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Titre :
ARQ
ARQ s'impose rapidement comme la revue de référence pour le milieu québécois de l'architecture. Elle permet de comprendre l'évolution de l'architecture québécoise contemporaine.
Éditeurs :
  • Montréal :Groupe culturel Préfontaine,1981-,
  • Québec :Cöpilia design inc.
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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ARQ, 2002-02, Collections de BAnQ.

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[" 2JduJ\\ /évÆL'4iTO^ 3jdüjJ\\ -VU5U1 LA REVUE D'ARCHITECTURE LA BIBLIOTHÈQUE DE CHÂTEAUGUAY CONCOURS D\u2019ARCHITECTURE Ni \u2018j*3' b \u2022\t^ *\tV I ov FÉVRIER 2002 ^798 4 wàÆ ¦ fît! ï'téyj* ntlli PRIX D\u2019EXCELLENCE EN HABITATION DE LA SCHL APPEL DE CANDIDATURES Abordabilité du logement :des innovations Si, au cours des dix dernières années, vous avez mis en place une solution innovante au Canada qui a permis d'accroître le choix de logements pour les ménages dans le besoin, vous pouvez poser votre candidature afin d'obtenir un prix dans l'une des cinq catégories ci-dessous : Conception et design Financement et mode d'occupation Planification et réglementation Processus et gestion Technologie et production C'est facile.Il suffit de se procurer un formulaire de demande en composant le 1-866-822-8719, ou en le téléchargeant à partir du site Web de la SCHL à www.schl.ca La date limite pour poser sa candidature est le 5 avril 2002.SCHLlfrCMHC AU COEUR DE L'HABITATION Canada NUMERO 118 \u2014 FEVRIER 2002 Sommaire\tÉDITORIAL 3\tEN ARCHITECTURE, COMME AUX ÉCHECS, L\u2019IMPORTANT C\u2019EST L\u2019OUVERTURE ! Jean-Pierre Chupin 4\tLA PIQÛRE DES CONCOURS Philippe Drolet 5\tUN ESPACE DE SILENCE ! Diane Dupré 6\tACROBATIES DE L\u2019ARCHITECTURE POTENTIELLE Jean-Pierre Chupin 10\tLA BIBLIOTHÈQUE DE CHÂTEAUGUAY ATELIER T.A.G.+ JLP ARCHITECTES, LE PROJET LAURÉAT 14\tEMOND KOZINA MULVEY ARCHITECTURE 16\tBIRTZ BASTIEN ARCHITECTES 18\tNOMADE ARCHITECTURE 20\tALARIE DESJARDINS, ARCHITECTES 21\tLES ARCHITECTES BOUTROS ET PRATTE 22\tHAL INGBERG ET VLADIMIR TOPOUZANOV, ARCHITECTES 23\tDESNOYERS MERCURE & ASSOCIÉS 24\tPRATIQUE CONCEPTUELLE, MATÉRIALITÉ, ESPACE ET TOPOGRAPHIE HAL INGBERG i »\t¦ 1 1 1 IN Sur la page couverture une des images de la présentation du projet lauréat du concours d'architecture pour la bibliothèque de Châteauguay par ATELIER T.A.G.+ JLP ARCHITECTES\tÉditeur: Pierre Boyer-Mercier Membres fondateurs de la revue: Pierre Boyer-Mercier, Pierre Beaupré, Jean-Louis Robillard et Jean-FI.Mercier.Membres du comité de rédaction: Georges Adamczyk, Jean Beaudoin, Anne Cormier, Philippe Lupien, Pierre Boyer-Mercier.Production graphique: Côpilia design inc.Directeur artistique: |ean-FI.Mercier.\tReprésentants publicitaires (Sales Representatives) : Jacques Lauzon et associés.¦\tBureau de Montréal: 100, Alexis Nihon, bureau 592 / Ville Saint-Laurent, Québec /H4M 2P1.Téléphone: (514) 747-2332 / Télécopieur: (514) 747-6556.¦\tBureau de Toronto : 1-800-689-0344.ERRATUM Lors de la précédente parution de la revue ARQ nous avons fait une erreur dans l'orthographe du nom d'un des associés du consortium gagnant du concours d'architecture de l'Université Concordia.Nous aurions du écrire que le projet lauréat du campus Sir Georges Williams était l'oeuvre de :\tARQ est distribuée à tous les membres de L'Ordre des architectes du Québec Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada.© Art et architecture Québec: Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.ISSN: 1203-1488.Envois de publications canadiennes: contrat de vente #40037429 ARQ est dorénavant publié quatre fois l'an par Art et architecture Québec, corporation à but non-lucratif.Les changements d'adresse et les demandes d'abonnement doivent être adresses à: 4\tKuwabana Payne McKenna blumberg Architects FICHTEN S01FERMAN ARCHITECTS en collaboration avec Stéphane Tremblay / Daniel Arbour & Associés.Nos excuses pour cette erreur.\tArt et architecture Québec / 1463, rue Préfontaine / Montréal, Qc / FI1W 2N6 / Tél.rédaction: (514) 523-7024; administration (514) 523-4900.Abonnements au Canada (taxes comprises): 1 an (4 numéros): 36,81 $ / 57,51 $ pour les institutions et les gouvernements.Abonnements USA 1 AN: (4 numéros) 50,00 $ / Abonnements Autres pays: 60,00 $.ARQ est indexé dans «Repères». \t Hi V Le nouvel art de construire Le système Expanpromc offre une solution efficace et économique pour ériger rapidement un édifice multirésidentiel.Il permet de fermer la coquille d\u2019un édifice de 30 000 pieds carrés sur six étages en moins de cinq semaines.Il est conçu pour satisfaire toutes les exigences architecturales et esthétiques et se prête bien à Lutilisation de finis extérieurs variés, donnant toute l\u2019élégance et la durabilité voulues au bâtiment.Le mur porteur est constitué d\u2019une paroi structurale légère faite d\u2019acier galvanisé et d\u2019écrans pare-feux et pare-air, auxquels s\u2019ajoute un isolant en polystyrène à haute densité.Assemblé en usine dans des conditions idéales, il peut être livré recouvert de béton polymère ou sans finition extérieure.Pour en connaître davantage sur ce produit, composez dès aujourd\u2019hui le 1 888 836-9807.Le Groupe Canam Manac est titulaire d'une licence délivrée en vertu de la Loi sur le bâtiment du Québec.Licence RBÛ : 2634-2030*18 I \u2022expanpro SOLUTIONS + SERVICE 740, avenue Guy-Poulin Saint-Joseph-de-Beauce (Québec) GOS 2V0 Tel : (418) 397-1000 Téléc.: (418) 397-1001 www.expanpro.com Domaine Duvernay Laval, QC Cholette et Morin Antoine Chaloub Promoteur : Architecte : Projet : Editorial Jean-Pierre Chupin En architecture, comme aux échecs, L\u2019IMPORTANT C\u2019EST L\u2019OUVERTURE ! Ah! pourquoi REDOUTER LA CRITIQUE, C'EST REFUSER UN RENDEZ-VOUS DÉLICIEUX AU CENTRE DES BOIS, PRÈS D'UN MARÉCAGE, PARCE QUE L'ON A PEUR DE LA PIQÛRE ÉPHÉMÈRE DES COUSINS.Ledoux, Claude-Nicolas, L'Architecture considérée sous le rapport de l'art, des mœurs et de la législation, Paris, 1804.Tome premier, p.32 Le moins que l'on puisse dire, c'est que les 60 équipes d'architectes qui ont participé à la consultation ouverte de la première phase du concours de la bibliothèque de Châteauguay, n'avaient pas peur de la critique.Le jury, non plus, n'a pas manqué d'un certain courage ; constitué, pour partie, de néophytes.En fait, ces candides se sont révélés tout à fait disposés à s'ouvrir aux arcanes et aux responsabilités de l'éducation architecturale, ce qui n'est pas la moindre des vertus d\u2019un tel concours.On peut d\u2019ailleurs se demander ce qu'un jury uniquement composé d'architectes aurait fait devant ce déferlement de modes de représentation ou de points de vue, d'avant-projets surdéveloppés ou d'esquisses bâclées, de petites métaphores ou de grandes idées.Il y a fort à parier qu'un tel jury aurait redouté la piqûre éphémère des cousins, pour reprendre la mordante formulation de Claude-Nicolas Ledoux ! L'avenir nous dira si la composition tripartite des jurys (1/3 de représentants du maître d\u2019ouvrage, 1/3 d'experts, 1/3 d'architectes) permet de rencontrer les attentes de toutes les parties.À la faveur de cet éditorial, on me permettra en tout cas de témoigner du sérieux avec lequel les personnes qui ont participé à l\u2019évaluation de toutes ces propositions architecturales se sont acquittés de leur tache.La municipalité n\u2019en avait assurément pas anticipé l'ampleur, lorsqu'elle accepta de soumettre son modeste projet de bibliothèque à l'épreuve d'un concours d'architecture organisé à l'échelle de la province (fortement encouragée dans cette voie, il faut bien l'avouer, par les conseillers du ministère de la Culture et par le conseiller professionnel).La formule du concours ouvert, à ne pas confondre avec le concours d'idées (puisque dans le cas présent le programme était déjà fort détaillé), n'est pas une procédure de consultation qui convient forcément à tous les projets et à toutes les situations.On imagine mal un concours ouvert sur un projet tel que celui de la Grande Bibliothèque du Québec.Le principal risque du concours ouvert est aussi son principal avantage ; l'anonymat et donc l'égalité des chances.Ou presque, car en matière d'architecture comme en matière de démocratie, l'obligation de résultat n'affranchit jamais du droit à l'erreur.Pour le concours de Châteauguay, il y eut en fait trois étapes : le concours ouvert, le concours restreint et la présentation orale.Le projet lauréat (Atelier T.A.G.et Jodoin Lamarre Pratte et associés) est effectivement celui qui a su présenter le plus d'ouverture sur les rapports entre la culture et l'histoire architecturale de la ville, le plus d'ouverture sur l'organisation du programme de la bibliothèque par rapport à la configuration du parc, et surtout, qui a su présenter le tout avec le plus d'ouverture et de conviction.De l'ouverture pour un concours ouvert : par les temps qui courent, l'architecture mérite bien quelques redondances ! Assumant les limites d'un numéro de la revue ARQ, qui ne permettent pas d'accorder une juste place à l'ensemble des 60 projets de la première phase, nous avons donc opté pour le sommaire suivant.D'une part, bien entendu, un compte rendu des projets lauréats, sélectionnés et mentionnés : donnant la parole aux architectes par l'entremise de leurs projets.D'autre part, une ouverture des quelques pages restantes à divers témoignages sur l'expérience de ce concours venant pour certains de personnes auxquelles on ne laisse jamais assez de place dans une revue d\u2019architecture : celui d'un élu et président du jury (en l'occurrence le Maire de Châteauguay), celui de la bibliothécaire et principale représentante des usagers, celui d'une observatrice d'un Ministère de la Culture qui prend très au sérieux la question de l'éducation architecturale (et plus encore l'organisation des concours), celui d'un candidat dont le projet n'a pas été sélectionné mais qui a transféré le questionnement du concours dans un atelier à l'école d'architecture, celui du conseiller professionnel dont la fonction est cruciale, et finalement, celui d'un enseignant chercheur qui considère, du point de vue de l'architecture comme démarche de connaissance, que les projets de concours non sélectionnés ne sont pas des projets « perdus ».À l'instar des projets conçus en situation pédagogique, les projets de concours constituent le ferment d\u2019une « architecture potentielle », dont on sous-estime l'influence à long terme à tous les niveaux de l'édification.On saluera donc au passage, les efforts de ceux qui ont contribué à l\u2019exposition de ces projets dans divers lieux publics, universitaires, et médiatiques*.Dans ce numéro d\u2019ARQ, on ne trouvera nulle révélation fracassante sur les coulisses du jury, nuis regrets et pas plus de triomphalisme sur l'organisation des concours au Québec.On trouvera par contre des signes indéniables de la vivacité et de la disponibilité de l'architecture québécoise telle qu'elle s'est manifestée à l'occasion du concours de Châteauguay.Que ceux qui en doutent encore, se donnent mutuellement la piqûre : entre cousins, il faut s'entraider ! Note.\u2022 Voir l'excellent article de David Theodore sur le concours de Châteauguay dans The Gazette.« Young talent builds a tower of books (Competition for library in Châteauguay drew 59 entries) », samedi 10 novembre 2001, p.j3.Jean-Pierre Chupin est architecte M.O.A.Q.et professeur agrégé à l\u2019école d\u2019architecture de l\u2019Université de Montréal.Détenteur d'un Master en histoire et théorie de l'architecture (McGill) et d'un Ph.D.en aménagement, il a enseigné à l'Université du Québec à Montréal et dans les écoles d'architecture de Toulouse et de Lyon.FÉVRIER 2002 3 La piqûre des concours Philippe Drolet, architecte Conseiller professionnel pour le concours de la bibliothèque de Châteauguay Lorsqu'on prend connaissance de l'ampleur des démarches et de la complexité des enjeux qui ont mené au projet de construction de cette bibliothèque, on comprend alors quelle mouche a piqué Châteauguay.Depuis près de dix ans, des centaines de citoyens ont exercé des pressions et se sont impliqués dans ce projet.C'est pourquoi la ville s'est dotée d'un choix des plus éclairé quant au mode d'attribution de la commande architecturale.C'est dans cet esprit d'ouverture que le maître d'ouvrage a accepté la démarche d'un concours «ouvert», susceptible d'élargir les horizons et de développer un esprit critique par la comparaison de solutions.Voilà qu'apparaissait, sous la forme politique d'un «débat d'idées», non seulement un projet prometteur mais aussi une démarche fort intéressante.Les échanges et discussions attribuables au processus de concours permettent en effet aux différents acteurs impliqués d'en découvrir les multiples facettes.Ce qui semblait hypothétique devient plus complexe et implique de multiples décisions.Les nombreux paramètres à inclure dans la balance apparaissent, se discutent, se précisent.On réalise les impacts et implications du projet sur le développement futur du secteur.Les voilà donc confrontés à qualifier, commenter, analyser, classer, évaluer.de l'architecture! Et non, il n\u2019y a pas que les architectes qui se questionnent sur l'environnement bâti.Voilà aussi où se situe le défi de l'architecte.Un peu comme les musiciens qui jouent devant un auditoire qui ne lit pas la musique, les architectes doivent apprendre à pratiquer devant un auditoire à sensibiliser.« C'est vrai, t'avais raison, y' en a un qui démolit le Centre culturel, carrément ! » m'a dit un membre du jury.Oui, c'est ça un concours.C'est parce que des architectes, capables de nombreux points de vue, prennent plaisir à ce genre d'exercice, qu'avancent les idées.Recevoir soixante propositions, c'est entendre des architectes ayant soif de défis nous crier en même temps : «quand on construit, pensons-y !» Un tel engouement pour le projet de la part des architectes responsabilisera le donneur d'ouvrage devant le choix déchirant à effectuer, mais combien stimulant.Voilà un pas d'effectué : partager la difficulté de faire de l\u2019architecture, et ce, à travers une sensibilisation des différentes échelles rencontrées.De la planification urbaine à l'ergonomie, en passant par le simple citoyen avec son livre et son café, les paramètres en question sont nombreux.Bien que les architectes investissent une somme d'argent et d'énergie considérable dans cet exercice, sans tous gagner pour autant, il n'en demeure pas moins que les retombées de tels événements pour notre cadre bâti sont éloquentes.Moins visibles que les projets primés, les liens tissés maintenant entre les questions d\u2019architecture et la ville de Châteauguay sont solidement noués.Si les concours se caractérisent souvent comme lieu d'émulation d'une architecture spectaculaire, cet aspect ne provoque guère de déclic chez les utilisateurs.Ces derniers se soucient de plus en plus de l'utilisation quotidienne de leur environnement.L'évolution constante des types d'activités qui s'y déroulent demeure pour eux une préoccupation majeure.De même, la difficulté de préciser le programme appelle une souplesse dans la mise en forme du projet.L'exploit formel ou spatial se traduit ici par le potentiel d'adaptabilité.L'excellence architecturale recherchée repose sur la flexibilité que permet la planification.Le projet doit ainsi offrir d\u2019excellentes assises de conception et enfin permettre une évolution dans la démarche à poursuivre entre le lauréat et le maître d'ouvrage.En effet, le concours représente seulement 15 % de la réalisation complète d'un mandat d'architecture.C'est bien sûr dans l'avenir qu'on récoltera les retombées de cet investissement à cette phase cruciale et les vrais résultats.Si le mode d'octroi de la commande architecturale sous forme de concours est un projet important, il ne faut pas perdre de vue que cette démarche n\u2019est pas une fin en soi.C'est un moyen d'assurer un processus rigoureux quant à la sélection du meilleur équipement culturel à bâtir.Cet exercice vise à assurer que les attentes d'une population critique et motivée par l'érection d'une telle infrastructure soient remplies.Le rayonnement de la bibliothèque de Châteauguay se doit d'être à la hauteur des aspirations fondées depuis de nombreuses années.Peut-on trouver, pour une collectivité, meilleur processus à partager que l'acte de construire ?Nul doute que le concours d'architecture n'est pas le seul moyen de se concerter et d'assurer une architecture de qualité.Mais cette démarche devrait permettre d'élargir le débat et de s'assurer qu'une plus grande quantité de points de vue soient abordés.C'est en questionnant ainsi le maximum d'intervenants, en choisissant ensemble les paramètres à considérer et la pertinence de l'approche à préconiser, qu'on peut avancer avec un regard mieux éclairé. Un espace de silence ! Diane Dupré Diane Dupré, M.Urbanisme Direction de la Montérégie Ministère de la Culture et des Communications I (Observatrice du Ministère de la Culture pour le concours DE LA BIBLIOTHÈQUE DE Châteauguay) Un silence contenu, marqué d'hésitations, mêlé de craintes, parfois même de doutes, mais toujours imprégné d'admiration et de complicité.Voilà à quel univers je fus confinée pendant les délibérations du jury dont les membres devaient faire consensus autour de quatre propositions parmi une soixantaine d'esquisses.Ce silence de circonstance, règle d'or de tout observateur, s'est réinstallé lors de la seconde étape où le choix d'une proposition détaillée parmi quatre prestations allait traduire, dans l'imaginaire des participants et dans le mien, les contours de la nouvelle bibliothèque municipale et sa matérialisation dans le milieu urbain et culturel de Châteauguay.S\u2019il s'agit là d\u2019une expérience peu compromettante, elle requiert néanmoins une présence constante tout autant qu'effacée et une forte dose de patience, je dirais même de résignation pour rester à l'écart des discussions.En effet, ce n'est pas simple de rester muet à cette étape cruciale qui constitue le cœur du processus lié à la tenue d'un concours d'architecture ! Le ministère de la Culture et des Communications encourage la tenue de concours d'architecture dans la construction d'édifices publics et ce processus est devenu obligatoire pour tous les projets d\u2019équipements culturels qu\u2019il soutient financièrement et dont le coût de construction est supérieur à 2 M$.Malgré le caractère obligatoire de certains projets, la première étape de ce processus demeure la démonstration auprès du promoteur de la pertinence de tenir un concours d'architecture et de ses impacts sur la qualité du produit recherché.C'est à ce moment que s'établissent les assises sur lesquelles se développeront les éléments de réflexion qui viendront soutenir toute la démarche.Cette étape est donc très importante, et est-il besoin de rappeler que dans bien des cas, le concours d'architecture est perçu, à tort, comme une étape additionnelle dans un projet de développement occasionnant des coûts supplémentaires et une perte de contrôle du maître d\u2019œuvre sur son projet.À Châteauguay cependant, dès la première rencontre, les intervenants municipaux ont adhéré à ce processus.Ils y ont vu une excellente opportunité d'approfondir et de clarifier leurs exigences, de bonifier leur perception de l'environnement culturel dans lequel s'insère le projet, de confronter leurs idées avec des spécialistes du domaine de la bibliothéconomie, de l'architecture et de l'aménagement et enfin, d'évaluer différentes avenues de réponse à leurs besoins.C'est donc dans un esprit de complémentarité et de convivialité que se sont élaborés par la suite les outils du concours sous la gouverne du conseiller professionnel.L'élaboration de la programmation aura permis à la municipalité d'élargir les paramètres du projet au-delà du cadre bâti et fonctionnel pour rejoindre l'exploitation maximale de l\u2019ensemble du site d'implan- tation, lequel est d'ailleurs devenu un des enjeux majeurs de ce concours.L'adoption d'une réglementation aura quant à elle permis de définir des balises équitables pour tous et surtout de rendre le processus transparent et ouvert à une diversité d'équipes d'architectes.C'est au cours de ces mois de travail d'équipe que s'est développée une réelle complicité entre les intervenants municipaux, le conseiller professionnel et moi-même.Je sais aujourd'hui que cette complicité a engendré l'immense respect qui a animé les séances de travail du jury.Car, c'est dans le respect que le choix s'est fait et à partir des considérations de tous et de chacun.Faut-il rappeler que les intérêts des usagers et ceux des spécialistes n\u2019ont pas nécessairement la même portée.Les uns vivront avec le nouvel équipement, ils y travailleront et celui-ci restera un témoin de leur histoire locale, alors que les autres sont davantage préoccupés par l'aspect créatif et innovateur de la démarche et par la recherche du meilleur parti architectural comme facteur de réussite du projet.Le véritable défi du concours réside donc dans la convergence de ces intérêts et à Châteauguay, le défi était d'autant plus élevé que les architectes ont répondu en grand nombre à l'appel.Une réponse qui dans chaque esquisse présentée témoignait d'une prise de conscience de l'environnement urbain propre au projet, des enjeux poursuivis et cela, tout en reflétant une recherche de créativité qui fait honneur au milieu architectural québécois.Pour relever ce défi chacun des membres du jury s'est mis à l'écoute de l'autre, tous au même niveau, évoluant graduellement au cours des échanges vers un point commun : la solution optimale.Le président du jury, maire de Châteauguay, a participé à ce processus avec une telle conviction et un tel engagement, que je suis persuadée que la bibliothèque de cette municipalité sera demain un exemple dans la recherche de l'excellence en milieu municipal.Cet exemple de réussite développé dans un espace de complicité m'a fait rapidement oublier la contrainte du silence pour ne retenir que les bénéfices de la démarche.La solution universelle à tous vos besoins en stratifié Bëfc1 innover formé P°ur Caractéristique^\tCaractéristique0 tormabilité supérieure\trésistance chimique supérieure Caractéristique0\tCaractéristique^ résistance supérieure à l'usure résistance supérieure aux\ttaches ARBORITE DIVISION DE/OF PREMARK CANADA INC.385 Lafleur.Montréal (Québec) Canada H8R 3H7 TEL.: (514) 366-2710 .1800 9960366 \u2022 FAX: (514) 3630903 E-mail info@arborfte.com FÉVRIER 2002 5 LA BIBLIOTHEQUE DE CHATEAUGUAY CONCOURS D ' Cet article a LARGEMENT BÉNÉFICIÉ DES COMMENTAIRES ET DES RÉFLEXIONS DES PROFESSEURS Georges Adamczyk et Denis Bilodeau.ARCHITECTURE Acrobaties de l\u2019architecture potentielle Jean-Pierre Chupin Le déferlement des propositions lors de la première phase du concours de la bibliothèque municipale de Châteauguay a de quoi surprendre, ne serait-ce que du point de vue de la diversité des postures architecturales.Certes le temps des grandes doctrines unificatrices est révolu, pour le moment du moins.En ce changement de siècle qui n'en finit plus de changer, il est encore dans l'air du temps de faire le ménage de quelques certitudes modernes, de quelques hésitations post-modernes et de quelques autres tribalismes déconstructionistes.Certes une nouvelle mouvance stimulée par des évangélistes du cyberespace semble pointer à l'horizon.Pensons, par exemple, à cette série d'expositions de projets présentés de façon très «tendance» par le Fond régional d'art contemporain d'Orléans (FRAC) sous l'intitulé : Archilab (Radical Experiments in Global Architecture).Son bouillonnant commissaire, Frédéric Migayrou, a su en tout cas dépoussiérer les passives et rigides expositions de dessins d'architecture typiques des années 1980, pour tenter de révéler le dynamisme des démarches de conception, par delà la statique des formes exhibées.Reste le problème de la bruyante profusion des images et des textes en surimposition.Il faut sans doute cela pour ébranler (par l'intermédiaire de leurs étudiants) l\u2019inertie des élites installés aux commandes des écoles européennes.Mais il n'est pas encore certain qu'une mouvance techno-positive fasse autant d'effet de ce côté-ci de l'Atlantique : Montréal ne se considère-t-elle pas déjà comme un avant-poste du multimédia! Si les architectes des années 1970 et 1980 ont effectivement abusé de l'Histoire de l'architecture au point d'en détourner certains jalons en doctrines formalistes, les étudiants des années 2000 ne risquent-t-ils pas d'êtres tentés de jeter la culture architecturale (et son cortège de questionnements disciplinaires), avec l'eau du bain néo-moderniste?Les écoles d\u2019architecture ont leur part de responsabilité dans ce phénomène de désintérêt de plus en plus marqué pour la recherche architecturale sous toutes ses formes disciplinaires (historique, doctrinale, théorique, pédagogique) au profit d'un surinvestissement en direction de l'instrumentation technologique.Les étudiants actuels, loin des engagements socio-politiques (parfois à l'emporte-pièce) de leurs aînés, nourrissent actuellement une certaine inquiétude, non pas sur l'avenir de l'Architecture, mais sur l'architecture des connaissances et des savoirs-faire qu'il leur faut acquérir pour participer, en individus responsables, à l'épanouissement de la société.Une certaine mauvaise conscience post-moderne continue de faire son travail sournois de culpabilisation, minant au passage l'indispensable force de proposition des futurs architectes.Disons-le tout net, il n\u2019est pas clair pour les étudiants, que le projet d\u2019architecture soit un véhicule du changement social et des mutations culturelles, tant ils re- çoivent de messages contradictoires sur la valeur de leurs propres projets d'étudiants, que ce soit de la part des milieux professionnels ou des milieux universitaires d'ailleurs.Une comparaison permettra peut-être à ceux qui ont quitté l'école depuis plus d'une décennie, de mieux saisir ce changement de mentalité, auxquels ils participent peut-être malgré-eux, lorsqu'ils dévalorisent ces projets d'architecture de papier (ou d'écran) qui épaississent les portfolios.Prenons tous les projets «perdants» du concours de Châteauguay, et tentons d'en mesurer la dimension culturelle à long terme, tentons d'en évaluer la charge d'architecture potentielle : ces projets ont-ils une valeur par delà le concours?En d'autres temps, d'autres moeurs, on aurait probablement constitué un «salon des refusés», ne serait-ce que pour manifester la force des convictions de tel ou tel projet de société contenu en puissance dans tel groupe de propositions.On objectera peut-être qu'une bibliothèque municipale à Châteauguay, ce n'est ni le lieu d'un manifeste futuriste, ni celui d'un Pavillon de l'Esprit nouveau, ce n'est ni le «trou des Halles» dans le Paris des années 1970, ni le Parc de la Villette des années 1980.Mais faut-il oublier pour autant que le projet de Rem Koolhaas et du groupe OMA pour le Parc de la Villette a probablement rejailli avec autant d'impact sur l'éducation et la culture architecturale que le projet lauréat, et bien entendu réalisé, de Bernard Tschumi! Dans les quelques lignes qui vont suivre, je voudrais donc aborder la question du «projet» du point de vue de la notion d'architecture potentielle, développant l'idée que le salon des refusés d'un concours est un réservoir inexploité des acrobaties de l'architecture potentielle.Je tenterai succinctement de distinguer, mais également de mettre en relation analogique l\u2019architecture potentielle des projets conçus en situation pédagogique avec l'architecture potentielle des projets conçus en situation de concours.L\u2019ARCHITECTURE COMME DISCIPLINE ET PROFESSION On oublie facilement que la pensée architecturale se réfléchit, non pas à un seul niveau de construction, mais bien à deux niveaux : un niveau dit pratique dont on reconnaît de fait la légitimité, et un niveau dit théorique, que l\u2019on pense d'autant plus marginal qu'il se révèle beaucoup moins visiblement et immédiatement opératoire.En architecture, il y a bien deux directions de l'action et de la cognition, mais il est préférable de distinguer l'horizon disciplinaire de l'horizon professionnel ; tout en remarquant que l'un et l'autre comportent une dimension pratique et une dimension théorique.Ces perspectives sont souvent considérées comme étrangères l\u2019une à l'autre, puisqu'elles renvoient à des visées et à des temporalités très différen- tes.Pourtant, sans chercher dans les marges de la discipline architecturale, si l'on prend à nouveau le cas du projet de concours, on conviendra qu'il ne peut être considéré ni comme une pure élucubration théorique, ni comme une simple activité professionnelle : ne relevant au fond ni de la recherche fondamentale, ni de la simple prestation de service.Un projet de concours, par exemple, peut être lauréat mais non réalisé.Il est alors du ressort d'une collectivité - comme du* professionnel ou du chercheur - de participer à son archivage, ou à sa publication, et, ce faisant, de l'intégrer au débat culturel, au devenir collectif, au transfert des connaissances.Ou bien il peut être non sélectionné mais se voir transféré dans une autre situation, si l\u2019équipe de conception juge pertinent d'en «recycler» tout ou partie.Faut-il pour autant oublier l'importance cruciale de la situation de concours qui en a permis la mise en projet initiale?Un projet de concours fait donc partie de ces activités de la pensée architecturale qui se situent très exactement au croisement de la visée disciplinaire et de la visée professionnelle.Mais il existe une autre forme d\u2019architecture potentielle qui partage le même statut intermédiaire, le même type d'entre-deux : il s'agit des projets conçus en situation pédagogique par les étudiantes et les étudiants en architecture.Pourtant, parmi les disjonctions qui atteignent jusqu'à la légitimité même de l'architecture à se présenter comme une discipline de pensée, force est de constater les contradictions très actuelles qui entourent la notion de projet dans la plupart des écoles d'architecture européennes et nord-américaines.En effet, selon les ateliers et selon les professeurs, l'étudiant est amené à considérer son projet tantôt comme un résultat (un objet), tantôt comme la représentation d'un résultat (une image), plus rarement comme un processus de pensée (un trajet) ; et il a souvent beaucoup de difficultés à comprendre pourquoi son projet n'est pour les uns qu'une pâle simulation d'un projet professionnel, et que pour les autres disciplines universitaires, il n'est guère plus qu'une forme d'activité créatrice sans véritable statut épistémologique: c'est-à-dire sans grande valeur dans le concert des connaissances.Dans les grandes universités dites - de recherche - l'Architecture est, rappelons-le, bien loin de rayonner légitimement comme une discipline de pensée.En d'autres termes, tout se passe comme si le projet de l'étudiant - cet indicateur majeur de son niveau d'acquisition des connaissances architecturales - n'avait ni une réelle valeur professionnelle, ni une réelle valeur disciplinaire: un mauvais calque d'étude en quelque sorte! Mlya opératoi mit un h«É FAUT-IL CHOISIR ENTRE CONSTRUIRE ET INSTRUIRE?On ne soulignera sans doute jamais assez, que parmi nos projets les plus importants, qu'ils soient existen- ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE wnnem tiiife.p5, (llioj, jj % min* : 'delaife Mule a etdecon-on reft Oirrç perà«y , de finit au ta» êta nor rail» inentd'er ni oui kouis qii e ces acf-tent te plinaire et me ante ileiéit -deux : 1 ire.Pour-jusqu'à la leconsta-iourent la id* \u2022stamen; sultatfii n résultat cessus de jit# l\u2019estpmi Si itricesan! dire sans tes, Oui .1# ne# ,d# l'étudié jgtjocde me rtf dpiiate re eT tiels, techniques ou organisationnels, les projets d'architecture présentent la particularité de conjuguer deux motivations bien distinctes.Ils participent en effet d'une oscillation entre l\u2019ambition de construire et l'ambition d'instruire.En ce sens, ils correspondent à un profond désir d'édification.Évoquer l'édification c'est aussi faire appel en une formule inhabituelle, et certes imposante, à au moins trois intentionnalités souvent vécues comme contradictoires, et beaucoup plus rarement comme complémentaires : 1\t- Il y a édification à chaque fois que l\u2019on cherche à faire exister et à donner une forme à un projet.Ce que l'on nomme généralement la «conception du projet» correspond globalement à l'ensemble des démarches intentionnelles allant des premières esquisses jusqu'aux négociations contractuelles de la réalisation finale.L'édification du projet est en ce sens un phénomène de formation relativement long, résultant de multiples interactions.2\t- Il y a également édification lorsque l'on cherche à façonner l'esprit et les aptitudes de quelqu'un en le formant à la fois «au projet» (en tant que démarche opératoire menant à une réalisation, que celle-ci concerne un objet, une organisation, ou plus globalement une activité professionnelle), et «par le projet» (en tant que démarche pédagogique interpellant le potentiel et les motivations de l'individu).Dans le premier cas, l'édification du projet fait appel à l'intention de construire (du ou de ses concepteurs).Dans le deuxième cas, c'est l'intention d'instruire que l'on sollicite principalement.Cette première distinction, pour être claire, n'en est pas moins insatisfaisante.Les relations entre construire et instruire sont plus étroites qu'il n'y paraît par exemple dans les oppositions entre le constructeur et l'instructeur, entre le professionnel et le professeur.Les choses ne sont pas aussi tranchées dans les faits.SI besoin est, il suffit de se reporter à l'étymologie latine pour constater : que l'instruere et le construere signifient tous deux bâtir, l'instrudio elle-même signifiant construire.Pour rendre justice à la complexité de l'édification, il faut donc reconnaître l'existence d'une relation intermédiaire : c'est le troisième niveau de motivation, celui qui s'adresse à l'unicité fondatrice de tout projet : 3\t- On parlera d'édification du projet pour signifier cette intention, souvent inavouée, cette pulsion - inscrite au cœur même de la conduite à projet en architecture - de parvenir à un tout cohérent : de concourir à faire tenir ensemble des parties instables en une formation (comme on parle de formation musicale, de formation aérienne, ou même de formation de recherche).Dans ce troisième sens, il ne peut s'agir uniquement de solliciter une intention de construire, ou même une pure intention d'instruire, mais bien de mobiliser les deux à la fois.Nous parlerons alors d'in- tention d'édifier.Or l'aedificare latin, s'il renvoie à la constitution d'une demeure parson préfixe aedes, signifie à la fois bâtir, élever quelque chose de considérable ; mais également instruire, porter à la vertu par des exemples ou des paroles.Qu'en est-il, dans ce cas, de l'édification du projet en situation pédagogique, comme en situation de concours?Si cela correspond d'un côté à une série d'actes et de raisonnements visant à concevoir un projet pour mieux construire, et d'un autre côté à une série d'actes et de raisonnements visant à transmettre un projet pour mieux instruire : ces actes et ces raisonnements sont-ils analogues dans les deux cas?La difficulté initiale de l'édification du projet d'architecture réside effectivement dans un souci de faire converger une connaissance des objets a construire sur une connaissance des êtres à instruire.De façon à dépasser certaines des disjonctions actuelles qui réduisent le projet en situation pédagogique à une simulation «immature» (voire irresponsable) du projet professionnel, et les projets de concours à des explorations «avortées», il s'agit dans un premier temps de distinguer les visées disciplinaires et professionnelles de l'architecture, ne serait-ce que pour identifier un éventuel entre-deux.De même qu'il convient de respecter ces architectes en puissance que sont les étudiants (au moins autant que l'architecture potentielle de leurs projets), il est indispensable de reconnaître le potentiel d'édification des projets de concours : au sens propre du terme, il s'agit de reconnaître leur «virtualité».L\u2019ARCHITECTURE VIRTUELLE DES PROJETS DE CONCOURS Considérons, par exemple, le nombre de concours organisés au Canada entre le début des années 1980 (Edmonton City Hall competition, Mississauga City Hall and Civic square competition, Calgary Municipal Building competition ) et 2000 (Concours de la Grande Bibliothèque du Québec).Cette périodisation n'est pas innocente, puisqu'elle nous permet de mettre en corrélation d'une part l'instauration progressive d'une pratique des concours publics au Canada et d'autre part, un phénomène d'intensification des «pratiques réflexives» (au sens donné à cette expression par le théoricien de la pédagogie et de la consultation urbanistique, le regretté D.A.Schôn).Les propres études de Schôn sur l\u2019épistémologie de l'agir professionnel ont grandement contribué à la reconnaissance du paradigme réflexif en architecture; les démarches de conception ne pouvant être adéquatement représentées à travers le modèle de la rationalité technique (Schôn, 1994).La conception du projet d\u2019architecture est un processus complexe (fait de ruptures, de retours et de réorientations), qui fait davantage appel à un processus cyclique d'itération, FÉVRIER 2002 qu'à un processus rationnel (et encore moins linéaire) de résolution de problème.Qu'il s'agisse de critique externe et interne, de consultation pluridisciplinaire, de conception collaborative, de médiation culturelle, etc.les pratiques réflexives sont désormais constitutives de la plupart des projets d'architecture.On constate également, depuis quelques années, que la conception du projet d'architecture fait de plus en plus appel à des niveaux de collaboration hétérogènes.En situation professionnelle, le concepteur travaille rarement seul et le partage des modèles spatiaux s'accompagne d'un partage de connaissances parfois explicitables, mais le plus souvent implicites (knowledge in action).Aujourd'hui, le nombre des situations de collaboration à distance s'accroît proportionnellement au développement des technologies de la communication, y compris lorsque les projets font appel à des équipes situées dans une même ville.Et ce phénomène précipite d'autant le recours à des stratégies réflexives.Bien qu'il existe en architecture, une longue histoire de pratiques s'appuyant sur une démarche consciente de distanciation, de questionnement et d'exploration par rapport aux conventions disciplinaires et culturelles qui tendent à régir la production du cadre bâti, cette tradition a connu des développements particulièrement riches dans le dernier quart du vingtième siècle : une période marquée à la fois par une activité critique intense, et par une recrudescence du recours à la formule du concours.L'historien Anthony Vidler a récemment jeté les bases d'une cartographie des nouvelles stratégies à l'œuvre dans l'architecture contemporaine, qui se «réfléchissent», en particulier, par l'intermédiaire de publications spécialisées, de reportages, de films, d'expositions et de multiples autres formes de médiations à «l'inquiétante étrangeté», pour reprendre l'expression freudienne (Vidler, 1992).Dans une telle perspective, il est clair que l'instauration progressive des concours publics d\u2019architecture au Canada, à partir du début des années 1980, constitue un phénomène important qui n'a pas été étudié de façon rigoureuse et approfondie.Entre le concours pour l'Hôtel de Ville de Mississauga (remporté par Jones et Kirkland, architectes à Toronto et lauréats parmi 246 participants de toutes les provinces canadiennes) et celui de la Grande Bibliothèque du Québec (remporté par l'agence Patkau, associée aux architectes Croft-Pelletier et Gilles Guité), pas moins d'une cinquantaine de concours ont donné lieu à plus de 250 projets d'édifices et d'aménagements publics, et ce, sans compter les concours d\u2019idées organisés par les revues spécialisées ou par le Centre Canadien d'Archi-tecture.Ne serait-ce que pour ces deux grands édifices symboliques érigés à partir de 1982 par la Société de construction des musées du Canada, soit la Galerie nationale du Canada et le Musée national de l'homme, 7 CONCOURS D'ARCHITECTURE pas moins de 12 équipes canadiennes (5 pour le premier et 7 pour le second ) avaient lors été mandatées pour proposer des projets.À partir de 1975, on note déjà une forte intensification des pratiques critiques au Québec.L'installation Corridart, de l'architecte Melvin Charney, conçue en 1976 pour protester contre la destruction graduelle du tissu urbain historique montréalais, constitue un exemple marquant, voir un évènement fondateur, dans l'émergence d\u2019un nouveau paradigme réflexif dans l'architecture contemporaine au Québec.Depuis, on a reconnu, par exemple, les travaux de Pierre Thibault, de l\u2019Atelier Big City, du groupe In Situ, de Bosses design, de Schème inc., ou encore les réflexions archétypales sur la ville et la culture de la production bâtie de l'architecte Jacques Rousseau.Mais au Québec, comme ailleurs, le tournant réflexif ne se manifeste pas uniquement à travers des pratiques marginales ou «événementielles», comme en témoigne de façon générale le courant du «régionalisme critique» identifié par Alexander Tzonis et Kenneth Frampton.Comme partout, on assiste à un déplacement progressif des activités réflexives du front de l'exploration limitrophe à celui de la pratique professionnelle confirmée (de Dan Hanganu et Provencher-Roy à Éric Gauthier, en passant par Saucier et Perrotte, Allaire-Bergeron-Courchesnes, Dupuis et Letourneux, Cardinal et Hardy, etc.).Entre 1980 et 2000, le contexte québécois n'a donc pas été en reste sur le plan de l'ouverture de la pratique et de la discipline par les concours, puisque pas moins d\u2019une trentaine de situations ont donné lieu à plus de 150 projets d'édifices publics, et ce, sans compter les concours d\u2019idées organisés par la revue ARQ.Toutefois, il est important de noter qu'en dépit des efforts des personnes qui participent au comité des concours de l'Ordre des Architectes du Québec, il n'existe actuellement aucun répertoire à jour des concours organisés depuis le début des années 70.(Saluons donc au passage l'engagement de certaines personnes pour leur discipline, et plus particulièrement, l\u2019architecte Jean Ouellet, qui vient récemment de transmettre ces archives personnelles sur les concours à l\u2019école d\u2019architecture de l'Université de Montréal.) Ce phénomène de métissage des connaissances, encore très mal connu en architecture, coïnciderait avec une transformation des conditions culturelles et technologiques relatives aux pratiques cognitives constitutives de la pensée architecturale : la mise en réseau des équipes et l'informatisation des supports de conception intensifiant et diversifiant le partage de la décision et des connaissances.La formule du concours est déjà identifiée, par certains historiens de l'architecture, comme une situation favorisant la recherche et l'expérimentation (Jong 1994, Lipstadt, 1989 et 1991 (voir ARQ # 59) .On peut aller encore plus loin en formulant l'hypothèse que la procédure du concours participe, dans son ensemble, à la construction d'un espace public d'énonciation et de débat sur les valeurs et les orientations d'une société et, dans ce sens, qu'elle contribue à l\u2019intensification des pratiques d'exploration et de médiation culturelle dans les bureaux d'architecture.8 Toutefois, n'est-il pas paradoxal que les explorations et les transferts de connaissance semblent plus développés dans les contextes professionnels que dans les contextes académiques : là où le projet d'architecture devrait être aux avants-postes des mutations culturelles et intellectuelles?Ceci pourrait expliquer l'étonnante réticence du milieu universitaire à s'intéresser aux transformations locales de la pratique.De nombreuses recherches portent en effet sur la conservation des édifices anciens (l'étude des patrimoines traditionnels et modernes), d'autres travaux s'attachent à la reconstitution des cheminements monographiques (pour ne pas dire biographiques) des œuvres, mais il faut admettre que nous disposons de très peu de recherches consacrées spécifiquement à l\u2019étude des stratégies contemporaines de conception et des nouvelles pratiques réflexives en architecture dans les contextes culturels canadiens et québécois.En outre, certaines études sur la représentation architecturale portent, de façon parfois fragmentaire, sur des documents conçus à l'aide d'opérations analogiques (dessins, maquettes, etc.), mais rares sont les recherches permettant de comprendre les trajets de la pensée analogique dans les opérations de conception.Pour l'essentiel, cette lacune s'explique par un surinvestissement des financements, et donc des efforts, consacrés à la mise au point de systèmes de conception assistée par ordinateur, au détriment paradoxal de recherches sur les aspects cognitifs et disciplinaires les plus fondamentaux.CONSTRUIRE, INSTRUIRE ET TRADUIRE! Lors des récents «Entretiens du Centre Jacques Cartier» organisés à Lyon en décembre 2001, un colloque transdisciplinaire a permis de formuler quelques-unes des questions les plus vives relativement au projet d'édification contemporain.Intitulée «Construire, Instruire, Traduire», cette rencontre scientifique sur les «médiations, transferts et connaissances dans le projet d'édification» a rassemblé des interlocuteurs provenant de trois groupes de disciplines concernées par un recours de plus en plus intensif à la notion de projet, soit : l'architecture, l'ingénierie urbaine et les sciences de l'éducation (voir le site http:// www.lvon.archi.fr/CIT2001).Cette convocation de différents points de vue internationaux, tant européens que nord-américains s'était donnée pour objectif d'évaluer le potentiel paradigmatique du projet d'architecture.En effet, à la croisée des perspectives cognitive et culturaliste, l'architecture se révèle traversée par la double ambition de construire et d'instruire (une dualité qui, comme nous l'avons souligné plus haut, est au cœur même de la racine étymologique latine aedificare).Face à des opérations de transfert au sein desquelles les connaissances ne sont pas seulement déplacées, mais le plus souvent transformées, ou mieux «traduites», il s'agissait en particulier de s'interroger sur les phénomènes d'altération : altération des connaissances, altération des efficiences.Que ce soit du point de vue de l'architecture, de l'ingénierie ou de l'éducation, les chercheurs et les professionnels qui ont participé à ce colloque se sont accordés pour reconnaître que les transferts de connaissance se répartissent selon au moins trois dimensions constitutives du projet appelant trois directions de recherche, trois types de questionnements : 1- la dimension opérationnelle : (construire) La pratique constructive du projet peut être appréhendée comme la mise en œuvre de savoirs, savoir-faire, et connaissances incorporées.Considérant qu'un projet peut-être l'occasion d'une véritable production de connaissances, comment celles-ci sont-elles construites en situation de projet?2\t- la dimension pédagogique : (instruire) La pratique pédagogique du projet peut-être examinée du point de vue de l\u2019apprentissage (ou comme auto-apprentissage) et, en particulier, comme un processus d'incorporation des savoirs nécessaires à la participation collective au projet d'architecture.En quoi, le projet est-il un espace de partage des connaissances: qu'est-ce que l'on instruit en situation de projet?3\t- la dimension transdisciplinaire : (traduire).Finalement il apparaît nécessaire de confronter ces deux dimensions par lesquelles émerge la figure du projet d'architecture comme mode d'action privilégié dans l'édification contemporaine.Dans quelles conditions, et à quelles conditions, le projet se révèle-t-il un phénomène déterminant dans le transfert des connaissances : qu'est-ce que l'on traduit en situation de projet?La surenchère verbale autour de la notion de projet masque parfois une véritable absence de projet, y compris en architecture.Certains projets se révèlent bien peu constructifs et d'autres projets sont encore moins instructifs.À l'inverse il se trouve des projets pédagogiques, ou des projets d'ingénierie dans lesquels ces deux dimensions ne sont pas assez soulignées, tandis que de nombreux autres se montrent la plupart du temps ostensiblement trop «édifiants».Dans le cadre de cet article, il ne saurait bien entendu être question de rendre compte de ce que la vingtaine de conférenciers européens et nord-américains ont traité à cette occasion.De façon plus judicieuse, on s'en tiendra à évoquer ce dont les architectes Claude Provencher et Éric Gauthier ont débattus en particulier avec les pédagogues Bernard Rey et Jacques Tardif, et on mentionnera en conclusion un élément de synthèse proposé par Philippe Meirieu, qui fut le principal conseiller de l'ancien ministre français de l'éducation, Claude Allègre.Lors d'une présentation portant sur la conduite, mais également sur les dérives, du projet d'architecture en situation de «fast track», l'architecte montréalais Claude Provencher, s\u2019est penché sur les incidences de cette procédure de gestion sur la nature fondamentale du projet d'architecture.Pour Claude Provencher, les contraintes du temps et de l'argent ont fait naître des méthodes accélérées de livraison de projet qui ont un impact évident sur la méthode de conception, de réalisation et par conséquent, sur ses résultats.Reconnaissant que les projets conçus et exécutés selon ces critères organisationnels battent les records du temps, il admet également que cette procédure soulève une vague de controverses de la part de professionnels et même de la part des instances judiciaires.Cette tendance du recours au fast track, qui apparaît selon lui irréversible, appelle en retour des i# 4» iT': C: Ier; .Ît::- H :r::.T 77 ¦ * - T- ^ ¦ T;;-;- ::: \u2018T: '7 'ttc Ht h fi\" ; T-: (I\u2019;:;:'.% ï:>.¦T * Rayonnage \u2014>\t\\\t^ Balcon -(lecture) 1^-\u2014 Liens visuels avec le café \u2014 Périodiques- Multi-média- lecture \u2014\u2018 Salle- équipe Salle de réunion\u2014^ Coin des enfants\u2014, Plan de verre dépoli\u2014 Expositio\" Ascenseur -ÜL- 20 Alarie Desjardins Simon Alarie architecte Conception : Simon Alarie architecte Jean-Claude Oesjardins b.arch.Karim Durenceau b.arch.À plus grande échelle, l\u2019intervention unifie les structures publiques au moyen d\u2019un axe dynamique où se pratiquent certaines activités dédiées aux jeunes : planche à roulette, patins à roues alignées, spectacles, etc.De plus, cet axe délimite les circulations entre le centre des jeunes, le centre culturel et la bibliothèque.Une bande d'arbres alignés du côté du poste de pompiers et de police complète ce cadre rigide qui contient un milieu de nature plus organique.Le stationnement est relocalisé sous les lignes électriques d\u2019Hydro-Québec d\u2019une part et en façade du bâtiment d\u2019autre part.À l\u2019échelle du bâtiment lui-même, la bande programmatique devient l'entrée principale de la bibliothèque.La toiture qui la couvre exacerbera l\u2019aspect tridimensionnel de cette dernière.Le café, accessible au public et situé au premier niveau est mis en évidence par des vues plongeantes tandis que l\u2019entrée qui s\u2019ouvre sur plusieurs fonctions peut aussi servir d\u2019espace d\u2019expositions.Cet espace central est un réceptacle de lumière naturelle.La salle des enfants s\u2019ouvre sur un jardin et des jeux tout en étant sous la vigie de la bibliothécaire au comptoir des prêts.Au second niveau, la salle des périodiques est en relation visuelle avec la rue et le café.La transparence de ce bâtiment, divisé en deux parties autour de la place centrale, lui confère toute sa convivialité.^r- Aménagement organique des y! plantations au centre de Mot / structurée (ortho) pour les stationnements et les bordures de Mol Estrades extérieures -(transformables en plans uniformes) / r Aire dt jeu ^ (Tel que planifié', antérieurement) v Partie publique du bâtiment ntsgrée a la bande programmatique (jeu de toiture et signal) Estrades minérales pour agora extérieure B\u2014 ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE Les architectes Boutros et Pratte Raouf Boutros, architecte : chargé de projet et concepteur Mallory Mae Conway, architecte Maryse Bissonnette, architecte Normand Pratte, architecte Jean-Jacques Binoux, architecte paysagiste ¦¦¦ : ; ¦imrl .E CONTEXTE e site, face au boulevard Maple, contient une variété jje pavillons et un parc boisé.La construction de la bibliothèque s'est donnée pour objectif d'y créer un nouvel ordre et une nouvelle image : Par l'alignement de la bibliothèque avec celle du boste de police et l'ouverture de ses fonctions publiques du côté du Centre culturel.Ainsi le projet unifiera 'ensemble et permettra un meilleur encadrement du boulevard Maple.En consolidant la vocation civique de l'ensemble par a démolition du bâtiment commercial situé à l\u2019extrémité Nord du site et en le remplaçant par un bâtiment bublic.En dégageant le front du site en réduisant les sta-:ionnements existants qui dorénavant desserviront uniquement les besoins quotidiens de la population.Cela bonfirmera, par le fait même, le caractère vert du site.En aménageant sur le plateau arrière, réservé à la servitude, les nouvelles activités : terrains de jeux, piste cyclable, accès piétonnier et les vastes terrains de sta-«witionnements utilisés lors des activités occasionnelles.FONCTIONS PASSIVES ET ACTIVES La bibliothèque se divise en groupe de fonctions actives sur le parc et en fonctions passives sur le boule-ard Maple.Le hall d'accueil, le café, la salle dyvalente et le comptoir de prêts sont situés au rez-de-chaussée.Le secteur des jeunes s'ouvre sur les locaux publics et sur le parc tandis que le secteur des adultes est logé sur les deux niveaux supérieurs.Des ouvertures pratiquées dans les planchers facilitent le repérage des activités qui se déroulent dans la bibliothèque.Une rampe-promenade permet aux utilisateurs d'atteindre les différents niveaux du bâtiment tout en louvoyant de l'intérieur vers l\u2019extérieur le long des arbres du parc.Le bâtiment, opaque d'un côté pour recevoir le rayonnage, redevient transparent du côté de ses fonctions actives situées sur le parc.L\u2019éclairage naturel et les rayons du soleil sont ainsi filtrés pour le bien-être des utilisateurs et la conservation des documents.00* FÉVRIER 2002 ' Kl u nm Uébl * -4\u2014-I- i\u2014irmr-T i 1 i\ti 1 i I\u2014UJJ _l\u2014,.-TT r -i- !\u2014r i\u2014i\u2014r i\u2014i\u2014r i\u2014 NIVEAU 5200 NTÆAU 7800 MVEAU 2600 mm: \\«\u2014\u201c «ipMj jïü tfaiC mm ifffj \u2022 1 yfj i ft'»\u20191 U'i m lift.' ; - i MSSI CROQUIS VOLUMETRIQUE SUD-EST CROQUIS VOLUMETRIQUE NORD-OUEST - demi-niveau en contrebas rnmrnœmm mmm ÉLÉVATION BOUL.MAPLE ) ym \"earthwork\u2018 « : , «T,5\t¦\tprit; rArÉ Hal Ingberg et Vladimir Topouzanov, architectes Hal Ingberg Vladimir Topouzanov Nous avons abordé ce projet sans aucune préconception.À travers une approche rigoureusement orientée vers le processus, nous avons utilisé la topographie naturelle, le contexte bâti ainsi que le potentiel fonctionnel du site pour informer, diriger et infléchir les décisions prises en cours de conception.INTÉGRATION ENVIRONNEMENTALE Nonobstant les stationnements requis, le plan d'aménagement du site proposé désire mettre en relief la qualité d'amphithéâtre naturel du parc Ho-noré-Mercier.De façon à être virtuellement imperceptibles depuis l'intérieur du site, chacun des deux stationnements est situé au-delà des arbres existants ou ajoutés et profite du sol ondulant existant et de soigneuses interventions chirurgicales topographiques.INTÉGRATION URBAINE La bibliothèque s'aligne le long du boulevard Maple avec un recul et une hauteur de toit identiques à ceux du bâtiment de la sécurité publique.Un premier volume au toit plat accueillant la collection principale plane au-dessus du chemin d'accès menant à l'entrée principale de la bibliothèque.Cette entrée est ainsi facilement accessible et reconnaissable par les usagers qui arriveront de la rue et du stationnement.Puis, le toit s'incline en direction sud jusqu'à atteindre une hauteur de 2,1 mètres, s'arrimant ainsi avec les toits bas inclinés du Centre culturel Vanier.PRINCIPE D\u2019ORGANISATION SPATIALE La bibliothèque est organisée suivant une distribution tripartite qui établit des structures spatiales et fonctionnelles rigoureuses.Fonctionnalité et espace sont subséquemment modulés pour maximiser la lumière naturelle et les vues vers le paysage situé à l'ouest et au sud, tout en minimisant les vues moins intéressantes donnant sur le boulevard Maple et le bâtiment de la sécurité publique.LOGIQUE CONCEPTUELLE ET MATÉRIALITÉ Notre approche vis-à-vis l'expression matérielle et tectonique de la bibliothèque sert sa logique conceptuelle.Sans détours et raffinée, elle opère à partir de ce qu'on pourrait décrire comme étant un fond primitif, corporel et émotionnel.Qu'ils soient naturels (parement de bois de sapin de Douglas, toiture en cuivre) ou bien résolument artificiels (murs-rideaux aux couleurs vives), les matériaux choisis proposent un dialogue entre tradition et contemporanéité: - Le verre coloré.Dans le sens d'une expression célébrant la vie, la zone destinée aux enfants emploie de façon ludique le verre aux couleurs intenses dans les élévations sud et est.Cette stratégie est employée pour marquer la cour extérieure situé du côté est ainsi que le volume du vestibule d'entrée situé du côté nord.-La lecture extérieure.La bibliothèque possède trois cours permettant aux lecteurs et lectrices un accès extérieur dans un environnement tempéré.L'accès à ces espaces n'étant possible qu\u2019à partir de l'intérieur du bâtiment, le contrôle requis s'opère donc à même l'architecture.Chacune de ces cours possède des qualités et potentiels singuliers dont la possibilité d'organiser l'heure du conte sous les arbres dans la cour des enfants ou une lecture toute en détente accompagnée d'un café dans la cour est ou encore la contemplation du paysage dans la cour sud. * Desnoyers Mercure & associés JOSEF ZORKO François Lemoine Dominic Giguère ESUD{$t Kirsten Sutherland Judi Farkas Marie-Flore Gignac JN ESPACE VERT À CONSERVER .'espace public central étant appelé à devenir, avec la laçade en estrade de la maison des jeunes, un lieu oublie structurant unique pour le quartier demeure intouchable.Comment donc implanter un grand bâti-.^nent comme la bibliothèque et tous ses ^¦[tationnements sans en affecter l'intégralité?JEUX SOLUTIONS SUPERPOSÉES Nous avons privilégié une implantation légèrement en [etrait par rapport à la rue Maple tout en orientant le t pâtiment dans un axe est-ouest entre le parc et l'édifice de la sécurité publique.Les nouveaux stationnements, adjacents aux stationnements existants, ^¦forment un réseau automobile qui optimise ainsi la liesserte interne du site et l'utilisation maximale des places.La décision de superposer le bâtiment et les litationnements devenait évidente.Tandis qu'une par-dé du bâtiment, entre autres les fonctions d'accueil et je secteur des enfants, restait bien implanté au sol, l'autre partie montée sur des pilotis, couvrait une des plages de stationnements.UNE COMPOSITION EN PROFONDEUR Jfel une cabane dans les arbres, le secteur des adultes devient un espace d\u2019intimité et de calme.Les enfants Jeux, se retrouvent aux pieds des arbres dans un re-jfuge secret.Au milieu, en mezzanine, les adolescents Jsont installés entre ces deux mondes.La bibliothèque structure l'espace public et crée des [liens avec les équipements existants dans une mise en :scène à l\u2019échelle urbaine.Les deux salles de lecture, en (bois et en verre, ouvertes sur le parc invitent à l'inti-.Imité.Le corps central plus imposant et de nature publique permet des regroupements et des rencontres inattendues.Le rôle des salles de lectures, implantées perpendiculairement à ce corps central en est un de conciliateur de tous les usages, permettant une transi-ion douce de l'espace public vivant et généreux à l'espace de recueillement et d'intimité.INTIMITÉ ET COMMUNAUTÉ Entre la nouvelle bibliothèque et le Centre culturel I Vanier, une place piétonne sert d'antichambre au parc.Bien en vue et accessible par le stationnement, cet espace urbain sert à la fois de parvis d'entrée et de terrasse pour le café.Dans une conjugaison de lieux d'intimité et d'espace communautaires, la bibliothèque devient ainsi un véritable signal urbain.p ?\t?jüiüi : \u2022 naiiiüiniM T:'' .y T- : TTT-L-.;;.11.r i i.rzzv\u2019 WmrnM HB LES ENFANTS LÉGENDE Z CENTRE DE 3 SECTEUR ADULTE A.1 SEC A, Z SECTEUR ADOLESCENTS 5 SERVICES TECH I iquES 6.1 SALLE POLYVALENTE CHAUSSÉE EZZANINE: PLAN RI PLAN DE LA iplan de l'étage: LES ES RACES J I ACCUEIL I PACE ENFANTS 'ESPACE ADULTE ET SALLES POLYVALENTE.ma ® 1 'nVDôl t** m DMA FÉVRIER 2002 23 PRATIQUE CONCEPTUELLE, MATERIALITE, ESPACE ET TOPOGRAPHIE Hal Ingberg, architecte, professeur invité Université de Montréal, Faculté de l'aménagement, École d'architecture À la suite du concours officiel pour le Bibliothèque de Château-guay, j'ai demandé à un groupe composé d'étudiants de troisième et de quatrième année à l'Université de Montréal de réaliser ce même projet dans le contexte de «l'Atelier thématique» intitulé «Pratique conceptuelle, matérialité, espace et topographie».Les étudiants, en équipes de deux, se sont vu attribuer huit semaines pour compléter le projet.L'utilisation du dossier du concours dans le cadre de cet atelier de conception universitaire était motivé par une intention triple.Premièrement, je crois important que si tôt dans le processus éducatif, les étudiants aient l'occasion de se concentrer sur des problématiques «purement» architecturales sans être distraits par le développement de leurs propres initiatives programmatiques.Ce concours a fourni un programme spécifique auquel les étudiants ont dû adhérer strictement.Deuxièmement, ce programme de bâtiment public exige nécessairement un niveau particulier d'ingéniosité pour extraire l'architecture du roc budgétaire et programmmatique.Prendre conscience de cette réalité avec un sens d'optimisme plutôt que de frustration est une leçon que j'espérais communiquer.Troisièmement, se confronter à un projet que des professionnels locaux viennent d'achever permet aux étudiants de se mesurer à eux.Le texte qui suit est extrait de la description de cours fournie aux étudiants.L'élément moteur de l'atelier sera la provocation - en quelque sorte, un appel à un retour et à une revivification radicale des éléments essentiels de la production architecturale, vus à travers le prisme de ce que nous appellerons une «pratique conceptuelle».En fait, cet atelier explorera une architecture basée sur une activité conceptuelle dont l'expression matérielle est au service de ce conceptualisme.Une architecture ainsi définie privilégie la pensée plutôt que l'emballage esthétique et est indifférente à l'invention formelle qui serait divorcée de la réalité de l'expression quotidienne.En même temps, pour qu'une telle architecture évite le piège d'un intellectualisme à deux dimensions, son expression matérielle doit fonctionner à partir de ce qu'on pourrait décrire comme étant un fond primitif, corporel et émotionnel.Par conséquent, les matériaux avec lesquels vous choisissez de travailler de même que l'imagination et la subtilité avec lesquelles vous vous proposez de les assembler, prendront une importance primordiale dans cet atelier.L\u2019accent sera mis sur l'espace architectural et comment il peut prendre vie par la manipulation des matériaux et de la lumière.Votre œuvre devra s'inscrire dans le domaine de l'expérience sensorielle, et résister à l'influence d'une production scénographique.On vous demandera de réfléchir à la manière dont le positionnement des fenêtres et des puits de lumière peut aider à donner forme à la perception d'espaces de dimensions, proportions et formes spécifiques, et comment ces facteurs sont aussi altérés par le choix des matériaux et leurs assemblages.Finalement, nous porterons une attention particulière à l'expression de formes liées au terrain et à la ville et aux manières dont ces facteurs peuvent inspirer des relations topographiques de surface et en coupe qui peuvent transformer une expérience architecturale.IMMlUHMIIIIIl' Le projet de Julie Lescaudron et Nabi Neda Le projet de Vanessa Godin et Mauricio Zulneta (L'auteur tient à remercier les personnes suivantes pour leurs interventions et commentaires pendant les revues de projets : Manon Asselin, Jean-Pierre Chupin, Frédéric Dubé, Terry Galvin, Irena Latek, Marie-Paul Macdonald, Gilles Prud'homme, David Theodore) ARQ, LA REVUE D'ARCHITECTURE a» yS$ \t\t\t \t\t\tHT \t\t\t.\t'\ti Il O \t\t\t \t \trs \t 9652 299999994 706433 Pas d'odeur.Avec modified PLUS® SA, finies les odeurs déplaisantes.Pas de chalumeau.PLUS de flamme vive, moins de risque de feu.Pellicule protectrice facile à peler Aucun outil spécial nécessaire BlueBase' Moins d'effort.Autocollant, modified PLUS® est plus sécuritaire et facile à poser.modified PL_US° SA Système de toiture autocollant offert par les fabricants de Blueskin®.Communiquez avec nous pour recevoir notre CD-ROM offrant les données et spécifications techniques dans un format facile à lire.Chef de file dans la technologie du bitume autoadhésif, BAKOR a mis au point le système de revêtement de toiture modified PLUS\" SA afin d'offrir tous les avantages du bitume modifié sans les inconvénients des méthodes d'application plus conventionnelles.modified PLUS' SA élimine l'odeur de bitume chaud et le risque de feu engendré par le chalumeau.C'est aussi simple que ça ! 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