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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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La vie des communautés religieuses /, 1942-10, Collections de BAnQ.

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SOMMAIRE Octobre 1942 Vol.I, n.2 HISTOIRE Jean-de-Brébeu£ Laramée Esprit chrétien.3o SPIRITUALITÉ Nérée-M.Beaudet Définition de la spiritualité .36 DROITS DES RELIGIEUX Guy-M.Brisebois Nature de l'état religieux .41 CATÉCHETIQUE Jean-Joseph Deguire L enseignement du .catéchisme au Canada.49 DIÉTÉTIQUE Sr Barcelo Alimentation et nutrition .ï 59 Consultations — Chronique — Comptes rendus.ADMINISTRATION•• C.P.1515 (PL.D'ARMES) - RÉDACTION: 3113 AVE.GUYARD MONTRÉAL La VIE des COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Publication des RR.PP.Franciscains du Canada Paraît le 15 de chaque mois, de septembre à juin, en fascicule de 32 pages.Abonnement: $1.25 par année.Rédaction : 3113, ave Guyard, Montréal.Administration : C.P.1515 (Place-d'Armes), Montréal.Enregistré au Canada comme matière postale de seconde classe.* :: m Directeur R.P.Adrien-M.MALO, O.F.M.Conseil de direction S.Exc.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr Ulric PERRON, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général.Secrétaire de rédaction R.P.Jogues MASSÉ, O.F.M.Administrateur- gérant M.J.-Charles DUMONT.Chargés de sections Histoire : T.R.P.Damase Laberge, O.F.M.Droit des religieux : R.P.Guy-M.Brisebois, O.F.M.Spiritualité : R.P.Nérée-M.Beaudet, O.F.M.Liturgie : T.R.P.Jean-Joseph Deguire, O.F.M.Noviciat : R.P.Séraphin Benoît, O.F.M.Vocation : R.P.M.-Antoine Roy, O.F.M.Au service de l'Église : R.P.Raynald Comtois, O.F.M.Catéchétique : R.P.Fernand Porter, O.F.M.Comptes rendus : T.R.P.Georges-Albert Laplante, O.F.M.* Chronique : Le secrétaire de rédaction.Consultations : R.P.Vivalde Massé, O.F.M.La Rédaction laisse à chaque auteur la responsabilité de ses articles.Nihil obstat : Imprimatur : Hadrianus MALO, O.F.M., t Josephus CHARBONNEAU Censor ad hoc.Arch.Marianopolitanus.Marianopoli, die 8a octobris. HISTOIRE € S P RIT CHRéTien Lundi, le 5 octobre, dans le grand réfectoire improvisé au sous-sol de la basilique de l’Oratoire Saint-Joseph.L’exposition missionnaire a pris fin hier par le chant du Magnificat.Ce midi, un dîner fraternel groupe une dernière fois religieux et religieuses ayant pris part à ¦l’exposition avant que chacun ne retourne à son travail coutumier.Monseigneur l’Archevêque est là et monseigneur l’Auxiliaire Conrad Chaumont.Et l’on sent que ces deux présences aimées ne font que manifester l’intime union des cœurs et des volontés autour d’un même but suprême : la gloire de Dieu procurée dans les âmes par une exposition missionnaire jusqu’ici inégalée en splendeur.Sous les voiles multiformes des religieuses, sur les figures au teint varié des religieux de toute couleur et de toute barbe, un seul sentiment se dessine : le contentement d avoir concouru au succès d’une exposition retentissante, en brisant les obstacles dressés sous chaque pas.Contentement sans orgueil, toutefois, puisque chacun sait redire la parole du même Maître Jesus : « Quand vous aurez fait tout ce que vous pouvez, croyez que vous n’avez encore rien fait.» Et pourtant, Dieu sait combien, plus peut-etre que tout autre, l’exposition missionnaire du troisième centenaire de Montreal est l’œuvre des religieux.On se rappelle que le 17 mai avait d abord été choisi comme date d’ouverture de cette exposition.Deux obstacles insurmontables s’opposaient alors : un local insuffisamment prêt aux travaux de préparation, une main-d œuvre inexistante ou à peu près et des matériaux encore incertains.Mais la constance de nos ancêtres transmise par leur sang dans nos veines vingtième siècle allait en venir a bout.On attendra que la chaleur grandissante de la saison ait fait couler les glaces qui recouvrent le sol de la basilique ; et, demain, les religieux quitteront leurs livres de classe pour s’armer du marteau et de la scie et donner à Montréal tricentenaire une leçon de travail et de fraternité joyeuse. 34 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Dans la basilique inachevée, pour toute électricité, seule une petite lampe qui éclaire la peinture de saint Joseph.Dès la mi-juin, guidés par des techniciens laïcs, les religieux feront d’abord la lumière en établissant un réseau de fils électriques où viendront bientôt s’alimenter les flots de lumières jaillis des différents kiosques.Et puis commence le travail de charpente destiné à supporter l’apothéose des fondateurs.Très tôt, aussi, il faut songer au corridor central conduisant les visiteurs à la fontaine lumineuse ; de nombreux kiosques ne doivent-ils pas s’y adosser ?L’escalier de sortie sera logé dans une des tourelles, grâce encore au travail des religieux.Peu à peu, arrivent des différentes communautés enseignantes ou autres, pères et frères menuisiers.Chacun monte son kiosque en puisant ses matériaux au trésor commun.Pas de mien ni de tien sinon de ce qui est définitivement fixé en place.Le même marteau passera parfois dans plusieurs mains, et telle communauté favorisée d’une scie ronde recevra avec égalité d’humeur de nombreux visiteurs intéressés par son fonctionnement et sa possibilité de travail.Un officier de police en tournée d’inspection avouera un jour au président du sous-comité de la salle : « Mon père, c’est extraordinaire d’avoir pu réaliser votre exposition sans autres ouvriers ou presque que vos religieux.)) Il n était pas question pour les religieuses de manier marteau et scie j mais a cote du menuisier laïc a l’emploi de la communauté, une sœur veille a 1 execution des plans, prête au besoin à prêter modestement une main secourable.Tant et si bien, qu au soir du 17 septembre, quarante-quatre kiosques recevront la benediction de monseigneur l’Archevêque, et trente-cinq communautés d hommes et de femmes auront des représentants pour accueillir le sympathique pasteur de Montréal et son encourageant sourire.La ténacité des ancêtres, nous 1 avons déjà souligné, avait trouve echo chez les organisateurs de 1 exposition.La foule des visiteurs interesses et conquis rendra témoignage au zèle et au savon-faire des communautés religieuses ; il faudra prolonger d une semaine la durée de ces assisses missionnaires et de nombreux eveques, des pretres et des religieux se mêleront aux visiteurs laïcs qu’on a pu estimer au chiffre réconfortant de 200 000.L’affluence à certains jours sera telle, que trois heures durant, il faudra faire taire les exposants et laisser passer les visiteurs, leur donnant ESPRIT CHRETIEN 35 en guise d’explication l’invitation d’avoir à regarder en marchant, et à marcher en regardant.A la fin du dîner de clôture, monseigneur l’Archevêque prend la parole et de sa voix toujours chaude et sympathique, remercie tous ceux qui ont participé au succès d’une aussi belle fête missionnaire.Un magnifique témoignage d'esprit chrétien, voilà, tombé des lèvres de Son Excellence, le résumé de ces dix-sept jours d’exposition.« Clôture bien digne des fêtes du troisième centenaire de notre ville, cette manifestation a donné un magnifique démenti aux prétentions racistes de plus d’un peuple.Vous avez attiré l’attention de tous sur les seules valeurs durables, les valeurs spirituelles, en donnant à l’âme humaine tout son prix.)) Lorsque monseigneur Chaumont, président des fêtes de Ville-Marie, aura à son tour dans une magnifique envolée oratoire dit sa reconnaissance et ses espoirs dans les suites de l’exposition, chacun prendra le chemin du retour en réalisant au fond de son cœur Yecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum.Côte-des-Neiges, Montréal Jean-de-Brébeuf, O.F.M.COMPTE-RENDU Malo, Adrien-Marie, O.F.M., L'Action catholique et les œuvres.Conférence prononcée aux journées d'études sacerdotales de la J.O.C.le 11 février 1942.Montréal, Edition Fides, 1942.40p.Cette conférence mérite une attention spéciale.Elle vient jeter de la lumière sur le grand problème de l’Action catholique et les œuvres.L’auteur, un maître en la matière, procède avec clarté.Il puise sa doctrine aux sources les plus authentique : l’Écriture Sainte et les encycliques des Papes.A l’aide de cette substantielle documentation, il pose le problème sans taire les difficultés ; il apporte les principes directeurs et donne une solution à la fois théorique et pratique.En guise de conclusion il donne une vue synthétique de l’organisme du corps mystique du Christ.Comme on peut le voir dans ce tableau, les religieux et les religieuses ont un beau rôle à jouer ; ils sont les auxiliaires immédiats de l’Apostolat hiérarchique.A ce titre ils doivent s’intéresser aux problèmes actuels de l’Action catholique et s’efforcer d’en comprendre la structure et les méthodes.Ainsi renseignés ils comprendront mieux la nécessité de l’union et de la collaboration qui doit exister dans toutes les œuvres.Jogues Massé, O.F.M. SPIRITUALITÉ DéfiniTIOn D€ Lfi SPIRITURLIT6 Qu’est-ce au juste que la théologie spirituelle ?Disons pour le moment, quitte à formuler plus tard une définition plus élaborée, disons que c’est la théologie de la vie parfaite.Cette définition contient deux expressions dont le commentaire nous procurera une idée consistante et féconde de la spiritualité : théologie et vie chrétienne parfaite.C’est une théologie, et, comme toute théologie, comme le dogme et la morale, la spiritualité est une science sacrée, puisée dans la parole de vie, la Sainte Ecriture, la Tradition et l’enseignement de l’Eglise.C’est une vraie science, une étude profonde, solide, complète de la vie chrétienne, poussée jusqu’à la perfection.Combien opportune s’avère cette théologie.Déjà, sans doute, par les conférences et les lectures spirituelles, par la formation commencée au noviciat et continuée tout le long de la vie religieuse, même par l’enseignement intime du Saint-Esprit qui dépasse de beaucoup les leçons les plus savantes, le religieux acquiert la connaissance d’un amour intense de Dieu.Et pourtant la théologie spirituelle lui demeure bien précieuse.Que d’hésitations, de piétinements sur place, d’illusions stériles elle peut leur faire éviter ! Qui oserait prétendre que le défaut de théologie, tant déploré chez les directeurs de conscience par un saint Jean de la Croix, ne soit pas aussi préjudiciable à l’âme religieuse, toute proportion gardée ?Et la proportion à garder, note le P.Heerinck, c’est que la théologie spirituelle sert tout d’abord à soi-même avant de servir aux autres.Cette théologie s’occupe de la me chrétienne parfaite.La perfection chrétienne, tel est bien l’objet précis de la théologie spirituelle ; du commencement à la fin de nos études il ne sera question que de perfection.Il nous faut donc définir la perfection, la vie parfaite.Pour le faire, mentionnons les noms qui sont employés plus fréquemment.Le R.P.De Smedt, S.J., l’appelle la vie surnaturelle ; monsieur l’abbé Pourrat, P.S.S., la vie spirituelle ou la spiritualité chrétienne ; le R.P.Meynard, O.P., la vie intérieure ; saint François de Sales, la vie dévote ; le R.P.Nouet, S.J., la vie d’oraison ; monsieur l’abbé Tanquerey, théologie ascétique et DÉFINITION DE LA SPIRITUALITE 37 mystique ; sainte Thérèse d’Avila, le chemin de la perfection.Tous ces noms désignent différents aspects de la science de la vie chrétienne parfaite.A un sens substantiellement identique ils ajoutent chacun des nuances qui, additionnées ensemble, éclairent avantageusement l’idée que nous cherchons à nous former.Marquons d’un mot le sens propre à chacun de ces termes, puis nous les réunirons pour exprimer en une formule unique la définition de la théologie spirituelle.La vie surnaturelle attire l’attention sur le côté divin de notre vie.Surnaturel, en effet, signifie au-dessus de la nature et de toute nature créée ; il équivaut donc à divin.Le mot indique la base sur laquelle se fonde la perfection.Parce qu’elle est surnaturelle, notre vie se doit de grandir, de se perfectionner ; aussi Notre-Seigneur proclame-t-il : (( Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait ».Vous participez à la vie de Dieu, imitez donc sa perfection.Le mot spirituel se prend en deux sens tout différents : en général il s’oppose à matériel, et, en ce sens, une étude même profane est un travail spirituel de l’intelligence.Dans le langage religieux, celui qui nous concerne, spirituel s’oppose à la chair, à la mauvaise nature.Saint Paul résume toute la vie chrétienne en la décrivant comme la victoire de l’esprit et de la grâce sur la chair.Les charnels se perdent tandis que les spirituels sont des élus.En accentuant ce sens de saint Paul, spirituel devient, comme dans l’expression : un homme spirituel, synonyme de vie surnaturelle intense, transfigurant toute l’activité.C’est dans ce dernier sens qu’il faut entendre la théologie spirituelle qui ambitionne de former des hommes spirituels.Quelle différence existe-t-il entre la vie spirituelle et la vie intérieure ?11 n’y a qu’une nuance, mais fort instructive.La vie intérieure insiste sur la condition primordiale de la perfection, qui n’est pas faite de formalisme, de façade, mais qui procède d’un cœur épris de Dieu.La vie intérieure, c’est l’âme de toute vie chrétienne.Un vrai chrétien mène toujours une vie intérieure marquée, intense.Aussi identifie-t-on vie intérieure et perfection ; car les œuvres et les vertus en jaillissent comme la chaleur et le mouvement jaillissent du cœur.La vie d'oraison ressemble fort à la vie intérieure ; elle précise cependant un point, c’est que le grand moyen d’être intérieur c’est 38 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES i’oraison.C’est là qu’une personne trouve le recueillement et la prière qui lui sont nécessaires, qu’elle forme les sentiments profonds et les vertus solides qui s’en suivent, toutes choses qui contribuent à rendre parfait.La vie dévote, au sens profond du mot, signifie une vie dévouée à Dieu ; dévouée intérieurement par les sentiments profonds d’amour, de foi, de confiance etc.; dévouée extérieurement par le zèle et la ferveur au service de Dieu, ce sont là autant d’éléments de la sainteté.Avec la perfection nous rencontrons un mot si précis qu’il fait l’objet propre de la théologie spirituelle.Tout le monde comprend le sens du mot parfait ; c’est le contraire d’imparfait, d’inachevé, de défectueux, de médiocre, d’insuffisant.Notre-Seigneur a parlé juste et tous ont saisi « Soyez parfaits ».Votre vie chrétienne, qu’elle soit parfaite et non pas médiocre ! La théologie spirituelle étudie ce que c’est qu’une vie parfaite et comment chacun peut la vivre.Le sens des deux mots les plus usités ascétique et mystique a connu bien des évolutions, et, même aujourd’hui, n’est pas encore absolument précis.L’ascèse, pour les grecs qui nous ont fourni le mot, c’était l’entraînement par l’exercice soit au jeu, soit au travail.Les chrétiens, saint Paul en tête, ont adopté cette image pour exprimer le combat spirituel.Le monastère s’appelait Yascétérium ; le religieux et même la vierge dans le monde étaient des ascètes.Pour désigner la science de la perfection, la formule théologie ascétique est d’emploi récent ; les grands docteurs du moyen âge l’ignoraient ; elle n’apparaît qu’au dix-septième siècle à côté du mot classique beaucoup plus ancien, la théologie mystique.Le terme mystique est également emprunté aux grecs.Les païens signifiaient par ce terme leurs mystères et les chrétiens surtout une connaissance approfondie de la foi.Le pseudo-Denys y a ajouté celui de la connaissance expérimentale des choses de Dieu, ce qu’on nomme aujourd’hui la contemplation infuse.Au moyen âge, la mystique était comprise dans un sens plus large ; elle désignait la science de la vie spirituelle.C’est au dix-septième siècle, lorsqu’apparut le mot ascétique, que l’on commence à observer une tendance à restreindre la mystique aux états de contemplation, réservant à l’ascèse les états inférieurs. DÉFINITION DE LA SPIRITUALITE 39 Serait-il possible aujourd’hui de donner de ces deux ternies une définition précise ?C’est fort difficile, car de grands auteurs les prennent pratiquement l’un pour l’autre, x^près avoir étudié soigneusement cette terminologie le R.P.J.de Guibert, S.J., dont je m’inspire très largement, en arrive aux conclusions suivantes qu’il faut retenir1.Il faut donner à l’ascèse un sens large et un sens strict, et au mot mystique, trois sens : large, strict et très réservé.Au sens large, l’ascèse éveille l’idée d’activité, d efiort.C’est la part de l’homme dans le travail de la sanctification, part très marquée aux débuts et qui s’atténue progressivement dans la suite sous l’emprise de plus en plus totale de la grâce ; ce sens large correspond au sens large de mystique, celui de passivité, de part de Dieu dans notre sanctification.Sous ce rapport tous les chrétiens sont ascètes, même les plus saints, car tous collaborent à leur salut ; tous aussi sont mystiques, même les plus imparfaits, car la grâce travaille en eux tous.Le sens strict restreint l’idée précédente ; l’ascèse devient l’effort marqué pour se perfectionner, effort de la mortification et de la correction des défauts, effort de la pratique des veitus, effort de l’oraison soignée, tandis que la mystique, au sens strict aussi, désigne un travail considérable de la grâce.V raiment mystiques, au sens strict du terme, sont, en effet, les âmes habituellement conduites par les inspirations du Saint-Esprit, même si elles ne connaissent pas encore les graces passives proprement dites.Ainsi compris, les mots ascète et mystique s appliqueront aux mêmes personnes considérées sous le double aspect de 1 efioi t personnel et du travail de la grace.La mystique au sens très réservé indique des états formellement passifs, caractérisés par la contemplation infuse et le plus sublime épanouissement des dons du Saint-Esprit.La bienheureuse Angèle de Foligno, saint Jean de la Croix, sainte Thérèse d’Avila, la vénérable Marie de l’Incarnation ont connu ces états mystiques.Ces trois aspects semblent répondre à toutes les opinions ; mais impossible d’obtenir une entente plus étroite.Il est donc évident qu’on ne peut séparer les deux aspects ascétique et mystique ; voilà pourquoi il y a tendance à substituer au titre, théologie ascétique et mystique celui de théologie spirituelle (Heerinck, 1.Études de théologie mystique, Toulouse, 1930, pp.19 23. 40 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES J.de Guibert).« Il semble qu’il n’y ait aucune raison de maintenir la division de la théologie spirituelle en deux parties distinctes, se traitant a part, ascétique et mystique ; mais il convient au contraire de l’envisager dans tout son ensemble sans confondre les deux aspects signifiés par les mots, sans sacrifier l’un à l’autre en faisant du panmysticisme ou du panascétisme, mais aussi sans les isoler 1 un de 1 autre, puisqu en fait, ils ne le sont jamais dans la vie réelle des âmes »2.Comme conclusion de notre analyse des noms de la science spirituelle, il faut formuler une définition complète.Voici celle du P.Heerinck, O.F.M.« La théologie spirituelle est une science théologique qui enseigne en quoi consiste la perfection de la vie spirituelle et comment on peut y tendre et l’atteindre.» L’auteur insiste sur deux éléments de sa définition qu’il nous faut considérer attentivement : la théologie spirituelle est une science à la fois théorique et pratique ; la perfection à étudier est une perfection réaliste.lout d abord, science théorique, la théologie spirituelle repose ^solidement sur le dogme et les autres vérités enseignées par l’Église : science pratique, elle se propose comme but non pas tant de former des compétences intellectuelles que des saints.Puis, deuxième élément à retenir, l’objet de la théologie spirituelle, c est la perfection ; mais la perfection vue au concret, la perfection à acquérir plus que la perfection à définir ; il s’agit donc encore plus d’enseigner comment on y travaille que de dire en quoi elle consiste.Côte-des-Neiges, Montréal Nèrée-M.Beaudet, O.F.M.2.Dictionnaire de Spiritualité, t.1, col.1013.Le poete a raison de dire : Tous les coeurs vraiment beaux laissent voir leurs beautés.Ce n’est pas ostentation vaine, mais le rayonnement naturel de l’idéal divin que nous portons en nous. DROIT DES RELIGIEUX nflTURe D€ L’éTRT R6LIGI6UX CC.487 -488, 1° Le Christ, en invitant les hommes à l’observance des conseils évangéliques, a posé le fondement d’une institution juridique que l’Eglise a, par la suite, organisée.En effet, la vie religieuse, née de l’enseignement et des exemples de notre divin Rédempteur, s’est développée sous l’action du magistère ecclésiastique.Les initiatives personnelles furent d’abord encouragées et ensuite l’autorité se réserva la direction immédiate des nouvelles réalisations de vie parfaite.Aujourd’hui on connaît les formes les plus variées de vie religieuse1.Mais dans cette multitude, il faut pouvoir discerner ce qui n’est qu’adaptation à un besoin présent, à des aspirations particulières, et donc accidentel, de ce qui est fondamental, constitutif de l’état religieux.Cette question a souvent fait l’objet d’intéressantes dissertations théologiques, où l’on a discuté les exigences du droit divin et du droit ecclésiastique2.Nous voulons simplement rappeler ici ce que la législation canonique actuelle requiert comme essentiel à l’état religieux.Cette doctrine positive est proposée principalement aux canons 487 et 488, 1° du Code de droit canonique3.Sur cette base 1.Pour connaître cette évolution historique de la vie religieuse voyez Maire, Historique des instituts religieux et missionnaires, Paris, 1930 ; Heimbucher, Die Orden und Kongregationen der katholischen Kirche, 3e éd., Paderborn, 1933— 1934.2.Qu’il nous suffise, de citer les auteurs dont les travaux servent encore de base aux études sur la matière : S.Thomas, Sum.theol.2a, 2ae, q.183-186 ; Suarez, De statu religionis^ lib.2, cap.2 et 3 ; Passerini, De hominum statibus et officiis, Romae, 1668.On trouvera des renseignements bibliographiques en consultant les divers commentateurs du droit des religieux et particulièrement l’ouvrage de Choupin, Nature et obligations de /’état religieux, Paris, 1928.3.C.487 : « Status religiosus seu stabilis in communi vivendi modus, quo fideles, praeter communia praecepta, evangelica quoque consilia servanda per vota obedientiae, castitatis et paupertatis suscipiunt, ab ommnibus in honore habendus est.» C.488, 1 : « Religionis, societas, a légitima ecclesiastica auctoritate approbata, in qua sodales, secundum proprias ipsius societatis leges, vota publica, perpétua vel temporaria, elapso tamen tempore renovanda, nuncupant, atque ita ad evangelicam perfectionem tendunt.» 42 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES on peut définir l’état religieux : « une condition de vie stable, dans laquelle les fidèles s’engagent à observer, en plus des préceptes communs, les conseils évangéliques par l’émission des vœux publics d’obéissance, de chasteté et de pauvreté Sous la règle d’une vie en commun approuvée par l’Eglise ».La réalisation concrète de l’état religieux exige donc, selon la discipline présentement en vigueur, cinq éléments que nous commenterons brièvement : une condition de vie, la stabilité, l’émission de vœux publics, la vie commune, l’approbation de l’Eglise.Une condition de vie.Le jeune homme riche, invité par Jésus à tout quitter, comprit qu’il s’agissait de poser un acte qui satisferait non un enthousiasme passager mais qui déciderait entièrement de son avenir4.En effet, on ne demande pas de tout abandonner à qui doit reprendre ensuite les mêmes obligations.C’est donc à un état particulier de vie que le Christ appelle quand il sollicite les âmes de venir immédiatement à sa suite.En interprétant ainsi l’épisode évangélique, on atteint la définition que saint Thomas donne d’un état : (( Une condition de vie stable basée sur une cause permanente et non facilement changeable »5 6.Mais qu’est-ce donc qui, dans la proposition faite par Jésus, constitue cette condition particulière de vie ?Notre-Seigneur, dans sa prédication, a convié les hommes à la plénitude de la sainteté : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait »B.La loi est donc pour tous ; les moyens utilisés pour atteindre le but pourront varier.C’est justement l’élection de moyens spécialisés qui placent les religieux dans une condition particulière de vie.Ces derniers s’engagent à tendre à la perfection de la charité par l’observance des conseils évangéliques, à savoir l’obéissance, la chasteté et la pauvreté.Ainsi, de droit divin, de par la volonté même du Christ, l’état religieux exige comme premier élément la pratique des conseils évangéliques qui constitue une condition spéciale de vie.Mais cet état n’est pas par cela seul existant, il faut encore la stabilité.Car, d’après le Docteur angélique cité plus haut, qui dit état, dit aussi stabilité.4.Le 18, 22.5.« Stabilis vitae conditio ex causa permanente nec facile mutabili.» Sum.theol.2a, 2ae, q.183, a.1.6.Mt 5, 48. 43 NATURE DE l’ÉTAT RELIGIEUX La stabilité.Dans la vie courante, on considère généralement comme état de vie l’emploi qu’une personne exerce habituellement, p.e.être marchand, être professeur, etc.Mais cela ne répond pas au concept scientifique.Rien ne procède ordinairement ici d’une cause durable.Certes les circonstances peuvent empêcher quelqu’un de changer à volonté de travail ; théoriquement cependant il en a la liberté.Au contraire, le mariage, le sacerdoce ont la stabilité voulue pour constituer un véritable état de vie.Seule la mort peut dissoudte le lien matrimonial, et le caractère qu’imprime le sacrement de l’ordre demeure pour l’éternité.Il faut donc que la condition de vie soit fondée sur une cause permanente et non facilement changeable.Comment, l’observance des conseils évangéliques obtiendra-t-elle cette stabilité qui en fera un véritable état de vie ?Chez les auteurs, il y a divergence d’opinions dans la solution théorique de cette question7.On nie ordinairement à la simple promesse de pouvoir assurer la stabilité nécessaire à un état de vie.Il dépendrait alors de la volonté de chacun, bien que ce serait manquer de fidélité à la parole donnée, de pouvoir mettre fin à la pratique des conseils évangéliques.D’autres refusent également au contrat cette capacité, car les contractants pourraient s’entendre pour faire cesser l’obligation.Plusieurs requièrent absolument les vœux.Il nous semble préférable d’adopter une opinion qui, tout en excluant la promesse et le contrat ordinaire8, parce que trop exposés aux variations de la volonté humaine, reconnaîtrait cependant à une loi conditionnelle de l’Eglise, analogue à celle qui régit les clercs, au serment en même temps qu’aux vœux de pouvoir apporter la stabilité suffisante pour constituer un état de vie.Car là où la volonté humaine, après avoir fait librement son choix, ne peut 7.Cf.Schâfer, De Religiosis, Münster i.W.1931, p.47 ; Wernz-Vidal, lus canonicum, III, De Religiosis, Romae 1933, p.8 ; Biederlack-Fûhrich, De Religiosis, Oeniponte, 1919, p.8 ; Coronata, Institutiones Iuris canonici, I Taurini 1928, p.585 ; Choupin, l.c.p.28 ; Goyeneche, in Commentarium pro Religiosis, I (1920) 74 ; Bastien, Directoire canonique, Bruges 1933, p.6 ; etc., etc.8.Un contrat qui pourrait avoir la consistance du contrat matrimonial serait certes suffisant. 44 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES revenir, si ce n’est à certaines conditions, sur sa décision, on a une cause permanente et non facilement changeable9.Quoiqu’il en soit de cette discussion, en pratique, le droit positif ne reconnaît qu’une manière légitime d’assurer, chez les religieux, la stabilité dans l’observance des conseils évangéliques.C’est l’émission de vœux10.Ce qui est confirmé par ce fait que le Code de droit canonique donne le nom de (( sociétés )) et non celui de religion aux associations de personnes qui vivent à la façon des religieux sans prononcer de vœux* 11.Il faut donc absolument, sous la discipline actuelle, émettre des vœux pour que l’observance des conseils évangéliques constitue un état.Il faudra encore davantage pour avoir l’état religieux.Et d’abord les vœux devront être publics.L'émission de vœux publics.Le vœu, qui est une promesse délibérée et libre faite à Dieu d’une chose possible et meilleure12, est certes le moyen le mieux adapté pour affermir la garde constante des conseils évangéliques.Ce lien, en effet, prend origine dans la volonté libre de l’homme qui s’engage directement envers son Dieu.On assume alors l’obligation d’être fidèle de par la vertu de religion.Parfois le religieux pourra peut-être oublier son engagement, mais il ne violera pas impunément l’obligation contractée.Sa conscience lui rappellera ce qui a été promis.L’homme peut, en soi, s’engager envers son Dieu par vœux privés et alors tout se passe entre Dieu et sa conscience, ou par vœux publics et alors la promesse est reçue au nom de l’Eglise par un supérieur légitime13.L’état religieux, tel que réalisé dans l’Eglise, est nécessairement externe et visible et dépend de l’autorité ecclésiastique compétente.Il s’ensuit donc que seule cette autorité peut recevoir ceux qui veulent être incorporés à cet état.Voilà pourquoi ne sont 9.Le P.Goyeneche, après avoir affirmé que le vœu n’est pas requis « ex natura status perfectionis » ajoute en note : « Quod profecto probatur ex eo quod primi qui in Ecclesia vitam perfectionis professi sunt, ut virgines et anachoretae, certo Episcopis obediebant, at non constat votum nuncupasse ».Cf.l.c.p.75, note 10.10.C.487 : « evangelica quoque consilia servanda per vota.» 11.C.673 et suivants.12.C.1307.13.C.1308, p.1 : « Votum est publicum, si nomine Ecclesiae a legitimo Superiore ecclesiastico acceptetur ; secus privatum ». 45 NATUPE de l’état religieux religieux que ceux qui émettent devant le supérieur légitime la profession des vœux d’obéissance, de chasteté et de pauvreté.Ces vœux publics sont choisis comme étant la forme idéale pour assurer la stabilité de l’état religieux, mais quelle doit être alors leur propre nature ?On a discuté autrefois la nécessité des vœux solennels ou au moins des vœux perpétuels.Aujourd’hui la doctrine de l’Église est exprimée dans un texte clair et concis : (( des vœux publics, soit perpétuels, soit temporaires, ces derniers devant être renouvelés à l’expiration du temps marqué ))14.Choupin commente ainsi cet extrait du c.488, 1° : (( Cette clause n’impose pas au religieux l’obligation de renouveler ses vœux temporaires à l’expiration du temps fixé ; mais elle exclut du nombre des religions les sociétés dans lesquelles on émettrait des vœux absolument temporaires, qui ne devraient ou ne pourraient pas être renouvelés ; elle suppose et insinue clairement que, si aucun empêchement ne survient, soit le religieux qui émet les vœux temporaires, soit les supérieurs qui admettent à la profession, entendent bien que les vœux soient renouvelés »15.Il semblerait que les trois éléments expliqués assurent suffisamment la réalisation de l’idéal évangélique pour qu’il n’y ait pas à ajouter encore.Et pourtant notre définition comportait ces mots : sous la règle d’une vie en commun approuvée par l'Eglise.La vie commune.On se convaincra facilement, en considérant l’évolution historique du droit des religieux, que c’est là un élément de droit purement ecclésiastique.Les premières réalisations de perfection évangélique ne comportaient pas nécessairement le cénobitisme.Cette vie commune comprend elle-même trois choses : l’incorporation à une communauté, une règle commune de vie et la communauté d’habitation, de table, de mobilier.La discipline actuelle requiert comme absolument indispensable l’incorporation.On peut certes pratiquer les conseils évangéliques, même les garder à cause de la vertu de religion, mais on n’est pas dans l’état de perfection si on ne fait pas partie, par la profession, d’un groupe légitimement constitué comme religion.14.C.488, 1 : « vota publica, perpétua vel temporaria, elapso tamen tempore renovanda ».15.Choupin, l.c., p.29. 46 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES On ne connaît pas présentement de religieux qui seraient dispensés de cette nécessité.Les autres éléments constituant la vie commune ne sont pas exigés au même degré.En effet, des religieux en sont dispensés parfois pour une longue période, p.e.les évêques ; d’autres le seront pour un moindre temps, p.e.les exclaustrés.Cependant, règle générale, aucune communauté n’est approuvée si elle n’a une législation rédigée au moins partiellement.C’est là qu’on assigne les fins de la religion, qu’on y détermine la manière dont on observera la pauvreté, etc., etc.Quant à la communauté d’habitation, de table, de mobilier, le Code la requiert absolument dans les noviciats et les maisons d’étude16.Chaque corps religieux cependant, selon ses œuvres, voit ce point régi différemment.Ainsi la plus grande variété existe depuis le trappiste qui prie, travaille, etc., toujours uni à ses frères et partageant toutes choses avec eux, jusqu’au missionnaire^ qui, des années entières, vivra seul pour le salut des âmes.L’Église, guidée par le Saint-Esprit, sait s’adapter aux circonstances pour l’édification et le perfectionnement du corps du Christ.Mais en principe elle tient à la vie commune selon la législation particulière de chaque religion17.Enfin il ne faut pas confondre vie commune et régularité.Comme on le voit, la discipline canonique exige les deux, particulièrement dans les noviciats et les maisons d’étude.Mais alors que la première est un concept juridique qui peut se concilier avec un état peu fervent de vie religieuse, la seconde, au contraire, sauf pharisaïsme, demande une grande ferveur et un amour constant pour Dieu.U approbation de V Église.On l’aura remarqué, chacun des éléments précédents a évolué sous la garde et l’action de l’autorité de l’Eglise.L’état religieux avait reçu de Jésus lui-même sa charte d existence, il n avait pas besoin en soi d’approbation nouvelle.Mais les modalités diverses sous lesquelles devait s’exprimer 1 ideal, l’adaptation aux besoins des diverses époques, tout cela 16.C.553, p.3 : « Superiores in novitiatus ac studiorum domo ne collocent nisi religiosos qui sint ad exemplum regularis observantiae studio.» C.587, p.2 : (( In studiorum domo vigeat perfecta vita communis ; secus studentes ad ordines promoveri nequeunt.)) 17.C.594, p.1 : « In quavis religione vita communis accurate ab omnibus servetur etiam in iis quae ad victum, ad vestitum et ad supellectilem pertinent.» 47 NATURE DE l’ÈTAT RELIGIEUX relevait du mandat général de Pierre et de ses successeurs de régir l’Église.Toujours le Siège apostolique s’est préoccupé du développement de la vie religieuse, et, selon les circonstances, il est intervenu plus immédiatement.Dans le droit actuel aucune religion ne peut être fondée sans l’intervention ecclésiastique aux termes du c.492, p.1 18.Mais toujours l’Église sait respecter la substance de l’état religieux et tout ce qu’elle introduit perfectionne et'complète l’œuvre initiale.Beaucoup, peut-être, voyant l’état religieux réduit à une telle forme squelettique, croiront que leur idéal en est abaissé.Loin de là, et l’Église, après avoir elle-même déterminé ces éléments, principalement dans le c.487, termine le texte de celui-ci par ces mots : l’état religieux.
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