ARQ, 1 février 2011, Février
[" X.v.;-;.;;,;,; ARCHITECTURE-QUEBEC V'^i- |;V W&m LES CONCOURS UNE AFFAIRE DE JUGEMENT FEVRIER 201 I iii I mi ^ en remplaçant vos fenêtres pour les éco-fenêtres homologuées ENERGY STAR® de Concerto.Jusqu'à 12 % d\u2019économie de chauffage ïËMËm IË1I1M fenetresconcerto.ca I energy star Bon pour vos economies.Bon pour la planete.: Contribuez à contrer le réchauffement de la planète 489089 LE SOMMAIRE 5 L'HISTOIRE JUGERA Jean-Pierre Chupin 9 DÉFINIR LES CONCOURS Jacques White n LES ALÉAS DES CONCOURS DE L'OAQ Gilles Prud'homme 16 COMMENT COMPOSER UN JURY?Jacques White & Bechara Helal 21 PEUT-ON JUGER DE LA DURABILITÉ?Michel Gariépy&Céline-Coralie Mertenat 22 DES LIMITES DE LA NORME LEED Carmela Cucuzzella 28 JUGER DES IMAGES ImenBenJemia 33 QU'EST-CE QUE UN BON CRITÈRE QUALITATIF?Georges Adamczyk& Camille Crossman 34 DU SYMBOLE À LA POLITIQUE Victor Nasr 38 DE LA REPRÉSENTATION NATIONALE Izabel Amaral 41 LES CONCOURS ET LA RÉGLEMENTATION AU BRÉSIL Fabiano Sobreira 44 LE JURY ET LA «CONNAISSANCE DANS L'ACTION» Sofia Paisiou, Joris Ernest Van Wezemael, J an Michel Silberberger 48 QUAND JUGER C'EST «CONCEVOIR UN PROJET» Jean-Pierre Chupin 52 CONSTRUIRE POUR RÉFLÉCHIR Georges Adamczyk Éditeur : Pierre Boyer-Mercier.Éditeurs invités : Jean-Pierre Chupin et Camille Crossman.Membres fondateurs de la revue : Pierre Boyer-Mercier, Pierre Beaupré, Jean-Louis Robillard et Jean-H.Mercier.Comité de rédaction: Pierre Boyer-Mercier, rédacteur en chef ; Jonathan Cha, Yves Deschamps, Stéphan Kowal.Production graphique : Côpilia design inc./ Directeur artistique : Jean-H.Mercier.Représentants publicitaires (Sales Representatives) : Sylvie Lauzon et associés.Montréal : 32, de Matagami, Blainville, Québec, J7B 1W2 /Téléphone : (514) 747-0047 /Télécopieur : (450) 434-0051 / Sans frais (Toll Free) : 1 -888-547-0047.ARCHITECTURE-QUÉBEC Concours pour l'agrandissement du Musée national des Beaux-Arts du Québec (2009).Projet lauréat d'OMA / P r oven cher Roy et Associés, architectes.La revue ARQ est distribuée à tous les membres et stagiaires de L'Ordre des architectes du Québec, aux membres de I\u2019Association professionnelle des Designers d'intérieur du Québec et aux étudiants en architecture au Québec.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada.ISSN : 1203-1488.© Côpilia design inc : Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Envois de publications canadiennes : contrat de vente #40037429.La revue ARQ est publiée quatre fois l'an par Côpilia design inc.Les changements d'adresse et les demandes d'abonnement doivent être adressés à : Côpilia design inc., 21760,4e avenue, Saint-Georges, Québec, G5Y 5B8.Téléphone pour la rédaction : (514) 343-6276, pour l\u2019administration et la production : (418) 228-2269.Abonnement au Canada (taxes comprises) : 1 an (4 numéros) : 36,46 $ et 56,96 $ pour les institutions et les gouvernements.Abonnement USA 1 an : 50,00 $.Abonnement autres pays : 60,00 $.ARQ est indexée dans «Repères». ¦B9 N\u2019hésitez pas : mettez-nous au défi! Les panneaux et solins métalliques de Vicwest vous proposent une liberté totale de conception pour donner à tout bâtiment la finition qui le distinguera des autres.Avec des investissements considérables dans des installations clés d\u2019un bout à l'autre du pays, nous pouvons vous offrir des bordures de toit, avant-toits et systèmes de gouttières dissimulés, avec rebords arrondis.Et qui plus est, dans une grande variété de matériaux et de finis.Communiquez avec l\u2019équipe de concepteurs de Vicwest ou visitez notre site vicwest.com et cliquez sur « Design ».Les possibilités de conception sont, pour le moins que l\u2019on puisse dire, illimitées.*5 FREE Q on-line \u2022 §B \\{JU continuing .«*.EDUCATION\t| www.aecdaily.com r vicwest RBQ:8256-5821-32 Panneaux architecturaux de Vicwest Une entière liberté de design mhhp* ¦H ' L * \" \u2022 NE RETENEZ PAS VOTRE SOUFFLE Voici MemBràIN.La solution de recha intelligente au poly de 6 mil.Cette technologie éprouvée en Europe depuis plus de dix ans a récemment été introduite au Canada (CCMC 13278-R).MemBrainMC est un pare-vapeur et pare-air novateur conçu pour permettre à l\u2019humidité de s\u2019échapper et garder les murs au sec toute l\u2019année.MemBrainMC est le seul pare-vapeur qui permet à l\u2019excédent d\u2019humidité de s\u2019échapper.Le poly de 6 mil traditionnel n\u2019étant pas perméable, l\u2019humidité est donc emprisonnée dans les cavités murales.Lorsque le taux d\u2019humidité augmente dans ces cavités, MemBrainMC s\u2019adapte en devenant plus perméable, ce qui permet à l\u2019humidité de s'échapper et réduit la moisissure et les risques qui y sont associés.MemBrainMC est une solution de rechange intelligente au poly.Il peut être utilisé comme pare-vapeur et comme pare-air intérieur continu.Ne vous en faites donc plus avec la moisissure.Prenez une grande inspiration, demandez MemBrainMC et certain d\u2019avoir fait le bon choix.soyez [ Sûr et Certain ] CertainTeed SAINT-GOBAIN certainteed.com/membrain EXTERIEUR : TOITURES \u2022 PAREMENTS \u2022 FENÊTRES \u2022 CLÔTURES \u2022 RAMPES \u2022 MENUISERIE PRÉFABRIQUÉE \u2022 PATIOS \u2022 FONDATIONS TUYAUX INTÉRIEUR : ISOLATION \u2022 GYPSE \u2022 PLAFONDS ims* i\t- iSnBffSfsRflivSa à&À .'\u2022Cr-1 isf\" .- : : :: \u2022 ¦ : flina Centura | Salle d\u2019exposition de Montréal | 5885, chemin de la Côte-de-Liesse, Ville Saint-Laurent 514 336.4311 ?Centura est ici.CENTURA Céramique | Porcelaine | Vin/le | Tapis Design, déco, etcentura.Architectes et designers, voici notre nouvel espace de travail et de présentation qui saura assurément vous inspirer pour créer, inventer et mieux penser.Unique à Montréal, uniquement chez Centura.448 ÉDITORIAL LHISTOIRE JUGERA Jean-Pierre Chupin, professeur titulaire A l'école d\u2019architecture de l'université de Montréal ET DIRECTEUR SCIENTIFIQUE DU L.E.A.P.Comme dit l'adage, la critique est facile mais l'exercice difficile.Il est aisé de critiquer les erreurs du jugement architectural, plus difficile déjuger correctement un projet, comme il est sans doute plus facile déjuger un projet que de l'imaginer et de le concevoir.Et si, justement, juger revenait à concevoir le projet gagnant?C\u2019est en substance la thèse que je défends en conclusion de ce numéro spécial d\u2018ARQ consacré à cette délicate affaire du jugement dans les concours.Mais il ne s'agit que d'une idée parmi de multiples autres rassemblées dans cette livraison que les lecteurs habituels de la revue trouveront plus dense et plus théorique qu'à l'accoutumée.Or, ami lecteur, comme on disait dans les préfaces des textes classiques, tu ne dois point t'offusquer de ce que ces textes débordent des images pour tenter de réfléchir sur une question aussi importante que le jugement, car le jugement est partout dans la pratique professionnelle de l'architecte.Depuis les premières critiques dans les ateliers de l'école d'architecture, plus souvent subies que vécues, jusque dans les bureaux et dans les jurys des prix d'excellence en passant par les réactions, rares mais de plus en plus fréquentes, des journalistes et des blogueurs et, bien entendu, dans cette véritable machine à juger qu'est le concours.Le jugement est partout, mais il a été fort peu théorisé.On parlerait à juste titre d'une zone grise, d'un vide théorique, tant les textes de référence permettant de comprendre ou d\u2019affiner la pratique du jugement architectural sont rares.C'est volontairement, et grâce au soutien de Pierre Boyer-Mercier, éditeur d'ARQ, et de Camille Crossman, doctorante, que les chercheurs du Laboratoire d'étude de l'architecture potentielle (L.E.A.P.) de l'Université de Montréal ont choisi de publier leurs réflexions telles qu'elles ont été soumises au colloque de l'Association francophone pour le savoir (Acfas) en mai 2010 : colloque organisé en coordination avec le professeur Jacques White de l'Université Laval.Nous avions le loisir de les diffuser dans une revue savante, mais il nous paraissait à la fois juste et nécessaire de les soumettre d'abord au verdict de ceux qui en font profession aux différentes échelles de l'architecture, de la ville et du paysage.À vous donc, déjuger de leur intérêt pour l'amélioration des pratiques et des concours, partant de la qualité de l'espace et des édifices publics.Je voudrais toutefois signaler ce paradoxe en guise d'ouverture.La recherche sur les concours menée ici par plusieurs chercheurs québécois est désormais reconnue par des administrateurs de pays pourtant plus avancés que le Canada en matière de politique de concours.C'est peut-être parce qu'il est plus facile ici d'observer le phénomène que nous parvenons à des analyses plus percutantes, comme j'ai eu cette année plusieurs fois l'occasion de le constater lors de rencontres scientifiques en Suisse, en France, au Brésil ou encore au Danemark.Les questions qui se posent en matière de jugement sont à la fois pratiques : comment composer un jury?Qu'est-ce qu\u2019un bon critère qualitatif?Comment apprécier la part des normes (LEED) et des réglementation?Mais elles sont aussi plus théoriques : peut-on juger de la durabilité?Comment juger un projet à partir des images?Le jury est-il un lieu d\u2019intelligence collective, une communauté de pratiques?On verra également, dans les cas, non négligeables, où les concours touchent des questions hautement symboliques, voire d'identité nationale, que la pratique du jugement est une opération à haut risque.On ne juge plus seulement un projet, on juge une culture ou un pays.Pour aborder un tel sujet, au centre de la plupart des recherches développées au L.E.A.P.(www.leap.umontreal.ca), il nous a paru indispensable de solliciter aussi des chercheurs œuvrant dans d'autres contextes internationaux.La Suisse, excellent exemple de politique nationale des concours, puisqu'il s'en organise près de 200 par année (pour 200 concours en 50 années au Canada I), mais également le Brésil, moins exemplaire en matière de politique publique mais où le chiffre 200 concerne cette fois.le nombre d'écoles d'architecture.Et le Québec dans tout cela?Je tiens à redire ici ce que j'ai eu l'occasion de souligner sur plusieurs tribunes, nous assistons depuis quelques années à un renouveau de la pratique des concours : sans doute pas assez nombreux, mais de mieux en mieux organisés et jugés.Et ce n'est pas un hasard si ce regain s'effectue sur fond de scandales et de corruption à répétition dans les milieux de la construction.L'année 2010 s'est ouverte sur la démonstration, à mon humble avis exemplaire, du concours pour le nouveau Musée des beaux-arts du Québec.Elle s'est refermée avec les imbroglios gargantuesques des deux hôpitaux universitaires en PPP.Mais ne nous y trompons pas, il ne s'agit pas tant de deux formes d'octroi de la commande publique que de deux formes de jugement.On peut défendre les PPP, mais on doit aussi reconnaître qu'il s'agit toujours, en dernier ressort, d'un jugement comptable.Quand il s'agit d'apprécier la qualité d'un projet, les différentes formes de concours s'offrent comme des procédures éprouvées, dans le monde entier.Entre les deux, de toutes façons, l'histoire jugera ! ÇA FAIT TOUTE LA DIFFÉRENCE INSPIRATION^ PAR JELD-WEN, POUR LES ARCHITECTES.Des Centres de Design et un site Internet conçus pour maximiser votre productivité.Alimenter votre inspiration avec des produits et des outils développés pour innover et performer.jwinspiration.ca inspiration.PORTES ET FENETRES tfcT! Urn* * ¦ -¦¦¦ ' ; ' t v: TV #3& m.¦ M^7 [A i?\t Children i School.\tC3^ VIeenguard* \\ j ¦ COV (composés organiques volatils) - formaldehyde et autres aldéhydes CertainTeed SAINT-GOBAIN 800-233-8990 \u2022 certainteed.com TOITURES \u2022 PAREMENTS \u2022 GARNITURES \u2022 FENÊTRES \u2022 PATIOS \u2022 RAMPES \u2022 CLÔTURES ISOLATION \u2022 GYPSE \u2022 PLAFONDS \u2022 FONDATIONS \u2022 TUYAUX AirRenew Le seul panneau de gypse qui nettoie l\u2019air.N\u2019est-ce pas mieux?Le panneau AirRenewMC est le seul panneau de gypse qui contribue activement à l\u2019amélioration de la qualité de l\u2019air.\u2022\tIl élimine les COV* de façon permanente en les convertissant en composés inertes et sécuritaires.\u2022\tLes tests et les analyses démontrent qu\u2019il absorbe les COV* pendant jusqu\u2019à 75 ans, même après plusieurs projets de rénovations.\u2022\tIl est recyclable et compatible avec la plupart des peintures et papiers peints.\u2022\tIl offre une résistance accrue contre l\u2019humidité et la moisissure à l\u2019aide de la technologie M2Tech®.L\u2019air intérieur contient plusieurs polluants et composés organiques volatils (COV*).On trouve les COV* dans les meubles, les tapis, les produits de nettoyage et plusieurs autres articles courants.Le niveau croissant d\u2019importance accordée à la qualité de l\u2019air intérieur, surtout dans les hôpitaux, les écoles, les bureaux et les résidences démontre qu\u2019il est temps d\u2019agir.Seul le panneau AirRenewMC améliore la qualité de l\u2019air et offre un environnement plus sécuritaire, ainsi que la tranquillité d\u2019esprit pour les générations à venir.Le panneau AirRenewMC capture les COV* et les convertit en composés inertes qui ne peuvent être relâchés dans l'air.Visitez le www.AirRenew.com ; : \\ IMPRIMANTE MULTIFONCTION EN LIGNE HP DESIGNJET UNE BONNE ARCH ITECTU RELEST ISSUE DE L'INSPIRATION.UNE EXCELLENTE ARCHITECTURE EST ISSUE DE LA COLLABORATION iff\u2019SHü © 2010 Hewlett-Packard Development Company, L.P.'La fonctionnalité évolutive sera disponible au printemps 2011.2Une connexion Internet est requise.VOICI L'IMPRIMANTE LA PLUS COLLABORATIVE SUR LE MARCHÉ MONDIAL: L'imprimante multifonction en ligne HP DesignjetT2300 dotée des outils ePrint et Share.Maintenant, vous pouvez numériser des documents directement dans les nuages1, imprimer instantanément lors des déplacements et réduire les cycles de révision en partageant des fichiers avec des partenaires partout dans le monde2.Aucun autre outil ne vous permet de collaborer avec votre équipe de façon aussi transparente tout en établissant la base de la prochaine excellente structure du marché international.Consultez le site HP.CA/GO/COLLABORATE-FR ALLEZ-Y: IMPRIMEZ INTELLIGEMMENT DEFINIR LE CONCOURS Jacques White acques White est professeur à l'École d'architecture de l'Université Laval, chitecte en pratique privée, conseiller professionnel et formateur à l'OAQ.Il s'intéresse particulièrement au 'ugement de la qualité architecturale dans les phases de conception et d'évaluation du projet.Entre théorie et pratique, le concours se définit de mille façons.Selon que l'on en ait une connaissance scientifique ou empirique, que l'on en ait ou non fait l'expérience comme concurrent (gagnant ou défait), juré, observateur, organisateur ou commanditaire, selon les conjonctures propres à chaque concours, le regard est différent, forcément partiel.Dans ce contexte, il paraît hasardeux de chercher à définir le concours.Mais le défi vaut au moins une tentative.STABILITÉ DANS L'ESSENCE Le mot «concours» vient du verbe latin concurrere, qui signifie «courir ensemble» (con- : «ensemble» et currere : «courir»).Dans la racine étymologique du mot se trouve inscrite l'idée d'un mouvement collectif.Parmi les multiples définitions de concours, celle du Larousse résume bien les traits essentiels : «épreuve ou compétition au terme de laquelle seuls les candidats classés dans les premiers obtiennent une place, un titre, une récompense.» Le terme épreuve, commun à plusieurs autres définitions, sous-tend explicitement la notion de jugement.Pour aller droit au but, le concours correspond à une épreuve, qui entraine un classement opéré par le jugement des qualités des concurrents ou de ce qu'ils produisent et qui conduit à une reconnaissance tangible de ces qualités.En architecture, un concours existe quand deux architectes ou plus élaborent un design pour un même projet, pour un même site, en même temps et pour un même client.1 Le concours se distingue des autres formes de la commande par le fait que plusieurs architectes entrent en compétition pour relever simultanément un même défi, que les règles et données du défi sont explicitement énoncées et que les performances des architectes sont évaluées par un jury.Il établit pour tous des conditions équivalentes de conception, de présentation et d'évaluation du projet d'architecture.Un concours implique nécessairement un investissement des architectes dans la conception architecturale.2 Définitions des donneurs d'ouvrage Pour les donneurs d'ouvrage, un concours est un mode d'adjudication de la commande parmi d'autres, le modèle de référence étant l'appel d'offres tel que décrit dans l'Accord sur les marchés publics de l'Organisation mondiale du commerce.3 Le Parlement européen a adopté des règles qui décrivent les concours comme une procédure normale d'acquisition de plans ou de projets dans le domaine des services publics4.Le décret n° 93-1269 oblige plus spécifiquement la tenue de concours d'architecture et d'ingénierie pour une grande partie des marchés de maîtrises d'œuvre publiques.Il précise que les concours consistent à «mettre en compétition des maîtres d'œuvre en suivant les conditions d'un règlement et qu'ils sont destinés à permettre à un jury de se prononcer sur les projets, en vue de la passation d'un contrat de maîtrise d'œuvre.» Le but du concours est d'obtenir une réponse, en termes d'idées, d'esquisse ou de projet, à un besoin défini par le maître d'ouvrage.En Europe, c'est d'abord sur la valeur du projet que se porte le choix du jury.En Amérique du Nord, l'appel d'offres avec concurrence sur le prix est la méthode la plus répandue d'adjudication de contrats.La logique est simple : à partir du moment où les soumissionnaires sont réputés pouvoir faire le travail, alors autant engager les moins chers.Au Québec, la Loi sur les Cités et Villes impose une grille de calcul qui valorise essentiellement le montant d'honoraires le plus bas.Les concours publics sont considérés comme dérogatoires.Ils ne sont autorisés que par la politique des concours du Ministère de la culture, des communications et de la condition féminine (MCCCF)5, sinon les dérogations doivent être demandées à la pièce.Curieusement, il n'a pas été possible de trouver de définition de concours d'architecture dans les publications du MCCCF, qui énonce simplement que «le donneur d'ouvrage organise un concours d'architecture afin de promouvoir la qualité architecturale sur son territoire.L'objectif du concours vise à sélectionner un projet lauréat et à inviter son auteur à participer à la réalisation du projet.»6 Pourtant le MCCCF a déjà été plus éloquent.En 1994, Odile Hénault publiait, pour le MCCQ et l'OAQ, un document de promotion des concours d'architecture7 dans lequel elle écrivait : « Le concours offre idéalement au maître d'ouvrage le meilleur projet possible, sur un site donné et conformément au budget donné.Le concours est un investissement dans la matière grise qui valorise l'architecture comme production intellectuelle et permet d'assurer le succès fonctionnel et architectural du projet.» On peut se demander, après toutes ces années, ce qu'il reste au Ministère d'une telle vision.En résumé, le regard des donneurs d'ouvrage sur le concours reste fortement teinté de préoccupations pour la sélection d'un architecte en vue d'attribuer un contrat.Essentiellement, le donneur d'ouvrage veut en avoir pour son argent.Mettre à contribution plusieurs architectes sur son projet lui permet, en principe, de choisir celui qui offre le meilleur rendement.Tout dépend alors de ce qu'on entend par meilleur rendement.À cet égard, les visions européennes et nord-américaines ne se superposent pas, la valeur du projet et le prix des services, pour simplifier, l'emportant respectivement.Définitions de la profession Selon le Conseil des architectes d'Europe, «le concours architectural signifie la procédure d'un concours de conception évaluant les idées des architectes [.] dans le cadre d'une procédure formalisée sur la base d'un programme et de critères définis, appréciés de manière anonyme par un jury indépendant.»8 La teneur du texte devient par la suite réglementaire, abordant les catégories de concours et les conditions à respecter pour leur réussite.L'Institut Royal d'architecture du Canada (IRAC) présente le concours d'architecture comme «une méthode permettant d'obtenir une solution conceptuelle aux besoins d'un promoteur tout en reposant sur un processus juste et équitable pour toutes les parties concernées.» On verse ensuite dans la catégorisation des concours et dans les recommandations pour leur mise en œuvre, sans aborder les qualités attendues de la «solution conceptuelle.» Selon le Guide des concours l'Ordre des architectes (OAQ), le concours d'architecture se distingue des autres formes d'attribution de la commande par une appellation contrôlée.«Pour être reconnu à ce titre, un concours d'architecture doit être organisé et tenu conformément aux règles précisées dans le présent guide et être approuvé par l'OAQ.Aucun concours d'architecture portant l'appellation \"concours d'architecture de l'Ordre des architectes du Québec\" ou toute appellation don- I : >2 H DEFINIR LE CONCOURS nant lieu de croire qu'il s'agit d'un concours tenu sous l'égide de l'Ordre ou approuvé par celui-ci ne peut être annoncé sans l'obtention, au préalable, de l'approbation écrite du Bureau de l'OAQ ou de tout comité ou personne que l'OAQ autorise à cette fin.»9 L'OAQ a récemment fait publier des articles qui abordent les difficultés de mettre à jour l'encadrement des concours d'architecture10.Les institutions et les organismes qui représentent la profession mettent donc surtout l'accent sur les mécanismes de régulation des situations de concurrence entre architectes pour définir le concours.Définitions d'architectes Le regard des architectes sur les concours parait plus riche et diversifié que ce qu'en dit la profession.Sur le terrain, les architectes se regroupent par affinité pour ou contre les concours, pour ou contre certaines formules.C'est surtout verbalement, souvent dans la vague qui suit un concours, que s'élaborent les conceptions les plus ressenties, pas toujours les plus réfléchies, de ce qu'est un concours.Les débats se font de vive voix, ne laissant pas toujours de traces.À défaut de faire enquête, il faut se rabattre sur les écrits des architectes, principalement dans les revues professionnelles et les médias, pour y voir plus clair.Nous savons, par la littérature, que les mêmes arguments pour ou contre les concours sont repris depuis des siècles.Il suffit de fouiller juste un peu pour trouver.11 Sans vouloir faire état de manière détaillée des arguments invoqués dans la littérature, il en ressort globalement que les concours, en dépit des difficultés inhérentes à la formule, sont vus par les architectes comme une occasion de réfléchir à l'architecture, de stimuler leurs équipes et de se donner la chance de concevoir - et idéalement réaliser - un projet à la hauteur de leurs aspirations et de leurs capacités.L'appel au dépassement, l'ambition de produire le meilleur projet qui soit, être reconnu comme tel par les pairs, etc., sont d'autres éléments importants dans la définition des concours qui n'ont pas ou peu été évoqués précédemment.culturelle, ce qui tranche avec les définitions précédentes.Il y a un but global, une valeur d'ensemble qui émerge de tous les concours.On peut ainsi grossièrement rassembler les attributs fondamentaux des concours d'architecture, le noyau dur qui les définit : ¦\tune épreuve à réussir (un projet, un défi); .une situation de compétition qui implique plusieurs concurrents, avec les règles et les mécanismes de contrôle qu'elle exige; ¦\tle recours au jugement pour classer les concurrents et désigner un vainqueur; ¦\tl'attribution d'une récompense au vainqueur et l'obtention de bénéfices pour les autres acteurs du concours; \u2022 des retombées qui débordent la portée du concours lui-même.MOUVANCE DES CONTOURS Alors que ce qui précédait visait, par accumulation de repères, à cerner ce qui caractérise le concours, ce qui suit met en évidence les écarts de perception.Les définitions des autres font ici place à une vision synthétique plus personnelle, abordant des oppositions vécues en extension des définitions théoriques.Définitions d'académiciens et de chercheurs Le concours reproduit en quelque sorte une situation de conception de projet en atelier de design, commune à toutes les écoles d'architecture.Conséquemment, le regard des universitaires sur les concours ne se porte pas que sur la recherche du meilleur projet, mais aussi sur l'innovation et sur l'intérêt de l'ensemble de la production.Le Laboratoire d'étude de l'architecture potentielle (L.E.A.P.) de l'Université de Montréal concrétise et déploie un tel regard sur les concours.«De plus en plus de chercheurs et d'historiens reconnaissent que la formule du concours est une situation favorisant la recherche et l'expérimentation : qu'elle stimule la conception de projets riches en solutions techniques et en pratiques esthétiques innovantes.En outre, la procédure du concours participe, dans son ensemble, à la construction d'un espace public de débat, et de définition, sur les valeurs d'une société.En ce sens, les concours contribuent à l'intensification des pratiques d'exploration architecturale et de médiation culturelle.»12 Pour Hélène Lipstadt13, le concours est une sorte de cérémonie qui permet de transgresser les règles de la pratique courante et les positions sociales établies.Il offre aux architectes une occasion privilégiée de créativité libre des contraintes de la pratique quotidienne et libre de se distinguer pour conférer au projet une supériorité symbolique.Il provoque des débats qui ont une incidence sur les projets ultérieurs, créant une véritable culture des concours, une tradition qui se construit en continu.Ainsi abordé, le concours se définit davantage comme un processus d'expérimentation collective, à teneur sociale et Des paradoxes à l'origine des écarts Un concours, c'est d'abord le paradoxe d'une rencontre dans une interface de séparation.L'isolement engendre des lectures différentes d'une même réalité.Dans un concours, on court ensemble, mais on ne voit pas les autres coureurs et on ne sait pas ce qu'ils font; on rend service à un maître d'ouvrage, mais on n'échange pas avec lui; le processus de conception est contraint à la linéarité, partant d'un programme jusqu'à un jugement sur des critères annoncés, alors que le design est un processus itératif qui génère des désirs et des solutions imprévues.Par ailleurs, l'enjeu du concours revient à mesurer la capacité du projeté répondre aux données du programme, mais aussi à transcender le programme grâce aux idées générées par le processus de design.Un concours présente ainsi un deuxième paradoxe : vouloir, d'un côté, réduire le risque de ne pas respecter le programme et espérer, de l'autre, augmenter la chance de trouver mieux que ce qui avait été initialement prévu ou imaginé.Ces oppositions sont vécues à divers degrés et de différentes manières par les acteurs qui s'investissent dans un concours, créant des écarts de perception de ce qui le définit.De l'éclatement des vues sur le concours Pour les maîtres d'ouvrage, un concours offre la chance de faire travailler plusieurs concurrents à son projet et de sélectionner le meilleur d'entre eux; de pouvoir choisir, parmi plusieurs options, celle qui convient le mieux; de résoudre une problématique particulièrement difficile; d'augmenter le degré d'innovation et la qualité du projet.Mais un concours comporte aussi le risque de sélectionner un architecte peu expérimenté; que le jury désigne gagnant un projet qui ne lui convient pas et que le milieu n'apprécie pas; d'éprouver des problèmes qu'il n'y aurait pas eu à subir sans concours; de porter le poids de l'innovation, perdant potentiellement le contrôle des échéances et des coûts (de construction et d'opération).Pour les architectes, un concours offre une chance de réussir une épreuve (gagner publiquement); de se comparer aux meilleurs avec des chances égales de réussite; d'accéder à une commande intéressante pouvant établir un jalon significatif dans leur carrière; d'explorer et de défendre une vision de l'architecture; de voir sanctionnée, par un jury respecté, la valeur de leurs idées.Mais un concours comporte aussi le risque de ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FÉVRIER 2011 V-i*?subir une épreuve (perdre publiquement); de ne pas voir reconnaître une expertise particulière qui contribuerait à la réussite; de ne pas pouvoir inclure leurs convictions dans un projet qui s'y prête peu; d'investir trop d'énergie et d'espoir dans une opération infructueuse; d'être mal compris ou mal jugés.Pour les usagers et les gens du milieu concernés par le projet, un concours offre une chance de participer à la programmation pour assurer la prise en compte de leurs intérêts; d'influencer le choix du projet s'ils sont représentés sur le comité technique ou le jury; d'obtenir mieux que ce qu'ils avaient imaginé.Mais il comporte aussi le risque d'être laissés de côté dans le processus; de devoir se soumettre contre leur gré au jugement du jury ou aux volontés du lauréat après le concours; d'avoir du mal à s'approprier le projet.Pour les élus, un concours offre une chance de laisser une marque tangible de leur passage au pouvoir; de concrétiser, par le travail des autres, la transmission des valeurs qu'ils défendent; de gagner le respect des personnes envers qui ils se sentent redevables.Mais il comporte aussi le risque d'impliquer les élus dans une polémique qui échappera à leur contrôle; de les associer malgré eux à un ouvrage incompatible avec leurs goûts et leurs valeurs; et de les discréditer aux yeux des personnes envers qui ils se sentent redevables.Il ressort, de ce qui précède, que deux positions se côtoient et s'entrechoquent constamment : la hardiesse de ceux qui cherchent à augmenter les chances d'obtenir un projet formidable, qui dépasse la commande; la prudence de ceux qui cherchent à minimiser les risques de compliquer les choses, de ne pas satisfaire la commande.Au cœur du débat, il y a la notion d'imprévu.Pour les plus hardis, l'imprévu doit être provoqué, sollicité.Pour les plus prudents, il doit être évité, disqualifié.On voit ainsi poindre un argument capital pour comprendre la diversité des définitions de concours : ce qui définit un concours ne réside peut-être pas tant dans ses catégorisations, par types ou par acteurs, que dans la manière dont on le considère.tout son sens, celui de contribuer, au-delà du simple exercice de déterminer quel architecte aura le mandat de réaliser le projet, à écrire un nouveau chapitre de l'histoire du lieu, du quartier, de la ville, du pays, voire d'une culture globale.Faire un concours, c'est décider, projet par projet, de quoi notre monde sera fait demain, comment le transformer par l'architecture.C'est concrétiser la part de l'architecte dans un mandat plus large, qui transcende le concours lui-même et ses acteurs.On pourrait même se demander si un concours dépourvu d'une telle ambition, c'est-à-dire qui déborde le cadre de sa propre existence, serait un «vrai concours» d'architecture.Il ne se résumerait alors qu'à un simple processus de sélection parmi d'autres, meilleur ou pire selon les circonstances ou les buts poursuivis.Le vrai concours d'architecture ne serait-il pas, finalement, celui qui sollicite l'imprévu et qui convie tous les concurrents, le donneur d'ouvrage, le jury et le public à poursuivre l'écriture d'une histoire en évolution?Il faut, pour cela, bien baliser, tout en laissant ouvert le champ des possibles et partager avec tous les acteurs impliqués le désir d'échanger, d'aller un peu plus en profondeur, de voir au-delà des apparences.Si les procédures, les mécanismes et les règles en cachent souvent la véritable nature, le concours reste, comme une bouée fluviale, solidement ancré sur un fond stable même s'il semble parfois en danger, ballotté en surface au gré des vagues.Qu'il penche à bâbord ou à tribord, qu'il monte ou qu'il descende, il reste fondamentalement le même.Tout dépend comment on le regarde.LA QUESTION DU JUGEMENT Sous-jacent à la prédisposition des acteurs d'un concours à solliciter ou à discréditer l'imprévu, le jugement apparaît comme l'une des clés maîtresses qui ouvre la voie à une compréhension plus articulée des concours.Car essentiellement, un concours est avant tout un exercice de jugement, concrétisé par un ensemble de décisions qui s'organisent autour d'une prise de position par - et sur - le projet d'architecture.Le jugement est partout dans un concours.Dès que l'idée d'un projet germe dans l'esprit de quelqu'un, une prise de position prend forme.Élaborer un programme, c'est déjà juger de ce qui mériterait d'exister.Les concurrents jugent de la valeur du programme dont ils se servent pour fonder leur prise de position, en y ajoutant leurs propres convictions.Pendant la conception, ils jugent de ce qu'ils vont retenir et de ce qu'ils vont oublier du programme, car toutes les options ne sont pas compatibles et parce qu'il faut inévitablement faire des choix.Le jury reçoit ensuite les projets et juge de leurs valeurs, prenant en compte les données du programme, les critères d'évaluation, les convictions que supportent les projets soumis par les concurrents et leurs propres convictions.De la confrontation de tout ça et de la dynamique des échanges émergera une prise de position collective.Mais le jugement ne s'arrête pas là : le maître d'ouvrage porte un jugement sur le jugement et le reconduit ensuite dans le public.Le public juge à son tour du projet, peut même remettre en question sa réalisation.Les journalistes s'en mêlent, les concurrents réagissent, la population est surprise ou séduite ; c'est la réappropriation du projet par tout le monde.Après sa mise en service, le projet peut encore faire l'objet de débat.Par cette action, le concours trouve NOTES 1.\tJoseph A Wilkes.Encyclopedia of architecture : design, engineering & construction.New York: Wiley.1988.2.\tJacques White.Préparation, approbation et conduite des concours des architectes.Cours de formation continue à l'Ordre des architectures du Québec.2009.3.\tAccord signé en 1994, en vigueur notamment au Canada, aux Etats-Unis et en Europe.4.\tRègles adoptées en 2004, qui définissent ainsi les concours : « Procédures qui permettent au pouvoir adjudicateur d'acquérir, principalement dans le domaine de l'aménagement du territoire, de l'urbanisme de l'architecture et de l'ingénierie ou des traitement des données [remarquer l'ampleur du champ d'application des concours], un plan ou un projet qui est choisi par un jury après une mise en concurrence avec ou sans attribution de primes.» 5.\tLe programme d'aide aux immobilisations du MCCCF remplace l'ancien programme de soutien aux équipements culturels, mis sur pied en 1999.Le seuil minimum de coût de construction pour un projet en concours vient de passer de 2 à 5 M $.6.\tConcours d'architecture : règlement type \u2014 règles générales.Québec : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition Féminine.2009.7.\tOdile Hénault.Le concours d'architecture au Québec.Montréal : Les Édition Section b (Canada).1994.8.\tFeuillet sur la pratique de la profession : recommandations pour les concours de conception.Bruxelles : Conseil des architectes d'Europe.Novembre 2004 (ref 395/07/CA).9.\tGuide des concours d'architecture.Ordre des architectes du Québec.2007 10.\tLe dernier article en titre étant signé d'Hélène Lefranc : Remaniement mystérieux.Esquisses vol.21 n° 3, Automne 2010.pp.14-17 11.\tParmi plusieurs, des articles publiés dans les revue JAE et ARQ, qui datent des années 1980, sont d'une actualité stupéfiante.12.\tJean-Pierre Chupin, page de présentation du site Internet du Catalogue des concours canadiens : www.ccc.umontreal.ca.13.\tHélène Lipsdadt.The Expérimental Tradition : Essays on Competitions in Architecture.New York : Princeton Architectural Press.1989.LÉGENDES DES IMAGES h Le projet de l'îlot des Palais (2006), qui misait au départ sur la chance d'obtenir mieux que ce qui avait été imaginé.Une crainte du risque aussi inattendue que démesurée a forcé son abandon par la suite.Projet lauréat de Bélanger Beauchemin, architectes et Anne Vallières, architecte.Source de l'image : www.ccc.umontreal.ca.2.\tLe projet de l'îlot des Palais (2006).Source de l'image : www.ccc.umontreal.ca.3.\tLe concours multidisciplinaire «Paysages suspendus» (2008), où l'imprévu a été explicitement sollicité et bien reçu du jury.La reconduction du jugement chez le donneur d'ouvrage et le public a soulevé bien des débats.La réalisation est finalement prévue pour 2011.Projet lauréat de Côté Leahy Cardas, architectes/SNC-Lavalin.Source de l'image : www.ccc.umontreal.ca.Le projet d'agrandissement du Musée national des Beaux-Arts du Québec (2009), résultat d'une fructueuse réflexion et d'une saine discussion sur la manière de construire, à cet endroit précis, une œuvre marquante pour Québec.Projet lauréat d'OMA/Provencher Roy et Associés, architectes.Source de l'image : www.ccc.umontreal.ca.4. \t\t \t\t \t\t Guide des\t\t d'architecture\t\t LES ALÉAS DES CONCOURS DE LOAQ Gilles Prud'homme, architecte Guide des concours d'architecture de l'Ordre des Architectes du Québec, 2007.L'histoire récente de la situation des concours au Québec a mis en évidence plusieurs défis et difficultés, et ce, depuis la rédaction du nouveau guide des concours de l'Ordre des architectes du Québec (OAQ), officialisé au printemps 2007, jusqu'aux principaux enjeux actuels et problèmes d'application rencontrés lors des récents concours d'architecture au Québec.L'orientation prise lors de récents concours comporte souvent une vision à courte vue risquant de réduire grandement les effets positifs des concours sur l'avancement disciplinaire, sur l'émergence de nouvelles pratiques, ou plus concrètement sur la réalisation de bâtiments exemplaires.De plus, on constate aujourd'hui l'absence d'un réel débat démocratique associé à la réalisation des grands équipements publics ou des principes du développement durable qui s'y attache.La question de la vitalité des concours est liée, selon nous, aux retombées positives sur le milieu du cadre bâti, de ses professionnels et de sa reconnaissance publique comme expression culturelle et d'identité, voire la reconnaissance de sa valeur démocratique.La question du jugement en est le pivot.LE GUIDE DES CONCOURS DE L'OAQ Le Guide des concours de l'OAQ est le résultat d'une conjoncture particulière associée à l'effort commun d'un groupe d'architectes praticiens et du milieu de la recherche et de l'enseignement.1 Aujourd'hui, plusieurs membres y sont engagés activement.2 L'objectif premier consistait à recadrer les définitions et les règles plus ou moins floues ou tacites qui étaient en place.Le dernier exercice de cette nature avait été réalisé à un moment où la profession ne souhaitait pas les concours.En 1994, Odile Hénault, alors présidente de l'Ordre, avait établi un cadre réglementaire significatif qui a servi de référence pendant plus de deux décennies.Il avait malheureusement été édulcoré par le temps et l'usage.Au début de notre activité au comité, l'ensemble des concours était laissé sous la responsabilité des conseillers professionnels, qui adaptaient les règlements selon leurs habitudes ou selon les exigences des promoteurs.La qualité de l'organisation des concours dépendait de la compétence de ces derniers et de la bonne volonté des promoteurs.Notre motivation se fondait sur le constat que la réputation des concours était souvent entachée par un laisser-aller, une frustration des architectes participants et surtout par une mauvaise impression chez les donneurs d'ouvrage à l'effet que les concours faisaient l'objet de dépassement budgétaire et qu'ils exigeaient plus de temps ou d'argent.Ils étaient souvent considérés, depuis les régions, comme étant bénéfiques pour un petit groupe d'architectes de Montréal ou de Québec.Malgré ces préjugés, le contraire a souvent été démontré.L'effort initial est souvent plus efficace que dans un processus habituel où l'unique architecte doit revenir à plusieurs reprises sur l'esquisse de base.Avec le concours, on s'assure de l'excellence, lors d'une situation d'émulation, dense et condensée.Lors d'une publication au sujet des prix d'excellence de la revue Canadian Architect, accordés chaque année, on soulignait, en décembre 2003, que les architectes du Québec obtenaient une grande reconnaissance du fait qu'ils aient l'opportunité de bénéficier d'un système d\u2019octroi de la commande de projets publics qui valorise l'expression d'une identité culturelle3.Depuis les 25 dernières années, plusieurs jeunes agences furent reconnues grâce à leur participation à des concours4, dont Dan Hanganu5 et Saucier Perrotte6 à la fin des années 1980, Big City7, au milieu des années 1990 et, jusqu'à plus récemment, Croft Pelletier, TAG, Anne Carrier, Cardin Ramirez ou Paul Laurendeau et autres.En 2005, le CA de l'Ordre décidait de retirer au Comité des concours la responsabilité de l'analyse des concours.Le mandat pratiquement unique du comité se limitait alors exclusivementà l'évaluation et à l'analyse des concours.Face à cette situation, le nouveau comité, fort de sa nouvelle composition et de ses objectifs de réforme, décida de sa propre initiative de revoir l'ancien guide et de l'adapter à de nouvelles prérogatives.Il a été décidé^ de prioriser cinq dimensions importantes, soit : 1.\tresponsabiliser le conseiller professionnel vis-à-vis de l'OAQ et prévoir une précision au code de déontologie à cet égard.De façon à garantir le respect des règles, le conseiller professionnel doit obligatoirement être un architecte membre de l\u2019Ordre, puisque l'on ne peut empêcher un architecte de participer à un concours qui ne rencontre pas les règles minimalès; 2.\ts'assurer, pour la composition du jury, d'une représentation équitable d'architectes indépendants du promoteur.Soit de passer de 33%, norme partagée à ce moment par plusieurs conseillers professionnels, à un minimum de 50% d'architectes indépendant; 3.\tfaire de l'énoncé de «concours d'architecture de l'Ordre des architectes du Québec» une appellation contrôlée.Ceci afin de s'assurer d'un sceau d'authenticité auprès des architectes partici-1 pants; 4.\tveiller au respect des facteurs pour nous essentiels à un bon concours, soit; des critères de jugement établis et connus des participants et adoptés par les membres du jury, avant le concours; 5.\ts'assurer que des mesures raisonnables soient prises afin que les coûts de l'ouvrage soient réalistes.L'autre question délicate, mais tout aussi fondamentale consistait à maintenir et même valoriser le concours ouvert en deux étapes.Seul ce processus fondé sur l'anonymat des propositions permet de s'assurer d'un jugement fondé sur l'architecture et non sur la notoriété ou l'expérience de l'architecte.Cette question fut l'objet de nombreuses discussions au comité et est aussi des plus sensibles dans la profession.Selon plusieurs, à tort ou à raison, le concours ouvert, habituellement non rémunéré, exige beaucoup d'énergie (temps et argent) et devient une sorte d'exploitation de la profession.Pour le ministère de la Culture des Communications et de la Condition féminine (MCCCF), l'argument porte sur le risque à retenir de façon anonyme une équipe inexpérimentée.Le concours de Dolbeau-Mistassini fut le dernier concours ouvert en deux étapes sous le contrôle du MCCCF.L'essentiel du débat demeure lié au fait qu'un jury retient des concurrents sur la base du projet et non sur celle de la notoriété d'une firme (sur dossier).L'essence même du concours demeure liée au fait que le jugement se fonde sur l'architecture et non sur l'architecte, toute autre formule laisse la porte ouverte à des considérations liées à l'expérience ou à la renommée.La sélection sur dossier, plutôt que le concours anonyme, exigé par le ministère, fondé sur la présentation de réalisations, semblables et d'un texte, devient un exercice purement rhétorique et ne pouvant remplacer la conception d'une architecture, toi# e non» S n document osees selon I tetaprB.Uoi ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC I FÉVRIER 2011 d'une séria allier'\" nie ii#w «thpr KJtlfôF NT-LESMi iis peu, n» Mleuwj etdudévelc idales onia lalfe de la n l'Agence de.de peu p duQuébec récemment u aint-Eusîadii onsabilitédï ment avec p e municipal 'defaire.Ceci Migiésdeli n somme, le i Miatpiispi wilsdesaii Wlesmem «oies,et), itfflJiale.lt est certainen ivude tse:;-«èM Psàautrejy Bttsd'enveu Kletani lemiei 'erseiéa N une.¦vlCUpjtjft ''design, ^iit pf0SÇ leservi, «I qualité latin.tit: Aiskj POttJ. Centre d'interprétation du Bourg de Pabos.Concours lancé par la Corporation du Bourg de Pabos.Projet lauréat de l'Atelier Big City (Cormier, Cohen, Davies, architectes).1991.«MM w Piul fstifer au Coni itonriLeii \u2019^SÉSIJ iœàce ositionetdese voire d'une sensibilité.Ce processus valorise «l'expérience pertinente».Il renforce une spécialisation programmatique.On l'a vu récemment avec les deux derniers concours montréalais de bibliothèques; les critères de jugement sur dossier étaient basés sur l'expérience des équipes en lice ainsi que la présence ou non de «bons ingénieurs».Le nouveau guide se voulait un cadre réglementaire plutôt qu'un document de promotion ou descriptif.Les règles furent disposées selon les trois grands temps du concours; avant, pendant et après.Nous présenterons les difficultés actuelles selon ce même découpage.inelvis-à-visdi jlrçieàcetég couder proj lemeéede ninimales; ury, te repi ts du promota mirai p» pl ideWaidi lecturedeiOrt contrôlée, (edi des Miettes noos essentiel rte du jtty,) ssoientpnsesi t aussi fond* lecorcoutsou 1 fondé » S reuses dis®® nslapt»1®® insert, et ORS» cmPotif* «ueà ,co«:o\u201c!ie tende itdetne11® issietF «sema .«ntse10 f#J sente lion d'une* é AVANT \u2014 LES MODALITÉS DE LA COMMANDE Depuis peu, nous assistons à l'émergence de plusieurs enjeux qui ont leurs origines dans la préoccupation du respect budgétaire et du développement durable.Des orientations politiques provinciales ont aussi contribué à l'émergence d'un débat sur les modalités de la commande, en mettant l'accent sur le mode PPP avec l'Agence des partenariats public-privé du Québec.Il en a fallu de peu pour que le concours du Musée National des Beaux-Arts du Québec y soit contraint.8 Un autre précédent malheureux est récemment créé avec le concours de la salle de spectacles de Saint-Eustache selon lequel les équipes doivent être sous la responsabilité d'un constructeur, pour un projet clé en main : un jugement avec prix discrédite le processus.Ainsi, à la demande d'une municipalité, le MCCCF ouvre la porte à de nouvelles façons de faire.Ceci est une première, depuis le concours du Palais des congrès de Montréal sous la responsabilité de la SIQ.En somme, le concours demeure un mode privilégié d'octroi de contrat, puisqu'il valorise la conception architecturale et évite les écueils des autres modes.La sélection sur dossier, qui retient souvent les mêmes firmes, pour les mêmes programmes (hôpitaux, écoles, etc.), les clés en main et les PPP, priorisent les critères financiers, procéduraux ou juridiques aux dépens de la qualité architecturale.Un exemple récent et éloquent d'un concours PPP est certainement celui de l'Adresse symphonique de Montréal.A-t-on vu des images des autres projets en lice?Quels ont été les critères de jugement?Aucun rapport du jury n'a d'ailleurs été publié.Une dimension importante des concours resurgit de temps à autre au Québec : le concours international.Quelques concours d'envergure internationale ont vu le jour au début de ce siècle : la GBQ, l'OSM avec le Centre administratif et le MNBAQ.Ce dernier se réalisera, nous l'espérons, avec plus de succès.A-t-on atteint une «maturité culturelle»9 ou est-ce vu comme un échec de l'architecture locale?Voilà sûrement des questions qui méritent d'être posées.AVANT \u2014 LES CONCOURS AVEC INGÉNIEURS Les préoccupations environnementales et conséquemment celle du «design intégré»10 orientèrent la plupart des concours récents; les deux bibliothèques de la Rive-Sud11 et celles des arrondissements de St-Laurent et de Rosemont-Petite Patrie.Ceci a suscité des tensions chez les firmes d'architecture qui doivent présenter une équipe complète avec ingénieurs lors de l'offre de services sur dossier et ainsi être jugées en partie sur la qualité et l'expérience de ces derniers.Une course à la formation des équipes en autorise certains, plus rapide que d'autres, à s'adjoindre les plus reconnus en expérience LEED.Avec pour conséquence que le jugement d'un concours d'ar- 13 chitecture, lors de la sélection des concurrents, déborde du cadre disciplinaire proprement architectural.Ceci permet, selon le ministère et les donneurs d'ouvrage, d'assurer le respect d'un budget et une rigueur de la proposition et de se prémunir contre des propositions trop audacieuses (.).Une autre conséquence de cette question est la réduction du nombre de firmes sélectionnées pour le concours, à cause des frais supplémentaires requis pour rémunérer les équipes élargies.Par exemple, pour la Bibliothèque Saint-Hubert à Lon-gueuil, seulement trois finalistes, au lieu de quatre, ont été retenus.AVANT \u2014 LE CONSEILLER PROFESSIONNEL COMME PIVOT Le conseiller professionnel devient le pivot et l'agent le plus déterminant dans la préparation d'un concours, de son déroulement et de la satisfaction du promoteur et des concurrents.Au comité des concours de l'OAQ il est reconnu que les objectifs du Guide peuvent être dénaturés par l'inexpérience du conseiller.Un guide ne peut à lui seul assurer un bon concours.Un programme explicite et un règlement adéquat, révélant les orientations et objectifs clairs du promoteur, assurent la base d'un bon concours.La compétence du conseiller professionnel garantit une organisation et un suivi appropriés, depuis la préparation (avant), jusqu'à sa diffusion (après) et surtout par l'encadrement et le suivi ainsi que la bonne tenue du déroulement du jury (pendant).Les critères de compétences et la possibilité d'une liste à l'OAQ restent à établir.AVANT \u2014 L'AFFIRMATION D'UNE APPROCHE NORMATIVE PAR LE MCCCF Depuis les dernières années, on assiste à une volonté louable de rationalisation du processus par le service des immobilisations du MCCCF et son principal représentant.Toutefois, cet exercice qui consiste à soumettre l'ensemble des projets bénéficiant de son aide financière à plus de rigueur a pour conséquence de réduire l'essence même du concours comme approche soumise à un jugement, voire à un débat d'idées.La méthodologie de la gestion de projet avec ces principaux mécanismes de réduction des risques oriente la préparation de l'avant-concours; encadre les donneurs d'ouvrage souvent inexpérimentés dans ce processus.Un «Règlement type» avec ses «Règles générales» et «Règles particulières» oriente la tenue des concours au Québec.Ce règlement devient un «document à visée normative en dédoublement du guide des concours de l'OAQ».12 Cette volonté réduit le rôle du conseiller professionnel à un agent du ministère qui n'aurait qu'à appliquer ce règlement type, uniforme d'un concours à l'autre.Cette volonté d'imposer un cadre normatif nie la valeur du débat inhérent au jugement.Imposer une méthode quantitative, avec pointage, plutôt que d'accepter le débat d'idées, remet en cause le processus de jugement et son approche qualitative.Cette volonté «de réduire le risque» ne doit pas s'appliquer au jugement qui, par son essence, se veut un processus ouvert et imprévisible.Dans la situation actuelle, l'agent public, en l'occurrence Claude Cloutier, peut légitimer son approche fondée sur «l'intérêt général» assigné à sa fonction, ceci en l'absence d'une véritable politique des concours qui serait soutenue par la profession. 7 : 7-i N PENDANT \u2014LEJUGEMENT La crédibilité des concours est constamment remise en question sur cette base essentielle liée à la composition du jury.Le milieu de l'architecture au Québec est relativement restreint et le fait que les membres du jury constituent souvent un petit groupe d'initiés dans lequel les mêmes personnes reviennent souvent d'un jury à l'autre.Ceci influence la sélection et rebute certains architectes à participer aux concours.L'essentiel de l'enjeu du concours pendant son déroulement demeure lié à la question du jugement.Nous reviendrons partiellement sur cette question délicate en conclusion.Les problèmes de communication et d'organisation du processus par le conseiller professionnel sont fréquemment soulevés et sont partie prenante de la compétence de ce dernier.APRÈS \u2014 LA TRANSPARENCE, LA PUBLICATION DU RAPPORT DU JURY, LA PUBLICATIONS DES PROJETS La question des délais lors de la publication du rapport du jury ou en vue de la publication ou de l'exposition des projets est fréquemment apparue lors de récents concours.16 Certains rapports, comme celui de la Grande Bibliothèque du Québec, n'ont jamais été publiés depuis 2000, année de l'annonce du résultat.LES CONCOURS, LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ET LE CONSENSUS SOCIAL Avec l'engouement récent autour du concours international du Musée National des Beaux-Arts du Québec et certaines réactions de journalistes éclairés, les concours d'architecture au Québec seraient-ils devenus une demande sociale?Il faut obligatoirement que les architectes québécois affirment une position claire sur le sujet.En regard des récentes consultations publiques à Montréal17, le processus de concours pourrait sûrement devenir une solution afin de parvenir à un consensus social.ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC I FÉVRIER 2011 BMÈ' APRÈS \u2014 LA QUESTION DES DROITS D'AUTEUR Avec les récents concours organisés par la Ville de Montréal sont apparues les questions sensibles associées aux droits d'auteur.Le contrat type de la Ville demande à ses professionnels de lui céder l'entièreté de ses droits moraux sur l'œuvre construite et sur les documents produits pour la réalisation du projet.Le promoteur s'autorise ainsi à modifier, agrandir ou même répéter l'œuvre à sa guise.Cette question sensible est souvent préservée en Europe 13 et fait partie intégrante des contrats types de l'AAPPQ14.Dans certains pays européens, on reconnaît au propriétaire les droits reliés à l'organisation des espaces par exemple.Pourquoi, lors de concours d'équipement public, se permet-on de retirer les droits d'auteur aux architectes?Cette question est d'autant plus importante, que Montréal se vante d'être «une ville de design» reconnue comme telle par l'UNESCO, où l'on prétend développer et faire reconnaître la qualité des pratiques de création locales.15 Le développement durable, pour être viable, doit faire partie du consensus social, d'une nouvelle éthique universelle.Le milieu culturel, incluant l'architecture, doit participer à cette volonté d'améliorer les conditions de vie et d'affirmation d'une culture générale.Le concours d'architecture doit s'y intégrer : «Il s'agit aussi de promouvoir différentes voies du développement, en étant conscient de l'influence des facteurs culturels sur la manière dont les sociétés conçoivent leur avenir et choisissent les moyens de le réaliser»18 La contribution sociale et culturelle de l'architecture à l'amélioration de notre cadre de vie et à la construction de notre patrimoine futur doit absolument prendre le pas sur les débats stériles et l'individualisme propre à cette pratique.Il n'est pourtant pas difficile de présenter le concours comme un processus de nature démocratique : «Aussi, avant d'être un débat de techniciens, d'experts-comptables, de professionnels de la procédure, le concours d'architecture est et se doit d'être le lieu du débat démocratique et humaniste sur les espaces publics à créer : espaces intérieurs clos (édifices), ou conformations d'espaces extérieurs.»19 Nous posons donc la nécessité d'un débat théorique qui nourrit la critique architecturale, seule façon de parvenir à une réelle politique des concours au Québec./ EN CONCLUSION : LEJUGEMENT «Il est évident qu'un jugement de valeur implique une compétence qui résulte à la fois d'une sérieuse connaissance du sujet, d'une capacité subjective d'appréciation, et aussi d'une certaine objectivité (à ne pas confondre avec l'absence de conviction ou une sorte de \"neutralisme\" qui, justement, rendent impossible l'exercice d'une saine critique).»20 LEJUGEMENT SOUS-ENTEND DONC UNE COMPÉTENCE Le jury doit demeurer un lieu de débat et quelques fois de confrontation de nature démocratique.Un lieu d'échange, de partage des idées et d'approches diversifiées nécessaires à la qualité du jugement.Le jugement, comme la critique, fait partie intégrante de la discipline.Il est à la base de la formation de l'architecte, de la pédagogie du projet en atelier.Ce processus est fondamental à la sélection de finalistes et d'un lauréat en situation de concours et il contribue à l'avancement disciplinaire comme à l'épanouissement de la profession.La question du jugement architectural est au cœur de la pertinence sociale et culturelle des concours.Cette question renvoie au dilemme entre le respect des formes, normes et règles connues et établies, et l'aventure de la création et de l'innovation que sollicite le processus du concours.Nous faisons l'hypothèse que ces critères doivent se fonder sur deux dimensions essentielles et inséparables : les références pragmatiques (la performance), et les valeurs esthétiques (la présence de l'œuvre)21 La plupart des débats des jurys d'un concours s'y confrontent sainement.La question difficile, mais essentielle consiste à rendre explicites les critères implicites du jugement.Seul le jury, avec les besoins et exigences explicites du promoteur, peut y parvenir.Nous estimons qu'il est difficile, voire impossible, de les définir au préalable.Nous posons donc la question de l'éthique comme base de la procédure du concours dans la recherche du meilleur projet.Bibliothèque de Charlesbourg.Concours provincial.Projet lauréat de Croft Pelletier, architectes.2003.Agrandissement du Palais des congrès de Montréal.Projet réalisé sous la responsabilité de la Société Immobilière du Québec (SIQ) par les firmes Saia et Barbarese Architectes ; Tétreault, j j Parent, Languedoc et associés; Dupuis, Dubuc et associés (Ædifica), sous la responsabilité de Mario Saia.2002.^wtdîV.atbJ mmm\tMOT\t\t Êm\tM\t\t Ü =!Nii ! ÜiiiF \u2022JtJ\u2014»aà ¦\t'2T*\t*\u2022 Nouvelles NOTES 1.\tAlain Bergeron, Hal Ingberg, Mehdi Gahfouri Jean-Pierre Chupin, professeur titulaire, chercheur et fondateur du Laboratoire d'étude de l'architecture potentielle (L.E.A.P.) à l'Université de Montréal et Gilles Prud'homme.2.\tAvec Anne Cormier, directrice de l'École d'architecture de l'UdeM et Jacques White, ancien directeur de l'école d'architecture de l'Université Laval.Frédéric Dubé et Julie Boivin, avec plus récemment, André Perrotte et Guy Villemure.Ils ont contribué généreusement à l'avancement et à la consolidation du comité.Tous ont une expérience de concours et / ou de conseiller professionnel.3.\t«Quebec architects have been the benefactors of a system that demands and facilitates architecture's role in the expression of a particular social and cultural identity.Quebec's architectural competition system is one exemple that has produced a confident group ofyoug architects that work with an urgency unparalleled in Canada, and clearly, the results are evident.», Marc Boutin, Canadian Architect, décembre 2003 4.\tUne exposition a été préparée en 2006 par l'équipe du L.E.A.P.de l'Université de Montréal.Voir la monographie intitulée «Concours d'architecture et imaginaire territorial : les projets culturels au Québec 1981-2005 », Centre de Design, UQÀM, 2006.5.\tChaussegros-de-Léry (1987), École des HEC (1992) 6.\tÉcole d'architecture de l'Université de Montréal avec MSD (1994) 7.\tCentre d'interprétation du Bourg de Pabos (1991), Parc de l'aventure basque en Amérique (1995) (fig.2) 8.\tSelon la Politique-cadre sur la gouvernance des grands projets d'infrastructure publique adoptée par le gouvernement le 5 novembre 2008, tous les projets de plus de 40M$ devaient passer par l'analyse de cette agence 9.\tVoir l'éditorial de Jean-Pierre Chupin sur le site du Catalogue des concours canadiens 10.\tLe design intégré est une procédure de plus en plus reconnue, qui ouvre le processus de conception d'un bâtiment à tous les intervenants; ingénieurs, spécialistes et représentants du client, y compris ceux qui veilleront à son opération.Cette nouvelle réorganisation du projet est apparue avec le développement durable qui requiert «une approche intégrée» de toutes les disciplines lors de la prise de décision importante, depuis l'installation du bâtiment sur son site jusqu'à la mise en service.11.\tBoucherville et St-Hubert (fig.7) 12.\tJean-Pierre Chupin, lettre adressée au comité des concours, décembre 2009.13.\tVoir les règles types des concours organisés par l'UlA; Guide UIA des concours internationaux d'architecture et d'urbanisme, janvier 2000.14.\tL'association des architectes en pratique privée du Québec 15.\tVoir le Guide des bonnes pratiques du design et particulièrement le cahier 02 sur «3 processus performants pour valoriser l'excellence en design urbain », préparé par Denis Lemieux.lô.Grande bibliothèque du Québec (GBQ), îlot des Palais, Orquestre symphonique de Montréal (OSM), Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) 17.\tLe quartier Griffintown, les projets du boulevard St-Laurent ou l'échangeur Turcot 18.\tPlan d'action de développement durable 2009-2013, MCCCF, 2009 19.\tAndré Jollivet «Le concours d'architecture pour qui?Pourquoi?», http://www.aroots.org/notebook/article86.html 20.\tPierre Vago, «La critique architecturale : entre carcan et utilité », 1965, in «La critique architecturale - Questions, frontières, desseins», Collectif, Ed.de La Villette, 2008 21.\tRéférences pragmatiques; expression d'une idée, clarté du concept, qualité spatiale, respect du programme, urbanité, etc.et valeur esthétique; plaisir, beauté, expression, etc.7| Bibliothèque Marc-Favreau.Concours provincial.Projet lauréat de Dan Hanganu, architectes.2009.En construction.Nouvelle Adresse symphonique de Montréal.Projet réalisé en Partenariat Public-Privé (PPP).Parles firmes Diamond+Schmitt Architects ; Dupuis, Dubuc et associés (Ædifica).En construction.Bibliothèque de Saint-Hubert.Concours provincial.Projet lauréat de Manon Asselin, architecte; Jodoin Lamarre Pratte, architectes.2008.En construction.Beno-Therm cellulose soufflée Un isolant naturel pour une meilleure qualité de vie! Benolec produit un isolant de cellulose écologique fait à plus de 85% de journaux recyclés depuis plus de 30 ans.Propriétés : \u2022\t3,8 R par pouce \u2022\tConvient aux greniers, murs et plafonds \u2022\tRendement thermique et acoustique supérieur \u2022\tExcellente résistance au feu \u2022\tLimite les infiltrations d\u2019air \u2022\tÉvalué par le CCMC CMC CCMC-09232-L Toiture ventilée CCMC- 12307-R Mur extérieur corn 450.922.2000 1451, rue Nobel, Sainte-Julie (Qc) Canada J3E 1Z4 # LE P0RTAIL DU bâtiment durable au québec NORVERT ca Un accès unique à toute l\u2019information et toutes les ressources du milieu du bâtiment durable * V 444^ \\o O O O o o o_c>o VIS o .o d o o o o o o o o t^cncrirtf o o o o o o o\u2019 c o 'ô'6 ü 6\" o O' o o o o m j&sr I : I lli F :^W-?C?5ï » » ses \u2022'< \t COMMENT COMPOSER UN JURY?COMPTE-RENDU DE BATELIER 1, COLLOQUE DE LACFAS, LABORATOIRE D\u2019ÉTUDE DE L'ARCHITECTURE POTENTIELLE (L.E.A.P.), MAI 2010 Jacques White, architecte, professeur A l'école d'architecture de l'université laval BéCHARA HeLAL, ÉTUDIANT AU DOCTORAT ÉN ARCHITÉCTURE A L'UNIVERSITÉ Dé MONTRÉAL Le jury apparaît comme un intervenant clé dans le processus du concours d'architecture, notamment par le jugement qu'il pose sur les propositions.Si son importance est indéniable, la question de la composition du jury reste vague.Que devrait être un jury?Qui devrait en faire partie?Son rôle à l'intérieur du vaste processus du concours va-t-il au-delà de l'exercice du jugement?Les interventions lors de cet atelier portant sur la composition du jury ont oscillé entre deux points de vue complémentaires.Le premier est un regard de l'intérieur sur le jury, considéré comme un système clos dont les caractéristiques principales sont la composition et le fonctionnement interne.Le second est un regard de l'extérieur, replaçant le jury dans la perspective d'ensemble du processus de concours et soulignant les liens qu'il entretient avec les autres intervenants.LE JURY COMME SYSTÈME CLOS Plusieurs intervenants ont souligné l'importance de relier la question de la composition du jury à une définition du concours d'architecture.Le rôle premier du concours d'architecture étant d'organiser le débat autour d'une question initiale posée, il implique la recherche d'un projet offrant une qualité architecturale supérieure.Dans ce contexte, où les notions d'innovation et de qualité sont mises de l'avant, le jury se distingue d'une commission technique et devrait mettre «d Jepydoi waKfiï \u2022Poursuit Mnncoi yp'S\":- ®t!Qsu «OAtrçr i/Notre-Dame-de-Grâce, concours provincial rman et associés et L'œuf en consortium, 2010 Centre cultur Projet lauréat de l'Atelier Big City, FichtenSt de l'avant l'expertise architecturale.Or, alors qu'il pourrait sembler préférable de maximiser le nombre d'architectes sur le jury, il ressort des interventions qu'une telle expertise n'est paradoxalement pas nécessairement propre aux architectes et qu'il serait judicieux de plutôt choisir les membres du jury sur la base de la force critique dont ils font preuve dans leur propre domaine, qualité qui peut être déplacée dans le domaine de l'architecture en situation de concours.L'idée est même avancée qu'un artiste ou une personne publique issue du milieu culturel pourrait être plus sensible et mieux défendre la qualité architecturale qu'un architecte qui ne détiendrait pas la même sensibilité.La question de l'inclusion au sein du jury de «figures1 de proue» reconnaissables et publiques prend tout son sens lorsque la qualité des personnes devient le critère principal de sélection des membres du jury.Certains voient même la présence d'un trop grand nombre d'architectes dans le jury comme un risque d'absence de débat.De ce point de vue, les règles fixant la proportion d'architectes sur un jury (un tiers du jury pour le Ministère de la Cultureet de la Condition Féminine du Québec ou un minimum de 50% du jury pour l'Ordre des Architectes du Québec) sont davantage vues comme une façon de rassurer les architectes sur leur contrôle du processus qu'un véritable gage de la qualité du jugement.Les interventions sur ce sujet tendent pour la' majorité à nuancer la valeur et l'efficacité de ce système de quotas, qui président pnentou Mise este li questii mis lé u Ml» Mipeim yenseréi MT! Il-ont lu ijoiy.M gui au:» t»t que «C GY rMes» ion ivote «c mm irafn ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FÉVRIER 2011 at-iiHtv design urbai architecture de paysage URBAN SOLAND PAYSAG t 514 402 9353 info0urban-soland.com www.urban-soland.com LUMILEX Systèmes architecturaux Portes et fenêtres aluminium-bois Architectural Systems Aluminum-Wond Doors and Windows 3425.boul.Industriel.Montréal, QC H1H 5N9 514.955.4135 / 846.955.4135 info@alumilex.com / www.alumilex.com la différence / discover, the difference découvrez «mtrodiijn P«t dans bip ^ifeatiûw - flue fjicerendfelaqi létiendraitpaslan seindujmyde< ient le oitère prl «taira voient ma aichitectK dans h i.: ni.¦\" dt .:c lendenfpojrlus ignore plusieurs conditions particulières, notamment la taille du jury.La question du nombre de personnes sur un jury reste vague, aucune règle ne l'encadrant.Il apparaît cependant clairement que chaque sous-question spécifique à un concours (coûts, constructibilité, conservation, etc.) devrait se traduire par l'inclusion d'au moins une personne offrant une expertise de qualité dans le domaine touché.La discussion autour des différents modes de prise de décision (vote ou consensus) semble favoriser la décision par consensus, c'est-à-dire par une construction collective de préférence, à la décision par vote, qui se rapproche davantage d'une confrontation de prises de position.La procédure à suivre dépendrait de la taille du jury.Cela pose dès lors la question du président : devrait-il avoir un poids plus important dans le jugement ou son rôle doit-il se limiter à diriger le débat ?La réponse est en suspend.La question de la place du jury dans la temporalité du concours a également été abordée.Le concours, comme un lieu de débat, nécessite une durée relativement étendue de façon à permettre l'échange de points de vue.Les membres du jury en se réunissant à plusieurs reprises pendant le concours \u2014 voire même avant le concours, pendant la phase de préparation \u2014 ont l'occasion et surtout le temps de construire une expertise plus complète des problèmes soulevés par la question posée, permettant ainsi un débat plus fructueux.LE JURY COMME PARTICIPANT ACTIF En plus de répondre aux positionnements et aux questionnements des architectes compétiteurs par rapport à la commande, le jury doit agir comme traducteur des buts du maître de l'ouvrage et des attentes du public.La composition du jury reste un des outils de contrôle du maître de l'ouvrage sur le concours et donne le ton des buts qu'il poursuit.Les compétiteurs potentiels vont ainsi analyser le jury d'un concours avant d'opter pour une participation.Un jury présentant un point de vue architectural trop homogène ou perçu comme trop «mou» face au maître de l'ouvrage pourrait réduire la participation.C'est pourtant le cas du concours du Forum Culturel Autrichien (New York, 1992), où le jury, composé de membres de qualité affichant une vision architecturale dans ce cas uniforme, laissait clairement deviner l'issue voulue du concours.La participation massive (plus de 200 propositions) montre bien que la confiance dans le jury est un critère de participation pour les compétiteurs.Une fois sa décision prise, le jury doit être en mesure de la défendre.Il doit alors jouer le rôle de «passeur culturel», reconduisant le message proposé par le lauréat vers le maître de l'ouvrage et le public.Ce rôle pédagogique souligne la nécessité d'inclure des membres ayant une capacité à exister comme des personnes indépendantes en mesure de s'engager publiquement par rapport au projet, sans nécessairement être architectes.Le concours n'est pas simplement un processus de prise de décision, mais joue également un rôle pédagogique envers ie public, le jury étant la clé de cette dynamique.Il apparaît ainsi clairement, au terme de ce débat, que la composition d'un jury ne peut se faire sur la base de règles quantitatives, tout comme on ne pourrait aborder la question dujugement en concours sur la base de grilles de pointage.Le défi de constituer un jury est en soi un exercice de jugement. prix d\u2019excellence, cecobois 2011 d\u2019excellence Agrandissement du centre de tri de Roberval, Roberval ?Architectes: Anicet Tremblay et Serge Harvey Architectes + Jean Maltais Architecte Parc école durable / Centre d'interprétation des énergies renouvelables de Richelieu Architecte: Hubert Chamberland architecte urbaniste 4 Édifice Fondaction, Québec Architecte: GHA architecture et développement durable Danse en ligne, cour des habitations Unity 1 et 2, Montréal Architecte: Nippaysage.architectes paysagistes Pavillon de la Jamaïque, Montréal Architecte: Réal Paul architecte Pavillon Gene-H.-Kruger, Québec Architectes: Les architectes Gallienne.Moisan (maintenant ABCP Architecture} + Paul Gauthier, architecte Agrandissement de la bibliothèque Félix-Leclerc, Québec Architecte : Anne Carrier Architecte Gymnase de l\u2019école Vision, Québec Architecte: Claude Guy, architecte fÉllïtiClfBC ceco Dois, le Centre d\u2019expertise sur la construction commerciale en bois, a lancé sa 2eédition des Prix d\u2019excellence cecobois dans le but de célébrer l\u2019utilisation du bois dans l\u2019industrie de la construction.Professionnels du bâtiment, entreprises, municipalités et promoteurs sont cordialement invités à présenter leurs meilleures réalisations sur le plan de l\u2019architecture, de l\u2019ingénierie ou de l\u2019innovation.Les prix, attribués aux professionnels et à leurs clients, soulignent l\u2019importance d\u2019une relation de complicité essentiel e à l\u2019aboutissement de projets de qualité.prix Pour plus d\u2019information, veuillez visiter notre site Internet\td\u2019excellence.www.cecobois.com/prixdexcellence2011\tC6C0D01S 2011 .wMvj L'Association patronale des entreprises en construction du Québec APECQ (APECQ).un partenaire privilégié pour les firmes d'architectes CARREFOUR DE L'INDUSTRIE 113 ans au service des entrepreneurs.J'histoire continue.Déjà en mars 1897, le premier groupe d'entrepreneurs de Montréal ressentait le besoin de se regrouper pour mieux défendre leurs intérêts communs en créant The Builder's Exchange of The City of Montréal.Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis toutes ces années, mais la mission de base de l'Association est toujours demeurée la même : défendre les intérêts des membres et leur offrir une brochette de services à valeur ajoutée, tenant compte des réalités évolutives des besoins reliés à l'industrie de la construction au cours des années.Plusieurs initiatives ont vu le jour durant cette période, pour en adapter les moyens et pour rencontrer les exigences des marchés, particulièrement de façon sectorielle et régionale.sous le vocable de l'ACQ-Montréal jusqu'en 2002.Considérant l'absence, à cette époque pas si lointaine, de l'importance de favoriser le rassemblement global des forces vives de l'ensemble des entrepreneurs (généraux et spécialisés) de l'industrie pour couvrir toutes les régions du territoire du Québec, l'ACQ-Montréal décida de se donner une orientation à caractère provincial et créa, en septembre 2002, l'Association patronale des entreprises en construction du Québec (APECQ).Forte de plus de 110 ans d'histoire et ayant à son actif au delà de 1500 membres en règle, l'APECQ constitue aujourd'hui la plus importante association multisectorielle à adhésion volontaire au Québec.APECQ.comme association Le contexte des changements apportés à la nouvelle association APECQ vient s'inscrire dans un besoin essentiel de renouveau et pour satisfaire aux besoins actuels des membres de l'Association, dans un contexte où la notion de réseau prend de plus en plus d'importance, en regard de tout intérêt de favoriser les relations d'affaires entre les membres de l'APECQ et également avec l'ensemble des partenaires de l'industrie, particulièrement avec les architectes.Tout en considérant évidemment la préoccupation des membres de l'APECQ de souscrire à toutes actions favorisant des processus d'affaires moins réglementés, plus performants, tout en facilitant les transactions entre les donneurs d'ouvrage, les entrepreneurs entre eux, les fournisseurs et les architectes associés à l'ensemble de ces projets.maillage de projets, via un service Réseau, d'avoir accès au service de plans virtuels de l'Association qui permet, non seulement à l'architecte d'obtenir rapidement et de façon qualitative les plans et devis d'un projet au moment de l'appel d'offres, mais une fois le contrat obtenu, de pouvoir s'assurer, au jour le jour, en cours de réalisation quotidienne de projet, d'obtenir les modifications apportées par le promoteur.De plus, et pour favoriser encore davantage les opportunités d'affaires des architectes, un système d'appel d'offres privé vient permettre aux architectes, de faciliter leur recherche de fournisseurs de l'industrie, ces derniers étant inscrits au Réseau des experts de l'APECQ et intégrés au site web de l'APECQ (www.apecq.org) Journée de la construction de l\u2019APECQ Le 23 mars 2011, se tiendra au Palais des congrès de Montréal, la Journée de la construction organisée par l'APECQ.Cet événement a pour objectif de regrouper tous les intervenants de l'industrie de la construction au Québec, particulièrement les architectes, pour mettre en contact l'ensemble des participants (entrepreneurs généraux et spécialisés, les donneurs d'ouvrage majeurs au Québec, les fournisseurs, etc.).D'une part pour offrir aux architectes les outils nécessaires pour maximiser leur visibilité et d'avoir l'opportunité de rencontrer les acteurs majeurs de l'industrie de la construction et pour favoriser la concrétisation de leurs projets concrets, dans l'exercice de leur profession.La participation à cette Journée de la construction est gratuite, sauf pour le petit déjeuner avec conférencier.Le conférencier invité à cette occasion sera monsieur Marc Dutil, président et chef de l'exploitation de Groupe Canam.La conférence de monsieur Dutil portera essentiellement sur l'importance du réseautage au sein de l'industrie de la construction, de l'importance du concept d'innovation et des éléments nécessaires pour traverser la période difficile qui touche l'ensemble des gens qui oeuvre au sein de ce secteur d'activités et qui représente le poumon de l'économie du Québec.L'APECQ.et les architectes L'Association patronale des entreprises en construction du Québec représente ce carrefour de l'industrie de la construction au Québec auquel tous les architectes du Québec ont l'opportunité de pouvoir bénéficier d'un ensemble de services d'appoint.Outre ceux généralement reconnus et mis à la disposition des membres, les architectes peuvent bénéficier de services particuliers et adaptés à leurs besoins, tels l'opportunité de favoriser le Tous les architectes sont conviés à consulter le site de l'APECQ afin de connaître la programmation finale de cette journée et de s'inscrire au plus tôt pour y participer.Pour toutes précisions relatives à l'égard des détails reliés au programme de cette journée, nous vous invitons à communiquer avec monsieur Jean Bénard, à l'APECQ, au 514-739-2381 poste 364.Journée de la P Construction Présentée par Joignez-vous à vos collègues le 23 mars 2011 au Palais des congrès de Montréal.Entrepreneurs généraux et spécialisés de tous les secteurs d'activités, fournisseurs, professionnels et autres partenaires de l'industrie Pour un complément d'information et pour réserver dès maintenant Jean Bénard 514.739.2381 poste 364 www.journeedelaconstruction.com En collaboration avec RÉSI APECQ \u20ac CARREFOUR DE L'INDUSTRIE Codru Vêt BÂTIR ENSEMBLE Dee Globa^ WHHHWfflH .* 1 sdpfS M'ï'Mïy.Gouvernement Government du Canada of Canada Canada MAINTENANT disponibles! Codes modèles nationaux de construction de 2010 Bâtiment \u2022 Prévention des incendies \u2022 Plomberie Les codes de 2010 renferment les exigences minimales de sécurité et de santé pour un environnement bâti de qualité et servent de modèles à presque tous les rèalements canadiens en matière de construction et de prévention des incendies.Les codes de 2010 : \u2022\tIncluent près de 800 modifications techniques par rapport aux éditions de 2005 \u2022\tReflètent les progrès technologiques et les préoccupations actuelles en matière de santé et de sécurité \u2022\tConstituent un outil indispensable pour les agents du bâtiment, de prévention des incendies et de la plomberie \u2022\tS avèrent un atout précieux pour les professionnels de la construction et pour les enseignants Formats offerts : \u2022\tVersions imprimées (reliure à anneaux ou livre à couverture souple) \u2022\tVersions électroniques (fichier PDF téléchargeable ou abonnement en ligne) Commandez les codes de 2010 en visitant le magasin virtuel du CNRC (secteur de la construction) à www.cnrc-nrc.gc.ca/magasinvirtuel Pour en savoir plus : www.codesnationaux.ca, 1-800-672-7990 ou 613-993-2463 (région d\u2019Ottawa-Gatineau et É.-U) Les codes modèles nationaux de construction de 2010 sont publiés par le Conseil national de recherches du Canada sous la gouverne de la Commission canadienne des codes du bâtiment et de prévention des incendies en partenariat avec les provinces et territoires.À venir en février 2011 Présentations en ligne gratuites sur les principales modifications apportées aux codes de 2010 à www.codesnationaux.c CONSEIL NATIONAL DE RECHERCHES CANADA \u2022 CONSTRUCTIO PEUT-ON JUGER DE LA DURABILITÉ?COMPTE-RENDU DE L\u2019ATELIER 3, COLLOQUE DE L'ACFAS, LABORATOIRE D\u2019ÉTUDE DE L\u2019ARCHITECTURE POTENTIELLE (L.EA.R), MAI 2010 L'objectif de la troisième table ronde du colloque consistait à débattre de la question : peut-on juger de la durabilité d'un projet dans un concours?Dans les lignes qui suivent, nous présentons quelques réflexions issues de notre perception initiale de la question et qui avaient pour but de baliser la discussion, puis une synthèse des principaux points soulevés dans les échanges entre les participants au colloque.CONOMIE\tSOCIAL £ ÉQUITABLE\tr* Schéma illustrant la complexité des mjeux intégrés parle développement durable.Crédit : MERTENAT2010 Michel Gariépy, professeur titulaire A institut d'urbanisme de l'université de Montréal Céline-Coralie Merten at, candidate A la m.sc.a., A l'université de Montréal LES CONCOURS, DES ALLIÉS DU DÉVELOPPEMENT DURABLE?L'atteinte d'une «durabilité»', au-delà du sens commun qui confine souvent le concept à la seule variable environnementale, commande la prise en compte d'une multitude de dimensions, de disciplines, d'échelles territoriales et de temporalités.Le défi de concevoir un bâtiment «durable» implique de dépasser les performances purement techniques et matérielles, pour intégrer une vision particulièrement complexe liant l'ensemble des dimensions environnementales, sociales et économiques, pour reprendre les trois piliers du concept.La conception de projets «durables» a initialement été et reste encore principalement abordée selon des approches normatives, soit le recours à une série de principes, de règles, d'indicateurs quantifiables fixant des seuils à atteindre.C'est le cas des approches de certification environnementale, comme LEED2.Toutefois, si elles sont relativement simples et efficaces à appliquer, ces approches sont handicapées de plusieurs problèmes structurels.Ainsi, le choix d'indicateurs implique une simplification réductrice des problèmes et soulève la question de la validité des seuils minimaux requis et surtout de «qui» les définit.Comment aussi tenir compte de la spécificité des contextes face à des normes uniformes?Le projet qui émane d'une telle approche risque fort d'être insatisfaisant par rapport à la «durabilité» souhaitée dans toute sa complexité.Aussi, le concept apparaît aujourd'hui surtout comme un «principe normatif sans norme»3 (Theys, 2000), ne pouvant être défini a priori scientifiquement ou objectivement.Pour pallier les problèmes mentionnés, s'est plutôt imposée la mise en place de procédures visant à organiser la discussion entre les acteurs rattachés à chacune des dimensions en jeu.À travers plusieurs étapes de réflexion et de concertation, il devient possible de faire émerger une vision plus complexe, d'établir des compromis et consensus, et de tendre ainsi vers un projet plus «durable».Cela exige toutefois du temps, de l'argent, un encadrement adéquat et une flexibilité à plusieurs niveaux.Un concours peut-il offrir de telles conditions?La démarche de concours, à notre avis, possède un grand potentiel de création de «durabilité» puisqu'elle est un processus critique, dans lequel déjà plusieurs acteurs sont mobilisés et où sont confrontés de multiples perspectives et critères d'évaluation.Les concurrents répondent à la commande et aux exigences techniques par leur interprétation du contexte, et selon les valeurs qu'ils privilégient.Ils conçoivent ainsi des projets potentiellement plus durables que ce que les critères initiaux laissaient entrevoir.D'un autre côté, selon les règles actuelles des concours, comment juger du niveau de «durabilité» des projets soumis?Comment en exploiter pleinement le potentiel?Réinventer les concours?Des commentaires des participants au colloque a d'abord émergé un consensus voulant que l'atteinte de la «durabilité» dans les concours transcende les approches strictement normatives.Les critères techniques, qu'ils soient liés à la structure, au budget ou à l'énergie, sont des éléments du programme et la multiplication des calculs, des grilles d'évaluation et des certifications comme LEED, ne résout en rien l'objectif principal d'un concours, soit la production d'une architecture de qualité.Aujourd'hui, tout le monde peut être LEED et rencontrer le budget affecté à un projet.Ce ne sont donc plus des critères déterminants dans la compétition.De plus, le projet déposé dans un concours reste une esquisse et les différentes données quantitatives produites ne sont en fait qu'une estimation de ce que pourrait devenir le projet lors de sa conception finale.Si l'utilisation répandue de la certification LEED comme barème de référence a permis une première ouverture des concours, il s'agit maintenant de convaincre les décideurs publics et les architectes d'aller au-delà.À cet égard, une autre idée a émergé de la discussion, soit le rôle du concours dans le déroulement global d'un projet.En effet, le concours n'est qu'une phase d'un processus plus large et d'autres étapes, tant à l'amont qu'à l'aval, contribuent à la «durabilité» du projet qui sera réalisé.Ainsi, la formule des «charrettes d'idéation», utilisées à l'étape pré-concours, permet le travail d'équipes multidisciplinaires plus apte à définir une commande complexe et durable.D'autres approches telles que le «processus de conception intégrée» et le «triple bilan»4 ouvrent des perspectives intéressantes, même si elles restent encore peu utilisées au Québec.Enfin, la discussion aura permis de soulever une série d'enjeux convergents avec ceux abordés dans les autres tables rondes.Ainsi, les experts recrutés en appui à un jury devraient-ils être impliqués plus tôt dans le choix du site et la définition de la commande?Ces experts doivent-ils participer aux délibérations du jury ou rester confinés dans le rôle de conseiller externe?Comment les choix effectués sont-ils d'abord compris par le jury, puis expliqués aux décideurs, justement pour exploiter toute la fécondité du projet retenu à l'égard du développement durable?Bref, comment s'assurer d'aller au-delà de critères génériques pour développer, tout au long du processus, un projet, et même une société plus «durable»?Comment ouvrir et porter le débat à l'extérieur du concours, à partir des enjeux soulevés par les projets proposés?Au final, trois éléments permettent de synthétiser le débat sur l'intégration des principes de développement durable dans les concours et du potentiel de renouveau que le concept incarne.Les normes ont leur utilité pour atteindre au minimum certains objectifs préétablis, mais n'acquièrent du sens que lorsqu'elles sont intégrées dans une vision durable du projet et de son contexte.Cette intégration passe par des processus multi-acteurs qui admettent la complexité, et prennent en compte la durée de vie du projet.NOTES 1.\tDa Cunha, A., 2003.Développement durable : éthique du changement, concept intégrateur, principe d'action.In : Da Cunha, A.,Ruegg, J., 2003.Développement durable et aménagement du territoire.Lausanne : PPUR, pp.83-100.2.\tLEED: Leadership in Energy and Environmental Design, http://www.cagbc.org/leed/ la_certification_leed/index.php [Consulté le 12.10.2010] 3.\tTheys J., 2000, « Un nouveau principe d'action pour l'aménagement du territoire ?Le développement durable et la confusion des (bons) sentiments », dans Wachter S.et al.(dir.), Repenser le territoire : un dictionnaire critique, DATAR/Éditions de l'Aube, La Tour d'Aigue.4.\tDeux expressions plus communément employées dans les termes anglais de « Integrated Design Process (IDP)» et « Triple Bottom Line ». Carmel a Cucuzzella Carmela Cucuzzella est doctorante à la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal.Sa recherche a pour sujet la compréhension des tensions entre les contraintes imposées par les systèmes normatifs (environnementaux ou sociaux) et aborde les objectifs de développement durable dans les projets de design et dans l'espace exploratoire du processus de conception.DES LIMITES DE LA NORME LEED Carmela Cucuzzella Si, de façon globale, les architectes se sont toujours sentis concernés par les effets de leurs projets sur l'environnement, la société et la culture, ils sont aujourd'hui confrontés, de façon paradoxale, à une pléthore de méthodes quantitatives (dites expertes) qui entendent jouer un rôle considérable et décisionnel en ce qui concerne le jugement des projets, que ce soit ou non en situation de concours.Le système de pointage du LEED en est un bon exemple, car bien que ces méthodes fortement normatives puissent contribuer à une réduction des consommations énergétiques et, dans certains cas, à l'amélioration de la construction, ils représentent et modélisent des réalités fragmentaires et ne s'adressent généralement pas aux caractéristiques spécifiques des projets.Au moment où certains concours entendent livrer des édifices exemplaires en matière de durabilité, il n'est pas surprenant que ces évaluations expertes rencontrent la faveur des donneurs d'ouvrage et des clients.Mais elles font de plus en plus l'objet de controverse dans les procédures de jugement des projets.En nous appuyant sur la théorie de l'agir communicationnel du philosophe allemand Jürgen Habermas, nous présenterons un cadre critique permettant de mesurer l'écart entre les ambitions et les possibilités des évaluations expertes LEED en développement durable dans le contexte des concours d'architecture.LE CAS DU CONCOURS POUR LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-LAURENT (2009) Dans Le Bulletin de Saint-Laurent de février 2010, le maire annonce fièrement le gagnant du concours pour la Bibliothèque de Saint-Laurent \u2014 concours organisé par la Ville de Montréal en 2009.Pour lui, le projet lauréat était d'abord et avant tout un projet certifié LEED-Or (Leadership in Energy and Environmental Design), et éventuellement un projet esthétique et fonctionnel.En effet, la première phrase de la description du projet gagnant publié dans ce bulletin disait que «Conformément à la politique montréalaise de développent durable pour les édifices municipaux, l'on vise pour ce nouveau bâtiment la certification LEED-Or» (Saint-Laurent, 2010, p.5).La prépondérance de cette exigence est confirmée par le programme du concours qui spécifie, dès le deuxième paragraphe de la première page, l'exigence d'un projet répondant à la norme LEED et devient évidente à la lecture des divers articles de presse; l'appel de candidatures, l'annonce des quatre finalistes, l'annonce du lauréat, etc.Pour ce concours, la sélection des finalistes s'est faite sur la base de dossiers professionnels.Quatre projets ont été soumis et un lauréat a été sélectionné.Comme dans tous les concours d'architecture, les membres du jury ont reçu les évaluations du comité technique pour compléter leur propre expertise.Or dans ce concours, les limites entre les évaluations du comité technique (procédure qui s'opère en dehors du jury) et le processus du jugement semblent avoir été brouillées, puisque la certification LEED-Or était un critère de qualification dominant et qu'un des membres du jury était un professionnel accrédité LEED.Tout porte à penser que la mise en exergue de ce seul critère a pu avoir une influence notable sur les procédures de jugement des projets.Dès lors, il nous est permis de supposer que cette situation ait provoqué des confusions voire des tensions pendant le jugement des projets.Les tensions engendrées par ce genre de situation (et qui pourraient peut-être expliquer pourquoi les résultats d'un concours sont parfois remis en question) peuvent se diviser en trois catégories : (1) la difficulté à déterminer la pondération qui doit être accordée à chacune des évaluations du comité technique dans le contexte plus large du processus de jugement, (2) la difficulté à résoudre la dichotomie entre «faits» et «valeurs», spécifiquement quand les résultats des évaluations du comité technique (basé sur des faits) sont intégrés au jugement final (basé sur des valeurs), et (3) la difficulté à générer une synthèse collective et une vision commune du projet.Dans ce contexte, la présente réflexion entend mettre l'accent sur des questions touchant le système d'évaluation LEED.Comment les concepts des architectes sont-ils pris en compte aujourd'hui dans un processus de jugement, en regard de la valeur de plus en plus grande accordée aux critères LEED?De quels repères les jurys disposent-ils pour parvenir à formuler des jugements équilibrés, quand ils travaillent à partir d'une multitude d'évaluations d'experts, un ensemble diversifié de paradigmes d'enquête, et une diversité de visions du monde et de systèmes de valeurs?Pour répondre à ces questions, cet article se divise en trois parties.La première opère un survol du «LEED».La deuxième démontre quelques limites du LEED à travers des exemples tirés du concours de la Bibliothèque Saint-Laurent.La dernière propose une manière d'aborder certaines de ces limites à l'aide de la théorie de l'agir communicationnel de Habermas (1984).lise?:;;; liera: fefiT ' ns appel pu: entas;?; «s de fl;; ! cor::.-: QU'EST-CE QUE LA NORME LEED?Selon le Conseil du bâtiment durable du Canada, «Le Système d'évaluation \u2018Leadership in Energy and Environmental Design' (LEED) encourage et accélère l'adoption internationale de la construction et du développement durable, par la création et l'implémentation d'outils et de critères d'évaluation compris et acceptés universellement.» (LEED Canada, 2004) Essentiellement, LEED est un système de normes orientées vers l'optimisation de la performance au niveau environnemental.Pourquoi LEED est-il devenu aussi populaire dans les concours?Premièrement, à cause de sa capacité à estimer la performance environnementale, dans un contexte mondial où la prévisibilité et la certitude des informations sont des préoccupations importantes.Deuxièmement, LEED semble facilement adaptable aux situations de concours, dans la mesure où il permet la comparaison \u2014 or qu'est-ce qu'un concours sinon une comparaison?De plus, les stratégies employées dans chacun des projets en vue d'obtenir des crédits sont parfois si diversifiées qu'elles engendrent des scénarios incomparables.Bien que LEED semble être l'outil de comparaison idéal, les difficultés de son utilisation surviennent donc au niveau de l'une de ses plus grandes forces.Car au moment de confronter ces résultats aux critères plus généraux d'esthétique et de fonctionnalité, comment pondérer chacun des critères et chacune des évaluations?Dans son livre «How We Think» paru en 1933, John Dewey affirme que la principale différence entre l'évaluation et le jugement réside dans le fait que l'évaluation se concentre sur l'analyse, tandis que le jugement implique la synthèse et l'intégration des résultats des évaluations dans un jugement de valeur final (1933).Dewey soutient aussi que le jugement est défini par priions fcdtaéi îdiijuiy! ftwrtritiqi med, «il environr CeJI ind ivaild'anal: étions, trf ¦fesontoii 06 fc.:j Mss.0 tes |hirvérj|j Sdüsy ^eLEED idle in; s'il., ndes; del; norme \u201cNedj ft' (w .ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FÉVRIER 2011 22 «sam final r.\u2022 r y / -A - ¦ W 'V-C '«2.>;./.-^,*VV,^4;\"_S.' mCm S-'M; '\u2022m&kâr WM mpm - ^(èîF, 3g*® ®*(tlquii« fed1 dnseren '«itéledrç jugemeull feitsi et «valei luations du cai in jugement f wunesyÉ rts fa® vista du at àcesquesticr; trois grandes caractéristiques : (1 ) une controverse constituée opèieinm de revendications opposées, (2) un processus de définition et radulEï'i d'élaboration des enjeux et du triage des faits, (3) une décision sans appel prise en fin de processus ; un consensus.Le juge-iment apparaît donc quand il y a des interprétations rivales, des ipoints de discorde ; quand il y a doute et controverse.Dans un concours, ceux-ci doivent se concilier pour qu'un projet gagnant soit sélectionné.De toute évidence, ceci n'est pas la tâche d'un évaluateur du comité technique qui doit faire un travail d'analyse, bien que ses analyses puissent devenir source de contestation lors du jugement.Le jugement ne peut relever ntemationaie* huedujury! ÿj Pour critiquer de façon très générale le système d'évalua-évaluationcoHtion LEED, mentionnons que LEED ne se préoccupe que des ris-.gués environnementaux, alors que la durabilité implique aussi léesversfop# ital.! : ::: des préoccupations sociales, culturelles et économiques.Ce système de pointage binaire utilise une pondération implicite où tous les indicateurs valent un point, ce qui le rend par définition imprécis ; puisque les indicateurs ne peuvent avoir une importance équivalente pour tous les projets et dans toutes les situations.Enfin, LEED suscite des attentes en ce qui concerne la capacité à prévoir et à maîtriser les risques puisque les incertitudes sont prises en charge de manière quantitative (Stirling, 2006; Whiteside, 2006; Jonas, 1985), même lorsqu'elles sont très grandes.Or, nous devons rester vigilants lorsque nous utilisons ce type d'analyse.Ces résultats sont souvent perçus comme des vérités absolues, alors qu'ils devraient être considérés dans leur véritable complexité, étant donné le grand manque de finesse du système de pointage (Beck, 2004; Giddens, 2004).La norme LEED peut cependant aider à simplifier un projet en un problème concis pour lui trouver une solution technique, qui ne s'adresse plus au projet original, mais à une simplification de sa problématique.Sans pour autant déconseiller l'usage de la norme LEED dans les concours, il est toutefois permis den critiquer l'efficacité réelle.Dans la section qui suit, nous tenterons de démontrer le caractère fragmentaire du LEED à : \u2018 travers quelques exemples.îJi 1 > urs.dans'a^ .jnconca» jes empl°ï édits»#*! dos in# 3, John W II) et ill; LEED : UNE APPROCHE FRAGMENTAIRE Le programme du concours de la Bibliothèque de Saint-Laurent Outre l'exigence prédominante de la certification LEED-Or, les principaux critères d'évaluation décrits dans le programme étaient : 1.«(.) l'édifice crée une nouvelle porte d'entrée au Boisé du parc Marcel-Laurin et met en valeur le site» (Saint-Laurent, 2009a, p.1); 2.à toutes les étapes du projet, et dans toutes ses composantes, trois notions fondamentales \u2014 et intimement liées \u2014 transparaissent : une bibliothèque humaine, plurielle et verte» (Saint-Laurent, 2009a, p.4); 3.«La visibilité et l'accessibilité du bâtiment devront être accentuées sur le boulevard Thimens» (Saint-Laurent, 2009a, p.29) LES PROPOSITIONS FINALISTES DU CONCOURS DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-LAURENT (2009) Provencher Roy + associés/Anne Carrier Architectes en consortium/Les consultants S.M.inc./Bouthillette Parizeau et associés inc.Ce projet adopte une approche de développement durable dans laquelle le LEED prédomine.Le discours des architectes est directement inspiré des 6 catégories du LEED.Ils se concentrent principalement sur l'optimisation de la performance du bâtiment.Dans le rapport du jury (p.5), on constate que «Le concept de développement durable apparaît bien intégré et respectueux du budget; en contrepartie, sa généralité le rend peu innovant».Ce bâtiment est performant, mais il a semblé peu inspirant au jury, puisque les liens entre les aspects environnementaux, culturels et sociaux n'ont pas suffisamment été développés.2 h Vue depuis le parc; Cardinal Hardy/Labonté Mardi/ Éric Pelletier Architectes en consortium/Leroux Beaudoin Hurens et associés inc./SDK et associés inc.2.Vue depuis la rue; Cardinal Hardy/ Labonté Marcil/Éric Pelletier Architectes en consortium/ Leroux Beaudoin Hurens et associés inc./ SDK et associés inc. DES LIMITES DE LA NORME LEED ACDF* architecture (Allaire Courchesne Dupuis Frappier architectes)/SNC Lavalin/CLA ingénieurs Cette équipe propose une solide stratégie environnementale en développant un bâtiment compact pour minimiser le nombre d'interventions sur le site.Le projet est orienté est-ouest afin de capter efficacement l'énergie solaire, tout en répondant aux critères LEED.Cependant, le rapport du jury révèle que, «Le plan, générateur d'expériences réparties sur trois (3) niveaux, crée la confusion pour le visiteur et complique l'aménagement de la bibliothèque(.)».En mettant autant d'emphase sur cette stratégie de compacité, le projet donne l'impression d'avoir sous estimé l'importance de certaines préoccupations architecturales, telles que les espaces intérieurs, les circulations, etc.Chevalier Morales Architectes/Les Architectes FABG/Tecsult-AECOM inc.À l'encontre des deux précédentes, cette équipe a défié deux importants critères du règlement : 1) que la bibliothèque soit une porte d'entrée au parc et 2) que le bâtiment soit visible depuis la rue.Pourquoi prendre un tel risque?Ont-ils considéré que ces exigences s'opposaient à une philosophie plus globale du développement durable et que la bibliothèque devait plutôt être intégrée à la zone boisée pour en devenir le nouveau «cœur»?Ce faisant, les architectes ont jugé qu'un changement pouvait survenir à travers l'exercice de cette résistance.Leur projet est un bon exemple de vision systémique à la recherche d'une durabilité complexe ; où les facteurs esthétiques ne peuvent être séparés des solutions techniques et des aspects socioculturels.Il est important de mentionner que dans le rapport du jury, il est écrit que «Tous atteignent les points pour la certification LEED Or, mais certains présentent plus de risques, dont ceux de Chevalier Morales/FABG, architectes, dont le budget est le plus serré et qui dispose de peu de crédits excédentaires».Cependant, considérant le manque flagrant de finesse de ce système d'attribution de crédits, la réalité est telle que nous ne pouvons pas nous permettre de tirer de telles conclusions.Car tant d'un point de vue philosophique que pragmatique, c'est le projet qui avait l'approche durable la mieux intégrée.LÉ PROJET GAGNANT \u2014 Cardinal Flardy/Labonté Marcil/Éric Pelletier Architectes en consortium/ Leroux Beaudoin Hurens et associés inc./SDK et associés inc.À l'opposé de la précédente, l'équipe du projet lauréat n'a défié aucun élément du programme.Les concepteurs ont plutôt cherché à faire de la nouvelle bibliothèque «un lieu perméable» entre la ville et la forêt, exactement comme le spécifiait le programme du concours.En effet, dans Le Bulletin de Saint-Laurent, le projet gagnant est décrit comme suit : «La présence de ce nouvel édifice public sur le boulevard Thimens viendra consolider la vocation civique de cet axe, en plus de contribuer à la mise en valeur du boisé du parc Marcel-Laurin en lui donnant une nouvelle porte d'entrée.» (Saint-Laurent, 2010, p.5).Sur ce point, il nous est permis de nous interroger sur la monumentalité du projet gagnant, qui crée un immense mur (et non une porte) qui rend la forêt peu visible depuis la rue.Dans les faits, ce projet a gagné parce qu'il propose une grande visibilité depuis la rue principale, bien que l'image la plus diffusée soit la vue arrière du bâtiment (façade faisant face au parc).Enfin, dans le rapport du jury il est spécifié que «Dans la mesure où l'arrondissement veut transmettre un message éco-responsable, il importe aussi que le projet choisi en donne l'image, tant par son concept énergétique que par l'enveloppe du bâtiment choisi.» (Jury report, 2010, p.4).On comprend dès lors que le discours écologique des architectes s'adresse directement à cette attente, comme on peut le lire dans la présentation qu'ils ont faite de leur stratégie écologique : «Plusieurs stratégies sont alors mises en place, elles sont présentent (sic) tout au long du processus de découverte, d'appropriation, et de cheminement, du paysage au livre.À l'échelle du site, le renforcement du cadre végétal, les bassins de rétention exprimés et mis en valeur, le stationnement responsable et les aménagements connexes ont mis en place les prémisses de base.La matérialité propre du bâtiment contribue grandement à la compréhension d'un bâtiment exceptionnel, mais c'est principalement par ses systèmes mécaniques qu'il innovera.La mise en place d'un système de récupération des eaux de pluie et d'alimentation du milieu humide, d'un système de géothermie relié à une boucle d'échange thermique, de mesures diverses d'économie, d'énergie, etc.Mais principalement, l'introduction d'un système passif de chauffage utilisant la chaleur accumulée dans le prisme de verre référentiel et redistribué dans la boucle géothermique.La ventilation à faible vélocité par les planchers permet une réduction du nombre de conduits requis.Des rayonnages verts filtrants les CO2, installés à quelques endroits à travers les collections, etc.De plus, un souci important tant pour le confort des usagers que pour les économies d'énergie est apporté aux éclairages.L'éclairage naturel étant privilégié et combiné à un éclairage de tâches adapté et permettant d'importantes économies d'énergie.» (texte descriptif du projet lauréat,Saint-Laurent, 2009b).On le voit, la stratégie environnementale de cette équipe reprend directement les rubriques du LEED en particulier du point de vue des systèmes mécaniques.On ne trouve pas de conception globale, mais plutôt une addition de techniques, phénomène directement provoqué par la fragmentation induite par le LEED.En donnant autant d'importance au LEED, est-ce que les enjeux sociaux et culturels et l'architecture du bâtiment ont été compromis?Le bâtiment étant en construction, il est encore trop tôt pour se prononcer.ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FÉVRIER 2011 LES LIMITES DE LA NORME LEED POUR LA DURABILITÉ DANS LES CONCOURS Il est clair que les préoccupations en matière de développement durable au-delà de la seule norme LEED, sont de plus en plus présentes et que les catégoriser et les évaluer représente tout un défi.Dès lors, même dans le programme du concours il n'est pas toujours facile d'identifier l'ensemble des problèmes contextuels au projet.Pour dépasser les significations du LEED, nous devons aborder cette question dans le cadre général de la problématique du processus de jugement.Comme les propositions des concurrents représentent un riche ensemble de solutions alternatives, le déroulement du jury représente l'opportunité démocratique idéale pour délibérer sur les questions soulevées par les concurrents.Quand des questions controversées et contradictoires sont soulevées par les participants, le processus de délibération est aussi important que le problème soulevé.Dès lors, la capacité de communication des propositions des concurrents et la capacité de dialogue des membres du jury représentent deux facteurs importants pour comprendre la légitimation et la justification du choix du projet gagnant.Dans un concours, quand vient le temps du jugement, le jury doit à la fois revenir régulièrement sur le discours des concurrents, et jauger de la manière dont les évaluations du comité technique peuvent être intégrées à même la délibération.Cependant, comment estimons-nous la capacité de communication ?La théorie de l'agir communicationnel, telle que définie par le philosophe Habermas, est ici proposée comme une façon, certes théorique, d'aborder cette question.COMMUNICATION ET «COMPRÉHENSION COLLECTIVE» Dans la théorie de Habermas, les participants s'engagent dans un processus de communication qui cherche à définir une vision commune, à travers une réflexion sur leurs propres intentions et leur propre vision du monde.Nous croyons que cette théorie (Habermas, 1984) peut être une optique intéressante pour analyser les discours et dévoiler les faiblesses de la situation communicationnelle qui se manifestent lors de la délibération du jury.Selon Habermas, «Seul le modèle communicationnel d'action présuppose le langage comme un médium d'intercompréhension non tronqué, où locuteur et auditeur, partant de l'horizon de leur monde vécu interprété, se rapportent à quelque chose à la fois dans le monde objectif, social et subjectif, afin de négocier des définitions communes de situations.» (1987, p.111) La théorie de l'agir communicationnel définit une forme de rationalité qui est émancipatoire et téléologique, basée sur un processus de délibération équitable.Une des difficultés rencontrées dans un processus de jury vient certainement du fait que les évaluations des comités techniques sont valorisées parce qu'elles offrent des résultats quantitatifs auxquels le public peut se rattacher, même s'il ne s'agit le plus souvent que d'un «sentiment de certitude» («The Quest for Certainty», Dewey, 1930).Pourtant, en dépit de la volonté d'intégrer les évaluations des experts dans le processus de jugement, il faut reconnaître qu'il est souvent difficile de synthétiser ces résultats quantitatifs avec les analyses plus qualitatives \u2014 elles-mêmes étant souvent perçues comme des connaissances tacites et moins fiables, bien qu'il s'agisse d'évaluations « construites », tout comme les évaluations expertes.Dès lors, la théorie de l'agir communicationnel peut-elle nous aider à combler l'écart entre les modèles de la rationalité critique reconstructive (sur la base de la communication) et ceux de la rationalité instrumentale en situation de jugement architectural?Cette réflexion cherche à relever les limites des méthodes traditionnelles d'évaluation (qui sont instrumentales) avec l'approche de délibération.Le principal avantage de combiner les différentes théories est que la rigueur et la pertinence puissent se rapprocher et converger dans les processus de délibération.Cette importante théorie, dont l'explication déborde largement du cadre de cet article, propose un modèle de communication «idéal» dans lequel les participants en viennent à une «compréhension collective» des enjeux, des déclarations et de leurs préoccupations.Dans un processus complet et efficace de communication et de jugement, il y aurait donc passage d'un accord normatif (par le consensus ou pire le vote) à une compréhension collective.La question reste ouverte, mais elle se résume à un défi : les membres du jury peuvent-ils construire une compréhension collective du projet gagnant à travers l'approche de la communication Habermasienne?(Traduction : Camille Crossman) RÉFÉRENCES ¦\tBeck, Ulrich.2004.Risk Society: Towards a New Modernity.Translated by Mark Ritter, Theory, Culture and Society.London, California, New Delhi: Sage.Original edition, 1992:272.¦\tDewey, John.1930.The Quest for Certainty - A Study of the Relation of Knowledge and Action.London: George Allen & Unwin Ltd.¦\tDewey, John.1933.How We Think.Boston: D.C.Heath and Company.¦\tGiddens, Anthony.2004.Modernity and Self-Identity: Self and Society in the Late Modern Age.Oxford, Cambridge: Polity Press and Blackwell Publishing.Original edition, 1991:264.¦\tHabermas, Jurgen.1984.The Theory of Communicative Action, Volume One, Reason and the Rationalization of Society.Translated by Thomas McCarthy.Boston: Beacon Press.¦\tHabermas, Jurgen.1987.Théorie de Tagir communicationnel, tome 1 : Rationnalité de Taction et rationnalisation de la société.Paris: Fayard.¦\tJonas, H.1985.The Imperative of Responsibility: In Search of an Ethics for the Technological Age.Translated by Hans Jonas with the collaboration of David Herr.Chicago: University of Chicago Press.¦\tLEED Canada.2004.LEED Green Building Rating System and Addendum for New Construction and Major Renovations, Version 1.0 (LEED Canada-NC 1.0): Canada Green Building Council.¦\tSaint-Laurent.2009a.Appel de candidatures 09-042, programme.Concours d'architecture/Nouvelle bibliothèque, centre d'exposition et réserve muséale, arrondissement de Saint-Laurent.Ville de Montréal.¦\tSaint-Laurent.2009b.Bibliothèque Saint-Laurent.Montreal : http://bibliothèque.saintlaurent.ville.montreal.qc.ca ¦\tSaint-Laurent.2010.New Library Design Unveiled.Le Bulletin de Saint-Laurent 19 (1).¦\tStirling, Andrew.2006.Precaution, Foresight, and Sustainability: Reflection and Reflexivity in the Governance of Science and Technology.In Reflexive Governance for Sustainable Development, edited by Jan-Peter Voss, Dierk Bauknecht, René Kemp and Jan-peter Vob.Cheltenham, UK: Jan-Peter Voss, Dierk Bauknecht, René Kemp, Jan-peter Vob:457.¦\tWhiteside, K.H.2006.Precautionary Politics: Principle and Practice in Confronting Environmental Risk.Cambridge: The MIT Press.Toutes les illustrations montrent les projets pour le concours de la Bibliothèque Saint-Laurent 2009.La source des images : http://bibliothèque.saintlaurent.ville.montreal.qc.ca/ 3.\tLe projet de Chevalier Morales Architectes/Les Architectes FABG/Tecsult-AECOMinc.4.\tProve riche r Roy + associés/Anne Cai rier Architectes en consortium/Les consultants S.M.inc./Bouthillette Parizeau et associés inc.5.\tACDF* architecture (Allaire Courchesne Dupuis Frappier architectes)/SNC Lavalin/CLA ingénieurs 6.\tChevalier Morales Architectes/Les Architectes FABG/Tecsult-AECOM inc. nn N s > S *> 1' StllK TOUJOURS PLUS PERFORMANT WALLTITEECO est un système d\u2019isolation/pare-air de polyuréthane moyenne densité conçu pour améliorer l\u2019efficacité énergétique de tous les types de bâtiments.La performance exceptionnelle de WALLTITE ECO maximise l\u2019efficacité de l\u2019enveloppe de bâtiment, ce qui se traduit par de substantielles économies d\u2019énergie.WALLTITE ECO répond aux critères d\u2019homologation du programme GREENGUARDSM et du programme Enfants et écoles GREENGUARD™, ce qui garantit le confort et la sécurité des bâtiments.WALLTITE ECO est le premier isolant de polyuréthane pulvérisé à alvéoles fermées à avoir obtenu rÉcoLogoM, le symbole de certification environnementale le plus reconnu en Amérique du Nord.Sa formule intègre des plastiques recyclés, des matières renouvelables et un agent gonflant qui n\u2019appauvrit pas la couche d\u2019ozone.La performance de WALLTITE ECO a été optimisée par l\u2019outil d\u2019analyse d\u2019éco-efficacité de BASF, un outil primé qui permet d\u2019évaluer un procédé de fabrication ou le cycle de vie complet d\u2019un produit selon six critères clés : la consommation de matières ; la consommation d\u2019énergie ; les émissions dans l\u2019atmosphère, le sol et l\u2019eau ; les risques potentiels en cas de mauvais usage ; les impacts potentiels sur la santé et l\u2019emploi des terres.Pour de plus amples renseignements : 1-866-474-3538 I walltite.com I foammasters.ca I walltiteeco.com foam masters ?-BASF The Chemical Company VJRi Enfants et écoles REENGUARD Qualité de Pair des locaux certifiée Le mot ECO représente l'équilibre entre écologie et économie lorsqu'on obtient la performance WALLTITE ECO Pour que des matières premières renouvelables deviennent une solution de rechange aux ressources fossiles, elles doivent être disponibles à prix concurrentiels pour les applications industrielles sans compromettre la production alimentaire et sans épuiser les richesses naturelles.Pour son matériel isolant WALLTITE ECO\".BASF Canada a choisi d'utiliser des composantes renouvelables issues de cultures non comestibles qui ne nuisent pas à la production alimentaire mondiale.WALLTITE ECO foammasters et Toujours plus performant* sont des marques de commerce de BASF Canada.ÉcoLogo\" est une marque déposée d'Environnement Canada.Le programme de certification GREENGUARD\" et le programme de certification Enfants et écoles GREENGUARD\" sont des marques de commerce du GREENGUARD Environmental Institute. JUGER DES IMAGES ImenBenJemia Imen Ben Jemia est candidate au doctorat en aménagement de l'Université de Montréal depuis janvier 2007.Elle détient une maîtrise en aménagement option conservation de l'environnement bâti et un diplôme d'architecte de l'école nationale d'architecture de Tunis.Cet article s'inscrit dans la recherche doctorale qu'elle poursuit sous la direction de Jacques Lachapelle.S'appuyant sur le cas du concours de l'agrandissement du Musée royal d'Ontario (ROM) organisé en 2001, le présent texte pose la question du jugement lors des concours à travers l'exploration de la communication visuelle en architecture1.En effet, lors des concours, le jugement se base principalement sur les représentations graphiques des projets produites par les architectes.Les dessins d'architecture sont ainsi les intermédiaires entre les concurrents et le jury en vue de l\u2019évaluation du projet potentiel.Propres à l'imaginaire conceptuel de chaque participant, les références ainsi que les moyens et les procédés de représentation utilisés sont très hétérogènes, mais l'objectif reste le même : attirer l'attention, se démarquer du lot en vue de gagner le concours.Le jury se retrouve face à une multitude d'images parmi lesquelles il doit choisir.Comment les architectes communiquent-ils visuellement pour mettre en valeur leurs projets?Cet article pose une problématique contemporaine constituant un dilemme pour le jury et influençant le jugement dans les concours : en l'absence de contraintes précises dans les règles de présentation et dans les attentes de la commande, les compositions graphiques, comme moyen de communication, sont difficiles à décoder et à comparer.Il s'agit de la surenchère des images, privilégiée par la commande dans ce cas précis, et largement utilisée par les concurrents.Dans ce contexte, les images produites sont des images fonctionnelles telles que définies par la discipline de la communication.Mais au-delà d'informer, leur rôle est d'émouvoir, de convaincre et de persuader.Aujourd'hui, la multiplication des techniques de représentation, entre dessins à main levée, dessins assistés par ordinateur, photographies, traitement de photos, montages, etc.est remarquable.Les possibilités de rendu pour les projets sont illimitées.En fonction de leurs objectifs et selon la demande du concours, les architectes s'évertuent à mettre en évidence leurs propositions, à les embellir pour se démarquer de la concurrence et persuader le jury2.LA FIGURATION ARCHITECTURALE, CONCOURS ET COMMUNICATION Philippe Boudon3 définit la figuration architecturale comme la représentation des projets par les architectes.Dans cet article, les dessins d'architectes sont analysés selon leur aspect communicationnel qui se distingue de l'aspect conceptuel propre au processus de conception du projet.Il s'agit, dans ce contexte, d'instruments d'information et de persuasion.Les concours, «sorte de spectacle de théâtre»4, transforment cette «figuration» en «publication» puisqu'elle est présentée devant un jury, ce qui exalte explicitement l'aspect communication.Dans le cas du concours ROM plus précisément, les soumissions étaient d'autant plus publiques, qu'elles ont été exposées à chaque étape et que la présentation finale des trois finalistes fut complètement publique.Cette notion de «publication» distingue le dessin d'architecture d'un travail de production et l'inscrit plus concrètement dans le paradigme de communication établi par Boudon.Lips-tadt se fait plus précise concernant la notion de «publication» en architecture, en affirmant que : « L'étymologie suffit à nous rappeler l'origine commune de la publicité et de la publication.L'œuvre et son créateur sortent de l'intimité de la créativité grâce à la publication des figurations »5.Cet aspect contemporain de la figuration nous invite à explorer les travaux de la discipline de la communication et à emprunter sa terminologie.À cet effet, le dictionnaire du marketing définit la communication comme étant l'acte de : «transmettre des informations dans le but d'obtenir de la part du destinataire une modification de comportement ou d'attitude»6.En plus de son rôle originel d'informer, l'image en architecture, dans ce paradigme de communication, tâche dorénavant de séduire et de persuader les observateurs par des effets variés et multiplies.Dans le cadre du concours, les architectes usent de stratégies de communication pour se démarquer de la concurrence ; il y a un aspect de stimulation, de sensibilisation à travers la représentation7.Cette dimension in- , traduit un impact sur les émotions, l'inconscient, et détermine un jugement basé sur l'interprétation, qui se dissocie de plus en plus de l'objectivité.En effet, l'observation des images produites par les concurrents du ROM révèle instantanément que le graphisme est le mot d'ordre, il est donc question de messages polysémiques qui laissent le champ libre à l'interprétation.Ainsi, la figuration architecturale, devenue publication lors de sa présentation au jury, génère des images classées «fonctionnelles» par les experts en communication8.Depuis la fin du 20e siècle, le monde vit une expansion majeure du nombre d'images fonctionnelles, comme la publicité qui donne le mot d'ordre pour les produits commerciaux ; ces images envahissent aussi le monde politique et culturel.Depuis la naissance de l'image de masse (composée de textes et d'images), telle que les affiches, c'est le champ de la communication persuasive qui répond à une philosophie du destinataire9.Les images produites par les architectes dans le cadre de nombreux concours reflètent la pluralité des aspects soumis pour le jugement.Les images visent, au-delà de l'objectivité de leurs informations, à émouvoir par leur esthétique et à convaincre par leur argumentation.éddéde isfNewï rchitects Mû If expo jfinom nient w,t§ m pi tt:l ü coi tabula jnature le h sont i iCOMMI îs docufî Asdesi mes en Éence diecdiei es de com* émouvoir mioboi Mifiet HLVIi fodloly série d'e LE CONCOURS RENAISSANCE ROM Un concours d'architecture international a été lancé par le ROM et l'appel de candidatures et a été publié par le New York Times et le Globe and Mail le 27 juin 2001.La première étape du concours était une sélection se basant sur l'expérience et l'importance des 52 firmes qui ont manifesté leur intérêt pour le projet.Après avoir sélectionné 12 firmes à partir de leurs dossiers de soumission de la première étape, le musée leur a soumis un appel à propositions «Request For Proposai», en septembre 2001 afin de choisir trois finalistes pour le concours.Au sein du RFP comportant programme et règlement du concours, il est souligné dans les principes orientant le projet : «Powerful visual/emotional/psychological image consistent with ROM branding»'0.Le thème de l'attractivité et du visuel transparaît dans ce texte avec l'utilisation de mots comme : «star», «iconic», «visual», «image», «visibility», «transparency», mais aussi le sensationnel avec l'utilisation du mot «dramatic».Ce vocabulaire s'apparente au monde de la communication et des médias et dévoile les ambitions du musée pour son architecture.Cette architecture est pensée comme un moyen pour médiatiser l'institution et la ville de Toronto, en se basant sur une image saisissante, impressionnante et sensationnelle.Suivant les exigences du musée pour la deuxième étape, chaque candidat a présenté une série de dessins présentant son projet pour le ROM.Le papier était fourni aux concurrents, îj^,, mais aucune contrainte ou exigence n'avait été précisée pour la représentation.Parmi les 12 firmes choisies, sept seulement ont il du ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FÉVRIER 2011 28 535c w~.T ' ;cji\u201c imunicatjofi com wdinsfetwi) 'cation de compo e «ipel Mon ^ecfflmnat ifeteoiiayiti udreduconcours uniQtion pout se tctdestimu\u2019ation .Cette fan (Mi, et (fa mdesimagespic SMlBlHlf quest™ denes ili»tetp(etto«.l fation lofidesa sséeséncfaw lombfedîragal IIP deFimagede uelesafefl irépondàunei ^pïfeatdi® fient laptop igavisentau- jnoitp*1*81 décidé de continuer.Il s'agissait de : Architetto Andrea Bruno (Turin, Italie), Bing Thom Architects (Vancouver, Canada), Daniel Libeskind (Berlin, Allemagne), Kohn Pedersen Fox and Associates (New York, E.-U.), Michael Hopkins and Partners (Londres, Angleterre), Rafael Viholy Architects PC (New York, E.-U.) avec Architects Alliance (Toronto, Canada), Skidmore, Owings & Mer-LLP (Chicago, E.-U.).Les sept propositions reçues ont ensuite été exposées au musée en novembre 2001 dans une exposition nommée «Renaissance ROM : Architect's Sketchbooks».À la fin de cette étape, les trois finalistes choisis par le jury, Andrea Bruno, Bing Thorn et Daniel Libeskind, ont de nouveau exposé leur proposition.En février 2002, l'exposition «Views of our future : Three Architectural Finalists» a permis au public de faire des commentaires écrits sur chacune des propositions.Daniel Libeskind, a finalement gagné le concours et a marqué de sa signature le projet et la ville de Toronto (fig.l).Ses croquis du musée sont devenus célèbres et emblématiques\".LA COMMUNICATION VISUELLE DES CONCURRENTS Les documents graphiques analysés dans cette étude sont extraits des présentations (de la deuxième et la troisième étape), de quatre firmes ayant participé au concours.Les firmes Daniel Libeskind, Rafael Viholy, Michael Hopkins et Bing Thorn sont choisies en raison de la richesse de la documentation et de la pertinence des images en rapport avec les objectifs de cette recherche.Ces images sont caractérisées par différentes stratégies de communication visuelle, dont les différents effets visent à émouvoir et à convaincre, et s'inscrivent, comme messages sémiologiques, sous des aspects esthético-perceptifs, argumentatifs et motivationnels.rottw le» lia P®* iota#\"311 c::u; fdlc52 aiàpc.Illü' spouile®8®1 0lX RAFAEL VINOLY, LE POINT DE VUE DU CROQUIS Rafael Viholy a soumis pour la première étape du concours pjune série d'esquisses manuelles en noir et blanc exprimant sa proposition par des perspectives, des façades et des plans, j Chaque planche se résume à une seule image.Par rapport à des dessins techniques neutres, l'effet d'esquisse personnelle de l'architecte, qui caractérise cette proposition, donne un cachet et une signature plus personnalisés.Les croquis montrent |f principalement des vues du projet dans son environnement urbain.Le projet est résumé à l'image qu'il offre à l'espace public.Cette stratégie vise à simplifier la communication du projet en proposant une image forte tout en exaltant l'effet mémorable ; en présentant le projet avec une signature comme un souvenir représentatif de la ville.Dans cette perspective manuelle par exemple (fig.2), où l'architecte met en évidence le projet illuminé dans la nuit avec en arrière-plan le skyline de la ville avec la tour CN, la composition du dessin crée un rapport d'analogie du musée comme une icône pour la ville, similaire à la tour CN qui se profile à l'horizon de l'image.Cette mise en relation visuelle des deux bâtiments dénote le caractère symbolique du projet ambitionné pour la ville.DANIEL LIBESKIND, LA SIGNATURE Daniel Libeskind a présenté pour la deuxième étape un ensemble de douze croquis dessinés sur les serviettes en papier du ' .restaurant du musée.Le premier croquis est un schéma explicatif présentant le projet sur son site à l'intersection des deux .axes urbains, avec un dessin de la tour CN avec le lac Ontario [V'pyWt 1.2.Le musée royal d'Ontario, Toronto ©Jacques Lachapelle, 2009.Dessin de perspective, Rafael Viholy Architects PC, soumission Renaissance ROM © Rafael Vinoly, 2001. JUGER DES IMAGES A new A new legibility The key to the w-tforriation «-H te tre interfacing arc arrsrçe-wwr.T o' a i~ts of r.ew routes through museum.These must allow \" leg C'liry of th.» tu :-dog to untold and enao'e a clearer ur.oerstara,rg of tr-e reiaton-sh-c of the parts of \u2018.he caiiect-cn.At the seme time these routes nave tr.e potential to set uo new, richer inter-copnsctK5\"5 between o-e.r oosiy unrelated anc sc'ated areas, efiminating the idea of a singular Circulation route in favour of a choice of routes.These routes vnS expose to the visitor me idea of the ROM both as a repository for erhitts and as a place of research conservation siudy.They will recognise the different ways that the museum wi be used and enjoyed by the family, the scholar and the tounst by those visiting major temporary exhibitions as well as those visit-ng more particular parts of the collection.They will also create interstitial spaces between primary rooms, physically and thematically threading together the museum into a richer and more interconnected expenence.3.\tDessins de présentation du projet, Michael Hopkins and Partners, soumission Renaissance ROM © Michael Hopkins, 2001.4.\tCroquis de Bing Thom Architects, présentation finale du concours Renaissance ROM©Bing Thom, 2002.5.\tDessins de présentation du projet, Bing Thom Architects, présentation finale du concours Renaissance ROM © Bing Thom, 2002.6.\tCroquis du Studio Daniel Libeskind pour le ROM © Royal Ontario Museum, 2002.et quelques bâtiments au sud.Deux agglomérations sont dessinées à l'Est et à l'Ouest du projet (avec une densité plus importante à l'Est) et sont reliées avec des pointillés et des flèches au projet.Le dessin du musée est similaire par son échelle aux 3 agglomérations avec un cercle qui l'entoure et accentue sa centralité et met en évidence son emplacement en ville.Dans cette étude du contexte, le projet est ainsi présenté comme un bâtiment d'envergure à l'échelle de la grande ville.Les flèches orientées vers le musée montrent que c'est dorénavant lui le centre d'intérêt en ville.Après ce croquis d'analyse, une série de dessins se focalise sur l'intervention monumentale située à l'entrée du musée.Dès le premier dessin, c'est l'entrée du projet, avec une passerelle menant vers les volumes aux lignes obliques, qui est représentée dans l'espace urbain.De même, tous les croquis montrent des vues de l'entrée du projet au coin des rues Bloor et Queen et sont consacrés à l'étude de cette volumétrie, démontrant ainsi l'importance accordée à la mise en scène de l'espace urbain à travers le nouveau volume et sa démarcation tant visuelle que physique sur l'espace public.La référence de la volumétrie proposée est la collection de cristal du musée, une référence abstraite qui génère une image attrayante.L'image du projet en conception devient en soi une œuvre spécifique, puisque les quelques lignes du croquis représentent, non plus un dessin d'architecture conventionnel, mais plutôt une image fonctionnelle telle que défini par le monde de la communication et servant de logo au projet et à la ville.Le principal croquis d'intention (fig.3) est d'ailleurs annoté (ROM, Toronto) affirmant cette caractérisation de l'œuvre/lieu.Ainsi annoté, le croquis exprime la volonté du projet d'être perçu comme un symbole, une icône pour la ville.ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC I FÉVRIER 2011 En terme de communication architecturale à l'époque moderne, «Le Corbusier», rappelle Philippe Boudon, «utilise l'esquisse pour susciter une familiarité avec l'architecture à l\u2019opposé de l'image empesée des professionnels, et pour affirmer une autorité persuasive»'2.Cette préférence aura beaucoup de succès et coïncidera avec l'essor de la publication en architecture.L'esquisse manuelle devient ainsi une image forte de la communication en architecture depuis la période moderne jusqu'à nos jours.En se basant sur les postulats de la communication, l'étude de ces images fortes montre qu'elles misent sur l'esthétique pour captiver; c'est le système perceptif qui est l'objectif de la stimulation.Aussi, ces images suggestives ont un aspect motivationnel13 puisqu'en choisissant l'image minimaliste attractive et la signature pour la représentation du projet, c'est un projet iconique pour la ville et captivant pour l'espace public qui est suggéré, ce qui correspond parfaitement à la commande du concours.La technique de représentation choisie sert les intentions du concepteur et correspond aux aspirations de la commande, cependant elle laisse peu de place à un jugement rigoureux, objectif et comparable aux autres soumissions.BING THOM, RÉCITS ET IMAGES Une des planches de Bing Thom (fig4) qui a été composée pour la présentation finale du concours Renaissance ROM est un exemple de la complexité et des différents niveaux de discours permis par la construction de l'image.Il s'agit d'un exemple parlant de la profusion de discours explicatifs et analytiques où l'argumentatif et le motivationnel ont préséance.Un effet dynamique caractérise la planche où s'entremêlent mots, dessins et flèches, exacerbant ainsi l'effet narratif de l'image globale.Les deux grands axes principaux du site, au centre et en premier plan de la planche, sont dirigés vers le centre-vilie et révèlent l'information principale de cette planche qui est le rapport avec la ville.Le schéma montre une grande partie de la ville délimitée par le lac au sud et une portion de la partie nord du ROM.Le musée est placé à droite de l'image permettant ainsi au concepteur d'analyser son rapport avec les principales institutions dans la partie sud de la ville, suggérant ainsi son importance dans le réseau institutionnel de Toronto.Le principal axe menant vers le lac est aligné avec l'élévation de la ville (skyline) où la tour CN est mentionnée avec un plan schématique, tout comme le Nathan Square, le Eaton Center et le ROM.Le choix de ces institutions emblématique de la ville démontre la volonté de placer le ROM au rang des icônes urbaines.En haut de la planche, les croquis d'intention de l'architecte montrent les lignes qui structurent le projet et la morphologie de la toiture qui s'inspire du skyline de la ville.Ce skyline devient le concept du projet.Cette ligne directrice associée avec l'image d'un mammifère (en référence à la collection nature du musée) contribue à créer une figure à l'origine de l'intervention de l'architecte.Après cette argumentation et cette justification des origines du projet, l'architecte use de l'effet produit par l'esquisse et de sa signature pour produire une image captivante (fig.5).L'élaboration du concept trouve sa racine dans une abstraction de la lecture de la ville, en relation avec la fonction muséale du projet.La figure générée justifie la morphologie du musée comme syn 30 fuu to lm lut liui loi |f1J 10 PTfc \\ thèse de la ville, mais aussi comme étant l'icône de sa collection dans la ville.La métaphore avec le mammifère offre une image forte pour augmenter l'attractivité du musée dans cette course aux images.Quelques lignes annotées résument le projet et offrent, à la manière de Libeskind, un logo à la ville.MICHAEL HOPKINS, SCHÉMAS ET EXPLICATIONS Pour étayer les discours, des effets analytiques et de schématisation sont employés par la firme Hopkins comme cette planche (fig.6), composée d'un texte illustré de quatre axono-métries annotées qui montrent l'accessibilité, les circulations et les différents liens fonctionnels à l'intérieur du musée.La fragmentation du projet en dessins tridimensionnels explicatifs dénote la volonté d'exprimer précisément les choix au sein du projet et d'orienter la compréhension du jury vers ce que l'on estime important et essentiel dans l'intervention.À travers des axonométries annotées du projet, la planche montre l'importance accordée au fonctionnement des galeries, à la lisibilité et à l'orientation dans le musée.La profusion de mots accompagnant les dessins, autant dans le texte que dans les annotations au-dessus des images, révèle l'effort de démonstration qui émane du projet en comparaison à la neutralité d'un plan technique ordinaire.La manière dont les idées sont exposées est pédagogique, avec textes, schémas explicatifs et axonométries comme modes de représentation décortiquant le projet.Ainsi, la proposition de Hopkins, se présente dans son aspect contenant autant que dans son contenu comme une réponse aux besoins de présence exprimée par la commande tant symbolique que physique.Aussi, des solutions ont été présentées et expliquées quant aux problèmes d'accessibilité et de parcours dans le musée.La communication visuelle rejoint cette volonté de simplification et de clarification et s'évertue à cerner les différentes problématiques avant d'y répondre méthodiquement.EN CONCLUSION À la fois représentatives, attractives, suggestives, argumentatives, les images ont pour rôle non seulement de communiquer l'idée d'un projet, mais de persuader le jury pour gagner un concours.L'effort investi dans la représentation du projet, indépendamment des différents choix des concepteurs, reflète l'importance des stratégies de communication quand le projet d'architecture devient «publication» dans le cadre d'un concours.L'exemple du ROM est particulièrement révélateur étant donné qu'en amont du concours, le discours de l'institution insistait sur les aspects d'image et d'icône pour le projet dans la ville, et qu'aucune balise n'avait été précisée quant à la représentation graphique.En aval, les propositions des concurrents ont été exposées au musée à chacune des étapes et les présentations des finalistes ont été ouvertes au public.Dans cette course aux images, il est donc naturel que les concepteurs s'évertuent à produire le graphisme le plus séduisant.Cependant, et particulièrement dans ce genre de cas, la mission du jury devient d'autant plus compliquée, car comment comparer des images?Comment évaluer des projets sur la base d'un graphisme libre de tout code et de toute convention graphique?Quand les images misent sur la perception esthétique pour interpeller l'émotif, tout jugement devient une interprétation subjective.NOTES 1.\tCe travail s'inscrit dans une recherche doctorale au sein du programme de Ph.D en aménagement à l'Université de Montréal sous la direction de Jacques Lachapelle.2.\t«Depuis plus d'une décennie, l'architecture redécouvre le dessin, mais il nous faut constater le divorce entre un dessin conventionnel propre à la production et un dessin qui se donne à voir, un dessin de représentation ».Henri Bresler, Dessiner l'architecture, point de vue beaux-arts et changement de point de vue.Images et imaginaires d\u2019architecture : dessin, peinture, photographie, arts graphiques, théâtre, cinéma en Europe aux XIXe et XXe siècles.J.Déthier.Paris, Centre Georges Pompidou, 1984, p.33.3.\tPhilippe Boudon définit la figuration architecturale comme la représentation des projets par les architectes.Selon Boudon, cette figuration architecturale a deux aspects : une figure de conception s'inscrivant dans le processus conceptuel des architectes et une figure de communication.C'est l'aspect figure de communication de la figuration architecturale qui est traité dans cet article.Philippe Boudon, L'échelle du schème.Images et imaginaires d'architecture : dessin, peinture, photographie, arts graphiques, théâtre, cinéma en Europe aux XIXe et XXe siècles.J.Déthier.Paris, Centre Georges Pompidou, 1984, pp.49-51.4.\tHélène Lipstadt, Publications, concours et expositions d\u2019architecture.L'architecture et son image : quatre siècles de représentation architecturale : oeuvres tirées des collections du Centre canadien d'architecture.E.Blau and E.Kaufman.Montréal, Centre canadien d'architecture, 1989, pp.109-137.5.\tIbid, pi 12 6.\tThérèse Albertini, Jean-Pierre Helfer, et al.(2003).Dictionnaire de marketing.Paris, Vuibert, 2003, p.28 7.\tLa stratégie de communication: «a pour objectif d'informer, de stimuler la demande, de différencier, aux yeux du consommateur, le produit par rapport aux produits concurrents, de faire ressortir la valeur du produit, de sensibiliser le consommateur».Ibid, p.31 8.\tClaude Cossette définit l'image fonctionnelle comme : «une image conçue selon un code, conscient ou intuitif, et portée sur un support physique dans l'intention de communiquer une information déterminée» Claude Cossette, Les images démaquillées : approche scientifique de la communication par l'image, Québec, Éditions Riguil internationales, 1983, p.64.9.\tSelon Roland Barthes (1964) : «C'est la structure formelle des signes -image ou texte- qui gouverne le contenu des messages persuasifs.Ce dont il faut s'assurer c'est des conditions nécessaires à la transmission effective de l'information souhaitée au plan affectif comme au plan rationnel.Les iconiciens visent donc à la saturation sémantique des images qu'ils mettent au point.l'essentiel étant de garantir l'adéquation «contenu souhaité contenant fabriqué» Le message-image s'adressera donc à la conscience multi-plan du destinataire : système perceptif, logique, esthétique, motivationnel, etc.pour persuader» Ibid, p62-63.10.\tROM .Request For Proposai, Document non publié, ROM, 2001.11.\tKelvin Browne, Bold visions : The Architecture of the Royal Ontario Museum.Toronto, Royal Ontario Museum, 2008.Et www.rom.on.ca 12.\tGérard Monnier, Architecture images graphiques et peintes.Dictionnaire mondial des images.L.Gervreau.Paris, Nouveau monde, 2006, p.23.13.\tClaude Cossette, Les images démaquillées : approche scientifique de la communication par l'image, Québec, Éditions Riguil internationales, 1983. > MEMBRE c sSyuji h& eSargfcfe.¦> .si ~ .iül .VOUS RÉALISEZ UN PROJET LEED ?A A A I rT Charpenterie Traditionnelle riMIVI LL I Heavy Timberwork www.heavytimberwork.com | info@heavytimberwork.com | Tel.(450) 451-5678 Visitez notre site Web afin de découvrir la nouvelle section LEED.Cet outil unique et novateur est mis à votre disposition afin de faciliter vos choix de matériaux lors de la conception de constructions écoresponsables destinées à être certifiées LEED.1.877.M AM MO UTH www.soprema.ca/leed ?SYSTÈME ENVIRONNEMENT IS0 14001 ENVIRONMENT SYSTEM ÊÈ SOPREMA QU\u2019EST-CE QUE UN BON CRITÈRE QUALITATIF?COMPTE-RENDU DE L\u2019ATELIER 2, COLLOQUE DE L\u2019ACFAS, LABORATOIRE D\u2019ÉTUDE DE L'ARCHITECTURE POTENTIELLE (LEAP), MAI 2010 Georges Adamczyk, professeur titulaire a l'école d'architecture de l'université Montréal Camille Crossman, étudiante au doctorat en architecture A l'université de Montréal Après une courte introduction et la présentation des objectifs de cet échange d'idées, la table ronde s'est déroulée en deux temps.Nous résumons très brièvement le déroulement et le contenu de cette rencontre.Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).Concours international.Projet lauréat de OMA et Proven cher Roy et Associés, architectes en consortium, 2010.LE CONTEXTE Dans les concours d\u2019architecture au Québec, les critères d\u2019évaluation habituellement utilisés sont ceux du guide des concours de l\u2019Ordre des Architectes du Québec et se divisent comme suit : Intégration à l\u2019environnement (site); Qualité perçue des espaces intérieurs (spatialité); Ambiance engendrée par le bâti et le travail paysager (installation ou présence); Efficacité organisationnelle (usage); Maîtrise et bonne interprétation des contraintes et exigences du programme (performance); Maîtrise apparente des coûts d\u2019investissement et du coût global, simplicité du chantier, planification efficiente des phases de construction, coût et facilité d\u2019entretien (efficacité); Prise en compte d\u2019une démarche de développement durable (technologie et construction).Pour désigner un lauréat, le jury procède généralement à un classement des projets (du meilleur au moins bon).Or, le classement des projets dépend de leur réponse aux critères d\u2019appréciation ultimement retenus par le jury.Dès lors, comment déterminer si un critère a été bien ou moins bien satisfait?Comment la formulation d\u2019un critère détermine-t-elle la manière dont les concurrents vont y répondre ?Le sens de ce critère est-il le même pour tous : maîtres d\u2019ouvrage, conseillers, experts, membres du jury et concurrents ?LE CRITÈRE Selon la définition la plus courante, le critère (critérium \u2014 trait pertinent) est un caractère, un signe qui permet de distinguer une chose ou une notion et de porter sur un objet un jugement d'appréciation.En justice, à la cour, c'est ce qui sert de base à un jugement.Un critère est aussi une référence.Pour définir la notion de critère en architecture, nous pourrions aussi nous appuyer sur l\u2019histoire de la discipline dans la mesure où le terme critère renvoie à convenance mais surtout à caractère-, notion centrale, s\u2019il en est une, en architecture.C\u2019est toutefois en accordant une attention particulière aux critères explicites et implicites (valeurs traduites ou suggérées chez les concurrents, valeurs décrites et sous-entendues dans la description de la question du concours, valeurs énoncées puis privilégiées dans la composition équilibrée ou biaisée du jury) et en proposant de distinguer ce qui est normatif de ce qui est analytique (ce qui répond directement à la question versus ce qui répond aussi à la question mais que l\u2019on ne peut découvrir qu\u2019en analysant le projet), que la discussion fut engagée.d\u2019exploration dans lequel les projets proposés par les concurrents devraient se situer.Donnant des indices a priori sur qui l\u2019emportera, les critères sont également utiles pour expliquer a posteriori pourquoi le projet lauréat l\u2019a emporté.Sorte de «paire de lunettes», le critère serait un catalyseur rassemblant les différents points de vue des jurés vers une préoccupation commune leur permettant de faire un choix.Les critères ne seraient donc pas des mesures, mais des indices donnant lieu à des discussions.Enfin, la qualité d\u2019un critère ne serait pas attribuable à sa formulation, mais bien à la façon dont il est utilisé tout au long du concours par les concurrents et finalement par les membres du jury.DÉFINIR UN CRITÈRE La seconde partie proposait une réflexion sur la définition des critères de critères de qualité qui devraient être employés pour définir un bon édifice public.Les critères devraient-ils être différents selon le programme architectural du concours?Les concours publics devraient-ils promouvoir des notions telles que l\u2019innovation ou le conservatisme?De par la nature publique des concours, l\u2019auditoire semblait s'accorder sur la dimension contractuelle des critères de qualité.Généralement indiqués dans le règlement du concours, ces critères sont, pour un projet d'édifice public, un engagement public à la qualité de son architecture.Mais pourrait-on imaginer un critère du type : l'architecture du projet doit s'identifier à la culture locale; l\u2019architecture du projet doit avoir une certaine originalité et faire preuve d'innovation (avec la difficulté d'évaluation que cela implique?).Bien que cela puisse sembler contradictoire, le concours pourrait fort bien avoir pour objectif de répondre à ces deux critères, en choisissant un projet original, novateur tout en recouvrant une certaine identité architecturale qui aurait été perdue.Comme l'édifice public a un service à rendre, lequel change selon le programme et le contexte, le critère ne peut être implicite.Il doit inclure la question de l'esthétique et sa formulation est importante car, par exemple, si le critère est : «bâtiment en relation harmonieuse avec son environnement», la qualité d'un projet peut être compromise si l'environnement en question est inintéressant.En fait, la manière de poser un critère devrait refléter le niveau de compréhension qu'ont les organisateurs : le client, les conseillers, etc.de la définition publique de leur propre projet et de la culture architecturale.De cette façon, au moment du jugement, les membres du jury seraient en mesure d'interpréter et d'ajuster s'il le faut les critères d'évaluation de façon concrète en examinant les projets.LE RÔLE D'UN CRITÈRE La première partie de cette table ronde s'est concentrée sur le rôle des critères d'évaluation au sein du jury.La question posée se transformait en celle-ci : Quels sont les critères de qualité d'un critère de qualité, principalement en ce qui a trait à l'esthétique et à l'intégration d'un bâtiment à son environnement bâti?De façon générale, l'auditoire (composé en grande partie d'architectes praticiens, mais aussi de professeurs et de théoriciens de l'architecture) s'accordait pour dire que les critères d'évaluation doivent être perçus comme des outils permettant de juger des projets, puisque les critères sont analytiques et que le jugement architectural, lui, est une synthèse.En ce sens, les critères devraient être au service du jugement en définissant le domaine EN CONCLUSION A la suite de cette discussion, tantôt claire, tantôt confuse, on peut avancer quelques idées.Le critère d'évaluation qualitative n'est jamais, ni tout à fait fermé, ni tout à fait ouvert.Il est en quelque sorte relatif, c'est-à-dire, que d'un côté, il est solidaire des critères quantitatifs et de l'autre, il est discutable comme peut l'être la qualité.Le critère d'évaluation qualitative est encore très inspiré par Vitruve : il est toujours question de beauté, de solidité et d'utilité.Finalement, on peut dire que la qualité de la proposition architecturale des concurrents se doit d'être manifeste dans sa présentation et soutenue par des arguments cohérents.Mais elle peut aussi être latente dans certains projets offrant un potentiel qui n'est découvert que par la qualité de l'analyse menée par un jury expérimenté.3 DU SYMBOLE À LA POLITIQUE Victor Nasr Victor H.Nasr est architecte (M.Sc.) et doctorant à la Faculté de l'Aménagement de l'Université de Montréal.Il est assistant de recherche au Laboratoire de l'architecture potentielle (LEAP).Sa thèse, dirigée par le professeur Denis Bilodeau, a pour sujet une mise en relief de la 'trace'mémorielle dans les projets post-destruction.RÉSUMÉ Au terme des délibérations, un jury doit produire un rapport en vue d'exposer le parcours d'un long processus de jugement qui fonde sa légitimité sur des critères préétablis.Le jury doit se terminer par un choix justifié, une décision sans appel et la sélection d'un projet lauréat.À la lumière, d'une part, de la confidentialité des débats qu'entretiennent les membres du jury et, d'autre part, de la présence possible de nombreux facteurs externes (tels que le public, les médias, les figures politiques, les « grands noms» des concurrents), un questionnement s'avère essentiel: comment interpréter l'écart ayant lieu parfois entre le jugement et ce qui devrait être la décision finale?Est-il le résultat de la multiplicité des acteurs ou encore de l'inconsistance, voire de l'ambiguïté, des critères ?Dans le cadre du concours de reconstruction du World Trade Center à New York (2002), et pour répondre à ces questions, nous avons choisi de mettre à l'épreuve le rôle des enjeux publics et politiques dans le processus du jugement tout en examinant la signification des critères d'évaluation tels que présentés aux concurrents.L'accent sera mis exclusivement sur la deuxième phase du concours du World Trade Center, notamment dans le contexte de l'annonce du projet lauréat de Daniel Libeskind, où des conflits ont eu lieu entre le jugement du jury et l'opinion publique, et où la décision finale a été attribuée à l'acteur politique.Quelle est la crédibilité des jurés?Tel est l'état de la question.UNE MISE EN CONTEXTE Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, tout le monde à New York était d'accord pour une réhabilitation rapide du site de la tragédie.La reconstruction étant requise, les New-Yorkais s'attendaient à ce que la contribution de l'architecture soit significative, tant au niveau de la création de nouveaux bâtiments que de la conception d'espaces ouverts et d'un monument commémoratif.Quelques mois plus tard, un concours international est lancé par la Lower Manhattan Development Corporation (LMDC) en collaboration avec l'autorité portuaire de New York et du New Jersey (PANYNJ) ayant pour objectif la production d'un «Master Plan» qui allait illustrer la proposition de chaque concurrent pour occuper le site détruit et rendre hommage aux victimes de l'attentat.Deux sous-objectifs étaient désormais annoncés, à savoir le redéveloppement et la commémoration.1 En revanche, les débats sur la reconstruction du site avaient déjà mobilisé de nombreux acteurs unanimes, unifiés par le biais de la conviction qu'un tel engagement ferait avorter la tentative de l'attaqueur d'anéantir l'hégémonie américaine par la destruction de l'un de ses puissants symboles2.Mais cette unanimité s'est vite transformée en une succession de conflits renvoyant le projet de la reconstruction, jusqu'en 2006, dans une impasse causée par les intérêts et les ambitions politiques divergentes des bailleurs de fonds, des promoteurs, du public (incluant les familles des victimes), des architectes et des politiciens.Le projet, en situation de concours, devient donc progressivement une pomme de discorde entre ces acteurs.Au niveau du concours, les enjeux liées à l'ampleur, au coût, à la signification du projet et à la multiplicité des acteurs impliqués imposent donc une situation particulière, tant pour les concurrents que pour les membres du jury.Notamment, la multiplici- ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FÉVRIER 2011 té des acteurs est une problématique que l'on trouve projetée sur l'identification du client : il n'est plus un seul client, mais plusieurs (est-ce la LMDC, le PANYNJ, le maire de New York \u2014\tBloomberg \u2014, le Gouverneur de New York \u2014 Pataki \u2014, le propriétaire \u2014 Larry Silverstein \u2014, le président des États-Unis \u2014\tG.W.Bush \u2014 ou encore le public comme on le verra plus tard?).Dès le départ cette situation était critique, puisqu'elle impliquait une certaine incertitude, aussi bien aux yeux des concurrents qu'aux yeux des membres du jury.LE CONCOURS Le programme, les premiers critères de jugement et le jury.Dans ce contexte de désaccords, la situation semble se compliquer de plus en plus en raison de la multiplicité des acteurs.Les débats sur le concours se sont ainsi inscrits dans le croisement de plusieurs suggestions visant, certainement de manière conflictuelle, à présenter l'image du projet comme réflexion des impératifs politiques, économiques et structuraux.Mais on ne sait pas encore lequel parmi ces motifs aurait plus de prépondérance et selon quelles normes.Avril 2002 marque la date du lancement du concours, conjointement, par La LMDC et le PANYNJ (conseiller professionnel) qui formulent dès lors un programme et des critères de jugement qui sont postulés dans le cahier des charges.Chaque proposition doit : 1) créer un horizon distinctif; 2) vénérer les tours détruites; 3) fournir une grande promenade sur «West street»; 4) développer une structure viaire; 5) ajouter un terminus central; 6) créer des bâtiments résidentiels; 7) mettre en relief les éléments culturels; et 8) fournir des espaces ouverts de grandeurs variables.Dans le même cahier, les critères de jugement ont été présentés ainsi : 1) le coût; 2) la réaction publique; 3) l'image; 4) la connectivité; 5) l'aménagement de l'espace public; 6) la faisabilité; et 7) la manière avec laquelle les victimes seront commémorées.Le maire et le gouverneur, qui exercent leur pouvoir sur la LMDC et le PANYNJ, ont élu sept candidats pour former le comité de jury et dont les membres travaillent au sein de ces deux organismes.liste tent ni un total iortium d association hoix de saétéi (prévue lines, les Mns émet active du si teas 'émission d tes.(elle wiel;!) le iduLower it Mîi Processus de Jugement et considérations émergentes.En juillet 2002, six projets ont été présentés et ont été critiqués par le public, qui les a jugés «pas assez ambitieux»3.À souligner que ces projets avaient été présentés en guise de réponse au mandat de fournir uniquement un «Master Plan» \u2014 tel que mentionné au préalable en tant qu'objectif \u2014 et que ce n'était ni un concours d'idées ni une première phase de prestation.Pourtant, la raison principale derrière la répudiation de ces propositions, majoritairement par le public, était simplement attribuée au fait qu'ils n'étaient exclusivement que des «Master Plans», dépourvus de toute source d'attraction graphique par les non-experts!4 Suite au rejet de ces projets, la LMDC lance une énorme campagne appelée «Listening to the City» ou « Écouter la ville» pour impliquer le public et en vue de nourrir les débats sur le futur de Manhattan.5 Cette invocation se traduit par l'établissement de plusieurs expositions, des séances publiques, des auditoires et un site web.La question de la participation publique est dès lors devenue centrale tout au long du processus de la planification.Cette initiative pour inciter les débats publics a d'ailleurs inspiré la décision prise par la LMDC de îruiie t*in* «tintée lie li on public -es illustrant b p ont Tte.Cescriti lepioorai pssentlacoi 81 rapport IDC de du Miter üpondenî %r» \"Until tcanti üjnep lancée j îttouioürsàt «était Htlet **ta, ' * \u2014I js ¦ ¦ ^ un sail nig lemaire »M-«a «éàkntdesiti «wait# «¦^pi rahaaji dujuiy.dejugemmtet ÜÉOSfflUt ipidtédesacti mts dins Is mi r:™-™! mjeKDipei jes et structurai es motifs aurait ointMrtpal ( qui formulent ementqui sont] ndeursvariaW tontétéprésefl feyiponwsu sfindeS étions ' ' Plan1 kjeclil' iéit^ laitpu'f ] sivemo'^ lttractK>n9r\u2018 no#11 && .lancer une deuxième version du concours appelée «Innovative Design Compétition» (Concours d'innovation en conception) en août 2002.C'est précisément, à partir de ce moment-dé, que la LMDC, en invitant une participation si massive et extensive du public, commence à créer un autre front du comité du jury.Quatre cent six propositions furent choisies par la LMDC, parmi un total d'environ deux mille.Ensuite, avec l'appui d'un consortium d'architectes et de concepteurs recommandés par une association ayant pour nom « New York New Visions »6, un choix de neuf propositions présentées par sept demi-finalistes a été fait en décembre 2002; l'annonce du projet gagnant étant prévue pour février 2003.Sur cette durée d'environ huit semaines, les sept concurrents travaillaient avec la LMDC et le PANYNJ dans un processus de conception rigoureux axé sur l'innovation et l'inspiration.Toujours en vigueur, la participation active du public a généré plus de treize mille commentaires à travers des séances et un site web, qui ont débouché sur l'émission d'un nouvel ensemble de recommandations et critères.Cette catégorie émergente comprenait : 1) la préservation des empreintes des tours jumelles pour le projet d'un mémoriel; 2) le redressement d'un symbole puissant dans l'horizon du Lower Manhattan; 3) une grande connectivité avec le site du World Trade Center et les voisinages aux environs; et 4) 'ajout d'espaces publics comprenant des parcs et des plazas.7 Il est intéressant de rappeler que tout au long de l'avancement de la proposition de Libeskind au niveau des détails, le 'grand public \u2014 plus fasciné par son projet que par ceux des autres illustrant des «Master Plans» \u2014 a fini par fabriquer des critères qui ont émergé, notamment, de la proposition de l'architecte.Ces critères opèrent ainsi dans un sens inverse : ce n'est plus le programme et les critères de jugement qui inspirent et nourrissent la conception du projet, mais ce dernier qui stimule la génération d'autres considérations que la LMDC a appelées «directives».Ainsi, pourrions-nous attribuer le malentendu public par rapport à la nature des propositions à la réticence de la LMDC de clarifier la différence entre un «Master Plan» et une «image architecturale».Il est clair que les trois derniers critères correspondent respectivement aux mêmes critères que ceux présentés par la LMDC au début du concours, soit l'image, la connectivité et l'aménagement de l'espace public.Seul le premier élément prend en considération et ajoute une condition essentielle dans la détermination d'un projet gagnant selon 'l'opinion publique.Au courant des huit semaines qui précèdent l'annonce du projet lauréat, et à la lumière des neuf concepts proposés, les sept membres du jury formé par la LMDC et le PANYNJ structurent à nouveau un cadre argumentatif en vue d'appeler l'opinion publique.De décembre 2002 à février 2003, une autre campagne publique intitulée «Plans in Progress» (plans en cours) est lancée pour recueillir les réactions du public.Cette fois, et toujours à travers les mêmes modes de communication employés avec le grand public et les familles des victimes, l'acteur public devait présenter ses commentaires sur les neuf propositions des demi-finalistes.Le jury, pour sa part, entreprend une analyse extensive à la fois quantitative (coûts, considérations structurales et sécuritaires, transport) et qualitative des éléments proposés dans les plans.L'aspect qualitatif compre-\u2018 nait l'approche proposée par chaque concurrent pour créer un j#'1 contexte et l'installation d'un monument commémoratif, en Proposition D.Libeskind.Vue aérienne.Source : «Imagining Ground Zero : official and unofficial proposals for the World Trade Center site» Suzanne Stephens et Ian Luna and Ron Broadhurst; New York, Architectural Record, Rizzoli, 2004.Proposition D.Libeskind.Coupe transversale illustrant le niveau des détails.Source : «Imagining Ground Zero : official and unofficial proposals for the World Trade Center site» Suzanne Stephens et Ian Luna and Ron Broadhurst; New York, Architectural Record, Rizzoli, 2004. DU SYMBOLE À LA POLITIQUE 3.\tProposition THINK Photomontage.Source : «Imagining Ground Zero : official and unofficial proposals for the World Trade Center site» Suzanne Stephens et Ian Luna and Ron Broadhurst; New York, Architectural Record, Rizzoli, 2004.4.\tProposition THINK - Modèle 3D.Source : «Imagining Ground Zero : official and unofficial proposals for the World Trade Center site» Suzanne Stephens et Ian Luna and Ron Broadhurst; New York, Architectural Record, Rizzoli, 2004.¦ '2r> «Sf; «0 mm tlRs\"© ês&sb plus des quatre éléments suggérés par le public.Globalement la LMDC et le PANYNJ ont évalué les neuf propositions d'après les indices quantitatifs et qualitatifs suivant et qui incluent les commentaires du public : 1) installation du monument comme moratif (c.-à-d.à quel point la proposition offre une installation appropriée); 2) réponse aux exigences du programme; 3) strut ture viaire adoptée (sentiers, routes, etc.); 4) réaction publique (c.-à-d.horizon, préservation des empreintes); 5) connectivité; 6) mise en phase; 7) coût; 8) développement privé (c.-à-d.si la proposition représente ou non un environnement séduisant pour le développement privé); et 9) proportion des aspects non résolus par rapport aux aspects résolus.Des jugements conflictuels.De ces sept équipes, à la lumiè re de ces neuf critères et avec l'autorité portuaire, le jury de la LMDC a choisi deux finalistes : Libeskind (projet : «Memorj Foundation») et l'équipe THINK de Vinoly, Schwartz, Smith et Ban (projet : «World Cultural Center»).Opéré un choix parmi deux concurrents exigeait donc un saut décisionnel.Cepen dant, une situation particulière a été observée pour la première fois lors du processus de jugement final, soit une bifurcation entre le côté professionnel (c.-à-d.le jury formé par des ai chitectes, spécialistes, ingénieurs et fonctionnaires! et le côté public.Ce dernier, souvent efficace et s'étant explicitement manifesté à travers les médias, préférait le projet de Libeskinc puisqu'il préservait les deux empreintes des anciennes tours et qu'il articulait ses immeubles autour d'un espace dédié à la commémoration.Cependant, le jury de la LMDC et du PANYN.\u2014 recruté par le maire Michael Bloomberg et le gouvernai Georges Pataki pour entreprendre le processus de la reçoit truction \u2014 a voté en faveur de l'équipe THINK (six contre un après avoir parcouru l'ensemble des considérations symbol ques, économiques et structurales.0N(llSÛ'\u201c .nouspour' mente;-.- j «avisa:\"; l'une; -nentper ; !, qui 3 prer lé:;.lire;::; iveau du p :: in::.ijsctifse: ; ise;.; I6S ptcr:î':: ijWiIüp: ner:s.ivaiiae; ; m : uroc: te::; r : - If at:- ¦ ¦ r : La décision finale.L'intervention de l'acteur politique, repre senté par le maire et le gouverneur, a été décisive et tranchante Bloomberg et Pataki, après avoir recruté les membres du jur provenant des deux organismes, ont exercé leur pouvoir pol tique en rejetant le jugement du jury et en annonçant quels projet lauréat pour le concours était celui de l'architecte pôle nais Daniel Libeskind8.Apparemment, l'opinion publique,o: peut-être une autre pression moins visible, surpassait l'impat des huit semaines d'études menées par le jury.L'arrière-plan de la décision du gouverneur faisait l'objet de nombreuses suppositions : Goldberger (2004)9, entre autres,; mentionné que Pataki avait apprécié le fait que le projet del beskind présentait un moyen pour revitaliser la ville et créât une installation pour le monument commémoratif.Mammet (2005)10, quant à lui, indique que le gouverneur a été large ment influencé par la vision des familles des victimes et que ces familles préféraient le projet de Libeskind.En même tempt de nombreux critiques se sont insurgés contre la propositior de Libeskind, considérée comme étant supportée pour desra sons de propagande patriotique plutôt que pour des raison; économiques.Car selon Pataki, «c'était le projet qui portait le mieux les considérations symboliques et patriotiques désirée; par l'administration républicaine de G.W.Bush».\t*\u2019 yuclj 50 Hitre d'ouvr, wlesujets, ftindsiji sont révélé °jets que les i montrent = \u201cQU 1 * une répon 'W ^ Kfïiordtj0ri ^crés tr m» de nom), 1%.ïSro;;: Si! ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FÉVRIER 2011 y Mît qui indu ¦nunente offre une insta ¦pmgwmd ifïfaipii fi lînlpèeU-) p un indlprojet idiwaiB, ipété un choix : méepourlapi d soil une bifute or/fonte pu ; ^ EN CONCLUSION insi, nous pourrions déjà déduire de ce cas particulier que le jugement opéré par le comité de jury relève, en quelque sorte, d'un «avis donné» et d'une prononciation spontanée plutôt que d'une critique directe et déterminante.Cette altération du i jugement par le jury, cet écart entre ce jugement et la décision nale, qui à première vue semble appartenir exclusivement aux débats politiques, s'identifie sur deux plans 1) au niveau du rogramme et des critères de jugement; 2) au niveau du public.W leprojetde s des ancien fWIBpffl1 J est, oegée i ÿune , LMDCetdul leigeilep* ooessus de IHINKisW icteuf (P |gs memt^ KKfl» t en annonq< lui de l1^1 V îejfl- îiïibiî .».J faisait\u20191 \"'î: itre a f t® j iffOll iiqüP \\iff ; Au niveau du programme et des critères : Premièrement, nous pouvons mentionner le manque de clarté du programme du concours, voire le manque d'un réel programme qui traduit les objectifs et les attentes de la LMDC.Une question, dont la réponse aurait dû être claire dès le départ, était celle de la na-iA|ture des planches visées : un «Master Plan» ou une image architecturale?Il semble que des malentendus prédominaient globalement sur la situation et, pour ainsi dire, que les concurrents ne travaillaient pas sur le même niveau de détails.Ce manque 'identification par la LMDC a engendré cette divergence d'in-rprétations.Le vrai problème, comme nous l'avons vu, commence ainsi par l'impact de cette élaboration de détails sur 'acteur public qui «fabrique» ses critères à la lumière de ce que 'architecte, en l'occurrence Libeskind, a proposé.La situation alors exceptionnelle ; la formulation des critères s'est diri-dans une direction inattendue et à informé la LMDC sur autre perspective, soit celle de la nécessité de préserver 'empreinte des deux tours.Deuxièmement, la problématique du «qualitatif» dans «la si-j gnification» du projet fut un enjeux important.En effet, lors de la délibération du jury, l'interprétation de la notion de la « signification» dans les propositions des concurrents représenta un projet à part entière.Que recoupe cette notion?Comment la mesurer?Quels sont ses enjeux?Chaque membre du jury, qu'il oit maître d'ouvrage, architecte ou spécialiste, avait son opi-ion sur le sujet, ses références et ses propres exemples.Pourtant, aucun des a priori exprimés par les uns ou par les autres e se sont révélés entièrement justes.C'est en découvrant es projets que les convictions se sont construites.Les propositions montrent, à l'évidence, qu'il n'y a pas de modèle tout ait.Chaque proposition et chaque programme implémenté appelle une réponse particulière.La démarche qui a précédé e concours constitue déjà un acte de reconnaissance et de ommémoration quant aux victimes de l'attentat.En effet, la /olonté de créer un contexte mémoriel, de défier le terrorisme, de réunir de nombreux acteurs aux ambitions et aux philosophies différentes, de proposer un programme mixte et ambi-:ieux \u2014 espaces de bureaux, centres de conférence, centres , f'achat, musée, mémorial, terminus \u2014 allait déjà dans le sens ::d !tW1 .fl r;3n fune prise en compte globale et équilibrée des questions de ociété, d'identité et d'économie.Mais c'était la question de la signification du projet, figurant parmi les critères de sélection un «Master Plan», qui a mal orienté les tendances des concur-ents, notamment celle de Libeskind, à imposer une image plutôt que de fournir un espace de possibilités.Troisièmement, le :oncept des critères émergents contredit évidemment la transparence du processus du jugement aux yeux des concurrents ;t implique une incohérence dans la formulation du concours.Au niveau du public.«Too much enthusiasm.too much public interest», s'exprime XYZ dans New York Times (février 2003), en faisant allusion à l'implication du public, tout au long du processus du jugement et en relevant d'une certaine exagération.Le grand public a été exposé à l'ensemble des idées, des croquis et des dessins architecturaux en même temps qu'aux présentations orales des sept finalistes.Il est vrai que, vu l'ampleur, l'emplacement et l'importance du projet dans la sphère politique et publique, la LMDC avait, dans un sens, le devoir d'impliquer le public.Cependant, il faudrait probablement délimiter son rôle, peut-être du moins le restreindre à la phase préliminaire du concours, soit celle d'idées, pour plusieurs raisons.Premièrement, nous devons nous attendre à une participation publique massive, à cause des différents moyens de communication dont l'impact dépasse évidemment la simple critique, et qui s'exprime, notamment, sur les aspects qualitatifs des projets.Deuxièmement, aux yeux des concurrents, satisfaire au public semble être un objectif ultime, puisque la réaction du public fait partie des critères de jugement qui sont énoncés dans le cahier des charges.Au départ, prendre en considération le poids de l'acteur public suffit pour transposer les fins d'une proposition architecturale d'un monde professionnel et intellectuel à un autre plus commercial et formaliste et d'un contexte de jugement professionnel à un autre plus esthétique.Troisièmement, le grand public est sans doute ému par la nature tragique de l'évènement.Cependant, cet aspect ne rend pas toujours constructive la dimension émotionnelle des propositions, puisqu'il ne recouvre pas tous les facteurs impliqués dans la reconstruction de ce territoire qui exige plus qu'un monument monolithique modeste, mais bien le redéveloppement d'un secteur entier de la ville.Il nous faut sans doute reformuler le questionnement en interrogeant l'approche par invitation publique dans les cas des projets publics d'ampleur considérable.Est-ce une condition démocratique indispensable?Ou faut-il garder la réaction du «jugement public » aux phases préliminaires de conception, à l'étape des idées?NOTES 1.\tLMDC, \u201cPrinciples for Action and Preliminary Blueprint for Renewal\", New York (2002).2.\tBevan, R., \u201cThe Destruction of Memory\", London (2006).3.\tAlliance Civique {Civic Alliance), \u201cListening to the City Report of Proceeding\", New York (2002).Ce rapport était publié à l'occasion de la célébration du premier anniversaire de l'énorme participation publique.L'Alliance Civique est une coalition d'environ quatre-vingt-cinq membres (spécialistes, représentantes de la communauté, groupes universitaires, hommes d'affaires) sous la régie de l'Association Régionale de Planification {RegionalPlanning Association).4.\tGoldberg, A., \u201cCivic Engagement in the Rebuilding of the World Trade Center\", Edition de John Mollenkopf dans \u201cContentious City - The Politics of Recovery in New York City\", Russel Sage Foundation (2005).5.\tKondo, T\u201e \u201cRebuilding Planning after WTC 9.11 Attack in Lower Manhattan: Towards a collaborative planning by stakeholder participation\" - deuxième conférence internationale Réduction du Désastre Urbain (), Japon (2007).6.\tNew York New Visions (NYNV) a été établie par l'AIA Metro Chapter représentant plus de trente mille individus (dont la plupart sont des architectes) dans le but de discuter du processus de reconstruire le Lower Manhattan.Leur effort a été traduit par l'issu d'un travail intitulé «Principles for the Rebuilding of Lower Manhattan» en février 2002.7.\tLMDC et Autorité Portuaire de NY et NJ, \u201cThe Public Dialogue: Innovative Design Study\u201d, New York (2003).8.\tLibeskind, D., \u201cConstruire le Futur: d'une enfance polonaise à la Freedom Tower\", traduit de l'américain par Marina Boraso et Pierre Girard, New York (2005).9.\tPaul Goldberger, \u201cUp From Zero\", Random House, 2004 10.\tDavid Mammen, \u201cRecovery : Lessons from New York and 9/11\", Ier ICUDR, 2005.57 DE LA REPRÉSENTATION NATIONALE Izabel Amaral détient un doctorat en Aménagement de l'Université de Montréal, un master en architecture de l'Université Fédérale du Rio Grand du Nord (Brésil), et une maîtrise professionnelle en architecture et urbanisme de l'Université Fédérale de l'État de Pernambuco (Brésil).* Izabel Amaral Les expositions universelles ont produit depuis la moitié du 19e siècle des édifices mémorables, que ce soit des pavillons abritant plusieurs expositions, pensons au Crystal Palace et à la Galerie des Machines, ou que ce soit des pavillons nationaux, tels que le pavillon allemand à Barcelone 1929, le pavillon américain à Montréal 1967, ou encore des pavillons thématiques, tels que le pavillon à Bruxelles 1958, ou le pavillon Pepsi à Osaka 1970.Lorsqu'il s'agit de pavillons nationaux, l'architecture a pour fonction non seulement d'abriter une exposition, mais également celle de représenter son pays dans le contexte international.Un pavillon national est ainsi une sorte d'ambassade temporaire, comme si l'architecture pouvait elle-même être un représentant diplomatique du pays à l'étranger.À l'occasion des expositions universelles, les concours d'architecture de pavillon peuvent donc être considérés comme des lieux doublement privilégiés de discussion.Dans un tel contexte, la mission du jury est autant plus difficile puisque le choix ne dépend pas uniquement de la qualité architecturale, mais implique des visées sociopolitiques très larges.Dans de tels cas, certes plus rares, le sujet délicat de la représentation de l'image du pays est prédominant.Au fond, quels sont les enjeux de la prise de décision du jury lorsque vient le temps de déterminer un projet représentatif d'un pays?L'exposition universelle d'Osaka 1970, se présente comme un exemple à la charnière de la révision de l'expérience moderniste des grands maîtres modernes du 20e siècle et d'une ouverture sur de nouvelles valeurs.Osaka 1970 fut la première exposition du genre en Asie.Avec son thème «Progrès et harmonie pour l'humanité», elle avait pour but de montrer au monde l'image d'un Japon développé et avant-gardiste.Quelques-uns des pays participants à cette exposition ont organisé des concours nationaux d'architecture afin de choisir leurs projets de pavillon nationaux.Ce fut tel le cas des États-Unis, de la Finlande, du Canada et du Brésil.Ces deux derniers pays ont choisi comme projets gagnants des architectes modernes de réputation internationale \u2014 Arthur Erickson & Geoffrey Massey (Canada) et Paulo Mendes da Rocha (Brésil) \u2014 qui, par leurs projets, ont cherché à renouveler l'expression de l'architecture moderne.Les pavillons du Canada et du Brésil répondent chacun à leur manière à une commande implicite dans les concours, soit celle de bien représenter une image positive du pays à cette rencontre internationale.SPECTACLE SYMBOLIQUE RÉFLÉCHISSANT : LE PAVILLON CANADIEN L'organisation du concours pour le pavillon canadien à Osaka coïncide avec le développement économique de l'après-guerre, le baby-boom, la Révolution tranquille québécoise, le centenaire de la Confédération canadienne et l'exposition universelle de Montréal 1967.Ce contexte était favorable aux expositions universelles, en plus du rôle important que les pavillons nationaux peuvent jouer dans la représentation diplomatique et culturelle du pays à l'étranger.Organisé par le Ministère du Commerce et la Commission des expositions du gouvernement canadien, ce concours a réuni 208 architectes, dont plusieurs étaient aussi auteurs de bâtiments sur le site de l'exposition montréalaise.SpM vepour ir contre, leci [du ms led it effect lepta mette SUMMIT iib seti sommet Welle tice Le rapport du jury révèle clairement que le pavillon canadien devait se démarquer des autres édifices de l'exposition.Cette marque d'auto confiance s'est construite lentement dans l'histoire des pavillons canadiens depuis la fin du 19e siècle1.Des six projets finalistes2, le jury a choisi celui des architectes de Vancouver, Arthur Erickson et Geoffrey Massey, considérant qu'il présentait l'approche la plus sensible de l'image du pays et qu'il s'en dégageait un lien appréciable avec la sensibilité esthétique japonaise.Le pavillon devait atteindre une image «forte et dramatique», «à la grandeur du pays», bref, qu'il devait être «un pavillon important».Ce pavillon «devait convenir pour l'Expo 70», ainsi, les projets du concours devaient «éviter un* style déjà consacré qui risquait de paraître désuet en 1970», et également résister à une «tendance trop coutumière de l'évocation folklorique»3.Ces affirmations témoignent d'une compréhension du rôle du pays dans une hiérarchie mondiale, concernant tout autant l'architecture du pavillon que le contenu de l'exposition même.La réticence au le folklore, par exemple, manifestait déjà la conscience qu'une représentation excessivement basée sur la culture traditionnelle risquait de ne pas représenter la condition moderne du pays.Dans ses grandes lignes, le projet d'Erickson et Massey propose un pavillon constitué de quatre volumes recouverts de miroirs formant un tronc de pyramide avec une cour centrale composée d'un miroir d'eau et d'éléments pivotants en forme de parapluie.La force symbolique de ce projet s'appuie ¦ d'abord sur la forme de la pyramide comme archétype mo-1 numental.Par ce projet, les concepteurs voulaient évoquer la grandeur et la simplicité du territoire canadien, avec ses montagnes, son ciel vaste, ses grandes forêts et son eau abondante.Pour le jury : «L'absence d'arêtes précise et délimite les volumes; l'effet surprenant des étroits passages tranchés dans les angles de la pyramide se compare admirablement avec une solution où les accès seraient multiples; la surprise fulgurante d'un monde fantaisiste suggéré par les miroirs qui tapissent les murs de la cour intérieure; l'effet de ces images réfléchies dans toutes les directions; la fascination des hélices multicolores évoquant un ballet aérien savamment intégré à l'ensemble de la composition; tous ces facteurs contribuent à créer un effet des plus subtils qui évoque l'énigme, l'arbitraire et la transcendance si intimement liés à l'esthétique japonaise.»4 Le succès du projet n'est sans doute pas étranger au fait que l'expérience d'Arthur Erickson et de Geoffrey Massey à l'Exposition de Montréal 1967, pour laquelle ils ont construit trois pavillons, ait éveillé la compréhension, au dire des architectes, qu'un «édifice d'exposition est une exposition lui-même» et que «le symbolisme des pavillons nationaux empreigne la mémoire des visiteurs»5.Pour Arthur Erickson6 il paraissait indispensable que le projet se conçoive en synergie avec la culture japonaise.Le reflet du ciel sur les surfaces miroitantes du pavillon devait amener les Japonais à regarder ce qu'il y a de particulièrement symbolique pour les Occidentaux, en re présentant simultanément une architecture de formes dyna miques et d'une échelle ambiguë.En comparant le projet d'Erickson et Massey à d'autres pro jets de ce même concours, il est évident que chaque concur-rent a proposé sa façon de représenter le pays.Parmi les thé-, btéi tînt serré ai tsleurprt Iwiinéi Wondu «nés et, i Idefe, ®n de foi « toàdj son (0H( % ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC FÉVRIER 2011 3f Melira [, kiîb'e c,k la Bit ated'e i Jup#e(i lomdevaitca touts fa paiaittefeoe :;jt atioostW one tecietkipatj.fate an lei : Ktequ'unere( : : leddp;,:.uatie volumes ft avec dfcmsp \u2019¦ liquet* commear leurevouiat canadiefl-sv ifétsetsorau f ft d® trandif ad*#1 irioi# : des#1®1 tit#1 inP ibiisntàa jjjapowK jtepase® .(ft# jjlefcont® u*» iiiiew IjOilt jjles^ uisitf - nnet^' #
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.