L'itinéraire, 1 janvier 2009, dimanche 1 février 2009
[" * Ceci ne constitue pas une offre publique Faire les bons choix 30% de crédits d\u2019impôt + REER Épargner avec Fondaction, c'est bénéficier d'avantages fiscaux intéressants et contribuer au maintien et à la création d'emplois au Québec.Renseignements et coordonnées de nos bureaux : 514 525-5505 \u2022 1 800 253-6665 \u2022 www.fondaction.com Adhésion en ligne \u2022 Prêt REER de valeurs.Veuillez lire le prospectus simplifié de Fondaction, disponible à nos bureaux ou dans notre site Internet.FONDACTION CSN POUR LA COOPÉRATION ET L'EMPLOI As-tu l'oreille à Montréal?CIBL Radio-Montréal 101,5 FM I MUSIQUE SPECIALISEE Tradosphère Marc Bolduc et Christiane Campagna mettent la tradition de l'avant! Mardi 20h30 Faites d'Ia place Mathieu Francœur fait toute la place à la scène locale indépendante! Mercredi 21 h30 Dimension latine Don Dany chauffe les ondes avec de la musique latine à 101,5 degrés ! Samedi 18h ifflr Radio-, Montreal www.cibl1015.com 419999399999 m î'v Photo : Dominik Gravel IMA Porte-parole de Recours des sans-abri www.leger.org 1 877 288-7383 L'ŒUVRE LÉGER Pour la dignité humaine au Québec et dans le monde Pour sortir de la rue, pour retrouver la dignité et devenir des citoyens à part entière, les jeunes de la rue ont besoin de nous.Et nous, nous avons besoin de votre appui.Merci de tout coeur! L'Itinéraire / 1er février 2009\t3 Actualité et vie urbaine 8\tAider les hôpitaux de Gaza 9\tVisiteurs illégaux en Jordanie Culture 11 Intifada culturelle avec le Freedom Theatre La une 12 Samian/Rappeur sans frime Santé/Bien-être 14\tDu sélénium, des probiotiques, et.15\tCoeur d'homme, coeur de femme, y a-t-il une différence?17 Guérir l'envie de mourir/Entrevue avec le psychanalyste Maxime-Olivier Moutier & Développement social 18\tUn docteur à la défense des Noirs 19\tGaz Métro engagé dans sa communauté 22 En marche, dans la rue et ailleurs, vers une politique en itinérance Environnement 21 Des frigos intelligents Économie/consommation 24\tLes fonds de travailleurs : investir dans des valeurs sociales 25\tLe bogolan ou l'histoire d'un tissu inspirant L\u2019ITINERAIRE Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lu era tiff on dé en 1990 pour aider les personnes de la rue.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Rédaction et administration \u2022\t2100, boul.de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc)H2K4S1 Le Café sur la rue \u2022\t2101, rue Ste-Catherine Est Ma g DVD Le 3e Œil \u2022\t2103, rue Ste-Catherine Est, 2e étage Téléphones: 514 597-0238 514 525-5747 (services rue Ste-Catherine) Télécopieur : 514 597-1544 Courriel : itineraire@itineraire.ca Site: www.itineraire.ca ° U 1 ° n 0 rn a cl ornes iSZ'Mn'eij Le magazine L'Itinéraire Éditeur et directeur général : Serge Lareauit Rédactrice en chef : Audrey Coté Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary Infographiste : Serge Cloutier Photo de couverture : Jonathan Desjariais Révision : Lorraine Boulais, Hélène Paquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Pierre Aubry, Isabel Matte, Jean-Pierre Bourgault, Noëlle Samson et Philippe Robert Site Internet : Serge Cloutier, Drafter.com Imprimeur : Québécor World Conseillers publicitaires Renée Larivière :1 866 255-2211 / renee.Iariviere@itineraire.ca Mario St-Pierre :1 866 570-6668 / mario.stpierre@itineraire.ca Le conseil d'administration Président : Robert Beaupré Vice-président : Jean-Paul Baril Trésorier: Catherine Isabelle Secrétaire: André Martin Conseillers: Tanéa Castro,Gabriel Bissonnette (rep.camelots), Alexandre Péloquin,Yvon Massicotte et Pierre Goupil L'administration Directeur général : Serge Lareauit Directeur marketing/communications: Richard Turgeon Directrice de l'insertion sociale : Jocelyne Sénécal Directeure de l'administration et des ressources humaines : France Beaucage Adjointe à l'administration : Nathalie Géiinas Conseiller au développement stratégique et financement : Mario St-Pierre Coordonatrice de la publicité : Karoline Bergeron Conseiller au développement stratégique et partenariats : Guillaume Lacroix Abonnement WWW.itineraire.Ca ou 514 597-0238 Expression 27 Mots de camelots 30 L'hypocrisie polluante de nos décideurs Cahier spécial développement international La Semaine du développement international Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propostenus par les vendeursou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230.Convention de la poste publication N° 40910015, N° d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2K4S1, itineraire@itineraire.ca Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d'envoi postal et nos coûts rédactionnels, par l'entremise du Programme d'aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.-Canada L'Itinéraire est appuyé financièrement par L'ŒUVRE LÉGER W* Pour la dignité humaine au Québec et dans le monde L'Itinéraire est membre de : TiSAQt eMiftê Mb Association nord-américaine des journaux de rue Le réseau international des journaux de rue ISSN-1481-3572 Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en lui offrant des services d'imprimerie, de promotion télé et imprimée ainsi que le câble et Internet haute vitesse Vidéotron.4 L'Itinéraire / 1er février 2009 \tr\\\tAudrey Coté Rédactrice en chef audrey.cote@itineraire.ca \tLi\t 3dltc Prévention du suicide Il est temps d'aller au-delà de la pilule! C'était il y a 10 ans.Pour la troisième fois, Céline tentait d'en finir en se jetant, totalement ivre, dans le canal Lachine.À chacune de ses tentatives de suicide, aucune aide psychologique n'a été proposée à Céline.«Le lendemain de ma tentative de suicide, je sortais de l'hôpital avec des pilules, toujours aussi désespérée et avec pour seule envie de ne pas me rater la prochaine fois», confie celle qui va maintenant bien et qui participe à un programme d'insertion sociale à L'Itinéraire.Dix ans plus tard, rien n'a changé au Québec.Les pilules sont encore trop souvent le seul «réconfort» qu'on offre à une personne qui vient d'attenter à ses jours.Veut-on que ça continue ainsi encore une autre décennie?Dans le cadre de la semaine nationale de prévention du suicide, qui a lieu du 1er au 7 février 2009, L'Itinéraire s'est entretenu avec Maxime-Olivier Moutier, écrivain, psychanalyste et intervenant dans un centre de crise pour personnes suicidaires.Vous pouvez lire cette entrevue en page 17.Le psychanalyste, qui a déjà lui-même tenté de se donner la mort, connaît le sujet sous tous ses angles et dénonce avec justesse le manque de ressources en santé pour ceux et celles qui voient le suicide comme unique solution à leur détresse psychique : «La prévention du suicide dans notre société se résume à empêcher les gens de se suicider : appeler les services d'urgence, les droguer ou les endormir avec une piqûre à l'hôpital.Tout ce qu'on veut, c'est que les statistiques baissent et que le ministre soit content.Après, on s'en fout de votre problème : prenez vos pilules, travaillez, fonctionnez, et demandez-en le moins possible», a fait valoir Maxime-Olivier Moutier à L'Itinéraire.Les propos de Maxime-Olivier Moutier devraient faire réagir notre ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc.Trop peu de ressources d'aide psychologique sont déployées pour venir en aide aux suicidaires et aux personnes qui souffrent de divers problèmes de santé mentale.Est-il acceptable qu'encore en 2009, «aider» un suicidaire se limite généralement à la prescription d'antidépresseurs et à un numéro de téléphone pour obtenir un rendez-vous avec un psychologue.dans six mois?Si c'est ça, la prévention du suicide dans notre société, on repassera! Le psychanalyste Maxime-Olivier Moutier croit au pouvoir de guérison de la parole.Et il a raison.Après ses trois tentatives de suicide, ce ne sont pas uniquement les antidépresseurs qui ont redonné à Céline le goût de vivre.C'est une thérapie.qu'elle a obtenue après plusieurs mois d'attente.Des mois pendant lesquels elle aurait pu mettre fin à ses jours une bonne fois pour toutes.Mais elle a tenu bon, Dieu seul sait pourquoi.«Il y a un déni de ce qui va mal chez l'humain dans notre société.Il faut aller au-delà de la pilule parce que si quelqu'un va mal, il faut qu'il s'explique là-dessus.Dès qu'une personne se met à parler, sa perception change et ça l'amène ailleurs», plaide très justement Maxime-Olivier Moutier.«La prévention du suicide dans notre société se résume à empêcher les gens de se suicider : appeler les services d'urgence, les droguer ou les endormir avec une piqûre à l'hôpital.Tout ce qu'on veut, c'est que les statistiques baissent et que le ministre soit content.Après, on s'en fout de votre problème : prenez vos pilules, travaillez, fonctionnez, et demandez-en le moins possible» \u2014 Maxime-Olivier Moutier Selon l'Institut de la statistique du Québec, 1 136 personnes se sont suicidées au Québec en 2006.1 Chaque jour, trois personnes s'enlèvent la vie.Mais au-delà des statistiques, certaines de ces 1 136 personnes ont probablement appelé à l'aide des intervenants des services de santé, comme on crie dans le désert.Peu avant de commettre l'irréparable, certains sont peut-être parvenus à obtenir un rendez-vous avec un psychologue.mais ont été incapable d'attendre le délai désespérant et insoutenable : c'est «ici et maintenant» qu'on a besoin de parler quand on ne va pas bien.Pas dans trois ou six mois! Pure spéculation?Malheureusement non, car la détresse humaine ne se comptabilise pas.Les statistiques ne parlent pas des femmes ou des hommes qui, comme Céline, ont tenté de s'enlever la vie pour abréger leurs souffrances.Les chiffres n'expliquent pas l'isolement, la dévalorisation et l'angoisse qui finit par gruger entièrement la raison.Les statistiques ne disent pas non plus à quel point le simple fait de parler rapidement à un psychologue compétent aurait peut-être changé la perspective de certaines de ces 1 346 personnes qui se sont suicidées.D'aucuns diront que notre système de santé craque de partout et que les ressources manquent déjà pour soigner tous les maux physiques; encore que le «manque de ressources» s'avère un argument facile pour justifier le manque de volonté politique.Mais a-t-on idée des coûts sociaux et financiers qu'engendre la négligence en matière de prévention réelle du suicide?!Au moment de mettre sous presse, il s'agissait des plus récentes données disponibles de l'Institut de la statistique du Québec.Des statistiques pour 2008 sont maintenant en ligne au www.stat.gouv.qc.ca.Lisez l'entrevue complète avec Maxime-Olivier Moutier à la page 17.¦ Pourplusd'information surla Semaine nationale de prévention du suicide : www.aqps.info L'Itinéraire / 1er février 2009\t5 Un don pour la réinsertion sociale Faites le choix d'une ou de plusieurs façons de contribuer : ?Don1 à l'organisme de charité Je fais un don de________$ ?Abonnement3 Je m'abonne pour 1 an, 24 numéros (48$, taxes et frais d'envoi inclus)_______$ Total de votre paiement:_____________$ Un camelot vous a encouragé à vous abonner ?Nom ou numéro d'identification pour sa récompense: Vous pouvez aussi faire un don en ligne ou vous abonner à www.itineraire.ca M.?Mme.?\t| Prénom :________________________Nom :_______________________________ Entreprise :__________________________________________________________ 1 i Adresse :_______________________________________________App.________ i Ville:__________________________________Province:___________________ ( Code Postal :___________________Téléphone : ( )_____________________ Courriel:_____________________________________________________________ 1 i Paiement\ti ?Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire i ?Visa, Master Card\t1 No de carte Expiration_____/ 20____ Mois Année Signature X________________ Postez ce coupon au Groupe communautaire L'Itinéraire 2100 de Maisonneuve Est.Suite 001, Montréal (Québec) H2K4S1 Pour information : www.itineraire.ca ou 514 597-0238 poste 235 Bénéficiaire de la Sécurité du revenu : Acquérir de l\u2019expérience en milieu de travail, briser l\u2019isolement Programmes Devenir et Interagir L'Itinéraire a 38 places en insertion sociale sur des programmes : DEVENIR : d'une durée de un an, non renouvelable / INTERAGIR : d'une durée de un an, renouvelable Conditions : de 10h à 20h/semaine / Rémunération : 130$ par mois plus le transport Postes offerts : préposé(e) à l'entretien ménager, aide-cuisinier(ère), préposé(e) à la plonge, préposé(e) à la distribution du journal, assistant de production de la vidéo, secrétariat\tj ^ Information : Jocelyne Sénécal, (514) 525-5747, poste 230 Pour la formation des jeunes en production vidéo et audio Tout matériel pour le montage vidéo et enregistrement -\tChaises de bureau -\tOrdinateurs Pentium 4 -\tOrdinateur Mac G4 (1 Go de Ram ) -\tDes casques d'écouteur -\tCompresseur -\tConsole avec pré-ampli -\tMicros avec pré-ampli Contactez Jocelyne Sénécal 514 525-5747, poste 230 jocelyne.senecal@itineraire.ca Pour le Café sur la rue et services psychosociaux Tout équipement de restaurant utile - Frigos, bar à salade -Plaque chauffante portative -Laveuse / sécheuse -Pannes de cuisson pour réchauds) -Réchaud pour les sauces -Douilles à pâtisserie -Spatules neuves -Pilon à patate industriel -Bons couteaux pour la réinsertion en emploi Pour le Café sur la rue Pour l'aménagement de la salle de projection -\tProjecteur -\tSystème de son complet avec console et micro sur pied -\tOrdinateur Portable Pentium 4 -\tÉcran de projection rétractable 6 L'Itinéraire / 1er février 2009 Illustration / www.melissadeschenes.com Communauté dp l'Itinéraire ôaÿ&fh \u2019 A* 1 Encore cette année, le Solidaridon du temps des fêtes de L'Itinéraire a été un franc succès.Nous remercions tous les donateurs, bénévoles et collaborateurs de L'Itinéraire d'offrir aux plus démunis un peu de réconfort durant le temps des fêtes.Nous tenons tout particulièrement à souligner le soutien et l'implication de tous les partenaires de réalisation du Solidaridon du temps des fêtes de L'Itinéraire et à dire un gros merci à tous les artistes et professionnels du milieu des médias qui ont travaillé bénévolement sur la production de la vidéo: Le studio Victor a réalisé l'enregistrement professionnel de la chanson Un p'tit montant, interprétée par Pierrette Robitaille, accompagnée du Bébert Orchestra d'Yves Lambert.Les messages publicitaires télé et radio de 30 secondes et le vidéoclip de deux minutes, ont été produits sous la direction d'Amélie Couture-Telmosse, réalisatrice, en collaboration avec le Groupe Peak Banane et le studio IDHD pour la postproduction.La station de radio CIBL a de son côté collaboré à l'enregistrement des trames sonores des messages publicitaires télé et radio.Cette vaste campagne de sensibilisation auprès du grand public a été rendue possible grâce à la collaboration des plus importants médias du Québec.Nos remerciements les plus chaleureux s'étendent donc aussi aux réseaux TVA et Canal Vox de Quebeco Média, Radio-Canada, Télé Québec, le réseau des sports RDS, Musique Plus, les chaînes de télé spécialisées d'Astral Média, Canal Évasion, Corus Québec, ARTV, TQS et 105.7 Rythme FM, lesquels ont massivement diffusé le message de 30 secondes et le clip de 2 minutes du Solidaridon du temps des Fêtes de L'Itinéraire du 1er décembre 2008 jusqu'au 6 janvier 2009.Merci aux employés de La Presse et de Cyberpresse Du 10 au 17 décembre dernier s'est déroulé l'encan annuel des employés de La Presse et de Cyberpresse.Cette année encore, l'événement a été une réussite et il a permis d'aider de nombreux organismes communautaires.À la suite de cet encan, les employés de La Presse et de Cyberpresse ont fait un don de 1500 $ à L'Itinéraire.Nous tenons à remercier chaleureusement tous les employés et bénévoles de La Presse et de Cyberpresse pour ce généreux don.Depuis maintenant 11 ans, l'encan de La Presse vient en aide à des dizaines d'organismes de la région de Montréal offrant ainsi un soutien financier important à ces derniers.LA PRESSE 1 Tu veux travailler ?Lp GIT nput t'aider !\t1\t \t\t1\t Services gratuits\tTu es ?Ateliers de groupe\t?Âgé/e de 16 ans ou plus G*IT*>\t?\tStages en entreprise\t?Motivé/e à intégrer ?\tSurvis individualisés\tou réintégrer le marché du travail ?\tActivités post-formation ?Démuni(e) face à l'emploi Pour t'inscrire:\t?Aide dans la Tél.: 514 526-1651\trecherche d\u2019emploi Téléc.: 514 526-1655\tLes services du GIT sont offerts grâce\t# 1\t^ à la contribution financière d'Emploi-Québec\tm m w \t L'Itinéraire / 1er février 2009\t7 Actualité et vie urbaine Aider les hôpitaux de Gaza Depuis le début des attaques meurtrières lancées par l'armée israélienne contre Gaza, le 27 décembre, les hôpitaux, les ambulanciers et les intervenants en premiers secours sont débordés et le matériel médical est presque épuisé.Après 18 mois de siège imposé par Israël sur Gaza, une grave crise humanitaire frappe le million et demi de Palestiniens, avec, comme conséquences, le manque des moyens de base pour leur survie (eau, nourriture, médicaments) et l'effondrement du système des services essentiels (électricité, carburants, transport, etc.).Face à cette situation dramatique qui risque de se détériorer encore plus, l'Aide médicale pour la Palestine (AMP) s'associe -w \t Des tanks israéliens s'approchant de la frontière nord de la bande de gaza, le 7 janvier dernier.avec l'organisme israélien, Médecins pour les Droits humains, pour fournir du matériel médical d'urgence aux hôpitaux de Gaza.L'AMP lance un appel urgent à la population québécoise pour contribuer généreusement à sa campagne d'urgence pour secourir la population de Gaza.¦ Aide médicale pour la Palestine : 5722, rue St-André, Montréal, QC H2S 2K1 Tél.: 514 843-7875.Courriel : info@ampcan.org Dons en ligne : Veuillez cliquer sur l'onglet \"faire un don\" de notre site web www.ampcan.org puis cliquer surfaites un don\".Sélectionner l'organisme \"Medical aid for Palestine\"puis la rubrique\"campagne d'aide d'urgence pour Gaza\" PjSù rütâc Des Palestiniens étudient les dommages subis dans leur maison après une attaque aérienne israélienne le 5 janvier dernier.Visions Poétiques.prise 2! Norman Rickert, camelot Avez-vous manqué l'exposition photos «Visions Poétiques» qui a eu lieu à la Maison de la Culture Mont-Royal en mars 2007?C'est dommage.mais rassurez-vous, vous pourrez la voir à nouveau! Le vernissage de l'exposition «Visions Poétiques Prise 2» a lieu samedi 7 février de 13h à 16h à la Mission Old Brewery.Cette exposition de photos réalisées avec la technique Camera Obscura, procédé photographique consistant à laisser passer un filet de lumière par un trou minuscule ou sténopé dans une boîte dont une des parois est recouverte d'un papier photographique, avait connu un franc succès.Ces photos floues et vaporeuses nous laissent entrevoir un univers intuitif et imaginaire qui se démarque de la majorité des images digitales et unidimensionnelles inondant l'Internet par centaine de millions.Je remercie encore une fois les photographes Miki Gingras et Patrick Dionne, responsables du projet réalisé en partenariat avec L'Itinéraire, de nous avoir permis de produire et d'exposer ces images magnifiques.Les participants à ce projet photo ont choisi de remettre en question notre système de valeurs et la société de consommation.C'est ce que j'ai tenté de faire en abordant la thématique du quétaine dans la société québécoise.Quant à Anne-Marie Chatel, elle abordé le thème de la mort et Serge Morin celle de l'enfance.Vous désirez en savoir plus?Alors sortez de votre Lazy-Boy, courrez, venez en bus, métro ou voiture au vernissage de l'exposition «Visions Poétiques Prise 2».¦ La Mission Old Brewery est situé au 902 rue St-Laurent.Venez en grand nombre ! 8 L'Itinéraire / 1er février 2009 Photo : REUTERS/Mohammed Salem Réfugiés irakiens en Jordanie Visiteurs illégaux Simon Coutu Amman, Jordanie - Dans toutes les sphères de la société jordanienne, les réfugiés irakiens se sont taillé une place.Depuis l'invasion américaine de l'Irak en 2003, ils sont des centaines de milliers à avoir tenté de se rebâtir une vie en Jordanie, une terre de transit pour des visiteurs acculés à l'illégalité.Une réfugiée Irakienne vendant des cigarettes au centre-ville d'Amman Tous les jours, Mohammad Saeed travaille au noir dans un café Internet du centre-ville d'Amman.Malgré son diplôme de technicien informatique obtenu à Bagdad, il gagne environ quatre dollars canadiens par jour.Il a un statut de réfugié, mais il n'est pas autorisé à travailler.«Ma vie a été détruite par la guerre en Irak, dit-il en expirant la fumée aromatisée aux pommes d'une pipe à eau.Je dois maintenant tout recommencer à zéro.Si la police m'attrape au boulot, je risque la prison.» En 2006, alors que Mohammad sort de son université à Bagdad, des membres de l'Armée du Mehdi, une milice chiite, le kidnappent.«Ils m'ont masqué, questionné, battu et torturé.Ils connaissaient tout à mon sujet puisqu'ils ont des agents à l'université.Après une journée de détention, mon oncle a payé 20 000 dollars américains pour ma libération.Ils m'ont ensuite dit que s'ils me revoyaient en Irak, ils me tueraient, sans demander d'argent.» Une forte proportion des réfugiés en Jordanie ont été victimes d'enlèvement.Le mari de Nadia (nom fictif) a passé trois jours entre les mains des milices chiites.«Ils ont tiré sur mon mari alors qu'il entrait dans sa voiture, se rappelle-t-elle.Ils l'ont ensuite enlevé tout simplement parce qu'il est sunnite.Tous les jours, nous recevions un message nous menaçant de mort si nous ne quittions pas le pays.» La vie est plus sécuritaire à Amman, la capitale de la Jordanie, mais elle n'est pas nécessairement plus facile.Nadia a 22 ans et elle est mère de deux enfants.Elle reçoit une petite allocation de l'organisme Save the Children.Elle aide de jeunes Irakiens qui ont des difficultés d'apprentissage.«J'ai dû vendre tous mes bijoux en or, dit la jeune femme voilée.Je vis maintenant grâce au peu d'argent que je reçois de ma famille en Irak.Mon mari travaille illégalement aussi.Lorsqu'il est en retard le soir, je panique puisque j'imagine qu'il a été arrêté.» Des visiteurs Il n'y a pas de camps de réfugiés en Jordanie.Il est extrêmement difficile d'estimer le nombre d'irakiens qui y vivent.Le ministère jordanien de l'Intérieur estime qu'ils sont environ 700 000.Selon une étude commandée par le gouvernement jordanien à une firme de recherche norvégienne, il en y aurait plutôt entre 450 000 et 500 000.Toutefois, seulement 53 000 d'entre eux sont enregistrés au Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).Malheureusement, les options sont peu nombreuses pour les ressortissants irakiens en Jordanie.Le pays est pauvre, le coût de la vie est élevé et les ressources sont limitées.Aucun d'entre eux ne peut obtenir de citoyenneté.«Le gouvernement jordanien accueille les réfugiés irakiens comme des visiteurs, affirme le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Ziad Al Zubi.Personne n'a le droit de travailler, à moins d'obtenir un Suite à la page 10 L'Itinéraire / 1er février 2009\t9 Photo : Simon Couti Actualité et vie urbaine Suite de la page 9 «Depuis que je suis à Amman, j'ai vu presque tous mes amis immigrer dans des pays occidentaux.J'irais n'importe où, même au Soudan.Même si la situation s'améliore, je ne veux plus jamais retourner en Irak.» \u2014 Mohammad Saeed, un Irakien travaillant au noir dans un café Internet du centre-ville d'Amman, en Jordanie permis spécial.Si les Irakiens contreviennent à ce règlement, ils risquent d'être renvoyés dans leur pays.» Depuis mai 2007, les réfugiés irakiens doivent obtenir un visa pour entrer sur le territoire jordanien.Auparavant, ils y étaient accueillis à bras ouverts.Selon, la porte-parole du UNHCR à Amman, Dana Bajjali, même s'il est devenu plus sélectif, le gouvernement jordanien a tout de même été très généreux.«Le roi Abdallah a donné aux enfants l'accès universel aux écoles publiques, dit-elle.Ils sont traités comme des citoyens jordaniens.Même que les Irakiens ont maintenant accès au système de santé publique.» Un pays de transit La situation n'est pas encore assez sécuritaire en Irak pour encourager les réfugiés à retourner chez eux, pense Mme Bajjali.L'UNHCR ne peut que les aider à se trouver un autre pays où immigrer.Depuis 2007, 160 000 d'entre eux ont trouvé de nouvelles terres d'accueil.«C'est l'unique solution durable, explique la porte-parole.Malheureusement, nous ne pouvons offrir cette option qu'à un petit nombre de gens.Les pays tiers ont des critères très stricts qui ne s'appliquent pas à tous les cas de réfugiés.» Assise sur son lit, dans un appartement d'une seule pièce, Nedhal Kareem Nijan rêve à l'Allemagne.Elle est grand-mère depuis peu, mais elle ne peut pas voir sa petite-fille qui habite Berlin.«Je suis en Jordanie depuis l'an dernier.La région où j'habitais en Irak était contrôlée par Al Qaïda.L'organisation terroriste a demandé à mon fils de rejoindre ses rangs.J'ai refusé.En Irak, le problème est que nous ne savons pas avec qui nous devons nous battre.» De son côté, Rasheed El Ezzeh dort sur le toit d'un hôtel dont il nettoie les chambres.Il n'espère même plus pouvoir un jour trouver un pays d'accueil.«J'aimerais pouvoir immigrer, mais je n'ai pas assez d'argent pour le voyage.Je travaille pour un salaire de misère.» Ajlaa Al Nashi, une biologiste irakienne, vient d'apprendre qu'elle a obtenu un visa pour immigrer en Australie.Malgré la joie de quitter les conditions de vie difficiles delà Jordanie, elle est amère.«Auparavant, j'étais une citoyenne irakienne et maintenant, je suis une réfugiée.Mon cœur est en Irak.Un jour, j'y reviendrai pour reconstruire mon pays.» Mohammad Saeed attend présentement un visa pour aller vivre aux États-Unis.Son meilleur ami, Mohammad Al Assad, n'a même pas cette chance.Il est en Jordanie depuis 2003, mais il n'a pas encore obtenu le statut de réfugié.Il ne peut donc pas entreprendre de démarches pour quitter le pays.Pour l'instant, il travaille illégalement dans une horlogerie.«Depuis que je suis à Amman, j'ai vu presque tous mes amis immigrer dans des pays occidentaux, dit-il.J'irais n'importe où, même au Soudan.Même si la situation s'améliore, je ne veux plus jamais retourner en Irak.» Docteurs en exil À l'Hôpital du Croissant rouge d'Amman, des médecins irakiens en exil traitent les blessures des victimes de la guerre.Le projet a été mis sur pied par l'organisme Médecins sans frontière.Le docteur Rachid El Ezzeh a quitté l'Irak en 2003.Il n'en pouvait plus de travailler dans des conditions misérables.«Les Américains ont attaqué l'hôpital de Fallujah.Je traite les patients, peu importe leurs allégeances, dit-il.Plusieurs fois, nous devions travail 1er sous la supervision des troupes américaines qui arrêtaient des patients et des docteurs.» L'Irak souffre maintenant d'un grand manque de médecins.Les conditions de travail sont devenues insupportables, selon le médecin résident, Nagham M.Hussein.«Lorsqu'un docteur peut trouver un travail à l'extérieur du pays, il quitte sans hésiter.Il y a un grand manque de médicaments et beaucoup trop de personnes à traiter.Une explosion peutfaire 700 blessés.Les hôpitaux manquent de lits, les patients couchent sur le sol.» Les docteurs en Irak sont particulièrement visés par les enlèvements.Le docteur Rachid El Ezzeh considère que la situation n'est toujours pas assez sécuritaire pour regagner son pays.Mais l'an prochain, il a espoir de revoir Bagdad.«L'occupation a détruit nos vies.Les Irakiens sont un peuple éduqué.Nous avions un bon système de santé.L'embargo américain était un problème et nous étions limités, c'est vrai, mais au moins, notre vie était paisible.» 10 L'Itinéraire / 1er février 2009 Ce reportage a été rendu possible grâce à la bourse Jacques Larue-Langlois en journalisme de l'UQAM. Culture Des enfants palestiniens de Jénine participent aux activités du Freedom Theater.Freedom Theatre Intifada culturelle Simon Coutu Jénine, Cisjordanie \u2014 Au beau milieu du camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie, le jeu a pris la place de la violence, grâce au Freedom Theatre.Dans la vie des jeunes de cet îlot de culture, le quotidien est maintenant rythmé par des pièces de théâtre, plutôt que par les incursions des chars d'assaut israéliens.Jénine est une ville du nord de la Cisjordanie, coupée du monde par une série de points de contrôle israéliens.En 2002, durant la deuxième intifada, le camp de réfugiés a été complètement détruit par l'armée israélienne, en représailles aux nombreux attentats suicides originaires de Jénine.Depuis, elle entre quotidiennement dans la ville de 35 000 habitants pour y effectuer des arrestations.En 2006, le Freedom Theatre est né pour redorer d'espoir le quotidien des Palestiniens du camp.«On espère qu'une nouvelle génération de leaders verra le jour en Palestine, affirme Jonatan Stanczak, le gérant du théâtre, d'origine suédoise.Il s'agit d'être en mesure d'utiliser le théâtre et la créativité comme moyen d'unification pour mener à une troisième intifada basée cette fois sur des valeurs culturelles.» Résistance multidisciplinaire En plus des ateliers de théâtre ponctuels, le Freedom Theatre offre maintenant un programme d'art dramatique professionnel de trois ans.Des cours de cinéma, de photo et d'anglais y sont aussi offerts.L'organisme a aussi un site Internet, et publie un magazine.Depuis deux ans, le responsable des ateliers de photographie et de cinéma, Mustafa Istaite, passe ses journées à transmettre son savoir aux plus jeunes du camp.«Je sais maintenant qui je suis, dit-il.Le théâtre m'a sauvé la vie.Je suis un artiste, mais je ne m'oppose pas aux personnes qui prennent les armes contre Israël.Je marche avec eux, mais moi, mon arme, c'est ma caméra.» Juliano Mer Khamis est le directeur du Freedom Theatre.Né d'une mère israélienne et d'un père palestinien, il a laissé une carrière d'acteur en Israël pour venir s'établir à Jénine.Sa mère avait fondé un premier théâtre dans les années 1990 à Jénine.Le bâtiment a été détruit par l'armée israélienne durant la deuxième intifada.«Ces jeunes vivent dans un cercle malsain.Ils ne font que s'amuser avec la violence et la mort.C'est la seule chose qu'ils connaissent.Nous sommes des Palestiniens, nous voulons la liberté et nous voulons un pays.Le théâtre peut former de vrais leaders et forger les bases d'une révolution culturelle.» \u2014 Nabil Al Raee, coordonnateur du programme de théâtre «Je crois que toutes les formes d'art sont une façon de résister, que ce soit à New York, à Tel-Aviv ou à Jénine.Mais il ne faut pas se faire d'illusions: nous ne faisons que du cinéma et du théâtre.» Ahmad Hossen est l'un des premiers acteurs à avoir participé au Freedom Theatre.Il a vu plusieurs de ses amis tomber sous les balles de l'armée israélienne.«S'il n'y avait pas de théâtre, j'attendrais la mort, confie-t-il.Je n'aurais pas les outils pour exprimer mon histoire et celle de mon camp de réfugiés.Les Israéliens n'aiment pas le théâtre, ils ont peur de ceux qui écrivent et qui s'expriment.» Résistance du milieu Les défis et les problèmes ne sont pourtant pas tous causés par l'occupation israélienne.À Jénine, le Freedom Theatre fait maintenant partie du paysage.Toutefois, obtenir le respect de la population palestinienne a nécessité un travail ardu.«Le théâtre est un endroit qui génère la libre pensée, explique Juliano Mer Khamis.C'est une menace pour toutes les sociétés, particulièrement lorsqu'elle est traditionnelle, religieuse et sous occupation.» Le plus difficile a été de convaincre les habitants du camp et de la ville de laisser les plus jeunes assister aux activités du Freedom Theatre.«Nous avons été acceptés, mais le chemin a été long, ajoute fièrement M.Mer Khamis.Les enfants ne sont pas le problème, le défi est de convaincre ceux qui les éduquent.» Tous les petits changements de comportement des jeunes qu'observe le coordonnateur du programme de théâtre, Nabil Al Raee, compensent largement les efforts investis pour se faire accepter.«Ces jeunes vivent dans un cercle malsain, dit-il.Ils ne font que s'amuser avec la violence et la mort.C'est la seule chose qu'ils connaissent.Nous sommes des Palestiniens, nous voulons la liberté et nous voulons un pays.Le théâtre peut former de vrais leaders et forger les bases d'une révolution culturelle.» ¦ www.thefreedomtheatre.org L'Itinéraire / 1er février 2009\t11 I a une Samian Audrey Coté Rédactrice en chef De la rime, pas de frime.Le rappeur algonquin Samian ne chante pas pour ne rien dire.Depuis la sortie son premier album, Face à soi-même, il fait revivre la mémoire de ses ancêtres, dénonce la dure réalité des réserves et la difficulté des jeunes à trouver leur place au soleil.À 25 ans, Samuel Tremblay, alias Samian (son prénom en algonquin), a déjà plusieurs vies derrière lui.il a longtemps erré avant de trouver sa voie, celle qui allait l'amener à se réconcilier avec lui-même et avec les injustices vécues par son peuple.Né d'un père québécois et d'une mère algonquine, le statut de Métis de Samian contribue aujourd'hui à ouvrir les frontières entre blancs et autochtones.Mais il n'en a pas toujours été ainsi sur la réserve de Pikogan, en Abitibi, où il a grandi : «Quand je sortais de la réserve, je m'faisais péter la gueule et dans la réserve, je me faisais aussi péter la gueule parce que j'étais pas un Algonquin.» Sans même avoir complété son secondaire I, Samian quitte le foyer familial à l'âge de 15 ans.C'est là que commence la galère: «J'me suis retrouvé à Montréal avec cinq piasses en poche, en plein dans la place qu'il ne fallait pas, confie-t-il.J'ai vendu d'Ia dope et j'ai déjà eu un gros problème de consommation.J'ai même perdu l'odorat et le goût à cause de la coke.Mais il y a un an et demi, le jour même de la naissance de mon fils, tout est revenu.J'ai dit à ma blonde qu'elle sentait bon.» Magique musique De son propre aveu, la musique a été salutaire au bum endurci qu'il commençait à devenir.C'est d'abord grâce à la Wapikoni Mobile, le projet de la cinéaste Manon Barbeau qui permet aux autochtones de s'exprimer par la vidéo, que Samian a pu commencer à composer et à chanter.«J'ai touché le fond et je suis remonté, grâce à la musique.Sans elle, je serais peut-être en prison.» De retour à Pikogan à 20 ans, Samian décide defumer le calumet de paix avec ses ennemis intérieurs.Puis, il retrouve sa mère et sa grand-mère et recommence à parler l'algonquin, la langue de son enfance.«C'est avec ma grand-mère que j'ai réappris la langue algonquine.Elle a des dictionnaires et je fouille souvent dedans pour écrire mes textes», raconte le rappeur.En 2006, deux ans après la Wapikoni Mobile, la carrière de Samian décolle véritablement lorsqu'il s'associe aux membres de Loco Locass pour composer La paix des braves qui parle de l'histoire des Amérindiens depuis l'arrivée des blancs.Depuis, avec son premier album, lancé en 2007, il n'a cessé de raconter son histoire et celle de ses ancêtres.«Ceux qui ignorent les aînés ou leurs grands-parents perdent l'essentiel.Ils ont tellement de choses à dire, pis je trouve que les jeunes gagnent à parler avec eux, car ils connaissent la vie.» Chaque fois que Samian se retrouve à Pikogan, son refuge, il s'enferme avec sa grand-mère seulement pour l'écouter parler.«Chus un gars de famille, qui a un sens de la tribu.J'aime être avec ma mère, ma grand-mère, mes deux sœurs dont je suis très proche, être avec ma blonde et mon fils», confie le jeune rappeur.Rappeur et franc parleur À son image, le rap de Samian est métissé.Le français et l'algonquin se côtoient harmonieusement.Suivant la trace de ses ancêtres algonquins, réputés pour être pacifiques, le rappeur cherche à réconcilier les blancs et les autochtones.Mais cela ne l'empêche pas de dénoncer les injustices vécues par sa communauté.Que Dieu bénisse l'Amérique?Fuck That! Que Dieu bénisse la terre et tous les peuples qui ont souffert, dit-il dans sa chanson Sur le dos d'une tortue.D'ailleurs, il a sa vision historique bien à lui de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb en 1492: «Personne n'a découvert l'Amérique, car ce continent était déjà habité.depuis plus de 10 000 ans.Pour découvrir un continent, il faut qu'il ne soit pas habité», argue Samian.Le rappeur engagé poursuit son plaidoyer au sujet des excuses officielles présentées par le gouvernement Harper en juin 2008 aux 80 000 autochtones survivants qui ont été maltraités dans les pensionnats fédéraux.Il ne mâche pas ses mots.«Le gouvernement fédéral a donné entre 10 000 et 30 000 dollars par personne pour s'excuser, mais ça ne change rien.on donne du cash en disant: 12 L\u2019Itinéraire / 1er février 2009 Photo : Jonathan Desjarlais «J'me suis retrouvé à Montréal avec cinq piasses en poche, en plein dans la place qu'il ne fallait pas.J'ai vendu d'Ia dope et j'ai déjà eu un gros problème de consommation.J'ai même perdu l'odorat et le goût à cause de la coke.Mais il y a un an et demi, le jour même de la naissance de mon fils, tout est revenu.J'ai dit à ma blonde qu'elle sentait bon.» \u2014 Le rappeur algonquin Samian \"Va boire, va jouer au casino\".et tout le cash revient dans les poches du Canada», s'insurge le rappeur algonquin.Il appuie son propos en mentionnant que l'Église catholique ne s'est toujours pas excusée pour les mauvais traitements infligés aux enfants autochtones des pensionnats de la fin du 19e siècle aux années 1970 : «Je sais que j'dérange quand je parle de l'enfer des pensionnats qu'ont vécu les autochtones.Les viols et les abus de toutes sortes ont fait que cette génération, qui avait perdu toute sa fierté, a transmis son mal de vivre à la suivante.qui boit et se drogue.Ça choque du monde, mais j'Ie dis quand même.C'est thérapeutique pour la communauté.» Optimiste malgré tout En dépit du fait que tout n'est pas gagné pour les communautés autochtones du Canada, le jeune rappeur demeure optimiste.Dans un avenir plus ou moins rapproché, il croit qu'une guérison collective est possible.Sa tante organise des ateliers à Pikogan pour aider les siens à guérir de leurs blessures passées; c'est l'une des choses qui l'inspirent et lui donnent envie de continuera chanter pour mieux faire connaître la culture algonquine.Mais par-dessus tout, Samian veut continuer d'œuvrer à la réconciliation entre blancs et Amérindiens.«Siles États-Unis ont maintenant un président noir, pourquoi le Canada, un jour, n'aurait pas un premier ministre d'origine autochtone?Qui sait, ce sera peut-être mon fils?» Santé/Bien-être Faire le plein de vitamine D avec les champignons Tout comme nous, les champignons synthétisent la vitamine D sous l'action des rayons UVB du soleil.Suivant une technique mise au point par des chercheurs américains, une firme californienne (Monterey Mushrooms inc.) vient de lancer un champignon portobello à teneur accrue en vitamine D.Après la récolte, les champignons sont simplement exposés durant quelques minutes à des lampes à rayons UVB similaires à celles des salons de bronzage.Ce bain de rayons UV suffit à augmenter leur teneur en vitamine D, sans les sécher pour autant.On obtient ainsi un champignon frais, dont la consommation d'une portion de 85 g permet de bénéficier de 100% de l'apport nutritionnel quotidien recommandé en vitamine D.En fait, tous les champignons renferment de l'ergocalciférol (vitamine D2), la forme végétale de la vitamine D.Ils en renferment plus que la plupart des légumes.En hiver, lorsque nous avons moins d'occasions de nous exposer aux rayons solaires, la consommation régulière de champignons peut donc contribuer à diminuer notre carence en vitamine D.Le shiitake (Lentinus elodes) est particulièrement riche en vitamine D.Servi avec du saumon, également riche en vitamine D, il fera un repas capable de reconstituer vos réserves de vitamine soleil aussi bien qu'un supplément de 25 pg (1 000 Ul) de vitamine D.(Source :PasseportSanté/Pierre Lefrançois) V Clinique \\Sf/- Nouveau / L Départ\t \t \t 110, Ave Beaumont / Ville Mort-Royal Qc H3P 31 Tel.: 514-521-9023 / Fax.=514-521-1928 www.cliniquenouveaudepart.com Du sélénium, des probiotiques, et.Février.Alors que la circulation sur les ponts de Montréal est souvent difficile, le rhume et la grippe se déplacent à bon train.Pour les stopper, rien de tel qu'une défense immunitaire adéquate, construite autour d'une nourriture équilibrée.En détaillant le menu de cette stratégie antivirus, des noms bizarres apparaissent: vitamine E, sélénium, probiotiques, prébiotiques.Faisons le point avec Passeport Santé.Pour améliorer ses défenses immunitaires, il faut varier et équilibrer son alimentation, mais pas seulement.L'augmentation de ses apports en sélénium et en vitamine E est aussi importante.Cette dernière se retrouve principalement dans les germes de blé, les amandes et noisettes, le beurre d'arachide naturel, l'huile d'olive, de canola et de sésame, la patate douce, l'igname et le riz brun.Le sélénium se retrouve dans la noix du Brésil, le thon, l'huître, le homard, le saumon, la morue, les crevettes, le hareng, les abats, le seigle, le boeuf (coupes maigres), les graines de tournesol, l'oeuf et la levure de bière.Consommer des probiotiques des aliments prébiotiques sont utiles pour éviter d'être cloué au lit.Mais à quoi correspondent ces appellations obscures?Un «probiotique» est un supplément alimentaire qui, grâce à ces micro-organismes utiles, a des effets bénéfiques sur la flore intestinale et le système immunitaire.On en trouve notamment dans le yogourt (lactobacilles ou bifidobactéries) et le kéfir.Un «prébiotique» est un ingrédient alimentaire non digestible (comme des fibres alimentaires solubles) qui stimule, de façon sélective, la croissance ou l'activité d'une ou de plusieurs bactéries présentes dans le côlon.De cette façon, les prébiotiques peuvent renforcer le système immunitaire.Voici des sources de prébiotiques: avoine, sarrasin, orge, pomme de terre, banane, légumineuse, racine de chicorée (utilisée dans le succédané de café).(Source : Passeport Santé) DOLLARS ii intégrée Votre don sauve des vies.514 593-2525 FONDATION INSTITUT DE CARDIOLOGIE DE MONTRÉAL D«> 5 209 5 19 14 L'Itinéraire / 1er février 2009 Santé/Bien-être Coeur d'homme, coeur de femme, y a-t-il une différence?Le coeur d'une femme et celui d'un homme diffèrent autrement que dans leur façon d'aimer.Qu'il s'agisse des maladies cardiovasculaires elles-mêmes, ou bien des symptômes, des diagnostics ou des traitements de ces maladies, des différences existent entre l'homme et la femme.GENESIS, financé par les Instituts de recherche en santé du Canada en partenariat avec la Fondation des maladies du coeur du Canada, est un projet multidisciplinaire qui réunit des chercheurs du pays tout entier.Leur tâche consiste à examiner en quoi le sexe et le genre jouent un rôle dans les maladies cardiovasculaires.Les conclusions sont parfois fascinantes.Par exemple, à l'adolescence, les garçons ont une tension artérielle plus élevée que les filles.Les femmes ne rattrapent les hommes qu'après la ménopause; leur tension artérielle tend alors à augmenter.L'angiogramme, outil utilisé pour diagnostiquer les problèmes cardiovasculaires lorsque les patients se présentent à l'hôpital en disant avoir des douleurs thoraciques, a tendance à donner un résultat «normal» pour de nombreuses femmes.«Il se peut que, dans l'avenir, le choix du médicament soit fonction du sexe du patient, dit Louise Pilote, chercheuse principale du projet GENESIS.Peut-être qu'un angiogramme n'est pas l'examen le plus adapté pour diagnostiquer les maladies coronariennes chez la femme.» La Dre Pilote insiste aussi sur l'importance pour les femmes de reconnaître les signes de crise cardiaque et de se rendre à l'hôpital le plus rapidement possible.En effet, les femmes n'ont pas tendance à ressentir la douleur constrictive à la poitrine qui est caractéristique de la crise cardiaque chez les hommes.Elles ont plutôt tendance à se sentir fatiguées et à avoir la nausée.D'autres études en cours dans le cadre du projet GENESIS visent notamment à déterminer si les marqueurs génétiques pour l'hypertension et l'obésité, qui peuvent tous les deux entraîner des maladies cardiovasculaires, sont différents chez les femmes et chez les hommes.(Source : Institut de recherche en santé du Canada) Spécialisation en MTS, VIH/SIDA et hépatite.Consultation et analyse pharmacologique Conseils et services personnalisés Courtoisie et confidentialité assurées Membre du projet TADO On vous écoute et on vous comprend MARTIN DUQUETTE À la clinique l\u2019Actuel :tooi, bout de Maisonneuve Est, bureau 1130.Montréal _514.528.0877 Pharmacie Martin Duquette : 600, rue Sherbrooke Est, bureau 101, Montréal 514.842.7065 L'Itinéraire / 1er février 2009\t15 mm 306000 auditeurs 91,3 fm Montréal (1 fm Sherbrooke \u2022 ¦ 89,9 fm Trois-Rivières 89,3 FM VICTORIAVILLE \u2022 1 04,ÎFM Rimouski Écoutez aussi sur le web au www.radiovm.com .^ 0- (b La STM, toujours là! ®STM.Ton prochain défi.la cooperation volontaire.Tu as plus de 22 ans Tu possèdes au minimum un D.E.C.technique SESSION THÉORIQUE\tSTAGE Début le 27 avril 2009\tFin août 2009 (15 semaines)\t(18 semaines) POUR RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTION : Programme Coopérant - Volontaire Cégep de Rivière-du-Loup (CFCI) 80, rue Frontenac, Rivière-du-Loup (Québec) G5R1R1 Téléphone:(418)862-6903,poste24041 Télécopieur:(418)867-2137 Courriel : cfci@cegep-rdl.qc.ca | Site Web : http://cfci.cegep-rdl.qc.ca ALLOCATION DE SUBSTANCE DISPONIBLES Date limite d'inscription : Ie13 mars 2009 Deuxième tour Cégep de Rivière-du-Loup ¦ ^ ¦ Agence canadienne de I * I développement international I QjgUg/e du ,c qffl La Capitale du Mont-Royal L'achat et la vente d\u2019une propriété, c'est une affaire de cœur et de savoir-faire v, Garantie de service * Intégrité \u2022 Mise en marché t v exceptionnelle \u2022 Conseils \u2022 Expertise \u2022 Opinion de ia valeur marchande de votre propriété Deux bureaux en plein coeur de Montréal: Venez voir qui nous sommes sur notre blogue:\t1152 av.du Mont-Royal est 514 597-2121 lacapitaledumontroyal.com\t2339 rue Beaubien est\t514 721-2121 DEUX COMPTOIRS ACCES VILLE-MARIE POUR MIEUX VOUS SERVIR Ville-Marie Montréal Pour accéder aux programmes, aux activités et aux services offerts par l\u2019arrondissement de Ville-Marie Bureau d\u2019arrondissement 888, boul.De Maisonneuve Est, 5r étage Montréal (Québec) H2L 4S8 ® Berri-UQÀM Hôtel de ville 275, rue Notre-Dame Est Montréal (Québec) H2Y 1C6 ® Champ-de-Mars Les comptoirs sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 sans interruption Renseignements : Composez le 311 ville.montreal.qc.ca/villemarie 24 L\u2019Itinéraire / 1er février 2009 A Économie et consommation Le bogolan ou l'histoire d'un tissu inspirant Maeva Vilain Isabelle Garceau, professionnelle de la mode, vient de créer un nouveau circuit touristique au Mali pour initier les visiteurs à la fabrication du bogolan.Ce tissu africain à l'histoire millénaire est devenu pour elle une source d'inspiration sans fin.Au cours de la visite conçue par Isabelle, les participants découvrent la longue histoire et les nombreuses légendes entourant ce tissu de l'Afrique de l'Ouest.Ils seront aussi invités à fabriquer leur propre bogolan.La toile qui le compose est faite de graines de cotonniers du Mali ou du Burkina Faso.Elle est teinte avec des produits entièrement naturels.À l'origine, seul le noir, obtenu avec de l'argile, était utilisé pour dessiner.Aujourd'hui, de nouvelles couleurs, faites à partir de teintures issues des plantes, ont été introduites.Certains artisans reproduisent des motifs traditionnels ayant une signification particulière.D'autres créent des dessins contemporains.Isabelle Garceau a découvert le bogolan par hasard.Elle était en route vers le pays dogon, au Mali, pour apprendre à fabriquer l'indigo, une teinture bleue obtenue avec les feuilles de l'indigotier.À la suite d'un vol, elle n'a pu se rendre à destination.Retenue à Bobodioulasso, au Burkina Faso, elle fait la connaissance de Baba, un fabricant de bogolan, un tissu qui l'a tout de suite allumée.Partie à la rencontre des artisans, Isabelle est tombée sous le charme des vieilles dames qui filent le coton.Une tradition en voie de disparition selon elle.«Les jeunes de là-bas ne veulent pas s'asseoir avec les aînées pour apprendre à filer.Les parents préfèrent les employer à d'autres tâches.» La perte de cette coutume inquiète Isabelle, d'autant plus qu'elle voit dans ce tissu un vecteur de valeurs essentielles.«Le bogolan génère un contact avec une autre culture et avec la terre.C'est une façon écologique de créer, de se connecter avec nos ancêtres et avec nos origines.Indirectement, nous venons tous d'Afrique.» C'est à son retour au Québec qu'elle décide de partager sa découverte du bogolan.«Je ne voulais pas me contenter de vendre des bogolans, explique-t-elle.Ils ne sont pas appréciés à leur juste valeur si on ne connaît pas leur histoire.» Elle conçoit alors une série d'activités qui transmettent tout ce qu'elle perçoit d'essentiel dans ce tissu.Elle se rend dans les centres pour femmes, où elle organise des ateliers de création de murales collectives.«Chaque femme crée un motif sur son propre morceau de bogolan.Ensuite, tout est rassemblé en une grande toile», dit-elle.Les résultats sont surprenants.«Dans un centre pour femmes de Shawinigan, une participante aux idées suicidaires m'a confié être restée en vie grâce à la fabrication de cette murale collective.» «Le bogolan génère un contact avec une autre culture et avec la terre.C'est une façon écologique de créer, de se connecter avec nos ancêtres et avec nos origines.Indirectement, nous venons tous d'Afrique.» \u2014 Isabelle Garceau, professionnelle de la mode, vient de créer un nouveau circuit touristique au Mali pour initier les visiteurs à la fabrication du bogolan Dans les écoles, où elle projette son documentaire sur les techniques du bogolan, l'effet est tout aussi saisissant.«Il est arrivé que des jeunes de 13 à 14ansse mettent à pleurer.Ils étaient touchés par les valeurs derrière ce tissu», témoigne Isabelle.Avec son conjoint, percussionniste de métier, elle a créé un spectacle pour Isabelle Garceau, professionnelle de la mode, vient de créer un nouveau circuit touristique au Mali pour initier les visiteurs à la fabrication du bogolan ¦S \\ les petits, intitulé Les Tuniques du chausseur.Ce conte musical retrace l'histoire de la découverte du bogolan.Les petits reçoivent ensuite une petite bourse faite de coton vierge sur laquelle ils reproduisent des motifs traditionnels d'Afrique de l'Ouest.Ils y rajoutent des petits objets comme des clochettes, des osselets et obtiennent ainsi un gri-gri porte-bonheur.¦ Renseignements : Pour découvrir les techniques de fabrication du bogolan dans le cadre d'un atelier à Montréal ou au Mali, ou pour inviter Isabelle Garceau à produire son spectacle dans votre établissement ou votre organisme, composez le 514 750-9509 ou écrivez à igarceau@yahoo.fr.L'Itinéraire / 1er février 2009\t25 Collectivement pour un monde Centrale des syndicats du Québec wwwxsq.qc.net Pour une gouvernance axée sur la collégialité fneeq 1 Fédération nationale des enseignantes et y des enseignants du Québec ON LUTTE À VOS CÔTÉS SCFB Syndicat canadien de_ la fonction publique ftq \t\t\u201e A pli\t\tL\u2019ÉCHANGE 1 i (cu>((|l Eciiitf\t\tLivres, CD, DVD d\u2019occasion 707 ET 713 MONT-ROYAL EST © MONT-ROYAL (514) 523-6389 \\ Desjardins Caisse du Quartier-Latin de Montréal Fiers partenaires de L\u2019Itinéraire et du magDVD Le 3e Œil pour l'aide aux jeunes de la rue Siège social: 1255, rue Berri, Montréal (Québec) H2C 4C6 Tél.: 514 849-3581 Téléc.: 514 849-7019 26 L'Itinéraire / 1er février 2009 Fxpression / mots dp camelots Maxime Camelot, métro Jarry et Fleury/De la Roche Présent à l'État d'Urgence 2008 À la toute fin du mois de novembre, j'ai participé à l'événement État d'Urgence, dont le but est de sensibiliser la population aux difficultés rencontrées par les sans-abri.Cette année, j'ai trouvé que l'organisation était particulièrement réussie, car il y avait de nombreuses activités pour occuper les personnes seules venues y chercher un peu de réconfort.Par exemple, des ateliers de peinture et de sculpture étaient proposés.Des massages étaient également donnés gratuitement.C'est l'équipe de Médecins aux pieds nus qui offrait les services de massage, la même qui fournit ses services à L'Itinéraire.Je me suis fait masser les pieds, puis le dos, ce qui ne m'arrive pas très souvent et qui m'a fait beaucoup de bien.Marie-Claude, ma professeure de peinture de l'organisme Cactus, est même venue à État d'Urgence en compagnie de sa mère et de sa sœur, ce que j'ai trouvé formidable.En effet, les citoyens ont souvent peur de rencontrer des sans-abri, car ils ont beaucoup de préjugés à leur égard.Ce n'était pas le cas de la famille de Marie-Claude, puisque sa sœur m'a même aidé à faire une sculpture.Comme c'est le cas chaque année, un repas gastronomique préparé par de grands chefs montréalais nous a été servi.Je me suis régalé de ces plats que je n'ai pas l'occasion de manger souvent.Sans compter qu'un orchestre était même présent et qu'une chanteuse d'opéra chantait pendant qu'on mangeait! Bravo à Annie Roy et Pierre Allard, le couple organisateur, pour ce projet unique au Québec! Norman Rickert jCamelot, métros Vendôme et Édouard-Montpetit normartmusic@yahoo.ca Jules, mon félin favori Jules est entré dans ma vie par une journée d'été en 2004.Un jour, un ami m'a appelé pour me dire qu'il voulait donner un de ses chats.Lorsque je suis arrivé chez lui, il m'a montré l'individu félin en question.Dès que j'ai vu l'adorable spécimen roux et blanc angora à poils longs, j'ai éprouvé un élan de sympathie et d'affection pour ce mâle castré de deux ans.Il faut dire que sa première maîtresse envisageait de le faire euthanasier.Mais grâce à mon ami d'alors, Jules a échappé de justesse à l'issue fatale.Je n'ai jamais regretté de l'avoir pris avec moi.C'est un chat très affectueux qui ronronne suffisamment pour alimenter en électricité une dizaine de maisons! Il connaît un certain succès auprès de la gentféline, surtout l'été, lorsque je le laisse sortir dans le jardin.Monsieur Jules adore le thon et, l'été, il ne dédaigne pas les papillons de nuit.J'apprends à vivre le «ici et maintenant» en compagnie de Jules, qui demande qu'on s'occupe un peu de lui et qui ne se gêne pas pour venir me déranger lorsque je reste trop longtemps le nez collé contre mon écran d'ordinateur.D'ailleurs, Jules est déjà une célébrité, puisque sa photo apparaît dans mon dernier recueil.Qu'importe le genre de journée que j'ai vécue, mon chat vient se blottir à mes côtés le soir avant que je me couche.Monsieur vient souvent me réveiller le matin ou le midi, quand il a une fringale.Avoir Jules, c'est un peu comme avoir un enfant.Dominic Mason Camelot, centre commercial Maisonneuve Le sourire Un sourire ne coûte rien, mais il a une grande valeur.Il enrichit ceux qui le reçoivent sans appauvrir ceux qui le donnent.Il ne dure qu'un instant, mais on s'en souvient longtemps.Personne n'est assez riche pour le posséder.Il rend les familles heureuses, les affaires prospères et les amitiés durables.Il nous aide à combattre tous nos soucis.Cependant, il ne peut être acheté, emprunté ou volé.Il a une grande valeur seulement quand il est donné.Un sourire nous repose quand nous sommes fatigués, nous encourage lorsque nous sommes déprimés et, finalement, nous réconforte quand nous sommes tristes.En terminant, je tiens à écrire quelques mots à la mémoire de Jacques Boivin (1951-2008), qui était un ami et avec qui je partageais mon logement.Il a été camelot de L'Itinéraire pendant de nombreuses années.Salut à toi JackiToi qui est au ciel et qui sourit aux anges.g Christian Choquette £3f\u2014 Des chats ou des chiens, mais pas des mouches Les animaux domestiques représentent d'excellents thérapeutes pour les gens qui sont seuls.Ces derniers peuvent à la fois donner de l'amour à leur animal, qu'il s'agisse d'un chat ou d'un chien, et en recevoir.On a tous besoin d'amour et de tendresse.À l'époque de Égypte ancienne, bien avant Jésus-Christ, il y avait déjà des chats domestiqués.Pour ce qui est des chiens, peut-être que d'anciens peuples ont domestiqué des coyotes, des loups, des renards, des chacals, des hyènes ou des ours et qu'il y a eu des croisements entre eux au fil du temps.J'essaierai peut-être d'avoir une petite chatte un jour.Elles sont plus propres que les chiens, paraît-il.Cet été, dans mon un et demi, j'ai essayé de domestiquer des mouches, mais j'ai perdu patience et elles ont toutes fini écrasées en arrière d'un livre! Santé, paix intérieure et ne manquez de rien si possible! L'Itinéraire / 1er février 2009\t27 Michel Lafontaine amelot, marché Jean-Talon Le masque du chat En ce moment, je suis assis au métro Jean-Talon.Je pense beaucoup à mon chat Torticolis.Je m'ennuie de lui, car la dame qui en prend soin ne me laisse pas le voir.Selon elle, je ne suis pas assez responsable pour m'en occuper, mais elle a oublié que j'en ai pris soin pendant 12 ans.Ah! Oui! Torticolis pèse approximativement 26 livres.Son signe astrologique est Lion.Sa mère, Aphrodite, est morte dans le feu de la maison de ma tante Nicole à Rawdon.Ça fait longtemps que j'ai perdu contact avec ma famille, mais c'est volontaire.Je vivais des peurs face à la vie et un sentiment de culpabilité.Il y a longtemps que je suis comme ça.Ce besoin d'approbation de la part des autres et ce manque de confiance en moi remontent à mon adolescence.Pourtant, lorsque je devrais être gêné, j'ai du front tout le tour de la tête, mais quand vient le temps de me montrer tel que je suis, je bloque.Par ailleurs, j'ai une foutue belle collection de masques.Vous êtes-vous déjà demandé si vous ne portez pas un masque?Il est si facile de se cacher derrière certaines peurs! Faites de l'introspection, regardez-vous dans le miroir et vous verrez qu'il n'y a pas d'âge pour changer de mode de vie et de pensée.Pour ma part, j'aimerais retourner dans le passé et corriger les erreurs dues à mon manque d'expérience.Quand je me dis que je vais avoir 50 ans le 22 janvier prochain, c'est fou! Mon signe astrologique est Verseau ascendant Bélier avec influence du Taureau.Selon l'horoscope aztèque, mon arbre est le roseau et mon signe chinois est le Sanglier.Pourquoi j'écris ça?Pour que vous sachiez qui se cache derrière le masque du chat.Denis Archambault Camelot, métro Peel Bill Economou fcamelot, Marché Atwater Knowing the right people It's important not to stay isolated in one corner away from people; it doesn't do you any good.Meeting the right people and developing a social network is important.These people might end up giving you some useful advice or help you get a job.Especially this time of the year when the winter really hits we need to be uplifted.Isolation doesn't help us, but rather it creates a sense of insecurity.Sometimes we need to be with others in order to share our expenses.Other times we need people to encourage us to pursue something.Very importantly we need to be around people we can trust.We might have to be aware of different things that are happening in order to protect ourselves.A painful divorce, a sickness or the loss of a loved one can be really painful, that's when we need others around us to comfort us.It's also a lot tougher to get things done when you're alone and you could be less motivated.Sharing the burden will alleviate the pain and improve your life.Living together with someone will also give you more time to do things you want at ease.More importantly being together with somebody else will give you a sense of security.I don't like being lonely.I want to be with others who share my views and have a good laugh.It's also important to be as fair as possible to everybody, so when people will see that in you they will be attracted to you.The best thing to do is to hang around with wise and holy people; this will help your moral and build you up.Joseph Clermont amelot, supermarché étro sous le pont acques-Cartier La compréhension Renaissance intérieure En quelques mots, je tiens ici à remercier chaleureusement celles et ceux qui m'ont aidé à remonter la pente.Il y a près de deux ans, je ne faisais rien.Sortant tout juste de prison, je cherchais une identité et un sens à donner à ma vie.Après quelques mois d'efforts, je crois avoir réussi à trouver un équilibre.En vendant L'Itinéraire, j'ai constaté que les gens me manifestaient plus de respect que lorsqu'ils me voyaient bummer au même endroit.Le programme d'insertion sociale Interagir, que l'on m'a proposé de faire à L'Itinéraire en tant que préposé à l'entretien, m'a aussi aidé à reprendre pied.Vos impôts servent à quelque chose, croyez-moi, car ce programme d'insertion payé par le gouvernement du Québec m'a permis de rencontrer plusieurs personnes, dont les employés du groupe L'Itinéraire.Ces derniers m'ont encouragé à persévérer et m'ont accompagné dans mes démarches de réalisation personnelle.Plus précisément, je tiens à nommer des personnes importantes pour moi: à L'Itinéraire, merci à Francis Caron, intervenant psychosocial, Jocelyne Sénécal, directrice de l'insertion sociale, Audrey et Jérôme, de la rédaction du magazine, à l'organisme Sac à dos, où je travaille désormais dans le cadre du programme Interagir, merci aux responsables.D'ailleurs, je me suis donné comme mission de rapprocher ces deux organismes que j'ai beaucoup à cœur.Enfin, merci à mes amies Carole et Louise, qui m'ont soutenu et encouragé pendant mes coups durs.Grâce à vous tous, je sais que je peux m'en sortir, quoi qu'il m'arrive.Certaines personnes ne comprennent pas notre situation, quand on vit le bas fond.Pourtant, on n'est à l'abri de rien.Dans la vie, on connaît des hauts et des bas.Quand je vois des personnes indifférentes qui me snobent, cela m'enrage, car j'ai déjà été très à l'aise financièrement mais j'ai connu le bas fond et j'ai tout perdu.Dites-vous qu'on n'est à l'abri de rien, surtout en cette période de crise économique.Par ailleurs, moi aussi je suis capable de rendre service aux autres et j'aide beaucoup mon prochain, croyez-moi.28 L\u2019Itinéraire / 1er février 2009 Fxpression Lucie Hamel, camelot sur Mont-Royal Une battante jusqu'au bout Serge Lareault Éditeur et directeur général de L'Itinéraire serge.lareault@videotron.ca Lucie Hamel est décédée le 22 décembre dernier, à l'âge de 60 ans.Depuis presque les débuts de L'Itinéraire, elle était camelot sur l'avenue Mont-Royal, coin Papineau (en face de la SAQ).C'était son « spot ».et une grande partie de sa vie.Les lecteurs du magazine auront été sa source de joie et la rue, son point de rencontre avec la société.Lucie est morte du cancer après des mois de lutte contre la maladie.La dernière année, elle ne pouvait presque plus vendre, mais elle écrivait encore un peu dans le magazine, histoire de tenir ses clients informés.Car ses clients, c'était sa fierté, sa raison de vendre dans la rue, presque autant que le besoin d'argent.Elle connaissait tout le monde qui passait devant la SAQ.Elle parlait aux uns et aux autres, jasait longuement avec Mme Chapleau qu'elle appelait «sa dame élégante».Cette dernière lui a manifesté une remarquable attention jusqu'à la fin et nous saluons sa générosité et sa sympathie.Car la vie de Lucie n'a pas été facile.Ce fut une bataille de tous les instants contre la pauvreté et l'isolement.Comme plusieurs femmes de la rue, elle a côtoyé les dealers de drogues et certaines personnes mal intentionnées qui s'en prennent aux femmes.Elle «défendait son spot devant la SAQ» (le meilleur en ville!) avec un aplomb et un courage que peu auraient manifesté.Nous devions aller la voir régulièrement pour ne pas qu'elle se fasse trop malmener.Elle n'avait pas la langue dans sa poche pour défendre son point et défiait les plus durs.Malgré son combat contre certains et ses demandes de justice, les textes qu'elle publiait dans L'Itinéraire étaient généralement positifs et faisaient part des bons côtés de la vie et des gens que l'on peut rencontrer.Ma dernière conversation avec elle a été touchante.Me disant qu'elle n'en n'avait plus pour longtemps, elle me lançait du même souffle son grand bonheur d'avoir renoué avec sa fille dans les derniers mois :«Le plus beau cadeau que la vie pouvait me faire! Et en plus, elle m'a amené deux belles petites filles!» Merci à tous les lecteurs de L'Itinéraire qui lui ont démontré de l'affection et de la sympathie au cours des dix dernières années.Merci aux employés de la SAQ qui ont aussi eu des attentions pour elle.Vous ne pouvez imaginer à quel point vous avez été importants dans la vie de Lucie.Le Groupe L'Itinéraire, le coin Mont-Royal/Papineau, les clients, vous avez été son monde, son point d'encrage, sa raison de continuer.Lucie, on te souhaite un aussi bon spot, où que tu sois maintenant! Son dernier mot de camelot Particules d'amour Dépêchez-vous de vivre vos rêves, vos passions et vos désirs le plus tôt possible, car le temps passe vite, très vite même, et cela s'accentue plus nous avançons en âge! J'ai eu 60 ans à la fin du mois d'octobre dernier.Lorsque j'avais 10 ans, je voyais les gens de 60 ans vieux et vieilles, avec leurs cheveux poivre et sel ou tout blancs, leurs yeux voilés derrière des lunettes ou complètement obstrués par des cataractes.Nous éprouvons une urgence de vivre, mais notre corps ne répond pas toujours à notre commandement.En tous cas, sûrement pas à la même vitesse qu'auparavant.Quand les organes internes sont atteints, un gros problème surgit.Dans mon cas, le problème se nomme «cancer».En quelques mois, les métastases sont arrivées.Elles courent un peu partout à l'intérieur de moi et s'accrochent à mon estomac, à mon foie et à mes intestins.Certaines se sont même attaquées à ma colonne vertébrale et à mes côtes.Une s'est même fêlée et j'en ai eu le souffle coupé pour quelques semaines.À part cela, la vie est belle! Elle m'a ramené ma fille, avec ses deux petites filles Alice et Angélique, ainsi que son ami Alexandre.Sur ce, je vous souhaite de joyeuses fêtes et une bonne et heureuse année.Santé, prospérité et le paradis à la fin de vos jours! P.S.: Une petite prière pour moi serait une belle consolation et un gage d'amitié.Au revoir et à la prochaine! Lucie Hamel Camelot, SAQ Mont-Royal/Papineau L'Itinéraire / 1er janvier 2009\t29 Fxpression Gilles Bélanger amelot.Complexe Jesjardins /Guy Favreau, eanne-Mance/René-Lévesque Au cœur de la Saint-Valentin! Je tiens particulièrement à remercier Line et Ginette que j'apprécie beaucoup, car elles me soutiennent dans mon travail de camelot depuis mes tout débuts, il y a onze ans déjà.Je me suis toujours senti entouré de leur amitié pour moi.Nous sommes dans le mois de la Saint-Valentin, qui est la fête des amoureux, mais aussi celle des amis, c'est pourquoi je tenais à souligner cette belle amitié.Le 14février, je reçois régulièrement des chocolats en forme de cœur de la part de certains clients.Ils doivent certainement savoir que j'ai la dent sucrée! La fin d'année a également été pour moi le temps des cadeaux.Plusieurs de mes clients m'en ont donnés et cela m'a fait chaud au cœur.Nathalie, une nouvelle cliente, m'a offert un beau foulard! Quelle belle attention! Merci à ces très chers clients de leur considération envers moi.Et un gros merci à tous ceux que je croise chaque jour sur mon lieu de vente.Une flamme Ah! L'amour est-il bijoux?Que de l'amitié en creuse mes joues.Comme lasse elle s'évanouit dans le rêve.Que bonne modestie parle dans ses prières.Que bon temps enlace cette vigne.Que succès compatriote efface le louche.Dans le secret des secrets il y a la joie.Les frontières gaies épanouissent la jolie.Rêveuse elle se dit.Mais peine d'amour égale poignard d'horizon.Steve St-Yves Camelot, métro Cadillac Sur la bonne voie Je suis camelot depuis deux ans.Au début, je vendais L'Itinéraire pour payer ma drogue, mais depuis quelques mois, je suis de plus en plus sobre.Je prends davantage soin de moi : je me suis ainsi acheté des vêtements d'hiver, une bicyclette neuve et une télévision.J'espère continuer dans la bonne voie et je remercie les gens qui m'achètent L'Itinéraire.Je souhaite de joyeuses fêtes à tout le monde.Anne Dupé ré /amelot.Avenue du Parc (supermarché P.A.) L'hypocrisie polluante de nos décideurs Hélène Ouellette Camelot, ave.De Bordeaux /du Mont-Royal J'ai commencé à fumer la cigarette vers la fin des années 60.Cette cigarette était tout simplement fabriquée à partir du tabac, soit une plante saine et bien exploitée, grâce à des méthodes de production naturelles utilisées à cette époque chez les agriculteurs.Les Amérindiens l'ont toujours utilisé pour exprimer leur satisfaction, comme un bienfait de la nature et en un geste de paix.Au 20e siècle, fumer une cigarette en public représentait pour la femme une sorte d'émancipation, une certaine provocation envers la société, car c'était auparavant l'un des trop nombreux privilèges réservés aux hommes.Malheureusement, depuis les dernières décennies, cette plante est exploitée, selon les règles démesurées de notre système de capitalisation, en polluant les récoltes de matières nocives afin de les faire pousser abondamment et rapidement, tout en négligeant la santé et l'écologie environnante.Ce processus est également tout à fait répandu dans d'autres sortes d'agriculture, comme les produits alimentaires.Comment nous nourrir convenablement?Pourquoi acceptons-nous que nos gouvernements laissent mettre la santé publique en danger?C'est tout à fait irresponsable de leur part, et nous devons nous demander à la solde de qui ces gouvernements opèrent-ils et aussi pourquoi ils sont réélus.Nos gouvernements préfèrent entretenir cette «fumeuse» fixation de dangerosité envers la cigarette afin d'écarter les vrais problèmes.Notre gouvernement québécois a donc ordonné cette année aux vendeurs de tabac, par l'intermédiaire d'une moralité burlesque, de « cacher ces cigarettes que la population ne doit pas voir », afin de montrer sa volonté de vouloir enrayer la pollution.Cela m'a rappelé un texte d'un écrivain français du 17e siècle, Molière, qui faisait dire à l'un de ses personnages, l'hypocrite et vicieux Tartuffe : «Cachez ce sein que je ne saurais voir!» Notre gouvernement a donc imposé aux commerçants de dresser un «mur» (à leurs frais, bien entendu), entre ce soit dit poison social et leur clientèle.Il prétend ainsi démontrer qu'il veut enrayer la pollution en ciblant essentiellement le tabac tout en s'acquérant l'approbation bornée de plusieurs non-fumeurs.En même temps, ces mêmes commerçants se sont trouvés dotés de nouveaux terminaux de loterie, affriolants de couleurs, d'images et de bruits se voulant incitatifs au jeu! Cela veut-il dire que le jeu est moins nocif pour la population selon l'échelle des valeurs gouvernementales, ou qu'il est une source de profit exorbitant tout en ne polluant pas, soi-disant, les proches (ce qui est faux)?Il y a une profusion de polluants dans notre société, comme le bruit, le pétrole, le jeu, la drogue, et j'en passe, cela sans compter les injustices sociales de nos gouvernements, qui minent la santé physique et mentale des citoyens! Un dimanche matin de juin 2008, les clients, d'un hôpital de Montréal n'ayant pas le droit de fumer, se sont vus troublés par un bruit digne d'une catastrophe interplanétaire.Mais non, ce n'était que des avions de guerre canadiens qui saluaient à pleins gaz cette belle course de formule 1 ayant tellement de retombées financières pour les gouvernements et surtout des retombées polluantes pour les citoyens.Il y a quelques années, nos gouvernements ont pourtant investi à grands coups de millions pour aménager des fumoirs que l'on a finalement condamnés.et dire qu'on persiste à parler d'économie! 30 L'Itinéraire / 1er février 2009 Avant de jouer, vous fixez-vous une limite d'argent ?Faites le point sur vos habitudes de jeu.Découvrez votre portrait de joueur en vous procurant le dépliant 8/8 sur le site 8sur8.com.Si le jeu n'est plus un divertissement.JEU : AIDE ET RÉFÉRENCE LA VIOLENCE CONJUGALE EST SOUVENT CRIMINELLE QU'EST-CE QUE LA VIOLENCE CONJUGALE ?La violence conjugale s'exerce toujours dans le cadre d'une relation amoureuse, actuelle ou passée.Cette forme de violence, qui a pour effet de compromettre l'intégrité de la personne qui en est victime, se manifeste par des comportements quotidiens, depuis les menaces verbales, le harcèlement, les coups superficiels jusqu'aux blessures graves, en passant par l'agression sexuelle et la violence psychologique et économique.La violence conjugale est une façon de contrôler l'autre et non pas le résultat d'une perte de maîtrise de soi.L'agresseur emploie plusieurs stratégies de contrôle dans le but de dominer sa victime et de s'assurer qu'elle ne le quittera pas.QUE PUIS-JE FAIRE POUR AIDER UNE VICTIME DE VIOLENCE CONJUGALE?Le rôle des témoins et des proches est crucial.Vous devez aider les victimes à briser le mur du silence.Vous pouvez soutenir les personnes qui subissent de la violence dans un contexte conjugal.\u2022\tSoyez à l'écoute.\u2022\tAccompagnez-les vers les ressources d'aide.\u2022\tInformez-les des scénarios de protection mis à leur disposition.\u2022\tGardez le contact avec les enfants s'il y a lieu.Mais surtout, passez à l'acte.Parce que vous avez le recul et la force dont une victime a besoin, vous avez le pouvoir de l'aider.Faites des démarches avec elle et fournissez-lui des renseignements utiles.Les ressources sont là pour vous aider.N'hésitez pas à les consulter.DES KESSOUKCES UTILES POUR LES VICTIMES S.O.S.violence conjugale, au numéro sans frais 1 800 363-9010 www.sosviolenceconjugale.ca Référence vers des maisons d'hébergement www.ViolenceConjugale.gouv.qc.ca INFORMATION SUR LE PROCESSUS JUDICIAIRE CRIMINEL ET ACCOMPAGNEMENT \u2022 Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC), au numéro sans frais 1 866 LECAVAC (1 866 532-2822) POUR LES VICTIMES, LES CONJOINTS VIOLENTS ET LES ENFANTS EXPOSÉS \u2022\tCentres de santé et de services sociaux (CSSS) www.msss.gouv.qc.ca/etablissements POUR LES CONJOINTS VIOLENTS \u2022\tÀ cœur d'homme au 418 660-7799 www.acoeurdhomme.com Sources : La violence conjugale.C'est quoi au juste?, Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale et Craignez-vous votre conjoint?Comment identifier les situations risquées?Fédération des ressources d'hébergement pour les femmes violentées et en difficulté du Québec et le Centre de recherche ri'flVlOLENCE interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes (CRI-VIFF).\t^^lüNJUGALE Québechh "]
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