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Titre :
ARQ
ARQ s'impose rapidement comme la revue de référence pour le milieu québécois de l'architecture. Elle permet de comprendre l'évolution de l'architecture québécoise contemporaine.
Éditeurs :
  • Montréal :Groupe culturel Préfontaine,1981-,
  • Québec :Cöpilia design inc.
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Références

ARQ, 1999-08, Collections de BAnQ.

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[" PER Pr~W BNQ la ;i=7u= D*A?]s>jj\u2019rssTua LA COMMANDE PUBLIQUE EN ARCHITECTURE EN ART ET EN DESIGN v':V\u201e i # Jà V-.* ' r\\m AÜÙI 'Ji)=JÎJ lo groupe canam manac L\u2019ERE MUROX EST ARRIVEE Adieu outils révolus, bienvenue la performance ! Murox, une bâtisse conventionnelle pas comme les autres, construite de panneaux autoporteurs qui éliminent les colonnes périphériques et permettent une plus grande liberté de création.Murox, la solution simple, rapide et résistante.1888 316-8769 \u2022 www.canammanac.com murox SOLUTIONS + SERVICE HP* -\":X' \t\t\t Sommaire\t7\tINTRODUCTION Agnès Maltais Pierre Bourque\t \t8\tUN DIALOGUE INTERDISCIPLINAIRE Marie-Josée Lacroix et Denis Lemieux\t \t10\tProblématiques disciplinaires L'ARCHITECTURE QUÉBÉCOISE À L'AUBE DE L'AN 2000 : LA TABLE EST MISE Denis Lemieux\t \t12\tL'EXPÉRIENCE FRANÇAISE : CONCOURS ET CIRCONSTANCES Yves Nacher\t \t14\tLA POLITIQUE D'INTÉGRATION DES ARTS À L'ARCHITECTURE ET À L'ENVIRONNEMENT Andrée Côté\t \t16\tLA COMMANDE PUBLIQUE : UN LEVIER DE DÉVELOPPEMENT DU DESIGN AU QUÉBEC Marie-Josée Lacroix\t \t18\tDESIGN ET COMMANDE PUBLIQUE EN FRANCE Anne Marie Boutin\t \t\tConcevoir la commande publique\t \t19\tELLE COURT, ELLE COURT LA COMMANDE PUBLIQUE Georges Adamczyk\t \t22\tLA COMMANDE PUBLIQUE, DE LA MÉDIATION À L'ACCOMPAGNEMENT Philippe Poullaouec-Gonidec\t \t24\tLA COMMANDE PUBLIQUE D'UNE ŒUVRE D'ART Ghyslain Papillon\t \t25\tPLACE AUX ARTISTES Georges Verney-Carron\t \t26\tTerritoires d'expériences LYON : AMÉLIORER LA VILLE Guy Besner\t \t28\tGLASGOW 1999 UK CITY OF ARCHITECTURE AND DESIGN Deyan Sudjic\t \t\tLes créateurs et la commande publique\t \t30\tTERRITOIRES PUBLICS Pierre Thibault, architecte\t \t32\tESPACE PUBLIC ET TRANSDISCIPLINARITÉ Rose-Marie Goulet, artiste\t \t34\tABRIS PUBLICS Marie-Christine Dorner, designer\t \t36\tPLURIDISCIPLINARITÉ Rudy Bauer, graphiste\t \t\t\t ERRATUM Dans le numéro de Juin 1999 (#107), le projet des Lofts de la Fabrique de la rue Saint-Valier aurait dû être attribué à CROFT PELLETIER ARCHITECTES et André Roy architecte.Nos excuses à Corft Pelletier architectes gui n'étaient pas mentionnés dans la légende.Editeur: PIERRE BOYER-MERCIER Membres fondateurs de la revue: PIERRE BOYER-MERCIER, PIERRE BEAUPRÉ, JEAN-LOUIS ROBILLARD ET JEAN-H.MERCIER.Membres du comité de rédaction: GEORGES ADAMCZYK, JEAN BEAUDOIN, ANNE CORMIER, PHILIPPE LUPIEN, PIERRE BOYER-MERCIER.Production graphique: CÔPILIA DESIGN INC.Directeur artistique: JEAN-H.MERCIER.Représentants publicitaires (Sales Representatives): JACQUES LAUZON ET ASSOCIÉS.¦\tBureau de Montréal: 100, Alexis Nihon, bureau 592 / Ville Saint-Laurent, Québec / H4M 2P1.Téléphone: (514) 747-2332 / Télécopieur: (514 747-6556.¦\tBureau de Toronto: 1-800-689-0344.ARQ est distribuée à tous les membres de L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC Dépôt légal: BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC et BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU CANADA.© ART ET ARCHITECTURE Québec: Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.ISSN: 1203-1488.Envois de publications canadiennes: contrat de vente #472417 ARQ est dorénavant publié quatre fois l'an par ART ET ARCHITECTURE QUÉBEC, corporation à but non-lucratif.Les changements d'adresse et les demandes d'abonnement doivent être adressés à: ART ET ARCHITECTURE Québec / 1463, rue Préfontaine / Montréal, Qc / H1W 2N6 / Tél.rédaction: (514) 523-7024; administration (514) 523-4900.Abonnements au CANADA (taxes comprises): 1 an (4 numéros): 36,81 $ / 57,51 $ pour les institutions et les gouvernements.Abonnements USA 1 AN: (4 numéros) 50,00 $ / Abonnements AUTRES PAYS: 60,00 $.ARQ est indexé dans «Repères». r^'7.i fl vos voisins .ou bleu Scotia .ou Yellowstone .ou gris brume .ou blanc .ou amande .ou sable Parement vert pin Les parements de fibres de bois Canexel sont offerts en 10 couleurs et sont cuits à haute température.Pas de peinture avant 15 ans! .de quoi rendre vos voisins verts de jalousie.ou Sierra .ou Acadia .ou même rouge campagne Pour plus de renseignements, communiquez avec nous.1 800 565-5062 ABTCO Une société Loulslana-Paclllc N OT RE E X P E RT I S E À VOTRE SERVICE Pour des bâtiments conformes aux règles de l\u2019art, chaque fois Vous n\u2019avez pas n\u2019àvez pas à réinventer la roue chaque fois que vous construisez une tour d\u2019habitation ou un autre type d\u2019immeuble collectif.Les GUIDES DES RÈGLES DE L\u2019ART de la SCHL vous aideront à réaliser de meilleures conceptions et de meilleures constructions, à améliorer l\u2019efficacité.Vous n\u2019avez qu\u2019à télécharger les détails de CAO du CD-ROM fourni avec chaque guide et à ajouter vos propres caractéristiques.Tous les guides sont approuvés par le secteur canadien du logement et chacun d\u2019eux constitue une bonne affaire pour les spécialistes au prix de 89 $ (taxes et expédition en sus).Maintenant offerts, avec CD-ROM, par la SCHL : \u2022\tOssature en acier et placage de brique ' \u2022\tFond en blocs de béton et placage de brique \u2022\tSolins \u2022\tEnveloppe de bâtiments à ossature de bois \u2022\tEnveloppe de bâtiment à ossature de bois dans le climat côtier de la Colombie-Britannique Composez le I 800 668-2642 pour commander À l\u2019extérieur du Canada : 6 I 3 748-2003 Visiter notre site Web à : www.cmhc-schl.gc.ca SCHL + CMHC AU COEUR DE L'HABITATION Canada J9SVP& \\ \\ '-À ^WTT ire-\u2014\u2014 t^intra ranima Pôffâsjafcj r Waggi :;r - - .jâi '\u2018V$£w\\ ¦ '/' Ml Ce bardeau d\u2019asphalte ignifugé* est le seul de sa catégorie fabriqué au Canada.Sa conception unique permet d\u2019obtenir une toiture qui sait attirer les regards.Vue d\u2019en bas, la fusion des teintes** subtiles de la gamme Chateau ultra ombragé donne plus de relief à la couverture.Aboutissement de nombreuses ions apportées au fil des ans, nos bardeaux Chateau ultra ombragé connaissent une immense popularité d\u2019un bout à l\u2019autre du continent nord-américain.Leur succès s\u2019explique par leur élégance, mai&saussi par leur robustesse exceptionnelle.Ces bardeaux, aux aîsseurs assemblées par la emâeur.présentent une durabilité e avrils sont d\u2019ailleurs couverts par notre meilleure garantie fous serez si fier de votre achat que.vous aurez envie de le crier sur les toits! 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Câblage mural Grandes canalisations Systèmes de plancher Colonnes Telepower® Systèmes à prises de sol Panneaux de raccordement Petites canalisations m&iMS Le système de connectivité Interlink ActivateMD.C est l\u2019évidence même, n\u2019est-ce pas ?s Choisissez parmi - plus de 60 connexions média, une variété d\u2019encadrements de montage et de plaques avant et toute la gamme des plates-formes de gestion de fils et de câblage de Wiremold.9 9\ta ®\tf 1\t\tIl\tII\t1 «\t1 # a ¦ \t\tilPj\t\t¦¦\tr ¦ 1\t Fibre optique\tAudio RCA\tSuper vidéo VHS\tCoaxial\tCatégorie 5 UTP\tCatégorie 3/4 UTP\tVidéo ou vidéo de type F Vos pouvez maintenant effectuer les connexions de communication en un tournemain avec le système de connectivité modulaire Interlink Activate.Quelle que soit la configuration que vous adoptez, quelle que soit votre plate-forme de gestion de fils et de câblage de Wiremold®, vous pouvez choisir parmi plus de 60 inserts de communication Activate destinés aux applications de données, vocales et vidéo.Son concept à enclenchement facilite l\u2019installation et les modifications.Une vaste gamme de plaques avant Activate et d\u2019encadrements d\u2019adaptateurs vous permet de configurer une prise de poste de travail convenant à vos besoins particuliers.Les applications multimédia sont sans problème et la capacité à rendement amélioré permet l\u2019utilisation de Gigabit Ethernet.De plus, on peut se procurer les inserts Activate dans une vaste gamme de coloris, se mariant tous parfaitement à la gamme Wiremold et offrant un aspect attrayant.Le système de connectivité Activate.Pour obtenir de plus amples renseignements, appelez-nous au 1-800-741-7957 ou visiter notre site Web à l\u2019adresse www.wiremold.com.HE WIREMOLD Système de câblage Interlink __.mum* Ce système répondait à nos critères de légèreté et de durabilité et il pouvait se poser facilement en plein hiver.Aujourd\u2019hui le Château Moncton est construit, nous en sommes fier.Le système CAREA fait maintenant partie des systèmes que nous exploitons dans nos designs.François Rondot, architecte AANB.Je suis impressionné par la propreté d\u2019assemblage et de finition des panneaux CAREA.La facilité de pose en hiver nous a permis de respecter nos délais.Le produit fini donne un résultat riche avec un matériau solide, appuyé par une bonne garantie.Bernard Cyr, propriétaire, Château Moncton.\\21 CAREA PANNEAUX ARCHITECTURAUX EN COMPOSITE DE PIERRE 'j'j'j'j'/j.zardd.auis.MAINTENANT DISTRIBUE PAR INTRODUCTION C\u2019est aux lieux et aux objets de la vie quotidienne que nous devons nous intéresser davantage.Il nous faut pouvoir favoriser une meilleure prise en compte de la dimension culturelle tant dans les processus de production massive de l'architecture et des objets que dans les gestes de planification et d 'aménagement qui obéissent au jour le jour à mille autres impératifs.Il faut donner aux créateurs et producteurs une meilleure occasion d\u2019imprimer culturellement l\u2019environnement quotidien, mais il faut aussi contribuer à rendre plus facile aux usagers l\u2019appropriation de cet environnement.Ministère des Affaires culturelles, 1984 ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE La commande publique en architecture, en art et en design À travers la commande publique en architecture, en art et en design, c\u2019est le Québec de demain que nous sommes en train de construire.L\u2019enjeu est important car tous ces projets publics, auxquels le gouvernement, les régions et les municipalités contribuent, sont porteurs d\u2019exemple à la fois comme manifestation de notre culture, expression des valeurs de notre société et illustration de notre développement social et économique.Au ministère de la Culture et des Communications, la réflexion sur l\u2019enjeu fondamental que constitue l\u2019aménagement intégré de notre cadre de vie est un mouvement qui s\u2019inscrit dans la continuité et dans la durée.Déjà en 1978, le livre blanc sur la politique québécoise de développement culturel du ministre Camille Laurin y faisait référence en soulignant l\u2019intérêt de «susciter au Québec la création d\u2019un environnement quotidien qui, tout en respectant l\u2019évolution permanente de notre société et en assimilant les apports positifs de l\u2019extérieur, traduise notre identité propre».C\u2019est d\u2019ailleurs à la suite de ces réflexions que la politique d\u2019intégration des arts à l\u2019architecture et à l\u2019environnement a été mise en place.Depuis sa création en 1981, cette politique a permis la réalisation de plus de 2 500 oeuvres, faisant la démonstration à l\u2019échelle du territoire québécois que l\u2019art occupe une place importante dans la qualification de notre environnement quotidien.En 1992, conscient que notre recherche de l\u2019excellence et notre capacité d\u2019innover devaient se refléter aussi dans notre architecture publique, le ministère a amorcé une approche expérimentale de concours d\u2019architecture qui a fait la preuve, par la réalisation d\u2019une dizaine de concours de nature et d\u2019envergure variées, de l\u2019esprit créateur et de la qualité de l\u2019expertise des architectes québécois dont le talent commence à être de plus en plus reconnu à l\u2019étranger.Dès le début, cette approche a voulu favoriser le dialogue interdisciplinaire entre les concepteurs d\u2019un projet afin d\u2019enrichir la qualité des équipements réalisés.Mentionnons, à titre d\u2019exemple, le projet du Musée régional de Rimouski, réussite édifiante qui doit beaucoup à la réflexion transversale établie, dès l\u2019étape du concours, entre l\u2019artiste Lise Labrie et les architectes Dupuis et Letourneux.En continuité de cette approche expérimentale, je souhaite faire adopter bientôt une politique gouvernementale de concours d\u2019architecture qui fournira aux maîtres d\u2019ouvrage publics de nouveaux outils leur permettant de mieux assumer leur rôle de bâtisseurs exemplaires et qui offrira aux concepteurs, artistes, architectes et designers des conditions intéressantes pour mettre en valeur leur expertise et leur esprit créateur.Cette politique devrait permettre de développer une plus grande sensibilisation du public envers la qualité de l\u2019architecture, la démocratisation culturelle demeurant notre objectif fondamental.C\u2019est d\u2019ailleurs en fonction de cet objectif que le Ministère a réaffirmé, en 1996, son intérêt pour le dossier du cadre de vie en relation avec la vision globale et l\u2019approche élargie de la culture qui sont à la base de notre mission actuelle.En effet, l\u2019état de notre environnement quotidien et la complexité du monde contemporain obligent à un renouvellement des concepts et des pratiques qui prennent place dans le domaine du cadre de vie.Plus que jamais, le rapprochement entre les disciplines de l\u2019aménagement est nécessaire afin de fournir aux créateurs «une meilleure occasion d\u2019imprimer culturellement notre environnement» tout en favorisant une plus large appropriation de cet environnement par ceux qui l\u2019habitent.C\u2019est pourquoi le Ministère a trouvé tout à fait pertinent de s\u2019associer à la Ville de Montréal et à différents partenaires français pour la réalisation du colloque sur la commande publique en architecture, en art et en design qui s\u2019est tenu à Lyon en décembre 1998.Les résultats de ce colloque serviront sûrement à enrichir la réflexion que nous menons, avec le milieu universitaire notamment, sur l\u2019ensemble des domaines de création qui contribuent à façonner notre environnement quotidien (art, design, architecture, paysage, etc).C\u2019est ce à quoi je vous convie au cours des prochains mois, l\u2019amélioration de la qualité de notre cadre de vie étant une responsabilité sociale, un défi économique et une action culturelle qui nous concernent tous.La question de la commande publique en architecture, en art et en design m\u2019interpelle tout particulièrement puisque c\u2019est à Montréal que l\u2019on retrouve le plus grand nombre d\u2019équipements publics, de même que la plus forte concentration de créateurs au Québec.Augmenter la place des créateurs dans la commande publique, c\u2019est avant tout un moyen efficace de développer le marché pour que nos architectes, artistes et designers puissent vivre de leur métier, s\u2019épanouir professionnellement dans leur ville et acquérir une notoriété internationale.C\u2019est aussi et surtout une façon de mieux tirer profit de la présence de cette masse critique de talents en les invitant plus systématiquement à contribuer à l\u2019élaboration de notre cadre de vie urbain.Au cours des dernières années quelques réalisations municipales ont fait l\u2019objet de concours de création.C\u2019est le cas entre autres de la Place d\u2019Youville, un des premiers concours publics d\u2019architecture de paysage (Claude Cormier et Aurèle Cardinal, architecte paysagiste et architecte), de la Biosphère (Faucher, Aubertin, Brodeur, Gauthier, en consortium avec Desnoyers, Mercure et associés, architectes), de la Maison de l\u2019arbre du Jardin botanique (Sophie Charlebois, architecte) et du mobilier urbain du Faubourg Québec (Michel Morelli et Charles Godbout, designers industriels).Dans le domaine de l\u2019art public les exemples abondent puisque depuis 1988, la Ville s\u2019est dotée d\u2019un plan d\u2019action en art public qui prévoit l\u2019acquisition de nouvelles œuvres par voie de concours.Récemment, la Ville innovait en ouvrant son concours pour la création d\u2019un monument aux victimes de la tragédie de l\u2019École Polytechnique aux artistes, architectes, architectes de paysage et designers, seuls ou regroupés.Remportée par l\u2019artiste Rose-Marie Goulet et l\u2019architecte paysagiste Marie-Claude Robert, l\u2019œuvre sera inaugurée en décembre 1999, à l\u2019occasion du 10L' anniversaire de cette tragédie.Outre ces commandes, notre principal levier se situe dans notre travail de sensibilisation directe et de promotion des bénéfices de la qualité auprès des maîtres d\u2019ouvrages et des acheteurs publics actifs sur le territoire de la ville.C\u2019est par ce travail d\u2019influence et de soutien que le mobilier du Casino de Montréal, par exemple, a été conçu par des entreprises d\u2019ici suite à un concours de design et que celui de la Grande bibliothèque du Québec fera, vraisemblablement, l\u2019objet d\u2019un effort de création analogue.Pour instaurer de nouvelles mentalités, pratiques et politiques nous misons donc sur les réussites successives de projets pilotes et sur leur diffusion.De même, la sensibilisation des acteurs privés est tout aussi importante.L\u2019intense promotion entourant les établissements primés par notre concours Commerce Design Montréal relève de cette même stratégie qui consiste à persuader par l\u2019exemple.Et puisque la diffusion est l\u2019une des conditions essentielles de développement de la commande publique au Québec, je salue tout particulièrement la parution de ce numéro spécial de la revue ARQ consacré à la synthèse du colloque sur la commande publique en architecture, en art et en design organisé en partie par la Ville de Montréal à Lyon en décembre dernier, dans le cadre des Entretiens Jacques Cartier.Je remercie tous ceux et celles qui ont contribué à la confection de cette publication de même que notre partenaire dans ce dossier, le ministère de la Culture et des Communications du Québec, pour sa complicité et son soutien financier.Agnès Maltais Ministre de la Culture et des Communications du Québec Pierre Bourque Maire de Montréal 7 LA COMMANDE PUBLIQUE EN ARCHITECTURE, EN ART ET EN DESIGN Un dialogue interdisciplinaire Marie-Josée Lacroix, commissaire au design de la Ville de Montréal et Denis Lemieux, architecte au ministère de la Culture et des Communications du Québec, sont les co-organisateurs québécois du colloque.Marie-Josée Lacroix et Denis Lemieux Cette édition spéciale de ARQ, La revue d\u2019architecture se présente comme un compte rendu des principaux débats, échanges et communications livrés lors du colloque La commande publique en architecture, en art et en design: Transversalités et singularités organisé dans le cadre des Onzièmes Entretiens du Centre Jacques Cartier, à Lyon, les 7,8 et 9 décembre 1998.La commande publique concerne toutes les disciplines de la création qui contribuent au façonnage de notre environnement quotidien.Elle peut être directe lorsque l\u2019Etat commande pour lui-même ou indirecte lorsqu\u2019il participe au financement d\u2019un équipement public réalisé par un organisme public, une municipalité ou une région.Mais, dans une situation comme dans l\u2019autre, états, collectivités et organismes publics demeurent des commanditaires puissants qui participent activement au développement de la création dans les domaines qui touchent à notre environnement: l\u2019architecture, l\u2019art et le design.Si à travers la commande de bâtiments ou d\u2019équipements publics, d\u2019œuvres d\u2019artistes, d\u2019objets ou de créations utilitaires, leur pouvoir est grand dans le soutien aux créateurs, leur responsabilité dans l\u2019affirmation d\u2019une culture de la qualité et de l\u2019innovation l\u2019est tout autant.En France, la puissance publique a traditionnellement été, et demeure encore aujourd\u2019hui, l\u2019un des plus gros commanditaires des architectes, des artistes et des designers.Marquée par de profondes mutations de sa commande publique, désormais atomisée après avoir été centralisée à l\u2019extrême, la France est aujourd\u2019hui à l\u2019heure du bilan.Au Québec, la réflexion sur la commande publique est un phénomène récent.Après l\u2019ère de la commande «objective», se profile une commande «qualitative».Explorée dans les années quatre-vingts dans le domaine de l\u2019art public, une pratique nouvelle du concours d'architecture et du concours de design se met en place.LE THÈME DU COLLOQUE Le colloque La commande publique en architecture, en art et en design: Transversalités et singularités visait à mettre en commun les expériences françaises et québécoises, et à les évaluer également à la lumière de certains éclairages européens et internationaux.Cette rencontre a permis de s\u2019interroger de manière transversale sur les démarches et les outils les plus à même de nous assurer un environnement public de qualité.Les conférenciers des divers ateliers se sont prononcés sur quatre questions : les natures de la commande publique (Quelle commande, quel public?), les procédures (Les acteurs et les instruments de la commande publique), la place des créateurs (La commande publique: quel partenariat pour les créateurs?), et enfin la préparation et la réalisation de la commande (Qualité de la commande, qualité des commanditaires).UN DIALOGUE INTERDISCIPLINAIRE SUR LA COMMANDE PUBLIQUE.L\u2019architecture, l\u2019art et le design ont des logiques qui leur sont propres et des fonctionnements distincts qu\u2019il convient de garder en mémoire pour éviter les amalgames.Malgré leur singularité, ces disciplines partagent aussi plusieurs enjeux et sont confrontées à des problématiques communes: définition de la commande, modalités d\u2019attribution des mandats de création et du choix des professionnels, contraintes de gestion, de suivi et de communications des projets.La tenue d\u2019un dialogue interdisciplinaire sur le thème de la commande publique devait nous renseigner sur les pratiques et façons de faire développées par chacune des disciplines, et d\u2019enrichir, ainsi, nos démarches respectives.Plus important que cet échange d\u2019expertises et d\u2019expériences, un débat interdisciplinaire s\u2019imposait pour l\u2019atteinte des objectifs de qualité globale du cadre de vie que nous poursuivons tous isolément.Les commandes publiques en architecture, en art et en design sont trois solitudes portées d\u2019abord par leurs protagonistes respectifs, lesquels sont trop souvent motivés par des intérêts corporatistes, par la défense de leur seul champ de pratique et par la revendication d\u2019un territoire d\u2019intervention.Pourtant, dans un contexte de production d\u2019équipements, l\u2019architecture, l\u2019art et le design sont inévitablement appelés à se côtoyer.Les acteurs de la commande sont forcément confrontés aux travaux d\u2019autrui et à la question du partage du territoire de la création.L\u2019absence de dialogue entre nous explique nos échecs et nos difficultés à produire des environnements de qualité, tant publics que privés.Dès lors, la collaboration et l\u2019élaboration de stratégies communes sont essentielles.en ire1] Ws lit ! ICCTc; \"WveL il®?! delafiH î*ri ®mde fïi; W'fa, , .\u2019%¦ j m»if tolllli ttneep; | ®>élar 8 ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE ,/\u2022 ' ¦ : - V:.' :¦ : ) - - 0$ if ',| ;«d'e® |(jjp IssoniW! IjjiJlS* \u2022jfl* LE PROJET COMME COMMANDE PUBLIQUE Il nous faut inventer une nouvelle pratique de la commande publique, non pas fondée sur une segmentation de la création entre plusieurs champs de pratique, mais sur la mise à contribution des diverses sensibilités et expertises requises.Il nous faut modifier les mentalités, non seulement du donneur d\u2019ouvrage, mais aussi des défenseurs et des créateurs pour qu\u2019émergent de réelles pluridisciplinarités.Une mutation s'impose : nous devons passer des commandes publiques en architecture, en art et en design à une commande publique basée sur la notion de «projet».Le travail d\u2019équipe serait un mythe, surtout en création?Les créateurs nous prouvent l\u2019inverse.Us tracent la voie d\u2019une nouveüe pratique véritablement décloisonnée, riche de sensibilités multiples pour le plus grand bénéfice de la qualité, de la force et de la cohérence des projets.Il est grand temps que nous les protagonistes et les gestionnaires de la commande publique modifions notre discours et inventions de nouvelles façons de faire afin de permettre ce décloisonnement.Parler de singularités, c\u2019est renforcer le culte de «l\u2019objet».Parler de transversalités, c\u2019est défendre le culte du «sujet».Le colloque La commande publique en architecture, en art et en design: Transversalités et singularités se voulait une première tentative pour réconcilier ces deux concepts.Cette publication est une invitation à poursuivre et à élargir le débat.UN NUMÉRO QUI FAIT ÉTAT DE LA SITUATION La notion de commande publique est large et les éléments de vocabulaire, ainsi que les procédures de mises en œuvre sont forts différentes entre le Québec et la France.Aussi, une grande partie du numéro est consacrée aux problématiques disciplinaires de l\u2019architecture, de l\u2019art et du design.Pour la suite, Georges Adamczyk, Philippe Poullaouec-Gonidec, Ghyslain Papillon et Georges Verney-Carron nous livrent leurs réflexions et expériences sur deux grandes préoccupations soulevées à maintes reprises dans les ateliers lors des périodes de débats : celle d\u2019une commande publique diversifiée et multiple et celle du rôle crucial des accompagnateurs dans l\u2019élaboration d\u2019une commande publique de qualité.Furent présentés au colloque deux projets qui, par la nature exploratoire de leurs programmes, plaçaient l\u2019architecture, Part et le design au cœur de l\u2019action publique.Les nouveaux espaces publics du Grand Lyon et le festival culturel Glasgow 1999 UK City of Architecture and Design proposent de nouvelles façons de dialoguer avec la ville.Enfin, pour illustrer les nouveaux territoires d\u2019explorations pluri et interdisciplinaires, ARQ cède la parole aux créateurs, fait place aux projets.Nous remercions le ministère de la Culture et des Communications du Québec pour son aide financière à la production de cette publication.Guy Besner, Marie-Josée Lacroix et Denis Lemieux ont préparé ce numéro.Guy Besner, coordonnateur technique du colloque, a colligé les documents et Florence Lebeau, directrice générale de l\u2019Association des designers industriels du Québec (ADIQ), a révisé les textes.REMERCIEMENTS Le colloque La commande publique en architecture, en art et en design : Transversalités et singularités organisé dans le cadre des Onzièmes Entretiens du Centre Jacques Cartier, Lyon, les 7, 8 et 9 décembre 1998.En regard à la publication de ce document, il faut d\u2019abord remercier les organismes qui ont permis de rassembler les ressources humaines et financières indispensables à la réalisation du colloque: le Centre Jacques Cartier, son directeur Monsieur Alain Bideau ainsi que son équipe pour la coordination logistique; le ministère de la Culture et des Communications du Québec et le Service du développement économique et urbain de la Ville de Montréal pour la coordination du colloque; l\u2019École d\u2019architecture de Lyon, la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Rhône-Alpes et le Conseil d\u2019architecture, d\u2019urbanisme et de l\u2019environnement (CAUE) du Rhône, pour leur accueil.Un merci particulier à Jean-Pierre Charbonneau et à son équipe pour leur chaleureuse visite des espaces publics du Grand Lyon.Il faut rappeler que la rencontre fut organisée par une équipe franco-québécoise de responsables scientifiques qui ont élaboré le programme : Anne Marie Boutin et Jacqueline Febvre, respectivement présidente et responsable de projets de l\u2019Agence pour la promotion de la création industrielle (APCI), France; Denis Lemieux, architecte, Direction de l\u2019architecture, de l\u2019art public et des équipements culturels du ministère de la Culture et des Communications du Québec; Yves Nacher, architecte et critique d\u2019architecture, France; Daniel Vallat, directeur de l\u2019École d\u2019architecture de Lyon et Marie-Josée Lacroix, commissaire au design au Service de développement économique et urbain de Ville de Montréal qui a assuré la coordination scientifique du colloque.Cette rencontre fut possible grâce à la participation des conférenciers provenant des différentes régions de la France, de l\u2019Angleterre, du Canada et du Québec.Étant donné que ce document n\u2019est pas le compte rendu intégral du colloque, les noms de certains conférenciers n\u2019apparaissent pas dans ces pages, même s\u2019ils étaient les représentants d\u2019organisations sans lesquelles la rencontre n\u2019aurait pu avoir lieu.À ce titre, il faut remercier les orateurs des discours d\u2019ouverture : Monsieur Henry Chabert, adjoint au Maire de Lyon, vice-président du Grand Lyon, chargé de l\u2019urbanisme ainsi que Monsieur Pierre Bourque, Maire de la Ville de Montréal.Il faut souligner aussi la présence de Monsieur Jacques Lafrance, secrétaire associé au Secrétariat du Conseil du trésor du Québec ainsi qu\u2019une délégation importante de représentants gouvernementaux québécois. LA COMMANDE PUBLIQUE EN ARCHITECTURE Larchitecture québécoise à l\u2019aube de l\u2019an 2000 : la table est mise 'lb1'-*; 'îsmR j !¦ I H B -1 Denis Lemieux est architecte à la Direction de l'architecture, de l'art public et des équipements culturels du ministère de la Culture et des Communications du Québec.Il travaille au développement d'une approche ministérielle dans le domaine du cadre de vie et à la préparation d'une politique gouvernementale de concours d'architecture.Denis Lemieux Observateur de la scène architecturale québécoise depuis bientôt trente ans (non, je n\u2019ai pas 70 ans) je serais tenté, pour décrire son parcours, de faire un parallèle avec la métaphore du «cadran» qu\u2019utilise Milan Kundera dans son livre L\u2019immortalité au sujet de l\u2019existence humaine.Pour Kundera, l\u2019existence n\u2019a rien d\u2019une autoroute en ligne droite mais serait plutôt une «promenade circulaire dans des chemins dont les méandres ne s\u2019écartent jamais tout à fait du centre qui secrètement les noue»1.Je ne dis pas que l\u2019architecture québécoise «tourne en rond» depuis trente ans.Loin de là, même si je crois qu\u2019à travers son évolution, l\u2019architecture d\u2019ici a souvent eu à reconstruire les mêmes discours et à revivre les mêmes écueils.Au contraire, l\u2019hypothèse que j\u2019émets c\u2019est qu\u2019à chaque tour de «cadran» le parcours de l\u2019architecture québécoise s\u2019est enrichi et que «l\u2019alignement actuel des planètes» me semble plutôt favorable.Si j\u2019avais à résumer à grands traits (en toute subjectivité et beaucoup trop superficiellement) les deux dernières décennies dans le domaine de l\u2019architecture (oublions les années 1970, la fumée était trop dense), je dirais que les années 1980 ont été celles des «manifestations d\u2019intentions» concernant l\u2019intérêt public de l\u2019architecture et l\u2019importance qu\u2019on devrait lui accorder dans notre société.Je pense aux Archifêtes, au Livre blanc de l\u2019architecture québécoise, aux discussions préliminaires autour de la préparation d\u2019un projet de politique de l\u2019architecture, etc.Des années essentielles qui ont servi à construire les «fondations» de la réflexion actuelle.Je vois davantage les années 1990 comme celles de «l\u2019organisation».Des rencontres importantes ont eu lieu : le Congrès international des architectes et les États généraux sur le paysage québécois.Je tiens à souligner aussi la venue à Montréal de la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (France) qui a été déterminante pour l\u2019amorce de l\u2019approche expérimentale de concours d\u2019architecture coordonnée par le ministère de la Culture et des Communications.En ce qui a trait à l\u2019aide à la création, le Conseil des arts et lettres du Québec a ouvert ses programmes de subventions aux architectes et aux autres professionnels de l\u2019aménagement alors qu\u2019en recherche et en diffusion, des acteurs importants ont élargi leur rayonnement à partir de leurs nouveaux équipements : le Centre Canadien d\u2019Architecture, bien sûr, mais aussi le Centre de design de l\u2019Université du Québec à Montréal.De nouveaux acteurs sont également apparus et ils sont venus enrichir l\u2019expérience architecturale: le Centre de diffusion 200 M3, avec son approche interdisciplinaire, et le collectif Zone Architecture, avec ses projets dans le domaine des nouvelles technologies.Finalement, en 1999, le ministère de la Culture et des Communications a créé une Direction de l\u2019architecture, de l\u2019art public et des équipements culturels et souhaite faire adopter bientôt une politique gouvernementale de concours d\u2019architecture, à la suite de cinq années d\u2019expérimentations qui ont permis la réalisation de projets tels que la Salle de spectacle de l\u2019Assomption (Blouin, Faucher, Aubertin, Brodeur, Gauthier, architectes) et le Centre d\u2019interprétation de la Place Royale à Québec (Gauthier, Guité, Daoust et Lestage, architectes).En résumé, donc, des années stratégiques qui ont servi à ordonner le «plan».Si bien qu\u2019on arrive à l\u2019an 2000 et que la table de l\u2019architecture semble à peu près mise.Des volontés s\u2019expriment, des collaborations s\u2019affirment, un véritable réseau commence à se structurer et phénomène le plus important : la qualité du travail des architectes québécois commencent à être de 1 et 2.Centre d'interprétation de la Place Royale, restauration et reconstruction des maisons Hazeur et Smith, Québec, 1997-1999, Gauthier, Guité, Daoust et Lestage, architectes.Vues des principales façades depuis la Côte de la montagne et depuis la Place Royale.Photographies fournies par les architectes.plus en plus reconnu.Actuellement, c\u2019est le message que je reçois de partout (New York, Toronto, Vancouver, Londres ou Paris) : «Mais qu\u2019est-ce qu\u2019ils ont ces architectes québécois ?Ils gagnent tous les prix, ils occupent une place majoritaire dans les expositions canadiennes et ils sont les vedettes de manifestations nationales et internationales les plus importantes».«Du talent, Madame! Rien que du talent!» Reste la commande architecturale, ses modes de répartition et d\u2019attribution, et ses méthodes de réalisation.Là, j\u2019aurais tendance à dire que, si la table est mise, elle est aussi un peu encombrée.11 y aura des choix à faire et il faudra sans doute revenir à certaines réflexions essentielles (un autre tour de cadran peut-être ?).En effet, plutôt que d\u2019argumenter sur les moyens, il me semblerait plus constructif de s\u2019entendre sur les objectifs.Et puis, cette commande publique c\u2019est d\u2019abord pour le «public» que nous y travaillons.Certes, le contexte légal impose It de 80 ans.E dard habita leciff t kite davani Nique h pnt ?»i loti Voil teeeL cediaJ, certaines contraintes (je pense au concept un peu trop restrictif de «protection du public») mais rien n\u2019empêche de parler aussi de «responsabilité sociale» ?Ce concept me semble davantage rassembleur et ouvre la discussion sur la responsabilité des architectes et des différents paliers gouvernementaux concernant la qualité ou le caractère signifiant du cadre de vie que nous avons à construire pour et avec le public.Pour ma part et à titre indicatif, je ne donnerai que quelques repères (en souhaitant le développement d un discours articulé de la part de nos élites architecturales qui viendrait contrebalancer les propos de certains journalistes qui prétendent que les architectes ne s\u2019intéressent qu à «1 argent du beurre»).Premièrement, depuis vingt ans, le domaine de 1 architecture résidentielle a été accaparé par les promoteurs privés (d\u2019autres parleraient d\u2019abdication de la part des architectes) et a produit le paysage architectural que l\u2019on connaît.Pour des raisons de rentabilité à court terme, on pourrait être tenté d\u2019appliquer les méthodes de ces promoteurs privés à 1 architecture publique.Attention aux résultats que cela pourrait donner, car l\u2019architecture, privée ou publique, demeure encore la manifestation la plus visible et le plus durable de notre culture et ses bénéfices se calculent à long terme (à moins d\u2019utiliser la stratégie de Bilbao avec le Guggenheim, bâtiment de 100MS qui a rapporté 280MS en retombées touristiques dès la première année de son ouverture).Deuxièmement, les maîtres d\u2019ouvrage avec lesquels nous travaillons dans la commande publique sont la plupart du temps des maîtres d\u2019ouvrage occasionnels qui réaliseront une bibliothèque ou un hôtel de ville dans leur vie de constructeur (à ce sujet, nos confrères français parlent d\u2019atomisation de la commande).À titre de partenaire dans la réalisation de ces projets, notre responsabilité est de sensibiliser ces maîtres d\u2019ouvrage à l\u2019importance de l\u2019architecture (faire naître le désir de l\u2019architecture), de les responsabiliser face aux choix à effectuer et de leur fournir des outils d aide à la prise de décision leur permettant de réaliser avec succès leurs équipements publics.Le concours d\u2019architecture est l\u2019un de ces ARQ, LA REVUE D\u2019ARCHITECTUREI ^*=: \\SÊSm HWUi ; .OUT 1999 Troisièmement, en 1997, il y avait 2700 architectes membres de l\u2019Ordre des architectes du Québec (une augmentation de 80 % en dix ans), dont près de 50 % avaient moins de 40 ans.Des chiffres qui ont fait dire à certains qu\u2019il y avait trop d\u2019architectes au Québec, soit 38 architectes pour 100 000 habitants alors que la moyenne européenne est de 70 architectes pour 100 000 habitants (100 architectes pour 100 000 habitants au Danemark).D\u2019après moi, ces données posent davantage les questions de l\u2019ouverture de la commande publique vers les jeunes architectes et de la diversification de la pratique de l\u2019architecture, en particulier pour l\u2019accompagnement à la maîtrise d\u2019ouvrage, mais aussi pour la sensibilisation, la diffusion et pour tous les autres métiers qui tournent autour de l\u2019architecture.Voilà, la discussion est ouverte ! Je tiens à remercier Marie-Josée Lacroix, l\u2019instigatrice de ce colloque et «l\u2019architecte» de ce dialogue interdisciplinaire franco-québécois.Je voudrais aussi remercier Martine Dionne, partenaire indispensable, et Georges Verney-Carron, communicateur, galériste et producteur urbain dont le rôle de médiateur entre maîtres d\u2019ouvrage et concepteurs demeure une inspiration constante.1.Milan Kundera, L'immortalité, Postface de François Ricard, Paris, Gallimard, 1993, p.518 3 et 4.Salle de Spectacle de l'Assomption, 1999, Blouin, Faucher, Aubertin, Brodeur, Gauthier, architectes.Vue de la principale façade et vue du hall d'entrée.Photographies fournies par les architectes. IA COMMANDE PUBLIQUE EN ARCHITECTURE L\u2019expérience française : concours et circonstances Yves Nocher est architecte et critique d'architecture.Il est président de International Forum of Young Architects (IFYA-Francel et consultant pour l'Institut français d'architecture (IFA).Yves Nacher Quiconque s\u2019intéresse un tant soi peu à la question des concours d\u2019architecture est tôt ou tard tenté de se pencher sur l\u2019expérience française en la matière.Il est vrai que ce pays a mis en œuvre, durant la décennie 1980, une politique d\u2019architecture publique dont la qualité doit beaucoup au remplacement d\u2019une tradition opaque de commande directe par des procédures de concours qui permirent d\u2019ouvrir largement la commande.¦ îïl ® 111 E :?}7!3|P-V ¦ IA MISE EN PLACE D'UN SYSTÈME Il est important de replacer l\u2019expérience française des concours dans la logique d\u2019un système qui s\u2019est mis en place par touches successives.La France des années I960, celle de la planification triomphante, a été construite en grande partie par des architectes auxquels l\u2019État distribuait la commande sans partage ni concurrence, sur la base de listes restreintes auprès des ministères constructeurs.Dans une administration alors très centralisée, la commande était reconduite de manière quasi automatique en circuit fermé.Cette absence de concurrence, à laquelle s\u2019ajoutaient les politiques techniques de l\u2019État en faveur de l\u2019industrialisation lourde (donc de la standardisation), a trop souvent induit une production stérile et implacable de la médiocrité.On a commencé à réagir au début des années 1970 en voulant substituer à ce malencontreux héritage de l\u2019académisme d\u2019après-guerre de nouvelles procédures à même de créer les conditions d\u2019une élévation des qualités architecturale et urbaine.On mit en place un nouveau cadre législatif et un réseau d\u2019institutions, dont la mission était de transformer radicalement les conditions de la maîtrise d\u2019ouvrage publique.Les axes étaient clairs: réflexion sur la notion de qualité architecturale et sur ses outils, promotion de l\u2019architecture comme champ de la culture contemporaine, explosion du système des «mandarins» par le soutien aux jeunes architectes, sensibilisation et formation des maîtres d\u2019ouvrage.1977 marque une étape importante: l\u2019architecture fait l\u2019objet d\u2019une loi qui déclare que celle-ci est «une expression de la culture» et qu\u2019elle est «d\u2019intérêt public».La qualité architecturale devient donc officiellement une obligation légale de la puissance publique vis-à-vis des citoyens.C\u2019est à partir de cette loi que s\u2019est progressivement fixée la base d\u2019une éthique des concours1.Celle-ci est fondée sur la transparence des procédures, sur l\u2019égalité du traitement des concurrents, sur la nécessité d\u2019une rémunération appropriée, mais surtout sur un réel professionnalisme dans le montage de la maîtrise d\u2019ouvrage.On a eu la prudence de se donner simultanément un certain nombre d\u2019outils pour accompagner cette volonté politique et réformer la maîtrise d\u2019ouvrage publique au plus haut niveau.Ces outils, comme la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques, l\u2019Institut français d\u2019architecture ou les CAUE (Conseils d\u2019architecture, d\u2019urbanisme et d\u2019environnement) dans les départements par exemple, ont créé les conditions d\u2019une véritable réflexion sur la qualité architecturale et sur l\u2019inscription de l\u2019architecture dans le quotidien.UN MALAISE GRANDISSANT On ne saurait nier l\u2019apport indéniable de plus de vingt ans de politique de concours à la qualité générale de l\u2019architecture publique.11 n\u2019est qu\u2019à voir le paysage des villes françaises aujourd\u2019hui pour constater les effets positifs du renouvellement des architectes permis par l\u2019ouverture de la commande à du sang neuf) dans un contexte culturel où l\u2019on a par ailleurs revalorisé l\u2019idée de création contemporaine auprès des maî- tres d\u2019ouvrage mais aussi auprès du public.Si les concours ont rendu possible un renouvellement des idées, une ouverture des esprits, il serait pour autant absurde de nier les accrocs au modèle idéal que certains ont voulu voir.Combien de programmes manquant de solidité, de financements fragiles ou inexistants qui font annuler des opérations après le concours, d\u2019intrigues politiques ou d\u2019intérêts propres à telle ou telle partie qui conduisent à des projets médiocres, à des jurys contredits dans leurs choix par des maîtres d\u2019ouvrage qui imposent d\u2019autres candidats, ou à des concours abusivement décrétés «infructueux» ?Les architectes sont partagés dans leurs réactions et l\u2019on assiste au meilleur comme au pire.Le meilleur, c\u2019est un mouvement contre les maîtres d\u2019ouvrage qui profitent de la crise et de la raréfaction de la commande pour augmenter la pression sur les architectes, non parfois sans cynisme: délais trop courts, esquisses qui en ont le nom mais dont le niveau de prestations est supérieur, indemnités sous-évaluées et payées tardivement précipitant les agences dans une spirale de pertes financières.Cette réaction des architectes s\u2019exerce aussi contre ces maîtres d\u2019ouvrage qui contredisent sans justification les conclusions des jurys, ou qui composent des jurys de techniciens ou de politiciens d\u2019où la préoccupation de qualité architecturale est exclue.Le pire, c\u2019est que certains confondent les effets et les causes.À les croire, ce ne serait pas le déroulement des concours qui serait en cause mais le principe même des concours qui, en étant trop nombreux, généreraient leur propre perversion.Leur conclusion: «supprimons les concours !».On remarquera que cette position est surtout le fait de certains architectes qui, pour des raisons stratégiques en période de crise (oubliant ce qu\u2019ils doivent eux-mêmes aux concours), s\u2019accommoderaient d\u2019une réduction drastique des concours pour revenir à des procédures de commande directe dont ils bénéficieraient en raison de leur notoriété.RÉACTION EN CHAÎNE Il est essentiel de s\u2019élever contre l\u2019argumentation facile des adversaires des concours, les problèmes français tenant moins à une inadaptation du système et de la législation, même si des dépoussiérages salutaires sont à l\u2019œuvre, qu\u2019à un laxisme dans l\u2019application des procédures.D\u2019un côté, il faut le dire, l\u2019État maître d\u2019ouvrage lui-même a perdu dans certains cas le sens de l\u2019exemple qu\u2019il doit donner.De l\u2019autre, une décentralisation intervenue en 1983 a atomisé la maîtrise d\u2019ouvrage publique et, ipso facto, les fronts sur lesquels veiller à la bonne application de l\u2019esprit des lois.Que ce soit par inexpérience ou par mégalomanie, les élus locaux semblent parfois oublier leurs obligations réglementaires.Le retour à la rigueur est un préalable incontournable.Un concours d\u2019architecture est un édifice fragile, un processus dont chaque étape doit être bien exécutée et dont les maîtres d\u2019ouvrage \u2014 ne l\u2019oublions pas \u2014 sont les principaux responsables du bon déroulement à tous les stades : élaboration du programme, organisation du concours, tenue du jury, proclamation des résultats et orchestration du débat public.1 2 ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE) «yp i a b aSpsS I - ;\t; \u20220Mi3 ¦ 8KSS mm- mm mÆmmÆi ps® Quelques points importants sont à retenir.Premièrement, non seulement n\u2019y a-t-il pas de concours probant sans programme mais le concours lui-même ne saurait être un palliatif à une absence de programme ou de volonté générale.Les concours flous et éthérés font perdre du temps, de l\u2019argent et de la crédibilité.Deuxièmement, après celle du programme, la qualité du débat est essentielle au bon déroulement du concours.Cette qualité dépend pour beaucoup du jury, dont la composition doit être pertinente par rapport au programme considéré et comporter une proportion significative d\u2019architectes qui remplaceraient les habituels hommes de paille et autres «sous-marins» téléguidés de tel ou tel lobby.En ce sens, la récente directive européenne 95-20 sur les marchés publics de sendees (auxquels est raccrochée l\u2019architecture dans un raccourci métaphysique saisissant.) qui impose l\u2019anonymat des procédures et rend de fait illégale la présentation orale des candidats devant le jury, pivot essentiel de la procédure française qui permettait d\u2019anticiper sur la qualité de dialogue entre maître d'œuvre et maître d\u2019ouvrage, est un coup (provisoirement ?) fatal au débat sur le projet.Enfin troisièmement, lorsqu\u2019il s\u2019agit de la proclamation des résultats, il est indispensable de rappeler que la désignation d\u2019un architecte lauréat n\u2019a jamais été en France qu\u2019une proposition faite par le jury au maître d\u2019ouvrage: elle n\u2019a aucun caractère obligatoire.Le succès rencontré par la procédure des concours a donc tenu à une certaine irréfutabilité du choix et à l\u2019exemplarité du déroulement des débats, qui tient en grande partie à la transparence du processus.En résumé, la crise (ou la supposée crise) des concours en France repose, semble-t-il, sur de faux procès, très pratiques pour : certains.LE VÉRITABLE ENJEU DES CONCOURS Il ne faut pas perdre de vue qu\u2019un concours d\u2019architecture n\u2019est pas une fin en soi, mais un moyen.L\u2019enjeu est d\u2019élever I le niveau d\u2019exigence des maîtres d\u2019ouvrage publics pour promouvoir la qualité.Les pourfendeurs de concours ne devraient donc pas être à la fois aveugles et amnésiques au point d\u2019oublier de voir combien s\u2019est parfois élevée la compétence de nombre de commanditaires publics, notamment des collectivités locales, à l\u2019école de la qualité architecturale générée par les concours.Il y a quelques années encore, il n\u2019existait pas en France de maîtrise d\u2019ouvrage comme celle de la Ville de Lyon, qui a quadrillé son agglomération de près de cent cinquante espaces publics confiés à des architectes ou à des paysagistes selon des procédures sans équivalent à cette échelle.Aucune ville n\u2019aurait pu, comme l\u2019a fait Strasbourg à l\u2019occasion de l\u2019implantation du tramway, modifier de fond en comble, en deux ans, sa physionomie et sa culture urbaine avec la même efficacité et, surtout, avec la même hardiesse en faisant appel à des architectes mais aussi à des artistes internationaux intégrés dans les mécanismes du projet urbain.Des programmes comme celui d\u2019Euralille avec sa procédure originale de «cercles de qualité urbaine» n\u2019auraient pu voir le jour dans le même état d esprit et avec la même ambition.Chacune de ces opérations est le résultat d\u2019un appel, d\u2019un conditionnement, l'effet ricochet d\u2019une exigence entêtée de qualité véhiculée par une politique qui porte enfin ses fruits vingt ans après ses premiers pas.NOTES 1.Quatre grandes familles de concours se sont alors dégagées.¦\tLes concours sur esquisse permettent de dégager moins une solution technique définitive qu\u2019un projet instaurant la base d\u2019un futur dialogue entre le lauréat et le maître d\u2019ouvrage.L\u2019architecte répond sur un parti général, sur des points forts qui structurent le projet sans le figer prématurément.Le jury retient la réponse la plus adaptée, et le maître d\u2019ouvrage entame alors avec le lauréat une collaboration qui permet d\u2019affiner le projet.Ce type de concours en deux phases, après sélection ouverte sur dossier est, de l\u2019avis général, le plus approprié.¦\tLes concours sur avant-projet sommaire (APS) sont plus adaptés à des programmes techniques dont les impératifs de fonctionnement sont plus importants que les critères architecturaux et urbains.Ce type de consultation donne des projets beaucoup plus définis et cette méthode ne devrait pas être généralisée, car le risque est grand que le jury soit précipité dans une analyse techniciste prématurée.¦\tLes concours d\u2019idées n\u2019ont pas le même champ d\u2019action.L\u2019enjeu ne consiste pas à désigner l\u2019architecte d\u2019une opération déterminée mais à alimenter la réflexion d\u2019un maître d\u2019ouvrage sur des thèmes généraux pour une opération de grande ampleur, un projet urbain par exemple.Fondés sur une programmation légère, ces concours sont en général jugés sur esquisse.Dans ces conditions, il convient de faire attention à ce que ce type de concours n\u2019aboutisse pas à de véritables pillages d\u2019idées : un concours d\u2019idées ne doit en aucun cas être un concours de projets déguisé.¦\tEnfin, les compétitions simplifiées concernent des opérations de petite taille dont le fonctionnement est bien maîtrisé par le maître d\u2019ouvrage.Ce dernier n\u2019est pas à la recherche d\u2019un projet, mais d\u2019une équipe à laquelle il donne la commande après l\u2019avoir consultée sur sa démarche.Ces consultations sont souvent organisées en deux phases : après appel de candidature et sélection sur dossier d un petit nombre d\u2019équipes, le jury retient le lauréat sur entretien.Il n y a donc pas de production préalable d\u2019un projet et cela a souvent permis à des jeunes d\u2019obtenir de premières commandes.AOUT 1999 1 et 2.Lycée de Morestel, Rhône-Alpes, France, 1994-1995, agence d'architecture Hérault-Arnod.Vue de la principale façade et vue du hall d'entrée.Photographies, G.Fessy / A.Morin.3.\tGymnase à Moirans, Rhône-Alpes, France, 1997, agence d'architecture Hérault-Arnod.Vue intérieure, Photographie, G.Fessy/A.Morin.4.\tLe nouvel Opéra de Lyon, vue partielle de la principale façade, France, 1986-1993, Jean Nouvel, et associés architectes.Photographie tirée du livre La Ville, l'art et la voiture avec la permission de l'éditeur Art / Edition. V '/ ';.V:fN'v;,g;; ' ¦ :'/1i ' .¦ \u2018 I' /oïï'.iï \u2022\u2022\u2022¦.\u2022' isfc?V\", fetaasai: P#P , : üSSSS LA COMMANDE PUBLIQUE EN ART La politique d\u2019intégration des arts à l\u2019architecture et à l\u2019environnement Andrée Côté est chargée de projets au Secrétariat de l'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement au sein de la Direction de l'architecture, de l'art public et des équipements culturels du ministère de la Culture et des Communications du Québec.Andrée Côté Afin d'illustrer le parcours de la Politique d\u2019intégration des arts à l\u2019architecture et à l\u2019environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics du gouvernement du Québec et l\u2019influence qu\u2019elle a eue sur l'histoire de l\u2019art public au Québec, je citerais en premier lieu cet extrait d\u2019un texte de Lisanne Nadeau paru dans Une décennie \u2014 L\u2019intégration des arts à l\u2019architecture et à l\u2019environnement : «En 1969, Jordi Bonet marque la scène culturelle québécoise par la réalisation d\u2019une importante œuvre murale au Grand Théâtre de Québec.Il ne s\u2019agit là que d\u2019un moment parmi tant d\u2019autres dans l\u2019histoire de l\u2019art public au Québec.De la verrière de la station de métro Champs-de-Mars, réalisée par Marcelle Ferron (1967), à l\u2019environnement sculptural de Charles Daudelin, à l\u2019édifice Marie-Guyart (complexe G) à Québec (1973) en passant par les nombreuses murales d\u2019un Pellan ou d\u2019un Paul Lacroix, notre parcours quotidien est balisé de ces œuvres qui dessinent quelques brèches dans l\u2019aspect orthogonal de notre environnement urbain.1» C\u2019est en 1961 que l\u2019on confie au ministère des Travaux publics l'application d\u2019un arrêté en conseil dans le but \u2022< d\u2019embellir l\u2019architecture ».Vingt ans plus tard, toujours soucieux d'affirmer la présence des arts visuels dans ses édifices, le gouvernement du Québec adopte par voie de décret un Règlement sur l\u2019intégration des arts à l\u2019architecture et à l\u2019environnement des édifices du gouvernement du Québec et en délègue la gestion au ministère des Affaires culturelles.Dès lors, le ministère des Affaires culturelles opte pour une gestion basée sur la transparence, l\u2019ouverture, et la participation de tous les intéressés (architectes, artistes, spécialistes en arts visuels, ministères ou organismes constructeurs, citoyennes et citoyens) au processus administratif lié à la politique du 1%.Au fil des ans, cette politique a subi quelques modifications dont une dernière en août 1996.Toutefois, le fond et les objectifs visés à l\u2019époque sont demeurés les mêmes : «créer des œuvres d\u2019art intégrées en permanence à l\u2019architecture et à l\u2019environnement des lieux publics; accroître la diffusion des œuvres des artistes du Québec; permettre à ceux-ci de collaborer, avec des architectes et des personnes représen- tant les usagers, à la réalisation d\u2019un cadre de vie enrichi par la présence de l\u2019art; faire mieux connaître 1 art actuel et ses diverses tendances et formes d\u2019expression dans les domaines des arts visuels et des métiers d art.» La politique d\u2019intégration s\u2019adresse au gouvernement, à ses ministères et organismes, ainsi qu\u2019aux organismes subventionnés par l\u2019État.Elle s\u2019applique à tout projet de construction, d\u2019agrandissement d'un bâtiment ou d aménagement d'un site public dont le coût excède 150 000 $ et ce dans toutes les régions du Québec, y compris le Nord-du-Québec.La politique d\u2019intégration fait appel aux artistes professionnels des arts visuels et des métiers d\u2019art qui sont actifs dans le domaine de l\u2019art contemporain et qui sont en mesure de réaliser des oeuvres monumentales.Lorsque le coût de construction se situe entre 150 000 $ et 400 000 $, un comité d\u2019acquisition recommande l\u2019achat d\u2019une œuvre déjà réalisée parmi celles proposées par des artistes sélectionnés; il s\u2019agit d'une acquisition et non d une intégration liée à un programme d\u2019intégration.Par contre, lorsqu'un projet de construction, d\u2019agrandissement ou d\u2019aménaeement dénasse la somme de 400 000 $ et est assu- 1 1.\tDanielle April, Entre ciel et rivière (détail), Ecole secondaire de Val-Bélair 1998.Architecte : François Moreau (Le consortium Côté Chabot Morel Bisson Poulin architectes).Photographie, Danielle April.2.\tDanielle April, Entre ciel et rivière, Ecole secondaire de Val-Bélair 1998.Architecte : François Moreau (Le consortium Côté Chabot Morel Bisson Poulin architectes).Photographie, Danielle April. Mil r Ml Sto jESÊsxSh M11HUIλ - ¦ 'MM =¦'5 liiü ¦ ' ¦ ¦ ¦ VÀ : L~ ¦ jetti à la politique du 1%, il doit comporter un programme d\u2019intégration des arts élaboré par l\u2019architecte en charge du projet.Par la suite, un comité ad hoc ( formé de l\u2019architecte du projet, d\u2019un ou de représentants du maître d\u2019ouvrage, d'un ou de spécialistes des arts visuels ou des métiers d\u2019art et d\u2019un représentant du ministère de la Culture et des Communications) évalue le programme proposé puis en défini les paramètres; c\u2019est l\u2019élaboration de la commande.Le ministère de la Culture et des Communications est responsable de la sélection des artistes appelés à soumettre des propositions d\u2019œuvres d\u2019art.Cette sélection est faite par un comité dont les membres sont les mêmes que ceux du comité ad hoc, à l\u2019exception du représentant du Ministère qui, agissant à titre de secrétaire, est alors remplacé par un spécialiste des arts visuels ou des métiers d\u2019art exerçant dans la région où sera réalisé le projet.Le comité fait son choix parmi les artistes inscrits à un fichier constitué spécialement pour l\u2019application de la politique.Selon l\u2019importance du budget de construction, le Ministère recommande, soit un artiste, soit trois artistes dont l\u2019un sera retenu à l\u2019issue d\u2019un concours.Lorsque le projet est d\u2019envergure nationale, le Ministère peut lancer un appel par avis public.Finalement, le comité ad hoc se réunit une dernière fois pour évaluer les maquettes qui lui sont proposées et il transmet ses recommandations au maître d\u2019ouvrage.Avec ses contraintes particulières, la commande publique en art est un défi important à relever.L\u2019une des conditions essentielles pour y arriver est l\u2019établissement d\u2019une véritable complicité entre l\u2019architecte et l\u2019artiste.Liée à l\u2019évolution de l\u2019art actuel et à plus de trente années de réalisations, cette complicité a permis de faire évoluer le concept d\u2019intégration de l\u2019art à l\u2019architecture et à l\u2019environnement, si bien qu\u2019aujourd\u2019hui, on assiste à «une plus grande continuité entre la production en atelier et celle vouée à l\u2019intégration»2.Loin de vouloir se restreindre à sa «clientèle institutionnelle» le ministère de la Culture et des Communications souhaite étendre la pratique de l\u2019art public.Aussi, depuis de nombreuses années il offre son expertise à des organismes privés ou à des entreprises désireuses d\u2019utiliser le cadre de la politique pour se doter d\u2019une œuvre d\u2019art public.NOTES 1.\tUne décennie \u2014 L\u2019intégration des arts à l\u2019architecture et à l\u2019environnement, Gouvernement du Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1991, p.10.2.\tIbid, p.14.3.\tFrancine Larivée, Mitosis (détail), Ecole secondaire Armand -Frappier, Saint-Constant, 1997.Architecte : Jean-François Saint-Denis (Les architectes Leclerc et associés).Photographie, Denis Farley.4.\tFrancine Larivée, Mitosis, Ecole secondaire Armand - Frappier, Saint-Constant, 1997.Architecte : Jean-François Saint-Denis (Les architectes Leclerc et associés).Photographie, Francine Larivée. \t LA COMMANDE PUBLIQUE EN DESIGN La commande publique : un levier de développement du design au Québec Marie-Josée Lacroix est commissaire au design au Service du développement économique et urbain de la Ville de Montréal.Elle travaille à la promotion du design auprès des milieux politiques et d'affaires et du grand public.Marie-Josée Lacroix Au Québec, il n\u2019existe pas de tradition en matière de commande publique en design1, ni d\u2019expériences assez nombreuses pour que l\u2019on puisse aujourd\u2019hui en faire un bilan critique.Il s\u2019agit en fait d\u2019une pratique en émergence que plusieurs défendent activement depuis quelques années.Même si certains designers ont pu bénéficier de commandes de l\u2019État, particulièrement à l\u2019époque des grands projets tels que l\u2019Exposition Universelle de 1967 ou les Jeux olympiques de 1976, celles-ci, généralement directes ou éclairées, ont été, à ce jour, le fait de trop rares exceptions2.Nous ne sommes donc pas à l\u2019heure d\u2019un discours sur la qualité ou du raffinement des processus comme peuvent l\u2019être les acteurs de la commande publique en art et en architecture.Les quelques projets réalisés au cours des dernières années, et dont plusieurs ont été présentés dans le cadre de ce colloque3, nous ont toutefois permis de développer une réflexion et une méthode originales basées sur un argumentaire économique qui pourraient bien transformer les pratiques et doter le Québec d\u2019une politique de la commande publique et de concours en design dans les années à venir.LA COMMANDE PUBLIQUE COMME STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT DU DESIGN Il existe deux approches pour favoriser l\u2019innovation en design.La première consiste à intervenir sur l\u2019offre, c\u2019est-à-dire directement auprès des entreprises qui offrent des produits et services, par un travail de sensibilisation ou par une assistance technique et financière (subventions, crédits d\u2019impôt, etc.) qui les incitent à recourir au design.La seconde consiste à intervenir sur la demande, c\u2019est-à-dire, à agir directement ou indirectement auprès des acheteurs, le client.Ici, le défi est de réussir à hausser les exigences de qualité de la demande de façon à ce que le client exerce une influence, voire même une pression, sur l\u2019offre afin que le fournisseur consacre plus d\u2019efforts au design et à l\u2019innovation.Si plusieurs outils ont été mis en place au Québec pour inciter les entreprises manufacturières (l\u2019offre) à innover, aucun moyen n\u2019a été créé, à ce jour, pour encourager les acheteurs (la demande) à exiger des efforts de design de la part des fournisseurs.Les pratiques d\u2019achat du secteur public vont parfois même à l\u2019encontre de leurs politiques industrielles.D\u2019un côté, les gouvernements subventionnent les manufacturiers pour qu\u2019ils innovent et améliorent le design de leurs produits, de l\u2019autre, ils favorisent l\u2019achat de produits à très faible contenu créatif.Or, pour accélérer l\u2019intégration du design en entreprise et offrir un banc d\u2019essai aux produits innovateurs québécois, le pouvoir d\u2019achat des gouvernements offre un levier très puissant, voire plus efficace que les aides directes aux entreprises.S\u2019il nous est impossible d\u2019obliger les entreprises à investir en design, nous pouvons, du moins, élever nos exigences de qualité en tant que consommateurs et faire du design l\u2019une des conditions d\u2019accès à nos marchés publics.L\u2019intérêt du Service du développement économique et urbain de la Ville de Montréal pour la commande publique en design est donc né de cette volonté de mieux exploiter ce levier extraordinaire qu\u2019offre les achats gouvernementaux pour instaurer de nouvelles pratiques qui favorisent la création et l\u2019innovation en design.Cette stratégie de développement du design par la commande publique nous semble s\u2019imposer d\u2019autant plus que les aides directes aux entreprises, telles les programmes de subventions et les crédits d\u2019impôt, sont sérieusement menacées à brève échéance par la restriction des fonds publics, mais aussi par le contexte du libre-échange nord-américain.LES SINGULARITÉS DE LA COMMANDE PUBLIQUE EN DESIGN : UNE OPPORTUNITÉ La distinction entre «l\u2019œuvre» et le «produit», entre \u201cl\u2019unique» et le «multiple», est à l\u2019origine de plusieurs enjeux et opportunités qui caractérisent la commande publique en design et peuvent la différencier de celle en art et en architecture.Dans le premier cas, l\u2019État commande plusieurs unités d\u2019une création destinée à une production en série, dans les autres cas, il commande une œuvre artistique, architecturale ou paysagère, unique, généralement exclusive et faite sur mesure à sa demande.La dimension industrielle du design, le caractère multiple du produit de série sont certainement des obstacles à l\u2019émergence de la commande publique en design au Québec.Pourquoi l\u2019État, en tant que client, devrait-il investir dans la création en design alors que le produit est par nature commun, donc banal, et sa fonction avant tout utilitaire par opposition à l\u2019œuvre d\u2019art ou d\u2019architecture qui est unique, donc rare, et fortement symbolique ?L\u2019aspect industriel du design occulte encore, aux yeux de plusieurs, sa dimension artistique.Au Québec, le design n\u2019est généralement pas considéré comme une production culturelle, emblématique des valeurs de notre société, mais bien comme un travail de création dirigé avant tout par des impératifs fonctionnels, commerciaux, par des contraintes de production industrielle.C\u2019est pourquoi il fait partie des stratégies industrielles et bénéficie du soutien des ministères à vocation économique alors qu\u2019il est encore très peu intégré aux politiques culturelles desquelles dépendent la commande publique en art et en architecture.Si les dimensions industrielles et commerciales du design ont pu être un frein à l\u2019émergence de la commande publique dans le passé, elles offrent aujourd\u2019hui, dans un contexte de crise des finances publiques, une opportunité que les disciplines à œuvre unique ne peuvent offrir.En effet, en commandant des œuvres artistique ou architecturale, l\u2019État doit nécessairement en assumer la totalité des coûts de création et de production.En design, il peut en être autrement.L\u2019État peut commander la création d\u2019un produit novateur qui répond à ses besoins sans toutefois lui être exclusif et dont il sera le premier mais non l\u2019unique acheteur.Ainsi, du fait de la reproductibilité d\u2019un concept en produit de série, les coûts de création et d\u2019innovation en design peu- vent être amortis sur un important volume d\u2019unités vendues à un grand nombre de clients.Dès lors, un industriel, surtout s\u2019il est manufacturier et s\u2019il dispose d\u2019une force de commercialisation, pourra voir dans une première commande de l\u2019État un incitatif suffisant pour motiver ses investissements dans la conception, le développement et la fabrication d\u2019un nouveau produit dont il détiendra les droits d'exploitation commerciale.La commande publique en design peut donc exister sans que l\u2019État en soit l\u2019unique dépositaire, sur la base d\u2019un partage des coûts de la création et des risques de l'innovation entre l\u2019État, l\u2019industrie et le designer.Nous misons donc sur cette opportunité économique qu\u2019offre le design industriel pour mettre au point des procédures d\u2019achat qui puissent en tirer profit.Bien que limitatives et inappropriées à certains contextes, ces procédures offrent l\u2019avantage d\u2019être moins coûteuses pour l\u2019État que la commande éclairée portant sur la création d\u2019objets exclusifs.Elles ont, de plus, un effet structurant sur la compétitivité du secteur manufacturier et responsabilisent les industriels à 1 égard du financement de l\u2019innovation et de la création en design.Dans l\u2019attente d\u2019une politique gouvernementale d\u2019achats qui reconnaîtrait la création et l'innovation en design, nos efforts portent sur la réalisation de projets pilotes avec des promoteurs d\u2019équipements publics métropolitains.À ce jour, l\u2019expérimentation de ces nouvelles procédures d\u2019approvisionnement public, par voie de concours de design, a donné lieu à la conception et à la commercialisation d\u2019un certain nombre de produits, surtout du mobilier.Il faut espérer que cette même approche soit au cœur du projet d'ameublement de la Grande bibliothèque du Québec.NOTES 1.\tLa définition du design à laquelle nous nous référons ici est celle proposée par Thomas Maldonado pour qui «le design est une activité créatrice qui consiste à déterminer les propriétés formelles des objets que l\u2019on veut produire industriellement».2.\tMentionnons ici, à titre d\u2019exemples, les éléments de mobilier et d\u2019éclairage extérieurs du site de l\u2019Expo 67 réalisés par François Dallegret et la torche olympique conçue par Michel Dallaire.3.\tLes projets québécois de commande publique en design qui suivent ont été présentés dans le cadre du colloque La commande publique en architecture, en art et en design : Transversalités et singularités, Lyon, décembre 1998 : Mobilier du Casino de Montréal.Client : Loto Québec.Conférenciers: Sylvain Faucher, pdg, Dismo International et Jean-François Jacques, designer industriel; Mobilier urbain du Faubourg Québec.Client : Société de développement de Montréal.Conférencier : Pierre-Luc Dumas, directeur, Bureau de projet Faubourg Québec; Composantes du réseau aérien de transport d\u2019électricité - Projet O.R.I.E.L.Client : Hydro-Québec.Conférencier : Philippe Poullaouec-Gonidec, Titulaire, Chaire en Paysage et environnement de l'Université de Montréal.16 ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE i ~ \t \t OUT 1999 1.Torche officielle de la XX10 olympiade, 1976, Michel Dallaire, designer.Photographie, François Brunelle.2 6 5.Mobilier du Casino de Montréal, 1993-1994 : [2] tabouret Saturne et (3) Chaise Baby Face, Dismo international, Jean-François Jacques designer; (4) Fauteuil Arcade, Furnitrad, Céline Laperrière designer; (5) Tabouret Martini, Omni, Michel Morelli, designer.Photographies, Pierre Crevier.6.Mobilier urbain pour Faubourg Québec, Montréal, Collection Europa (banc, grille d'arbre et poubelle), Michel Morelli et Charles Godbout, designers.Photographie fournie par le designer. Anne Marie Boutin est présidente de l'Agence pour la promotion et la création industrielle (APCI) et conseiller maître à la Cour des Comptes, France.LA COMMANDE PUBLIQUE EN DESIGN Design et commande publique en France Anne Marie Boutin En France, la commande publique en design recouvre deux réalités profondément différentes en ce qui concerne les objets de cette commande, les acteurs et leurs motivations et les procédures mises en oeuvre.Dans un cas, il s\u2019agit de commande publique de design portant sur des objets uniques ou fabriqués en petite série, dans l'autre de commande publique introduisant le design comme critère de sélection de produits industriels faisant l\u2019objet d\u2019approvisionnements publics.LA COMMANDE PUBLIQUE EN DESIGN La commande publique en design est pilotée par le ministère de la Culture comme l\u2019ensemble de la commande publique en arts plastiques.Considérant le design comme un élément de la création contemporaine et le designer comme un créateur, l\u2019État et les collectivités publiques acquièrent ou commandent des oeuvres destinées à enrichir le patrimoine national ou qui leur semblent de nature à donner d\u2019eux et de leur action une image contemporaine, exemplaire, qu\u2019il conviendra éventuellement d\u2019imiter.Au milieu des années 1980, le budget achat du mobilier national fut largement mobilisé à destination des grands chantiers de l\u2019État.La principale procédure utilisée fut celle du Fonds national d\u2019art contemporain (FNAC) ou des fonds régionaux d\u2019art contemporain (FRAC), qui s\u2019est progressivement ouverte à des produits et objets.Le fonds de la commande publique, créé en 1983 par la délégation aux arts plastiques du ministère de la Culture, est né de la volonté de favoriser la rencontre de la recherche esthétique et du projet collectif et d\u2019enrichir le cadre de vie.Il a donné lieu à diverses réalisations dans des bâtiments ou espaces publics et, dans le cadre de conventions avec des villes, dans des espaces urbains.Les villes elles-mêmes ont également investi dans ce domaine, notamment la Ville de Paris qui a ainsi fait appel à de nombreux designers pour son nouveau mobilier urbain.Ces procédures et ces démarches concernent l\u2019ensemble des arts plastiques dont la définition inclut depuis quelques années la photographie, les réalisations audiovisuelles et le design.Ces actions, multipliées au cours des années 1980, ont incontestablement participé au développement d\u2019une culture en matière de design.Elles sont toutefois restées ou redevenues après 1990 limitées, en nombre et en nature.Répondant à des procédures encore largement centralisées, les choix sont le plus souvent confiés à un très petit nombre d\u2019experts agissant individuellement comme conseillers des décideurs politiques.Les appels d\u2019offres, lorsqu\u2019ils existent, sont toujours limités (il s\u2019agit souvent d\u2019invitations).Us ont contribué à la promotion d\u2019un nombre restreint de créateurs, porteurs d\u2019une certaine image du design français.Il apparaît d\u2019autre part que le souci de ne pas prendre de risque limite considérablement le recours à des créateurs jeunes et nouveaux.La décentralisation des décisions et la diversification de l\u2019expertise, qui apparaissent nécessaires, impliqueraient une réflexion de fond sur la formation culturelle et le profil des décideurs.Enfin, de nombreuses commandes sont destinées à être vues, voire utilisées par le public (mobilier d\u2019accueil d\u2019un musée, d\u2019un service public, équipement d\u2019un jardin ou d'une place publique.).La réflexion sur le rôle qui doit être donné au public dans un choix qui le concerne reste en France un sujet de débat.Certains pensant encore que du fait de son inculture, il n\u2019en a aucun et que la décision doit être laissée à l\u2019expert, au politicien, au bailleur de fonds.L'INTRODUCTION DU DESIGN DANS LA COMMANDE PUBLIQUE L\u2019introduction du design dans la commande publique concerne tous les acheteurs publics.Le volume des commandes de biens et services par l\u2019État et les collectivités publiques est très important.Ces commandes concernent l\u2019ensemble des départements ministériels et des collectivités représentant une multiplicité d\u2019acheteurs.Leur mise en oeuvre relève du code des marchés publics.La préoccupation de qualité des biens et services qu\u2019ils achètent et de leur impact sur leur image auprès de leurs publics ou la qualité de leurs relations de travail est relativement récente pour la plupart des administrations et organismes publics.Le rôle du design de ce point de vue est encore plus rarement perçu malgré les efforts faits par le principal acheteur public, l\u2019UGAP qui regroupe les commandes des administrations.Trois types de procédures permettent toutefois d\u2019introduire la dimension du design dans la nouvelle réglementation concernant la maîtrise d\u2019ouvrage publique : ¦\tLes appels d\u2019offre avec concours s\u2019appliquent «lorsque des motifs d\u2019ordre technique, esthétique ou financier justifient des recherches particulières».Ils ne portent que sur des prestations intellectuelles (qui peuvent être celles de designers) dont le règlement fixe les modalités de protection.L\u2019administration se réserve le droit de faire exécuter par l\u2019entreprise de son choix la totalité ou une partie des prestations.Cette procédure s\u2019est révélée peu satisfaisante, car le choix du concepteur est difficile en l\u2019absence d\u2019évaluation par l\u2019entreprise des coûts de réalisation.¦\tLes marchés de conception-réalisation, dont l\u2019introduction répondait aux difficultés engendrées par la procédure précédente.Cette procédure est surtout utilisée pour des marchés de réalisation d\u2019espaces.¦\tLes critères de sélection, dans le cadre des marchés courants où le design sert tant au niveau des entreprises retenues qu\u2019au niveau des produits commandés.Ces procédures sont mal connues des acheteurs publics.Le seul effort systématique réalisé pour introduire le design dans la commande public concerne les marchés d\u2019ameublement, fournitures des bureaux et établissements d\u2019enseignement.Enfin, des initiatives ont eu lieu pour améliorer la qualité de la commande publique et stimuler la créativité industrielle.Ainsi, le ministère de la Culture a initié des consultations réunissant des équipes constituées de designers et d\u2019industriels dans des secteurs où l\u2019État est un acheteur important : mobilier et lampe de bureau, arts de la table pour collectivités, mobilier de chambre d\u2019hôpital.L\u2019évaluation finale par un jury se fait sur prototype.Les résultats commerciaux de ce type de concours ne sont pas négligeables : en ce qui concerne les mobiliers de bureau, les postes de travail conçus par Marcel Ramon et commercialisés par STRAFOR se sont vendus en 60 000 exemplaires; la société Clen annonce 25% de ses ventes sur les produits conçus par Guillet et Scibilia; pour la société Knoll, le poste de travail conçu par Marc Alessandi est leur meilleure vente.Pour les luminaires, Sacha Ketoff et la société Aluminor vendent en trois ans 23 000 exemplaires de la lampe XO.Dans le domaine des arts de la table, Deshoulières a vendu en deux ans près de 150 000 pièces du lauréat, Guy Boucher.Les résultats de la consultation sur le mobilier de chambre d\u2019hôpital ont été plus limités, car le mobilier conçu par l\u2019équipe lauréate, Sylvain Dubuisson et la société Corona, n\u2019a pas été industrialisé.Des actions semblables ont également été lancées dans les années 1980 par le ministère de l\u2019Équipement pour des produits d'intérieurs destinés au second oeuvre de bâtiments.Au-delà des retombées économiques et de leur caractère parfois décevant de ce point de vue, ces expériences, aujourd\u2019hui interrompues, ont eu pour principal effet de sensibiliser l\u2019ensemble des acheteurs publics, de modifier l'image qu'ils ont de leur environnement de travail et de leur relation avec les usagers et de faire évoluer ainsi leur comportement professionnel.Elles ont également mis 1 accent sur l\u2019importance du choix des jurys et de leur préparation.DES VOIES DE RÉFLEXION Ce rapide panorama de la situation française soulève de nombreuses interrogations qui sont au coeur de la réflexion comparative proposée par le colloque et constituent autant de pistes de travail pour l\u2019avenir comme le font apparaître la liste suivante : le rôle et la formation des différents partenaires (le bailleur de fonds, le commanditaire-maître d ouvrage, l\u2019architecte, le designer, l\u2019artiste, l\u2019utilisateur, le jury), 1 éclatement de la maîtrise d\u2019ouvrage, notamment dans les espaces publics, l\u2019articulation entre les commandes en architecture et design pour un même espace et la pluridisciplinarité dans les appels d\u2019offres sur l\u2019espace public, l\u2019évolution de la commande avec les nouveaux commanditaires.Certaines de ces questions mériteraient d\u2019être traitées de manière prioritaire.Avant tout, celle des processus de décision avec les recommandations suivantes : les procédures proposées par les pouvoirs publics devraient couvrir, ensemble ou séparément, l\u2019ensemble des objectifs à atteindre : choix d\u2019objets pour enrichir le patrimoine ou pour figurer à titre exemplaire dans un espace public, recherche et valorisation de nouveaux talents, dynamisation d\u2019un secteur industriel.Les objectifs visés, les procédures et les critères qui les sous-tendent devraient toujours être explicités et rendus publics tout comme les modalités de sélection et la composition du jury.1 8 ARQ, LA REVUE D\u2019ARCHITECTURE CONCEVOIR LA COMMANDE PUBLIQUE Georges Adamczyk est le nouveau directeur de l'Ecole d'architecture de l'Université de Montréal suite à une longue carrière au département de design de l'UQAM.Il est co-fondateur de la revue Silo et membre du comité de rédaction de la revue ARQ.Elle court, elle court, la commande publique Georges Adamczyk La commande publique, dont l\u2019État est le maître d\u2019ouvrage, ne constitue pas un instrument d\u2019action sociale et culturelle privilégié dans la société libérale.Certes, l'État n\u2019est pas absent du marché de la conception et de la construction, puisque codes et règlement, normes et lois, assurent un certain contrôle au jeu de la concurrence et au maintien de valeurs jugées fondamentales.Cependant, la situation nord-américaine et plus particulièrement québécoise, ne peut se comparer au contexte français et européen sans introduire au préalable quelques nuances.En fait, l\u2019État tend ici à prendre ses distances par rapport aux moyens de production et cela au nom de l\u2019intérêt même du public.L\u2019architecte se trouve donc au coeur du procès des valeurs qui feront d\u2019une réalisation, une contribution réelle à la chose publique.Son rôle professionnel est inscrit dans la loi des architectes et cela constitue en pratique la forme principale du souci collectif dans un espace économique modelé par l\u2019ordre de la démocratie.Il n\u2019y a donc pas d\u2019équivalent à la loi républicaine française qui fait de l\u2019architecture une cause d\u2019intérêt public.Bien entendu, il existe tout de même une commande publique pour les secteurs d\u2019interventions où l\u2019État doit s\u2019incarner dans des édifices spécialisés tels que les ambassades et les administrations, mais généralement, les constructions à caractère public sont le fruit d\u2019une commande issue de sociétés para-publiques, fixant elles-mêmes leurs objectifs en dehors d\u2019une politique cadre de la qualité architecturale.Notons au passage que l\u2019État, ici, se manifeste en double : au niveau fédéral et au niveau provincial.L\u2019un comme l\u2019autre, ces niveaux se posent comme nationaux.Il n\u2019est donc pas aisé de discuter d\u2019une politique nationale et moins encore de débattre d\u2019une architecture nationale.Une polémique récente sur le choix autoritaire du ministère des Affaires étrangères du Canada ignorant la position majoritaire du jury pour la sélection des architectes de l\u2019Ambassade du Canada à Berlin, est loin de rendre claires les intentions publiques de cette commande.La société libérale a aussi des Princes ! Parler de commande publique revient donc plutôt à identifier des marchés publics et à mesurer leurs impacts sur la qualité d\u2019ensemble des constructions et sur leur utilité réelle pour le public en général.Les questions d\u2019équité, de sécurité, de visibilité, d\u2019identité, bien qu\u2019essentielles, sont en quelque sorte accessoires au besoin primordial de la rentabilité.La commande de logements sociaux fait plutôt place à des aides financières aux personnes pour soutenir le marché et les stratégies de conservation du stock existant.Ainsi, le rôle social, la recherche et le développement, la créativité, l\u2019amélioration du cadre bâti, la mise en oeuvre d\u2019espaces publics, etc.échappent aux objectifs poursuivis par le cadre normatif de ces marchés qui visent en fait la performance économique des chantiers, des usages et des services.On ne peut évidemment nier ces valeurs pour le public.Mais sont-elles les seules à considérer ?Là encore, cette préoccupation fut abordée à l\u2019occasion du choix des professionnels pour une addition majeure au Palais des Congrès et son inscription dans un ambitieux projet urbain voulant créer à Montréal une «Cité internationale» réconciliant villes historique et moderne, une chance unique de se doter d\u2019une image (mal nécessaire à l\u2019heure de la globalisation) qui ne se limiterait pas au Stade Olympique et au Casino.L\u2019approche mesquine et bureaucratique de ce projet permet, d\u2019ores et déjà, d\u2019en prévoir l\u2019allure normative (ISO) et provinciale.Fort heureusement, dans toute cette agitation, malgré une réduction évidente des investissements publics et une augmentation proportionnelle des inquiétudes du milieu sur le rôle professionnel des architectes dans un «marché libéré», il faut se réjouir de quelques initiatives qui, quoique modestes, sont des manifestations concrètes du bien public.En fait, ceci nous amène à voir la commande publique dans toute sa diversité : diversité des maîtres d\u2019ouvrage, diversité des publics.Pour illustrer la situation québécoise, on peut retenir quelques faits très significatifs et porteurs d\u2019espoir.On les évoquera brièvement pour initier un échange entre les lecteurs français et québécois.L'ESPACE PUBLIC Sans contredit, l\u2019aménagement du Vieux-Port de Montréal doit à la consultation publique sa vocation et les grandes lignes de son plan directeur.L\u2019équipe des architectes et des urbanistes, dirigée par Aurèle Cardinal en collaboration avec Peter Rose, a su maîtriser les diverses temporalités et les usages multiples de ce grand espace public, «fenêtre sur le fleuve» souhaitée par la majorité des citoyens.Cette réponse se confirme avec la fréquentation record de ces lieux, été comme hiver.Le «projet urbain» a-t-il trouvé là ses racines en terre d\u2019Amérique française ?Les travaux publics, leur vocation première?Au début des années quatre-vingt-dix, on pouvait y croire.Les projets des faubourgs (Saint-Laurent, Québec, Récollets), des nouveaux quartiers repris sur les terrains désaffectés par le trafic ferroviaire (Outremont, Rosemont, Angus), des extensions de la ville (Rivière-des-Prairies, Bout de l\u2019île, Saint-Laurent) et les projets d\u2019espaces publics issus de la revitalisation des infrastructures industrielles tel que le Canal de Lachine, s\u2019imposaient au départ comme des ensembles urbains inspirés par la tradition montréalaise.Très vite, malheureusement, l\u2019architecture urbaine a dû céder devant les règles du marché et plusieurs doutent aujourd\u2019hui des instruments mis en place et surtout de la volonté politique de poursuivre une démarche qui, il faut bien le dire, sans faire î\u2019unanimité et sans concession populiste, a su rétablir des valeurs d\u2019urbanité appréciées de tous.CONSTRUIRE DANS LE CONSTRUIT Il s\u2019agit de l\u2019enjeu majeur des prochaines années et il ne semble pas encore avoir mobilisé les acteurs de l\u2019aménagement.On doit mentionner ici des réalisations phares telles que le Centre Canadien d\u2019Architecture, le siège social d\u2019Alcan et le Centre de commerce mondial de Montréal.Mais, ce ne sont pas à proprement parler des commandes publiques, bien qu\u2019ici le souci public soit beaucoup plus présent que dans la plupart des cas.Le patrimoine des édifices publics et celui des édifices religieux appellent des interventions qui ne pourront se limiter à de simples applications (qu\u2019il reste d\u2019ailleurs à maîtriser) des chartes et des méthodes de restauration, de réhabilitation et de recyclage.Plusieurs de ces édifices nécessiteraient des transformations, où passé, présent et futur, devraient cohabiter dans un même projet architectural.Au niveau urbain, cette nouvelle démarche a été valorisée dans le concours ouvert pour Les maisons Hazeur et Smith de la Place Royale à Québec en 1997.Trop peu commenté, ce concours a permis de rassembler plus de cinquante propositions constituant un véritable état des lieux de l\u2019architecture au Québec.Le dialogue réussi entre l\u2019architecture contemporaine et celle du passé ne s\u2019est malheureusement pas imposé comme une occasion souhaitée de définir collectivement des valeurs susceptibles d\u2019orienter l\u2019action dans l\u2019avenir.Cependant, ce concours a le mérite d\u2019avoir ouvert un débat collectif et l\u2019on ne peut qu\u2019espérer que ses promoteurs prolongent leur initiative et portent ainsi la discussion et l\u2019action plus largement dans la société.L'ARCHITECTURE SOCIALE Bien que réduite à une peau de chagrin, la commande de logements sociaux, encadrée par des conditions budgétaires et réglementaires rigoureuses, est pour les architectes une occasion de démontrer l\u2019importance de leurs services et de leur rôle social.De façon étonnante, depuis quelques années, les habitations à loyer modique conçues par les architectes présentent une qualité nettement supérieure à celle du marché pour des budgets équivalents.L\u2019ensemble de la Plaza Laurier (1994) des architectes Boutros et Pratte, réalisé pour l\u2019Office municipal d\u2019habitation de Montréal, illustre l\u2019apport de ce type de commande où l\u2019architecte, s\u2019il est généreux, peut exprimer pleinement l\u2019idée qu\u2019il se fait de sa responsabilité sociale.On trouvera ce même souci d\u2019excellence dans les Habitations Notre-Dame et les Habitations Saint-Hubert de Mercier, Boyer-Mercier tout comme dans le projet des architectes Saia et Barbarese pour les Habitations de Rouen.Dans le cadre du concours l\u2019Art de vivre en ville, pour trois projets d\u2019habitations urbaines, un seul a été réalisé en 1993 par Richard de la Riva : les Habitations Georges-Vanier, dix logements serrés en terrasse et groupés en tête d\u2019îlot dans la Petite Bourgogne qui, malheureusement, resteront sans suite.Dans cet ensemble inspiré du triplex montréalais, chaque unité de rez-de-chaussée est composée en «L» et accueille au-dessus un logement sur deux niveaux qui bénéficie d\u2019une grande terrasse.Construit en bloc de béton faisant écho à la pierre grise des constructions traditionnelles, ce projet, par ses qualités d\u2019habitabilité, de présence urbaine et surtout par sa dimension et sa modestie, est une solide source d\u2019inspiration »*'?£ m «s «»\t«s* mo* U 1111 « '» »! 1111 h JjLJLJL h si ai n ii n u n ii ii n ii Elk court, elk court, la commande publique 1.\tVieux-Port, Cardinal et Hardy, Peter Rose 2.\tPlace Royale, projet lauréat, Gauthier, Guité, Daoust et Lestage 3.\tPlaza Laurier, Boutros et Pratte 4.\tCinémathèque québécoise, Saucier et Perrotte 5.\tÉcole des HÉC, Dan Hanganu et al.Photographies, Georges Adamczyk S3®® ^\t-\t,21_LJin m m k m b i r i b r k r v ir r n i I R lî 17 17 |7 nr «r r r r IHIIMUHIf \u2019¦rHfvaivnrHiii rrrr S3®® ^\t-\t.'I_LJin «ssu ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE 20 pour ia jeune architecture.Il est regrettable de voir aujourd'hui les entrepreneurs se livrer à de vagues imitations de l'architecture du Plateau Mont-Royal lorsque des précédents comme les Habitations de Pile des Soeurs (D.Hanganu), le projet Europa (R.Boutros) et les Habitations Georges-Vanier traduisent avec tant de sensibilité et de savoir-faire la rencontre de la tradition avec la culture contemporaine.Certes, ces exemples sont fort éloignés de la pratique française.Les maisons en terrasse d\u2019origine britannique sont pour nous une composante essentielle à la forme de la ville.L\u2019immeuble et Pilot hausmanniens sont presque totalement absents de notre patrimoine, tant à Québec qu\u2019à Montréal.Ces différences sont cependant moins importantes lorsque l\u2019on considère les progrès de la recherche de nouvelles qualités pour les logis offerts et pour leur relation avec l\u2019environnement urbain.LES ÉQUIPEMENTS CULTURELS Sans réelle stratégie, de celles qui font des équipements collectifs autant des fruits de la démocratie que des instruments du pouvoir, au cours des années quatre-vingt-dix, des investissements importants dans le domaine de la culture doivent être notés.Bien que le financement de ces projets soient publics, la maîtrise d\u2019ouvrage revient aux entrepreneurs culturels eux-mêmes.Il s\u2019agit là d\u2019une tradition qui nous éloigne du rôle que peuvent jouer les administrations publiques en France dans ce domaine.Chaque projet trouve ainsi son originalité dans un dialogue vivant entre architecte et client qui s\u2019est traduit, pendant cette période, par des réalisations remarquables telles que l\u2019agrandissement du musée McCord d\u2019histoire canadienne (1991) dejodoin, Lamarre, Pratte avec LeMoyne, Lapointe, Magne; le musée de Pointe-à-Callière (1992) de Dan Hanganu/Provencher, Roy; le Monument-National (1994) et l\u2019Espace Go (1995) de Blouin, Faucher, Aubertin, Brodeur, Gauthier; l\u2019Usine C (1995) et la Cinémathèque québécoise (1998) de Saucier et Perrotte.Dans ce secteur d\u2019activités, le ministère de la Culture et des Communications du Québec a joué un rôle déterminant en région, en particulier par la mise sur pied de concours favorisant la contribution de la relève architecturale.Cette politique exceptionnelle a permis des réalisations innovatrices qui ont littéralement transformé la perception des villes du Bas du Fleuve.Il faut citer ici le Centre d\u2019interprétation du Bourg de Pabos (1992) de Cormier, Cohen, Davies-Atelier Big City et le musée régional de Rimouski (1994) de Dupuis, Létourneux avec B.Goudreault.Parallèlement à ces équipements culturels, signalons aussi le projet récent du Centre sportif de la Petite Bourgogne de Saia et Barbarese, une fête architecturale dans un quartier populaire qui démontre que, malgré des budgets modestes, plaisir et dignité, loisir populaire et culture, peuvent parfaitement cohabiter et cela grâce à la volonté des architectes.Sans leur enlever leur grand mérite, nous sommes loin ici du musée de la Civilisation à Québec (1987) et du musée des Beaux-Arts de Montréal (1992) de Moshe Safdie dont les commandes, comme pour toute commande de musée prestigieux, invitaient d\u2019emblée l\u2019architecte à se surpasser pour offrir au public de l\u2019architecture! LES UNIVERSITÉS DANS LA VILLE Ce survol de la commande publique au Québec et de ses publics est sans aucun doute très rapide.Il se centre trop sur Montréal, ne tient pas compte des équipement médicaux et des édifices techniques tout comme des infrastructures telles que les stations d\u2019épurations qui ne doivent pas être négligées.Toutefois, nous pourrions rapidement atteindre une énumération exhaustive, ce qui ne peut se produire en France car il nous faudrait certainement plusieurs jours de colloque pour faire le tour de la question.C\u2019est à peu près ce qui se passe lorsque l\u2019on aborde la question des universités.Le plan université 2000, lancé en France en 1990, produisait récemment un premier bilan : un millier d\u2019opérations, 35,2 milliards de francs dont 40% à la charge directe de l\u2019État.Une «mission campus», dirigée par deux architectes, qui vise à rapprocher l\u2019université de la ville et qui, par le fait même, génère en parallèle de fortes interventions urbaines.Au Québec, nous sommes évidemment loin du compte, mais nous pouvons nous réjouir de l\u2019effort accompli par les universités pour la qualité de leurs nouveaux édifices et surtout pour leur volonté marquée de contribuer à la culture de la ville.L\u2019exemple le plus significatif est sans doute l\u2019édifice principal de l\u2019Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue à Rouyn-Noranda (1998) par Bart, Carrier, Gauthier et Fortier.Nous mentionnerons ici quelques réalisations récentes qui illustrent bien cette mission retrouvée par les universités.Coup sur coup, l\u2019Université du Québec à Montréal inaugurait récemment le Pavillon de Design (1995), rue Sanguinet, de Dan Hanganu; le Pavillon des Sciences (1998) de Saia et Barbarese et le Pavillon de Sève (1999) de Provencher et Roy.Ces trois projets marquent le désir de l\u2019UQAM de s\u2019impliquer en tant qu\u2019intervenant majeur dans les projets urbains qui touchent le secteur est du centre-ville de Montréal.En plus d\u2019exiger des architectes une attention spécifique à la composition urbaine, l\u2019université s\u2019est aussi dotée d\u2019une unité administrative indépendante de la gestion des immeubles pour diriger les nouveaux projets favorisant ainsi un dialogue étroit, riche et exigeant, entre client, entrepreneur, architecte et usagers.Cela a généré des approches distinctives qui font de chacun de ces projets une réalisation à la fois solidaire et autonome où l\u2019espace de travail et d\u2019études est adapté aux particularités culturelles de ses utilisateurs.A l\u2019université McGill, mentionnons le MH Wong Chemical Engineering and Material Science Building (1998) dejodoin, Lamarre, Pratte, Marosie, Troy et la bibliothèque de droit (1999) de Dan Hanganu.À l\u2019Université de Montréal, il faut noter le grand projet de l\u2019immeuble des HEC, fruit d\u2019un travail d\u2019équipe dont Dan Hanganu a assuré l\u2019architecture de l\u2019ensemble; le pavillon Desmarais (1998) de Provencher et Roy et l\u2019édifice de la Faculté de l\u2019Aménagement (1998) de Saucier et Perrotte.Bien entendu, ceci est loin de faire le tour de l\u2019apport considérable des universités à la culture architecturale mais il apparaît que peu de projets nouveaux verront le jour au cours des prochaines années et il est utile de retenir le rôle majeur de ces grandes institutions.CONCLUSION Que peut-on conclure de cette amicale comparaison entre la situation française et québécoise.Tout d\u2019abord, qu\u2019il n\u2019y a pas, a priori, de déficit architectural selon que l\u2019on considère une commande d\u2019État ou une commande libérale.Dans les deux cas, la qualité architecturale peut apparaître importante ou négligeable.Certes, une loi qui fait de l\u2019architecture une cause d\u2019intérêt public semble plus efficace qu\u2019une simple loi encadrant le rôle professionnel des architectes et les marchés publics.Mais au-delà de cela, les efforts pour défendre les valeurs architecturales, celles d\u2019hier comme celles d\u2019aujourd\u2019hui, doivent se manifester dans l\u2019espace public.Il en est ainsi de nos jours pour tout : l\u2019environnement, la culture, l\u2019éducation, la santé, etc.Toute déviation corporatrice ne peut que nous couper des publics.Je terminerais en évoquant trois choses.Dans le numéro 100 de la revue ARQ, Anne Cormier demande «Où est le projet?(où est Charlie ?)» à propos d\u2019un appel d\u2019offre de la Corporation d\u2019hébergement du Québec qui vise à construire simultanément douze centres d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) pour le printemps 1999.La confusion entre le rôle du gérant des projets et celui des architectes de chaque projet fait qu\u2019on aura compris que la question est: où est l\u2019architecture?Le Grand Prix d\u2019excellence de l\u2019Ordre des architectes du Québec a été attribué cette année au groupe In Situ pour l\u2019édifice Zone.Ces trois jeunes architectes qui ont fait le pari de la transformation d\u2019un édifice existant en état d\u2019abandon, en décidant d\u2019installer leurs activités de conception sur le chantier, symbolisent en quelque sorte un idéal qui passe à l\u2019acte.Et pour finir, même si l\u2019on a échappé temporairement à la destruction du Silo n°5, l\u2019activité publique la plus connue de nos jours reste encore la destruction systématique des lieux de mémoire portés par l\u2019architecture et le paysage de la ville.Il faudra donc, chaque jour, rallumer la flamme des sept lampes de l\u2019architecture car l\u2019oubli semble être le mal fatal de ce siècle.À la veille du concours d\u2019architecture pour la Grande bibliothèque du Québec, c\u2019est le moins que l\u2019on puisse faire. CONCEVOIR LA COMMANDE PUBLIQUE La commande publique, de la médiation à l\u2019accompagnement Philippe Poullaouec-Gonidec est architecte paysagiste et plasticien de l'environnement.Il est titulaire et co-fondateur de la Chaire en paysage et environnement de l'Université de Montréal, professeur titulaire à l'Ecole d'architecture de paysage de la Faculté d'aménagement, Université de Montréal.Philippe Poullaouec-Gonidec Il est admis que la commande publique par concours en architecture, en art et en design est une occasion pour les concepteurs et les créateurs d\u2019expérimenter le projet.La commande publique en architecture et en art en France, et plus largement en Europe, a enfanté depuis plus d\u2019une décennie une relève d\u2019architectes et d\u2019artistes de talent.Fort de ce constat, l\u2019ensemble des acteurs de la commande publique commence à tirer des leçons de cette aventure notamment en ce qui concerne le cadre procédural, l\u2019effet structurant sur le plan social et politique de la ville et les conséquences esthétiques de cette confrontation1.Le Québec, pour sa part, essaie tant bien que mal de suivre le mouvement.Sans tradition, les actions misent sur un déploiement tous azimuts.Initiée par le domaine de l\u2019art public, la commande publique au Québec expérimente une pratique non-institutionnalisée du concours en architecture depuis la fin des années 1980.De même en est-il pour le design en misant sur un développement opportuniste auprès des pouvoirs publics et pour l\u2019architecture de paysage qui en est à ses premiers balbutiements.SBH9E Photos :objets du quotidien à la recherche d'une requalification.Projet ORIEL\u2014 Hydro-Québec.Photographies, Philippe Poullaouec-Gonidec.Graphique : projet ORIEL (hydro-Québec) : partenariat de recherche et commande publique en design.LES TERMES D'UNE SINGURALITÉ De ces quelques observations, on serait tenté d\u2019affirmer que la commande publique québécoise est de nature plurielle parce qu\u2019elle est collée à la segmentation disciplinaire, c\u2019est-à-dire à la singularité des pratiques.Hors, il ne le faut pas.Les objectifs recherchés et les principes qui sous-tendent ces actions convergent tous vers la même finalité, soit celle de provoquer l\u2019émulation des points de vue, de stimuler la création et de participer activement au développement d\u2019une culture du projet et d\u2019une «valeur d\u2019exemple».Et, ils ont tous en commun le même positionnement éthique : donner une chance à la relève.La commande publique en aménagement est en quête de reconnaissance depuis à peine dix ans.L\u2019architecture et le design clament haut et fort une politique de concours à l\u2019image de l\u2019art public.Cependant, la non-institutionnalisation qui prévaut actuellement au Québec singularise cette commande publique.Cette caractéristique circonstancielle fait que chaque concours est un projet en soi.Chaque concours génère des inventions procédurales et oblige l\u2019inflexion des processus de mise en oeuvre des opérations.Chaque concours exige aussi une part de risque et un engagement réel des maîtres d\u2019ouvrage.Dans ce contexte, chaque initiative est un défi qui consiste principalement à convaincre les «non-convaincus».L\u2019état de la commande publique en design est significative à ce sujet.Il y a eu beaucoup d\u2019initiatives intéressantes, mais hélas trop peu de réalisations.La résistance au concours public demeure très forte parce que celui-ci exige le changement des règles existantes de l\u2019appel d\u2019offres et qu\u2019il ébranle aussi une culture de collusion, parfois alimentée par certains concepteurs.Chaque projet ou tentative de concours en aménagement est une saga singulière qui est fortement exposée à l\u2019opinion d\u2019un milieu.En effet, les concours publics constituent l\u2019exception à la règle de la commande en aménagement.Mentionnons à titre d\u2019exemple, le fait qu\u2019il n\u2019y a pas eu un seul concours d\u2019architecture au Québec en 1998.Nous sommes bien loin d\u2019une pratique en tant que telle.Au Québec, les concours en aménagement sont en quelque sorte la contre-culture de la commande publique traditionnelle.Quoiqu\u2019il en soit, les initiatives entreprises au Québec restent un laboratoire d\u2019expériences enrichissantes, mais pas uniquement du côté des concepteurs.Ainsi, autre singularité, la commande publique en architecture et en design n\u2019a jamais été l\u2019initiative des maîtres d\u2019ouvrage.Les projets de concours ont toujours été induits par des personnes convaincues des avantages pour le développement des professions de l\u2019aménagement et des bénéfices (économiques, sociaux et culturels) des parties en cause.L\u2019avancée de la commande publique au Québec est avant tout l\u2019oeuvre d\u2019individus soucieux du bien public et de l\u2019équité collective.Les quelques concours réalisés en architecture ou initiés en design témoignent de ce fait.LES PRODUCTEURS DU PROJET DE LA COMMANDE PUBLIQUE : ENTRE LA MÉDIATION ET L'ACCOMPAGNEMENT Les circonstances actuelles d\u2019une commande publique, libre de modèles et de normes, obligent donc le déploiement d\u2019une logique de projet dans la mise en oeuvre des concours en architecture et en design.De nature stratégique et prescriptive, cette logique est adoptée à chaque cas, faisant ainsi apparaître le rôle essentiel de certains acteurs du processus sans qui l\u2019innovation ne pourrait prendre forme.En effet, l\u2019absence de politique de la commande publique en aménagement au Québec fait naître l\u2019indispensable présence des « producteurs » qui rassemblent les éléments nécessaires à la réalisation du projet de concours.Plusieurs expériences menées ces dernières années illustrent le rôle particulier de ces producteurs qui officient auprès des pouvoirs publics (à quelques exceptions près) et qui sont généralement associés, de près ou de loin, à la promotion des pratiques de l\u2019architecture et du design.Plus spécifiquement, ces « porteurs de dossier » rattachés à des organismes publics (Direction de l\u2019architecture, de l\u2019art public et des équipements culturels du ministère de la Culture et des Com-munications du Québec, Service du développement économique et urbain de la Ville de Montréal), à des ordres et à des associations professionnelles (Ordre des architectes du Québec, Association des designers industriels du Québec) et à des sociétés parapubliques et privées (Société de développement de Montréal, Dismo International) jouent une multiplicité de rôles.De conseiller au médiateur, en passant par l\u2019agent de liaison et par l\u2019accompagnateur, tous participent directement à la mise en oeuvre du projet.IA CHAIRE EN PAYSAGE ET ENVIRONNEMENT DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL L\u2019expertise universitaire est également présente dans les jeux de la commande publique au Québec.Certains projets menés par la Chaire en paysage et environnement de l\u2019Université de Montréal constituent des exemples significatifs de cette implication notamment, en ce qui concerne une recherche commanditée par Hydro-Québec portant sur le développement de nouveaux équipements de distribution hydroélectrique aériens en milieu urbain4.Avec l\u2019ensemble des partenaires de recherche, ce laboratoire a contribué à développer l\u2019idée d\u2019un concours, réunissant les manufacturiers et les designers industriels, à | produire une réflexion sur la portée structurante des équipements dans le paysage urbain et à recommander des paramètres et des critères de design.Cette réflexion multidisciplinaire a permis d\u2019énoncer des contraintes formelles, esthétiques et culturelles d\u2019un projet de design qui devait s\u2019inscrire dans le sens des anticipations et des valeurs sociales et culturelles portées par les milieux d\u2019implantation.22 rap bIÜÎHbbH m$.II is \t Sill (tip0 Générateurs de fonctions multiples et de significations plurielles pour un milieu, les critères de design menaient du même coup à proposer le développement d\u2019un processus de préliminaire et de design concerté du réseau de distribution d\u2019électricité qui, bien évidemment, confrontait les façons de faire de la maîtrise d\u2019ouvrage.Il s\u2019agissait donc de réévaluer les rationalités procédurales et surtout d\u2019interroger les modes d\u2019interface entre les objets (équipements) et les milieux pour ainsi mettre de l\u2019avant l\u2019idée que les équipements aériens de distribution hydroélectrique puissent être «ouverts» à de multiples solutions fonctionnelles et formelles et s\u2019ancrer dans l\u2019environnement.Bien qu\u2019intégré dans le cahier des charges du concours, le caractère opératoire de ce positionnement de projet n\u2019aura malheureusement pas pu être vérifié et validé puisque les résultats du concours n\u2019ont fait l\u2019objet d\u2019aucune diffusion publique jusqu\u2019à ce jour.Les leçons à tirer de cette implication sont toutefois riches.Sur le plan du contenu et de la forme, cette expérience et celles qui ont pris place par la ,,f?suite démontrent la portée critique d\u2019un positionnement volontairement transdisciplinaire du laboratoire qui oblige notamment l\u2019inflexion des cadres procéduraux et plus lar-;ement le requestionnement de certains savoir-faire.De plus, fies confirment avant tout leur rôle structurant auprès des iartenaires de projet et ce en amont de la mise en oeuvre de MCO® jljlttl liait sdupio- ilflcft ncff® Fit jiltiSt lisott ni# a Je la commande publique.Inscrites dans une continuum d\u2019expériences de recherche appliquée, l\u2019implication de la Chaire, à titre d\u2019aviseur et d\u2019expert-conseil, contribue directement au développement d\u2019une culture du projet d\u2019aménagement auprès des maîtres d\u2019ouvrage.De plus, elles démontrent en quelque sorte, la volonté de certains pouvoirs publics (ou de certaines entreprises parapubliques) de miser sur l\u2019expertise universitaire pour leur garantir certaines balises et l\u2019impliquer dans le débat social.Ceci prend tout son sens dans l\u2019une des recherches que mène actuellement la Chaire avec des partenaires gouvernementaux5 et des collectivités locales6.Le développement de cette étude porte sur la requalification d\u2019une des entrées autoroutières et routières principales de la capitale du Québec7.Au-delà de construire un sens narratif et emblématique pour le territoire en question, le «projet de paysage» développé par la Chaire postule un ensemble de recommandations, d\u2019analyses, de principes de design et une mise en œuvre du projet en fonction d\u2019un processus d\u2019appels d\u2019offres public pour sa réalisation.Cet énoncé de projet est en fait un substrat au processus de conception et de réalisation.Construit sur la base de séquences narratives de lieux et de situations, le projet est une hypothèse illustrative et suggestive de réalités qui a comme prétention d'être à la fois l\u2019induction et la référence d\u2019un débat entre acteurs publics.Par conséquent, il est conçu pour se modeler aux points de vue exprimés tout au long d\u2019un processus de concertation.C\u2019est un « cadre-réceptacle ».Il s'inscrit donc dans une formule de gestion où l\u2019équipe de la Chaire accompagne un consortium tout au long de la procédure de mise en œuvre du projet.Cette implication confirme la nécessaire quête de l\u2019accompagnement d\u2019une commande publique de plus en plus complexe notamment dans le domaine de l\u2019aménagement des territoires urbains et ruraux où le paysage est devenu l\u2019enjeu majeur.En effet, les «projets de paysage» diffèrent considérablement des projets de design et d\u2019architecture puisque, contrairement à ces derniers, le paysage est par définition difficilement cernable dans le temps et l\u2019espace.C\u2019est avant tout un enjeu des valeurs esthétiques, une mise à distance du territoire.Le projet de paysage appelle donc la pluralité des points de taie d\u2019acteurs impliqués (publics et privés, collectifs et individuels), la conjonction des variables sociales, culturelles, économiques, politiques et environnementales.Cette condition demande le redéploiement d\u2019une commande publique pour le paysage qui doit de plus en plus intégrer l\u2019apprentissage, la concertation et la médiation des acteurs et gommer certaines formes de singularité disciplinaire pour être le lieu des convergences sans toutefois, perdre le sens d\u2019une pratique inventive du projet.il ?J;# Maître d\u2019œuvre du projet Partenaires de recherche Chaire en paysage et environnement Université de Montréal Réflexion équipement de distribution IE Hydro-Quebec Direction Distribution Projet ORIEL Paramètres & critères de design ~i\u2014 Cahier de charges - concours Équipe de recherche puridisciplinaire (ingénieur, urbaniste, paysagiste, plasticien, architecte et designer) Recommandations Processus de design Commande publique par voie de concours £s W»7£7; 5355Î3J3 JCT£&S r*9 .*¦.\u2022/»\u2022¦< i' sgsr.jjrSfn: \u2022=sà ^.-.*.tv £>r S ^\tO 5*\tr=^ -O7 O OQ \u2022S\u2019 cy 1\t\u2022 A-C7 - Jr s « ft fS- LES CRÉATEURS ET LA COMMANDE PUBLIQUE Pluridisciplinarité Ruedi Baur dirige l'atelier Intégral Ruedi Baur et associés qui se spécialise dans les systèmes visuels reliés à des programmes d'identité, d'orientation et d'information.Ruedi Baur, designer graphique La notion de pluridisciplinarité a toujours été un élément fondamental de ma pratique de design.Graphiste de formation, je me suis rapidement retrouvé à la frontière de cette forme de création, conceptuellement, par l\u2019intégration du questionnement de la commande comme élément inhérent à la juste réponse, formellement, par l\u2019intervention où les éléments tridimensionnels se couplent à la réponse graphique.La barrière entre art et design m\u2019indiffère.J\u2019essaie à toute problématique de donner la réponse juste.Libre aux autres de juger de sa pertinence artistique.Pluridisciplinarité ne veut pas dire que l\u2019on touche à toutes les disciplines, mais que l\u2019on est capable, avec d\u2019autres, de penser un projet commun en dépassant largement le cadre de sa spécialité, quitte à y revenir dans un second temps au moment de la réalisation du projet.Cette tentation de briser les frontières rigides entre disciplines, pourtant si proches, a été testée d\u2019abord dans l\u2019enseignement que j\u2019ai mis en place à l\u2019École des beaux-arts de Lyon autour des notions d\u2019«espace-information» (conception d\u2019exposition) et de «design civique» (le design dans l\u2019espace pubüc).Puis inscrite et exercée au sein de l\u2019atelier Intégral Ruedi Baur et associés où se croisent architectes, designers de produits et graphistes autour de projets communs.Enfin, et surtout, à travers des collaborations extérieures autour de projets architecturaux, de pavillons d\u2019expositions, d\u2019expositions, de design urbain, de signalétique territoriale ou architecturale.Les quelques projets présentés dans ce numéro, témoignent de cette approche.ESISAR VALENCE, VALENCE, 1997 (CONSTRUIT) Dans le cadre d\u2019un 1% artistique, les architectes Rollet et Lipsky nous ont confié la conception graphique de la façade avec pour mission de travailler sur l\u2019identification du bâtiment tout en respectant les normes de protections solaire et acoustique.LES PONTS DE TOURCOING, TOURCOING, 1996 (EN COURS DE RÉALISATION) Un concours graphique et artistique est à l\u2019origine de cette commande : donner une façade à la ville depuis la voie ferroviaire.Le parti pris détourne la commande.Le projet inscrit l\u2019histoire de ce non lieu dans le mur de soutènement des ponts.La commande s\u2019est vu prolongée par une mission de design urbain regroupant interventions graphiques, architecture, mobilier et mise en scène de chantiers.LE PONT D'EYTHRA, EYTHRA, ALLEMAGNE, 1998 (EN COURS D'ÉTUDE) Issu d\u2019un concours d\u2019architecture, ce projet hors compétition traite de l\u2019usage d\u2019un ancien pont transporteur situé dans une mine de charbon à ciel ouvert.Il relie un projet de musée industriel à celui d\u2019un site archéologique en plaçant en parallèle leurs histoires respectives.L\u2019intervention se situe au niveau de la conception du projet et de la direction^ artistique générale.Le pont, surélevé de trente-cinq mètres, sera positionné dans le prolongement d\u2019une allée de tilleuls menant au château disparu d\u2019Eythra.Le pont sera au niveau de l\u2019eau dans quinze ans lorsque la nappe phréatique sera remontée.ARTEPLAGE DE NEUCHÂTEL, NEUCHÂTEL, 1998 (EN COURS D'ÉTUDE) Multipak regroupe des créateurs suisses et français (designers, scénographes, architectes, paysagistes, éclairagistes et ingénieurs) pour le concours de design de 1 Arteplage de Neuchâtel, un des quatre sites de l\u2019Exposition nationale suisse de 2001.Le projet lauréat, développé sur le thème de « nature et artifice », a été conçu comme une structure ouverte, une sorte de roselière trait d\u2019union entre la ville et le lac.1.\tPonts de Tourcoing, Tourcoing, 1996.Intervention sur le mur de soutènement du pont.Photographie fournie par Intégral Ruedi Baur et associés.2.\tEsisar Valence, Valence, 1997.Vue partielle de la façade.Photographie, Guy Depollier.3.\tArteplage de Neuchâtel, 1998.Maquette du projet.Photographie fournie par Intégral Ruedi Baur et associés.4.\tPont d'Eythra, Eythra, Allemagne, j 1998.Vue générale du projet.Image digitalisée fournie par Intégral Ruedi Baur et associés.36 ARQ, LA REVUE D\u2019ARCHITECTÜf Choc par corps malléable iastm E695 modiiiée) TypeX, s/8po U/R, 5/epo Panneau Fiberock VHP/8 PO Tests conduits pat les laboratoires indépendants HP White gag.;*.FIBEROCK m Panneau de gypse Marque mmm HÉ «s 0 Si Treillis de fibre de verre renforcé Noyau de gypse Couche de gypse renforcée de fibres Utilisez les panneaux Fiberock\u201d0 VHI de CGC pour remplacer un mur en maçonnerie.Pour répondre aux spécifications rigoureuses de résistance au feu et aux mauvais traitements dans les écoles, les hôpitaux et les autres établissements institutionnels, CGC présente les panneaux de gypse Fiberock™ VHI (très grande résistance aux chocs) renforcés de fibres.Ces panneaux sont constitués d'un mélange révolutionnaire de gypse et de fibres de bois, avec une couche enrobée de treillis de renfort en fibre de verre.Il existe maintenant une autre solution, plus économique et plus facile à mettre en place que la construction onéreuse en maçonnerie.Les panneaux Fiberock VHI assurent la résistance nécessaire à l'abrasion, aux marques et à la pénétration des murs et plafonds intérieurs, dans les applications difficiles.À de nombreux égards, les panneaux Fiberock VHI sont supérieurs à la cloison sèche ordinaire, tout en offrant le même caractère pratique et la même flexibilité de conception pour les architectes et les entrepreneurs.Les panneaux Fiberock VHI se posent sur une ossature traditionnelle, permettant une mise en place plus facile de la plomberie et de l'installation électrique, tout en donnant un cycle de service plus long.Pour de plus amples renseignements, adressez-vous à votre représentant CGC local ou appelez au 1-800-361-1310.Vous pouvez aussi visiter notre site web à www.cgcinc.com.Le logo CGC est une marque de commerce de CGC Inc.CGC Inc.est un utilisateur agréé de la marque de commerce Fiberock.CGC Inc.C.P.4034, succursale A, Toronto (Ontario) M5W 1K8 COMMANDE EN ARCHITECTURE EN ART U B L I Q U E ET EN DESIGN "]
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