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Titre :
ARQ
ARQ s'impose rapidement comme la revue de référence pour le milieu québécois de l'architecture. Elle permet de comprendre l'évolution de l'architecture québécoise contemporaine.
Éditeurs :
  • Montréal :Groupe culturel Préfontaine,1981-,
  • Québec :Cöpilia design inc.
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Références

ARQ, 1997-12, Collections de BAnQ.

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[" A-W LA REVUE D'ARCHITECTURE LES ARCHITECTES S'ENTETENT DECEMBRE 1997 mm b-,:?T :' ; ;-\u2022 \u2022\u2022 \u2022 \u2018+&C&3SK& - ¦ \u2019 PANZ et 1LEBRATI0N Les systèmes de plafond en panneaux métalliques CGC et DONN vous apportent la liberté d\u2019exprimer votre créativité avec les métaux, à bon compte.Panz présente un aspect métallique net, durable et lisse, qui peut s\u2019installer rapidement et facilement dans tout système de suspension DONN standard.Il est idéal pour la facilité d\u2019accès, la durabilité, l\u2019insonorisation, la facilité d\u2019entretien, de pose ou de démontage dans toutes les applications.Et Panz est présenté dans un grand choix de couleurs et de finis, pour tous les besoins.Une élégance abordable, sans demi-mesures.Les gens avertis choisissent les métaux précieux.Celebration combine belle allure, performance, fiabilité et raffinement dans un assemblage de plafond monolithique de premier choix.Votre créativité atteindra de nouveaux sommets.Utilisé à l\u2019intérieur ou à l\u2019extérieur, dans des installations neuves ou pour les travaux de rénovation, Celebration est présenté en métaux peints, anodisés ou naturels, en faux finis et pérforés, dans de nombreux motifs différents.Vous pouvez les mélanger et les assortir pour créer un assemblage vraiment unique.Pour la facilité d\u2019accès, la durabilité, l\u2019insonorisation, la facilité d\u2019entretien, de pose et de démontage, comptez sur Panz et Celebration, deux excellents moyens de créer des plafonds adaptés à la qualité de votre travail.Pour plus de détails, composez le 1-800-363-8844 ou le (514) 356-3950 (Montréal) Web site: http://www.cgcinc.com PANZ CELEBRATION Intérieurs CGC, division de CGC Inc SOMMAIRE NUMERO 100 DECEMBRE 1997 5 ÉDITORIAL : L\u2019APRÈS GENT REVUES Pierre Boyer-Mercier 7 QUESTIONS POUR UN DÉBAT Georges Adamczyk 9 LE BEAU RISQUE Jean-Louis Robillard 10 L\u2019ÈRE DE LA RECONSTRUCTION Jean-Claude Marsan 1 1 DAVID CONTRE GOLIATH[E) ANONYME QUE PERSONNE NE BOUGE Josette Michaud 12 UNE RENCONTRE FORTUITE ENTRE UN NÉOPHYTE ET UN JEUNE PROFESSIONNEL MOROSE Serges Gagnon 14\tARCHITECTES SANS ARCHITECTURE Jacques Rousseau 15\tARQ LONGA, VITA BREVIS Philippe Lu pi en VUES DE NULLE PART : «JUSQU'ICI TOUT VA BIEN» Jean Beaudoin 16\tL'ARCHITECTURE QU\u2019ON MÉRITE : COLLAGE Anne Cormier 18\tARCHITECTURE IN THE LIMINAL REALM Ricardo L.Castro 19\tARQUITECTÜS Judith Leclerc UN PEU DE PÉTAGE DE BRETELLES POURQUOI UNE SOCIÉTÉ COMME LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE AURAIT-ELLE BESOIN D'ARCHITECTURE?Raouf Boutros 20\tUNE PROFESSION DANS LA TOURMENTE Pierre Beaupré 21\tCE REGARD QUI PROJETTE UN DEVENIR Philippe Poullaouec-Gonidec L'ARCHITECTURE, CE N'EST PAS SI DIFFICILE, MAIS LA COMPTABILITÉ, C\u2019EST BIEN PLUS CHAUD Robert Magne 22\tLE DISCOURS ET LE RÉEL Louis Martin 24\tA LETTER FROM LONDON Mark Pimlot 25\tEGO 9000 Affleck + de la Riva RETOUR DE CHINE Marc Choko 26\tPROPOS SUR UNE ARCHITECTURE ESSENTIELLE Pierre E.Leclerc 28 L'ARCHITECTURE DANS LE CONTEXTE DE L'AN 2000 L'ARCHITECTURE DANS LE SYSTÈME PROFESSIONNEL QUÉBÉCOIS DE L'AN 2000 Jean Ouellet LETTRE À JEAN OUELLET Victor Prus CRÉDITS\t__________________CI En couverture LES ARCHITECTES S\u2019ENTÊTENT collage d'un collage par Jean-Pierre Chupin, architecte.Collage original de Max Ernst, «L\u2019oeil sans yeux, la femme 100 têtes garde son secret» Paris, 1929, Werner Spies, Max Ernst - Les collages : inventaires et contradictions, Paris, Gallimard, 1984.ARQ bénéficie en 1997 de l\u2019appui financier du Conseil des arts et des lettres du Québec, dans le cadre de son programme de soutien aux périodiques culturels.Éditeur: PIERRE BOYER-MERCIER Membres fondateurs de la revue: Pierre Boyer-Mercier, Pierre Beaupré, Jean-Louis Robillard et Jean-H.Mercier.Membres du comité de rédaction: Georges Adamczyk, Jean-Pierre Chupin, Anne Cormier, Éric Gauthier, Pierre Boyer-Mercier.Production graphique: Cüpilia DESIGN INC.Directeur artistique: Jean-H.Mercier.Représentants publicitaires (Sales Representatives) : JACQUES Lauzon ET ASSOCIÉS.¦\tBureau de Montréal: 1ÜQ, Alexis Nihon, bureau 592 / Ville Saint-Laurent, Québec /H4M 2P1.Téléphone: (514) 747-2332 / Télécopieur: (514) 747-6558.¦\tBureau de Toronto: 1-800-689-0344 ARQ est distribuée à tous les membres de L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada.© Art ET ARCHITECTURE Québec: Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.ISSN: 1203-1488.Envois de publications canadiennes: contrat de vente N° 0472417.ARQ est publié six fois l\u2019an par Art et architecture Québec, corporation à but non-lucratif.Les changements d\u2019adresse et les demandes d'abonnement doivent être adressés à: ART et ARCHITECTURE Québec / 1463, rue Préfontaine / Montréal, Qc / H1W 2N6 / Tél.administration (514) 523-4900 ; rédaction: (514) 523-7024.Abonnements au CANADA (taxes comprises): 1 an (6 numéros): 41,02 $ / 68,37 $ pour les institutions et les gouvernements.Abonnements USA 1 AN: (6 numéros) 60,00 $ / AUTRES PAYS: 70,00 $.ARQ est indexée dans «Repères». \u201cPUNTI REND CHAQUE JOURNEE UN PEU PLUS CONFORTABLE\u201d D'une manière distincte et discrète, les revêtements de sols Punti de Mondo améliorent la qualité de vie quotidienne.Le confort coussiné, le design attrayant et homogène, la performance durable et la qualité supérieure, caractérisent tous les produits Mondo offerts à des prix, eux aussi, \u2022\ttrès confortables.Ce sont les revetements de sols par ?\t\"\t;\texcellence oc es r ¦ ¦ Jaèk L'EQUILIBRE ?.\t'\tENTRE LA TECHNOLOGIE ET LA NATURE Fabriqués à partir de caoutchouc vierge synthétique, d\u2019agrégats minéraux de première qualité et d\u2019agents stabilisateurs organiques, les revêtements de sols Punti de Mondo sont recyclables et non dangereux.En fait, nous nous adaptons à tous les besoins, sans exception.PROGRAMME\t* COULEUR PLUS DE MONDO Chez Mondo la couleur fait\t- partie intégrante de l\u2019esthétique des revêtements de sols intérieurs.En plus de la palette standard de 12 couleurs, le Punti de Mondo peut être fabriqué, selon certaines conditions, dans des couleurs spéciales pour répondre à vos besoins précis.MONDO AMERICA INC.2655 Francis Hughes, Laval (Québec) Canada H7L 3S8 Tel.: 514-967-5800 \u2022 Télec.: 514-663-7927 Sans frais du Canada : 1-800-663-8138 /îi»aèie~fc crier sur les toits! \u2014 ri ¦f i WBÜ ¦ 1111 wm* vwmsmi mznzœxm i ¦ gg »3HfeSS\\Ss® ¦Httia \u2019^anoMM 9 £a&m\\ mamwm SSSSÉ s HH MHB jiMi Ce bardeau d\u2019asphalte ignifugé* est le seul de sa catégorie fabriqué au Canada.Sa conception unique permet d\u2019obtenir une toiture qui sait attirer les regards.Vue d\u2019en bas, la fusion ries teintes** subtiles de la gamme Chateau ultra ombragé donne \u20221 plus de relief à la couverture.Aboutissement de nombreuses iliorations apportées au fil des ans, nos bardeaux Chateau ultra '\u2019'ombragé connaissent une immense popularité d\u2019un bout à l\u2019autre du continent nord-amçricain, Eeur succès s\u2019explique par leur élégance, maisgaiissi par leur robustesse exceptionnelle.Ces bardeaux, aux seurs assemblées par la cmpeur, présentent une durabilité le ans.Ils sont d\u2019ailleurs couverts par notre meilleure garantie fous serez si fier de votre achat que.vous aurez envie de le Les teintes illustrées sont proches de la réalité, mais elles peuvent différer légèrement en raison des limites des procédés d\u2019impression.Nous vous recommandons papjèonséquenl défaire votre choix final à partir d\u2019échantillons plein grandeur.* Cette technique rendant les bardeaux ififlainiwhU&a ét&tnise à l\u2019essai par Factory Mutual Research Corporation (ASTM E108, ACNOR Al 23.IM, ASTM D225 type UU-jéjfc.\tJi ** Le gamme Chateau ultra ombragé ^oj^^^pjtatrdouble, brun double, cèdre «earthtone», bois flottant, bois de grange, vert forêt et ardoise- harvard».\t.X L\u2019art dé plaire, l\u2019art cps 0irer.\t\t\tri \t\t,\t! -, ; HA OM SOCIÉTÉ CANADIENNE D'HYPOTHÈQUES ET DE LOGEMENT CCDH LE CENTRE CANADIEN DE DOCUMENTATION SUR L'HABITATION Appelez-nous sams frais au : 1-800-668-2642 Venez nous voir à notre site Internet www.cmh.c-schl.gc.ca Télécopieur : (613) 748 406g Un nouveau coup d'oeil! Vous avez des questions?Nou& possédons Les réponses.Un personnel courtois et connaissant \u2014 des milliers de livres et de vidéos \u2014 accès électronique \u2014 privilèges d'adhésion \u2014 et une maisonnée de ressources en plus! Nous sommes votre partenaire de recherche.SCHL CMHC\tr Question habitation, comptez sur nous\tVXli Idvld BENOTHERM ISOLANT THERMIQUE DE CELLULOSE 1.6 DENSITE* Un isolant respectueux de l'environnement % ».FABRIQUE PAR: -BENOLEC RAPPORT DÉVALUATION 1451 Nobel, Ste-Julie (Québec) Canada J3E 1Z4 Tél.: (514) 922-2000 Fax: (514) 922-4333 www.benolec.com Sweets: 07210/BEN \u2022\tCCMC-09232-L TOITURE VENTILÉE \u2022\tCCMC-12307-R MUR EXTÉRIEUR LA REVUE D'ARCHITECTURE CENT FOIS SUR LE MÉTIER Depuis juin 1981, ARQ s'est efforcé de d'apporter au milieu de l'architecture québécois un véhicule de communication de qualité.Au risque de plaire à certains et de déplaire à d'autres, chacun leur tour.La rédaction, malgré son bel idéalisme (à ne pas confondre avec idéologie), a parfois l'impression qu'elle prêche dans le vide, mais elle n'a jamais failli à la tâche.Fidèles au poste aussi depuis plus de 16 ans, nos annonceurs aussi ont collaboré d'une façon essentielle à la survie de la revue.En effet, c'est grâce aussi à ses annonceurs si ARQ existe et peut, mieux que tout autre medium, refléter ce qu'est l'architecture au Québec.100 FOIS MERCI ARQ, LA REVUE ?\u2019ARCHITECTURE Ntl EDITORIAL l\u2019après cent revues PIERRE BOYER-MERCIER, ARCHITECTE ET ÉDITEUR Et si demain ARQ n'existait plus! L'architecture du Québec sans revue, trahison ou simple disparition?Drame ou anecdote?C'est là la question, architectes.Dix-sept années de labeur ficelé et mis aux archives.L'architecture dans le noir.Requiescat in pace.Me lisez-vous?Nous lisez-vous?That is the question.C'est là toute la question.La suite vous appartient.Nous vous lirons.Et si demain ARQ n'existait plus.ÉCEMBRE 1937 5 Nous n'avons pas inventé le panneau architectural MAIS NOUS L'AVONS RENDU ABORDABLE La trame modulaire des panneaux CAREA, empreinte d'un aspect homogène, interprétait bien le design recherché.D'autre part, le choix de ce système de panneaux à joints secs s'est confirmé par sa relation qualité/prix.1| Thomas Novy MAGASIN POIVRE ET SEL /PHARMACIE JEAN-COUTU COIN MASSON ET SAINT-MICHEL, MONTRÉAL CAREA SOLUTIONS ET SERVICE POUR VOTRE SUCCES 1-800-972-2732 questions pour un débat Georges adamczyk ECEMBRE 1997 ARQ publie son centième numéro.Cette publication qui marque une longévité exceptionnelle est l\u2019occasion d'ouvrir im débat sur l\u2019état de l'architecture et sur la situation des architectes dans la société québécoise.Faisant écbo à un ouvrage célèbre en son temps, nous polirions intituler ce numéro «Architectes sans architecture».Plus précisément la question est celle-ci: Pourquoi une société comme la société québécoise aurait-elle besoin d\u2019architecture?Collaborateurs, lecteurs, professionnels, éducateurs, chercheurs, stagiaires, étudiants, amateurs sont tous sollicités pour participer au débat et chasser le pessimisme ambiant en stimulant notre désir d\u2019agir et de réfléchir pour la qualité de notre cadre bâti et le retour de l\u2019architecte à l\u2019avant-plan dans ses responsabilités sociales vis-à-vis l\u2019ensemble de la collectivité (voir en page 8, l\u2019appel de propositions).Le patrimoine bâti, la géographie, la Aille, les habitudes culturelles, la mémoire collective sont les matériaux de la continuité et de l\u2019imagination.Comment situer l\u2019architecture dans le mouvement rapide des transformations de nos modes de vie et de nos valeurs?Les bouleversements issus des pressions énormes exercées par l\u2019adaptation aux nouvelles règles du jeu de l\u2019économie appellent à ime nouvelle architecture dont la définition reste incertaine.Faut-il voir nécessairement mie rupture avec le passé?L\u2019architecte a-t-il encore tm rôle à jouer face à la demande sociale souvent contradictoire dans ses exigences économiques et culturelles?Le projet d'architecture est le heu de rencontre du possible et de l\u2019impossible.Si derrière chaque projet, il y a un sujet, l\u2019image poétique du créateur élaborant, seul dans le silence de la nuit, la juste réponse formelle aux défis de la connnande, laisse plutôt sa place, aujourd\u2019hui, à l\u2019idée d\u2019une organisation technique efficace dans un univers de règlements et de contraintes, au sein d\u2019un groupe d'intervenants de plus en plus multiples.Pourtant les enjeux culturels comme les risques financiers sont souvent fiés à 1\u2019initiàtive et à l\u2019esprit d\u2019exploration des individus.Il faut alors s\u2019interroger autant sur la valeur sociale d\u2019une œuvre que sur les qualités propres aux acteurs qui les ont réalisés.Comment interpréter la production actuelle des architectes?La globalisation des marchés pèse fortement sur la culture contemporaine.Les produits comme les services ne peuvent plus s\u2019élaborer en vase clos.La circulation des idées, des images, des expertises contribue à générer une superstructure qui par- ailleurs obligent la profession à se donner des moyens d\u2019actions concertées au plan international.La légitimation professionnelle a moms à voir aujourd\u2019hui avec mie mission sociale de l'architecture dans une société donnée; la pertinence, la concurrence, la performance prennent modèle sur les grandes firmes de consultants qui savent depuis longtemps conjuguer leurs compétences locales avec des besoins définis à l\u2019échelle mondiale.De leur côté, des jeunes architectes se tournent de plus en plus vers d\u2019autres territoires et envisagent l\u2019accomplissement de leur métier autrement et parfois au delà des frontières.Comment définir l\u2019acte architectural, la loi des architectes, la mission culturelle du gouvernement, le cadre éducatif?Autant de questions qui incitent fermement à un élargissement de la discussion sur le sens de l\u2019architecture aujourd\u2019hui., sur l'importance d\u2019adapter les moyens de ses diverses pratiques aux réalités sociales, sur la nécessité de reconnaître autant dans les œuvres du passé que dans celles qui s\u2019annoncent, les valeurs essentielles à mi cadre de vie, exprimant la dignité, la liberté et la solidarité des individus dans leur communauté.Quel prix faudra-t-il payer, si l\u2019on réduit l\u2019architecture à une simple marchandise, à tm strict service efficace?wife, c.\" in^orte//es reStenf debout S°\" Ce^uei; etP°Ur touj°ürs.D\u201ccharme R-\t^n e«oUefes- \u2022ReJean,Lene7\tH nd^le.» Appel de communications pour le numéro 100 ARQ n°100\t100 Propositions pour réagir Pourquoi faut-il encore se préoccuper d\u2019architecture?Pourquoi une société comme la société québécoise aurait-elle besoin d\u2019architecture?Pourquoi faut-il encore se préoccuper des architectes?Pourquoi une société comme la société québécoise aurait-elle besoin des architectes?Architectes 100 Architecture(s) À l\u2019occasion de son numéro 100, la revue d\u2019architecture ARQ veut ouvrir très largement ses pages à l\u2019opinion des lecteurs sur la pertinence sociale et culturelle de l\u2019architecture au Québec.Aux côtés des personnalités de la profession, des écoles et des médias, aux côtés des praticiens, des employés et des stagiaires, la parole des étudiants devra aussi trouver sa place.Nous lançons donc un appel général en forme de défi afin de préparer un véritable débat public.Nous ne cherchons pas àfaire une enquête objective mais à constituer un répertoire de réactions spontanées (pour ou contre) dans le but d\u2019amorcer un débat public et de tester notre capacité à communiquer.100 idées reçues (bonnes ou mauvaises) sur les architectes et sur l\u2019architecture.Une grande consultation ouverte à tous (même aux étudiants) proposée par la revue d\u2019architecture ARQ.Sur un demi-format lettre vertical, vous êtes appelé à proposer (ou à contredire par anticipation) une ou plusieurs des 100 raisons de se passer des architectes et/ou de l\u2019architecture au Québec.Votre affirmation/ réaction pourra être sérieuse ou drôle, calme ou agressive, intelligente ou stupide, et pourquoi pas tout cela en même temps.Ce qui importe c\u2019est que votre idée reçue puisse servir à stimuler un débat sur le rôle de l\u2019architecture et des architectes dans la société québécoise de demain.Vous pouvez envoyer autant de réponses que vous le désirez.Dans la mesure où les idées et les intentions des architectes se manifestent la plupart du temps par un mélange spécifique d\u2019aphorismes et d\u2019images, il est conseillé de juxtaposer une composition graphique (un montage de photographies ou de dessins et pourquoi pas un autoportrait) et un texte court (aphorisme, slogan ou citation) de façon à faire de votre réponse sinon une petite architecture en soi, du moins un élément de manifeste.Dans tous les cas, votre proposition ne devra pas laisser insensible un lecteur distrait.L\u2019ensemble devra donc adopter les stratégies de clarté, de composition et d\u2019imagination propices à une lecture rapide mais stimulante.Un jury composé de 100 personnalités connues ou inconnues du Québec, choisira les 100 premières réponses et la revue ARQ s\u2019engage à les publier dans leur intégralité en mentionnant le nom et la qualité des auteurs à moins d\u2019avis contraire.Les propositions sont à envoyer AVANT LE 10 OCTOBRE 1997, à : / Eric Gauthier et Jean-Pierre Chupin « 100 idées reçues sur les architectes et sur l\u2019architecture au Québec » Art et Architecture Québec, 1463, rue Préfontaine, Montréal, Qc,HlW 2N6 e mail : arq@sim.qc.ca fax(pour du texte uniquement) : (514) 523 2312 * Une «idée reçue» comme chez Flaubert est un préjugé.Malgré le délai indiqué pour le numéro 100 et compte tenu du peu «d\u2019idées reçues» reçues, cet appel est i dis JEAN-LOUIS ROBILLARD, ARCHITECTE I '£ § En descendant du bateau qui l'amenait au pays du Lotus bleu, Tintin s'écria: «.et voilà Shanghaï!» C'était au bout du monde d'alors.D'un exotisme exacerbé, et dissimulée par l'énorme Mao et à sa suite par le vieux Deng, Shanghaï est devenue le plus grand chantier du monde d'aujourd'hui.Comme l'a démontré clairement Jean-François Lépine lors d'un grand reportage au Point de Radio-Canada, Shanghaï est engagée dans une activité de construction de plus de 20,000 projets et mobilise environ 17 p.100 des grues de la planète.Le pendant occidental se trouve à Berlin, nouvelle capitale de la nouvelle Allemagne.O Shangaï, ô Berlin, que ne faites-vous rêver les architectes d'ici.Notre Shangaï à nous appartient au passé, notre Berlin aussi.L'Exposition internationale de 1967 a monopolisé les énergies de tous et fait valoir notre esprit créatif; elle a démontré notre savoir-faire des grands et des petits projets; elle a prouvé au monde que le Québec ne sommeillait pas en banlieue de l'Histoire.Quant à notre Berlin, elle s'est construite à notre nez et à nos lourds dépens.Les Jeux olympiques marquent le début de notre passivité.L'ère des grands projets était terminée, mais il restait encore de l'architecture à penser et à faire.Pour expliquer la mésaventure que vit en ce moment la jeune génération d'architectes, il faut nous reporter au début des années quatre-vingt.Certains des «quarante ans» ( des jeunes! ) avaient alors l'esprit échauffé par la dure réalité olympique.Ils désiraient faire connaître clairement leurs positions quant à une pratique de l'architecture de tous les instants et de toutes les instances.Une pratique surtout basée sur une vision critique du présent, ennoblissant du même geste l'avenir et le passé.Le Livre Blanc, rédigé en 1982 par Patrick Blouin, successivement président de l'Ordre des architectes du Québec et du Collège royal d'architecture du Canada, visait à l'établissement d'une politique de l'architecture au Québec.L'incompréhension du «milieu» tant architectural que gouvernemental ont fait remettre depuis quinze ans toute décision à ce sujet.Il y a maintenant une loi des architectes, mais pas de politique d'architecture pour le Québec.La jeune génération des architectes, qui sont de plus en plus nombreux, connaît des douleurs au portefeuille, certes, mais surtout souffre du mal de cette fin de siècle, «l'exaspération».Essentiellement l'exaspération de ne pas avoir de projet\u2014 projet de vie, projet d'habiter la vie, projet de changement du monde, projet de contestation et d'invention, d'ombre et de lumière, de nature et de bâti, projet d'individu et de société.Je connais nombre de jeunes architectes qui opèrent seuls.Il s'occupent en participant à des concours ( peut-être en existe-t-il encore.) ou en «planifiant» le garage de la maison familiale ( peut-être y vivent-ils encore?).Ils recréent une espèce disparue de «loners» qui ne saura pas chercher la critique là où elle se trouve, soit dans le public ou chez leurs confrères et consoeurs.Pour ceux-là, il s'agirait surtout de se regrouper en équipe et de «plancher» à plusieurs sur les mêmes projets, surgis des intention forcément variées du groupe.J'en connais d'autres qui explorent les métiers tournant autour de l'architecture (design d'intérieurs, de meubles, etc.), confiants que leurs études de l'espace les aideront à boucler leur projet, sans même oser espérer des résultats concluants.Et, à moins de posséder des talents innés et un verbe convaincant, combien se cassent la gueule en laissant leurs clients du moment insatisfaits?Çcce/gue, ierttfui a/vted .\t\t *\t\t\t\t\t Et voilà Shànghd) !.Il jn ' K 13 ' \\ Jean-Claude Marsan, prix Gérard morisset 1992 Pourquoi une société comme la société québécoise aurait-elle besoin d'architecture?Il n'est pas facile de répondre à cette question parce que celle-ci suppose une définition de l'architecture.Et là, il risque d'y avoir autant de définitions qu'il y a de groupes de pensée et de chapelles.Par exemple, pour l'architecte Dan Hanganu l'édifice des HEC a été l'occasion de faire un geste architectural fort, lequel se rapproche de la conception qu'il se fait lui-même de l'architecture.Par contre, pour un observateur aussi articulé que l'écrivain Jacques Godbout, c'est la poursuite même de ce type de geste architectural qui rend l'immeuble inacceptable à ses yeux et à ceux de nombreuses personnes1 .Ce simple exemple résume un débat qui est propre à notre temps: l'architecte se veut de plus en plus présent dans son oeuvre en tant qu'artiste individuel, pour exprimer sa vision de l'architecture et son talent, et c'est l'usage collectif et l'intégration sociale et culturelle qui en souffrent.Cette façon contemporaine d'approcher et de faire de l'architecture vient inévitablement en conflit avec la tradition architecturale québécoise, laquelle est fortement imprégnée par le classicisme.Ce qui caractérise le classicisme en architecture, c'est précisément l'attitude inverse de la part du concepteur: celui-ci participe de plein gré à un ordre qui l'englobe.A l'aide de règles établies, il contribue à concrétiser l'idée que la société se fait d'une architecture faite de grandeur, d'ordre et d'harmonie.Il n'est donc pas surprenant que les architectes contemporains comptent parmi les grands fossoyeurs des paysages culturels du Québec.Quelle société a besoin uniquement de ce type d'architecture?Le déclin démographique et économique On a plus de chance d'obtenir une réponse à la question en inversant cette dernière: de quelle architecture la société québécoise a-t-elle besoin?Il y a un autre avantage à poser la question de cette façon: la réponse peut contribuer à dégager des pistes d'action pour renforcer la profession.Car une profession, quelle qu'elle soit, ne peut survivre sans répondre à des besoins.Deux facteurs principaux affectent la société québécoise et risquent de la marquer pour des décennies à venir: le déclin démographique et économique.Réfléchir à l'ave-nir de l'architecture au Québec sans prendre en considération ces deux facteurs, c'est perdre son temps.Il y a un petit ouvrage qui est passé inaperçu dans la province mais qui s'est retrouvé au sommet de la liste des best-sellers au Canada pendant plusieurs mois dans sa version anglaise.Il s'agit de celui du démographe David K.Foot, écrit en collaboration avec Daniel Stoffman, et intitulé: Entre le boom et l'écho.Comment mettre à profit la réalité démographique.Il vaut la peine d'en citer un passage qui touche directement le coeur du problème: « Ces dernières années, la chute de l'immobilier a été catastrophique pour les architectes.Certains cabinets ont fermé, d'autres ont réduit leurs effectifs, et des gens doués ont quitté la profession.Aucune reprise majeure n'est à 10 prévoir parce que l'immobilier n'est plus un secteur en expansion.Mais les architectes qui se spécialisent dans les rénovations ont de bonnes chances de prospérer dans les années à venir.Mais le mot clé ici, c'est qualité.»2 Cette observation à l'effet que les besoins en architecture se trouvent désormais dans la rénovation et l'intégration peut paraître exagérée.Pourtant elle est corroborée par d'autres données.Ainsi l'étude intitulée Vision 2000 de l'American Institue of Architects prévoit que plus de 90% des projets de construction qui seront entrepris au XXIe siècle toucheront des structures existantes ou historiques.2 Cette situation est également confirmée par les faits: par exemple, la Société canadienne d'hypothèques et de logement estime à 19,9 milliards de dollars les travaux de rénovation qui seront effectués en 1997 dans le domaine domiciliaire au Canada, soit près de 5 milliards de plus que les sommes qui seront investies dans la construction neuve dans le même domaine durant la même période4 .La rénovation, la restauration et le recyclage en architecture suppose de la part de l'architecte une attitude particulière face au bâtiment, une attitude faite de modestie, d'ouverture à une réalité architecturale qui n'est pas sienne, une capacité d'analyse des valeurs historiques, culturelles et d'usage, des expertises poussées dans des domaines variés, tels que les méthodes de conception, les typologies et les styles architecturaux, les matériaux, les techniques de construction, etc., bref toute une série de connaissances et de savoir-faire que la très grande majorité des architectes ne possèdent pas, pire qui croient ne pas en avoir besoin.Le piège qui guette les architectes dans ce domaine, c'est de penser que la formation qu'ils ont reçue, basée sur l'excellence en design, et leur talent naturel les rendent aptes à aborder les questions de restauration, de rénovation et de recyclage, que ce soit pour des édifices patrimoniaux ou tout simplement existants.La conservation et la mise en valeur de l'environnement bâti constituent un processus de design complexe et très spécialisé, qui ne s'improvise pas! On n'a qu'à visiter l'immeuble rénové et agrandi de la Faculté de l'aménagement, lequel révèle à l'observateur informé tout ce qu'il ne faut pas faire quand on intervient sur un bâtiment ancien, pour se rendre compte des conséquences désastreuses de telles prétentions: gaspillage d'espaces, ruptures de formes, ambiguïté d'identité, perte de qualité d'usage, coûts élevés, etc.Sauf exceptions, l'avenir au Québec n'est plus dans ce type d'architecture ostentatoire qui nie l'existant au profit de l'ego créateur mais dans des solutions réfléchies, minimalistes, conçues en terme de conservation et de continuité de l'environnement bâti.L'ère de la reconstruction Le Québec en général, et la région de Montréal en particulier, ont développé trop d'espaces et construit trop d'équipements pour que l'on puisse continuer à satisfaire la demande avec la même approche et la même mentalité.Ce qu'il faut désormais, c'est réapproprier les espaces déjà développés et les équipements déjà construits pour les réaménager selon les besoins actuels et prévisibles.Cette tâche peut être exaltante en autant que la valorisation professionnelle puisse se trouver dans le service à rendre et non uniquement dans l'expression de l'ego! Le fait que, dans tout le Canada, il n'y ait qu'un seul programme complet d'enseignement spécifique qui aborde ces questions \u2014celui de la Maîtrise en conservation de ! l'environnement bâti de l'Ecole d'architecture de l'Univer- I sité de Montréal\u2014 est bien indicateur du retard des \u2019 institutions d'enseignement et de la profession sur la réalité vécue et à venir.Le projet de cette Ecole de reporter l'accès à la profession après un baccalauréat de trois ans favorisant une formation élargie, suivi d'une maîtrise d'un an et demi permettant une certaine spécialisation, est prometteur dans cette optique.Face aux taux élevés de chômage dans la profession, .les architectes sont prompts à mettre la faute sur les autres: sus aux ingénieurs, aux techniciens, aux designers d'intérieur et autres indésirables qui ont envahi leur champ de I pratique.Mais ils évitent de reconnaître que dans plu- I sieurs domaines de leur sphère de compétence, ils ont tout 1 simplement laissé la place aux envahisseurs, à l'occasion même par dédain.Des quelques 20 milliards qui seront dépensés cette année dans les rénovations domiciliaires, ils n'auront que des miettes parce qu'ils ont pour la plupart considéré ce domaine comme peu digne de leurs pulsions créatrices.Est-il préférable, à la manière française, d'être chauffeur de taxi et de rêver au grand geste architectural ou de gagner honorablement sa vie en intervenant, à la manière britannique, sur l'environnement bâti sans casser des briques?Le domaine de la rénovation, de la restauration et du recyclage qui s'ouvre aux architectes est très vaste, et chacun peut s'y tailler une spécialité.Mais pour développer une spécialité, pour réussir à monnayer des expertises, il faut acquérir, en parallèle au développement des capacités de conception, des connaissances et des expériences appropriées.Si les architectes ne le font pas, d'autres professions vont s'en charger (comme cela est déjà commencé) car les besoins sont là et la nature a horreur du vide.Sans doute y aura-t-il encore des projets d'architecture qui feront appel principalement à l'excellence en design.Mais ces projets ne feront plus vivre la majorité des architectes québécois.A trop vouloir jouer les artistes, ces derniers risquent désormais de connaître le sort réservé trop souvent à l'artiste: dépendre du 1% gouvernemental pour survivre.Pendant ce temps, d'autres professionnels, des ingénieurs aux agents de relations publiques, feront leur beurre des tâches que les architectes leur auront laissées.NOTES 1.\tLaurin, Danielle, «Hanganu, le jeu de l'ego», L'Actualité, vol.22, no.19, 1 er décembre 1997, p.110-121.2.\tMontréal, Boréal, 1996, p.49-50.3.\tAmerican Institute of Architects, Vision 2000, Trends Shaping Architecture's Future», no 4, «The Era of Rebuilding», p.10-11.4.\tAlbert Warson, «Invisible Empire», Building, April/May 1997, p.22.1 ARQ, LA REVUE D\u2019ARCHITECTURE BEAU CHIC VERSUS BON GENRE * L\u2019ESPÈCE HUMAINE DEMEURE TOUJOURS PERFECTIBLE NOUVELLES EN BREF On a retrouvé les os de Che «ISO 9000» GuébaraL./ REVOLUCION ! ido .la revolucion ISO 9000 permettra à l\u2019humanité d\u2019atteindre la Qualité Totale.çæ ici ::: COLLAGE : AFFLECK + DE LA RIVA l IDECEMBRE 1997 david contre goliath(e) En déambulant dans mon nouveau pavillon de l\u2019aménagement nec plus ultra, j\u2019ai remarqué un mot invitant tout le monde (même ceux qui, ô surprise, n\u2019y connaissent rien!) à se vider le coeur à propos de l\u2019architecture.Croyant en ma plume acérée et en mon venin vitrioLique, je me dis que je ne pouvais rater ma chance d\u2019aider mes ami(e)s architectes, eux qui acceptent la critique avec une ouverture toute particulière.À ma première année au bac, ma seule d\u2019ailleurs, nous avions peiné pendant des nuits (et des nuits) sur un projet d\u2019ajout à mie maison d\u2019un des canons du modernisme.Lors de la critique finale, notre professeur européen (à moins que ce fut un faux accent chiant) invita une amazone de l\u2019architecture, une véritable walkyrie, que dis-je, une de ces architectes drapées de noir résidant sur le plateau et qui croit détenh le jugement dernier quant à savoir ce qui est beau et surtout ce qui ne l\u2019est pas.Le premier étudiant à affronter Goliath(e) était un garçon paisible de la banlieue et qui en était comme moi à ses premiers balbutiements architecturaux.Un pavillon d\u2019interprétation de la villa Savoie tout ce qu\u2019il y avait de plus admiratif et joli.Goliath(e), toujours à la recherche de chair fraîche, flaira l\u2019occasion d\u2019épater quelques vertes recrues en désemparant un des leurs.Après avoir écouté son exposé, elle lui joua celte tirade recherchée.-\tMoi, ton pavillon d\u2019interprétation, c\u2019est le prototype de celui qui pestiféré partout au Québec et ailleurs; ton pavillon m\u2019ennuie profondément.Il est quétame.Et Le Corbusier ne l\u2019aimerait pas ou tu l\u2019as placé.Étant moi-même du même acabit que le jeune homme en question et voyant qu\u2019il était ainsi jeté en pâture, je lui prêtai main forte.Exquise bêtise.-\tMadame, moi je crois qu\u2019il faut que vous sachiez que l\u2019on est en première et que ce que l\u2019on fait provient beaucoup de ce qu\u2019on a vu depuis que l\u2019on est haut comme ça.Vous savez, on n\u2019a pas tous eu la chance de mijoter dans votre bouillon de culture.je suis de la banlieue et j\u2019y suis resté toute ma vie.J\u2019ai été élevé par les meilleurs parents du monde même s\u2019ils sont quêtâmes, ce qui fait de moi un quétaine de parents biologiques quêtâmes.Mais j\u2019essaye de voir autre chose et puis ça va marcher avec le temps.-\tAvec une attitude comme ça, lâche l'architecture, ça sera mieux pour toi et pour nous tous.-\tVous voyez, c\u2019est ça le problème avec l\u2019architecture, ou tu fais des édifices «fuckés» en béton froid et gris qu\u2019une poignée d\u2019intellos et de confrères apprécient ou tu fais des maisons de banlieue pour le monde ordinaire que les quêtâmes (excusez-moi papa et maman) aiment bien.-\tTu vois, c\u2019est à cause de gens comme toi que le monde vont à la Cage aux sports au lieu d\u2019aller à l\u2019Express! -\tFaut pas abuser des endroits comme la Cage; trop gras.Pas plus que de l\u2019Express; trop riche.Il faut chercher le compromis.-\tPas en architecture.L\u2019architecture c\u2019est total.-\tDommage, un jour vous comprendrez que les gens ordinaires n\u2019apprécient pas l\u2019architecture parce que l\u2019architecture n\u2019apprécie pas les gens ordinaires.NDLR: l\u2019auteur de ce texte n\u2019a pas été identifié que personne ne bouge Josette Michaud, architecte Texte pour une architecture enragée, inspiré par un récent appel d'offre de la corporation d'hébergement du Québec.Que personne ne bouge, que tout demeure en place, les structures, les paravents, les trompe-l'oeil, les acrobaties des gestionnaires de l'administration publique.Le Gouvernement du Québec ne ment pas.Il se contente d'alimenter la confusion en adoptant des politiques contradictoires qu'on pourrait, si elles étaient un tant soit peu poétiques, qualifier d'oxymorons Le Gouvernement dans sa prévoyance songe maintenant à mettre au point l'hébergement nécessaire pour les baby boomers vieillissants.Je cite: À mesure que la génération des baby boomers vieillira, les service et les établissements destinés aux aînés seront de plus en plus en demande.1 Cela amène le Gouvernement à développer de nouveaux concepts ! Dans la présentation de son nouveau guide d'aménagement des CHSLD.2 , le Gouvernement, par la voix de la Corporation d'hébergement du Québec préconise une philosophie d'approche globale, orientée sur la création d'un réel milieu de vie afin d'améliorer autant la qualité de vie des résidents, que celle du personnel.Le guide proposé serait, selon ses propres termes, non seulement un nouveau concept architectural, mais avant tout un nouveau mode de fonctionnement à l'intérieur des CHSLD.Enfin une architecture messianique! Architectes, à vos tables à dessin, à vos ordinateurs! Un nouveau programme vient de naître, entraînant dans son sillage la conception de douze nouveaux centres d'hébergement en quelques mois.Les neurones M.O.A.Q.entrent en action.Calmo! Calmo!.C'est ici que se réveille l'oxymoron qui sommeille, dont je vous parlais tout à l'heure.L'objectif ultime d'efficacité, que seuls les fous sauraient mettre en doute, fait qu'il faut centraliser les décisions; agir - comme le disait si bien le fonctionnaire en fonction, aux quelques 120 architectes et ingénieurs entassée dans une salle qui n'aurait pas dû en recevoir plus de 80 - à la manière d'un développeur qui voudrait implanter simultanément douze centres d'achats dans douze municipalités différentes .Ne croyez pas que j'invente: j'étais là, j'ai entendu ça de mes deux oreilles.Ouvrons ici une parenthèse: Si j'ai bien apprécié la situation, l'assistance était plutôt mâle.Tout au plus étions nous trois ou quatre femmes à cette session d'information.C'est vrai que concevoir des centres d'hébergement c'est beaucoup trop sérieux pour qu'on puisse confier ça à des femmes; alors c'est sûrement une riche idée de trouver une manière de complexifier l'affaire et d'éliminer ainsi les candidatures féminines qui dirigent pour la plupart des agences de petite et de moyenne envergure, sous prétexte de faire des économies d'échelle.Mais revenons à nos centre d'achats, pardon à nos moutons, .voire à nos clones.La stratégie consiste à faire développer quatre modèles: un petit, un moyen, un grand et un très grand, cela sous la gouverne d'un comité concepteur maître et à les répéter, avec quelques adaptations mineures, dans différentes villes de la «Belle province».Ainsi, ces contrats qui sont en eux-mêmes d'importance moyenne seront, grâce à l'oxymoron, vraisemblablement confiés à des firmes d'assez grande importance, et par voie de conséquence, la loi du «Qui a bu, boira» sera encore la meilleure, puisque l'appareil gouvernemental a tout pensé en terme de cinquantaine et de centaines de lits, multipliés par quatre, en termes d'économies d'échelle présumées, de centralisation des achats, d'autorité du gestionnaires de projet et que sais-je encore.Où est passé le véritable milieu de vie, la meilleure qualité de vie, la terre promise du programme abrégé des travaux?Et la beauté des choses dans tout ça?.Et l'intégration dans les villes et les villages?.Et l'invention?.Et la compassion?.Pour la baby boomer que je suis, les mouroirs à la chaîne c'est à vous donner le goût de partir maintenant.Mais.il faut bien l'avouer, quand je regarde le complexe funéraire du mont Royal, le long de la Côte-des-Neiges, j'envie Jerry Rouf.Quand le Québec comprendra-t-il qu'on n'édifie pas un pays en semant à tout vent des centres d'achats dans le paysage?Quand le Québec se rendra-t-il compte que les mots et les intentions ne peuvent tenir lieu et place d'architecture et que sa production de bâtisses n'est pas forcément architecturale?1\ttiré du Programme abrégé des travaux pour la relocalisation et construction de douze CHSLD 2\tCentre d'hébergement et de soins de longue durée 11 une Serges Gagnon, professeur, département de design de l\u2019uqam rencontre fortuite entre un néophyte prolixe et un jeune professionnel morose «Vous êtes architecte?Que ce métier doit être passionnant.Contribuer comme vous le faites en tant qu'intellectuel et en tant qu'artiste à l'édification du patrimoine culturel d'une société, n'est-ce pas là une mission extraordinaire?Une mission difficile mais enivrante qui exige plus que du talent.Pour pratiquer ce métier, il faut être favorisé par les dons, parfois par le génie.Ah! si vous saviez à quel point je vous envie.Mais vous rendez-vous compte de ce pouvoir exceptionnel qu'est le vôtre?Concevoir et réaliser un projet d'architecture, c'est accomplir un acte fondateur.C'est tirer du néant.C'est faire émerger du sol, là où il n'y avait rien auparavant, un univers nouveau, un ensemble inédit d'espaces et de formes dans lesquels des vies évolueront, se réaliseront.Vous n'auriez pas le complexe de Dieu par hasard?C'est une blague.Pardon?Ai-je bien entendu?Vous en avez marre.Mais marre de quoi?C'est bien vrai, vous éprouvez en ce moment même le besoin irrésistible d'expulser bruyamment l'air de vos poumons dans un cri déchirant?Mais pourquoi donc?Vous voulez ainsi exprimer avec toute l'exubérance dont sont capables vos cordes vocales les frustrations qui minent votre vie professionnelle.Mais je croyais.Ah! Bon.C'est aussi une façon d'évoquer les bons esprits, de solliciter leur aide afin qu'ils vous permettent de retrouver, malgré les manoeuvres du Malin pour vous en empêcher, les forces qui vous ont quittées et l'espoir que vous avez perdu?Alors là vous m'étonnez.Que puis-je faire?Je ne suis ni psychologue, ni exorciste.Je n'ai aucune thérapie à vous proposer, aucun remède conjurant les mauvaises vibrations à vous administrer.Je suis confus.Par contre, je ne suis pas dépourvu.Je vous conseillerai donc de poursuivre votre idée première en y ajoutant une dimension nouvelle qui saura couper court à toute velléité de repli dans un mutisme opiniâtre et à toutes formes d'exaltation délirante.N'hésitez pas.Allez-y sans retenue.Poussez haut et fort ce cri libérateur et faites-en un leitmotiv : «Shanghai me voici!» Une brève hésitation, et voici qu'un cri tonitruant jaillit des profondeurs de cette âme blessée.Je retiens mon souffle et récupère mon chapeau en même temps que mes esprits.«Ça va mieux?Oui?Permettez-moi alors de vous poser quelques questions.Mais je vous préviens, elles sont susceptibles de raviver certaines angoisses, pire, de rouvrir de vieilles blessures.N'hésitez donc pas, si la douleur devient insupportable, levez la main droite comme chez le dentiste.Est-ce que la transformation actuelle du marché de l'architecture constitue une menace pour la pratique professionnelle des architectes?Est-ce vrai que l'émergence de nouveaux métiers au sein des structures de planification et de production du cadre bâti mène à un changement radical des situations habituelles de travail dans ce domaine?En conséquence, doit-on penser qu'aujourd'hui certains savoirs et savoir-faire transmis et modifiés de génération d'architectes en génération d'architectes depuis des siècles sont délaissés, qu'ils tombent en désuétude?Tous ces phénomènes, y compris l'état actuel de la commande tant publique que privée, ne confortent-ils pas dans leurs propos tous les discours pessimistes sur l'avenir de l'architecture et des architectes?12 Une main droite se lève «Je suis désolé de vous harceler ainsi, surtout en ce moment.Vous me semblez si livide.Est-ce l'effort qu'a exigé ce cri que vous avez transformé en une véritable incantation ou l'ignorance dont je fais preuve en vous posant de telles question?Celles-ci, j'en conviens et m'en excuse, témoignent d'une vision des faits qui s'appuie davantage sur une observation empirique que sur des données scientifiques ou rationnelles.Je dirais même plus, elles ont un petit quelque chose qui rappelle ces pommes trop mûres tombant épars dans le verger des évidences.D'ailleurs, qui peut encore douter des changements profonds qu'entraîne aujourd'hui ce développement sans précédent des connaissances scientifiques et technologiques dans la plus part des champs disciplinaires correspondant à des pratiques professionnelles?Mais au-delà des quelques truismes qu'elles énoncent candidement, j'ai le sentiment que ces questions nous conduisent vers quelque chose d'autre, de plus fondamental.Il me semble, et je le dis ici sous toutes réserves, que l'enjeu véritable dépasse largement l'intérêt direct de l'architecture et des architectes, et davantage encore celui de l'organisation et de la division du travail dans ce secteur d'activités.Voilà que des sourcils se froncent, qu'un regard devient interrogateur et qu'une parole échappée d'un souffle rauque trahit une humeur plutôt aigre.L'imminence d'une seconde crise pulmonaire me dicte un changement de ton.Cela s'impose d'urgence.Je dois faire moins léger, plus professeur.On échappe pas à son destin.«Vous me voyez encore une fois désolé mais je crois qu'on ne peut considérer la conjoncture actuelle que d'un point de vue global.Parler des problèmes qui affligent aujourd'hui l'architecture et les architectes sans aborder la question de la formation et de l'enseignement, c'est orienter le débat sur les effets en négligeant une partie des causes.C'est aussi perpétuer cette idée que le monde de la recherche et de l'éducation est distinct, voire incompatible avec celui de la pratique professionnelle.Pourtant, s'il est une situation qui commande plus que jamais une réconciliation entre ces deux mondes, c'est bien celle que vous vivez en ce moment.A ce sujet, Michel Conan défend un point de vue intéressant.Il nous dit que: «L'architecture et les architectes ont tout à gagner à un développement des recherches qui reconnaîtraient la spécificité de leurs modes de pensée et la valeur du patrimoine culturel qu'il représente .Pour ne donner qu'un exemple, ces recherches permettraient, selon Conan, d'interroger autrement que sur la base d'inquiétudes frileuses ou encore d'émerveillements stupides le pouvoir formidable qu'exercent ces machines de traitement des systèmes de signes auprès de certains acteurs et prescripteurs du bâtiment.Un pouvoir potentiellement menaçant s'il légitime le développement d'outils servant à produire des simulacres de toutes les formes de la pensée.Cette éventualité n'est pas une vue de l'esprit, encore moins le script d'un scénario sur l'apocalypse.C'est pourquoi Conan nous invite à la vigilance en même temps qu'il nous incite à la réflexion.A propos de ces machines de traitement des systèmes de signes, il ajoute «Leur efficacité dans des domaines réductibles à une pensée systémique risque de faire disparaître des formes culturelles vivantes articulant pensée discursive et des formes de la pensée non discursive (.) Au lieu d'assister à leur lente disparition, nous pourrions peut-être, si nous les maîtrisons mieux intellectuellement, élargir leur champ d'application et en particulier définir ce que pourraient être des machines de traitement des signes mises au service de processus créatifs contrôlés par la pensée humaine.» 2 Vous l'aurez compris comme moi, les recherches auxquelles fait référence Michel Conan ne sont pas seulement de nature théorique.Elles visent plus large.Comme il le dit lui-même : «Les enjeux de telles recherches (.) touchent au plus profond l'un des problèmes d'éthique de nos sociétés : celui de la responsabilité collective des savants dans la conduite de politiques de développement scientifique qui aboutissent à l'expropriation croissante des hommes du champ de la production du sens par leur travail.» 3 Ouf! quel effort de mémorisation, mais aussi quel opportunisme dans l'emploi de propos d'autrui, cités hors contexte.Je m'en excuse à qui de droit.Du coup, la honte me gagne.Quel manipulateur je fais.Je dois confesser ce détournement.Et puis tiens, si j'adoptais plutôt l'attitude anarchiste de Paul Feyerabend, mon philosophe préféré, et clamais comme lui « Le seul principe qui n\u2019entrave pas le progrès est : tout est bon».«Le principe de la compatibilité (.) est déraisonnable» .«Pour un savoir libertaire, contre tout carcan méthodologique»,4 et j'en passe des plus savoureuses.Il faut quand même admettre que la connaissance est une aventure.Une sorte d'errance où l'âme bien née découvre le parcours sinueux et les chemins de traverse qu'emprunte l'érudition dans sa traversée du.Ça va! Ça va! J'ai compris.Je m'arrête ici.Je ne cherche pas une rédemption mais un peut de réconfort, voilà tout.«Vous dites?Où tout cela nous mène-t-il?Mais à l'enseignement voyons.Vous pensiez à quelque chose d'autre?Oubliez cette question, elle n'est pas pertinente.Elle risque même de nous embrouiller.Revenons plutôt, si vous le voulez bien, aux propos de Michel Conan (qu'il me pardonne cet autre écart).Lorsque celui-ci prétend qu'une reconnaissance «scientifique» de la spécificité des modes de pensée qui sont à l'œuvre en architecture représente un enjeu majeur pour la discipline et pour la profession, que suggère-t-il selon vous?Ne dites rien.N'épuisez pas les forces qui vous restent.Je vais répondre.Il suggère d'interroger, autrement que d'une manière empirique ou intuitive, la phase la moins élucidée du processus du projet d'architecture.Souvent tenue pour indicible, cette phase est pourtant celle qui distingue l'activité architecturale des autres activités participant à la production du cadre bâti.C'est aussi celle qui définit et précise la visée constructive de l'architecture, ainsi que le rôle dévolu à l'architecte dans nos sociétés modernes.Vous l'aurez deviné, cette phase, sans laquelle les édifices n'existeraient pas, c'est celle où s'élabore la conception architecturale.Un travail intellectuel d'invention et d'engendrement où sont à l'oeuvre deux formes distinctes de la pensée, deux types d'opérateurs cognitifs : le figurai et le discursif.Ce travail ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE ;; «L\u2019architecture est un geste» (Wittgenstein) ri\": I rçS'! qui donne naissance au projet à travers la représentation de formes et d'espaces architecturaux s'inscrit dans la culture comme pratique artistique.Il assigne ainsi à l'architecte un rôle de créateur.Etant donné qu'un projet d'architecture est toujours au service de finalités explicites, c'est-à-dire qu'il résulte pour une part essentielle d'intérêts qui s'expriment dans la société où il est réalisé, ce travail se définit aussi comme pratique éthique et assigne à l'architecte un rôle de partenaire social.En somme, ce que suggère Conan, c'est d'aborder l'architecture à la fois comme conduite à projet et comme pratique du projet.C'est aussi d'élucider et de rendre communicable la conception architecturale.A bien les considérer, ne croyez-vous pas que ces suggestions de nature épistémologique mériteraient d'être développées sous la forme d'objectifs pédagogiques?Plus explicitement, ne croyez-vous pas que l'apprentissage et la pratique du projet comme lieu d'invention et de réflexions critiques devraient constituer l'élément «central» de la formation du cycle d'études conduisant au diplôme d'architecte?Vous n'êtes pas obligé de me répondre maintenant.D'ailleurs quelqu'un a déjà répondu à cette question avant vous.Son nom?Armand Prémont.Sa profession?Recteur.Son pays d'origine?La France.Ses qualités?Inconnues.Mais tout cela a peu d'importance.Ce qu'il faut savoir du bonhomme, c'est qu'il fut mandaté à la fin des années soixante dix par un quelconque ministère, celui de la Culture et de l'Environnement -je crois, pour établir un bilan de la situation de l'enseignement de l'architecture en France.Or dans son rapport, A.Frémont dégage principalement deux recommandations qui seront à l'origine de la réforme qui a conduit à la naissance des U.P.A.,: « Tout d'abord, la nécessité de rapprocher l'enseignement de l'architecture de celui de l'Université (.) de recentrer l'enseignement sur l'architecture elle-même et sur le projet».^ Depuis la publication des actes du Séminaire de Bordeaux (1993) sur les pédagogies du projet architectural et de nombreux autres ouvrages traitant des enjeux de cette réforme, nous savons que les écoles d'architecture de l'Hexagone ne se sont pas privées de critiquer certaines conclusions du rapport Frémont et d'y apporter toutes sortes de variations.Malgré tout, les recommandations essentielles du recteur restent intactes.Elles jouissent toujours d'une adhésion quasi générale, car elles ont le mérite de préciser le niveau et l'objet de la formation à l'architecture, ainsi que la nature des moyens pédagogiques permettant de réaliser cette formation.«Vous me semblez perplexe?Vous cherchez l'argument?Soit! Je vais tenter de le déployer dans cette courte synthèse qui réunit en une même proposition les allégations citées plus haut.Si les programmes de formation à l'architecture recentrent l'enseignement sur l'architecture elle-même et sur le projet, c'est qu'ils se situent d'emblée du côté de l'élaboration conceptuelle, de la conception architecturale.Ne visent-ils pas ainsi à définir un profil, celui du concepteur/projeteur?Si on y convoque et met à l'épreuve des connaissances, des habiletés et des aptitudes particulières qui servent à comprendre mais aussi à résoudre par la démarche du projet des problèmes que soulèvent la transformation des formes de l'espace et l'élaboration de formes dans l'espace, ces programmes ne DÉCEMBRE 1997 visent-ils pas, cette fois-ci, l'acquisition d'une expertise, celle de l'édification?Enfin, parce qu'un projet d'architecture est porté par une idée qui n'est pas d'abord engendrée par le déterminisme des contraintes mais par des choix, des intentions, des décisions, des engagements et des opinions se nourrissant aussi bien de modèles que de conduites inscrits dans la culture et dans les pratiques sociales, les programmes de formation à l'architecture ne se définissent-ils pas comme le lieu privilégié de réflexion sur la dimension éthique de la profession dont ils se portent garants?«Ce ne sont là que de simples suppositions.Des hypothèses bricolées par un néophyte curieux qui se demande pourquoi certaines écoles et même certains organismes (mécanismes) de contrôle semblent plus enclins à hybrider qu'à consolider le territoire de l'architecture et le domaine de compétence des architectes.Pourquoi cherchent-ils, en apparence du moins, à faire du concepteur/projeteur une sorte de couteau «scout», un «renaissant» de l'ère ISO : une moitié d'avocat, un tiers de gestionnaire d'agence et de projet, un quart d'ingénieur de systèmes experts et de contrôleur de la qualité, un huitième de spécialiste de la validation, accessoirement un constructeur et si on en a le temps, pourquoi pas, un architecte.«Vous savez, il s'en trouvera toujours un ou une qui saura disserter avec plus ou moins d'intelligence sur les valeurs intrinsèques et l'importance historique de tel ou tel édifice; il s'en trouvera toujours un ou une qui maîtrisera plus que d'autres les nombreuses contingences de sa profession; il s'en trouvera toujours un ou une qui cherchera dans les manipulations virtuelles un lieu d'exploration et de découverte ou encore une façon, aujourd'hui admise, de se mettre à l'écart de tout débat, d'échapper à l'effort de réflexion sur les mots et les choses.Mais le problème n'est pas là.L'enjeu est ailleurs.Comme le souligne Michel Conan, ce n'est pas l'architecture en tant qu'objet construit, en tant que service professionnel susceptible de poursuites légales ou encore en tant qu'imagé numérique qui est menacée, mais plutôt l'architecture comme discipline, comme engagement éthique, comme mode de pensée et comme projet.Et c'est de cette architecture que doit s'occuper l'enseignement.La tâche n'est pas simple.Les méthodes pédagogiques, les outils didactiques et les programmes eux-mêmes restent à définir, sinon à éduquer.Mais les objectifs sont clairs.Enfin, ils sont clairs pour peu qu'on veuille bien reconnaître que la formation à l'architecture n'a pas pour mission de répondre aux angoisses croissantes d'une association professionnelle qui ne sait plus trop où donner de la tête, ni de satisfaire l'appétit d'un marché fébrile qui ne sait plus trop quoi ou qui manger.Tiens, un sourire.Mais qu'ai-je dit de si amusant?Ma foi rien.Tout cela est même très inquiétant: le marché de la construction bat de l'aile; les décideurs ne décident plus rien, ils coupent ou vaquent à d'autres occupations; les technologues ratatinent leurs plans (rarement une coupe) en toute impunité-on les encourage même à le faire; la loi sur les architectes souffre plus que jamais de l'absence d'une politique de l'architecture; des architectes de talent renoncent; d'autres repeignent pour la troisième fois cette râi Cassius Clay, Sonny Liston, 1962 COLLAGE : AFFLECK + DE U RIVA année les murs de leur bureau; d'autres encore perdent leur bureau; finalement, la seule revue d'architecture du Québec fait des cures d'amaigrissement et n'est plus lue que par un petit groupe d'irréductibles.Et ce sourire qui reste figé sur les lèvres.Ce sourire qui ne disparaît pas, qui semble même s'épanouir.C'est à mon tour de broyer du noir.Certes, je ne suis pas architecte : Dieu n'a pas voulu que je souffre.N'empêche que la solidarité est une valeur qui m'habite.Et si j'osais?Non.Ce n'est plus de mon âge.Bah! Je peux bien joindre ma voix à celles de tous ces jeunes et moins jeunes déprimés, discrètement, sans attirer l'attention.Alors! «Shanghai nous voici!».Voilà que je me remets à tousser.Merci Jean-Louis et bon anniversaire, le tien, bien sûr, mais aussi celui de cette revue dont tu as été l'un des fondateurs héroïques.NOTES 1.\tMichel Conan, Concevoir un projet d'architecture, L'Harmattan, Paris, 1990, p.9.P.S.Si quelqu'un parvenait à identifier le sujet du verbe «représente» à la fin de cette citation, ce quelqu'un serait gentil ou gentille, c'est selon, de m'en aviser.J'ai tout essayé.Le jeu des incidentes et des substitutions.Rien ne fonctionne.J'ai peut-être le cerveau fatigué, qui sait?2.\tid 3.\tid 4.\tPaul Feyerabend, Contre la méthode, Seuil/science ouverte, Paris, 1979.5.\tEnseigner le projet d'architecture, Actes du Séminaire de Bordeaux, 1 et 2 Avril 1993, France, Direction de l'architecture et de l'urbanisme, Ministère de l'équipement, des transports et du Tourisme.13 Jacques Rousseau, professeur architecte et prix de Rome Allégorie À l\u2019ampleur des enjeux qui nous sont proposés dans cette livraison ARQ, on dirait que les 7 plaies d\u2019Egypte nous frappent, que le feu du ciel nous terrasse et que le déluge nous charrie, que la terre tremble et s\u2019ouvre sous nos pieds et que les tables de Moïse que nous avions décidées de transporter, nous entraînent vers le fond! C\u2019est génial, cette thérapie hallucinante et collective.Tout peut revivre d\u2019une volonté de rien.de rien du tout.Dans ce nouvel environnement, bon pour encore 4,500,000,000 d\u2019années, où flottent les débris, je rencontre un type qui me dit: «Fais-moi une maison, je te logerai!» Légendes Dans le contexte de ce «Architectes sans architecture» j\u2019ai jugé à propos de publier le texte que j\u2019ai affiché lors de l\u2019exposition «FONDATION» tenue au Centre Canadien d\u2019Architecture à l\u2019été \u201896.Ici, l'opportunité m\u2019est donnée de poursuivre cette réflexion et de la partager.FONDATION pour insister sur le langage architectural comme fondement à l\u2019édification d\u2019une culture de l\u2019espace qui est la nôtre et ce, d\u2019autant plus que l\u2019état actuel des choses tend à nous éloigner du rapport intime liant substance et apparence.L\u2019histoire des architectes est devenue plus importante que l\u2019histoire des architectures.En effet, les Allégorie,\tarchitectes sont sortis de l\u2019ombre avec la médiatisation de l\u2019architecture.Un traitement hautement vitaminé, fable, idée, nous accompagnant et nous appuyant depuis près de iitopie, trente ans dans la création des courants «post» et «néo» projet! tiue n0lls avons illustrés sous toutes les formes imaginables.Un appui venant de la presse écrite qui a joué un rôle important dans la reconnaissance de l\u2019architecture, valorisant l\u2019architecte et son oeuvre et aidant à réaliser un milieu, un vedettariat que nous avons apprécié.C\u2019est l\u2019Amérique, c\u2019est l\u2019Occident, c\u2019est l\u2019Orient, c\u2019est nous! Qui n\u2019a pas prononcé les noms des Venturi, Johnson, Graves, Stern, Moore, Sterling, Rossi, Krier, Bofill, Portzamparc, Perrault, Botta, Nouvel, Foster, Koolhaas, Isozaki, Takamatsu, Ando.sans rêver à cette immerise pyi'amide où l\u2019on trouverait son nom inscrit, même en petit, sur bloc, même quelque part à droite du centre ou ailleurs, sous un autre, près de la base.14 Trente années d\u2019un effort de diffusion-culturalisation soutenu où les architectes ont démontré une forme de solidarité que nous avons crue vitale au statut de l\u2019architecture, dans une société résolument tournée vers la consommation.La création de cette pyramide «Amway» de l\u2019architecture était importante et nous aurions probablement tort de ne pas lui reconnaître sa valeur propre et les bénéfices collectifs qu\u2019elle a entraînés.Mais, si autrefois les apprentis parlaient aux maîtres et qu\u2019aujourd\u2019hui les inaîtres sont tenus muets sous les couvertures des revues d\u2019architecture, quels moyens alors avons-nous pour comprendre leur influence et ainsi passer de l\u2019apprentissage à la maîtrise d\u2019un langage.Une fois nos étagères bien garnies, nos mémoires saturées d\u2019images, le doute ne se réinstalle-t-il pas alors que les poussières de cette lumière médiatique se déposent sur nos planches tapissées d\u2019architecture imprimée en quatre couleurs?Une fois nos désirs assouvis et nos corps rompus au labeur du métier, la solitude ne réapparaît-elle pas, alors que le poids de cette lumière s\u2019enfonce dans la surface qui chatoie?FONDATION pour sonder l\u2019espérance de vie du métier.Idée ou faire-savoir et savoir-faire Revenir sur les métiers, nous sommes au plein coeur de cette question.Que la vitesse attende encore! Que l\u2019on nous invite à considérer cette machine qui, semble-t-il, nous entraîne et qu\u2019à laquelle s\u2019adapter signifierait qu\u2019elle nous sauve, est un appel dérisoire.C\u2019est faire valoir la fuite.en avant.C\u2019est faire valoir l\u2019accélération d\u2019un processus jugé nécessaire bien que dangereux.C\u2019est proposer d\u2019accompagner mie évolution que l\u2019on ne peut contrôler.C\u2019est presque replonger dans le déterminisme! Pire, c\u2019est «flirter» avec le fatalisme.Comment ces doctrines auraient-elles pu remonter jusqu\u2019à nous?C\u2019est dire que Ton ne sait plus trop quels sont les réels enjeux.C\u2019est dire que Ton a perdu de vue Tordre et l\u2019échelle des choses.Et ce, au point où Ton ne saurait avouer la quantité de béton coulé en réponse à cette fuite en avant; au point où Ton ne saurait avouer le nombre de mariages d\u2019affaires de raison, consommés au nom de cette fuite; au point où Ton ne saurait avouer les sommes d\u2019argent dépensées par les «lobbies» nourriciers de cette fuite; au point où Ton ne saurait avouer la masse de talent que nous y avons englouti.Halte! que la vitesse s\u2019étouffe! Fable Sonder l\u2019espérance de vie du métier, nous sommes au plein coeur de cette question.Nous avons les villes que nous sommes! Une société fondée sur deux principes: la tolérance et la liberté d\u2019expression, desquels émergent et prennent forme les compromis et les ententes qui donneront lieu aux villes que nous avons: des paysages d\u2019apparence et de substance.C\u2019est parfait (me dit ma petite voix) on a des deux! Mais en cela, qu\u2019avons-nous ici qui puisse nous rassurer et nous dégager ainsi du questionnement sur la nature et la qualité du rapport qui fie apparence et substance?Nous avons les villes que nous sommes! C\u2019est donc dire que ce n\u2019est plus ni sur l\u2019architecture ni sur aucun autre métier qu\u2019il faut travailler maintenant, c\u2019est sur soi.C\u2019est vrai qu\u2019il faut se battre pour gagner sa croûte.C\u2019est vrai que quelqu\u2019un le fera si je ne le fais pas.C\u2019est vrai qu\u2019on me demande de signer là.C\u2019est vrai que c\u2019est mie question de vitesse.C\u2019est vrai la globalisation, les plans d\u2019affaires, les marchés extérieurs, les réseaux, la performance, l\u2019efficacité.C\u2019est vrai que l'architecture et les autres sont devenus des marchandises! Mais qu\u2019à cela ne tienne, il faut travailler sur soi.Que la vitesse attende! Profondément attachées à cette éthique, les apparences ne trompent plus.Nous aurons les villes que nous serons! Utopie Aujourd\u2019hui, la priorité n\u2019est pas de définir mie nouvelle expression (du design, de l'architecture, du paysage et de Turbanisme) qui refléterait les nouvelles règles du jeu de l\u2019économie.Si, dans nos métiers, nous nous soustrayons à cette cause, c\u2019est que nous ne tenons plus à la valeur de la démarche d\u2019enracinement du projet, ni à la constitution d\u2019artefacts culturels solidement ancrés, mais plutôt à la satisfaction sécurisante qu\u2019apporte le produit d\u2019une commande.Si, dans nos métiers, nous garantissons le résultat plus que la pensée, ne soyons pas surpris qu\u2019on nous demande de livrer la marchandise! Mythes Alors, qu\u2019y a-t-il dans ce texte durement acquis, au prix d\u2019innombrables heures grillées à ma table, à la poursuite de la raison?Une évidence poignante me traverse l\u2019esprit.Tout cela a déjà été dit, écrit, entendu, lu et vécu! Survivre à ce choc! Mon instinct me sauve! Il est réconfortant de penser que chacun, à notre manière, nous passons par le chemin des autres, construisant dans notre langage la distance nécessaire pour saisir le temps qui, pour chacun, nous est spécifique, y découvrant ce dont nous sommes solidaires.Je retourne à ma table, j\u2019y avais laissé un travail en plan, une allégorie, une légende, une fable, une idée, une utopie, un rêve enchanteur, un projet et.un petit rien du tout.ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE arq longa, vita brevis PRATIQUE EN EMERGENCE Philippe Lupien, prix de rome : ppoitr É1 ^41 Lvi Les mères se portent garant des valeurs dans la société, une tâche qui n\u2019est pas rémunérée COLLAGE : AFFLECK + DE LA RIVA vues de nulle part : «jusqu'ici tout va bien.» Jean Beaudoin «On reconstruit toujours le monument à sa manière, c'est déjà beaucoup de n'utiliser que des pierres authentiques» Marguerite Yourcenar, Les mémoires d'Hadrien Cent numéros d'ARQ, cent pierres, un monument! Vu de Rome où s'écrivent ces mots après 450 jours de bel exil, l'événement a ses résonances, après tout, la ville qu'on voudrait étemelle fêtait le 2 750 ième anniversaire de sa fondation mythique le 20 avril dernier et s'apprête à fêter les 2000 ans du christianisme, dans un peu moins de deux ans, l'heure semble donc à l'introspection.Coïncidence des regards posés sur le temps écoulé?Pas tout à fait.Depuis que le légendaire Romulus, fondant Rome en 753 avJ-C s'est réclamé de la descendance d'Enée, le héros Troyen, tout projet à Rome passe par le souvenir.Dans une capitale où les grues sont absentes, on remarque pourtant des centaines d'échafaudages.S'y affairent les ravaleurs de façades occupés à faire disparaître la seule marque temporelle bien réelle: celle du vieillissement sous la bannière presqu'ironique de Roma per Roma, Rome pour Rome.Ville musée par excellence, l'avenir ne s'y envisage qu'à travers la construction d'un passé.A cette image, j'aimerais associer cette anecdote d'un échange tenu entre archéologues entendu quelques jours avant de vous écrire et qui constitue en quelques sortes mon instantané de Rome.Devant la nécessité de restaurer les jardins d'une villa de Monté Pincio, des excavations au pied d'un tumulus permirent à des archéologues de mettre à jour les restes d'un temple.Or, plus que la présence du temple elle-même l'intérêt que la découverte a suscité, relève de l'hypothèse que ce serait là le temple de la déesse Fortune dont Andrea Palladio aurait fait le relevé précédant la réalisation de la célèbre villa rotonda de Vincenza et qui avaient jusqu'ici été attribués au temple de Fortuna de Palestrina.La séquence historique traditionnelle acceptée en serait bouleversée.Palladio aurait fait fléchir le cours de l'histoire architecturale occidentale en idéalisant la forme d'un temple que les romains du llième siècle de notre ère avaient construit et qui serait par conséquent lui-même une interprétation de celui que leurs ancêtres avaient reconstruit à Palestrina en 80 avJ-C sur les restes du temple étrusque original.Inutilisable pour les chrétiens, le temple de Pincio serait à son tour tombé dans l'oubli et devenu par la suite colline de mines couverte de végétation, il aurait été modelé en un monticule imitant une tombe étrusque (ironie du sort) surmonté d'un belvédère Palladien (double ironie du sort) dans une composition romantique du XVIIlième siècle.Après deux semaines de débats, les ouvriers purent reprendre les travaux de plantation, l'histoire de l'histoire venait à nouveau d'être réécrite.Ainsi s'achève cette carte postale romaine, ARQ longa, vita brevis.ARCHITECTURE IS THE MOTHER OF THE ARTS «C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un homme qui tombe d\u2019un immeuble de 50 étages.Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : « Jusqu\u2019ici tout va bien., Jusqu\u2019ici tout va bien.,Jusqu\u2019ici tout va bien.» Mais l\u2019important c\u2019est pas la chute.c\u2019est l\u2019atterrissage.- Introduction du film LA HAINE de Mathieu Kassovitz.En image, un cocktail Molotov tombe vers la Terre pour s\u2019y fracasser en milles éclats enflammés.Ce pourrait être le fantasme conceptuel que Tschumi repousse par la fenêtre du cinquantième étage d\u2019un projet construit.Ce porurait être l\u2019architecte sans architecture filant vers un territoire qui sera son dernier chantier.Ce pourrait être l\u2019architecture - enfin ce qu\u2019elle représente avec ou sans architecte - qui est vouée à l\u2019éclatement.La chute est pour le pessimiste synonyme d\u2019échec.Mais c\u2019est aussi la chute libre.La conséquence d\u2019un geste réfléchi.« To really appreciate architecture, you may even need to commit murder » ( B.Tschumi).L\u2019atterrissage est pour le pessimiste la mort de l\u2019architecte.C\u2019est aussi un brusque changement d\u2019état.La bouteille qui vole en éclat.L\u2019architecture qui change.Une conclusion que certains redoutent.et que d\u2019autres espèrent.Je n\u2019ai pas connu le moment où on avait la bouteille bien en main.Je constate que je tombe.Je subis la chute avec les architectes nostalgiques et les stagiaires angoissés qui les écoutent.Mais je tombe aussi par choix.J\u2019apprécie la chute avec les architectes qui veulent être autre chose et les stagiaires qui doivent être autre chose pour devenir architectes.Ce contexte de transition est donc mon milieu de travail.Un environnement où les normes d\u2019avant ne tiennent plus et où les principes d\u2019après ne sont pas encore étabüs.Sans normes, sans client la plus part du temps, sans protocole , sans territoire de pratique.Mes vues ne sont ni d\u2019ici, ni d\u2019ailleurs.Elles sont là.Entre les lieux nommés.Elles sont ici.Dans l\u2019espace d\u2019un seuil.Des vues de Nulle part.Je suis praticien de la chute.libre, et jusqu\u2019ici tout va bien.Saut dans le vide 1987.Passion poru mie fille d\u2019architecte.La fille me quittera pour devenir architecte.Ma passion deviendra l\u2019architecture.Architecture sans l\u2019Architecte.Entre deux passions, le saut dans le vide pour combler le vide.50ième étage : « Jusqu\u2019ici tout va bien.» Dé-formation : les architectes du trait d\u2019union Entre autres, mon exemple.Entre l'ingénieur et l'architecte, uine formation double qui place en conflit d\u2019intérêt.Une double profession qui peut entraîner la ruine si l\u2019on se risque sur le territoire du bâti.L\u2019ingénieur établit l\u2019objectif, identifie les prémisses et isole les paramètres.L\u2019architecte introduit le paramètre perturbateur, provoque des relations, recherche l\u2019évidence de l\u2019arbitraire.Traditionnellement, Le premier ne se fait pas expliquer les visions du second parce qu\u2019elles sont irrationnelles.Le second voudrait prétendre être le premier sans se soumettre à l\u2019ennui du rationnel.Entre les deux, un processus de création .IDECEMBRE 1997 15 hybride.qui s\u2019enseigne entre les classes, entre les facultés.Je suis ingénieur-architecte.Je ne crois pas à l\u2019architecte pur.Je crois aux architectes qui pratiquent entre les pratiques.Je ne crois pas aux champs de pratique.Je crois aux seuils de pratique.48ième étage : « Jusqu\u2019ici tout va bien.» Statut : stagiaire Entre l\u2019université et la pratique, le stagiaire n\u2019a plus le statut d\u2019étudiant.Le stagiaire n\u2019a pas la stature du professionnel.Il est placé de fait sur un no man\u2019s land.Il y est pour- un temps.Ces objectifs sont la survie financière et la quête de notoriété.Il y a les stages traditionnels où l\u2019on se place sous les ailes des Doyens qui ont construit ou de celles des jeunes -ils ne sont plus vraiment jeunes - qui concourent.Il y a les stages non-reconnus flirtant avec la lucrative pratique illégale de l\u2019architecture ou avec les fantasmes des concours d\u2019idées.Les premiers donnent accès à la Pratique.Les seconds sont la pratique du construit et de la médiatisation.Entre les deux, je suis un nomade en formation et de formation nomade.je pratique sans appartenance.mais pas officiellement, du moins jusqu\u2019à nouvel Ordre.42ième étage : « Jusqu\u2019ici tout va bien.» Mode d\u2019insertion : les concours En France, il y a 1000 concours de projets par année.Sur internet, aujourd\u2019hui 24 octobre, on compte 17 concours d\u2019idées.Au Québec, la procédure s\u2019installe.En deux ans, j\u2019ai participé à la conception d\u2019ensembles de logements à Paris et Barcelone, une École d\u2019Administration Publique à Québec, un centre d\u2019interprétation à Québec, un musée et une salle d\u2019opéra à La Havane, deux musées au Sénégal,.Et les projets en cours compte entre autres : un centre d\u2019étude à Barcelone, un palais de Justice en Afrique du Sud et ime étude urbaine à Kyoto.J\u2019habite ici à Montréal, où il n\u2019y a pas de concours ouvert.Il y a eu le concours d\u2019idées Seuil / Place de l\u2019architecture.Le site était entre les choses.Je n\u2019étais pas éligible.Ce sont des gens d\u2019ailleurs qui ont gagné.Lors de la commande directe de « contact », on choisit l\u2019architecte sans l\u2019architecture.Lors de la commande directe éclai- rée on choisit l\u2019architecte pour le potentiel de son architecture.Lors du concours, on choisit le potentiel de l\u2019architecture.Entre la rêverie de l\u2019architecte autistique et la technicité de l\u2019espace construit, Entre le projet de l\u2019architecte et le projet de société, il y a le concours d\u2019architecture.Il y a des terrains de golf public.Il y a des concours ouverts ailleurs qu\u2019à Montréal.Je préfère les concours au golf.Je pratique ailleurs.56ième étage : « Jusqu\u2019ici tout va bien.».Réalisation : aucune.27ième étage : « Jusqu\u2019ici tout va bien.» Terrain vague : l\u2019architecture médiatique québécoise Une évidence.Certaines oeuvres trouvent une pérennité dans les médias sans même être construite.Le ZKM (Karlushe) de Koolhaas est connu mondialement.l\u2019oeuvre construite du ZKM a été inaugurée en octobre.Le saviez-vous ?Au Québec, les oeuvres ne sont pérennes que si elles sont construites.Pas de média qui peut se permettre d\u2019être exhaustif, pas d\u2019idées transmises, pas de traces d\u2019architectures éphémères, pas de traces des « finalistes de concours ».Un fait.En cet ère des communications et des médias, le nombre de « visiteurs » d\u2019un bâtiment par l\u2019entremise des médias imprimés, de la télévision et de l\u2019internet est assurément plus important que le nombre de critiques ayant expérimentés un bâtimenL construit.Au Québec, on attribuent même des prix d\u2019excellence à des projets que le jury ne visite pas si ce n\u2019est par dossier interposé.Une statistique.Hanganu a 2 projets sur internet.Dupuis Le Tourneux en a 2.Big City en a 1.Saucier+-Perrotte en a 1.Le musée et la salle d\u2019opéra de la Havane de Beaudoin/ La Brie/Leblanc (who ?) est construit à www.fra nk.org.Nombre de réalisations égal?Sûrement pas.Sur le Net ?Hmmmm.Une anecdote.Une semaine d\u2019octobre sur la liste de discussion DESIGN-!, ( 400 habitants): questionnements ludiques sur l\u2019architecte représentant avec le plus de passion notre époque.Mais quel territoire de notre époque ?Un québécois lance une liste d\u2019architectes dont le champs de pratique est tout autant médiatique que construit : Jean Nouvel, Rem Koolhaas, Herzog / de Meuron, Francis Soler.et le québécois d\u2019ajouter « in Québec, there is also Big City, Saucier+Perrotte and Dupuis Le Tourneux but due to extremely little mediatic presence, I can\u2019t incorporate them in the discussion universe of the internet ».Et, soudain, un message d\u2019ailleurs : «The mediatic field of tlie internet,where there is no information hierarchy, IS for the mediatic unknowns.What is Quebec Architecture ?» Les critiques de l\u2019université disaient « pas de dessin exprimant l\u2019idée, pas d\u2019idée ».Architectes québécois sans Architecture ?Sur le Net, c\u2019est une statistique, un fait et une évidence.qui fait que l\u2019architecture québécoise y est une anecdote.Le projet de l\u2019archivage et la diffusion de l\u2019architecture non construite, incluant la recherche et les projets de papier, doit être implanté.Le projet de diffusion dans les médias imprimés doit être consolidé.Le projet de diffusion dans les médias électronique doit être amorcé.Ce chantier médiatique est donc ouvert.Ces interfaces entre la société et l\u2019architecture sont des territoires de pratique.Ce champ de pratique n\u2019est pas saturé au Québec.C\u2019est aussi un projet d\u2019architecture.15ième étage : « Jusqu\u2019ici tout va bien.» Le no man\u2019s land ou le territoire de l\u2019architecture Mon point de vue n\u2019est ni celui de l\u2019architecte ni celui du non-architecte.11 n\u2019est ni d\u2019ici ni d\u2019ailleurs.Il concerne autant l\u2019idée que le bâti qu\u2019elle génère.Je suis au seuil de la pratique.Je pratique ici.ailleurs.Je pratique l\u2019interface.9ième étage : « Jusqu\u2019ici tout va bien.» Peut-être qu\u2019un jour, c\u2019est la bouteille du pessimiste qui touchera le sol.On arrivera à la limite de l\u2019entre-deux, la fin de la chute.On quittera le no man\u2019s land.On s\u2019exilera de ce territoire où l\u2019architecte définit son architecture.Peut-être qu\u2019un jour, on cantonnera l\u2019architecte à la construction, Pour l\u2019architecture sans architecte.Peut-être qu\u2019un jour, on fera de l\u2019architecte un artiste sans permis de construire, Pour l\u2019architecte sans architecture.On aura les deux pieds sur terre.3ième étage : « Jusqu\u2019ici tout va bien.» Peut-être qu\u2019un jour, sûrement qu\u2019un jour, c\u2019est la bouteille des idéalistes qui touchera le sol, on réalisera alors que l\u2019architecture de l\u2019architecte est sans territoire.Que l\u2019architecte n\u2019est ni exilé, ni incarcéré.Que l\u2019architecture ne peut conquérir ou être envahie.Que l\u2019architecture est là.Dans la chute.Qu\u2019elle habite l\u2019architecte et la société l\u2019habite.Pas le choix.Pas de choix.En chute.fibre.J\u2019en suis là, je suis là, les deux, pieds sur la frontière.À rêver d\u2018une Architecture de cent architectes.À rêver d\u2019être architecte de cent architectures.À pratiquer la chute libre.Entre le saut et l\u2019atterrissage.« N\u2019est-ce pas cela l\u2019espace, ce qui fait lien ?» écrit Henri Gaudin dans Seuil et d'ailleurs.lier étage : « Jusqu\u2019ici tout va bien.».ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE L'ARCHITECTURE ET LTNCONFOR1 Anne Cormier, architecte, atelier big cm' Où est le projet?(où est Charlie?) Les mètres carrés comptabilisés, les honoraires des professionnels négociés, le budget balancé, l'accord des relations fonctionnelles justifié, la performance des systèmes et des assemblages vérifiée, une fois l'ensemble sanctionné, par les autorités municipales, culturelles, patrimoniales, où est le projet?Lu récemment dans un appel d'offres pour la relocalisation et construction de douze Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) privés-conventionnés, émis par la Corporation d'Héber-gement du Québec: «Le nouveau guide d'aménagement s'inscrit dans le cadre des orientations actuelles du Ministère, en préconisant une philosophie d'approche globale orientée sur la création d'un réel milieu de vie, ceci afin d'améliorer autant la qualité de vie des résidents que celle du personnel oeuvrant en centres d'hébergement et de soins de longue durée.» Enthousiasmant! «La Corporation d'hébergement du Québec entreprend le projet de construction de douze (12) CHSLD à être livrés avant le mois d'avril 1999.[.] Le projet est divisé en quatre blocs regroupant les CHSLD en fonction de leur capacité.[.] Les firmes de professionnels qui se verront attribuer un de ces blocs auront à concevoir un prototype pouvant être réutilisé aisément sur chacun des sites.» Développement d'un prototype .intéressant, l'étude et le développement d'une typologie appropriée pour la réalisation de CHSLD, programme qui s'apparente au logement, à l'hôtellerie, à la clinique, requiert un travail de fond qui permettra par la suite d'élaborer des projets spécifiques adaptés à des conditions particulières (contexte, environnement, exigences singulières), mais, qu'entend-on par ré-utilisation?«Réutilisation des plans: Concernant les spécialités architecture, mécanique-électricité et génie civil de bâtiment, pour chaque utilisation de plans en sus de la première construction, le requérant des services versera à la firme les honoraires suivants établis en vertu des dispositions de l'article 28 du décret 2402-84 (architecte) ou de l'article 27 du décret 1235-87 (ingénieur).\t\tArchitecte\tIngénieur ¦\tPremière utilisation.\t.20%\t\t\t 15% ¦\tSeconde\t\t.16%\t\t\t 12% ¦\tTroisième\t\t.12%\t\t\t 9% ¦\tAutres\t\t.8%\t\t\t6%» Les prototypes seront-ils à ce point affinés, adaptables et pertinents et leurs implantations à ce point similaires que leur répétition sans presqu'aucune modification (à ce prix-là) relève de l'évidence?«Le projet sera réalisé selon un mode de gérance de projet et de construction avec échéancier de réalisation accéléré.Un seul gérant (firme) prendra charge de l'ensemble du projet de construction des douze (12) CHSLD.» [.] «Le gérant n'a aucun lien contractuel avec les professionnels, les entrepreneurs et les fournisseurs, mais il gère l'exécution de leurs contrats et coordonne leurs activités.» [.] «Le gérant de projet de construction sera engagé en même temps que les professionnels.Dès son engagement, il prendra charge de ces derniers et conseillera le propriétaire sur les aspects reliés à la conception, aux plans et devis et à la construction, de manière à faciliter la réalisation du projet [.] Le mandat du gérant, sans s'y limiter, se caractérise principalement comme suit: ¦\tLe gérant travaillera exclusivement pour le propriétaire.¦\tLe gérant coordonnera la conception.[.]» Le gérant de projet peut-il être l'architecte?Quel est le mandat de l'architecte?«Les professionnels assureront la conception et les services durant la construction.Ils devront collaborer sous l'autorité du gérant pour assurer que le projet soit réalisé en respectant le programme, le budget et l'échéancier convenus.» Qui est maître d'ouvrage?qui maîtrise l'oeuvre?«Dans ce projet visant à construire simultanément douze (12) CHSLD, la Corporation d'hébergement du Québec cherche à optimiser au maximum les économies d'échelle reliées à la fourniture des matériaux et des systèmes à être intégrés aux immeubles à construire.La CHQ entend retirer des avantages en termes de temps et de coûts d'exécution en uniformisant les méthodes de construction.» Voilà le projet! Le concours d'architecture, espoirs et doléances Le concours n'est pas la panacée.Le concours n'est pas le seul moyen de développer un projet.Cependant, l'objet du concours est, a priori, clairement le projet d'architecture.Un concours typique comprend: programme, projets et jugement.Un bon concours doit comprendre un bon programme et un bon jury.Il doit être orchestré par un conseiller professionnel éclairé.Le concours oblige celui qui passe la commande et ceux qui y répondent à préciser le projet.Le premier par un programme clair, les seconds par la présentation d'une proposition articulée.Reste au jury l'évaluation de la pertinence des propositions tenant compte tant des propositions formelles que de leur faisabilité, et le choix du meilleur projet.La valeur d'un concours est tributaire de son jury.Un jury doit être en mesure d'évaluer un projet d'architecture avant qu'il ne soit construit, de comprendre l'espace décrit sans y être et d'éviter le piège de la séduction de l'image.Cela requiert un certain entraînement.De plus un jury doit être capable d'exposer clairement son évaluation des projets présentés et son choix, exercice difficile mais essentiel.Le processus du concours met en évidence l'importance du travail de conception qui, parce que difficilement quantifiable et explicable autrement que par son résultat, est dans la pratique souvent bâclé.Par ailleurs, le concours est pour plusieurs, une voie d'accès inespérée à la commande publique, un forme de démocratisation de la commande qui se fonde sur la validité d'un projet proposé plutôt que sur le nombre de mètres carré déjà réalisés (la qualité des mètres carrés construits n'étant pas obligatoirement considérée) combiné, dans le pire des cas, (car l'expérience qu'on acquiert après quatre années d'études, trois années de stage et une semaine d'examen n'est pas négligeable) à la valeur des honoraires demandés.Il y a très peu de concours d'architecture au Québec, si peu (deux ou trois par année, contre, par exemple, 1 000 en France), qu'à moins d'y être opposé, on ose à peine les critiquer, en critiquer le processus, le résultat.Il faudrait: ¦\touvrir les concours au plus grand nombre tout en balisant l'effort demandé; ¦\téviter de lancer à nouveau un concours en pleine période de «vacances de la construction» à moins de vouloir réduire au minimum la quantité d'offres de services (11 offres seulement au concours des Archives nationales contre plus de 50 propositions graphiques au concours de Place Royale!); ¦\tdéfinir clairement le mandat des commissions techniques appelées à évaluer les projets soumis; ¦\tlorsqu'une présentation orale des projets est prévue, transmettre aux concurrents l'évaluation technique de leur projet pour qu'ils puissent clarifier les questions soulevées par leur proposition; ¦\tdans tous les cas rendre public un rapport du jury expliquant l'évaluation des projets et la décision du jury.Un concours national pour la Grande Bibliothèque Des trop rares concours qui se sont tenus au cours des dernières années au Québec, celui de la Grande Bibliothèque est sans doute le plus publicisé, le plus attendu.Il laisse espérer un projet majeur où la réflexion sur l'architecture doit exister.Dans le contexte de la démarche qu'a entreprise le ministère de la Culture et des Communications pour établir une politique de concours, ce mode d'attribution de la commande publique s'imposait.Pour permettre à ce concours de jouer un rôle phare et stimuler une large réflexion, il doit être ouvert et bien mené, doté d'un jury crédible.Pour équilibrer l'effort requis, un concours en deux temps serait préférable.L'architecture qu'on mérite La réalisation d'édifices comporte de nombreuses et complexes facettes, elle réunit plusieurs intervenants.Mais, quelque soit l'avenue privilégiée pour concrétiser un projet, on n'a, somme toute, que l'architecture qu'on mérite.Si il faut souligner les efforts apportés à la sensibilisation du public à l'architecture à travers des expositions, conférences, visites organisées, remises de prix, il faut aussi admettre que ces efforts atteignent peu le grand public et qu'ils doivent sans cesse être renouvelés.Par ailleurs, il faut également rappeler que la définition du travail d'architecture n'est pas facile et ¦\tqu'en le réduisant à l'application de codes et de connaissances techniques, on dénie la valeur d'une formation qui se concentre principalement sur le travail de conception et on justifie pratiquement les prétentions des technologues; ¦\tqu'en escamotant le travail de conception ou en abandonnant sa direction à des tiers, on reconnaît implicitement que ce travail ne requiert pas de formation particulière.On motive ainsi l'effritement de la maîtrise d'oeuvre.Est-ce important?1997 17 * 1.\tGehry's Guggenheim Museum in Bilbao © Mohamed Talaat 2.\tSalmona Archivo General de la Naciôn in Bogota, Colombias © Ricardo L.Castro Ricardo L.Castro is an associate professor of architecture at McGill University.*My deepest gratitude to Helen Dyer and Rhona Kenneally for their editorial advice and to Mohamed Talaat for the use of his photographic material on Frank Gehry's Bilbao Museum.Ricardo L.Castro, professeur, université mc gill of Building, The New Yorker, 13 October 1997, p.53) Pourquoi une société telle que la société Québécoise aurait-elle besoin d'architecture?(Why, a society such as the Quebec Society, would need architecture?) Individualistic practices The work of noted historians, architects, anthropologists and sociologists such as Lewis Mumford, Amos Rapoport, Paul Oliver and Pierre Francastel has more than clearly elucidated the issue of the inherent bond that exists between the concept of society and that of architecture.The point is that it would seem impossible to conceive the idea of a society without architecture in the same way that it would be unthinkable to conceive of a society without many of its other possible expressive realms; art, music, and literature, for example.It is particularly through the expressive realm that societies have asserted their identity.An obvious example is the Latin-American boom in literature.Through it, many facets of the societies that make up a great part of the central and southern parts of our continent\u2014practically unknown to those in the North until recently\u2014have been unveiled to the world.The work of such writers as Alejo Carpentier, Gabriel Garcia-Mdrquez, Octavio Paz, Carlos Puentes, Isabel Allende, Mario Vargas-Llosa, Jorge Amado and Jose Luis Borges are eloquent examples.Concurrently with the last phase of the Latin American literary boom, a new expressive wave, this time architectural, has manifested itself in many of the regions south of the Rio Grande, regions that are peripheral to the architectural practices supported by an intelligentsia positioned within an imaginary strip Practices in the Liminal Realm I must begin this short reflection by confessing a certain difficulty in responding to the question posed by the editors of ARQ.It is problematic for me because it presumes a tacit acceptance of the idea of a «Quebec Society\" which is presented without definition.In today's world which suffers from information overload, a prevailing sense of confusion and a general absence of common values, and where political issues are based in minimal semantic differences, this lack of specificity is relevant since it may lead to misinterpretation.Quebec Society is made up of a layer of cultural groups which, beginning with the indigenous population, has, as we approach the third millennium, accreted to include the descendants of the French and English settlers, and of many other immigrant groups who arrived in the intervening period.There is little doubt that today's society is significantly different from that of, let's say two hundred or even one hundred years ago.The phenomenon is not unique to Quebec.California, is another example where aboriginal, Spanish, Anglo Saxon, and more recently Asian and Hispanic American can be described as the ethnic components of a new American frontier society.What differentiates Quebec society from the rest of, say American societies\u2014one could include other examples such as the Southern society or the Southwest society\u2014is a linguistic fact.In our case, French provides the distinctive characteristic.Sometimes this sign of difference has been produced too readily to imply parallel circumstances with that of other, apparently similar socie- that stretches from the United States, particularly New York and Boston, towards the East to include Europe and to the West to include Japan and Hong Kong.What should be pointed out is that the contemporary sense of identity imparted by architectural of a nation, one that will contribute to asserting the identity of Colombian society.Like the Bilbao Museum, the Colombian example acts as a beacon, attracting the attention of those both within and beyond the confines of the country.However, unlike Gehry's masterpiece, this one has been designed by an individual who is a member of the society for which the project built, but whose architectural practice resonates beyond national limits.The recent architecture of Quebec, as expressed by the diverse works of practitioners such as Big City, Eric Gauthier, Dan Hanganu, Marosi and Troy, Saucier and Perrote, and Pierre Thibault, to mention a few, seems to be formulated on the premises of individualist expression.Their works are similar to those of the other practices on the periphery, such as Salmona's, insofar as they depart from a clear process of differentiation that by taking necessary risks attempts to consolidate themselves on the limits.In one of the enlightening chapters of Differences (Cambridge, Mass.: MIT Press, 1997) pp.112-115, the Spanish architect and theoretician Ignasi de Solà-Morales tells us: The limit is a place defined only by the opposition between an institutionalized center, powerful and technologized, and a periphery that dissolves away into virgin territory, uncontrolled and empty.The limit exists by virtue of the tension between those who wish to instrumentalize it and the indefinite into which it disappears.The limit emerges at the very moment when the individual experience is made, approaching it at the risk of one's own identity.The limit does not constitute a program susceptible to generalization.It is not a response to the technical needs of society or the city.It offers no prospects, no perspectives of the future.Solà-Morales then concludes: .In the contemporary crisis, the architecture of the limit is the most fragile and the surest path leading back to the encounter with the profound aesthetic experience, that is to say the technics and poetics, techne and poiesis, of architecture.and literary manifestations results, in all cases, from works marked by a distinct individualism.The recent construction of the Guggenheim Museum in Bilbao by Frank Gehry is a perfect example.This architect was chosen from among several to carry out the difficult commission; in doing so he put the largest industrial Basque city on the map.Contrary to one might think, when considering the political context of that Spanish region in terms of periphery, Gehry's museum did not rely on the traditional nostalgic responses to a historic context.Instead, his intervention responded to the inherent qualities of the site through the display of a personal palette of forms and materials.Gehry's building as pointed out by Paul Goldberger, the New Yorker architectural critic, «.stands as a metaphor for Basque culture and the relationship it aspires to have with the world: a thing apart, yet entirely willing to make connection on its own terms.\" (The Politics ties, such as the Flemish in Belgium or the Basque and Catalonian in Spain.Like the Quebec society, the European examples are characterized by linguistic differences.But unlike ours, those societies have tended to be more static, not having been exposed to the tremendous impact of recent immigration.In another context of the periphery, in this instance Colombia, there is yet another example that eloquently signals the emergence of an architecture characterized by individualism.Last year the building for the National Archives of the Nation was inaugurated.In this instance the paternity of the project fell on a local but extremely significant architect in Latin America, Rogelio Salmona.His building is, first of all a practical project.It can be considered as an immense central repository of all kinds of historical documents.But it is also a highly significant building since it is, in conceptual terms, the memory space Since time immemorial, special places venerated commonly by a society, served as points of reference.Such places, in many instances, were enhanced and made visible through architecture.They were the original results of the seemingly lost encounter of which Solà-Morales speaks.For the ancient Greeks sites such as Delos, Delphi, Dodona, Epidaurus, Olympia, Pergamon and Syracuse, built hundreds of miles from each other in the confines of a vast world, served as catalysts and magnets that exerted an extraordinary influence on the psyche and on the experience of a myriad of individuals with diverse backgrounds and languages.For them, architecture and the other expressive endeavours constituted the loci that allowed them both as individuals and as members of a society to seize the elusive sense of identity.This goal, unattainable today in communal terms, seems possible only in the realm of individual experience.18 ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE mm arquitectos Judith Leclerc.Barcelone , le 4 octobre 1997 Cher ARÇ), J\u2019ai obtenu mon B.Arch.de l\u2019université McGill en 1992.Après plusieurs années de stage, j\u2019exerce depuis l\u2019année dernière à mon compte avec Jaime Coll à Barcelone en Espagne.Nous venons récemment de gagner deux compétitions importantes en Espagne et y avons également terminé les dossiers d\u2019exécution qui nous ont été commandés.L\u2019un est im complexe sportif de 2 800m2 à San Just Desvem en banlieu de Barcelone.L\u2019autre est le Conservatoire de Musique, Danse, Théâtre et Siège de l\u2019Orchestre Symphonique Baléare de Majorque de 15000m2.Les budgets prévus pour les deux projets sont de 3,35 et 18 millions ($CAN) respectivement.La construction débutera en marts 1998 dans les deux cas.Je vous fais parvenir mie réduction des panneaux de concours ainsi qu\u2019une publication dans la revue du collège des architectes de Barcelone (malheureusmeent en catalan) et mie copie d\u2019une entrevue publiée dans le Diario de Mallorca.J\u2019ose croire que ce matériel pourrait intéresser la revue ARQ.un peu de pétage de bretelles.PROPOS RECUEILLIS PAR ARQ À PARTIR D'UNE ENQUÊTE PUBLIÉE PAR L'AMERICAN INSTITUTE OF ARCHITECTS DE SEPTEMBRE 1997.La créativité chez les architectes «Ce sont des visionnaires qui ont des idées originales.Les architectes ont une vision des choses que nous ne possédons pas.Ils nous enlèvent nos ornières.Ils font des choses que je suis incapable de faire comme intégrer des idées à une structure particulière.» La gérance «Un architecte peut nous indiquer où nous sommes et, à un moment donné, nous dire d'aller rencontrer tel ou tel comité afin d'obtenir les permis nécessaires.Il peut terminer le concept et planifier l'ensemble des travaux.Cela est très utile.De plus, il peut servir d'intermédiaire entre l'entrepreneur et les fournisseurs, maintenir des standards de qualité, il est fidèle aux critères conceptuels originaux, il peut régler les conflits au fur et à mesure de leur apparition, il assure le respect des règlements, et, encore il sait diriger le projet jusqu'aux approbations finales.» La compétition «Nous cherchons une production qui paraîtra aussi avant-gardiste et aussi propre dans vingt-cinq ans qu'elle le paraît aujourd'hui.L'ingénieur et l'entrepreneur, eux, n'en ont rien à foutre.Avec l'architecte, c'est bien différent, il est l'artiste qui nous aidera à créer une œuvre d'art.Parmi ceux qui n'utilisent peu ou pas les services d'architectes notons : les promoteurs, les contracteurs, les ingénieurs, les technologues, les avocats (tiens!) les détaillants de livres «savoir-faire» et les architectes de services internes (tiens! tiens!).C'est un professionnel, créatif, talentueux, habile, bien éduqué, connaissant.C'est un artiste, il est bien organisé, il est large d'esprit et possède des qualités techniques.» «Les architectes ont désigné tous les quartiers dans lesquelles nous vivons.Ainsi, il touchent à nos vies.Nous avons de magnifiques bâtiments publics qui ont un impact positif sur toute la communauté et sur la ville.Tout cela, nous le devons vraiment aux architectes.» «Je remercie Dieu que les architectes puissent bâtir autre chose que des boîtes carrées.Ils contribuent à maintenir nos voisinages, nos places publiques et le profil de nos villes.Certains architectes peuvent contribuer à établir l'identité régionale d'un lieu.Ils contribuent à conserver l'environnement bâti, à intégrer l'environnement, la géologie et les bâtiments dans un tout, ils nous servent de force motivante quand il s'agit de bien».Tout est bien qui finit bien Quelques thèmes récurrents sur l'utilisation de l'architecte.¦\tUne impression positive se dégage de la collaboration du client avec l'architecte: celle d'être associé à un processus créateur, d'être un cocréateur.¦\tL'importance d'introduire l'architecte le plus tôt possible, dès que sont définis les besoins.¦\tLe client tient généralement l'architecte en haute estime et sait que la profession est multidisciplinaire.¦\tL'architecte est perçu comme u n «problem solver» qui sait faciliter le processus et qui peut ajouter une plus value à l'aspect purement fonctionnel d'un bâtiment.¦\tLe client sait que l'architecte l'écoute et que s'il sait aussi maintenir la qualité de sa relation avec lui, l'expérience can be rewarding.Du pétage de bretelles?Pourquoi pas?pourquoi une société comme la société québécoise aurait-elle besoin d'architecture?Raouf Boutros, architecte Personne diplômée, capable de tracer le plan d\u2019un édifice et d\u2019en diriger l\u2019exécution.La définition de l'architecte, selon le dictionnaire, me semble bien restrictive.Le rôle de l\u2019architecte, selon mes convictions, ne peut se dissocier de la conception, de la construction et de la définition de l\u2019envdonnement bâti des Mlles connue des régions.Son intervention doit englober aussi bien les grands ensembles institutionnels et cifiturels que les conductions dites «de tous les jours» tels que les résidences de masse, les garages et les entrepôts.En excluant la protection de la sécurité du public, le recours aux services de l\u2019architecte ne devrait pas, en principe, être imposé par' mie procédure quelconque.La société devrait parvenir à une reconnaissance sociale du rôle essentiel occupé par l\u2019architecte et de son apport positif dans la sauvegarde de l'environnement bâti.Dans notre société, le recours aux sendees d\u2019im architecte n\u2019est pas un geste aussi spontané que dans d\u2019autres sociétés occidentales plus anciennes que la nôde, où le rôle historique de l\u2019architecte a été reconnu à davers les époques dans la mise en valeur et dans la consolidation des richesses culturelles et des progrès techniques.La société québécoise ne possède pas un tel héritage, son jeune passé, sa courte histoire ne sont pas garants d\u2019une place de choix pour l\u2019architecture.Durant les dix dernières années de récession, de nouvelles valeurs ont émergé: innovation, excellence, efficacité, vitesse et rentabilité.Bien que plusieurs d\u2019enù\u2019e nous ne partageons pas la valeur du progrès procuré par ces nouvelles données, il nous est difficile de ne pas constater les nombreux domaines où l\u2019architecte est absent: indusdie, ensembles résidentiels, station sendee et j\u2019en passe.Il est sans équivoque qu\u2019une plus grande place de l\u2019architecte dans les différents aspects du cadre bâti passe en premier lieu par une borne compréhension de la part des architectes des nouvelles exigences sociales et en deuxième lieu par mie meilleure communication des valeurs véhiculées par notre profession.Le message doit insister sur la compatibilité entre les valeurs traditionnelles et les nouvelles exigences sociales.L\u2019exemple de nos artères commerciales est éloquent où l'implication relativement récente des architectes et des designers sert aussi bien la rentabilité financière des entreprises que l\u2019embellissement de node paysage bâti.Cette communication avec le grand public ne peut se fade sans l\u2019implication individuelle des architectes et de notre corps professionnel qui, à l\u2019exemple d\u2019autres associations professionnelles, doit promouvoir les retombées positives de notre profession.À l\u2019aube du nouveau siècle, la société québécoise signale un accueil et un respect encourageants aux architectes qui font preuve de talent, d\u2019audace, d\u2019innovation, de vision et de conviction dans leur comportement professionnel.DÉCEMBRE 1997 19 une pierre beaupré, architecte profession dans la tourmente Tourmente: troubles violents et profonds ( Robert ) Le titre m'est proposé.Je m'y hasarde même si le terme a des connotations un peu excessives.Où en et donc rendue notre profession plus de cent ans après sa formation au Québec, et plus de vingt ans après la mise sur pied du système professionnel québécois ?Quels sont les écueils qui l'empêchent de naviguer sereinement en ces temps troublés, quel chant des sirène la détourne de sa destination, quel destin planétaire la fait tomber de Charybde en Scylla?Changement dans le visage de la profession Tout d'abord quelques chiffres.De moins de mille au moment de la formation de l'OAQ en 1974, le nombre des architectes québécois atteint aujourd'hui près de 3 000.Une profession jeune, en expansion malgré la stagnation économique.Une profession de plus en plus féminine.Et, comme le précisait l'étude commandée par l'OAQ en 1994, une profession où jeunes et femmes arrivent difficilement à se frayer un chemin ou, tout simplement, à gagner leur vie décemment.rr.r- \t\t\t ÂÉpygj^ÉÉr-qJ\t\t\t La Cabane magique, parc Lahaie, Montréal, expression de la perversion du patrimoine.«Il se passe quelque chose de magique dans cette cabane de bois rond.Dans ce qui est le meilleur symbole de la culture québécoise, on assiste au plus réussi des mariages de culture».Claude Deschênes, Montréal Ce soir, SRC.Une profession qui doit aussi défendre son territoire,.celui de l'architecture que lui disputent gestionnaires et technologues de tout acabit, dans un monde où l'omniprésence de «l'horreur économique»' a tendance à évacuer de toute autre substance les débats culturels et sociaux.Une profession qui, si elle doit défendre son territoire, a aussi su en gagner d'autres, s'immisçant dans les rouages administratifs et la gestion du monde bâti, démontrant par là la pertinence d'une formation sur laquelle jettent maintenant un oeil intéressé d'autres disciplines.Ces percées n'ont cependant pas su compenser les pertes inhérentes à la stagnation, sinon au déclin du domaine traditionnel d'exercice de la profession.20 Les faux problèmes qui détournent les architectes de leur rôle fondamental Au cours des derniers mois, les architectes ont dû se mobiliser face à ce qui fut perçu comme deux menaces découlant de décisions gouvernementales.Ils ont mené une lutte dont les objectifs, vus de l'extérieur, ont pu sembler à plusieurs tout à fait ambigus.Les architectes ont d'une part manifesté dernièrement leur détermination à ne pas laisser s'éroder une partie de leur champ de pratique au profit d'intervenants inadéquatement formés.Ils ont aussi dit leur désaccord avec l'obligation que souhaite leur imposer la bureaucratie gouvernementale de se conformer aux normes ISO.Dans les deux cas, la lutte des architectes, par delà de l'avantage de la mobilisation a eu des effets pervers.Elle les a fait percevoir d'une part comme défenseurs de privilèges accordés à certains groupes sociaux et de l'autre comme passéistes, résistant aux innovations essentielles au développement d'une société québécoise moderne.Dans les deux cas, la réalité est plus complexe.Nul doute que le décloisonnement suggéré par l'Office des professions aura pour effet de diminuer l'ampleur de la commande pour l'ensemble des architectes mais ceci n'affectera guère les agences les plus importantes qui vivent de commandes plus substantielles, mais affectera essentiellement les plus jeunes et conséquemment les femmes qui avaient réussi à s'inscrire dans une profession traditionnellement masculine.C'est la relève qui est en jeu.Et c'est aussi le paysage quotidien québécois, qui se construit par petites touches.Pour ce qui est de l'accréditation ISO, là encore on aurait pu croire qu'une certaine cohérence des procédures utilisées dans les agences sera bénéfique au donneur d'ouvrage et peut-être à l'ensemble de la société, ainsi qu'aux agences elles-mêmes.Et on peut se demander quel réflexe passéiste a invité les architectes à se rebiffer comme ils l'ont fait de façon quasi unanime lors d'une assemblée générale au printemps dernier.Là encore, la réalité est plus complexe qu'on veut l'imaginer.Dès la formation de l'Ordre en 1974, les architectes avaient estimé que l'exercice de leur profession reposait sur le respect d'un certain nombre de procédures et, collectivement, avaient investi des efforts et des sommes substantielles pour rédiger un «Manuel de pratique» servant de référence dans la pratique quotidienne.C'est un outil précieux qui mérite d'être mis à jour régulièrement.Mais l'imposition indirecte d'un ensemble de procédures ISO par l'appareil gouvernemental régis par des intervenants externes a eu pour effet de choquer plusieurs de ceux qui n'y voient, avec raison d'ailleurs, aucune garantie de production d'une architecture de meilleure qualité.Mais l'ensemble de ces débats et bien d'autres qui ont monopolisé les ardeurs des architectes - l'assurance responsabilité pour n'en nommer qu'un - n'ont-il pas occulté l'essentiel, l'architecture elle-même?Le vrai problème : la nécessaire présence de l'architecture dans notre société Occulté : le terme est un peu fort.Plusieurs voix clament encore la nécessité, l'urgence même de l'architecture.Et on les écoute, on fait écho à leur voix, discrètement mais fermement.Qu'un journal de débats -Le Devoir pour ne pas le nommer- consacre chaque semaine une page à l'architecture et aux domaines connexes, que la directrice de ce journal y entame un débat sur l'architecture de nos Caisses Populaires ou fasse écho, de façon plus générale, aux préoccupations environnementales, voilà des signes encourageants.Que la ministre de la Culture énonce publiquement quelques éléments d'une politique de l'architecture, qu'elle entend mettre en oeuvre, voilà qui semble encourageant.Mais ces démarches tombent au goutte à goutte dans une mer d'apathie culturelle générale en matière d'architecture et se diluent au sein des changements de valeurs que sous-tend ce que d'aucuns ont nommé la cyber-culture.L'environnement virtuel prend le relais des biens de consommation lesquels avaient déjà grugé le territoire de l'architecture.Au-delà de toute la panoplie électronique qui nous envahit, l'environnement virtuel, c'est le recours sans vergogne au pouvoir évocateur des mots, ce sont tous ces «Chemins des patriotes», ces «Boulevards des Seigneurs», ces «Avenues des Manoirs» dont le nom tente désespérément de masquer la réalité et de recréer un paysage mythique, à défaut de créer tout simplement un pays.Ce sont aussi tous ces paravents qui décorent les grandes surfaces qui s'alignent le long de ces boulevards ou de ces avenues et qui tentent de dissimuler ainsi l'indigence à laquelle les condamnent la rationalité économique ambiante.Le langage de l'architecture devient le latin voire le grec de ce nouvel environnement, que personne ne comprend plus mais dont certains extraits émaillenf les conversations les plus savantes.Sic transit gloria mundi Et pourtant, au moment de terminer, je m'en voudrais de ne pas faire partager une remarque de Fernand Dumont qui nous rattache à d'autres valeurs et qu'on voudra bien appliquer au patrimoine que nous ont légué nos prédécesseurs mais aussi à celui que nous, architectes et société dans son ensemble, avons pour mission de construire: «.n'est-ce pas aussi dans l'environnement, dans le paysage quotidien que l'on doit reconnaître les symboles et les repères d'une continuité et d'une mémoire de sa propre humanité ?Telle est bien la signification première du patrimoine : et on a tort de la ramener parfois à une attraction pour touristes ou à une aimable toquade d'archéologue amateur, alors qu'est en cause l'essentiel de ce que j'appelais la Culture comme milieu.)?NOTES 1.\tViviane Forrester, L'horreur économique, Fayard, 1996 2.\tFernand Dumont, Raisons communes, Boréal, 1995 ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE P**1POBOOI H s '\u2022 , 0- \u2019jwsrîsifs ce regard qui projette un devenir PHILIPPE POULLAOUEC-GONIDEC, PROFESSEUR La revue ARQ - Architecture Québec dans son numéro 63 (1993) consacrait un premier numéro à l\u2019architecture de paysage au Québec.Cet intérêt de l\u2019architecture envers le paysage coïncidait avec la parution de plusieurs revues d\u2019architecture américaines et européennes consacrées à ce thème.Le dossier ARQ avait pour assise un article qui énonçait les enjeux du paysage au Québec1.Vue la singularité du questionnement pom le domaine de l'architecture à cette époque, il nous importait de clarifier le concept de paysage et de postuler que cette notion appartenait au «projet» parce que le paysage n\u2019est pas de l\u2019ordre du domié.Le paysage n\u2019existe pas en soi, il est à Taire: «Fane le paysage, c\u2019est (.) construire sur la base d\u2019une réalité concrète et d\u2019un imaginaire (individuel) et collectif, une entité cernée dans l\u2019espace et le temps«2.L\u2019exemple le plus probant à cet égard, est sans doute le cas des îlettes de Verchères3.En effet, les boisés de la plaine du St-Laurent (réalité concrète) par la reconnaissance des regards pluriels (des habitants de la municipalité) portaient les germes d\u2019une invention paysagère (imaginaire collectif).Par la suite, il suffisait de décoder et de rassembler l\u2019ensemble des qualificatifs de l\u2019objet en im récit ouvert aux interprétations convergentes ou contradictoires dans le temps et l\u2019espace.Peu importe la forme, les boisées, en devenant les atü\u2019ibuts de paysages (réf.: les îlettes), étaient les otages d\u2019im rôle intentionné, soit celui d\u2019induire un nouvel imaginaire social dans le village.Il s\u2019agissait d\u2019une «construction de l\u2019esprit» pour reprendre les termes de Routinet à propos du «projet»4.Le projet de paysage participe ainsi d\u2019ime oeuvre qui légitbne que tout projet ne soit pas nécessairement «bâti», c\u2019est-à-dire qu\u2019il n\u2019évoque pas une activité concrète de construction.Le paysage n\u2019est-il pas aussi, ce (s) regard(s) qui projette(nt) un devenir ?Cette idée du «devenu-» est .rsüîK I DÉCEMBRE 1997 l\u2019humilité de ces regards.Le projet doit à la fois les connaître, les exprimer, les transcender, les occulter pom- mieux les révéler par la suite, parce qu\u2019un «regard peut désirer se perdre et se retrouver»6.Réceptacle de sémantiques plurielles, le paysage n\u2019est qu\u2019un jeu d\u2019expressions sensibles où les acteurs deviennent bien souvent les auteurs.NOTES 1.\t«te projet de paysage au Québec, problématique et enjeux», Peler Jacobs & Philippe Poullaouec-Gonidec, Revue ARQ - Archifeclure Québec, n° 63.2.\tOp.cit.p.9\" 3.\tVoir à ce sujet «le projet de paysage du village de Verchères\", Philippe Poullaouec-Gonidec, Revue ARQ - Architecture Québec, n° 90, avril 1996 4.\tAnthropologie du projet, Jean Pierre Boutinef, Edition PUF, Paris, 1990 5.\tVoir à ce sujet «Esthétique des paysages de la modernité\", Philippe Poullaouec-Gonidec, Revue ARQ - Architecture Québec, n° 85, juin 1995 6.\tVariations paysagères, Pierre Sansot, Edition Klincksieck, Paris, 1983, p.488 L\u2019auteur est professeur à l\u2019École d\u2019architecture de paysage et il dirige la chaire de paysage et environnement à l\u2019Université de Montréal.Photos: projections mimétiques (région du Saguenay -1996) : des richesses perceptives aux projets de paysage.Photos: Alain Laforêt.l\u2019architecture, ce n\u2019est pas si difficile mais la comptabilité, c\u2019est bien plus chaud littéralement présentée dans le récit du boisé du Sanctuaire à Montréal5 où une friche végétale accède au statut de vestige du Mont-Royal par le biais d\u2019un phénomène collectif de qualification basée sur une interprétation douteuse de l\u2019histoire.Véritable construction de l\u2019esprit, le boisé est devenu im parc public et il appartient désormais au paysage de la montagne.Dans ce cas de figure, le projet de paysage échappe aux concepteurs d\u2019espace.La cohérence sociale du moment lui suffit.Toutefois, il nous interroge sur sa légitimation et, d\u2019une certaine manière, sur l\u2019éthique de cette narration collective lorsque celle-ci contrarie les faits de l\u2019histoire.Mais d\u2019un autre côté, il est à la fois fascinant de constater les richesses perceptives du social.Hélas, trop peu de projets interpellent ces inventions vernaculaires.Pourtant, la nature même du projet de paysage oblige Robert Magne, architecte Lors d'un repas regroupant un cercle d'amis dont faisaient padie quatre architectes et un comptable, la discussion soupesait le rôle des professionnels dans la société.Bouillonnant et exaspéré, soudain le comptable s'enflamma: « tout le monde peut faire de l'architecture, mais il n'est pas donné à tous de faire de la comptabilité ».Et de fait, il n'avait pas tort, puisque au-delà de 80% des réalisations se concrétisent sans ce phénomène.l'architecte I Mais quoi faire du 20% qui reste?Un fléau aux dires de plusieurs que cette « profession de culte » anachronique qui persiste à imposer au plus grand nombre ses bizarreries, ses prédilections, qui s'entête à réinventer des solutions déjà éprouvées à une société qui n'en veut pas.Ses caprices se révèlent en vagues d'épidémies contagieuses : le virus du bloc de verre, la grippe du perforé se mutant en déployé, pour ne rien dire de la maladie du galvalum extremis.Ce cher comptable a là-dessus une petite théorie bien à lui: ces pauvres imaginaires acharnés à leur démarche, compris que par leurs pairs, et encore, sont la résultante d'une mutation génétiquel En attendant le rétablissement de la peine de mort pour les architectes (ne riez pas, Jacques Godbout l'a déjà proposée), ou de manipulations génétiques qui nous préserveront du chromosome déficient, plusieurs souhaiteraient, en mesure compensatoire, que l'ensemble de la profession soit archivé dans les voûtes blindées du CCA.En fin de compte, pour la majorité c'est le comptable qui compte, alors que l'architecte leur raconte des histoires.«un p'tit auvent par çi, un p'tit auvent par là et la Madame et le Monsieur, et tout le monde en fait, il est content» 9 le discours et le réel Louis Martin, chercheur en Histoire et théorie de l\u2019architecture Contexte de la commande Il me semble pertinent de souligner que l\u2019appel que lance la revue ARQ à son 100 ièrne numéro s\u2019inscrit dans la particularité actuelle du contexte québécois, un contexte où deux générations d\u2019architectes s\u2019interrogent d\u2019une part sur la mission et l\u2019avenir de la revue, et cherchent d\u2019autre part des moyens de contrer la crise de la commande qui s\u2019aggrave depuis plus de deux décennies et menace la conception traditionnelle de la profession.Dans les faits, je constate que le contenu même de ce nmnéro reflète aussi un compromis entre continuité et changement.D\u2019une part, on reconnaît la stratégie de promotion de l\u2019utilité sociale et culturelle de la profession qui se veut héritière des dimensions les plus progressistes du mouvement moderne, une stratégie qui, on le sait, a été le fer de lance de la génération qui a établi la revue.D\u2019autre part, on remarque que les membres de la génération montante cherchent à promouvoir des modèles de pratique nouveaux et n\u2019hésitent pas à recycler les discours provocateurs des années 1970 qui ont si bien servi les plus grandes vedettes de l\u2019establishment architectural occidental d\u2019aujourd\u2019hui.Mais je suis d\u2019avis que le discours moraliste de la continuité et celui stratégiquement apocalyptique du changement ne diffèrent pas fondamentalement sur le fond, car malgré une différence de style, tous deux sont essentiellement des moyens d\u2019attirer l\u2019attention publique sur la nécessité d\u2019engager des architectes.Et pour ce faire, tous deux s\u2019entendent sur la nécessité d\u2019engager un débat, c\u2019est-à-dire de faire entrer l\u2019architecture sur la scène publique par l\u2019ordre du discours.La question du discours architectural C\u2019est dans ce contexte qu\u2019on me demande «comment interpréter la production actuelle des architectes», en me suggérant que la «création architecturale est une nécessité» et qu\u2019il me revient d\u2019éclaircir la relation entre «le discours et le réel».J\u2019ai longuement réfléchi sur le sens des trois volets de cette question pour finalement conclure qu\u2019elle me paraît suggérer assez clairement que le problème de l\u2019interprétation de l\u2019oeuvre et de sa valeur socioculturelle serait indissociable du problème de la légitimité du créateur et du processus créatif, et que cette légitimité serait confirmée par le discours.Le problème n\u2019est cependant pas nouveau et j\u2019ai souvent entendu un argument séduisant pour le résoudre.Cet argument, qui me semble inscrit en filigrane dans la question qui m\u2019est posée, avance que le discours de l\u2019architecte est toujours réifié dans son oeuvre, et que la valeur de l\u2019œuvre comme discours réside autant dans ses propriétés créatrices et exploratoires que dans son adéquation à la réalité socioculturelle dans laquelle elle est inscrite.Après réflexion, cet argument m\u2019apparaît très vulnérable à la critique car il est impossible de prouver: 1) que les bonnes intentions des créateurs sont des propriétés inhérentes des objets qu\u2019ils créent; 5) que toute exploration en architecture est nécessairement d\u2019utilité sociale et/ou mie avancée au plan culturel; 5) que l\u2019objet d\u2019architecture, ou toute autre pensée issue de ce champ, soit une réponse à autre chose qu\u2019un problème d\u2019architecture.Je pense que mon doute est légitime car au cours des années 1980 les tentatives d\u2019instrumentalisation de la déconstruction faites par certains architectes bien en vue ont contribué, plus ou moins involontairement, à mettre en crise l\u2019idée qu\u2019il est possible de traduire un discours en objet.Plus précisément, trente ans après Barthes, il est toujours impossible de parler du discours de l\u2019objet autrement que métaphoriquement.Une école de pensée bien représentée à Montréal en a conclu que le propre de la pensée architecturale est précisément cette nature analogique et elle avance même que l\u2019analogie constitue la clé aux fausses alternatives offertes par une rationalité devenue manichéenne et un nihilisme toujours déshumanisant.Pour ma part, je pense plutôt que l\u2019acceptation de cette limite est bénéfique et essentielle, car elle permet de reconnaître mie certaine autonomie aux objets de la création architecturale et d\u2019isoler un ordre de discours propre aux architectes.C\u2019est précisément la complexité de cet ordre que je voudrais brièvement examiner.Le problème de la légitimité Pour établir certains aspects du rapport entre discours et réel en architecture, j\u2019aimerais retourner aux termes de la question qui établit qu\u2019 «il faut s\u2019interroger autant sur la valeur sociale d\u2019une oeuvre que sur les qualités propres aux acteurs qui l\u2019ont réalisé», ce qui revient à dire que la légitimité d\u2019une oeuvre dans notre société dépend autant de sa performance que de la crédibilité de ses créateurs.Analysons maintenant ces deux aspects.À mon avis, limiter la valeur d\u2019une oeuvre à sa dimension sociale équivaut à réduire l\u2019amour au mariage.En fait, nous le savons tous, il n\u2019est pas davantage possible de limiter l\u2019amour à la pure passion, car il englobe un ensemble de sentiments, qui ne sont d\u2019ailleurs pas nécessairement agréables.De même, la valeur d\u2019une oeuvre d\u2019architecture est plurielle : valeur d\u2019usage, valeur économique, plus-value donnée par le prestige du créateur, valeur d\u2019âge, etc.Certains vont même jusqu\u2019à dire que l\u2019oeuvre d\u2019architecture appartient au domaine de l\u2019éthique; une partie de sa valeur relèverait donc de la moralité.Comme l\u2019évaluation d\u2019une oeuvre participe au domaine de l\u2019axiologie, toute discussion sur la valeur peut facilement dériver du champ de l\u2019architecture vers celui de la philosophie.Dans le discours philosophique, on découvre que tout débat sur la valeur des objets est doublé d\u2019un doute sur la possibilité d\u2019une adéquation du discours au réel, c'est-à-dire d\u2019un doute sur la possibilité même de toute discussion.Ce doute a d\u2019ailleurs été monté en programme culturel par la philosophie de la déconstruction depuis trente ans, un programme qui a permis d\u2019établir une alliance entre discours philosophique et poétique dans laquelle sont célébrés plutôt gravement les délices de l\u2019absence.Je veux avertir ici ma lectrice que je ne suis pas un apôtre de la déconstruction et que, sans naïveté excessive, je pense qu\u2019il est possible pour deux personnes intelligentes et de bonne volonté de parler assez précisément des choses qui nous entourent.Ainsi, j\u2019estime que la philosophie du langage peut aider à penser certains aspects des difficultés que l\u2019on rencontre habituellement quand on parle d\u2019architecture.Jeux de langage Dans notre société fort évoluée au plan des communications, le discoius sur l'architecture n\u2019est pas le monopole des architectes professionnels et chaque intervenant, qu\u2019il soit architecte professionnel, enseignant, journaliste, critique, ou historien, apporte sa part d\u2019expertise au processus d\u2019évaluation.Même s\u2019ils ont souvent une formation d\u2019architecte, plusieurs de ces intervenants pensent l'architecture à travers différents jeux de langage ayant des buts singuliers et des règles propres, et qui sont par conséquent assez autonomes par rapport aux intérêts des professionnels.J\u2019avancerais aussi qu\u2019il est pratiquement impossible pour un intervenant de s\u2019en tenu à un seul de ces j eux de langage car\u2019 inconsciemment nous passons toujours d\u2019un jeu à l\u2019autre.Pour illustrer mon propos, je ne parlerai ici que d\u2019un exemple : celui de l\u2019architecte créateur qui cherche à justifier ses choix esthétiques.Face à la commande, l'architecte est confronté à fournir ou à critiquer une description donnée du réel.Dès le départ, la mise au point de sa description s\u2019appuiera siu des considérations hétérogènes où la logique économique confrontera le cadre légal et l\u2019éthique professionnelle, forçant ainsi l\u2019utihsa-tion de différents jeux de langage descriptifs.Cette description sera ensuite condensée dans les prescriptions du programme et enfin «traduite» en formes.Le passage des données verbales aux choix formels est souvent isolé comme le plus problématique et le plus intéressant des moments de l'architecture, car le processus de légitimation nécessite tout le savoir, le talent, et l\u2019intelligence de l\u2019architecte.Le grand rêve du fonctionnalisme architectural aura été de modeler la théorie de l\u2019architecture sur la science en établissant une relation de cause à effet entre description et prescription.Au plan professionnel, le travail de l\u2019architecte fonctionnaliste s\u2019assimile à celui du médecin qui identifie im problème par un diagnostic et le résout par une prescription.La crise actuelle de ce modèle s\u2019explique d\u2019au moins deux façons.D\u2019une part, les discours descriptifs hétérogènes de l\u2019architecte diffèrent dans les faits considérablement du diagnostic scientifique du médecin car ils sont intimement fiés aux intentions des créateurs : dans le discours descriptif de l'architecte, observations et intentions sont pratiquement indissociables et cautionnent toutes les deux les choix prescriptifs.D\u2019autre part, si l\u2019on en croit Jean-François Lyotard, le rêve fonctionnaliste serait une fiction, car il n\u2019existerait aucun lien logique entre les jeux de langage descriptif et prescriptif, ou autrement dit, il serait impossible de traduire une description en prescription.Le but de 22 ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE 1», Itffl sa tint Htm Mi.II,,-, ilil t'.i'l at ni' I'd: 'sfï \"|L rliifi \u2022 ! '1.K- Ifllli lia i[ti \u2022 in.: if! fllii V ië< I «S' : ¦ ,1: r art.i:4 j,.ijjiiit illoulf iii ' [WJ i'iV rrt\" flllli la prescription ne serait pas d\u2019être vraie, comme pourrait le prétendre mie description, mais plutôt de créer des effets : de transformer la réalité.Selon Lyotard, le passage d\u2019un jeu de langage à un autre nécessiterait un saut, i.e.un choix qu\u2019aucun critère ne peut légitimer.À mon avis, le saut du descriptif au prescriptif est souvent rendu possible en architecture par un acte de foi, que je résume à la croyance fort répandue par l\u2019éducation classique que les formes incarnent réellement des idées morales.Mais d\u2019après Lyotard, la moralité de Pauteure ne serait pas im critère car, «ce n\u2019est pas parce qu\u2019une juge est vertueuse qu\u2019elle juge justement, mais si elle juge justement, on pourra dire qu\u2019elle est vertueuse».mais cela ne signifie pas pour autant «qu\u2019elle sera toujours juste».Lyotard ajoute qu\u2019il ne nous serait pas possible de développer une théorie du jugement, car il n\u2019y aurait que des actes de jugement réussis ou manqués.Je ne sais pas si la théorie des jeux de langage de Lyotard est vraie ou juste, mais elle permet quand même de penser autrement le problème de la légitimation de l\u2019œuvre d\u2019architecture.J\u2019ajouterais même que ce n\u2019est pas un hasard si Peler Collins a tenté cette folle aventure qui consiste à réinterpréter la théorie classique de l\u2019imitation du précédent en architecture à travers une analogie avec la tradition de jurisprudence du système légal.Les actes performatifs Si nous nous tournons maintenant vers la légitimité de l\u2019auteur, nous constatons que le milieu de l\u2019architecture perpétue une longue tradition dans laquelle le processus de légitimation est socialement ancré.En fait, la légitimité de l\u2019auteur est acquise à travers les épreuves de l\u2019apprentissage, l\u2019appartenance légale à l\u2019ordre professionnel, et la production d\u2019une architecture reconnue par ses pairs.Cette légitimité personnelle s\u2019acquiert par la réussite d\u2019actes performatifs dont l'accumulation permet de constituer un capital symbolique, qui donne aussi à l\u2019œuvre sa plus-value culturelle.À l\u2019exemple du mariage, ces actes sont réussis lorsqu\u2019un énoncé performatif («vous êtes maintenant unis par les liens du mariage») est rendu possible parce qu\u2019un ensemble de règles sont respectées (présence d\u2019un juge ou d\u2019un prêtre, consentement des deux parties, présence de témoins, etc.).Un exemple parfait et insurpassable d\u2019acte performatif en architecture est la critique du projet étudiant par le jury d\u2019experts autorisés à utiliser des énoncés performatifs, tels «ceci est de l\u2019architecture», «vous êtes un bon architecte», etc., par lesquels le jeune créateur est admis dans la secte des architectes.Ainsi on devient architecte comme on entre en religion par une série d\u2019actes symboliques.Crise et légitimation J\u2019ai souligné au début de ce texte que la commande qui m\u2019est donnée est inscrite sur un fond de crise, crise d\u2019ime profession angoissée, crise d\u2019une discipline qui doit sans cesse justifier sa raison d\u2019être.Dès le début des années 1980, Rem Koolhaas constatait que l\u2019architecture tient le rôle humiliant de l\u2019amant rejeté qui est réduit à énumérer ses qualités pour convaincre sa maîtresse qu\u2019il est indispensable.Vingt ans plus tôt, Christian Norberg-Schulz, dans un livre devenu aujourd\u2019hui incompréhensible, avançait que le manque de respect du public envers les architectes s\u2019expliquait par le fait que l\u2019architecture n\u2019avait aucune base théorique soüde.En fait, Norberg-Schulz s\u2019attaquait à un vieux problème car dès 1947, les membres des CIAM reconnaissaient que le fossé séparant les architectes du public devait être comblé par l\u2019éducation esthétique de «l\u2019homme de la rue» et que par conséquent la nécessité d\u2019une théorie esthétique de l'architecture moderne devenait impérieuse.Nous sommes à même de constater que la rupture entre la culture populaire et la culture spécialisée de l\u2019architecte ne date pas d\u2019hier.J\u2019aime à penser que si l\u2019histoire peut nous apprendre quelque chose, c\u2019est que la crise de légitimité de l\u2019architecture est perpétuelle : Vitruve n\u2019a-t-il pas dédié son traité à l\u2019empereur Auguste pour le convaincre de Futilité de son art.et ainsi avoir accès à la commande d\u2019état?Je ne serais pas surpris que l\u2019étude de chaque époque nous apprenne que c\u2019est précisément le problème de la légitimité de l\u2019architecture qui ait forcé les architectes à chercher une fondation intellectuelle à leur pratique.Je suis même tenté d\u2019avancer que Y architecture comme pratique savante n\u2019existerait que lorsqu\u2019une forme de légitimité intellectuelle donnée par le discours entoure de son aura la production de l\u2019architecte.Par conséquent, je dirais que penser l\u2019architecture, c\u2019est-à-dire penser la possibilité d\u2019une fondation intellectuelle à la pratique, c\u2019est penser une crise.Il serait évidemment possible de recourir à l\u2019histoire pour retracer les stratégies utilisées par les architectes pour légitimer l\u2019architecture comme pratique savante.On apprendrait que les architectes-théoriciens se sont toujours distingués comme des personnes maniant habilement la rhétorique et qu\u2019ils ont eu recours, entre autres, à la mystique des nombres et des mythes fondateurs, à l\u2019autorité des Anciens, à la raison, au mythe du progrès, et au savon scientifique pour constituer un discours hétérogène qu\u2019on nomme toujours, à tort ou à raison, la théorie architecturale.On pourrait aussi spéculer qu\u2019avec l\u2019avènement de la profession moderne les praticiens ont très peu théorisés et que certains maîtres célèbres ont même préféré garder le silence pour laisser à d\u2019autres le soin de légitimer leur pratique.Mais le silence semble aujourd\u2019hui peser très lourd sur l'architecture québécoise.Si penser l\u2019architecture c\u2019est, comme je l\u2019ai déjà avancé, penser ime crise, il n\u2019est pas surprenant que très peu de gens s\u2019y intéresse.On peut toujours trouver des coupables.Ainsi, j\u2019entendais récemment un «jeime» architecte bien éduqué se plaindre du mépris de la profession pour la théorie.Pour ma part, je dirais plutôt que la plupart des praticiens ont tendance ci réduire les problèmes de l\u2019architecture à ceux de la profession et à se retrancher défensivement derrière le cadre légal pour défen- dre l\u2019accès à un marché de plus en plus grugé par\u2019 les compétiteurs.Dans ce contexte, poser rhétoriquement la question de la nécessité de l\u2019architecture est une provocation qui a au moins la vertu de rendre positive une situation qui confinerait au défaitisme ou à l\u2019indifférence.Toutefois, j\u2019estime que les déclarations apocalyptiques n\u2019ont jamais empêché la Tferre de tourner, ni la profession de survivre, et qu\u2019elles sont surtout possibles parce que la crise offre le confort de ne jamais disparaître, ni de s\u2019aggraver outre mesure demain.Entre continuité et changement, j\u2019aimerais ici suggérer de déplacer les termes du débat.Il est évidemment légitime de s\u2019inquiéter de l\u2019avenir de la profession, mais il ne faut pas prendre les effets pour des causes.A mon avis, la crise que nous vivons n\u2019est pas spécifique au Québec et elle naît dès qu\u2019on veut donner une valeur culturelle à l\u2019architecture.Je conclurai donc sur deux points.Je confesse d\u2019abord que je ne suis pas inquiet pour l\u2019avenir de l\u2019architecture car, si les professionnels, comme certains le prétendent, refusent de penser la crise de l\u2019architecture, de toute évidence d\u2019autres personnes font le travail.Ainsi, seulement à Montréal, il existe plusieurs écoles de pensée, dont une de renommée internationale.Dans cette école, à laquelle j\u2019ai référé plus haut, on cherche à retrouver l\u2019essence archaïque de l\u2019architecture par l\u2019exploration des dédales de la pensée analogique et l\u2019élaboration de projets enveloppés de poésie et d\u2019un savoir mystérieux.Malheureusement, bien que cette entreprise soit méritoire, elle restera vraisemblablement ime chapelle toujours marginale parce que délibérément exclusive.De plus, je pense que cette approche erre en présumant que l\u2019architecture est porteuse d\u2019une signification ontologique profonde et universelle.Je suis plutôt d\u2019avis que, dans notre modernité occidentale, l\u2019architecture appartient au monde sublunaire et que par conséquent elle ne peut pas se passer d\u2019une rationalité critique et d\u2019un nihilisme intelligent qui reconnaissent que nous ne sommes pas, comme individus, les véritables maîtres du jeu.C\u2019est pourquoi, j\u2019estime que ce n\u2019est pas la recherche d\u2019une signification ontologique, ni la création, ou même l\u2019innovation qui constitue la mesure de la grandeur d\u2019une œuvre et de son auteur.Pour moi, il y a architecture là où il y a une intelligence manifeste de l\u2019architecture et cette intelligence peut être reconnue même dans des productions que ne sont pas des oeuvres d\u2019auteur.On me demandera évidemment ce que j\u2019entend par intelligence.À cela, je ne peux répondre que comme l\u2019avait fait jadis Claude Perrault à l\u2019Académie lorsqu\u2019on débattait des questions de goût : l\u2019intelligence est une faculté partagée par les gens intelligents.Cette proposition n\u2019est élitiste qu\u2019en apparence puisqu\u2019elle reconnaît que la légitimité de l\u2019architecture est socialement ancrée.Elle ouvre en fait la possibilité d\u2019une discussion éclairée sur l\u2019architecture et vise la production d\u2019un discours collectif dont une partie du pouvoir de séduction consiste à rendre les règles du jeu de l\u2019architecture nécessaires et intelligibles dans l\u2019esprit du plus grand nombre.DÉCEMBRE 1997 23 Mark Pimlott, artist, architect and designer Dear reader, Flying over London at night, returning from some other European city from New York, I am always unnerved by the city's size.I imagine myself a traveller from another place who has never been to London before.I anticipate the terror of the visitor, an encounter with a limitless unknown, filled with Others.As I look down, I find hard to recognize anything.Rarely do airline flight paths actually cross central London, the London of postcards and spy films.Instead, one surveys the sprawl of west, north, south and east London.Orange streetlamps define rivers of moving traffic and rivulets of suburban streets, the emptiness of parking lot or football pitch.Their ways meander like all rivers and their tributaries, but unlike them, their movements do no seem to correspond to topographical circumstances.They are just wayward, as nature is.From the air, the streets are mysterious and apparently endless.On the ground, one first encounters the corridors of Heathrow airport: long and labyrinthine.The lininess of roads leading to London.These are green and lined by indifferent buildings that look like overgrown cottages.Eventually there is the hump of the Hammersmith flyover, the ranks of white hotels of the Cromwell Road and then at last, the fabled centre.Harrod's and its preposterous fairground lighting, the illuminated and vapid Hyde Park Corner \u2014 bypassed via an underground passage at high speed \u2014 then out into Piccadilly with Gladstone's former house spewing flame at the front door; the hopeless queues of American and Swedes at the Hard Rock Café; the tawdry charms of the Ritz; the exhausted banners of the Royal Academy, the Barnum and Bailey modernism of Simpson's; and as a grand climax, a half-illuminated Piccadilly Circus, emasculated, with Eros shunted over to one side because it has got in the way of traffic.An assortment, a crush of tourists flash their cameras at the diminutive statue and the big Samsung board behind.And so its goes on.Your taxi or your friend takes you down Haymarket past the gawping, lumbering crowds of Leicester Square, entertained by buskers; past cooks who burn onions and marrons glacés; past the mechanical cows of the Swiss Centre, the big Hollywood studio cinemas, and into the yawning maw of Trafalgar Square with its own desultory crowds.They are already searching for night buses home, homes in the black beyonds of Willesden and Morden and Acton and Edmonton and Dagenham, where Londoners really live.For years, those names grow in number, indicative of an exotic elsewhere that London endlessly provides and cannot be exhausted.The thrill of being invited to a dinner party in Tooting or Twickenham, taking an A-Z map with you, studying the Tube and bus routes, phoning London Transport to fond out the likelihood of finding a night bus in the area, and then the meal, concocted from the Afghan and Tibetan cookbooks with Italian presentations beloved by young British chefs, sustains you, 24 and serves as a survival net.After years, the charms of far-flung suburbs fade as you realise they are far-flung.This is when the centre exerts its force.Sprawling in its own right, it eschews the domesticity of the suburban hinterlands.This is a place where time has been.There are flats and hovels and palaces and villas and pavements for millions.The city graciously protects the right to anonymity; it is possible to remain completely unknown in London.It is also possible to leave your apartment and meet dozens of people you know and work amongst in just a quarter of an hour.You can choose to be either embraced by London or allow its nascent hostility to come into its full, bitter bloom.It is a hard city to live in.Its distance are punishing.Without much money, London can close you off, isolate you in its wildernesses, forget you.With money, London can be comfortable.London is dirty and ugly and mean and immaculate and beautiful and generous.The most ossified branches of society thrive here, as do the most radical and questioning.It is a strange city, rightly attractive to both citizen and visitor.London's size has had great impact on the way the city has conceived itself for over one hundred years.The problem of an overcrowded and evergrowing centre caused many involved in the making of the city to think about if and its structure in ways that no other city had ever been thought about before, particularly in the nineteenth century, when the population increased tenfold.The excessive distances between places where people lived and where they worked transformed from being disadvantageous into positive structural arrangements: into infrastructure.The making of the London Underground network suggested another form for the city, which connected disparate places and found new rationalisations for their relationships.The famous Underground map was developed as coherent diagram of these new connections, making visually comprehensible that which was physically inchoate.The nineteenth century saw London transformed not by buildings or monuments, but by the construction of major infrastructures.The new rail termini at Euston, St Paneras, Kings Cross, Blackfriars, Liverpool Street, Cannon Street, Charing Cross, Waterloo and Victoria suggested a place whose size was of the nation.The stations all demanded that yards, trenches and viaducts be made to serve them, which involved extensive demolitions of the city.Unlike century Paris, whose demolitions obliterated a largely medieval city and created a new one, Londons railway connections to the rest of Britain made scars that remain as disruptions of the city's fabric.The Underground was the last of these; if was the least visible, yet the most potent.The additions to the city of the Edwardian period at the beginning of the century, such as the making of the Kingsway; the Admiralty Arch (the grand entrance to the Mall) and the re-facing of Buckingham Palace; the re-facing of Regent Street; the building of the Ritz; the building of the Embankment \u2014 all tried to pull London into the world of appearances of other great European cities, but the improvements of that time can now be seen as almost purely decorative.The Embankment is an exception in that it was one of the very few projects to integrate large infrastructural planning with contemporary urban design.The noose around London's neck has always been its ungainly size and its consumption of vast amounts of land just in order for it to be itself.Its infrastructures have enable the possibility of these distances becoming greater.London has been and is today a city where a very large proportion of the population can be said to live in houses with gardens (even though this accommodation is likely to be shared).The desires of its citizens for the myth of living in an English country garden have conspired to make the city, despite heroic efforts, almost completely unworkable.The public transport has been starved of investment and is now on the verge of collapse.Despite being the most expensive system in Europe, it does not work.London's streets are so congested with automobiles from the suburbs that it is suggested that walking is faster, yet to date, a central solution for this problem has been the denotation of highspeed main (red) routes into the city, effectively encouraging higher levels of traffic congestion.In the meantime, more substantial developments are being built in London's green belt \u2014 specifically designed by planners in the earlier part of the century to restrict London's rampant growth \u2014 via simple short-term economic arrangements between developers and local authorities.The city centre however, remains underpopulated of both residents and workers.London's problems seem to be obvious.Solutions just need to be planned out.But there is no one to do it.London lost its own government in the 1980s, banned by Margaret Tatcher because of its ideological distance from the Conservative Party.All Metropolitan authorities were abolished at the same time for the same reason.London is currently controlled by over twenty local Boroughs, who have very few common policies between them.For example, each has its own transportation policy.The newly elected Labour administration has pledged that London will eventually have some form of government, but so far has only offered up the post of Mayor; a figure-head position without any authority whatsoever.It seems that no experience is necessary for the job.With the talk of Mayor come new proposals about what London will do to physically change itself for the next century: new footbridges over the Tames, cultural corridors, monumental buildings, millenial exhibitions \u2014 all superficial stuff that promises to drag London back into other cities' nineteenth centuries.It suggests that London, despite its anarchic creativity, is a nineteenth century experiment in the city which has come to an end.What is desperately required is a new thought, other structures explicit and implicit as radical as those of the infrastructures that were superimposed on the physical form of buildings and streets more than one hundred years ago.DÉÇU; ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE sigiiaiSisiajgi 3Lf : 111 raae»-.' ! i t< \u2014 \u201c\u2022¦ .¦'\u2022* ¦ \u2022 m'.i ego 9000 retour de chine >i> J ¦ re J ft\" !\"¦' :tsr NOTICE TO ALL GOVERNMENTS BUREAUCRATS, SMALL-TIME PAPER-PUSHERS, AND TECHNOCRATS WITH CLIPPED MOUSTACHES Affleck + de la Riva, architectes It is with great pomp and ceremony that we announce today the laimching of an exciting programme that will finally free you from the stifling limitations of your vision of reality.Government legislation will be completed this week forcing each of you to enrol in the dynamic EGO 9000 programme at a personal cost of only $15,000.00 (Not included in the price are : GST, TVQ, professional insurance, life insurance, health insurance, drug insurance, disability insurance, car insurance, home insurance, property insurance, income tax, property tax, business tax, water tax, special tax, surtax, Olympic tax, lawyer\u2019s fees, bribes, favours and coins dropped in sewers.The final cost of enrolment is $179,438.13).Failure to comply with enrolment in EGO 9000 shall be swiftly met with one of the two types of punishment : continuous and expensive (to you) harassment by reptilian lawyers of your immediate dispatch to resort areas in the Soviet Gulag specially reactivated for your use.EGO 9000 is a series of course in Haiuku poetry, free hand drawing, Eastern mysticism, creative writing, and jazz improvisation specially tailored to the needs of the unimaginative, disabused technocrats.In order to develop a capacity for creative thinking, various new procedures will be forced upon you, including compulsory office apparel (a pink lycra ballet costume) and a work stoppage every fifteen minutes to recite passages from E.E.Cummings.The programme leads to the development of lateral thinking, personal aesthetic judgement, ethical .behaviour and the ability to form independent opinions.Your failure to exhibit progress in any of these areas or any sign of dangerous backsliding into reliance on inane standards or norms will be swiftly met with one of two types of punishment: an evening with Brian Mulroney reminiscing about the selfless devotion to the people during his tenure as Prime Minister or the use of your mouth as an experimental model for dental students.The goal of the EGO 9000 programme is to make the people who organize it feel important.Unfortunately certain individuals do not share our vision of the world so we were obliged to use strong-arm legislation to make our way of doping things the law.In so doing, we are proud to inform you that we are acting in the best interests of the common good.Protecting the public against the abuses of snivelling little technocrats with clipped moustaches (none of these people seem to be female?) is a difficult and time consuming proposition, but one which we take on with devotion and joy.Please take two minutes of your time today to fill out tire attached 87 page registration form detailing tine many years of your life you have wasted absurdly establishing norms and standards for the management of the world that is constantly changing.If you fail to complete the form before the end of the day and we have not received your cheque in the amount of $179,483.13 a fairly large individual with an unhappy disposition will be sent to exchange pleasantries with you.'0® sJtsoj ilyi lit! Marc H.Choko Bien sûr ce qui étonne immédiatement c'est l'architecture de ces centaines de tours qui jaillissent au coeur de tous les quartiers des trois grandes villes de la côte est.Oeuvres d'architectes chinois souvent associés, pour les entreprises les plus folles, à des bureaux américains, canadiens, français ou de Hong Kong, elles relèvent bien des fois du fantasme étudiant ou de l'architecture de jeux vidéo (voire d'emprunts à l'architecture fantastique des années 1930, tel dans Metropolis de Fritz lang).leur nombre et leur envergure dépassent chaque année la totalité des édifices du centre-ville de Montréal.Chaque fois des centaines de milliers de personnes sont tirées de leur habitat vétuste pour retrouver un logement plus grand, plus confortable, mais situé à 10 ou 15 kilomètres du centre, brisant tout lien communautaire, surtout pour les très nombreuses personnes âgées.Ce qui frappe également c'est que ces immeubles du 3e millénaire sont bâtis par une multitude d'ouvriers «aux mains nues», dans des conditions extrêmement précaires et à l'aide de machineries souvent rudimentaires, mais intégrant un savoir-faire local parfois étonnant.Ainsi, ces échafaudages de bambou et de bouts de ficelles qui grimpent sans fin vers le ciel.Ensemble d\u2019édifices en bordure de l\u2019autoroute du centre-ville de Shanghai.On remarquera les échafaudages de bambou.Édifice résidentiel vétuste construit dans les années 1970 et tours à bureaux et appartements luxueux de 1996 à Pudong.Panneau publicitaire peint montrant une vue de Pudong en l\u2019an 2000.Une tour à bureaux de Beijing empruntant à l\u2019architecture traditionnelle du Temple du ciel.Photographies de Marc H.Choko, professeur, département de design UQAM, 7ième voyage en Chine, octobre 1997.DÉCEMBRE 1997 97274947 propos sur une architecture essentielle Pierre E.Leclerc, artiste & architecte .L'architecture est le grand livre de l'humanité, l'expression principale de l'homme à ses divers états de développements, soit comme force, soit comme intelligence.Victor Hugo, Notre-Dame de Paris .Un édifice accompli nous remontre dans un seul regard une somme des intentions, des inventions des connaissances et des forces que son existence implique.Il manifeste à la lumière l'oeuvre combinée du vouloir, du savoir et du pouvoir de l'homme.Seule entre tous les arts.l'architecture charge notre âme du sentiment total des facultés humaines.Paul Valéry, Variété 111 p.81 .Ceux des édifices qui ne parlent ni ne chantent, ne méritent que le dédain; ce sont choses mortes, inférieures dans la hiérarchie à ces tas de moellons que vomissent les chariots des entrepreneurs, et qui amusent au moins l'oeil sagace, par l'ordre accidentel qu'ils empruntent dans leur chute.Paul Valéry, Eupalinos p.35 Poser un geste architectural équivaut à poser un geste de synthèse qui met en situation, confronte, assimile, approprie/sélectionne, interprète/détourne un amalgame de données liées à différentes disciplines, techniques, lois et intervenants.Plus nos sociétés se complexifient/technicalisent et plus le travail de synthèse devient important.Il exige de ses créateurs une sensibilité importante du contexte La Place des Amériques : vers une condensation de l\u2019espace public.Démonstration d\u2019une certaine pertinence architecturale.contemporain de sorte à transformer voire transcender l'ensemble des données en une oeuvre architecturale forte et cohérente, autant en concept qu'en réalisation.une oeuvre - écrin qui accueille l'être humain et lui offre l'épanouissement voire l'émerveillement.L'architecture devient altruiste, généreuse.Elle devient le reflet d'une complexité miniaturisée/condensée de notre environnement contemporain.L'architecture est à la ville ce que l'oeuvre d'art est à l'architecture, elle densifie/condense l'expérience du lieu.En ville, tout n'est pas architecture.Il y a le paysage urbain : les espaces verts, le terrain vague, les stationnements, les réseaux routiers.Il y a le laid/le beau (qui est d'ailleurs discutable).Il y a la construction naïve qui soulève bien des questions et de nouvelles pistes.Il y a la mauvaise architecture réalisée par des semblants d'architectes qui nous rappelle que l'on peut faire mieux.L'architecture urbaine se développe en réseau arbitraire, en contrepoint.Elle devient signal, point focal, affectant son lieu d'insertion : ce code urbain qu'elle redéfinie.Elle y catalyse une expérience esthétique construite, complexe (dans sa simplicité), reflet contemporain d'une synthèse programmatique et technique multicou-ches.L'architecture développe un pouvoir de séduction et d'attraction qui crée le désir du lieu.établissant un jalon, une trace qui devient réminiscence et qui informe.L'architecture se déclare ainsi pertinente, nécessaire voire essentielle à l'évolution de notre société car elle en dévoile les limites, laisse entrevoir la suite et l'histoire.La Place des Amériques URA, Unité de Recherche en Architecture Conception Pierre E.Leclerc, ass.Consultant en paysage John Laflèche Dohan collaborateurs URA Charles Lamy, ass.Claude de Passillé Carolyne Lemay The Chin Ngo 26 ?avenir Gaz Métropolitain Source d'avenir m Gaz Gaz Métropolitain a 40 ans, la force de l\u2019âge! Nos assises sont solides.Nous sommes source d\u2019efficacité, de rentabilité et d\u2019avenir.La preuve ?Nous avons lancé un site Internet, une source inépuisable d\u2019informations continues, accessible à tous nos clients et partenaires.Pour en savoir davantage sur le gaz naturel, nos produits et services ou les nouvelles récentes dans notre domaine d\u2019activités, visitez www.gazmetro.com Métropolitain AIDE-DEVIS SYSTÈMES DE COUVERTURE MONO-COUCHES EN EPDM FIRESTONE La compagnie Produits de bâtiments Firestone est un chef de file mondial dans la fabrication et la commercialisation d'une gamme complète de systèmes de couverture, d'isolants et d'accessoires.En travaillant avec Firestone, vous obtenez des produits et services variés, couvrant tous vos besoins pour la construction neuve commerciale et la réfection.Appelez-nous pour recevoir notre catalogue.Produits de bâtiments Firestone 5900 Avebury Road, Mississauga, Ontario, Canada L5R 3M3 Téléphone: (9051568-6969 1-800-267-1318, ext.6477 Télécopieur: (905) 568-6696.Website://m.firestonebpco.com e-mail: fbpco-canada@sympatico.ca Ttrcst one BUILDING PRODUCTS LA NATURE FAIT BIEN LES CHOSES Pour vos trottoirs, murets, aménagements paysager et façades de maison.Exigez la pierre naturelle pour sa beauté et sa durabilité incomparable.Les Carrières Ducharme Inc.564, chemin Covey Hill Havelock, Québec, J05 2C0 Tél: (514) 247-2787/fax: (514) 247-2908 LES ÉLÉMENTS DE MAÇONNERIE RENAISSANCE® Renaissance Appelez-nous pour recevoir la nouvelle brochure sur les éléments de maçonnerie Renaissance® démontrant les nouveaux finis et les couleurs spéciales développés avec des architectes.Imaginez-la, nous la fabriquerons.Arriscraft International Inc.500, boulevard la Gabelle 5t-Etienne des Grès (Québec) Canada G0X2P0 Téléphone: 819-535-1717 Télécopieur: 819-535-1718 À travers le Canada et les États-Unis: I RRISCRAFT INTERNATIONAL i\u201e.PIERRE \u2022 MARBRE \u2022 CALCAIRE \u2022 BRIQUE I-265-8123 II, 11 11, [J It! 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