La vie des communautés religieuses /, 1 octobre 1945, Octobre
Communautés Religieuses Vol.IV, n.2 MONTRÉAL Octobre 1945 SOMMAIRE LITURGIE Moïse Roy Encore les fondateurs non béatifiés .33 BIBLIOGRAPHIE Adrien Malo Un livre bienfaisant.37 GOUVERNEMENT Jean-Joseph Deguire La vie spirituelle.38 ACTION CATHOLIQUE Roger Marien La J.I.C.F.et les religieuses éducatrices .42 MÉDITATION Une Sœur de la Providence Le Christ-Roi.46 DROIT DES RELIGIEUX Adrien Malo L'intention du donateur.49 TEXTE SPIRITUEL David D’Augsbourg Réforme de l'homme intérieur.57 CONSULTATIONS (voir couverture 2) COMPTES RENDUS (voir couverture 3) ADMINISTRATION- C.P.1515 PL D’ARMES) - RÉDACTION: 3113 AVE.GUYARD MONTRÉAL CONSULTATIONS 7.Biens qu'un profès simple peut acquérir, A.Malo .62 8.Interprétation du droit d'acquérir des biens, A.Malo .62 9.Manière de distinguer un don personnel d'un don reli- gieux, A.Malo.62 10.Droit de la communauté sur le fruit de l'industrie per- sonnelle d'un religieux, A.Malo.62 11.Usage de la clochette au Sanctus et à l'élévation, J.Massé.63 12.Travail des religieux le dimanche, R.Charland .63 13.Péage gratuit, R.Charland.64 La VIE des COMMUNAUTÉ RELIGIEUSES Publication des RR.PP.Franciscains du Canada Paraît le 15 de chaque mois, de septembre à juin, en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 1.25 par année.Cette revue est imprimée en vertu du certificat No 164 de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.Enrégistré au Canada comme matière postale de seconde classe.Rédaction : 3113, avenue Guyard, Montréal.— 26 Administration : C.P.1515, Place d'Armes, Montréal.— 1 Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr Ulric PERRON, vicaire délégué pour les communautés religieuses Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général.Secrétaire : R.P.logues MASSÉ, O.F.M.Administrateur-gérant : M.J.-Charles DUMONT.Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Ecoles chrétiennes Nihil obstat : Hadrianus MALO, O.F.M.Imprimatur : Josephus CHARBONNEAU Marianopoli, die la octobris, 1945 LITURGIE enCOR€ D€S FOnDflT€URS non B€RT1FI€S Sur ce thème, nous sont parvenues quelques questions nouvelles sur lesquelles notre compétent collaborateur projette sa clarté habituelle.Dans un but d’utilité pratique, nous les réunissons à la manière d’un article.Au sujet des « Fondateurs non béatifiés », croyez-vous que la coutume et Vapprobation de /’Ordinaire puissent justifier la Bénédiction solennelle du T.S.Sacrement au jour anniversaire de la mort d'une fondatrice d'une de nos communautés canadiennes?Comme on a pu le lire au mois de novembre dernier dans la V.C.R., III (1944), p.75, l’Eglise ne permet pas d’autre cérémonie liturgique au jour anniversaire de la mort d’un serviteur de Dieu non béatifié que la célébration d’une messe privilégiée de Requiem : (( In Anniversario Defunctorum ».L’Église réserve en effet la célébration de l’anniversaire du trépas à ceux qu’elle a placés elle-même sur les autels.En conséquence, à moins d’avoir un autre motif (v.g.une fête de Ire classe, un exercice du mois de Marie, etc.) pour justifier 1 Exposition et le Salut du T.S.Sacrement au jour anniversaire du décès de cette fondatrice, on ne doit pas inclure cet anniversaire dans la liste des Bénédictions du T.S.Sacrement qui est approuvée par l’Ordinaire du lieu.On dit qu'il est défendu d'invoquer publiquement ceux qui sont morts en odeur de sainteté.Cela veut-il dire qu'il est défendu aux religieux d'adresser des invocations à leurs fondateurs non béatifiés non seulement à l'église ou à la chapelle, mais encore lorsqu'ils sont réunis à la salle des conférences?Ainsi ne serait-il pas permis de réciter en commun dans une réunion à l'intérieur de la communauté une invocation comme celle-ci : (( Vénéré fondateur, priez pour nous )) ou (( protêgez-nous » ?Ici encore, il faut revenir aux principes qui ont été exposés en novembre dernier.Il est interdit de rendre aux défunts, avant leur béatification, même privément, non seulement les actes du culte public, mais encore tout hommage qui pourrait avoir l’ap- Vol.4, n.2. 34 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES parence d’un acte du culte public.A strictement parler, les prières faites en commun par les religieux à l’intérieur de leur communauté, dans la salle des réunions, ne constituent pas de véritables actes du culte public.Mais l’invocation collective d’un défunt non canonisé s’apparente aux actes que l’Eglise réserve aux bienheureux et aux saints.Aussi il n’est pas permis d’adresser en commun une invocation, même à un Vénérable, soit au cours d’un exercice à l’église ou à la chapelle, soit même dans une réunion en dehors de l’oratoire.Il ne sera pas défendu toutefois d’inviter discrètement les autres à invoquer un personnage mort en odeur de sainteté.De même avec la permission de l’Ordinaire du lieu, il est généralement admis qu’on puisse distribuer des images d’un serviteur de Dieu (ne portant aucun indice de sainteté) et des objets qui lui ont servi, pour engager les fidèles à lui marquer leur confiance.Pareillement il est permis, quand la cause d’un homme de Dieu est introduite à Rome, de prier, même publique ment, pour obtenir sa béatification.Mais il ne faut jamais l’invoquer lui-même en public ni en commun.Tant que l’Eglise ne lui aura pas conféré les honneurs de la béatification, toute la dévotion qu’on peut avoir pour un personnage mort en odeur de sainteté doit rester individuelle et privée.Notre aumônier, en priant, au Salut du T.S.Sacrement, pour la glorification de ceux qui ont établi l'Eglise au Canada, ajoute le nom de notre fondatrice apres celui de Mgr de Laval.Nous en sommes heureuses.Mais pensez-vous que ce soit permis?Nos évêques, quand ils ont enjoint des prières, au Salut du T.S.Sacrement, pour hâter la béatification des serviteurs de Dieu qui ont vécu dans notre pays, ne pouvaient exiger la récitation publique de tous leurs noms à chaque Bénédiction.Aussi n’ont-ils voulu prescrire qu’une formule brève et générale, demandant la glorification du premier évêque canadien et de tous ceux qui ont illustré l’Eglise au Canada.Par ailleurs, d’après le canon 1259 § 1, ce sont les Ordinaires des lieux qui doivent approuver, conformément aux règles établies, (( les prières à réciter publiquement et les exercices de piété à faire dans les églises et les oratoires )).On ne peut donc pas introduire, sans les consulter, n’importe quelle formule de prière à l’église.Ainsi personne ne pourrait, sans l’autorisation expresse de l’Ordinaire, prier publiquement, dans un exercice liturgique, pour la ENCORE DES FONDATEURS NON BEATIFIEES 35 beatification d’un défunt dont les procès informatifs n’ont pas même encore été commencés à la curie diocésaine.Il en est autrement quand les procès apostoliques se poursuivent en cour de Rome.L’introduction d’une cause par la Sacrée Congrégation des Rites comporte, pourrait-on dire, une invitation implicite à prier, parfois même publiquement, pour la béatification du serviteur ou de la servante de Dieu.Par conséquent, si la cause de béatification de votre fondatrice n’a pas encore été portée à Rome et surtout si l’Ordinaire n’a pas encore ordonné de commencer les procès informatifs, il est certainement défendu de prier publiquement pour sa cause, au Salut du T.S.Sacrement, sans une autorisation expresse de l’Ordinaire (qui ne sera pas toujours accordée facilement).Mais si la S.Congrégation des Rites a déjà signé le décret d’introduction de la cause de béatification d’un fondateur (ou d une fondatrice), il n’y a aucun doute que l’Ordinaire peut permettre de réciter en commun une prière, au Salut du T.S.Sacrement, pour le succès de cette cause.Comme nos évêques ont déjà prescrit une priere publique pour la béatification des serviteurs de Dieu qui ont vécu chez nous, mais sans les nommer tous, il semble legitime de conclure que la permission est déjà concédée implicitement ou, du moins, qu’elle peut se présumer légitimement d ajouter parfois a la prière prescrite le nom des nôtres dont la cause est introduite a Rome.S’il en est ainsi, la mention du nom d une servante de Dieu, sauf une défense particulière, pourrait etre faite a la fin de la formule prescrite, en ajoutant : (( spécialement de.)) Cette mention pourrait aussi être placée au milieu de la formule, par exemple, pour l’une ou l’autre fondatrice, dans les oratoires respectifs de sa congrégation : « Cœur immaculé de Marie, obtenez-nous du Cœur de votre divin Fils la glorification, sur cette terre, du Venerable François-Montmorency de Laval, (de la Vénérable Sœur Marguerite Bourgeois, ou de la Vénérable Mère d Youville, ou de Sœur Marie-Rose) et des autres serviteurs de Fieu qui ont illustré /’Église au Canada )).Est-il permis de tenir un lampion allumé devant l'image (le portrait) de notre fondatrice, vu que son procès de béatification est déjà commencé?Non.Car l’Eglise réserve aux saints et aux bienheureux 36 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES l’honneur d’avoir des lampes allumées devant leurs images ou leurs reliques.On ne considère pas cependant comme un acte prohibé, le fait d’orner le cadre de la fondatrice ou de déposer des fleurs sur son tombeau, même au jour anniversaire de sa mort, et à l’occasion des fêtes propres à l’Institut.Montréal Moïse Roy, s.s.s.COMPTES RENDUS Magner, James A., Personality and successful living.Bruce, Milwaukee.20cm.251pp.$ 2.15.Dans les personnalités du monde catholique américain, il faut reconnaître une place de première valeur à M.l’abbé Dr Magner, procureur de la Catholic University of America.Habile et très sage administrateur, il attire encore plus l’admiration par son intelligente et bienveillante sympathie dans les enquêtes qu’il mène à bonne fin concernant les peuples et pays d’Amérique latine : une âme s’enrichit à se pencher inquisitive et charitable sur d’autres âmes.Voilà pourquoi la parole de l’abbé Magner, conférencier, ravit toujours l’esprit de ses auditeurs : comme saint Paul sa caractéristique est le don de sympathie.Il donne aujourd’hui par écrit, quelques recettes psychologiques qui lui ont réussi.Comme l’écrit le Dr Husslein, S.J., le très méritant éditeur général des Bruce Science and Culture Series : « Il y a peu de mots du lexique aussi riches en signification que le mot « personnalité ».Dans un simple souffle il exprime tout ce que nous sommes, 1 homme total, corps et ame ».A cette fin, le Dr Magner veut donc présenter une psychologie pratique, populaire qui demeure sur le plan de la vie quotidienne.Il fait appel aux motifs naturels, mais sans préjudice pour les surnaturels.C’est dans ce travail ordinaire et fidèle des jours, dans les relations avec les membres de sa famille, de la société, les événements de son milieu, du monde entier, et dans une constante communication de prière avec le ciel, que s’achève la vraie personalité chrétienne sur le modèle du Christ qui voulut grandir en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et les hommes.(Le 2, 52.) Les 15 chapitres de l’ouvrage portent tous, en exergue, un texte de la sainte Écriture ; une liste d’ouvrages dont la lecture est conseillée enrichit le volume.Un très utile index de 7 pages rendra service aux éducateurs qui tiendront à analyser, avec sympathie, cet american approach towards the development of Personality and a Successful Living.Fleuris la ou l’on t’a semé, notre situation en terre américaine nous oblige à étudier, avec esprit critique et charité fraternelle, les façons de voir et de faire de nos compagnons d’armes dans le champ du Père.Le livre du Dr Magner peut excellemment servir comme début d’une telle entreprise en stratégie catholique.L’âme américaine n’est pas la nôtre, mais elle peut nous apporter de nombreux enrichissements tout comme sa bienveillance en attend de nous.Fernand Porter, O.F.M., L.C., S.T.D.Montréal BIBLIOGRAPHIE un livr€ BienmisnnT Je suis convaincu de faire une bonne action en recommandant à nouveau à toutes les communautés religieuses le dernier volume de l’auteur de LA FOI EN L’AMOUR DE DIEU qui a comme titre POUR MIEUX SERVIR DIEU, écrit tout spécialement pour elles.Ayant déjà formulé mon jugement, je présenterai une gerbe de témoignages pris à même la correspondance de l’auteur ; malgré la diversité de provenance et la variété des aspects, on découvrira le même sentiment d’approbation.Son Ém.le card.Villeneuve, arch, de Québec : « Pour mieux servir Dieu )) est encore un de ces ouvrages amoureux qui cultivent la vraie religion chrétienne.La doctrine y est sûre et clarifiante ; les applications en sont de tout instant, et relèvent l’âme pièce par pièce, si j’ose dire, dans l’union à Dieu.L’auteur y continue son apostolat pour la sanctification efficace des âmes, particulièrement dans les communautés religieuses, où l’on se nourrit avec avantage d’un enseignement à la fois si juste et si fortifiant ».Monseigneur Ph.Perrier, P.D., V.G.: « Pour mieux servir Dieu ! » nouveau volume dont le titre dessert bien la fin dernière de l’homme, telle que l’entendent la théologie, le petit catéchisme et les exercices de saint Ignace.Il peut être salutaire de rappeler à nos contemporains, distraits par une activité fébrile,ce qui demeure l’essentiel et doit faire l’objet de nos constantes préoccupations.Les infiltrations mondaines pénètrent dans nos communautés religieuses.L’indispensable ascèse (p.160), les petites fidélités (p.174) la pureté d’intention (p.188) sont tout à fait à l’ordre du jour.M.le juge J.-L.St-Jacques, de la Cour du Banc du Roi : J’ai lu en entier et mêjme relu plus d’une fois certains chapitres de « Pour mieux servir Dieu ».Cet ouvrage, fait surtout pour les membres de communautés religieuses, est aussi d’une grande utilité pour les laïques qui s’arrêtent à en méditer le contenu Ce n’est pas un livre à déposer dans les rayons perdus d’une bibliothèque, mais c’est un véritable livre de chevet.Certaines pages m’ont charmé et impressionné ; le chapitre « Face aux étoiles » est particulièrement prenant et lumineux.« J’achève de le lire, et il me plaît plus peut-être que les précédents.Le don que le bon Dieu vous a fait de traduire vos pensées et votre expérience de la vie spirituelle, s’est affermi.On vous sent très près de nous, je veux dire très compréhensive de la faiblesse humaine.Je goûte votre manière de faire suivre chaque chapitre d’un extrait d’auteur.et je vous félicite d’avoir parlé des « petites fidélités » au lieu des « infidélités » dont il est toujours question.Ne vous arrêtez pas en si beau chemin, et donnez-nous quelque chose sur l’abandon.(Une Sœur des SS.NN.de Jésus-Marie.) Montréal Adrien Malo, O.F.M.? GOUVERNEMENT LA Vie SPIRITU€LL€ Les Supérieurs, pour bien gouverner, regarderont la fin de l’état religieux.A la vie spirituelle, fin primaire, ils subordonneront la vie apostolique et corporelle.Cette triple vie fera l’objet de leur vigilance.La fin de l’état religieux, c’est la perfection de la divine charité.Les Supérieurs veilleront d’abord sur la vie spirituelle de ces personnes, consacrées à Dieu.Telle est en effet la fin primaire de tout institut religieux : primauté du spirituel.Avant tout, le bien des âmes.Toutes les prescriptions du droit canonique, dans le traité des Religieux, convergent vers cette fin.C’est pour l’atteindre que ces jeunes gens ont quitté le monde, qu’ils ont fait les sacrifices nécessaires, en disant adieu à leur famille.Leur profession, c’est l’état de perfection à acquérir.Le Religieux doit tendre à la charité parfaite, par la voie des conseils évangéliques, élevés sur le plan de la vertu de religion, grâce aux vœux publics de pauvreté, de chasteté, d’obéissance.Pour bien gouverner, les Supérieurs se rappelleront toujours ce principe.Cette vue de la fin inspirera tout leur gouvernement.Cet esprit surnaturel sera la lumière de toutes leurs directives.Ils penseront d’abord à la dignité de la personne humaine, consacrée à Dieu-Trinité, par la profession religieuse.Tout supérieur avisé n’igncre pas que chaque état de vie compte des saints, mais il sait que l’Eglise définit l’état religieux : (( La manière stable de vivre en commun, où les fidèles se proposent d’observer non seulement les préceptes, mais encore les conseils évangéliques, par les vœux d’obéissance, de chasteté et de pauvreté )>*.Tout supérieur éclairé reconnait, avec les Docteurs du moyen âge, S.Thomas et S.Bonaventure, que si la plénitude de la charité tombe sous le précepte pour tous, comme fin à atteindre, elle y astreint les Religieux, obligés qu’ils sont de tendre à cette perfection, par les trois conseils évangéliques, matière des vœux de religion.Il reconnaît avec eux, (( que la perfection consiste, non pas tant dans l’habitude de charité (habitus caritatis) que dans l’activité de cette vertu ))1 2.1.Code de Droit canonique, canon 487.2.S.Thomas, Somme Théologique, 2-2, 45. LA VIE SPlRITÜELLË 39 Le supérieur averti sait qu’il faut distinguer entre l’aspect ontologique de la perfection : pouvoir aimer Dieu, et son aspect psychologique : l’aimer et adhérer à Dieu, d’une union actuelle.Posséder un degré de charité, c’est avoir la perfection essentielle, mais la sainteté, dans la vie spirituelle, réclame la charité agissante.(( Gratia Dei mecum )) — il faut la grâce de Dieu et ma coopération.Les supérieurs ne peuvent pas, pour autant, s’immiscer dans les consciences, mais ils doivent créer le milieu et, selon le langage actuel, favoriser le climat, où s’épanouiront les vertus religieuses et les dons du Saint-Esprit.Est-ce à dire que les supérieurs commanderont des actes héroïques ?— Non, ce serait outrepasser leurs droits.Mais ils rappelleront l’idéal de la perfection et les obligations de la vie religieuse.Les supérieures des congrégations laïcales, par exemple une supérieure d’une communauté, ne peuvent induire leurs sujets à leur manifester leur conscience, surtout s’il s’agit de tentations en matière délicate.Toutefois le canon 530 du Code de Droit canonique, dans son deuxième paragraphe, ajoute qu’il n’est pas défendu aux religieux de s’ouvrir librement à leurs supérieurs et même, si ces derniers sont prêtres, il leur est utile d’aller auprès d’eux, avec une filiale confiance, pour leur exposer leurs doutes et leurs anxiétés de conscience.Il est entendu que l’accusation des fautes relève du seul ministère sacramentel, mais les sujets peuvent, par exemple, ouvrir leur cœur a un supérieur, pour lui demander conseil sur la pratique des vertus religieuses, sur l’oraison mentale, sur leurs difficultés dans leur vocation.Sans doute faut-il écarter tout abus et réserver au confesseur la direction spirituelle proprement dite.Leur charge ne confère aux supérieurs qu’un mandat extérieur et ne les autorise pas à pénétrer dans le sanctuaire des âmes.Aucune supérieure ne peut employer un moyen direct ou indirect, pour amener une religieuse à lui ouvrir sa conscience morale, mais elle est autorisée à aider ses sujets par ses conseils, par ses exhortations, au besoin par ses corrections.Elle peut éclairer, encourager, réconforter, stimuler, entraîner plus encore par la force de ses exemples que de ses pa- 40 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES roles.Elle restera ainsi dans son rôle de directrice « au for externe »; elle influencera par ses convictions la conscience psychologique, et par elle, la vie morale.Conformément au Code du Droit canonique canon 595, les supérieurs ont le devoir de veiller aux points suivants : « Que tous leurs Religieux fassent, chaque année, les exercices spirituels ; qu’ils assistent, chaque jour, à la sainte messe, à moins d’empêchement légitime ; qu’ils s’adonnent à l’oraison et pratiquent fidèlement les autres exercices de piété, prescrits par les constitutions ; qu’ils s’approchent du sacrement de pénitence, au moins chaque semaine ; qu’ils reçoivent fréquemment, et même chaque jour, la sainte communion ».Ces prescriptions canoniques atteignent immédiatement les supérieurs, et par eux, les sujets.Cette loi du canon 595 revêt un caractère médiat et indirect pour les religieux ou religieuses.Aux supérieurs incombe l’obligation de veiller à l’accomplissement des exercices spirituels, en fournissant à leurs religieux l’occasion de s’en acquitter.Retraite annuelle.— C’est à chaque religieux à faire sa retraite personnelle, mais les supérieurs en fixent la date, le nombre de jours, selon les Constitutions.Aux supérieurs de libérer leurs sujets de leurs occupations astreignantes, ou même de les convoquer dans une autre maison, s’ils le jugent à propos.Assistance quotidienne à la messe, à moins d'empêchement.— Les supérieurs doivent assurer le service religieux de leur communauté, même s’il leur faut verser, à un chapelain désigné, les honoraires suffisants, selon l’usage ou le Synode diocésain.Confession hebdomadaire.— Les supérieures remplissent leurs devoirs, en fixant, avec le confesseur ordinaire approuvé, le jour régulier des confessions.Elles doivent ensuite laisser à leurs religieuses, toute la liberté que leur concède le droit canonique : elles n’enquêteront point pour savoir si celles-ci s’adressent à d’autres confesseurs, dûment approuvés dans le diocèse, pour confesser les femmes.Car outre les confesseurs ordinaires, extraordinaire et désignés, elles n’ignorent pas le confesseur spécial et occasionnel.Si les religieuses doivent demander la permission de sortir, une fois à l’extérieur, elles peuvent se confesser dans n’importe quelle église publique. LA VIE SPIRITUELLE 41 La Communion fréquente et quotidienne.— Cette fréquence regarde la religieuse avec son confesseur.Les instructions de Rome insistent sur ce point, pour l’entière liberté de conscience.Les communions de règle ou d’usage n’ont qu’une valeur directive.A chaque religieuse le droit de s’approcher de la sainte table, ou de rester à sa place, au moment de la communion.Les supérieurs doivent veiller d’abord sur la vie spirituelle de leurs sujets.Cette vue claire de son devoir donnera, à chaque supérieur, une manière large, qui lui permettra de s’adapter à tous.Il emploiera davantage la méthode préventive.Eclaireur, évocateur d’une vie à développer plutôt que justicier, désireux de punir, il s’inspirera des grands éducateurs et des saints, heureux d’entraîner plus par ses exemples que par ses paroles.Ainsi, les supérieurs penseront d’abord à l’âme de leurs religieux ; ils assureront a tous, le temps et les moyens nécessaires, pour leur vie spirituelle, à laquelle est subordonnée la vie apostolique.Regina, Sask.Jean-Joseph Deguire, O.F.M.COMPTES RENDUS Petitot, H., O.P., Les conditions de la renaissance spirituelle : vie ascétique, vie active, vie unitive.Introduction à la sainteté.Montréal, Granger Frères, 1944.19cm.270pp.$ 1.00.De l’aveu même de l’auteur, ce livre s’adresse aux personnes pieuses qui s adonnent a 1 apostolat et qui sont quelque peu expérimentées dans les voies de la perfection.L’auteur s’inspire largement de sainte Thérèse de Lisieux, de sainte Thérèse d’Avile et surtout de saint Jean de la Croix.Avec de tels maîtres, il écrit un splendide volume sur les conditions nécessaires de toute vraie sainteté, On trouvé de belles pages sur l’oraison, sur l’amour de Dieu et du prochain, sur la communion des saints et l’apostolat.L Archeveque-Duguay, Jeanne, Fleurs vivantes.(Les Beaux albums Tavi, n.5) Montréal, Fides, 1945.25cm.ill.48pp.$ 0.25.Un album comme celui-ci fera certainement plaisir à tous les enfants et à toutes les mamans.Le texte et les illustrations prises sur le vif de toutes les phases de la vie enfantine, sont de nature à inculquer à l’enfant un bel idéal chrétien.C est une belle contribution à l’œuvre du renouveau familial.Montréal Jogues Massé, O.F.M. ACTION CATHOLIQUE Lfl J.I.C.f.€T L€S R€UGI€US€S €DUCfiTRIC€5 La Jeunesse Indépendante Catholique vient de publier le MANUEL de la J.I.C.F., 128p.Pour en donner une idée à nos lecteurs et à nos lectrices à qui nous le recommandons, nous reproduisons une tranche qui concerne particulièrement les religieuses.A.M.M.L’Église est une grande coopérative de bonheur.Elle a pour fin suprême le salut des âmes dans le bonheur du ciel.Basée sur le dogme du corps mystique du Christ elle pouisuit sa fin par la coopération de tous les membres dans « la Communion des Saints ».C’est donc essentiellement une œuvre de collaboration.L’A.C.poursuit la même fin de l’Église et de la même manière, c’est-à-dire en équipe.C’est l’union de toutes les forces organisées du bien au service de la hiérarchie dans l’œuvre de la rédemption pour en appliquer les fruits aux âmes.Oeuvre essentiellement laïque, elle requiert cependant, la collaboration de tous les membres de l’Église, donc des clercs et des religieux, chacun selon son don.Il s’agit ici de déterminer un point particulier : la collaboration des religieuses éducatrices avec la J.I.C.F.dans les écoles d’infirmières, tant sur le plan éducationnel que sur le plan de l’Action Catholique.I.— COLLABORATION La collaboration est l’entr’aide mutuelle des individus, des groupes, dès œuvres qui travaillent pour la même fin suprême, bien que souvent par des moyens différents et pour des fins particulières distinctes.C’est en ce sens qu elle doit exister dans 1 E-güse.Saint Paul le rappelle quand il compare l’Église au corps humain.La collaboration doit être réciproque.Elle suppose : 1° Que chaque individu (ou groupe) accomplit bien sa tâche propre en vue du bien commun.2° Que chaque individu (ou groupe) fournit aux autres l’aide qu’il est en mesure de leur donner et accepte l’aide que les autres lui fournit. 43 La J.i.c.f.et les Religieuses éducatrices IL — SUR LE PLAN ÉDUCATIONNEL « La J.I.C.F.au service des religieuses » 1.— Mission des éducatrices Dans les écoles d’infirmières, l’éducation des étudiantes, c’est l’affaire des religieuses.Conscientes de leur devoir d’état, elles doivent fournir à leurs élèves une formation intégrale qui tend à leur donner surtout : a) la compétence professionnelle en conformité avec la mo- rale catholique ; b) le souci de vie chrétienne intégrale ; c) le désir de rayonner partout leur christianisme ; 2.— Collaboration de la J.I.C.F.Si l’A.C.est irremplaçable, elle ne saurait cependant remplacer l’œuvre éducatrice des religieuses dans les écoles d’infirmières : au contraire elle la complète.A.— La J.I.C.F.a) ne supplée pas à la formation donnée avec tant de dévoue- ment par les éducatrices ; b) suppose cette formation dont elle bénéficie dans ses mili- tantes ; c) prolonge cette formation par son action conquérante dans l’école.B.— De plus la J.I.C.F.assure aux éducatrices une influence plus fructueuse : a) elle fait mieux comprendre le rôle spécifique des éduca- trices et des infirmières ; b) elle les rapproche en des contacts plus intimes avec échange de vues ; c) elle favorise la confiance mutuelle entre éducatrices et in- firmières ; Cependant la J.I.C.F.ne doit pas servir directement à l’exercice de la discipline dans les écoles d’infirmières : elle perdrait son orientation et nuirait à l’œuvre formatrice des religieuses.III.—SUR LE PLAN DE L’A.C.(( Les religieuses au service de la J.I.C.F.)) 1.— Mission de la J.I.C.F.Dans les écoles d’infirmières, en vertu d’un mandat de l’autorité diocésaine, l’organisation de l’A.C., c’est l’affaire de la J.I.C.F. 44 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Après entente avec l’autorité de l’école, en relation avec le centre diocésain du mouvement, et sous la direction spirituelle d’un aumônier, des dirigeantes jicistes, choisies parmi les étudiantes gardes-malades et formées suivant la mystique et la technique du mouvement ont la responsabilité entière de noyauter l’école, pour v exercer leur travail de conquête en profondeur et en etendue.Dans ce but, elles doivent : a) former un comité de concert avec l’aumônier, en vue d’or- ganiser ce travail de conquête ; b) préparer des chefs d’équipe en leur donnant la formation voulue dans des réunions régulières chaque semaine ; c) organiser des assemblées de propagande à l’occasion et des services appropriés aux besoins de l’école, pour répandre la bonne influence ; d) participer aux réunions diocésaines et aux journées d etude quand elles y sont convoquées.Elles doivent respecter la discipline de 1 ecole, se munir au besoin des permissions voulues et tenir l’autorité au courant des activités du mouvement.2.— Collaboration des religieuses En plus de la collaboration générale à la grande cause de l’A.C.par l’offrande des mérites de la vie religieuse, surtout de la prière et du sacrifice, les religieuses éducatrices des hôpitaux doivent à la J.LC.F.une collaboration particulière qui ne peut qu’être beaucoup appréciée.Voici comment elle est exprimée en résumée par Son Excellence Mgr Charbonneau dans sa lettre pastorale sur l’A.C.« Les religieuses dont les institutions comptent un personnel laïque assez nombreux, comme les hôpitaux, ou se rencontrent des gardes-malades et des domestiques, doivent favoriser chez elles l’organisation de l’A.C., en relation avec le mouvement qui convient à la condition de ces auxiliaires.Si les laïques sont en petit nombre, qu’on les dirige vers les sections paroissiales )).La collaboration des religieuses éducatrices dans les hôpitaux consiste donc à favoriser l’organisation de la J.I.C.F.et de la J.O.C.F., puisque d’après la décision de l’autorité diocésaine, ce nont les deux mouvements qui conviennent respectivement aux mières et aux domestiques de ces institutions. LA J.I.C.F.ET LES RELIGIEUSES EDUCATRICES 45 Alors que dans les maisons d’éducation scolaire, il y a nécessité pour la supérieure de désigner une assistante religieuse en dans les hôpitaux, il y a nécessité pour la directrice des G.M.de favoriser l’organisation de la J.I.C.F.dont la technique ne comporte pas la présence d’une assistante religieuse.D’après ce qui précède, on peut résumer ainsi la collaboration de la directrice des gardes-malades et des assistantes.Favoriser l’épanouissement de la J.I.C.F.dans l’école : lo en gagnant la confiance des gardes-malades.2o en agissant comme conseillère morale (( individuelle » des infirmières qui demandent des lumières.surtout en ce qui regarde la compétence et la conscience professionnelle.3o en favorisant comités, journées d’études, locaux.services.4o en répondant aux invitations des dirigeantes.Conclusion.Le succès de l’A.C.dans les écoles d’infirmières dépend de la compréhension par les religieuses et les infirmières de leur rôle respectif sur ce double terrain et de la confiance mutuelle avec laquelle elles s’acquittent de leur mission.Montréal Roger Marien, ptre.nécROLOGie R.P.Rodolphe Pomerleau, O.M.I.— R.P.Albert Blais, C.S.C.— R.P.Marie-Albert O’Neill, O.F.M.— R.P.Samuel Lemay, S.J.— R.F.Conrad, C.S.C.— RR.SS.Thérèse Martin, Maximilien Laurin, Marie-Noella Frenette, Rita de Cascia Cloutier, Marie-d’Aquilée Bronsard, Marie-Auguste Bélanger, Aquiline Jutras et Rose of the Cross, F.C.S.P.— RR.SS.Marie-Anne Élodie Lefebvre, Marie-Célinie Huot et Marie-Ida-de-Jésus Piquette, S.S.A.— RR.SS.Marie-Louisa Dubuc, Troie Lavoie, Frédette Jean, Saint-Omer-Marie Tougas, Sainte-Anne-du-Temple McNeil, Sainte-Eustelle Demers, Sainte-Marie-Oné-sime Champagne, Sainte-Croix-de-Jésus et Sainte-Marie-Agnès-de.l'Eucharistie Fontaine, C.N.D.— RR.SS.Émélie Paré, Adrienne Vincent, Fabiola Drouin, Victoria Needer et Luménée Elarvey, S.G.M.— RR.SS.Marie-de-Saint-Zacharie Valiquette et Marie-de-Sainte-Jeanne-d’Orléans Lafleur, C.S.C.— RR.SS.M.-Bernard de la Croix et Marie-Waltrude Skelley, SS.NN.J.M.— RR.SS.Sainte-Anne-de-la-Présentation Parent et Marie-de-la-Nativité Marchand, P.S.S.F.— RR.SS.M.-Louis-de-Gonzague et M.Sainte-Claire, M.O.— R.S.Saint-Rodrigue Pruneau, A.S.V.— R.S.Marie-Arsène, S.M.N.D.A.— R.S.Marie-Azilda Gin-gras, S.G.S.-H.— R.S.Ste-Fortunate Desrochers, S.M.— R.S.Marie-du-Cé-nacle Cyr, P.M.— R.S.Saint-Ignace de Loyola Parent, O.S.U.R.I.P. MEDITATION L€ CHRIST-ROI (( Pilate dit à Jésus : (( Tu es donc roi ?)) Jésus répondit : « Tu le dis, je suis roi.Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité.Quiconque est de la vérité écoute ma voix.)) (Jean, xvm, 37.) Oraison préparatoire.1er prélude.— Représentons-nous Jésus au prétoire, affirmant sa Royauté à la face du ciel et de la terre.2e prélude.— O Jésus, établissez votre règne en moi et daignez vous servir de moi pour vous gagner des cœurs.1er point.La Royauté de Jésus est toute d'amour et de miséricorde.Jésus est notre Roi.C’est en Lui, par Lui et pour Lui que tout a été créé.Il est « Y alpha et Yomega, le commencement et la fin de toutes choses )) (Apoc.22, 13).La terre est l’escabeau de ses pieds, le ciel son trône de lumière, et nos âmes son royaume préféré.Il a droit aux adorations et à l’obéissance de tous les hommes.Cependant, ce n’est pas par la force des armes qu’il entend les subjuguer.Roi d’amour, il ne contraint personne ; il veut des sujets volontaires, qui le servent par choix et par libre élection.Roi pacifique, il fait le siège des cœurs par sa douceur et son humilité, leur enseignant que son joug est doux et son fardeau léger.« Tout ce que mon Père me donne viendra à moi )) a-t-il dit ; « et celui qui vient à moi, je ne le rejetterai pas.)) (Jean, 6, 37).Or, ce que son Père lui donne, ce sont nos âmes, ce sont toutes les nations qu'il a reçues en héritage.(Ps.2, 8).Puisqu’il a promis de ne rejeter personne, venons nous jeter entre ses bras et sur son Cœur.Jésus est un Roi d’amour et de miséricorde : il a donc un faible pour les plus pauvres et les plus misérables de ses sujets.C’est à eux surtout qu’il veut distribuer ses trésors.—O Jésus, votre Cœur royal est un foyer d’amour, et le mien est si pauvre d’amour ! Je vous prie de l’embraser au contact du vôtre.Faites que je vous aime, et que mon amour vous console de l’ingratitude de tant de sujets rebelles qui ne veulent pas vous reconnaître pour leur Roi.2e point.Jésus n'est vraiment Roi dans une âme que lorsqu'il y reçoit une parfaite obéissance.Le règne de Jésus n’est pas solidement établi dans une âme, tant que cette âme ne peut dire avec le grand Apôtre : (( Ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus qui vit LE CHRIST-ROI 47 en moi.)) Nous le faisons d’autant plus Roi, que nous le laissons exercer sur nous tous les droits que cette qualité suppose.La dévotion au Christ-Roi est donc une dévotion d’obéissance et d’abandon à toutes les volontés divines.L’âme doit laisser à Jésus la liberté de commander, d’agir à sa guise, ne se réservant que la joie de l’aimer et de lui obéir.C’est alors seulement que la grâce opère en elle des merveilles de sanctification et que la vie de Jésus se substitue à la sienne.Idéal sublime, auquel nous devons tendre sans relâche.Notre-Seigneur nous y invite.Il désire établir en nous sa royauté et commander en maître dans notre petit royaume intérieur, afin d’inspirer toutes nos pensées, de régler toutes nos paroles, de diriger toutes nos démarches, en un mot, de continué-en nous ici-bas sa vie d’adorateur et de glorificateur du Père céleste.C’est par la sainte communion qu’il réalisera ce dessein d’amour.Il disait un jour à sainte Marguerite-Marie : (( Tu me recevras dans la sainte communion, et m’ayant mis sur le trône de ton cœur, tu m’adoreras en te prosternant jusqu’à terre.)) Voilà bien ce que nous devons faire : introniser solennellement Jésus dans notre cœur, lui consacrer le royaume de notre âme en présence de l’adorable Trinité, de la sainte Vierge et de toute la cour céleste.— Oui, ô Jésus, c’est bien là ce que je veux faire.Il me serait doux de vous donner le monde entier pour royaume.Mais je dois commencer par vous donner celui de mon cœur.Prenez-le, Seigneur, accomplissez en moi toutes vos volontés, et servez-vous de moi pour étendre votre beau règne d’amour et de miséricorde ici-bas.Colloque avec le Christ-Roi.C’en est fait, ô Jésus, je vous choisis librement pour mon Roi.Je renonce à me gouverner moi-même et j’abdique entre vos mains cette volonté propre qui me fait commettre tant de fautes.Gardez-vous bien de me la rendre.Si je tentais un jour de reprendre les droits que je vous cède aujourd’hui, résistez-moi ! si j’essayais de me soustraire à vos volontés, lorsqu’elles m’imposent un sacrifice, retenez-moi ! si je voulais me révolter ouvertement contre vous, oh ! brisez-moi sans merci ! Plutôt mourir que de vous offenser volontairement ! O Marie, soyez aussi la Reine de mon cœur ; c’est par vos mains maternelles que je me livre à tous les bons plaisirs de mon Roi Jésus.Obtenez-moi, s’il vous plaît, la grâce d’être fidèle à mon programme d’amour et d’abandon au prix de tous les sacrifices. 48 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Résolution.Renouveler souvent au Christ-Roi le don de ma volonté propre, le priant d’exercer sur moi tous ses droits.Offrande des résolutions.Bouquet spirituel.O Jésus, Christ-Roi, régnez sur moi, régnez sur tous les cœurs ! Priere.O Christ Jésus, je vous reconnais pour Roi universel.Tout ce qui a été fait a été créé pour vous.Exercez sur moi tous vos droits.Je renouvelle mes promesses du baptême en renonçant à Satan, à ses pompes et à ses œuvres, et je promets de vivre en bonne chrétienne.Et tout particulièrement, je m’engage faire triompher selon mes moyens les droits de Dieu et de votre Eglise.Divin Cœur de Jésus, je vous offre mes pauvres actions, pour obtenir que tous les cœurs reconnaissent votre royauté sacrée et que ainsi, le règne de votre paix s’établisse dans l’univers entier.Ainsi soit-il.([Ind.plén.1 fois par jour aux conditions ordinaires.) Montréal Une Sœur de la Providence.COMPTES RENDUS Le culte du Précieux Sang au diocèse de Saint-Hyacinthe.(Documents Maskoutains, n.18.) Saint-Hyacinthe, Société d’Histoire Régionale, 1943.19cm.ill.252pp.L’une des dernières paroles de Mgr Jean-Charles Prince, premier évêque de Saint-Hyacinthe, a été celle-ci : « Je lègue à mon diocèse la dévotion au Précieux Sang ».Depuis, cette dévotion n’a cessé de porter des fruits grâce au nouvel Institut des Sœurs Adoratrices du Précieux Sang qui, ayant pris naissance au diocèse de Saint-Hyacinthe, se répandit partout.Ce livre, écrit par une Sœur Adoratrice du Précieux Sang, fait connaître l’origine et le développement de l’une de nos plus belles communautés religieuses du Canada.Legaült, André, C.S.C.Le Père Moreau, 1779-1873, fondateur des religieux et religieuses de Sainte-Croix.Montréal, Fides, 1945.19cm.189pp.$ 1.00.Cette nouvelle biographie du T.R.P.Moreau a tout ce qu’il faut pour rendre justice au grand serviteur de Dieu.Elle est écrite par un fils spirituel à la fois théologien, historien et bon écrivain, et elle est destinée au grand public.L’auteur n’entre pas dans tous les détails de cette existence, il se contente de mettre en relief les principaux aspects de sa vie cachée, publique, souffrante et glorieuse.Ort remarque plus d’un trait de ressemblance avec la vie de N.-S.et d’autres saints: notamment le saint curé d’Ars et Don Bosco.Puisse cette nouvelle biographie faire mieux connaître cette belle figure religieuse et contribuer par là à sa glorification.Montréal Jogues Massé, O.F.M. DROIT DES RELIGIEUX L'inTermon du doiiat€ur La grande loi qui doit inspirer l’administration des biens en communauté, c’est de les faire servir à réaliser plus pleinement les fins particulières auxquelles la communauté se consacre de par la volonté de l’Eglise.En cette matière, les directives se trouvent dans la législation générale de l’Église et dans la législation spéciale de chaque communauté.Parmi les points qui doivent retenir l’attention des religieux et tout particulièrement des supérieurs, il convient de mentionner l’intention du donateur.J’en voudrais parler brièvement pour répondre à plusieurs consultations.Cette correspondance, d’ailleurs fort discrète, expose des faits variés.En telle communauté, les religieuses semblent insister plus que de raison sur le principe qu’il faut respecter la volonté des donateurs.En telle autre, ce sont des religieux qui interviennent sans autorisation auprès des bienfaiteurs, jusque là indifférents sur la destination de leurs aumônes, pour leur dicter l’intention à imposer aux supérieurs et se procurer ainsi ce qu’ils n’oseraient pas demander directement.Ailleurs, et ceci est plus grave, sous prétexte qu’ils ne sont que des mandataires, les religieux s’approprient peut-être inconsciemment mais en tout cas véritablement les aumônes offertes pour le profit de tous les religieux.Ces quelques citations suffisent à indiquer le sens de la question.Je pourrais prendre un à un ces cas multiples et y donner une solution pratique ; je préfère exposer la doctrine concernant le droit du donateur, ses fondements et les conditions auxquelles il crée une obligation pratique pour en extraire ensuite un certain nombre d’applications concrètes.* * * Un bienfaiteur peut légitimement déterminer l’usage auquel il entend destiner ses aumônes.Ainsi il peut signifier qu’il destine une somme d’argent à l’achat du charbon, des vêtements, des meubles nécessaires ou simplement utiles, à la procuration de telle commodité, à l’exécution de telle amélioration.Quand il se sert de ce droit, il est censé vouloir engager les religieux à respecter ses volontés.Si des circonstances en rendent l’accomplissement impossible, les religieux doivent normalement s entendre avec lui pour déterminer l’usage à faire des aumônes.Un ami genereux 50 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES envoie à une communauté la somme de vingt-cinq piastres afin de payer pour l’année courante l’huile de la lampe du sanctuaire ; or voilà que dans l’entre-temps, cette même communauté reçoit en cadeau la quantité d’huile suffisante pour l’année ; dans ce cas, le supérieur pourra proposer d’appliquer cette aumône à tel autre besoin : hosties, vin de messe, linges d’autel.Le plus souvent, les bienfaiteurs mettent leurs aumônes à la libre disposition des supérieurs.Malgré les apparences, cette manière de procéder n’est pas moins méritoire que la précédente : elle assure le mérite de la charité, auquel elle ajoute d’autres mérites secondaires mais non moins précieux.Abandon plus complet de ses biens, sacrifice d’un droit réel, renonciation à des préférences parfois chères, facilitation du travail de l’administration qui se complique souvent d’innombrables détails, confiance montrée aux supérieurs plus à même de connaître les besoins de leur communauté, voilà autant d’éléments qui, voulus pour un motif surnaturel, ne sauraient qu’augmenter le mérite premier de la charité.S’il convient d’admirer ceux qui par amour de Dieu et du prochain destinent leurs aumônes à une fin particulière, il ne faut pas ignorer la valeur spécialement méritoire d’une aumône remise intentionnellement à la totale disposition des supérieurs.* * * Le droit dont jouit le bienfaiteur de dicter l’usage à faire de son aumône repose sur un double fondement : d’une part, la liberté pour tout donateur de déterminer le but pour lequel il fait son aumône ; d’autre part, la libre acceptation du religieux qui, recevant une aumône destinée à une fin particulière, s’engage à s’en servir pour procurer cette fin.Comme nous le verrons, un religieux reste libre d’accepter l’aumône, mais quand il accepte il affirme implicitement vouloir se soumettre à l’intention.Soit pour remplir une promesse faite à Dieu, soit pour obéir aux exigences du culte, soit pour assurer les nécessités de la vie ou de la profession religieuse, soit pour prendre une part des charges d’une communauté, un fidèle remet une somme d’argent à un religieux qu’il prie de bien vouloir l’employer selon ses propres intentions ; c’est en quelque sorte un service qu’il demande.En acceptant cette somme, le religieux s’engage spontanément à l’appliquer conformément aux volontés exprimées.De part et d’autre, il y a échange chrétien de l’intention du donateur 51 services et de bénéfices : service du donateur qui fait l’aumône, service de la communauté qui se charge de l’intention ; bénéfice de la communauté qui reçoit l’offrande, bénéfice du donateur qui profite du dévouement de la communauté.C’est là le cas normal et parfaitement autorisé.Il prête à des abus et à des déformations.Sous toutes les modalités concrètes, l’abus consiste en ceci que de son propre mouvement et par une intervention non autorisée auprès d’un bienfaiteur, un religieux fait destiner à son profit exclusivement personnel une aumône qui en réalité eût été donnée pour toute la communauté.Fruit d’un égoïsme mesquin, ce procédé contient plusieurs manquements.Il va contre la pauvreté religieuse lésée dans son esprit, sa vertu et parfois même dans son vœu ; il va contre la franchise exigeant qu’avec un abandon filial et sans détour, les sujets manifestent leurs besoins à leurs supérieurs ; il va contre la charité dans la mesure où il cède à l’égoïsme, sans compter que pour réussir dans son calcul, le religieux s’expose à faire sur sa communauté et ses supérieurs des indiscrétions contraires à la fraternité religieuse ; il peut même aller contre la justice quand il s’agit d’aumônes sur lesquelles la communauté possède un droit acquis.Tous ces manquements, on le devine bien, ne se trouvent pas avec la même mesure dans toutes les interventions injustifiées.Bien plus, certaines interventions en sont complètement exemptes.C’est ainsi qu’un supérieur peut toujours avec le respect que méritent les droits du donateur proposer une utilisation des aumônes plus conforme aux intérêts de sa maison.De même, un religieux ne craindra pas de fournir à une personne qui les lui demande les renseignements sur les besoins de son Institut, pourvu qu’il ne profite pas de l’occasion pour faire prévaloir illégitimement ses besoins personnels.De même encore, un religieux chargé d’une fonction qui intéresse le bien commun, comme le soin de l’infirmerie, la procure des missions, la réception des visiteurs, la préfecture des études, la publication d’une revue, est en général autorisé à recommander raisonnablement son œuvre aux bienfaiteurs ; tant qu’il reste dans les limites d’une saine mesure, il ne dépasse pas les concessions du mandat qui lui est confié.Ces exemples et d’autres ne sauraient être classés parmi les abus dont on se plaint. 52 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Ces abus n’entament pas le droit du donateur.Mais pour que ce droit engendre une obligation, il doit réunir certaines conditions dont je rappelerai les principales.La première, c’est la gratuité du don fait à la communauté ou à un religieux.Il existe des biens sur lesquels en vertu d’un contrat la communauté possède un droit acquis en raison d’un travail fourni par ses religieux ; il en existe d’autres sur lesquels la communauté ne possède aucun droit parce qu’ils sont offerts gratuitement et spontanément a un religieux en particulier.Entre ces deux extrêmes se déploie une gamme de nuances qui modifient pour chaque cas le droit du donateur et l’obligation de la communauté.Voici deux règles indiscutées d’une portée générale.Si l’argent présenté est dû en vertu d’un contrat, comme le salaire des religieux enseignants, des sœurs hospitalières, le donateur, si on peut l’appeler ainsi, n’a pas le droit de réclamer que cet argent soit dépensé selon ses intentions ; s’il le fait, il commet un abus et le religieux n’est nullement tenu de s’y conformer.Ce point ne souffre pas de doutes : cet argent est dû en justice, et accepter ces intentions, ce serait introduire dans l’administration des biens temporels des religieux des influences dangereuses pour la vie des communautés.Un second point indiscutable, c’est que moins l’offrande est gratuite, moins est solide le droit du donateur à déterminer l’intention à laquelle il consacre son aumône, moins aussi est rigoureuse l’obligation qu’il crée.La deuxième condition, c’est la fermeté de la volonté chez le donateur.S’il fait son aumône à la condition expresse qu’elle soit consacrée à un usage déterminé, il oblige beaucoup plus que s’il se permet de formuler tout simplement un désir ou une invitation, des suggestions.C’est ce dernier cas qui se rencontre le plus fréquemment : en général, les bienfaiteurs font confiance aux supérieurs et ne mettent pas de limites à leur générosité.La troisième condition, c’est le respect de l’état religieux et de ses obligations.Un donateur qui, réservant ses aumônes à un religieux particulier exige l’achat d’objets expressément défendus dans la législation ou contraires à la vie commune soit pour la nourriture, soit pour les vêtements, soit pour le mobilier, exprime une intention qui ne tient pas compte de la vie religieuse et la vie l’intention du donateur 53 religieuse ne doit pas tenir compte de son intention.S’il s’obstine dans cette intention, on lui remettra ses aumônes.La quatrième condition, c’est que l’exécution de l’intention du donateur n’entraîne pas pour la vie interne ou les relations extérieures de la communauté des inconvénients sérieux.L’expérience a prouvé que la supposition n’est pas chimérique.Le jugement pratique de ce point revient en définitive aux supérieurs : parfois ils connaissent seuls les répercussions de certains actes et comme les sujets n’en sauraient exiger la révélation, ce qui léserait parfois la discrétion ou même le secret professionnel, ils s’en remettront à la prudence, à la charité et à la conscience de leurs supérieurs.* * * Sur chacune de ces conditions, je pourrais multiplier les développements ; je préfère donner quelques applications pratiques en examinant quelques-uns des cas qui ont ete soumis.Voici comment se lit le premier : « Une supérieure peut-elle permettre habituellement à ses religieuses d’accepter des honoraires de messes à leurs intentions particulières ?» Cette question insinue des complications qu’elle ne mentionne pas.En effet, si une personne veut faire célébrer une messe pour une religieuse, elle n’a qu’à en remettre l’honoraire à un prêtre, quitte à le faire savoir dans la suite à la religieuse.Mais alors pourquoi veut-elle le remettre à la religieuse elle-même ?Bien des raisons se présentent à l’esprit.Laquelle correspond à la vérité ?Peut-être la religieuse a-t-elle elle-même suggéré qu’on le lui remette afin de faire appliquer à son intention la messe de communauté et d’en retirer ainsi un plus grand profit.Ce calcul ne mérite en lui-même aucun reproche.Cependant en certaines circonstances, il est possible qu’il crée des difficultés plus ou moins sérieuses.Si alors cette pratique devient générale et habituelle, elle engendrera des embarras assez graves pour autoriser la supérieure à ne pas donner la permission requise.Le second cas est formulé en ces termes : (( Ces honoraires-étant offerts comme cadeaux pour des services rendus par les re, ligieuses dans les emplois de l’Institut ou par ses parents , 1.Canon 594 § 1. 54 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES obligent-ils rigoureusement la supérieure ?)) Distinguons.Si les honoraires sont offerts à la religieuse à titre personnel — ce qui est souvent vrai quand ils sont donnés par des parents, ce qui est possible quand ils sont donnés par d’autres personnes,—et avec la condition expresse de faire célébrer des messes pour cette religieuse, la supérieure qui accepte ces honoraires est obligée de se soumettre a cette condition.Je dois ajouter que cette obligation de la supérieure n’innocente pas une religieuse qui par des interventions injustifiées détournerait ses parents de donner de l’argent à moins que ce ne soit pour des messes à son intention.Si les honoraires sont offerts à la personne parce qu’elle est religieuse ou pour la communauté, ils sont acquis à la communauté et la supérieure en disposera selon les lois de l’Institut comme une mère aimante et dévouée.Si cependant le donateur affirme expressément et absolument que ses honoraires doivent servir à faire célébrer des messes au profit d’une religieuse, la supérieure qui accepte ces honoraires doit se soumettre à cette volonté.Elle acceptera sans doute lorsque la chose se produit modérément ; mais si elle constate que toutes les offrandes bénévoles portent cette condition, elle doit voir à ce que cette pratique ne tourne pas au détriment de la communauté.Pour n’être pas accusé de préférer les biens temporels à la messe, le corps à l’âme, le profit corporel au spirituel, j’expose les considérations qui dictent cette attitude.La plupart des communautés, pour ne pas dire toutes, comptent sur les aumônes pour faire face à leurs obligations ; c’est un fait que se permettent d’ignorer seules les religieuses dépourvues de toute expérience en matière d’administration.Or si toutes les aumônes prennent la forme d’honoraires de messes, les supérieures reçoivent des faveurs spirituelles infiniment précieuses, mais elles se trouvent aussi par le fait même privées d’un supplément indispensable.Elles vont en conséquence se voir incapables de procurer, comme elles le voudraient et le devraient, nourriture, vêtements, mobilier, soins des malades, contributions aux entreprises de l’Institut.Aux reproches qui leur seront certainement adressés, pourront-elles raisonnablement répondre : Pour suppléer à l’insuffisance de la nourriture, à la parcimonie des remèdes, je fais célébrer des messes pour les religieuses faibles de santé, malades ?Evidemment non ! l’intention du donateur 55 Si elles le font, elles passeront pour des illuminées, dépourvues de sens pratique et coupables d’erreurs de jugement.Les corps affaiblis ont besoin de prières et aussi de solides aliments ; les corps malades réclament des prières et aussi des remèdes efficaces.Remèdes et aliments s’achètent à prix d’argent fourni partiellement par les offrandes bénévoles des bienfaiteurs.Obligées en conscience de procurer à leurs sujets une honnête subsistance, les supérieurs ont en conséquence le droit de s’assurer efficacement la libre disposition des aumônes nécessaires à la bonne administration de leur communauté.Le moyen pratique d’obtenir ce résultat sera souvent suggéré par les circonstances.Voici quelques indications d’ordre général.Les consultations citées plus haut permettent de supposer, sans danger de jugement téméraire, que les religieuses dont il est question vivent dans l’illusion en ce qui concerne la sainteté ; elles conçoivent sans doute la messe à la manière d’un talisman ou d un philtre capable de les sanctifier à leur insu.Il convient d’affirmer que la sainteté n’a rien de commun avec la magie.Autrement les pauvres seraient bien à plaindre, eux qui peuvent à peine faire célébrer une messe ! Facile le salut des riches qui pourraient se contenter de faire célébrer des messes ! La sainteté exige une action plus profonde ; elle doit atteindre le cœur ; elle ne consiste pas seulement à recevoir mais aussi à donner.Recevoir les sacrements et les fruits de la messe ne fait pas entrer au ciel s’ils ne poussent pas à la donation du cœur à Dieu.Donner son cœur a Dieu, c est conformer sa volonté à celle de Dieu et quoi de plus cher au cœur et a la volonté de Dieu que la vie pleine des communautés faite surtout d’éléments spirituels, mais aussi d’éléments intellectuels, sociaux et matériels.Contribuer du mieux possible à tous ces éléments ne paraît pas indifférent à tout religieux qui tend a la vraie sainteté.'Passant à un ordre plus général, je soulignerai avec la plus grande discrétion possible, 1 affaiblissement de 1 amour filial qui doit relier tous les religieux à leur communauté.Il n’est pas rare de rencontrer des personnes consacrées à Dieu depuis de nombreuses années qui ne savent formuler que des blâmes vis-à-vis de leur communauté.Cette amertume du cœur et cette aigreur de l’esprit s’alimentent à des sources bien variées ; ce n’est pas le lieu de les énumérer; Je me demande simplement ceci : Les supé- 56 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES rieurs donnent-ils tous leurs soins à développer ces relations filiales chez leurs religieux ?Je voudrais que tous répondissent oui.Il est pourtant si facile de montrer que la communauté comme une mere aimante fait naître ses sujets à la vie religieuse, les y fait grandir, les y alimente, leur fournit tous les moyens authentiques de perfection ; que les religieux au cœur droit et loyal doivent se comporter envers leur communauté comme des fils reconnaissants, prêts à se dévouer sans compter au bien de leur Institut qui contribue si efficacement à l’avènement du règne du Christ.Enfin, à côté des vœux et des vertus religieuses, se place le devoir de tendre à la perfection, faite par essence d’amour de Dieu et du prochain ; s’il était permis de distinguer les grands et petits prochains, il faudrait que chacun classe sa communauté parmi les grands prochains.* * * Après avoir considéré dans son existence, ses fondements et ses conditions le droit du donateur à déclarer l’usage auquel il destine ses offrandes aux communautés, les applications pratiques ont amorcé quelques suggestions sur l’amour que chaque religieux doit à sa communauté.Puissent-elles éclairer les esprits, enflammer les cœurs, produire des fruits ! Montréal Adrien Malo, O.F.M.COMPTE RENDU Caillaud, Rene, Normandie, Poitou et Canada français.Montréal, Fides, 1945.19cm.121pp.% 0.75, par la poste % 0.85.L’A., né poitevin mais devenu canadien, nous offre deux travaux présentés devant les membres de la Société Historique de Montréal dont il fait partie.D’abord un mémoire sur la contribution respective des deux provinces, Normandie et Poitou au peuplement de la Nouvelle-France et à la formation du peuple canadien-français, pp.23-47.Ensuite une conférence sur les Légendes du pays poitevin et légendes du pays de Québec, pp.49-105.Les professeurs d’histoire voudront posséder ce volume dans leur bibliothèque et prendre connaissance des revendications de ce sympathique amateur d’Histoire qui tient à faire donner à sa chère province poitevine tout l’honneur qui lui revient d’avoir apporter au peuple canadien-français une très forte proportion du sang qui coule dans ses veines.des chansons et des légendes, sans oublier ces fortes vertus terriennes qui viennent équilibrer notre héritage normand des anciens Vikings.Montréal Fernand Porter, O.F.M., L.C., S.i'.D. TEXTE SPIRITUEL RéFORme D€ L’Homme irrréRieuR Chapitre Troisième : Il y a trois sortes de religieux.1.-I1 y a trois sortes de religieux : les uns bons, les autres meilleurs et les troisièmes excellents.Ils sont figurés par les trois familles des Lévites : les Gersonites, les Mérarites et les Caathithes1.Comme ceux-ci étaient choisis entre tous les fils d’Israël et consacrés au service du sanctuaire, ainsi les religieux semblent élus entre tous les fidèles de l’Eglise et voués plus spécialement au culte divin, avec cependant « des dons différents selon la grâce qui leur a été accordée )>2, et selon le zèle de chacun à croître en vertu.En effet, selon le zèle à correspondre à la grâce par la pratique de la vertu, se mesure le don de la grâce présentement et celui de la gloire éternellement.Si tu imites les vertus des grands saints, avec les grands saints tu seras placé dans la gloire ; si tu imites celle des moyens ou des moindres, au milieu des moyens ou des moindres, tu siégeras 9ternellement.Tous nous désirons les récompenses sublimes, mais peu persévèrent dans la pratique des vertus à un degré sublime.« On ne saurait atteindre une grande récompense que par de grands travaux )), dit saint Grégoire3.Il ne dit pas par de durs travaux, mais par de grands travaux, c’est-à-dire ceux qui produisent des vertus profondes, d’une grande utilité, pas nécessairement d’une grande austérité.Qui goûte au bienfait et à la douceur de la vertu ne sent guère le poids de l’effort.2.- Le premier groupe de religieux est représenté par les Gersonites.Dans les marches des Israélites, ces lévites portaient (( les tentures, la couverture de la tente et les rideaux4 » et tous les objets doux au toucher.Au repos, ils campaient derrière le Tabernacle et à l’Occident5.Le Tabernacle, c’est la vie de Jésus et ses œuvres.Ici-bas, personne ne peut le porter, c’est-à-dire l’imiter parfaitement, parce que lui « n’a pas reçu partiellement l’Esprit »6 de sainteté et de sagesse, mais toute la plénitude.(( De cette plénitude, nous recevons tous ))7, « dans la mesure que le Christ juge bon de nous accorder »8, (( l’un d’une manière, l’autre d’une autre » 9, afin de l’imiter sous tel ou tel aspect, (( jusqu’à 1.Nom 3 et 4.6.Jn 3, 34.2.Rom 12, 6.7.Jn 1, 16.3.Homélies sur /’Évangile, 37, 1.8.Éph 4, 7.4.Nom 4, 24.9.I Cor 7, 7.5.Nom 3, 23. 58 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES ce que nous soyons tous parvenus dans la patrie à l’état d’homme parfait, à la mesure de la taille qui convient au complément du Christ >d °.Là dans le ciel, chacun occupera la place correspondant à ses mérites et au zèle déployé à l’imitation de Jésus-Christ.3.- Les religieux du premier groupe refusent les exercices pénibles et austères de la sainteté, ils choisissent les faciles, prennent tout le confort corporel compatible avec le salut ; ils ne désirent rien de plus que d’éviter le péché mortel.De tels gens sont fort exposés au péché ; car, selon saint Grégoire, (( seuls se préservent de ce cjui est défendu, ceux qui se privent de ce qui est permis))* 11.«Etroite est la voie qui conduit à la vie))12, élevée aussi ; celui qui y chemine sans attention et sans entrain pose bientôt le pied dans le précipice.Cependant pour ne pas paraître peu religieux, ils leur arrivent de temps en temps de montrer une grande ferveur et de faire grand cas des observances extérieures, des institutions humaines et des civilités mondaines, des inclinations et des frappements de poitrine, des capuchons amples et des larges manches, etc., toutes choses qui constituent l’extérieur de la vie religieuse.Les Gersonites, dont le nom signifie étrangers, portaient les parties extérieures du Tabernacle, la couverture, les rideaux et les cordes.Ils figurent les jeunes religieux qui attachent plus de prix à l’observance scrupuleuse des pratiques extérieures, aussi longtemps qu’ils ne connaissent pas la valeur bien supérieure de la vertu.Sans doute, selon la recommendation du Seigneur aux Pharisiens au sujet des moindres points du Cérémonial, il faut observer les pratiques extérieures, mais sans omettre les autres, c’est-à-dire les meilleures.Quand ils dressaient la tente, les Gersonites campaient derrière elle, à l’Occident.Ainsi les religieux qui se contentent sur terre des seuls contours de la vertu siégeront dans l’éternité avec les derniers, comme au couchant du soleil au plus bas degré de la gloire.4.- La deuxième classe de religieux est figurée par les Méra-rites, qui signifient amers.Les Mérarites portaient les ais du 10.Éph 9, 13.11.Morales ou Exposition du Livre de Job, 1.5, c.11, n.17.12.Mt 7, 14. REFORME DE l’hOMME INTERIEUR 59 Tabernacle, ses colonnes et leurs socles, en un mot tous les objets rigides qui se trouvaient entre les voiles et le Tabernacle.Ces religieux mènent une vie corporelle austère, se macérant de jeûnes, de veilles et autres afflictions corporelles.Ils croient que là se trouve le sommet de la perfection religieuse.Ignorant la douceur de la vie intérieure, ils se mettent peu en peine de cultiver la vertu authentique, laquelle se trouve dans l’âme et le cœur.Sans onction eux-mêmes, ils jugent d’ordinaire sévèrement autrui et méritent bien d’être appelés amers et sources d'amertume.Comme ils tiennent le milieu dans la pratique de la vertu entre la perfection et le degré infime, dans le campement, les Mérarites se trouvaient non à l’arrière du Tabernacle, mais au côté nord moins éclairé et moins réchauffé du soleil que le midi.Aussi dans la mesure où la vertu parfaite leur a manqué, dans la même proportion leur sont mesurés l’éclat et la douceur de la gloire divine.5.- Les troisièmes religieux, les parfaits, peuvent être représentés par les Caathites, lesquels portaient le Tabernacle même, c’est-à-dire l’arche, l’autel, la table de proposition avec ses vases, le tout orné et recouvert13.Ces religieux visent à former l’homme intérieur dans lequel « le Christ habite par la foi ))14 ; ils s’entraînent dans la vertu authentique, déracinent les défauts du corps et de l’âme, combattent courageusement la colère, l’envie, l’avarice, la paresse, l’orgueil, la gourmandise, l’impureté.Ils implantent dans leur cœur les vertus opposées : l’humilité, la charité, la douceur, la ferveur, la libéralité, la sobriété et la chasteté.Ces vertus forment le véritable sanctuaire ; qui les possède est saint.Aussi le mot Caathithes signifîe-t-il patients ou bâtisseurs ; « par la patience, en effet, qui s’accompagne d’œuvres parfaites »15, ils s’édifient, et par la vertu ils se tournent comme il convient vers Dieu et le prochain.6.- Aux deux premières familles le Seigneur fit fournir des chariots pour transporter leurs charges, mais il n’en donna point aux Fils de Caath qui servent dans le sanctuaire et portent leur charge sur leurs propres épaules.Symbole significatif : dans les observances d’institutions humaine aussi bien que dans les pénitences corporelles, il doit exister une modération et jusqu’à une dispense temporaire.En ce domaine notre sacrifice, pour être 13.Nom 4, 5ss.14.Éph 3, 17.15.Jacq 1, 4. 60 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES raisonnable16, doit tenir compte du temps et du lieu ; il ne faut pas écraser le corps sous le poids du labeur.Par contre dans la vertu, il ne se rencontre pas de dispense : il n’est jamais permis d’être vicieux, hautain, dur, envieux, aigre, avare, gourmand ou sensuel.Ces charges ne se portent que sur nos propres épaules.On ne saurait s’en remettre aux vertus d’autrui, si ce n’est pour s’efforcer de les implanter en soi-même.On en voit qui désirent la société des pacifiques non pour y trouver un modèle de patience à imiter, mais pour n’être pas exercé.A quoi te sert-il de fréquenter des saints, si tu ne veux pas imiter leur sainteté ?Les objets confiés aux Caathithes étaient d’une substance dure, mais ils étaient précieux, saints et formaient l’intérieur du Tabernacle.De même la pratique des vertus spirituelles est laborieuse pour les débutants, mais elle est noble par son excellence, sainte, car elle sanctifie et intérieure, car elle se trouve dans l’âme, dans l’homme intérieur.Les Caathithes portaient leur charge recouverte d’un voile.Ici-bas, nous cheminons dans la foi non dans la claire vue17 ; nous ne voyons pas encore parfaitement l’éclat de la vertu tel qu’il est ; il nous faut l’envelopper des pratiques extérieures autant pour notre propre épreuve que pour l’exemple du prochain qui ne perçoit notre âme qu’à travers sa conduite et ses actes extérieurs.7.- De cette famille, par Amram, c’est-à-dire le veilleur de la grâce, descendaient les prêtres auxquels il appartenait de voir le sanctuaire sans voile, de le toucher et d’en remettre aux Lévites les parties que chacun devait porter.Car les prêtres eux-mêmes ne transportaient rien et au campement, leur place se trouvait à l’Orient.Si les Caathithes représentent les religieux vertueux, les prêtres figurent les contemplatifs.Seuls les vertueux parviennent à la grâce de la contemplation, en récompense de leur zèle spirituel ; ils reçoivent l’onction intérieure du Saint-Esprit et illuminés, ils entrevoient les secrets célestes, voilés aux autres.Les contemplatifs ne sentent pas l’effort de la vertu, figuré par le port des objets sacrés, parce que la douceur de la sagesse intérieure et de l’amour du Créateur change le travail en douceur.Ce sont eux qui préparent la charge pour les porteurs ; leur intelligence profonde saisit la vraie valeur des diverses observances religieuses ; 16.Rom 12, 1.17.2 Cor 12, 1. RÉFORME DE L’HOMME INTERIEUR 61 ils enveloppent ce trésor, que les inexpérimentés et les imparfaits ne peuvent voir, dans les coutumes extérieures et les pratiques corporelles et les leur distribuent selon leurs besoins.Choisis la famille à laquelle tu veux appartenir ou dont tu possèdes l’esprit.Et prends alors la charge qui te revient, c’est-à-dire observe les règles et suis la voie qui te conduira a la perfection de cet état.Il est impossible en effet de posséder un art à la perfection à moins d’en apprendre les règles et de les observer.Personne non plus ne peut devenir spirituel à moins de marcher selon l’esprit18.Chapitre Quatrième : Il y a trois degrés de perfection chez les religieux : les commençants, les progressants et les parfaits.Le bienheureux Bernard, dans son Epître aux Frères du Mont Dieu* 1, décrit trois degrés de perfection chez les religieux : les commençants, les progressants et les parfaits.Il qualifie le premier de sensible ; il est comme grossier et ne perçoit pas encore les choses de l’esprit de Dieu2, il doit surtout se consacrer à éduquer le corps, à le dompter, à le châtier et à l’empêcher de se révolter contre l’esprit comme au temps du péché où la chair dominait l’esprit.Il qualifie le deuxième de raisonnable : après avoir dompté la chair et l’avoir soumise à l’esprit, son intelligence, c’est-à-dire sa partie la plus noble, celle qui le distingue des animaux sans raison et par laquelle il l’emporte sur eux et les domine, s’applique à se connaître, à se purifier et à se rétablir dans sa dignité et sa beauté première perdues dans la honte du péché.Il qualifie le troisième de spirituel : l’esprit créé à l’image de Dieu s’élève avec la grâce du Saint-Esprit, au-dessus de lui-même et aspire à celui dont il porte l’image, pour s’y appliquer et devenir semblable par la connaissance, l’amour et la jouissance.Le premier degré conduit au deuxième et celui-ci au troisième selon la description d’Ézéchiel : (( L’édifice avait un couloir circulaire à chaque étage tout autour ; c’est pourquoi cette partie de l’édifice s’élargissait à chaque étage, et ainsi le couloir d en-bas était moins large que celui d’en-haut et le couloir du milieu en proportion des deux autres »3.Montréal Nèrée-M.Beaudet, O.F.M.18.Gai 5, 16._ .1.1.1, c.5, n.12.Les Éditeurs, dans cette note, attribuent l’Epître a Guigues le Chartreux.En réalité son auteur est Guillaume de Saint-Thierry (1147 au 1148).2.1 Cor 2, 14.3.Ez 41, 7. COnSULTATIOnS 7.Quels sont les biens qu'un profès simple peut légitimement acquérir?Au canon 580 § 1, le Code de Droit canonique reconnaît au profès simple la capacité d’acquérir des biens.Ces biens peuvent venir sous forme d’héritage, de dons à titre personnel, de fruits de ses propres biens dont avant sa première profession il a dû céder l’administration, l’usage et l’usufruit conformément au canon 569.C’est l’enseignement du Code.Mais les constitutions peuvent limiter ou même enlever cette capacité ; si elles le font, c’est aux constitutions que le Code demande d’obéir.8.Les supérieurs peuvent-ils aussi interdire de faire usage du droit concédé au canon 580 § 1 ?Le canon 580 § 1 maintient l’enseignement des constitutions particulières qui peuvent limiter ou même supprimer la capacité d’acquérir concédée aux profès religieux d’une communauté.Quand les constitutions laissent intacte la déclaration du Code de Droit canonique, un supérieur peut-il interdire à un religieux l’usage de cette faculté ?Oui pourvu qu’il ait un motif proportionné à l’importance de la donation ; ce serait le cas si l’acceptation du don devait attirer de graves ennuis à la communauté, exposer le religieux à des obligations en désaccord avec la règle, le ministère, les devoirs d’état.Dans ces cas qui doivent être consciencieusement interprétés, le religieux devrait refuser la donation, et par son intervention le supérieur ne fait que l’aider à voir et à accomplir son devoir.9.Comment peut-on savoir si une aumône est donnée à titre personnel ou à titre religieux?En général quand les fidèles donnent une aumône à un religieux, ils tiennent compte de son état religieux et ils sont censés donner pour le profit de la communauté ou parce que la personne est religieuse.Pour croire que la donation est faite à titre personnel, il faut avoir un signe particulier comme l’intention du donateur expressément formulée, la parenté, l’aversion connue du donateur pour la communauté.En cas de doute, il faut supposer que l’aumône est faite à titre religieux.Les aumônes faites à titre religieux appartiennent à la communauté ; les aumônes faites à titre personnel appartiennent au religieux si les constitutions lui permettent d’acquérir.10.Constatant la faiblesse physique et intellectuelle d'un enfant, une religieuse s'en occupe avec un zèle particulier : attention maternelle, explications supplémentaires, ménagements pour la frêle santé.Touché de cette délicatesse, le père de l’enfant envoie à la religieuse une belle récompense accompagnée de sa carte portant ces mots : En remerciement de vos services très appréciés.Ce cadeau appartient-il à la religieuse ou à la communauté?La réponse dépend de l’intention du père ; il semblerait qu’il veuille récompenser la personne à cause de sa bonté particulière et non pas parce qu’elle est religieuse.Mais parce qu’il ne le dit pas clairement, la communauté pourrait faire valoir ses droits.En vertu du canon 580 § 2, tout ce qu’une religieuse acquiert par son industrie, elle l’acquiert pour la communauté.Or le cadeau en question est bien le fruit de l’industrie de la religieuse ; il a été mérité par l’accomplissement zélé, ce qui est ordinaire chez une religieuse, d’une charge de la CONSULTATIONS 63 communauté.Aussi en pratique est-ce l’intention du père qui décidera ; de quelque manière qu’elle se manifeste, elle attribuera cette récompense à la religieuse ou à la communauté.Si elle comporte de l’indécision et ne dissipe pas toute incertitude, le cadeau sera la propriété de la communauté, en vertu de l’axiome : En cas de doute le droit de la communauté l’emporte (Cf.canon 1536 § 1).Montréal Adrien Malo, O.F.M.11.Peut-on supprimer l’usage de la clochette au Sanctus et à l’élévation dans un oratoire privé sous prétexte que cette sonnerie dérange les autres prêtres qui célèbrent en même temps ?Les rubriques du Missel (77/.VII, «.8 et VIII, n.6) et le Cérémonial (Heagy, Part.V, Sect.II, Chap.I, art.2) disent qu’il faut sonner la clochette au Sanctus et aux deux élévations.Pour les raisons alléguées plus haut, on a demandé à la Sacrée Congrégation des Rites s’il y avait aussi obligation de sonner dans les oratoires privés.Elle a répondu oui dans les termes suivants : « Campanula in missa pulsanda est etiam in privatis oratoriis » (S.R.C.14 juillet 1885, n.3638 ad 3).Depuis cette réponse les auteurs disent qu’il faut voir dans l’usage de la clochette au Sanctus et à l’élévation non pas tant une raison d’utilité pratique, v.g.avertir les fidèles, qu’un symbole.« Ce n’est pas tout d’abord pour avertir les fidèles, puisqu’on doit même la sonner aux messes privées, alors même qu’il n’y a pas d’assistants, c’est en signe d’honneur et de joie : Au Sanctus pour accompagner la louange du ciel au Dieu trois fois saint et à l’élévation pour saluer la venue de J.C.sur l’autel ».(Bernard, Cour de liturgie Romaine, T.I, p.213).On doit sonner au Sanctus et à l’élévation, dit Gavantus, « ad excitan-dos circumstantes, ad laetitiam exprimendam et ad cultum Ssmi Sacramenti ».C’est aussi ce qui explique pourquoi la S.C.R.a défendu l’usage du gong qui n’a plus la même signification (S.R.C.10 sept.1898 n.4000 ad 3).Cependant il y a des cas prévus par le Cérémonial où l’on ne doit pas sonner, par exemple durant l’office canonial, la messe conventuelle et paroissiale (S.R.C.21 nov.1893, «.3814 ad 1) ; également devant le T.S.Sacrement exposé ou lorsqu’il y a des prières publiques qui se font dans l’Église (S.R.C.11 mai 1878, n.3448 ad 2).En dehors de ces cas et d’autres moins pratiques pour nous, il faut toujours sonner la clochette au Sanctus et â l’élévation.Cependant comme font remarquer les auteurs, il n’est pas nécessaire de sonner à toute volée, il suffit d’agiter légèrement une petite clochette.Quelle faute y aurait-il à omettre cette sonnerie ?L'Ami du Clergé dit qu’il y aurait au moins faute vénielle.En tout cas on voit par la teneur des décrets de la S.C.R.que ce n’est pas une rubrique facultative, mais préceptive.La coutume contraire ne peut être tolérée.Montréal Jogues Massé, O.F.M.12.Un religieux enseignant peut-il faire de la polycopie le dimanche pendant quelques heures, soit à la gélatine, soit au miméographe, dans le but de préparer 64 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES sa classe, ou encore couvrir les cahiers de ses élèves ou des livres de classe?Peut-il de même vaquer à l'entretien d'une bibliothèque scolaire, classer les livres sur le rayons, les couvrir, poser des étiquettes, réparer les pages déchirées, etc.?Les théologiens définissent le travail servile défendu le dimanche par le précepte dominical, celui qui est immédiatement ordonné à un usage corporel, et dans lequel le corps a plus de part que l’esprit.C’est un travail d’ouvrier.Or dans l’appréciation du travail au point de vue de l’observance du dimanche, point de vue qui nous place dans l’ordre moral, il faut sans doute tenir compte de la nature du travail accompli, mais aussi du but poursuivi, et plus que du nombre d’heures qu’il exige, puisque c’est le but ou la fin qui spécifie dans l’crdre moral.Les opérations décrites dans la question posée doivent-elles être rangées dans la catégorie des œuvres défendues le dimanche ?Il ne le semble pas.C’est certain pour ce qui concerne la polycopie, car la polycopie est immédiatement ordonnée à la classe du lendemain.C’est aujourd’hui une nécessité de l’enseignement.Quant à la toilette des cahiers des élèves ou des livres de classe, on comprend qu’elle soit moins immédiatement ordonnée à la préparation intellectuelle de la classe, et pour autant moins justifiable d’être faite le dimanche.Nous en dirons autant de l’entretien de la bibliothèque scolaire.Si ces dernières opérations exigeaient un véritable travail, il vaudrait mieux le remettre à un jour de semaine.13.Peut-on en conscience bénéficier de la complaisance d'un controleur de péage à l'entrée d'un pont ou sur une voiture publique?Quand on passe sur un pont de péage ou qu’on utilise une voiture publique, tramway, autobus ou wagon de chemin de fer, on doit en conscience payer le prix du billet.Ainsi l’exige la justice commutative, de qui relève tous les contrats.L’Etat ou la compagnie qui assurent aux clients ces services publics ont le droit strict d’être rémunérés pour les frais d’exploitation.Une compagnie de transport peut bien accorder des faveurs ou des exemptions à des catégories de personnes, par exemple le certificat du clergé pour les billets de chemin de fer, mais il n’appartient pas aux contrôleurs, percepteurs ou conducteurs de faire des passe-droits.La complaisance d’un employé en ce domaine, spontanée ou provoquée, constitue une injustice envers l’État ou la compagnie, une fraude sur les revenus auxquels ils ont droit.Ottawa Raymond Charland, O.P.? LIVRAS COMPTES RENDUS DÉJÀ COMPOSÉ — 1.— Mother Cabrini.2.— Bourceau, Pour être un homme.3.— Beateman, Retraite pour religieuses.Accusé de réception.Comptes rendus Plouffe, Adrien, Hygie contre Vénus.Guerre à la syphilis ! Préface d’une mère de famille.111.de Cécile Chabot.Montréal, Les Éditions Lumen, 1945.19cm.221pp.Boudrias, Madame Georges, Hygiène familiale et sociale, suivie des soins aux bébés et aux malades.Montréal et Ottawa, Les Éditions du Lévrier, 1945.19cm.384pp.% 1.50.Barabé, Paul-Henri, O.M.L, Une pierre d'angle, Mère Marie-Zita de Jésus, fondatrice des Servantes de Jésus-Marie, 1865-1903.Avec préface de S.Ém, le cardinal Villeneuve, O.M.L, Hull, Les Servantes de Jésus-Marie, 1945.19cm.portr.311pp.Théoret, Pierre-E.', Les Vêpres du dimanche et de la Sainte Vierge, commentaire des psaumes.Montréal, Fides, 1945.19cm.219pp.$ 1.25.Centenaire des Oblats dans l’Ouest canadien.28cm.portr.104pp.Trépanier Benoit, Contribution à une recherche de l'idée de témoin dans les écrits johanniques.(Extrait de la Revue de l’Université d’Ottawa, janvier-mars, 1945.25cm.64pp.Mes Fiches.Numéro spécial : le communisme.Montréal, Fides, sept.1945.Thibault, Dom Raymond, L’union à Dieu d’après les lettres de direction de Dom Marmion.Lettre-préface de S.E.Mgr Goodier, S.J.Montréal, Granger Frères, 1945.19cm.308pp.$ 1.25.Ceux qui ont déjà lu les beaux ouvrages de Dom Marmion, v.g.Le Christ, vie de l’âme et Le Christ, idéal du moine, aimeront sans doute à prendre connaissance du présent volume.On y trouve à peu près la même doctrine, mais sous une forme plus familière.L’auteur a groupé ici la doctrine sous l’idée centrale : l’Union de l’âme à Dieu et il en a fait un traité clair et concis.Cette réimpression canadienne réjouira certainement les nombreux lecteurs de Dom Marmion.Montréal Jogues Massé, O.F.M. vient de paraître, L’ËTÂT DE GRACE par Mgr Marie-Antoine Roy, O.F.M.181 pp.— $1.00, par la poste $1.10 Éditions Fides, 25 est, rue St-Jacgues, - - Montréal SOYONS JUSTES par Jean-Baptiste Desrosiers, P.S.S.2 Vols, d’environ 300 pp.$4.50 Grand Séminaire, 2065 ouest, rue Sherbrooke, - Montréal RENONCEMENT CHRÉTIEN par Fernand Paradis, P.S.S.256pp.— $ 1.25 Grand Séminaire, 2065 ouest, rue Sherbrooke, - Montréal
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