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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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La vie des communautés religieuses /, 1946-04, Collections de BAnQ.

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Communautés Religieuses Vol.IV, n.8 MONTRÉAL Avril 1946 SOMMAIRE DROIT DES RELIGIEUX Oscar McNicoll La Paroisse et les fidèles.225 Raymond Charland Communautés et aumône du carême.230 GOUVERNEMENT Jean-Joseph Deguire Pour bien gouverner.231 HISTOIRE Adrien Malo S.Antoine de Padoue docteur de l'Église.237 MORALE Moïse Roy Questions de jeûne et d'absti* nence.238 SPIRITUALITÉ Albert Saint-Pierre L'Économie de la Rédemption.243 TEXTE SPIRITUEL David’d’Augsbourg Réforme de l'homme.250 CONSULTATIONS (voir au verso) COMPTES RENDUS ADMINISTRATION: C.P.1515 (PL.D’ARMES) - RÉDACTION: 3113 AVE.GUYARD MONTRÉAL CONSULTATIONS 42.Communion au lit, A.Malo .255 43^ Chant des saints, A.Malo.“•••••• 255 44.Sommeil pendant la messe, J.Massé.256 45.Deux oraisons au Saint-Esprit à la même messe, J.Massé.25/ 46.Communion avant la messe, J.Massé.257 La VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES Publication des RR.PP.Franciscains du Canada Paraît le 15 de chaque mois, de septembre à juin, en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 1.25 par année.Cette revue est imprimée en vertu du certificat No 164 de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.Enregistrée au Canada comme matière postale de seconde classe.Rédaction : 3113, avenue Guyard, Montréal.— 26 Administration : C.P.1515, Place d'Armes, Montréal.— 1 Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr Ulric PERRON, vicaire délégué pour les communautés r0liç|l0Lis0s « Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général.Secrétaire : R.P.Jogues MASSÉ, O.F.M.Administrateur-gérant : M.J.*Charles DUMONT.Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Écoles chrétiennes Nihil obstat : Imprimatur : Hadrianus MALO, O.F.M., t Josephus CHARBONNEAU Censor ad hoc.Arch.Marianopolitanus.Marianopoll, die 8a Aprilis. DROIT DES RELIGIEUX LA PAROISS6 €T L€S FID€L€S Radiophonie de VHeure Dominicale Contrairement à ce que plusieurs pensent, la paroisse n’est pas une invention canadienne, c’est une institution ecclésiastique, aujourd’hui universelle, mais qui n’a pas toujours existé ; au début, il n’y avait que des diocèses.Comment s’est formée la paroisse ?Selon le proverbe arabe, (( Le poisson pourrit par la tête )).C est de constatation commune que les peuples se dépravent et se convertissent aussi par la tête.Les premiers évangélisateurs avaient donc eu bonne logique à prêcher d’abord dans les villes où se trouvaient les auditeurs les plus influents.Chaque ville soumise au ferment de l’Évangile devenait, avec son territoire environnant, un diocèse.L’évêque en avait seul la direction responsable.Bien qu’aidé par des prêtres, il devait personnellement assurer l’administration des sacrements et présider aux offices liturgiques dans la seule église cathédrale.Cet état de chose ne pouvait durer indéfiniment.D’une part le baptisé a un droit strict d’obtenir de l’Église ce qui est nécessaire à sa sanctification.Par ailleurs, chacun sait que le nombre des fidèles a augmenté avec une rapidité que les apologistes considèrent miraculeuse.Comment concilier le droit des fidèles et le devoir de l’Eglise si l’évêque reste seul responsable de l’entreprise de la sanctification ?Impossible ! Les forces créés sont restreintes.La goutte d’eau est constituée comme un tout par l’attraction moléculaire ; si on lui ajoute du liquide, son poids devient supérieur à la force qui maintient l’unité et elle se divise en deux.La reine abeille voit au bon fonctionnement de la ruche ; le nombre de ses sujets augmentant, son instinct devient insuffisant à la tâche ; alors la communauté se fractionne en essaims.Quelque soit 1 ampleur de son pouvoir, 1 homme reste avec une puissance finie ; arrive un temps où il faut diviser et répartir les offices.L’accord entre le droit du baptisé et le devoir de l’Église réside dans la décentralisation, une répartition nouvelle des fonctions.L’évêque gardera la direction du diocèse, avec pleins pouvoirs dans le for externe et juridiction dans le for interne.La distribution des moyens ordinaires et d’usage quotidien de sanctification sera confié à un autre qui s’en acquittera auprès des fidèles en son nom propre sous l’autorité de l’évêque. 226 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Une telle distribution d’offices a donné lieu à l’institution de la paroisse.Mise à l’essai, à partir du quatrième siècle, sous l’empire des lois particulières, elle a été imposée par la loi universelle parce qu’elle s’était montrée fructueuse pour le peuple des chrétiens.Qu’est-ce au juste que la paroisse ?Compte non tenu des très rares exceptions, une paroisse est une division de diocèse, un territoire avec des limites précises, érigé en personne morale par l’autorité compétente, pour fins religieuses.C’est un centre de distribution des articles nécessaires à la sainteté.L’homme n’a pas besoin que de carburant pour ses véhicules, il lui faut aussi de la grâce sanctifiante.Dieu la donne, la faisant soit descendre comme la pluie directement du ciel, soit jaillir des fontaines qu’il a aménagées et confiées à la garde de l’Église.Toutefois, ce poste de distribution serait inutile à moins de trouver d’abord un peuple qui en recevra les largesses, ensuite un curé qui en aura la direction, enfin une église, le lieu ordinaire de rencontre du peuple et du curé.Un mot de chacun des trois points.Le peuple, l’ensemble des baptisés qui appartient à la paroisse, les paroissiens.C’est en sa faveur que la paroisse a été constituée ; il a un droit strict à être sanctifié dans et par la paroisse.Le nombre des paroissiens est variable ; indiquons les limites extrêmes.D’après certains auteurs, l’évêque pourrait parfois creer une paroisse pour une agglomération de dix familles.C’est le chiffre le plus bas, il ne peut être qu’exceptionnel ; régulièrement un nombre si limité de foyers ne peut fournir le nécessaire au fonctionnement normal de l’organisation paroissiale.Quand les paroissiens ont atteint le nombre de 12 000 ou 15 000, il y a lieu, à moins de conditions extraordinaires, de procéder à une nouvelle érection.En un sens, le peuple est dans la paroisse la pièce la plus importante, celle à laquelle il faut mesurer et adapter les autres.Certes, il n’est pas supérieur, mais l’autorité entière doit s’exercer à son avantage et profit.Dans la famille, l’enfant est le point d a-boutissement de l’activité du père et de la mère ; les parents travaillent pour faire de leur fils un homme.Du paroissien on visera à faire un chrétien qui parviendra, par étapes successives, à la taille du Christ, une personne que Dieu aimera comme son fils et qu’au jour du partage, il réclamera comme son bien, parce qu’elle est marquée de son signe. LA PAROISSE ET LES FIDELES 227 Un fidèle peut-il à son gré choisir sa paroisse ?Non, l’appartenance à la paroisse est un effet du domicile.Celui qui réside dans les limites d’une paroisse avec l’intention d’y rester la majeure partie de l’année ou qui y prolonge sa résidence au delà de six mois, est paroissien.Libre a lui d’y demeurer ou non ; s’il y reste, il ne depend pas de sa volonté d’être ou de ne pas être paroissien.La plupart des fideles n ont qu une paroisse ; normalement, on ne reside que dans un lieu.Cependant, si quelqu’un au cours de l’année vit régulièrement un temps à peu près égal dans différents lieux, il devient selon le cas paroissien dans deux, trois même quatre paroisses.Toutefois ceux qui vont tous les ans passer trois ou quatre mois dans un endroit de villégiature et demeurent en ville les huit ou neuf autres mois, ne deviennent pas, par leur retour régulier, paroissien dans les places d’été.Du berceau a la tombe, le fidele peut dans l’ordre de la sanctification tout exiger de sa paroisse.On pourrait attendre une réciprocité et demander que le paroissien ne reçoive que de son curé les secours religieux.Le bien des âmes n’exige pas un retour aussi rigoureux.Pour accorder une plus grande liberté de conscience, le Code ne demande en fait d’actes obligatoires à poser dans sa paroisse que le bapteme solennel, le mariage et les funérailles ; encore remarque-t-on des exceptions.Le cure., « un pretre ou une personne morale à qui une paroisse a ete conferee en titre, avec le soin des âmes, devant être exercé sous 1 autorité de 1 Ordinaire du lieu )).Deux choses sont conférées au cure : la paroisse et le bien des âmes.De la paroisse, le curé devient recteur ; par le soin des âmes, il est fait pasteur’du peuple.Pasteur d âmes, voila la grande fonction du curé, celle qui le place parmi les continuateurs du Christ et le rend débiteur de ses subordonnés.Pasteur d’âmes, pasteur de brebis.Les deux rôles présentent de grandes ressemblances.L agneau se nourrit d herbe tendre.De quoi ont besoin les âmes ?Surtout de vie surnaturelle.« Le ciel, c’est bon pour les étoiles et les moineaux )), disait quelqu’un avec un sourire sarcastique.C est bon d avantage pour l’homme et c’est à le semer dans son ame que le cure doit s’employer.Tout ce qui peut donner, maintenir, favoriser la vie de la grâce entre dans les attributions du pasteur d’âmes. 228 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES N’est pas curé qui veut.Inutile de nommer à une fonction un candidat qui n’a pas les qualifications requises.Seul le prêtre peut être nommé curé parce que seul il possédé, enracinée dans son intelligence par le caractère de la prêtrise, la puissance d’administrer les sacrements, de changer intrinsèquement par sa parole l’âme humaine, en jetant en elle le germe de l’éternité.Muni des pouvoirs d’ordre et de juridiction, le cure doit les employer au bien de ses paroissiens ; ces puissances ne sont pas données pour lui, mais à lui pour le bénéfice de son troupeau.Quelqu’un de ses sujets se trouverait-il dans une nécessité surnaturelle extrême, c’est-à-dire, ne pourrait seul emettre avant de mourir un acte de contrition parfaite, et aurait absolument besoin du sacrement pour obtenir la grâce, le curé serait obligé, même au péril de sa vie, de pourvoir à cette nécessité.C’est qu’il n’est pas curé pour lui, mais pour les âmes.Aussi il est obligé de résider dans la maison paroissiale près de l’église, d’appliquer les dimanches et jours de fête mêmes supprimés, la messe pour son peuple, de célébrer les offices divins, d administrer les sacrements quand le paroissien le demande légitimement, de prêcher la doctrine révélée, de former par l’enseignement du catéchisme l’âme de l’enfant à la piété vraie.Le déploiement de son zèle ne se mesure pas au volume de la demande.Le Code ajoute encore : « Il doit connaître ses brebis, corriger prudemment ceux qui errent hors des voies du salut, envelopper d’une charité paternelle les pauvres et les miséreux, aider avec un soin attentif et une bonté onctueuse les malades, surtout les moribonds, veiller sur l’intégrité de la foi, la pureté des mœurs, et instituer des œuvres de chante, de foi et de piete )).L'église.A chaque paroisse, on doit assigner une église particulière.Il est mieux, mais non necessaire que 1 eglise soit la propriété de la paroisse, il suffit qu’elle soit à son usage.Rendue sainte par la bénédiction ou la consécration, l’église est un lieu réservé au culte public et destiné à tous les fidèles.Assignée à la paroisse, elle devient paroissiale, un instrument employé pour le sein des âmes, et comme telle n a d autre destination que les paroissiens ; pour eux seuls, elle devient la bergerie du troupeau, le lieu de rencontre du fidele et du cuie, le laboratoire de sanctification.Lieu de réunion.Il en faut un.L homme est ainsi fait qu il respecte moins ce qui est livre aux usages communs.Et il convient LA PAROISSE ET LES FIDELES 229 qu il soit beau.Portée a l’imitation, l’âme se redresse devant l’harmonie et prend à son insu les généreux instincts d’une vertu forte.Laboratoire de sainteté.D’après la loi canonique, l’église paroissiale doit conserver la Sainte Réserve.Dieu est donc présent, le Dieu trois fois saint qui veut se répandre en nos âmes et les rendre participantes de sa nature.La Samaritaine allait chercher l’eau qui jaillit jusqu’à la vie éternelle.Il y doit venir les dimanches et les jours de fête d’obligation participer à l’offrande des saints mystères, par une assistance active sinon par la communion.Il y peut venir quand bon lui semble, la loi du Code demande que les églises paroissiales restent tous les jours au moins quelques heures ouvertes à la piété des fidèles.Si 1 ame a besoin de prier avec ses frères, de chanter avec eux, elle recherche aussi la solitude quand elle a été brisée par le contact des affaires.Une célébrité protestante, madame de Staël, écrit : « C est un pieux usage des catholiques de laisser les églises toujours ouvertes, il y a tant de moments où l’on éprouve le besoin de cet asile ; et jamais on n’y entre sans ressentir une émotion qui fait du bien a 1 ame et lui rend comme une ablution sainte, sa force et sa pureté )).Laboratoire de sainteté.C est la que 1 homme va recevoir la grace et comme les mots d ordre du ciel dans les circonstances importantes de la vie.La, sur les fonts baptismaux, il est régénéré ; la, il s abaisse sous la main d’un juge miséricordieux ; là, il contracte des unions qui engagent pour la vie ; quand son corps a ete flétri par la main cruelle de la mort, il vient, là, porté par des amis, demander une dernière bénédiction avant de le confier à la terre.Je ne m’étonne pas que la vieille église du village, faite de bois ou de pierre, ait été le témoin de ces bonheurs profonds éprouves dans 1 enfance et dont le charme secret se maintient |usqu’à la vieillesse.L’âme naturellement chrétienne avait trouvé là la plénitude de ses ambitions.La paroisse, la cellule de l’Église.Nos historiens affirment qu elle a produit le miracle canadien.Elle rend d’immenses services a tous, parce qu elle est un principe d’ordre conduisant à la paix, bien souverainement désirable.Quebec J.-Oscar McNicoll, ptre. DROIT DES RELIGIEUX Communautés et aumône du carême Les congrégations religieuses sont-elles tenues à l'aumône du carême ?Certaines raisons inclinent à douter qu'elles le soient : en voici trois.a) Les salaires dans les instituts enseignants, toujours minimes, même après l'augmentation récente, n'empêchent pas, je crois, ces instituts d'être des instituts de charité.b) Beaucoup de membres de ces instituts, en plus de l'enseignement, offrent gratuitement leurs services aux paroisses pour diverses œuvres, telles que décoration, quêtes à l'église, surveillance des enfants, soin des ornements, etc.c) Le renoncement continuel imposé aux religieux par leur état ne peut-il pas compenser pour la dispense du carême, compensation plus coûteuse même que l'aumône demandée aux simples fidèles ?L’aumône du carême reste une aumône ; elle n’est pas imposée obligatoirement, mais conseillée comme compensation de la dispense du jeûne, tout comme les autres compensations conseillées, exercices de piété, assistance à la messe, etc.Les communautés peuvent très bien faire de telles aumônes en compensation de la dispense du carême dont peuvent jouir certains de leurs sujets qui ne jeûnent pas.Il n’appartient pas aux sujets eux-mêmes de faire ces aumônes, du moins sans une permission expresse du Supérieur, puisque les religieux ont le vœu de pauvreté.Aux arguments invoqués, nous répondrons qu’on fait toujours l’aumône en proportion de ses ressources, et qu’aux yeux de Dieu, ce qui lui donne de la valeur, c’est l’esprit avec lequel on la fait.Il n’y a qu’à se rappeler la louange qu’a adressée le Christ a la veuve versant son obole.Quant aux services offerts gratuitement aux paroisses pour diverses œuvres, ils peuvent être considérés comme une compensation, mais étant donné que pendant le carême il faut faire plus de pénitence qu’en d’autres temps, la voie reste ouverte à la compensation de l’aumône pour les dispenses du jeûne.Nous dirons la même chose du renoncement continuel imposé aux religieux par leur état.Les religieux ne sont-ils pas des professionnels de la pénitence ?Raymond Charland, O.P.Ottawa gouvernement Pour bien gouverner sa communauté En réponse à un désir, les articles précédents résument les principes du gouvernement religieux.Simple traduction des Docteurs du moyen-âge ?Non pas ! S.Thomas pose les bases dans son immortelle somme theologique.S.Bonaventure nous a laissé un délicieux opuscule (( Les Six ailes du Séraphin ».S.Alphonse de Liguori et S.François de Sales nous donnent des conseils pour article de l’autorité.Plusieurs auteurs contemporains ont transmis sur ce point l’enseignement traditionnel.Citons, en français, Le bon Supérieur par le R.P.Colomban-Marie Dreyer, O.F.M., en anglais, Practical Manual of the Superiors of religious houses by Rev.Fr.C.Frigerio, S.J.Ces articles réflétent cette doctrine, même si pour éviter des longueurs, ils omettent des citations textuelles.Les Supérieurs trouveront aussi, dans les lettres des Souverains Pontifes, surtout dans l’admirable encyclique de Sa Sainteté Pie XII Le corps mystique et dans les circulaires des Pasteurs diocésains, en particulier celle de Son Eminence le cardinal Villeneuve L'Obéissance religieuse,comme aussi dans leurs constitutions, les lumières et les règles à suivre pour l’exercice de leur charge.L —Ces articles, simples résumés, valent pour les religieux et religieuses, surtout des Instituts laïcs, dans le gouvernement local.Les questions posées recevront ici les réponses.Un bref article historique, écrit par chaque institut serait reçu avec reconnaissance.2.—Nous envisageons l’exercice de l’autorité religieuse, surtout sous les deux aspects canonique et ascétique.D’abord le triple objet de la vigilance des Supérieurs : la vie spirituelle, corporelle, apostolique.Ensuite les moyens à prendre pour atteindre ce triple but.Enfin vient la manière naturelle et surnaturelle du bon gouvernement religieux.Un supérieur doit d abord, pour réaliser son mandat, avoir le sens de la responsabilité.Chef de la communauté, il représente Dieu de qui vient toute autorité.Sa fonction première est de procurer le bien commun.Comme dans toute société, les 232 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES religieux sont unis pour atteindre une fin.C’est le rôle de l’autorité d’assumer la responsabilité de ce bien commun et d’en assurer la réalisation en coordonnant les activités des membres vers cette fin.Mandataires du bien commun qu’ils doivent défendre et promouvoir, les Supérieurs ont le pouvoir moral d imposer, parce qu’ils ont le devoir d’assurer ce bien commun.Leur devoir est d’ordonner toutes choses vers cette fin.Tout ordre suppose la reflexion, acte de l’intelligence qui coordonne les moyens pour atteindre la fin.La volonté intimera l’ordre pour procurer en pratique ce bien de la communauté.4.— Vicaire de Jésus-Christ, le Pape est le premier Supérieur de tous les Instituts religieux.On y trouve un supérieur general, des Supérieurs provinciaux et locaux, si l’Institut est divise^ en provinces et possède plusieurs maisons.Le supérieur general exerce son autorité sur tous les sujets et sur toutes les maisons.Le mandat du supérieur provincial comprend quelques maisons, avec les religieux.Une maison avec sa communauté relève du supérieur local.5.— Dans les divers Instituts, le nom du supérieur pourra varier, mais l’autorité reste essentiellement la même, bien qu elle comporte différents degrés, dans les limites de son mandat.Chez les Bénédictins, le supérieur porte le nom d’abbé, mot grec qui signifie père.Le supérieur des Carmes et des Dominicains reçoit le titre de prieur ; c’est le premier parmi ses égaux.Les Jésuites et les Rédemptoristes ont adopté celui de recteur ou de préposé, celui qui dirige ou qui est placé avant les autres.Le nom de supérieur, quel qu’il soit, évoque l’idée d’un service pour le bien commun.De même que la tête est placé au-dessus des membres du corps pour le servir, ainsi tel religieux est préposé a la communauté pour en être le serviteur.Comme chef, le supérieur doit éclairer, soutenir, entraîner et guider.Au besoin, il devra avertir, corriger et punir.Quelles règles de prudence doivent présider a ces délicates fonctions ! 6.— Au nom de Dieu qu’il représente, le supérieur exerce l’autorité.Mais quel est son pouvoir ?S’il s’agit d’une religion cléricale, les Supérieurs jouissent, outre le pouvoir prive domi-natif, du pouvoir public de juridiction.Ce droit de juridiction permet à ces Supérieurs d’interpréter les Constitutions, d exercer le pouvoir judiciaire et coercitif, en punissant les délinquants, POUR BIEN GOUVERNER SA COMMUNAUTÉ 233 même par des peines canoniques.Ils peuvent aussi dispenser leurs sujets de plusieurs lois de droit commun et des Constitutions, en conformité avec les décrets particuliers et les coutumes légitimes de chaque institut.Le pouvoir législatif proprement dit est ordinairement réservé au chapitre général et les lois doivent être confirmées par Je Saint-Siège.Bien que le Code de Droit Canonique ne parle pas du pouvoir domestique, les canonistes l’admettent généralement, en pratique, pour les novices et pour les postulants.Quant aux profès, le pouvoir domestique sera absorbé par le pouvoir dominatif, sur la volonté du religieux, ou sur une catégorie d’actes (Vermeersch-Creusen).En quoi consiste ce pouvoir dominatif?Ce pouvoir, dévolu aux Supérieurs, consiste dans le droit qu’ils ont de commander aux profès, en vertu du vœu d’obéissance.Cette autorité résulte d’une sorte de contrat, de l’engagement que prend le religieux de se donner à son Institut par sa profession, pour être gouverné par ses supérieurs.En vertu de ce pouvoir dominatif, tous les Supérieurs, même des Instituts laïcs, peuvent commander à leurs sujets tout ce qui est conforme à la règle et aux constitutions.C’est leur droit et leur devoir d’avertir les désobéissants et de les corriger en leur appliquant des peines paternelles.Quant aux peines canoniques, elles ressortissent à l’Ordinaire ou au supérieur ecclésiastique dûment délégué.7.—Que faut-il penser du pouvoir d’imposer des actes héroïques ou de dispenser ?Pour les actes héroïques, les Supérieurs ne peuvent pas les commander, au nom du vœu, à moins qu’ils ne soient prévus et demandés par les règles ou les constitutions.Quant aux dispenses, nous avons dit que les Supérieurs des religions cléricales jouissent du pouvoir de dispenser leur sujet pour un juste motif, proportionné à la gravité du précepte, en conformité avec les Constitutions et avec le Code de Droit Canonique.Mais les Supérieurs d’une religion laïque, comme chez les frères ou chez les religieuses, n’ont pas le pouvoir de dispenser des lois proprement dites, puisque cette fonction relève du pouvoir de juridiction dont ils sont privés.Ce droit est réservé au Saint-Siège pour les religions pontificales et à l’Ordinaire pour les Instituts diocésains.Leur pouvoir dominatif permet à ces Supérieurs 234 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES de déclarer que, dans tel cas particulier, un religieux a une raison qui J’excuse de telle loi ou des Constitutions.Ces dernières autorisent aussi ces Supérieurs à permettre l’omission de certains exercices ou points disciplinaires.8.— Combien de temps dure Je mandat des Supérieurs ?On sait que cette durée varie avec les Constitutions, d’accord avec le Droit canonique.Celui-ci admet encore les Supérieurs généraux à vie, si les Constitutions approuvées par Rome l’autorisent.Mais les Supérieurs provinciaux reçoivent un mandat temporaire qui varie entre trois et six ans, tandis que le supérieur local est élu pour trois ans et peut être réélu pour un second terme si les constitutions le permettent, mais pas immédiatement pour un troisième triennat dans la même maison, sans un induit de Rome.Le Code de Droit Canonique ne reconnaît donc la nomination des Supérieurs locaux, dans une même maison, que pour six ans au plus.Passé ce temps, l’autorité légale du supérieur expire, à moins d’une décision légitime des Supérieurs majeurs ou d’un induit.9.— Les Supérieurs locaux doivent garder la résidence et ne pas s’absenter de leur couvent sinon aux termes des Constitutions ou avec l’autorisation des Supérieurs majeurs.C’est le devoir des Supérieurs de faire lire publiquement deux fois l’an, les Constitutions de leurs instituts et les décrets prescrits à l’avenir par le Saint-Siège.Le canon 509 prescrit aussi, au moins deux fois par mois, une instruction sur la doctrine chrétienne, aux religieux convers, et une exhortation à tout le personnel de la maison.Au sujet de l’administration matérielle, en général, notons ici que les Supérieurs doivent demander la permission de l’Ordinaire, pour les placements d’argent et leurs changements.C’est le devoir des Supérieurs des Moniales et des Religieuses diocésaines pour n’importe quel placement.Les Supérieurs des Congrégations de droit pontifical, ont ce même devoir, lorsqu’il s’agit de placer la dot des professes.Quand il s’agit de placement concernant des œuvres de bienfaisance, cette obligation de demander l’autorisation à l’ordinaire, incombe aux Supérieures de toute maison des instituts religieux.En décembre 1943, le Vatican donnait les statistiques suivantes: Dans soixante et un instituts, on compte 109,686 religieux POUR BIEN GOUVERNER SA COMMUNAUTÉ 235 et 586,696 religieuses dans 732 ordres et congrégations.Au Canada, nous avons 55 Instituts d’hommes et 125 de femmes.Avec la bénédiction du nombre, souhaitons celle de la ferveur.Les Supérieurs y contribuent pour une large part puisqu’ils sont la tête de la communauté.Dans la lettre encyclique sur le Corps Mystique, Notre Saint Père le Pape Pie XII nous dit : « A bon droit, lorsque les Pères de l’Eglise font l’éloge des ministères, des degrés, des conditions, des états, des ordres, des fonctions de ce corps, ils n’ont pas seulement en vue ceux qui ont reçu les ordres sacrés, mais aussi avec eux, tous ceux qui ont embrassé les conseils évangéliques, qu’ils mènent une vie active au milieu des hommes ou une vie contemplative dans le silence des cloîtres, ou encore qu’ils s’efforcent d’unir les deux états selon leur propre institut ».Pour que l’autorité soit une pu issance pour le bien, tous les Supérieurs d’un même institut, doivent être unis par les liens d’un grand courant de surnaturelle sympathie.Il faut sentir que l’autorité, pour être partagée, n’est pas divisée, mais qu’elle reste une toujours et partout.Tout supérieur religieux comprendra l’importance de son mandat.Chef de sa communauté, il représente Jésus-Christ auprès de ses religieux, consacrés par les vœux à l’auguste Trinité.Son autorité, émanant de Dieu, lui est départie, aux termes du Droit canonique, selon les limites fixées dans les Constitutions de son Institut.Comme le remarque Lippert dans L’Eglise du Christ p.161, (( le Droit canonique de l’Église catholique possède, dans l’histoire du droit et de la culture de l’humanité, une importance propre toute particulière.Il se rattache à la vie juridique et aux coutumes des premières Communautés de Jérusalem et de Rome.En lui, tout découle nécessairement et logiquement, de la foi des pasteurs, des chefs, des grands législateurs de l’Eglise et des exigences de la vie terrestre.Ainsi le Droit Canonique est-il tributaire de la vie et de la vie la plus intérieure ».Aussi tout supérieur, conscient de sa responsabilité, doit-il reconnaître que la règle et les Constitutions, au nom desquels il exerce l’autorité, sont approuvés par l’Eglise, comme une extension de son droit religieux particulier.Il doit, comme S.François, 236 L\ VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES appelé dans la liturgie, l’homme catholique, être soumis et prosterné aux pieds de la sainte Eglise romaine, inébranlable dans la foi catholique, pour remplir son mandat et faire observer la législation de son Institut pour le plus grand bien de ses religieux, au service du corps mystique : l’Eglise.Régina, Sask.Jean-Joseph Deguire, O.F.M.N.D.L.R.L'auteur de ces articles substantiels et remarqués sur le gouvernement des communautés religieuses fait ici une suggestion dont nous serions très heureux de voir la réalisation.Il invite chaque communauté à composer pour notre revue un bref article historique.De tels articles ne manqueront certainement pas d'intéresser nos nombreux lecteurs et lectrices.Ces articles devraient contenir les renseignements suivants : Nom complet et abrégé de la communauté, date et lieu de la fondation, nombre des membres et des maisons, but et œuvres, esquisse historique, particularités.Il ne faudrait pas dépasser quatre pages de notre revue.Dès septembre prochain nous commencerions la publication qui se poursuivrait tous les mois.néCROLOGI€ R.P.Joseph Lalande, S.J.— R.P.Louis Culerier, O.M.l.— R.P.Jean-Baptiste Boivin, O.P.— R.F.Jean Baptiste de Lasalle, F.C.— RR.SS.Saint-Hubert, Sainte-Marie-Romuald, Sainte-Heltrude, Sainte-Vitaline, Saint-Zéphi-rin, Sainte-Marguerite-du-Cœur-de-Jésus, Sainte-Christine, Sainte-Clémence Sainte-Marie-Hermyle, Sainte-Louise-de-Savoie et Sainte-Marie-Élise, C.N.D.— RR.SS.Pudentienne, Henrietta, Christophe, Basilisse Tremblay, Cassilda et Marie-Rose Legault, F.C.S.P.— RR.SS.Marie-Charles-du-Crucifix, Marie-Vérécunda, Marie-Célinie, Marie-Jeanne d’Aza, SS.NN.J.et M.— RR.SS.Marie-Joseph-Calasanz, Marie-Edwin et Mary Good Shepherd, S.S.A.— R.S.Marie-de-Saint-François de Genève et Marie-Dominique-du-Rosaire, B.P.— R.S.Sainte-Aurélie et Saint-Joseph, O.S.U.— R.S.S.-Onésime, S.G.M.— R.S.Saint-Gilles, S.G.S.-H.— R.S.Marie-Rose, P.S.S.F.— R.S.Marie-Olivier, P.M.R.I.P. HISTOIRE S.Rntoine de Padoue, Docteur de l’église On annonce de Rome que saint Antoine de Padoue a reçu le titre de Docteur de l’Église.Selon la doctrine de Benoît XIV, le titre de docteur de l’Église ne se décerne qu’à trois conditions.La première, c’est que le saint, candidat à ce titre, ait manifesté une science éminente au point qu’il lui convienne d’être docteur non seulement dans mais de l’Eglise.La deuxième, c’est qu’il ait atteint la sainteté à un degré héroïque.La troisième, c’est que le titre de docteur lui soit décerné par une déclaration officielle du pape ou d’un concile général.L’Église byzantine honore le 30 janvier les trois grands docteurs universels : saint Basile le Grand, saint Grégoire de Nazianze et saint Jean Chrysostome.L’Église romaine a ajouté saint Athanase, saint Ambroise, saint Augustin, saint Grégoire le Grand et saint Jérôme.Ce sont là les grands docteurs de l’Église grecque et latine.Depuis 1568, les saints qui suivent ont reçu le titre de docteur : saint Thomas d’Aquin, saint Bonaventure, saint Anselme, saint Isidore, saint Pierre Chry-sologue, saint Léon le Grand, saint Pierre Damien, saint Bernard, saint Hilaire, saint Alphonse Liguori, saint François de Sales, saint Cyrille d’Alexandrie, saint Cyrille de Jérusalem, saint Jean Damascène, saint Bède le Vénérable, saint Ephrem saint Jean de la Croix, saint Pierre Canisius, saint Albert le Grand, saint Robert Bellarmin.Saint Antoine de Padoue est né à Lisbonne en 1195 ; en 1221, il quitta les Chanoines Réguliers de saint Augustin pour se faire franciscain.Il prêcha en Italie et en France et mourut à Padoue en 1231.Il est reconnu pour sa science des Écritures qui lui valut le titre de l’Arche du Testament.Il combattit sans relâche les hérésies de son temps et fut à juste titre surnommé le Marteau des hérétiques.Réputé pour sa grande sainteté de vie et ses nombreux miracles, il jouit de la faveur du peuple qui l’invoque en particulier pour retrouver les objets perdus.Il fut canonisé moins d’un an après sa mort par le pape Grégoire IX.La messe propre inscrite au missel romano-séraphique pour le jour de sa fête contient plusieurs éléments du commun des docteurs.Quelles sont les raisons qui ont valu à saint Antoine de Padoue le titre de docteur de l’Eglise ?La meilleure réponse à cette question sera fournie par le texte de la Sacrée Congrégation des Rites lui décernant cet honneur.En attendant, sa vie peut donner quelques indications queje nommerai sans les développer.Il fut le premier franciscain à recevoir de saint François lui-même la permission d’enseigner la théologie.Ses écrits contiennent sur le Christ une doctrine originale.Il défendit le dogme de l’Assomption de Marie.Sa science et ses travaux bibliques méritent une mention très spéciale.Son zèle à lutter contre l’hérésie des Albigeois et à défendre le dogme de la présence réelle lui a obtenu des miracles signalés.Saint Antoine de Padoue, docteur de l’Église, priez pour nous.Montréal Adrien Malo, O.F.M. MORALE Questions de jeûne et d’abstinence GRAISSE DE BOEUF, GRAISSE DE ROTI ET C RE TON S, LES JOURS MAIGRES 1.— On trouve maintenant sur le marché des produits obtenus de la graisse de bœuf (v.g.beef fat) qui se vendent comme substituts au saindoux.On me demande s'il est permis de s'en servir les vendredis.Comme j'hésite sur la •solution, j'ai cru devoir consulter.1.— Croyez-vous qu on puisse manger de la graisse de rôti, les jours maigres, par exemple, sur du pain?3.— Pensez-vous qu'il soit permis de manger des.fèves, de la soupe, des omelettes et des crêpes au lard, un vendredi ?4.— De même peut-on ces jours-là manger des cretons?La réponse à ces questions est dans le Code de Droit canonique, au canon 1250.On y lit que la loi de l’abstinence, qui défend de manger de la viande ou des jus de viande, permet de manger ou de servir, les jours maigres, de n’importe quel condiment, même s’il est fait avec de la graisse des animaux : (( Abstinentiae lex.vetat carne jureque ex carne vesci non autem.quibuslibet condi-mentis etiam ex adipe animalium ».1.— Le précepte de l’abstinence défend en effet de manger le gras des animaux, qui comprend la panne et le suif naturels non encore fondus.Mais il permet d’utiliser la graisse qui en est obtenue, quel que soit l’animal d’où elle provient : porc, bœuf, mouton, poule, etc., et donc comme l’indique M.l’abbé Z.Dufort (Jeûne et Abstinence, p.3), la graisse de tout animal, saindoux ou suif ou panne de mouton (i.e.suif et panne fondus).Par conséquent, la graisse de bœuf n’est pas exclue.Aussi n’y a-t-il aucune défense de l’employer comme substitut, à la place du saindoux.Puisque les graisses sont des condiments, au même titre que le sel et le beurre, on peut s’en servir de la même façon.Et d’abord on peut s’en servir pour assaisonner ou faire cuire les aliments ; mais on peut aussi les étendre sur du pain.Les condiments doivent en effet s’entendre non seulement de ce qui sert à assaisonner les mets et à préparer leur cuisson, mais encore, comme l’indiquent Noldin et Aertnys, de tout ce qui est employé, d’une façon quelconque, pour rendre le mets principal plus savoureux : « Est quod quoquo modo adhibetur, ut cibus principalis sapidior sit ».D’où QUESTIONS DE JEUNE ET d’aBSTINENCE 239 Noldin conclut : « Licet uti pane adipe linito » (Théol.Mor.II, n.677, 2e).Ceci est d’ailleurs conforme au Code, puisqu’il affirme, sans distinction ni restriction, qu’on peut manger (vesci) de tcus les condiments ; même comme l’ajoute Aertnys, si on les mange seuls, sans les utiliser comme condiments, avec un autre mets.{Theol.Mor.I, n.1042).2.— M.l’abbé Dufort indique que «la graisse proprement de rôti, étant du jus de viande congelé, n’est pas permise même comme condiment » {l.c.p.4).I) faudra donc distinguer dans la graisse de rôti, la partie rouge ou noirâtre qui se dépose au fond, de la partie blanche qui repose sur le dessus.La partie du fond est certainement du jus de viande, défendu par la loi de l’abstinence.Mais la partie blanche, qui repose au sommet est de la simple graisse, dont on peut se servir comme condiment, n’importe quel jour de l’année, et qu’on peut étendre sur son pain, même les jours maigres, en ayant soin toutefois de ne pas prendre ensemble et le jus de viande congelé qui est au fond et la graisse qui surnage au-dessus.3.— Il est peut-être bon de rappeler ici tout d’abord que l’Eglise n’a pas toujours permis l’usage des condiments tirés de la graisse des animaux.Autrefois, comme on le lit dans une réponse de la S.Cong.du Concile, faite le 7 août 1910 à l’évêque de Barcelone, seule l’huile d’olive, pouvait être employée comme condiment (Gasparri, Fontes J.C.n.4356).Mais plus tard, soit par suite du manque d’huile, soit à cause de la sévérité des hivers, le Saint-Siège permit, pour des régions entières, par induit particulier (à renouveler tous les ans), d’abord l’usage de la graisse de porc, puis, à partir du premier mai 1889 (S.Off.ibid.n.1116), celui de la graisse de n'importe quel animal1 : « Quibus indulgentur condimenta vulgo di grasso.)> C’est le 18 mai 1919, lors de la promulgation du nouveau Code que les induits locaux se sont transformés en loi générale et que la graisse de tous les animaux a été permise comme condiment dans le monde entier.1.C’est le 15 mai 1896 que le S.Office permit l’usage du beurre (Fontes J.C., n.1179).Puis le 6 septembre 1899, il déclara qu’on pouvait également employer la margarine ou le beurre artificiel, tiré de la graisse animale (Ibid., n.1228). 240 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Mais comme le S.Office, la S.Cong.du Concile et notamment la S.Pénitencerie sont intervenus à diverses reprises pour interpréter le contenu des anciens induits, il est tout-à-fait légitime de référer à ces diverses décisions pour connaître la portée du canon 1250, sur l’emploi des condiments de graisse.Les premières réponses de la S.Pénitencerie touchant l’usage de la graisse de porc, notamment celles du 8 fév.1828 et du 16 janv.1834, ne parle que de graisse déjà fondue : de use laridi liquefacti vulgo « Strutto », ou du saindoux (ASS., t.I, p.429, ad 16 et 17).Mais une réponse plus récente, du 17 nov.1897, déclare nettement qu’cn peut aussi faire cuire ou faire frire les aliments avec le gras (non encore fondu) du lard (ou avec le suif et la graisse des autres animaux) et qu’on peut alors manger ensuite, même les déchets du lard ou du gras, qui restent après la cuisson des aliments, pourvu cependant que ces déchets gardent leur raison de condiment et qu’ils ne forment pas un mets à part.Voici le texte de cette réponse, précédée de sa question : « Aux jours où les condiments de graisse ou de lard sont permis celui qui emploie le lard lui-même pour assaisonner un potage, la polenta, une omelette, etc., peut-il manger les parcelles de lard qui restent, après qu’elles ont été soumises à la friture pour en extraire la graisse ?» (( Affirmative, dummodo pergant esse pars condimenti »2.C’est donc avec raison que, à la suite d’autres auteurs, Noldin affirme : « Licite sumantur etiam minutissima ilia frustula quae larido igné liquefacto manent » (Theol.Mor., II, n.277).En conséquence, il faut écarter les grosses portions de lard non fondu qui forment un aliment par elles-mêmes, mais on peut manger les petits morceaux ou les déchets qui demeurent après la cuisson, tant qu’ils peuvent être regardés comme (( pars condimenta » quel que soit d’ailleurs le mets qu’ils servent à assaisonner.Il n’est même pas nécessaire d’écraser ces parcelles.Si pourtant les 2.Le texte est donné en italien dans les Acta S.Sedis, t.30, p.480 : « Nei di, in cui è permesso il condimento di strutto e lardé chi üsà il lârdo medesimo per condire minestra, polenta, frittata, ecc., puô liberamente mangiare quei pezzetti di lardo che restano, dopo èssere stati soffritti per estrarne lo strutto ?— Affirmative dummodo pergant esse pars condimenti.En cette même occasion, la S.Pénitencetie a répondu qu’il ne faut pas inquiéter ceux qui se servent les jours maigres de l’huile (et nous pouvons ajouter de la graisse) dans laquelle on a fait mariner ou frire de la viande (ASS.t.30, p.480). QUESTIONS DE JEÛNE ET D’ABSTINENCE , 241 morceaux paraissaient un peu gros, il ne serait pas défendu de les écraser et de les réduire pour qu’ils deviennent ainsi (( pars con-dimenti ».Appliquons maintenant des règles aux cas proposés par notre correspondant.a) Il est evident qu on peut, sans aucune hésitation, manger des/eves et de la soupe au lard, tous les jours maigres de l’année, et qu’on peut prendre avec les fèves le reste des petits carrés de lard qui ont servi a leur cuisson et qu’on peut même écraser, quand ils ne sont pas entièrement fondus, pour sauvegarder leur état de véritable condiment.Mais il faut certainement enlever de la soupe le pain de lard ou les gros morceaux qu’on y a fait bouillir, parce que ces tranches ne doivent pas être regardées comme des condiments, mais bien comme des aliments par eux-mêmes ou de la viande, dont il faut s’abstenir les jours maigres3.Il faudrait en dire autant des carrés de lard employés dans la cuisson des fèves, s’ils avaient été coupés trop gros et si les restes formaient de véritables bouches de viande, car ces déchets ne feraient plus partie du condiment, mais constitueraient un véritable mets à part.b) Les memes regies valent pour les crêpes et les omelettes au lard.Ces plats sont ordinairement préparés chez nous avec des tranches de lard (contenant meme des entrefilets de maigre) qu on fait rôtir dans la poele en grillardes, sur lesquelles on jette ensuite la pâte ou les œufs pour faire la crêpe ou l’omelette.Il est évident que, ainsi préparés, ces mets ne peuvent pas être mangés un jour maigre.Pour le faire, il faudrait enlever tout d’abord les grillardes de lard qui en font partie.Ce cas ne diffère pas des omelettes ou des œufs au jambon.Toutefois, quand le lard a été tranché en très petits morceaux, si l’on attend qu’il soit à peu près tout réduit en graisse, pour tremper la pâte ou les œufs dans la poêle, il ne semble plus y avoir d’obstacles à manger ainsi des crêpes ou des omelettes au lard.c) On doit appliquer les mêmes règles et donner la même solution à tous les autres mets préparés de la même façon, qu’il 3.Pour les soupes, les potages aux légumes et les bouillis en général, il peut y avoir moyen de tourner la difficulté.Comme le dit Y Ami du Clergé (1907, p.469) : « les ménagères pourraient, croyons-nous, découper le lard en morceaux assez petits et le soumettre à une cuisson plus prolongée, de manière qu’il se confonde avec les légumes et soit ainsi pars condimtnti ». 242 LA VIE DES COMMANAUTÉS RELIGIEUSES s’agisse d’un gâteau cuit avec des boulettes de lard ou d’un hachis de légumes et de lard (sans parties de maigre), quand par la cuisson tout le lard est pratiquement réduit en graisse, même s’il reste quelques petits déchets, qu’on doit alors considérer comme une partie du condiment4.4.— Si, de ces mets, nous passons aux cretons, il n’est plus nécessaire de faire autant de distinctions.Les cretons, que nos cuisinières distinguent parfois en cretcns français et en cretons ordinaires, sont tous de la viande qu’on ne peut pas manger les jours maigres.Tous les cretons sont préparés avec de la panne de lard.Pour les cretons français, on se sert de la graisse fondue de la panne, pour enlever des boulettes de viande qui sont ensuite rôties.Mais cette graisse n’entre pas dans les autres cretons, qui sont plutôt faits du résidu même de la panne de lard.Pour preparer les cretons ordinaires on coupe de la panne de lard en petits morceaux.On fait ensuite fondre ces morceaux à moitié.On enlève la graisse fondue et on laisse refroidir les morceaux qui restent.Ce sont ces morceaux de panne non fondue qui vont ensuite faire les cretons.Il est donc évident, dans les deux cas, c’est de la viande qui est servie à manger.Montréal.Moïse Roy, S.S.S.4.Sabetti-Barrett résument toute cette question en trois phrases.Quid dicendum de usu laridi?Resp.« Certum est non licere illud edere par frustra et ad instar obsonii, quia ita caro reputatur.Licet tamen eo uti, etiam in serotina refectiuncula, sive tanquam condimento sive ad decoquendos cibos, dummodo antea fuerit liquatum.Verum haec conditio in ipsa decoctione ciborum et se-parentur particulae carneae et spissiores ».(Compendium Theol.Mor., n.331, q.2).COMPTE RENDU Hertel, François, Le beau risque.Roman.3e éd.Montréal, Fides, 1945.18cm.150pp.?0.75.François Hertel a écrit ce roman pour montrer que notre jeunesse, grâce à la clairvoyance de pédagogues conscients de leur rôle, a su briser tous les obstacles qui s’opposaient à elle pour se frayer un chemin dans la vie.Cette troisième édition connaîtra, elle aussi, un grand succès.Montréal Jogues Massé, O.F.M. SPIRITUALITÉ L’économie De m RéDempnon En traitant de la definition nominale des purifications dans la vie ascétique et mystique, nous en avons mentionné les deux principaux agents ; ce sont 1 eau et le feu.Nous avons distingué et caractérisé le role respectif de chacun de ces éléments, leur causalité réelle et leurs rapports simplement analogiques dans les réalités du domaine religieux et de l’ordre surnaturel.Avant d’aborder les fondements doctrinaux des purifications, il importe de résumer d’un trait les vérités précédemment exposées.La divine Providence a voulu qu’il y ait entre les réalités de l’ordre surnaturel et les réalités de 1 ordre naturel de lumineuses analogies pour soutenir l’intelligence humaine au milieu des obscurités de la foi et faciliter son adhésion.C’est pourquoi le Christ a voulu communiquer à l’eau une vertu surnaturelle par laquelle elle pourrait produire dans l’ordre surnaturel l’un des principaux effets qu’elle produit dans l’ordre naturel, celui de laver les souillures.L’eau comme matière du sacrement de baptême débarasse donc Pâme de la ^souillure originelle ; c’est la première purification, le fondement même de la vie suranturelle, l’unique point d’envol de l’âme vers Dieu, selon le plan actuel du rachat, l’économie présente de la redemption.Car le bapteme n a pas pour unique effet de laver l’âme de la tache originelle, mais il la rétablit sur ce que Sainte Catherine de Sienne a nomme dans ses (( Dialogues, )) (( le pont de la sanctification », et cela au moyen d’une vie nouvelle, vie surnaturelle et divine dont nous rappellerons plus tard les éléments fondamentaux en ragard des purifications.Le feu, comme élément matériel, ne possède aucune efficacité véritable dans l’œuvre des purifications surnaturelles de l’âme chrétienne.Sa signification dans le domaine surnaturel est simplement analogique et dérivée.Nous attribuons au travail de l’Esprit-Saint dans une âme les mêmes effets qu’à l’action du feu sur le minérai.Pour réaliser de plus en plus parfaitement la volonté de Dieu sur elle, l’âme chrétienne et combien plus l’âme religieuse doit se débarasser de tout ce qu’elle sent en elle de contraire à cette volonté ; pour celà, « le creuset de l’épreuve )) lui est nécessaire comme le creuset matériel est nécessaire aux minéraux pour les débarasser des scories qui altèrent la pureté de leur substance.Ce rapprochement est autorisé par la signification et l’usage du feu 244 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES dans la liturgie chrétienne, par de nombreux textes de la Sainte Écriture et tout particulièrement par la forme qu a voulu prendre l’Esprit Saint en descendant dans l’âme des Apôtres au matin de la Pentecôte.1 * * * Rappelons maintenant le mystère fondamental du dogme chrétien qui donne la raison de la nécessité de l’épreuve dans le progrès de la vie spirituelle.2 C’est un dogme de notre foi que l’humanité n’a pas été créée par Dieu dans l’etat qu elle offre présentement à nos yeux.Nous savons que toutes les choses étaient bonnes au sortir des mains de leur Créateur.(( Dieu vit tout ce qu’il avait fait, lisons-nous au début du livre de la Genese, et cela était très bon3».Et parmi ces choses bonnes, il y en avait de plus excellentes les unes que les autres, telle la créature humaine, image de Dieu, ornée de tous les dons de la nature et de la grâce, équilibrée dans toutes ses facultés, possédant toute la science dont elle était capable, entretenant avec Dieu un commerce amical et attendant dans une douce et invincible espérance que la béatitude eternelle vienne couronner sa félicité terrestre.Ce qui a corrompu ce bonheur, ce qui a fait que présentement, tous, du plus petit jusqu’au plus grand, du plus riche jusqu au plus pauvre, du plus savant jusqu’au plus ignorant, nous portons si douloureusement le fardeau des miseres humaines, nous sommes sans cesse inquiets et tourmentés pendant les quelques années que nous avons à vivre,4 nous redoutons tant les angoisses de l’agonie et les terreurs de la mort, après avoir souffert toutes les incom- 1.« Le feu est ce qui s’empare, ce qui enveloppe et qui pénètre.Il est la forme extérieure et la vertu intime de l’amour.Ses attributs sont la chaleur, la lumière, la subtilité, l’épreuve, la destruction.Il est l’organe par lequel Dieu Se manifeste, Se communique avec nous, par lequel II s’imprime, Il nous visite, Il nous tâte, Il nous flaire, Il nous goûte, Il nous pince, Il nous interroge, Il nous élargit, Il nous épouse.C’est pourquoi ce feu sacramentel qui nous est distribué à la confirmation prend la forme d’une langue.» Paul Claudel.Les Aventures de Sophie, pag.163.2.C’est la doctrine fondamentale du premier entretien du Père Louis Chardon dans « La Croix de Jésus », ouvrage auquel l’abbé Brémond rend si justement hommage dans le tome Ville de son Histoire littéraire du sentiment religieux en France.3.Gen 1, 31 4.Eccli 40, 1-7. l’économie de la rédemption 245 modités de l’ignorance, des passions, de la maladie, de la vieillesse ; ce qui nous a fait un sort si misérable, au point que le saint homme Job en venait à maudire le jour de sa naissance5 6 nous savons que c’est le péché, le péché originel d’abord avec ses tristes conséquences, puis nos péchés personnels qui ne sont en définitive que les suites du premier.Cependant, la perfection que nous possédions avant le premier péché et qui correspondait exactement à l’idéal que Dieu voulait réaliser en créant l’homme et en l’ornant de ses dons, nous ne l’avons pas définitivement perdue.Par un prodige unique de son amour, notre Créateur a voulu qu’elle soit encore à notre portée, que nous puissions encore y prétendre et y parvenir, au moins jusqu’à un certain degré, grâce à notre rachat par l’Incarnation, la passion et la mort de Jésus-Christ.
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