ARQ, 1 juin 1998, Juin
[" mm LA REVUE D'ARCHITECTURE JUIN 1998 CÇ>Ç> , h &L J, &m oato oomte^ «USB mm wm Rouge médium antiqu wpyf- Des détails qui embellissent et personnalisent Si votre rêve est de créer un extérieur remarqué et de personnaliser votre projet, la brique SM\u2019 est le choix tout indiqué, par son ensemble de qualités architecturales et esthétiques exceptionnelles.Elle offre à votre imagination une intéressante variété de formats et leur supermodularité vous ouvre d\u2019innombrables possibilités.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019exécuter un mur avec motifs ou une arche aux arêtes arrondies, la brique SM\u2019 répond aux attentes des concepteurs les plus exigeants et leur permet de façonner un véritable joyau architectural.BETCON Un fier partenaire de votre créativité 1-800-906-4001 Fax: 1-514-670-2834 SOMMAIRE \t 7\tÉDITORIAL : D'UNE GÉNÉRATION À L\u2019AUTRE Pierre Boyer-Mercier 8\tL\u2019ÉCOLE D\u2019ARCHITECTURE DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Alena Prochazka 10\tMarc Pape 11\tCarlo Carbone 12\tMC GILL THESIS Howard Davies 14\tKeely Colcleugh 15\tGreg Morrow 16\tPROJETS DE FIN D\u2019ÉTUDES À L\u2019ÉCOLE D\u2019ARCHITECTURE DE L\u2019UNIVERSITÉ LAVAL Jacques White 18\tMaxim Duquette 19\tIsabelle Plouffe 20\tDES PROJETS D\u2019ARCHITECTURE EN DESIGN DE L\u2019ENVIRONNEMENT À L\u2019UQAM François Ciraloeau 22\tDominique Potvin 23\tRebecca Bourque 24\tTROIS ESSAIS SUR LA PAROI NOBLE, UNE EXPOSITION RÉALISÉE PAR BORKUR BERGMANN Georges Adamczyk 26\tROGER D\u2019ASTOUS 1926-1998, IN MEMORIAM Luc Durand En page couverture.Détail d\u2019un dessin de son projet -Nécropolis» de David Umemoto, étudiant à l\u2019Université Laval.\tÉditeur: Pierre Boyer-Mercier Membres fondateurs de la revue: Pierre Boyer-Mercier.Pierre Beaupré, Jean-Louis Robillard et Jean-H.Mercier.Membres du comité de rédaction: Georges Adamczyk, Jean Beaudoin, Anne Cormier, Philippe Lupien, Pierre Boyer-Mercier.Production graphique: Côpilia design inc.Directeur artistique: Jean-H.Mercier.Représentants publicitaires (Sales Representatives) : Jacques Lauzon et associés.¦\tBureau de Montréal: 100, Alexis Nihon, bureau 592 / Ville Saint-Laurent, Québec /H4M 2P1.Téléphone: (514) 747-2332 / Télécopieur: (514) 747-6556.¦\tBureau de Toronto : 1-800-689-0344.ARQ est distribuée à tous les membres de L'Ordre des architectes du Québec Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada.ARQ est indexée dans «Repères».© Art et architecture Québec: Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs./ ISSN: 1203-1488.Envois de publications canadiennes: contrat de vente N° 0472417.ARQ est publié six fois l'an par Art et architecture Québec, corporation à but non-lucratif.Les changements d'adresse et les demandes d'abonnement doivent être adressés à: Art et architecture Québec / 1463, rue Préfontaine / Montréal.Qc / H1W 2N6 / Tél.rédaction: (514) 523-7024; administration (514) 523-4900.e-mail: arq@sim.qc.ca Abonnements au Canada (taxes comprises): 1 an (6 numéros): 41,41 $ / 69,02 $ pour les institutions et les gouvernements.Abonnement USA, 1 AN: (6 numéros) 60,00 $ / Abonnement autres pays, 1 an: 70,00 $. ÂJ-Â.oaaaaà.a b u o u v e I I e s t e s des Meet I u s cette r t i L a u r r c h i t i t e o q u e i M é n a 'd t i Ofl 'd t i Ofl ^CpASYVce\t2\\MA- ¦ . am ¦¦ 4®.^ ! ^'Crt ^«?S' -KT.«Î clients uan ir pour voir LINE TELLE QUALITE NE SE TROUVE QUE CHEZ Kaycan < v; votre nouveau projet, ce nest pas le cajfelage - portugais de la salle de tain quits peuvent admirer Qui que soient vos clients, ils aiment voir ce que vous avez fait dernièrement.Et quand vos projets arborent la marque Pella®, ils savent que vous faites du travail de haute qualité.Pella offre à vos clients toutes les options et les innovations qu\u2019ils exigent.Le style et le caractère fonctionnel des produits Pella est du plus haut calibre.Et comme les clients de Pella estiment qu\u2019il n\u2019y a rien de mieux que leurs fenêtres, votre image s\u2019en trouve rehaussée.Votre réputation est le fondement de votre entreprise.En montrant à vos clients que vous connaissez la valeur des fenêtres Pella, vous faites toujours une première impression favorable.Pour de l\u2019information sur la vente et le service, consultez l\u2019annuaire téléphonique sous \u201cKAYCAN\u201d.\t___ * ,998 Pe,,a\tPoUT ^\tCOmPOSeZ te 1-800-845-4525 Les produits Pella sont offerts dans tout le Canada parle réseau exclusif de Kaycan regroupant plus de 300 salles d\u2019exposition et entrepreneurs Pella certifi Le système modulaireÇAREA s'est obéré le prodüirktéal pour ce bâtiment dp petite taille, nouspermettantpexréer uneValumétrie artictüéePt structurel De plus, son aspecpd'un grand esthétisme repfoçce l'image x corporative et son \\ Æm intégrât l'environnemi \t LES PANNEAUX CAREA PRENNENT LA FORME DE VOTRE PROJET CAREA 1-800-972-2732 SOLUTIONS ET SERVICE POUR VOTRE SUCCÈS FDaïrif \\Oiieen ( EDITORIAL d\u2019une génération à l'autre PIERRE BOYER-MERCIER En 1967, le projet final que nous avons présenté (mes confrères, Yves Woodrough, Cilles Hamel et moi-même) à l'École d'architecture de l'Université de Montréal portait sur le développement d'une cité sous-marine dans l'Arctique.Un iceberg technologique à la dérive parmi les glaciers polaires, loin de toute civilisation.Ni plus ni moins qu'une re-création du monde dans le contexte privilégié du modernisme : la page blanche.À cette époque, toute nouvelle prospective nous entraînait vers les plus loufoques conjectures.Entre autres, les travaux d'Archigramme, dirigés par son principal protagoniste, Peter Cooke, proposaient des villes mobiles dont les allures robotiques préfiguraient une nouvelle ère post-industrielle de loisirs.Il n'en fallait pas plus pour nous mettre des ailes aux pieds.Et, comme les enfants qui, chaussés de souliers de course neufs, se regardent courir en s'imaginant devenir des géants aux bottes de sept lieux, nous avons été investis, grâce à ces architectes anglais, d'une ardeur nouvelle.Notre seul obstacle était l'horizon de notre imagination, bienheureux ingénus que nous étions! Nous avons donc inventé, en contrepartie de la thèse d'Archigramme, la ville immobile régie par le principe du déplacement minimum, excluant dans un premier temps, toute voiture pour favoriser le transport en commun.Le shopping, les consultations et les relations d'affaires se réalisaient par l'image téléportée.Le projet, intitulé «l'architecture presse-bouton» avait pour objectif le développement d'environnements développés par la technologie de l'information.Nous nous inscrivions aux idées du guru de l'époque, Marshall McLuhan, dans le réseau du village global.La présentation qui s'était attirée quelques remarques sarcastiques de la part de certains de nos professeurs ne ferait même pas sourciller les internautes d'aujourd'hui.Sans être visionnaire, notre projet qui se rattachait au reste du monde par des liens virtuels, annonçait peut-être l'arrivée des stations spatiales! À la différence des intérêts manifestés par les derniers crus universitaires, le présent (encore moins le passé) et le contexte d'implantation étaient pour nous des quantités négligeables (ce qui n'était pas nécessairement le cas pour tous les étudiants de l'époque).Un désintéressement qui recevait l'assentiment de l'intelligentsia architecturale moderniste plus préoccupée par les concepts formels que par les concepts d'intégration et de mise en valeur.Il n'y a pas de mal à être de son temps et, comme ceux qui aujourd'hui se font les promoteurs de l'architecture à travers la représentation, nous avions l'impression de faire avancer les choses, à tous le moins de participer à l'esprit du temps.Aujourd'hui les imagiers en architecture qui ont trouvé dans l'ordinateur les ressources inespérées d'exploration formelles sont peut-être au seuil d'une nouvelle géométrie post-euclidienne qui transformera l'expression architecturale.Les diplômés en architecture des universités de Montréal, McGill et Laval, ainsi que les bacheliers en environnement de l'université du Québec à Montréal présentés dans les pages qui suivent nous proposent aussi un «monde meilleur» avec cette différence que leurs prémisses s'appuient sur des considérations sociales, urbaines et environnementales.S'inspirant de l'une ou l'autre source d'idéation, les projets proposent des solutions à des problèmes réels ou encore de nous sensibiliser à la poétique de la réalité.je cède donc la parole aux collaborateurs de cette édition qui porte sur les projets terminaux des étudiants en architecture : Aléna Prochazka pour l'Université de Montréal, Howard Davies pour l'université McGill, Jacques White pour l'université Laval et François Giraldeau pour l'université du Québec à Montréal.BmaM^nwfuiuciiisn 1 V, üiMMiiH r nrtrrn 'trlUT -);e\t>, q.nili «T ¦: SS*«St \"St&îiff\t«Mi î BSS»»- -t; ; î i iiiiiw-i!1 « Uyiia architecture presse-bouton JUIN 1998, NUMÉRO 103 Le département dfarchitetcure de VUniversité de Montréal *»\u2022» r 'ata-wa* ta a«!»aà»t-JM pjWjaür HM'JII,/ ftv -, ,;:£ ¦>\"\t,V Alena Prochazka L'école d'architecture de l'université de Montréal offre un programme de premier cycle conduisant au baccalauréat professionnel et donnant accès au stage et aux examens de l'Ordre des architectes du Québec.Le programme des ateliers de design 1 et 2 vise à initier l'étudiant aux notions propres à l'expression architecturale, à la démarche du projet d'architecture a la notion d'architecture 2D et 3D.Le premier trimestre de ces ateliers explore les notions de composantes architecturales, de démarche et de notation à travers le thème de la spatialité du lieu.Le second trimestre reprend ces notions à travers un premier travail de synthèse cette fois centré sur le thème de l'habiter.Les projets initient l'étudiant(e) aux notions propres aux espaces intérieurs et extérieurs, aux géométries et à la tectonique.Le programme des ateliers de design 3 et 4 met l'accent sur l'initiation au processus de développement du projet comme outil d'exploration des idées en architecture.Ce sont les éléments du contexte et du prétexte comme cadre général de 'la culture architecturale qui contribuent au développement des idées.L'atelier thématique axé sur le projet, aborde le développement d'un projet architectural à partir des multiples enjeux et précédents culturels qui façonnent le milieu construit.Le sujet proposé devient le prétexte pour explorer la complexité du monde de la création architecturale, des enjeux propres à l'émergence des idées et des modes de représentation propres à leur développement.Lors de son apprentissage dans l'atelier thématique 1 (formes et fonctions), l'étudiant propose une réponse à un programme précis portant sur un secteur spécifique de l'activité humaine.L'atelier thématique 2 (formes et techniques) permet à l'étudiant d'établir un rapport cohérent entre la forme architecturale et les méthodes de construction.L'atelier thématique 3 (architecture urbaine) met l'emphase sur la conception de l'édifice généré par son rapport à la ville et sa transformation.L'atelier thématique 4 (Triptyque) est composé de trois courts projets d'architecture distincts et consécutifs, généralement dirigés par des professeurs invités.Tandis que l'atelier multidisciplinaire (Atelier multidisciplinaire) est une mise en commun des interprétations fournies par chacun des champs disciplinaires de l'aménagement.LE PROJET FINAL Le projet final est pris dans le deuxième trimestre de la quatrième année et représente l'aboutissement de l'apprentissage du design en architecture.Le projet est choisi par l'étudiant(e) qui doit faire la démonstration d'une capacité de développer des idées à travers le projet architectural et d'en assurer la cohérence aussi bien au niveau de la conception architecturale qu'au niveau technique.Un séminaire préalable permet de cerner le pourquoi et la problématique du sujet choisi par l'étudiant.LES PROJETS DES FINISSANTS DE L'ANNEE Au coeur des projets de thèse remarqués à l'École d'architecture de l'Université de Montréal apparaît un thème, une préoccupation: le rapport entre la Nature et la Ville.Ainsi, d'année en année, on a vu se développer chez les finissants des prises de position de plus en plus marquées quant au sens de l'insertion de l'objet architectural dans un territoire de significations plus vaste tissant un véritable contexte d'intervention, culturel et physique, qui est considéré et interprété comme le catalyseur du geste architectural.Paysage urbain, paysage naturel, paysage social, lignes de force.autant de notions qui préfigurent le véritable prétexte pour chacune des stratégies de projet.On voit avec bonheur se développer l'attitude où le projet architectural, en plus d'exercer sa fascination pour la maîtrise de la forme et de la matière, devient le lieu d'une réflexion sur l'essence et sur la portée éthique du geste construit qui propose d'authentiques lieux de vie.Les six projets choisis pour publication l'ont d'abord été pour la qualité d'élaboration de la forme et de la tectonique (deux prérogatives propres à la composition architecturale), tout autant que pour l'ingéniosité de la réponse apportée à la programmatique et pour la maturité de la réflexion menant au geste de design.Qui plus est, ils comportent tous cette dimension beaucoup plus audacieuse, celle de repenser ou tout simplement de prendre conscience de la relation qu'entretient l'homme moderne avec le territoire qu'il apprivoise.Citons les propos de Marc Jobin, l'un des finissants dont nous reparlerons plus loin: «L'expérience contemporaine du paysage est devenue presqu'exclusivement celle d'environnements habités ou façonnés par l'homme.Dans cette optique, le projet d'architecture [.] devient l'outil d'interprétation du lieu qui révèle cet art paysagiste.Ainsi, ce projet s'intéresse non seulement à la nature mais s'en sert comme creuset pour encadrer un projet d'architecture qui se veut enraciné au paysage.» Deux projets ont été choisis pour publication quasi complète sur les pages qui suivent et quatre autres seront illustrés dans ce texte.Marc Pape (dont le projet apparaît en page 10), sous la direction des professeurs Denis Bilodeau et Jacques Lachapelle, propose une Coop agricole à Montréal sur un îlot artificiel au milieu du Vieux-port.Ce projet affirme avec audace et avec compétence en design architectural l'inextricable fatalité de chaque projet d'architecture à promouvoir, sciemment ou non, un projet social.Selon l'auteur, cette ferme collective se veut un «essai ponctuel et singulier sur le matériel hétérogène que constitue le paysage urbain».L'intention y est réalisée, démontrée, autant dans le registre physique (recomposer la nature matérielle du site du Vieux-port: un remblai fertile évince les eaux du fleuve, la substance végétale et animale remplace la substance minérale propre au construit urbain) que dans le registre de l'usage (la transformation du mode de jouissance des surfaces aménagées par l'exploitation collective, et non individuelle, du sol). ' \u2022 ' ' .3- \u2022- % * L\t[\t| .-TtTr'a ¦ \t\u2022U.- J 10 JUIN 1998.NUMÉRO 103 1,2,3.4,5.6,7,8.9, 10.Marc jobin Sébastien Boisselle Michel Langevin Martin Beauséjour Cultures traditionnelles en surface offrant à la ville la douce ondulation des champs de blé, cultures industrielles en sous-sols pourvues de systèmes de recyclage sophistiqués, cultures hydroponiques dans d'immenses serres alternant avec des habitats collectifs crées à même une structure ininterrompue, marchés, débarcadères marins.en somme une «Arcadie artificielle qui a pour objectif de réaffirmer le désir inconscient de la ville à devenir nature».Une proposition visionnaire, reconnaissant la condition désormais hybride des écologies dont l'équilibre dépend des sagesses nouvelles qui réinventeront, au troisième millénaire, les rapports entre la Ville et la Nature.Le projet s'est mérité la Médaille étudiante de l'Institut royal d'architecture du Canada pour le projet jugé le meilleur de l'année par un jury de professeurs de l'École présidé par le directeur.Carlo Carbone (dont le projet apparaît en page 11), dirigé par le professeur Pierre Boyer-Mercier, élabore toute une stratégie de redéveloppement pour un lieu de villégiature à l'histoire colorée: Old Orchard Beach.Le moment culminant de cette proposition d'ensemble est un impressionnant objet marin, un aquarium, au bout d'un quai animé.C'est un projet branché sur l'agglomération existante suivant une vision astucieuse des lignes de forces ayant causé, ces dernières années, un curieux et fatal détournement d'intérêt du principal attrait des lieux: la mer.En effet, le «boulevard» du front de mer (la plage avec son activité civique et de plaisance) fut progressivement abandonné au profit d'un «strip» classique, jonché de motels avec piscines.Le projet réussit une proposition visant à redonner à Old Orchard Beach son attrait originel: le célèbre quai (re-programmé et refait) offre à la promenade le long de l'avenue civique principale un aboutissement programmatique (un aquarium avec café, école, motel suspendu et marina) aussi bien qu'une magnifique fenêtre sur la mer, l'horizon, le vieux continent.L'aquarium, tel un navire amarré au large du quai, exhibe une habile combinaison d'une tectonique associée à l'exploitation marine (structure apparente inspirée de la coque d'un bateau, larges pans de bois disposés en écailles de poisson, formes courbes faisant rêver à l'élégant ballet des mammifères marins.) tout en gérant, avec simplicité ingénieuse, les contraintes d'un programme technique spécialisé.Un objet dans un paysage subtilement recomposé par l'ensemble des interventions proposées.Sous le titre Le haras pour le Morgan, énigmatique pour le non initié, Marc jobin (illustrations 1,2 et 3) démontre ses talents en composition architecturale sous la direction de Benoît Dupuis.Le thème d'un nouvel rapport de l'homme urbanisé avec la nature revient cette fois à l'occasion d'une réflexion, résolument symbolique, à propos d'une école d'équitation qui célèbre cette fascination que porte l'être humain au cheval et aux disciplines équestres.Dans un contexte rural à St-Mathias au bord du bassin de Chambly, on assiste à un dressage attentif du paysage par l'enfilade de paddocks tels des jardins protégés où l'auteur réussit à créer des références à une nature imaginée, à un état de liberté sauvage perdue.On se retrouve encore une fois dans un univers où la nature existe en puissance, défiant le contexte environnant banalisé.En une banlieue typique, la ville de Varennes, Sébastien Boisselle (illustrations 4 et 5), dirigé par Raouf Boutros, fait de même en proposant Un parc et un piscine sur un vaste site entouré de bungallows.Inspiré par la dimension métaphorique de l'eau, le projet est une variation sur divers usages de l'élément eau en tant que source de vie.Ainsi, empruntant un cycle artificiel, l'eau circule et accompagne un programme visant le partage et la socialisation entre toutes les couches d'âge depuis une piscine intérieure, une piscine extérieure, une tour d'eau, pour aboutir à un bassin contemplatif révélant le sens de l'ensemble.Le projet de Michel Langevin (illustrations 6,7 et 8), dirigé par le professeur Pierre Boyer-Mercier, se situe à Chicoutimi.Au milieu de la rivière Saguenay s'implante un objet-signal, la clé d'un ambitieux projet touchant en entier le paysage urbain des deux rives de la rivière, issu d'un constat attentif de la condition urbaine environnante.La partie de l'aménagement urbain, conçue en équipe avec Pascale Vaillancourt, place cet objet dans une suite de gestes de réamémagements intelligents qui redonnent au citoyens le contact avec les puissantes forces de la nature rendues tangibles et qui révèlent les mouvements des marées et le cycles des saisons.Cela, tout en branchant les parcours cyclistes et piétonniers sur les rues commerciales réaffirmées.Le projet est un Pont échange, situé à l'emplacement des vestiges de l'ancien pont tournant de Sainte-Anne, offrant un programme de loisirs sportifs et culturels.Le jardin, comme élément tectonique végétal et comme entité programmatique urbaine, revient dans le projet de Martin Beauséjour (illustrations 9 et 10) qui a proposé, sous la direction de Luc Laporte, un Carrefour des sciences et des technologies sur le quai King Edwards au Vieux-port de Montréal.Un projet tout en délicate richesse et des espaces/formes motivés par une attitude humble vis-à-vis du contexte de réalisation (une stratégie évolutive).Ces projets travaillent presque sans distinction les territoires urbains et ruraux.Ils s'inscrivent dans une continuité sans transition précise entre la ville, la banlieue, la campagne, conscients de l'absence irrémédiable de la véritable nature vierge sur la terre cultivée, construite, recomposée par les cultures humaines.Dès lors, le souvenir de la Nature existera dans chaque entité (fragment) de ce territoire (le projet) offert par l'architecte à l'imaginaire de ceux qui l'habiteront. M arc PAPE £3^4 ¦MlBiBB J-LLU-I SITUATION Refusant l'idéal métropolitain de la ville européenne (associé au chaos social et l'aliénation ), la ville américaine lui a substitué, pour son développement, un idéal pastoral : le mythe de l'Âge d'or.L'urbanisation américaine s'est effectuée sur la volonté d'équilibre du rapport Nature-ville, obligeant la banlieue à jouer le rôle de cadre idéal pour l'épanouissement de la vie de famille nord-américaine.De cette campagne mythifiée, naissait l'utopie de la récupération de l'identité maternelle et de la pureté originelle.La nature quotidienne pour l'individu devait y pourvoir.Mais la croissance de l'économie et des transports décollait les industries vers la périphérie entraînant avec elle l'exode des emplois et un appauvrissement lent de la société urbaine.La banlieue a donc vu son rêve s'effondrer pour une autre sorte d'aliénation : l'artificialisation et l'appauvrissement de son espace naturel ainsi que l'éternelle fuite devant ses responsabilités dans ses rapports avec la ville.INTENTIONS Acceptant ce constat comme un processus évolutionnel, le projet de ferme collective ne se veut pas un remède architectural face à une situation contre laquelle il ne peut lutter, mais plutôt un essai ponctuel et singulier sur le matériel hétérogène que constitue le paysage urbain.L'implantation d'une nouvelle arcadie artificielle, au sein même d'un environnement urbain fragmenté, a pour objectif de réaffirmé le désir inconscient de la ville à devenir nature.Dans l'enthousiasme de la révolution soviétique, le kolkhoze se voulait la réunion de matériels puissants, mobilisant dans le travail agricole la collectivité, afin de ravitailler les populations urbaines et d'assurer la cohésion du milieu social.Reconnaissant la paternité d'un tel engagement, le projet réclame la substitution de l'exploitation collective du sol à l'exploitation individuelle ( issue d'une logique de capitalisation de l'espace ), pour la transformation du mode de jouissance des surfaces aménagées.Le rassemblement autour de la production y est perçu comme condensateur social , tout en permettant l'autonomie alimentaire et les échanges avec le milieu environnant .MÉMOIRE L'espace naturel n'est plus associé aux loisirs ( comme dans un parc ), mais subordonné a l'activité productrice humaine, rappelant ainsi que le rôle premier de l'agriculture est de nourrir l'homme.10 oob ooo TtïTra-i- HHMi Carlo CAR130NNE Le projet vise à créer une infrastructure pour catalyser de la régénération d'OId Orchard Beach comme point de force des activités de loisirs sur la côte Nord-Est de l'Océan Atlantique.C'est en créant trois nouveaux liens que le projet veut atteindre ses buts.D'abord un lien à l'échelle territoriale en rétablissant la circulation ferroviaire sur l'ancien chemin de fer qui reliait Montréal et Boston.Un second lien: un plan urbain qui relie la ville d'OId Orchard à sa raison d'être, la mer, au moyen d'un quai (Pier).Le jardin ouvre une fenêtre sur la plage pour qu'elle devienne une scène vivante perçue de la ville et devient le troisième lien.\tA \t\u201cTm TETTT XO_ CELC ? McGill Thesis Wjy Howard Davies General note: The thesis term at McGill university lasts 4 months.Prior to starting the semester the students are required to prepare a written report which establishes each project's philosophical and formal direction.Each student works closely with a member of the staff and has their work reviewed individually and in groups on a more or less on-going basis throughout the term.The past 10 years has seen the relative consensus and stability of the thesis term challenged.In this respect McGill can be seen as taking part in a general re-evalu-ation of architectural education representing anything from an after \"modernism\" soul searching to the initial off-spring of a greatly expanded and influential Masters level education/culture that has swept through almost every school of architecture in the world.In some cases the completion of a thesis through the resolution of image/program/site is no longer the only goal.Instead the thesis effort has been re-directed to include a greatly expanded agenda often to the point where the classic/modernist architectural concerns are no longer a high priority.POST-POLITICAL ARCHITECTURE Projects of this type attempt to expand on the definition of architectural activity within a social and cultural context or how architecture might interact both with it's creator and it's public to counteract a perceived loss of contemporary cultural and political relevance.In his project called 'Power Plant' Patrick Evans (3) gives form to an architecture that responds to a social/political event : \"The Ice Storm of 1998\".This project advances on two fronts.It imagines architecture as politically charged, capable of repositioning itself within today's global hierarchy into a newly empowered role of corporate 'virus', beginning a process pyramid dissmantelment.The necessity of the huge yet often formally faceless and as it turned out in January toothless power company is one of the questions this project raises.It's other primary concern deals with the process of designing architecture.In this case drawing the project was resisted in favour of modelling and photographic collage.POST-CONTEXTUAL ARCHITECTURE In her thesis for a downtown funerary complex Isabelle Soucy (1,2) develops a project from within an existing building.In this case a soon to be disused church on Viger street.In this sense the project is representative of an interest in extracting new types of architecture and programs from the ruins of the old.This project examines the reinterpretation of our cultural symbols and the potential for programmatic and symbolic development and expansion within the urban environment.The fact that the project builds on top and beside the old, creating the potential for a new architecture that is \"hybrid\" i.e.based on layers of construction and experience, not only the new, represents a developing type of post-contexturalism, whereby the interests and results are not only formally sympathetic but socially and experientially complex.POST-SOCIAL ARCHITECTURE In her thesis for a First Nations Cultural and Education Center Ana Policzer (4,5,6) takes the normally closed, ethane-centric world of the architectural project and turns it outward to encompass the concerns of one of our first nations.In doing so this project speculates on a socially and symbolically generated architecture that doesn't look towards the status quo of the avant guard for its inspiration.This project attempts a act of resymbolization for a society that is in the process of reclaiming and in some ways defining for the first time a contemporary building language.The project was developed in close collaboration with the community of Kahnawake.In doing so this project attempts to revitalize the cause of social architecture by reacting formally to the social concerns of a society quite profoundly different from that which we have come to call Canadian.As the century concludes and the architectural profession undergoes a serious re-evaluation of itself in almost every respect from it's legal definition, it's economic basis and ultimately it's role in society, it is hardly surprising that these vicissitudes should be reflected in the work of students on the fringe of participation.ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE 1,2.Isabelle Soucy 3.Patrick Evan 4,5.6.Ana Policzer \"Üijj;jî:ïî FHüüüfîn iliiMl y II I I I 1 1 &1ZL-21 ¦>rC % 4 JUIN 1998, NUMÉRO 103 : ¦BH 1 -\u2022 - ** \u2022> \u2022 - Keely COLCLEUGH ANIMATION FACTORY Animation is the Art of Movements that are drawn.They are drawings that move as they exist in the creator's mind.It is a réanimation of life and motion by means of an apparatus resulting in a pure semiology of movement and image.Travelling through the city we create our own sequences and speeds, accelerating and decelerating through its 'frames'.Events occur spontaneously between the sequences we create.The city's fragmentation, which is evident on many scales, creates the sometimes intense juxtaposition of elements that we experience both continuously and subconsciously.This progression continues through the old city ending at the edge in a bizarre post-industrial landscape of immense scale and open space.The intensity of urban life, the heightened speed of our travels through its space and the energy created by its contradictions and juxtapositions are elements essential to the creation of urban spaces.These spaces act both as refuges and microcosms mirroring the city's life.They provide vantage points from which to view and contemplate the city on its many scales.The layers of history, which form Montreal, create a map of past and present activity charting the progress urban growth.An interpretation of these past patterns by the implementation of new uses or new industries is essential to the city's growth and improvement.The Basic pretense of the project is the creation of an urban space to support the functions of a new industry, that of the creation and production of Canadian Animated Film.The program consists of diverse private and public function combined, separated and stretched for the length of the site.These functions include a museum and exhibition space, theatres, production facilities and studios.The idea is that these elements can be stretched and combined, particularly the elements of museum and exhibition.Due to this characteristic, the exhibition design comes closer to much more modern forms of communication, such as television spots or hyper textual pages on the Internet.\" The site is located in the old port of Montreal and occupies one half of the Quay Alexandra.Strategy: the division of the site into 24 equal strips for the purposes of exploration and documentation.A photographic survey of the site was conducted recording images its current state on each hypothetical strip.The resulting evidence coupled with the physical reality of the site; its relationship to the port terminal, vehicular and pedestrian access determined the placement of programmatic elements.The next step involved the explosion of the dense block of program into component parts and spaced over the 24 divisions.Each smaller collection of program retaining some characteristics of the larger whole; circulation between the blocks, each block skewed in its relationship to the other creating interesting spaces between for the purpose of spontaneous events.The large expanses between the parts become urban space, parks, exhibition, outdoor screening, and spaces of urban activity.îïT *£STi liSSiSl Æn*M~ïe»ttMÉr-\u2014 1\u2014r tlflu iunpii I\u2019VIB «r» fl ¦BMP; ¦9» ;«i'« immmma 14 ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTUR *fmamg ynimlniKHmiUHliIll ;f?SS 11111111111 Milium n iiimii ii flu! Greg MORROW THE SITE The site is located within Bon Echo Provincial Park, on the southern tip of the Canadian shield.The site is characterised by a 100-metre high shear wall of granite, which is named Bon Echo Rock for its principal salient characteristic.Upon its surface are some 260 Algonquin pictographs which are largely medicinal symbols of the manitoe and the writings of shamen who were said to travel to worlds of earth, water, air, underwater and underearth at the base cliffs such as Bon Echo Rock.The Rock also contains an early twentieth century dedication to Walt Whitman by owners of the Bon Echo Inn, an artistic retreat constructed in 1899 which occupied the site until in burned in 1936.THE APPROACH Generally, the design was intended to integrate human intervention into a setting dominated by natural forms.In doing so, the project begins to address the complex issue of what is natural and what is the result of human intervention.THE ENCLOSED SPACES By retaining the earth, the interpretive wall is created and the visitor is temporarily removed from direct contact with the environment.The exhibition space has been designed using the image of a canoe (Wabanaki tciman) with its exposed rib-like structure, which is the metaphorical and literal vehicle that linked the Algonquin culture to the five worlds and other urbanized worlds created by man.THE RESPONSE The scheme was developed as a response to both natural and human found conditions of the site.The project assumes the form, of the existing path first created as a road to the 1899 Bon Echo Inn and reinforced today by park visitors wishing to view Bon Echo Rock from the end of the peninsula that forms the Narrows.Access to the site is achieved by passing through a series of park checkpoints and driving through the main campground.A billboard announces the building's presence to the visitor and to campers, who then pass through a gateway and enter the project.This extension of the building acts as a wall to the car park, thereby creating a large outdoor room where the visitor leaves both physically and symbolically the everyday world of technology and information.The billboard marks the starting point of a path which follows the visitor throughout the site experience and is paralleled by an intertpretive wall to the north which breaks down and finally disappears as the visitor travels further away from the billboard to the Narrows.Similarly, the path is paralleled on the south by collector spaces, or niches, which provide visitors the opportunity to depart from the path to contemplate the interpretation and his or her surroundings.This dialogue between the observer and the observed again stems from the notion of Prospect/Refuge (i.e.to be seen without being seen) and JUIN 1998, NUMÉRO 103 foreshadows the formal arrangement of the enclosed spaces of the main building.The trail head introduces the site to the visitor and provides seating, telephones and washroom facilities and acts as the last contact with 'civilization'.The visitor travels along the path learning information about the flora and fauna of the park as well as the history and location of buildings relating to the Bon Echo Inn.A large collector/gathering space acts as a transition zone between outside and inside spaces from which the visitor descends into the earth to enter the building, thereby physically and symbolically engaging with the earth. synthèse, autonomie et prise de position Iacques White Le programme du baccalauréat en architecture de l'Université Laval a pour but l'acquisition d'une formation fondamentale dans le champ de l'architecture.Il vise la connaissance des concepts, des méthodes et des principes propres à ce champ d'étude.En tant que lieu de formation initiale pour accéder à la profession d'architecte (du point de vue de la pratique traditionnelle mais aussi, en réponse aux mutations qui marquent actuellement l'évolution de la profession), le programme vise également l'acquisition des compétences de base propres à l'exercice de la profession et une formation pratique qui permettent d'intégrer dans le processus de conception les principes théoriques acquis en cours de formation et d'en vérifier la portée.A l'Ecole d'architecture de l'Université Laval, le projet de fin d'études est perçu, par les étudiantes et les étudiants, comme une occasion unique de faire état, au terme de leur cheminement dans le programme, de leur capacité à produire une solution architecturale stimulante, complète et pertinente en réponse à un défi qu'ils se sont eux-mêmes donné.Ils s'attendent à ce que soit évaluée, par le biais du projet, leur habileté à analyser un lieu d'intervention d'une manière qui en traduise toute la richesse et la complexité, à énoncer clairement et succinctement des objectifs d'intervention appropriés au problème posé, à générer des hypothèses architecturales aptes à requalifier le lieu de l'intervention et à produire une synthèse cohérente de ces hypothèses à partir d'arguments fondés sur les objectifs de départ.En définitive, ils doivent proposer une solution qui, d'une part, traduise une prise de position critique et personnelle sur ce qu'il convient de faire dans ce lieu et qui, d'autre part, puisse satisfaire au plus haut niveau possible des critères de qualité architecturale qui se rapportent à des aspects qui n'ont pas été priorisés par l'étudiante ou l'étudiant au moment de la conception mais qu'il doit tout de même considérer pour valider son projet.Ainsi, un projet de fin d'études revêt-il un caractère de démonstration, à propos de la capacité des étudiantes et des étudiants à intégrer ce qu'ils ont acquis dans les cours théoriques et les ateliers précédents, à mener à terme, d'une manière autonome, le processus de design qui permet d'engendrer l'oeuvre et à exprimer, à travers le projet, leurs propres convictions.En effet, entre les lignes des projets se dessine, avec plus ou moins d'intensité, un regard critique sur ce qu'il leur a été enseigné.Parce que le site et le programme sont choisis par l'étudiant lui-même, son projet révèle à quelles valeurs il a adhéré, lesquelles il rejette et lesquelles il ignore ou le laissent indifférent.Le projet témoigne aussi de l'attention qu'il porte au travail sur la forme ou sur l'objet.Même si chaque étudiante et étudiant est supervisé par un professeur sur une base individuelle (il n'y a pas d'atelier collectif à proprement parler pour les projets de fin d'études), l'autonomie de la démarche lui offre l'opportunité de mettre en lumière sa vision de la profession au moment où il s'apprête à s'y introduire.16 Parmi les quelque soixante-cinq projets soumis cette année au jugement des jurys inter-universitaires constitués pour l'occasion, cinq ont été sélectionnés parmi les plus méritoires lors d'un vote tenu auprès de l'ensemble du corps professoral de l'École d'architecture.En plus de révéler une partie de ce que leurs auteurs considèrent important en architecture, ces projets reflètent aussi une partie de ce que le corps professoral considère appréciable dans un projet de fin d'études.Le projet de réaménagement de l'aéroport de St-Hubert, conçu par Maxim Duquette (en page 18) sous la supervision de Pierre Jampen, démontre un intérêt pour l'efficience fonctionnelle et structurale.Le choix d'implantation, basé sur l'addition de pavillons qui affichent chacun son identité et qui se greffent ponctuellement à une longue structure d'accueil développée parallèlement aux pistes de décollage et d'atterrissage, permet de ramener le bâtiment à l'échelle humaine du côté de la rue tout en conservant en arrière-plan la clarté perceptuelle et la simplicité fonctionnelle propres aux structures dédiées au transit des passagers.La conception de cette structure vise à maximiser les transferts de force en tension / compression, afin de procurer de grands espaces libres dépourvus de colonnes, pouvant servir autant à l'aménagement de hangars d'avion que de locaux à vocation industrielle mais aussi, de gradins extérieurs semi-couverts servant à protéger les spectateurs lors d'événements populaires comme les spectacles aériens.Des axes véhiculaires et piétonniers, logés entre la barre longitudinale et les bâtiments ponctuels, ont été conçus de manière à générer une promenade extérieure au sein du complexe aéroportuaire qui assure un contrôle des circulations et qui permet en tout temps aux usagers de déambuler dans un lieu extérieur bien circonscrit et confortable, ce qui est rare dans ce type de projet.Peut-être est-ce là un signe des temps, la séduction formelle et l'efficience recherchées dans ce projet ne sont pas estimées uniquement pour elles-mêmes, mais pour les bénéfices que peuvent en retirer les usagers.Fondé sur des préoccupations d'ordre écologique, le projet pour un centre de recherche et d'éducation sur la gestion des déchets, conçu par Isabelle Plouffe (en page 19) sous la supervision d'Emilien Vachon, s'implante aux abords de l'ancienne carrière Miron comme un charnière en affirmant le rapport entre ce que l'homme emprunte à l'environnement et ce qu'il y rejette.L'opposition entre la consommation et la disposition, entre la carrière et la ville qu'elle a créée et qui l'alimente, a servi de base au concept architectural.L'aile du bâtiment abritant les fonctions de recherche, massive et bien ancrée au sol, prend naissance à même les activités du site tandis que l'aile regroupant les fonctions éducative et muséologique, légère et en suspension au-dessus de la falaise, porte un regard sur ce même site.Les préoccupations écologiques et sociales ont aussi inspiré le blocage des espaces qui cherche à faire cohabiter et à mettre en interaction les fonctions de recherche et d'éducation.L'un des points d'intérêt de ce projet réside dans l'importance qu'il accorde aux rapports entre ses parties, aux plans des usages, de la forme et de la signification, en plus d'aborder une question des plus actuelles, soit l'exploitation et l'utilisation sensées des ressources.ARQ.LA REVUE D'ARCHITECTURIt KCh' sasr De haut en bas: David Umemoto, Eric Longchamp, Geneviève Giguère.JUIN 1998, NUMÉRO 103 Abordant les sujets de l'urbanité, de la densification du bâti et de la mémoire collective, le projet conçu par David Umemoto (sous la supervision de Pierre jampen), nommé «Nécropolis», cherche à définir ce que pourrait être un lieu sacré adapté à la métropole du prochain millénaire.Traduite dans l'architecture funéraire, plus précisément dans la conception d'un cimetière urbain, la réponse devient un réceptacle pour la mémoire des individus plutôt que pour leur corps.L'éternité, depuis longtemps symbolisée par une inscription dans la pierre, s'exprime désormais dans une banque de données informatisée.Recueillie, compilée et transmise virtuellement, la mémoire d'un individu et, ultimement, d'une nation devient éternelle.Le défi de traduire ce concept en solution architecturale a donné naissance à un bâtiment techniquement organisé en fonction des besoins de stockage et de traitement des données, ordonné en fonction de cérémonies comme du recueillement individuel et proportionné selon le modèle des cathédrales.Un parcours ponctué de points d'arrêt permet de découvrir les différents espaces contenus dans ce mausolée, dont les sites d'exposition qui vont de la simple image jusqu'aux hologrammes, du souvenir du simple citoyen à la mémoire d'un Grand Homme ou d'un événement marquant.Sous les traits d'une ébauche habilement composée et illustrée, ce projet exploratoire questionne notre capacité à intégrer les nouvelles technologies dans les habitudes et les rituels les plus profondément ancrés dans notre culture, ce qui n'est certainement pas le moindre des défis que nous réserve le XXIe siècle.D'une manière beaucoup plus pragmatique, le projet de maison unifamiliale écologique à Lachenaie, conçu par Éric Longchamp (sous la supervision de Jacques White), fait la démonstration que l'échelle d'un projet n'a pas de lien avec sa pertinence pour un projet de fin d'études.Motivé par le désir tout simple de recomposer la maison québécoise d'aujourd'hui, avec des moyens actuels parmi les plus communs et sur un terrain assez banal si l'on fait abstraction de la proximité de la rivière des Prairies, l'auteur a dû s'interroger au préalable sur ce qui constituait l'essence même de la maison québécoise : comment elle protégeait les habitants des rigueurs du climat, comment elle correspondait à notre façon de vivre ou créait nos habitudes, comment elle conditionnait les interactions entre les membres de la famille, etc.La solution contemporaine prend la forme d'un bâtiment tripartite, où chacun des éléments s'inscrit dans un système de progression du plus massif au plus léger, à mesure que l'on s'éloigne du point central de la maison, l'attracteur traditionnel - le foyer - demeurant, converti à de nouvelles technologies.Les pièces sont organisées selon les conditions climatiques et les ambiances recherchées et en fonction des liens qui unissent visuellement et fonctionnellement chacun des ces espaces, en réponse aux habitudes des occupants.Les parois ne sont pas considérées comme des limites mais comme des objets appropriables, dans lesquelles on peut ranger des objets d'usage courant ou disparaître pour s'isoler.La composition des volumes et des ouverture se fonde sur la récupération d'éléments de langage qui se justifient encore aujourd'hui par leur utilité, leur disponibilité ou leur facilité de mise en oeuvre, en éliminant tout ce qui peut être considéré caduque pour notre époque.La subtilité de ce projet réside précisément dans le choix judicieux des éléments récupérés de la maison traditionnelle québécoise pour recomposer une solution répétable, adaptée à son territoire et à son époque.Enfin, le projet d'école pour enfants autistes conçu par Geneviève Giguère (sous la supervision de Myriam Blais) propose une réflexion intéressante et audacieuse sur les liens entre la structure cognitive des individus et leur perception spatiale.Associé à une expérience de vie différente de la norme, cet exercice permet de mieux comprendre la contribution possible et même souhaitable de l'architecture pour enrichir la vie quotidienne de tous.Le projet s'est développé à la manière d'une recherche, visant à caractériser et qualifier différents espaces selon les activités particulières à ac-commoder.La rigueur spatiale du plan qu'a produit cette démarche facilite l'orientation spatiale et contribue à constituer un milieu reconnaissable.Dans le but d'éveiller et de solliciter davantage les sens, les classes, les corridors et les pièces se prolongeant à l'extérieur ont été conçus en portant une grande attention à l'échelle, aux matériaux et aux textures, de même qu'à la lumière.Ainsi, la redécouverte de l'idée de certains éléments archétypes (entrée, porte, passage, fenêtre, épaisseur et transparence des murs, etc.), permet leur réinterprétation, de sorte que l'environnement devient une extension ou un complément discret au handicap des enfants.La sensibilité aux éléments de l'expérience d'un lieu qui transparaît dans ce projet ouvre une fenêtre sur l'un des nouveaux défis que réserve l'avenir aux architectes, celui d'une contribution moins spectaculaire au plan gestuel mais tout aussi importante pour les utilisateurs.Certes, un éventail aussi réduit de projets produits à l'École d'architecture de l'Université Laval ne peut faire état de l'ensemble des idées qu'on y discute et que les étudiantes et étudiants cherchent à intégrer dans leur apprentissage en atelier.Il témoigne toutefois de la richesse et de la diversité des préoccupations qui sont au coeur de leur travail et, par extension, il montre qu'un changement s'opère progressivement dans les mentalités : même si, traditionnellement, on reconnaît que la perception de l'architecture qu'ont les étudiantes et les étudiants diffère de celle des gens de la pratique (qu'ils n'ont pas encore connue pour la plupart), il est tout de même manifeste que les valeurs qui sous-tendent leurs choix traduisent des valeurs d'actualité qui ne se voient pas encore inscrites dans l'ensemble des projets produits actuellement au Québec.Ces étudiantes et étudiants ont acquis un regard critique sur le monde qui les entoure et ils entrevoient déjà une manière d'y contribuer, avec une sensibilité bien sentie et qui leur est propre.Il reste à espérer que le milieu de la pratique, tel que nous le connaissons aujourd'hui, leur permette tout de même d'acquérir le complément de compétence nécessaire pour qu'ils puissent voir bientôt se matérialiser leurs idées dans un projet auquel ils auront contribué.Leur désir de réussir et leur persévérance nous permettent d'y croire. Maxim DUQUETTE AEROPORT DE ST-HUBERT, CENTRE DE RECHERCHE ET DE DÉVELOPPEMENT EN AÉRONAUTIQUE ¦\tSurélever le rez-de-chaussée de façon à amplifier le concept d'affiche.¦\tCréer des zones de circulation véhiculaire et piétonnière au sein de la structure d'accueil ¦\tDissocier les fonctions du bâtiment de façon à procurer un lien terrestre et aérien ÉPP r , 'iüMm ELEVATION OUEST 250 ECHELLE ifcWi-J.th: 3lL±Œ JB n HI Jg-Q.BE us i1 \u20184 iHïïül 1 f ,\u2022>\u2022> ES t LA REVUE D'ARCHITECTURE ; SjWgâgj ¦gülEai 'V mm- mm wBm 'V Isabelle PLOUFFE Le centre de recherche et d'éducation sur la gestion I des déchets s'inspire d'un projet proposé par la Ville I de Montréal qui s'inscrit dans le cadre plus large d'un I programme de réhabilitation du site de l'ancienne car-I rière Miron.Ce programme vise à développer le site [ en un complexe d'éducation et de technologies ! environnementales L'objectif principal du projet est de combiner harmonieusement, à l'intérieur d'une même institution, des fonctions de recherche et d'éducation portant sur la gestion des déchets et sur les activités menées sur le site.LE CONTEXTE En 1925, les frères Miron fondent leur entreprise.Pendant près de soixante ans, le roc extrait de la carrière sert à la construction de la ville.Cette activité a laissé, en plein coeur du quartier Saint Michel, un trou de la taille du Mont-Royal.Par la suite, le site s'est transformé en un immense dépotoir ou l'on y déverse des tonnes de déchets provenant de la ville.De la décomposition de ces déchets se forme des biogaz qui sont utilisés pour la production d'électricité qui, à son tour, alimente les édifices et les rues de Montréal.LE PARTI ARCHITECTURAL Cette dynamique observée entre le site et la ville servira de base à l'élaboration du concept architectural.Ainsi, l'aile du bâtiment abritant les fonctions de recherche, massive et bien ancrée dans le sol, prend naissance des activités même du site, tandis que l'aile regroupant les fonctions éducative et muséologique, légère et en suspension au-dessus de la falaise, porte un regard sur ce même site.LA PROGRAMMATION J Les deux fonctions principales soit la recherche soit ij| l'éducation s'adressent à des clientèles différentes.Cette cohabitation permet, dans un sens, au public de mieux apprécier et comprendre l'aspect scientifique et technologique du sujet et, dans l'autre sens, permet aux chercheurs de mieux prendre en compte les préoccupations sociales dans les orientations de leurs travaux.Un noyau central regroupant les services communs j se trouve à la jonction des deux ailes afin de faciliter I les échanges entre les deux clientèles.Le projet s'intégre donc de façon toute naturelle à son site tout en exprimant les notions d'interaction et de cycle de transformation qui reflètent très bien le thème de la gestion des déchets.De plus, le projet et son jardin des matériaux recyclés participe au réaménagement de la couronne de la carrière et crée un lien entre la ville et le site.JUIN 1998, NUMÉRO 103 DES PROJETS D\u2019ARCHITECTURE François Giraldeau 'Q C S O» c c O U \u2022*«4 a c 73 C OA 73 C 0) «Le programme d'études en design de l'environnement offre une formation fondamentale au projet de design comme activité créatrice et moyen d'expression communs aux disciplines du design industriel, de l'architecture et du design urbain.Il situe le projet de design dans un cadre théorique et pratique large qui intègre les échelles de l'objet, de l'édifice et de l'espace urbain dans une approche du projet ouverte à la réflexion critique.Il est fondé sur une définition de l'environnement comme l'ensemble intégré des objets et espaces construits encadrant la vie quotidienne, et du design de l'environnement comme une approche au projet de design de ces objets et espaces consciente et respectueuse de cette intégration.L'enseignement en atelier est la formule pédagogique centrale, favorisant un encadrement continu de l'étudiant(e) dans son acquisition des connaissances et des capacités liées au développement du projet de design.Cette formation favorise l'autonomie d'esprit, l'ouverture et la polyvalence requises par la pratique du projet de façon indépendante ou au sein des groupes professionnels, ou d'équipes multidisciplinaires sur le marché du travail, à titre de designer-concepteur; elle assure également une préparation à la poursuite d'études avancées.» Ainsi redéfini suite à une modification mise en vigueur à compter de l'automne 1996, le «nouveau» programme de design de l'environnement réaffirme l'option pédagogique qui est sienne depuis plus de vingt années: une formation multidisciplinaire dans le champ de la conception des «formes utiles», tout en cherchant à l'articuler plus vigoureusement, tout au long des trois années du parcours, aux étapes d'apprentissage du projet.20 till* La première année est centrée sur les langages de base et vise à développer chez l'étudiant «les connaissances élémentaires et la capacité d'intégration empirique des principes du design et de la notion d'environnement».La deuxième année explore les différents niveaux d'échelle (objet, édifice, espace urbain) constitutifs du design de l'environnement et doit permettre une compétence accrue: «la capacité d'objectivation et la capacité d'articulation des principes du design et de la notion d'environnement au sein d'un projet».Quant à la troisième année, elle fait porter l'effort sur «la capacité de développer, présenter et défendre un projet autonome» et constitue à la fois un lieu de synthèse des acquis et la possibilité d'une identification accrue à l'un des domaines d'intervention du design.Pour faciliter cette démarche de la troisième année, «l'atelier des finissants» fait l'objet d'un découpage par session.À la session d'automne, une synthèse des connaissances antérieures est proposée par la réalisation d'exercices et de courts projets.En parallèle, le projet de fin d'étude est initié par «l'élaboration d'un cadre conceptuel et référentiel et d'un programme de travail fixant le but et la méthode d'un projet pertinent»; cette «double mission» est menée sous des formes diverses selon les groupes d'atelier.La session d'hiver est centrée sur le développement du «projet libre» (mais cadré par les thématiques et problématiques retenues dans chaque groupe d'atelier - voir plus bas) jusqu'à sa représentation «au stade préliminaire d'un projet professionnel».De plus, les participants doivent orchestrer une présentation publique de leurs projets, tenue en fin d'année au Centre de design de l'UQAM.Le programme d'insertion de ce projet de fin d'étude a ceci d'original qu'il requiert de tous la mise en commun des idées au sein d'une activité, le cours Théories et pratiques du design de l'environnement dont l'objectif est «d'articuler le projet de design au cadre réflexif et critique du design de l'environnement», alors que chacun est invité à renforcer les options de formation sous-jacentes à son propre projet et à en approfondir certaines caractéristiques par la participation à l'un des cours-laboratoires suivants: Projet et architectonique, Projet et informatique, Design et ergonomie.Au cours de l'année 1997-1998, cinq groupes-ateliers étaient proposés.Outre le groupe essentiellement identifié au design des objets et produits (atelier Rudi Verelst), les projets architecturaux se sont répartis au sein des ateliers de Georges Adamczyk, du tandem Marc Choko/Randy Cohen, de Jean-Pierre Hardenne et de Jacques Rousseau.ARQ, LA REVUE D\u2019ARCHITECTURE I Intitulé «Architecture, cultures et territoires», l'atelier Adamczyk invite les étudiants à mettre en oeuvre une démarche qui vise à «transformer le territoire à partir d'un édifice ou par un projet urbain».En ce sens, il n'existe pas de bâtiment isolé, ne valant que par lui-même, et la plus petite échelle est conviée à participer, voire à donner le sens de la plus grande.La commande spécifique est celle d'un bâtiment public ou d'un édifice abritant des logements et des commerces.Favorisant dès le départ le développement parallèle des questions de site, de programme et d'expression tectonique, cet atelier cherche à favoriser, par le recours à des précédents et à des comparables locaux et internationaux, la capacité de chacun à situer son travail projectuel dans le contexte de la création architecturale, et à asseoir les projets sur la compréhension des mutations de l'espace contemporain.Ainsi, «le projet est conçu comme transformation d'un système en transformation».L'atelier Choko/Cohen a pour sa part circonscrit un périmètre urbain dont le coeur est la rencontre Bleury/ Sherbrooke à Montréal, «un contexte d'intervention riche et complexe, directement périphérique au centre des affaires».Des questions sont posées: comment définir ce secteur?Friche périphérique ou espace charnière relayant les quartiers résidentiels?Zone tampon entre public et privé?L'analyse urbaine, la compréhension de l'environnement américain et la critique des méthodes traditionnelles, de même que la prise de parti créative se conjuguent ici de façon singulière.Aux dires même des enseignants, «les projets témoignent d'optimisme et d'ambition quant à la transformation sensible du paysage de la ville.Ils esquissent de nouveaux contes urbains émergeant de la reconnaissance des lieux et de son interprétation».Parmi les différents ateliers, l'atelier Hardenne est celui qui met le plus l'emphase sur une définition ouverte du projet libre, basée sur l'affirmation d'une autonomie.Accueillant des projets de différentes échelles (objet, édifice, ville), définis par chaque étudiant ou groupe tant au plan du contexte qu'à celui du programme, l'encadrement y est vécu de façon tout aussi ouverte, en fonction de la demande étudiante et de l'avancement des projets.La démarche ne se développe pas pour autant sans balises, au premier chef, cette triple exigence sociale (la responsabilité collective et l'articulation entre demande et commande), culturelle (la capacité de se situer par rapport aux courants artistiques contemporains) et technique (l'adéquation des moyens de représentation aux impératifs du concept développé dans les esquisses).Quant à l'atelier Rousseau, il se distingue par l'énoncé d'une problématique particulière, celle du recyclage des édifices.Définie selon une option du «better with less», l'approche proposée aborde le recyclage ou la réhabilitation comme «moyen concret pour réfléchir et agir sur l'histoire du milieu bâti, tant passée, présente qu'à venir».Les participants sont engagés à y découvrir ou redécouvrir des valeurs fondamentales (la solidarité, l'autonomie) ou spécifiques (le progrès, l'individualisme), à y déceler des thèmes comme la résistance ou la modernisation, et à y explorer certaines typologies désuètes confrontées à l'addition ou à la soustraction.Omniprésente en toile de fond, la préoccupation pour le développement durable: «la plus lourde question de notre époque et à la fois l'hypothèse la plus optimiste posée par cette génération en pensant à celles qui viennent».Au total, près de cinquante projets de nature architecturale ont été réalisés, individuellement ou, moins couramment, en petits groupes de travail.Que retenir brièvement de ces projets outre le très beau dynamisme qui se dégageait de la récente exposition au Centre de design de l'UQAM?D'abord, sur l'ensemble des ateliers, on note à la fois une grande convergence et beaucoup de diversité.La majorité des projets peuvent être regroupés sous les rubriques du bâtiment public et de l'immeuble d'habitation.Dans le premier cas, les thèmes du complexe culturel (théâtre, musique, diffusion artistique, etc.) ou du centre récréatif dominent, alors que dans le second, l'habitation collective est toujours pensée en regard d'une mixité fonctionnelle, qu'elle touche le commerce ou le service.En fait, cette préoccupation pour la mixité est aussi très présente dans les projets de bâtiments publics, où lieux de diffusion se lient à ceux de production et même à ceux du logis.C'est donc à la définition d'un nouvel espace public et de nouvelles typologies de relations que souvent on nous convie.Les sites retenus sont surtout urbains: la périphérie du centre-ville, le Vieux-Montréal et ses extensions d'est en ouest.Les environnements complexes et/ou limitrophes fascinent plusieurs: on y trouve l'expression du temps et des usages tout autant que matière à expression.Soulignons aussi, dans le désordre, des projets à Joliette, Ste-Rose, aux chutes Hunter et à Pointe-des-Cascades, deux projets portant sur des églises existantes, deux complexes funéraires, la reconversion d'une forge, d'un moulin à scie et des grands silos du Vieux-Montréal, ceux-ci réhabilités en espaces de travail, de même que la conception d'un nouveau stade de baseball pour Montréal.Un premier clin d'oeil visuel va au projet «Passage» d'Alexandre Ceoffrion (Illustration 1), atelier Rousseau, qui propose d'agir au sein de la vieille station de pompage Craig sise sous le pont Jacques-Cartier; son intervention «minimale» privilégie un langage qui «accorderait la même importance au naturel et à l'artificiel, à la vieillesse et à la nouveauté, à l'opaque et à la transparence».Un second clin d'oeil est porté sur le «Monstrum Ze-Man», projet de jean-François Harvey (illustration 2), atelier Choko/Cohen, un bâtiment linéaire proposé dans l'axe est-ouest de Maisonneuve-Président Kennedy, à la croisée de l'axe institutionnel pivoté par la Place des Arts.«Un monstre jaillit du sol et transforme la ville pour en faire un organisme nouveau».À la fois station de métro et salle de lecture, soumis à un programme vaste et constamment changeant, mais surtout parcours urbain, ce monstre parmi les monstres tranche le sol puis le ciel, «permettant enfin à l'activité souterraine d'être vue et sentie au grand jour».Puis, ci-après, des regards plus insistants sur «couleurs-voyelles-architectures» de Dominik Potvin (page 22), atelier Adamczyk et «Objet, Sculpture, Architecture.» de Rebecca Bourque (page 23), atelier Hardenne ; des projets qu'ils racontent eux-mêmes.Alors qu'en est-il de ces projets?Trop utopistes?Trop ambitieux?Trop «créatifs» dans un contexte qui ne peut (ne sait) les recevoir?Si pour Jacques Rousseau, «un projet de finissant est un projet qui débute» et que de «tous les projets imaginés, ultimement aucun ne se résout», reste pour Dominik Potvin cette idée de «parcelles de bâtiments qui pointent vers l'espoir, vers la vérité entre la réalité et la fiction».Même dans le contexte d'une commande parcimonieuse, faite d'humbles et de petits projets, voilà une belle attitude à nourrir au sortir de l'école.Car comme le rappelle Thomas Maldonado, la projétation, ce «lien le plus solide qui unit l'homme à l'histoire et à la réalité», n'a d'existence que par l'espoir, la motivation et le désir. Dominique PO WIN PROGRAMME Le bâtiment est divisé en 9 personnages L'oublié.Évidé de lui même, il est marqué par la victoire ou l'échec de ceux qui entreprennent le programme.Il devient l'entrée du bar et de la salle commune, une descente au lieu d'une montée.Le vendeur, le joueur, le musicien, la barmaid.Les gars du sous-sol, ils se rencontrent.Chacun détermine son espace et le temps qu'il y passe et après il laisse sa place aux autres.Le raconteur.Il veut être écouté, les gens s'allongent, s'assoient et l'écoutent.Un escalier descendant au jardin affirme aux gens qu'une histoire sera comptée.Le contesté, L 'exorcisé.Confrontation, élimination, mur de bureau.Les gens arrivent montent ou ne montent pas à la mezzanine ou encore sortent sur la terrasse du contesté .Terrasse où se rencontrent tous les angles et les structures, espace de contemplation et de châtiment, la terrasse du contesté devient la terrasse de l'exorcisé ou du mauvais.Le poète.Le salon où l'on délire, où l'on ressent une collision entre deux structures, une poésie s'installe.Le réparateur, le dessinateur, l'artisan.L'art, le laisser-aller, l'inspiration, endroit où une table de travail est tenue par le réparateur, où son mur de casiers le soutient.Au milieu du mur se cache un espace de rangement pour Le réparateur, Le menuisier.Il sculpte le bois, crée tout ce qu'il veut avec le bois.Le nomade.Il entre, il dort, il esquive, il va s'il veut entreprendre le programme, sinon il va repartir sans rien laisser.Le dormeur.Endroit pour dormir seul, cet espace est à lui.Une cellule qui comporte le minimum.Le laveur.Il se lave, de l'eau entoure cet espace.Il crée un espace extérieur qui amène d'autre gens de ia rue à se joindre à la mêlée.Le connaisseur.Le projecteur.Il sait tout, il projette partout, il cultive la vie et la ville.Un projecteur suspendu dans les airs devient l'objet de la salle, objet fixe, mais amovible.Le ramasseur.Il ramasse les traîneries des décrochés, il les accroche sur un mur plein de crochets.Un ancien logement transpercé par une paroi qui exprime son déracinement de la ville.De tous ces personnages se crée une pièce de théâtre improvisée.L'imprévu est à prévoir.Les liens avec les personnages se font dans le désordre et dans des moments architecturaux.Un escalier qui descend partout, un mur qui est là sans aucune raison, ce qui provoque des collisions entre les personnages, une guerre de tranchées.Tous les décrochés qui viendront voir cette pièce de théâtre devront s'intégrer à la pièce et en déterminer seuls les derniers actes.La forme architecturale sera liée directement à la poésie et à ma zone fictive de l'îlot choisi.ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTUR Rebecca 30URQUE PROGRAMMATION «DE LA CUILLÈRE À LA VILLE» Le projet consiste à explorer l'art de créer à différentes échelles.À travers l'objet, la sculpture et l'architecture, j'explorerai la reconstruction de l'espace habité.La maison sera comme une sculpture habitable, la sculpture comme un objet et l'objet comme structure de l'architecture.La thématique des 4 éléments, l'eau, la terre, l'air et le feu sert d'univers commun aux échelles variables tant par leur côté symbolique que par leur côté fonctionnel.Le projet d'architecture: maison/atelier à Cap-aux-Oies sur les rives du St-Laurent.Les objets: structure d'acier à laquelle on rajoute l'élément et l'objet se crée.INTENTIONS Le chemin où j'ai grandi me raconte celui que je construirai.L'envie de créer des formes en harmonie avec la nature, des formes expressives qui dégagent des émotions.Qui proposent le temps d'une réflexion.Qui racontent une histoire et qui se doivent d'animer une société qui se veut désormais plus solitaire pour lui donner un esprit, une sensibilité.La tendance dominante devra créer des espaces, des sensations, des univers.Par la nature de l'objet à la forme d'une expression.La forme se crée par amour et passion du lieu et de la matière.Elle se dessine, se sculpte, se rêve dans un monde théâtral aux frontières d'une réalité éphémère.La forme comme mouvement, comme expression utilisée et utilisable.Se battre pour l'amour de la matière, celle que la société à remplacée.Aujourd'hui, le mythe du progrès est une réalité, une course vers l'évolution.De grâce ne tombons pas dans la froideur impersonnelle d'un monde sans sensations.Traversons la barrière des échelles.Bâtissons la rencontre entre la sculpture et l'architecture, des amants longtemps ignorés.Que l'art et la technique deviennent unité.Que chaque forme soit unique à son histoire dans un espace et un temps donné.Voir l'architecture comme un théâtre où la poétique de l'espace se libère de la pensée moderniste, amenant un discours d'une grande sensibilité.Attentifs aux mouvements de l'architecture, faisons vivre les espaces et les formes qui nous habitent.Objet, sculpture, architecture, paysage, donnons leur une histoire, car ce sont eux qui structurent la nôtre.«Architecture and sculpture; the masterly correct and magnificent play of forms in light.» Le Corbusier î 947 â3o*- TERRE &0£: \u20acsF-Mi/l s - -'/ FEU STRUCTURE SYMBOLIQUE Eau Vient de la pierre, symbole de vie, spirituel, pure, circulation, fluidité Air entre ciel et terre, transparence, léger, rêverie, sans fondement Terre Solide, posé, confiance, chaleureux, fertile, végétation, organique, arbre Feu Clarté, énergie, puissance, dynamique, générateur, destructeur, création, inspiration STRUCTURE MATÉRIELLE Eau La pierre et le verre Air___ Acier et verre Terre Bois Feu Acier STRUCTURE FONCTIONNELLE Eau Objet contenant l'eau comme élément de vie (purificateur) Air Élément musical qui, lors du passage du vent, écrit une nouvelle mélodie.Elle qualifie son passage.Objet très expérimental qui se situe entre ciel et terre.Terre Chaise pour deux personnes, forme organique Feu Lumière très sculpturale, qui est alimenté par le feu.:;4tü I mum il JUIN 1998, NUMÉRO 103 23 \", ülpiü Un texte de Georges Adamczyk Bôrkur Bergmann, professeur au département de design de l'UQAM, est un architecte passionné de sémiotique.De son séjour à Paris où, venant de son Islande natale, il a étudié à l'École des Beaux-Arts et reçu son diplôme d'architecte, il a gardé le goût de la recherche, acquis au sein du séminaire de A.-J.Creimas à l'École Pratique des Hautes Études.De la littérature à l'architecture, la notion de récit, où la disposition des éléments du discours importe autant que les propriétés particulières de ces éléments, il n'y avait qu'un pas.Ce pas franchi, projeter consiste alors à identifier ces éléments, le menu architectural, fondés sur un programme d'usages et à les disposer selon un parcours qui produira le sens désiré.Il ne s'agit donc pas de se référer à un modèle, voire à un type, mais plutôt d'identifier un paradigme qui assure à la composition dans l'espace et le temps une signification profonde que l'on ne décèle généralement que par l\u2019analyse et l'abstraction.Ici, le paradigme est d'ordre territorial: LA PAROI NOBLE.On bascule métaphoriquement l'édifice pour le coucher et l'étage noble devient pour nous la limite spatiale entre le fleuve et la terre.À l'entrée de l'exposition, une petite maquette illustre ce paradigme où architecture et géologie se subsument l'une dans l'autre pour constituer ce que Pierre Boudon nomme un idéogramme architectural2.On obtient ainsi un principe tectonique de disposition des formes.Reste à façonner ces formes qui se veulent résolument élémentaristes, voire puristes comme dans la tradition moderne.L'exposition est organisée comme un enchaînement narratif du jour 1 au jour 3.D'une métaphore à l'autre, on peut penser à la genèse, à un parcours initiatique, à un récit d'explorateur, à la vie: de la naissance à la mort.À ces trois jours correspondent les trois propositions architecturales développées par Bôrkur Bergmann et son équipe.Elles relatent trois modes d'installation dans le territoire: la ferme agricole dans le rang, le quadrilatère urbain à Montréal et le bâtiment funéraire sur le Mont-Royal.Inspiré par sa passion du Québec et du fleuve St-Laurent, dans ces projets, Bergmann reprend à son compte l'essai de Le Corbusier sur Les trois établissements humains (1945).Le paradigme territorial qu'il invoque peut être qualifié de paradigme tectonique.L'idée de tectonique se base ici sur la notion de territoire défendue par V.Gregotti, c'est-à-dire qu'il faut l'entendre au sens géographique plutôt qu'au sens technique et anthropologique tel qu'elle apparaît chez Semper et aujourd'hui dans les essais de Kenneth Frampton.Ce paradigme tectonique permet d'inscrire ces projets dans un contexte précis: 24 liâi ' l'histoire de l'architecture au Québec.On sait, qu'au contraire, les propositions de Le Corbusier, bien qu'inspirées de ses expériences concrètes, en particulier en URSS et en Amérique du Sud3, l'ont plutôt conduit à une vision abstraite, d\u2019ordre général, dégagée de toute réalité géographique spécifique.De toute évidence la notion de territoire prise comme étendue à conquérir au nom de la nation s'oppose à celle du territoire trouvé où l\u2019on bâtit maison.Dans une étude antérieure sur l'espace québécois, Bôrkur Bergmann avait déjà mis en évidence les similitudes entre le schème d'installation sur le rang et le schème d'installation sur la rue4.Dans le catalogue de l'exposition, il revient sur les références de son travail aux études de Dubreuil et Tarrab5 et de Melvin Charney6.C'est sans aucun doute une contribution importante à la réflexion sur l'aménagement que nous apporte Bôrkur Bergmann.C'est surtout la démonstration que la vision des architectes mérite d'être ramenée à l'avant-plan de la réflexion sur l'aménagement du territoire, si l'on ne veut pas perdre le sens profond de notre paysage qui s'est construit au fil du temps.Cependant, une question nous interpelle au sortir de l\u2019exposition.Comment éviter de voir dans ces projets des modèles ou, dit autrement, comment aborder le conflit inévitable entre les règles de grammaire instituée devant nous et les règles d'usage si changeantes dans la vie contemporaine?Il revient donc à chacun d'entre nous, en chaque lieu, de reconstruire ce récit qui, tout en étant toujours le même en profondeur, sera, en fait, toujours différent.Ainsi en est-il de la culture vivante.On sortira ainsi du choix entre une modernité gentrifiée et un misérabilisme moderne et l\u2019on y gagnera une meilleure compréhension de la dernière des grandes traditions.NOTES 1.\tCette exposition était présentée au Centre de design de l'UQAM du 1er au 26 avril 1998.2.\tVoir la postface de Pierre Boudon, L'idéogramme architectural dans le catalogue de l'exposition, Centre de design de l'UQAM, 1998.Ce petit catalogue conçu et réalisé par Éric Dubois sous la direction de Judith Poirier illustre dans sa matière et sa composition le contenu tectonique de l\u2019exposition.3.\tVoir l\u2019article Territoire par Jean-Pierre Giordani et l'article Les trois établissements humains par Patrice Noviant dans «Le Corbusier, une encyclopédie», Centre Georges-Pompidou, Paris 1987.Pour la grammaire urbaine, Bergmann se réfère souvent au rationalisme radical de Hilberseimer (1885-1967) 4.\tBôrkur Bergmann, Du rang au quadrilatère, Silo 5/6, Studio Cube, Montréal 1996.5.\tG.Dubreuil et G.Tarrab, Culture, territoire et aménagement, Éditions G.Le Pape, Montréal, 1976.6.\tMelvin Charney, Montréal, formes, figures en architecture urbaine, in «Ville, métaphore, projet», Collectif, Éditions du Méridien, Montréal 1992.ARQ, LA REVUE D\u2019ARCHITECTUR d'abord cette polarité primaire, ensuite ce paysage agricole fart d elements necessaires a son organisation W \u2014 5 n3, riÇnKIJ^Lifjj 36 H % 1 mm HRjWW- N z ¦-4#N,'r-« HMP, un polyester à masse moléculaire élevée et à pigments de composition 100% céramique, qui résiste à la décoloration par les rayons ultraviolets.Des panneaux enduits d\u2019un procédé similaire déjà installés sur des projets démontrent une excellente résistance à la décoloration et au farinage.Le COLORITEMD HMP, J\u2019 une flexibilité supérieure, résiste à la Face apparente L\u2019apprêt Pré-traitement au phosphate de zinc Couche de zinc I L\u2019âme d\u2019 acier Couche de zinc ?Pré-traitement au phosphate de zinc |\t| Feuil de protection (washcoat) micro-fissuration pendant le formage.Des essais accélérés effectués en laboratoire confirment la périorité du COLORITE1\"1\u2019 HMP sur les autres systèmes à prix comparables.Vous avez maintenant le choix d\u2019un fini de qualité supérieure pour tous vos projets de construction en revêtement métallique.Avec COLORITEMD EIMP, ils conserveront leur allure de « neuf » plus ongtemps.Pour plus de renseignements concernant le COLORITEMD HMR communiquez avec votre représentant VICWEST.RESISTANCE SUPERIEURE A LA MICRO-FISSURATION Observation après formage à petit rayon.Un agrandissement sous microscope électronique à balayage (50X) n\u2019indique aucune micro-fissuration, contrairement au revêtement de polyester modifié à la silicone de type courant.Revêtement de polyester\tC0L0RITEMD HMP modifié à la silicone C.P.430, 707, boul.Industriel Est, Victoriaville (Québec) G6P 6T2 Téléphone : (819) 758-0661 Télécopieur : (819) 758-0666 1-800-567-2582 Adresse électronique : vicwest@ivic.qc.ca www.vicwest.com C0L0RITE\u201c° HMP est une marque déposée de VICWEST VICWEST est une division des fabricants de produits Jenisys, une entreprise Jannock Les photographies des produits de cette brochure ont été balayées électroniquement à partir d\u2019originaux et n\u2019ont pas été retouchées en aucune façon. Centre socioculturel de Saint-Bruno-de-Montarville Le Groupe BESSETTE LECLERC et Associés Architectes Église Unitarienne de Montréal \\Architem-Wolff Shapiro Kuskowski, Architectes Salon Funéraire Loreto, St-Léonard Alain Lafond Architecte INTERNATIONAL inc.tBRE \u2022 CALCAIRE \u2022 $RIQUE .TeZ'Çïn* Au service des architectes depuis 40 ans.(819) 535.1717 ou 1 800 265.8123 "]
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