Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • En son nom
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La vie des communautés religieuses /, 1946-02, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Vol.IV, n.6 MONTRÉAL Février 1946 SOMMAIRE DOCUMENTS PONTIFICAUX Cardinal Alexis Lépicier Lettre à S.E.Mgr Giulio Séra- fini.161 HISTOIRE Adhémar Raynault Les six premières communautés de Montréal.165 Semaine Religieuse de L'Union des Soeurs Adoratri- Ouébec ces du Précieux Sang.169 GOUVERNEMENT Jean-Joseph Deguire Moyens du gouvernement,.170 SPIRITUALITÉ Moïse Roy Suis-je digne d'amour ?.174 A.Saint-Pierre Le feu.179 MÉLANGE M.O’B.Soeur « Saint-Quelqu'un ».184 MÉDITATION Une Religieuse du L'Angélus avec la Sainte Fa- Précieux Sang mille.187 CONSULTATIONS (Voir couverture 2) COMPTES RENDUS ADMINISTRATION- C.P.1515 (PL.D'ARMES) - RÉDACTION: 3113 AVE.GUYARD MONTRÉAL CONSULTATIONS 32.Liberté de l’ordo dans les oratoires secondaires, J.Massé.33.Messe votive des saints du Martyrologe, J.Massé.34.L’oraison de l’Église et du Pape, J.Massé.35.La charge de sacristine, J.Massé.36.Études pendant le noviciat, A.Malo.La VIE des COMMUNAUTE RELIGIEUSES Publication des RR.PP.Franciscains du Canada Paraît le 15 de chaque mois, de septembre à juin, en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 1.25 par année.Cette revue est imprimée en vertu du certificat No 164 de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.Enrégistré au Canada comme matière postale de seconde classe.Rédaction : 3 113, avenue Guyard, Montréal.— 26 Administration : C.P.1515, Place d'Armes, Montréal.— 1 Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr Ulric PERRON, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général.Secrétaire : R.P.Jogues MASSÉ, O.F.M.Administrateur-gérant : M.J.-Charles DUMONT.Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Écoles chrétiennes Nihil obstat ; Imprimatur : Hadrianus MALO, O.F.M.Josephus CHARBONNEAU Marianopoli, die la februarii, 1946 DOCUMENTS PONTIFICAUX TEXTE Lettre à S.€.m3r GIULiO SGRRFini, AUMÔNIER GÉNÉRAL DE L’UnION CATHOLIQUE ITALIENNE Monseigneur, C’est avec un sentiment de vive satisfaction que le Souverain Pontife voit s’étendre et s’affermir toujours plus la collaboration des si méritantes religieuses enseignantes à l’apostolat de l’Action Catholique.On sait, en effet, comment le Saint-Père a maintes fois déclaré qu’il aimait l’Action Catholique comme la prunelle de ses yeux, comment il a voulu qu’elle soit comprise dans plusieurs Concordats et notamment dans celui qui a été conclu avec le gouvernement italien, comment enfin, à diverses reprises, il en a affirmé l’urgence, l’obligation, la nécessité.Récemment encore, dans l’Encyclique Mens Nostra sur les Exercices ou retraites spirituelles, il écrivait : « En ces temps d’immenses besoins pour les âmes, les nécessités spirituelles croissantes des peuples exigent des équipes nombreuses et choisies d’apôtres bien formés, appartenant à l’un et à l’autre clergé, et des groupes de laïques participant à l’apostolat hiérarchique et se dévouant dans les multiples sections de l’Action Catholique ».Satisfaction du Saint-Père pour le concours prêté à VA.C.par les religieuses enseignantes Le précieux concours des religieuses enseignantes ne pouvait manquer à une œuvre aussi importante.Le Saint-Père a demandé leur collaboration dans deux documents importants, que S.Ém.le cardinal Laurenti, alors préfet de la Congrégation des Religieux, adressa l’un (1er mars 1924) à la présidente générale de la jeunesse catholique féminine italienne, l’autre (21 mars 1927) à vous-même, en votre qualité d’aumônier général de l’Union catholique féminine italienne.De plus, dans un document autographe, Sa Sainteté, s’exprimait ainsi : « Avec une particulière satisfaction Nous bénissons Nos chères Filles, les religieuses si méritantes qui, à leur activité propre, savent ajouter celle de l’Action Catholique, que Nous avons déclaré appartenir désormais à la vie chrétienne et au mi- 162 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES nistère pastoral et que Nous considérons comme la prunelle de nos yeux ».Aussi rien d’étonnant que les paternelles invitations du Saint-Père aient trouvé un large accueil auprès des religieuses, toujours empressées à exécuter ses désirs et ses volontés.Je suis donc très heureux de pouvoir exprimer publiquement la satisfaction de Notre Saint Père le Pape à toutes les religieuses et particulièrement à celles qui se sont distinguées davantage, soit en offrant leurs locaux pour les journées sociales, les retraites, les exercices des jeunes filles ou des femmes de l’Action Catholique, soit en prêtant leur concours aux cercles, groupes, sections d’aspirantes, de benjamines et d’enfants catholiques, soit en orientant leurs élèves vers l’Action Catholique et en préparant les meilleures à en devenir les dirigeantes.Formation particulière à donner à ces religieuses Pour que cette formation soit toujours plus stable et plus efficace, nous nous permettons d’insister sur la recommendation déjà contenue dans la lettre du 21 mars 1927, citée plus haut, à savoir que les instructions particulières concernant l’Action Catholique, sa nature, ses statuts et règlements, doivent être données à toutes les religieuses qui s’occupent d’éducation, et que de plus un certain nombre d’entre elles doit recevoir (comme cela se fait déjà pour d’autres branches de l’apostolat et de la charité chrétienne) une formation spécialisée, et principalement une instruction catéchétique supérieure, adaptée à leur profession d’éducatrices chrétiennes de la jeunesse.Quant aux moyens de s’instruire sur tous ces points spéciaux, on les trouvera sans peine dans l’abondante littérature de l’Action Catholique.Si l’on acquiert cette connaissance de l’Action Catholique, désormais indispensable à quiconque s’occupe de la jeunesse chrétienne, et si l’on atteint cette unité de directives qui découle de l’organisation même de l’Action Catholique à base paroissiale, diocésaine et nationale, les résultats ne pourront qu’être toujours plus consolants, d’abord pour l’Action Catholique qui gagnera de nouvelles recrues bien formées, et ensuite pour les religieuses elles-mêmes : car elles trouveront ainsi un nouveau champ ouvert à leurs généreux dévouement ; elles verront assurés, même au milieu des dangers du monde, les fruits de l’éducation qu’elles LETTRE À S.E.MGR GIULIO SERAFINI 163 donnent à leurs élèves ; enfin, elles obtiendront de nouvelles vocations pour leurs Instituts, comme nous avons déjà le plaisir de la constater.Les buts auxquels vise l’Action Catholique sont si importants que le Saint-Père, dans l’Encyclique Ubi arcano Dei, a déclaré que « désormais elle appartient indéniablement à l’office pastoral et a la vie chrétienne, qu’à elle sont rattachés indissolublement la restauration du règne du Christ et l’établissement de la vraie paix, impossible en dehors de ce règne du Christ )).C’est pourquoi nous ne nous bornons pas à demander la collaboration des religieuses enseignantes, mais à toutes indistinctement, même aux contemplatives, nous demandons l’aide surnaturelle de leurs prières et de leurs sacrifices.Je suis sûr que vous pourrez toujours me donner des nouvelles consolantes sur le sujet dont je vous ai entretenu.Je m’empresserai de les transmettre au Saint-Père.Veuillez me croire votre respectueux et tout dévoué serviteur, Card.Alexis Lépicier, O.S.M., préjet.Analyse Objet : collaboration des religieuses enseignantes à l’Action Catholique.Buts : préciser la mesure et la forme de cette collaboration en vue de rendre plus stable et plus efficace la formation des jeunes à l’Action Catholique.Développement : la lettre comprend deux parties : les considérants préparatoires et l’exposé du thème.Les considérants préparatoires portent sur l’estime de Pie XI pour l’Action Catholique : Pie XI aime l’Action Catholique comme la prunelle de ses yeux ; il l’insère dans les concordats, comme celui d’Italie ; affirme à diverses reprises son urgence, sa nécessité, son obligation ; déclare son appartenance à la vie chrétienne et à l’office pastoral.Ils portent aussi sur l’expression publique de la reconnaissance de Pie XI pour la collaboration donnée à l’Action Catholique par les religieuses enseignantes : elles ont prêté des locaux pour journées sociales, retraites, exercices ; elles ont fourni leur concours aux cercles, aux groupes, aux sections d’aspirantes et de benjamines ; elles ont orienté les élèves vers l’Action Catholique ; elles ont préparé les meilleures élèves à devenir dirigeantes.Après ces considérants préparatoires, l’auteur passe à l’exposé du thème dont il définit l’objet, les moyens, les qualités, les résultats.L’objet comporte pour toutes les religieuses qui s’occupent d’éducation des instructions particulières sur la nature, les statuts et les règlements de l’Action Catholique ; de plus, il comporte pour un certain nombre d’entre elles une formation spécialisée et principalement une instruction catéchétique supérieure adaptée à leur profession d’éducatrices chrétiennes de la jeunesse. 164 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Les moyens de cette instruction se trouvent facilement dans l’abondante littérature de l’Action Catholique.Les qualités de cette connaissance : elle est indispensable à quiconque s’occupe de la jeunesse chrétienne ; elle doit atteindre cette unité de directives qui découle de l’organisation même de l’Action Catholique.Les résultats sont multiples : L’Action Catholique gagnera de nouvelles recrues, les religieuses trouveront un nouveau champ à leur dévouement, assureront les fruits de leur éducation, obtiendront de nouvelles vocations pour leurs Instituts.Affirmations à retenir: plusieurs affirmations de cette lettre doivent être retenues.La première, c’est que l’Action Catholique appartient à la vie chrétienne et au ministère pastoral ; la deuxième, c’est que l’Action Catholique s’organise sur une base paroissiale, diocésaine et nationale ; ce sont là clairement énumérés les trois degrés de l’organisation en Action Catholique ; la troisième, c’est l’invitation répétée de Pie XI aux religieuses enseignantes à s’occuper de l’Action Catholique ; la quatrième, c’est la phrase de Pie XI insérée dans un document autographe : « Avec une particulière satisfaction, nous bénissons nos chères filles, les religieuses si méritantes qui, à leur activité propre, savent ajouter celle de l’Action Catholique.» Montréal ' Adrien Malo, O.F.M.COMPTE RENDU Bourceau, E.-P., Pour être un homme.Aux Jeunes Gens du XXe siècle.Paris, Téqui, 1923.Réédition canadienne Montréal, Granger Frères, 1945.19cm 336pp.$ 1.00, par la poste $ 1.00.Cette réédition canadienne de conseils à des Jeunes Gens du XXe siècle peut enrichir le rayon de nos bibliothèques de livres de formation et de culture pour les élèves d’âge avancé.Il pourra figurer près des ouvrages Toth, Pradel, Rigaux, Sertillanges, Jourdan, de Courberive, Découd, sans toutefois en avoir la valeur.Pour être un homme date de 1923, mais nous ne saurions dire qu’il a trop vieilli encore que nos jeunes préfèrent un autre style.En effet, si les axiomes et les règles de vie des hommes célèbres leur peuvent servir, les appels aux valeurs profondes les compromettent autrement dans leur éducation personnelle, dans le service rayonnant envers autrui.Les chapitres aimer et se vaincre disent suffisamment que le volume s’adressent « aux grands ».Tous les autres chapitres, vouloir, savoir, croire, agir, pourront faire du bien aux grandes jeunes filles comme aux jeunes gens.Les maîtresses des grandes feraient bien de lire les chapitres aimer et se vaincre afin de connaître ce qui s’écrit sur et pour les jeunes gens.Elles sauront à l’occasion éclairer leurs « grandes » : que ne peuvent pas demander celles-ci à une maîtresse qui a su gagner toute leur confiance ?Fernand Porter, O.F.M., L.C., S.T.D.Montréal HISTOIRE Les six premières Communautés de ITIontréal Le 18 mai 1942, Montréal fêtait le troisième centenaire de sa fondation.Le Comité des fêtes visita les six premières communautés de Montréal.M.Adhémar Raynault, maire de la ville et président de la Commission du troisième centenaire prononça les allocutions qui suivent.L’Hôte l-Die u C’est toujours un grand plaisir pour moi de revenir dans ces murs.Aujourd’hui encore, les circonstances veulent que nous venions rendre hommage à une communauté si intimement liée à la fondation de Ville-Marie que nous l’associons naturellement à ces manifestations du souvenir.Cette maison où la fidélité à l’esprit de Jeanne Mance s’est perpétuée et où les leçons de son enseignement religieux font loi a rendu d’énormes services depuis trois siècles.Nous soupçonnons les trésors, pleins de signification, qui s’accumulent ici recueillis avec une minutie dont seules des religieuses ont l’art.Toutes ces petites choses qui en rappellent tant de grandes sont conservées, nous n’en doutons pas, avec soin et, tout en restant la propriété de l’hôpital, nous les considérons comme faisant partie de notre patrimoine historique.Notre ville ne pouvait pas ne pas se souvenir et la Commission du Troisième Centenaire, que j’ai l’honneur de présider et dont les membres m’accompagnent, a voulu vous rendre un témoignage particulier en réservant sa première visite à la doyenne de nos institutions de bienfaisance.Pour tous les bienfaits dont nous vous sommes redevables, nous vous offrons ce témoignage dont les quelques mots disent tout ce que les coeurs sentent.Hommage à Jeanne Mance ! Hommage aux religieuses Hospitalières de l’Hôtel-Dieu ! Congrégation de Notre-Dame Nous saluons en ce jour de liesse la venue d’une noble fille : Marguerite Bourgeoys.Au don de soi sans compter, cette personne de bien ajoute le don à notre ville d’une grande œuvre remarquable dont les trois siècles d’existence témoignent du pur idéal qui l’inspire.On pourrait presque dire que la Congrégation 166 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES de Notre-Dame, à l’exemple du Sauveur, est née dans une étable puisque c’est dans un aussi modeste réduit que s’ouvrit la première école annonciatrice de la naissance d’une multitude d’autres.C’est une œuvre bien nôtre par son inspiration essentiellement canadienne et par la part prépondérante qu’elle a prise, au cours des siècles, à la formation de notre jeunesse féminine.Ville-Marie ne pouvait pas ne pas penser, en cette fête du Ille Centenaire, à cette communauté dont le mérite est si grand que c’est plus qu’un parchemins qu’il me faudrait remettre au nom de la ville et de la Commission du Ille Centenaire, que j’ai l’honneur de présider et dont les membres distingués m’accompagnent.Je vous prie d’accepter ce document qui attestera notre reconnaissance pour l’œuvre inestimable qu’accomplit à Montréal votre grand institut.Honneur à Marguerite Bourgeoys ! Honneur à ses très dignes filles ! Les Franciscains Nous éprouvons beaucoup de plaisir à venir saluer la grande famille franciscaine qui, pour ne pas faire de bruit, n’accomplit pas moins une œuvre d’importance.Dans cette visite, nous voulons rappeler les dignes fils de saint François, vos devanciers : les Récollets qui sont venus se dépenser sans compter pour répandre les lumières de la foi.Héritiers de leur zèle, vous avez multiplié les œuvres dans notre ville et, dans l’ombre du monastère, s’accomplit, avec cette simplicité évangélique qui vous caractérise, un travail religieux et social qui se traduit par de nombreuses brochures, revues, livres, etc., qui sèment à tout vent la saine doctrine.Ville-Marie, devenue Montréal, ne pouvait manquer de reconnaître ces bienfaits et, en son nom, par l’intermédiaire de la Commission du Ille Centenaire, que j’ai l’honneur de présider et dont les membres distingués m’accompagnent, il m’est agréable de vous remettre cette enluminure en guise de reconnaissance.Les Sœurs Grises En 1737, Ville-Marie voit s’ajouter à ses œuvres religieuses et sociales une communauté qui les résume pour ainsi dire puisque nous y voyons toutes les formes de la charité s’allier à l’enseignement. LES SIX PREMIÈRES COMMUNAUTÉS DE MONTRÉAL 167 Votre communauté, s'inspirant de l’esprit de votre mère fondatrice, a depuis au delà de deux siècles dépensé un zèle magnanime au bénéfice de notre ville et s’est ainsi créé un titre tout particulier à la gratitude de Ville-Marie devenue Montréal.Il n’est aucun champ de l’apostolat auquel Mère de la Jem-merais n’ait voulu dévouer ses filles spirituelles et nous pouvons constater avec quelle admirable grandeur d’âme elles ont répondu à l’impulsion donnée.Révérende Mère Supérieure, veuillez accepter cette enluminure qu’au nom de la ville reconnaissante, par l’intermédiaire de la Commission du Ille Centenaire que j’ai l’honneur de présider et dont les membres distingués m’accompagnent, il m’est agréable de vous remettre.Nous espérons que vous y verrez le signe de notre gratitude pour deux siècles de bienfaits.Les Jésuites Les ardents apôtres que sont les Jésuites sont venus à Québec dès 1625.Toujours mûs par le zèle apostolique qui les caractérise, il n’est pas surprenant de les trouver à Ville-Marie tout au début.Les nouveaux arrivés furent heureux d’assister à une première messe, sur l’île, célébrée par le Père Vimont.Nous n’ignorons pas la lourde tâche qu’ils ont assumée de pourvoir à l’administration religieuse de la paroisse, à la direction spirituelle de l’hôpital et des Sœurs de Notre-Dame, au début.Depuis, nous leur sommes redevables de beaucoup pour le développement qu ils ont donné à nos maisons d’enseignement.Il m’est impossible de relater convenablement en quelques minutes ce que la Compagnie de Jésus a fait pour Montréal, mais je tiens a dire que nous devons énormément aux Jésuites dont la rormation méthodique a mis sur pied des institutions si fortes qu’elles ont contribué à l’éducation sociale et religieuse de toutes les catégories de Montréalais.Ce modeste hommage, présenté, en ce jour du souvenir, par la ville et la Commission du Ille centenaire, que j’ai l’honneur de présider et dont les membres distingués m’accompagnent, vous dira que Montréal a officiellement reconnu la précieuse contribution des fils de saint Ignace au prestige de notre métropole. 168 la vie des communautés religieuses Les Sulpiciens En ce jour du Troisième centenaire de Ville-Marie, la ville de Montréal, par l’intermédiaire de la Commission du Ille centenaire, que j’ai l’honneur de présider et dont les membres distingués m’accompagnent, a voulu vous rendre cette visite où ils éprouvent beaucoup de plaisir à saluer les dignes fils de monsieur Olier, bienfaiteurs insignes de notre ville.Nous devons aux Sulpiciens, en plus de la premiere ecole de garçons, une quantité d’œuvres remarquables qu’il serait trop long d’énumérer dans ce court passage.D’ailleurs, nous avons tous à la mémoire l’hommage qui leur fut rendu, avec une spontanéité digne de leur dévouement, l’automne dernier.Si tout n a pas ete dit, qu’il suffise d’affirmer que notre reconnaissance grandit de jour en jour à mesure que de nouvelles pages de 1 histoire de cette compagnie se publient.Pour ajouter aux témoignages de notre population, déjà exprimés, il m’est très agréable de vous presenter cette attestation de gratitude que vous décerne notre ville en ces jours de fetes ou elle vous associe au souvenir de ceux qu elle honore.COMPTE RENDU LariviÈre, Jacques, La réforme de l'enseignement de la philosophie, en France.(Coll.Philosophie et Problèmes contemporains, n.5) Montréal, Éditions Fides, 1945.20cm.135pp.$ 1.25, par la poste % 1.35.L’auteur veut montrer que les causes profondes qui ont conduit la France à la catastrophe de 1940 sont à chercher d’abord et avant tout dans le manque de formation philosophique, pour ne pas dire dans la déformation de 1 esprit par l’enseignement de la philosophie.En effet, désireux de tuer le sentiment religieux et de servir leurs fins égoïstes, des franc-maçons et des hommes d état ont imposé aux lycés et aux Universités des programmes où les systèmes à l’honneur étaient ceux de Descartes, Spinoza, Kant, Nietzche et Durkheim.D’où la formation d’une génération de sceptiques et d’athées.Après avoir rappelé 1 importance de la saine philosophie et montré les lacunes qui existent dans les pro grammes actuels l’auteur nous présente un double plan de réforme.Paru à Paris en 1943, cet ouvrage a déjà connu en France cinq éditions en l’espace d’un an.Même si le problème de l’enseignement de la philosophie ne se pose pas chez nous, ce livre peut servir de guide à notre classe intellectuelle.Jogues Massé, O.F.M.Montréal HISTOIRE L'Union des Soeurs Adoratrices du Précieux Sang La supérieure, le conseil et les Religieuses Adoratrices du Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ des diocèses de Saint-Hyacinthe, Prince-Albert, Gravelbourg, Joliette, Sherbrooke, Nicolet, Saint-Boniface et Ottawa, du consentement de leur Ré-vérendissime Ordinaire respectif, ont demandé à la Sacrée Congrégation des Religieux que leurs Monastères, l’autonomie de chacun étant respectée, se groupent dans une Union sous le titre de (( Monastères des Religieuses Adoratrices du Précieux-Sang de N.S.J.C.de l’Union de Saint-Hyacinthe », sous la direction d’une seule Supérieure Générale, avec un conseil dont les droits et les devoirs ainsi que les relations entre les divers Monastères seraient régis par des constitutions particulières, afin de mieux assurer la formation des sujets, le gouvernement des communautés et le développement des œuvres.Ce qu’ayant considéré, la Sacrée Congrégation des Religieux, après avoir tout examiné, et tenant compte, en particulier, du consentement des religieuses et de l’avis des Ordinaires intéressés, a donné à Son Excellence Révérendissime Mgr le Délégué Apostolique au Canada la faculté d’inaugurer ladite Union avec la Maison-Mère dans le diocèse de Saint-Hyacinthe.De plus ladite Congrégation, ayant statué que la nomination de la première Supérieure Générale et de son conseil se ferait soit par le chapitre des élections, soit directement, pour cette fois, par le Délégué Apostolique au Canada, et, d’autre part, les Supérieures des Monastères intéressés, du consentement de leurs religieuses, ayant à l’unanimité exprimé le désir que ce premier choix se fasse par le Délégué Apostolique, Son Exc.Mgr le Délégué Apostolique a choisi, pour trois ans, le conseil général suivant : Supérieure Générale : Rév.Mère Marie-Emmanuel, du Monastère premier de Saint-Hyacinthe.Conseillères : Sœur Marguerite-Marie, du Monastère de Sherbrooke ; Sœur Cécile de Jésus, du Monastère d’Ottawa ; Sœur Sainte Couronne de Jésus, du Monastère de Prince-Albert ; Sœur Aurélie de Jésus, du Monastère de Gravelbourg.Secrétaire Générale : Sœur de l’immaculée Conception, du Monastère de Joliette.Econome Générale : Sœur Thérèse de Jésus, du Monastère de Saint-Boniface.Québec Semaine Religieuse de Québec. GOUVERNEMENT moyens De GOUveRnemem Pour bien gouverner, les Supérieurs après avoir considéré la double fin spirituelle et apostolique, emploieront les moyens pour l’atteindre : moyens généraux et personnels, moyens canoniques et officiels.Parmi les premiers, se placent l’exemple et la prière.Le gouvernement religieux est une œuvre dont la fin primaire excède la nature.Or pour toute action surnaturelle, la grâce est nécessaire.La prière obtient ce secours divin.Tout supérieur doit être un homme d’oraison.Avant tout, prière liturgique, oraison mentale, union au Saint-Esprit, qui infuse les vertus avec les dons : - dons de sagesse, d’intelligence, de science, qui perfectionnent les vertus de foi, d’espérance, de charité et font progresser dans la vie intérieure ; dons de crainte, de piété, de conseil, de force, qui soutiennent le supérieur dans sa vie intérieure et son action apostolique.Pour rester homme de Dieu, « Homo Dei », le supérieur entretiendra et développera sa vie intérieure, par la fidélité à ses exercices spirituels, par son amour de la vie liturgique, cette grande prière du Corps Mystique, l’Eglise, par sa sincère dévotion au Verbe Incarné dans sa Passion et son Eucharistie, par sa piété filiale envers Marie Immaculée, Médiatrice des grâces, et envers les saints fondateurs ou protecteurs de son Institut.A l’exemple des Saints, le supérieur priera pour ses religieux et par ses ferventes oraisons, soutiendra la maison et les œuvres à lui confiées.Tout supérieur, même sans en avoir une stricte obligation, se fera un devoir de présenter à Dieu des prières spéciales pour les âmes dont il a la charge.Il offrira volontiers par exemple, le vendredi, au Sacré-Cœur, une communion réparatrice ; le samedi, une prière à Marie, mère de notre vie surnaturelle.A ce moyen de la prière, le supérieur joindra celui de l’exemple.Il sera pour ses sujets, comme une règle vivante.Ses actes appuieront ses paroles : « Verba movent, exempla trahunt ».Ainsi un professeur trace-t-il, au tableau, les figures de ses démonstrations afin que ses élèves saisissent mieux ses explications ; Jésus commence par agir avant d’enseigner.(( Je vous ai donné l’exemple, afin que vous fassiez ce que j’ai fait moi-même ». MOYENS DE GOUVERNEMENT 171 Un supérieur doit à ses sujets l’exemple des vertus, surtout des observances communes, une humilité pleine de mansuétude, une conduite sérieuse.Le supérieur suivra la vie régulière pour la nourriture, le vetement, le travail.Si un supérieur, en bonne santé, se ménage comme un malade, il inspirera aux autres les memes goûts.Si dans la maladie au contraire, il se refuse les soins nécessaires, il intimidera ses sujets.Un supérieur pratiquera l’humilité, sans se prévaloir de sa charge.Il montrera au contraire qu’il redoute la responsabilité et ne l’exerce qu’à regret, désireux d’obéir plutôt que de commander, convaincu que les autres sont plus dignes d’un tel emploi.Un supérieur qui donne 1 exemple de l’humilité, de la douceur, de la patience, de la mortification dans le travail, n’aura guère besoin de longues exhortations, pour entraîner ses religieux dans le chemin de la perfection.Il se rappellera que ses sujets ont l’œil sur sa conduite et sur ses démarches.Le supérieur est comme un phare qui éclaire et qui guide dans la bonne voie : l’exemple vaut plus que la parole.Celle-ci passe, celui-la entraîne.Outre ces moyens privés et personnels, le Supérieur emploiera aussi les moyens canoniques et officiels : la législation, le conseil, le chapitre.La législation comprend la Règle, les Constitutions, les Ordonnances, le Directoire, le Coutumier, le Cérémonial.Ce sont les lois positives approuvées par l’Église, pour régir l’Ordre ou l’Institut, la Province, le couvent, les rites dans les fonctions liturgiques et le culte divin.La Regie, dans les grands Ordres, est moins un code de loi qu’un esprit vivifiant.A part la règle de S.Basile, en Orient, on compte en Occident celle de S.Augustin, de S.Benoît, de S.François.Les Constitutions donnent à l’Ordre, ou à l’Institut, ses lois generales, qui adaptent la règle aux circonstances de temps, ou vivent les religieux.Les Ordonnances appliquent ces Constitutions générales aux lieux particuliers de chaque Province.Le Coutumier descend dans les details de la vie de chaque couvent.Le Cérémonial indique les prescriptions liturgiques dans les fonctions sacrées.Le supérieur éclairé réserve à Dieu seul le culte de lâtrie, à la T.S.Vierge celui d’hyperdulie, et aux Saints celui de dulie.Il conserve et inspire pour la règle et pour la législation ecclésiastique, un respect plein de connaissance et d’amour.Il reconnaît que le religieux n’est pas fait pour la Règle, mais la Règle pour le 172 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES religieux.Il se rappelle cette sage remarque du restaurateur de l’Ordre Dominicain en France, le P.Lacordaire : « La Règle n est pas une borne, c’est un phare ».A cette lumière de la loi, le supérieur marche et dirige.Il n’en est pas entrave, mais éclairé.Ces lois données par de saints fondateurs, approuvées par l’Eglise, sont dignes de tout respect.C’est la regie qui a forme ces fervents religieux, ces saints qui ont illustre 1 Ordre ou 1 Institut, qui ont collaboré à l’œuvre de sanctification des âmes dans 1 É-glise.Les supérieurs adaptent, avec sagesse, cette loi aux circonstances de personnes, de temps, de lieux, et obtiennent ainsi les mêmes effets de sainteté personnelle et d’action apostolique.Le Conseil joue, pour ainsi dire, le rôle d’impondérable.On ne voiç pas toujours d’où procèdent certains effets appréciables.La réflexion fait comprendre que l’Esprit-Saint a éclairé, dirigé les supérieurs dans leurs décisions.C’est par son Conseil, réuni chaque mois, que le supérieur revoit le passe, en contrôlant et en signant les registres de l’administration.Il prévoit l’avenir, en décidant, de l’avis ou du consentement de ses conseillers officiels, les questions en litige, pour le bien commun.On a dit .« Gouverner c’est prévoir ».Les conseillers sont les yeux du supérieur.Ils forment avec lui le délibératif.Ils ne doivent pas s’immiscer dans l’exécutif.C’est au supérieur qu’il appartient d’exécuter, en temps et lieu, les décisions prises par le Conseil.Les actes du Conseil, entrés dans un registre par le secrétaire, approuvés après lecture et signés par le supérieur et ses conseillers, constituent une base fixe, pour maintenir l’esprit de suite dans le bon gouvernement : point très important pour le maintien des usages et pour l’esprit de pauvreté.Que de changements seraient évités, si on consultait les décisions des prédécesseurs, avant de faire de nouvelles acquisitions ou des modifications dans les locaux, les portes, les fenêtres ou le système de chauffage ! Si la supériorité ne se présente pas comme une pure bureaucratie, elle offre néanmoins un aspect administratif.Les bureaux, les filières, l’organisation sont nécessaires.Le supérieur doit savoir se faire aider.Il faut la division et la distribution du travail.C est en Conseil que les officiers et les aides seront ordinairement désignés.Cette administration sage procurera l’ordre, la stabilité.Elle s averera un principe de progrès, un esprit vivifiant.Le supérieur, libéré en partie du matériel, pourra intensifier le spirituel.Comme un chef MOYENS DE GOUVERNEMENT 173 éclairé, à tous les membres de sa communauté, il imprimera pour le bien de tous un mouvement coordonné.Dans cette subordination et coordination, tout est fixé selon l’ordre, le temps, la place désirables.Un officier préside à chaque fonction.Le secrétaire tient la correspondance à flot.Ainsi le supérieur connaît ses religieux, leurs nécessités, leurs aptitudes.Il reste en contact avec les bienfaiteurs, les oeuvres du couvent, du district.Il rayonne pour procurer le bien commun.Le général Foch disait : « Montrez aux soldats le but à atteindre, indiquez les moyens dont ils disposent et vous verrez qu’ils feront merveille.» Le Chapitre.La réunion capitulaire est encore un moyen officiel du bon gouvernement religieux.Il aide le supérieur à maintenir la ferveur et l’esprit d’unité dans sa communauté.Cette assemblée comporte des prières pour les bienfaiteurs, la coulpe, ou l’accusation personnelle des manquements extérieurs, des avis, des directives, une bénédiction.C’est le chef, le père de la famille religieuse, qui par sa parole, éclaire et guide vers le but : la perfection à atteindre, et son rayonnement : la vie apostolique des œuvres.Ainsi le chapitre porte-t-il avec lui son efficacité.Les religieux n’attendent pas du supérieur un sermon en forme, mais plutôt, des avis, des conseils, une exhortation, des directives, des encouragements pour une plus haute perfection.Une série sur la législation, sur la règle, sur les Constitutions, sur l’histoire de l’Ordre ou sur l’esprit de l’Institut sera parfois goûtée et souvent profitable.Ces moyens sont distincts mais non séparés.Le supérieur surnaturel pénètre, de sa fervente oraison, la trame de son administration.La vie spirituelle est l’âme de son conseil, de ses chapitres.Les exemples de vertus imprègnent tous les actes de sa vie quotidienne et empêchent ses sujets de s’enliser dans l’ornière de la routine.Tout supérieur, par l’emploi consciencieux de ces différents moyens, gouvernera sa communauté, en s’appuyant sur la Règle, guidé par son Conseil, dirigeant d’une main douce et ferme, ses religieux, dans les voies de la perfection, gage de la vie apostolique.Règina, Saskatchewan Jean-Joseph Deguire, O.F.M. SPIRITUALITÉ SUIS-J6 DiGne D’fimouR ?Beaucoup d’âmes ferventes s’inquiètent et se demandent perpétuellement si Dieu est content d’elles.Assez souvent cette crainte a son départ dans la lecture ou l’audition d’un texte scripturaire mal appliqué ou mal compris.Parmi ces textes il en est quatre tout particulièrement qui ont troublé bien des âmes craintives, mais qu’il suffit de présenter sous leur vrai jour, pour les dépouiller de leur aspect terrible et même pour les changer en nouveaux motifs d’espérance.Il ne sera donc pas inopportun de les étudier pour en connaître le véritable sens.Personne ne sait, dit la Sainte Ecriture, s'il est digne d'amour ou de haine, Eccl 9, 1.Et dans un autre endroit, Eccli 5, 5 : Ne sois pas sans crainte à Végard du pardon du pêché.Et dans le Nouveau Testament, l’apôtre S.Paul : Je ne me sens coupable en rien ; mais je ne puis pas pour cela me regarder comme juste, celui qui me juge, c'est le Seigneur seul, 1 Cor 4, 4.Enfin, le Concile de Trente a défini que nul, à moins d’une révélation spéciale, et par une faveur toute gratuite et extrêmement rare, ne peut être certain qu’il est en état de grâce et au nombre des prédestinés à la gloire, Sess.6, c.12.En présence de ces textes formels, qui donc peut se croire certainement en état de grâce, et chacun ne doit-il pas toujours trembler pour son salut éternel ?— Non ! Outre que nous devons mettre toute notre confiance en Dieu et compter sans cesse sur sa miséricorde qui ne peut jamais manquer de répondre à nos bonnes dispositions, il nous faut avouer qu’aucun de ces textes ne renferme de menace qui puisse effrayer une âme désireuse du bien.Pour nous en convaincre, il n’y a qu’à les lire dans le contexte où ils sont encadrés, tant dans l’original hébreu que dans la traduction latine de la Vulgate.Lisons donc ces textes en compagnie d’un maître le R.P.Ch.de Smedt, S.J.Notre Vie Surnaturelle, t.II, p.447 ss.a) Le texte de l’Ecclésiaste 9, 1-2 est conçu en ces termes dans l’original hébreu : Les justes et les sages et leurs œuvres sont dans la main de Dieu ; NI L’AMOUR NI LA HAINE NE SONT CONNUS DES HOMMES ; tout est devant eux.Tout arrive également à tous ; même sort pour le juste et pour le méchant.Ce qui arrive à l'homme bon arrive au pécheurb Et dans la Vulgate : Les SUIS-JE DIGNE D’AMOUR ?175 justes, les sages et leurs œuvres sont dans les mains du Seigneur.L’HOMME NE SAIT PAS S’IL EST DIGNE D’AMOUR OU DE HAINE ; mais tout demeure incertain -pour l'avenir, car tout arrive également au juste et à l'impie.il en est du juste comme du pécheur.Comme le dit fort bien un savant commentateur, Le-sêtre, L'Ecclésiaste, p.157, « le sens littéral [du texte] est celui-ci : des peines et des joies que nous envoie la Providence, nous ne pouvons pas conclure que Dieu est mécontent de nous, par la raison qu’il n’est point obligé à traiter, dès ce monde, chacun suivant son mérite.Les justes et les sages sont dans sa main ; il agit avec eux à sa guise, et les accidents qui atteignent les autres les atteignent eux-mêmes ».Il n’est donc pas question là de l’état de grâce ni de la prédestination à la vie éternelle.Et donc ce texte, loin d’être un sujet d’épouvante, devient au contraire un motif nouveau d’espérer, en nous apprenant à ne jamais voir un signe de réprobation dans les contretemps qui ne peuvent manquer de nous survenir.b) D’autre part le texte de l’Ecclésiastique 5, 4-8 ne s’applique, dans son sens littéral, qu’au pécheur endurci et présomptueux, qui compte sur la miséricorde de Dieu, sans se mettre en peine de la mériter par un sincère repentir et par un bon propos.Voici comment il est formulé dans l’original hébreu : 4.Ne dis pas : J'ai pêché et que m arrivera-t-il [de fâcheux] ?car Dieu est longa-nime.Ne dis pas : Le Seigneur est miséricordieux, et il effacera toutes mes iniquités.5.NE SOIS PAS ASSURÉ DU PARDON-pour te permettre à'ajouter pêché sur pêché.6.Tu dis : les miséri, cordes de Dieu sont grandes : il pardonne mes nombreux pêchés.[Tu t’abuses ;] car la miséricorde et la colère sont [également] en lui, et son courroux tombe sur les impies.7.Ne tarde [donc] pas à revenir à lui et ne diffère pas de jour en jour.8.Car sa colère éclatera tout-à-coup1 2.Et dans la Vulgate : 4.Ne dis point : J'ai péché, et que m'est-il arrivé [de fâcheux] ?car le Très-Haut est lent à punir.5.NE SOIS PAS SANS CRAINTE AU SUJET DU PARDON DE L’OFFENSE, et n'entasse pas péché sur pêché.6.Ne dis pas : La miséricorde du Seigneur est grande, il pardonnera la multitude de mes péchés.7.Car en lui la miséricorde et la colère se suivent de près, et son indignation tombe sur les pêcheurs.8.Ne tarde point à 1.Crampon, La Sainte Bible, p.756.2.Knabenbauer, Commentarius in Ecclesiasticum, Append., p.IX. 176 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES te convertir au Seigneur, et ne d if ère point de jour en jour.9.Car sa colère éclatera inopinément, et au jour de la vengeance il te fera périr.— « Il n’y a certes pas, dans le texte ainsi complété, de quoi troubler l’âme qui tâche de servir fidèlement Dieu et recourt régulièrement aux moyens institués par sa miséricorde pour nous purifier des péchés dans lesquels pourrait nous entraîner notre faiblesse ».c) Les paroles de S.Paul se rapportent, non pas à l’état de justice ou de grâce sanctifiante de son âme, mais à la perfection qu’il a mise à remplir sa mission d'apôtre, chargé d’enseigner aux hommes les vérités révélées.Voyez plutôt : « Qu’on nous regarde comme des ministres du Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu.Ce qu’on demande aux dispensateurs c’est que chacun soit trouvé fidèle.Pour moi, je ne mets pas en peine d’être jugé par vous ou par un tribunal humain quelconque ; en outre, je ne me juge pas moi-même.A la vérité, je ne me sens coupable de rien ; mais JE NE SUIS PAS JUSTIFIÉ POUR CELA ; CELUI QUI ME JUGE, C’EST LE SEIGNEUR » I Cor 4, 1-4.Jusqu’ici, jamais il n’a été question que l’incertitude doive toujours planer sur les âmes faibles et qu’il leur soit impossible de savoir si elles sont en état de grâce.Il n’en est pas davantage question dans le Concile de Trente.d) « Le sens des définitions d’un Concile doit être précisé par la nature des erreurs qu’il condamne.Or ce que le Concile de Trente réprouve, c’est évidemment la fausse doctrine des luthériens ; ceux-ci prétendaient que le moyen sûr et unique de récupérer l’état de grâce perdu par le péché, c’est de croire, par un acte de foi divine proprement dite, que ce péché a été entièrement remis par la satisfaction que Jésus-Christ en a offerte à Dieu, sans aucun acte ou disposition de l’homme coupable ; ils affirmaient que, dès que celui-ci se trouve par cet acte en état de grâce, il doit, par un autre acte de foi divine, se regarder comme étant du nombre des prédestinés, quelle que soit sa conduite dans le reste de sa vie ; de sorte qu’en dehors de ce double acte de foi, il ne lui est plus rien demandé, pas même la fidélité à l’observation des commandements de Dieu.A l’encontre de cette absurde et monstrueuse doctrine, le Concile définit que ces prétendus actes de foi demandés par les hérétiques, non seulement ne sont pas obligatoires, mais, sauf le cas d’une révélation privée spéciale et SUIS-JE DIGNE D’AMOUR ?177 extrêmement rare, ne sont ni raisonnables ni possibles.La foi divine qui donne une certitude infaillible, ne peut avoir pour objet qu’une vérité certainement révélée par Dieu, et il n’y a rien dans la révélation générale qui donne l’assurance rêvée par les luthériens ».Voici d’ailleurs le texte lui-même du Concile : « Personne, tant qu’il vit dans cette chair mortelle, ne doit oser prétendre pouvoir pénétrer le mystère caché de la prédestination divine et devenir certain d’être du nombre des prédestinés ; comme s’il était vrai que le justifié ne peut plus pécher ou que, s’il pèche, il va certainement se repentir.Car on ne peut sans une révélation spéciale connaître ceux que Dieu s’est choisis » (Sess.VI De justi-ficatione, ch.12).Le Concile affirme donc simplement que personne n’est confirmé en grâce ici-bas, mais il ne proclame pas qu’il nous soit impossible de savoir si nous sommes actuellement dans l’amitié de Dieu ou non.Cette absence de la certitude de la foi n’empêche pas cependant que nous puissions avoir une certitude véritable et raisonnable d’être en état de grâce, quand nous avons fait tout ce que Dieu demande, car il est certain que Dieu ne refuse pas sa grâce à ceux qui font leur devoir :
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.