La vie des communautés religieuses /, 1 avril 1943, Avril
MB COMMUNAUTES RELIGIEUSES Vol.I, n.8 MONTRÉAL Avril 1943 DOCUMENTS PONTIFICAUX Adrien Malo Une crise pour la vertu.225 BILLET MENSUEL DE VIE RELIGIEUSE Une Sœur de la Providence La loi de la souffrance.229 SPIRITUALITE Edouard Lemieux DROIT DES RELIGIEUX Guy-M.Brisebois DIÉTÉTIQUE Sœur Barcelo La présence de Dieu.234 Valeur de la loi canonique 240 Maladies dues à une mauvaise alimentation.244 Consultations — Chronique — Comptes rendus.ADMINISTRATION- C.P.1515 (PL D'ARMES) * RÉDACTION: 3113 AVE.GUYARD j MONTRÉAL La VIE des COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Publication des RR.PP.Franciscains du Canada Paraît le 15 de chaque mois, de septembre à juin, en fascicule de 32 pages.Abonnement: $1.25 par année.Rédaction : 3113, ave Guyard, Montréal.Administration : C.P.1515 (Place-d'Armes), Montréal.Enregistré au Canada comme matière postale de seconde classe.Cette revue est imprimée en vertu du certificat No 164 de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.B Directeur R.P.Adrien-M.MALO, O.F.M.Conseil de direction S.Exc.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr Ulric PERRON, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général.Secrétaire de rédaction R.P.Jogues MASSÉ, O.F.M.Administrateur-gérant M.J.-Charles DUMONT.Chargés de sections Histoire : T.R.P.Damase Laberge, O.F.M.Droit des religieux : R.P.Guy-M.Brisebois, O.F.M.Spiritualité : R.P.Nérée-M.Beaudet, O.F.M.Liturgie T.R.P.Jean-Joseph Deguire, O.F.M.Noviciat : R.P.Séraphin Benoît, O.F.M.Vocation : R.P.M.-Antoine Roy, O.F.M.Au service de l'Église : R.P.Raynald Comtois, O.F.M.Catéchétique : R.P.Fernand Porter, O.F.M.Comptes rendus : T.R.P.Georges-Albert Laplante, O.F.M.Chronique : Le secrétaire de rédaction.Consultations : R.P.Vivalde Massé, O.F.M.La Rédaction laisse à chaque auteur la responsabilité de ses articles.Nihil obstat : Imprimatur : Hadrianus MALO, O.F.M., f Josephus CHARBONNEAU Censor ad hoc.Arch.Marianopolitanua.Marianapoli, die 10 april 1943. DOCUMENTS PONTIFICAUX une cRise pour la vértu Alba, l’illustré catholique pour jeunes filles, publié à Milan par la Société Saint-Paul, comptait en 1942 vingt ans d’existence ; à cette occasion, les directrices ont conduit à Rome un pèlerinage de 600 lectrices.Sa Sainteté le pape Pie XII a daigné leur accorder une audience et leur adresser un discours.Ce message intéresse tous les éducateurs que préoccupent les problèmes de la jeunesse ; il intéresse en particulier religieux et religieuses qui désirent s’adapter aux besoins de notre époque1.Le discours se réduit à trois affirmations principales.La première, d’ordre général, établit la valeur pour tous les temps et pour toutes les conditions des vertus domestiques et sociales : elles ont brillé chez les antiques matrones romaines, chez les confesseurs de l’Eglise naissante et tout le long de l’histoire chrétienne.Substantiellement les mêmes, ces vertus modifient au cours des siècles leurs manifestations extérieures selon le changement et l’influence des temps.La deuxième affirmation reconnaît le fait et les conséquences des temps nouveaux et en juge la valeur morale.Actuellement les conditions évoluent avec une rapidité déconcertante.Les merveilleux progrès de la science, les découvertes bienfaisantes ou dangereuses de l’industrie, les changements profonds de la vie matérielle et humaine ont produit un bouleversement des conditions sociales.Cette transformation se révèle bien visiblement : sources et éléments de bien-être qui insinuent, allument et surexcitent les jouissances des uns en exaspérant la cupidité des autres ; domaines innombrables ouverts à la curiosité des sens et de l’esprit ; problèmes contrastants entre eux qui embarrassent la raison et la conscience ; série ininterrompue de divertissements des plus intellectuels aux plus sensuels ; rapidité vertigineuse des communications qui annule l’espace et se joue du temps ; mille autres dons offerts à tous pour en jouir ou pour en ressentir les réactions, voilà autant de signes visibles de la nouvelle physionomie de la vie.La jeunesse féminine en a reçu un comportement nouveau : contact permanent et continu avec le monde ; conscience des devoirs et des responsabilités ; action plus dégagée, plus directe, plus résolue, plus civile ; assurance plus grande, hardiesse, une 1.Allocutions et lettres de SS.Pie XII.(École sociale populaire n.348), pp.12-17 en publie le texte. 226 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES espèce de désinvolture forment les principaux traits nouveaux de la jeune chrétienne.Au point de vue moral, comment juger ces changements ?Le Pape répond : En soi, cette nouvelle physionomie n’est pas un mal, mais, à l’ordinaire, elle ne manque pas de périls.Pareillement le nouveau comportement de la jeunesse n’est pas en soi un mal : cette manière de désinvolture, conséquence des présentes conditions de vie, est une force, si elle est bien contenue et bien comprise ; elle prend le caractère d’une arme, si elle est maintenue dans les justes limites et bien dirigée : une arme de défense contre les périls personnels, une arme de conquête devant les périls d’autrui ; elle peut devenir une attitude raisonnable apte à gagner admiration et affection.La dernière partie dicte l’attitude de la jeune chrétienne.Inutile de vouloir changer l’état actuel des choses, vain de se perdre en lamentations ! Ce qu’il faut, c’est regarder bien en face le péril pour s’en défendre.Le péril vient de ce que malgré le changement des circonstances extérieures, la nature n’a pas changé : ni celle de la jeune fille toujours sensitive, impressionable, généreuse, encline aux enthousiasmes irréfléchis, aux élans passionnels ; ni celle des autres qui produit toujours les fruits amers de la première chute au paradis terrestre : orgueil, sensualité, cupidité, concupiscence, scandale voulu ou involontaire.Puisqu’il lui faut vivre dans ces conditions, la jeune chrétienne doit y défendre sa vie chrétienne.A cette défense, dit Pie XII, « pourront contribuer vos manières dégagées, votre sincérité de langage, tout votre comportement.Dans la rue, dans les assemblées, dans les magasins, dans les fabriques, dans les bureaux, dans les universités, dans les bibliothèques, une parole cinglante, — s’il le faut,— vous débarrassera d’un impertinent ; un bon éclat de rire découragera un soupirant importun ; d’un geste aimable, votre main jettera au feu ou dans la boue l’image, le périodique, le livre né dans la boue d’où il n’aurait jamais dû sortir ».Mais cela ne suffit pas.Moins brillantes que ces attitudes extérieures, les qualités intérieures, comme la prudence et l’humilité, sont non moins nécessaires ; sans elles, les qualités extérieures créent la conscience qu’on s’est élevé au-dessus de la vulgarité ; cette conscience donne la fierté ; cette fierté se mue facilement en secret orgueil ; ce secret orgueil fait oublier la faute originelle ; UNE CRISE POUR LA VERTU 227 cet oubli engendre la témérité qui devient l’écueil de la vertu.Aussi la jeune chrétienne doit-elle s’armer de religion, de foi, de prière qui lui assureront ces dispositions intérieures, gardiennes efficaces de la vie chrétienne.Cette allocution se termine par une allusion à Alba ; une chaleureuse exhortation à aimer, réconforter, consoler, aider les jeunes filles malheureuses qui pleurent, s’égarent loin du foyer paternel, vacillent au bord de l’abîme, se sentent prêtes à se jeter dans un gouffre humainement irréparable ; une incitation à prier pour la paix et la bénédiction apostolique.De ce message que j’ai essayé de rapporter fidèlement, je voudrais en les généralisant souligner les enseignements que tous doivent retenir, spécialement religieux et religieux chargés de former les jeunes à la vertu chrétienne.La vertu chrétienne affronte actuellement une crise.« Nous devons compter parmi les grandes crises, dit Pie XII, non seulement les calamités, les guerres, les révolutions, les bouleversements civils, économiques, sociaux et politiques, mais aussi le déséquilibre entre les conditions de vie soudainement transformées ou renversées, et les traits immuables de la nature humaine ».Et plus loin : La crise moderne « vient de ce que, au milieu des circonstances extérieures qui changent et nonobstant le changement d’allure qui en résulte, la nature, le caractère, le tempérament ne changent pas substantiellement ; s’ils se modifient, leur fond reste inchangé et immuable ; seule leur surface se ressent du changement ; ils ne cheminent point au rythme de l’air et du vent qui souffle autour d’eux et leur caresse le front ».Cette crise est grande parce que, si l’expression extérieure de la vertu se modifie ordinairement par une évolution lente et quasi insensible, « à l’heure actuelle, comme aux époques des grandes crises, cette évolution semble animée par une vélocité foudroyante et déconcertante ».Dans cette crise, la vertu doit s’adapter dans son expression extérieure.Un mois plus tôt, dans le discours qu’il prononça à l’occasion de son jubilé épiscopal, Pie XII parla de l’adaptation de l’Eglise.h En appliquant ces paroles à la vertu, Pie XII indique deux devoirs particuliers.La vertu doit s’assimiler ces nouveaux comportements qui découlent de la physionomie nouvelle de la vie, en faire une force, des armes, les convertir en attitudes raisonnables qui, telle la vertu, deviennent des instruments de conquête, en faire des attitudes chrétiennes.A cette fin, la vertu intérieure se voit obligée d’accumuler plus de vitalité.Elle doit remplacer des appuis de jadis maintenant disparus.« Bien des barrières, dit Pie XII, qui jadis s’élevaient entre le bien et le mal sont aujourd’hui tombées ; vous n’en pouvez plus attendre votre défense.La barrière qui reste n’est pas en dehors de vous, mais au dedans de vous.Saint Vincent de Paul disait gracieusement aux premières Filles de la charité : Vous n’avez ni ne pouvez avoir le genre de vie des antiques religieuses ; vous aurez pour cloître les rues de la ville, pour clôture l’obéissance, pour grille la crainte de Dieu, pour voile la sainte modestie ».Non seulement, elle doit remplacer des formes disparues, mais elle doit aussi s’assimiler ces formes nouvelles, comme le « ferment de l’esprit chrétien qui pénètre toutes les formes et conditions de vie à mesure que les temps s’avancent )>2.La parole du père apporte aux enfants lumière, joie, stimulant.Quand ce père s’appelle Pie XII, quand ces enfants comprennent religieux et religieuses du Canada, quand ces paroles parlent de la crise que la vertu subit dans les transformations de la vie nouvelle et des remèdes sauveurs, ces effets atteignent une mesure multipliée par la sublime dignité de l’orateur, la profonde vénération des auditeurs et la frappante actualité du discours.Côte-des-Neiges, Montréal Adrien Malo, O.F.M.1.Allocutions et lettres de SS.Pie XII.(École sociale populaire n.344), p.19.2.Ibid, billet mensuel de vie religieuse LR LOI D€ LR SOUffRflnce Depuis le péché originel, la souffrance est en ce monde une loi universelle.L’homme s’efforce de l’écarter de sa route : c’est en vain.Il se heurte à elle sans pouvoir l’éviter.L’auteur de l’Imitation 3, 12 ; 1, 22, a justement écrit : (( Disposez de tout selon vos vues, réglez tout selon vos désirs, et toujours vous trouverez qu’il vous faut souffrir quelque chose, que vous le vouliez ou non.Si vous rejetez une croix, vous en trouverez certainement une autre, et peut-être plus pesante.Nul ici-bas, fût-il roi ou pape, n’est exempt de tribulations et d’angoisses.Qui donc a le meilleur sort : Celui-là, certes, qui sait souffrir quelque chose pour Dieu )).S’évertuer à fuir la souffrance est donc une vaine manœuvre.Mieux vaut apprendre l’art de souffrir pour Dieu.Cet art incomparable, que l’Apôtre appelle la science de Jésus et de Jésus crucifié, présente deux aspects : prendre chrétiennement son parti de souffrir, et faire bon usage de la croix • double réalisme qui s’appuie sur l’intelligence et la volonté.Prendre chrétiennement son parti de la croix, ce n’est pas ce résigner à l’inévitable, comme le forçat qui purge sa sentence, Ce n’est pas davantage imiter certains faux mystiques auxquels la souffrance sert de prétexte à un enthousiasme passionné au grand détriment du devoir d’état et de la prudence surnaturelle.Entre ces deux extrêmes, il y a l’attitude—et c’est la bonne—-du baptisé qui se sait incorporé au Christ rédempteur, comprend sa vocation de chrétien et les obligations qu’elle entraîne : l’acceptation de la souffrance lui paraît chose normale et nécessaire ; il rougirait d’être un membre délicat sous un chef couronné dé épines.La souffrance lui apparaît non comme un luxe d’héroïsme à fournir, mais comme un devoir qu’il remplit avec simplicité, avec aisance et naturel—dût-il en sentir les rudes exigences.Ainsi le veut la mentalité chrétienne que Notre-Seigneur s’est employé à créer chez ses disciples.Il annonce un jour à ses apôtres sa Passion imminente ; ceux-ci restent stupéfaits, déconcertés.Leur parler d’un Messie qui doit souffrir et mourir, c’est bouleverser les conditions du règne messianique.Pierre en est scandaliser Il se récrie : (( A Dieu ne plaise, Seigneur, cela ne vous arrivera pas ! » Ecoutons la réponse du Maître : (( Arrière, Satan ! — c’est-à-dire adversaire, tentateur — vous m’êtes un scandale.Vous n’avez pas l’intelligence des choses deDieu ».Mt 16, 22. 230 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES La réprimande est d’une sévérité extrême.Il fallait frapper un grand coup et montrer quelle leçon méritent ceux qui méconnaissent la nécessité de la souffrance.C’était par amour pour son Maître que l’apôtre s’efforçait d’écarter de lui cette souffrance, Jésus le savait bien.Il savait également que, placés nous-mêmes en face de la souffrance, nous devions aussi protester, non par un sentiment de tendresse envers lui, mais par condescendance envers nous-mêmes.Or, il nous avertit—d’une façon qui ne souffre pas de réplique — que nous avons à réformer nos jugements sur ce point et à entrer dans les vues de Dieu.Notre-Seigneur, le premier, accepte à cet égard le dessein de son Père ; il se rend (( obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix )).En assumant ainsi la douleur, il l’ennoblit, la divinise.Désormais, sur toute souffrance qui viendra à nous, il y aura quelque chose de lui.Etreindre la croix, ce sera étreindre le Christ : la croix n’est jamais sans son précieux fardeau : dulce pondus sus-tin et.C’est encore trop peu dire, et le privilège va plus loin.Membres du corps mystique, nos souffrances ont la même efficacité que les siennes, elles complètent sa Passion.Évidemment, la Passion du Sauveur est d’une plénitude absolue.Mais nous n’en recevons pas le bienfait d’une manière mécanique.Qui veut en profiter doit s’y associer.De telle sorte que, si nous refusons de souffrir, le trésor des souffrances du Seigneur restera pour nous infructueux.Jésus a besoin de notre collaboration pour continuer son œuvre rédemptrice.C’est ce qui explique l’audacieuse formule de saint Paul : « J’achève en moi ce qui manque à la Passion du Christ, pour son corps qui est l’Église».Col 1, 24.Telle est l’économie du plan divin qui fait de la croix le mystère central du christianisme, mystère qui donne « l’intelligence des choses de Dieu » à qui l’accepte et consent à s’y adapter.Ce réalisme chrétien du sens de la souffrance est indispensable dans la vie de perfection.Nombre d’âmes religieuses, qui rêvent d’envols éperdus dans l’amour, oublient trop facilement que le progrès spirituel s’achète à prix de luttes, de renoncements, de souffrances.Faute d’avoir des idées justes sur ce point, elles se heurtent à la croix comme à une pierre d’achoppement et aboutissent à un échec. LA LOI DE LA SOUFFRANCE 231 Prendre chrétiennement son parti de souffrir, c’est « réaliser )), en présence du Crucifix, que la croix sous toutes ses formes a sa place marquée dans le cadre de la vie chrétienne, et plus encore de la vie religieuse.L’état saint où nous vivons n’est pas un paradis vertueux où nous sommes venus chercher asile contre la souffrance.Si nous voulons nous configurer à Jésus et lui sauver des âmes, nous cesserons de regarder comme insolites et anormales les petites contrariétés ou les grandes épreuves de notre vie.Nous nous prêterons sans résistance à la miséricordieuse chirurgie de notre Père céleste qui émonde les sarments productifs pour leur faire porter des fruits toujours plus abondants.Nul fatalisme en ce parti pris chrétien de souffrir.Fidèle à la loi divine et à ses devoirs d’état, l’âme ne renonce ni au travail, ni à la lutte.Elle s’efforce de vaincre les difficultés, de conserver sa santé, d’accomplir au mieux tout ce qui entre dans la ligne de sa vocation providentielle.Mais elle accepte d’avance l’échec possible de ses efforts, par un acquiescement surnaturel et filial à toutes les volontés de Dieu.Une fois acquise cette conviction que la souffrance fait partie essentielle du programme chrétien, il reste à en faire bon usage.Disons tout de suite que le bon usage de la croix suppose, outre l’état de grâce, certaines dispositions vertueuses qui s’apparentent à la simplicité, à l’humilité, à la charité.Ici, le sujet est vaste ; il se prêterait à d’amples développements.Bornons-nous à quelques considérations pratiques.La simplicité dans la souffrance, c’est l’accueil raisonné et positif qu’on lui fait, par un principe de foi en l’amour de Dieu.Ce Père qui nous aime ne veut et ne choisit pour nous que les bonnes croix, celles dont nous avons précisément besoin pour accomplir notre destinée surnaturelle.Prenons-les de sa main, sans en désirer d’autres plus belles, plus consolées, moins humiliantes.Les vraies croix font toujours mal : pourquoi nous étonner d’en souffrir ?Si elles nous frappent dans un endroit sensible, c’est que le mal est là et que Dieu y applique le remède.Accep-tons-les sans jeter les hauts cris, sans poser en victimes, en toute confiance et amour filial.Ce réalisme pratique, pénétré d’esprit de foi, vaut mieux que ces élans passionnés, souvent instables et illusoires, avec lesquels on embrasse en esprit les plus grandes souffrances, quitte à se refuser, l’heure venue, aux petites peines banales, agaçantes, dont l’exaspérante fatigue doit être subie 232 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES sans répit comme sans gloire.Jusqu’à ce que nous soyons parvenus à la sainteté, défions-nous de nos enthousiasmes passagers et remarquons que la croix, avant d’être un objet d’amour, est d’abord un objet de vertu.Simplicité.Humilité aussi.Nous voudrions souffrir généreusement, avec dignité et courage.Hélas ! tel n’est pas notre fait.En dépit d’un bon vouloir sincère, nous sommes souvent inférieurs aux exigences de la croix, dominés par des répugnances naturelles presque invincibles.Acceptons humblement qu’il en soit ainsi et qu’on le voie autour de nous, et qu’on s’en étonne peut-être.(( Quand nous porterons la croix, la vraie, nous serons presque seuls.Nos amis les meilleurs trouveront étrange que nous soyons si peu vigoureux ; ils nous en voudront de paraître faibles et d’avoir besoin de secours ; nos lassitudes seront des lâchetés, nos agonies des maladresses ou des sensibilités déplacées.Le monde veut de l’éclat jusque dans la mort de ceux qu’il mène au supplice )> L.Per-roy.Saintes humiliations qui avez d’abord pesé sur Jésus avant de nous atteindre, de quel prix vous êtes et quelle gloire vous nous achetez ! Et la charité, comme elle est souvent mise à l’épreuve lorsque Dieu nous transmet la croix par le moyen des créatures ! Nous avons vite fait de trouver ces dernières injustes ou méchantes.Il faut un grand effort d’indulgence pour refouler ces jugements sévères et se cramponner à la volonté divine.Charité aussi envers les heureux qui nous entourent, et qui ne comprennent rien à nos détresses, et qui nous laissent agoniser dans notre coin.Volontiers, nous les jugerions stupides ! Souvent, ils ne sont que submergés par les exigences de la vie active et accaparés par des soucis plus importants que nos maux.Quoi qu’il en soit, s’ils ne respectent pas nos peines, respectons leurs joies.On n’arrive pas du premier coup à ces dispositions vertueuses.Si vous demandez comment on y arrive, je vous répondrai : faites de vos souffrances une question d'amour entre Jésus et vous.Là est le secret royal du bon usage de la croix.Je ne crois pas à l’acceptation généreuse de la souffrance sans un désir sincère d’aimer Jesus, de ressembler à Jésus, de collaborer à son œuvre rédemptrice ; et je ne crois pas davantage à l’amour qui fuit la souffrance.Avant 1 incarnation, la souffrance était regardée comme un châtiment, une sanction du péché.Depuis le Calvaire, sans avoir LA LOI DE LA SOUFFRANCE 233 rien perdu de sa valeur satisfactoire, elle est devenue la preuve par excellence de l’amour.Jésus, qui a détruit le péché par sa mort, aurait pu également abolir la souffrance.Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?C’est que, venant ici-bas fonder une religion d’amour, il se devait de lui laisser cette splendeur qui vient de la douleur librement acceptée.La douleur lui a paru désirable pour lui-même et pour nous (c’est tout un) à cause de l’amour qu’elle suscite et qu’elle fait valoir.Quand l’amour divin s’empare d’une âme, cette âme serait inconsolable si elle se voyait privée du grand honneur de souffrir pour tenir compagnie à Jésus et payer avec lui la rançon des pécheurs.C’est là assurément un mystère qu’aucune morale humaine ne saurait expliquer, mais que la vue du Crucifix cesse de rendre insoluble.Voulez-vous devenir parfaits en l’art de souffrir ?Je le répète : laites de vos souffrances une question d’amour entre Jésus et votre ame.Tout est là.Les dissertations livresques sur la nécessité, l’excellence et le prix de la croix servent de peu lorsqu’on est en plein crucifiement.Ceux qui ont beaucoup souffert le savent bien.Seul 1 amour de Jésus est assez fort pour triompher des répugnances de la nature et suggérer l’acte d’acceptation, le geste d’abandon que Dieu réclame et qui constitue, en définitive, le parfait usage de la croix.Seigneur, donnez-nous votre amour : il nous suffit ! Montreal Une Sœur de la Providence.nécROLOGie Nous recommandons aux prières de nos lecteurs : R.P.Alfred, O.C.R.— R.F.Henri Baron, C.S.V.— R.F.Césaire, O.C.R.— R.F.Joachim Mathurin, F.I.C.— R.F.Théodomir, S.C.—-R.S.Mary Agnes McKinnon, dite Saint-Grégoire, C.N.D.— R.M.Marie-Saint-François-d’Assise, R.J.M.— R.S.Marie-Paul-de-la-Croix, P.F.S.J.— R.S.Marie Villeneuve, R.S.C.J.— RR.SS.Marie-de-Saint-Alexandre-de-Sébaste, Marie-de-Sainte-Loui-se et Marie-de-Saint-Antoine, C.S.C.— RR.SS.Marie-de-Saint-Laurent, Marie-de-Saint-Zéphirin et Marie-de-Saint-Mathieu, B.P.— RR.SS.Artémius, Louis-Raymond, Denis-Alfred, Marie-Jeanne et Antonia-Lépinska, F.C.S.P.— RR.SS.Sainte-Émérentienne, Saint-François-d’Assise et Saint-Hyacinthe, S.M.— RR.SS.Marie-Octavie-du-Sacré-Cceur, Marie-Notre-Dame-du-Roc et Marie-Lucie-du-Sacré-Cœur, F.M.M.— RR.SS.Marie-Milburga et Marie-Cunégonde, SS.NN.J.M.—RR.SS.Marie-Anne-Marguerite, Marie-Saint-Frédéric et Alfred Marie, P.M.— RR.SS.Élisabeth Lefebvre, M.Delphine Roy et M.L.Alice Fontaine, S.G.M.— R.S.Corine Phaneuf, dite Saint Damase, S.G.S.H. SPIRITUALITÉ LR PR€SenC€ D€ DI€U Qu’on parle de la présence de Dieu sur la terre, tout le monde pense à Notre-Seigneur dans l’Eucharistie.On parle tellement de la présence réelle sous les saintes espèces, qu’on n’en voit pas d’autres, relativement à Notre-Seigneur.Et si l’on n’ignore pas que le Saint-Esprit nous a été donné au baptême et à la confirmation, le terme de présence réelle pour l’Eucharistie nous fait croire qu’en dehors des saintes espèces, il ne s’agit au fond que d’une présence dans un sens large, et moins réel que dans l’Eucharistie, si toutefois on peut parler de présence réelle.Mais peut-on dire que Dieu n’est pas réellement présent en nous, sous prétexte que notre nature humaine ne lui est pas unie dans l’unité d’une seule personne ?Evidemment non ; et rien ne peut contredire l’Écriture, formelle sur ce point Mais il y a mieux.S’il y a une présence réelle qui doive nous intéresser avant tout, c’est certainement celle de Dieu en nous : celle-là même pour laquelle il est venu sur la terre, et qui doit trouver son entretien et son développement par l’Eucharistie.Sans la présence réelle de grâce, nous ne pouvons être sauvés ; et ce n’est pas pour rester avec nous que Notre-Seigneur a institué l’Eucharistie, mais pour rester en nous : « celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ».Jn 6,56.C’est par son Esprit que Notre-Seigneur est revenu sur la terre ; mais on ne fait pas attention à l’Esprit.Il est en nous par la grâce et doit nous faire connaître que le Père est dans le Fils, et que le Fils est en nous, et nous en lui : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens à vous.En ce jour-là vous connaîtrez que le Père est en moi et moi en vous et vous en moi ».Jn 14,18-20.Mais on croit que la connaissance mystique de la présence de Dieu en l’âme en état de grâce est pour ainsi dire, du luxe1 et un don qui se joint à la vie chrétienne pour l’orner ; alors qu’elle est l’état du chrétien formé, comme la connaissance raisonnable est 1.Nous reviendrons plus loin sur le véritable caractère de l’état mystique.Dès maintenant, nous voulons faire remarquer une chose que la déformation de notre esprit nous empêche de concevoir, à savoir : l’appel à la vie mystique avec l’étendue que lui donne l’Apôtre.Il suggère avec la plus grande simplicité de se remplir de l’Esprit-Saint plutôt que de se donner à l’ivrognerie : « Ne vous enivrez pas de vin : c’est la source de la débauche, mais remplissez-vous de l’Esprit-Saint».Éph .5,18. LA PRESENCE DE DIEU 235 1 état de la nature humaine digne de ce nom.Il faut donc y regarder de près dans la question qui nous occupe, car la dévotion à l’ostensoir est souvent devenue l’occasion de perdre de vue ou de mal connaître une réalité fondamentale, qui avait plus d’importance, pour les premiers chrétiens, que la présence réelle eucharistique.C’est le baptême qui est directement un sacrement de présence réelle, et de celle qui est nécessaire pour notre salut ; tandis que 1 Eucharistie est le sacrement du corps et du sang de Notre-Seigneur, en lequel il y a présence réelle.Le baptême vise directement la présence réelle de Dieu en nous, et c’est lui qui devrait porter le nom de sacrement de la présence réelle ; tandis que l’Eucharistie est un sacrement où il y a présence réelle.Ne confondons pas sacrement de présence réelle, et sacrement où il y a présence réelle : ce sont deux choses différentes.Il ne faut pas oublier que le culte à la présence réelle eucharistique date d’une époque où le sacrement était très peu utilisé, et ou 1 Eglise avait besoin d’attirer des fidèles devenus bien ignorants de la religion et peut-être aussi imbus d’esprit païen que ceux de nos jours.1 Il ne faut pas oublier non plus que l’Eucharistie disparaîtra un jour ; tandis que la présence réelle de grâce demeurera éternellement, et sera la source première du bonheur des élus.Ne perdons pas de vue les paroles de tout à l’heure : (( celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » ; et ces autres : « celui qui mange ma chair et boit mon sang possède la vie éternelle )).Jn 6,54.Ici et là, il s’agit de la présence réelle de grâce entretenue par la communion à l’humanité immolée de Jésus ; ou si l’on veut de l’Eucharistie en vue de l’habitation du Christ en nous (et non près de nous).Quelle erreur on entretient en considérant l’Eucharistie comme sacrement de la presence réelle, c’est-à-dire comme sacrement institué pour mettre Jésus parmi nous ! On pense tout naturelle.1.Les congrès eucharistiques font actuellement un grand bien en réveillant avant tout l’esprit religieux des indifférents et des tièdes.C’est un premier pas qui n’est pas négligeable.C’est aussi pour réveiller l’esprit de foi, encore bien faible chez un grand nombre, que le Saint-Siège accorde des indulgences pour la récitation de l’Office divin et du chapelet devant le Saint Sacrement. 236 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES ment alors que la communion est faite pour nous procurer des visites de Notre-Seigneur, tandis que, en toute vérité, il est déjà en nous.Quelle est malheureuse la formule (( aller recevoir le bon Dieu )), en parlant de la communion ! Notre-Seigneur, lui, parlait de son corps et de son sang, en assurant qu’il demeurait en nous, en tout temps1.Traiter l’Eucharistie comme sacrement de la présence réelle, voilà qui laisse ignorer la continuité de la présence de Notre-Seigneur en nous telle qu’elle est annoncée dans le discours sur la venue de l’Esprit.Combien cette ignorance—ou cet oubli — sont désastreux, on le voit par les paroles suivantes, dues à de bons théologiens de chez nous : « La présence de Dieu par la grâce suffirait à elle seule pour produire dans l’âme des merveilles impossibles à la seule nature ; une autre présence, plus intime encore si possible, puisqu’elle apporte à l’âme, non 'plus la vertu et la force de Dieu, mais Dieu lui-même.)) Mais c’est Dieu-même qui est présent en nous par la grâce ; et il ne faut pas confondre la grâce créée avec la Grâce incréée.Celle-ci est présente par celle-là ; et c’est vraiment Dieu lui-même, et non sa vertu seulement, qui habite l’âme en état de grâce.On ne saurait croire combien l’hérésie de Bérenger a fait de tort à l’Eglise en amenant les fidèles à considérer l’Eucharistie comme sacrement de la présence réelle.Non pas que le culte eucharistique ne soit pas bon en lui-même.Mais il a été l’occasion de bien des idées fausses.Idée fausse si l’on pense que Dieu ne demeure pas réellement en nous en dehors de l’Eucharistie.Idée fausse, si l’on pense que la communion eucharistique a sa fin en elle-même ; car elle est ordonnée à nous faire communier à la volonté de Dieu dans le sacrifice.En considérant la communion comme une récompense et la visite du Maître, on devait vivre comme des saints pendant plusieurs jours, pour se préparer à la communion, jadis.Or il aurait fallu vivre tous les jours en tendant à la perfection ; se rappelant que l’Esprit-Saint habite réellement le vrai chrétien.En communiant au corps immolé de Notre-Seigneur 1.La formule « Que le corps de N.-S.J.-C.garde ton âme pour la vie éternelle )) montre bien ce qui spécifie l’Eucharistie. LA PRESENCE DE DIEU 237 pour maintenir et développer la vie divine dans l’esprit de sacrifice, on aurait vu le but ascétique de la communion ; et c’est encore cette idée qui empêcherait bon nombre de communiants, s’approchant tous les jours de la table sainte, de n’y trouver que peu de profit.Idée fausse si l’on pense que les églises (édifices matériels) sont les principaux temples de Dieu ; car c’est le fait des membres de la société fondée par le Christ : l’Eglise, avec un grand E.Nos églises sont faites avant tout pour loger le corps du Christ, que nous sommes.Idée fausse si l’on pense que le principal rapprochement entre nous et Notre-Seigneur, c’est de s’approcher des saintes espèces ; car c’est surtout en s’approchant du prochain qu’on s’occupe de Jésus : dans le jugement qui sera fait de notre conduite envers Notre-Seigneur, il est question dans l’Évangile de ce que nous aurons fait ou omis envers les autres : « tout ce que vous avez omis de faire à l’un de ces tout-petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait, Mt 25,45.Idée fausse si l’on pense que la Hiérarchie n’est pas le grand sacrement de l’Eglise (présupposé par les sacrements au sens propre) ; car c’est elle qui constitue le pont pour aller à Dieu.Idée fausse si l’on pense que c’est surtout l’adoration qu’il faut pratiquer à la Messe ; car c’est surtout l’action de grâces, à la pensée de tous les bienfaits de Dieu envers nous, spécialement dans le Christ, en qui nous avons été élus pour la gloire éternelle.« Eucharistie )), nom ancien de la messe, signifie « action de grâces »# Idée fausse si l’on pense que la piété la plus parfaite est celle qui s’exerce envers le corps eucharistique du Christ ; car ce n’est pas tant nos hommages envers la Présence réelle que Notre-Seigneur attend de nous, mais la piété qui unit son corps mystique dans les liens de la charité pour prier collectivement toutes les fois que c’est possible.Idée fausse si l’on pense que le sacrement de pénitence est en fonction de la communion ; car il se réfère à la présence de Dieu en nous ; de celle-là qui demande une pureté morale continue et qui tend à la perfection, dans quelque état de vie que l’on soit.La vie chrétienne doit être fervente toujours ; et il ne peut suffire de ne s’occuper du bon Dieu que de temps en temps.La présence 238 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES réelle de grâce fait de nous des temples vivants de la divinité ; et nous devons nous tenir dans la sainteté même de celui qui nous habite : l’Esprit-Saint, Esprit du Christ.Faut-il dire dans ces conditions que l’Eglise s’est trompée en acceptant et en propageant le culte envers la présence réelle eucharistique ?Non, mais il faut admettre que tout ce que l’Eglise établit n’est pas nécessairement ce qu’il y a de mieux.Dans plusieurs cas elle a en vue un bien relatif, le seul possible dans telles circonstances.L’Eglise ne doit pas refuser ce qui est bon en soi, et qui, par ailleurs, convient à ses enfants dans telle situation spéciale1.Jusqu’au retour à la communion fréquente, il importait de ne pas refuser la communion à l’Hostie par la vue, et même de l’encourager.Et elle est encore utile pour faire un premier travail auprès des âmes qu’il faut tirer du péché.Mais les idées sur l’Eucharistie sont en train de se rectifier ; et avec la doctrine du corps mystique, le temps vient où les congrès eucharistiques pourront être de grands rassemblements chrétiens où se fera entendre la louange de l’action de grâces, dans l’unité de l’Esprit-Saint, après 1.Du 4e siècle jusqu’au 20e, les papes qui ne demandent pas la communion fréquente, ne font pas ce qu’il y a de mieux : l’Église est cependant guidée par l’Esprit-Saint.C’est dire qu’il la dirige comme il dirige les prédestinés : sans rien forcer, ni faire abstraction des circonstances.C’est l’impiété qui a provoqué comme réaction en ces derniers temps, d’abord les expositions du Saint-Sacrement plus fréquentes, et même sans arrêt dans quelques instituts de l’Église (non dans toute l’Église) ; puis le mouvement vers la communion fréquente.Et maintenant, le dessin se fait de plus en plus net d’un retour à l’idée centrale et vivifiante de la présence réelle de l’Esprit-Saint dans l’Église, dont les membres constituent le Tabernacle de Dieu : « Ecce tabernaculum Dei cum hominibus ».Apoc 21-3.Des livres comme Perfection chrétienne et contemplation, du Père Garrigou-Lagrange ; Dieu en nous, du Père Plus ; La vie d'identification au Christ, du Père de Jaegher ; la vie de Soeur Élisabeth de la Trinité, sont vraiment orientés en ce sens.Le culte au Père, dans le Fils, en l'Esprit-Saint surgit de plus en plus par la Liturgie ; et un livre comme Vers le Père, de Mgr Guerry, marque une réelle évolution dans la spiritualité actuelle, qui peut, même devant le Saint-Sacrement, s’orienter vers le Père, en union avec la Victime exposée.Voir dans l’Hostie, l’Humanité immolée de Jésus, comme révélation de l’amour infini du Père, et comme appel à adorer sa volonté que nous soyons saints par la pratique de la charité la plus pure ; adorer la volonté du Père en union avec Jésus-Hostie ; voilà une manière théologique d’utiliser la dévotion au Saint-Sacrement, et pleine de richesse au point de vue ascétique. LA PRÉSENCE DE DIEU 239 une réfection au même Pain : « nous ne formons tous qu’un seul corps malgré notre multitude, puisqu’il n’y a qu’un seul pain ».I Cor 10,17.Au lieu de faire l’apothéose de la présence réelle eucharistique, on fera plutôt celle de l’Eglise qui se nourrit du corps et du sang du Christ pour garder en elle la présence de l’Esprit dans l’union de la charité.L’Eglise, c’est le Christ prolongé.Dans des articles subséquents, nous tâcherons de donner tout son relief à la présence réelle de grâce en suivant le plan que voici.1.Nous verrons la nature de la présence réelle de grâce en prenant comme point de départ la présence d’immensité qui gagne à être précisée.Elle est, elle aussi, une présence réelle.2.Nous montrerons que le cadre normal de la présence réelle de grâce,c’est la création matérielle tout entière, y compris le firmament aux perspectives infinies.3.L’histoire de l’humanité, présentée dans un bref raccourci où l’on verra la place occupée par la grande pensée de la présence réelle de grâce, nous fera voir que tout tourne autour de cette question.4.De là nous déduirons l’importance de la présence de Dieu dans l’homme, élément fondamental de la perfection chrétienne, qui donne également à l’Eglise son vrai visage.5.L’Eglise primitive nous donnera un tableau saisissant de la conduite sociale qui doit découler normalement de la présence réelle de grâce ; et nous pourrons voir que la note d’unité paraît alors dans l’union de la charité, et que l’idée de l’élection divine fait éclater partout l’eucharistie, c’est-à-dire l’action de grâces.6.Pour terminer, nous signalerons un réveil de l’Esprit, qui se fait de plus en plus sentir ; et en analysant l’état présent de l’Eglise, nous montrerons que tout semble avoir été préparé par Dieu pour redonner conscience aux chrétiens que l’Epouse du Christ possède en elle-même l’Esprit du Christ, et qu’elle est le vrai temple de Dieu par la présence réelle de grâce.Nous tenons à le redire : Nous ne sous-estimons pas l’excellence du culte du saint Sacrement tel qu’il est approuvé aujourd’hui par l’Eglise ; mais nous pensons qu’il faut mettre dans un relie! encore plus accentué la grande réalité de la présence de Dieu dans l’âme en état de grâce, état qui est celui de la vie chrétienne normale.Saint-Benoît-du-Lac Édouard Lemieux, O.S.B. DROIT DES RELIGIEUX LA LOI CAnoniQU€ - SA VAL6UR Le droit est conçu idéalement comme une juste norme de l’activité du peuple qu’il régit.A cette fin, il doit en suivre le progrès par une opportune adaptation, mais il devrait concurremment en empêcher la déchéance morale, intellectuelle, sociale et économique par une ferme réaction.En conséquence, une codification est donc comme la saisie, à un moment donné, de la vie ou d’un aspect de la vie1 d’une société.D’où la valeur pratique d’un code sera dans la proportion de fidélité d’expression de cette vie, et sa valeur morale sera dans sa conformité à la règle idéale de moralité.Nous voudrions étudier ici le Code de droit canonique en relation à cette valeur pratique et morale en considérant ce texte législatif tant au point de vue extrinsèque qu’intrinsèque.VALEUR EXTRINSÈQUE DU CODE DE DROIT CANONIQUE.Tout peut être concentré sur la question de la forme, c’est-à-dire le plan et le style.Le flan.Les canonistes se sont réjouis de l’ordre apporté dans les lois ecclésiastiques par la codification.Mais une telle réalisation n’a été possible que grâce à un plan qu’une étude antérieure sur le contenu du Code de droit canonique a fait connaître en détail2.Si l’on examine ce plan, on constate qu’il a été adopté d’après une conception où l’aspect pratique a prédominé sur l’aspect purement logique.Ainsi, De rebus devrait enclaver De processibus et De delictis et pœnis et ces deux derniers livres devraient connaître un ordre inverse.C’est u-n même principe qui a inspiré la division tripartite du deuxième livre, De personis, où, après avoir énoncé au c.1073 que, d’institution divine, les clercs sont distincts des laïques et que les uns et les autres peuvent être religieux, on traite séparément des clercs, des religieux, des laïques.Dans ce dernier groupe entrent les associations de fidèles qui, bien que généralement composées de laïques, peuvent cependant, servatis seruandis, recruter des membres parmi les clercs et les religieux.1.Selon que l’on codifie tout le droit ou seulement une partie du droit.2.Cf.La Vie des Communautés religieuses, I (1943) 140.3.« Ex divina institutione sunt in Ecclesia clerici a laicis distincti, licet non omnes clerici sint divinae institutionis ; utrique autem possunt esse reli-giosi ». LA LOI CANONIQUE - SA VALEUR 241 Tout cela peut offenser une logique absolue, mais peut être expliqué et excusé par les nécessités de la vie qui exigent que le législateur satisfasse d’une manière immédiate et claire aux besoins de ses sujets.Le style.Peu après l’apparition du Code de droit canonique, Falco4 a publié une étude où il a relevé toutes les inexactitudes juridiques et les autres défauts de style que peut contenir cette œuvre.On a également reproché au législateur de ne pas s’être borné à des prescriptions ou à des défenses, mais d’avoir utilisé des formules de souhait, de conseil, etc.Au sujet des premières remarques, nous dirons que des imprécisions de langage, regrettables dans une œuvre technique destinée à l’univers entier, ne doivent pas cependant faire perdre de vue la valeur fondamentale du Code de droit canonique.Quant au second reproche, il perd toute sa force si l’on réalise que, à la ‘différence des codes civils, le Code de droit canonique doit unir à la poursuite du bien commun celle du salut individuel des sujets.Voilà pourquoi, là où une décision rigide pourrait risquer d’empêcher l’ascension d’une âme ou occasionner la perte d’une autre, le législateur se sert de formules qui permettent, selon l’esprit évangélique5, de sauvegarder ces diverses situations.Mais plan et style ne sont pas ce qui fait la réelle et riche valeur du Code de droit canonique.Il faut pour la connaître la considérer sous son aspect intrinsèque.VALEUR INTRINSÈQUE DU CODE DE DROIT CANONIQUE.Nous nous arrêterons à considérer le triple aspect juridique, social et théologique de ce recueil de lois.Laspect juridique.La codification des lois ecclésiastiques a eu pour effet d’assurer l’unité et la certitude du droit et de donner une nouvelle impulsion aux études juridiques6.En effet l’Eglise a voulu, dans la rédaction de son Code de droit canonique, embrasser tout son droit écrit quel qu’en pût être l’objet.Elle n’a fait d’exception que pour le droit de l’Église orientale, les lois liturgiques, les concordats, les droits acquis à des tiers, 4.Falco, Introduzione allô studio del C.I.C., Torino, 1925.On trouve de semblables travaux dans lus Pontificium, 8 (1928) 137 et 12 (1932) 177.5.Cf.Mt 5, 48 : Soyez donc parfaits comme votre Père céleste.; 12, 20 : Il n’éteindra pas la mèche qui fume encore.6.Cf.Mathis, Die Kulturelle Bedeutung des Codex Iuris Canonici dans Schweizerische Rundschau, 12 (1931) 1087. 242 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES les privilèges et induits déjà concédés7.Quant aux coutumes, elle les a réglementées par des canons spéciaux8.Il n’y aurait donc plus une multitude de lois disséminées dans de nombreux textes, mais, servatis servandis, le seul Code de droit canonique.Le voeu de la chrétienté, selon ce qu’exprimait Benoît XV le 28 juin 19189, de connaître de façon certaine toutes les lois qui la régissaient, était réalisé.Un autre effet de la codification fut de provoquer un renouveau dans le domaine des sciences canoniques.On connaît aujourd’hui les divers documents qui ont organisé, encouragé ou imposé l’étude du droit canonique chez les clercs10 ou qui ont autorisé l’accès des laïques aux grades en droit canonique* 11.Ce mouvement scientifique a occasionné l’apparition d’intéressantes monographies ou dissertations de droit proprement canonique ou de droit comparé et celle de revues à caractère nettement juridique12.Idaspect social.Nous voulons simplement référer ici à des travaux qui ont pour objet de démontrer cet aspect social du nouveau Code de droit canonique.Ce sont les études de Andrieu-Guitrancourt13 et de Roberti14.On verra là que l’Eglise connaît les problèmes de notre société et que « nulle part on ne comprendra mieux sa justice et ses énergies sociales que dans ses textes législatifs, sa doctrine juridique et sa jurisprudence qui sont autant de reflets de l’enseignement de Jésus-Christ »15.L'aspect théologique.L’étude attentive du texte du Code de droit canonique nous révèle deux caractères bien distinctifs de tout véritable enseignement de l’Eglise : le respect de la tradition et la sainteté.Lorsqu’il s’est agi de réaliser la codification la question du mode de procéder se posait.Allait-on faire table rase de tout l’acquis juridique et tout reconstruire en neuf, ou plutôt tiendrait- 7.Cf.les canons 1 à 4 du Code de droit canonique.8.Cf.le c.5 et le titre De consuetudine.9.Cf.Le canoniste contemporain, 40 (1917) 198.10.Cf.A.A.S., 9 (1917) 439.11.Cf.A.A.S., 20 (1928) 157.12.Cf.sur ce sujet de l’aspect juridique la Nouvelle Revue Théologique, 55 (1928) 601 et Le Séminaire, 7 (1942) 206.13.Andrieu-Guitrancourt, Les principes sociaux du droit canonique contemporain, Recueil Sirey, 1939.14.Roberti, Respectus sociales in C.I.C., Romae, 1937.15.Andrieu-Guitrancourt, op.cit., p.4. LA LOI CANONIQUE - SA VALEUR 243 on compte du passé en l’adaptant aux exigences actuelles de la société ecclésiastique ?La réponse était dans la tradition antique de l’Eglise, qui est de progresser sans ne rien perdre du dépôt initial.Le respect du passé était donc le principe directeur de l’œuvre à accomplir.La nouveauté devait atteindre surtout la forme et non le fond du droit.On devait, en pratique, après avoir élagué les parties mortes de l’ancien ordre juridique et en avoir perfectionné certaines autres, condenser, suivant un ordre systématique, en formules claires et brèves, le droit actuellement en vigueur.Un travail de cette nature pouvait jeter de la confusion dans les esprits.En effet, la loi ancienne, sous sa nouvelle expression, gardait-elle la même force et le même sens ?Le législateur a paré à cette difficulté en enlevant à l’ancien droit toute sa valeur impérative ancienne pour lui en conférer une autre par une nouvelle promulgation.Mais on maintenait à la tradition toute sa force en conservant la valeur interprétative de l’ancien droit, sauf pour la partie de la loi qui avait été modifiée, laquelle alors devrait recevoir une interprétation conforme à sa nouvelle teneur.A cette note de fidélité à la tradition se joint celle de la sainteté.Une coutume s’est établie de désigner, particulièrement dans les documents du Saint-Siège, le Code de droit canonique par l’appellation : les saints canons.Une étude approfondie de chacune des prescriptions canoniques ferait voir à l’évidence que le culte de la loi de l’Eglise est un véritable moyen de sainteté16.L’exégèse du traité des religieux nous le fera constater.Nous conclurons ces observations sur la valeur du Code de droit canonique par une citation de Auffroy : (( Dans la série des systèmes juridiques passés ou présents, le droit canon se détache avec une physionomie originale qui n’appartient qu’à lui.Formé d’éléments humains qu’il emprunta pour partie au droit romain ou autres législations profanes, il a su les transfigurer.La Providence, qui assiste incessamment l’Eglise, a veillé sur ses lois comme sur les autres manifestations de sa vie, et elle les a marquées d’un sceau divin.Quelle que puisse être, au point de vue purement technique, la valeur du droit canon, pour la beauté morale et l’efficacité sanctificatrice il est sans rival ; il a sa transcendance à lui »17.Côte-des-Neiges, Montréal Guy-M.Brisebois, O.F.M.16.Cf.une étude intéressante qui montre bien ce caractère de sainteté du Code de droit canonique dans The Jurist, I (1941) 50.17.DTC 3, 21. DIÉTÉTIQUE mflLflDies Dues fl une mfluvflise AumenTATion.Plusieurs maladies proviennent d’une mauvaise alimentation : certaines relèvent du métabolisme, telles le diabète, la goutte, l’obésité, les maladies du sang, du tube digestif, du rein, etc., d’autres sont dues à des déficiences alimentaires, comme l’avitaminose résultant du manque d’une ou de plusieurs vitamines.Le choix des aliments est primordial.Si nous ne sommes pas toujours maîtres des accidents de la vie, nous sommes grandement responsables de ne pas suivre un régime qui nous maintienne en santé.Il y a des lois qui régissent le commerce, l’industrie, etc.; ces lois varient avec les pays et les peuples ; les lois de la diététique restent les mêmes pour tout le monde.La nourriture nécessaire au développement physique des Canadiens l’est aussi aux Américains, aux Anglais, aux Japonnais, etc.Hitler qui avait bien compris ce principe, donna à la jeunesse de son pays des prescriptions spéciales regardant l’alimentation afin de rendre la nation allemande la plus forte et la plus vigoureuse de l’univers.Mussolini a agi de la même façon.Pourquoi rester inférieurs ?A nous de perfectionner nos connaissances diététiques et surtout de les mettre en pratique.Voyons les effets d’une mauvaise alimentation.Tout d’abord l’obésité, maladie caractérisée par le poids au-dessus de la normale : une personne par exemple doit peser suivant sa taille et son âge 130 livres et elle pèse 200.Pourquoi son poids est-il si élevé ?parce qu’elle consomme trop de calories pour sa dépense journalière, elle mange trop et n’a pas assez d’activité.Que faut-il faire ?diminuer la quantité et la qualité des aliments et augmenter les exercices physiques.Beaucoup croient qu’en limitant les aliments leurs forces vont diminuer et que bientôt ils seront incapables de tout travail physique.Tel n’est pas le but du régime de réduction : il faut perdre du poids mais pas des forces.Ainsi dans le cas cité plus haut, il faut retrancher les féculents, pommes de terre, pâtisseries, sucre, ne prendre qu’une tranche et demie de pain par jour, très peu de beurre, pas de graisse, ni d’aliments gras ou cuits dans la friture ; toutefois il reste les viandes maigres, deux bons services par jour, deux verres de lait écrémé, deux légumes et trois fruits par jour.Pour les légumes et les fruits, on choisira parmi les suivants : laitue, céleri, tomates, carottes, asperges, petites fèves, MALADIES DUES A UNE MAUVAISE ALIMENTATION 245 radis, épinards, petits pois verts, chou, chou-fleur, navet, betteraves, les petits fruits tels les fraises, framboises, bluets, mûres, les pommes, poires, pêches, oranges, pamplemousses, un peu de raisin ; on omettra les pommes de terre, le blé d’inde, les bananes, les pâtes alimentaires, les sirops, les bonbons, les chocolats, etc.Le poisson, les œufs, le fromage canadien peuvent remplacer la viande.Ainsi les légumes et les fruits fournissant les vitamines et les sels minéraux, le lait apportant le calcium, la viande, les œufs et le poisson contribuant à l’apport des protides, la diète est bien balancée ; pas de suites néfastes à craindre : seules les calories sont déficientes, et c’est nécessaire, car l’organisme prend dans le tissu adipeux la réserve qui complète ses besoins.Il n’est pas suffisant de suivre un régime de restriction, il faut ajouter les exercices physiques qu’on néglige beaucoup trop, surtout les professeurs et le clergé en général.La tâche quotidienne nous tient rivés au bureau, le temps nous manque pour faire de la marche ou tout autre exercice de sorte que les calories en excès ne sont pas dépensées et s’accumulent de plus en plus dans l’organisme.L’obésité engendre la fatigue que la surcharge graisseuse impose aux organes vitaux : la graisse pèse lourdement sur le cœur, comprime les mouvements libres du diaphragme etc.; elle provoque souvent le diabète, la goutte, la néphrite, le rhumatisme.Il est donc bien important de garder son poids normal.Le diabète si commun de nos jours est une maladie constitutionnelle avec tendance héréditaire ; son caractère saillant est une incapacité complète ou partielle des cellules à utiliser les sucres ; le sucre non utilisé s’accumule dans le sang et est excrété dans les urines.La cause du diabète sucré n’est pas connue ; toutefois on peut dire avec un certain degré de précision que l’assimilation normale des sucres dépend de l’intégrité fonctionnelle de trois principaux facteurs : les organes à sécrétion internes, le foie, les tissus.Il y a certaines prédispositions qui jouent une grande influence sur le développement du diabète ; le premier est l’hérédité : des familles entières souffrent de cette maladie ; le second est l’obésité.Il n’y a pas de doute que les influences nerveuses jouent aussi un rôle important, on trouve le diabète plus fréquemment chez les intellectuels que chez les travailleurs manuels ; cette maladie est toujours plus fréquente chez ceux qui se nourrissent bien et ont assez de loisirs que chez ceux dont la nourriture est limitée et qui doivent travailler péniblement.L’âge influe aussi sur le 246 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES diabète ; on trouve le plus grand nombre de cas chez les personnes de 50 à 60 ans bien qu’on en rencontre à tous les âges de la vie.Autrefois on trouvait plus de diabète chez les hommes que chez les femmes ; aujourd’hui ces dernières en sont affectées autant.On a démontré que la race joue aussi son rôle ; en général les Juifs sont particulièrement atteints de diabète.Chez les sujets en santé le sang contient de 0.08 à 0.10% de sucre.Lorsque le patient est à jeun et que l’on fait le dosage du sucre dans son sang si on trouve une augmentation au delà de 0.14% on doit suspecter le diabète ; des percentages plus élevés font presque toujours conclure à la présence de cette maladie.Une augmentation de sucre dans le sang se manifeste ordinairement par la présence du sucre dans les urines.Avant d’entreprendre un traitement, on doit être certain que le patient est actuellement diabétique et jusqu’à quel degré ; cela se fait au moyen de l’épreuve de tolérance du glucose.Les symptômes classiques du diabète sont : une soif excessive — polydypsie ; un appétit augmenté — polyphagie ; l’émission d’un volume exagéré d’urine—polyurie; une perte de poids et faiblesse générale.D’autres symptômes très communs sont l’irritation de la peau, la constipation, la somnolence, le trouble de la vision, les douleurs musculaires, etc.Une grande variété d’autres indices ou de complications associées aux changements dans le système nerveux et artériel apparaissent avec une fréquence croissante après l’âge de 30 ans ; quelques-uns des plus ordinaires sont l’impotence, la perte des réflexes tendineux, les ulcères perforés, la cataracte, la gangrène des extrémités due à l’épaississement des tuniques et au rétrécissement de la lumière des artères ; l’occlusion d’une artère amène la gangrène.Les points importants dans le traitement diététique du diabète sont le nombre de calories nécessaires pour maintenir le poids un peu au-dessous de la normale, la limitation des glucides, des protides et des lipides.Dans le traitement moderne du diabète on essaye de donner un régime qui se rapproche le plus possible de la diète normale adéquate et de bon goût de sorte que le diabétique avec peu de restriction, puisse jouir de la table commune.La valeur calorifique de la diète du diabétique doit être agencée de telle sorte que le patient prenne assez de nourriture pour peser quelques livres de moins que son poids normal ; il se sentira alors beaucoup mieux.Un excès de protides est nuisible parce que MALADIES DUES A UNE MAUVAISE ALIMENTATION 247 leur action dynamique spécifique stimule le métabolisme basal.58% des protides sont changées en glucose dans l’organisme.Approximativement 60 à 70 grammes par jour suffisent dans la plupart des cas.S’il faut retrancher les sucres, cela ne veut pas dire qu’on doive exclure tous les glucides ; comme les fruits et les légumes en contiennent un certain pourcentage, on verra à les faire entrer dans la diète suivant la prescription du médecin.Connaissant la teneur en glucides des fruits et des légumes, libre au diabétique de choisir ce qui lui plaît ; il trouvera amplement à satisfaire son appétit.Les viandes ne lui sont pas interdites, non plus le beurre, ni le pain, les céréales, les œufs, le lait et ses dérivés, les fruits en conserve, pourvu qu’ils soient préparés sans sucre ; il faut éliminer tous les aliments dont on ne connaît pas la composition exacte.Parfois le régime alimentaire ne suffit pas ; il faut y ajouter le traitement de l’insuline, le médecin en prescrit la dose qui se donne toujours en injection hypodermique ; aucun traitement par la bouche n’est efficace.Si à la suite d’une trop forte injection d’insuline le patient est en choc—faiblesse extrême jusqu’à perdre connaissance — il faut lui administer un jus de fruit ou même du sucre nature, afin de rétablir l’équilibre rompu.Si le patient est dans le coma diabétique, on lui donne une injection d’insuline.Toute personne souffrant de diabète doit se rappeler qu’elle doit suivre scrupuleusement son régime ; à cette condition, elle pourra atteindre un âge avancé.La goutte est un désordre de métabolisme associé à la rétention d’acide urique dans les tissus et le sang ; il est caractérisé cliniquement par des attaques d’arthrite aiguë et par le dépôt d’urates de sodium dans les articulations.Les points principaux du traitement diététique sont : diminution des calories parce que la plupart des goutteux sont des obèses ; exclusion des purines, spécialement les viandes, le poisson, les volailles, les aliments glandulaires, les extraits de viande ; parmi les légumes on évitera les épinards, les asperges, les pois, les oignons ; réduction des protides ; on doit donner du lait, des œufs, du fromage ; augmentation des glucides ; éviter les aliments riches et assaisonnés, le café, le thé, le cocoa, l’alcool.L’arthrite est une maladie des articulations caractérisée par de l’œdème douloureux avec raideur des articulations et déformités 248 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES des extrémités.Cette maladie peut survenir à la suite d’une infection : telle sinusite, amygdalite, mauvaise grippe.Dans ce cas le traitement diététique consiste en une diète généreuse, riche en vitamines et en éléments formateurs du sang, car souvent l’anémie s installe chez ces malades.Dans l’arthrite déformante, on restreint les glucides, spécialement les sucres, on conseille les fruits et les légumes fournisseurs de sels minéraux et de vitamines, et qui préviennent aussi la constipation.Les ulcères de l’estomac et du duodénum sont fréquents chez les personnes qui mangent mal, précipitamment, irrégulièrement, qui sont accablées de soucis et ne se préoccupent nullement de suivre un bon régime.Après avoir souffert assez longtemps de troubles gastriques elles en arrivent à l’ulcère ou même à la perforation de l’estomac, accident souvent mortel.Il est clair qu’à ce stade l’état du patient relève entièrement des soins du médecin ; mais avant cela, on doit se soumettre à un régime qui atténue les malaises et les empêche de dégénérer en complications graves.La régularité dans les repas est d’une importance primordiale ; rien ne brise plus l’estomac que des repas pris à n’importe quelle heure.Il faut éviter les aliments irritants, tels les fibres, les grains ou encore les aliments épicés, acides, trop sucrés ou salés ; ceux qui stimulent la sécrétion gastrique comme les bouillons, les extraits de viande, aussi le thé, le café, l’alcool ; le tabac est aussi défendu.Une diète plutôt molle donne de bons résultats, on doit prendre du lait, des œufs.La crème, le beurre, l’huile d’olive sont habituellement bien tolérés à cause de leur haute valeur calorifique et de leur action inhibitrice sur la sécrétion gastrique.On évitera les aliments ou trop chauds ou trop froids.On doit insister sur les vitamines spécialement sur la vitamine C qui aidera à la guérison de l’ulcère et contrecarrera le danger de saignement.Il est de la plus grande importance de se rappeler que le régime tient lieu de tout dans les cas de maladies d’estomac.Hôtel-Dieu, Montréal Sœur Barcelo, R.B.COMPTE RENDU Panneton, Georges, Chan., Vous qui souffrez, Trois-Rivières, 1943.22cm.72pp.35s.Cette élégante brochure, ornée d’illustrations, groupe sous les deux titres Réfléchir et prier, des textes capables d’apprendre aux malades que la souffrance qui fait souvent mal peut faire aussi beaucoup de bien.Côte-des-Neiges, Montréal Adrien Malo, O.F.M. consuLTATions AVIS 1-—Le service des consultations ne tiendra compte que des lettres qui porteront une signature.2.—La revue ne publiera que les consultations réunissant les conditions suivantes Présentation par les supérieurs, sauf les consultations par les prêtres ; Utilité pour le bien général de la revue; Absence d’opposition du consultant.28.Lorsqu'on porte plusieurs fois le St-Viatique à un même malade dans le même danger de mort, ne peut-on pas répéter, chaque fois, la formule : « Accipe, frater, Viaticum Domini » ?Jone, dans son Précis de Théologie Morale «.503, veut qu'on ne dise cette formule qu'une fois.Est-ce exact?Le Rituel Romain tit.4, ch.4, nn.19-20, prescrit d’employer, pour la communion aux malades, la formule Accipe .Viaticum, quand la communion est donnée en viatique ; dans les autres cas, le Rituel prescrit de dire Corpus Domini.Mais que faut-il entendre par communion en Viatique ?Il faut entendre la communion donnée à une personne qui est dans un danger de mort, quel qu’il soit Gasparri ; De SSma Eucharistia, t.2, n.1101.Dans ces circonstances la personne n’est pas tenue à la loi du jeûne eucharistique can.858§l.Il y aura donc communion en viatique, chaque fois qu’une personne en danger de mort communie sans être a jeun.Cependant il y a lieu de distinguer entre le viatique au sens le plus strict et le viatique au sens large, Vermeersch : Theologia Mo- ralis, 3, n.387.Le viatique au sens strict s’entend de la communion que toute personne doit, sous peine de faute grave, recevoir une fois, quand elle est en danger de mort, en vertu d’un précepte divin ; Le Code can.850 réserve l’administration de cette communion au curé personnellement1.Il y a certainement obligation pour cette communion d’employer la formule propre du Viatique : « Accipe, frater (soror) Viaticum Domini.» Mais cette obligation est légère.Aussi, S.Alphonse Theol.Moralis, 1.6, n.285, soutient qu’on pourrait se servir de la formule ordinaire (Corpus Domini), si l’on craignait (cas qui semble assez rare) d’effrayer le malade par l’emploi de la formule du viatique.Le viatique au sens large s’entend des communions reçues en danger de mort, sans être à jeun, lorsque le précepte divin a déjà été rempli.C’est dans ce sens que le canon 864§3 entend le mot viatique, quand il permet, en suivant l’avis du confesseur, d’administrer plusieurs fois le viatique, à jours distincts, aussi longtemps que le danger de mort se continue.Dans ce cas, les auteurs sont assez unanimes à refuser au curé un droit strict à porter la communion aux malades.Mais faut-il alors employer la formule ordinaire au la formule du viatique ?Il est vrai que Jone indique, pour ce cas, la formule ordinaire ; mais Bouuaert-Simenon, Manuale Juris Canonici, t.2, n.116 tient, au contraire, qu’il faut se servir de la formule du viatique1.Si nous nous référons au Code, le terme viatique du canon 864§3 suggère et favorise davantage l’emploi de la 1.Ce droit dans les maisons religieuses cléricales appartient au supérieur, pour les personnes de sa maison (profès, novices, domestiques, élèves, hôtes de passage, malades hospitalisés) ; dans les maisons de Moniales, il appartient au confesseur ; dans les Instituts religieux laïques (de frères ou de sœurs), il appartient au curé, ou encore au chapelain qui serait nommé pour remplacer le curé par une décision spéciale de l’évêque c.514. 250 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES formule Accipe .Viaticum Domini.C’est d’ailleurs ce que laissent entendre la plupart des auteurs (sans être pourtant explicites sur ce point).Haegy affirme dans son Cérémonial que la question est controversée, mais Stercky, qui a réédité le même ouvrage, déclare qu’il vaut mieux se servir chaque fois de la formule Accipe .Viaticum.Il est exact de dire que ces communions ne sont, en un sens, que des communions de dévotion, surtout quand elles sont reçues à jeun.Mais, d’autre part, on doit dire qu’il y a véritable viatique tant que le danger de mort n’est pas disparu, notamment quand la communion ne peut pas être reçue à jeun.La question n’est donc pas nettement tranchée et l’on comprend qu’il puisse y avoir divergence d’opinions.Cependant l’opinion de Jone est trop catégorique.Il faut plutôt tenir qu’f/ existe une certaine liberté de choisir l’une ou l’autre formule.Si le danger de mort n’est pas tout-à-fait certain, ou s’il a avantage à prendre la formule ordinaire pour rassurer le malade, on peut le faire en toute tran-quilité de conscience.Mais à bien considérer le texte du Rituel et les termes du Code, il semble tout indiqué et, par conséquent, préférable (sauf les exceptions susdites) d’employer toujours pour la communion, la formule Accipe, frater (soror), Viaticum Domini., tant que le danger de mort persiste.29.Un aumônier de communautés religieuses a donné à ses dirigées la règle suivante : « La Sainte Église ne permet pas de chanter des cantiques en langue vulgaire (vernacula) durant la sainte messe )).Une ou deux communautés anglaises de ma région se sont conformées à cette directive, mais une communauté française continue à chanter des cantiques en langue française au cours d'une messe basse de communauté, à l'occasion de certaines fêtes : Noël, Pâques, messe d'un nouveau Prêtre, etc.Pourriez-vous me dire exactement ce qui est permis et défendu en cette matière ?La Vie des Communautés Religieuses s’est exprimée clairement et assez catégoriquement sur ce sujet au mois de février dernier, dans les Consultations 21, 22 et 23, pp.185-189.Il n’est pas nécessaire d’y revenir longuement.N’oublions pas cependant que, pour les chants en langue vulgaire, une distinction s’impose entre les textes liturgiques et les textes non-liturgiques.La S.Congr.des Rites a plusieurs fois prohibé le chant en langue vulgaire des hymnes et autres textes liturgiques, non seulement durant les messes chantées, mais aussi pendant les messes basses, Décr.3496 ad 1 et 4235 ad 8.De même, il faut se rappeler que tout chant en langue vulgaire est prohibé pendant les messes solennelles et les messes chantées.(S.R.C., n.3496 ad 1.) Quant au chant en langue vulgaire, pendant les messes basses même conventuelles ou paroissiales, de cantiques ou de textes non-liturgiques, il n’a jamais été défendu dans l’Église, pourvu qu’il s’agisse de chants approuvés par l’autorité ecclésiastique pour les exercices publics.En effet, sauf pour les cantiques et les autres chants déjà bien connus et suffisamment répandus, il faut, d’après le canon 1259, une approbation expresse de l’Ordinaire du lieu pour pouvoir 1.Gasparri, De SSma Eucharistia, t.2, n.1101 enseigne que pour que la communion puisse et doive être administrée avec la formule du viatique, il est requis et il suffit qu’il y ait danger de mort. CONSULTATIONS 251 chanter publiquement des cantiques nouveaux dans les églises et les chapelles.Mais quand un cantique a été autorisé pour l’usage public, il est également permis de le chanter aux messes basses.Jamais l’Église n’a prohibé ces chants à la messe basse, sous la réserve de n’employer que des textes appropriés, comme le bon sens l’exige.Qu’il suffise, pour étayer cette assertion, de citer le décret 3880, du 31 janvier 1896, de la S.Congr.des Rites.On avait demandé : « Les fidèles peuvent-ils, pendant la messe, chanter en langue vulgaire des prières ou des cantiques (hymni), composés en l’honneur du Saint ou du Mystère dont on célèbre la fête ?» La S.Congrégation répondit, en se référant au décret 3496 ad 1 : « Pour ce qui est des Messes basses (quoad Missam privatam), affirmativement, avec le consentement de l’Ordinaire ; pour les Messes solennelles ou chantées, négativement1.Il faut donc conlure : Il est permis de chanter en langue vulgaire aux messes basses, même conventuelles ou paroissiales, à condition de garder le silence pendant la consécration et les élévations, S.R.C.n.3827 ad 3 et 4071 ad 1.On ne peut cependant se servir aux messes basses des traductions de textes ou d’hymnes liturgiques ; mais il est permis de choisir n’importe quel cantique approprié, pourvu qu’il ait été approuvé pour le chant en public par l’autorité légitime.Montréal Moïse Roy, S.S.S.30.Chacune des quatorze stations du chemin de la croix est-elle mentionnée au récit évangélique de la passion?Le récit évangélique ne mentionne pas les trois chutes, la rencontre de Jésus et de Marie et la bonne action de Véronique.1.Bien que la messe conventuelle et la messe paroissiale du curé le dimanche ne soient pas, de soi, des messes privées, même lorsqu’elles sont simplement lues, mais des messes publiques, il ne faudrait pas conclure, du fait que la S.Congrégation des Rites emploie, dans sa réponse, l’expression « Messe privée », que les cantiques, permis aux messes basses ordinaires, ne sauraient l’être aux messes basses conventuelles et paroissiales.L’expression « Messe privée », il est vrai, s’oppose à « Messe publique », i.e.d’obligation publique : elle comprend alors toutes les messes dont la célébration n’est pas imposée par l’Eglise, qu’elles soient lues, chantées ou solennelles (ce sont presque toutes les messes, sauf la messe du curé ou de l’Évêque les dimanches et fêtes et les messes conventuelles).Mais cette expression a un autre sens, quand elle est employée comme opposée, en raison de la solennité, aux messes chantées et aux messes solennelles : alors, la messe privée s'entend des messes basses, quelles qu elles soient, obligatoire ou non, à l’exclusion de toutes les messes chantées ou solennelles.Puisque la S.Congrégation met en opposition, dans sa réponse, la messe privée avec la messe chantée et la messe solennelle, il faut en conclure qu’elle applique ici le terme de « messe privée » à toutes les messes basses, publiques ou non.Par conséquent, il est permis de chanter en langue vulgaire des cantiques approuvés, à la messe conventuelle et à la messe paroissiale du curé, tout comme aux autres messes basses. 252 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES 31.Quelle est la valeur de ces cinq stations?Pour le gain des indulgences, elles valent autant que les autres, en ce sens que l’exercice complet du chemin de la croix comprend absolument le parcours des quatorze stations.Pour l’histoire, elles ne reposent pas comme les neuf autres sur le témoignage d’un écrit inspiré.Il ne faudrait pas conclure que les faits qu’elles rappellent n’ont pas eu lieu.S.Jean nous dit que les évangiles ne racontent pas tout.Ces stations répondent à de profondes vraisemblances : il est vraisemblable que le Christ affaibli, maltraité soit tombé plusieurs fois sous le poids de sa croix ; que Marie, certainement présente au calvaire, ait en se rendant elle-même au calvaire, rencontré son fils sur la voie douloureuse ; que parmi les nombreuses personnes fidèles au Christ il s’en soit trouvé pour lui rendre des services semblables à celui de Véronique.32.Pouvez-vous dire la longueur du chemin de la croix?Dans ce domaine, il est impossible de prétendre à l’exactitude mathématique-D’après le tracé officiel toujours admis par les Franciscains de Terre-Sainte et authentiqué en 1933 par les études archéologiques du R.P.Vincent, dominicain, le chemin de la croix mesure en ligne droite du prétoire au Golgotha un petit demi-mille ; à cela il faut ajouter les détours des rues.33.Pour le portement de la croix, Simon a-t-il aidé ou remplacé Jésus?Les artistes et les auteurs pieux montrent en général Simon aidant Jésus à porter sa croix.Le texte évangélique dit au contrairé que Simon porte la croix à la place de Jésus : « Ils réquisitionnèrent Simon pour porter la croix de Jésus » Mt 27, 32 ; « Ils firent porter à Simon la croix de Jésus » Mc 15, 21 ; « Ils chargèrent Simon de la croix pour la porter derrière Jésus » Le 23, 26.C’est ainsi que l’entendent saint Jérôme, le prince des commentateurs et après lui tous les exégètes sérieux.Côte-des-Neiges, Montréal Adrien Malo, O.F.M.34.Toute cette liberté incontrôlée qui est laissée aux religieuses de s'adresser pratiquement à n'importe quel confesseur n ouvre-t-elle pas la porte à de nombreux abus dommageables à la vie religieuse?Nous avons fait allusion, dans une consultation précédente1, au témoignage de sagesse que Benoît XIV rendait à la loi de l’unique confesseur ordinaire pour chaque maison religieuse.Pour ces mêmes motifs le Code de droit canonique a maintenu ce principe et ne permet la nomination de deux ou de plusieurs confesseurs ordinaires que dans des cas particuliers et pour une cause juste.Toutefois, dans le but d’assurer la paix ou la tranquillité de la conscience des religieuses et de favoriser un plus grand progrès dans la vie spirituelle, la sainte Église a adapté sa législation et s’est efforcée de pourvoir à toutes les nécessités dans lesquelles pourrait se trouver une religieuse au point de vue de sa conscience.Graduellement, elle a introduit les confesseurs extraordinaires, spéciaux, occasionnels, adjoints ou supplémentaires ; elle interdit aux supérieures de s’immiscer dans l’exercice de la liberté de conscience ; elle exhorte les Ordinaires des lieux à acquiescer facilement à la demande d’un confesseur spécial 1, La Vie des Communautés religieuses, 1 (1942-43) p.62, CONSULTATIONS 253 et leur recommande d’user de sagesse et de prudence dans l’extirpation des abus qui pourraient se produire.Une grande liberté est, par le fait même, laissée à chaque religieuse qu* semble échapper ainsi à tout contrôle rigide.Assurément une telle latitude peut donner lieu à des abus.Ils seront cependant moins graves, en règle générale, que ceux auxquels on a voulu rémédier.Il suffit de connaître les antécédents de ces quelques canons pour s’en rendre compte.Mais si le législateur fait des concessions, il fait aussi appel à la conscience individuelle.En obligeant les Ordinaires des lieux à nommer pour chaque maison un confesseur ordinaire, il trace en même temps aux religieuses la règle de conduite régulière qui est de s’adresser à ce confesseur.Si dans la suite il fait des exceptions, il entend bien que ce soit des exceptions et non des moyens d’échapper au principe qu’il vient de poser.Vu la facilité avec laquelle la faiblesse humaine peut abuser des choses les plus saintes et des lois les plus sages au point qu’elles n’atteignent plus le but voulu par le législateur, il peut être bon de souligner quelques pratiques abusives parmi les plus fréquentes.Le Code reconnaît deux cas dans lesquels il est loisible à une religieuse de demander un confesseur ordinaire spécial : ce sont la paix ou la tranquillité de la conscience à assurer et le besoin d’une direction spéciale pour un plus grand progrès dans les voies de Dieu.Pour ce qui regarde la paix de la conscience, il appartient évidemment à chaque religieuse de juger son cas avec sincérité et droiture d’intention.Mais là où l’illusion est facile, c’est dans le désir — ou souvent le prétexte — d’un plus grand progrès spirituel.Même la demande régulièrement faite à l’Ordinaire du lieu pour la concession d’un confesseur spécial constitue un abus si elle est motivée par des raisons qui n’ont aucune relation avec la vie spirituelle ou par des considérations purement humaines.Peut-on croire facilement, par exemple, que c’est le désir d’avancer dans la vertu qui fera choisir comme confesseur ou directeur uniquement un docteur de telle université européenne ou un dignitaire ecclésiastique ?N’oublions pas que la manie de la singularité est opposée à l’humilité, fondement de tout véritable progrès spirituel, et que le défaut de pureté d’intention peut paralyser dans une âme l’influence du meilleur et du plus saint des directeurs.Et demandons-nous si la voie commune n’est pas pour la plupart des âmes la voie la plus sûre.Le Code comme le décret Cum de sacramentalibus du 3 février 1913, suppose pou légitimer la demande d’un confesseur spécial une nécessité ou une véritable utilité spirituelle.Un danger à éviter dans le recours aux confesseurs supplémentaires ou occasionnels est de prendre occasion de cette liberté permise par le Code pour se choisir un confesseur spécial sans passer par l’Ordinaire du lieu.Du fait qu’un prêtre ne fait aucune observation sur la pratique d’une religieuse de s’adresser habituellement à lui, il ne s’ensuit pas que tout est dans l’ordre.Ce n’est pas, en effet, au confesseur à recourir pour se faire nommer directeur spécial, mais bien à la religieuse qui le désire.Le prêtre n’est pas obligé de faire enquête et il peut supposer que les autorisations ont été données.Cependant il est fortement à conseiller que ces confesseurs et même les confesseurs spéciaux qui constatent qu’aucun motif de nécessité ou d’utilité spirituelle ne légitime une telle pratique 254 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES fassent des observations et, si nécessaire, qu’ils congédient cette religieuse avec prudence, comme le demandait le décret Cum de sacramentalibus.Enfin, il y aurait, dans le recours aux confesseurs supplémentaires, un véritable abus si l’on était cause d’un dérangement notable ou d’une dépense excessive sans motif suffisant.Dans les diocèses où des confesseurs adjoints sont nommés pour tout le diocèse, à quoi servirait de faire venir le confesseur le plus éloigné, l’obligeant à un voyage de quelques jours, si celui qui réside dans le voisinage faisait aussi bien l’affaire et pouvait répondre facilement à l’appel ?Il ne faudrait pas que le fait d’avoir attiré l’attention sur des abus trop réels intimide les âmes simples et droites et les empêche de recourir dans leurs besoins aux libertés permises par le Code.Elles doivent savoir que les Souverains Pontifes, les Ordinaires des lieux et les confesseurs sont en faveur de la liberté de conscience mais qu’ils demandent la droiture d’intention et réprouvent les puérilités1.Rosemont, Montréal Vivalde Massé, O.F.M.35.Y aurait-il avantage pour nous Canadiens-français à utiliser dans P en seignement du catéchisme à nos enfants de l'école primaire « The Catechism Explained », by Reverend Joseph J.Baierl, S.T.D.» Les manuels à mettre dans les mains de nos enfants sont choisis par l’autorité compétente, il faut s’y fixer, quitte à demander et obtenir les changements pour le mieux.Il reste cependant que les maîtres et maîtresses peuvent et doivent compléter leur préparation immédiate des classes en s’aidant d’autres manuels que le manuel officiel.Les Editeurs des volumes du Père Baierl nous apprennent qu’ils sont épuisés.Nous ne pouvons donc exhorter nos lecteurs à se les procurer.A titre de renseignements nous pouvons dire que la série comportait quatre volumes : Le Credo, les Commandements, les Sacrements, la Grâce et la Prière ; les trois premiers se vendaient $2.25 chacun, le quatrième, $1.25.La Catechetical Guild, 128 East Tenth St., Saint Paul, Minn., annonce, pour l’été prochain la réimpression du premier tome, Le Credo Expliqué.Il faut se réjouir d’une telle réimpression et la souhaiter ardemment.Dans The Religion Teacher’s Library les RR.PP.Kirsch et Vogel, O.M.Cap apprécient à leur juste valeur les ouvrages du révérend Joseph Baierl : « Résumé complet de la Doctrine chrétienne, d’après la méthode Psychologique de Munich, (Se référer aux publications du Centre Catéchétique de Louvain : Où en est /’Enseignement Religieux et Jésus-Christ montré à la Jeunesse moderne du R.P.Delcuve, S.S.responsable du Centre).Le R.P.Baierl s’adresse surtout aux élèves des classes intermédiaires et supérieures, (non primaires); basé sur le catéchisme de Baltimore et celui du Père Delharbe, son ouvrage peut être d’un secours remarquable à tous les professeurs de Religion ».1.Cette réponse était rédigée quand parut dans Review for Religious, 2 (1943), p.74 un article Prudent use of confession privileges exposant pratiquement la même doctrine que notre consulteur.La Vie des Communautés Religieuses enregistre avec joie cette coïncidence de faits et cet accord de doctrine.N.D.L.R. consultations 255 36.Une fois enrichi des indulgences du chemin de la croix, un crucifix peut-il servir à tout malade indistinctement ou seulement au possesseur du crucifix?Les indulgences du chemin de la croix appliquées à un crucifix (au Christ non à la croix) sont des indulgences réelles et non personnelles.Elles s’attachent à l’objet indulgencié non au propriétaire de cet objet ; elles permettent donc à tous ceux qui se servent d’un tel crucifix de gagner soit l’indulgence plénière pour l’ensemble des stations soit les indulgences partielles de dix ans par station.Les crucifix auxquels sont attachées les Indulgences du Chemin de la Croix peuvent donc se donner, se prêter, passer en héritage en conservant leurs indulgences.Ils ne peuvent être vendus ni échangés contre quoi que ce soit, ce qui tait toujours perdre les indulgences.(Béringer, 844, 876).Montréal Fernand Porter, O.F.M.37.Nous avons dans notre couvent trois chapelles où se conserve la sainte Reserve : la chapelle de la communauté où tous les jours se célèbre la sainte messe ; la chapelle de l’infirmerie où la sainte messe se dit généralement six fois par semaine ; enfin la chapelle du noviciat où la messe se célèbre tous les quinze jours.Pour le gain des indulgences, la visite peut-elle se faire indifféremment à l'une ou l'autre de ces chapelles ?Le commentaire littéral du canon 929 ne permet pas de visiter indifféremment l’une ou l’autre de ces chapelles pour le gain des indulgences.En effet, le canon dit : « Les fidèles de l’un ou de l’autre sexe qui, pour des motifs de perfection, d’étude, d’éducation ou même de santé, vivent en communauté dans des maisons établies avec la permission de l’Ordinaire et qui n’ont pas d’église ou d’oratoire public, peuvent ainsi que le personnel de service demeurant dans ces maisons, visiter la chapelle de leur propre maison, dans laquelle ils satisfont au précepte d’entendre la messe, pourvu qu’ils remplissent les autres conditions ».Comme on le voit, le mot chapelle est au singulier et désigne seulement la chapelle de la propre communauté à l’exclusion des autres.Si on peut satisfaire au précepte d’entendre la messe dans tout oratoire semi-public, on ne peut gagner les indulgences que dans ceux mentionnés par le droit.Le fait de conserver le saint Sacrement et de dire la messe dans la chapelle de l’infirmerie et du noviciat n’a rien à voir avec le gain des indulgences.Les malades sont-elles alors privés de ces indulgences ?Non, car le canon 935 permet au confesseur de commuer les oeuvres prescrites.38.Pour gagner les indulgences attachées à la récitation de De Profundis, faut-il ajouter le verset et l'oraison qui suivent?Comme Preces et pia opera au numéro 539 ne parle pas du verset ni de l’oraison il suffit de s’en tenir à la récitation du psaume seulement.Cette réponse n’autorise pas le changement des recueils de prières approuvés, comme formulaires, coutumiers.Côte-des-Neiges, Montréal Jogues Massé, O.F.M. 256 LA VIE DES COMMUN A ETES RELIGIEUSES COMPTE RENDU Lord, Daniel A., S.J., Notes sur l'art de diriger les jeunes.Traduit en collaboration.Montréal, Ed.de la 1942.19cm.189pp.Un livre sur l’art de diriger les jeunes par le R.P.Lord ne peut manquer de provoquer l’intérêt ; aussi est-il lu par de nombreuses personnes dont plusieurs demandent ce qu’il faut en penser.Tout d’abord, ce livre ne contient que des notes sur les « leçons données pendant l’été de 1937 aux Cours d’été d’Action catholique », p.9.Si en général l’intelligence des notes suppose la connaissance du texte complet, cette loi s’impose avec plus de rigueur quand il s’agit de matières délicates comme 1 éducation, la direction spirituelle.Se contenter alors de notes, c’est s’exposer à négliger des aspects importants et même à fausser les concepts.Ainsi on lit p.22 que parents, prêtres, religieux, religieuses, hommes et femmes du monde comptent parmi les directeurs de la jeunesse.11 est bien entendu que tous ne possèdent pas les mêmes titres à exercer cette influence, n’y accomplissent pas les mêmes fonctions, n’y pénètrent pas dans les mêmes domaines.Voilà des distinctions que comporte tout exposé sérieux de la direction et dont ne parlent pas ces notes.De plus, ce livre apporte une traduction.Toute traduction pose un problème d’adaptation.Plus les questions traitées touchent de près à la pratique, plus elles reçoivent des solutions différentes selon les pays, les groupes, les localités, plus la nécessité de l’adaptation s’impose.Les traducteurs l’ont compris p.7 et ont laissé au lecteur de faire ce travail.Ainsi le fait que la proportion de 1 contre 4 entre les catholiques et les non-catholiques des Etats-Unis, p.125 ne vaut pas pour nos milieux canadiens-français auxquels s’adresse la traduction p.7, énerve singulièrement l’argumentation tirée du danger des mariages mixtes.Même si on admet la doctrine de l’auteur sur les danses, il faudra, dans les conclusions pratiques qu’on en peut déduire, tenir compte de la discipline existante et conclure que chez nous un religieux ou une religieuse ou un prêtre n’a pas le droit d’organiser des danses.Ceci introduit une dernière constatation.Le volume du P.Lord aborde des questions qui relèvent de la discipline ecclésiastique, comme les organisations que peuvent entreprendre des conseils diocésains de dames catholiques, les associations d’anciennes élèves, les laïques qui ne demandent qu’à s’occuper d’action catholique p.127.S’il n’est pas défendu de faire des suggestions, d’exercer une influence pour les faire accepter, en ce domaine seule l’autorité compétente peut prendre des décisions et promulguer des directives officielles.Après ces explications, vous soupçonnez que aux personnes de nos milieux canadiens-français qui demandent si elles peuvent suivre toutes les directives du R.P.Lord, je répondrai : Non.Il ne faut pas conclure que le volume n’a rien de bon.A côté d’affirmations d’un goût douteux comme les religieuses aux yeux cernés p.128, la femme qui se pousse jusqu’à la dignité de la Mère de Dieu p.73, il présente de précieuses directives ; je mentionne en particulier les pp.llOss consacrées à la manière de traiter la délicate question de la pureté.Mais pour suivre les directives d’un livre incomplet, exigeant un travail d’adaptation, exposant des questions de discipline, il faut l’approbation de l’autorité compétente et Y imprimatur, jugement négatif, ne signifie pas l’approbation des opinions de l’auteur.Montréal Adrien Malo, O.F.M. NOS COLLABORATEURS Une Sœur de la Providence, auteur des ouvrages : L'Apostolat de l'élite cachée, La Foi en l'amour de Dieu, Le Service d'amour.R.S.Barcelo, R.H., ancienne étudiante au College of St.Theresa, Winona, Minnesota, U.S.A., interne à St.Mary's Hospital, Detroit, Michigan, U.S.A., membre actif de l'Association américaine de diététique, Chicago, diététicienne à l'Hôtel-Dieu de Montréal, assistant professeur à l'Institut de Diététique de l'Université de Montréal.R.P.Moïse Roy, S.S.S., J.C.L., professeur de théologie morale et de droit canonique au scolasticat des RR.PP.du S.-Sacrement, à Montréal.Dom Édouard Lemieux, O.S.B., du monastère de Saint-Benoît-du Lac.R.P.Adrien Malo, O.F.M., lecteur général d'Ecriture Sainte, lecteur jubilaire, professeur d'Écriture Sainte à la Faculté de théologie de l'Université de Montréal, professeur d'initiation biblique au séminaire de philosophie, professeur d'Action Catholique à l'Institut Pie-XI.R.P.Fernand Porter, O.F.M., lecteur provincial en théologie catéchistique, professeur en pastorale, professeur à l'École supérieure de pédagogie familiale.R.P.Guy-M.Brisebois, O.F.M., J.D.C., professeur de droit canonique au studium théologique de Rosemont, à l'école des bibliothécaires de l'Université de Montréal, étudiant en droit civil à l'Université de Montréal.R.P.Vivalde Massé, O.F.M., J.C.L., professeur de théologie morale au studium théologique de Rosemont.R.P.Jogues Massé, O.F.M., diplômé en bibliographie et en bibliothéconomie de l'Université de Montréal, étudiant en théologie pastorale. LI VR€S COMPTE RENDU Vous qui souffrez (Adrien Malo), p.248.— Notes sur l’Art de diriger les jeunes (Adrien Malo), p.256.ACCUSÉ DE RÉCEPTION Beateman, J., C.M., "J'aime le Christ.Théorie et pratique de F amour de Dieu.Évreux, G.Poussin, [1931).(Réimpr.par Granger-Frères).19.5cm.123pp.50.55.Charmot, François, L’Amour humain.De F enfance au mariage.Paris, Ed.Spes.[1938].(Réimpr.par Granger-Frères).20.5cm.316pp.$1.10.Petit, Gérard, C.S.C., Bonheur et travail.(Le tract du mois.Questions sociales no 1).Montréal, Éd.Fides, 1943.16.5cm.31pp.$0.10.DeConninck, L., S.J., La technique de F abordage.(Le tract du mois.Textes d’Action Catholique no 7).Montréal, Éd.Fides, 1943.16.5cm.32pp.$0.10.Maheux, abbé Arthur, Pourquoi sommes-nous divisés?Causeries radiophoniques présentées et transmises par les postes du réseau français de Radio-Canada.Éd.Radio-Canada, [1943].18.5cm.219pp.$1.10.Plus, Raoul, S.J., Aux catholiques.Rayonner le Christ.Toulouse, Éd.de l’Apostolat de la prières, [1936].(Réimpr.par Granger-Frères).19.5cm.151pp.$0.50.Plus, Raoul, S.J., Méditations pour religieuses.Brefs sujets pour chaque jour.Toulouse, Éd.de l’Apostolat de la prière, [1937].(Réimpr.par Granger-Frères).front.18.5cm.425pp.$1.10.Roy, abbé, C.-E., Thérèse Newmann la stigmatisée de Konnersreuth.Montréal, Granger-Frères, 1942.20.5cm.209pp.$1.10.Semaine familiale mettant à F honneur les familles nombreuses de la paroisse Notre-Dame de Grâces de Hull du 7 au 13 février 1943.[Ottawa, Impr.Le Droit, 1943].ill.22.5cm.76pp.4 i
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