifier, sur la base de ces quinze réalisations, le paysage bâti des trois dernières années.Demeurent néanmoins quelques tendances dominantes: l\u2019engouement pour la programmation de l\u2019espace intérieur, déjà constaté depuis un certain temps, s\u2019est affirmé cette année dans quelques projets dont la résidence Godue, la résidence Lefebvre, l\u2019Agence spatiale canadienne; «l\u2019année des intérieurs» s\u2019est aussi manifestée à l\u2019Ecole professionnelle de Saint-Hyacinthe, où les architectes ont même conçu quelques éléments de mobilier.Puis, si quelques réalisations témoignent de spéculations typologiques appréciables, notamment les habitations Georges-Vanier, Jérôme-Le Royer et, dans un autre esprit, la Caisse populaire Desjardins de Drummondville, la production couronnée en 1994 s\u2019attache davantage à une relation symbiotique de l\u2019édifice à son lieu d\u2019implantation: la Coopérative Sainte-Rosalie, l\u2019Ecole professionnelle de Saint-Hyacinthe, l\u2019Agence spatiale canadienne, le Centre d\u2019interprétation du Bourg de Pabos se sont tous distingués en ce sens.Mentions, Prix d\u2019excellence ou Grand Prix, les quinze projets couronnés représentent, aux yeux du jury, des réalisations méritoires qu\u2019il convient de faire connaître; ce numéro de La Revue d'architecture Ai?Qsouhaite s\u2019y consacrer.Il est à espérer que le programme des Prix d\u2019excellence continuera d\u2019encourager cette poursuite de la qualité qui a, de nouveau cette année, engendré des contributions significatives; il importe de saluer ceux qui, en dépit d\u2019une conjoncture incertaine, ont offert au jury des Prix d\u2019excellence et au paysage bâti québécois la preuve que la construction, que l\u2019on aurait pu croire exsangue, recèle toujours d\u2019exceptionnels témoins du potentiel de ses acteurs.9 LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ Perspective de la façade sud tb »N > «Il nmmmu n ?ml -V'SIgiW-weia halM\\ cnuu Grand Prix d\u2019architecture et Prix d\u2019excellence 1994, catégorie «Architecture institutionnelle» LE CENTRE D\u2019INTERPRÉTATION DU BOURG DE PABOS Lucie K.Morisset et Luc Noppen Architectes Cormier, Cohen, Davies, architectes Chargés de projet Anne Cormier, Randy Cohen et Howard Davies Collaborateur Claude Cormier (Groupe Lestage) Client La Corporation du Bourg de Pabos Programme Construction d\u2019un centre d\u2019interprétation des vestiges archéologiques de Pabos, en Gaspésie.Coût de l'intervention 1 070 000 $ Mentions, prix, publications Prix d\u2019excellence, The Canadian Architect, 1992 ARQ, n° 68, août 1992 A/?Q, février 1994 Le concours d\u2019architecture au Québec, Les Editions Section b, 1994 Le Devoir, les samedi 2 et dimanche 3 juillet 1994 Le 14 avril 1977, le gouvernement du Québec classe «site archéologique» un établissement de pêcheurs, en Gaspésie.Au bord de la mer, les fouilles entreprises sur la pointe et sur l\u2019île voisine dégagent les vestiges d\u2019une résidence seigneuriale, d\u2019un magasin, de quelques habitations: «seuls vestiges importants d\u2019un établissement gaspésien du 18e siècle, échantillon de toute une communauté», certes, mais vestiges aphones et surtout illisibles par la communauté profane d\u2019aujourd\u2019hui.Les restes de la seigneurie de Pabos se dissimulent à Pabos-Mills, près de Chandler, le long du très touristique tour de la Gaspésie.La cause était trop juste, et l\u2019occasion trop belle, pour ne pas ajouter une étape supplémentaire au parcours des visiteurs sur le point d\u2019achever leur équipée gaspésienne.Dûment constituée, la Corporation du Bourg de Pabos lançait, le 25 novembre 1991, un concours d\u2019architecture qui doterait le site d\u2019un centre d\u2019interprétation.Mais dans la faune des musées québécois, celui-ci se distinguerait: on demanda aux architectes un édifice novateur, dont les qualités visuelles s\u2019appareilleraient néanmoins à l\u2019environnement naturel; et, au-delà d\u2019un concept d\u2019interprétation, un lieu qui retiendrait les visiteurs, même saturés d\u2019expériences didactiques, en Gaspésie.Une panoplie d\u2019objectifs qui pesait lourd sur le programme microscopique soumis aux architectes.A la recherche d\u2019un projet porteur d\u2019interprétation, les architectes lauréats Cormier, Cohen, Davies ont choisi «d\u2019infiltrer le lieu».Le résultat, à des années-lumière de l\u2019accrochage traditionnel d\u2019éléments rapportés, relègue aux oubliettes l\u2019usuelle dichotomie centre d\u2019interprétation/objet interprété.Le Grand Prix d\u2019architecture 1994 réinvente la muséologie et l\u2019ornement de l\u2019architecture interprétative.Concrètement, le problème qui se posait d\u2019abord en était un d\u2019échelle: celui de créer un signal valable dans un lieu sauvage, surtout isolé, entre barachois, chemins de fer, lignes à haute tension marquant le passage humain en ces contrées naturelles.D\u2019où une structure désarticulée, déployée dans le site, où seul le toit délimite un espace conceptuel.Comme l\u2019architecture, interprétative, outrepasse ici ses frontières usuelles, la composition étire l\u2019édifice hors de ses limites réelles; ouvert l\u2019été, refermé l\u2019hiver, l\u2019abri se métamorphose en outre de saison en saison, compagnon allégorique de son environnement.Eclatée, devenue lien formel de la pointe, de la mer et de l\u2019île, la structure, localement, se présente comme un cabinet d\u2019exposition géant, une «machine à voir», dans le langage des architectes.Elle prend la forme d\u2019un passage dans l\u2019histoire du site; elle abrite le visiteur, s\u2019olifre au parcours, et dirige.De l\u2019accueil à la promenade, à la terrasse, au restaurant; de la cour des indices précieux à la salle des hypothèses, ou le long du jardin des grands objets; «filtre didactique du site», la structure conduit de découverte en paysage, le long d\u2019un itinéraire ascendant, crescendo d\u2019expériences expirant sur la mer.Le rapport dynamique de l\u2019interprétation au site matriciel accapare l\u2019espace, à la surface du sol, aux murs, dans l\u2019air: «l\u2019histoire de Pabos surimposée à son pay- Lucie K.Morisset est historienne de l'architecture.Elle poursuit des études doctorales à l'Université Laval tout en collaborant à diverses publications et à des travaux de recherche sur l'architecture du XXe siècle au Québec.sage» met en scène des panneaux conteurs, opaques vus de biais mais transparents vus de face, cédant le rôle protagoniste au paysage, derrière.Bref l\u2019édifice, s\u2019il raconte à l\u2019intéressé une histoire architecturale bien contemporaine \u2014tel un pavillon de Barcelone québécois\u2014, prend lui-même en charge l\u2019interprétation du site, dont il est le support, l\u2019exposé et le moteur.Cette originalité empreinte de fraîcheur a séduit le jury, qui a bien aimé le joyeux désordre de matériaux, d\u2019assemblages, de couleurs étayant l\u2019interprétation, facilitée dans la mesure des circulations demeurées claires; l\u2019on a loué aussi cette structure expressive qui a rejeté le pittoresque au profit d\u2019un dialogue de la modernité et de la tradition.Le pin noueux, les panneaux gaufrés, le bois traité, comme les couleurs vert pomme, turquoise, rouge, jaune, les compositions hétéroclites de plans, de lignes, de béton et d\u2019acier mettent à jour le site, l\u2019explicitent et s\u2019y accouplent.Au lieu de ce qui aurait pu être une «cabane au Canada», le Centre d\u2019interprétation réinvente carrément l\u2019ornement, synthétisant en une fusion magistrale la forme essentielle et le décor, la mission interprétative et l\u2019exposé didactique, le contenant et le contenu.«Attraction» touristique, à n\u2019en pas douter, la structure tient surtout rôle de catalyseur.Paysage dans le paysage, elle rehausse le site en s\u2019opposant, comme élément construit \u2014qualificatif qui la décrit on ne peut mieux\u2014, à l\u2019élément naturel, écrin des vestiges.Générateur d\u2019images, envahissant la mémoire, le Centre d\u2019interprétation du Bourg de Pabos s\u2019est révélé habitable, visitable, mémorable et déconcertant; au lieu d\u2019un édifice qui réfléchit, c\u2019est «une idée qui inspire».Du point de vue de l\u2019architecte Charles Gwathmey, qui présidait le jury, «the legacy of this building extended our dialogue to architecture».À l\u2019unanimité le jury a vu, dans ce projet défiant la convention, l\u2019embryon d\u2019un avenir prometteur de la pratique architecturale.Particulièrement conséquents d\u2019un leitmotiv ambitieux («make architecture a public policy»), les architectes souhaitaient abolir la distinction entre l\u2019interprétation et son support.Le Québec compte un centre d\u2019interprétation de plus.Mais celui-ci parle fort bien d\u2019architecture.OCTOBRE 1994 10 «Pli bail .LA'- v %w , ¥+¦ Mur des indices précieux iii.tj \u2022\u2019fv.v.&S&P- s&ysv Lvwu^i\u2014 ;ar-Ax*^j - .itfesÿl?1.\tPlan d'implantation 2.\tPerspective de la façade sud 3.\tConcept 4.\tFaçade sud; coupe: promenade de Pabos; coupe longitudinale; plan du niveau de la promenade de Pabos; façade nord aux panneaux ouverts 5.\tPromenade de Pabos 6.\tPasserelle 0 L'histoire de Pabos est surimposée à son paysage: des images l\u2019évoquant sont reproduites sur les panneaux perforés pivotants de la struc-ture.Vus de biais ils sont opaques et seule l\u2019image est lisible.Vus de face ils sont-transparents, à travers l\u2019image, le paysage apparaît Centre d'interprétation / Bourg de Pabos O UNE STRUCTURE COMPARABLE À UN CABINET D'EXPOSITION GÉANT EST INSTALLÉE SUR LA POINTE.ARTICULÉE ET TRANSFORMABLE, L'INTERVENTION PREND L'ECHELLE DES GRANDS ÉLÉMENTS DE U BAIE: LE BARACHOIS, LE CHEMIN DE FER, LES LIGNES À HAUTE TENSIONS, LE REMBLAIS DE CHANDLER.ELLE SE DEPLOIE, S'OUVRE AU SITE L'ÉTÉ; ET, L'HIVER, SE RECROQUEVILLE, SE CONTRACTE, SE REFERME SUR ELLE-MÊME.0 LA STRUCTURE TRAVERSE LA POINTE, C'EST UN PASSAGE QUI LIE L'ENSEMBLE DU SITE DE LA PLAGE À L\u2019ÎLE.FILTRE DIDACTIQUE DU LIEU LA STRUCTURE EST AUSSI LE QUI LA TRAVERSE, Prix d\u2019excellence 1994, catégorie «Architecture institutionnelle» L\u2019ÉCOLE PROFESSIONNELLE DE SAINT-HYACINTHE Architectes Maire Bergeron Courchesne Henderson architectes Chargé de projet Sylvain Maire Collaborateurs Alain Bergeron, Guy Courchesne, Alexandre Henderson Client La Commission scolaire Saint-Hyacinthe Programme Construction d\u2019une école professionnelle accueillant 400 étudiants, en 9 domaines d\u2019enseignement, sur 9900 mètres carrés.Coût de l\u2019intervention 9 300 000 $ OCTOBRE 1994 Sur un terrain agricole, non loin de l\u2019autoroute transcanadienne, l\u2019École professionnelle de Saint-Hyacinthe offre à 400 étudiants 9 domaines d\u2019enseignement, depuis la charpenterie jusqu\u2019au dessin technique.Le programme de l\u2019édifice à construire sollicitait un déploiement fonctionnel imaginatif: ancrant leur parti à la vocation spécifique du lieu, les architectes ont d\u2019abord élaboré une nouvelle organisation spatiale, qui favoriserait les échanges interprofessionnels et sociaux.L\u2019école de Saint-Hyacinthe s\u2019organise en bandes fonctionnelles: sur l\u2019axe longitudinal est-ouest, l\u2019électronique, la menuiserie, l\u2019électricité, etc.se succèdent les unes aux autres.Du sud vers le nord, les ateliers, ouverts sur les deux étages, puis une seconde bande, logeant salles de classe et locaux d\u2019administration, se déversent dans quatre corridors transversaux que fédère un hall-couloir, «le préau», véritable cœur du projet.Le programme et ses contraintes ne sont pas étrangers à la contemporanéité, et l\u2019on connaît déjà, à ce chapitre, des solutions exemplaires telle l\u2019École supérieure d\u2019ingénieurs de Marne-la-Vallée (France), où l\u2019architecte Dominique Perrault a réparti classes et ateliers de part et d\u2019autre d\u2019un long et haut couloir structurant, lieu anticipé des rencontres humaines.En cette voie d\u2019explorations programmatiques, Saint-Hyacinthe va plus loin.Contrairement au couloir de Marne-la-Vallée, le «préau» de l\u2019École professionnelle de Saint-Hyacinthe s\u2019étire en façade du bâtiment.Détail en apparence, la disposition revêt une importance considérable: d\u2019une aire transitoire, le couloir devient une destination, entremêlant les circulations regroupées et la vie sociale de l\u2019établissement.Aire libre couverte d\u2019un long berceau métallique, le préau se borde au sud des passerelles et escaliers desservant l\u2019étage; au nord, il s\u2019ouvre par un mur de verre sur le «sous-bois» extérieur, offrant panorama et lumière aux aires de repos, d\u2019étude et de repas qu\u2019il unit.Le préau de Saint-Hyacinthe marque l\u2019appropriation architecturale de la cour d\u2019école traditionnelle.Certes, le retour aux passages vitrés, que l\u2019on y circule ou que l\u2019on s\u2019y repose, n\u2019est pas peu commun: le notoire et récent Terminal 1 du O\u2019Hare International Airport de Chicago (Helmut Jahn, architecte) le rappelle.Dans cet esprit toutefois, Saint-Hyacinthe innove aussi.Planter une aire fonctionnelle en un lieu-dit, par un signe sur le plan, eut été facile; l\u2019originalité, ici, tient à la modulation de la paroi de verre \u2014l\u2019on se rappelle avec bonheur James Stirling à Stuttgart\u2014, qui délimite par vagues successives, grâce à deux retraits vis-à-vis des couloirs transversaux des classes, les espaces prescrits.Le jeu du plan, étonnant, est autant fonctionnel qu\u2019esthétique; en vertu d\u2019une économie louable, le préau, s\u2019il condense l\u2019exploration programmatique de cette architecture scolaire, tient aussi rôle de panneau-réclame du bâtiment.D\u2019ailleurs, tout l\u2019extérieur, honnête, trahit la distribution «en bandes», rythmée presque brutalement dans l\u2019élévation latérale: au mur «industriel» des ateliers, Spartiate, succède le large fenêtrage des salles de classes dont une travée, comme issue des écoles traditionnelles, devient l\u2019entrée de l\u2019établissement, marquée par l\u2019éruption de la passerelle intérieure.Mais ce n\u2019est pas de cette élévation dont l\u2019école fait étalage, ni de celle, à .\u2019arrière, des ateliers.Depuis l\u2019autoroute, ou depuis la ville, la plaine offre une unique vision: une toiture métallique, telle celle d\u2019une grange, ce qui n\u2019est guère une surprise en ces lieux.Puis, s\u2019approchant, l\u2019arrivant découvre l\u2019école, que ce toit incurvé ne couvre qu\u2019en partie; devant le stationnement se révèle la façade, bien moderne, dont le mouvement module l\u2019environnement, reflétant le paysage prisonnier de la paroi de verre.La «grange» entr\u2019aperçue n\u2019était qu\u2019une illusion; ceci est une école technique, qu\u2019explicitent des structures apparentes et des matériaux bruts.À l\u2019œil averti, l\u2019édifice révélera aussi l\u2019écologisme approprié qui a dicté les panneaux d\u2019aluminium, l\u2019orientation des façades, etc.pour une récupération énergétique optimale.Le jury a souligné cet usage technologique judicieux, dans un édifice à mi-chemin entre le lieu d\u2019enseignement et l\u2019usine de production, alliant l\u2019esthétique usine à celle de l'institution publique.Matrice d\u2019espaces signifiants, d\u2019une distribution renouvelée, l\u2019École professionnelle est éloquente, à maints égards, du soin généreux et attentionné porté au plan, à la structure, autant qu\u2019à l\u2019expression symbolique et aux détails formels; en témoignent notamment les meubles (fauteuil Earth, table Jetson, table d\u2019étude et banc) conçus par les architectes \u2014 l\u2019incursion est méritoire\u2014 afin d\u2019aménager le préau.Symbiose de la forme et de la fonction dont le jury a applaudi la dimension exploratoire, l\u2019École professionnelle s\u2019est distinguée par son vouloir novateur; un pas en avant dans l\u2019histoire des typologies scolaires.L.K.M.et L.N.12 1.et 2.Élévations (partielles) 3.\tVue d'ensemble, avant 4.\tCorridor intérieur 5.\tCage d'escalier extérieure 6.\tVue arrière LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ ¦ ut ¦: ; .; - ; ISprâ iSiSïil G*\u2014 i i:ii fi ' l i/ ! 1 */.\u2022>\t\u2022 SSit \t \t ¦¦¦* 1* r SK » * «Ly- Prix d\u2019excellence 1994, catégorie «Architecture commerciale» L\u2019AGENCE SPATIALE CANADIENNE, SAINT-HUBERT Architectes Les architectes Lemay et associés/ Webb Zerafa Menkès Housden Chargé de projet René Menkès Collaborateurs Cari Blanchaer, Alain Boudrias, André Cardinal, Paul Cartier, Aureo Cavaleiro, Serge Gauvreau, Pierre Gervais, Claude Holmes, Jocelyn Larue, Sonya Lambert, André Lequerrier, Georges E.Lemay, James Parakh, Anik Shooner Client Agence spatiale canadienne (Mario Rinaldi et Jean-Pierre Ruel) Travaux publics Canada (Jean-Guy Rheault) Programme Construction d\u2019un bâtiment devant loger 8200 mètres carrés de bureaux, 6500 mètres carrés de laboratoires, et les services connexes (cafétéria, centre d\u2019entraînement physique pour les astronautes et centre de conférences) de l\u2019Agence spatiale canadienne.Coût de l\u2019intervention 53 000 000 $ Mentions, prix, publications The Canadian Architect, novembre 1991 The Gazette, 12 mars 1994 Forces, n° 103, 1994 Consulting Engineer, avril 1994 Portée sur la vague d\u2019une fierté nationale à laquelle un certain «bras canadien» n\u2019est pas étranger, l\u2019industrie spatiale est appelée en ces contrées à une exploitation commerciale croissante dont on attendait encore, jusqu\u2019à récemment, le symbole et le moteur.L\u2019Agence spatiale canadienne s\u2019est installée à Saint-Hubert.Son édifice, remarquable, occupe un cratère elliptique, entouré d\u2019une route qui en trace la circonférence.Vu des airs, l\u2019ensemble évoque quelque emblème hiératique: une géométrie impeccable unit le bâtiment à son lieu d\u2019implantation, si bien qu\u2019on ne sait plus lequel des deux, le premier, a suggéré le second.L\u2019implantation de l\u2019Agence spatiale se soumet à la plaine.Soucieux d\u2019un environnement adéquat, le bâtiment se veut protecteur, formant écran entre l\u2019arrivant et les vents dominants; les cours extérieures s\u2019orientent au sud; l\u2019Agence spatiale s\u2019ancre d\u2019abord au «contexte terrestre», ce qui est fort à propos quant à sa vocation.Puis, comme émergeant du sol, elle impose à la plaine une configuration nouvelle.Depuis l\u2019accès principal, boulevard Clairevue, le bâtiment offre à l\u2019arrivant une entrée monumentale, tel un palais classique; le jardin-agora qui l\u2019annonce amortit l\u2019impact visuel du stationnement, en le fragmentant; allées et plantations, bien droites, conduisent le visiteur.L\u2019élévation est tripartite, classique au point de prendre base, fût et couronnement pour façade; tout en horizontales, elle épouse l\u2019ordonnance de quelque prairie.La partie centrale, striée, trahit les espaces servants qu\u2019elle loge; une composition plus statique sied, de part et d\u2019autre, aux espaces servis.Lin usage approprié du métal \u2014l\u2019on dit de l\u2019enveloppe qu\u2019elle s\u2019inspire des navettes spatiales\u2014 explicite la destination du lieu; l\u2019édifice offre une saisissante image de technologie et d\u2019aérodynamisme.Le cartésianisme qui affleure, ici, aurait facilement contaminé l\u2019équilibre architectural; les architectes ont pourtant évité le tentant «symétrisme» d\u2019une pareille composition.Si palais classique il y a, façades et volumétries obéissent avant tout à la ségrégation fonctionnelle, puisque ce sont les circulations, les distributions, la division du travail qui proposent et justifient chacun des mouvements du plan.Car il s\u2019agissait avant tout de loger, en un même édifice, des fonctions spécifiques et d\u2019emblée, exigeantes: des bureaux, des laboratoires, mais aussi une cafétéria, un centre de conférences et un centre d\u2019entraînement physique pour les astronautes.L\u2019édifice s\u2019articule en un axe, structurant au point d\u2019infléchir la façade: la «dorsale», couloir elliptique \u2014la référence orbitale n\u2019est pas fortuite\u2014 servant les circulations principales, de laboratoire en laboratoire, de la bibliothèque au café; les espaces servis s\u2019en éloignent dans la mesure de leur fréquentation réduite.Une répartition soignée, et d\u2019une implacable logique, que le jury a acclamée; pendant que les astronautes circulent incognito, le public accède sans souci aux fonctions d\u2019exposition et de conférence.Ici, l\u2019architecture dicte une manière de visiter, de travailler, d\u2019habiter, d\u2019occuper l\u2019espace.L\u2019édifice s\u2019est distingué par un rapport exemplaire à ses contraintes externes, tant programmatiques qu\u2019esthétiques; aux yeux du jury, l\u2019exploit résidait dans l\u2019obtention d\u2019une si parfaite équation entre une programmation ingénieuse et une sculpture magnifique.Objet singulier dans la plaine, l\u2019Agence fait la symbiose entre les exigences formelles, fonctionnelles, les données environnementales et la recherche d\u2019une image de marque conséquente d\u2019un futur commercial.L\u2019on frissonne à imaginer les résultats possibles qu\u2019aurait pu générer la commande; trop de technologies, nombre de laboratoires de recherche ont déjà produit tant de barres anonymes et autres lieux strictement fonctionnels et insignifiants.Peut-être les architectes ont-ils pensé aux passages aériens voisins, les plus nombreux qui contempleraient l\u2019édifice; chose certaine, l\u2019Agence adresse à l\u2019espace le signe indubitable d\u2019une forme structurée par la raison.Il y a quelque chose de grand dans ce déploiement sculptural, un équilibre quasi-cosmique que l\u2019on hésiterait à rompre.Les architectes ont pourtant prévu, par l\u2019éventuelle prolongation de la dorsale, un agrandissement qu\u2019il faudra espérer dans l\u2019esprit du projet.En attendant, s\u2019il existe un manifeste des promesses d\u2019une industrie «fondée sur la connaissance», comme la décrivent les architectes, il est à Saint-Hubert.L.K.M.et L.N.rJ ( x.\t^ v > .mJLLUUJ is s ! le! ¦¦sis OCTOBRE 1994 14 3 LA PLACE MODULE CENTRÉE MODULE DE RECHERCHE MODULE DES BUREAUX CENTRE DE CONFÉRENCE CAFÉTÉRIA COURS EXTÉRIEURES CENTRALE D'ÉNERGIE GALERE OE CHERCHEURS 4 \t\t\t\tFIT \t\t\t\tî, \t\t\t\t 1 lJ\t\t\t\t \t\t\tF H\t \t\t\t\tP* 5\t¦ mm \t \t \t J\t ¦ ¦MM Am ¦lUkiil 7 1.\tPlan d'implantation 2.\tPerspective: module d'entrée, vue intérieure 3.\tVue d'ensemble 4.\tPlan du rez-de-chaussée 5.\tModule d'entrée 6.\tFaçade 7.\tComptoir dans la cafétéria LA REVUE D\u2019ARCHITECTURE ARQ Prix d\u2019excellence 1994, catégorie «Architecture résidentielle, ensemble d\u2019habitations» LES HABITATIONS GEORGES-VAN 1ER, MONTRÉAL Architecte Richard de la Riva, architecte Chargé de projet Richard de la Riva Collaborateurs Suzanne Gagnon, Jean-Pierre Lagacé, Georges Lagacé, Eveline Audet et Philippe Mazur Client Concours: SCHL, SHQ, Ville de Montréal Projet: Service de l\u2019habitation et du développement urbain, Ville de Montréal / Les entreprises Jules Maltais inc.Programme Construction de dix unités d\u2019habitation pour «familles acheteuses d\u2019une première maison», dans le quartier Petite Bourgogne, à Montréal.Coût de [\u2019intervention 860 000 $ Mentions, prix, publications Prix du gouverneur général pour l'architecture, 1994 Lauréat \u2014 Concours national «L\u2019Art de vivre en ville», 1991, catégorie familles acheteuses d\u2019une première maison ARQ, n° 66, avril 1992 ARQ, février 1994 The Canadian Architect, février 1992, janvier/février 1994 Ma Maison, janvier 1994 Le Devoir, 22 juin 1993 La Presse, 23 octobre 1993 The Gazette, 22 février 1993 Journal de Montréal 18 septembre 1993 L\u2019on connaît aujourd\u2019hui l\u2019histoire, publiée, de ces grands escaliers de la rue Georges-Vanier qui faillirent être interdits par le règlement; le parti architectural l\u2019emporta finalement sur le cadre normatif, et l\u2019on entreprit de construire l\u2019Art de vivre en ville.À la recherche de solutions résidentielles dans les vieux quartiers de Montréal, la Ville de Montréal, la Société d\u2019habitation du Québec et la Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement lançaient conjointement, en juin 1991, un concours architectural pancanadien.Les «familles acheteuses d\u2019une première maison» devaient, dans ce cas-ci, découvrir à Montréal ce qui les appelait autrement en banlieue.Contrer l\u2019exode urbain, de ce point de vue, ressordssait à l\u2019invention de nouvelles articulations de l\u2019espace familial; surtout, il s\u2019agissait d\u2019introduire au centre-ville l\u2019intimité et la flexibilité des domiciles périurbains.Lauréat, le premier grand projet solo de Richard de la Riva imaginait un édifice paré de crépi blanc «comme l\u2019architecture moderne des années 30»; cette fois, cependant, la réglementation gagna, substituant au stuc interdit des façades en blocs de béton.Conclusion heureuse, paraît-il; l\u2019architecte, qui voulait «réconcilier l\u2019architecture traditionnelle avec l\u2019art de vivre en ville», préfère lui-même ce gris bleuté appareillé à la pierre grise de Montréal.Certes, l\u2019environnement bâti du centre-ville esquissait nombre de contraintes, et autant de solutions, tout à fait étrangères au cadre banlieusard; il est fort éloquent, au regard de l\u2019édifice construit, que la presse ait loué la réminiscence fortunée des «devanture grise, petites lucarnes, longs escaliers».Sobre résultat de spéculations typomorphologiques savantes, les habitations Georges-Vanier explicitent clairement, quasi-didactiques, leur origine et leur destination; elles actualisent le multifamilial à Montréal, réunissant «passé et présent, collectif et individu», comme l\u2019écrit l\u2019architecte.L\u2019ensemble, en tête d\u2019îlot, loge dix familles.L\u2019examen attentif des usages typologiques montréalais a conduit à la superposition, en duplex, de deux logements bien différents: l\u2019un de 82 mètres carrés, au rez-de-chaussée, l\u2019autre \u2014la «maisonnette»\u2014 de 102 mètres carrés, occupant l\u2019étage et le second.Chacun a ses accès particuliers, confirmant son autonomie, et chacun s\u2019ouvre à l\u2019arrière sur une courette ou une terrasse particulière, déguisements urbains du jardin qui appâte tant de citadins en banlieue.Profitant de volumes parallèles à la rue, les logements gagnent ensoleillement et ventilation; d\u2019un point de vue formel, le vouloir moderne réapparaît dans les chambres de la maisonnette, voûtées sous la charpente incurvée des combles, responsable à l\u2019extérieur de l\u2019image de marque de l\u2019ensemble.D\u2019ailleurs empreint de sa logique constructive, l\u2019immeuble, au lieu de tourner le coin, s\u2019y interrompt, affichant candidement une façade latérale nue et explicite du plan, fort distinctive dans le quartier.Le jury a applaudi cette clarté conceptuelle de la planification, qui resurgit dans la modénature des volumes et des élévations, comme dans l\u2019articulation spatiale de l\u2019ensemble vers l\u2019intérieur de l\u2019îlot, «commentaire sur l\u2019art de situer un projet dans un ensemble».Vainqueur d\u2019exigences budgétaires, réglementaires et programmatiques contraignantes, l\u2019Art de vivre en ville de Richard de la Riva s\u2019est distingué, à l\u2019enseigne d\u2019un modernisme bien inspiré, par une sensibilité attentive au contexte bâti autant qu\u2019aux familles.Inventif et sobre, d\u2019une lucidité impeccable, ce Prix d\u2019excellence marque \u2014l\u2019objectif était souhaitable\u2014 le renouveau de l\u2019habitat multifamilial au centre-ville.L.K.M.et L.N.iiiiii llllllllllllllllll I J mm im OCTOBRE 1994 16 1 Il 111 H FhE .M-r -jà; if&rSi >Bs2 nmmesà LA REVUE D\u2019ARCHITECTURE ARQ 1.\tPlan d'implantation 2.\tCoupe 3.\tPlan du deuxième 4.\tPlan du premier 5.\tPlan du rez-de chaussée 6.\tPlan du sous-sol 7.\tVue depuis la rue 8.\tVue de la cour arrière 1.1.1,1,1, isfe \u2022BET mm niïîin iifiini ir.ir.iMi ¦liUÜUlïIIIÜIf; gglgi||g§i| 4 ïïélfè Prix d\u2019excellence 1994, catégorie «Conservation architecturale» LE MONUMENT-NATIONAL, MONTRÉAL Architectes Les architectes Blouin Faucher Aubertin Brodeur Gauthier Plante Chargés de projet Paul Faucher, Eric Gauthier Collaborateurs Paul Faucher, Vincent Gingras, François Verville, Renée D\u2019Amours, Nathalie Dion Client L\u2019École nationale de théâtre du Canada Programme Restaurer et réaménager un édifice culturel multifonctionnel, construit à la fin du XIXe siècle, en fonction des besoins de l\u2019École nationale de théâtre: aménager des ateliers (menuiserie, laboratoire d\u2019éclairage, etc.); transformer la salle de 1509 places en un théâtre de 810 places; aménager les services publics usuels (vestiaires, billetterie, etc.), aménager un foyer destiné aux activités périphériques (lancements, etc.).Coût de l\u2019intervention 18 500 000 S Mentions, prix, publications Prix Orange, Sauvons Montréal AÆQ, n° 74, août 1993.Classé monument historique en 1976, le Monument-National est l\u2019un des notoires lieux d\u2019ancrage de la mémoire collective montréalaise.Les diverses dégradations qui l\u2019ont attaqué, avant et après le départ de la Société Saint-Jean-Baptiste, propriétaire initial, n\u2019ont qu\u2019appesanti les enjeux de sa réhabilitation: acquis en 1978 par l\u2019École nationale de théâtre, dont il loge des activités d\u2019enseignement et de production, le Monument-National restauré pouvait briller de nouveaux feux.ou sombrer dans l\u2019oubli.Le défi était d\u2019envergure: si restaurer un édifice du XIXe siècle est une chose, appareiller le bâtiment aux besoins du présent, en plus d\u2019assurer la pérennité de la culture qu\u2019il incarne, en est une autre.Cette dichotomie présent/passé a guidé l\u2019ensemble de l\u2019intervention des architectes, et le lieu réhabilité est, certes, bien actuel.Soumis dans la catégorie «Conservation architecturale», le projet du Monument-National s\u2019est distingué devant ses concurrents par un rapport notable à ses contraintes externes, tant au plan des exigences fonctionnelles du programme que des exigences symboliques liées à la réhabilitation d\u2019un tel monument.Surtout, le jury a loué l\u2019approche très contemporaine de l\u2019édifice classé, qu\u2019exemplifie notamment le complètement, par une forme métaphorique, du couronnement inachevé de l\u2019édifice des architectes Perrault, Mesnard & Venne.A l\u2019intérieur, la mise aux normes a été l\u2019occasion de réintégrer l\u2019édifice dans l\u2019époque contemporaine.D\u2019abord, évidemment, d\u2019un point de vue fonctionnel: la salle de spectacles de 1507 sièges en compte désormais 810, plus confortables; un foyer accueille maintenant les conférences de presse, les rencontres, les lancements; l\u2019école jouit de nouveaux ateliers de menuiserie, de costumes, d\u2019accessoires, d\u2019un laboratoire d\u2019éclairage et d\u2019une salle de répétition; et le public, comme les comédiens, bénéficient de services améliorés (loges, vestiaires, aires de repos, billetterie, salles d\u2019eau, etc.).La cohabitation de l\u2019enseignement technique et de l\u2019équipement culturel interrogeait tout particulièrement les circulations, l\u2019isolation acoustique et l\u2019intégration d\u2019outils très spécifiques au mobilier usuel; fort judicieusement, les architectes ont résolu chacun de ces problèmes dans la mesure du monument qui les logeait, respectant les dispositions d\u2019origine.Les installations techniques nouvelles voisinent ainsi les échantillons conservés des équipements anciens; et s\u2019il est vrai, comme on l\u2019a souligné, que l\u2019on ne retrouve plus tout à fait le même bâtiment, l\u2019usager du siècle dernier serait bien aise de reconnaître son siège habituel dans la salle de spectacles, mieux rembourré mais néanmoins de même structure.Puis, au-delà de la fonctionnalité, chaque intervention a été le lieu d\u2019un design dont il faut souligner le traitement méticuleux, le soin du détail et, notamment, le vocabulaire ornemental actuel.Jeu de textures, de couleurs, superposition du contemporain à l\u2019ancien, l\u2019édifice fait la preuve que la restauration peut fort bien s\u2019accommoder d\u2019ingrédients de notre époque; tout est dans le choix de ces ingrédients, et dans l\u2019appareillage du moderne à l\u2019histoire.Surtout, et puisqu\u2019il s\u2019agissait de réanimer l\u2019édifice, et non de confirmer quelque symptôme interprétatif d\u2019une époque révolue, le projet s\u2019est démarqué par rapport exceptionnel aux exigences symboliques d\u2019une «image de marque» qu\u2019il importait de perpétuer.Non seulement le Monument-National structure-t-il à nouveau le paysage construit du quartier, mais il est aussi redevenu partie intégrante du paysage culturel de Montréal.N\u2019était-ce pas ici le propos de la conservation, que de retenir et de réengager l\u2019héritage?L.K.M.et L.N.1 j OCTOBRE 1994 18 4144 mt- \u2014w\u2014 iwai 1.\tÉlévation, boulevard Saint-Laurent 2.\tLa grande salle 3.\tPerspective du studio 4.\tPerspective du hall d'entrée 5.\tPerspective de la grande salle 6.\tLe studio 7.\tLe hall 8.\tUn balcon Has , \"*¦/ o' ** 19 LA REVUE D\u2019ARCHITECTURE ARQ Mention 1994, catégorie
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