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Titre :
ARQ
ARQ s'impose rapidement comme la revue de référence pour le milieu québécois de l'architecture. Elle permet de comprendre l'évolution de l'architecture québécoise contemporaine.
Éditeurs :
  • Montréal :Groupe culturel Préfontaine,1981-,
  • Québec :Cöpilia design inc.
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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ARQ, 1998-11, Collections de BAnQ.

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[" LA REVUE D'ARCHITECTURE W Sâmi-PauJ ?B H ff s œ n S S S e œ gcncncD mmmE b S BEE .0 RPraann\tfio- ^SBBB e]|fflffitiHffl, § § § ¦CD CD,®, CÛŒ^DlSBi -3gr:25 SgT^iiimre MEMBRE 1998 i'Jjiiî |ili IB ^^1 *:«! IfiïiSBI ÿ5» siitmiuifiiiniiiiii lüfUü - - iipiPinlBBi ¦\u20224:aÉ-11 ¦HgM\til ife- L'ppi,)|\ttggl :>-¦ Y %à Groupe Prêt PERS BUREAU MECE Le nouveau Motorola ilOOCf de Mike : Téléphone SCP entièrement numérique Téléphone mains libres Contact Direct\u201d\" instantané sur simple pression d\u2019un bouton Téléavertisseur alphanumérique Réception et réacheminement de télécopies Sécurité numérique assurée Utilisation aux États-Unis au tarif de votre zone d\u2019attache Format compact Option de temps d\u2019antenne illimité les soirs et fins de semaine Facturation de tous les appels à la seconde, dès la première seconde Durabilité et fiabilité de Motorola\u201d Disponible uniquement chez les détaillants autorisés Mike* Pour plus de renseignements, ou pour obtenir une démonstration en personne, communiquez avec nous au 1 888 642-MIKE (6453) ou au www.clearnet.com clearNET Fait economiser temps et argent a votre entreprise ©1998 Clearnet Inc.MCMarques de commerce utilisées avec ('authorisation de Clearnet Communications Inc.Motorola et ilOOO sont des marques de commerce ou des marques déposées de Motorola, Inc. SOMMAIRE \t 5\tÉditorial ARQ, L\u2019IDENTITÉ, LA RECONNAISSANCE ET L\u2019IMMORTALITÉ Pierre Boyer-Mercier 7\tCONCOURS POUR LA RÉNOVATION ET L\u2019AGRANDISSEMENT DU 535, AVENUE VIGER EST, CENTRE D\u2019ARCHIVES DE MONTRÉAL 8\t¦ Le Lauréat Dan S.Hanganu / Provencher Roy et associés, architectes 10\t¦ Les Finalistes Saucier + Perrotte / Birtz, Bastien, architectes Les architectes Blouin, Faucher, Aubertin, Brodeur, Gauthier Architectes Lemay & associés / Dorval & Fortin 1 1\tLA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC ÉDIFICE DE CONSERVATION ET SIÈGE SOCIAL Les architectes Blouin, Faucher, Aubertin, Brodeur, Gauthier 1 5\tLA PLACE D\u2019YOUVILLE Paouel Peiïialosa 1 6\t\u2022 Le Lauréat Cardinal Hardy / Claude Cormier 1 8\t¦ Les Finalistes Schème Consultants Malo et péloquin / St-Denis 20\tLA PASSERELLE - CORRIDOR BELLERIVE Philippe Lupien 24\tPOUR UN VÉRITABLE DÉBAT Georges Aoamczyk En page couverture Place d'Youville.Projet présenté par Cardinal Hardy / Claude Cormier.Vue partielle du plan, partie ouest, devant la caserne de pompiers.\tÉditeur: Pierre Boyer-Mercier Membres fondateurs de la revue: Pierre Boyer-Mercier, Pierre Beaupré, Jean-Louis Robillard et Jean-H.Mercier.Membres du comité de rédaction: Georges Adamczyk, Jean Beaudoin, Anne Cormier, Philippe Lupien, Pierre Boyer-Mercier.Production graphique: Cûpilia DESIGN inc.Directeur artistique: Jean-H.Mercier.Représentants publicitaires (Sales Representatives) : Jacques Lauzon et associés.¦\tBureau de Montréal: 100, Alexis Nihon, bureau 592 / Ville Saint-Laurent, Québec /H4M 2P1.Téléphone: (514) 747-2332 / Télécopieur: (514) 747-6556.¦\tBureau de Toronto : 1 -800-689-0344.ARQ est distribuée à tous les membres de L\u2019Ordre des architectes du Québec.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada.© Art et architecture Québec: Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.ISSN: 1203-1488.Envois de publications canadiennes: contrat de vente N° 472417 ARQ est dorénavant publié quatre fois l'an par Art ET ARCHITECTURE QUÉBEC, corporation à but non-lucratif.Les changements d'adresse et les demandes d'abonnement doivent être adressés à: ART et ARCHITECTURE Québec / 1463, rue Préfontaine / Montréal, Qc / H1W 2N6 / Tel.rédaction: (514) 523-7024; administration (514) 523-4900.Abonnements au Canada (taxes comprises): 1 an (4 numéros): 36, 81 $ / 57,51 $ pour les institutions et les gouvernements.Abonnements USA 1 AN: (4 numéros) 50,00 $ / Abonnements Autres PAYS: 60,00 $.ARQ est indexé dans «Repères». \t !¦¦¦\"! m H ¦.- » i il L'architecte réalise vos constructions de rêve, avec la Vraie Brique d'argile de Briqueterie St-Laurent Cardinal Hardy, architectes BRIQUETERIE ST-LAURENT * VÉRITABLE f BRIQUE D'ARGILE MANUFACTURIER DE BRIQUES D'ARGILE CUITES brique sgi! Les batiments econergetiques nous MPB assurent un environnement stable Le haut rendement énergétique signifie des coûts moindres En plus d'aider notre environnement, les bâtiments éconergétiques ont des coûts d'opération moins élevés et sont beaucoup plus attrayants pour les acheteurs et les locataires potentiels.Planifiez dès aujourd\u2019hui Ces fonds sont limités.Plus tôt vous planifiez en fonction d'être éconergétique, plus tôt vous commencez à économiser.Pour plus de renseignements, contactez : Une incitation à la créativité Afin d'encourager la conception et la construction de bâtiments éconergétiques, Ressources naturelles Canada a lancé le Programme d'encouragement pour les bâtiments commerciaux.Ce programme offre jusqu'à 80 000 $ aux promoteurs qui intègrent dans la conception de bâtiments commerciaux et institutionnels des technologies destinées à économiser l'énergie.Programme d\u2019encouragement pour les bâtiments commerciaux 25 peut vous procurer 80 OOO Pour être admissibles, les plans des nouveaux bâtiments doivent permettre de dépasser d'au moins 25 % la norme d'efficacité énergétique établie par le Code modèle national de l'énergie pour les bâtiments.Si vous respectez ce critère, vous êtes admissible à une prime équivalente au double du coût des économies d'énergie annuelles ainsi réalisées, et ce, jusqu'à un maximum de 80 000 $.Office de l'efficacité énergétique.Ressources naturelles Canada 580, rue Booth, 18e étage, Ottawa (Ontario) K1A 0E4 Courriel : cbip.pebc@rncan.gc.ca Site web : http://pebc.rncan.gc.ca Sans frais : 1-877-360-5500 Téléc.: (613) 943-1590 Ressources naturelles Canada Office de l\u2019efficacité énergétique Natural Resources Canada Office of Energy Efficiency Canada GOODFELLOW LA FORCE DE L'EXPÉRIENCE ANS SPÉCIALISTES DU BOIS Charpente solide en sapin, pruche.Bois lamellé-collé COOt^i^AM.Bois d'oeuvre clair séché à 10% et moins en sapin, pruche, cèdre, séquoia, pin et bois franc.Patrons en cèdre, séquoia, pin clair et noueux, selon votre spécification.Parement pré-teint avec 2 couches de finition «Machinecoat».Bois et contreplaqués imprégnés sous pression au A.C.C.K33 Bois et contreplaqués ignifugés au «Pyro-Guard».Plancher de bois franc Bruce non-fini et fini, Premier, Hartco et accessoires.Plancher pré-fini Goodfellow et Planchers commerciaux.Trex, composé de bois et polymère.Panneaux de mélamine Panolam, Lévesque et Flakeboard.Panneaux de bois franc.Panneaux stratifiés pour balcon ou enseigne M.D.O.et PourForm 107.Panneaux pour sous-planchers Ulay et FiberBond Panneaux de gypse renforcés de fibres FiberBond pour mur extérieur et intérieur.Panneaux isolants Rx ISO Exeltherm.Panneaux insonorisants Sonopan.Panneaux flexibles PERFORM Isolant pare-vapeur Thermo-Foil.Revêtement pare-air Typar.Tuile de plafond résidentielle Armstrong.Clous et vis Goodfellow en acier inoxydable avec une garantie de 60 ans contre la corrosion.Catalogues et échantillons disponibles sur demande Tél.: (514) 635-6511 ¦ 1-800-361-6503 / Fax: (514) 635-3728 Demandez André Rashotte - Donald Watson Internet: www.gdfellow.com Photographie Graphisme mi Production d'imprimés CÔPILIA DESIGN INC (514) 523-4900 4 PARUTION répertoire illijçtré.de sysi x j?a; r tr c il Jl I II II II El il Il u o h M'ÿÇ I p- TM «r irs \t \u2022-\u2022\u2022\u2022\u2022/ -Vv PÉUs : .iger.architecte jpu de Nidiolatfj îoquet, architecte Mémoire de bâtisseurs est le résultat de nombreuses recherches visant à documenter les anciens systèmes de construction et à compléter la formation des pompiers du Québec.D\u2019abord conçu comme matériel pédagogique efficace, ce livre aidera à comprendre les méthodes de construction des bâtiments jugés les plus «à risques» et à réduire ainsi le nombre d\u2019accidents lors d\u2019un incendie.Tout en identifiant les principales faiblesses inhérentes à chacun des systèmes retentis, les textes et les 33 dessins, réalisés ici en axonométrie, rendent compte des stratégies structurales et des matériaux adoptés à chacune des époques de notre histoire, comme lieux d\u2019expérimentations et de mémoire.L\u2019ensemble contribue ainsi à documenter les origines des systèmes qui ont accompagné les transformations de l\u2019architecture et des formes urbaines du Québec.On peut y voir l\u2019influence importante des traditions médiévales et vernaculaires par la manipulation et l\u2019adaptation d\u2019emprunts techniques et stylistiques faits à l\u2019Europe et aux États-Unis.On peut aussi comprendre comment ces traditions ont contribué à la définition des formes urbaines propres aux villes industrielles du 19e siècle.Ce matériel est enfin utile pour voir, en comparant les dessins, comment les techniques de construction en bois et en maçonnerie du début de la colonie se sont progressivement adaptées aux processus de fabrication industriels québécois et américains.Les onze premiers dessins et les textes qui les accompagnent tentent de montrer et de décrire les composantes, les assemblages et les faiblesses les premiers systèmes de construction en bois et en pierre, sur lesquels repose une partie importante de la construction des 17e, 18e et 19e siècles.Les huit dessins suivants témoignent des principales expérimentations amorcées à la fin du 19e siècle avec le gros bois, la fonte, le fer forgé, l\u2019acier, le béton et les blocs de terre cuite pour augmenter la résistance au feu des systèmes utilisés dans les bâtiments publics, et dégager ainsi les grands espaces de rassemblement.Les quatorze derniers dessins illustrent les principales transformations qu\u2019ont connues les bâtiments résidentiels urbains à partir de 1860 et les risques que ces habitations présentent lors d\u2019un incendie.Jules Auger est architecte et professeur agrégé à l\u2019École d\u2019architecture de l\u2019Université de Montréal.Tout en contribuant au programme de formation en ateliers de design, son enseignement couvre une partie importante du transfert, aux futurs architectes, des connaissances scientifiques et technologiques reliées au domaine de la construction.Ses recherches tentent d\u2019approfondir non seulement les questions reliées à la mise en œuvre et au comportement des nouveaux bâtiments, mais aussi les interrogations soulevées par la conservation du bâti ancien.C\u2019est ainsi que, depuis dix ans, il participe au programme de maîtrise en conservation de l\u2019environnement bâti offert par l\u2019École d\u2019architecture.L\u2019auteur s\u2019est aussi fait connaître du grand public par son premier livre, publié en 1977 et intitulé Cequ'ii faut savoir pour rénover une maison, et par ses nombreux cours offerts, depuis maintenant 15 ans, au programme de formation de la fondation Héritage Montréal.Nicholas Roquet est architecte en pratique privée à Québec.D s\u2019intéresse particulièrement à la réhabilitation des espaces publics et des quartiers urbains anciens.Son travail s\u2019est distingué lors de plusieurs concours d\u2019architecture et d\u2019urbanisme.Diplômé de l\u2019Université McGill et de l\u2019Université de Montréal, Nicholas Roquet a également enseigné à l\u2019École d\u2019architecture de l\u2019Université Laval.R est présentement inscrit à la maîtrise en I conservation de l\u2019environnement bâti à l\u2019Université de Montréal.ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE EDITORIAL ARQ, l\u2019identité, la reconnaissance et l\u2019immortalité Pierre Boyer-Mercier «L'immortalité dont parle Goethe n'a, bien entendu, rien à voir avec la foi en l'immortalité de l'âme.Il s'agit d'une autre immortalité, profane, pour ceux qui restent après leur mort dans la mémoire de la postérité.>0 Le philosophe, politicologue et professeur Charles Taylor écrit dans son livre Grandeur et misère de la modernité: «je ne peux pas découvrir isolément mon identité; je la négocie dans un dialogue, en partie extérieur, en partie intérieur, avec l'autre.C'est pourquoi le développement de l'idée de I identité engendré de l'intérieur confère une importance capitale nouvelle à la reconnaissance d'autrui.Ma propre identité dépend essentiellement de mes relations dialogiques avec les autres».1 2 Même si de tous les temps les êtres humains ont accordé une valeur aux honneurs, la culture de l'auto-épanouissement est devenue aujourd'hui l'affaire d'une vie : alors qu'autrefois chacun trouvait son identité dans la classe sociale à laquelle il appartenait et «que tout le monde prenait pour acquise», la modernité, au contraire ne confère aucune reconnaissance a priori.Dans sa recherche d'authenticité, chaque individu maintenant décroché des hiérarchies sociales qui le situaient et qui lui dictaient une conduite (sinon un code d'honneur) chaque individu, dis-je, est laissé à lui-même.Ainsi, l'enjeu réel d'une publication telle que ARQ comme celui des concours, au delà des trophées, des médailles et des mandats qu'ils apportent, est la réalisation de soi par la reconnaissance des autres.À preuve, si nous sommes tous aussi sensibles au refus ou à l'échec, c'est qu'il contribue à sa façon à nier notre authenticité, voire notre identité.Kundera écrit : «Dans notre monde où apparaissent chaque jour de plus en plus de visages qui se ressemblent toujours davantage, l'homme n'a pas la tâche facile s'il veut se confirmer l'originalité de son moi et réussir à se convaincre de son inimitable unicité».Quand on se réfère à des êtres humains qui recherchent leur identité en eux-mêmes ou à travers une cause «.par soustraction ou par addition.» (dirait encore Kundera), le terme d'immortalité n'est pas démesuré.Mais si nous souhaitons la durabilité de notre identité, nous aspirons aussi à ce qu'elle contribue de façon significative à la culture du temps, à la culture architecturale du Québec, par exemple.Nous croyons que si la revue ARQ n'a pas atteint sa plénitude, elle n'en est pas moins devenue en ce sens un lieu référentiel, voire même une institution.Au moment où nous nous apprêtons à passer le flambeau à une nouvelle génération, le travail accompli à la revue par des dizaines de collaborateurs nous apparaît comme une contribution inestimable et essentielle à la révélation de l'unicité non seulement de plusieurs architectes, mais aussi de l'excellence de l'architecture pratiquée au Québec.Mais, pour survivre, ARQ devra recevoir de nouvelles cautions des organismes dont elle fait la promotion.Et nous aurons à les convaincre du rôle culturel de l'architecture.L'architecture est issue d'un modèle de comportement qui nous est propre et elle est une activité humaine qui tend à la création d'œuvres d'art de l'espace.Une œuvre, par opposition à un produit, aboutit à un ouvrage inédit et authentique.Le produit est le résultat prévisible d'une suite linéaire d'opérations et sa mesure de réussite en est une de productivité.Celle de l'architecture se mesure non seulement par le degré d'affinité et de bien-être ressenti par son utilisateur mais aussi par sa capacité d'étonner par son invention et d'émouvoir par l'expression d'une recherche d'idéal de Beauté.1.\tKUNDERA, Milan, L'Immortalité, Collection Folio, Galimard, p.79 et p.151 2.\tTAYLOR, Charles, Grandeur et misère de la modernité, l'Essentiel, Bellarmin, P.65. 1 SOLUTIONS ET SERVICE POUR VOTRE SUCCÈS 1-800-972-2732 LES PANNEAUX CAREA METTENT L'ACCENT SUR VOTRE PROJET «Le système de panneaux CAREA constitue une alternative intéressante à la maçonnerie traditionnelle.Le matériau donne au bâtiment un aspect de durablité et de monumentalité.» Normand Campeau, arch.STEFAN LISZKOWSKI Architecte et urbaniste m SIEGE SOCIAL - PROCAM CONSTRUCTION Boucherville CONCOURS POUR LA RENOVATION ET L'AGRANDISSEMENT DU 535, AVENUE VIGER EST Nature du projet Rénovation et agrandissement du 535, AVENUE VlGER EST À Montréal afin d'y aménager LE VOLET DIFFUSION DU CENTRE d'archives de Montréal Promoteur du concours La Société immobilière du Québec AVEC LA COLLABORATION du ministère de la Culture et des Communications Membres du jury Mario Brodeur architecte, Ministère de la Culture et des Communications Marius Bouchard architecte Ljupko M.Tomic architecte, Société immobilière du Québec Robert Caron Archives nationales du Québec jean-Marie Roy architecte Membres du comité technique Claude Laurin architecte, Ville de Montréal Sylvain De Champlain conservateur, Ministère de la Culture et des Communications Germain Courchesne architecte, ministère de la Culture et des Communications Robert Carrier ingénieur, Société immobilière du Québec Michel Lortie architecte Centre d\u2019archives de Montréal HISTORIQUE Le 2 septembre 1920, le gouvernement de la province de Québec nomme, par arrêté en conseil, son premier archiviste, Pierre-Georges Roy.Cette nomination marque le début du Bureau des archives, un service gouvernemental chargé exclusivement de la gestion des archives.En 1961, ce bureau est rattaché au ministère des Affaires culturelles, nouvellement créé, où il change de nom pour celui des Archives de la province de Québec, et devient en 1969, les Archives nationales du Québec.Le Centre d'archives de Montréal ouvre ses portes en 1971.Ce centre, dont la mission est la conservation et la diffusion des documents à valeur patrimoniale, a été constamment confronté à des problèmes d'espace, de mauvaises conditions de conservation et de diffusion restreinte.Logées au 100, rue Notre-Dame à Montréal de 1971 à 1987, les ANQ ont dû être relocalisées en 1987 dans une école du quartier Pointe-Saint-Charles sise au 1945, rue Mullins, Montréal.Ces installations, tout en représentant une amélioration par rapport à la situation antérieure, ne pouvaient être qu'un accommodement provisoire, en raison principalement de l'insuffisance des espaces disponibles, de leur non-fonctionnalité, des mauvaises conditions de conservation des documents et des problèmes d'accès pour les clientèles desservies.LE VOLET CONSERVATION Le 5 juillet 1995, le Conseil des ministres accepte d'augmenter de 3000 mètres carrés les espaces de conservation du Centre d'archives de Montréal en greffant le volet de conservation des archives au prpjet d'acquisition par la Bibliothèque nationale du Québec d'un immeuble situé dans le quartier Rosemont à Montréal.Doté de systèmes permettant de fournir des conditions climatiques optimales et ainsi d'assurer une conservation adéquate des documents sur support de papier, l'immeuble du Centre d'archives de Montréal, situé au 2320, rue des Carrières à Montréal, a une capacité suffisante pour répondre à la demande des 15 prochaines années.La répartition de la collection dans deux édifices contribue à réduire les besoins en espace pour le nouveau centre de diffusion situé au centre-ville de Montréal.LE VOLET DIFFUSION Depuis le début des années 1980, le ministère de la Culture et des Communications a exploré plusieurs options pour doter le Centre d'archives de Montréal de locaux adéquats, autant pour la diffusion des archives que pour le traitement, l'acquisition et la conservation des documents.Le déménagement, en février 1987, de toutes les activités du centre d'archives et l'annonce de la tenue du XIIe Congrès international des archives à Montréal en 1992 ont relancé le dossier de construction d'un nouveau bâtiment d'archives à Montréal.C'est dans ce contexte qu'une proposition de relogement des activités de diffusion au 535, avenue Viger à Montréal est présentée au Conseil du trésor qui accepte, le 18 décembre 1996, le projet de relocalisation.Le programme du volet diffusion du Centre d'archives de Montréal, d'une superficie nette totale de 7400 mètres carrés, regroupe des espaces accessibles par le public, une zone de traitement et de conservation des archives réservée au personnel et une aire de support.Les aires publiques comportent une première zone d'accès général comprenant une salle d'exposition, un auditorium de 120 places et des locaux de services : accueil, vestiaire, salle de repos, etc.La deuxième zone, d'une capacité de 200 places, est réservée à la consultation des instruments de recherche et des documents d'archives conservés sur différents supports.Dans la partie du bâtiment réservée au personnel du Centre d'archives de Montréal, les locaux utilisés pour le traitement des documents d'archives comprennent 5 salles de traitement et des ateliers de restauration, de reliure et de communication.Un autre secteur regroupe les espaces de conservation; ceux-ci, qui occupent la moitié de la superficie de l'immeuble, sont constitués de 19 magasins de 200 mètres carrés chacun.Ces magasins représentent une capacité de stockage de 22 kilomètres linéaires de documents et, compte-tenu des progrès réalisés en numérisation d'archives, pourront répondre aux besoins anticipés pour les 20 prochaines années.L'ÉDIFICE DU 535, RUE VIGER L'immeuble qui accueillera le Centre d'archives de Montréal est constitué de plusieurs édifices construits et modifiés au fil des décennies.La partie la plus ancienne est la maison Jodoin, érigée en 1870.L'édifice principal date de 1910; destiné à loger l'institution des Hautes Études Commerciales, il fut conçu par les architectes Daoust et Gauthier dans le style Beaux-Arts.Les principales composantes du bâtiment de pierre au décor sculpté existent toujours, même si certaines ont subi des transformations importantes: le parvis et le hall monumentaux, l'amphithéâtre et son avant-corps arrondi, le musée aux mezzanines dotées d'une structure de fonte et de dalles de verre dépoli.En 1970, l'école des HEC déménage près de l'Université de Montréal.Les locaux, qui appartiennent au gouvernement du Québec depuis 1959, sont alors occupés jusqu'en 1988 par le collège Dawson.Depuis, la Société immobilière du Québec, à laquelle la propriété et la gestion de l'édifice a été confiée en 1984, loue celui-ci à divers ministères tel que le ministère du Revenu et le ministère de la Sécurité publique.La nouvelle vocation de l'immeuble assurera de façon permanente son occupation, et les travaux de réaménagement et d'agrandissement seront l'occasion de mettre en valeur un témoin important de l'architecture institutionnelle du début du XXe siècle.Les projets du lauréat et des autres concurrents sont présentés dans les pages qui suivent avec de larges extraits des textes de présentation des architectes, livrant ainsi l'approche spécifique favorisée par chacun d'entre eux. Le Lauréat w en Dan S.Hanganu / Provencher Roy et associés, architectes Gardien de la mémoire collective de notre société, le Centre d\u2019archives de Montréal a pour mission de conserver et de diffuser les documents à valeur historique.L\u2019intérêt porté au patrimoine révèle le statut d'une culture et les interrogations qui l\u2019habitent.Une telle perspective oriente ce projet et représente une occasion de faire revivre au présent un passé souvent englouti dans le temps.Le site choisi présente des particularités des plus adéquates pour ce programme: il contient d\u2019une manière symbolique trois bâtiments de différentes époques significatives de notre histoire récente, dont deux à valeur patrimoniale.Une entrée glorieuse et sans équivoque sur l\u2019avenue Viger appelle à un espace intérieur à découvrir.Le parti architectural du Centre d\u2019archives de Montréal se fait autour de l\u2019axe principal longitudinal, dicté par la composition classique du bâtiment HEC, et se développe à partir de deux espaces verticaux; un atrium intérieur et une cour extérieure contenue par la volumétrie.La mise en valeur des espaces existants exemplaires, l\u2019ancien musée et la maison Jodoin, soutient l\u2019usage public principal du projet: la diffusion.Une bande verte continue ceinture l\u2019îlot; ce traitement paysager culmine sur la cour à l\u2019arrière de la maison Jodoin.L\u2019atrium, éclairé zénithalement, prend assise au piano nobile accessible par l\u2019escalier monumental existant du hall du bâtiment HEC.L\u2019atrium catalyse la composition spatiale autant en plan qu\u2019en coupe; il constitue le sol intermédiaire dans la continuité spatiale depuis le hall existant du bâtiment HEC, jusqu\u2019à l\u2019aire publique contrôlée.La cour est née du désir de mettre en valeur la maison Jodoin, la seule à avoir quatre façades cohérentes, ainsi que de la volonté de permettre la continuité de l\u2019espace extérieur adjacent au mur ouest de cette maison.De forme géométrique simple, son traitement minéral sert d\u2019écrin aux statues et aux vestiges d\u2019anciens bâtiments démolis qui autrement restent oubliés dans des sous-sols obscurs.À l\u2019extérieur, le nouveau bâtiment des magasins, le long de la rue Labelle, s\u2019installe entre deux architectures ayant chacune sa propre personnalité.Pour éviter toute concurrence, il est neutre, effacé, voir même non-architectural.Une finition soignée en métal est parée en façade d\u2019une résille à dominante horizontale, support pour le lierre qui embellit d\u2019ailleurs les résidences avoisinantes.Cette résille, par sa modénature, par le jeu de lumière et d\u2019ombre, de transparence et d\u2019opacité, contribue à unifier cette composition d\u2019architectures de différentes périodes.De par sa calme présence, le bâtiment se veut un geste discret et civique.8 ïï P O B _ wwim usa p J-Jri fKïüj ?IB D IjËj GP n ARQ, LA REVUE D\u2019ARCHITECTURE IgîsÜ ¦ülf%S Il III WMM& \t ?le nil I IMjS MB il:! Il VI .\u2022 \u2022.¦ ;v: >\u2022:\u2022&>!\u201c #t .mh- A wm % RAI imi M\u20141 ^miiiimiiii.%% iiitiiiB; S'iSKs |:^1 .¦¦¦iiiiiiiiiiii»^! nfcniiiiiiiiii^Kt n KSgUiS! SïïisUW ÏÏSSÏSS] w*VV/*V*vv KtWV£ ¦ isüsi ijroaBP! Illllllll'l :i INI : 11111 ! 111 ll lllllllllll I NOVEMBRE 1998 *f;|i 'tes# 1.\tÉlévation, rue De la Gauchetière 2.\tCoupe longitudinale 3.\tCoupe transversale 4.\tPlan du niveau 6 5.\tPlan du niveau 4 6.\tPlan du niveau 3 7.\tPerspective 8.\tPlan d'implantation rrxn 9 7 Les Finalistes Saucier + Perrotte Birtz, Bastien, architectes Architectes temay & associés Dorval & Fortin Les architectes Blouin, Faucher, Aubertin, Brodeur, Gauthier uj en Le projet se définit par sa forme et par la répartition de ses fonctions.Le bâtiment ancien contient les aires publiques, le travail de classification et les aires de recherche; le nouveau abrite les magasins et les aires de support.Ce qui caractérise le projet est la relation entre ces deux entités programmatiques et l\u2019espace extérieur, la cour qui sépare et définit les deux pôles du projet.Ce sont les circulations parallèles, transversales ou perpendiculaires qui définissent l\u2019activité du complexe et la relation fonctionnelle que le nouveau bâtiment entretient avec l\u2019ancien.En systématisant les volumes des magasins sur une bande le long de la rue Labelle, on dégage une cour-jardin au premier étage du bâtiment et l\u2019espace de recul nécessaire à la maison Jodoin afin de s\u2019intégrer au système.Cette cour apporte au coeur du complexe, verdure en été et lumière blanche en hiver.L\u2019aile ouest du bâtiment principal (en briques) est démolie pour laisser place au nouveau volume des magasins.Ces volumes sont coupés par des ponts perpendiculaires rejoignant la circulation en façade de la rue Labelle.À la fois passerelle suspendue (à la manière des escaliers des ruelles) et façade de verre (sorte d\u2019écrin pour la conservation), celle-ci anime une façade qui autrement aurait peu à communiquer.La circulation nord-sud le long du jardin vient ber les différentes fonctions publiques et semi-publiques du centre d\u2019archives à partir de sa source sur le parvis du bâtiment.Elle permet un contrôle sur le mouvement des usagers dans les ailes plus ou moins éloignées du bâtiment, en plus d\u2019offrir au public une vue sur un espace vert, éclairé et stimulant.L\u2019aménagement de l\u2019ancien bâtiment se veut simple, minimaliste.L\u2019espace est ponctué d\u2019éléments nouveaux, de facture moderne avec l\u2019utilisation de matériaux légers (verre, acier et bois) mettant en valeur les éléments anciens (colonnes, moulures, etc.) encore présents dans l\u2019édifice.Les trois volumes des magasins sont identifiés sur la cour par trois matériaux de revêtement différents.La patine qu\u2019ils prendront avec le temps sera symbole de la nécessité de la conservation de la mémoire d\u2019une société.Le corps principal de la maison Jodoin est conservé intégralement.Les intérieurs, déjà largement modifiés, sont rénovés en harmonie avec le nouveau complexe.En plus de contenir des fonctions auxiliaires à l\u2019aile des chercheurs, elle abrite au rez-de-chaussée un heu de rencontre (café possiblement cédé à l\u2019entreprise privée) en mémoire du club littéraire qu\u2019elle a contenu jadis.Ce heu accessible de la rue peut, en plus, contenir certains artefacts ou illustrer des méthodes de conservation et servir ainsi de vitrine (coin rue De la Gauchetière et rue Labelle) pour la salle d\u2019exposition et l\u2019amphithéâtre.Le parti que nous proposons veut réconcilier les notions de solution opportune au cadre urbain et historique dans lequel il doit s\u2019inscrire et de solution opportuniste quant à l\u2019utilisation optimale des lieux architectures dans lesquels il doit s\u2019insérer : ¦\til vise donc l\u2019économie et la simpheité de construction et d\u2019opération; ¦\til vise l\u2019efficacité fonctionnelle, sécuritaire et climatique de la machine archivistique; ¦\til vise la mise en valeur des espaces publics en connivence d'utilisation avec les quahtés du heu existant; ¦\til vise l\u2019insertion équilibrée et sensible du nouveau bâtiment dans l\u2019écrin des bâtiments existants et dans le cadre urbain de voisinage qui l\u2019entoure.Le parti inscrit la nouvelle construction dans l\u2019espace vide de la «cour intérieure» existante et lui impose un recul obligé par rapport aux rues et aux constructions en place.Cette condition de recul obhgé permet également de surhausser la nouvelle construction tout en respectant les alignements horizontaux définis par les bandeaux et corniches des existants, sans perturber la définition aérienne des couronnements d\u2019origine depuis les rues voisines, la nouvehe construction en étant toujours suffisamment éloignée sur toutes ses faces.Pour occuper plastiquement au mieux ce site privilégié et pour réconcilier les différences typologiques que la construction neuve serait passible d\u2019amplifier, nous proposons de faire essentiellement référence à l\u2019organisation architectonique des bâtiments en place, soit l\u2019organisation verticale tripartite des façades comprenant une base, un fût et un couronnement.Le couronnement de l\u2019ensemble à construire serait une structure d\u2019acier aérée et vitrée, en partie haute, chapeautée par une toiture métallique courbe limitant l\u2019accumulation de neige, adoucissant et dynamisant le positionnement et la hauteur relative de la construction neuve.Tous les ouvrages métalliques de ce couronnement seraient traités dans une coloration uniforme gris étain bleuté métallisé.Au départ, notre proposition vise la conservation et la mise en valeur du patrimoine bâti ainsi que la mise en évidence de la typologie d\u2019organisation des îlots montréalais en favorisant une insertion adéquate des Archives nationales dans le tissu urbain environnant.En plus de rénover le bâtiment principal, il nous est apparu indispensable de conserver l\u2019aspect extérieur de la maison Jodoin, au regard de son caractère centenaire, sa position dans l\u2019îlot, même si pour la conserver il devient indispensable de la transformer.L\u2019ensemble du projet s\u2019articule autour d\u2019un élément majeur, la rue intérieure, nouvehe dynamique de la vie de l\u2019édifice.Le long de ce grand axe de circulation, le visiteur pourra traverser le bâtiment des archives I et circuler de l\u2019entrée principale de la rue Viger jusqu\u2019à la rue De la I Gauchetière et accéder à toutes les fonctions autorisées en participant à I toute la vie de l\u2019édifice.Espace majeur du projet, il permet de conférer à l\u2019édifice une identité conforme à son esprit d\u2019origine.L\u2019espace d\u2019exposition, élément remarquable du programme permettant la démocratisation des archives au grand public, ne peut que s\u2019inscrire en position I centrale et ouverte sur la rue intérieure.Au coeur du projet et adossée à 11 l\u2019exposition, une lame de service regroupe les circulations verticales et I les espaces de service desservant la partie privée du projet, logée à l\u2019ar- I rière de cette barrière fonctionnelle.L\u2019esprit de notre intervention pour les extensions est une expression I contemporaine en complémentarité avec l\u2019architecture environnante.J Nous avons recherché une bonne gradation volumétrique entre l\u2019édifice I principal, les extensions et la maison.Une paroi de verre comme un I cristal pour la transparence s\u2019affirme comme le support de notre époque | alors que l\u2019expression des volumes est exprimée par la pierre pour s\u2019har- Il moniser avec les matériaux déjà présents.Un signal contemporain mar- I que l\u2019entrée des groupes et le débouché de la rue intérieure, rue De la Jl Gauchetière.Tous les matériaux et techniques utilisés visent une exprès- I sion contemporaine dans un esprit de respect de toutes les composantes I patrimoniales et du contexte des bâtiments de l\u2019îlot existant.leu l'à ¦*rii ARQ, LA REVUE ?ARCHITECTURE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE DU QUEBEC Architecture Les architectes Blouin Faucher Aubertin Brodeur Gauthier Chargé de proiet Éric Gauthier Ingénieur en mécanique et ÉLECTRICITÉ Pellemon / LRCA Ingénieur en structure Nicolet Chartrand Knoll Coût 12,SM Édifice de conservation et siège social Afin de regrouper ses collections disséminées dans plusieurs bâtiments n'offrant pas des conditions de conservation adéquates, la Bibliothèque nationale du Québec a fait l'acquisition d'un bâtiment industriel désaffecté conçu à l'origine pour la General Cigar Co.La BNQ souhaitait également y établir tout le personnel affecté au traitement et à la gestion des collections en plus d'offrir des espaces de conservation importants à des partenaires institutionnels.L'un de ces partenaires, les Archives nationales du Québec, occupe tout l'agrandissement de 1982 et dispose d'une adresse qui lui est propre sur la rue des Carrières.Le parti retenu a pour objectif de procurer un environnement convivial et confortable au personnel et aux chercheurs qui oeuvrent minutieusement à un travail exigeant.Il a également pour objectif de participer à la remise en valeur d'un secteur industriel du quartier Rosemont.Il a fallu pour cela domestiquer les sévères exigences de sécurité et de contrôle de l'environnement pour les rendre invisibles, pour les faire disparaître.La stratification de l'espace reprend le modèle domestique.Entreposage à la cave et au grenier, aires d'accueil au rez-de-chaussée et quartiers privés à l'étage.Les documents qui arrivent sont acheminés vers le monte-charge avant de transiter à chacun des étages du circuit de traitement pour être enfin entreposés.C'est là que nous avons choisi de percer un atrium, de faire une coupe qui révèle ce circuit afin d'y mettre le coeur du bâtiment.L'usage de la pierre cambrienne, du chêne déroulé, du linoléum naturel, les revêtements muraux de cuir, l'éclairage direct-indirect ainsi que le percement d'ouvertures généreuses sur l'extérieur relèvent d'une même volonté d'échapper à la rhétorique de la forteresse stérilisée, coupée du monde extérieur.En pensant aux cigares.Aux casiers de bois où ils étaient entreposées.À la blondeur des feuilles de tabac séchées.Aux odeurs.LE BÂTIMENT En 1948, la General Cigar Co.fait ériger un bâtiment industriel robuste pour la fabrication de ses produits.Plus de 400 ouvriers y travaillent dans un environnement aux conditions atmosphériques soigneusement contrôlées.L'édifice, aujourd'hui occupé par la Bibliothèque nationale du Québec, comporte alors trois étages et un sous-sol.Sa structure est particulièrement étudiée pour créer des espaces de travail dégagés qui profiteront à la Bibliothèque dans son aménagement.A l'époque, la capacité portante des planchers devait répondre aux besoins de la lourde machinerie nécessaire à la fabrication des cigares, une particularité qui permettra d'installer le rayonnage des magasins de conservation de la Bibliothèque nationale du Québec.Pour garantir la fraîcheur et la qualité des cigares, il était essentiel de conserver les feuilles de tabac dans des conditions atmosphériques contrôlées.Ainsi l'édifice de la Bibliothèque allait disposer d'un système de circulation de l'air ambiant filtré et humidifié, chauffé l'hiver et refroidi l'été.En 1975, l'entreprise de fabrication de cigares déménage sur la rue Saint-Antoine, à Montréal, et à Jo-liette.L'édifice connaît par la suite divers occupants dont, de 1982 à 1983, les Technologies BABN qui impriment les billets pour Loto-Québec et la Société des loteries de l'Ontario.Ses activités obligent l'imprimerie à mettre en place un important dispositif de sécurité.En 1989, à la faveur d'un contrat avec la Société française des jeux, une nouvelle aile, actuellement occupée par les Archives nationales du Québec, est construite, ce qui confère au bâtiment un caractère de bunker imprenable.L'impression de billets de loterie nécessitant des mesures de sécurité exceptionnelles, toutes les fenêtres sont alors murées, et le terrain est ceint d'une haute clôture métallique.La solidité de la charpente de béton, la générosité des espaces ainsi que l'excellent état général du bâtiment permettaient de satisfaire aux besoins de conservation des documents des collections de la Bibliothèque nationale du Québec depuis 25 ans.De nombreux travaux restaient cependant à faire pour transformer les lieux en une bibliothèque de haut niveau.L'ARCHITECTURE Malgré le potentiel architectural certain, l'édifice devait être entièrement recyclé.Le premier défi consistait à identifier la disposition des aires de travail pour qu'elles puissent, contrairement aux espaces de conservation, bénéficier de l'apport de la lumière naturelle tout en respectant le caractère du bâtiment et la fenestration originale Le parti architectural reproduit la typologie traditionnelle et il a permis de remettre en place la majeure partie des fenêtres condamnées par l'occupant précédent.Pour amener la lumière aux espaces qui en étaient dépourvus, un atrium, ouvert sur un puits de lumière, a été aménagé au coeur du bâtiment.L'entrée principale au centre de la façade de la rue Holt a été percée pour clarifier et simplifier la circulation tout en permettant de conserver les escaliers et ascenseurs existants.Une marquise de verre laminé et fracturé marque et protège l'entrée principale qu'une longue rampe en pente douce vient relier à la rue.Largement fenestrée sur le hall, la salle de lecture destinée aux chercheurs juxtapose mobilier patrimonial restauré et équipements contemporains.Le recours à de généreuses surfaces intérieures vitrées contribue à décloisonner l'espace et à mettre en valeur les colonnes de béton originelles à chapiteau pyramidal.Le surhaussement en verre strié des anciens édicules d'entrées permet pour sa part l'apport de lumière zénithale à la salle du conseil tout en marquant le changement de vocation du lieu.Il a été convenu de rendre au revêtement du bâtiment son caractère d'origine en décapant l'enduit de peinture vinylique qui masquait la brique.Un soin particulier a été porté à l'aménagement paysagé de l'institution par l'agrandissement des surfaces gazon-nées, l'ajout d'arbres et arbustes décoratifs ainsi que par l'installation d'une oeuvre d'art à caractère sculptural destinée à remplacer l'ancienne enseigne publicitaire.Cette oeuvre a été sélectionnée dans le cadre du Programme d'intégration des arts à l'architecture.Les travaux de transformation du bâtiment témoignent de la sensibilité grandissante du Québec envers son patrimoine industriel.Ce choix est d'autant plus louable qu'il ne s'agit pas d'un des joyaux architecturaux qui suscitent facilement l'enthousiasme et l'émotion, mais, plus prosaïquement, d'un lieu de travail implanté hier encore au centre de la vie des Montréalais.Toutes les mesures de protection et de sécurité relatives à la conservation des documents ont pu être mises en oeuvre.L'utilisation des matières nobles reflète l'importance et la valeur des collections protégées dans l'édifice pour le bénéfice des Québécoises et des Québécois et pour celui des générations à venir. WSÊËï 2 rrïïiTm' l:!v\" .r^T ARQ, LA REVUE ?\u2019ARCHITECTURE \u2019 æmm $Ê£è&.*&&£&** gyyràjterô£*gfl ;:; ; ;\u2022-liPi V555 vVv'i- ' «&.r kWAWAWATAWATil aawaaaaBBi laâBMBHHHHBl ¦mil HjgKfg! M V'v: - ;;\u2022 - 1.\tPlan d'implantation 2.\tCoupe 3.\tCoupe 4.\tVue d'ensemble, rue Holt 5.\tMarquise, rue Holt 6.\tÉlévation, rue Holt 7.\tÉlévation, rue des Carrières jiËü s iü m m m i g ggs i i m g 1=1 NTT m m 111 Ül NOVEMBRE 1998 ilSjlJÜIji; Vue intérieure, hall d'entrée Vue intérieure, aire de rangement Vue intérieure, bureaux Plan, rez-de-chaussée : \u2018tféïdfr I ttCQfH ARQ.LA REVUE D'ARCHITECTURE 99 LA COMMANDE PUBLIQUE : REGARD CRITIQUE SUR LA DEMARCHE DU PROJET DE CONCOURS Maître d'œuvre Service des parcs, jardins et espaces verts En collaboration avec Service des travaux publics Service de la circulation Service de la culture Service de l'urbanisme Membres du jury Président et modérateur du jury Peter Jacobs architecte paysagiste - professeur Université de Montréal, membre A.A.P.Q.Julia Gersovitz architecte en patrimoine Fournier Gersovitz Moss Mario Brodeur architecte responsable de l'entente MCCQ/Ville de Montréal, ministère de la Culture et des Communications du Québec Raquel Penalosa architecte paysagiste, chargée de projet - Projet Vieux-Montréal, SPJEV, Ville de Montréal Yves Nocher chargé de mission, Institut français d'architecture, France Serge Carreau urbaniste, directeur associé, Service de l'urbanisme, Ville de Montréal Michel Devoy architecte paysagiste, chef de division, Aménagement des parcs, SPJEV, Ville de Montréal Membre suppléant Pierre-Luc Dumas directeur du développement, Société de développement de Montréal La place d\u2019Youville Raquel Penalosa, architecte paysagiste La démarche actuelle du projet urbain en architecture de paysage questionne la pratique sectorielle et s'inscrit au contraire dans une approche plurielle et interdisciplinaire.Cette attitude implique la prise en compte de la complexité urbaine tout en interrogeant le sens des lieux et leur singularité.Agir, soulève le défi à la fois de la ville, territoire total, multiple et celui de l'espace public, lieu privilégié de réflexion et de projection de l'idée de projet de paysage.Dans ce contexte, quels sont les mécanismes de fabrication des espaces des villes qui interpellent les professionnels dans le sens de l'attribution de commandes?Le constat des dernières années, révèle que l'intervention dans la réalité de la ville d'aujourd'hui se tourne d'avantage vers la commande publique.Ainsi, quelle est la nature du processus de commande et de conception qui donnera forme aux espaces publics urbains montréalais?L'envergure et le type de commande sont tributaires de l'échelle du projet, du sujet, et de leur signification urbaine.La démarche administrative courante, pour la réalisation de projets municipaux s'inscrit principalement dans un processus de sélection de services professionnels sur la base de l'expérience professionnelle et du cahier d'offre de services.Dans les dernières années, la complexité des enjeux et de la problématique de certains lieux publics stratégiques et le désir de s'inscrire dans un regard nouveau du projet urbain, a commandé la mise en place de mécanismes plus sensibles à ces réalités.Un premier effort en 1995, définit le projet de réaménagement du square Phillips dans cette orientation.Toutefois, l'expérience demeure timide, le processus de sélection s'inscrit toujours dans la démarche d'attribution de contrats courante de la Ville.Plus récemment, la commande publique pour le projet de concours de la place d'Youville se démarque en ce sens qu'elle constitue une première expérience de concours publie^1) à l'intérieur du cadre administratif de la Ville et qu'elle fait appel aux praticiens en architecture de paysage comme porteurs de projet au sein d'équipes interprofessionnelles.Plus spécifiquement, la commande publique s'est appuyée sur deux prémisses, la reconnaissance de la singularité urbaine du lieu de par sa richesse patrimoniale, culturelle, historique et archéologique, ainsi que sur la volonté politique d'inscrire le projet dans un cadre de mise en valeur urbaine et historique, l'entente sur le développement culturel/1995-1999 intervenue entre le ministère de la Culture et des Communications du Québec et la Ville de Montréal.Le Service des parcs, jardins et espaces verts (SPJEV), en qualité de mandataire du projet a choisi de procéder par voie d'appel d'offres, structuré en deux étapes: l'appel de candidatures sur offre de services qui permettait à la Ville de s'assurer que toutes les firmes retenues possédaient les compétences requises pour la mise en œuvre du mandat, et l'appel de propositions, le concours d'idées.La Société de développement de Montréal (SDM) société paramunicipale s'est joint au SPJEV pour l'encadrement logistique du concours.Au total 35 firmes ont été invitées à soumissionner selon les critères et exigences du cahier de charges préparé par la Ville.Suite à l'appel d'offres, 9 firmes ont déposé une offre de services.L'analyse des documents et des entrevues de chaque équipe ont mené à la sélection des 3 concurrents pour l'étape de concours.Un jury composé de professionnels de la Ville et des milieux privé et académique a procédé au choix du projet lauréat.Qu'elles ont été les conditions sous-jacentes à la mise en œuvre de ce processus ?Loin de questionner la qualité du résultat, il est important de soulever qu'au delà de la problématique de projet, s'inscrit, la problématique de la commande publique elle-même.Un constat des conditions de création de la démarche mérite d'être esquissé afin de susciter des questionnements sur la nature de la culture de la commande publique dans le contexte municipal et dans les champs de pratique du projet urbain et particulièrement dans celui de l'architecture de paysage.Les enjeux se situent à plusieurs niveaux et sont d'ordres variés.Dans le contexte administratif, la notion de concours d'idées rétribué (dans le sens de production conceptuelle) ne pouvait pas s'inscrire dans les conditions de projet de mise en œuvre engageant une dépense publique.L'attribution finale d'un contrat professionnel exigeait à l'étape initiale du processus de validation de la capacité des équipes pour la mise en œuvre du projet.Finalement, on a dû développer les termes du concours et élaborer le cahier des charges.Enfin, toutes ces conditions inscrites dans des délais très serrés ont rendu le processus lourd et exigeant pour les professionnels qui y ont participé.Des critiques non négligeables ont été soulevées autant dans le milieu privé qu'à la Ville.Somme toute, un pas en avant a été fait.Pour la Ville cette expérience permettra de définir une démarche plus simple et mieux cernée lors de projets futurs.Dans le milieu privé, suite à ce projet, l'Association des architectes paysagistes du Québec s'est doté d'un processus de concours officiel pouvant s'inscrire à l'intérieur du processus administratif municipal.La commande publique demeure un outil puissant pour déboucher vers ce qui est malgré tout chaque fois un exploit : réussir un projet porteur de sens qui contribue à la création de la ville.(1 ) - Le processus de concours de la place Jacques Cartier, en 1990 ne s'est pas fait suivant le cadre administratif de sélection de services professionnels, mais était inscrit dans un cadre spécifique, «Les concours internationaux de Montréal, architecture urbaine et aménagement» - Les concours d'art public, sont inscrits dans le cadre de la «Politique d'art public» , programme de dérogation du processus de sélection de services professionnels.NOTICE BIOGRAPHIQUE Raquel Penalosa œuvre depuis plus de 10 ans dans le domaine de l'aménagement, de la planification et de la conception en milieu urbain au sein d'équipes pluridisciplinaires.Son expérience diversifiée fondée sur l'observation des expressions culturelles propres à chaque lieu lui ont valu le prix Orange/Politiques urbaines pour son projet Les petites places urbaines de l'organisme Sauvons Montréal en 1996.Depuis 1998, elle agît au Service des parcs, jardins et espaces verts de la Ville de Montréal à titre de chargée de projet.NOVEMBRE 1998 15 F R B 03 i^yZ^TTrî^rrrr mSSHBsœ .'ÊfflSBB&tü' !Hjsn h .b a a b' 'a B 3 0BB 0 .6 B BS B.0' | S Ê 0 innW, Ï|[ï\\f ll \" |W Kîiî'HfjliîWNi Ü«! flS'OiiilBl \u2022=111=111 !L«»e«?r Ürniâül iis» 1@S _ rniuHttWlUn .'ll-» ï^rOFi œSSSÊ ¦ \u2022¦a _5_ T.iniiijjllii, rT-Ji\t; ! 121E2KW ill üüiüllülüjliiiliü üilüllüi liTfïïïnii \u2022SHSÜS*: LE PROJET LAUREAT Cardinal Hardy / Claude Cormier Consultants Groupe Cardinal Hardy aménagement et design urbain Claude Cormier architectes paysagistes En collaboration avec Archithème Arkéos inc.LDL inc Les consultants Cénipius inc.Croupe-Conseil Trédec inc.Entrepreneurs général Les excavations Super inc.PERSPECTIVE C lobe Le projet de réaménagement de la place d\u2019Youville, en reflet de son importance historique, permettra une appropriation publique des lieux.S\u2019accordant avec le caractère local et culturel du secteur ouest du Vieux-Montréal, il rendra le lieu plus convivial afin d\u2019y attirer une clientèle de promeneurs et d\u2019y stabiliser une population résidentielle.Ainsi, le projet permettra de constituer une définition claire des rues Youville Nord et Sud, de refaire des trottoirs plus larges, de marquer les parvis du musée de la Pointe-à-Calhère et du centre d\u2019histoire en plus de créer un parc urbain.Le projet se caractérisera par un sol principalement vert définissant une place-parc dont la partie centrale aura une identité végétale.Comme la place est reconnue comme un site ayant un potentiel archéologique élevé, l\u2019aménagement se pose en surface.Une limite d\u2019excavation à moins d\u2019un mètre permet de conserver les sols archéologiques en place.La place a fait l\u2019objet d\u2019une planification d\u2019ensemble des rues Mc GUI à de la Commune.Le projet sera construit en deux phases.La construction du secteur s\u2019étend de la rue Saint-Pierre à la rue de la Commune.Rappelons que la place d\u2019Youville est l\u2019endroit où l\u2019aventure montréalaise commence.Au fil des siècles, ce beu a traversé des périodes d\u2019activités marquées par le passage.Le passage de l\u2019eau, le passage des gens, le passage des marchandises.On doit sa forme longue et sinueuse à la rivière Saint-Pierre qui fut à l'origine une voie et un beu d\u2019échange pour les amérindiens.En 1642, les français choisissent l\u2019embouchure de la rivière pour leur établissement.Fréquemment inondé, l\u2019endroit est délaissé au profit d\u2019un noyau urbain qui se développe à l\u2019abri des fortifications dont les murs longeaient le côté nord de l\u2019actuelle place.Au début des années 1800, la démobtion des fortifications et la canahsation des eaux de la rivière dans le collecteur Wilhams transforment ces berges insalubres en un formidable beu d\u2019échanges et de mouvements.Magasins et entrepôts s\u2019installent au pourtour de la place tandis qu\u2019au centre se succèdent les marchés.À partir de 1900, cette concentration d\u2019activités et la proximité du port entraînent la construction d\u2019édifices pubücs et de sièges sociaux.En 1903, les marchés jugés encombrants sont remplacés par une caserne de pompiers et un square de verdure.Dès les années \u201920, la place est envahie par l\u2019automobile.Cette occupation de stationnement demeure tandis que les immeubles riverains graduellement se recyclent et se restaurent affirmant un caractère mixte, à la fois, culturel, résidentiel et commercial.LE PROJET La nouvelle place d\u2019Youville qui succède au stationnement deviendra une courtepointe de verdure et de trottoirs témoignant du dynamisme des activités du beu à différents moments de son histoire.La place se structure au centre par une voie L déambulatoire qui suit exactement le tracé et la mesure du collecteur Wilhams toujours en place en sous-sol.Ce collecteur de piétons fait également le ben sur son parcours entre les objets commémoratifs et les monuments : l\u2019œuvre «Entre nous» le musée de la Pointe-à-Calhère, le puits Archambaults, l\u2019obébsque des pionniers, les bornes des arpenteurs, l\u2019œuvre «La peur», le centre d\u2019histoire de Montréal.Le collecteur est traversé par plusieurs trottoirs dont les trois types ( bois, pierre et béton) rappellent les trottoirs tels qu\u2019on les a construits au cours de l\u2019évolution de Montréal.Comme des sentiers, ils évoquent les allées et venues, les va-et-vient qu\u2019a connu la place d\u2019Youville au fil de son histoire.Chacun des trottoirs est en axe avec un élément significatif d\u2019une façade ou encore propose un ben avec la trame urbaine t environnante.Si la présence des trajets-trottoirs rend le beu dynamique, la longue bande centrale se verdit et vient tempérer l\u2019endroit.Du gazon, des arbres et des bancs invitent à la pause.Dans le même esprit de confort et de sécurité, un éclairage général doux met en valeur les façades des édifices au pourtour de la place et au centre, le collecteur bénéficie d\u2019un éclairage d\u2019ambiance.ARQ.LA REVUE D'ARCHITECTUR 1.\tVue axonométrique 2.\tPerspective 3.\tPlan d'ensemble A B B a9 B B B B B B BB BBBHaE30|0 0BE0 SB3BBB0Sggggg 00000030'0 0000 a a a œ bt \u2018.HtJa[m 3 i S'© S B r-~^ ôOTùü'co ci ,.v NOVEMBRE 1998 'îisslw 5®}f *s«ig : tlffiSTE [¦¦¦¦lllllllll 'iLi'îiTtïïîiïïTi lÏÏIÛilîïl (ülïïllïi [ÏÏII:î LES FINALISTES Équipe de conception François Courville architecte paysagiste Schème Consultant Marc Blouin architecte Jacques Rousseau architecte Collaborateurs Dominique Dumont, Jean-Louis Léger et Philippe Lupien stagiaires en architecture Lyne Legault architecte paysagiste Pierre Delisle architecte Jacek Jarnuszkiewicz sculpteur Pierre Bibeau archéologue, Société Arkéos Guy Mongrain historien-géographe, Société Recherche Espace-Temps Fortier, Franklin, Legault ingénieurs-conseils Werleman, Guy McMahon architectes Stéphane Lalonde urbaniste Gérard Souvay consultants en éclairage Jean-Jacques Bohémier et Daniel Forgues consultants en Partenariat et Développement Cette vision que nous partageons nous a inspiré à miser sur les diverses échelles des usages: l\u2019usage du quotidien; de la place du riverain à l\u2019usage exceptionnel le plus rare; de la place parée pour une cérémonie importante.Le concept et la tectonique élaborés pour le projet posent une distance respectueuse des couches précieuses sous-jacentes tout en puisant profondément dans le contenu mémorial et en ouvrant la porte aux interprétations à venir.Nous avons valorisé l\u2019usage comme motivation première de nos actes pour créer les consensus et l\u2019adhésion autour d\u2019un heu qui nous reçoit.L\u2019usage c'est l\u2019autre, c\u2019est la venue de l\u2019autre dans le projet.Ravissements du Nouveau Monde.Si d\u2019une part nous adhérons à cette idée d\u2019une place plutôt calme qui mise sur un art de vivre, la ville fondée sur la diversité des échelles des usages qui reflètent son miheu et lui donnent prise sur le temps, nous ne pourrions d\u2019autre part ne pas reconnaître l\u2019asymétrie historique que le 20e siècle et bientôt le 21e siècle auront introduit dans la perspective du projet urbain contemporain.Nous avons souhaité faire valoir ce concept d\u2019asymétrie.Nous voulons nous unir à cette lointaine mémoire de la nature pour y déposer les ambitions les plus profondes de nos contemporains.Dans notre projet nous avons constitué un ht comme figuration principale du site, dans lequel viendra se poser telle une onde le nouveau support des usages de la place.L\u2019évocation de la rivière et l\u2019asymétrie des rives, l\u2019une associée au front urbain et l\u2019autre appartenant à la pointe à Calhères, instaurent la structure de l\u2019aménagement.Puis, flottant sur les deux rives, l\u2019assiette de la place sert de plate-forme d\u2019accueil des couches que l\u2019on sait à venir Dans certains cas, les aires de transition, les rives, pourront être traitées sous forme de tableaux végétaux ou minéraux, permettant d\u2019évoquer, telles des stations, des aspects du lieu tant naturels que culturels.Ambition profonde, qu\u2019est une place.ÉQUIPE DE CONCEPTION Bernard St-Denis Saint-Denis architectes paysagistes Simon Péloquin Les architectes Malo Péloquin Richard Malo Les architectes Malo Péloquin Wade Eide, architecte Atelier BRAQ Peter Fianu, architecte Atelier BRAQ Collaborateurs jacques Desrochers Consultant en patrimoine Pierre Bibeau archéologue, Arkéos Serge Delisle, Ingénieur Les consultants Céniplus Cordon Edwards concepteur éclairages Le projet se compose de trois segments qui correspondent aux trois parties distinctes du heu : le seuil, la promenade et la place.La posture de la caserne de pompiers à mi-chemin de la promenade incite le segment ouest à se métamorphoser en « salon urbain » résolument montréalais, à la rencontre des deux enfilades que sont la rue McGill et la rue William.Le parti fait appel aux évocations poétiques provoquées par des choses simples : la matière et le vide; les formes et les motifs.Il suscite, notamment, la reconnaissance de la profondeur historique de la place d\u2019Youville, dont la raison d\u2019être remonte à la rivière Saint-Pierre qui y coulait autrefois.Une promenade de bois se déploie, au dessus d\u2019un creux, sur toute la longueur de la place et réverbère le bruit des pas Curieuse sensation que de fouler le sol de la ville et d\u2019en recevoir un écho, comme si la promenade était jetée par dessus une faille ou quelque cavité gardant ses secrets.À travers une fissure le long de son flanc sud, des herbes de rivage s\u2019élèvent, traversées çà et là par des passerelles de granit.Sur la place, à l\u2019Ouest, le pontage se métamorphose en parquet, évoquant le marché Saint-Pierre et le premier parlement du Canada uni.Le projet propose, en somme, une nouvelle clé de lecture du heu en prenant appui sur des dispositifs suggestifs qui font appel aux mécanismes de déclenchement de l\u2019imaginaire.La suggestion ouvre un monde auquel ont accès les sensibilités du promeneur, qui construit, dès lors, sa propre fable.À l\u2019opposé des procédés didactiques et forcément univoques, elle est d\u2019ordre poétique et, donc, équivoque.C\u2019est pourquoi le projet ne tente d\u2019aucune façon à se substituer aux musées qui se chargent d\u2019expliquer l\u2019état des lieux.Il propose plutôt une expérience sensible.Représenter les lieux de la ville, n\u2019est-ce pas les « rendre présents »?-J I \\' s&l.Z\" Smi '3.Tf1 'Ig-»-' ¦ IWWtW' I i dRK t, ff ¦ V.' .uni; !» I BS ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE Vue axonométrique Perspective Plan d'ensemble Ujü- TOTOnfrmi iH Mï Ifa ml ii-tCTi mnwr VlVJSklt' X crro^E' 4.\tPerspective 5.\tVue axonométrique 6.\tPlan d'ensemble J.\t\t?\u2022 :\ti\ti \t\t :: NOVEMBRE 1998 19 ETUDE D'AVANT-PROJET La passerelle ¦ corridor Bellerive Philippe Lupien «Lorsque l'infrastructure urbaine devient équipement public» Avec l'annonce récente de la prolongation de l'autoroute Ville-Marie vers l'est, la mise en chantier de la phase II du Faubourg Québec, le dévoilement prochain du projet sélectionné pour le réaménagement de l'entrepôt frigorifique du port de Montréal, la réalisation du musée des sciences et technologies sur le quai Edward ainsi que la réouverture prochaine du canal de Lachine à la navigation, la ville de Montréal s'apprête à effectuer un véritable débarquement sur ses propres rives.Aussi croyons-nous opportun de publier dans ce numéro de ARQ l'étude d'avant-projet que le consortium RAM / URA a réalisée à la demande du Service des parcs, jardins et espaces verts de la Ville de Montréal sous la supervision de Stéphane Ricci en juillet 1997.Le mandat que le SPJEV avait confié à RAM / URA visait la planification et la conception d'une «passerelle reliant le parc Bellerive au quai 30.Il s'agit d'une passerelle polyvalente dédiée d'une part aux cyclistes en se greffant à la piste riveraine de la rue Notre-Dame» (mettant ainsi fin au triste parcours vers l'ouest sur René-Lévesque).«Cette passerelle s'adresse également aux piétons en créant un accès direct depuis l'arrondissement Centre-Sud jusqu'aux quais.Le mandat contient enfin une réflexion afin d'établir un lien polyvalent entre le secteur du quai 30 et la limite est du Vieux-Port, via les quais du Port de Montréal.» Allant au-delà des termes de la commande, les architectes paysagistes John L.Dohan et André Moreau (RAM) ainsi que les architectes Pierre E.Leclerc et Charles Lamy (URA) ont ratissé plus large, beaucoup plus large.L'intervention qu'ils ont proposée au terme de leur étude couvre sous son étendue le territoire partant de la rue Sainte-Catherine au nord jusqu'aux berges du fleuve sur la largeur d'un demi îlot, et du quai 30 à l'est jusqu'au Vieux Porta l'Ouest.Comme le mandat original dressé par la SPJEV spécifiait l'exploration de solutions favorisant le partenariat avec l'entreprise privée, les concepteurs ont misé sur un phasage de réalisation en positionnant un certain nombre de dispositifs évolutifs le long de ce qu'ils ont nommé «le corridor programmatique» et dont le développement individuel dépend du catalyseur économique correspondant.Tout comme le projet soumis au concours du parc de La Villette présenté par Rem Koolhaas et OMA que citent les auteurs en guise de précédent, le succès de cette démarche repose entièrement sur la capacité du milieu à interpréter le processus qui lui est soumis : «En effet, l'introduction d'équipements particuliers permettant de pratiquer des activités inhabituelles tant sur le plan culturel que récréatif contribuera à valoriser cette composante du paysage urbain».Les auteurs citent un autre exemple, très pertinent et montréalais celui-là, le Parc Sohmer de 1889 «première manifestation durable de l'introduction du capitalisme commercial dans les domaines de la culture et du divertissement à Montréal» et dont le succès disent-ils, était dû au caractère innovateur non pas de ses attributs paysagers mais bien de la forme de son programme d'activités culturelles.Centrale à cette démarche, la passerelle qui ne devait à l'origine de la commande qu'enjamber les voies de chemin de fer, subit une déviation typologique et devient une structure - ville : en fait, les concepteurs font référence aux ponts urbanisés du moyen âge qui selon Lonel Schein «Créaient artificiellement un territoire urbain qui n'existait pas».En s'étendant au delà de la fonction de traverse, la passerelle dévoile la coïncidence qui permet de réunir plusieurs manifestations de l'histoire du développement urbain d'un seul et unique geste; à partir du pôle religieux de la rue Sainte-Catherine concentré autour de l'église Saint-Vincent de Paul jusqu'à l'ancien passage du traversier de Longueuil entre l'île Sainte-Hélène et l'île Ronde qui, une fois comblé par les remblais de l'Expo 67 est devenu un lac artificiel où se déroulent annuellement l'international des feux d'artifices.Empruntant au langage formel du Pont Jacques Cartier en amont, et misant sur la même fascination du paysage technique, la passerelle devient un dispositif révélateur des dynamiques urbaines qu'elle traverse; la circulation des automobiles, des camions, des trains, des vélos, le mouvement du courant Sainte-Marie, celui des manèges de la Ronde et bien entendu des feux d'artifices.La passerelle du parc Bellerive agit aussi comme coupure dans le paysage, comme ligne de transformation des zones et des activités qu'elle franchit.En cela elle évoque davantage un rempart de ville fortifiée qu'un pont.La passerelle permet à quiconque d'être spectateur d'une tranche, d'une coupe dans la ville moderne à son point de rupture.«Fond de scène», «fenêtre sur le fleuve», «belvédère», la nature de l'expérience est visuelle plus qu'événementielle, en fait, la passerelle extrait le promeneur à l'expérience sentie de la ville à l'endroit même où celle-ci se transforme.Délesté de ces fonctions circulatoires, le «corridor programmatique» qui borde à l'ouest la passerelle et « qui élargit l'échelle d'intervention » devient porteur du «projet mobilisateur» souhaité.À cette étape, ce sera aux «multiples partenaires financiers» avec leur impératifs économiques d'inventer leur territoire événementiel et à nous de juger de leur choix.Car cet ensemble, élégamment sculpté dans la matière brute et le vide de cet ancien secteur industriel maintenant désaffecté, comme nous invitent à le remarquer les créateurs en citant Peter Latz, ne peut que «Composer avec les éléments en présence en dépit des préjugés populaires négatifs».20 ;BoulevdiiJ' ; LE CORRIDOR PROGRAMMATIQUE 1 Couvent des Soeurs de la Providence /\t5 Réaménagement du jardin privé et de la dôtqfe existante.2.\tRue St- Catherine / Marquage de la chaussée.* 3.\tEdifice vacant de 3 étages/Rénovation, Possibilité de toit terrasse.4.\tCour résidence Religieuses Trottoir éclairé, !\u2022?mobilier et plantations.5.\tEnsemble Parc-dalle/Tête de pont de la L\u2014 passerelle, Restructuration de îlot, Raccord soin-dalle du tourne-bride Jean Langlois avec la rflf-V~ Fullum.6.\tRue Notre-Dame / Marquage de la chaussée: «passage du Roi» 7-.Terrain des chutes à neige / Surface minérale tramée, Eléments floraux amovibles en périodt: estivale, Espace événementiel.8.\tParc Bellerive / Nouveau tracé longitudinal ffi-\u2014 ouest, Densification du couvert végétal, jSB8 Aménagement d'un pan mural et élément ^TT pavillonnaire à l'extrémité est du parc, Espacé | contemplatif.9.\tRéseau ferroviaire I Ballast granulaire de teiôtl?i variables.10.\tRoute du port /Marquage de la chaussée.11.\tLe quai 30/ Surface reaménagée en plan minéral' incliné, Espace amphithéâtre.12.\tBarge saisonnière/Prolonge la capacité r-d'accueil du quai 30.LA PASSERELLE 13.\tL'axe principal /Depuis le parc dalle jusqu'aiT\" .bout au quai 30.14.\tLa structure étagée /Rampe d'accès et bancs verticaux.15.\tLa tour belvédère 1/ Élément slgnalltique dans¦¦ le prolongement de la saillie du quai 30 L.LE PARCOURS POLYVALENT EST-OUEST\td 16\tLe quai 29/Remblais profilés.Plantations d'arbres.Champ lumineux ou éolien.Piste polyvalente en provenance du Vieux Port 17\tLe quai 3)/Remblais profilés.Plantations 1 d arbres.Élément rotule de forme conique en [ fin de parcours.\tyîjj'v rrrïîTT WÊÊm HB mm Mmk ®8|ra ARQ, LA REVUE D\u2019ARCHITECTURE 5 5^5 2 \u20ac, «5 £ > > > > î J?> 5t 5 S 5 5 5 ï.^222 Î s's Ï S ¦VS; ; g 7tT '.t-i^-rl7^ IIMif AMA
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